Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1911-08-25
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 août 1911 25 août 1911
Description : 1911/08/25 (Numéro 17773). 1911/08/25 (Numéro 17773).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k619458x
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 10/10/2008
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i*e J t ' mw ctoiiaoai
Vi?lNJJ>±iiiUi # AOUT i«il-
ïte M. X..., qui lui Eemîtotextrêmement
■mtécreàsajïtes. M. Drioux a pné-venu sur-de-
c-haanp La Sûreté générale qui a pris des
dispositions pour rechercher le voyageur
ide lu gare d'Orly.
Or, une autre coïncidence bizarre a été
irelevée : c'est que de Saint-Nazaire est par?
ti le lendemain du vol, ©uardi. le paquebot
la Champagne, à destination de l'Améri
que Centrale. île voleur de la Joeonde a pu
s'embarquer sur le paquebot — il en a eu
tout le. temps — emportant le précieux
colas.
Actuellement, la Champagne est en mer,
mais sans douté ipar la télégraphie sans
•fil est-il possible, de communiquer avec
\ elle. Alors on saura bientôt si l'individu
aiu tableau qui a quitté Paris lundi matin
à la gare d'Orsay se trouve à bord et s'il a
-dans ses bagages l'œuvre de Vinci.
;:Une déposition à contrôler
M. Drioux a reçu, hier, une lettré d'une
personne qjii déclare que se trouvant same
di dernier au Louvre, avec sa femme, il a
constaté que déjà la Joeonde n'était plus
à sa place dans le Salon Carré.
I! ~y.v ». là évidemment une erreur de la
part 'du témoin car les constatations sont
fm-melles et les ouvriers maçons qui ont
déposé ne se sont pas trompés quand ils
affirment que lundi à sept heures du matin
iiîs ont remarqué et examiné la Joeonde à
.a .pilace qu'elle occupait ordinairement.
■ ■ Les empreintes digitales
M.' Bertillon, chef du service anthropo
métrique, a relevé $ur le cadre et la glace
abandonnés par le malfaiteur, une trace-
très nette de doigts. Sont-ce les empreintes
di'gitalies du malfaiteur ou celles d'un des
employés du Louvre qui, après le vol, ont
manié le cadre ?
A cet effet, M. Bertïïkxn a pris, hier, les
empreintes de tous les employés et ou
vriers qui étaient présenta au Louvre le
matin de la découverte du vol
Une porte du Louvre avait été fracturée
Un fait nouveau, et qui vient donner
(plus de consistance encore à l'hypothèse
du vol, a été révélé hier — mais hier seu
lement — au oours de l'enquête.menée par
M. Drioux, juge d'instruction.
Voici de quoi il s'agit -;
Lundi matin, vers sept heures et demie,
M. Dardenne, chef plombier du palais du
Louvre, remarqua que la porte située au
bas du fameux escalier qui^de la galerie
des Primitifs, va il la cour du Sphinx, et
où le panneau fut enlevé de son cadre,
avait subi une tentative d'effraction.
Le bouton de la serrure intérieure man
quait, èt l'ouvrier se blessa légèrement à
la main avec le petit clou resté h la tige
de la poignée.
M. Dardenne fit aussitôt part de ses
constatations à M. Leblanc, chef serrurier
qui,. çle_ £uate, alla, lui-même placer une
poigBé&réu-la serrure en question.
A cette heure-là, le vol de la Joeonde n'a
vait pas été accompli, mais il n'en appa
raît pas moins évident que cette tentative
d'effraction —> car la porte n'avait cepen
dant ipu être ouverte — a dû être faite par
(l'audacieux voleur du chef-d'œuvre.
Le malfaiteur séria ensuite aisément par
venu à pénétrer par cette même entrée,
puisque, ainsi que nous' l'avons ■ dit, e!(#
fut ouverte vers six heures du matin pour
le service des ouvriers et des photographes
parmi lesquels le valeur aura dû se mêler.
Toutefois, il peut sembler étonnant que
oe soit hier seulement qu'un fait de cette
importance ait été révélé à l'enquête.
Noùs" avons pu joindre M. Leblanc après
qu'il fut entendu par le juge, mais rebelle
à toute interview, celui-ci nous a répondu :
— J'ai dit tout ce que j'avais à dire au ma
gistrat. Je ne puis et ne veux vous donner au-
- cun renseignement.
Et malgré notre insistance, l'ouvrier ne
s'esfr-.pas départi du mutisme lepîus ai>
soijl
Ceux qui croient avoir vu les voleurs
de là « Joeonde »
Naturellement, l'imagination des gens
galope et croit voir la Joeonde partout Des
informations fantaisistes parviennent à la
préfecture -, elles ne résistent d'ailleurs ptas
au plus léger contrôle. Cependant, quel
ques-unes peuvent parfois présenter une
apparence de vérité.
Entre autres, un enfant, âgé de huit ans,
s'est présenté, hier matin, au poste cen
tral du X e arrondissement. II a déclaré se
nommer Alexandre Maltête, demeurant
chez ses parents, 48, rue des Écluses-Saint-
•Martin. Il a remis au chef du poste une
lettre que son père lui avait confiée et dont
voici le texte :
- «' A propos' du vol de la Joeonde, je viens
vous donner une indication : Dimanche, vers
midi et demi, j'ai vu un groupe de cinq per
sonnes; Habillées comme des ouvriers, discu
ter ï'vofx basse, puis pénétrer dans le Lou
vre par la cour Visconti.
• » BtaH-ee des ouvriers du E ouvts ou des
malfaiteurs ?
» Leurs allures m'ont paru louches et il m'a
semblé bon de vous avertir. »
La lettre ne portait ni nom ni adresse,
mais l'identité donnée par l'enfant et l'a-
drese ayailt .été reconnues exactes, le père
fut ' convoqué au commissariat pour hier
après-midi. Mais, à cinq heures, il n'était
pas, encore venu. Le préfet de police a été
averti ~ ;
; A propos de la prime i
Pour, répondre à des questions qui nous!
ont été posées au sujet de la prime offerte
par l'Illustration, !! est certain, pour que
cette offre ait toutè son efficacité, qu'il faut-
que la personne qui rapportera la Joeonde
ne soit ni interrogée, ni filée, ni penquisi-
tionnée, ni surtout arrêtée.
L'offre de la prime en l'absence de cette
garantie pourrait-elle tenter quelqu'un ?
La Joeonde volée
est-elle la vraie Joeonde ?
Il est dit que le mystère ne fera qtie s'é
paissir autour du vol de la Joeonde. Un!
fait troublant, signiaiilé iil y a un an et passé
presque inaperçu alors, prend aujourd'hui
un relief extraordinaire et complique sin
gulièrement l'imbroglio du Louvre,
Un article qui date d'tin an annonçait,
en effet, que la Joeonde avait été voilée.
Le Cri de Paris, journal hebdomadaire,
publiait, dans son numéro du 24 juillet
1910, l'article suivant :
La Joeonde vient d'être volée au Musée du
Louvre. ,
Cette nouvelle, qui va émouvoir non seule
ment la France, mais tout le monde civilisé,
n'a encore été publiée par aucun de nos con
frères.
Bien mieux, le chef-d'œuvre du Vinci parait
être encore sur la cimaise du S&lon Carré.
Pourtant, il n'y est plus. Il a. été remplacé
par une copie due à une de ces vieilles Anglai
ses dont' les chevalets se pressent habit'îelle-
ment autour du portrait de Monna Lisa.
Nul ne peut d'ailleurs s'apercevoir de la
substitution. L'épaisseur de la. glace qui re
couvre le tableau et les retlets qui se produi
sent sur le verre dénaturent à tel point la
pâte, les lignes et les tons de la peinture que
l'expert le plus habile serait radicalement
incapable de reconnaître s'il a devant les yeux
l'original ou Une copie.
Mais nos renseignements spéciaux dont on
a pu si souvent apprécier-la sûreté nous met
tent ù, même d'être très affirmatifs.
Ce vol stupéfiant a été commis de nuit, il y
a environ un mois, avec la complicité d'un
haut fonctionnaire, La vraie Joeonde fut re
tirée de son cadre et la fausse y fut ajustée
on moins d'un instant.
C'est un nouveau scandale administratif
qui va éclater. Pauvre République !
Une enquête s'impose.
Le premier soin de 'M. Dujardin-Beaumetz
devra être de faire déposer la trlace placée sur
le tableau : cette opération accomplie, il re
connaîtra aussitôt l'exactitude de notre infor
mation.
Nous pouvons ajouter que la vraie Joeonde
se trouve actuellement à New-York, dans la
galerie du milliardaire J.-K. W... W...
S Mais elle n'a plus le sourire....
| Bien entendu, les Parisiens sourirent et
[ pensèrent qu'il s'agissait là d'une fantaisie
i de haut goût. Pourtant, le Cri de Paris,
j dans un numéro suivant, daté du 7 août
! 1910, reprenait son information et la com
plétait :
La Joeonde a été volée au Louvre. Nous
l'avons annoncé. Personne n'a osé démentir
notre information, excepté M. Homolle, con
servateur du Musée du Louvre.
Un de nos plus spirituels confrères est allé
l'interviewer. M. Homolle a déclaré avec désin
volture que la Joeonde est toujours à sa place
et qu'il s'agit d'une facétie d'un goût douteux.
Ce qui est d'un goût douteux, c'est l'étrange
insouciance avec laquelle M. Homolle a ac
cueilli une si grave nouvelle. L'éminent con
servateur nous garde sans doute rancune d'a
voir fait déplacer ses cuisines. Mais il a tort
de prendre à la légère nos informations : il
est payé pour savoir ce qu'elles valent.
Nous repétons que Ja Joeonde a été volée et
qu'elle a été remplacée par une copie exécu
tée par une vieille Anglaise et convenablement
patmée par un rentoileur de la rue Bonaparte.
Nous mettons M. Homolle au défi de prou
ver que nous nous sommes trompés tant qu'il
n'aura pas fait enlever la glace qui couvre le
célèbre tableau. Qu'on réunisse un jury de
peintres compétents, ils seront unanimes a
constater que, sous le vitrage qui masque la
Joeonde, il est absolument impossible le se
rendre compte de la substitution frauduleuse
que nous avons révélée.
M. Homolle n'a donc aucun droit de nous
donner un démenti. Jusqu'à, ce qu'on nous
ait prouvé le'contraire par une expertise en
bonne et due forme,..nous .continuerons a al»
firmer que la Joeonde a été volée et qu'elle est
actuellement dans la galerie du milliardaire
J.-K. W... W... de New-York.
Nous sommes même en mesure d'ajouter
qu'encouragée par l'heureuse réussite de cette
première opération, une Société anonyme s est
constituée à New-York, cinquième Avenue,
•pour l'enlèvement de tous les chefs-d'œuvre
actuellement mis sous cloche au Muséa du
Louvre et pour leur remplacement par des
copies gans valeur.
