Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir
Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)
Date d'édition : 1929-05-03
Contributeur : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication
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Description : 03 mai 1929 03 mai 1929
Description : 1929/05/03 (Numéro 19057). 1929/05/03 (Numéro 19057).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 07/11/2008
1 LE PETIT PARISIEN S–
par l'approvisionnement de Paris en
eau; à la Monnaie, M. Georges Lalou,
homme d'esprit et de talent, l'un des
meilleurs orateurs de l'Hôtel de
Ville, ancien rapporteur général du
budget de la Ville de Paris; au Roule,
M. Georges Guillaumin, ancien bâton-
nier voici enfin, à l'Europe, M. César
Caire; à Sàint-Georges, M. Pierre
Godin, qui fut directeur du cabinet
civil de M. Clemenceau pendant la
g u e r r à la Chaussée d'Antin,
M. Oudin, dont l'assemblée a récem-
ment fêté ses vingt-cinq ans de man-
dat à Sainte-Marguerite, M. Chausse
qui, siégeant à l'Hôtel de Ville depuis
1893, suivit de très près toutes les
questions intéressant l'enseignement
et le monde du travail.
Quelques candidats
M. Georges Lemarchand, président
sortant du conseil municipal, que, à
cause de son érudition administra-
tive, on a surnommé « le bénédictin
de l'Hôtel de Ville », se représente
à Notre-Dame, quartier qui l'a élu
en 1908 et qui, selon toute vraisem-
blance, le réélira sans difficulté.
M. Lemarchand rencontre M. Maurin,
socialiste, et un communiste.
Voici, sur la'rive gauche, M. Fleu-
rot, président sortant du conseil
général, qui contribua à l'organisa-
tion de l'exposiliton de Vincennes et
qui, en 1925, fut élu au premier tour.
M. Aucoc, syndib du conseil muni-
cipal, se représente à Gaillon avec
les plus grandes chances de succès.
De même, dans ce quartier de haut
commerce qu'est la place Vendôme,
M. Lefébure semble-t-il devoir aisé-
ment triompher.
A Saint-Ambroise, ancienne cir-
conscription de Charles Floquet,
M. Lallement est combattu par
M. Albert Fournier, ancien député
communiste.
Signalions encore les candidatures
à l'Ecole militaire, de M. de Castel-
lane, président du groupe sportif au
conseil municipal à Rochechouart,
de M. René Lambert, rapporteur du
budget de la garde républicaine; à
Saint-Vincent-de-Paul, de M. Beaud,
vice-président du conseil général
à la Folie-Méricourt, de M. René
Fiquet, ancien vice-président du
conseil municipal de M. Rafignon, à
la Porte-Saint-Dente de M. Ernest
Gay, à la Porte-Dauphime; de
M. d'Antiigné. à la Muette; de M. Léon
Rîotor, à Saint-Gervais dans le
quartier des Archives, de M. Georges
Ory, radical socialiste, attaché à la
direction des affaires commerciales
et industrielles au ministère du
Commerce; de M. Pierre Kraemer-
kaihe, aux Bat%nolles. Remarquons,
enfin, la position très favorable de
M. François-Latour, rapporteur gé-
néral du budget de la Ville de Paris,
à Montparnasse; de M. Fiancette, qui
joue au conseil municipal le rôle
émihent que l'on sait et qui est rap-
porteur du budget du département
au conseil général, dans le quartier
du Combat; de M. Luquet, à Belle-
ville.
Une offensive féministe
L'un des traits saillants de la
campagne municipale à Paris, le plus
saillant peut-être, réside dans la
véritable offensive à laquelle se
livrent les féministes. Elles ont cou-
vert les panneaux d'une carte-
affiche montrant que la France, le
Portugal, l'Albanie, la Grèce et la
Bulgarie, nations attardées, seules
en Europe, n'admettent pas les fem-
mes à voter. De plus, deux d'entre
elles, toutes' deux socialistes S.F.I.O.,
Mlles Simone lVegler, à Saint-Avoie,
et Eve Bernard, à Notre-Dame,
affrontent crânement et. vainement,
puisque les bulletins portant leur
nom ne seront pas attribués, le suf-
frange populaire. De surcroît, une
vingtaine peut-être de candidats
hommes n'ont, pour tout programme,
que celui des revendihations fémi-
nistes.
L'un de ces fervents de la cause
suffragiste, M. Paul Bouissou, qui se
présente aux Grandes-Carrières, ne
craint pas d'affirmer qu'il est non
seulement féministe, mais encore
sptrite.
Les conseillers communistes
Les conseillers communistes ont
atteint, à l'Hôtel de Ville, un effectif
relativement imposant qui, semble-
t-il, se trouvera sensiblement réduit
après les élections. Ils sont, en tout
cas, l'objet de vives attaques, qu'il
s'agisse de M. Renault à la Roquette
de M. Louis Sellier à la Goutte-d'Or;
de M. Garchery, que combat, à
l'i'cpus, M? Orry, ou encore de
M. Colly, quil a derrière lui une
longue carrière.
A lu Santé, quartier qui élit suc-
cessivement MM. Badma, Marty,
M Mol, fivalidés, et Crémet, disparu,
M. Delsol présente son gendre,
M. Bardet. Sont encore sur les rangs:
MM. Prade, concentration républi-
caine Mettas, radical socialiste
Georges Barthélemy, ancien député
du Pas-de-Calate, républicain socïa-
liste Pivert, socialiste S. F. I. O., et
Arrighi, communiste.
Lutte assez vive encore au Val-
de-Grâc-e, où M. Robert Bos, le ben-
jamin du conseil municipal, radical
socialiste, défend son siège surtout
contre M. Taulemon, soutenu par les
ligues nationales, et aux Champs-
Elysées, où M. Le Provost de Lau-
nay est mis en péril par M. Raoul
d'Arnaud, candidat des grandes asso-
ciations nationales, et par M. Chas-
saigne-Goyon, député.
Ajoutons, en terminant, que M. Ro-
baglia, ancien président dü conseil
générat, qui échoua au dernier
renouvellement législatif, tetuè do
conquérir dans le quartier du Petit-
Montrouge le siège municipal détenu
par M. Delsol, élu député, lequel ne
se représente pas.
Une conférence
-pu ministère des Finances
au sujet des prestations en nature
Une importante conférence, à laquelle
assistaient MM. Painlevé, Loucheur et
Forgeot, s'est tenue hier soir au minis-
tère des Finances, sous la présidence de
M. Henry Chéron.
Cette réunion avait pour but d'exa-
miner toute une série de questions con-
cernant les prestations en nature.
Le comité exécutif
du parti radical
envoie une adresse à M. Herriot
Le bureau du comité exécutif du parti
républicain radical et radical socialiste a
adressé à M. Herriot l'expression de ses
vœux affectueux à l'occasion du vingt-
cinquième anniversaire de son entrée
dans la vie politique.
APRES LE ler MAI
A la suite des arrestations préventives
effectuées par la police le jour du
mai, une dizaine de communistes ont été
envoyés au dépôt pour des délits divers.
Il est probable qu'après l'interrogatoire
du juge, d'instruotion ils seront mis en
liberté provisoire.
Parmi les étrangers arrêtés, cinq ont
été envoyés également au dépôt: quatre
pour infraction à un arrêté d'expulsion,
le cinquième en vertu d'un mandat
d'arrêt. Six autres sont retenus pour
enquête.
Plusieurs des étrangers remis en li-
berté vont faire l'objet d'un arrêté
d'expulsion.
SOUPÇONNÉE D'ESPIONNAGE
une jeune Suissesse
n'était coupable que de vol
Une jeune fille de vingt et un ans,
Mlle Marthe Tanner, de nationalité
suisse, entrée au début d'avril en qua-
lité de vendeuse au service d'une mar-
chande de chaussures, Mme D. établie
rue d'Amsterdam, vient d'être arrêtée
pour vol commis au préjudice de sa
patronne. Un moment on avait cru que
Marthe Tanner, sur qui, lors de son
arrestation, on avait trouvé une sorte
de questionnaire en blano, était une
espionne. Mais le service des renseigne-
ments généraux que dirige M. Périer, et
qui avait été saisi par M. Legrand, com-
missaire du quartier Saint-Georges,
ayant établi que le questionnaire ne
rimait à rien, Marthe Tanner ne sera
poursuivie que pour vol.
La Fédération nationale
des syndicats de fonctionnaires
et la revalorisation des traitements
La Fédération nationale des syndicats de
fonctionnaires nous communique
Considérant les instructions que vient
de donner le gouvernement pour la ré-
partition des 500 millions affectée à la
revalorisation des traitements
Le bureau de la Fédération des syndi-
cata de fonctionnaires, sans attendre la
réunion de sa commission exécutive et de
son prochain congrès, qui seront saisis
de ce problème, s'élève énergiquement
D'une part, contre la rupture au détri-
ment des instituteurs et des institutrices
des parités précédemment établies par les
commissions de traitement, ce qui serait
de naturel nuire considérablement au
bon recrutement du personnel de l'ensei-
gnement primaire
D'autre part, contre l'insuffisance du
relèvement de certaines catégories, notam-
ment des dames employées, insuffisance
qui aboutit en réalité à un déclassement
Déclare également inadmissible qu'au
moment où le coût de la vie ne cesse
d'augmenter, le gouvernement n'ait rien
prévu dans son projet de répartition, ni
pour le relèvement du traitement mini-
mum qui reste fixé à 8.000 francs, ni
pour une augmentation plus sensible et
plus juste des traitements de base des
autres catégories
Affirme à nouveau la nécessité
1* d'un relèvement de crédits pour le
redressement des parités et des insuffl-
sances de traitement 2° de la constitu-
tion d'une commission ayant le mandat
d'examiner le problème d'ensemble de la
rémunération des fonctions publiques et
d'assurer, sous le contrôle du gouverne-
ment et du Parlement, la répartition des
crédits qui y seront affectés.
Les traitements des instituteurs
Le bureau du syndicat national dea Insti-
tuteurs s'est occupé de la question de la
revalorisation des traitements. Après avoir
constaté que seuls, parmi toutes les caté-
gories de l'Université, les instituteurs pri-
maires furent déclassés.
Il s'étonne qu'après les déclarations du
président du Conseil sur le maintien des
parités de le ministre des Finances ait
cru devoir rompre l'équilibre uu classement,
uniquement au détriment de l'enseignement
primaire élémentaire. Il estime qu'il y a la,
une menace grave pour le recrutement des
instituteurs et pour l'avenir de l'école laïque,
le service de l'enseignement primaire exi-
geant un personnel sélectionné,
Décide d'en appeler Immédiatement au
président du Conseil, aux ministres des Fl-
uances et je l'Instruction publique, »
Un congrès extraordinaire se tiendra le
1S mal, qui aura A prendre, sur cette ques-
tion, toutes décisions nécessaires.
