Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1870-04-15
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 avril 1870 15 avril 1870
Description : 1870/04/15 (Numéro 2661). 1870/04/15 (Numéro 2661).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG64 Collection numérique : BIPFPIG64
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k590713t
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/07/2008
Le Petit Journal
3
Peu de temps après, elle fut érigée en paroisse.
lévèque de Paris avait droit de nommer à sa
ure.
Cette église fut également supprimée en 1790.
devenue propriété nationale, elle mt vendue le
fructidor, an IV.
Aucune clause n'imposa à l'acquéreur l'obliga-
ion de conserver le portail, chef-d'oeuvre de goût
t d'élégance.
L'administration municipale, jalouse de rf1pa-
er cette omission, l'acheta en 1t537, et le fit
ransponer à l'église Saint-Séverin, dont il est
ujourd'hw le plus bel ornement.
La maison n° 15 de la rue Saint-Pierre-aux-
3œu;s fût construite sur l'emplacement de l'an-
iienne église.
AUTOUR
-DU COM1PS LEGISLATIF
M. OSCAR DE VALLÉE
Celui-ci n'est pas député, mais il nous est
îien permis da prendre, autour du Corps lé-
gislatif, un certain nombre de conseillers
l'Etat; NI. Oscar de Vallée est conseiller
l'Etat, commissaire du gouvernement pour
la discussion de la loi sur la presse.
Peu d'hommes ontun eatérieurplus agréa-
ble. surtout à quarante neuf ans. M. Oscar
le Vallée est né en 1821 on croit lire 1831,
it encorel
Le visage est d'un bel ovâle bien régulier,
an peu fuyant vers le sommet de la tête;
l'œil brun, profond, s'encadre admirable-
ment dans l'arcade sourcilière. La vivacité
primitive en est juste assez amortie pour au-
:oriser un élégant usage du lorgnon. Les
îheveux sont noirs, frisés, bouclés, gauffrés,
les cheveux superbes mais la bouche est
surtout remarquable. Elle se retire un peu,
mais si peu comme celle de la Patti; avec
lela si douce, si fine, si précieusement ar-
guée et pincée, une véritable bouche d'hom-
:ne aimable et d'homme d'esprit.
M. Oscar de Vallée parle avec grâce, len-
tement, correctement; il distille, il perle;
s'est un artiste de langage, comme de tenue.
11 a étéavocat-général pendant une dizaine
cannées, et la magistrature debout a compté
peu de personnalités plus brillantes. Le pro
ses de Guerry contre la communauté de
Picpus, et celui des héritiers du prince Eu-
gène contre l'éditeur des Mémoires du duc de
Raguse ont établi sa réputation.
Il a publié beaucoup de bons articles dans
le Moniteur, il a écrit des livres, entre autres
les Manieurs d'argent. L'heureuse mobilité
de son esprit s'applique volontiers à tous les
sujets. Les magistrats, ses collègues, lui trou-
vaient un peu trop de brio pour la robe.
Au conseil d'État on ne s'en plaint pas: on
est habitué à voir les auditeurs,
JEAN BONHOMME.
PETITES NOUVELLE
Le pape a envoyé aux Tuileries un rameau en filigrane
et bénit par Sa Sainteté dimanche, dans la chapelle du
Vatican.
Dans sa séance d'hier, l'Académie française a fixé au
19 mai prochain ses élections en remulacement de M.
de Pongerville et de M. le duc de Broglie.
.L'Académie des sciences morales et politiques a procédé
hier à l'élection d'un membre libre en remplacement
de M. Odi.on-Barrot; M. Dubois, de la Loire-Inférieure,
a été nommé,
Aux abords de la mairie du 10e arrondissement, on fait
en ce moment l'essai d'un nouveau système de pavage en
bois minéralisé.
Le Journal officiel de ce matin publie la liste des mé-
dailles d'honneur décernées pour faits de dévouement
accomplis pendant le mois de novembre 1869.
Le lundi de Pâques commencent, aubois de Boulogne
Jestourses de la Société d'encouragement pour l'amélio-
ration des races de chevaux en France. Cette première
journée comprend six prix.
Assemblée générale de la Société des gens due lettres,
samedi 16 avril, à huit heures du soir, salle Saxe 50, rue
Saint-Georges.
Lundi prochain 18 avril courant, à deux heures, clôture
des lectu:es et conférences de la Société des gen? de let-
tres. Orateurs Rille Maria Deraismes, MM. Théodore
Véron et Gustave Aimard.
Aujourd'hui, jusqu'à dimanche, relâche dans les théâ-
tres suivant Opéra, Théâtre-Français, Opéra-Comique-
Lyrique, Odéon.
Ce soir, au Théâtre-Italien, concert spirituel à huit
heures.
A l'Ambigu, première représentation de l'Arracheur
de dents, drame en cinq actes, de AI. Brisebarre.
Au théâtre du Château-d'Eau, première représentation
du Puits de t;araiac, drame en quatre actes.
Ce soir jeudi, salle Pleyel et WolfT, concert donné par
M. A. Lévv, lauréat du Conservatoire, avec le concours
des principaux artistes. Le concert doit servir la libé-
ration du service militaire de M. Lévv.
Les recettes brutes faites pendant le mois de mats
1870. dans les théâtres et autres établissements soumis
au droit des pauvres, se sont élevée» à fr. 01.
Les conseils-généraux de Maine-et-Loire et de la Loire'
sont convoqués, le premier pour le 25 avril, le second
pour le 9 mai, à l'effet de statuer sur des chemins de
fer d'intérêt local.
Le Journal de Trévoux nous apprend que M. Co-
queugniot, maire de Meximieux, organise une souscrip-
tion dans le but d'ériger une statue au savant grammai-
rien Vaugelas, dû dans cette ville.
Le colonel Henry Ponsonby. aide de camp de la reine
Victoria, vient d'être nomn:é secrétaire de Sa Majesté, en
remplacement du général Charles Grey, décédé.
