Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1907-08-26
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 146118 Nombre total de vues : 146118
Description : 26 août 1907 26 août 1907
Description : 1907/08/26 (Numéro 16313). 1907/08/26 (Numéro 16313).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG64 Collection numérique : BIPFPIG64
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6179955
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/10/2008
LUNDI 26 AOUT! ÏÔOÏ
©EimiEIRES
télégraphique et têlépbmdqim spéciaux <£a Petit Journal
L'ACCI DENT DE CO UTRAS
Nouveaux détails sur les causes du tamponnement
Encore un mort
(DE NOTRE ENVOYÉ SPECIAL
■ ' *« —■ '
Bordeaux, 25 XoÛf,
M. Coste, un'des blessés dtf tâmponné-
- ïûent de Coutras, qui avait été transporté
à Bordeaux, où il habitait, a succombé
dans la soirée.
Le bruit court qu'on-aurait découvert
deux cadavres qui n'auraient pas encore été
identifiés.
Le nombre des morts serait donc de-13*
L'enquête judiciaire
Coutras, 25 Août?
Les causes de la catastrophe ne sont pas
iencore définies officiellement. Toutefois,
d'après les renseignements recueillis au
près d'une personne autorisée, la gare de
Coutras était; sur le point de recevoir un
aménagement de gare de triage et, dans
ce but, un aiguillage à main provisoire
avait été établi hier ou avant-hier. Ce se
rait cet appareil qui aurait fonctionné mial
ou pas du tout, et le train de vovageurs est
, allé s'écraser sur une voie de garage,
contre un train dé marchandises.
Le procureur de la République 8e Li-
bourne, M. Good, venu sur les lieux à la
première heure, n'a pas encore pu établir
les causes exactes de la catastrophe.
L'aiguilleur est maintenu à la disposition
de la justice.
La voie principale à été dégagée vers six
heures ce matin. Un service de pilotage
sur voie unique est établi entre Saint-Qe-
nis-de-Piles et Coutras.
Bordeaux, 25 r Aoûï, soir.
L'aiguilleur Valbousqueta été interrogé
ce soir par lè pauquet :
— Je jure, a-t-il dit, que ]'ai « fait » l'aîguil-
toutes mes forces, sur le levier qui devait en
voyer le train de^e&yageurs sur la voie paire.
Si le convoi est allé sur la voie de garage,
sur la voie du train de marchandises, c'est
que l'aiguille n'a pas obéi. Le levier, vous
le voyez, est droit lorsque l'aiguille verrouil
lée donne accès à la vole de garage. Quelque
chose a dû se déranger dans les tubes de
transmission, qu'on avait installés vendredi
et samedi matin'pour reculer le diagonal de la
gare. D'ailleurs, toute la journée nous avions
bien senti à l'aiguillage que cela marchait
pial.
Les v chefs de Valb'ousqUet, qui le tiennent
tn grande estime, croient aussi à un ca9
Je force majeure:
M. Barthou ù Coutras
%
Bordeaux, 25 Août.
Le ministre des travaux publies est ar
rivé à six heures et demie par le Sud-Ex
press à Coutras, accordfcagné de M. Heur-
teau, directeur de la Compagnie, et de M.
Maurice Reclus, chef de son secrétariat
particulier. i
En arrivant, M." BatrtKou esit 'd'abord allé
saluer les morts, puis il s'est rendu sur
les lieux de la catastrophe, où le commis
saire de surveillance administrative et les
ingénieurs lui ont expliqué la genèse de
l'accident. M. Barthou s'est longuement
arrêté auprès de l'aiguille dont le non-
fonctionnement a amené la catastrophe.
M. Barthou est ensuite allé voir les bles
sés auxquels il a adressé des paroles d'en
couragement et de consolation. Le minis
tre est monté en automobile pour voir un
blessé dont }a demeure est assez éloignée.
fl était accompagné du maire de Coutras
et du commandant de gendarmerie Buis
son. . '
M- Barthou est arrivé S Bordeaux à
dix heures et 'demie. Il avait l'intention de
visiter les malades? transportés ici. Ayant
pris de leurs nouvelles, Û a estimé qu'il
était préléraJble, dans leur intérêt, de re
mettre cette visite à. demain. Le ministre
reste donc, tout exprès, ce soir, à Bor
deaux. Il visitera les malades, et repartira
ensuite pour Paris. '
Le chef de gare de la Bastide a déclaré
. au ministre, à sa descente du train, à Bor
deaux, que l'état des blessés était, pour le
moment, satisfaisant.'
i D'autre part, on annonce, 'dans la; soirée,
que l'état des blessés soignés à l'hôpital est
stationnaire.
Le cheffd'équipe Galzin n'ai -pas encore
été retrouvé. On le croit sous les décom
bres.
Détails rétrospectifs
Bordeaux, 25 Août.
Ce n'est que ce matin que l'accident a
été connu à Bordeaux, parmi d'ailleurs un
un public assez " restreint, qui déjà se
presse, anxieux aux portes des deux gares
Saint-Jean et de la Bastide. Mais on ignore
les ïioms des morts et ceux des blessés ; on
ignore leur nombre. On sait seulement le
lait brutal, la catastrophe. -
Ce n'est que lorsque l'on descend d'un
train des blessés que- l'on sait leurs noms,
péniblement arrachés ,àux malheureux
étendus sur des civières. •
Dès là première nouvelle reçue peu après
lv.ccideïït à la gare de Bordeaux-Bastide,
un train de secours a été expédié : des mé
decins ont été requis sur place.
Les travaux de déblaiement ont été très
vivement poussés. Une grue de cinquante
tonnes a été dès la première heure envoyée
de Tours à Coutras.
Un voyageur, légèrement blessé dans le
tamponnement, et qui a Teçu une violente
commotion cérébrale, rassemble pénible
ment ses souvenirs pour faire un récit de
la catastrophe. .
Il dormait, dit-il', 'dans uin wagon de
troisième qui fut épargné et dans lequel
sont quelques oreillers tachés dè sang. Jeté
sur la *cloisoïi faisant face à sa banquette,
il rebondit sur la portière sans avoir eu
presque la possibilité de percevoir le bruit
formidable de l'écrasement.
Comment il se trouva sur la voie ? Il ne
le sait plus. Il vit seulement une monta
gne noire dans la nuit, à ce moment silen
cieuse, puis il entendit des cTis, des appèls
désespérés, des crisyde détresse ; il resta
■k hébété, à entendre des râles. « Ce fut
foudroyant, dit-il, des corps passaient à
travers des morceaux de bois.» et puis.le
nalheureux, encore sous le coup de l'émo
tiOn qu'évoque cette atroce vision, répète à
plusieurs reprises : « Je ne sais plus ! Je
ne sais plus h» '
Les agents de la* Compagnie vont pren
dre des dispositions en ce qui ooncerne les
cadavres que, dans lè premier momeht d'af
folement, on avait portés dans les premiè
res pièces trouvées ouvertes à la gare. ■
Le mécanicien et le chauffeur du train
tamponneur n'ont été que très légèrement
blessés et ont continué leur route sur une
autre machine, qui conduisait vers Angou-
lême un train contenant des blessés qui
avaient l'intention de poursuivre leur route
sur Paris.
a pÀms
y
La famille Touya
Parmi les blessés, figurent Mme Touya
et son enfant. Un de nos collaborateurs
s'est rendu au domicile de la victime et a
recueilli les renseignements suivants :
Les époux Touya sont établis marchands
de vins, 45, rue de Laborde, à Paris. Hier
matin, par une dépêche laconique adres
sée à son mari et dans laquelle elle disait :
« Déraillement, accident sans trop de
gravité »,
Mme Touya faisait connaître l'accident
survenu au train qui la ramenait à Paris.
' La fatalité semble, d'ailleurs, s'attacher
â cette famille.
Il' y a quime mois, des cambrioleurs dé
valisaient leur logement, situé au premier
étage, au-dessus de la boutique, et s'empa-
riaient de plusieurs milliers de francs.
Peu après, le fils des époux Touya, un
petit garçon de trois ans, André, avait,
dans un garage d'automobile, voisin du
domicile de ses parents, un doigt de la
main droite coupé. •
Après avoir été soigné à Bordeaux, chez
sdn grand-père paternel,, le petit garçon
revint à Paris et lft, en jouant dans la cui
sine, tomba-dans une-bassin» d'eau bouil
lante et fut grièvement brûlé!
Sa mène, à la suite de cet accident qui la
bouleversa, topiba malade. , **
Rétablie, elle partit à Bordeaux pour ter
miner sa convalescence, emmenant son fils.
Là, elle fut atteinte de la fièvre t ,rr >hoïde
et resta près de trois mois malade. F.llp
était hors de danger quand sâ sœur, à son
tour, attrapa la terrible maladie.
Mme Touya devfaiit' éhfin' songer au re
tour. soir, elle sê décida h par
tir, ramenant son fils et deux jeunes filles.
Là, comme nous l'avons dit, elle fut victime
avec son petit garçon,. de. la fatalité Et,
dans son malheur. M. Touya se félicite en
core de n'avoir pas.de mort à déplorer.
Chez M, De ho sue s
Nous nous sommes également rendu
chez M. Camille Dehogues, que l'on a
ramené à son domicile dans une voiture
d'ambulance.