Caveant eonsules ! Traduisons, pour M. Du
jardin-Beaumetz : Beware of pickpockets.,
Naturellement, le Cri de Paris, dans son
numéro d'ihier, n'a pas manqué de repren
dre les sensationnelles informations qu'il
publiait il y a un an et il les fait suivre de
■ces commentaires :
M. Homolle nous traitait alors cavalière
ment. Il nous opposait un sourire supérieur :
— Hé quoi ! disait-il, voler le plus célèbre
tableau du monde dans un musée dont la gar
de m'est confiée, voyons, c'est tout à fait ini
maginable. Autant prétendre qu'on pourrait
voler les tours de Notre-Dame. C'est ridicule,
c'est'absurde ; cela dépasse les limites de la
fantaisie la plus dévergondée. Allons ! mes
sieurs, soyez un peu sérieux 1
Eh bien ! monsieur Homolle, qui donc man
quait de sérieux i NoUs ou vous ? Croyez-vous
maintenant qu'il était possible de voler la Jo
eonde t
Avouez que c'était un jeu d'enfant, puis
qu'on vient de dérober la copie qui, depuis
un an, passait pour l'original.
Car nous maintenons que la vraie Joeonde
fut volée non point lundi dernier, mais , en
Juin 1910.
. De même qu'on a vendu trois fois le chef de
saint Martin, on a bien pu voler deux fois la
Joeonde.
Ce n'est probablement pas le seul tableau
qui ait disparu du Louvre.
On le voit, ces diverses informations ne
manquent pas .d'un certain mystère.
PROPOS D 'ACT UALITÉ
Les Etrangers au
Jardin des Plantes
On annonce de Munich qu'aux environs de
cette ville vient d'être créé un parc zoologi
que où les animaux, au lieu d'être parqués
entre d'étroits grillages suivant la vieille mé
thode, ont à leur disposition de vastes espaces
boisés et rocheux.
Chaque espèce est séparée et répartie sur le
terrain qui lui convient : les chamois et les
antilopes dans des gorges escarpées, les lions
sur un large espace sablonneux. Les oiseaux
de proie occupent une immense volière de
quarante-cinq mètres de côté.
Dans la partie la plus élevée du parc, on a
aménagé une terrasse d'où les visiteurs peu
vent suivie de tous côtés les ébats des bëtes
sauvages et s'offrir l'illusion de les voir vivre
en pleine nature. ' V
Voilà ce qu'on fait à l'étranger pour le plai
sir et l'éducation du peuple et pour le bien-
être des animaux... Ici, nous avons cette
chose innommable, ce cloaque de misère qui
s'appelle le Jardin des Plantes.
Le Jardin des Plantes !... Si nous avions
pour deux sous d'ataour-propre, nous ne lais
serions jamais visiter cela aux étrangers...
Dire que. des gens qui viennent de Hambourg
ou de .Berlin, d'Amsterdam, d'Anvers ou de
Londres, où les animaux sont si merveilleu
sement installés, peuvent entrer là et voir ces
parcs boueux, ces cagas sordides, ces ani
maux perclus de rhumatismes, dévorés de tu
berculose... Quelle honte !
J'ai rencontré là, il y a quelque temps, un
groupe d'Angl&is conduits par un guide, et je
les ai suivis pour entendre les réflexions que
leur- Inspiraient les tableaux lamentables
qu'ils avaient sous les, yeux. Le guide; était
facétieux. Il expliquait à ses auditeurs qu'en
France les choses mortes, empaillées, dessé
chées, ont, aux yeux des savants, infiniment
plus de valeur et d'utilité que les êtres vi
vants.
— Voilà, disait-il, en montirant les somp
tueux édifices où sont renfermées les collec
tions, voilà !... Les choses mortes, on les met
dans ces palais ; mais les êtres vivants crou
pissent dans les parcs immondes et dans les
cages vermoulues "où vous les avez vus.
Et il ajoutait, goguenard :
— Il est vrai que les Français sont en train
d'aEccrocher à tous leurs becs de gaz cette ins.
cription :
a Soyez bonS pdur les animaux *.
Jean Lecoq.
Nouvelles Diverses
' -V fufc —
PARIS
La conférence sanitaire internationale
doit se réunir le 10 octobre, à Paris, au mi
nistère des Affaires étrangères. Elle compren
dra les représentants de quarante Etats envi
ron.
—- Sur le rapport- du ministre de la Ma
rine, la croix de chevalier de la Légion d'hon
neur a été décernée à l'enseigne de vaisseau
Carfbonnier dont on Se rappelle la brillante
attitude lora de l'accident du sous-marin
HubU-
DÉPARTEMENTS
La princesse Christian de Schleswig-
Holstein, en villégiature à Deauville, est ve
nue aujourd'hui à Caen, en automobile. Elle !
a visité les églises Saint-Gilles, Saint-Pierre et l
Saint-Etienne.
—— Le comice agricole de l'arrondissement
de Bazas aura lieu cette année à Captieux,
apres-demain dimanche.
Des grandes manœuvres auront lieu
dans l'arrondissement de Bazas (Gironde), du
30 août au 15 septembre prochain.
Un centenaire, M. Redon, né le 30 août
1811. vient d'être ièté à Royan, sa ville- natal©;'J
•M., Redon-iest--]&»iid-'dépits■•■1S6Ç' avee^Mlle I
Anne Pélissier ; les'époux ont une fille, qui '
vit avec eux. !
—- A Gavarnie aura lieu, le 5 septembre, !
l'inauguration d'un monument élevé à jla mé- i
moire du comte Henry -Russel, * pyrénéiste » '
fervent, habitué de Vigaemale. : 1
—- Un grand concours d'animaux repro
ducteurs, ,de produits, .agricoles et horticoles,
organisé par la Société départementale d'Agri
culture des Haùtes-Pyrenees.aveç des primes
chevalines, accordées" par lé ministère de l'A
griculture, aura lieu à Vic-de-Bigorre, • le 10
septembre.
Le 8° Salon au* Village, organisé par les
amis de l'Yveline, se 'tiendra, cette année, à
Gambàis (Seine-gt-Olse), du 10 au 24 septem
bre prochain. L'inauguration aura lieu le di
manche 10 septembre, «j-une exposition rétros
pective des souvenirs .historiques et ethno
graphiques de l'Yveline, sera jointe au « Salon
du Village ».
ÉTRANGER >
——"Le prince de- Galles et son frère; le
prince Albert vont faire le tour du monde à
bord d'un des nouveaux dreadnoughts an
glais.
Edison, après avoir excursiqnné en
France, est arrive à Genève avec sa famille.
PROCUREUR IMPÉRIAL RUSSE
FRAPPÉ D'UN COUR DE COUTEAU -
(Dépêche de l'Agence l'Information)-
Saint-Pétersbourg, 24 Août.
On téléginaphie die Vyatka que M. Go
lochvastoff, adjoint au procureur impé
rial, -a été frappé d'un coup de couteau
dans le dos, aux établissements métallur
giques de Izhovsk., Son agresseur n'a pas
été découvert
LA CHÂLECR
et ses conséquences
*" - ■ • —**-— :
(Dépêches de nos correspondants)
BerckiPlage, 24 Août, _
Un garçon de 14 ans, nommé Gelé, qui
était allé prendre un bain après avoir
mangé et à une heure où les bains ne sont
plus surveillés, a été frappé de congestion.
Son cadavre a été retrouve le lendemain. '
x
• Bourges, 24 Août.
Dans la commune de Vesdun, au lieu
dit « La Presle », la foudre, en tombant
près d'une ferme, a incendié une meule de
paille. Les habitants du bourg, situé à
quelques centaines de mètres, accoururent
pour protéger les maisons voisines.
Dans un groupe, qui suivait le chemin
de la Presle, se trouvaient MiM. Jean La-
vepture, âgé de 60 ans, Edouard Dubois,
40 ans, Félix Perrot, .34 ans, Louis Bonne-
foy, 20 ans, et Camille Bonnefoy, 18 ans.
Soudain un effrayant éclair sillonna la
nue et la foudre tomba au milieu des bra
ves sauveteurs. Tous furent jetés à, terre.
Quand on se porta à leur -secours, o]n
constata cjue Laventure et Dubois étaient
morts, tues sur le coup.
Les autres respiraient encore, mais
étaient grièvement blessés ; ils sont aujour
d'hui hors de danger.
x
Charolles, 24 Août.
La nuit dernière, un orage d'une grande
violence s'est déchaîné sûr l'arrondissement
de Charolles, particulièrement sur les can
tons de Sainur-en-Brionnais, Bourbon-
Lancy et Marcigny.'
D'énormes grêlons ont' saccagé les récol
tés dans plusieurs communes, notamment
à Crouat-sur-Loire.
x
Clermônt-Ferrand, 24 Août.
A Saint-Front, une fillette de huit ans,
qui gardait des vaches dans un pâturage,
a été tuée par la foudre.
C'est la dixième victime des orages dans
la région depuis le commencement de
l'été.
x
Dieppe, 24 Août.
Surprise au milieu de la plaine par un
violent oragq, Mme veuve Langnel, âgée
de soixante-treize ans, se réfugia sous un ;
■arbre. Mais cet arbre ayant été foudroyé,
Mime Langnel fut tuée ; son petit-fils, Jo
seph Poulain, 10 ans, fut simplement
étourdi.
Dijon, 24 Août.
La foudre est tombée en plusieurs en
droits, notamment à Fleures-sur-Ouche,
où elle a allumé un incendie chez M. Ba
taillon, tué deux vaches dans une établie,
saccagé l'habitation de» M. Lefol et ren
versé Mme Jeanne Dupaquier qui est res
tée paralysée après la commotion. Elle a
en outre culbuté deux voitures, couchant
les chevaux et projetant à terre les conduc
teurs.
x
Douarnenei, 24 Août.
Hier soir, vers cinq heures, la foudre
est tombée sur le clocher d'Argol et y a
causé de sérieux dégâts.
Vers midi, un violent incendie s'était
produit au Guervian- Les locataires de la
maison en flammes s'enfuirent précipitam
ment. Malheureusement, l'un d'eux, M.
Lefranc, douanier, qui s'était endormi
fians le grenier et qu'on ne put prévenir
pL temps, fut brûlé vif. Lorsqu'au bout de
deux heures d'efforts, l'on se rendit maî
tre du feu, on trouva parmi les décombres
Bon cadavre carbonisé.
x
Dreux, 24 Août.
Au cours de xeowits otages, la foudre
s'est abattue a Ci ucej sui 11 ferme de M-
Chalopin ét 1 a moe îdiee presque entière
ment.
Deux grangies remplies.de récoltes, l'écu
rie, l'êtable, deux bergeries et un hangar
furent la proie des flammes.
x.
Gien, 24 Août.
Un orage, accompagné d'une terrible
©hute de grêle, s'est abattu avant-hier soir
sur Sully-sur-Loire et Saint-Père.
A Sully, de nombreuses vitres et des ar
doises ont été brisées. Des jardins ont été
dévastés à Saint-Père. Le désastre est com
plet. La terre était recouverte d'une couche
épaisse de grêlons dont certains pesaient
jusqu'à 50 grammes.
Dans toutes les campagnes, la vigne et
les arbres fruitiers ont été complètement
dépouillés de leurs fruits.
. x
Le Puy ( 24 Août.
Au cours d'un nouvel orage qui s'est
abattu dams la soirée d'hier sur le départe
ment, la petite Marie Délabré, âgée de huit
ans, de Saint-Front, qui gardait les bes
tiaux non loin de la ferme habitée ]Jar ses
parents, a été tuée par la foudre.
Son chien, qui se tenait près d'elle, a été
également foudroyé.