La première série du catalogue illustré de la
maison d'habillements pour hommes et enfants
de la rue ciu Pont-Neuf se trouvant épuisée,
cette maison nous prie t'e faire savoir qu'il ne
pourra être satisfait à de nouvelles demandes de
catalogues.
CAUSERIE,
C'était hier, à la foire aux jambons, de-
vaut un des plus appétissants étalages des
produits français et étrangers.
Un vieux monsieur contemplait avec
amo ir et envie un ravissant petit cochon de
Lit que le marchand avait adroitement sus-
pendu par les pieds au-dessus de sa bou-
tique.
Près du vieillard, un jeune apprenti d'une
quinzaine d'années, à la physionomie in-
telligente, regardait également avec le plus
vif intérêt la même marchandise.
Combien vendez-vous ça? demanda
l'enfant, au négociant lorrain; en désignant
l'animal rôti.
Veux-tu te sauver, mauvais drôle, fit le
marchand, croyant à une espiéglerie de
gavroche.
Ah vous n'êtes pas poli, monsieur,
répondit doucement l'adolescent. Je vous
demande le prix de votre marchandise, et
vous m'envoyez promener
Voudrais-tu l'acheter, par hasard?
Je ne viedrais pas vous questionner
sans ça.
Àh! bah! fit le vieux monsieur avec
étonnement en s'adressant à l'apprenti. Tu
veux acheter un cochon de lait eï un des
plus appétissants de la foire le seul qui
me fasse envie. Je te préviens que si tu y
tipns, tu le payeras cher. car je le désire
ardemment.
Je regrette bien, monsieur, d'être en
concurrence avec vous, fit l'enfant avec défé-
rence, mais j'ai promis d'offrir à ma mère,
avec mes économies, un produit de la foire
aux jambons. et celui-ci ma convient, je
m'y arrête.
C'est sur tes économies, dis-tu, reprit;
avec intérêt le vieillard, que tu veux faire
ce cadeau à ta mère ?
Oui, monsieur, j'ai mis de côté toutes
les gratifications que je recois chaque semai-
ne de mon patron, et j'ai formé trente francs
dont je veux me servir aujourd'hui, car toute
la famille en profitera, et ça vaut mieux que
si j'avais dépensé tout seul cette somme en
futilités.
Ah! c'est bien, mon garçon c'est très
bien ce que tu fais là. Mais le cochon de lait
que tu désires ne sera pas acheté par toi. Je
l'examine depuis assez longtemps pour en de-
venir l'acquéreur. J'en. offre trente-cinq',
francs.
Marchand, voulez-vous me le livrer pour
trente-cinq francs ?
Mais immédiatement, répondit l'indus-
triel avec satisfaction. Sans s'inquiéter du
chagrin qu'éprouvait le pa vre enfant de se
voir privé de l'objet de sa convoitise.
Maintenant, mon jeune ami, dit le
vieux monsieur, je suis content mon acqui-
sition est faite! Oh j'aurais été affligé j
de ne pas satisfaire mon caprice! mais je
veux, à présent, exaucer ton désir en t'of-
frant ce que je viens d'acheter.
Que voulez-vous dire?
Garde l'argent que tu devais dépenser
aujourd'hui, pour quelque utile emploi, et
continue à faire des économies et à bien tra-
vailler pour devenir un brave et excellent
ouvrier.
-Oh! mons'eur, vous êtes tropbonl fltle
jeune apprenti avec une effusion de recon-
naissance, et joyeux, il emporta le cochon
de,lait.
ALEXANDRE COLBEAUX.
DEPARTEMENTS
Un accidentqui est arrivéàLagnieu (Rhône) dans
la construction de l'église, a coûté la vie à deux
ouvriers. Au nombre de huit, des ouvriers éle-
vaient, pour la construction du clocher, un bloc'
de pierre pesant au moins 5,000 kilogrammes.
Au moment où ce bloc allait être mis.en place,
l'ordre donné par le piqueur de relâcher un peu
le mouvement pour redescendre la pierre au ni-
veau déterminé, ne pùt être exécu é avec la len-
teur nécessaire un ouvrier n'ayant pu opposer
une assez forte résistance, la machine d'engin re-
çut une violente secousse et deux ouvriers, qui Se
trouvaient au bord du toit, ont été précipités
d'une hauteur de 20 mètres environ.
La mort a été presque instantanée.
f e père de l'un d'eux, qui commandait le mou-
vement, a été témoin de la, chute et de la mort
de son fils.
Par jugement du tribunal correctionnel de
Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), en date du
il décembre 1869, le sieur Rossât (François),
cultivateur, âgé de vingt-huit ans, né et domici-
lié à Saint-Georges-d'Hurtières, a. été-condamné
à quinze jours de prison et aux dépens, pour s'ê-
tre l'ait admettre, à l'aide de manœuvres fraudu-
leuses, en qualité de remplaçant, bien qu'il fût
marié.
Un autre jugement, rendu le 10 mars par
le tribunal de première instance de Saint-Jean-
de-Mauriènne, a prononcé la nullité de l'acte de
remplacement souscrit par le sieur Rossat.
Une de ces dernières nuits, sur la route d'A-
vignon à Tarascon, trois vagabonds se sont avisés
de demander, entre minuit et un heure du matin,
à un- voyageur d'où il venaitt, où il allait, com-
bien d'argent il pouvait.avoir.
Le voyageur, un solide gaillard, armé d'un so-
lide gourdin, se mit en garde, et quelle ne fut pas
la stupéfaction d'un des trois assaillants en s'en-
tendant apostropher ainsi « Ces' 'ni. l>anjoif,
qui travaille sur les routes à cette heure? Le
commissaire le saura demain »
Oh oh ne fais pas le malin, dit un autre,
et il s'avança vers le voyageur. Mais le voyageur
d'un coup de poing étendit à terre son nouvel in-
terlocuteur. Quant aux deux autres, ils s'échap-
pèrent, mais tous les trois ont été rattrapés, le
matin, et l'autorité les tient à l'ombre.