Les traitements du personnel
civil du ministère de la Guerre
Réunis en assemblée extraordinaire, les
commis d'administratlon, expéditionnaires et
dames sténo dactylographes du ministère de
la Guerre ont voté un ordre du jour récit-
mant que leurs traitements de 1914 soient
multipliés par le coefficient 4 Il compter
du Juillet prochain, de façon que tes
commis aient un traitement de 21.640 francs,
et les expéditionnaires et dactylos un traite-
ment de 18.000 francs.
SOUS LA TOUR GÉANTE
M. Germain-Martin
inaugure le buste
de l'ingénieur Eiffel
L'ingénieur Gustave Eiffel, le génial et
audacieux constructeur à qui l'on doit,
entre vingt autres ouvrages hardis et
gigantesques, la fameuse tour qui porte
son nom. a, depuis hier, son buste à
Paris.
Erigé sous le pilier nord de la tour, le
buste a été inauguré hier après-midi par
M. Germain-Martin, sous-secrétaire d'Etat
des P. T. T.
C'est le grand artiste Bourdelle qui
a modelé les traits énergiques du célè-
bre ingénieur français.
La colonne qui supporte le'buste en
bronze doré et le monument qui l'en-
toure sont dus aux architectes Perret et
Granet.
Devant Mmes Salles-Eiffel, Picelant, Le
Grain et M. Albert Eiffel, enfants et
petits-enfants du grand constructeur, la
général Ferrié, de l'Institut M. Guillet,
directeur de l'Ecole centrale M. Le-
marchand, président du conseil munici-
pal de Paris, évoquèrent, tour à tour. la
vie et les œuvres de Gustave Eiffel.
NI. Germain-Martin prit la parole en
dernier. C'est pour rappeler d'abord l'in-
vention qui permit à Eiffel de construire
la tour qui, depuis l'exposition de 1889
fait partie Intégrante du paysage pari-
sien.
En 1869, dit-il, Eiffel substitue de
grands caissons triangulaires, en fer,
aux colonnes de fonte des piles de pont.
Il est préoccupé d'alléger le poids de la
matière, de diminuer les surfaces sur
lesquelles s'exercera la pression du vent.
Il livre le passage au redoutable adver-
saire qui, désormais, glissera au travers
des entretoises et des croisillons. L'en-
semble de l'œuvre offrira des milliers de
nervures et sera comparé au réseau de
fils d'une dentelle délicate. Le style
d'exécution de la tour Eiffel est désor-
mais trouvé.
Le sous-secrétaire d'Etat expose ensuite
le rôle considérable joué par la tour
pendant la guerre et depuis.
Pendant la guerre, son rôle fut consi-
dérable. Non scnlement on établit des
communications à longue distance qui
permirent la diffusion des communiqués
journaliers du grand quartier général,
connues ainsi de toutes les nations bel-
ligérantes, mais encore on put obtenir
des renseignements d'une grande impor-
tance grâce à des procédés d'écoute des
informations données par les postes
radioélectriques des ennemis.
La téléphonie devait à son tour
avoir le bénéfice des installations du
Champ-de-Mars. A la tour Eiffel eut
lieu, en 1915. la première tentative
d'écoute d'émissions radiotéléphoniques
faites en Amérique. En 1916, un poste
complet de radiotéléphonie y fut établi,
puis transporté au Bourget. On put ainsi
transmettre des ordres et des renseigne-
ments aux avions chargés de la défense
aérienne de Paris. Après la guerre, la
tour devint, en 1921, le premier poste de
radiodiffusion d'Europe.
Et M. Germain-Martin, très applaudi,
conclut en ces termes
Les services rendus par la tour Eiffel
à la nation ne sont plus discutés. Leur
simple énumération est le meilleur hom-
mage que l'on puisse offrir pieusement
à la mémoire l'Eiffel, qui, en construi-
sant cet édifice, accomplit un acte de foi
dans la science et dans l'avenir du pays.
Désormais, grâce aux émissions radio-
électriques, du sommet de la tour s'élève
la voix de la France, aveo une puissance
de rayonnement incomparable.
TROIS INTERPELLATIONS
A PROPOS DU 1" MAI
M. Albertin, député socialiste des Bou-
ches-du-Rhône, vient d'aviser le ministre
de l'Intérieur qu'il l'interpellerait dès la
rentrée de la Chambre sur les mesures
de police prises à Paris à l'occasion du
mai. et notamment sur l'arrestation
préventive de plus de 3.000 manifestants.
D'autre part M. Henri Guernut, député
de l'Aisne, a fait connaître au président
de la Chambre, son intention de repren-
dre, dès la rentrée, la demande d'interpel-
lation qu'il avait déposée l'année dernière,
et dont la discussion avait été ajournée,
sur les arrestations préventives et le
droit de réunion.
Arreter comme on l'a fait hier des ora-
teurs ou des citoyens qui se rendent i un
meeting, équivaut en fait, écrit M. Guernut,
à supprimer la liberté de réunton, expres-
sément inscrite dans le droit républicain.
M. Guernut demandera à la Chambre
d'ordonner cette fois la discussion toute
prochaine de son interpellation.
Enfin, M. Ernest Lafont, député des
Hautes-Alpes, a également annoncé à
M. Fernand Bouieson son intention d'in-
terpeller le président du Conseil sur les
mesures prises par le gouvernement à
l'occasion du mai.
A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
L'exposition de l'histoire
de l'ordre souverain
de Malte
Pour la plupart des esprits, l'ordre de
Malte n'éveille que des souvenirs histo-
riques, et si l'on sait qu'il fut fondé au
xi* siècle, on oublie généralement» qu'il
existe encore. Il est vrai que, après avoir
été une association fameusement mili-
tante. et militaire, il demeure, aujour-
d'hui, une institution surtout honorifique
avec sa hiérarchie, ses titres et ses pré-
séances, à quoi commande Son Altesse
Eminentissime le prince grand magistère
de l'ordre.
Or, hier, dans les salles de la Bibllo-
tèque nationale, obligeamment prêtées
par M. Roland-Marcel, administrateur, une
exposition de l'ordte souverain de Malte
a été Inaugurée, exposition organisée
sous le haut patronage de M. Doumer-
gue, président de la République, bailli
grand-croix de l'ordre, et de S. A. Em. le
grand magistère.
C'est à M. Justin Godart, ancien minis-
tre, bailli grand-croix au comte Michel
de Pierredon, ministre plénipotentiaire
de l'ordre en France. et M. Robert
Chauvelot, chevalier, que l'on doit la
réunion des trésors et des reliques qu'ils
sont allés chercher en grande partie à
Rome, où réside actuellement le grand
magistère.
L'on peut voir les Rêgaux qui sont les
attributs de la souverainneté le sceau
d'or, le collier du grand-maître, les insi-
gnes en diamant et surtout la couronne
souveraine.
Voici l'estoc, ou épée de la religion,
mesurant plus de deux mètres de haut,
offert en 1775 par le pape Pie VI au
grand-maître de Rohan, et qui est une
merveille d'or ciselé. Voici un poignard,
le piléo, chapeau de velours rouge aveo
colombe de Saint-Esprit brodée en perles
fines, des costumes anciens et des sou-
brevestes. Voici un manipule aux attri-
buts de la Passion, l'armure d'un che-
valier et le drapeau de l'ordre, des auto-
graphes princiers, des reliquaires et des
enluminures représentant la puissante
flotte des galères de l'ordre à laquelle
appartint le bailli de Suffren. Voici enfin
une magnifique épée à la garde d'or,
orfévrée d'émaux que prêta le musée du
Louvre..
A chaque pas, le visiteur s'étonne ou
admire, et ce n'est pas le tableau de
M. Beltran Massés qui lui cause le moins
de surprise. Ce tableau représente «le
passé et le présent de l'ordre de Malte ».
On y voit, à l'ombre d'une grande croix
centrale et flanquant un chevalier en
armure, M. Justin Godard et le comte de
Bonneval, président de l'association fran-
çaise des chevaliers de Malte, S. A. Em. le
prince régnant, le comte de Pierredon,
le comte E. de La Rochefoucauld et
M. Robert Chauvelot, tous parmi des
cancéreux et des lépreux.
C'est un tableau allégorique. L'exposi-
tion est, en effet, organisée au profit du
pavillon des lépreux de l'hôpital Saint-
Louis ce qui lui assure, en dehors de
son intérêt rétrospectif, l'attrait d'une
action généreuse à quoi chacun voudra
participer. L. L.-M.
UN NOUVEL INTERROGATOIRE
DE M. KLOTZ
En KTenant de Fretnes, M" Torrès et Joly
tout tamponnés par M camion
Un nouvel interrogatoire de M. Klotz
a eu lieu hier à la prison de Fresnes.
M. de Centile, juge d'instruction, avait
à lui demander des explications au sujet
de la remise à M. Mathey, industriel,
d'un chèque sans provision de 14.000
francs.
M. Klotz a déclaré au magistrat que
son entrée à ta maison de santé de da
Malmaison avait été l'unique cause du
retard apporté au règlement de ce
chèque.
Du reste M. Mathey a été, depuis, dé-
sintéressé.
Ce voyage de Fresnés a failli se ter-
miner de façon tragique pour les deux
défenseurs de l'ancien ministre des Fi-
nances, M" Henry Torrès et Joly. Comme
Ils rentraient à Pans, leur voiture, en
franchissant la porte d'Orléans, fut
tamponnée par un camion. Assez forte-
ment contusionnés, les deux avocats ont
pu cependant regagner leur domicile.
La cour de cassation
rejette le pourvoi de Mm° Vallé
condamnée à mort à Versailles
La chambre criminelle de la Cour de
cassation a rejeté le pourvoi de Mme
Vallé, condamnée à mort, le 23 février,
par les assises de Seine-et-Oise, pour
avoir, de complicité avec son mari, assas-
siné son amant, le cultivateur Demaret.
Le mari, condamné aux travaux forcés
à perpétuité, s'était aussi pourvu et son
pourvoi a été également rejeté.
LES "COMPAGNONS DU TOUR DE FRANCE" AU "PETIT PARISIEN"
A l'issue de la cérémonie de la pose
de la première pierre de la Maison de
la mutualité, une délégation des diverses
corporations des Compagnons du Tour
de France », sous la conduite de Mo G.
Vachot, du groupe des imprimeurs, est
venue rendre visite au Petit Parisien.
Pour la circonstance, les Compagnons, qui
s'enorgueillissent à juste titre de pour-
suivre l'oeuvre d'éducation morale et pro-,
feesionnelle de l'ouvrier entreprise par-
les vieilles corporations, avaient arboré
leurs écharpes brodées plusieurs fois
centenaires.