Le blessé, q*ui souffrait énormément,
a néanmoins bien voulu nous recevoir et
avec beaucoup de sang-froid nous a dit ;
tenant taîS * ataliste ^ e le se . rai davantage main-
„J? an . s I P a Jeunesse, en faisant une chute .de
f Ji 1® me su * s brisé les deux bras. Plus'
bicyclette, je me suis cassé la jambe
gauene. Je n. avais plus que la jambe droite de
nonne la voilà, à son tour, en piteux état-
tj St-eue fracturée ? Je ne sais,en tous cas,elle
me lait beaucoup, beaucoup de mal.
Le médecin de la Compagnie qui m'a conduit
îcm apu sgprononeer là-dessus et me dire s'il
s agissait crune foulure de la cheville ou d'une
cassure. ;>
♦At ' al P 1 .^.P ar tout,à la poitrine, aux reins, à la
tété ou j ai une plaie, aux mains qui sont pres
que a vif. . r
M. Dehogues nous raconte ensuite qu'il
était parti, il y a quelques semaines à Ron-
c ?~, Baias famille de sa femme pos
sède uné propriété, pour se reposer..
Le 15 août Mme Dehogues et ses trois
enfants étaient venus le rejoindre. Sa
clientèle le réclamant, J1 s'était décidé à
écourter sa villégiature pour satisfaire ses
clients.
M. Dehogues nous donne ensuite la ver
sion suivante de l'accident.
— Quand je suis monté à Bordeaux dans le
train qui devait me ramener à Paris, le convoi
était séparé en deux ; j'ai pris place dans un
wagon de deuxième ciasse, le dernier du tron
çon attelé à la locomotive.Derrière.à la deuxiè
me partie du train qui fut rattachée à la pre
mière, au moment du départ, se trouvaient plu
sieurs wagons et un fourgon lourdement char
ge. C'est ce fourgon qui au moment de l'acci
dent est monté et a broyé là voiture dans la
quelle je me trouvais.
Au moment du tamponnement, je causais de
la crise yiticole avec trois autres voyageurs,
des messieurs. Nous avons ressenti successive
ment trois violentes secousses et je n'ai pu
m enpêcher de dire : « Nous sommes perdus' ! »
En quelques centièmes de seconde j'ai vu
ma femme, mes enfants ; je m£ suis rappelé
ma jeunesse, mes débuts comme pharmacien
a la Tremblade ; je me suis souvenu des nou
velles études que j'ai dlû faire pour obtenir
mon diplôme de chirurgien dentiste.
Tous, instinctivement, nous avions mis nos
bras sur notre tête.
Tout a craqué. J'ai été projeté, soulevé en
avant et jeté contre le filet ; nous nous som
mes sentis pris, serrés entre les'banquettes qui,
s'étaient rapprochées. Un de mes voisins, pris
par le bras, criait : « Mon bras ! mon bras I »
J'étais pris par une jambe, mais, à ce mo
ment, je. ne souffrais pas trop, je l'ai dégagée.
Je me suis dégagé ensuite, puis, sautant à
terre, j'ai voulu aider au sauvetage.
J'avais trop présumé de mes forces ; bientôt,
je me suis affalé, dans l'impossibilité de faire
un mouvement.
Et le blessé termine en nous déclarant'
qu'il n'oubliera dè sa vie Paffreux specta
cle. « Du sang, nous" dît-il, il y en avait par
tout ; comme on m'emmenait j'ai vu, des
hontes scier une pièce de la locomotive
pourtfêgager un voyageur qui, je ne sais
comment, était venu tomber, là. » . ;
Chez M, Loth
M. Loth est coiffeur ; il habite 1, rue du
Dragon. A cette adresse, on nous a dit :
«— M. Loth vient .de passer quelques
» jours chez ça. mère, qui habite Bor-
» deaux, et il revenait à Paris pour repren-
» dre son travail, demain, lundi. Il a pré-
» venu les concierges, par 'une dépêche qui
» vient d'arriver, qu'il se. faisait, trans-
» porter chez sa mère pour s'y faire soi-
» gnér. Son état, fort heureusement, paraît
» être moins grave qu'on ne le pensait tout
» d'abord. Il a une fracture de la jambe
» gauche, dit la dépêche, qui a été parfai-
» teiment réduite. »
Chez Mme Dumas
Nous nous sommes présenté, dans l'a
près-midi, au domicile de Mme Dumas ; on
n'y connaissait pas encore l'accident >si
grave qui lui était arrivé.
Mme veuve Dumas, propriétaire d'im
meubles, à Asnières, qui est âgée de qua
rante-cinq ans, était partie de Paris, il y
a six semaines, pour îaâre une saison à Ba-
règes, où elle était descendue à l'Hôtel de
l'Europe.
Elle avait quitté les Pyrénées depuis
quelques jours, sans donner sa nouvelle
adresse.
L'entourage de Mme Dumas, qui l'aime
profondément, est consterné de l'accident
qui lu» est arrivé. ~ ■ ,
Chez les époux Hayotte
Quand nous arrivons, • vers sept heures
du soir, chez M. Hayotte, rue du Jardin, à
Malakoff, npus trouvons une jeune fille qui
prépare, sous un bosquet, dans un jardinet
situé devant le pavillon, lei dîner de M.
Hayotte père, un vieillard de soixante-dix-
huit ans.
Nous demandons à' voir M. Charles
Hayotte, âgé de quarante-sept ans, tail
leur.
Mais son père nous interrompt aussitôt :
— Mon fils, nous dit-il, est parti mardi h
Castelnau, où sa femme est en convalescence
depuis deux mois chez des amis. Il nous a
écrit vendredi pour nous informer qu'il? se
raient tous. deux de retour dimanche, matin.
J'ai envoyé notre domestique à la gare d'Or
say pour les recevoir à leur arrivée, mais il
lui a été répondu, ce matin,, que le trahi de
Bordeaux avait trois heures de retard. Et à
l'heure actuelle, ils ne sont pas encore là 1
Qu'est-il donc arrivé ?
"Nous mettons M. Hayotte père au cou
rant' de l'accident, et nous le rassurons en
lui disant que son fils et la femme de celui-
ci ont été contusionnés, mais que leurs
blessures ne présentent aucune gravité.
Les époux Hayotte sont très connus à
Malakoff, où ils jouissent de l'estime de
tous. Ils ont une fille mariée à M. Rossi
gnol, rue de l'Evangile, à Paris.
, UNE ÉLECTION A METZ
w».
Metz, 25 Août.
Une élection au conseil général pour le
2 e canton de Metz avait lieu aujourd'hui,
en remplacement de M. Lallement, "décédé.
Le scrutin n'a pas donné de résultat.
Sur 2,791 électeurs inscrits, 1,568 ont pris
part p,u vote. Les suffrages se sont ainsi
répartis : MM. Paul Maujeân, candidat
messin indigène, 680 voix ; Schleicher, so
cialiste, 461 ; Konrath, immigré, présenté
par les corporations et appuyé par le part;
du centre, 342 ; Voortmànn, ex-socialiste
(parti ouvrier indépendant), 62.
Un deuxième tour de scrutin sera néces
saire.
M. JULES CAMBON
t QUITTÉ NORDENEV
Nordeney, 25 Août. >
, M. Jules Cambon, ambassadeur de Fran
ce à Berlin, est parti cet après-midi à deux
heures. Hier, il est resté une grande partie
de l'après-midi et de la soirée en compa
gnie du prince de Bulow, chancelier de
l'empire, qui l'a retenu à dîner.
gendârmeFâssïïllis
Toulon, 25 Août.
Vers sept heures, ce soir, les gendarmes
Vililars et Fauchqn ont été assaillis sur
la Place d'armes devant la préfecture ma:
ritime par un marin de l'Etat et un artil
leur.
Les deux agresseurs, qui étaient ivres,ont
blessé grièvement à la main gauche le
gendarme F'auchon.
Un rasseriiblenient s'étanjt formé, plu
sieurs apaches qui s'étaient mêlés aux cu
rieux portèrent des coups de pied au gen
darme' Villars.
Le contre-amiral Campion, préfet mari
time par intérim, dont l'attention fut atti
rée par le bruit de la rixe, se mit à sa fe
nêtre, et donna ordre à la garde de la Pré
fecture d'ailler au secours des gendarmes.
Vingt soldats coloniaux accoururent en
toute hâte, et arrêtèrent les deux agres
seurs.
UNE BARQUE COULÉE
PAR UN VAPEUR
Un enfant noyé
Angers, 25 Août.
Cet après-midi, un grave accident s'est
produit à Bôuchemaine. *•
Un valeur, faisant le service de prome
nade entre Angers et la Pointe, a coupé un
bateau monté par quatre enfants de dix
à quinze ans, le#frères Legendre, Amédée
et Marcel, et les jeunes Chouanet et Raim-
bault.
Tous les quatre ont été précipités dans la
rivière.
Les deux derniers ont été repêchés par
des canotiers.
Un pêcheur, M. C h au veau, réussit à sau
ver Amédée Legendre, qui était déjà sans
connaissance quand on l'a retiré de l'eau.
Marcel Legendre s'est noyé jet son cada
vre n'a été;retrouvé que dans la soirée.
M. TITTONI
ET LE BARON D7EBENTHAL
CHEZ L'EMPEREUR
j™Ç0IS-JQSEPH
Ischl, 25, Août.
MM. Tittoni, ministre des affaires étran
gères d'Italie, et d'/Erenthal, chancelier
de l'empire austro-hongrois, ont été reçus
en audience par l'empereur François-Jo
seph, à 11 heures.
