Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1862-02-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 février 1862 01 février 1862
Description : 1862/02/01 (A7,N135). 1862/02/01 (A7,N135).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62032892
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/06/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 41
témoignages de leur persévérant attachement à leur
œuvre et de leur ardeur à repousser et à redresser
les faux bruits dont leur bon sens a parfaitement
discerné la tactique et la pensée.
C'est ainsi qu'à Nantes l'Union bretonne, dont certes
nous ne suspectons ni la loyauté ni le bon vouloir,
s'étant laissé aller à insérer une de ces lettres dont
toute l'habileté consiste à s'enfermer dans des géné-
ralités vagues, mais inquiétantes, dans des insinua-
tions, des appréhensions, des hypothèses que les esprits
simples peuvent croire jusqu'à un certain point fon-
dées, parce qu'elles partent du pays même où se pas-
sent les faits, s'est vue vivement rectifiée par un ar-
ticle du Courrier de Nantes sous la signature de
M. V. de Courmaceul. L'honorable écrivain déplore
que des correspondances de cette nature puissent
trouver accès dans un journal français; et aux erreurs
qu'elles répandent il oppose le récit que nous avons
publié nous-mêmes le 15 de ce mois sur les progrès
réels et incontestables des travaux : la rigole de ser-
vice exécutée de Port-Saïd à Ferdane et reliant ces
deux points importants par une communication navi-
gable; le canal d'eau douce poussé jusqu'à Timsah, et
le seuil d'El-Guisr pressé désormais entre ces deux
grandes artères destinées à fournir tous les moyens
de travail, d'approvisionnement et d'action nécessai-
res pour attaquer et abattre cet obstacle, après la
disparition duquel le problème restera souveraine-
ment résolu , même contre les obstinations les plus
systématiques.
Après avoir fait remarquer que l'isthme est une
terre que chacun est en droit de visiter pour véri-
fier ou contredire les assertions diverses; que jusqu'ici
les voyageurs de toutes les nations qui ont pris la
peine d'aller constater par leurs yeux l'état des cho-
ses, sont unanimes à exprimer leur satisfaction et
même leur étonnement sur les progrès obtenus, le
Courrier de Nantes termine en ces termes :
« Il est bon de mettre les intéressés en garde con-
tre des bruits malveillants et mensongers. Il faut
qu'ils ne soient point dupes de ces manœuvres, »
Dans un de ses numéros subséquents, le même
journal revenait sur ce sujet. Il enregistrait l'opinion
d'un des correspondants parisiens les plus estimés
de la presse départementale, M. H. Ferrier, s'appuyant
lui-même sur l'autorité d'un professeur distingué du
Conservatoire des arts et métiers. Laissons ici parler
M. Ferrier lui-même :
« Deux journaux de Nantes, l'Union bretonne et le Cour-
rier de Nantes, sont, à l'endroit de l'isthme de Suez, l'un
le docteur Tant-Pis, l'autre le docteur Tant-Mieux.
D'après la correspondance du premier, M. de Lesseps a
entrepris une œuvre impossible, et les actionnaires n'ont
plus qu'à pleurer sur leur argent et à prendre leur
mouchoir. Suivant le second, au contraire, les travaux
d'exécution sont très-avancés. Une singulière coïnci-
dence me permet de donner raison à M. de Courmaceul.
Pas plus tard qu'hier, j'ai justement assisté au Conser-
vatoire des arts et métiers à une leçon du professeur,
M. Burat, qui traitait ce jour-là l'intéressante question
du percement des isthmes. M. Burat voit de grandes dif-
ficultés au percement de l'isthme de Panama par suite
de la configuration du terrain ; mais il n'en voit pres-
que pas à celui de l'isthme de Suez, où le terrain, dans
sa plus grande élévation, ne s'élève qu'à quelques mè-
tres au-dessus du niveau des deux mers, qui, quoi qu'on
en ait dit, est le même. M. Burat ne doute pas du pro-
chain achèvement de l'œuvre de M. de Lesseps. Ce ré-
sultat peinera peut-être le cap de Bonne Espérance;
mais quand il s'agit d'abréger de moitié les distances
entre le vieil Orient et l'Europe, il est impossible de
s'arrêter à de pareils obstacles ou d'en tenir compte. Si
M. de Lesseps échouait, il serait de l'honneur de Napo-
léon III d'achever l'œuvre entrevue par Napoléon IER. »
Tout contribue à nous confirmer dans notre ferme
conviction que M. de Lesseps n'échouera pas, et il a
pour son œuvre toutes les sympathies du gouverne-
ment français, comme le ferme appui de ceux qui se
sont directement associés à son utile entreprise. En
effet, le Courrier de Nantes nous apporte aussi la lettre
d'un des actionnaires du canal qui a voulu intervenir
dans le débat, et nous ne pouvons mieux faire que de
soumettre le texte de cette lettre à nos lecteurs :
« A Monsieur le rédacteur en chef du COURRIER DE NANTES.