X
- Les Andelys, 24 Août.,
- Le feu a éclaté nvant-hier dans un quar
tier de maisons ouvrières, à FreneJle-Boi-
semont. Quatre maisons d'habitation et
deux bâtiments ont été détruits ; le mo
bilier qu'ils contenaient a également été
la proie des flammes.
Quatre ménages ouvriers se trouvent
sans abri et sans ressources.
x .
Montargis, 24 Août.
L'orage de dimanche dernier a mis le
feu à Ja ferme de Bedlevue, près Nogent-
sur-Vernisson. Un très grand bâtiment à
usage de grange et un vaste hangar, ainsi
que les récoltés et instruments agricoles
qu'ils contenaient ont été détruits. '
Pendant le même orage, le feu prit chez
M. lMouidhe, à la Cour-Miarigny, détruisit
une grange et les récoltes qu'elle contenait,
ainsi qu'une ébable dons laquelle se trou
vaient deux vaches et un chien qui furent
brûlés.
x
Mont-de-Marsan, 24 Août.
A M'iramont-Sensac, le sonneur de
cloches a été foudroyé au moment de son
ner VAngélus et le prêtre qui était dans l'é
glise au même instant a été contusionné
à la tête par une pierre qui est tombée
d; la nef. .
La foudre est tombée à Sarbazan, sui"
la maison habitée par Mime veuve Gour-
don- Une femme a.été grièvement blessée.
La cheminée et un mur ont été démolis,
.x
Privas, 24 Août.
La foudre a fait de nombreuses victimes:
c'est ainsi qu'à Pornas, l'immeuble de la
famille Bonnaud a été incendié ; le père,
âgé dte quarante-six ans, et une fille de
vingt et un ans ont été foudroyés. Les
rôngt
autres membres de la famille ont été épar
gnés.
. x
x Saint-Marcellin, 24 Août.
Au cours d'un violent orage, la toiture
de l'hôtel Arnaud, au pont dé Manne, a
été enlevée comme fétu de paille.
La foudre a éclaté, au bois de Clak, com
mune de Saint-Romans, sur les bâtiments
occupés par M. Louis Mermet, fermier, et y
a mis le feu : Plusieurs bœufs, vaches, chè
vres et animaux de basse-cour ont été car
bonisés. M. Mermet, qui avait dû fuir som
mairement vêtu, n'a rien pu sauver,
x
Senlis, 24 Août.
Au moment où un train de marchandi
ses stationnait au garage de Saint-Maxi-
min, deux wagons plate-formes remplis de
marchandises ont pris feu soudainement.
On dut les détodher, car ils menaçaient
d'incendier le convoi.
x
Troyes , 24 Août.
L'orage qui a éclaté dans l'après-midi
d'hier, a causé d'énormes dégâts sur dif
férents points du département.
A Ver:pillières, la grêle est tombée en
abondance. Certains grêlons avaient la
grosseur d'une noix. Il y en avait en-di
vers endroits une couche épaisse de dix
centimètres. Toutes les maisons exposées
à l'Ouest ont eu leurs vitres brisées. Les
jardin et les champs sont dévastés et des
quantités de fruits jonchent le sol. Dans
les' vignes, lâ terre est couverte de feuilles
et dé raisins ét les ceps sont mutilés.
Aux Riceys, lés dégâts sont importants.
La récolte des vignes est en partie détruite.
A Courteron, les vignes ont beaucoup
souffert. Un tiers de la récolte est perdue.
A Avirey-Ling-oy, l'orage a été très vio
lent. Les avoines non encore rentrées sont
perdues et les vignes ont été saccagées par
li grêle. D'énormes peupliers sont brisés,
ainsi qu'un grand nombre d'arbres frui
tiers. .
A Racines et à Cours an, les grêlons, de
la grosseur d'une noix, ont tout anéanti
sur leur passage. Les vignes n'ont plus de
feuilles.
x
Vialeneiennes, 24 Août.
A Lourches, l'ouvrier . d'usine Léopold
Messe, âgé de 27 ans, s'est noyé en se bai
gnant dans la Selle. Le malheureux laisse
Une veuve de 21 ans et deux enf ants,
x
Villefranche-sur-Saône, 24 Août.
Depuis trois jours, des orages impétueux
et terribles passent sur Villefranche et
toute la région boaujolaise. La grêle, en
différents endroits, a atteint la grosseur
d'un œuf. et des dégâts importants
ont été commis aux vignobles.'Les commu
nes, qui ont eu à souffrir du terrible fléau
sont dans la désolation.
A Saint-Georges, Belleville, Charentay,
un tiers a été détruit.
La foudre est tombée^ à larnioux, a,u ha
meau de la Boutte, sûr la maison de M.
Au berger.
A Demce. Lacenas, Rivolet, les dégâts
sont tie et eix, les propriétaires ramas
sent en quantité le raisin tombé afin d'es-
sajer de fane un vin clairet.
x
Vitry-le-François, 24 Août.
Hier matin, à Sermaize-les-iBains, un in
cendie a détruit divers immeubles appar
tenant à M. Remy-Thiery, cultivateur,
rue de Vitry. Les causes de cet incendie
sont inconnues.
CHEZ LES CHEMINOTS
. V . ** '
L'élection du nouveau Comité de direction
UNE VOITURE DANS UN RAYIN
—**—.
UNE MÈRE DE FAMILLE TUÉE
(Dépêche de notre correspondant}
Tournori, 24 Août.
Mme Chevrier, dont le mari est voitu-
rier au Cheylard, a été trouvée morte dans
ùn ravin de dix mètres de profondeur, au
quartier de la Roche, commune de Mézil-
hàc.
Elle se rendait à Marcols-les-Ëaux s'ap
provisionner de victuailles, pour-les nom
breux ouvriers occupés par son mari. Le
cheval qu'elle conduisait ayant pris peur
partit au galop, entraînant la voiture, dite
jardinière, dans le précipice. Lorsque les
secours arrivèrent, Mme Chevrier était
morte. Elle laisse deux enfants en bas âge.
Nous.avons dit, lors de/ta dernière jour
née du Congrès national des cheminots,
que, sur une proposition des révolutionnai
res, le Congres avait décidé la transforma
tion du Syndicat national en une Fédéra
tion nationale de tout le personnel des voies
ferrées.
En attendant que. cette transformation
6'accomplisse au gré des révolutionnaires,
il a" été procédé, hier, à l'élection du nou
veau comité de direction du Syndicat na>-
tional. Ep voici les résultats : •
Secrétaire général : M. Bidegaray.
Secrétaire général adjoint : M. Pican.
Trésorier général : M. Desgranges... i,.
Délégué au Comité Confédéral : M". Coudun
(du Nord).
Délégué à la commission de contrôle de la*
C. G. s M. Audinotï
Commission du Journal, : MME. Le Guet», Pa-.
vçust et Coudun (4e l 'Est). • - ' - —
Commission des Finances : MM"Rino;uçnv
det, Qqévram et Audinot. :. t
L'élection est d'autant plus symptomati-
que que M. Bidegaray- a été élu à une
très forte majorité malgré les attaques de
la C. G. T. et des révolutionnaires, et que
deux de ces derniers seulement, M. Couidun
(du Nord) et M'. Davoust ont été Çlus mem
bres du nouveau comité. .T'.
LA HiSS ES l«ti SB WÊ8B HE8
PAR LES BRIGANDS
" ■' " 11 1 » ifl " '■
Constantinople, 24 Août. .
L'ingénieur Richter est arrivé à Elasso»
na. Il raconte- qu'après avoir été fait pri
sonnier par les brigands, il se trouva pen
dant quelques jours en territoire turc, puia
fut conduit plus tard dans les —villages-
grecs de Misabar et Parapounar' Où il fut
tenu caché. », ". .. .
On l'amena, pendant la nuit, à la,-fron
tière et on le laissa libre. Il n'a pas ét-éj..
payé de rançon pour lui. M. Richter enver
ra seulement d'Allemagne une somme con
venable aux brigands, sinon ils le mena
cent de tuer sa femme qui se trouvé- en
Grèce. -- •
Désespoir d'un soldat
Gray, 24 Août. '
Vers cinq heures de l'après-midi, i© ca
valier rengagé du 12 e hussards,*'Po^get,'"
originaire de Paris# s'est tiré deux coups '
de revolver dans la tête à la suite d'une
discussion avec son amie.
Il a été transporté aussitôt à l'hôpital
militaire ; son état est désespéré.
)«>ii m. lu ■ [I 'iïniiiV ■Mil»,
CYCÏÏSME
APRÈS LE TOUR DE FRANCE
La marque La Française, résumant eeS
succès du Tour de France, écrit :
La grande marque triomphatrice du Tout
de France; ç'a été la bicyclette La Française,
qui a triomphé dans 9 étapes — les,plus dures
—■ sur 15, a remporté le Challenge des Annales
Politiques et Littéraires et compte <> rcoureurs*
dans les 7 premiers. .
Voici la liste des étapes gagnées par la
marque La Française : .
Groupés. — 4 8 étape, Belfort-Chaimonix : 1.'
Orupelandt ; 8* éta^e; Chamonix-Grenoble : I.
Rmile Georget ; % Emile Duboc ; 7 8 étape,
Nice-Marseille : 1. Crupelandt ; 2. Emile fieor--.
get ; 8° étape, Marseille-Perpignan : 1. Duboc ;
9° étape, Perpignan-Luchon : 1. Duboc 2. E.
Georget ; 3. Godivier ; 11° étape, B'ayonne-La
Rochelle : 1. Duboc ; 2.Georget ; 3.Crupelandt ;
12» étape, La Rochelle-Brest : 1. Godivier ; 2.
Maitron ■ 3. Cruchon ; 14» étape, Chërbourg-Le
Havre : i. Duboe ? 3. Georget ; 3. Crupelandt ;
4. Cruchon ; 15 e étape. Le Havre-Earis : 1.
Godicier ; 2. Duboc.
Isolés —■ 7" étape, Nice-Marseille : 1.
Qhulst, ; 8° étape, Marseille-Perpignan : I.
Dhulst ; 9« étape, Perpignan-Luchon : 1.
Dhulst. , „ , - -
Ainsi qu'il est facile de s'en rendre compte-
la marque La Française-Diamant s'est taillé
la Daa-t du lion dans le Tour de France -mi,
affirmant ainsi une supériorité sur'toutes les
marques rivales. - •,
Pour recevoir franco le catalogue des
cycles La Française, il suffit d'en fairil la,
demande à la direction, rue Desoombea,
9, Paris.
■ x
AYEZ-VOUS ÉCRIT î, ,
Avez-vous écrit au directeur des cycles
La Cocarde, 105, rue Lafayette, pour de
mander son catalogue de bicyclettes de
route, de course et de demi-course avec du
sans roue libre, avec ou sans change
ments de vitesse, pour hommes, dames et
enfants, toutes absolument irréprochables
et dûment garanties.
Cette grande maison de confiance "v'en'd
au. comptant et à crédit. ^ "
On sait que les bicyclettes La Cocarde
sont fabriquées avec les matières premières!
les meilleures, par les plus puissantes -usi
nes de France. .
Paul Manoury.
Réunions et Banquets
—o— Au Feu ! anciens Pompiers de..Paris,,
demain, à 9 heures du soir, réunionne la'So«
ciêté, 28, boulevard de Strasbourg.