C'est pour la première fois cette année que se-
ront décernés, à la suite de douze concours ré-
gionaux agricoles, les prix culturaux institués
par arrêté ministériel du I3janv er 1869.
Ces prix sunt attr bués aux propriétaires
eaploitant leurs domaines, directement ou par
régisseurs et maitre-valets; 2° aux fermiers à
prix d'argent ou en redevance en nature fixe,
remplaçant le prix de ferme; aux cultivateurs
propriétaires tenant à ferme une partie de leurs
terres en culture et aux métayers isolés (do-
maines au-dessus de vingt hectares) 3° aux pro-
priétaires exploitant plusieurs domaines par mé-
tayers 4° aux métayers isolés, se présentant
avec l'assentiment de leurs propriétaires, ou aux
petits cultivateurs propriétaires ou fermiers de
domaines au-dessus de cinq hectares et n'excé-
dant pas vingt hectares.
Les prix consistent en objets d'art, médailles et
argent.
Une coupe d'honneur de 3,500 francs pourra
être décernée à celui des lauréats qui aura obtenu
des résultats hors ligne.
On nous écrit de Blois
n'Avenir, journal de notre localité, et votre es-
timable feuille après lui, a donné la nouvelle
d'une tentative de su.cide de M. Bracnemin, gé-
rant de la caisse commerciale de Loir-et-Cher,
détenu en ce moment à la maison d'arrêt de Blois.
Ce fait est inexact, M. Brechemin n'a fait au-
cune tentative de ce genre. Le gérant de la Caisse
commerciale est inculpé de détournements dont
l'importance ne peut encore être évaluée. 11 se
serait associé personnellement d'une façon illi-
cite avec le sieur Menant pour se livrer à des
spéculations sur les vins, spéculation dans les-
quelles il aurait engagé les fonds de cet établis-
sement de crédit.
L'instruction de cette grave affaire se poursuit
avéc la plus grande activité.
Le chiffre du passif de la Caisse commecriale
n'est pas encore connu, mais néanmoins notre
i place est vivement ailectée dece désastre financier.
L'autre jour, à Villefranche, entrait, à midi,
par la barrière de Mongré, un voiturier condui-
sant un char sur lequel étaient environ quinze
i sacs; arrivé au bureau d'octroi, l'employé lui de-
manda s'il n'avait rien à déclarer, le voiturier
répondit n'avoir que des sacs pleins de sciure de
bois, après les avoir tuuchés attentivement avec
la main, l'employé prit sa sonde en fer et l'intro-
i duisit dans l'un des sacs et aussitôt il sentit une
résistance, et en. fit part au voiturier; celui-ci
lui répondit qu'une planche qui se trouvait dans
le sac en était peut-être la cause.
L'employé prit son pique-vin et en perça la-
dite planche, de laquelle jaillit aussitôt un jet-
d'eau-de-vie vérification faite du chargement
on trouva cinq gros sacs renfermant chacun, un
tonneau de litres plein d'eau-de-vie, soigneu-
sement enveloppé de sciure de bois.
LA LEGENDE DE JEANNE D'ARC
La Jeanne d'Are de Mermet, que l'Opéra doit
représenter l'hiver prochain, est entièrement
terminée. M. Viguier, un érudit, publie au,jour-
d'hui un drame en vers sur le même sujet et qui
a failli être joué au Théâtre-Français. Nous trou-
vons dans la préface de cette œuvre remarqua-
ble que'ques détails curieux que nous résu-
mons! ici..
Plus de soixante pièces ont été faites sur
Jeanne d'Arc et le chanoine Beauregard a cata-
logué près de douze cents histoires, poëmes, dra-
mes et ouvrages divers consacrés à cette héroïne.
à commencer parune pièce jouée à Ratisbonne en
1430 et où figure la Pucelle, qui avait encore un
an à vivre à cette date.
Shakespeare a introduit Jeanne dans son
Henri IV. I1 la traite avec le sentiment anglais,
l'appelle sorcière, vachère, ribaude; et, néan-
moins, comme par une force de sympathie invo-
lontaire qui saisit ce grand esprit en présence de
ce grand cœur, il donne à Jeanne une belle
scène, lui faisant ramener le due de Bourgogne
à la France, scène certes bien française, s<,ène
que le noble chantre de Jeanne, Schiller, n'a eu
i qu'à suivre, pour rendre un éclatant hommage à
la guerrière.
Comme curiosité, il faut citer encore la Pucelle
d'Orléans, tragédie en prose selon la vérité de I.'his-
toire, et les rigueurs du théâtre, par l'abbé d'Au-
binnac. Titre à propos du juel le Grand Condè
dit « Je sais gré à l'abbé d'Aubignac d'avoir
suivi les règles d'Aristote, mais je ne puis par-
donner à Aristote d'avoir fait faire une si mau-
vaise pièce à l'abbé d'Aubignac. »
Autre curiosité, une biographie de 1790, an-
nonçait en répétitions, au Théâtre-Français, une
Jeanne d'Arc d'un auteur qui fut, depuis, le géné-
ral de la République Ronsin, guillotiné en 1793.
Venant à parler de ce qu'il a .ait et voulu faire,
M. Viguier s'exprime ainsi: « ne croyant d'autre
pièce possible pour Jeanne que son histoire, sa
légende, nous avons pris les récits, les chroni-
ques qui constituent cette légende. Par un bon-
heur insigne, cette histoire, cette légende est tel-
lement disposée, chaque période, chaque événe-
ment s'y détache si bien, qu'il n'a fa!lu que des
ciseaux pour la couper en actes, tableaux, dont
chacun, nous pouvunsle dire, et tous le voient
d'avance, offre un intérêt suffisant.
» Mais quoi le dialogue même était donné. Et
quel dialogue quei langage que celui de la mer-
veilleuse fille! Une admirable- simplicità et en
même temps la raison la plus vive et la plus
pure, la plus péremptoire logique une admirable
simplicité, disons-nous, et, o.ans l'occasion, la
plus grande élévation voyez l'interrogatoire. Et
nous avions cet avantage, que- la chronique don-
nait non-seulement le lanijnge de Jeanne, mais
plus d'une fois celui des autres interlocuteurs.
Nous avions donc les scènes tracées, les pa-
roles toutes données. La mise en scène même sa
trouvait parfois réglée par les termes textuels
historiques. La pièce aussi était, en quelque
sorte, faite d'avance. C'était la chronique, la lé-
gende elle-même. »
11 n'est pas étonnant que ce sujet ait tenté un
si grand nombre d'auteurs, puisqu.e l'histoire a
pris la peine de leur livrer une pièce toute faite.
II ne s'agit plus que d'écrire. et d'être joué.
Nous ne doutons pas que Mermet qui a été si
vaillamment inspiré par la légénde chevalertsque
de Roland à Ronceoaux, n'ait tiré un brillant part'
de la chronique populaire -e Jeanne d'Arc pou>
la grande scène de l'Opéra.
C'est l'année prochaine, en que va so
faire le recensement quiquennal de l'empire
français, le dernier ayant eu lieu en 1866.
Voici, d'après les précédents recensements,
qu'elle a été l'augmentation de la grande famille
française depuis
En 1821, la population était (86 départements)
de 30,461,875 individus.
1831. 32,569,223
1836. 35,540,910
1846.
1851.,
1856. 36,839,364
1861 (89 départ.) 37,382,225
En ajoutant à ce dernier chiffre les populations
de l'Al-érie, des colonies et de nos nationaux
répandus sur tous les points du globe, la famille
française atteint à peu près le chiffre de 50 inilr
lions d'individus.
POLICE CORRECTIONNELLE
L'enceinte de ia justice de paix est partagea
en deux camps. A l'aile droite, une grande et
belle dame brune, flanquée d'un brillant état*
ma;or d'élégantes et de fashionables; à lail gauche, une fraiebe et jolie blonde soutenue non
moins formidablement d'un corps d'élite de cha-<
peaux de satin et de moustaches.
Ofnze Saint-Phal (la brune) d'une voix basse et
timide. Peut-on parler, monsieur le juge ?
SI. le juge de paix. Sans doute, si c'est vous
qui avez à réclamer.
MmeSainl-Phal. Oui, monsieur, j'ai beaucoup
à réclamer à madame.
M le juge de paix. Et que réclamez-vous ?
Mme Saint-Phal. Mon Dieu! c'est ce qui
m'embarrasse à dire; ça parait si drôle de venir
parler d'une chose semblable devant la justice.
M. le juge de paix. 11 faut pourtant la dire,
cette chos,e quelle qu'elle soit.
Mme Sainl-Phal. J'y suis, monsieur mada-
me Florval ( la blonde ) me retient ce qui est à
illme Florval. Je n'ai rien à vous, madame;
c'est vous qui en voulez à ce qui m'appartient.
Mme Saint-Phal. Parce quil est joli et ai-
mable, vous voudriez le garder.
Mme Florval.– Du tout, madame; s'il est
gentil, ca ne vous recarda pas, mais la preuve
du'il m'est plus attaché qu'à vous, et qu'il m'ap-
partient, c'est qu'il ne parle qu'à moi il n ja-
mais voulu vous drre un mot le jour que nous
avons déjeuné tous trois ensemble.
Mme Saint-Phal. Parce qu'il ne veut plus
me reconnaître, depuis un an que vous l'enter-
meMinae Florval. Je n'ai jamais enfermé peu
sonne, madame, pas plus lui qu'un autre. Le*
portes de mon appartement sont ouvertes à tout
le monde, et il aurait pu retourner chez vous si
ça lui avait convenu.
Mme Saint-Phal. Vous ne pouvez toujours
pas dire qui vous l'a procuré.
Mme Florval. C'est que ça ne nie plaît pas
mais la preuve qu'il est à moi, c'est qu'il parla
italien, et que vous n'en savez pas un mot.
Atme Sainl-Phal. Oh madame, italien I si
ci ne fait pas suer Allez donc, allez donc, ma-
dame la princesse; on sait bien qu'est-ce qui lui
apprend cet italien.
Mme Florval. Et qui donc, madame Vem-
ha7Mme? Saint-Phal. C'est toujours pas votre;
Allemand d'aujourd'hui, qui ne dit pas seule-
Florval.- Mort AllemandI 1 il parle aussi.
bien que votre Anglais, et il ne me bat pas par-
dessus le marché.
,lime Saint-Phal. Quelle horreur! peut-on
s'abaisser à dire de pareilles choses devant un
public comme il faut
M. le Juge-de-paix. Assez, assez. Je vous or-
donne de cesser cette discussion et de me dire ce
qui vous amène devant moi.
Mme Saint-Phal. Mais, monsieur, c'est ma-
dame qui me garde mon perroquet
Mme Florval. Ce n'est pas vrai, on me Va
donné.
Mme Saint-Phal. Un joli petit perroquet quo
j'ai acheté et élevé, et qui s'est sauvé, il y a un
an, pour aller chez madame.
Mme Florval. C'est des faussetés; l'oiseau
n'a jamais connu madame,
M le juge de paix. Avez-vous des témoins
qui pourraient déclarer que c'est le même?
Mme Saint-Phal. Oui, monsieur; j'en aurai
beaucoup rle témoins M. Ernest, M. Théophile,
M. Léon, M.
Mme Florval. Moi aussi, j'en aurai; mon-
sieur Cyprien, monsieur.
Al. le juge de paix. Bien, bien, bien, bien,
c'est déjà trop. Vous amènerez vos témoins à
huitaine, deux de chaque eôté deux seulement,
pas davantage, vous entendez bien ?
A huitaine, les plaignants n'ont pas comparu.
Mais nous savons ce qui s'est passé. Mme Flor-
val a gardé le perroquet, moyennant un cuàlede
mousseline-laine qu'elie a donné à marne Saint"
i Phal. L'affaire s'estarrangsiéa
3
Peu de temps après, elle fut érigée en paroisse.
lévèque de Paris avait droit de nommer à sa
ure.
Cette église fut également supprimée en 1790.
devenue propriété nationale, elle mt vendue le
fructidor, an IV.
Aucune clause n'imposa à l'acquéreur l'obliga-
ion de conserver le portail, chef-d'oeuvre de goût
t d'élégance.
L'administration municipale, jalouse de rf1pa-
er cette omission, l'acheta en 1t537, et le fit
ransponer à l'église Saint-Séverin, dont il est
ujourd'hw le plus bel ornement.
La maison n° 15 de la rue Saint-Pierre-aux-
3œu;s fût construite sur l'emplacement de l'an-
iienne église.
AUTOUR
-DU COM1PS LEGISLATIF
M. OSCAR DE VALLÉE
Celui-ci n'est pas député, mais il nous est
îien permis da prendre, autour du Corps lé-
gislatif, un certain nombre de conseillers
l'Etat; NI. Oscar de Vallée est conseiller
l'Etat, commissaire du gouvernement pour
la discussion de la loi sur la presse.
Peu d'hommes ontun eatérieurplus agréa-
ble. surtout à quarante neuf ans. M. Oscar
le Vallée est né en 1821 on croit lire 1831,
it encorel
Le visage est d'un bel ovâle bien régulier,
an peu fuyant vers le sommet de la tête;
l'œil brun, profond, s'encadre admirable-
ment dans l'arcade sourcilière. La vivacité
primitive en est juste assez amortie pour au-
:oriser un élégant usage du lorgnon. Les
îheveux sont noirs, frisés, bouclés, gauffrés,
les cheveux superbes mais la bouche est
surtout remarquable. Elle se retire un peu,
mais si peu comme celle de la Patti; avec
lela si douce, si fine, si précieusement ar-
guée et pincée, une véritable bouche d'hom-
:ne aimable et d'homme d'esprit.
M. Oscar de Vallée parle avec grâce, len-
tement, correctement; il distille, il perle;
s'est un artiste de langage, comme de tenue.
11 a étéavocat-général pendant une dizaine
cannées, et la magistrature debout a compté
peu de personnalités plus brillantes. Le pro
ses de Guerry contre la communauté de
Picpus, et celui des héritiers du prince Eu-
gène contre l'éditeur des Mémoires du duc de
Raguse ont établi sa réputation.
Il a publié beaucoup de bons articles dans
le Moniteur, il a écrit des livres, entre autres
les Manieurs d'argent. L'heureuse mobilité
de son esprit s'applique volontiers à tous les
sujets. Les magistrats, ses collègues, lui trou-
vaient un peu trop de brio pour la robe.
Au conseil d'État on ne s'en plaint pas: on
est habitué à voir les auditeurs,
JEAN BONHOMME.
PETITES NOUVELLE
Le pape a envoyé aux Tuileries un rameau en filigrane
et bénit par Sa Sainteté dimanche, dans la chapelle du
Vatican.
Dans sa séance d'hier, l'Académie française a fixé au
19 mai prochain ses élections en remulacement de M.
de Pongerville et de M. le duc de Broglie.
.L'Académie des sciences morales et politiques a procédé
hier à l'élection d'un membre libre en remplacement
de M. Odi.on-Barrot; M. Dubois, de la Loire-Inférieure,
a été nommé,
Aux abords de la mairie du 10e arrondissement, on fait
en ce moment l'essai d'un nouveau système de pavage en
bois minéralisé.
Le Journal officiel de ce matin publie la liste des mé-
dailles d'honneur décernées pour faits de dévouement
accomplis pendant le mois de novembre 1869.
Le lundi de Pâques commencent, aubois de Boulogne
Jestourses de la Société d'encouragement pour l'amélio-
ration des races de chevaux en France. Cette première
journée comprend six prix.
Assemblée générale de la Société des gens due lettres,
samedi 16 avril, à huit heures du soir, salle Saxe 50, rue
Saint-Georges.
Lundi prochain 18 avril courant, à deux heures, clôture
des lectu:es et conférences de la Société des gen? de let-
tres. Orateurs Rille Maria Deraismes, MM. Théodore
Véron et Gustave Aimard.
Aujourd'hui, jusqu'à dimanche, relâche dans les théâ-
tres suivant Opéra, Théâtre-Français, Opéra-Comique-
Lyrique, Odéon.
Ce soir, au Théâtre-Italien, concert spirituel à huit
heures.
A l'Ambigu, première représentation de l'Arracheur
de dents, drame en cinq actes, de AI. Brisebarre.
Au théâtre du Château-d'Eau, première représentation
du Puits de t;araiac, drame en quatre actes.
Ce soir jeudi, salle Pleyel et WolfT, concert donné par
M. A. Lévv, lauréat du Conservatoire, avec le concours
des principaux artistes. Le concert doit servir la libé-
ration du service militaire de M. Lévv.
Les recettes brutes faites pendant le mois de mats
1870. dans les théâtres et autres établissements soumis
au droit des pauvres, se sont élevée» à fr. 01.
Les conseils-généraux de Maine-et-Loire et de la Loire'
sont convoqués, le premier pour le 25 avril, le second
pour le 9 mai, à l'effet de statuer sur des chemins de
fer d'intérêt local.
Le Journal de Trévoux nous apprend que M. Co-
queugniot, maire de Meximieux, organise une souscrip-
tion dans le but d'ériger une statue au savant grammai-
rien Vaugelas, dû dans cette ville.
Le colonel Henry Ponsonby. aide de camp de la reine
Victoria, vient d'être nomn:é secrétaire de Sa Majesté, en
remplacement du général Charles Grey, décédé.
La première série du catalogue illustré de la
maison d'habillements pour hommes et enfants
de la rue ciu Pont-Neuf se trouvant épuisée,
cette maison nous prie t'e faire savoir qu'il ne
pourra être satisfait à de nouvelles demandes de
catalogues.
CAUSERIE,
C'était hier, à la foire aux jambons, de-
vaut un des plus appétissants étalages des
produits français et étrangers.
Un vieux monsieur contemplait avec
amo ir et envie un ravissant petit cochon de
Lit que le marchand avait adroitement sus-
pendu par les pieds au-dessus de sa bou-
tique.
Près du vieillard, un jeune apprenti d'une
quinzaine d'années, à la physionomie in-
telligente, regardait également avec le plus
vif intérêt la même marchandise.
Combien vendez-vous ça? demanda
l'enfant, au négociant lorrain; en désignant
l'animal rôti.
Veux-tu te sauver, mauvais drôle, fit le
marchand, croyant à une espiéglerie de
gavroche.
Ah vous n'êtes pas poli, monsieur,
répondit doucement l'adolescent. Je vous
demande le prix de votre marchandise, et
vous m'envoyez promener
Voudrais-tu l'acheter, par hasard?
Je ne viedrais pas vous questionner
sans ça.
Àh! bah! fit le vieux monsieur avec
étonnement en s'adressant à l'apprenti. Tu
veux acheter un cochon de lait eï un des
plus appétissants de la foire le seul qui
me fasse envie. Je te préviens que si tu y
tipns, tu le payeras cher. car je le désire
ardemment.
Je regrette bien, monsieur, d'être en
concurrence avec vous, fit l'enfant avec défé-
rence, mais j'ai promis d'offrir à ma mère,
avec mes économies, un produit de la foire
aux jambons. et celui-ci ma convient, je
m'y arrête.
C'est sur tes économies, dis-tu, reprit;
avec intérêt le vieillard, que tu veux faire
ce cadeau à ta mère ?
Oui, monsieur, j'ai mis de côté toutes
les gratifications que je recois chaque semai-
ne de mon patron, et j'ai formé trente francs
dont je veux me servir aujourd'hui, car toute
la famille en profitera, et ça vaut mieux que
si j'avais dépensé tout seul cette somme en
futilités.
Ah! c'est bien, mon garçon c'est très
bien ce que tu fais là. Mais le cochon de lait
que tu désires ne sera pas acheté par toi. Je
l'examine depuis assez longtemps pour en de-
venir l'acquéreur. J'en. offre trente-cinq',
francs.
Marchand, voulez-vous me le livrer pour
trente-cinq francs ?
Mais immédiatement, répondit l'indus-
triel avec satisfaction. Sans s'inquiéter du
chagrin qu'éprouvait le pa vre enfant de se
voir privé de l'objet de sa convoitise.
Maintenant, mon jeune ami, dit le
vieux monsieur, je suis content mon acqui-
sition est faite! Oh j'aurais été affligé j
de ne pas satisfaire mon caprice! mais je
veux, à présent, exaucer ton désir en t'of-
frant ce que je viens d'acheter.
Que voulez-vous dire?
Garde l'argent que tu devais dépenser
aujourd'hui, pour quelque utile emploi, et
continue à faire des économies et à bien tra-
vailler pour devenir un brave et excellent
ouvrier.
-Oh! mons'eur, vous êtes tropbonl fltle
jeune apprenti avec une effusion de recon-
naissance, et joyeux, il emporta le cochon
de,lait.
ALEXANDRE COLBEAUX.
DEPARTEMENTS
Un accidentqui est arrivéàLagnieu (Rhône) dans
la construction de l'église, a coûté la vie à deux
ouvriers. Au nombre de huit, des ouvriers éle-
vaient, pour la construction du clocher, un bloc'
de pierre pesant au moins 5,000 kilogrammes.
Au moment où ce bloc allait être mis.en place,
l'ordre donné par le piqueur de relâcher un peu
le mouvement pour redescendre la pierre au ni-
veau déterminé, ne pùt être exécu é avec la len-
teur nécessaire un ouvrier n'ayant pu opposer
une assez forte résistance, la machine d'engin re-
çut une violente secousse et deux ouvriers, qui Se
trouvaient au bord du toit, ont été précipités
d'une hauteur de 20 mètres environ.
La mort a été presque instantanée.
f e père de l'un d'eux, qui commandait le mou-
vement, a été témoin de la, chute et de la mort
de son fils.
Par jugement du tribunal correctionnel de
Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), en date du
il décembre 1869, le sieur Rossât (François),
cultivateur, âgé de vingt-huit ans, né et domici-
lié à Saint-Georges-d'Hurtières, a. été-condamné
à quinze jours de prison et aux dépens, pour s'ê-
tre l'ait admettre, à l'aide de manœuvres fraudu-
leuses, en qualité de remplaçant, bien qu'il fût
marié.
Un autre jugement, rendu le 10 mars par
le tribunal de première instance de Saint-Jean-
de-Mauriènne, a prononcé la nullité de l'acte de
remplacement souscrit par le sieur Rossat.
Une de ces dernières nuits, sur la route d'A-
vignon à Tarascon, trois vagabonds se sont avisés
de demander, entre minuit et un heure du matin,
à un- voyageur d'où il venaitt, où il allait, com-
bien d'argent il pouvait.avoir.
Le voyageur, un solide gaillard, armé d'un so-
lide gourdin, se mit en garde, et quelle ne fut pas
la stupéfaction d'un des trois assaillants en s'en-
tendant apostropher ainsi « Ces' 'ni. l>anjoif,
qui travaille sur les routes à cette heure? Le
commissaire le saura demain »
Oh oh ne fais pas le malin, dit un autre,
et il s'avança vers le voyageur. Mais le voyageur
d'un coup de poing étendit à terre son nouvel in-
terlocuteur. Quant aux deux autres, ils s'échap-
pèrent, mais tous les trois ont été rattrapés, le
matin, et l'autorité les tient à l'ombre.