» Monsieur,
» Permettez-moi de vous remercier au nom de M. de
Lesseps absent, d'avoir rétabli la vérité relativement
aux travaux de l'isthme de Suez, et réfuté les alléga-
tions erronées d'un correspondant de l'Union bretonne,
insérées dans son numéro du 7 janvier, qui disait « que
les travaux n'avancent point; que non-seulement ils ne
seront pas terminés, mais point amenés même à moitié
dans le délai promis par M. de Lesseps avec tant de fanfare ;
que nos voisins et alliés, lassés de lutter contre l'entre-
prise, laissaient traîner les travaux en longueur, comp-
tant sur le temps pour amener l'épuisement des capi-
taux, la fatigue des actionnaires, et enfin l'abandon des
travaux. »
a L'Union bretonne possède un autre correspondant qui
n'est pas d'accord avec le premier, car dans le numéro du
16 janvier, sous le titre de correspondance de Paris du
15 janvier, on lit :
« Les dernières nouvelles de Tell-el-Kebir, en date du
» 1er janvier, sont favorables aux progrès des travaux de
D l'isthme de Suez. Le seuil d'El-Guisr, le point le plus
» difficile des travaux, qui était encore un désert il y a
» trois ans, est habité par six mille personnes, parmi
» lesquelles se trouvent six cents chrétiens. Une messe
» a été célébrée le 1er janvier dans l'église du seuil. 57 ki-
» lomètres sont déjà creusés et navigables; la rigole
» est arrivée au pied du seuil d'El-Guisr, et l'on espère
témoignages de leur persévérant attachement à leur
œuvre et de leur ardeur à repousser et à redresser
les faux bruits dont leur bon sens a parfaitement
discerné la tactique et la pensée.
C'est ainsi qu'à Nantes l'Union bretonne, dont certes
nous ne suspectons ni la loyauté ni le bon vouloir,
s'étant laissé aller à insérer une de ces lettres dont
toute l'habileté consiste à s'enfermer dans des géné-
ralités vagues, mais inquiétantes, dans des insinua-
tions, des appréhensions, des hypothèses que les esprits
simples peuvent croire jusqu'à un certain point fon-
dées, parce qu'elles partent du pays même où se pas-
sent les faits, s'est vue vivement rectifiée par un ar-
ticle du Courrier de Nantes sous la signature de
M. V. de Courmaceul. L'honorable écrivain déplore
que des correspondances de cette nature puissent
trouver accès dans un journal français; et aux erreurs
qu'elles répandent il oppose le récit que nous avons
publié nous-mêmes le 15 de ce mois sur les progrès
réels et incontestables des travaux : la rigole de ser-
vice exécutée de Port-Saïd à Ferdane et reliant ces
deux points importants par une communication navi-
gable; le canal d'eau douce poussé jusqu'à Timsah, et
le seuil d'El-Guisr pressé désormais entre ces deux
grandes artères destinées à fournir tous les moyens
de travail, d'approvisionnement et d'action nécessai-
res pour attaquer et abattre cet obstacle, après la
disparition duquel le problème restera souveraine-
ment résolu , même contre les obstinations les plus
systématiques.
Après avoir fait remarquer que l'isthme est une
terre que chacun est en droit de visiter pour véri-
fier ou contredire les assertions diverses; que jusqu'ici
les voyageurs de toutes les nations qui ont pris la
peine d'aller constater par leurs yeux l'état des cho-
ses, sont unanimes à exprimer leur satisfaction et
même leur étonnement sur les progrès obtenus, le
Courrier de Nantes termine en ces termes :
« Il est bon de mettre les intéressés en garde con-
tre des bruits malveillants et mensongers. Il faut
qu'ils ne soient point dupes de ces manœuvres, »
Dans un de ses numéros subséquents, le même
journal revenait sur ce sujet. Il enregistrait l'opinion
d'un des correspondants parisiens les plus estimés
de la presse départementale, M. H. Ferrier, s'appuyant
lui-même sur l'autorité d'un professeur distingué du
Conservatoire des arts et métiers. Laissons ici parler
M. Ferrier lui-même :
« Deux journaux de Nantes, l'Union bretonne et le Cour-
rier de Nantes, sont, à l'endroit de l'isthme de Suez, l'un
le docteur Tant-Pis, l'autre le docteur Tant-Mieux.
D'après la correspondance du premier, M. de Lesseps a
entrepris une œuvre impossible, et les actionnaires n'ont
plus qu'à pleurer sur leur argent et à prendre leur
mouchoir. Suivant le second, au contraire, les travaux
d'exécution sont très-avancés. Une singulière coïnci-
dence me permet de donner raison à M. de Courmaceul.
Pas plus tard qu'hier, j'ai justement assisté au Conser-
vatoire des arts et métiers à une leçon du professeur,
M. Burat, qui traitait ce jour-là l'intéressante question
du percement des isthmes. M. Burat voit de grandes dif-
ficultés au percement de l'isthme de Panama par suite
de la configuration du terrain ; mais il n'en voit pres-
que pas à celui de l'isthme de Suez, où le terrain, dans
sa plus grande élévation, ne s'élève qu'à quelques mè-
tres au-dessus du niveau des deux mers, qui, quoi qu'on
en ait dit, est le même. M. Burat ne doute pas du pro-
chain achèvement de l'œuvre de M. de Lesseps. Ce ré-
sultat peinera peut-être le cap de Bonne Espérance;
mais quand il s'agit d'abréger de moitié les distances
entre le vieil Orient et l'Europe, il est impossible de
s'arrêter à de pareils obstacles ou d'en tenir compte. Si
M. de Lesseps échouait, il serait de l'honneur de Napo-
léon III d'achever l'œuvre entrevue par Napoléon IER. »
Tout contribue à nous confirmer dans notre ferme
conviction que M. de Lesseps n'échouera pas, et il a
pour son œuvre toutes les sympathies du gouverne-
ment français, comme le ferme appui de ceux qui se
sont directement associés à son utile entreprise. En
effet, le Courrier de Nantes nous apporte aussi la lettre
d'un des actionnaires du canal qui a voulu intervenir
dans le débat, et nous ne pouvons mieux faire que de
soumettre le texte de cette lettre à nos lecteurs :
« A Monsieur le rédacteur en chef du COURRIER DE NANTES.
» Monsieur,
» Permettez-moi de vous remercier au nom de M. de
Lesseps absent, d'avoir rétabli la vérité relativement
aux travaux de l'isthme de Suez, et réfuté les alléga-
tions erronées d'un correspondant de l'Union bretonne,
insérées dans son numéro du 7 janvier, qui disait « que
les travaux n'avancent point; que non-seulement ils ne
seront pas terminés, mais point amenés même à moitié
dans le délai promis par M. de Lesseps avec tant de fanfare ;
que nos voisins et alliés, lassés de lutter contre l'entre-
prise, laissaient traîner les travaux en longueur, comp-
tant sur le temps pour amener l'épuisement des capi-
taux, la fatigue des actionnaires, et enfin l'abandon des
travaux. »
a L'Union bretonne possède un autre correspondant qui
n'est pas d'accord avec le premier, car dans le numéro du
16 janvier, sous le titre de correspondance de Paris du
15 janvier, on lit :
« Les dernières nouvelles de Tell-el-Kebir, en date du
» 1er janvier, sont favorables aux progrès des travaux de
D l'isthme de Suez. Le seuil d'El-Guisr, le point le plus
» difficile des travaux, qui était encore un désert il y a
» trois ans, est habité par six mille personnes, parmi
» lesquelles se trouvent six cents chrétiens. Une messe
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» lomètres sont déjà creusés et navigables; la rigole
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