—o— La Société des Ârnis de Saint-Fiacre
donnera, le 30 août prochain, à 6 heures du
soir, au Palais d'Orléans, son 5° grand ban«
quet suivi de bal.
FEUJJXETON du Petit Journal du 25 Août 1911
—6 ■' . ■ Cl
laPrincesse flesïénèlres
■— **• —-
PBEMIËRE PARITE
III (Suite)
- Sur la piste
^ J'y ai réfléchi, ma chère femme, et J' ■ s qu'.il ne faut pas nous laisser aller
■iicourageonent, reprit Sautarel.
Pourquoi î
.via première idée a été la même que
, : ienne... mais en y songeant, je me suis
ï Mielé tout le bien que le baron fait
■autour de lui... je me suis dit que cet hom
me ne pouvait être un criminel....
— Il a cependant, écrasé notre, petite, et
il ne s'est pas arrêté.
-*■ C 'est Vrai, mais peut -être nie s'est-il
pas rendu compte de la gravité de l'acci
dent.
; — Tout de même, il l'a vue tomber...
— Qu'éii sais-tu ?... Et qui te dit que le
baron- nê~"cherdhe pas en ee moment même
à réparer ses torts ?... Quand il saura qu'il
a causé un accident mortel, que l'enfant
écràsSe pàr lui est la fille d'un de ses em
ployés... qu'il estime, je suis sûr qu'il fera
tout ce ■qu'il pourra pour nous...
—>• De l'argent, alors, toujours de ,l'ar
gent ?
-t - Crois-tu, ma chère femme, " que cette
oênsée ait jamais effleuré mon esprit ?...
Non ! Eti sois tiîanquille, je ne lui en de
manderai pas... mais il saura faire preuve
Ci Traduction et reoraduction lateroKM*
de tant de délicatesse à notre égard, que
nous ne pourrons plus le maudire.
Faustine hocha la tête d'un air de doute.
—- J'ai moins eonflance que toi...
•— Ecoute, ma chérie, j'irai le voir de
main, je lui parlerai... je verrai bien qui
de nous deux a raison....
— Et s'il te repoussa ?
— Alors, fit Sautarel en fermant les
poings, alors, gare à lui !... je saurai bien
me défendre et ma vengeance sera terri
ble...
ÎV
Face à face
Le lendemain^ à dis heures du matin,
Sautarel, enfourchant sa bicyclette, se ren
dit à Villemétrie. Il était, à peu près sûr,
à ce moment de la matinée, de rencontrer
le, baron seul à son château.
L'opulent banquier se trouvait en effet
dans son cabinet, béatement enfoncé dans
un des fauteuils moelleux qui garnissaient
la pièce, lorsque son valet de chambre lui
annonça que M. Sautarel, caissier princi
pal de la succursale de Senlis, désirait lui
parler. "
Il fallut à Ganimer un effort, pour se rap
peler ce que pouvait bien être ce visiteur.
— Sautarel, Sautarel ? murmura-t-il.
Mais la mémoire lui revint tout à coup.
— Ah ! oui, j'y suis, monsieur Saute
relle..-
La façon dont il estropiait ce nom avait
toujours pour effet, de le dérider.
— Faites entrer,faites entrer ce bon mon
sieur Sagterelle.
Le caissier entra, un peu intimidé, mais
sans obséquiosité, en «homme décidé à faire
valoir ses droits.
.— Hé, ce bon Sauterelle, s'exclama le ba-
rop en se soulevant à demi sur son fau
teuil. Dites-moi quel bon vent voys amène ?
Aaseyevvoua donc... >
j&L .1-VU t \ ~ - .«• ^
Et comme Sautarel, hésitant, ne savait
commsnt aborder le sujet qui lui tenait tant
au cœur :
— Est-il donc arrivé quelque chose à la
succursale, que vous venez- me voir chez
moi, en semaine ?... Car c'est jour de trar
vail, ce me semble, ajouta le banquier, tou
jours strict sur les règlements et qui n'ad
mettait pas qu'on prît un jour de congé
sans lui en avoir fait demander là per
mission...
— C'esit à moi, monsieur le baron, qu'il
est arrivé un affreux malheur...
Le baron sortit à moitié le corps du fau
teuil où il se vautrait ' ;
— Tarteiffe ! c'est vrai, je n'avais pas
remarqué... Vous êtes en deuil, monsieur
Sauterelle ?
La commisération n'enlevait pas au ba
ron, comme on voit ,ses talents de faiseur
— Hélas oui, monsieur le baron...
Ganimer dressa l'oreille.
— Ma petite Marthe a été écrasée... l'au
tre jour, par un cavalier.
Sautarel allait ajouter : « Et oé cavalier,
c'est vous 1 » mais l'attitude du baron lui
donnant soudain à réfléchir, il voulut étu
dier un peu son interlocuteur, avant d'allèr
plus loin.; A cette révélation subite que le
père de Fenfant était un de ses employés,
Ganimter eut un instant d'hésitation. Le sort
ne se prononçait-il pas en sa faveur ? Un
homme à ses gages, il serait facile d'en
avoir raison, avec de bonnes paroles et uri
peu d'argent. Peut-être qu'à ce moment
précis, si le baron avait arrêté Sautarel,
affectueusement, en jouiant" au'besoin la
pitié, le chagrin, peut-être eût-il attendri
son caissier, qui ne demandait qu'à l'être,
et triomphé facilement des dernières pré
venions qu'il pouvait nourrir contre lui.
En un instant, tout eût été terminé.
le h&ron. Ganimer avait, un terri
ble défaut ; il se méfiait toujours gers, des . siens,-de lui-même. Comme Tal-
leyrand, qui se méfiait de son premier mou
vement, parce que c'était le bon, le ban
quier ne se laissait jamais aller à une im
pulsion spontanée.
Il en fut ainsi dans la circonstance pré
senta « Qui me dit, pensa-t-il, que cet
homme, une fois que j'aurai obtenu de
lui qu'il ne porte pas plainte .contre moi,
ne me fera pas « chanter » ? Et alors, je
serai toujours sous le coup de ses menaces,
à sa imerci, sans pouvoir me défendre,
puisqu'en l'aidant, en l'indemnisant, j'au
rai pour ainsi dire avoué ? Mieux vaut
ne rien dire, nier, nier toujours ».
Le résultat de ces courtes réflexions.fut
qu'il répondit après un instant de silence :
— Ecrasée par un cavalier !... Mon pau
vre Sauterelle... mais c'est affreux !.. Et
quand cela est-il arrivé ? -
• Sautarel demeurait confondu de tant
d'àudace.'Mais il voulait voir jusqu'où pou
vait aller ic baron dans l'inconscience et.
le cynisme.
— Vendredi, monsieur le baron, répon
dit-il, pendant la chasse.
— Mon pauvre Sauterelle !
— Je croyais même, monsieur le baron,
poursuivit le caissier, que vous étiez au
courant... que vous connaissiez^'accident...
—' Moi, mon bon ami, mais comment
voMile?-vons que j'aie appris ?..
— Darne, monsieur le baron, n'est-oe pas,
vous suivez les chasses...
— Hélas, mon bon ami, j'ai la goutte, je
ne soirs plus depuis quinze jours...
Sàutarel était fixé. Le baron niait, niait
tout... Ah ! comme il s'était trompé sur'
son compte ! Lui qui le croyait bon, géné
reux, charitable !... Il n'avait en face de lui
' qu'un misérable qui avait commis un véri-
| table <îrimo, et qui, maintenant, esquivait
i toutes lés responsabilités de son acte.
1 Sôn sjang lie -fit au'uo tour.
Se levant dé sa chaise,il fit un bond vers
le baron toujours étendu dans son fau
teuil. ......
■ — En voilà assez ! Il n'y a plus ici de
patron et d'employé !... Laissez-moi finir,
fit-il en voyant le banquier faire un mouve
ment-
Dieu m'est témoin que j'étais venu ici, la
mort dans l'âme, c'est vrai, mais jpersuadé
que je ne m'adresserais pas en vain à vo-
trç cœur, à votre bonté... et voilà comment
vous m'accueillez !
— Mais vous êtes fou, Sautarel !..
Dans son trouble, le baron n'estropiait
plus le nom du caissier.
— Non, je ne suis pas fou... je dis la
vérité., je dis que vous, baron Ganimer,
avez écrasé, l'autre jour, ma petite Mar
the, sous le sahot de votre cheval..., que.
comme une brute, vous avez passé sur
âon pauvre petit corps, sans même avoir
pour elle un regard de pitié !..
— Voyons, voyons, Sautarel... faisait le
baron eh essayant de placer un mot.
— Oui,continua le caissier,qui s'animait,
oui, baron Ganimer, vous avez la fortune,
vous avez la puissance, mais tout riche,
tout puissant que vous êtes, vous ne m'em
pêcherez pas de vous dire que vous n'êtes
qu'un assassin, et un lâche !
Et comme Ganimer, 'effrayé de la colère
de son employé, tendait la main vers la
bonnette... ,
— Non, non, fit-il. en lui saisissant rude
ment le brias, vous n'appellerez pas, vous
m'entendrez jusqu'au bout...
Et, marchant sur lui :
— Je pourrais vous tuer là, comme un
chien, et Dieu m'approuverait certaine
ment.... mais j'ai ma vengeance... elle est
plus sûre... il y a la justice qui défend les
petits et les humbles et qui me vengera de
vous.
Au ïnot de iuMiee. Ga.nrmer res
saisi. Un indéfinissable sourire erra sur
ses lèvres. ....,
— Eh bien ! oui, c'est vrai, j'ai écrasé
votre en San t.. j'étais pressé, elfe" se trou
vait sur ma route... tant pis pour élle,aprèj|
tout 1... Est-ce crue ça me regarde, moi,ceux
que broie la vie ? Que m'importent les gens
que je ne connais pas !
L'œil injecté de sang, Sautarel écoutait
ces paroles odieuses, Il faisait das< -effortsi
inouïs pour ne pas siauter sur cette' bête
immonde et la prendre à la gorge, au ris
que de tout ce qui pouvait advenir.
Sans paraître ému, le baron continuait i
— Et puis, après ?... Je suis un assas
sin, dites-vous ?... Vengez-vous donc tout
de suite, si vous l'osez... Tuez-moi.., Mais
prenez-garde... Il y a dos gens à côté, il»
viendront, ils trouveront mon cadavre...
vous ne ferez pas dix pas que vous serez ar
rêté. Et vous serez emprisonné; condam
né...
Tant de cynisme épouvantait le caissier.-
Par un effort héroïque il parvint à se do
miner, à dompter ses nerfs. ■
— Aussi, monsieur le baron, fit-il avec
un dédain gjaciail qui contrastait ■ singu
lièrement avec son emportement de tout à
l'heure, j'ai mieux à faire que de vous
tuer... j'ai la justice pour moi... Dans une
heure, ma plainte sera rédigée, déposée, et
ce soir, c'est vous, le richissime baron Ga
nimer, qui serez sous les verrous. . -
Ganimer partit d'un éclat de rire.
— Ah ! Ain ! La justice... Eh bien ! soit,
Sautarel,... essayez... je n'ai pas. peur.ji--. ,
Puis, se rapprochant de lui jusqu'à "le
faire reculer : • , .. ...
— Un conseil, un dernier, car-nous ne
nous reverrons sans doute plus... prenez
garde, prenez garde... ne tentez rien contre
moi... car je vous briserai comme je brise
ceci... ..
V ictor GOEDORP.
. tTjj, Suite â demain.)
i*e J t ' mw ctoiiaoai
Vi?lNJJ>±iiiUi # AOUT i«il-
ïte M. X..., qui lui Eemîtotextrêmement
■mtécreàsajïtes. M. Drioux a pné-venu sur-de-
c-haanp La Sûreté générale qui a pris des
dispositions pour rechercher le voyageur
ide lu gare d'Orly.
Or, une autre coïncidence bizarre a été
irelevée : c'est que de Saint-Nazaire est par?
ti le lendemain du vol, ©uardi. le paquebot
la Champagne, à destination de l'Améri
que Centrale. île voleur de la Joeonde a pu
s'embarquer sur le paquebot — il en a eu
tout le. temps — emportant le précieux
colas.
Actuellement, la Champagne est en mer,
mais sans douté ipar la télégraphie sans
•fil est-il possible, de communiquer avec
\ elle. Alors on saura bientôt si l'individu
aiu tableau qui a quitté Paris lundi matin
à la gare d'Orsay se trouve à bord et s'il a
-dans ses bagages l'œuvre de Vinci.
;:Une déposition à contrôler
M. Drioux a reçu, hier, une lettré d'une
personne qjii déclare que se trouvant same
di dernier au Louvre, avec sa femme, il a
constaté que déjà la Joeonde n'était plus
à sa place dans le Salon Carré.
I! ~y.v ». là évidemment une erreur de la
part 'du témoin car les constatations sont
fm-melles et les ouvriers maçons qui ont
déposé ne se sont pas trompés quand ils
affirment que lundi à sept heures du matin
iiîs ont remarqué et examiné la Joeonde à
.a .pilace qu'elle occupait ordinairement.
■ ■ Les empreintes digitales
M.' Bertillon, chef du service anthropo
métrique, a relevé $ur le cadre et la glace
abandonnés par le malfaiteur, une trace-
très nette de doigts. Sont-ce les empreintes
di'gitalies du malfaiteur ou celles d'un des
employés du Louvre qui, après le vol, ont
manié le cadre ?
A cet effet, M. Bertïïkxn a pris, hier, les
empreintes de tous les employés et ou
vriers qui étaient présenta au Louvre le
matin de la découverte du vol
Une porte du Louvre avait été fracturée
Un fait nouveau, et qui vient donner
(plus de consistance encore à l'hypothèse
du vol, a été révélé hier — mais hier seu
lement — au oours de l'enquête.menée par
M. Drioux, juge d'instruction.
Voici de quoi il s'agit -;
Lundi matin, vers sept heures et demie,
M. Dardenne, chef plombier du palais du
Louvre, remarqua que la porte située au
bas du fameux escalier qui^de la galerie
des Primitifs, va il la cour du Sphinx, et
où le panneau fut enlevé de son cadre,
avait subi une tentative d'effraction.
Le bouton de la serrure intérieure man
quait, èt l'ouvrier se blessa légèrement à
la main avec le petit clou resté h la tige
de la poignée.
M. Dardenne fit aussitôt part de ses
constatations à M. Leblanc, chef serrurier
qui,. çle_ £uate, alla, lui-même placer une
poigBé&réu-la serrure en question.
A cette heure-là, le vol de la Joeonde n'a
vait pas été accompli, mais il n'en appa
raît pas moins évident que cette tentative
d'effraction —> car la porte n'avait cepen
dant ipu être ouverte — a dû être faite par
(l'audacieux voleur du chef-d'œuvre.
Le malfaiteur séria ensuite aisément par
venu à pénétrer par cette même entrée,
puisque, ainsi que nous' l'avons ■ dit, e!(#
fut ouverte vers six heures du matin pour
le service des ouvriers et des photographes
parmi lesquels le valeur aura dû se mêler.
Toutefois, il peut sembler étonnant que
oe soit hier seulement qu'un fait de cette
importance ait été révélé à l'enquête.
Noùs" avons pu joindre M. Leblanc après
qu'il fut entendu par le juge, mais rebelle
à toute interview, celui-ci nous a répondu :
— J'ai dit tout ce que j'avais à dire au ma
gistrat. Je ne puis et ne veux vous donner au-
- cun renseignement.
Et malgré notre insistance, l'ouvrier ne
s'esfr-.pas départi du mutisme lepîus ai>
soijl
Ceux qui croient avoir vu les voleurs
de là « Joeonde »
Naturellement, l'imagination des gens
galope et croit voir la Joeonde partout Des
informations fantaisistes parviennent à la
préfecture -, elles ne résistent d'ailleurs ptas
au plus léger contrôle. Cependant, quel
ques-unes peuvent parfois présenter une
apparence de vérité.
Entre autres, un enfant, âgé de huit ans,
s'est présenté, hier matin, au poste cen
tral du X e arrondissement. II a déclaré se
nommer Alexandre Maltête, demeurant
chez ses parents, 48, rue des Écluses-Saint-
•Martin. Il a remis au chef du poste une
lettre que son père lui avait confiée et dont
voici le texte :
- «' A propos' du vol de la Joeonde, je viens
vous donner une indication : Dimanche, vers
midi et demi, j'ai vu un groupe de cinq per
sonnes; Habillées comme des ouvriers, discu
ter ï'vofx basse, puis pénétrer dans le Lou
vre par la cour Visconti.
• » BtaH-ee des ouvriers du E ouvts ou des
malfaiteurs ?
» Leurs allures m'ont paru louches et il m'a
semblé bon de vous avertir. »
La lettre ne portait ni nom ni adresse,
mais l'identité donnée par l'enfant et l'a-
drese ayailt .été reconnues exactes, le père
fut ' convoqué au commissariat pour hier
après-midi. Mais, à cinq heures, il n'était
pas, encore venu. Le préfet de police a été
averti ~ ;
; A propos de la prime i
Pour, répondre à des questions qui nous!
ont été posées au sujet de la prime offerte
par l'Illustration, !! est certain, pour que
cette offre ait toutè son efficacité, qu'il faut-
que la personne qui rapportera la Joeonde
ne soit ni interrogée, ni filée, ni penquisi-
tionnée, ni surtout arrêtée.
L'offre de la prime en l'absence de cette
garantie pourrait-elle tenter quelqu'un ?
La Joeonde volée
est-elle la vraie Joeonde ?
Il est dit que le mystère ne fera qtie s'é
paissir autour du vol de la Joeonde. Un!
fait troublant, signiaiilé iil y a un an et passé
presque inaperçu alors, prend aujourd'hui
un relief extraordinaire et complique sin
gulièrement l'imbroglio du Louvre,
Un article qui date d'tin an annonçait,
en effet, que la Joeonde avait été voilée.
Le Cri de Paris, journal hebdomadaire,
publiait, dans son numéro du 24 juillet
1910, l'article suivant :
La Joeonde vient d'être volée au Musée du
Louvre. ,
Cette nouvelle, qui va émouvoir non seule
ment la France, mais tout le monde civilisé,
n'a encore été publiée par aucun de nos con
frères.
Bien mieux, le chef-d'œuvre du Vinci parait
être encore sur la cimaise du S&lon Carré.
Pourtant, il n'y est plus. Il a. été remplacé
par une copie due à une de ces vieilles Anglai
ses dont' les chevalets se pressent habit'îelle-
ment autour du portrait de Monna Lisa.
Nul ne peut d'ailleurs s'apercevoir de la
substitution. L'épaisseur de la. glace qui re
couvre le tableau et les retlets qui se produi
sent sur le verre dénaturent à tel point la
pâte, les lignes et les tons de la peinture que
l'expert le plus habile serait radicalement
incapable de reconnaître s'il a devant les yeux
l'original ou Une copie.
Mais nos renseignements spéciaux dont on
a pu si souvent apprécier-la sûreté nous met
tent ù, même d'être très affirmatifs.
Ce vol stupéfiant a été commis de nuit, il y
a environ un mois, avec la complicité d'un
haut fonctionnaire, La vraie Joeonde fut re
tirée de son cadre et la fausse y fut ajustée
on moins d'un instant.
C'est un nouveau scandale administratif
qui va éclater. Pauvre République !
Une enquête s'impose.
Le premier soin de 'M. Dujardin-Beaumetz
devra être de faire déposer la trlace placée sur
le tableau : cette opération accomplie, il re
connaîtra aussitôt l'exactitude de notre infor
mation.
Nous pouvons ajouter que la vraie Joeonde
se trouve actuellement à New-York, dans la
galerie du milliardaire J.-K. W... W...
S Mais elle n'a plus le sourire....
| Bien entendu, les Parisiens sourirent et
[ pensèrent qu'il s'agissait là d'une fantaisie
i de haut goût. Pourtant, le Cri de Paris,
j dans un numéro suivant, daté du 7 août
! 1910, reprenait son information et la com
plétait :
La Joeonde a été volée au Louvre. Nous
l'avons annoncé. Personne n'a osé démentir
notre information, excepté M. Homolle, con
servateur du Musée du Louvre.
Un de nos plus spirituels confrères est allé
l'interviewer. M. Homolle a déclaré avec désin
volture que la Joeonde est toujours à sa place
et qu'il s'agit d'une facétie d'un goût douteux.
Ce qui est d'un goût douteux, c'est l'étrange
insouciance avec laquelle M. Homolle a ac
cueilli une si grave nouvelle. L'éminent con
servateur nous garde sans doute rancune d'a
voir fait déplacer ses cuisines. Mais il a tort
de prendre à la légère nos informations : il
est payé pour savoir ce qu'elles valent.
Nous repétons que Ja Joeonde a été volée et
qu'elle a été remplacée par une copie exécu
tée par une vieille Anglaise et convenablement
patmée par un rentoileur de la rue Bonaparte.
Nous mettons M. Homolle au défi de prou
ver que nous nous sommes trompés tant qu'il
n'aura pas fait enlever la glace qui couvre le
célèbre tableau. Qu'on réunisse un jury de
peintres compétents, ils seront unanimes a
constater que, sous le vitrage qui masque la
Joeonde, il est absolument impossible le se
rendre compte de la substitution frauduleuse
que nous avons révélée.
M. Homolle n'a donc aucun droit de nous
donner un démenti. Jusqu'à, ce qu'on nous
ait prouvé le'contraire par une expertise en
bonne et due forme,..nous .continuerons a al»
firmer que la Joeonde a été volée et qu'elle est
actuellement dans la galerie du milliardaire
J.-K. W... W... de New-York.
Nous sommes même en mesure d'ajouter
qu'encouragée par l'heureuse réussite de cette
première opération, une Société anonyme s est
constituée à New-York, cinquième Avenue,
•pour l'enlèvement de tous les chefs-d'œuvre
actuellement mis sous cloche au Muséa du
Louvre et pour leur remplacement par des
copies gans valeur.
Caveant eonsules ! Traduisons, pour M. Du
jardin-Beaumetz : Beware of pickpockets.,
Naturellement, le Cri de Paris, dans son
numéro d'ihier, n'a pas manqué de repren
dre les sensationnelles informations qu'il
publiait il y a un an et il les fait suivre de
■ces commentaires :
M. Homolle nous traitait alors cavalière
ment. Il nous opposait un sourire supérieur :
— Hé quoi ! disait-il, voler le plus célèbre
tableau du monde dans un musée dont la gar
de m'est confiée, voyons, c'est tout à fait ini
maginable. Autant prétendre qu'on pourrait
voler les tours de Notre-Dame. C'est ridicule,
c'est'absurde ; cela dépasse les limites de la
fantaisie la plus dévergondée. Allons ! mes
sieurs, soyez un peu sérieux 1
Eh bien ! monsieur Homolle, qui donc man
quait de sérieux i NoUs ou vous ? Croyez-vous
maintenant qu'il était possible de voler la Jo
eonde t
Avouez que c'était un jeu d'enfant, puis
qu'on vient de dérober la copie qui, depuis
un an, passait pour l'original.
Car nous maintenons que la vraie Joeonde
fut volée non point lundi dernier, mais , en
Juin 1910.
. De même qu'on a vendu trois fois le chef de
saint Martin, on a bien pu voler deux fois la
Joeonde.
Ce n'est probablement pas le seul tableau
qui ait disparu du Louvre.
On le voit, ces diverses informations ne
manquent pas .d'un certain mystère.
PROPOS D 'ACT UALITÉ
Les Etrangers au
Jardin des Plantes
On annonce de Munich qu'aux environs de
cette ville vient d'être créé un parc zoologi
que où les animaux, au lieu d'être parqués
entre d'étroits grillages suivant la vieille mé
thode, ont à leur disposition de vastes espaces
boisés et rocheux.
Chaque espèce est séparée et répartie sur le
terrain qui lui convient : les chamois et les
antilopes dans des gorges escarpées, les lions
sur un large espace sablonneux. Les oiseaux
de proie occupent une immense volière de
quarante-cinq mètres de côté.
Dans la partie la plus élevée du parc, on a
aménagé une terrasse d'où les visiteurs peu
vent suivie de tous côtés les ébats des bëtes
sauvages et s'offrir l'illusion de les voir vivre
en pleine nature. ' V
Voilà ce qu'on fait à l'étranger pour le plai
sir et l'éducation du peuple et pour le bien-
être des animaux... Ici, nous avons cette
chose innommable, ce cloaque de misère qui
s'appelle le Jardin des Plantes.
Le Jardin des Plantes !... Si nous avions
pour deux sous d'ataour-propre, nous ne lais
serions jamais visiter cela aux étrangers...
Dire que. des gens qui viennent de Hambourg
ou de .Berlin, d'Amsterdam, d'Anvers ou de
Londres, où les animaux sont si merveilleu
sement installés, peuvent entrer là et voir ces
parcs boueux, ces cagas sordides, ces ani
maux perclus de rhumatismes, dévorés de tu
berculose... Quelle honte !
J'ai rencontré là, il y a quelque temps, un
groupe d'Angl&is conduits par un guide, et je
les ai suivis pour entendre les réflexions que
leur- Inspiraient les tableaux lamentables
qu'ils avaient sous les, yeux. Le guide; était
facétieux. Il expliquait à ses auditeurs qu'en
France les choses mortes, empaillées, dessé
chées, ont, aux yeux des savants, infiniment
plus de valeur et d'utilité que les êtres vi
vants.
— Voilà, disait-il, en montirant les somp
tueux édifices où sont renfermées les collec
tions, voilà !... Les choses mortes, on les met
dans ces palais ; mais les êtres vivants crou
pissent dans les parcs immondes et dans les
cages vermoulues "où vous les avez vus.
Et il ajoutait, goguenard :
— Il est vrai que les Français sont en train
d'aEccrocher à tous leurs becs de gaz cette ins.
cription :
a Soyez bonS pdur les animaux *.
Jean Lecoq.
Nouvelles Diverses
' -V fufc —
PARIS
La conférence sanitaire internationale
doit se réunir le 10 octobre, à Paris, au mi
nistère des Affaires étrangères. Elle compren
dra les représentants de quarante Etats envi
ron.
—- Sur le rapport- du ministre de la Ma
rine, la croix de chevalier de la Légion d'hon
neur a été décernée à l'enseigne de vaisseau
Carfbonnier dont on Se rappelle la brillante
attitude lora de l'accident du sous-marin
HubU-
DÉPARTEMENTS
La princesse Christian de Schleswig-
Holstein, en villégiature à Deauville, est ve
nue aujourd'hui à Caen, en automobile. Elle !
a visité les églises Saint-Gilles, Saint-Pierre et l
Saint-Etienne.
—— Le comice agricole de l'arrondissement
de Bazas aura lieu cette année à Captieux,
apres-demain dimanche.
Des grandes manœuvres auront lieu
dans l'arrondissement de Bazas (Gironde), du
30 août au 15 septembre prochain.
Un centenaire, M. Redon, né le 30 août
1811. vient d'être ièté à Royan, sa ville- natal©;'J
•M., Redon-iest--]&»iid-'dépits■•■1S6Ç' avee^Mlle I
Anne Pélissier ; les'époux ont une fille, qui '
vit avec eux. !
—- A Gavarnie aura lieu, le 5 septembre, !
l'inauguration d'un monument élevé à jla mé- i
moire du comte Henry -Russel, * pyrénéiste » '
fervent, habitué de Vigaemale. : 1
—- Un grand concours d'animaux repro
ducteurs, ,de produits, .agricoles et horticoles,
organisé par la Société départementale d'Agri
culture des Haùtes-Pyrenees.aveç des primes
chevalines, accordées" par lé ministère de l'A
griculture, aura lieu à Vic-de-Bigorre, • le 10
septembre.
Le 8° Salon au* Village, organisé par les
amis de l'Yveline, se 'tiendra, cette année, à
Gambàis (Seine-gt-Olse), du 10 au 24 septem
bre prochain. L'inauguration aura lieu le di
manche 10 septembre, «j-une exposition rétros
pective des souvenirs .historiques et ethno
graphiques de l'Yveline, sera jointe au « Salon
du Village ».
ÉTRANGER >
——"Le prince de- Galles et son frère; le
prince Albert vont faire le tour du monde à
bord d'un des nouveaux dreadnoughts an
glais.
Edison, après avoir excursiqnné en
France, est arrive à Genève avec sa famille.
PROCUREUR IMPÉRIAL RUSSE
FRAPPÉ D'UN COUR DE COUTEAU -
(Dépêche de l'Agence l'Information)-
Saint-Pétersbourg, 24 Août.
On téléginaphie die Vyatka que M. Go
lochvastoff, adjoint au procureur impé
rial, -a été frappé d'un coup de couteau
dans le dos, aux établissements métallur
giques de Izhovsk., Son agresseur n'a pas
été découvert
LA CHÂLECR
et ses conséquences
*" - ■ • —**-— :
(Dépêches de nos correspondants)
BerckiPlage, 24 Août, _
Un garçon de 14 ans, nommé Gelé, qui
était allé prendre un bain après avoir
mangé et à une heure où les bains ne sont
plus surveillés, a été frappé de congestion.
Son cadavre a été retrouve le lendemain. '
x
• Bourges, 24 Août.
Dans la commune de Vesdun, au lieu
dit « La Presle », la foudre, en tombant
près d'une ferme, a incendié une meule de
paille. Les habitants du bourg, situé à
quelques centaines de mètres, accoururent
pour protéger les maisons voisines.
Dans un groupe, qui suivait le chemin
de la Presle, se trouvaient MiM. Jean La-
vepture, âgé de 60 ans, Edouard Dubois,
40 ans, Félix Perrot, .34 ans, Louis Bonne-
foy, 20 ans, et Camille Bonnefoy, 18 ans.
Soudain un effrayant éclair sillonna la
nue et la foudre tomba au milieu des bra
ves sauveteurs. Tous furent jetés à, terre.
Quand on se porta à leur -secours, o]n
constata cjue Laventure et Dubois étaient
morts, tues sur le coup.
Les autres respiraient encore, mais
étaient grièvement blessés ; ils sont aujour
d'hui hors de danger.
x
Charolles, 24 Août.
La nuit dernière, un orage d'une grande
violence s'est déchaîné sûr l'arrondissement
de Charolles, particulièrement sur les can
tons de Sainur-en-Brionnais, Bourbon-
Lancy et Marcigny.'
D'énormes grêlons ont' saccagé les récol
tés dans plusieurs communes, notamment
à Crouat-sur-Loire.
x
Clermônt-Ferrand, 24 Août.
A Saint-Front, une fillette de huit ans,
qui gardait des vaches dans un pâturage,
a été tuée par la foudre.
C'est la dixième victime des orages dans
la région depuis le commencement de
l'été.
x
Dieppe, 24 Août.
Surprise au milieu de la plaine par un
violent oragq, Mme veuve Langnel, âgée
de soixante-treize ans, se réfugia sous un ;
■arbre. Mais cet arbre ayant été foudroyé,
Mime Langnel fut tuée ; son petit-fils, Jo
seph Poulain, 10 ans, fut simplement
étourdi.
Dijon, 24 Août.
La foudre est tombée en plusieurs en
droits, notamment à Fleures-sur-Ouche,
où elle a allumé un incendie chez M. Ba
taillon, tué deux vaches dans une établie,
saccagé l'habitation de» M. Lefol et ren
versé Mme Jeanne Dupaquier qui est res
tée paralysée après la commotion. Elle a
en outre culbuté deux voitures, couchant
les chevaux et projetant à terre les conduc
teurs.
x
Douarnenei, 24 Août.
Hier soir, vers cinq heures, la foudre
est tombée sur le clocher d'Argol et y a
causé de sérieux dégâts.
Vers midi, un violent incendie s'était
produit au Guervian- Les locataires de la
maison en flammes s'enfuirent précipitam
ment. Malheureusement, l'un d'eux, M.
Lefranc, douanier, qui s'était endormi
fians le grenier et qu'on ne put prévenir
pL temps, fut brûlé vif. Lorsqu'au bout de
deux heures d'efforts, l'on se rendit maî
tre du feu, on trouva parmi les décombres
Bon cadavre carbonisé.
x
Dreux, 24 Août.
Au cours de xeowits otages, la foudre
s'est abattue a Ci ucej sui 11 ferme de M-
Chalopin ét 1 a moe îdiee presque entière
ment.
Deux grangies remplies.de récoltes, l'écu
rie, l'êtable, deux bergeries et un hangar
furent la proie des flammes.
x.
Gien, 24 Août.
Un orage, accompagné d'une terrible
©hute de grêle, s'est abattu avant-hier soir
sur Sully-sur-Loire et Saint-Père.
A Sully, de nombreuses vitres et des ar
doises ont été brisées. Des jardins ont été
dévastés à Saint-Père. Le désastre est com
plet. La terre était recouverte d'une couche
épaisse de grêlons dont certains pesaient
jusqu'à 50 grammes.
Dans toutes les campagnes, la vigne et
les arbres fruitiers ont été complètement
dépouillés de leurs fruits.
. x
Le Puy ( 24 Août.
Au cours d'un nouvel orage qui s'est
abattu dams la soirée d'hier sur le départe
ment, la petite Marie Délabré, âgée de huit
ans, de Saint-Front, qui gardait les bes
tiaux non loin de la ferme habitée ]Jar ses
parents, a été tuée par la foudre.
Son chien, qui se tenait près d'elle, a été
également foudroyé.
X
- Les Andelys, 24 Août.,
- Le feu a éclaté nvant-hier dans un quar
tier de maisons ouvrières, à FreneJle-Boi-
semont. Quatre maisons d'habitation et
deux bâtiments ont été détruits ; le mo
bilier qu'ils contenaient a également été
la proie des flammes.
Quatre ménages ouvriers se trouvent
sans abri et sans ressources.
x .
Montargis, 24 Août.
L'orage de dimanche dernier a mis le
feu à Ja ferme de Bedlevue, près Nogent-
sur-Vernisson. Un très grand bâtiment à
usage de grange et un vaste hangar, ainsi
que les récoltés et instruments agricoles
qu'ils contenaient ont été détruits. '
Pendant le même orage, le feu prit chez
M. lMouidhe, à la Cour-Miarigny, détruisit
une grange et les récoltes qu'elle contenait,
ainsi qu'une ébable dons laquelle se trou
vaient deux vaches et un chien qui furent
brûlés.
x
Mont-de-Marsan, 24 Août.
A M'iramont-Sensac, le sonneur de
cloches a été foudroyé au moment de son
ner VAngélus et le prêtre qui était dans l'é
glise au même instant a été contusionné
à la tête par une pierre qui est tombée
d; la nef. .
La foudre est tombée à Sarbazan, sui"
la maison habitée par Mime veuve Gour-
don- Une femme a.été grièvement blessée.
La cheminée et un mur ont été démolis,
.x
Privas, 24 Août.
La foudre a fait de nombreuses victimes:
c'est ainsi qu'à Pornas, l'immeuble de la
famille Bonnaud a été incendié ; le père,
âgé dte quarante-six ans, et une fille de
vingt et un ans ont été foudroyés. Les
rôngt
autres membres de la famille ont été épar
gnés.
. x
x Saint-Marcellin, 24 Août.
Au cours d'un violent orage, la toiture
de l'hôtel Arnaud, au pont dé Manne, a
été enlevée comme fétu de paille.
La foudre a éclaté, au bois de Clak, com
mune de Saint-Romans, sur les bâtiments
occupés par M. Louis Mermet, fermier, et y
a mis le feu : Plusieurs bœufs, vaches, chè
vres et animaux de basse-cour ont été car
bonisés. M. Mermet, qui avait dû fuir som
mairement vêtu, n'a rien pu sauver,
x
Senlis, 24 Août.
Au moment où un train de marchandi
ses stationnait au garage de Saint-Maxi-
min, deux wagons plate-formes remplis de
marchandises ont pris feu soudainement.
On dut les détodher, car ils menaçaient
d'incendier le convoi.
x
Troyes , 24 Août.
L'orage qui a éclaté dans l'après-midi
d'hier, a causé d'énormes dégâts sur dif
férents points du département.
A Ver:pillières, la grêle est tombée en
abondance. Certains grêlons avaient la
grosseur d'une noix. Il y en avait en-di
vers endroits une couche épaisse de dix
centimètres. Toutes les maisons exposées
à l'Ouest ont eu leurs vitres brisées. Les
jardin et les champs sont dévastés et des
quantités de fruits jonchent le sol. Dans
les' vignes, lâ terre est couverte de feuilles
et dé raisins ét les ceps sont mutilés.
Aux Riceys, lés dégâts sont importants.
La récolte des vignes est en partie détruite.
A Courteron, les vignes ont beaucoup
souffert. Un tiers de la récolte est perdue.
A Avirey-Ling-oy, l'orage a été très vio
lent. Les avoines non encore rentrées sont
perdues et les vignes ont été saccagées par
li grêle. D'énormes peupliers sont brisés,
ainsi qu'un grand nombre d'arbres frui
tiers. .
A Racines et à Cours an, les grêlons, de
la grosseur d'une noix, ont tout anéanti
sur leur passage. Les vignes n'ont plus de
feuilles.
x
Vialeneiennes, 24 Août.
A Lourches, l'ouvrier . d'usine Léopold
Messe, âgé de 27 ans, s'est noyé en se bai
gnant dans la Selle. Le malheureux laisse
Une veuve de 21 ans et deux enf ants,
x
Villefranche-sur-Saône, 24 Août.
Depuis trois jours, des orages impétueux
et terribles passent sur Villefranche et
toute la région boaujolaise. La grêle, en
différents endroits, a atteint la grosseur
d'un œuf. et des dégâts importants
ont été commis aux vignobles.'Les commu
nes, qui ont eu à souffrir du terrible fléau
sont dans la désolation.
A Saint-Georges, Belleville, Charentay,
un tiers a été détruit.
La foudre est tombée^ à larnioux, a,u ha
meau de la Boutte, sûr la maison de M.
Au berger.
A Demce. Lacenas, Rivolet, les dégâts
sont tie et eix, les propriétaires ramas
sent en quantité le raisin tombé afin d'es-
sajer de fane un vin clairet.
x
Vitry-le-François, 24 Août.
Hier matin, à Sermaize-les-iBains, un in
cendie a détruit divers immeubles appar
tenant à M. Remy-Thiery, cultivateur,
rue de Vitry. Les causes de cet incendie
sont inconnues.
CHEZ LES CHEMINOTS
. V . ** '
L'élection du nouveau Comité de direction
UNE VOITURE DANS UN RAYIN
—**—.
UNE MÈRE DE FAMILLE TUÉE
(Dépêche de notre correspondant}
Tournori, 24 Août.
Mme Chevrier, dont le mari est voitu-
rier au Cheylard, a été trouvée morte dans
ùn ravin de dix mètres de profondeur, au
quartier de la Roche, commune de Mézil-
hàc.
Elle se rendait à Marcols-les-Ëaux s'ap
provisionner de victuailles, pour-les nom
breux ouvriers occupés par son mari. Le
cheval qu'elle conduisait ayant pris peur
partit au galop, entraînant la voiture, dite
jardinière, dans le précipice. Lorsque les
secours arrivèrent, Mme Chevrier était
morte. Elle laisse deux enfants en bas âge.
Nous.avons dit, lors de/ta dernière jour
née du Congrès national des cheminots,
que, sur une proposition des révolutionnai
res, le Congres avait décidé la transforma
tion du Syndicat national en une Fédéra
tion nationale de tout le personnel des voies
ferrées.
En attendant que. cette transformation
6'accomplisse au gré des révolutionnaires,
il a" été procédé, hier, à l'élection du nou
veau comité de direction du Syndicat na>-
tional. Ep voici les résultats : •
Secrétaire général : M. Bidegaray.
Secrétaire général adjoint : M. Pican.
Trésorier général : M. Desgranges... i,.
Délégué au Comité Confédéral : M". Coudun
(du Nord).
Délégué à la commission de contrôle de la*
C. G. s M. Audinotï
Commission du Journal, : MME. Le Guet», Pa-.
vçust et Coudun (4e l 'Est). • - ' - —
Commission des Finances : MM"Rino;uçnv
det, Qqévram et Audinot. :. t
L'élection est d'autant plus symptomati-
que que M. Bidegaray- a été élu à une
très forte majorité malgré les attaques de
la C. G. T. et des révolutionnaires, et que
deux de ces derniers seulement, M. Couidun
(du Nord) et M'. Davoust ont été Çlus mem
bres du nouveau comité. .T'.
LA HiSS ES l«ti SB WÊ8B HE8
PAR LES BRIGANDS
" ■' " 11 1 » ifl " '■
Constantinople, 24 Août. .
L'ingénieur Richter est arrivé à Elasso»
na. Il raconte- qu'après avoir été fait pri
sonnier par les brigands, il se trouva pen
dant quelques jours en territoire turc, puia
fut conduit plus tard dans les —villages-
grecs de Misabar et Parapounar' Où il fut
tenu caché. », ". .. .
On l'amena, pendant la nuit, à la,-fron
tière et on le laissa libre. Il n'a pas ét-éj..
payé de rançon pour lui. M. Richter enver
ra seulement d'Allemagne une somme con
venable aux brigands, sinon ils le mena
cent de tuer sa femme qui se trouvé- en
Grèce. -- •
Désespoir d'un soldat
Gray, 24 Août. '
Vers cinq heures de l'après-midi, i© ca
valier rengagé du 12 e hussards,*'Po^get,'"
originaire de Paris# s'est tiré deux coups '
de revolver dans la tête à la suite d'une
discussion avec son amie.
Il a été transporté aussitôt à l'hôpital
militaire ; son état est désespéré.
)«>ii m. lu ■ [I 'iïniiiV ■Mil»,
CYCÏÏSME
APRÈS LE TOUR DE FRANCE
La marque La Française, résumant eeS
succès du Tour de France, écrit :
La grande marque triomphatrice du Tout
de France; ç'a été la bicyclette La Française,
qui a triomphé dans 9 étapes — les,plus dures
—■ sur 15, a remporté le Challenge des Annales
Politiques et Littéraires et compte <> rcoureurs*
dans les 7 premiers. .
Voici la liste des étapes gagnées par la
marque La Française : .
Groupés. — 4 8 étape, Belfort-Chaimonix : 1.'
Orupelandt ; 8* éta^e; Chamonix-Grenoble : I.
Rmile Georget ; % Emile Duboc ; 7 8 étape,
Nice-Marseille : 1. Crupelandt ; 2. Emile fieor--.
get ; 8° étape, Marseille-Perpignan : 1. Duboc ;
9° étape, Perpignan-Luchon : 1. Duboc 2. E.
Georget ; 3. Godivier ; 11° étape, B'ayonne-La
Rochelle : 1. Duboc ; 2.Georget ; 3.Crupelandt ;
12» étape, La Rochelle-Brest : 1. Godivier ; 2.
Maitron ■ 3. Cruchon ; 14» étape, Chërbourg-Le
Havre : i. Duboe ? 3. Georget ; 3. Crupelandt ;
4. Cruchon ; 15 e étape. Le Havre-Earis : 1.
Godicier ; 2. Duboc.
Isolés —■ 7" étape, Nice-Marseille : 1.
Qhulst, ; 8° étape, Marseille-Perpignan : I.
Dhulst ; 9« étape, Perpignan-Luchon : 1.
Dhulst. , „ , - -
Ainsi qu'il est facile de s'en rendre compte-
la marque La Française-Diamant s'est taillé
la Daa-t du lion dans le Tour de France -mi,
affirmant ainsi une supériorité sur'toutes les
marques rivales. - •,
Pour recevoir franco le catalogue des
cycles La Française, il suffit d'en fairil la,
demande à la direction, rue Desoombea,
9, Paris.
■ x
AYEZ-VOUS ÉCRIT î, ,
Avez-vous écrit au directeur des cycles
La Cocarde, 105, rue Lafayette, pour de
mander son catalogue de bicyclettes de
route, de course et de demi-course avec du
sans roue libre, avec ou sans change
ments de vitesse, pour hommes, dames et
enfants, toutes absolument irréprochables
et dûment garanties.
Cette grande maison de confiance "v'en'd
au. comptant et à crédit. ^ "
On sait que les bicyclettes La Cocarde
sont fabriquées avec les matières premières!
les meilleures, par les plus puissantes -usi
nes de France. .
Paul Manoury.
Réunions et Banquets
—o— Au Feu ! anciens Pompiers de..Paris,,
demain, à 9 heures du soir, réunionne la'So«
ciêté, 28, boulevard de Strasbourg.
—o— La Société des Ârnis de Saint-Fiacre
donnera, le 30 août prochain, à 6 heures du
soir, au Palais d'Orléans, son 5° grand ban«
quet suivi de bal.