C'est pour la première fois cette année que se-
ront décernés, à la suite de douze concours ré-
gionaux agricoles, les prix culturaux institués
par arrêté ministériel du I3janv er 1869.
Ces prix sunt attr bués aux propriétaires
eaploitant leurs domaines, directement ou par
régisseurs et maitre-valets; 2° aux fermiers à
prix d'argent ou en redevance en nature fixe,
remplaçant le prix de ferme; aux cultivateurs
propriétaires tenant à ferme une partie de leurs
terres en culture et aux métayers isolés (do-
maines au-dessus de vingt hectares) 3° aux pro-
priétaires exploitant plusieurs domaines par mé-
tayers 4° aux métayers isolés, se présentant
avec l'assentiment de leurs propriétaires, ou aux
petits cultivateurs propriétaires ou fermiers de
domaines au-dessus de cinq hectares et n'excé-
dant pas vingt hectares.
Les prix consistent en objets d'art, médailles et
argent.
Une coupe d'honneur de 3,500 francs pourra
être décernée à celui des lauréats qui aura obtenu
des résultats hors ligne.
On nous écrit de Blois
n'Avenir, journal de notre localité, et votre es-
timable feuille après lui, a donné la nouvelle
d'une tentative de su.cide de M. Bracnemin, gé-
rant de la caisse commerciale de Loir-et-Cher,
détenu en ce moment à la maison d'arrêt de Blois.
Ce fait est inexact, M. Brechemin n'a fait au-
cune tentative de ce genre. Le gérant de la Caisse
commerciale est inculpé de détournements dont
l'importance ne peut encore être évaluée. 11 se
serait associé personnellement d'une façon illi-
cite avec le sieur Menant pour se livrer à des
spéculations sur les vins, spéculation dans les-
quelles il aurait engagé les fonds de cet établis-
sement de crédit.
L'instruction de cette grave affaire se poursuit
avéc la plus grande activité.
Le chiffre du passif de la Caisse commecriale
n'est pas encore connu, mais néanmoins notre
i place est vivement ailectée dece désastre financier.
L'autre jour, à Villefranche, entrait, à midi,
par la barrière de Mongré, un voiturier condui-
sant un char sur lequel étaient environ quinze
i sacs; arrivé au bureau d'octroi, l'employé lui de-
manda s'il n'avait rien à déclarer, le voiturier
répondit n'avoir que des sacs pleins de sciure de
bois, après les avoir tuuchés attentivement avec
la main, l'employé prit sa sonde en fer et l'intro-
i duisit dans l'un des sacs et aussitôt il sentit une
résistance, et en. fit part au voiturier; celui-ci
lui répondit qu'une planche qui se trouvait dans
le sac en était peut-être la cause.
L'employé prit son pique-vin et en perça la-
dite planche, de laquelle jaillit aussitôt un jet-
d'eau-de-vie vérification faite du chargement
on trouva cinq gros sacs renfermant chacun, un
tonneau de litres plein d'eau-de-vie, soigneu-
sement enveloppé de sciure de bois.
LA LEGENDE DE JEANNE D'ARC
La Jeanne d'Are de Mermet, que l'Opéra doit
représenter l'hiver prochain, est entièrement
terminée. M. Viguier, un érudit, publie au,jour-
d'hui un drame en vers sur le même sujet et qui
a failli être joué au Théâtre-Français. Nous trou-
vons dans la préface de cette œuvre remarqua-
ble que'ques détails curieux que nous résu-
mons! ici..
Plus de soixante pièces ont été faites sur
Jeanne d'Arc et le chanoine Beauregard a cata-
logué près de douze cents histoires, poëmes, dra-
mes et ouvrages divers consacrés à cette héroïne.
à commencer parune pièce jouée à Ratisbonne en
1430 et où figure la Pucelle, qui avait encore un
an à vivre à cette date.
Shakespeare a introduit Jeanne dans son
Henri IV. I1 la traite avec le sentiment anglais,
l'appelle sorcière, vachère, ribaude; et, néan-
moins, comme par une force de sympathie invo-
lontaire qui saisit ce grand esprit en présence de
ce grand cœur, il donne à Jeanne une belle
scène, lui faisant ramener le due de Bourgogne
à la France, scène certes bien française, s<,ène
que le noble chantre de Jeanne, Schiller, n'a eu
i qu'à suivre, pour rendre un éclatant hommage à
la guerrière.
Comme curiosité, il faut citer encore la Pucelle
d'Orléans, tragédie en prose selon la vérité de I.'his-
toire, et les rigueurs du théâtre, par l'abbé d'Au-
binnac. Titre à propos du juel le Grand Condè
dit « Je sais gré à l'abbé d'Aubignac d'avoir
suivi les règles d'Aristote, mais je ne puis par-
donner à Aristote d'avoir fait faire une si mau-
vaise pièce à l'abbé d'Aubignac. »
Autre curiosité, une biographie de 1790, an-
nonçait en répétitions, au Théâtre-Français, une
Jeanne d'Arc d'un auteur qui fut, depuis, le géné-
ral de la République Ronsin, guillotiné en 1793.
Venant à parler de ce qu'il a .ait et voulu faire,
M. Viguier s'exprime ainsi: « ne croyant d'autre
pièce possible pour Jeanne que son histoire, sa
légende, nous avons pris les récits, les chroni-
ques qui constituent cette légende. Par un bon-
heur insigne, cette histoire, cette légende est tel-
lement disposée, chaque période, chaque événe-
ment s'y détache si bien, qu'il n'a fa!lu que des
ciseaux pour la couper en actes, tableaux, dont
chacun, nous pouvunsle dire, et tous le voient
d'avance, offre un intérêt suffisant.
» Mais quoi le dialogue même était donné. Et
quel dialogue quei langage que celui de la mer-
veilleuse fille! Une admirable- simplicità et en
même temps la raison la plus vive et la plus
pure, la plus péremptoire logique une admirable
simplicité, disons-nous, et, o.ans l'occasion, la
plus grande élévation voyez l'interrogatoire. Et
nous avions cet avantage, que- la chronique don-
nait non-seulement le lanijnge de Jeanne, mais
plus d'une fois celui des autres interlocuteurs.
Nous avions donc les scènes tracées, les pa-
roles toutes données. La mise en scène même sa
trouvait parfois réglée par les termes textuels
historiques. La pièce aussi était, en quelque
sorte, faite d'avance. C'était la chronique, la lé-
gende elle-même. »
11 n'est pas étonnant que ce sujet ait tenté un
si grand nombre d'auteurs, puisqu.e l'histoire a
pris la peine de leur livrer une pièce toute faite.
II ne s'agit plus que d'écrire. et d'être joué.
Nous ne doutons pas que Mermet qui a été si
vaillamment inspiré par la légénde chevalertsque
de Roland à Ronceoaux, n'ait tiré un brillant part'
de la chronique populaire -e Jeanne d'Arc pou>
la grande scène de l'Opéra.
C'est l'année prochaine, en que va so
faire le recensement quiquennal de l'empire
français, le dernier ayant eu lieu en 1866.
Voici, d'après les précédents recensements,
qu'elle a été l'augmentation de la grande famille
française depuis
En 1821, la population était (86 départements)
de 30,461,875 individus.
1831. 32,569,223
1836. 35,540,910
1846.
1851.,
1856. 36,839,364
1861 (89 départ.) 37,382,225
En ajoutant à ce dernier chiffre les populations
de l'Al-érie, des colonies et de nos nationaux
répandus sur tous les points du globe, la famille
française atteint à peu près le chiffre de 50 inilr
lions d'individus.
POLICE CORRECTIONNELLE
L'enceinte de ia justice de paix est partagea
en deux camps. A l'aile droite, une grande et
belle dame brune, flanquée d'un brillant état*
ma;or d'élégantes et de fashionables; à lail
moins formidablement d'un corps d'élite de cha-<
peaux de satin et de moustaches.
Ofnze Saint-Phal (la brune) d'une voix basse et
timide. Peut-on parler, monsieur le juge ?
SI. le juge de paix. Sans doute, si c'est vous
qui avez à réclamer.
MmeSainl-Phal. Oui, monsieur, j'ai beaucoup
à réclamer à madame.
M le juge de paix. Et que réclamez-vous ?
Mme Saint-Phal. Mon Dieu! c'est ce qui
m'embarrasse à dire; ça parait si drôle de venir
parler d'une chose semblable devant la justice.
M. le juge de paix. 11 faut pourtant la dire,
cette chos,e quelle qu'elle soit.
Mme Sainl-Phal. J'y suis, monsieur mada-
me Florval ( la blonde ) me retient ce qui est à
illme Florval. Je n'ai rien à vous, madame;
c'est vous qui en voulez à ce qui m'appartient.
Mme Saint-Phal. Parce quil est joli et ai-
mable, vous voudriez le garder.
Mme Florval.– Du tout, madame; s'il est
gentil, ca ne vous recarda pas, mais la preuve
du'il m'est plus attaché qu'à vous, et qu'il m'ap-
partient, c'est qu'il ne parle qu'à moi il n ja-
mais voulu vous drre un mot le jour que nous
avons déjeuné tous trois ensemble.
Mme Saint-Phal. Parce qu'il ne veut plus
me reconnaître, depuis un an que vous l'enter-
meMinae Florval. Je n'ai jamais enfermé peu
sonne, madame, pas plus lui qu'un autre. Le*
portes de mon appartement sont ouvertes à tout
le monde, et il aurait pu retourner chez vous si
ça lui avait convenu.
Mme Saint-Phal. Vous ne pouvez toujours
pas dire qui vous l'a procuré.
Mme Florval. C'est que ça ne nie plaît pas
mais la preuve qu'il est à moi, c'est qu'il parla
italien, et que vous n'en savez pas un mot.
Atme Sainl-Phal. Oh madame, italien I si
ci ne fait pas suer Allez donc, allez donc, ma-
dame la princesse; on sait bien qu'est-ce qui lui
apprend cet italien.
Mme Florval. Et qui donc, madame Vem-
ha7Mme? Saint-Phal. C'est toujours pas votre;
Allemand d'aujourd'hui, qui ne dit pas seule-
Florval.- Mort AllemandI 1 il parle aussi.
bien que votre Anglais, et il ne me bat pas par-
dessus le marché.
,lime Saint-Phal. Quelle horreur! peut-on
s'abaisser à dire de pareilles choses devant un
public comme il faut
M. le Juge-de-paix. Assez, assez. Je vous or-
donne de cesser cette discussion et de me dire ce
qui vous amène devant moi.
Mme Saint-Phal. Mais, monsieur, c'est ma-
dame qui me garde mon perroquet
Mme Florval. Ce n'est pas vrai, on me Va
donné.
Mme Saint-Phal. Un joli petit perroquet quo
j'ai acheté et élevé, et qui s'est sauvé, il y a un
an, pour aller chez madame.
Mme Florval. C'est des faussetés; l'oiseau
n'a jamais connu madame,
M le juge de paix. Avez-vous des témoins
qui pourraient déclarer que c'est le même?
Mme Saint-Phal. Oui, monsieur; j'en aurai
beaucoup rle témoins M. Ernest, M. Théophile,
M. Léon, M.
Mme Florval. Moi aussi, j'en aurai; mon-
sieur Cyprien, monsieur.
Al. le juge de paix. Bien, bien, bien, bien,
c'est déjà trop. Vous amènerez vos témoins à
huitaine, deux de chaque eôté deux seulement,
pas davantage, vous entendez bien ?
A huitaine, les plaignants n'ont pas comparu.
Mais nous savons ce qui s'est passé. Mme Flor-
val a gardé le perroquet, moyennant un cuàlede
mousseline-laine qu'elie a donné à marne Saint"
i Phal. L'affaire s'estarrangsiéa
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