Titre : France-Maroc : revue mensuelle illustrée : organe du Comité des foires du Maroc / directeur Alfred de Tarde
Auteur : Comité des foires du Maroc. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Rabat)
Date d'édition : 1922-10-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32777958s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 6556 Nombre total de vues : 6556
Description : 01 octobre 1922 01 octobre 1922
Description : 1922/10/01 (A6,N71)-1922/10/31. 1922/10/01 (A6,N71)-1922/10/31.
Description : Collection numérique : Originaux conservés à... Collection numérique : Originaux conservés à l'INHA
Description : Collection numérique : Bibliothèque Francophone... Collection numérique : Bibliothèque Francophone Numérique
Description : Collection numérique : Zone géographique :... Collection numérique : Zone géographique : Afrique du Nord et Moyen-Orient
Description : Collection numérique : Thème : L'histoire partagée Collection numérique : Thème : L'histoire partagée
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Arts Collection numérique : Arts
Description : Collection numérique : Littérature Collection numérique : Littérature
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6120296k
Source : Bibliothèque de l'INHA / coll. J. Doucet, 2010-103818
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 07/02/2011
CHENIER ET LE MAROC DU XVIIIe SIECLE
265
dans la sensibilité du père, les exaltations, les indi-
gnations, le lyrisme de son fils André.
Mais ce père de famille était un bon fonctionnaire,
désireux de plaire, faisant montre de zèle dans son
service, ne dédaignant pas les coquetteries politiques:
et c'est un peu de cet opportunisme qu'on retrouve
chez le plus jeune de ses fils, Marie-Joseph, l'auteur
dramatique à succès, le député, l'arriviste de la
famille.
*
* *
Le dépaysement de l'homme sensible se traduit
généralement par des opinions tranchantes et
sommaires sur le nouveau milieu qui l'entoure.
Les premiers jugements de Louis de Chénier sur
le Maroc, sont nettement défavorables :
La ville de Saffi, qu'on dit une des plus jolies des états du
roi de Marroc, ressemée exactement à une ville dévastée par un
incendie... K
Il n'y a d'ici à la capitale Marroc, ni bourg ni ville, c'est un
immense terrain qui manque de culture. A en juger par l'état
des gens, je doute que ce pays puisse fournir à un grand commerce.
Ils ont moins de besoins que le reste des hommes-.. {Lettre du
5 mai 1767.)
Il n'aima jamais Safi, résidence qu'il avait cepen-
dant choisie. Le caïd du Méchouar, Mouley Driss,
maître des cérémonies, avait voulu lui assigner
Mogador. Il avait résisté ; « mon éloignement de
partout, dit-il, eut rendu mon séjour moins utile au
service ».
Il avait préféré se fixer à Safi parce qu'il y existait
Porte d'Entrée
La maison d'André Chénier
un établissement de commerce français, fondé par
le marseillais Salva. Il estime la rade très belle mais
inarbordable six mois de l'année et le privant de
toute correspondance suivie. Les environs sont
« tristes et déserts et manquent d'eau ». Quant aux
habitants il les trouve grossiers et superstitieux :
Les tombes de fakirs on saints sont en si grand nombre à l'entrée
de la ville, que les juifs ne peuvent y entrer que nus pieds et
on ne permet pas aux chrétiens d'y entrer à cheval.
II se pique d'avoir été le premier à « secouer ce
joug ridicule ».
Entre les indigènes marocains et les paysans fran-
çais du XVIIIe siècle, la dissemblance était certaine-
ment moins grande que de nos jours. Et cependant
le chrétien raffiné du siècle de Louis XV n'a pas pour
le fellah, la sympathie du philosophe et de l'artiste
du XXe siècle, en quête de passé humain. A coup
sûr, M. de Chénier le père, ne s'est pas incliné
devant le spectacle islamique de la soumission de
l'homme à la nature. Il n'a pas connu le « brusque
et poignant émoi » qui étreindra Chevrillon, à l'heure
du muezzin.
*
* *
L'influence des puissances européennes au Maroc,
avant le Protectorat, dépendait en partie des préfé-
rences que tel ou tel diplomate savait inspirer au
Sultan.
Dès le XVIIIe siècle, notre Consul s'efforce de plaire
par des menus riens, qui ont valeur de politique.
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dans la sensibilité du père, les exaltations, les indi-
gnations, le lyrisme de son fils André.
Mais ce père de famille était un bon fonctionnaire,
désireux de plaire, faisant montre de zèle dans son
service, ne dédaignant pas les coquetteries politiques:
et c'est un peu de cet opportunisme qu'on retrouve
chez le plus jeune de ses fils, Marie-Joseph, l'auteur
dramatique à succès, le député, l'arriviste de la
famille.
*
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Le dépaysement de l'homme sensible se traduit
généralement par des opinions tranchantes et
sommaires sur le nouveau milieu qui l'entoure.
Les premiers jugements de Louis de Chénier sur
le Maroc, sont nettement défavorables :
La ville de Saffi, qu'on dit une des plus jolies des états du
roi de Marroc, ressemée exactement à une ville dévastée par un
incendie... K
Il n'y a d'ici à la capitale Marroc, ni bourg ni ville, c'est un
immense terrain qui manque de culture. A en juger par l'état
des gens, je doute que ce pays puisse fournir à un grand commerce.
Ils ont moins de besoins que le reste des hommes-.. {Lettre du
5 mai 1767.)
Il n'aima jamais Safi, résidence qu'il avait cepen-
dant choisie. Le caïd du Méchouar, Mouley Driss,
maître des cérémonies, avait voulu lui assigner
Mogador. Il avait résisté ; « mon éloignement de
partout, dit-il, eut rendu mon séjour moins utile au
service ».
Il avait préféré se fixer à Safi parce qu'il y existait
Porte d'Entrée
La maison d'André Chénier
un établissement de commerce français, fondé par
le marseillais Salva. Il estime la rade très belle mais
inarbordable six mois de l'année et le privant de
toute correspondance suivie. Les environs sont
« tristes et déserts et manquent d'eau ». Quant aux
habitants il les trouve grossiers et superstitieux :
Les tombes de fakirs on saints sont en si grand nombre à l'entrée
de la ville, que les juifs ne peuvent y entrer que nus pieds et
on ne permet pas aux chrétiens d'y entrer à cheval.
II se pique d'avoir été le premier à « secouer ce
joug ridicule ».
Entre les indigènes marocains et les paysans fran-
çais du XVIIIe siècle, la dissemblance était certaine-
ment moins grande que de nos jours. Et cependant
le chrétien raffiné du siècle de Louis XV n'a pas pour
le fellah, la sympathie du philosophe et de l'artiste
du XXe siècle, en quête de passé humain. A coup
sûr, M. de Chénier le père, ne s'est pas incliné
devant le spectacle islamique de la soumission de
l'homme à la nature. Il n'a pas connu le « brusque
et poignant émoi » qui étreindra Chevrillon, à l'heure
du muezzin.
*
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L'influence des puissances européennes au Maroc,
avant le Protectorat, dépendait en partie des préfé-
rences que tel ou tel diplomate savait inspirer au
Sultan.
Dès le XVIIIe siècle, notre Consul s'efforce de plaire
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