FEUJJXETON du Petit Journal du 25 Août 1911
—6 ■' . ■ Cl
laPrincesse flesïénèlres
■— **• —-
PBEMIËRE PARITE
III (Suite)
- Sur la piste
^ J'y ai réfléchi, ma chère femme, et J' ■ s qu'.il ne faut pas nous laisser aller
■iicourageonent, reprit Sautarel.
Pourquoi î
.via première idée a été la même que
, : ienne... mais en y songeant, je me suis
ï Mielé tout le bien que le baron fait
■autour de lui... je me suis dit que cet hom
me ne pouvait être un criminel....
— Il a cependant, écrasé notre, petite, et
il ne s'est pas arrêté.
-*■ C 'est Vrai, mais peut -être nie s'est-il
pas rendu compte de la gravité de l'acci
dent.
; — Tout de même, il l'a vue tomber...
— Qu'éii sais-tu ?... Et qui te dit que le
baron- nê~"cherdhe pas en ee moment même
à réparer ses torts ?... Quand il saura qu'il
a causé un accident mortel, que l'enfant
écràsSe pàr lui est la fille d'un de ses em
ployés... qu'il estime, je suis sûr qu'il fera
tout ce ■qu'il pourra pour nous...
—>• De l'argent, alors, toujours de ,l'ar
gent ?
-t - Crois-tu, ma chère femme, " que cette
oênsée ait jamais effleuré mon esprit ?...
Non ! Eti sois tiîanquille, je ne lui en de
manderai pas... mais il saura faire preuve
Ci Traduction et reoraduction lateroKM*
de tant de délicatesse à notre égard, que
nous ne pourrons plus le maudire.
Faustine hocha la tête d'un air de doute.
—- J'ai moins eonflance que toi...
•— Ecoute, ma chérie, j'irai le voir de
main, je lui parlerai... je verrai bien qui
de nous deux a raison....
— Et s'il te repoussa ?
— Alors, fit Sautarel en fermant les
poings, alors, gare à lui !... je saurai bien
me défendre et ma vengeance sera terri
ble...
ÎV
Face à face
Le lendemain^ à dis heures du matin,
Sautarel, enfourchant sa bicyclette, se ren
dit à Villemétrie. Il était, à peu près sûr,
à ce moment de la matinée, de rencontrer
le, baron seul à son château.
L'opulent banquier se trouvait en effet
dans son cabinet, béatement enfoncé dans
un des fauteuils moelleux qui garnissaient
la pièce, lorsque son valet de chambre lui
annonça que M. Sautarel, caissier princi
pal de la succursale de Senlis, désirait lui
parler. "
Il fallut à Ganimer un effort, pour se rap
peler ce que pouvait bien être ce visiteur.
— Sautarel, Sautarel ? murmura-t-il.
Mais la mémoire lui revint tout à coup.
— Ah ! oui, j'y suis, monsieur Saute
relle..-
La façon dont il estropiait ce nom avait
toujours pour effet, de le dérider.
— Faites entrer,faites entrer ce bon mon
sieur Sagterelle.
Le caissier entra, un peu intimidé, mais
sans obséquiosité, en «homme décidé à faire
valoir ses droits.
.— Hé, ce bon Sauterelle, s'exclama le ba-
rop en se soulevant à demi sur son fau
teuil. Dites-moi quel bon vent voys amène ?
Aaseyevvoua donc... >
j&L .1-VU t \ ~ - .«• ^
Et comme Sautarel, hésitant, ne savait
commsnt aborder le sujet qui lui tenait tant
au cœur :
— Est-il donc arrivé quelque chose à la
succursale, que vous venez- me voir chez
moi, en semaine ?... Car c'est jour de trar
vail, ce me semble, ajouta le banquier, tou
jours strict sur les règlements et qui n'ad
mettait pas qu'on prît un jour de congé
sans lui en avoir fait demander là per
mission...
— C'esit à moi, monsieur le baron, qu'il
est arrivé un affreux malheur...
Le baron sortit à moitié le corps du fau
teuil où il se vautrait ' ;
— Tarteiffe ! c'est vrai, je n'avais pas
remarqué... Vous êtes en deuil, monsieur
Sauterelle ?
La commisération n'enlevait pas au ba
ron, comme on voit ,ses talents de faiseur
Ganimer dressa l'oreille.
— Ma petite Marthe a été écrasée... l'au
tre jour, par un cavalier.
Sautarel allait ajouter : « Et oé cavalier,
c'est vous 1 » mais l'attitude du baron lui
donnant soudain à réfléchir, il voulut étu
dier un peu son interlocuteur, avant d'allèr
plus loin.; A cette révélation subite que le
père de Fenfant était un de ses employés,
Ganimter eut un instant d'hésitation. Le sort
ne se prononçait-il pas en sa faveur ? Un
homme à ses gages, il serait facile d'en
avoir raison, avec de bonnes paroles et uri
peu d'argent. Peut-être qu'à ce moment
précis, si le baron avait arrêté Sautarel,
affectueusement, en jouiant" au'besoin la
pitié, le chagrin, peut-être eût-il attendri
son caissier, qui ne demandait qu'à l'être,
et triomphé facilement des dernières pré
venions qu'il pouvait nourrir contre lui.
En un instant, tout eût été terminé.
le h&ron. Ganimer avait, un terri
ble défaut ; il se méfiait toujours gers, des . siens,-de lui-même. Comme Tal-
leyrand, qui se méfiait de son premier mou
vement, parce que c'était le bon, le ban
quier ne se laissait jamais aller à une im
pulsion spontanée.
Il en fut ainsi dans la circonstance pré
senta « Qui me dit, pensa-t-il, que cet
homme, une fois que j'aurai obtenu de
lui qu'il ne porte pas plainte .contre moi,
ne me fera pas « chanter » ? Et alors, je
serai toujours sous le coup de ses menaces,
à sa imerci, sans pouvoir me défendre,
puisqu'en l'aidant, en l'indemnisant, j'au
rai pour ainsi dire avoué ? Mieux vaut
ne rien dire, nier, nier toujours ».
Le résultat de ces courtes réflexions.fut
qu'il répondit après un instant de silence :
— Ecrasée par un cavalier !... Mon pau
vre Sauterelle... mais c'est affreux !.. Et
quand cela est-il arrivé ? -
• Sautarel demeurait confondu de tant
d'àudace.'Mais il voulait voir jusqu'où pou
vait aller ic baron dans l'inconscience et.
le cynisme.
— Vendredi, monsieur le baron, répon
dit-il, pendant la chasse.
— Mon pauvre Sauterelle !
— Je croyais même, monsieur le baron,
poursuivit le caissier, que vous étiez au
courant... que vous connaissiez^'accident...
—' Moi, mon bon ami, mais comment
voMile?-vons que j'aie appris ?..
— Darne, monsieur le baron, n'est-oe pas,
vous suivez les chasses...
— Hélas, mon bon ami, j'ai la goutte, je
ne soirs plus depuis quinze jours...
Sàutarel était fixé. Le baron niait, niait
tout... Ah ! comme il s'était trompé sur'
son compte ! Lui qui le croyait bon, géné
reux, charitable !... Il n'avait en face de lui
' qu'un misérable qui avait commis un véri-
| table <îrimo, et qui, maintenant, esquivait
i toutes lés responsabilités de son acte.
1 Sôn sjang lie -fit au'uo tour.
Se levant dé sa chaise,il fit un bond vers
le baron toujours étendu dans son fau
teuil. ......
■ — En voilà assez ! Il n'y a plus ici de
patron et d'employé !... Laissez-moi finir,
fit-il en voyant le banquier faire un mouve
ment-
Dieu m'est témoin que j'étais venu ici, la
mort dans l'âme, c'est vrai, mais jpersuadé
que je ne m'adresserais pas en vain à vo-
trç cœur, à votre bonté... et voilà comment
vous m'accueillez !
— Mais vous êtes fou, Sautarel !..
Dans son trouble, le baron n'estropiait
plus le nom du caissier.
— Non, je ne suis pas fou... je dis la
vérité., je dis que vous, baron Ganimer,
avez écrasé, l'autre jour, ma petite Mar
the, sous le sahot de votre cheval..., que.
comme une brute, vous avez passé sur
âon pauvre petit corps, sans même avoir
pour elle un regard de pitié !..
— Voyons, voyons, Sautarel... faisait le
baron eh essayant de placer un mot.
— Oui,continua le caissier,qui s'animait,
oui, baron Ganimer, vous avez la fortune,
vous avez la puissance, mais tout riche,
tout puissant que vous êtes, vous ne m'em
pêcherez pas de vous dire que vous n'êtes
qu'un assassin, et un lâche !
Et comme Ganimer, 'effrayé de la colère
de son employé, tendait la main vers la
bonnette... ,
— Non, non, fit-il. en lui saisissant rude
ment le brias, vous n'appellerez pas, vous
m'entendrez jusqu'au bout...
Et, marchant sur lui :
— Je pourrais vous tuer là, comme un
chien, et Dieu m'approuverait certaine
ment.... mais j'ai ma vengeance... elle est
plus sûre... il y a la justice qui défend les
petits et les humbles et qui me vengera de
vous.
Au ïnot de iuMiee. Ga.nrmer res
saisi. Un indéfinissable sourire erra sur
ses lèvres. ....,
— Eh bien ! oui, c'est vrai, j'ai écrasé
votre en San t.. j'étais pressé, elfe" se trou
vait sur ma route... tant pis pour élle,aprèj|
tout 1... Est-ce crue ça me regarde, moi,ceux
que broie la vie ? Que m'importent les gens
que je ne connais pas !
L'œil injecté de sang, Sautarel écoutait
ces paroles odieuses, Il faisait das< -effortsi
inouïs pour ne pas siauter sur cette' bête
immonde et la prendre à la gorge, au ris
que de tout ce qui pouvait advenir.
Sans paraître ému, le baron continuait i
— Et puis, après ?... Je suis un assas
sin, dites-vous ?... Vengez-vous donc tout
de suite, si vous l'osez... Tuez-moi.., Mais
prenez-garde... Il y a dos gens à côté, il»
viendront, ils trouveront mon cadavre...
vous ne ferez pas dix pas que vous serez ar
rêté. Et vous serez emprisonné; condam
né...
Tant de cynisme épouvantait le caissier.-
Par un effort héroïque il parvint à se do
miner, à dompter ses nerfs. ■
— Aussi, monsieur le baron, fit-il avec
un dédain gjaciail qui contrastait ■ singu
lièrement avec son emportement de tout à
l'heure, j'ai mieux à faire que de vous
tuer... j'ai la justice pour moi... Dans une
heure, ma plainte sera rédigée, déposée, et
ce soir, c'est vous, le richissime baron Ga
nimer, qui serez sous les verrous. . -
Ganimer partit d'un éclat de rire.
— Ah ! Ain ! La justice... Eh bien ! soit,
Sautarel,... essayez... je n'ai pas. peur.ji--. ,
Puis, se rapprochant de lui jusqu'à "le
faire reculer : • , .. ...
— Un conseil, un dernier, car-nous ne
nous reverrons sans doute plus... prenez
garde, prenez garde... ne tentez rien contre
moi... car je vous briserai comme je brise
ceci... ..
V ictor GOEDORP.
. tTjj, Suite â demain.)
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