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- GRAVURES
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MELUSINE.
196
difforme. Dans un précédent article sur les pieds à
rebours, M. Gaidoz a parlé des vases grecs archaïques
qui représentent Héphsestos pied-bot (1) : c'était son
droit, puisqu'on lui contestait que les Grecs aient pu
s'imaginer Erinys avec des pieds à rebours, de rappeler
que ces mêmes Grecs se représentaient Héphaestos avec
des pieds bots. Mais il ne faudrait pas confondre le
folk-lore du pied-bot avec le folk-lore des pieds à re-
bours ; le folk-lore d'une difformité réelle, avec le folk-
lore d'une monstruosité absurde et imaginaire.
Entre autres représentations ciselées sur le coffre de
Cypsèle (oeuvre de l'art grec archaïque du VIIe siècle),
on voyait, dit Pausanias, « une femme tenant sur le
bras droit un enfant endormi, de couleur blanche, et
sur le bras gauche un autre enfant, de couleur noire,
les inscriptions
disaient — et, ajoute le Périégète, on l'aurait bien
compris sans elles — que c'étaient le Sommeil
et le Trépas sur les bras de la Nuit (Nûf) leur
mère-nourrice (2). » Gomment traduire cet
D'après Welcker (3) qui rapprochait ce
passage de la statuette Stackelberg; d'après M. Stuart
Jones (4), l'auteur de la plus récente restauration du
coffre de Cypsèle, qui traduit : both hâve their feel turned
outwards, il faudrait entendre que les enfants de Nyx,
sur le coffre de Cypsèle, avaient les pieds à rebours. Je
croirais beaucoup plutôt qu'ils étaient représentés
pieds-bots. Le grec, pour désigner cette difformité, se
servait d'une périphrase, celle justement qu'a employée
Pausanias. Pollux, énumérant les maladies des chiens
et parlant des chiens pieds bots, dit :
(V, 62).
L'art grec postérieur a représenté le Sommeil et le
Trépas non plus comme des enfants dans les bras de
leur mère, mais comme des adolescents, ou même
comme des hommes faits; non plus difformes, mais
très beaux, d'une beauté douce et grave. Pourquoi l'art
archaïque leur avait-il donné la difformité d'Hépbaestos?
Nous n'en savons rien.
Il est difficile de préciser l'époque de laquelle datent
nos deux statuettes. Elles m'ont paru n'être ni de la
belle époque grecque, ni de la très basse époque im-
périale ; au plus tôt sont-elles de l'époque hellé-
nistique. C'est à l'époque hellénistique que remontent
les deux témoignages rapportés par Pline le Naturaliste
sur les hommes à pieds à rebours; je les ai déjà rappe-
lés aux lecteurs de Mélusine (5). L'un de ces témoignages
provient des de Bâton,
le bématiste (6), qui fit l'expédition d'Alexandre et me-
sura les marches de ce prince ; l'autre des de
Mégasthènes (7), qui visita les Indes au temps des Dia-
doques. Ainsi, la littérature de merveilles qu'avait fait
naître la conquête de l'Asie connaissait, aux extrémités
(1) Mélusine, VIII, 79.
(2) Pausanias, V, 18, 1.
(3) Cité par Gerhard, Etrusk. Spiegel, I, p. 41 , note 44.
(4) The chest of Kypselos, dans le Journal of hellenic
studies, 1894, p. 57.
(5) T. VII, 39.
(6) Susemihl, Griech. Litteratur in der Alexandrinerzeit,
I, p. 544; Diltenberger, Inschr. von Olympia, p. 403.
(7) Susemihl, I; p. 547.
de , chez les peuples étranges, des hommes
ayant les pieds à rebours. Faut-il en conclure que les
Grecs avaient emprunté des Asiatiques cette imagina-
tion saugrenue ? Il est croyable que non, puisqu'on
retrouve ailleurs, à tant d'époques, et chez tant de
peuples cette invention à rire et à l'aire peur, aussi
propre à représenter le Mauvais qu'à le mettre en fuite
et à le conjurer.
Paul-F. PERDRIZET.
Athènes. 15 mai 1899.
LA FASCINATION
§ 4. Les fascinés.
E. Prophylaxie
« L'unique moyen de se préserver des sortilèges
consiste à se recommander soir et matin à Dieu, en se
leuant et sortant du lict, ou bien en se couchant Il
ne faut point ni aller, ni boire, ni manger que premiè-
rement nous n'invoquions Dieu et nous ne nous recom-
mandions à luy au nom de Notre-Seigneur Jésus-
Christ. » « L'âme peut s'élever à une telle hauteur et
devenir si céleste, que ni la sorcellerie, ni les démons
ne puissent avoir de puissance sur le corps. » « Contre
la ligature, il faut avoir recours à Dieu et à son église,
parce que quos figebant magi refigebant Aposloli et aujour-
d'hui les prêtres peuvent en faire autant. » En Angle-
terre, l'individu qui marchande un animal et ne l'achète
pas dit : God save him ! En Irlande, on ne doit jamais
louer un animal sans ajouter la même phrase ; dans le
comté de Kerry, un cheval absent dont on parle sans
la prononcer tombe malade. Dans le Limousin, « si
quelqu'un entre dans la grange des bestiaux sans dire :
Dieu soit céans ! il se rend suspect par cela seul ; si un
de ces animaux devient indocile, furieux ou malade,
nos paysans ne manquent pas de dire qu'il a été
subrévu. » Dans le département du Lot, « pour éviter
tout soupçon de fascination et pour atténuer l'effet d'un
mauvais regard, la personne à qui une voisine pré-
sente à titre de curiosité une nouvelle couvée ne
manque jamais de dire aussitôt : Diou lous fasse creyssé !
Dieu les fasse croître. » En Provence, on dit Diouv'ou
créisse, Dieu vous le croisse, lorsqu'on passe à côté
d'une femme qui pétrit de la pâte. En Suède, on dit :
Trollen till maerke ! Orosadt foer Gud ! Gud bewahre ho-
nom ! Dans toute l'Allemagne, chaque fois que l'on
prononce ou entend un mot louangeur, il faut dire :
Goll behiil es ! ou Dass dich Golt behiit ! ou Behiil's Gotl ou
Wenn es Golles Wille isl ! Goll sey bei uns ! Dans le Meck-
lembourg, dès que l'on entre dans l'étable d'autrui, il
faut dire : Gotl help ! En Carinthie, on dit Goll-apfüeste !
Dieu le protège. Dans la Hesse, après avoir caché le
trou de la serrure avec un vêtement, on dit en se cou-
chant :
Ich lege mich in Gottes Macht,
In Gottes Kraft,
In Christi Blut ,
Dass mir kein Mensch nichts boeses thut.
MELUSINE.
196
difforme. Dans un précédent article sur les pieds à
rebours, M. Gaidoz a parlé des vases grecs archaïques
qui représentent Héphsestos pied-bot (1) : c'était son
droit, puisqu'on lui contestait que les Grecs aient pu
s'imaginer Erinys avec des pieds à rebours, de rappeler
que ces mêmes Grecs se représentaient Héphaestos avec
des pieds bots. Mais il ne faudrait pas confondre le
folk-lore du pied-bot avec le folk-lore des pieds à re-
bours ; le folk-lore d'une difformité réelle, avec le folk-
lore d'une monstruosité absurde et imaginaire.
Entre autres représentations ciselées sur le coffre de
Cypsèle (oeuvre de l'art grec archaïque du VIIe siècle),
on voyait, dit Pausanias, « une femme tenant sur le
bras droit un enfant endormi, de couleur blanche, et
sur le bras gauche un autre enfant, de couleur noire,
les inscriptions
disaient — et, ajoute le Périégète, on l'aurait bien
compris sans elles — que c'étaient le Sommeil
et le Trépas sur les bras de la Nuit (Nûf) leur
mère-nourrice (2). » Gomment traduire cet
D'après Welcker (3) qui rapprochait ce
passage de la statuette Stackelberg; d'après M. Stuart
Jones (4), l'auteur de la plus récente restauration du
coffre de Cypsèle, qui traduit : both hâve their feel turned
outwards, il faudrait entendre que les enfants de Nyx,
sur le coffre de Cypsèle, avaient les pieds à rebours. Je
croirais beaucoup plutôt qu'ils étaient représentés
pieds-bots. Le grec, pour désigner cette difformité, se
servait d'une périphrase, celle justement qu'a employée
Pausanias. Pollux, énumérant les maladies des chiens
et parlant des chiens pieds bots, dit :
(V, 62).
L'art grec postérieur a représenté le Sommeil et le
Trépas non plus comme des enfants dans les bras de
leur mère, mais comme des adolescents, ou même
comme des hommes faits; non plus difformes, mais
très beaux, d'une beauté douce et grave. Pourquoi l'art
archaïque leur avait-il donné la difformité d'Hépbaestos?
Nous n'en savons rien.
Il est difficile de préciser l'époque de laquelle datent
nos deux statuettes. Elles m'ont paru n'être ni de la
belle époque grecque, ni de la très basse époque im-
périale ; au plus tôt sont-elles de l'époque hellé-
nistique. C'est à l'époque hellénistique que remontent
les deux témoignages rapportés par Pline le Naturaliste
sur les hommes à pieds à rebours; je les ai déjà rappe-
lés aux lecteurs de Mélusine (5). L'un de ces témoignages
provient des de Bâton,
le bématiste (6), qui fit l'expédition d'Alexandre et me-
sura les marches de ce prince ; l'autre des de
Mégasthènes (7), qui visita les Indes au temps des Dia-
doques. Ainsi, la littérature de merveilles qu'avait fait
naître la conquête de l'Asie connaissait, aux extrémités
(1) Mélusine, VIII, 79.
(2) Pausanias, V, 18, 1.
(3) Cité par Gerhard, Etrusk. Spiegel, I, p. 41 , note 44.
(4) The chest of Kypselos, dans le Journal of hellenic
studies, 1894, p. 57.
(5) T. VII, 39.
(6) Susemihl, Griech. Litteratur in der Alexandrinerzeit,
I, p. 544; Diltenberger, Inschr. von Olympia, p. 403.
(7) Susemihl, I; p. 547.
de , chez les peuples étranges, des hommes
ayant les pieds à rebours. Faut-il en conclure que les
Grecs avaient emprunté des Asiatiques cette imagina-
tion saugrenue ? Il est croyable que non, puisqu'on
retrouve ailleurs, à tant d'époques, et chez tant de
peuples cette invention à rire et à l'aire peur, aussi
propre à représenter le Mauvais qu'à le mettre en fuite
et à le conjurer.
Paul-F. PERDRIZET.
Athènes. 15 mai 1899.
LA FASCINATION
§ 4. Les fascinés.
E. Prophylaxie
« L'unique moyen de se préserver des sortilèges
consiste à se recommander soir et matin à Dieu, en se
leuant et sortant du lict, ou bien en se couchant Il
ne faut point ni aller, ni boire, ni manger que premiè-
rement nous n'invoquions Dieu et nous ne nous recom-
mandions à luy au nom de Notre-Seigneur Jésus-
Christ. » « L'âme peut s'élever à une telle hauteur et
devenir si céleste, que ni la sorcellerie, ni les démons
ne puissent avoir de puissance sur le corps. » « Contre
la ligature, il faut avoir recours à Dieu et à son église,
parce que quos figebant magi refigebant Aposloli et aujour-
d'hui les prêtres peuvent en faire autant. » En Angle-
terre, l'individu qui marchande un animal et ne l'achète
pas dit : God save him ! En Irlande, on ne doit jamais
louer un animal sans ajouter la même phrase ; dans le
comté de Kerry, un cheval absent dont on parle sans
la prononcer tombe malade. Dans le Limousin, « si
quelqu'un entre dans la grange des bestiaux sans dire :
Dieu soit céans ! il se rend suspect par cela seul ; si un
de ces animaux devient indocile, furieux ou malade,
nos paysans ne manquent pas de dire qu'il a été
subrévu. » Dans le département du Lot, « pour éviter
tout soupçon de fascination et pour atténuer l'effet d'un
mauvais regard, la personne à qui une voisine pré-
sente à titre de curiosité une nouvelle couvée ne
manque jamais de dire aussitôt : Diou lous fasse creyssé !
Dieu les fasse croître. » En Provence, on dit Diouv'ou
créisse, Dieu vous le croisse, lorsqu'on passe à côté
d'une femme qui pétrit de la pâte. En Suède, on dit :
Trollen till maerke ! Orosadt foer Gud ! Gud bewahre ho-
nom ! Dans toute l'Allemagne, chaque fois que l'on
prononce ou entend un mot louangeur, il faut dire :
Goll behiil es ! ou Dass dich Golt behiit ! ou Behiil's Gotl ou
Wenn es Golles Wille isl ! Goll sey bei uns ! Dans le Meck-
lembourg, dès que l'on entre dans l'étable d'autrui, il
faut dire : Gotl help ! En Carinthie, on dit Goll-apfüeste !
Dieu le protège. Dans la Hesse, après avoir caché le
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