L'audience accordée à M. Tittofli a duré
presque une heure. L'empereur a fait au
ministre italien 'l'accueil le plus bienveil
lant, empreint de cordialité.
L'empereur a reçu M. d'/Erenthal après
M. Tittoni. à deux heures.
M. Tittoni a été invité à un déjeuner
dînatoire à la villa impériale. ,- x
L'ACCIDENT DE MARQUETTE
î Lille, 25 Août
L'état des blessé? de l'accident du mou
lin Despretz est satisfaisant, à part celui
de Jules Mourier qui inspire encore quel
ques inquiétudes.
'
Aux, ministères des Affaires Etrangè
res, de la Guerre et de la Marine, au
cun télégramme officiel, nous a-t-on dit,
n'est parvenu du Maroc dans la jour
née d'hier.
f On déduisait du silence de l'amiral
Philibert, du général Drude et de M. de
Saint-Aulaire, qu'aucun iiieident grave
ne s'était sans doute produit, soit à Ca
sablanca soit ailleurs.
T jfeîjjS ,
A CASABLANCA
Les Rahmnas refusent de soutenir les
Kabyles. — Un engagement de nuit^
dix Arabes : ont été tués.
(Dépêches de VAgence Havas)
• Casablanca, 23 Août._
(Parvenue le 25 au soir).
Tous les Kabyles autour de Casablanca
ont demandé assistance à la tribu des
Rahmhas. Ces derniers ont refusé, et ont
dit qu'ils n'en feraient rien, attendu que
les Kabyles allaient à Casablanca, non
pour combattre les Français, mais pour
piller et tuer les Maures et les juifs.
" On dit que quand les Kabyles, auront réu
ni 50,000 hommes, ils recommenceront à at
taquer les Français et tenteront d'enlever
Casablanca. i
, Pendant la nuit, plusieurs- coups de feu
ont été tirés. Une bande de 50 Maures a at
taqué la porte d'Esor-Diedid. Le poste fran
çais! qui la gardait a fait feu et a tué 10 Ara
bes. Le reste s'dst enfui.
Le croiseur G\oire a tiré quelques bor
dées sur un rassemblement lointain de
Malires, qui ont 'battu en retraite.
Le Du-Chayla est arrivé de Mazagan, où
tout est calme. #
Le soir du 2,2, un Maure armé, qui s'é-
tai; approché à une dizaine de pas des por
tes de Mazagan, a été tué à coups de fusil
par les Français.
L'ATTITUDE DE L'ESPAGNE
A Madrid, les ministres décident de s'en
tenir à l'Acte d'Algésiras; à Tanger,
la colonie espagnole demande l'en
voi de forces navales
Madrid, 25 Août, soir.
Les ministres ont tenu un nouveau
conseil %ui a duré deux heures. Les mi
nistres se , sont occupés de la question
marocaine.
La Correspondencia, édition du soir,
assùre qu'ils, ont décidé rie contircacr de
respecter et d'accomplir l'acte d'Algési
ras et, sida proclamation de Moulay-Ha-
fid était confirmée officiellement, d'en
voyer aux puissances une note d'accord
avec la France, exposant la situation en
vue de la conduite à suivre.
Tanger, 2'5 Août, soir.
La colonie espagnole, réunie cet après-
midi, a voté une adres.se demandant au
gouvernement l'envoi Jde forces navales
plus importantes que. le Numancia en
rade de Tanger, afin d'assurer une pro
tection efficace des nc.tiônaux. ,
Cette adresse, a été présentée au minis
tre d'Espagne. ''
A (M
Le " Schamrock " part pour Casablanca
avec une fcattorie d'artillerie, des
mitrailleuses et deftroupes
Oran, 25 Août.
Le Schamrock est parti cet après-midi,
pour Casablanca,, après l'embarquement
d'une batterie d'artillerie de campagne de
Constantine, de soixante-cinq spahis de
Médéa et d*Aumale, de trois sections dè
mitrailleuses de Ha première compagnie du
2" zouaves, du 2 e bataillon du 2 e tirailleurs,
et du 3 e bataillon du-2° étranger.
île Schamrock emporte également une
quantité de vivres et de munitions.
—##
yu
Le " Mytfio", le " Lalande"et le" Dard"
\ vont appareiller
Toulon, 25 Août.
Les marins vétérans sont, parvenus,
après plusieurs jours d'un travail opiniâ
tre et difficultueux, à installer, sur le pont
du Mythp, deux grosses chaloupes pon
tées. Je vous ai dit que cette opération,
seule, devait retarder, de quelques jours,
le dénart de ce transport. D^g qu'il a ap
pris la fin des opérations à bord du Mytho,
le préfet a donné l'ordre de conduire ce
bâtiment en rade dès demain matin.
Les ouvriers de la grosse chaudronnerie
ont réparé, aujourd'hui dimanche, le
grand collecteur du Lalande. Une citerne
de 120 tonnes sera mise, demain, à leur
disposition, pour faire l'essai, à froid, de
ce collecteur.
Ainsi que je vous l'ai annoncé, dès le pre
mier jour, l'appareillage du Lialande et du
Dard e st toujours fixé à jeudi'.
Toulon, 25 Août.
On avait cru que le Jules-Ferry était dé
signé pour se ; rendre au Maroc, parce que
ce croiseur avait embarqué! des bœufs,
mais il ne suivra pas cette destination avec
le Desaix et le Charlemagne et il appareil
lera pour aller effectuer les tirs d'honneur
de l'escadre.
Réservistes antimilitaristes
Nancy, 25 Août.
Çet après-midi à une heure, huit réser
vistes des 69° et 26° régiments d'infanterie
chantaient dans un débit de vins près dui
poste de police' l'Internationale et» la Car
magnole.
Des passants s'étant groupés devant Je
débit, des agents intervinrent. Us furent
mal reçus par les réservistes qui, finale
ment, furent conduits au poste. La place
a fait conduire ces militadres à leu'rs corps
respectifs par des soldats en armes, et ils
ont été mis en prison.
PROCHAINE FÊTE
en l'honneur d'une centenaire
{Dépêche 'de notre correspondant)
Evreux, ,,25 Août.
L'an dernier, les habitants de'Graveron-
Semerville avaient célébré l'entrée daïis sa
centième année d'une vénérable châtelaine
du pays Mlle E. Feray, tante du baron
Feray, ancien officier d'artillerie qui ha
bite le château de Graveron.
Née le 2 septembre 1806, Mile E. Feray
aura donc cent ans accomplis le lundi 2
septembre prochain. Encore très alerte,
elle a, cette année, présidé la distribu
tion des prix aux enfants de l'école des
filles. ..
Bonne et charitable, la. vénérable demoi
selle est adorée dans le pays ; aussi tout
le monde voudra, comme l'an - dernier, par
ticiper à la fête qui va. être organisée en
son honneur.
LES SOUVERAINS ESPAGNOLS
I R0NT EN AUTRICHE
AU MOIS D'OCTOBRE
* Viepne, 25 Août.
Xa date de la visite officielle des souve
rains espagnols vient d'être arrêtée.
Alphonse XIII et la reine, arriveront à
Vienhe le 10 octobre : ils y séjourneront
pendant trois jours.
Ensuite la reine se rendra à Baden-Ba
den pour y faire une cure, tandis qu'Al
phonse XIII ira chasser chez l'archiduc
Frédéric et chez le duc d'Albe.
LA FLOTTE AMERICAINE
OU PACIFIQUE
New-York, 25 Août.
Cette fois, la nouvelle est officielle :
Sëize navires de guerre, sous le com
mandement supérieur du contre-amiral
Evans, quitteront les eaux de l'Atlantique,
dans le courant d'octobre, et se rendront
dans le Pacifique, par le détroit de Magel
lan.
La chose a été décidée hier, dans une
conférence qui a été tenue à Sagamore-Hill,
la résidence d'été du président Roosevelt. .
DOUB LE SAUV ETAGE
Un jeune homme retire d'une rivière deux
prêtres parisiens en danger de se noyer
Le Mans, 25 Août.
Deux prêtres parisiens, l'abbé Doyen et
son vicaire, villégiaturant avec leurs
familles, à Bernay-en-Champagne, fai
saient une .promenade en bateau sur là ri
vière la Vègre. •
Le vicaire ayant voulu saisir une bran
che inclinée sur la rivière, perdit l'équi
libre et tomba à l'eau. L'abbé Doyen vou
lut lui porter secours et tomba également
dans la rivière, très profonde.
Un jeune homme, témoin de l'accident,
se jeta dans la Vègre et réussit à retirer
les deux prêtres, qui ont été quittes de leur
mésaventure pour un bain froid et une
vive émotion.
Singulier accident d'automobile
(Dépêche de notre correspondant)
Berlin, 25 AoûtV
Hier, M. Erhardt, le grand fabricant de
casions Ut IMisseldorf, «evensût-eri Automo
bile de Lubmin, une station de bains de
mer de la Baltique. Il était accompagné de
sa femme, de deux amis et.de deux chauf
feurs.
Comme la voiture arrivait près de Greifs-
wald, la ville universitaire de Poméranie,
une des portières s'ouvrit brusquement.
L'un des deux chauffeurs qui étaient assis
sur le siège se pencha en arrière pour la
refermer, mais il perdit l'équilibre et, pour
ne pas tomber, Û s'accrocha instinctive
ment au volant de la direction. La voiture
fit un écart violent et alla buter contre un
arbre.
Les quatre personnes qui étaient à l'inté
rieur furent précipitées sur la chaussée,
mais elles s'en tirèrent avec de légères
contusions. Quant aux chauffeurs, l'un a
été tué sur le coup et l'autre a été trans
porté mourant à l'hôpital.
FAVORISÉS PAR LA VEINE
(Dépêche de notre correspondant)
Lamgres, 25 Août.
A Coiffy-le-Bas, trois ménages de vail
lants travailleurs héritaient ces temps der-
niers.jd'un demi-milliqn, d'un parent qui
habitait Brest.
Partis aussitôt pour recueillir l'héritage,
ils arrivèrent à Tours où ils firent une
courte halte ; en retournant à la gare pour
prendre l'express qui devait les ramener à
destination, ils manquèrent ce train.
L'express tamponna en cours de route un
autre train et il y eut dies victimes.
De retour à Coiffy, ils firent restaurer
leur maison ; un ouvrier qui creusait la
terre pou refaire les fondations, découvrit
un petit trésor contenant 600 écus de 6 fr.
à l'effigie de Louis XV.
PAS DE CANDIDAT, PEU D'ÉLECTEURS
Rive-de-Gier, 25 Août."
Aujourd'hui a eu lieu l'élection de trois
conseillers municipaux nécessitée par la
démission du maire. .
Aucun candidat ne s'est présenté ; sur
3,707 inscrits, une centaine d'électeurs seu
lement ont voté.
L'AGITATION YITICOLE
L'incendie de la sous-préfecture
, de Narbonne
■ Narbonne, 25 Août.
Trois des inculpés dans l'affaire de l'in
cendie de la sous-préfecture ont été mis en
liberté hier soir. Ce sont les nommés Fran
çais Léon et Chabannis, entraitement à
l'hôpital, et Clarac, détenu à la maison
d'arrfet. -
Il n'a pas encore été pris de décision à
l'égard des ,autres inculpés.
Les pupilles du Voor aii à Lorïent
{Dépêche de notre correspondant)
Lorient, 25 Août.
Les petits Belges du Vooruit de («and ont
été logés la nuit dernière chez les militants
dti parti socialiste unifié. Ce matin, ils sont
partis en excursion à Port-Louis. A midi,
un banquet leur a été offert à la salle des
fêtes ; un concert a suivi donné par les pu
pilles. *
De deux à cinq heures aura lieu demain
le départ de Lorient. r
Les petits Belges softt enchantés de l'ac
cueil enthousiaste qu'ils ont reçu à Lo
rient.
GHBOPIQDE10IP
Ouverture de la chasse hâtive. — Les avoines
sont encore « sur pied ». —
La fin des petits oiseaux.
L'aventure d'un chasseur de merles. — La
cité Bertrand. — Le père Dupin-etles la
pins de la rue de Douai. — Un centenaire,
moinstrois mois.—Silhouette de Napoléon I er . '
On ouvre la chasse dans les départe
ments du Midi. Rien de mieux, puisque,
paraît-il, dans le Midi, il y a encore du
soleil. Mais, dans le Nord, où, cette an
née, l'astre bienfaisant a brillé par son
absence, en fixant l'ouverture au 1 er sep
tembre, il me paraît qu'on a été, peut-
être, un peu vite.
Les blés sont moissonnés ou à peu
près ; doné, passe encore pour les blés.
Et, par parenthèse, malgré le temps tou
jours serré, et le sojeil peu prodigue de
ses rayons, ils sont superbes, les blés.
Les épis généreux, contiennent un grain
gonflé et-plein. Mais le « chiendent »,
comme on dit familièrement, ce sont les
avoines, qui ne sont pas encore toutes
coupées.
— Elles ont du retard... Plus de quin
ze jours ! — me disait un grand cultiva-,
teur de l'Oise, chez lequel je viens de
prendre quelques semaines de repos, et
il ajoutait, mélancoliquement : ->- Vraij
ment, nous n'avons pas de chance. L'an
née dernière, le prix des avoines avait
monté parce qu'on en manquait. Aussi,
cette année, tout le monde s'est avisé
d'en faire, et le prix de l'avoine baissera
plus que de raison. Mais, tout au moins,
qu'on ne rende pas la situation plus mau
vaise encore, en laissant faire la chasse
d'une façon hâtive. Si la chasse ouvre
le 1 er septembre, comme o,n l'annonce,
c'est, dans certains terrains, plus d'un
tiers de récolte perdu. On ne peut pas
mettre un garde en faction au pied de
chacun des champs dont les épis sont
encore debout. Alors, quel ravage ! Les
chiens vont s'en donner à cœur joie !!!
— Ah çà, lui ài-je dit, comment un
préfet peut-il être assez imprévoyant," as
sez mal renseigné, pour fixer la date
d'ouverture dans des conditions pareil
les?- ,
— Le préfet, il s'en moque bien. Est-
ce qu'il prend la peine de se renseigner,
de venir voir ? Il s'en rapporte au dire
de quelques personnages pressés de ti
rer des coups de fusil,électeurs influents,
bourgeois" des villes. Ou bien, lui-même
est chasseur, il a des invités qu'il désire
recevoir le plus tôt possible... De l'in
térêt des. cultivateurs, il.se soucie comme
du soupir de l'âne mort ! '
Et voilà justement que le conseil gé
néral du département de l'Oise émet, à'
« l'unanimité », le vœu que l'ouverture
de la chasse soit renvoyée au huit sep
tembre. Le conseil général de Seine-et-
Marne se prononce dans le même sens. ■
Mon cultivateur n'avait donc pas tout à
fait tort, et ledit préfet— celui-là et plu- •
sieurs autres — fera bien de suivre l'in
dication qui lui est donnée par des gens
qui représentent l'opinion publique d'un
département, c'est-a-dire l'arrêt du bon
sens,et de tenir compte des votes en ques
tion, dût-il renverser sa marmite pour _
huit jours, et retapdertses invitations... *
s'il en a fait, ce que j'ignore.
.**
Pour lés chasseurs, l'ouverture de la
chasse a pris une importance très gran
de, plus grande aujourd'hui qu'autre
fois, car, dans bien des pays, elle consti
tue, pour ainsi dire, la chasse tout entiè
re, toute la chasse» Le nombre des chas
seurs qui envahissent le territoire « ou
vert » est tel, aujourd'hui, où, volon
tiers, tout le monde chasse, qu'en deux
jours il est nettoyé. Perdreaux et cail
les sont raflés. S'il en reste quelque peu,
les braconniers s'en chargent. En une
nuit, avec le secours d'une automobile,
d'un réflecteur et de quelques filets bien
tendus, c'est question résolue 1
Au bout de huit jours au plus, le3
chasseurs ont le droit de se promener la
fusil sous le bras, mais ils ont rare oc»
casion d'appuyer la crosse à l'épaule, et
nous sommes loin du temps jadis, où
jusqu'au 15 octobre on faisait sa chassa
au perdreau, d'abord âu chien d'arrêt,
puis, plus tard, en battue.
Aujourd'hui, pour utiliser son plomb,
on en est réduit au massacre des petits
oiseaux, qu'on transforme tous en alouet
tes. Une fois plumés, le diable n'y con<
naît goutte, et, comme disent les,gens du
Midi, en mal de bec... fin : — Tant bien
Sue mal, on fait sa « brossette » ! —
tn la fait si bien, sa « brossette »,depuis
quelques années, on les a tant détruits,
les petits oiseaux, qu'il n'en reste plus
guère- Où sont les pinsons, les bou
vreuils, les chardonnerets, les fauvettes
d'antan ? Ils étaient légion, et, mainte
nant, on en voit à peine, de temps à
autre. Ils étaient le charme et la parure
des chamgs et des jardins, qu'ils
égayaient de leurs gazouillis et des fan.
taisies de leur vol. Cherchez-les, aujour.
d'hui ! Il y a même des régions qui son)
abandonnées par les hirondelles.
Ce qu'on trouve, c'est des pies, des
cofi>eaux, des oiseaux de proie...' sans
proie, éperviers ou émouchets, et puis/
c'est tout. Il y a encore, dans les bois,
des loriots dés piverts, des geais, des
huppes, et, sur les bords des rivièreSj
des cailles d'eau et des martins-pê
cheurs, mais en plaine, plus rien !!!
On trouve encore', dans les jardins,
quelques merles,* qui n'osent pas se ris
quer au dehors, dans, la crainte d'êtrç
occis... « faute de grives », car le merl(
est, à la rigueur, oiseau comestible, sur
tout quand il est jeune. Il y a même dej
amateurs qui le préfèrent à la grive.
Je sais un chasseur de merles auque!
cet oiseau a apporté la fortune, mais uni
vraie fortune : c'est le père Bertrand, 1«
père de mon ami Eugène Bertrand, qui
fut, successivement, directeur du théâtrf
des Variétés, pùis de l'Opéra.
Il chassait volontiers le merle, le bravj
père Bertrand. C'était un de ses plu»
grands plaisirs, et, comme il ne pouvait
se livrer à son passe-temps favori quéelj
dimanche, il avait acheté, dans la banj
lieue de Paris vers l'Est, un grand ten
rain vague, qu'il avait planté d'arbres ej
I
©EimiEIRES
télégraphique et têlépbmdqim spéciaux <£a Petit Journal
L'ACCI DENT DE CO UTRAS
Nouveaux détails sur les causes du tamponnement
Encore un mort
(DE NOTRE ENVOYÉ SPECIAL
■ ' *« —■ '
Bordeaux, 25 XoÛf,
M. Coste, un'des blessés dtf tâmponné-
- ïûent de Coutras, qui avait été transporté
à Bordeaux, où il habitait, a succombé
dans la soirée.
