Titre : France-Maroc : revue mensuelle illustrée : organe du Comité des foires du Maroc / directeur Alfred de Tarde
Auteur : Comité des foires du Maroc. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Rabat)
Date d'édition : 1922-06-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32777958s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 6556 Nombre total de vues : 6556
Description : 01 juin 1922 01 juin 1922
Description : 1922/06/01 (A6,N67)-1922/06/30. 1922/06/01 (A6,N67)-1922/06/30.
Description : Collection numérique : Originaux conservés à... Collection numérique : Originaux conservés à l'INHA
Description : Collection numérique : Bibliothèque Francophone... Collection numérique : Bibliothèque Francophone Numérique
Description : Collection numérique : Zone géographique :... Collection numérique : Zone géographique : Afrique du Nord et Moyen-Orient
Description : Collection numérique : Thème : L'histoire partagée Collection numérique : Thème : L'histoire partagée
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Arts Collection numérique : Arts
Description : Collection numérique : Littérature Collection numérique : Littérature
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6120253t
Source : Bibliothèque de l'INHA / coll. J. Doucet, 2010-103818
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 07/02/2011
L'OEUVRE FRANÇAISE AU MAROC
187
de la prospérité. Le Maréchal est un caractère
propulsif », une volonté doublée d'une indignation.
« Un homme ne s'improvise pas », disait dernière-
ment le Maréchal.
Hélas, dans le monde entier on ne le sait que trop
bien!
M. Georges Hersent, industriel
L'oeuvre de M. le maréchal Lyautey est d'une
étonnante richesse : militaire, administrative, éco-
nomique, littéraire, et je dirai même, au sens le plus
noble du terme, politique. Si Variés qu'ils soient, ces
divers aspects de l'effort d'un grand Français
retrouvent une émouvante unité dans l'esprit patrio-
tique qui les anime : l'oeuvre du maréchal Lyautey
est une oeuvre éminemment française.
D'autres, et de plus éloquents, retraceront les
étapes d'une carrière sans doute unique dans nos
annales coloniales. On ne redira pas assez les
prouesses du « Front Marocain » en pleine guerre, les
miracles d'une expansion incessante avec des moyens
réduits, et une rare économie de sang, l'intelligence
pacificatrice de méthodes plastiques et souples, la
portée d'une politique islamique à larges vues, — le
tout sous une direction unique, à la fois énergique et
patiente, toujours clairvoyante.
Le maréchal Lyautey a eu le rare privilège d'assister
aux premiers et magnifiques résultats d'une entreprise
à longue échéance, dont il a été l'initiateur, et les
années sont si bien remplies au Maroc, qu'il en verra
sans doute le plein épanouissement.
Après avoir joué tant de rôles divers, je vais deman-
der au maréchal Lyautey de devenir à présent un
grand agriculteur. Il peut instaurer au Maroc une
politique agricole qui, j'en suis convaincu, servira
de modèle. Il sait mieux que moi que le grand pro-
blème agricole au Maroc est le problème de l'eau.
Nous n'aurons pas de belles races de bétail marocain
ni de beaux fruits marocains, sans une politique de
l'eau. Il nous faut au Maroc des milliers de points
d'eau, répartis sur tout le territoire, c'est-à-dire des
barrages de dérivations de rivières, des réservoirs
avec élévateurs aériens et tout un système de canaux
de captation et de distribution, comme on a su en
créer aux Etats-Unis, en Argentine et en Australie.
Nous entrons, n'est-il pas vrai, dans la période, où,
l armature militaire et administrative du protectorat
étant constituée, les moyens de communication étant
assurés, il va falloir prendre corps à corps la nature
marocaine et en retirer les revenus susceptibles de
faire la prospérité réelle, non seulement du Maroc,
mais encore de la Métropole. Je dirai plus : nous
attendons que le Maroc donne des exemples à la
Métropole, en particulier dans ce domaine agricole
sur lequel j'insistais tout à l'heure.
Ce^ n'est pas de la chimère. D'une part, l'action du
msuffisante pour permettre toutes les hardiesses et toutes
les expériences. D'autre part, le maréchal Lyautey se
trouve en présence d'une terre neuve et d'une popula-
tion qui, précisément parce qu'elle est plus inculte,
Peut être dressée, dès l'abord, aux méthodes les plus
modernes.
"ermettez-moi, en terminant, de formuler le voeu
<7«e la carrière de ce grand Français trouve son
couronnement dans cette grande tâche de la mise en
valeur de notre plus jeune colonie, et que la France
reçoive du Maroc de grands exemples économiques
et agricoles, comme elle en a déjà reçu tant
d'exemples de patriotiques sacrifices.
G. de Caqueray,
Directeur Général de la Compagnie Marocaine
Depuis Oudjda jusqu'à Mogador, où me rejoint
votre lettre, je viens de parcourir une fois de plus, en
tous sens, ce beau pays du Maghreb et j'ai eu le
plaisir d'assister en plusieurs villes, aux réceptions
offertes au Président de la République. C'est donc
tout vibrant encore des fortes impressions ressenties
que je vous adresse ces lignes et, pour être bref, je
Vous dirai tout de suite ma conviction que jamais en
aucun temps, en aucun lieu, un pays resté à l'écart
de tout progrès, et brusquement mis en contact avec
la civilisation la plus avancée, n'a été si rapidement
et si généreusement mis à même d'en recueillir tous
les bienfaits.
Si je me reporte à 23 années en arrière alors que,
jeune marin en congé, j'accomplissais la mission
d'études que m'avait confiée M. Schneider et
trouvais le Maroc tel encore que l'avaient vu les
siècles écoulés, si je me rappelle ensuite les incerti-
tudes et les anxiétés de la Société que je dirige au
cours des dix années qui ont précédé le traité de
1912, il me semble aujourd'hui avoir rêvé, tant les
transformations opérées depuis lors tiennent du
prodige.
Il y a là pour notre patrie un nouveau titre de
gloire, et la preuve aussi que toujours un heureux
destin lui fait, pour chaque tâche, trouver parmi ses-
fils l'homme nécessaire.
Les circonstances, en effet, ayant permis au
maréchal Lyautey d'étudier et comparer en diverses
colonies les méthodes de pacification et d'organisa-
tion, il a su choisir les meilleures, et ses remarquables
qualités personnelles ont fait le reste, c'est-à-dire,
l'essentiel.
En outre, ainsi qu'il le rappelait le 5 avril dernier
à Casablanca au banquet présidé par M. Millerand,
le Résident Général a eu la rare bonne fortune que
la confiance du Gouvernement lui accordât le temps
et les moyens de mettre à exécution ses projets;
aussi furent-ils poursuivis sans arrêt, même pendant
la guerre, avec toute la souplesse que commandaient
les événements.
Le plan était grandiose; il est sur le point d'être
réalisé dans le temps minimum et au prix d'un effort
financier de grande envergure.
Toute personne indifférente à cette dernière consi-
dération ne peut qu'être subjuguée en quelque sorte
par l'ampleur et la beauté même d'une oeuvre qui
force l'admiration. Toutefois, ceux qui par obliga-
tions professionnelles doivent se placer au strict
point de vue des intérêts économiques présents et
futurs du Maroc, se demandent si une action moins
rapide et des dépenses moindres n'auraient pas eu
l'avantage d'éviter une extension prématurée de la
réglementation et de la fiscalité.
Le Maroc aura besoin longtemps encore des
capitaux du dehors; il faut qu'ils y trouvent des
chances suffisantes de fructifier et sans crainte de
charges éventuelles hors de proportion avec leur
capacité normale de rendement:
D'autre part, la colonisation proprement dite se
S
187
de la prospérité. Le Maréchal est un caractère
propulsif », une volonté doublée d'une indignation.
« Un homme ne s'improvise pas », disait dernière-
ment le Maréchal.
Hélas, dans le monde entier on ne le sait que trop
bien!
M. Georges Hersent, industriel
L'oeuvre de M. le maréchal Lyautey est d'une
étonnante richesse : militaire, administrative, éco-
nomique, littéraire, et je dirai même, au sens le plus
noble du terme, politique. Si Variés qu'ils soient, ces
divers aspects de l'effort d'un grand Français
retrouvent une émouvante unité dans l'esprit patrio-
tique qui les anime : l'oeuvre du maréchal Lyautey
est une oeuvre éminemment française.
D'autres, et de plus éloquents, retraceront les
étapes d'une carrière sans doute unique dans nos
annales coloniales. On ne redira pas assez les
prouesses du « Front Marocain » en pleine guerre, les
miracles d'une expansion incessante avec des moyens
réduits, et une rare économie de sang, l'intelligence
pacificatrice de méthodes plastiques et souples, la
portée d'une politique islamique à larges vues, — le
tout sous une direction unique, à la fois énergique et
patiente, toujours clairvoyante.
Le maréchal Lyautey a eu le rare privilège d'assister
aux premiers et magnifiques résultats d'une entreprise
à longue échéance, dont il a été l'initiateur, et les
années sont si bien remplies au Maroc, qu'il en verra
sans doute le plein épanouissement.
Après avoir joué tant de rôles divers, je vais deman-
der au maréchal Lyautey de devenir à présent un
grand agriculteur. Il peut instaurer au Maroc une
politique agricole qui, j'en suis convaincu, servira
de modèle. Il sait mieux que moi que le grand pro-
blème agricole au Maroc est le problème de l'eau.
Nous n'aurons pas de belles races de bétail marocain
ni de beaux fruits marocains, sans une politique de
l'eau. Il nous faut au Maroc des milliers de points
d'eau, répartis sur tout le territoire, c'est-à-dire des
barrages de dérivations de rivières, des réservoirs
avec élévateurs aériens et tout un système de canaux
de captation et de distribution, comme on a su en
créer aux Etats-Unis, en Argentine et en Australie.
Nous entrons, n'est-il pas vrai, dans la période, où,
l armature militaire et administrative du protectorat
étant constituée, les moyens de communication étant
assurés, il va falloir prendre corps à corps la nature
marocaine et en retirer les revenus susceptibles de
faire la prospérité réelle, non seulement du Maroc,
mais encore de la Métropole. Je dirai plus : nous
attendons que le Maroc donne des exemples à la
Métropole, en particulier dans ce domaine agricole
sur lequel j'insistais tout à l'heure.
Ce^ n'est pas de la chimère. D'une part, l'action du
m
les expériences. D'autre part, le maréchal Lyautey se
trouve en présence d'une terre neuve et d'une popula-
tion qui, précisément parce qu'elle est plus inculte,
Peut être dressée, dès l'abord, aux méthodes les plus
modernes.
"ermettez-moi, en terminant, de formuler le voeu
<7«e la carrière de ce grand Français trouve son
couronnement dans cette grande tâche de la mise en
valeur de notre plus jeune colonie, et que la France
reçoive du Maroc de grands exemples économiques
et agricoles, comme elle en a déjà reçu tant
d'exemples de patriotiques sacrifices.
G. de Caqueray,
Directeur Général de la Compagnie Marocaine
Depuis Oudjda jusqu'à Mogador, où me rejoint
votre lettre, je viens de parcourir une fois de plus, en
tous sens, ce beau pays du Maghreb et j'ai eu le
plaisir d'assister en plusieurs villes, aux réceptions
offertes au Président de la République. C'est donc
tout vibrant encore des fortes impressions ressenties
que je vous adresse ces lignes et, pour être bref, je
Vous dirai tout de suite ma conviction que jamais en
aucun temps, en aucun lieu, un pays resté à l'écart
de tout progrès, et brusquement mis en contact avec
la civilisation la plus avancée, n'a été si rapidement
et si généreusement mis à même d'en recueillir tous
les bienfaits.
Si je me reporte à 23 années en arrière alors que,
jeune marin en congé, j'accomplissais la mission
d'études que m'avait confiée M. Schneider et
trouvais le Maroc tel encore que l'avaient vu les
siècles écoulés, si je me rappelle ensuite les incerti-
tudes et les anxiétés de la Société que je dirige au
cours des dix années qui ont précédé le traité de
1912, il me semble aujourd'hui avoir rêvé, tant les
transformations opérées depuis lors tiennent du
prodige.
Il y a là pour notre patrie un nouveau titre de
gloire, et la preuve aussi que toujours un heureux
destin lui fait, pour chaque tâche, trouver parmi ses-
fils l'homme nécessaire.
Les circonstances, en effet, ayant permis au
maréchal Lyautey d'étudier et comparer en diverses
colonies les méthodes de pacification et d'organisa-
tion, il a su choisir les meilleures, et ses remarquables
qualités personnelles ont fait le reste, c'est-à-dire,
l'essentiel.
En outre, ainsi qu'il le rappelait le 5 avril dernier
à Casablanca au banquet présidé par M. Millerand,
le Résident Général a eu la rare bonne fortune que
la confiance du Gouvernement lui accordât le temps
et les moyens de mettre à exécution ses projets;
aussi furent-ils poursuivis sans arrêt, même pendant
la guerre, avec toute la souplesse que commandaient
les événements.
Le plan était grandiose; il est sur le point d'être
réalisé dans le temps minimum et au prix d'un effort
financier de grande envergure.
Toute personne indifférente à cette dernière consi-
dération ne peut qu'être subjuguée en quelque sorte
par l'ampleur et la beauté même d'une oeuvre qui
force l'admiration. Toutefois, ceux qui par obliga-
tions professionnelles doivent se placer au strict
point de vue des intérêts économiques présents et
futurs du Maroc, se demandent si une action moins
rapide et des dépenses moindres n'auraient pas eu
l'avantage d'éviter une extension prématurée de la
réglementation et de la fiscalité.
Le Maroc aura besoin longtemps encore des
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