Titre : Procès-verbaux / Commission municipale du Vieux Paris
Auteur : Paris. Commission du Vieux Paris. Auteur du texte
Éditeur : Imprimerie municipale (Paris)
Date d'édition : 1921-02-26
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34437664t
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 12289 Nombre total de vues : 12289
Description : 26 février 1921 26 février 1921
Description : 1921/02/26 (N2). 1921/02/26 (N2).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001 Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5820369h
Source : Ville de Paris / Bibliothèque historique, BHVP, 2009-22757
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/12/2010
— 45 —
boulevard Morland actuel et du boulevard
Bourdon.
L'explosion de cette poudrière en 1562,
détruisit une partie de l'Arsenal, brisa les
verrières de l'église des Célestins, de Saint-
Paul, de Saint-Gervais, etc. La tour elle-
même disparut tout entière, rasée au niveau
du sol.
Le souvenir de cette catastrophe ne fut sans
doute pas étranger à la décision que prit le
roi Louis XHI de placer les poudrières loin
des habitations. Il acheta des terrains de
l'autre côté de la rivière, en plate campagne
et fit construire des bâtiments pour le raffi-
nage du salpêtre. Ce fut l'origine de la Salpè-
trière.
Mais le nouvel établissement dura peu.
Lorsque l'êdit de 1656 eut décidé la construc-
tion, à la même place, de l'Hôpital général,
les bâtiments de la Salpêtrière y furent en-
globés et disparurent ainsi, en laissant leur
nom pour unique témoin de leur existence.
La fabrication des poudres rentra ainsi dans
le Grand Arsenal.
Elle était, à cette époque, administrée par
une Commission qui tenait ses pouvoirs du
Grand Maître de l'Artillerie.
En 1664, cette Commission fût donnée, à
François Berthelot, par Armand-Charles, duc
de Mazarin et de La Meilleraye, Grand Maître
de l'Artillerie en survivance de son père, le
maréchal de la Meilleraye: Elle resta pendant
près d'un siècle entre les mains de la famille
des Berthelot qui, sous divers noms, jouèrent
un rôle quelquefois important dans l'histoire,
sous Louis XIV et la Régence.
François Berthelot, le chef de la famille,
était né en 1628. En 1672, il obtenait la charge
de commissaire général des Poudres et de
Directeur de l'Artillerie de France, Il vint
loger à l'Arsenal.'
11 paraît avoir rendu, dans ces fonctions,
d'importants services, puisqu'il obtint, en
1766, le titre de comte de Saint Laurent (1),
Ce comté était un fief colonial, représenté par
une île, l'île d'Orléans, située dans le fleuve
Saint-Laurent, au Canada, à une lieue de
Québec. Le nouveau comte y avait droit de
haute, moyenne et basse justice; les habita-
tions qui bordaient l'île y avaient d'agréables
points de vue ; les terres y étaient fertiles : on
yrécoltait jusqu'à 12,000minots de blé par an.
Le présent royal n'était donc pas sans valeur.
Berthelot de Saint-Laurent continua à faire
prospérer ses affaires. En 1680, il ajoutait à
toutes ses charges celle de Trésorier général
et Secrétaire des commandements de la Dau-
phine ; l'année suivante, il devenait Conseiller
d'Etat. Mais, en 1684, il fut évincé de la Com-
mission des Poudres par une nouvelle com-
pagnie fermière, qui confia à l'un des siens,
le sieur Brunet, le soin de faire exécuter son
bail.. Cette organisation présenta de tels in-
convénients que Berthelot fut rappelé et que
la Commission générale des Poudres lui fut
rendue par le maréchal d'Humières, alors
Grand Maître de l'Artillerie.
Saint-Laurent ne quitta plus l'Arsenal, où il
mourut, en 1712, âgé de 84 ans.
Il ne mériterait pas d'entrer dans l'Histoire
générale, si l'un de ses fils ne s'était signalé
à l'attention de ses contemporains pendant
la Régence.
Saint Laurent avait épousé, en secondes
noces, Anne Renault de Duchy. dont il eut
huit enfants. L'une de ses filles épousa le
maréchal de Matignon ; le second de ses fils
fut cet Etienne Berthelot, dont la femme et la
fille se sont fait trop bien connaître.
" Etienne succéda à son père, en 1690, dans
la charge de Commissaire général de l'Artil-
lerie. Mais déjà, il ne s'appelait plus Ber-
thelot. Il avait acheté, en Bretagne. la
seigneurie de Pléneuf, entre Saint-Brieuc et
Lamballe et, désormais, il ne sera plus que
Berthelot de Pléneuf, puis M. de Pléneuf.
A sa charge de commissaire général de
l'artillerie, il en ajouta une plus importante
encore, celle de trésorier de l'extraordinaire
des guerres, qu'il achetait en 1690 de M. de
Turmenies. Ce fut là l'origine de sa fortue.
Norumé directeur général de l'artillerie en
1704, il devint premier commis de Chamillart,
secrétaire d'Etat à la guerre. Puis, lorsque le
chancelier Voysin succéda à Chamillart, il
devint premier commis de Voysin. Ces deux
charges lui permettaient de réaliser des béné-
fices immenses dans les fournitures des
armées et lui assuraient, en même temps,
l'impunité qui devait les lui conserver.
Saint-Simon avait de bonnes raisons pour
être bien renseigné sur lui. Il était un peu
son parent par la famille de la duchesse de
Saint-Simon. Le portrait qu'il en fait est peu
flatté, mais a bien l'air d'être ressemblant.
« Pléneuf était, dit-il, de ces gens du peuple
(1) Bruzen de Lamartiniére. Dictionnaire géo-
graphique (Isle d'Orléans).
boulevard Morland actuel et du boulevard
Bourdon.
L'explosion de cette poudrière en 1562,
détruisit une partie de l'Arsenal, brisa les
verrières de l'église des Célestins, de Saint-
Paul, de Saint-Gervais, etc. La tour elle-
même disparut tout entière, rasée au niveau
du sol.
Le souvenir de cette catastrophe ne fut sans
doute pas étranger à la décision que prit le
roi Louis XHI de placer les poudrières loin
des habitations. Il acheta des terrains de
l'autre côté de la rivière, en plate campagne
et fit construire des bâtiments pour le raffi-
nage du salpêtre. Ce fut l'origine de la Salpè-
trière.
Mais le nouvel établissement dura peu.
Lorsque l'êdit de 1656 eut décidé la construc-
tion, à la même place, de l'Hôpital général,
les bâtiments de la Salpêtrière y furent en-
globés et disparurent ainsi, en laissant leur
nom pour unique témoin de leur existence.
La fabrication des poudres rentra ainsi dans
le Grand Arsenal.
Elle était, à cette époque, administrée par
une Commission qui tenait ses pouvoirs du
Grand Maître de l'Artillerie.
En 1664, cette Commission fût donnée, à
François Berthelot, par Armand-Charles, duc
de Mazarin et de La Meilleraye, Grand Maître
de l'Artillerie en survivance de son père, le
maréchal de la Meilleraye: Elle resta pendant
près d'un siècle entre les mains de la famille
des Berthelot qui, sous divers noms, jouèrent
un rôle quelquefois important dans l'histoire,
sous Louis XIV et la Régence.
François Berthelot, le chef de la famille,
était né en 1628. En 1672, il obtenait la charge
de commissaire général des Poudres et de
Directeur de l'Artillerie de France, Il vint
loger à l'Arsenal.'
11 paraît avoir rendu, dans ces fonctions,
d'importants services, puisqu'il obtint, en
1766, le titre de comte de Saint Laurent (1),
Ce comté était un fief colonial, représenté par
une île, l'île d'Orléans, située dans le fleuve
Saint-Laurent, au Canada, à une lieue de
Québec. Le nouveau comte y avait droit de
haute, moyenne et basse justice; les habita-
tions qui bordaient l'île y avaient d'agréables
points de vue ; les terres y étaient fertiles : on
yrécoltait jusqu'à 12,000minots de blé par an.
Le présent royal n'était donc pas sans valeur.
Berthelot de Saint-Laurent continua à faire
prospérer ses affaires. En 1680, il ajoutait à
toutes ses charges celle de Trésorier général
et Secrétaire des commandements de la Dau-
phine ; l'année suivante, il devenait Conseiller
d'Etat. Mais, en 1684, il fut évincé de la Com-
mission des Poudres par une nouvelle com-
pagnie fermière, qui confia à l'un des siens,
le sieur Brunet, le soin de faire exécuter son
bail.. Cette organisation présenta de tels in-
convénients que Berthelot fut rappelé et que
la Commission générale des Poudres lui fut
rendue par le maréchal d'Humières, alors
Grand Maître de l'Artillerie.
Saint-Laurent ne quitta plus l'Arsenal, où il
mourut, en 1712, âgé de 84 ans.
Il ne mériterait pas d'entrer dans l'Histoire
générale, si l'un de ses fils ne s'était signalé
à l'attention de ses contemporains pendant
la Régence.
Saint Laurent avait épousé, en secondes
noces, Anne Renault de Duchy. dont il eut
huit enfants. L'une de ses filles épousa le
maréchal de Matignon ; le second de ses fils
fut cet Etienne Berthelot, dont la femme et la
fille se sont fait trop bien connaître.
" Etienne succéda à son père, en 1690, dans
la charge de Commissaire général de l'Artil-
lerie. Mais déjà, il ne s'appelait plus Ber-
thelot. Il avait acheté, en Bretagne. la
seigneurie de Pléneuf, entre Saint-Brieuc et
Lamballe et, désormais, il ne sera plus que
Berthelot de Pléneuf, puis M. de Pléneuf.
A sa charge de commissaire général de
l'artillerie, il en ajouta une plus importante
encore, celle de trésorier de l'extraordinaire
des guerres, qu'il achetait en 1690 de M. de
Turmenies. Ce fut là l'origine de sa fortue.
Norumé directeur général de l'artillerie en
1704, il devint premier commis de Chamillart,
secrétaire d'Etat à la guerre. Puis, lorsque le
chancelier Voysin succéda à Chamillart, il
devint premier commis de Voysin. Ces deux
charges lui permettaient de réaliser des béné-
fices immenses dans les fournitures des
armées et lui assuraient, en même temps,
l'impunité qui devait les lui conserver.
Saint-Simon avait de bonnes raisons pour
être bien renseigné sur lui. Il était un peu
son parent par la famille de la duchesse de
Saint-Simon. Le portrait qu'il en fait est peu
flatté, mais a bien l'air d'être ressemblant.
« Pléneuf était, dit-il, de ces gens du peuple
(1) Bruzen de Lamartiniére. Dictionnaire géo-
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