Ils ont pu constater, par l'accueil qui
leur a été fait, que le Petit Parisien était
tout acquis à l'intéressante cauee compa-
gnonnique.
NOS ÉCHOS
Aujourd'hui
La flamme du Souvenir sera ranimée par le
Cérémonie religieuse Messe de Requiem du
Souvenir français, 10 h. 30, Notre-Dame.
Congrts Cinéma français, 9 h., 00, rue Des-
reiiaudes.
Quatre-vingt-dlx-neuTlème anniversaire de la
Bibliothèque polonaise, 14 h. 15, S, quai
d'Orléans.
Le chosur tchèque Bakult Paris Concert,
21 heures, Conservatoire.
Expositions Salon de Grand Palais.
Salon des humoristes, Palais de Glace.
Arts suédois, Tuleries (salle du Jeu de
Paume), Le Nouveau Salon, i7, avenue
des Champs-Elysées. Reliures ancien-
nes, cercle de l'Union artistique. Salon
des artistes de Paris, palais de Bagatelle.
Société artistique et littéraire des
agents du P.-L.-M., 19, rue Traversière.
Histoire des chevaliers de Malte (au pro-
fit des lépreux de l'hôpital Saint-Louis),
10 h. et M h., Bibliothèque nationale. Car-
tonnage, reliure et brochure, 117, boule-
vard saint- Germain..
Ventes de charité Au pront du prévento-
rium de Louise de Beulgnies, U heures,
salle Hoche. Appui maternel (œuvre des
hôpitaux), 14 heures, 15, rue du 4-Septem-
bre.
Réunion d'anciens combattants et 35O«
R. L, 20 h, 30, 3, boulevard de Sébasto-
pol.
Réunion* Union des assistés obligatoires et
hospitalisés de la Seine, 20 h., boule-
vard de l'Hôpital. Ligne française pour
le droit des femmes, h. 30, Il, rue
d'Argenteuil.
Meeting de l'Association défensive des com-
merçants parisiens, u h. 30, salle Wa-
gram.
Cours et conférences: '.NI. Délaye Le
drame du Jutland b., 27, rue du
Sommerard. Cours de théosophie, 20 h. 45,
rue de l'Abbé-de-J'Epée. Dr P. Gul-
rand « Syndromes hêpato-encéphaliques,
f0 h. 20, hôpital H.-Boussel, 1, nie Cabanis.
l'êtes, concerts, bals. Au profit de l'Ami-
cale des artites peintres, sculpteurs et
graveurs, 21 heures. Magic-Clty. FAte du
muguet, 21 h., Palais d'Orsay.
Championnat International de danses mo-
dernes salle Bullkr.
Dlner Cercle Arts et Lettres, 19 h. 45.
Courses à Maisons-Laffltte, & 14 heures.
T. S. F. Jazz au poste du Petit Parisien.
Festival Beethoven (Radio-Paris).
Diffusion de la soirée organisée a 1a Sor-
bonne sous les auspices de l'ambassadeur
de Belgique (Paris-P. T. T.). Mademot-
selle de la Seiglière (Lille-P. T. T.). Le
Crépuscule des dieux, de Wagner (Da-
vcutry expérimental). Voir au Courrier
des amateurs.
M. Briand a reçu MM. Phys Vilitavong
Vudhikrai, ministre de Siam à Paris
Bitemoded Gueatcheou, nouveau ministre
d'Ethiopie, qui lui a présenté copie figu-
rée de ses lettres de créance, et Laho-
vary, président du Conseil diplomatique
au ministère des Affaires étrangères de
Roumanie.
André Bailly et sa famiLle, dans l'im-
possibilité matérielle de répondre indi-
viduellement aux félicitations, prient
leurs amis de trouver ici l'expression de
leur très vive gratitude.
A l'occasion de la fête nationale rou-
maine du 10 mai, jour où sera célé-
bré également le dixième anniversaire de
la constitution de la Grande Roumanie,
un Te Deum sera chanté à il h. 30 en
l'église roumaine, 9, rue Jean-de-Beau-
vais.
M. Diamandy, ministre de Roumanie
à Paris, recevra la colonie roumaine à
4 heures 30 à l'hôtel de la légation
roumaine, 124. avenue de Wagram.
ON A'E VOIT PAS LA FIN du col
demi-souple • KOLFRAY ». Très élé-
gant, tres pratique. Prix 6 francs,
aux « 100.000-CHEMISES D, 69, rue
L&fayette et succursales à Parle, Lille.
Tout Paria est actuellement vivement
Intéressé et surpris par une jolie tête
de femme apposée sur certains emplace-
ments d'affichage. C'est la reproduction
exacte d'un dessin original du grand
artiste Van Dongen.
La délicatesse de coloris remarquée
sur ce dessin peut être obtenue par toute
femme soucieuse de sa beauté en em-
ployant le RouGE RoYAL 1929 de Violet,
pour les lèvres et pour le tent, garanti
inoffensif et indélébile, qui a été utilisé
par Van Dongen pour obtenir cee tein-
tes harmonieuses.
NECROLOGIE
M. Paul Cormier, administrateur de
la compagnie du Nord, est mort subi-
tement hier matin dans un train en par-
tance pour Tergnier-
M. Cormier, qui demeurait 5, rue de
l'Alboni. était Agé de soixante-dix-neuf
ans.
La propreté dans votre
bouche comme dans
votre maison
Les dents mal soignées sont cause
de bien des maladies, on n'y prend
pas assez garde. La propreté doit
régner non seulement dans votre
maison, mais plus encore dans votre
bouche. ;Là se ;donnent rendez-vous
tous les microbes, vos ennemis, aux-
quels la Science prête des noms
redoutables. C'est par là qu'ils en-
trent dans votre corps, de là qu'ils
iront répandre le mal dans l'orga-
nisme entier. Il faut brosser vos
dents, comme vos habits, avec plus
de soin encore, pour défendre votre
santé.
A ce prix, et à condition que vous
choisissiez la brosse à dents qui con-
vient, vous tiendrez vos dents à l'abri
de toute infection. Utilisez pour ces
soins quotidiens la brosse "Eléphant".
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LE PRINCE' SIXTE DE BOURBON
EST ARRIVÉ HIER II PARIS
Il vient de faire kilomètres
en camionnette entre l'Algérie
et le Congo
Le prince Sixte de Bourbon n'est point
de ces voyageurs qui ne se satisfont,
pour leurs randonnées, que de confor-
tables limousines ou de sleeping-cars.
S'il vient de franchir 11.500 kilomètres
pour établir la nouvelle liaison directe
d'Algérie au Congo, c'est en camionnette
-une Delahaye-Duplop qu'il l'a fait.
Il ne s'en porte d'ailleurs pas plus mal.
Excellent voyage, nous disait-il
hier, peu après son arrivée à Paris, où,
sur le quai de la gare de Lyon, l'avaient
reçu de nombreux amis. Ce mode de
locomotion est d'une régularité parfaite.
J'avais fixé mon retour pour le 1" mai.
J'arrive le lendemain. Et tout a merveil-
leusement marché.
Sans doute, ajoute-t-Il, ai-Je connu de
durs moments. Nous nous sommes éga-
rés dans le sable et nous dûmes n'avan-
cer longtemps qu'à la boussote. Mais
cela n'est rien. L'essentiel est que ce
long parcours puisse nous être de quel-
que utilité. A ce titre, je crois que je
n'aurai pas travaillé en vain.
Ce qui semble importer avant tout,
c'est la création d'une ligne aérienne
directe de l'Algérie au Congo, soit par
la ligne classique d'Adrar et de Beni-
Abbè6, qu'on est d*ailleurs en train
d'équiper, soit par le tracé mauritanien,
soit par la route que j'ai empruntée et
qui joint le Congo par le Tchad. Celle-ci
me paraît être la meilleure, d'autant
que les points d'eau y sont nombreux,
que sa partie désertique ne mesure que
700 kilomètres et qu'on y trouve des
terrains propices a l'atterrissage. J'ajou-
terai que les tribus touareg sont des
lus bienveillantes à notre égard, comme
J'ai souvent pu en faire l'expérience.
Le prince nous parle encore de l'ur-
gente nécessité du transsaharien
Il faut, conclut-il, que notre empire
africain ne forme plus qu'un bloc. C'est
à ce moment seulement que nous pour-
rons en comprendre et en utiliser ration-
nellement tous les avantages.
Les
Vendredis maigres
de Lustucru
Coquillettes aux crevettes
(Pour 4 p«rioaac>)
1* La garnlture Uécortiquez lef
queues de 250 grammes de crevette*
grises. Pilez au mortier, avec un poidf
égal de beurre, les carapaces de ces cre
vettes. Mettez cette composition à fondn
au bain-marie; puis, lorsqu'elle est biex
fondue, versez-la, en la passant, sur unq
terrine remplie d'eau glacée. Lorsque If
beurre de crevettes s'est bien coagulé
la surface de l'eau, retirez-le et prenez..
le. (Co beurre de crevettes peut être uti-
lisé pour finir un grand nombre de sau.
ces et de garnitures maigres). Liez les
queues de crevettes de quelque cuille-
rées de béchamel faites bien chauffer.
Beurrez ce ragoût avec le beurre de cre-
vettes. Assaisonnez bien ajoutez deux
cuillerées de cognac flambé.
2° Préparez 250 grammes de coquil-
lettes Lustucru à l'italienne (cuites il.
l'eau salée, égouttées, liées de fromage
râpé et de beurre, bien assaisonnées).
Dressez les coquillettes dans une timbale
en les alternant par couches, aveo le
ragoût de crevettes, Prosper Montagne.
Nota. Pour avoir toute satisfaction d*
cette recette, préparez-la avec des Pàtet
Lustucru, qui contiennent vraiment des
œufs frais. Vous les trouverez partout,
sous toutes leurs formes nouilles, ma*
caronis, coquillettes, nouillettes, vermt.
celle, faveurs, tortillons, cornets, avion».
l.'INIMITAB
(Biscuit^
Amusant ti insfrucUf. lii (
30. Feuilleton du Petit Parisien,
La Douleur
de Vivre
GRAND ROMAN INÉDIT
par
René VINCY
DEUXIEME PARTIE
LES MASQUES ET LES VISAGES
III (suite)
Fille damnée! 1
Oui, laisse-moi, mon enfant, je ne
tiens plus. murmura Olympe.
Sa fille l'embrassa.
Reposez-vous. Dormez tranquille.
Tout à l'heure, je verrai notre bon ami
Marc et je l'étonnerai par ma docilité
à me rendre à ses désirs. Il s'est tou-
jours montré si bon pour nous, ce cher
cousin, que c'est bien le moins que je
lui fasse plaisir dès que ça ne me coûte
rien
Et elle s'en alla en riant d'un rire
atroce.
Morne et blême, Olympe l'avait regar.
dée partir, et elle murmura pour elle
seule, peut-être touchée par un pressen-
timent funèbre
Je connaissais mal CatUte. Cette
enfant est effrayante. Elle me ven-
gera de mes longs mécomptes en se ven-
geant pour elle-même, mais. j'ai peur
qu'elle ne se venge trop bien et que cela
ne se retourne contre elle.
Copyright by René Vlncy 1929. Traduc-
«on Et reproduction interdites en tous payi.
Le grand jour était venu.
Olympe frissonna du frisson qui nous
prend au matin après une nuit blanche.
Elle se mit au lit elle était glacée.
Pourvu, répéta-t-elle, que Calixte
ne soit pas elle-même victime.
Elle s'endormit d'un sommeil fiévreux,
traversé de cauchemars terrifiants.
IV
Le temps béni des fiançailles
Tout le monde étant d'accord si
cela pouvait s'appeler être d'accord
Marc Durtal décida que l'on partirait
sans autre délai pour Valroger, où Lau-
rence, comme Calixte, vivraient le
temps de leurs fiançailles.
Le prince de Monbars s'était fort h
propos rappelé lm de ses cousins, le
comte de Château-Renaud, lequel habi-
tait Issoudun, et qui lui donnerait volon-
tiers l'hospitalité.
D'Issoudun h Valroger, avec une auto,
ce ne serait qu'une promenade quoti-
dienne, et
Chère Laurence, dit Régis, je vou-
drais vous mériter par d'autres travaux
que ce déplacement de rien.
Quant à Virgile, Il était déjà sur
place.
Et l'on célébrerait le mariage de Lau-
rence et de Calixte le même jour, à la
fin de juillet.
A cette époque, il n'y avait plus per-
sonne à Paris et se marier en province
faisait d'autant plus l'affaire du prince
que cela lui éviterait de convier à la
cérémonie le ban et l'arrière-ban de ses
parents, alliés et connaissances.
C'était assez qu'il se mésalliât sans
se donner, de surcroît, l'air de le crier
sur les toits.
Quant a Virgile, Il trouvait tont très
bien, étant encore étourdi de l'accepta-
tion de Calixte, ne cessant de se tâter
pour savoir s'il était bien éveillé.
Ce n'est pas possible, se disait-il,
je fais un rêve. C'est trop beau, Il va
m'arriver quelque chose.
C'est que Calixte était parfaite pour
lui.
Ayant pris son parti du sacrifice qui
lui était imposé, cette fille de l'enfer se
donnait en effet la comédie, en atten-
dant que les faits tournassent à la
catastrophe.
Elle avait commencé par Marc.
J'al réfléchi comme vous m'y avez
Invitée, lui avait-elle dit le lendemain
de leur algarade. C'est vous qui êtes
dans le vrai, Bon Ami. D'ailleurs maman
m'a convertie.
Vous consentez devenir Mme Ar-
rachelaine ?
Je vous répète, maman m'a décidée.
Je savais bien que votre mère
reviendrait d'elle-même sur ses Impres-
sions premières. Après tout, le beau
malheur pour une fille que d'épouser un
garçon qui l'adore et qui fera toujours
ses quatre fantaisies.
C'est ce que je me suis dit. Assu-
rément, ce n'est pas ce que j'avais
rêvé.
Qu'avlez-vous donc rêvé, Callxte
Aujourd'hui que je suis devant la
réalité, je ne sais plus. Mais je me
suis rendu compte que j'arrivais à un
moment de ma vie où je ne devSis plus
rêver.
Eh bten c'est parfait. Je suis
très content de votre mère et de vous,
Calixte, et je vous le prouvetjgl, en
attendant que vous me remerciiez d'lavoir
fait votre bonheur, peut-être un peu
malgré vons.
La-dessus, arborant son air le plus
sainte-nitouche, la jeune fille avait
embrassé le cousin avec effusion et la
concorde, une minute troublée, avait de
nouveau régné à l'hôtel de l'avenue
Kléber.
Cependant Marc n'avait pas été tout
à fait dupe de la soumission de Calixte
celle-ci s'était rendue trop vite elle
devait avoir une idée de derrière la tête,
dont c'était Virgile qui pâtirait.
Mais qu'importait Virgile à Marc
Virgile n'était-il pas seulement pour
lui l'héritier de ses anciens ennemis et
le chef d'une concurrence qui avait jadis
failli le ruiner et qu'il s'était promis de
s'annexer ?
L'heure était venue de réaliser ce
vieux rêve et Marc ne la laissa point
passer.
Dans son désir de se concilier* le mat-
tre de Valroger, le maître de Coque-
lourde était d'ailleurs venu le premier
au devant de lui.
Ses fiançailles consommées, ce fut
Virgile qui reparla le premier d'une
association dont le moins que l'on en
pût penser, une fois que les articles en
furent arrêtés, fut qu'elle était moins
un acte de société qu'une abdication
pure et simple du maître de Coque-
lourde entre les mains du maître de
Valroger.
Mme Arrachelalne n'avait point été
consultée, son fils lui ayant largement
remboursé sa part, mais en apprenant
du notaire qui avait rédigé les actes
la folie que venait de commettre Vir-
gile, cette vieille femme pleura, ce qui
ne lui était pas arrivé, malgré bien des
deuils subis, depuis qu'elle était petite
fille.
Faiblesse passagère.
Tout de suite elle se redressa, barre
d'acier qui peut ployer mais ne saurait
rompre.
Elle était déjà fâcheusement préve-
nue contre la jeune fille que son fils
avait choisie malgré elle.
Dans son Idée, si Virgile s'était enti-
ché de cette créature de Valroger, c'est
qu'U était tombé dans un traquenard
tendu par leur ancien ennemi DurtaL
Ce fait de l'association semblant lui
donner raison, ses préventions devin-
rent, du coup, une de ces haines sans
pardon qui ne se satisfont que par la
mort de l'adversaire.
Car elle voulut voir l'influence de sa
future bru dans l'audacieuse manœu-
vre qui du jour au lendemain, rendait
Coqaelourde vassal de Valroger.
Elle avait tort
Calixte était bien loin d'avoir encou-
ragé l'amour de Virgile et elle était
demeurée fort Ignorante des agisse-
ments de Marc. celui-ci ayant recom-
mandé le silence à Virgile.
Laissons les femmes en dehors de
nos affaires, n'est-ce pas ?
Et Virgile n'avait eu garde de lui
désobéir.
N'importe, sa mère, Mme Veuve,
comme on l'appelait, ayant sa convic-
tion faite, n'en démordit plus.
Mais
Chacune aura son tour, je me le
suis déjà promis, se dit-elle. Seulement,
pour que mon tour vienne, Il faut que
je sois désormais plus dissimulée
qu'un sauvage.
Elle avait toujours été une femme
haute à la main, qui avait régné à la
façon d'un despote sur tous ceux qui
l'entouraient.
Lorsque son fils lui avait narlé de son
amour pour Calixte, elle avait dit non
d'abord, pour les raisons que Virgile
avait précédemment développées à Marc
Durtal.
Dominé par sa passion, ce garçon,
jusqu'à ce moment soumis, avait alors
arboré si énergiquement l'étendard de
la révolte, que cela lui avait donné à
réfléchir.
Elle voulait avoir finalement raison.
Puisqu'elle ne pouvait empêcher ce
mariage détestable de se faire, eh bien 1
elle le déferait, voilà tout.
Elle ne pouvait combattre en face et
au grand jour ?
Soit 1 telle vralncralt autrement, en se
tenant dans l'ombre et en faisant usage
de toutes les armes, même les plus
perfides.
Caractère entier, esprit assez borné,
elle ne voyait rien au delà dé sa haine
satisfaite.
Que le malheur de son fils en résul-
tat, elle n'y pensait pas.
A son sens, un homme n'a pas à être
heureux avec une femme qui n'est pas
faite pour lui.
Le jour où elle lui ferait voir clair.
s'il en souffrait elle lui répondrait
Pourquoi ne m'as-tu pas écoutée ?
De sorte que le jour où Virgile lui
amena Olympe et Calixte afln que ces
dames fissent connaissance, ce fut avec
froideur qu'elle les reçut mais lors-
qu'elle revit son fils
Pardonnez-moi, Virgile, lui dit-
elle, si jusqu'ici je vous ai quelquefois
fait du chagrin en parlant mal de Mme
de Lanno.v et de sa Bile. Je ne les
jugeais que sur des racontars imbé-
ciles. La vérité est que Mlle Calixte
est délicieuse et sa mère charmante.
Parbien 1 s'écria le brave garçon
tout transporté d'étonnement et d'aise,
voilà, bien sûr, un des plus beaux jours
de ma vie Ah je ne m'attendais pas
A ça, mais vous ne pouvez pas vous
figurer, maman, le plaisir que vous me
faites.» C'est vrai que vous trouvez
Calixte délicieuse ?.. Bien vrai ?.-
Al-je donc l'habitude de mentir
contre ma pensée ?
Pour ça, non I Et même que, votre
pensée, vous ne la mâchez pas assez,
bien souvent, avant de la jeter au nez
des gens t Alors, vous approuvez {non
choix, à présent ?
Mme Veuve sourit
Je le comprends du moins. Pour
l'approuver, laissez-mot le temps de con-
nattre un peu mieux celle qui doit deve-
nlr ma fille.
Le simple garçon eut les larmes aux
yeux.
Votre fille I Vons avez bien dit ça,
maman, et je vais voir maintenant l'ave-
nir en rose au lieu de le voir en noir I
Ah 1 nom d'un chien 1 que je suis
content Puisque vous y mettez tant
de bonne volonté, vous verrez comme on
sera heureux Tous ensemble, bien
serrés les uns contre les antres, on
fera la nique au malheur, si jamais il
mettait le nez à la porte Mais pour
quoi le malheur viendralt-Il nous visi-
ter ? Il n'y a pas de raison. Coque-
lourde, allant désormais la main dans
la main avec Valroger, va connattre
une prospérité qu'il n'a pas encore
connué.
Virgile était si plein de son sujet
qu'il ne remarqua pas l'expression tra-
gique dont se revêtait alors le visage
de sa mère, et il continua
.Et puisque vous voilà partie pour
être gentille avec ma femme, qui, elle,
est un ange de douceur, je me demande
un peu quelle prise nous pourrons don-
ner au mauvais sort ?
,Et l'innocent Virgile poursuivit, tan·
dis que les traits de sa mère repree
naient leur Immobilité froide.
{A. tvivre.)
par l'approvisionnement de Paris en
eau; à la Monnaie, M. Georges Lalou,
homme d'esprit et de talent, l'un des
meilleurs orateurs de l'Hôtel de
Ville, ancien rapporteur général du
budget de la Ville de Paris; au Roule,
M. Georges Guillaumin, ancien bâton-
nier voici enfin, à l'Europe, M. César
Caire; à Sàint-Georges, M. Pierre
Godin, qui fut directeur du cabinet
civil de M. Clemenceau pendant la
g u e r r à la Chaussée d'Antin,
M. Oudin, dont l'assemblée a récem-
ment fêté ses vingt-cinq ans de man-
dat à Sainte-Marguerite, M. Chausse
qui, siégeant à l'Hôtel de Ville depuis
1893, suivit de très près toutes les
questions intéressant l'enseignement
et le monde du travail.
Quelques candidats
M. Georges Lemarchand, président
sortant du conseil municipal, que, à
cause de son érudition administra-
tive, on a surnommé « le bénédictin
de l'Hôtel de Ville », se représente
à Notre-Dame, quartier qui l'a élu
en 1908 et qui, selon toute vraisem-
blance, le réélira sans difficulté.
M. Lemarchand rencontre M. Maurin,
socialiste, et un communiste.
Voici, sur la'rive gauche, M. Fleu-
rot, président sortant du conseil
général, qui contribua à l'organisa-
tion de l'exposiliton de Vincennes et
qui, en 1925, fut élu au premier tour.
M. Aucoc, syndib du conseil muni-
cipal, se représente à Gaillon avec
les plus grandes chances de succès.
De même, dans ce quartier de haut
commerce qu'est la place Vendôme,
M. Lefébure semble-t-il devoir aisé-
ment triompher.
A Saint-Ambroise, ancienne cir-
conscription de Charles Floquet,
M. Lallement est combattu par
M. Albert Fournier, ancien député
communiste.
Signalions encore les candidatures
à l'Ecole militaire, de M. de Castel-
lane, président du groupe sportif au
conseil municipal à Rochechouart,
de M. René Lambert, rapporteur du
budget de la garde républicaine; à
Saint-Vincent-de-Paul, de M. Beaud,
vice-président du conseil général
à la Folie-Méricourt, de M. René
Fiquet, ancien vice-président du
conseil municipal de M. Rafignon, à
la Porte-Saint-Dente de M. Ernest
Gay, à la Porte-Dauphime; de
M. d'Antiigné. à la Muette; de M. Léon
Rîotor, à Saint-Gervais dans le
quartier des Archives, de M. Georges
Ory, radical socialiste, attaché à la
direction des affaires commerciales
et industrielles au ministère du
Commerce; de M. Pierre Kraemer-
kaihe, aux Bat%nolles. Remarquons,
enfin, la position très favorable de
M. François-Latour, rapporteur gé-
néral du budget de la Ville de Paris,
à Montparnasse; de M. Fiancette, qui
joue au conseil municipal le rôle
émihent que l'on sait et qui est rap-
porteur du budget du département
au conseil général, dans le quartier
du Combat; de M. Luquet, à Belle-
ville.
Une offensive féministe
L'un des traits saillants de la
campagne municipale à Paris, le plus
saillant peut-être, réside dans la
véritable offensive à laquelle se
livrent les féministes. Elles ont cou-
vert les panneaux d'une carte-
affiche montrant que la France, le
Portugal, l'Albanie, la Grèce et la
Bulgarie, nations attardées, seules
en Europe, n'admettent pas les fem-
mes à voter. De plus, deux d'entre
elles, toutes' deux socialistes S.F.I.O.,
Mlles Simone lVegler, à Saint-Avoie,
et Eve Bernard, à Notre-Dame,
affrontent crânement et. vainement,
puisque les bulletins portant leur
nom ne seront pas attribués, le suf-
frange populaire. De surcroît, une
vingtaine peut-être de candidats
hommes n'ont, pour tout programme,
que celui des revendihations fémi-
nistes.
L'un de ces fervents de la cause
suffragiste, M. Paul Bouissou, qui se
présente aux Grandes-Carrières, ne
craint pas d'affirmer qu'il est non
seulement féministe, mais encore
sptrite.
Les conseillers communistes
Les conseillers communistes ont
atteint, à l'Hôtel de Ville, un effectif
relativement imposant qui, semble-
t-il, se trouvera sensiblement réduit
après les élections. Ils sont, en tout
cas, l'objet de vives attaques, qu'il
s'agisse de M. Renault à la Roquette
de M. Louis Sellier à la Goutte-d'Or;
de M. Garchery, que combat, à
l'i'cpus, M? Orry, ou encore de
M. Colly, quil a derrière lui une
longue carrière.
A lu Santé, quartier qui élit suc-
cessivement MM. Badma, Marty,
M Mol, fivalidés, et Crémet, disparu,
M. Delsol présente son gendre,
M. Bardet. Sont encore sur les rangs:
MM. Prade, concentration républi-
caine Mettas, radical socialiste
Georges Barthélemy, ancien député
du Pas-de-Calate, républicain socïa-
liste Pivert, socialiste S. F. I. O., et
Arrighi, communiste.
Lutte assez vive encore au Val-
de-Grâc-e, où M. Robert Bos, le ben-
jamin du conseil municipal, radical
socialiste, défend son siège surtout
contre M. Taulemon, soutenu par les
ligues nationales, et aux Champs-
Elysées, où M. Le Provost de Lau-
nay est mis en péril par M. Raoul
d'Arnaud, candidat des grandes asso-
ciations nationales, et par M. Chas-
saigne-Goyon, député.
Ajoutons, en terminant, que M. Ro-
baglia, ancien président dü conseil
générat, qui échoua au dernier
renouvellement législatif, tetuè do
conquérir dans le quartier du Petit-
Montrouge le siège municipal détenu
par M. Delsol, élu député, lequel ne
se représente pas.
Une conférence
-pu ministère des Finances
au sujet des prestations en nature
Une importante conférence, à laquelle
assistaient MM. Painlevé, Loucheur et
Forgeot, s'est tenue hier soir au minis-
tère des Finances, sous la présidence de
M. Henry Chéron.
Cette réunion avait pour but d'exa-
miner toute une série de questions con-
cernant les prestations en nature.
Le comité exécutif
du parti radical
envoie une adresse à M. Herriot
Le bureau du comité exécutif du parti
républicain radical et radical socialiste a
adressé à M. Herriot l'expression de ses
vœux affectueux à l'occasion du vingt-
cinquième anniversaire de son entrée
dans la vie politique.
APRES LE ler MAI
A la suite des arrestations préventives
effectuées par la police le jour du
mai, une dizaine de communistes ont été
envoyés au dépôt pour des délits divers.
Il est probable qu'après l'interrogatoire
du juge, d'instruotion ils seront mis en
liberté provisoire.
Parmi les étrangers arrêtés, cinq ont
été envoyés également au dépôt: quatre
pour infraction à un arrêté d'expulsion,
le cinquième en vertu d'un mandat
d'arrêt. Six autres sont retenus pour
enquête.
Plusieurs des étrangers remis en li-
berté vont faire l'objet d'un arrêté
d'expulsion.
SOUPÇONNÉE D'ESPIONNAGE
une jeune Suissesse
n'était coupable que de vol
Une jeune fille de vingt et un ans,
Mlle Marthe Tanner, de nationalité
suisse, entrée au début d'avril en qua-
lité de vendeuse au service d'une mar-
chande de chaussures, Mme D. établie
rue d'Amsterdam, vient d'être arrêtée
pour vol commis au préjudice de sa
patronne. Un moment on avait cru que
Marthe Tanner, sur qui, lors de son
arrestation, on avait trouvé une sorte
de questionnaire en blano, était une
espionne. Mais le service des renseigne-
ments généraux que dirige M. Périer, et
qui avait été saisi par M. Legrand, com-
missaire du quartier Saint-Georges,
ayant établi que le questionnaire ne
rimait à rien, Marthe Tanner ne sera
poursuivie que pour vol.
La Fédération nationale
des syndicats de fonctionnaires
et la revalorisation des traitements
La Fédération nationale des syndicats de
fonctionnaires nous communique
Considérant les instructions que vient
de donner le gouvernement pour la ré-
partition des 500 millions affectée à la
revalorisation des traitements
Le bureau de la Fédération des syndi-
cata de fonctionnaires, sans attendre la
réunion de sa commission exécutive et de
son prochain congrès, qui seront saisis
de ce problème, s'élève énergiquement
D'une part, contre la rupture au détri-
ment des instituteurs et des institutrices
des parités précédemment établies par les
commissions de traitement, ce qui serait
de naturel nuire considérablement au
bon recrutement du personnel de l'ensei-
gnement primaire
D'autre part, contre l'insuffisance du
relèvement de certaines catégories, notam-
ment des dames employées, insuffisance
qui aboutit en réalité à un déclassement
Déclare également inadmissible qu'au
moment où le coût de la vie ne cesse
d'augmenter, le gouvernement n'ait rien
prévu dans son projet de répartition, ni
pour le relèvement du traitement mini-
mum qui reste fixé à 8.000 francs, ni
pour une augmentation plus sensible et
plus juste des traitements de base des
autres catégories
Affirme à nouveau la nécessité
1* d'un relèvement de crédits pour le
redressement des parités et des insuffl-
sances de traitement 2° de la constitu-
tion d'une commission ayant le mandat
d'examiner le problème d'ensemble de la
rémunération des fonctions publiques et
d'assurer, sous le contrôle du gouverne-
ment et du Parlement, la répartition des
crédits qui y seront affectés.
Les traitements des instituteurs
Le bureau du syndicat national dea Insti-
tuteurs s'est occupé de la question de la
revalorisation des traitements. Après avoir
constaté que seuls, parmi toutes les caté-
gories de l'Université, les instituteurs pri-
maires furent déclassés.
Il s'étonne qu'après les déclarations du
président du Conseil sur le maintien des
parités de le ministre des Finances ait
cru devoir rompre l'équilibre uu classement,
uniquement au détriment de l'enseignement
primaire élémentaire. Il estime qu'il y a la,
une menace grave pour le recrutement des
instituteurs et pour l'avenir de l'école laïque,
le service de l'enseignement primaire exi-
geant un personnel sélectionné,
Décide d'en appeler Immédiatement au
président du Conseil, aux ministres des Fl-
uances et je l'Instruction publique, »
Un congrès extraordinaire se tiendra le
1S mal, qui aura A prendre, sur cette ques-
tion, toutes décisions nécessaires.
Les traitements du personnel
civil du ministère de la Guerre
Réunis en assemblée extraordinaire, les
commis d'administratlon, expéditionnaires et
dames sténo dactylographes du ministère de
la Guerre ont voté un ordre du jour récit-
mant que leurs traitements de 1914 soient
multipliés par le coefficient 4 Il compter
du Juillet prochain, de façon que tes
commis aient un traitement de 21.640 francs,
et les expéditionnaires et dactylos un traite-
ment de 18.000 francs.
SOUS LA TOUR GÉANTE
M. Germain-Martin
inaugure le buste
de l'ingénieur Eiffel
L'ingénieur Gustave Eiffel, le génial et
audacieux constructeur à qui l'on doit,
entre vingt autres ouvrages hardis et
gigantesques, la fameuse tour qui porte
son nom. a, depuis hier, son buste à
Paris.
Erigé sous le pilier nord de la tour, le
buste a été inauguré hier après-midi par
M. Germain-Martin, sous-secrétaire d'Etat
des P. T. T.
C'est le grand artiste Bourdelle qui
a modelé les traits énergiques du célè-
bre ingénieur français.
La colonne qui supporte le'buste en
bronze doré et le monument qui l'en-
toure sont dus aux architectes Perret et
Granet.
Devant Mmes Salles-Eiffel, Picelant, Le
Grain et M. Albert Eiffel, enfants et
petits-enfants du grand constructeur, la
général Ferrié, de l'Institut M. Guillet,
directeur de l'Ecole centrale M. Le-
marchand, président du conseil munici-
pal de Paris, évoquèrent, tour à tour. la
vie et les œuvres de Gustave Eiffel.
NI. Germain-Martin prit la parole en
dernier. C'est pour rappeler d'abord l'in-
vention qui permit à Eiffel de construire
la tour qui, depuis l'exposition de 1889
fait partie Intégrante du paysage pari-
sien.
En 1869, dit-il, Eiffel substitue de
grands caissons triangulaires, en fer,
aux colonnes de fonte des piles de pont.
Il est préoccupé d'alléger le poids de la
matière, de diminuer les surfaces sur
lesquelles s'exercera la pression du vent.
Il livre le passage au redoutable adver-
saire qui, désormais, glissera au travers
des entretoises et des croisillons. L'en-
semble de l'œuvre offrira des milliers de
nervures et sera comparé au réseau de
fils d'une dentelle délicate. Le style
d'exécution de la tour Eiffel est désor-
mais trouvé.
Le sous-secrétaire d'Etat expose ensuite
le rôle considérable joué par la tour
pendant la guerre et depuis.
Pendant la guerre, son rôle fut consi-
dérable. Non scnlement on établit des
communications à longue distance qui
permirent la diffusion des communiqués
journaliers du grand quartier général,
connues ainsi de toutes les nations bel-
ligérantes, mais encore on put obtenir
des renseignements d'une grande impor-
tance grâce à des procédés d'écoute des
informations données par les postes
radioélectriques des ennemis.
La téléphonie devait à son tour
avoir le bénéfice des installations du
Champ-de-Mars. A la tour Eiffel eut
lieu, en 1915. la première tentative
d'écoute d'émissions radiotéléphoniques
faites en Amérique. En 1916, un poste
complet de radiotéléphonie y fut établi,
puis transporté au Bourget. On put ainsi
transmettre des ordres et des renseigne-
ments aux avions chargés de la défense
aérienne de Paris. Après la guerre, la
tour devint, en 1921, le premier poste de
radiodiffusion d'Europe.
Et M. Germain-Martin, très applaudi,
conclut en ces termes
Les services rendus par la tour Eiffel
à la nation ne sont plus discutés. Leur
simple énumération est le meilleur hom-
mage que l'on puisse offrir pieusement
à la mémoire l'Eiffel, qui, en construi-
sant cet édifice, accomplit un acte de foi
dans la science et dans l'avenir du pays.
Désormais, grâce aux émissions radio-
électriques, du sommet de la tour s'élève
la voix de la France, aveo une puissance
de rayonnement incomparable.
TROIS INTERPELLATIONS
A PROPOS DU 1" MAI
M. Albertin, député socialiste des Bou-
ches-du-Rhône, vient d'aviser le ministre
de l'Intérieur qu'il l'interpellerait dès la
rentrée de la Chambre sur les mesures
de police prises à Paris à l'occasion du
mai. et notamment sur l'arrestation
préventive de plus de 3.000 manifestants.
D'autre part M. Henri Guernut, député
de l'Aisne, a fait connaître au président
de la Chambre, son intention de repren-
dre, dès la rentrée, la demande d'interpel-
lation qu'il avait déposée l'année dernière,
et dont la discussion avait été ajournée,
sur les arrestations préventives et le
droit de réunion.
Arreter comme on l'a fait hier des ora-
teurs ou des citoyens qui se rendent i un
meeting, équivaut en fait, écrit M. Guernut,
à supprimer la liberté de réunton, expres-
sément inscrite dans le droit républicain.
M. Guernut demandera à la Chambre
d'ordonner cette fois la discussion toute
prochaine de son interpellation.
Enfin, M. Ernest Lafont, député des
Hautes-Alpes, a également annoncé à
M. Fernand Bouieson son intention d'in-
terpeller le président du Conseil sur les
mesures prises par le gouvernement à
l'occasion du mai.
A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
L'exposition de l'histoire
de l'ordre souverain
de Malte
Pour la plupart des esprits, l'ordre de
Malte n'éveille que des souvenirs histo-
riques, et si l'on sait qu'il fut fondé au
xi* siècle, on oublie généralement» qu'il
existe encore. Il est vrai que, après avoir
été une association fameusement mili-
tante. et militaire, il demeure, aujour-
d'hui, une institution surtout honorifique
avec sa hiérarchie, ses titres et ses pré-
séances, à quoi commande Son Altesse
Eminentissime le prince grand magistère
de l'ordre.
Or, hier, dans les salles de la Bibllo-
tèque nationale, obligeamment prêtées
par M. Roland-Marcel, administrateur, une
exposition de l'ordte souverain de Malte
a été Inaugurée, exposition organisée
sous le haut patronage de M. Doumer-
gue, président de la République, bailli
grand-croix de l'ordre, et de S. A. Em. le
grand magistère.
C'est à M. Justin Godart, ancien minis-
tre, bailli grand-croix au comte Michel
de Pierredon, ministre plénipotentiaire
de l'ordre en France. et M. Robert
Chauvelot, chevalier, que l'on doit la
réunion des trésors et des reliques qu'ils
sont allés chercher en grande partie à
Rome, où réside actuellement le grand
magistère.
L'on peut voir les Rêgaux qui sont les
attributs de la souverainneté le sceau
d'or, le collier du grand-maître, les insi-
gnes en diamant et surtout la couronne
souveraine.
Voici l'estoc, ou épée de la religion,
mesurant plus de deux mètres de haut,
offert en 1775 par le pape Pie VI au
grand-maître de Rohan, et qui est une
merveille d'or ciselé. Voici un poignard,
le piléo, chapeau de velours rouge aveo
colombe de Saint-Esprit brodée en perles
fines, des costumes anciens et des sou-
brevestes. Voici un manipule aux attri-
buts de la Passion, l'armure d'un che-
valier et le drapeau de l'ordre, des auto-
graphes princiers, des reliquaires et des
enluminures représentant la puissante
flotte des galères de l'ordre à laquelle
appartint le bailli de Suffren. Voici enfin
une magnifique épée à la garde d'or,
orfévrée d'émaux que prêta le musée du
Louvre..
A chaque pas, le visiteur s'étonne ou
admire, et ce n'est pas le tableau de
M. Beltran Massés qui lui cause le moins
de surprise. Ce tableau représente «le
passé et le présent de l'ordre de Malte ».
On y voit, à l'ombre d'une grande croix
centrale et flanquant un chevalier en
armure, M. Justin Godard et le comte de
Bonneval, président de l'association fran-
çaise des chevaliers de Malte, S. A. Em. le
prince régnant, le comte de Pierredon,
le comte E. de La Rochefoucauld et
M. Robert Chauvelot, tous parmi des
cancéreux et des lépreux.
C'est un tableau allégorique. L'exposi-
tion est, en effet, organisée au profit du
pavillon des lépreux de l'hôpital Saint-
Louis ce qui lui assure, en dehors de
son intérêt rétrospectif, l'attrait d'une
action généreuse à quoi chacun voudra
participer. L. L.-M.
UN NOUVEL INTERROGATOIRE
DE M. KLOTZ
En KTenant de Fretnes, M" Torrès et Joly
tout tamponnés par M camion
Un nouvel interrogatoire de M. Klotz
a eu lieu hier à la prison de Fresnes.
M. de Centile, juge d'instruction, avait
à lui demander des explications au sujet
de la remise à M. Mathey, industriel,
d'un chèque sans provision de 14.000
francs.
M. Klotz a déclaré au magistrat que
son entrée à ta maison de santé de da
Malmaison avait été l'unique cause du
retard apporté au règlement de ce
chèque.
Du reste M. Mathey a été, depuis, dé-
sintéressé.
Ce voyage de Fresnés a failli se ter-
miner de façon tragique pour les deux
défenseurs de l'ancien ministre des Fi-
nances, M" Henry Torrès et Joly. Comme
Ils rentraient à Pans, leur voiture, en
franchissant la porte d'Orléans, fut
tamponnée par un camion. Assez forte-
ment contusionnés, les deux avocats ont
pu cependant regagner leur domicile.
La cour de cassation
rejette le pourvoi de Mm° Vallé
condamnée à mort à Versailles
La chambre criminelle de la Cour de
cassation a rejeté le pourvoi de Mme
Vallé, condamnée à mort, le 23 février,
par les assises de Seine-et-Oise, pour
avoir, de complicité avec son mari, assas-
siné son amant, le cultivateur Demaret.
Le mari, condamné aux travaux forcés
à perpétuité, s'était aussi pourvu et son
pourvoi a été également rejeté.
LES "COMPAGNONS DU TOUR DE FRANCE" AU "PETIT PARISIEN"
A l'issue de la cérémonie de la pose
de la première pierre de la Maison de
la mutualité, une délégation des diverses
corporations des Compagnons du Tour
de France », sous la conduite de Mo G.
Vachot, du groupe des imprimeurs, est
venue rendre visite au Petit Parisien.
Pour la circonstance, les Compagnons, qui
s'enorgueillissent à juste titre de pour-
suivre l'oeuvre d'éducation morale et pro-,
feesionnelle de l'ouvrier entreprise par-
les vieilles corporations, avaient arboré
leurs écharpes brodées plusieurs fois
centenaires.
Ils ont pu constater, par l'accueil qui
leur a été fait, que le Petit Parisien était
tout acquis à l'intéressante cauee compa-
gnonnique.
NOS ÉCHOS
Aujourd'hui
La flamme du Souvenir sera ranimée par le
Cérémonie religieuse Messe de Requiem du
Souvenir français, 10 h. 30, Notre-Dame.
Congrts Cinéma français, 9 h., 00, rue Des-
reiiaudes.
Quatre-vingt-dlx-neuTlème anniversaire de la
Bibliothèque polonaise, 14 h. 15, S, quai
d'Orléans.
Le chosur tchèque Bakult Paris Concert,
21 heures, Conservatoire.
Expositions Salon de Grand Palais.
Salon des humoristes, Palais de Glace.
Arts suédois, Tuleries (salle du Jeu de
Paume), Le Nouveau Salon, i7, avenue
des Champs-Elysées. Reliures ancien-
nes, cercle de l'Union artistique. Salon
des artistes de Paris, palais de Bagatelle.
Société artistique et littéraire des
agents du P.-L.-M., 19, rue Traversière.
Histoire des chevaliers de Malte (au pro-
fit des lépreux de l'hôpital Saint-Louis),
10 h. et M h., Bibliothèque nationale. Car-
tonnage, reliure et brochure, 117, boule-
vard saint- Germain..
Ventes de charité Au pront du prévento-
rium de Louise de Beulgnies, U heures,
salle Hoche. Appui maternel (œuvre des
hôpitaux), 14 heures, 15, rue du 4-Septem-
bre.
Réunion d'anciens combattants et 35O«
R. L, 20 h, 30, 3, boulevard de Sébasto-
pol.
Réunion* Union des assistés obligatoires et
hospitalisés de la Seine, 20 h., boule-
vard de l'Hôpital. Ligne française pour
le droit des femmes, h. 30, Il, rue
d'Argenteuil.
Meeting de l'Association défensive des com-
merçants parisiens, u h. 30, salle Wa-
gram.
Cours et conférences: '.NI. Délaye Le
drame du Jutland b., 27, rue du
Sommerard. Cours de théosophie, 20 h. 45,
rue de l'Abbé-de-J'Epée. Dr P. Gul-
rand « Syndromes hêpato-encéphaliques,
f0 h. 20, hôpital H.-Boussel, 1, nie Cabanis.
l'êtes, concerts, bals. Au profit de l'Ami-
cale des artites peintres, sculpteurs et
graveurs, 21 heures. Magic-Clty. FAte du
muguet, 21 h., Palais d'Orsay.
Championnat International de danses mo-
dernes salle Bullkr.
Dlner Cercle Arts et Lettres, 19 h. 45.
Courses à Maisons-Laffltte, & 14 heures.
T. S. F. Jazz au poste du Petit Parisien.
Festival Beethoven (Radio-Paris).
Diffusion de la soirée organisée a 1a Sor-
bonne sous les auspices de l'ambassadeur
de Belgique (Paris-P. T. T.). Mademot-
selle de la Seiglière (Lille-P. T. T.). Le
Crépuscule des dieux, de Wagner (Da-
vcutry expérimental). Voir au Courrier
des amateurs.
M. Briand a reçu MM. Phys Vilitavong
Vudhikrai, ministre de Siam à Paris
Bitemoded Gueatcheou, nouveau ministre
d'Ethiopie, qui lui a présenté copie figu-
rée de ses lettres de créance, et Laho-
vary, président du Conseil diplomatique
au ministère des Affaires étrangères de
Roumanie.
André Bailly et sa famiLle, dans l'im-
possibilité matérielle de répondre indi-
viduellement aux félicitations, prient
leurs amis de trouver ici l'expression de
leur très vive gratitude.
A l'occasion de la fête nationale rou-
maine du 10 mai, jour où sera célé-
bré également le dixième anniversaire de
la constitution de la Grande Roumanie,
un Te Deum sera chanté à il h. 30 en
l'église roumaine, 9, rue Jean-de-Beau-
vais.
M. Diamandy, ministre de Roumanie
à Paris, recevra la colonie roumaine à
4 heures 30 à l'hôtel de la légation
roumaine, 124. avenue de Wagram.
ON A'E VOIT PAS LA FIN du col
demi-souple • KOLFRAY ». Très élé-
gant, tres pratique. Prix 6 francs,
aux « 100.000-CHEMISES D, 69, rue
L&fayette et succursales à Parle, Lille.
Tout Paria est actuellement vivement
Intéressé et surpris par une jolie tête
de femme apposée sur certains emplace-
ments d'affichage. C'est la reproduction
exacte d'un dessin original du grand
artiste Van Dongen.
La délicatesse de coloris remarquée
sur ce dessin peut être obtenue par toute
femme soucieuse de sa beauté en em-
ployant le RouGE RoYAL 1929 de Violet,
pour les lèvres et pour le tent, garanti
inoffensif et indélébile, qui a été utilisé
par Van Dongen pour obtenir cee tein-
tes harmonieuses.
NECROLOGIE
M. Paul Cormier, administrateur de
la compagnie du Nord, est mort subi-
tement hier matin dans un train en par-
tance pour Tergnier-
M. Cormier, qui demeurait 5, rue de
l'Alboni. était Agé de soixante-dix-neuf
ans.
La propreté dans votre
bouche comme dans
votre maison
Les dents mal soignées sont cause
de bien des maladies, on n'y prend
pas assez garde. La propreté doit
régner non seulement dans votre
maison, mais plus encore dans votre
bouche. ;Là se ;donnent rendez-vous
tous les microbes, vos ennemis, aux-
quels la Science prête des noms
redoutables. C'est par là qu'ils en-
trent dans votre corps, de là qu'ils
iront répandre le mal dans l'orga-
nisme entier. Il faut brosser vos
dents, comme vos habits, avec plus
de soin encore, pour défendre votre
santé.
A ce prix, et à condition que vous
choisissiez la brosse à dents qui con-
vient, vous tiendrez vos dents à l'abri
de toute infection. Utilisez pour ces
soins quotidiens la brosse "Eléphant".
Sa marque est une garantie de bonne
fabrication. Son manche bien en
main et ses soies longues et résis-
tantes assurent un nettoyage rapide
et complet des dents et de la bou-
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LE PRINCE' SIXTE DE BOURBON
EST ARRIVÉ HIER II PARIS
Il vient de faire kilomètres
en camionnette entre l'Algérie
et le Congo
Le prince Sixte de Bourbon n'est point
de ces voyageurs qui ne se satisfont,
pour leurs randonnées, que de confor-
tables limousines ou de sleeping-cars.
S'il vient de franchir 11.500 kilomètres
pour établir la nouvelle liaison directe
d'Algérie au Congo, c'est en camionnette
-une Delahaye-Duplop qu'il l'a fait.
Il ne s'en porte d'ailleurs pas plus mal.
Excellent voyage, nous disait-il
hier, peu après son arrivée à Paris, où,
sur le quai de la gare de Lyon, l'avaient
reçu de nombreux amis. Ce mode de
locomotion est d'une régularité parfaite.
J'avais fixé mon retour pour le 1" mai.
J'arrive le lendemain. Et tout a merveil-
leusement marché.
Sans doute, ajoute-t-Il, ai-Je connu de
durs moments. Nous nous sommes éga-
rés dans le sable et nous dûmes n'avan-
cer longtemps qu'à la boussote. Mais
cela n'est rien. L'essentiel est que ce
long parcours puisse nous être de quel-
que utilité. A ce titre, je crois que je
n'aurai pas travaillé en vain.
Ce qui semble importer avant tout,
c'est la création d'une ligne aérienne
directe de l'Algérie au Congo, soit par
la ligne classique d'Adrar et de Beni-
Abbè6, qu'on est d*ailleurs en train
d'équiper, soit par le tracé mauritanien,
soit par la route que j'ai empruntée et
qui joint le Congo par le Tchad. Celle-ci
me paraît être la meilleure, d'autant
que les points d'eau y sont nombreux,
que sa partie désertique ne mesure que
700 kilomètres et qu'on y trouve des
terrains propices a l'atterrissage. J'ajou-
terai que les tribus touareg sont des
lus bienveillantes à notre égard, comme
J'ai souvent pu en faire l'expérience.
Le prince nous parle encore de l'ur-
gente nécessité du transsaharien
Il faut, conclut-il, que notre empire
africain ne forme plus qu'un bloc. C'est
à ce moment seulement que nous pour-
rons en comprendre et en utiliser ration-
nellement tous les avantages.
Les
Vendredis maigres
de Lustucru
Coquillettes aux crevettes
(Pour 4 p«rioaac>)
1* La garnlture Uécortiquez lef
queues de 250 grammes de crevette*
grises. Pilez au mortier, avec un poidf
égal de beurre, les carapaces de ces cre
vettes. Mettez cette composition à fondn
au bain-marie; puis, lorsqu'elle est biex
fondue, versez-la, en la passant, sur unq
terrine remplie d'eau glacée. Lorsque If
beurre de crevettes s'est bien coagulé
la surface de l'eau, retirez-le et prenez..
le. (Co beurre de crevettes peut être uti-
lisé pour finir un grand nombre de sau.
ces et de garnitures maigres). Liez les
queues de crevettes de quelque cuille-
rées de béchamel faites bien chauffer.
Beurrez ce ragoût avec le beurre de cre-
vettes. Assaisonnez bien ajoutez deux
cuillerées de cognac flambé.
2° Préparez 250 grammes de coquil-
lettes Lustucru à l'italienne (cuites il.
l'eau salée, égouttées, liées de fromage
râpé et de beurre, bien assaisonnées).
Dressez les coquillettes dans une timbale
en les alternant par couches, aveo le
ragoût de crevettes, Prosper Montagne.
Nota. Pour avoir toute satisfaction d*
cette recette, préparez-la avec des Pàtet
Lustucru, qui contiennent vraiment des
œufs frais. Vous les trouverez partout,
sous toutes leurs formes nouilles, ma*
caronis, coquillettes, nouillettes, vermt.
celle, faveurs, tortillons, cornets, avion».
l.'INIMITAB
(Biscuit^
Amusant ti insfrucUf. lii (
30. Feuilleton du Petit Parisien,
La Douleur
de Vivre
GRAND ROMAN INÉDIT
par
René VINCY
DEUXIEME PARTIE
LES MASQUES ET LES VISAGES
III (suite)
Fille damnée! 1
Oui, laisse-moi, mon enfant, je ne
tiens plus. murmura Olympe.
Sa fille l'embrassa.
Reposez-vous. Dormez tranquille.
Tout à l'heure, je verrai notre bon ami
Marc et je l'étonnerai par ma docilité
à me rendre à ses désirs. Il s'est tou-
jours montré si bon pour nous, ce cher
cousin, que c'est bien le moins que je
lui fasse plaisir dès que ça ne me coûte
rien
Et elle s'en alla en riant d'un rire
atroce.
Morne et blême, Olympe l'avait regar.
dée partir, et elle murmura pour elle
seule, peut-être touchée par un pressen-
timent funèbre
Je connaissais mal CatUte. Cette
enfant est effrayante. Elle me ven-
gera de mes longs mécomptes en se ven-
geant pour elle-même, mais. j'ai peur
qu'elle ne se venge trop bien et que cela
ne se retourne contre elle.
Copyright by René Vlncy 1929. Traduc-
«on Et reproduction interdites en tous payi.
Le grand jour était venu.
Olympe frissonna du frisson qui nous
prend au matin après une nuit blanche.
Elle se mit au lit elle était glacée.
Pourvu, répéta-t-elle, que Calixte
ne soit pas elle-même victime.
Elle s'endormit d'un sommeil fiévreux,
traversé de cauchemars terrifiants.
IV
Le temps béni des fiançailles
Tout le monde étant d'accord si
cela pouvait s'appeler être d'accord
Marc Durtal décida que l'on partirait
sans autre délai pour Valroger, où Lau-
rence, comme Calixte, vivraient le
temps de leurs fiançailles.
Le prince de Monbars s'était fort h
propos rappelé lm de ses cousins, le
comte de Château-Renaud, lequel habi-
tait Issoudun, et qui lui donnerait volon-
tiers l'hospitalité.
D'Issoudun h Valroger, avec une auto,
ce ne serait qu'une promenade quoti-
dienne, et
Chère Laurence, dit Régis, je vou-
drais vous mériter par d'autres travaux
que ce déplacement de rien.
Quant à Virgile, Il était déjà sur
place.
Et l'on célébrerait le mariage de Lau-
rence et de Calixte le même jour, à la
fin de juillet.
A cette époque, il n'y avait plus per-
sonne à Paris et se marier en province
faisait d'autant plus l'affaire du prince
que cela lui éviterait de convier à la
cérémonie le ban et l'arrière-ban de ses
parents, alliés et connaissances.
C'était assez qu'il se mésalliât sans
se donner, de surcroît, l'air de le crier
sur les toits.
Quant a Virgile, Il trouvait tont très
bien, étant encore étourdi de l'accepta-
tion de Calixte, ne cessant de se tâter
pour savoir s'il était bien éveillé.
Ce n'est pas possible, se disait-il,
je fais un rêve. C'est trop beau, Il va
m'arriver quelque chose.
C'est que Calixte était parfaite pour
lui.
Ayant pris son parti du sacrifice qui
lui était imposé, cette fille de l'enfer se
donnait en effet la comédie, en atten-
dant que les faits tournassent à la
catastrophe.
Elle avait commencé par Marc.
J'al réfléchi comme vous m'y avez
Invitée, lui avait-elle dit le lendemain
de leur algarade. C'est vous qui êtes
dans le vrai, Bon Ami. D'ailleurs maman
m'a convertie.
Vous consentez devenir Mme Ar-
rachelaine ?
Je vous répète, maman m'a décidée.
Je savais bien que votre mère
reviendrait d'elle-même sur ses Impres-
sions premières. Après tout, le beau
malheur pour une fille que d'épouser un
garçon qui l'adore et qui fera toujours
ses quatre fantaisies.
C'est ce que je me suis dit. Assu-
rément, ce n'est pas ce que j'avais
rêvé.
Qu'avlez-vous donc rêvé, Callxte
Aujourd'hui que je suis devant la
réalité, je ne sais plus. Mais je me
suis rendu compte que j'arrivais à un
moment de ma vie où je ne devSis plus
rêver.
Eh bten c'est parfait. Je suis
très content de votre mère et de vous,
Calixte, et je vous le prouvetjgl, en
attendant que vous me remerciiez d'lavoir
fait votre bonheur, peut-être un peu
malgré vons.
La-dessus, arborant son air le plus
sainte-nitouche, la jeune fille avait
embrassé le cousin avec effusion et la
concorde, une minute troublée, avait de
nouveau régné à l'hôtel de l'avenue
Kléber.
Cependant Marc n'avait pas été tout
à fait dupe de la soumission de Calixte
celle-ci s'était rendue trop vite elle
devait avoir une idée de derrière la tête,
dont c'était Virgile qui pâtirait.
Mais qu'importait Virgile à Marc
Virgile n'était-il pas seulement pour
lui l'héritier de ses anciens ennemis et
le chef d'une concurrence qui avait jadis
failli le ruiner et qu'il s'était promis de
s'annexer ?
L'heure était venue de réaliser ce
vieux rêve et Marc ne la laissa point
passer.
Dans son désir de se concilier* le mat-
tre de Valroger, le maître de Coque-
lourde était d'ailleurs venu le premier
au devant de lui.
Ses fiançailles consommées, ce fut
Virgile qui reparla le premier d'une
association dont le moins que l'on en
pût penser, une fois que les articles en
furent arrêtés, fut qu'elle était moins
un acte de société qu'une abdication
pure et simple du maître de Coque-
lourde entre les mains du maître de
Valroger.
Mme Arrachelalne n'avait point été
consultée, son fils lui ayant largement
remboursé sa part, mais en apprenant
du notaire qui avait rédigé les actes
la folie que venait de commettre Vir-
gile, cette vieille femme pleura, ce qui
ne lui était pas arrivé, malgré bien des
deuils subis, depuis qu'elle était petite
fille.
Faiblesse passagère.
Tout de suite elle se redressa, barre
d'acier qui peut ployer mais ne saurait
rompre.
Elle était déjà fâcheusement préve-
nue contre la jeune fille que son fils
avait choisie malgré elle.
Dans son Idée, si Virgile s'était enti-
ché de cette créature de Valroger, c'est
qu'U était tombé dans un traquenard
tendu par leur ancien ennemi DurtaL
Ce fait de l'association semblant lui
donner raison, ses préventions devin-
rent, du coup, une de ces haines sans
pardon qui ne se satisfont que par la
mort de l'adversaire.
Car elle voulut voir l'influence de sa
future bru dans l'audacieuse manœu-
vre qui du jour au lendemain, rendait
Coqaelourde vassal de Valroger.
Elle avait tort
Calixte était bien loin d'avoir encou-
ragé l'amour de Virgile et elle était
demeurée fort Ignorante des agisse-
ments de Marc. celui-ci ayant recom-
mandé le silence à Virgile.
Laissons les femmes en dehors de
nos affaires, n'est-ce pas ?
Et Virgile n'avait eu garde de lui
désobéir.
N'importe, sa mère, Mme Veuve,
comme on l'appelait, ayant sa convic-
tion faite, n'en démordit plus.
Mais
Chacune aura son tour, je me le
suis déjà promis, se dit-elle. Seulement,
pour que mon tour vienne, Il faut que
je sois désormais plus dissimulée
qu'un sauvage.
Elle avait toujours été une femme
haute à la main, qui avait régné à la
façon d'un despote sur tous ceux qui
l'entouraient.
Lorsque son fils lui avait narlé de son
amour pour Calixte, elle avait dit non
d'abord, pour les raisons que Virgile
avait précédemment développées à Marc
Durtal.
Dominé par sa passion, ce garçon,
jusqu'à ce moment soumis, avait alors
arboré si énergiquement l'étendard de
la révolte, que cela lui avait donné à
réfléchir.
Elle voulait avoir finalement raison.
Puisqu'elle ne pouvait empêcher ce
mariage détestable de se faire, eh bien 1
elle le déferait, voilà tout.
Elle ne pouvait combattre en face et
au grand jour ?
Soit 1 telle vralncralt autrement, en se
tenant dans l'ombre et en faisant usage
de toutes les armes, même les plus
perfides.
Caractère entier, esprit assez borné,
elle ne voyait rien au delà dé sa haine
satisfaite.
Que le malheur de son fils en résul-
tat, elle n'y pensait pas.
A son sens, un homme n'a pas à être
heureux avec une femme qui n'est pas
faite pour lui.
Le jour où elle lui ferait voir clair.
s'il en souffrait elle lui répondrait
Pourquoi ne m'as-tu pas écoutée ?
De sorte que le jour où Virgile lui
amena Olympe et Calixte afln que ces
dames fissent connaissance, ce fut avec
froideur qu'elle les reçut mais lors-
qu'elle revit son fils
Pardonnez-moi, Virgile, lui dit-
elle, si jusqu'ici je vous ai quelquefois
fait du chagrin en parlant mal de Mme
de Lanno.v et de sa Bile. Je ne les
jugeais que sur des racontars imbé-
ciles. La vérité est que Mlle Calixte
est délicieuse et sa mère charmante.
Parbien 1 s'écria le brave garçon
tout transporté d'étonnement et d'aise,
voilà, bien sûr, un des plus beaux jours
de ma vie Ah je ne m'attendais pas
A ça, mais vous ne pouvez pas vous
figurer, maman, le plaisir que vous me
faites.» C'est vrai que vous trouvez
Calixte délicieuse ?.. Bien vrai ?.-
Al-je donc l'habitude de mentir
contre ma pensée ?
Pour ça, non I Et même que, votre
pensée, vous ne la mâchez pas assez,
bien souvent, avant de la jeter au nez
des gens t Alors, vous approuvez {non
choix, à présent ?
Mme Veuve sourit
Je le comprends du moins. Pour
l'approuver, laissez-mot le temps de con-
nattre un peu mieux celle qui doit deve-
nlr ma fille.
Le simple garçon eut les larmes aux
yeux.
Votre fille I Vons avez bien dit ça,
maman, et je vais voir maintenant l'ave-
nir en rose au lieu de le voir en noir I
Ah 1 nom d'un chien 1 que je suis
content Puisque vous y mettez tant
de bonne volonté, vous verrez comme on
sera heureux Tous ensemble, bien
serrés les uns contre les antres, on
fera la nique au malheur, si jamais il
mettait le nez à la porte Mais pour
quoi le malheur viendralt-Il nous visi-
ter ? Il n'y a pas de raison. Coque-
lourde, allant désormais la main dans
la main avec Valroger, va connattre
une prospérité qu'il n'a pas encore
connué.
Virgile était si plein de son sujet
qu'il ne remarqua pas l'expression tra-
gique dont se revêtait alors le visage
de sa mère, et il continua
.Et puisque vous voilà partie pour
être gentille avec ma femme, qui, elle,
est un ange de douceur, je me demande
un peu quelle prise nous pourrons don-
ner au mauvais sort ?
,Et l'innocent Virgile poursuivit, tan·
dis que les traits de sa mère repree
naient leur Immobilité froide.
{A. tvivre.)
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