Le bruit court qu'on-aurait découvert
deux cadavres qui n'auraient pas encore été
identifiés.
Le nombre des morts serait donc de-13*
L'enquête judiciaire
Coutras, 25 Août?
Les causes de la catastrophe ne sont pas
iencore définies officiellement. Toutefois,
d'après les renseignements recueillis au
près d'une personne autorisée, la gare de
Coutras était; sur le point de recevoir un
aménagement de gare de triage et, dans
ce but, un aiguillage à main provisoire
avait été établi hier ou avant-hier. Ce se
rait cet appareil qui aurait fonctionné mial
ou pas du tout, et le train de vovageurs est
, allé s'écraser sur une voie de garage,
contre un train dé marchandises.
Le procureur de la République 8e Li-
bourne, M. Good, venu sur les lieux à la
première heure, n'a pas encore pu établir
les causes exactes de la catastrophe.
L'aiguilleur est maintenu à la disposition
de la justice.
La voie principale à été dégagée vers six
heures ce matin. Un service de pilotage
sur voie unique est établi entre Saint-Qe-
nis-de-Piles et Coutras.
Bordeaux, 25 r Aoûï, soir.
L'aiguilleur Valbousqueta été interrogé
ce soir par lè pauquet :
— Je jure, a-t-il dit, que ]'ai « fait » l'aîguil-
toutes mes forces, sur le levier qui devait en
voyer le train de^e&yageurs sur la voie paire.
Si le convoi est allé sur la voie de garage,
sur la voie du train de marchandises, c'est
que l'aiguille n'a pas obéi. Le levier, vous
le voyez, est droit lorsque l'aiguille verrouil
lée donne accès à la vole de garage. Quelque
chose a dû se déranger dans les tubes de
transmission, qu'on avait installés vendredi
et samedi matin'pour reculer le diagonal de la
gare. D'ailleurs, toute la journée nous avions
bien senti à l'aiguillage que cela marchait
pial.
Les v chefs de Valb'ousqUet, qui le tiennent
tn grande estime, croient aussi à un ca9
Je force majeure:
M. Barthou ù Coutras
%
Bordeaux, 25 Août.
Le ministre des travaux publies est ar
rivé à six heures et demie par le Sud-Ex
press à Coutras, accordfcagné de M. Heur-
teau, directeur de la Compagnie, et de M.
Maurice Reclus, chef de son secrétariat
particulier. i
En arrivant, M." BatrtKou esit 'd'abord allé
saluer les morts, puis il s'est rendu sur
les lieux de la catastrophe, où le commis
saire de surveillance administrative et les
ingénieurs lui ont expliqué la genèse de
l'accident. M. Barthou s'est longuement
arrêté auprès de l'aiguille dont le non-
fonctionnement a amené la catastrophe.
M. Barthou est ensuite allé voir les bles
sés auxquels il a adressé des paroles d'en
couragement et de consolation. Le minis
tre est monté en automobile pour voir un
blessé dont }a demeure est assez éloignée.
fl était accompagné du maire de Coutras
et du commandant de gendarmerie Buis
son. . '
M- Barthou est arrivé S Bordeaux à
dix heures et 'demie. Il avait l'intention de
visiter les malades? transportés ici. Ayant
pris de leurs nouvelles, Û a estimé qu'il
était préléraJble, dans leur intérêt, de re
mettre cette visite à. demain. Le ministre
reste donc, tout exprès, ce soir, à Bor
deaux. Il visitera les malades, et repartira
ensuite pour Paris. '
Le chef de gare de la Bastide a déclaré
. au ministre, à sa descente du train, à Bor
deaux, que l'état des blessés était, pour le
moment, satisfaisant.'
i D'autre part, on annonce, 'dans la; soirée,
que l'état des blessés soignés à l'hôpital est
stationnaire.
Le cheffd'équipe Galzin n'ai -pas encore
été retrouvé. On le croit sous les décom
bres.
Détails rétrospectifs
Bordeaux, 25 Août.
Ce n'est que ce matin que l'accident a
été connu à Bordeaux, parmi d'ailleurs un
un public assez " restreint, qui déjà se
presse, anxieux aux portes des deux gares
Saint-Jean et de la Bastide. Mais on ignore
les ïioms des morts et ceux des blessés ; on
ignore leur nombre. On sait seulement le
lait brutal, la catastrophe. -
Ce n'est que lorsque l'on descend d'un
train des blessés que- l'on sait leurs noms,
péniblement arrachés ,àux malheureux
étendus sur des civières. •
Dès là première nouvelle reçue peu après
lv.ccideïït à la gare de Bordeaux-Bastide,
un train de secours a été expédié : des mé
decins ont été requis sur place.
Les travaux de déblaiement ont été très
vivement poussés. Une grue de cinquante
tonnes a été dès la première heure envoyée
de Tours à Coutras.
Un voyageur, légèrement blessé dans le
tamponnement, et qui a Teçu une violente
commotion cérébrale, rassemble pénible
ment ses souvenirs pour faire un récit de
la catastrophe. .
Il dormait, dit-il', 'dans uin wagon de
troisième qui fut épargné et dans lequel
sont quelques oreillers tachés dè sang. Jeté
sur la *cloisoïi faisant face à sa banquette,
il rebondit sur la portière sans avoir eu
presque la possibilité de percevoir le bruit
formidable de l'écrasement.
Comment il se trouva sur la voie ? Il ne
le sait plus. Il vit seulement une monta
gne noire dans la nuit, à ce moment silen
cieuse, puis il entendit des cTis, des appèls
désespérés, des crisyde détresse ; il resta
■k hébété, à entendre des râles. « Ce fut
foudroyant, dit-il, des corps passaient à
travers des morceaux de bois.» et puis.le
nalheureux, encore sous le coup de l'émo
tiOn qu'évoque cette atroce vision, répète à
plusieurs reprises : « Je ne sais plus ! Je
ne sais plus h» '
Les agents de la* Compagnie vont pren
dre des dispositions en ce qui ooncerne les
cadavres que, dans lè premier momeht d'af
folement, on avait portés dans les premiè
res pièces trouvées ouvertes à la gare. ■
Le mécanicien et le chauffeur du train
tamponneur n'ont été que très légèrement
blessés et ont continué leur route sur une
autre machine, qui conduisait vers Angou-
lême un train contenant des blessés qui
avaient l'intention de poursuivre leur route
sur Paris.
a pÀms
y
La famille Touya
Parmi les blessés, figurent Mme Touya
et son enfant. Un de nos collaborateurs
s'est rendu au domicile de la victime et a
recueilli les renseignements suivants :
Les époux Touya sont établis marchands
de vins, 45, rue de Laborde, à Paris. Hier
matin, par une dépêche laconique adres
sée à son mari et dans laquelle elle disait :
« Déraillement, accident sans trop de
gravité »,
Mme Touya faisait connaître l'accident
survenu au train qui la ramenait à Paris.
' La fatalité semble, d'ailleurs, s'attacher
â cette famille.
Il' y a quime mois, des cambrioleurs dé
valisaient leur logement, situé au premier
étage, au-dessus de la boutique, et s'empa-
riaient de plusieurs milliers de francs.
Peu après, le fils des époux Touya, un
petit garçon de trois ans, André, avait,
dans un garage d'automobile, voisin du
domicile de ses parents, un doigt de la
main droite coupé. •
Après avoir été soigné à Bordeaux, chez
sdn grand-père paternel,, le petit garçon
revint à Paris et lft, en jouant dans la cui
sine, tomba-dans une-bassin» d'eau bouil
lante et fut grièvement brûlé!
Sa mène, à la suite de cet accident qui la
bouleversa, topiba malade. , **
Rétablie, elle partit à Bordeaux pour ter
miner sa convalescence, emmenant son fils.
Là, elle fut atteinte de la fièvre t ,rr >hoïde
et resta près de trois mois malade. F.llp
était hors de danger quand sâ sœur, à son
tour, attrapa la terrible maladie.
Mme Touya devfaiit' éhfin' songer au re
tour. soir, elle sê décida h par
tir, ramenant son fils et deux jeunes filles.
Là, comme nous l'avons dit, elle fut victime
avec son petit garçon,. de. la fatalité Et,
dans son malheur. M. Touya se félicite en
core de n'avoir pas.de mort à déplorer.
Chez M, De ho sue s
Nous nous sommes également rendu
chez M. Camille Dehogues, que l'on a
ramené à son domicile dans une voiture
d'ambulance.
Le blessé, q*ui souffrait énormément,
a néanmoins bien voulu nous recevoir et
avec beaucoup de sang-froid nous a dit ;
tenant taîS * ataliste ^ e le se . rai davantage main-
„J? an . s I P a Jeunesse, en faisant une chute .de
f Ji 1® me su * s brisé les deux bras. Plus'
bicyclette, je me suis cassé la jambe
gauene. Je n. avais plus que la jambe droite de
nonne la voilà, à son tour, en piteux état-
tj St-eue fracturée ? Je ne sais,en tous cas,elle
me lait beaucoup, beaucoup de mal.
Le médecin de la Compagnie qui m'a conduit
îcm apu sgprononeer là-dessus et me dire s'il
s agissait crune foulure de la cheville ou d'une
cassure. ;>
♦At ' al P 1 .^.P ar tout,à la poitrine, aux reins, à la
tété ou j ai une plaie, aux mains qui sont pres
que a vif. . r
M. Dehogues nous raconte ensuite qu'il
était parti, il y a quelques semaines à Ron-
c ?~, Baias famille de sa femme pos
sède uné propriété, pour se reposer..
Le 15 août Mme Dehogues et ses trois
enfants étaient venus le rejoindre. Sa
clientèle le réclamant, J1 s'était décidé à
écourter sa villégiature pour satisfaire ses
clients.
M. Dehogues nous donne ensuite la ver
sion suivante de l'accident.
— Quand je suis monté à Bordeaux dans le
train qui devait me ramener à Paris, le convoi
était séparé en deux ; j'ai pris place dans un
wagon de deuxième ciasse, le dernier du tron
çon attelé à la locomotive.Derrière.à la deuxiè
me partie du train qui fut rattachée à la pre
mière, au moment du départ, se trouvaient plu
sieurs wagons et un fourgon lourdement char
ge. C'est ce fourgon qui au moment de l'acci
dent est monté et a broyé là voiture dans la
quelle je me trouvais.
Au moment du tamponnement, je causais de
la crise yiticole avec trois autres voyageurs,
des messieurs. Nous avons ressenti successive
ment trois violentes secousses et je n'ai pu
m enpêcher de dire : « Nous sommes perdus' ! »
En quelques centièmes de seconde j'ai vu
ma femme, mes enfants ; je m£ suis rappelé
ma jeunesse, mes débuts comme pharmacien
a la Tremblade ; je me suis souvenu des nou
velles études que j'ai dlû faire pour obtenir
mon diplôme de chirurgien dentiste.
Tous, instinctivement, nous avions mis nos
bras sur notre tête.
Tout a craqué. J'ai été projeté, soulevé en
avant et jeté contre le filet ; nous nous som
mes sentis pris, serrés entre les'banquettes qui,
s'étaient rapprochées. Un de mes voisins, pris
par le bras, criait : « Mon bras ! mon bras I »
J'étais pris par une jambe, mais, à ce mo
ment, je. ne souffrais pas trop, je l'ai dégagée.
Je me suis dégagé ensuite, puis, sautant à
terre, j'ai voulu aider au sauvetage.
J'avais trop présumé de mes forces ; bientôt,
je me suis affalé, dans l'impossibilité de faire
un mouvement.
Et le blessé termine en nous déclarant'
qu'il n'oubliera dè sa vie Paffreux specta
cle. « Du sang, nous" dît-il, il y en avait par
tout ; comme on m'emmenait j'ai vu, des
hontes scier une pièce de la locomotive
pourtfêgager un voyageur qui, je ne sais
comment, était venu tomber, là. » . ;
Chez M, Loth
M. Loth est coiffeur ; il habite 1, rue du
Dragon. A cette adresse, on nous a dit :
«— M. Loth vient .de passer quelques
» jours chez ça. mère, qui habite Bor-
» deaux, et il revenait à Paris pour repren-
» dre son travail, demain, lundi. Il a pré-
» venu les concierges, par 'une dépêche qui
» vient d'arriver, qu'il se. faisait, trans-
» porter chez sa mère pour s'y faire soi-
» gnér. Son état, fort heureusement, paraît
» être moins grave qu'on ne le pensait tout
» d'abord. Il a une fracture de la jambe
» gauche, dit la dépêche, qui a été parfai-
» teiment réduite. »
Chez Mme Dumas
Nous nous sommes présenté, dans l'a
près-midi, au domicile de Mme Dumas ; on
n'y connaissait pas encore l'accident >si
grave qui lui était arrivé.
Mme veuve Dumas, propriétaire d'im
meubles, à Asnières, qui est âgée de qua
rante-cinq ans, était partie de Paris, il y
a six semaines, pour îaâre une saison à Ba-
règes, où elle était descendue à l'Hôtel de
l'Europe.
Elle avait quitté les Pyrénées depuis
quelques jours, sans donner sa nouvelle
adresse.
L'entourage de Mme Dumas, qui l'aime
profondément, est consterné de l'accident
qui lu» est arrivé. ~ ■ ,
Chez les époux Hayotte
Quand nous arrivons, • vers sept heures
du soir, chez M. Hayotte, rue du Jardin, à
Malakoff, npus trouvons une jeune fille qui
prépare, sous un bosquet, dans un jardinet
situé devant le pavillon, lei dîner de M.
Hayotte père, un vieillard de soixante-dix-
huit ans.
Nous demandons à' voir M. Charles
Hayotte, âgé de quarante-sept ans, tail
leur.
Mais son père nous interrompt aussitôt :
— Mon fils, nous dit-il, est parti mardi h
Castelnau, où sa femme est en convalescence
depuis deux mois chez des amis. Il nous a
écrit vendredi pour nous informer qu'il? se
raient tous. deux de retour dimanche, matin.
J'ai envoyé notre domestique à la gare d'Or
say pour les recevoir à leur arrivée, mais il
lui a été répondu, ce matin,, que le trahi de
Bordeaux avait trois heures de retard. Et à
l'heure actuelle, ils ne sont pas encore là 1
Qu'est-il donc arrivé ?
"Nous mettons M. Hayotte père au cou
rant' de l'accident, et nous le rassurons en
lui disant que son fils et la femme de celui-
ci ont été contusionnés, mais que leurs
blessures ne présentent aucune gravité.
Les époux Hayotte sont très connus à
Malakoff, où ils jouissent de l'estime de
tous. Ils ont une fille mariée à M. Rossi
gnol, rue de l'Evangile, à Paris.
, UNE ÉLECTION A METZ
w».
Metz, 25 Août.
Une élection au conseil général pour le
2 e canton de Metz avait lieu aujourd'hui,
en remplacement de M. Lallement, "décédé.
Le scrutin n'a pas donné de résultat.
Sur 2,791 électeurs inscrits, 1,568 ont pris
part p,u vote. Les suffrages se sont ainsi
répartis : MM. Paul Maujeân, candidat
messin indigène, 680 voix ; Schleicher, so
cialiste, 461 ; Konrath, immigré, présenté
par les corporations et appuyé par le part;
du centre, 342 ; Voortmànn, ex-socialiste
(parti ouvrier indépendant), 62.
Un deuxième tour de scrutin sera néces
saire.
M. JULES CAMBON
t QUITTÉ NORDENEV
Nordeney, 25 Août. >
, M. Jules Cambon, ambassadeur de Fran
ce à Berlin, est parti cet après-midi à deux
heures. Hier, il est resté une grande partie
de l'après-midi et de la soirée en compa
gnie du prince de Bulow, chancelier de
l'empire, qui l'a retenu à dîner.
gendârmeFâssïïllis
Toulon, 25 Août.
Vers sept heures, ce soir, les gendarmes
Vililars et Fauchqn ont été assaillis sur
la Place d'armes devant la préfecture ma:
ritime par un marin de l'Etat et un artil
leur.
Les deux agresseurs, qui étaient ivres,ont
blessé grièvement à la main gauche le
gendarme F'auchon.
Un rasseriiblenient s'étanjt formé, plu
sieurs apaches qui s'étaient mêlés aux cu
rieux portèrent des coups de pied au gen
darme' Villars.
Le contre-amiral Campion, préfet mari
time par intérim, dont l'attention fut atti
rée par le bruit de la rixe, se mit à sa fe
nêtre, et donna ordre à la garde de la Pré
fecture d'ailler au secours des gendarmes.
Vingt soldats coloniaux accoururent en
toute hâte, et arrêtèrent les deux agres
seurs.
UNE BARQUE COULÉE
PAR UN VAPEUR
Un enfant noyé
Angers, 25 Août.
Cet après-midi, un grave accident s'est
produit à Bôuchemaine. *•
Un valeur, faisant le service de prome
nade entre Angers et la Pointe, a coupé un
bateau monté par quatre enfants de dix
à quinze ans, le#frères Legendre, Amédée
et Marcel, et les jeunes Chouanet et Raim-
bault.
Tous les quatre ont été précipités dans la
rivière.
Les deux derniers ont été repêchés par
des canotiers.
Un pêcheur, M. C h au veau, réussit à sau
ver Amédée Legendre, qui était déjà sans
connaissance quand on l'a retiré de l'eau.
Marcel Legendre s'est noyé jet son cada
vre n'a été;retrouvé que dans la soirée.
M. TITTONI
ET LE BARON D7EBENTHAL
CHEZ L'EMPEREUR
j™Ç0IS-JQSEPH
Ischl, 25, Août.
MM. Tittoni, ministre des affaires étran
gères d'Italie, et d'/Erenthal, chancelier
de l'empire austro-hongrois, ont été reçus
en audience par l'empereur François-Jo
seph, à 11 heures.
L'audience accordée à M. Tittofli a duré
presque une heure. L'empereur a fait au
ministre italien 'l'accueil le plus bienveil
lant, empreint de cordialité.
L'empereur a reçu M. d'/Erenthal après
M. Tittoni. à deux heures.
M. Tittoni a été invité à un déjeuner
dînatoire à la villa impériale. ,- x
L'ACCIDENT DE MARQUETTE
î Lille, 25 Août
L'état des blessé? de l'accident du mou
lin Despretz est satisfaisant, à part celui
de Jules Mourier qui inspire encore quel
ques inquiétudes.
'
Aux, ministères des Affaires Etrangè
res, de la Guerre et de la Marine, au
cun télégramme officiel, nous a-t-on dit,
n'est parvenu du Maroc dans la jour
née d'hier.
f On déduisait du silence de l'amiral
Philibert, du général Drude et de M. de
Saint-Aulaire, qu'aucun iiieident grave
ne s'était sans doute produit, soit à Ca
sablanca soit ailleurs.
T jfeîjjS ,
A CASABLANCA
Les Rahmnas refusent de soutenir les
Kabyles. — Un engagement de nuit^
dix Arabes : ont été tués.
(Dépêches de VAgence Havas)
• Casablanca, 23 Août._
(Parvenue le 25 au soir).
Tous les Kabyles autour de Casablanca
ont demandé assistance à la tribu des
Rahmhas. Ces derniers ont refusé, et ont
dit qu'ils n'en feraient rien, attendu que
les Kabyles allaient à Casablanca, non
pour combattre les Français, mais pour
piller et tuer les Maures et les juifs.
" On dit que quand les Kabyles, auront réu
ni 50,000 hommes, ils recommenceront à at
taquer les Français et tenteront d'enlever
Casablanca. i
, Pendant la nuit, plusieurs- coups de feu
ont été tirés. Une bande de 50 Maures a at
taqué la porte d'Esor-Diedid. Le poste fran
çais! qui la gardait a fait feu et a tué 10 Ara
bes. Le reste s'dst enfui.
Le croiseur G\oire a tiré quelques bor
dées sur un rassemblement lointain de
Malires, qui ont 'battu en retraite.
Le Du-Chayla est arrivé de Mazagan, où
tout est calme. #
Le soir du 2,2, un Maure armé, qui s'é-
tai; approché à une dizaine de pas des por
tes de Mazagan, a été tué à coups de fusil
par les Français.
L'ATTITUDE DE L'ESPAGNE
A Madrid, les ministres décident de s'en
tenir à l'Acte d'Algésiras; à Tanger,
la colonie espagnole demande l'en
voi de forces navales
Madrid, 25 Août, soir.
Les ministres ont tenu un nouveau
conseil %ui a duré deux heures. Les mi
nistres se , sont occupés de la question
marocaine.
La Correspondencia, édition du soir,
assùre qu'ils, ont décidé rie contircacr de
respecter et d'accomplir l'acte d'Algési
ras et, sida proclamation de Moulay-Ha-
fid était confirmée officiellement, d'en
voyer aux puissances une note d'accord
avec la France, exposant la situation en
vue de la conduite à suivre.
Tanger, 2'5 Août, soir.
La colonie espagnole, réunie cet après-
midi, a voté une adres.se demandant au
gouvernement l'envoi Jde forces navales
plus importantes que. le Numancia en
rade de Tanger, afin d'assurer une pro
tection efficace des nc.tiônaux. ,
Cette adresse, a été présentée au minis
tre d'Espagne. ''
A (M
Le " Schamrock " part pour Casablanca
avec une fcattorie d'artillerie, des
mitrailleuses et deftroupes
Oran, 25 Août.
Le Schamrock est parti cet après-midi,
pour Casablanca,, après l'embarquement
d'une batterie d'artillerie de campagne de
Constantine, de soixante-cinq spahis de
Médéa et d*Aumale, de trois sections dè
mitrailleuses de Ha première compagnie du
2" zouaves, du 2 e bataillon du 2 e tirailleurs,
et du 3 e bataillon du-2° étranger.
île Schamrock emporte également une
quantité de vivres et de munitions.
—##
yu
Le " Mytfio", le " Lalande"et le" Dard"
\ vont appareiller
Toulon, 25 Août.
Les marins vétérans sont, parvenus,
après plusieurs jours d'un travail opiniâ
tre et difficultueux, à installer, sur le pont
du Mythp, deux grosses chaloupes pon
tées. Je vous ai dit que cette opération,
seule, devait retarder, de quelques jours,
le dénart de ce transport. D^g qu'il a ap
pris la fin des opérations à bord du Mytho,
le préfet a donné l'ordre de conduire ce
bâtiment en rade dès demain matin.
Les ouvriers de la grosse chaudronnerie
ont réparé, aujourd'hui dimanche, le
grand collecteur du Lalande. Une citerne
de 120 tonnes sera mise, demain, à leur
disposition, pour faire l'essai, à froid, de
ce collecteur.
Ainsi que je vous l'ai annoncé, dès le pre
mier jour, l'appareillage du Lialande et du
Dard e st toujours fixé à jeudi'.
Toulon, 25 Août.
On avait cru que le Jules-Ferry était dé
signé pour se ; rendre au Maroc, parce que
ce croiseur avait embarqué! des bœufs,
mais il ne suivra pas cette destination avec
le Desaix et le Charlemagne et il appareil
lera pour aller effectuer les tirs d'honneur
de l'escadre.
Réservistes antimilitaristes
Nancy, 25 Août.
Çet après-midi à une heure, huit réser
vistes des 69° et 26° régiments d'infanterie
chantaient dans un débit de vins près dui
poste de police' l'Internationale et» la Car
magnole.
Des passants s'étant groupés devant Je
débit, des agents intervinrent. Us furent
mal reçus par les réservistes qui, finale
ment, furent conduits au poste. La place
a fait conduire ces militadres à leu'rs corps
respectifs par des soldats en armes, et ils
ont été mis en prison.
PROCHAINE FÊTE
en l'honneur d'une centenaire
{Dépêche 'de notre correspondant)
Evreux, ,,25 Août.
L'an dernier, les habitants de'Graveron-
Semerville avaient célébré l'entrée daïis sa
centième année d'une vénérable châtelaine
du pays Mlle E. Feray, tante du baron
Feray, ancien officier d'artillerie qui ha
bite le château de Graveron.
Née le 2 septembre 1806, Mile E. Feray
aura donc cent ans accomplis le lundi 2
septembre prochain. Encore très alerte,
elle a, cette année, présidé la distribu
tion des prix aux enfants de l'école des
filles. ..
Bonne et charitable, la. vénérable demoi
selle est adorée dans le pays ; aussi tout
le monde voudra, comme l'an - dernier, par
ticiper à la fête qui va. être organisée en
son honneur.
LES SOUVERAINS ESPAGNOLS
I R0NT EN AUTRICHE
AU MOIS D'OCTOBRE
* Viepne, 25 Août.
Xa date de la visite officielle des souve
rains espagnols vient d'être arrêtée.
Alphonse XIII et la reine, arriveront à
Vienhe le 10 octobre : ils y séjourneront
pendant trois jours.
Ensuite la reine se rendra à Baden-Ba
den pour y faire une cure, tandis qu'Al
phonse XIII ira chasser chez l'archiduc
Frédéric et chez le duc d'Albe.
LA FLOTTE AMERICAINE
OU PACIFIQUE
New-York, 25 Août.
Cette fois, la nouvelle est officielle :
Sëize navires de guerre, sous le com
mandement supérieur du contre-amiral
Evans, quitteront les eaux de l'Atlantique,
dans le courant d'octobre, et se rendront
dans le Pacifique, par le détroit de Magel
lan.
La chose a été décidée hier, dans une
conférence qui a été tenue à Sagamore-Hill,
la résidence d'été du président Roosevelt. .
DOUB LE SAUV ETAGE
Un jeune homme retire d'une rivière deux
prêtres parisiens en danger de se noyer
Le Mans, 25 Août.
Deux prêtres parisiens, l'abbé Doyen et
son vicaire, villégiaturant avec leurs
familles, à Bernay-en-Champagne, fai
saient une .promenade en bateau sur là ri
vière la Vègre. •
Le vicaire ayant voulu saisir une bran
che inclinée sur la rivière, perdit l'équi
libre et tomba à l'eau. L'abbé Doyen vou
lut lui porter secours et tomba également
dans la rivière, très profonde.
Un jeune homme, témoin de l'accident,
se jeta dans la Vègre et réussit à retirer
les deux prêtres, qui ont été quittes de leur
mésaventure pour un bain froid et une
vive émotion.
Singulier accident d'automobile
(Dépêche de notre correspondant)
Berlin, 25 AoûtV
Hier, M. Erhardt, le grand fabricant de
casions Ut IMisseldorf, «evensût-eri Automo
bile de Lubmin, une station de bains de
mer de la Baltique. Il était accompagné de
sa femme, de deux amis et.de deux chauf
feurs.
Comme la voiture arrivait près de Greifs-
wald, la ville universitaire de Poméranie,
une des portières s'ouvrit brusquement.
L'un des deux chauffeurs qui étaient assis
sur le siège se pencha en arrière pour la
refermer, mais il perdit l'équilibre et, pour
ne pas tomber, Û s'accrocha instinctive
ment au volant de la direction. La voiture
fit un écart violent et alla buter contre un
arbre.
Les quatre personnes qui étaient à l'inté
rieur furent précipitées sur la chaussée,
mais elles s'en tirèrent avec de légères
contusions. Quant aux chauffeurs, l'un a
été tué sur le coup et l'autre a été trans
porté mourant à l'hôpital.
FAVORISÉS PAR LA VEINE
(Dépêche de notre correspondant)
Lamgres, 25 Août.
A Coiffy-le-Bas, trois ménages de vail
lants travailleurs héritaient ces temps der-
niers.jd'un demi-milliqn, d'un parent qui
habitait Brest.
Partis aussitôt pour recueillir l'héritage,
ils arrivèrent à Tours où ils firent une
courte halte ; en retournant à la gare pour
prendre l'express qui devait les ramener à
destination, ils manquèrent ce train.
L'express tamponna en cours de route un
autre train et il y eut dies victimes.
De retour à Coiffy, ils firent restaurer
leur maison ; un ouvrier qui creusait la
terre pou refaire les fondations, découvrit
un petit trésor contenant 600 écus de 6 fr.
à l'effigie de Louis XV.
PAS DE CANDIDAT, PEU D'ÉLECTEURS
Rive-de-Gier, 25 Août."
Aujourd'hui a eu lieu l'élection de trois
conseillers municipaux nécessitée par la
démission du maire. .
Aucun candidat ne s'est présenté ; sur
3,707 inscrits, une centaine d'électeurs seu
lement ont voté.
L'AGITATION YITICOLE
L'incendie de la sous-préfecture
, de Narbonne
■ Narbonne, 25 Août.
Trois des inculpés dans l'affaire de l'in
cendie de la sous-préfecture ont été mis en
liberté hier soir. Ce sont les nommés Fran
çais Léon et Chabannis, entraitement à
l'hôpital, et Clarac, détenu à la maison
d'arrfet. -
Il n'a pas encore été pris de décision à
l'égard des ,autres inculpés.
Les pupilles du Voor aii à Lorïent
{Dépêche de notre correspondant)
Lorient, 25 Août.
Les petits Belges du Vooruit de («and ont
été logés la nuit dernière chez les militants
dti parti socialiste unifié. Ce matin, ils sont
partis en excursion à Port-Louis. A midi,
un banquet leur a été offert à la salle des
fêtes ; un concert a suivi donné par les pu
pilles. *
De deux à cinq heures aura lieu demain
le départ de Lorient. r
Les petits Belges softt enchantés de l'ac
cueil enthousiaste qu'ils ont reçu à Lo
rient.
GHBOPIQDE10IP
Ouverture de la chasse hâtive. — Les avoines
sont encore « sur pied ». —
La fin des petits oiseaux.
L'aventure d'un chasseur de merles. — La
cité Bertrand. — Le père Dupin-etles la
pins de la rue de Douai. — Un centenaire,
moinstrois mois.—Silhouette de Napoléon I er . '
On ouvre la chasse dans les départe
ments du Midi. Rien de mieux, puisque,
paraît-il, dans le Midi, il y a encore du
soleil. Mais, dans le Nord, où, cette an
née, l'astre bienfaisant a brillé par son
absence, en fixant l'ouverture au 1 er sep
tembre, il me paraît qu'on a été, peut-
être, un peu vite.
Les blés sont moissonnés ou à peu
près ; doné, passe encore pour les blés.
Et, par parenthèse, malgré le temps tou
jours serré, et le sojeil peu prodigue de
ses rayons, ils sont superbes, les blés.
Les épis généreux, contiennent un grain
gonflé et-plein. Mais le « chiendent »,
comme on dit familièrement, ce sont les
avoines, qui ne sont pas encore toutes
coupées.
— Elles ont du retard... Plus de quin
ze jours ! — me disait un grand cultiva-,
teur de l'Oise, chez lequel je viens de
prendre quelques semaines de repos, et
il ajoutait, mélancoliquement : ->- Vraij
ment, nous n'avons pas de chance. L'an
née dernière, le prix des avoines avait
monté parce qu'on en manquait. Aussi,
cette année, tout le monde s'est avisé
d'en faire, et le prix de l'avoine baissera
plus que de raison. Mais, tout au moins,
qu'on ne rende pas la situation plus mau
vaise encore, en laissant faire la chasse
d'une façon hâtive. Si la chasse ouvre
le 1 er septembre, comme o,n l'annonce,
c'est, dans certains terrains, plus d'un
tiers de récolte perdu. On ne peut pas
mettre un garde en faction au pied de
chacun des champs dont les épis sont
encore debout. Alors, quel ravage ! Les
chiens vont s'en donner à cœur joie !!!
— Ah çà, lui ài-je dit, comment un
préfet peut-il être assez imprévoyant," as
sez mal renseigné, pour fixer la date
d'ouverture dans des conditions pareil
les?- ,
— Le préfet, il s'en moque bien. Est-
ce qu'il prend la peine de se renseigner,
de venir voir ? Il s'en rapporte au dire
de quelques personnages pressés de ti
rer des coups de fusil,électeurs influents,
bourgeois" des villes. Ou bien, lui-même
est chasseur, il a des invités qu'il désire
recevoir le plus tôt possible... De l'in
térêt des. cultivateurs, il.se soucie comme
du soupir de l'âne mort ! '
Et voilà justement que le conseil gé
néral du département de l'Oise émet, à'
« l'unanimité », le vœu que l'ouverture
de la chasse soit renvoyée au huit sep
tembre. Le conseil général de Seine-et-
Marne se prononce dans le même sens. ■
Mon cultivateur n'avait donc pas tout à
fait tort, et ledit préfet— celui-là et plu- •
sieurs autres — fera bien de suivre l'in
dication qui lui est donnée par des gens
qui représentent l'opinion publique d'un
département, c'est-a-dire l'arrêt du bon
sens,et de tenir compte des votes en ques
tion, dût-il renverser sa marmite pour _
huit jours, et retapdertses invitations... *
s'il en a fait, ce que j'ignore.
.**
Pour lés chasseurs, l'ouverture de la
chasse a pris une importance très gran
de, plus grande aujourd'hui qu'autre
fois, car, dans bien des pays, elle consti
tue, pour ainsi dire, la chasse tout entiè
re, toute la chasse» Le nombre des chas
seurs qui envahissent le territoire « ou
vert » est tel, aujourd'hui, où, volon
tiers, tout le monde chasse, qu'en deux
jours il est nettoyé. Perdreaux et cail
les sont raflés. S'il en reste quelque peu,
les braconniers s'en chargent. En une
nuit, avec le secours d'une automobile,
d'un réflecteur et de quelques filets bien
tendus, c'est question résolue 1
Au bout de huit jours au plus, le3
chasseurs ont le droit de se promener la
fusil sous le bras, mais ils ont rare oc»
casion d'appuyer la crosse à l'épaule, et
nous sommes loin du temps jadis, où
jusqu'au 15 octobre on faisait sa chassa
au perdreau, d'abord âu chien d'arrêt,
puis, plus tard, en battue.
Aujourd'hui, pour utiliser son plomb,
on en est réduit au massacre des petits
oiseaux, qu'on transforme tous en alouet
tes. Une fois plumés, le diable n'y con<
naît goutte, et, comme disent les,gens du
Midi, en mal de bec... fin : — Tant bien
Sue mal, on fait sa « brossette » ! —
tn la fait si bien, sa « brossette »,depuis
quelques années, on les a tant détruits,
les petits oiseaux, qu'il n'en reste plus
guère- Où sont les pinsons, les bou
vreuils, les chardonnerets, les fauvettes
d'antan ? Ils étaient légion, et, mainte
nant, on en voit à peine, de temps à
autre. Ils étaient le charme et la parure
des chamgs et des jardins, qu'ils
égayaient de leurs gazouillis et des fan.
taisies de leur vol. Cherchez-les, aujour.
d'hui ! Il y a même des régions qui son)
abandonnées par les hirondelles.
Ce qu'on trouve, c'est des pies, des
cofi>eaux, des oiseaux de proie...' sans
proie, éperviers ou émouchets, et puis/
c'est tout. Il y a encore, dans les bois,
des loriots dés piverts, des geais, des
huppes, et, sur les bords des rivièreSj
des cailles d'eau et des martins-pê
cheurs, mais en plaine, plus rien !!!
On trouve encore', dans les jardins,
quelques merles,* qui n'osent pas se ris
quer au dehors, dans, la crainte d'êtrç
occis... « faute de grives », car le merl(
est, à la rigueur, oiseau comestible, sur
tout quand il est jeune. Il y a même dej
amateurs qui le préfèrent à la grive.
Je sais un chasseur de merles auque!
cet oiseau a apporté la fortune, mais uni
vraie fortune : c'est le père Bertrand, 1«
père de mon ami Eugène Bertrand, qui
fut, successivement, directeur du théâtrf
des Variétés, pùis de l'Opéra.
Il chassait volontiers le merle, le bravj
père Bertrand. C'était un de ses plu»
grands plaisirs, et, comme il ne pouvait
se livrer à son passe-temps favori quéelj
dimanche, il avait acheté, dans la banj
lieue de Paris vers l'Est, un grand ten
rain vague, qu'il avait planté d'arbres ej
I
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 85.44%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 85.44%.
- Collections numériques similaires Arts de la marionnette Arts de la marionnette /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "Pam1"The Romanic review : a quarterly journal devoted to research, the publications of texts and documents, critical discussions, notes, news and comment, in the field of the romance languages and literatures / edited by Henry Alfred Todd and Raymond Weeks /ark:/12148/bpt6k119586.highres Bibliothèque de l'École des Chartes /ark:/12148/bpt6k12501c.highres
- Auteurs similaires Arts de la marionnette Arts de la marionnette /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "Pam1"The Romanic review : a quarterly journal devoted to research, the publications of texts and documents, critical discussions, notes, news and comment, in the field of the romance languages and literatures / edited by Henry Alfred Todd and Raymond Weeks /ark:/12148/bpt6k119586.highres Bibliothèque de l'École des Chartes /ark:/12148/bpt6k12501c.highres
-
-
Page
chiffre de pagination vue 3/6
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6179955/f3.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6179955/f3.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6179955/f3.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k6179955/f3.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6179955
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6179955
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k6179955/f3.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest