Titre : Procès-verbaux / Commission municipale du Vieux Paris
Auteur : Paris. Commission du Vieux Paris. Auteur du texte
Éditeur : Imprimerie municipale (Paris)
Date d'édition : 1921-02-26
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34437664t
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 12289 Nombre total de vues : 12289
Description : 26 février 1921 26 février 1921
Description : 1921/02/26 (N2). 1921/02/26 (N2).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001 Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5820369h
Source : Ville de Paris / Bibliothèque historique, BHVP, 2009-22757
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/12/2010
— 48.—
16. — Présentation, par M. Louis Bon-
nier, des dossiers du Casier archéolo-
gique et artistique de Faris, se rap-
portant au Xe arrondissement.
M. Louis Bonnier, inspecteur général
des services techniques d'Architecture et
d'Esthétique.— En contraste avec l'aspect
monotone de la rué d'Hduteville, nous avons
eu quelques fois l'heureusesurprise, en péné-
trant dans l'intérieur des propriétés qui la
bordent, de retrouver d'assez nombreux jar-
dins dont la contiguïté produit des espacs
libres relativement importants Certains de
ces jardins, comme celui du n° 53,ontencore
conservé de beaux arbres, éléments princi-
paux de parcs-miniatures, insoupçonnés à cet
endroit, ainsi que de petits hôtels, aujour-
d'hui pris par le Commerce, qui s'y élevèrent
dans la verdure au commencement du
xixe siècle et dont les façades, dans des fonds
de cours, s'érigent encore : architectures de
plâtre, adaptations amenuisées des grands
décors d'Italie. Nous en découvrons au
7i° 64, témoignage de l'engouement de ces
ces temps pour le rétrospectif.
D'autres sculptures, d'une saveur plus parti-
culière, animaient la calme façade du n° 54
delà rue de Bondy qui serait, celle du ci-
devant hôtel d'Aligre. Elles furent vendues
aux enchères publiques pour Un prix infime
(un louis, dit-on). Les moulages qui les rem-
placent conservent encore le charmé de
Olodion qui fut l'auteur des originaux, de
même que les dessus de glaces de Salembière,
conservés dans un salon de cette demeure,
sont représentatifs des grâces du xvme siècle
finissant. Toutes voisines, aux nos 64 et 66,
d'autres façades attestent la sobre tenue des
constructions privées de cette époque, la plu-
part si discrêtes en leurs aspects extérieurs.
Cette discrétion, que l'usage maintint jus-
qu'au romantisme, se manifestait aussi dans
les devantures de boutiques, Ainsi, au n° 21
rue des Vinaigriers, peu avenant nous pa-
raît le cabaret du Lion-d'Or, malgré les pam-
pres et les masques bachiques qui ornent les
chapiteaux de ses grilles, grilles dont de
nombreux spécimens, signalant des établis-
sements de ce genre, existent encore à Paris.
Ce mode de fermeture semblant depuis le
XVIII 0 siècle, réservé aux débits de boissons,
il serait intéressant d'en rechercher les ori-
gines.
■ Mais si les maisons bourgeoises, sauf cer-
tains détails, gardaient dans leur extérieur
une allure presque effacée, lès logis des gens
de qualité, les monuments et surtout ceux
consacrés à la gloire du roi, s'ordonnaient
avec faste. Ainsi, a la. porte Saint-Denis, pour
commémorer les victoires de Louis, l'an 1671,
François Blondel groupait les trophées, ras-
semblait autour des dépouilles des monstres
vaincus les renommées porteuses de cou-
ronnes, cependant que, tout en haut, le mo-
narque Costumé à la romaine conduisait les
batailles avec un geste noble. Girardon,
Michel Anguier. donnèrent à ces représenta-
tions une couleur, un pittoresque qui ne se
se sont pas atténuées et qui accentuent l'ori-
ginalité de la composition.
A cette interprétation si libre de l'antique,
il est piquant d'opposer le classique, relevant
du premier empire, dont la solennité froide
signale le vestibule d'un immeuble au n° 48
de la rue de Paradis. Une de ces figures,
dont la signification nous échappe et qui
occupe une niche à l'entrée de l'escalier, nous
paraît, beaucoup plus intéressante par sa
conception, qu'on pourrait appeler architec-
turale, dont cette époque, surtout dans les
bronzes, a parfois renoué l'antique tradition.
Ce dernier mot, s'appliquant à un édifice
religieux comme Saint- Vincent de-Paul, dont
voici des vues, pourrait ramener bien des
discussions sur l'expression qu'il sied de
donner aux églises.
Pour revenir à l'oeuvre où Lepère, qui la
. commença en 1824, et surtout Hittorff qui la
paracheva en 1844, se sont ressouvenus du
simple parti des basiliques latines,' qu'il nous
soit permis d'en marquer la clarté de compo-
sition, et le dessin consciencieux du détail,
auquel, la collaboration d'artistes comme
Flandrin et Rude sut donner un noble et
émouvant caractère.
Passons sans transition au spectacle d'un
des coins .les plus vivants de notre ville,
celui du canal Saint Martin, si mouvementé
à certaines heures et qui fut commencé en
1822. .
Très vieux parisien aussi est l'édifice
appelé aujourd'hui hôpital militaire Villemin,
au n° 8 de la rue des Rècollets où, sous Marié
de Médicis, les pères de ce nom établirent
un couvent, dont notre collègue M. Hartmann
possède, datée de 1620, une description ma-
nuscrite. Si quelques vestiges des bâtiments
anciens subsistent, surtout dans la cour, si
quelques galeries du cloître encore debout
attestent le passage des pauvres moines espa-
gnols, on peut dire que, par suite de ses
affectations successives, dépôt de mendicité
16. — Présentation, par M. Louis Bon-
nier, des dossiers du Casier archéolo-
gique et artistique de Faris, se rap-
portant au Xe arrondissement.
M. Louis Bonnier, inspecteur général
des services techniques d'Architecture et
d'Esthétique.— En contraste avec l'aspect
monotone de la rué d'Hduteville, nous avons
eu quelques fois l'heureusesurprise, en péné-
trant dans l'intérieur des propriétés qui la
bordent, de retrouver d'assez nombreux jar-
dins dont la contiguïté produit des espacs
libres relativement importants Certains de
ces jardins, comme celui du n° 53,ontencore
conservé de beaux arbres, éléments princi-
paux de parcs-miniatures, insoupçonnés à cet
endroit, ainsi que de petits hôtels, aujour-
d'hui pris par le Commerce, qui s'y élevèrent
dans la verdure au commencement du
xixe siècle et dont les façades, dans des fonds
de cours, s'érigent encore : architectures de
plâtre, adaptations amenuisées des grands
décors d'Italie. Nous en découvrons au
7i° 64, témoignage de l'engouement de ces
ces temps pour le rétrospectif.
D'autres sculptures, d'une saveur plus parti-
culière, animaient la calme façade du n° 54
delà rue de Bondy qui serait, celle du ci-
devant hôtel d'Aligre. Elles furent vendues
aux enchères publiques pour Un prix infime
(un louis, dit-on). Les moulages qui les rem-
placent conservent encore le charmé de
Olodion qui fut l'auteur des originaux, de
même que les dessus de glaces de Salembière,
conservés dans un salon de cette demeure,
sont représentatifs des grâces du xvme siècle
finissant. Toutes voisines, aux nos 64 et 66,
d'autres façades attestent la sobre tenue des
constructions privées de cette époque, la plu-
part si discrêtes en leurs aspects extérieurs.
Cette discrétion, que l'usage maintint jus-
qu'au romantisme, se manifestait aussi dans
les devantures de boutiques, Ainsi, au n° 21
rue des Vinaigriers, peu avenant nous pa-
raît le cabaret du Lion-d'Or, malgré les pam-
pres et les masques bachiques qui ornent les
chapiteaux de ses grilles, grilles dont de
nombreux spécimens, signalant des établis-
sements de ce genre, existent encore à Paris.
Ce mode de fermeture semblant depuis le
XVIII 0 siècle, réservé aux débits de boissons,
il serait intéressant d'en rechercher les ori-
gines.
■ Mais si les maisons bourgeoises, sauf cer-
tains détails, gardaient dans leur extérieur
une allure presque effacée, lès logis des gens
de qualité, les monuments et surtout ceux
consacrés à la gloire du roi, s'ordonnaient
avec faste. Ainsi, a la. porte Saint-Denis, pour
commémorer les victoires de Louis, l'an 1671,
François Blondel groupait les trophées, ras-
semblait autour des dépouilles des monstres
vaincus les renommées porteuses de cou-
ronnes, cependant que, tout en haut, le mo-
narque Costumé à la romaine conduisait les
batailles avec un geste noble. Girardon,
Michel Anguier. donnèrent à ces représenta-
tions une couleur, un pittoresque qui ne se
se sont pas atténuées et qui accentuent l'ori-
ginalité de la composition.
A cette interprétation si libre de l'antique,
il est piquant d'opposer le classique, relevant
du premier empire, dont la solennité froide
signale le vestibule d'un immeuble au n° 48
de la rue de Paradis. Une de ces figures,
dont la signification nous échappe et qui
occupe une niche à l'entrée de l'escalier, nous
paraît, beaucoup plus intéressante par sa
conception, qu'on pourrait appeler architec-
turale, dont cette époque, surtout dans les
bronzes, a parfois renoué l'antique tradition.
Ce dernier mot, s'appliquant à un édifice
religieux comme Saint- Vincent de-Paul, dont
voici des vues, pourrait ramener bien des
discussions sur l'expression qu'il sied de
donner aux églises.
Pour revenir à l'oeuvre où Lepère, qui la
. commença en 1824, et surtout Hittorff qui la
paracheva en 1844, se sont ressouvenus du
simple parti des basiliques latines,' qu'il nous
soit permis d'en marquer la clarté de compo-
sition, et le dessin consciencieux du détail,
auquel, la collaboration d'artistes comme
Flandrin et Rude sut donner un noble et
émouvant caractère.
Passons sans transition au spectacle d'un
des coins .les plus vivants de notre ville,
celui du canal Saint Martin, si mouvementé
à certaines heures et qui fut commencé en
1822. .
Très vieux parisien aussi est l'édifice
appelé aujourd'hui hôpital militaire Villemin,
au n° 8 de la rue des Rècollets où, sous Marié
de Médicis, les pères de ce nom établirent
un couvent, dont notre collègue M. Hartmann
possède, datée de 1620, une description ma-
nuscrite. Si quelques vestiges des bâtiments
anciens subsistent, surtout dans la cour, si
quelques galeries du cloître encore debout
attestent le passage des pauvres moines espa-
gnols, on peut dire que, par suite de ses
affectations successives, dépôt de mendicité
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 96.36%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 96.36%.
- Collections numériques similaires Chastelain Georges Chastelain Georges /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Chastelain Georges "Épîtres Épîtres /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Épîtres " Dames Dames /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Dames " Douze abus du corps Les Douze abus du corps Les /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Douze abus du corps Les "
- Auteurs similaires Chastelain Georges Chastelain Georges /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Chastelain Georges "Épîtres Épîtres /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Épîtres " Dames Dames /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Dames " Douze abus du corps Les Douze abus du corps Les /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=dc.subject adj "Douze abus du corps Les "
-
-
Page
chiffre de pagination vue 18/30
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k5820369h/f18.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k5820369h/f18.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k5820369h/f18.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k5820369h/f18.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k5820369h
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k5820369h
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k5820369h/f18.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest