Titre : Procès-verbaux / Commission municipale du Vieux Paris
Auteur : Paris. Commission du Vieux Paris. Auteur du texte
Éditeur : Imprimerie municipale (Paris)
Date d'édition : 1921-04-30
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34437664t
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 12289 Nombre total de vues : 12289
Description : 30 avril 1921 30 avril 1921
Description : 1921/04/30 (N3). 1921/04/30 (N3).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001 Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k58203705
Source : Ville de Paris / Bibliothèque historique, BHVP, 2009-22757
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/12/2010
91
Tout cela,comme dans le précédent, marié
facilement à des arabesques légères, à un
camée central à fond de couleur surmonté
d'un aigle aux ailes déployées, avec rinceaux
de chaque côlé el en haut de l'oiseau une
coupe d'où sortent des branches à feuilles
symétriques à droite el à gauche.
Cel assemblage spirituel el riche, mais non
chargé, parce qu'il esl ordonné, rappelle loul
à fait les modèles gravés de Charles Normand,
les dépasse même en sobriété, el ce n'est pas
_peu dire. C'est simple, clair et bien rythmé.
Les formes sont très pures avec alternance
dans la combinaison. On y sent une méthode
et même du génie. Tout y est bien venu et
semble à sa place.
L'album de l'architecte Charles Normand
intitulé: Nouveau recueil de divers genres
d'ornements et autres objets propres à la déco-
ration, est, avons-nous déjà dit, de 1803 (1).
. Il présente au trait des modèles de décora-
tion amalgamant des arabesques et contours
de l'antique aux élégants motifs de la Renais-
sance du xvtc siècle ; il y a ajoute surtout ce
qui a manqué aux époques plus pauvres
d'imagination ou d'études, les figures ailées à
têtes idéalisées de femmes, les. nymphes el
amours. Mais la structuré générale comme
la suggestion sont à l'antique el se rattachent
aux découvertes récentes des fresques d'Hër-
culanum, lesquelles firent alors grand bruit
et influencèrent les directives de l'Art dans
.notre pays. On les admirait très fort parce
qu'il y avait là un renouveau jugé d'excellent
goût el que le goût d'alors, — comment
dirais-je — un peu amolli, était à relever en
France.
L'objf ctif à atteindre était d'en approprier
l'essence, le dispositif à notre art sans que
celui-ci tombât dans une servile copie. Les
chefs d'école s'y employèrent et réussirent.
Les documents Normand sont, au dire de
Champeaux, le type qui se rapproche le plus
du décor.de la fameuse salle à manger qui
nous occupe. « Il ne faut pas s'inscrire con-
tre ce jugement ; il est exact ; c'esl même
du Percier si l'on veut, mais avec une note
plus savante, plus raffinée, plus poussée en
tant qu'enjolivements où il y a à la fois du
Bérain et de l'antique grec el romain et aussi
du Raphaël > (1).
Et tout cela doté d'une grande qualité
trop oubliée de nos jours : la correction.
Or, Percier n'a pas trouvé ses éléments
ailleurs (2) ; ses conceptions en offrent l'habile
mélange.
En somme, le progrès qu'il y a ici sur les
compositions savantes de Bérain, c'esl que les
figures ont plus d'expression, plus de correc-
tion et, sur celles de Raphël, une entente de
l'aération qui manque à ces dernières. Aux
loges du Vatican, Raphaël esl inventif el déli-
cieux dans sis distributions où régnent à
côté d'arabesques à fonds de diverses cou-
leurs comme ici, des fleurs, des oiseaux :el
des papillons ; mais ses enlacements sont trop
touffus, ils emplissent et couvrent toutes les
surfaces. Ici, au contraire, l'oeil a du repos,
parce qu'il y a un certain lut d'espaces libres
el c'esl à nos yeux un grand avantage. Il y a
ce qu'on appelle la mesure, qualité bien de
notre race.
Et en tout état de cause, le style nêo-gree
de la fin Louis XVI interprété par l'entourage
de Bélanger esl bien au-dessus pour le goût
général des maigres, confuses et mièvres
fantaisies de Sâlambier, des compositions
moins bien ordonnées êl trop chargées d'un
Prieur et aussi de celles d'un Queverdo, les-
quels ont pourtant mis en pratique l'adjonc-
tion du genre arabesque.
De qui sont ces panneaux T.Evidemmenl d'un
peintre supérieur. Dnis-je prononcer tout
d'abord pour celte époque de l'ancien régime
le nom du spécialiste Dussault ou Uusseaux
cité par le regretté Charles Yriarle comme
étant, d'après les archives, celui de l'artiste
qui « avait assumé toule la décoration peinte»
de Bagatelle sous le comte d'Arlois ? (3) Il
(1) In-folio composé d'une introduction imprimée
de 6 pages et de 36 gravures en y comprenante la
fin, 4 planches consacrées aux vases, A Paris, chez
Joubert, an XI,
(1) Voyez à. l'appui de cette opinion le Recueil
des grotesques et compartiments peints avec camées
aux Loges du Vatican, gravé par Cbéreau et Leroy,
éditeurs, en novembre 1787.
(2) De même Lhuillier, l'ornemaniste décorateur
travaillant sous la direction de Bf-langer, Lhuillier
avait fait, sous ce rapport, un séjour très fructueux
en Italie. On doit à M. Desbairs, bibliothécaire aux
-Arts décoratifs, l'indication de l'oeuvre de Lhuillier
au château de Maisons-Laffitte, d'»près des documents
provenant des Archives nationales et que st s men-
tions de sources m'ont permis de contrôler sur les
papiers originaux.
(3) « Mémoires de Bagatelle ». Revue de Paris,
juillet et novembre 1903.
Tout cela,comme dans le précédent, marié
facilement à des arabesques légères, à un
camée central à fond de couleur surmonté
d'un aigle aux ailes déployées, avec rinceaux
de chaque côlé el en haut de l'oiseau une
coupe d'où sortent des branches à feuilles
symétriques à droite el à gauche.
Cel assemblage spirituel el riche, mais non
chargé, parce qu'il esl ordonné, rappelle loul
à fait les modèles gravés de Charles Normand,
les dépasse même en sobriété, el ce n'est pas
_peu dire. C'est simple, clair et bien rythmé.
Les formes sont très pures avec alternance
dans la combinaison. On y sent une méthode
et même du génie. Tout y est bien venu et
semble à sa place.
L'album de l'architecte Charles Normand
intitulé: Nouveau recueil de divers genres
d'ornements et autres objets propres à la déco-
ration, est, avons-nous déjà dit, de 1803 (1).
. Il présente au trait des modèles de décora-
tion amalgamant des arabesques et contours
de l'antique aux élégants motifs de la Renais-
sance du xvtc siècle ; il y a ajoute surtout ce
qui a manqué aux époques plus pauvres
d'imagination ou d'études, les figures ailées à
têtes idéalisées de femmes, les. nymphes el
amours. Mais la structuré générale comme
la suggestion sont à l'antique el se rattachent
aux découvertes récentes des fresques d'Hër-
culanum, lesquelles firent alors grand bruit
et influencèrent les directives de l'Art dans
.notre pays. On les admirait très fort parce
qu'il y avait là un renouveau jugé d'excellent
goût el que le goût d'alors, — comment
dirais-je — un peu amolli, était à relever en
France.
L'objf ctif à atteindre était d'en approprier
l'essence, le dispositif à notre art sans que
celui-ci tombât dans une servile copie. Les
chefs d'école s'y employèrent et réussirent.
Les documents Normand sont, au dire de
Champeaux, le type qui se rapproche le plus
du décor.de la fameuse salle à manger qui
nous occupe. « Il ne faut pas s'inscrire con-
tre ce jugement ; il est exact ; c'esl même
du Percier si l'on veut, mais avec une note
plus savante, plus raffinée, plus poussée en
tant qu'enjolivements où il y a à la fois du
Bérain et de l'antique grec el romain et aussi
du Raphaël > (1).
Et tout cela doté d'une grande qualité
trop oubliée de nos jours : la correction.
Or, Percier n'a pas trouvé ses éléments
ailleurs (2) ; ses conceptions en offrent l'habile
mélange.
En somme, le progrès qu'il y a ici sur les
compositions savantes de Bérain, c'esl que les
figures ont plus d'expression, plus de correc-
tion et, sur celles de Raphël, une entente de
l'aération qui manque à ces dernières. Aux
loges du Vatican, Raphaël esl inventif el déli-
cieux dans sis distributions où régnent à
côté d'arabesques à fonds de diverses cou-
leurs comme ici, des fleurs, des oiseaux :el
des papillons ; mais ses enlacements sont trop
touffus, ils emplissent et couvrent toutes les
surfaces. Ici, au contraire, l'oeil a du repos,
parce qu'il y a un certain lut d'espaces libres
el c'esl à nos yeux un grand avantage. Il y a
ce qu'on appelle la mesure, qualité bien de
notre race.
Et en tout état de cause, le style nêo-gree
de la fin Louis XVI interprété par l'entourage
de Bélanger esl bien au-dessus pour le goût
général des maigres, confuses et mièvres
fantaisies de Sâlambier, des compositions
moins bien ordonnées êl trop chargées d'un
Prieur et aussi de celles d'un Queverdo, les-
quels ont pourtant mis en pratique l'adjonc-
tion du genre arabesque.
De qui sont ces panneaux T.Evidemmenl d'un
peintre supérieur. Dnis-je prononcer tout
d'abord pour celte époque de l'ancien régime
le nom du spécialiste Dussault ou Uusseaux
cité par le regretté Charles Yriarle comme
étant, d'après les archives, celui de l'artiste
qui « avait assumé toule la décoration peinte»
de Bagatelle sous le comte d'Arlois ? (3) Il
(1) In-folio composé d'une introduction imprimée
de 6 pages et de 36 gravures en y comprenante la
fin, 4 planches consacrées aux vases, A Paris, chez
Joubert, an XI,
(1) Voyez à. l'appui de cette opinion le Recueil
des grotesques et compartiments peints avec camées
aux Loges du Vatican, gravé par Cbéreau et Leroy,
éditeurs, en novembre 1787.
(2) De même Lhuillier, l'ornemaniste décorateur
travaillant sous la direction de Bf-langer, Lhuillier
avait fait, sous ce rapport, un séjour très fructueux
en Italie. On doit à M. Desbairs, bibliothécaire aux
-Arts décoratifs, l'indication de l'oeuvre de Lhuillier
au château de Maisons-Laffitte, d'»près des documents
provenant des Archives nationales et que st s men-
tions de sources m'ont permis de contrôler sur les
papiers originaux.
(3) « Mémoires de Bagatelle ». Revue de Paris,
juillet et novembre 1903.
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