Titre : Le Matin : derniers télégrammes de la nuit
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1932-12-10
Contributeur : Edwards, Alfred (1856-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 décembre 1932 10 décembre 1932
Description : 1932/12/10 (Numéro 17797). 1932/12/10 (Numéro 17797).
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/06/2008
49'Année W 17797
"^TEMPÉRATURE 'Uf
Ce 10 décembre, 13' jour de la lune. Lever à
15 h. 43; coucher 5 h. 9. Lever du soleil 7 h. 34;
coucher à 15 h. 53.̃ =
Le même temps d'hiver, sans pluie, ni neige.,
N.-E.-E. modéré, froid, gelée. Beau on peu,
nuageux. Baromètre oscillant. Paris, 766 nuit, <
|o; jour, 0».
Dépression du S. persistera Espagne, légère S.
France. Autres Répressions faibles- N. Islande et au –=
iarge 0. Mande. 775"" Ecosse.
PRONOSTICS D'AVIATION. -Paris, 7 heures, ==
Londres-midi,- Barls-Strasbourg N.-E.-E.. 4 =
10 m. Beau où pcu nuageux.
BOUL- & FAUBR POISSONNIÈRE, PARIS (IXe) TEL. PROVENCE 15-01, 15-02, 15-03,15-06 ADRESSE TÉLÉGR.: MATIN-PARIS
Samedi 10 Décembre 1932
'uiiiip:
IL FAUT ACTIVER L'EXAMEN DU BUDGET
La commission des finances devra-t-elle
longtemps encore attendre ies chiures définitifs =
des budgets de dépenses
des plus importants départements ministériels ? e=
Le Parlement est saisi de la question
des dettes interalliée*
et de l'échéance du 15 décembre
V Les commissions des affaires étrangères et des finances de la Chambre
et du Sénat ont entendu MM. Herriot et Germain-Martin
La cômmission des finances de la Chambre, par 26 voix et 9 abstentions
se prononce contre le versement tandis que la commission des affaires
étrangères, par 21 voix, contre 3, accepte le principe du paiement
si les réserves ne sont pas unilatérales
A défaut du grand débat public
primitivement annoncé, la question
des dettes a fait, hier, à, la Cham-
bre,' l'objet d'un-examen-attentif et
discussions. passionnées au sein
de là \commissi6n des finances et de
la commission des affaires étran-
Dès'te',matin; -au: cours d'une réu-
nion commune, elles entendirent
De haut en' bas MM. FRANçoIS-
ALBERT, président de la commission,
des affaires étrangères de la Chambre,
et Malvy, président de la commission
des finances (Phot. H. Manuel).
M. Herriot. Le chef du gouverne-
ment fit longuement l'historique de
l'affaire des dettes et commenta les
diverses attitudes que la France peut
prendre .à l'occasion,, du, versement
du 15 décembre.
A aucun moment, ni lui ni le mi-
nistre des finances, qui fit également
un exposé technique, ne dirent quelle
solution ils demanderaient à la
Chambre de voter lundi prochain.
Cependant, auprès cette audition, il
était apparu clairement aux mem-
bres des deux commissions que le
président du conseil s'orientait vers
t un paiement sous réerves, celles-ci
conditionnant juridiquement une
revision ultérieure qui s'impose en
justice, sinon en droit, après le mo-
ratoire Hoover et les accords de
Lausanne qui en furént la cbnsé-
quence.
Il y a seulement trois jours, on ne
rencontrait ddns les couloirs du Pa-
lais-Bourbon aucun député disposé
se rallier à une telle proposition.
M. HENRY Bêrenger (en haut) et
1 M. JOSEPH Cahaaux (phot. Manuel
frères).
Mais, peu à peu, l'impression pre-
mière s'était modifiée. Certains pa-
raissaiént reculer devant les dan-
gers d'un vote de carence et il ne
paraissait plus ünpossible que le
gouvernement remontât la pente
grâce à l'autorité de son chef.
Ses .amts. ne manquaient pas
d'ailleurs de souligner hier, que
M. Herriot venait de remporter un
nouveau succès personnel considé-
rable, en amenant M. MacDonald à
négocier à Paris et à créer un front
commun franco-britannique sur une.
question où le risque le plus grave
que nous courions est celui de l'iso-
lement. Cependant, à l'issue.de l'au-
dition du chef du gouvernement, il
était visible qu'un doute subsistait
dans l'esprit de pas mai de commis-
saires sur la valeur juridique et la
portée pratique de réserves qui,
étant unilatérales, se montreraient
aussi inopérantes que celles déjà
formulées à l'unanimité par les deux
Chambres, lors de la ratification de
l'accord Mellon-Berenger et qui sti-
pulaient formellement qu'en aucun
cas nous ne verserions plus que nous
ne recevrions de l'Allemagne.
Mais, dans une controverse de ce
genre, le gouvernement est toujours
défavorisé du fait que la réserve di-
«̃ plomatiaue ne lui permet pas d'éta-
blir publiquement tous ses rensei-
gnements. Et certains assuraient
aue, s2tr ce point, il avait en main
des notes qui lui apportaient une
garantie sérieuse que, cette fois, nos
réserves seraient prises en considé-.
ration.
Certains juristes assuraient même,
que le fait seul d'accepter un paye-,
ment effectué sous .la réserve d'une
modification de contrat revient à.
accepter le principe de celle-ci. Si-,
non, il faut refuser le versement
conditionnel.
Les choses paraissaient évoluer'
ainsi assez favorablement au gré du
gouvernement quand, dans la soirée,
une bombe éclata ou? devait tout re-
mettre en question.
Par 26 voix contre 9 abstentions,
la commission des finances, se re-
fusant à attendre que le gouverne-
ment eut déposé son' projet, se prb-
'̃ nonça contre, le principe même du
versement du 15 décembre.
Et la commisison des affaires
étrangères écarta également, par 25
voix contre 2, tout paiement, même
accompagné de réserves, selon la
thèse anglaise. Mais, plus diplomate,
élle ouvrit la 'portes ̃ à une, entente
éventuelle en acceptant, par 21 voix
contre 3, le principe du paiement,
si les réserves ne sont pas unilaté-
rales, c'est-à-dire si les Etats-Unis
acceptent au. préalable la. réunion
d'une conférence internationale des
dettes.
Ce matin, les deux commissions
de la Chambre tiendront une réu-
nion commune afin d'unifier leurs
doctrines.
Celles du Sénat, qui ont égaté-
ment entendu hier après-midi M.
Herriot, voudront sans doute faire
connaître la leur.
Alors M. Herriot aura en main
tous les éléments du problème au
point de vue parlementaire.
Sans doute, en dépit de votes aussi
massifs, ne faut-il pas prendre au
tragique les' petites manifestations
auxquelles se sont les
le gouvernement soumettra aux
ves qui ne manqueront pas d'accom-
pagner l'offre de Paiement.
Sur ce point, le président du
conseil n'a pas àbattù son jeu. Il
a gardé le secret le plus complet sur
ses intentions et il est possible qu'il
présente aux Chambres un texte qui
se rapproche, tout au moins, de. la
solution admise par la commission
des affaires étrangères.
Enfin, quand le débat viendra de-
vant la Chambre, la question de
confiance sera posée et ce sont les
groupes qui devront prendre ouver-
tement position. Et c'est de leur dé-
cision que découlera le sort. d'une
bataille qui promet, d'être chaude-
ment et longuement disputée.
MM. Herriot et Germain-Martin
devant les commissions parlementaires
L'affaire des dettes est entrée hier
dans sa phase décisive. Le Parlement
est maintenant saisi du problème d'une
façon précise, officielle et les couloirs
n'ont cessé de marquer la plus vive agi-
tation.
Dès ia matinée, les commissions des
finances et des affaires étrangères ont
tenu à la Chambre une réunion com-
mune consacrée à l'audition du prési-
dent du conseil et du ministre des finan-
ces, sur le prpblème des dettes inter-
alliées et, plus spécialement, sur l'éché-
ance américaine du 15 décembre.
L'exposé de M. Herriot a, tout d'abord,
consisté dans un historique de la ques-
tion des dettes de guerre avec référence
à de nombreux textes se rapportant aux
accords successifs et notamment de ce-
lui de MM..Bérenger et Mellon, ainsi
qu'au règlement des réparations et au
résultat de la conférence de Lausanne.
M. Herriot a mis les commissions au
courant des intentions du gouvernement
britannique et des conversations oui ont
eu lieu jeudi à l'ambassade d'Angleterre
avec MM. MacDonald et Neville Cham-
berlain en ce qui concerne, tant le rè-
glement de, l'échéance du. 15 décembre
que la convocation de la conférence éco-
nomique mondiale.
Il n'a cependant pas fait part aux
commissions de ses intentions person-
nelles en ce qui concerne la solution à
apporter a' la question de l'échéance
américaine du 15 décembre. Le but que
le chef du gouvernement s'est proposé
était, en effet, d'éclairer pleinement les
commissions par un exposé purement
objectif avant au'elles entreprennent
l'examen des diverses propositions
qu'elles auront à'examiner avant le dé-
bat public qui s'engagera devant la
Chambre, lundL
La réponse américaine
M. Herriot a communiqué une pre-
mière traduction de la réponse du secré-
taire d'Etat américain, M. Stimson, à
la deuxième note du gouvernement
français adressée à Washington.
(Voir la suite' en 3* ptee)
COPAINS
Toi auast, mon pauvre petit,
tu es victime de la mécanique.. le
crottin se fait rare
Adolî Hitler accepte
la démission
de Gregor Strasser
chef de la propagande
des nationaux-socialistes
Vers un remaniement dans les
cadres et l'organisation politique
dû parti nazi
Berlin, 9 décembre. (Dép. Havas).
La, démission du, cllefraciste, M. Gre-
GREGOR STRASSER
gor Strasser, de ses fonctions d'organi-
sateur de la propagande nationale-socia-
liste est désormais un fait acquis.
Le lieutenant d'Adolf Hitler a bel et
bien adressé à celui-ci une lettre lui
ofirant de résigner ses fonctions et cette
démission a été. acceptée.
Toutefois, il n'aurait pas encore pro-
posé des renoncer à son mandat de dé-
puté au Reichstag.
Ces faits sont reconnus par le parti
national-socialiste en un communiqué
relatif à la séance qu'il a tenue après
l'ajournement du Parlement.
Cette séance a eu pour but de noti-
fier à la fraction raciste au Reichtag le
« cas Strasser » et de formuler le point
de vue du parti.
La..direction du mouvement national-
socialiste a ajouté qu'elle n'estimait pas
que d'autres personnalités racistes sui-
vent l'exemple de M. Strasser.
Le capitaine Roehm, chef des .troupes
d'assaut jet des sections de protection
A. la suite du congé de Grever Stras-
ser,- déclare-t-il, Adolf Hitler procédera
à une série de remaniements- dans les
cadres et l'organisation du,
parti, mais les troupes' d'assaut et les
sections de protection ne seront nulle-
ment touchées.
Dans un train arrivant de Kehl
à Strasbourg
on trouve un obus allemand chargé
Strasbourg, 9 décembre Télégr.
Matin. A l'arrivée du train de Kehl
à Strasbourg, les employés de la gare,
visitant les compartiments, ont décou-
vert sous une banquette d'une voiture
de troisième' classe un obus allemand.;
L'autorité militaire a fait enlever l'en-
gin qui était chargé.
La Ville de Paris
crée au Collège de France
une chaire .d'art monumental
M. Paul Léon, directeur'
des beaux-arts,, en sera,le titulaire
Après un court débat, le conseil muni-
cipal de. Paris a voté, hier, sur .la pro-
position de M. Georges Contenot, la
création d'u n e
chaire municipale
au Collège de
France, ayant
pour objet l'his-
toire de l'art mo-
numentàl.
La désignation
du titulaire ap-
partient au Col-
lège de France;
mais avant.même
que l'assemblée
ait émis son vote,
M. Edouard Re-
nard, préfet de la
Seine, 'avait fait
connaître que le
choix du Collège
de France se por-
terait sur M. Paul
Léon, directeur
des beaux-arts.
Cette mesure
va donc créer pro-
M. Paul LEON
chainement la vacance de la direction
des beaux-arts où, ainsi qu'il a été déjà
indiqué, sera vraisemblablement appelé
M. Bollaërt, directeur du cabinet du
président du conseil.
M1 Andréç JACQUEMONT
Les élections
au conseil
de l'ordre
A u troisième
tour de scrutin,
Me André Jacque-
mot a été élu,
hier, par 410 voix
sur 486, membre
du conseil de
l'ordre des avo-
cats à la cour de
Paris, en rempla-
ceihent de Me de
Saint-Auban, élu
bâtonnier.
Le conseil de
l'ordre est main-
tenant complet.
En voulant faire taire sa femme
un homme ivre l'étouffé
Lyok, 9,' décembre. Télégr. Matin.
Le teinturier Henri Bardey, 50 ans,
30, route :de Vaux, et sa femme, née
Marie-Louise Dupuis,, 44 ans, ayant tous
deux bu plus que de raison, se prirent
de querelle. Bardey rossa son épouse
qui cria si fort que, exaspéré et ne
parvenant pas à la faire taire, il lui
roula une couverture autour de la tête.
La malheureuse se tut enfin. Elle avait
succombé à l'étouffement.
Bardey a été écroué pour homicide
involontaire.
LE DESARMEMENT A GENEVE
Journée de négociations
sur rëgalite des droits
Les cc quatre» semblent
s'être mis d'accord
Les experts élaborent une formule
susceptible d'obtenir l'adhésion duReich
qui, dans deua mémorandums, avait fait
connaître hier son point de vue
[DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]
Genève,. 9 décembre. Par télé-
phone. Fiévreuses, nerveuses, sou-
vent décousues car, il paraît qu'il
faut en' finir dimanche, au plus
tard les conversations à cinq ont
repris ce matin avec la participa-
tion de M. Ramsay MacDonald.
C'est avec une attention particu-
lière qu'a été examiné, ce matin, un
document remis par le barori von
Neurath et destiné à répondre à la
demande de M. Paul-Boncour, à
préciser la significationr pratique de
l'égalité des droits. Ce mémoran-
dum ne diffère que très peu de la
note remise par,»|s ..même ministre,,
le 29 août 1932, â' M. François-Pon-
cet, notre ambassadeur à Berlin.
Mais il contient un mot, un seul qui
a, particulièrement, mis en éveil la
vigilance du représentant. de la
France. Ce mot c'est notamment qui
précède une énumération, à pre-
mière vue, fort incomplète des
échantillons de l'application sur le
terrain, peut-on dire, de l'égalité des
droits. Ce mot suffit, en effet, pour
donner à la réponse allemande une
valeur extensible et incontrôlable, au
lieu de fournir des précisions de dé-
tail. Le notamment du baron von
Neurath 'permet de sous-entendre
bien des choses et notamment
cette fois-ci, c'est moi qui le dis
cette suppression de la zone démi-
litarisée, dont le jeu reprend dans
toutes les conversations officieuses
avec une inquiétante fréquence.
Aussi M. Ramsay MacDonald s'est-il
refusé à entamer une discussion détail-
lée. susceptible de l'engager sur tel
autre point dissimulant, peut-être, un
hameçon difficile à discerner au cours
d'un rapide, examen.
Pareil débat, dit-il, dépasse le ca-
dre de nos coiversations. Si vous vou-'
lez le- poursuivre,, trous n'avez qu'à le
porter deuant la coarjérence, dont c'est
précisément le rôle.
Henry de Kqrab ,J
LA ROUTE Et LE RAIL
La Fédération nationale
des transporteurs de France
n'a pas adhéré aux conclusions
de la commission d'entente entre
le tail et la route
M. H. Mùsnier, président de la Fé-
dération nationale des transporteurs de
France que nous avions mentionnée
comme ayant adhéré aux ,conclusions
de là commission d'entente entre la
route et le rail, présidée par M. Heil-
bronner, nous écrit que, si sa fédéra-
tion a bien assisté aux premières réu-
nions de la commission, elle s'en est
retirée.
Après avoir exposé nos points de
vue à différentes reprises, ne voulant
pas entéririer des mesures que .nous es-
timions préjudiciables nos adhérents,
nous nous sommes retirés de 1a confé-
rence.
Personne n'est plus désireux que moi
d'une collaboration efficace du rail. et
de la, route, mais, que celle-ci s'exerce
dans la liberté A un tel programme,
nécessaire pour la prospérité de notre
pays, je suis prêt à souscrire. Qu'on
rende au fer l'élasticité qui lui mau-
que, mais qu'on n'arrête pas l'essor des
transports routiers! laisse
leur collaboration cette indépendance
dont les heureux résultats se manifes-
tent aujourd'hui par. la liaison de plus
de plus étroite entre les grands centres
et les moindres villages.
Un dessin de Toulouse-Lautrec
vendu 22.000 francs
Yvette Guilbert saluant le public
par Toulouse-Lautrec.
Dans une vente de tableaux et des
sins modernes qui avait lieu hier; à l'Hô-
tel des ventes, une peinture sur papier
calque de Toulouse-Lautrec représentant
Yvette Guilbert saluânt le public, a été
adjugée 22.Q00 francs Cette étudï pour
une lithographie ne mesure que iV cen-
timètres sur 23.
Dans la même vacation, une petite
étude au fusain rehaussée de pastel par
Degas Danseuse faisant des pointes.
a été payée 10.650 francs. Une étude de
nu à la mine de plomb par Ingres.
ayant servi à l'Apothéose a a
été. adjugée 7.000 francs la même èn-
chère a été enregistrée pour un; pein-
turc de Degas, Portrait de fenv-ie. Un
tableau de Boudin, mesurant 31 centi-
mètres sur 40, le Bassin de Deauvillc, se
cote 5.500 francs.
Une violente diatribe
de M. de Unamuno
contre les méthodes
du gouvernement
espagnol
« Les procédés actuets sont les
mêmes qae ceux de la dictature
de Primo de Rivera »
dit au u Matin » celui qui fut l'un des
fondateurs de la jeune République
M. MIGUEL DE UNAMUNO
[DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER]
MADRID, 9 décembre. Par téléphone.
La politique suivie par le gouverne-
ment que préside M. Azanu donne lieu
à de sévères critiques de la part de nom-
breuses personnalités républicaines. Cel-
les-ci ne. craignent pas de déclarer que
l'application qui est faite des lois
d'exception votées au lendemain du mou-
vement insurectionnel du 10 août, ainsi
qué de la loi de défense de la Républi-
que, donne au régime actlcel toutes les
caractéristiques d'une dictature parle-
mentaire. Il était intéressai de connaî-
tre l'opinion de l'illustre recteur de
l'université de Salamanque, l'éminent
écrivain M. Miguel de Unamuno, l'un
des fondateurs de la République qui,
dernièrement, dans une conférences à
l'Ateneo s'exprimait ainsi
Je souffre des maux de l'Es-
pagne je souffre des maux de la
République
M. Miguel de Unamuno nous a.
dit ̃̃̃̃̃'̃'
satisfait de la' BépuDllqûe. Je ne
suis pas un homme de parti et on!
me l'a reproché assez souvent. Mais,
servir un parti contre la justice, ça
jamais
(Voir la suite en Dernière Heure)
SUR LE MARCHE DES CHANGES
La livre à 82,68 après 82,10
La livre a encore enregistré des fluc-
tuations en sens divers, d'une certaine
ampleur.
Après avoir terminé, la veille, a 82,85,
elle est tombée en effet, au début de
la matinée, aux alentours immédiats de
82 francs, pour se redresser ensuite
progressivement jusqu'à 82,70 en séance
officielle et clôturer à 82,68
Le dollar, de son côté, n'a fait qu'ef-
fleurer le cours de 25,62 pour se traiter
ensuite elatre 25,615 et 25,6175, contre
25,62 jeudi.
La première Française
agrégée de droit public
Mlle Suzanne Basdèvànt, âgée de
26 ans, est depuis quelques' jours la
première Française agrégée de, droit
public. Cette
Mlle Suzanne BASDEVANT
jeune fille, dont
le père est pro-
,fesseur:de droit
international pu-
blic et juriscon-
sulte du mini-
tère des-affaires
étrangères, s e
présentait pour
la, première fois
au concours. Le
fait est d'au-
tant plus remar-
quable. que, gé-
néralement, on
ne devient agré-
gé d droit
qu'après quel-
-ques échecs pré-
liminaires, et,
qu'en outre, le
concours de
cette année avait
rassemblé rîf> rp-
doutables concurrents au nombre des-
quels on comptait un député du Cantal,
ancien délégué de la France à la So-
ciété des nations
La brillante agrégée attend mainte-
nant la décision ministérielle qui l'en-
verra prochainement expliquer à des
étudiants à peine moins âgés qu'elle
les difficiles questions juridiques dont
la connaissance lui a valu le diplôme
envié.
La nomination de M. Avenol
comme secrétaire général dé' la S.D.N.
GENÈVE, 9 dé-
cembre. Téléph.
Matin. Cet
après-midi, a u
scrutin secret et
à l'appel nomi-
na,. l'assemblée
de la Société
des nations a ap-
prouvé par 42
voix contre un
bulletin blanc, la
résolution du
conseil de nom-
mer M. Avenol
secrétaire géné-
ral de la S.D.N.
à partir du lor
juillet prochain.
A l'occasion de
son départ, Sir
Eric Drummond
a été aujourd'hui
M. AVENOL
l'objet d'une grande manifestation de
sympathie de la part des délégations
à l'assemblée extraordinaire de la S.D.N.
En cinquième page
LES MILLE ET UN MATINS
La leçon, par Maurice Renard.
Le passé
des cambrioleurs
responsables de la mort
-de M. Donald Ross
Redoutables bandits spécialistes de
l'évasion, ils sont étroitement gardés
à ya prison de Saint-Julien
[DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]
ANNECY, 9 décembre. Par téléphone.
Dans la prison délabrée de Saint-Ju-
lien-en-Genevois, dont les barreaux des-
cellés semblent être un encouragement
à l'évasion, deux gardiens seulement
veillent sur la dizaine de détenus qui y
reçoivent actuellement l'hospitalité.
Quand les prisonniers sont des voleurs
de basse souche ou des interdits de sé-
jour de petite extraction, le service de
surveillance ne nécessite pas de précau-
tions spéciales. La présence de Sauva-
geot. Guillemot et Anchisi ne laisse plus
le moindre loisir au. concierge de garde,
dont le sommeil est maintenant peuplé'
de cauchemars.
Car les trois bandits responsables de
la mort de Ross sont des professionnels
heureux de'l'évasion.
,Tous trois ont déjà, en èffet, été con-
damnés plusieurs fois pour des méfaits
plus ou moins graves interdits de sé-
jour, ils ont réussi à^se cacher plusieurs
mois dans la région, en toute impunité.
Les évasions d'Anchisi, pour ne par-
ler que de' lui, sont devenues légen-
daires.
Une nuait, son passage avait été si-
gnalé à la frontière il n'hésita pas à
effectuer un véritable saut périlleux par-
dessus la tête du gendarme qui se pré-
sentait pour l'arrêter il retomba sur
ses jambes. en Suisse, mais dans les
bras d'un autre gendarme qui l'emmena
à Genève.
(Voir la suite en Dernière Heure)
L'hiver persiste
et s'aggrave
La dépression dtc sud amène en France
des pluies et même des neiges. On a
recueilli 3mm à Angoulême, 7 à Sëte,
10 à Lyon, 14 à Montélimar, 16 à Nîmes
et même en Corse, 11 mm à Ajaccio. Au
rnatin du 9, la neige tombe en Auvergne,
tandis que le beau temps persiste dans
la moitié Nord de la France les-gelées
sont taibles –2°, Paris" comme à
Orléans, Chûteauroux 3° à Chartres,
Beauvais, Nancy, Strasbourg, Dijon, Ar-
gentan; Bourges; 4° à Metz et Ro-
milly. Dans le Sud, au contraire, les
maxima de la tteille ont encore dorné
̃14° à Nïçef. 15, a; Pau, 19 à Bayonne,
Ajaccio \est resté à 16, Bordeaux à 11,
pératures de la moitié Nord.
Anetan changement n'est à prévoir
pour la journée du 10 belle.et froide au
-nord, même plus.- iroide" douce avec
;pluies au sud, neige .en montagnes, du
Centre, des Pyrénées, des Alpes.
Cabriel Guilbert,
directeur des.services météorologiques
du Matin.
En 4' page
TOURISME ET, NAVIGATION,
L'AGRESSEUR
DE Mme CLÈRE
RUE PHILIPPE-AUGUSTE
EST SOUS LES VERROUS
C'est un repris de justice déjà
titulaire de quatre condamnations
et recherché pour vol
On se souvient des circonstances dans
lesquelles Mme Clère, demeurait 62,
avenue Philippe-Auguste,' était trouvée'
inanimée par son mari, mardi, vers
20 heures. La malheureuse avait été
frappée à la tête à coups d'un instru-
ment contondant. Elle fut aussitôt
transportée à l'hôpital Saint-Antoine
où son état ne permit pas de l'interjro-
ger. A l'heure actuelle, et malgré l'opé-
ration du trépan qu'elle a dû subir
hier, Mme Clère est dans un état qui
inspire les plus sérieuses inquiétudes.
Dès le début de l'enquête, menée par,
Baptiste Dureux dans les couloira
du Palais
le brigadier chef Piguet et les inspec-
teurs Legendre et Sahuc, de la brigade
spéciale, sous la direction de M. Guil-
laume, commissaire divisionnaire à la
police judiciaire, un détail avait retenu
l'attention des enquêteurs la présence
de deux tasses à café vides de leur
contenu, d'une bouteille de liqueur et
de nombreux bouts de cigarettes con-
sumées suffisait à prouver que le
meurtrier était assez connu du ménage
pour avoir été reçu par Mme Clère,
non seulement sans méfiance, mais; en-
core avec quelque cordialité. M. Clère
fut ainsi aaieqé raconter¡ aux policiers
que, la véiBe*a son retour chez lui,
il avait trouvé sa femme en compagnie
d'un client qu'il avait connu à Chartres
à l'époque où il gérait dans cette ville
un débit-tabac, rue Collin-d'Arleville
M. Clère-avait trouvé cette visite d'au-
tant plus naturelle que, sur le point, de
quitter Chartres après avoir vendu son
fonds, en octobre dernier, n'avait in-
vité ce client à venir le voir à sa nou-
velle adresse, 62, avenue Philippe-Au-
guste.
(Voir la suite en 2e Aage, 2e colonne)
Un cambriolage, en quatre épisodes suivi de l'assassinat de Mme Hell
amène trois bandits devant les assises de Seine-et-Oise
Le neveu de la victime et son ami Beyls répondent du crime
de meurtre avec préméditation
Quant à Many il doit rendre compte seulement de ses vols
De gauche à droite André GUENAULT, RENÉ Beyls, Gabriel Manx.-
au banc des accusés
Propos d'un Parisien
La crise modifie peu à peu les
mœurs. On voit naître des coutumes
nouvelles.
La dernière en date est celle du
« buffet de gare Autrefois, dans
la société parisienne, on invitait,
de temps en temps, ses amis à dîner.
A cette occasion, on sortait tout ce
qu'on pouvait de verrerie, d'argen-
terie, de luminaires on mettait les
petits plats dans les grands.
Après quoi, les amis « rendaient»
quelle expression rendre un dî-
ner le dîner et tout- cet en-
semble faisait vivre une foule de
gens les domestiques et les femmes
de chambre, et les'cuisinières, et le
verrier dans sa soufflerie, et le ma-
raîcher qui fournissait l'artichaut,
et le pêcheur qui péchait la barbue,
et l'herbager qui avait produit la
viande, et le vigneron qui avait
pressé le grain.
Mais, aujourd'hui, on commence à
être plus modeste et plus pratique.
Un Parisien a imaginé le buffet per-
manent. Il l'appelle mon buffet de
gare. Au dimanche üxé, il reçoit ses
relations qui sont nombreuses. Des
plats froids sont préparés. Chacun,
entre deux conversations, va s'en
garnir l'assiette. Pas d'heure fixée
vous venez quand vous voulez, entre
seize heures et minuit vous mangez
ce que vous voulez vous partez à
votre gré. Aucune contrainte.
Cette façon de recevoir est nou-
velle à Paris. Est-ce un progrès ?
Ne discutons pas mais constatons
que la mode prend, qu'elle a du suc-
cès et qu'elle marque son heure dans
l'histoire si variée de la capitale.
Louis Forest.
Le 30 janvier dernier, dans le pavil-
lon qu'elle habitait seule à Neuilly-Plai-
sance, la veuve Hell, une rentière de 70
ans, était trouvée,morte, la tête ensan-
glantée, un bâillon sur la bouche. L'as-
sassinat remontait probablement à huit
jours.
Son neveu, André Guenault, fut ar-
rêté comme il essayait de .vendre des
couverts d'argent il dénonça deux
complices René Beyls et Gabriel Many,
et tous trois comparaissaient hier aux
assises de Seine-et-Oise.
Guenault a 22 ans Beyls, 20 Many,
26 les deux premiers seuls sont accusés
d'assassinat, le troisième de vol seule-
ment car, avant de tuer la septuagénai-
re, les misérables l'avaient cambriolée
trois fois Many flancha devant la qua-
trième expedition, pressentant qu'elle
tournerait mal.
Guenault, à qui sa. tante avait prêté
de l'argent, la croyait très il '-e il sa-
vait qu'elle n'avait plus la tête très solide
et qu'elle oubliait souvent de fermer sa
porte.
Jours de fête
Vers la Noël ils entrèrent la nuit dans
le pavillon ils s'étaient munis d'une
pince monseigneur, d'une corde et d'un
flacon d'éther Mais Mme Hell ne s'éveil-
la pas. Ils purent, sans être dérangés,
fracturer portes et meubles, trouvèrent
dans un tiroir 4.300 francs qu'ils se par-
tagèrent et quelques bijoux que, Gue-
nault engagea au mont-de-piété.
Ils revinrent le ler janvier,. toujours
avec la-corde et le flacon d'éther, mais
cette fois encore Mme Hell échappa à
la tnort elle dormait sur un fauteuil,
dans sa chambre comme Beyls prépa-
rait le tampon d'éther, elle s'éveilla en
sursaut et poussa un cri perçant ils
s'enfuirent, non sans avoir enlevé au
vol de l'argenterie et quelques bijoux
encore qui- allèrent rejoindre les autres
au Crédit municipal.
Une fois de plus, avec la corde et le
flacon d'éther, à quelques jours de là,
ils revinrent la septuagénaire ne dor-
mait pas elle se mit à chanter. Ils se
blottirent dans la cave et parvinrent à
S'esquiver.
Le 24 janvier, Many, qui en avait
assez, les laissa retourner au pavillon
Guenault s'obstinait sa tante avait
200.000 francs et ils finiraient bien par
mettre la main dessus. Les jeunes ban-
dits la trouvèrent qui dormait, habillée,
"^TEMPÉRATURE 'Uf
Ce 10 décembre, 13' jour de la lune. Lever à
15 h. 43; coucher 5 h. 9. Lever du soleil 7 h. 34;
coucher à 15 h. 53.̃ =
Le même temps d'hiver, sans pluie, ni neige.,
N.-E.-E. modéré, froid, gelée. Beau on peu,
nuageux. Baromètre oscillant. Paris, 766 nuit, <
|o; jour, 0».
Dépression du S. persistera Espagne, légère S.
France. Autres Répressions faibles- N. Islande et au –=
iarge 0. Mande. 775"" Ecosse.
PRONOSTICS D'AVIATION. -Paris, 7 heures, ==
Londres-midi,- Barls-Strasbourg N.-E.-E.. 4 =
10 m. Beau où pcu nuageux.
BOUL- & FAUBR POISSONNIÈRE, PARIS (IXe) TEL. PROVENCE 15-01, 15-02, 15-03,15-06 ADRESSE TÉLÉGR.: MATIN-PARIS
Samedi 10 Décembre 1932
'uiiiip:
IL FAUT ACTIVER L'EXAMEN DU BUDGET
La commission des finances devra-t-elle
longtemps encore attendre ies chiures définitifs =
des budgets de dépenses
des plus importants départements ministériels ? e=
Le Parlement est saisi de la question
des dettes interalliée*
et de l'échéance du 15 décembre
V Les commissions des affaires étrangères et des finances de la Chambre
et du Sénat ont entendu MM. Herriot et Germain-Martin
La cômmission des finances de la Chambre, par 26 voix et 9 abstentions
se prononce contre le versement tandis que la commission des affaires
étrangères, par 21 voix, contre 3, accepte le principe du paiement
si les réserves ne sont pas unilatérales
A défaut du grand débat public
primitivement annoncé, la question
des dettes a fait, hier, à, la Cham-
bre,' l'objet d'un-examen-attentif et
discussions. passionnées au sein
de là \commissi6n des finances et de
la commission des affaires étran-
Dès'te',matin; -au: cours d'une réu-
nion commune, elles entendirent
De haut en' bas MM. FRANçoIS-
ALBERT, président de la commission,
des affaires étrangères de la Chambre,
et Malvy, président de la commission
des finances (Phot. H. Manuel).
M. Herriot. Le chef du gouverne-
ment fit longuement l'historique de
l'affaire des dettes et commenta les
diverses attitudes que la France peut
prendre .à l'occasion,, du, versement
du 15 décembre.
A aucun moment, ni lui ni le mi-
nistre des finances, qui fit également
un exposé technique, ne dirent quelle
solution ils demanderaient à la
Chambre de voter lundi prochain.
Cependant, auprès cette audition, il
était apparu clairement aux mem-
bres des deux commissions que le
président du conseil s'orientait vers
t un paiement sous réerves, celles-ci
conditionnant juridiquement une
revision ultérieure qui s'impose en
justice, sinon en droit, après le mo-
ratoire Hoover et les accords de
Lausanne qui en furént la cbnsé-
quence.
Il y a seulement trois jours, on ne
rencontrait ddns les couloirs du Pa-
lais-Bourbon aucun député disposé
se rallier à une telle proposition.
M. HENRY Bêrenger (en haut) et
1 M. JOSEPH Cahaaux (phot. Manuel
frères).
Mais, peu à peu, l'impression pre-
mière s'était modifiée. Certains pa-
raissaiént reculer devant les dan-
gers d'un vote de carence et il ne
paraissait plus ünpossible que le
gouvernement remontât la pente
grâce à l'autorité de son chef.
Ses .amts. ne manquaient pas
d'ailleurs de souligner hier, que
M. Herriot venait de remporter un
nouveau succès personnel considé-
rable, en amenant M. MacDonald à
négocier à Paris et à créer un front
commun franco-britannique sur une.
question où le risque le plus grave
que nous courions est celui de l'iso-
lement. Cependant, à l'issue.de l'au-
dition du chef du gouvernement, il
était visible qu'un doute subsistait
dans l'esprit de pas mai de commis-
saires sur la valeur juridique et la
portée pratique de réserves qui,
étant unilatérales, se montreraient
aussi inopérantes que celles déjà
formulées à l'unanimité par les deux
Chambres, lors de la ratification de
l'accord Mellon-Berenger et qui sti-
pulaient formellement qu'en aucun
cas nous ne verserions plus que nous
ne recevrions de l'Allemagne.
Mais, dans une controverse de ce
genre, le gouvernement est toujours
défavorisé du fait que la réserve di-
«̃ plomatiaue ne lui permet pas d'éta-
blir publiquement tous ses rensei-
gnements. Et certains assuraient
aue, s2tr ce point, il avait en main
des notes qui lui apportaient une
garantie sérieuse que, cette fois, nos
réserves seraient prises en considé-.
ration.
Certains juristes assuraient même,
que le fait seul d'accepter un paye-,
ment effectué sous .la réserve d'une
modification de contrat revient à.
accepter le principe de celle-ci. Si-,
non, il faut refuser le versement
conditionnel.
Les choses paraissaient évoluer'
ainsi assez favorablement au gré du
gouvernement quand, dans la soirée,
une bombe éclata ou? devait tout re-
mettre en question.
Par 26 voix contre 9 abstentions,
la commission des finances, se re-
fusant à attendre que le gouverne-
ment eut déposé son' projet, se prb-
'̃ nonça contre, le principe même du
versement du 15 décembre.
Et la commisison des affaires
étrangères écarta également, par 25
voix contre 2, tout paiement, même
accompagné de réserves, selon la
thèse anglaise. Mais, plus diplomate,
élle ouvrit la 'portes ̃ à une, entente
éventuelle en acceptant, par 21 voix
contre 3, le principe du paiement,
si les réserves ne sont pas unilaté-
rales, c'est-à-dire si les Etats-Unis
acceptent au. préalable la. réunion
d'une conférence internationale des
dettes.
Ce matin, les deux commissions
de la Chambre tiendront une réu-
nion commune afin d'unifier leurs
doctrines.
Celles du Sénat, qui ont égaté-
ment entendu hier après-midi M.
Herriot, voudront sans doute faire
connaître la leur.
Alors M. Herriot aura en main
tous les éléments du problème au
point de vue parlementaire.
Sans doute, en dépit de votes aussi
massifs, ne faut-il pas prendre au
tragique les' petites manifestations
auxquelles se sont les
le gouvernement soumettra aux
ves qui ne manqueront pas d'accom-
pagner l'offre de Paiement.
Sur ce point, le président du
conseil n'a pas àbattù son jeu. Il
a gardé le secret le plus complet sur
ses intentions et il est possible qu'il
présente aux Chambres un texte qui
se rapproche, tout au moins, de. la
solution admise par la commission
des affaires étrangères.
Enfin, quand le débat viendra de-
vant la Chambre, la question de
confiance sera posée et ce sont les
groupes qui devront prendre ouver-
tement position. Et c'est de leur dé-
cision que découlera le sort. d'une
bataille qui promet, d'être chaude-
ment et longuement disputée.
MM. Herriot et Germain-Martin
devant les commissions parlementaires
L'affaire des dettes est entrée hier
dans sa phase décisive. Le Parlement
est maintenant saisi du problème d'une
façon précise, officielle et les couloirs
n'ont cessé de marquer la plus vive agi-
tation.
Dès ia matinée, les commissions des
finances et des affaires étrangères ont
tenu à la Chambre une réunion com-
mune consacrée à l'audition du prési-
dent du conseil et du ministre des finan-
ces, sur le prpblème des dettes inter-
alliées et, plus spécialement, sur l'éché-
ance américaine du 15 décembre.
L'exposé de M. Herriot a, tout d'abord,
consisté dans un historique de la ques-
tion des dettes de guerre avec référence
à de nombreux textes se rapportant aux
accords successifs et notamment de ce-
lui de MM..Bérenger et Mellon, ainsi
qu'au règlement des réparations et au
résultat de la conférence de Lausanne.
M. Herriot a mis les commissions au
courant des intentions du gouvernement
britannique et des conversations oui ont
eu lieu jeudi à l'ambassade d'Angleterre
avec MM. MacDonald et Neville Cham-
berlain en ce qui concerne, tant le rè-
glement de, l'échéance du. 15 décembre
que la convocation de la conférence éco-
nomique mondiale.
Il n'a cependant pas fait part aux
commissions de ses intentions person-
nelles en ce qui concerne la solution à
apporter a' la question de l'échéance
américaine du 15 décembre. Le but que
le chef du gouvernement s'est proposé
était, en effet, d'éclairer pleinement les
commissions par un exposé purement
objectif avant au'elles entreprennent
l'examen des diverses propositions
qu'elles auront à'examiner avant le dé-
bat public qui s'engagera devant la
Chambre, lundL
La réponse américaine
M. Herriot a communiqué une pre-
mière traduction de la réponse du secré-
taire d'Etat américain, M. Stimson, à
la deuxième note du gouvernement
français adressée à Washington.
(Voir la suite' en 3* ptee)
COPAINS
Toi auast, mon pauvre petit,
tu es victime de la mécanique.. le
crottin se fait rare
Adolî Hitler accepte
la démission
de Gregor Strasser
chef de la propagande
des nationaux-socialistes
Vers un remaniement dans les
cadres et l'organisation politique
dû parti nazi
Berlin, 9 décembre. (Dép. Havas).
La, démission du, cllefraciste, M. Gre-
GREGOR STRASSER
gor Strasser, de ses fonctions d'organi-
sateur de la propagande nationale-socia-
liste est désormais un fait acquis.
Le lieutenant d'Adolf Hitler a bel et
bien adressé à celui-ci une lettre lui
ofirant de résigner ses fonctions et cette
démission a été. acceptée.
Toutefois, il n'aurait pas encore pro-
posé des renoncer à son mandat de dé-
puté au Reichstag.
Ces faits sont reconnus par le parti
national-socialiste en un communiqué
relatif à la séance qu'il a tenue après
l'ajournement du Parlement.
Cette séance a eu pour but de noti-
fier à la fraction raciste au Reichtag le
« cas Strasser » et de formuler le point
de vue du parti.
La..direction du mouvement national-
socialiste a ajouté qu'elle n'estimait pas
que d'autres personnalités racistes sui-
vent l'exemple de M. Strasser.
Le capitaine Roehm, chef des .troupes
d'assaut jet des sections de protection
A. la suite du congé de Grever Stras-
ser,- déclare-t-il, Adolf Hitler procédera
à une série de remaniements- dans les
cadres et l'organisation du,
parti, mais les troupes' d'assaut et les
sections de protection ne seront nulle-
ment touchées.
Dans un train arrivant de Kehl
à Strasbourg
on trouve un obus allemand chargé
Strasbourg, 9 décembre Télégr.
Matin. A l'arrivée du train de Kehl
à Strasbourg, les employés de la gare,
visitant les compartiments, ont décou-
vert sous une banquette d'une voiture
de troisième' classe un obus allemand.;
L'autorité militaire a fait enlever l'en-
gin qui était chargé.
La Ville de Paris
crée au Collège de France
une chaire .d'art monumental
M. Paul Léon, directeur'
des beaux-arts,, en sera,le titulaire
Après un court débat, le conseil muni-
cipal de. Paris a voté, hier, sur .la pro-
position de M. Georges Contenot, la
création d'u n e
chaire municipale
au Collège de
France, ayant
pour objet l'his-
toire de l'art mo-
numentàl.
La désignation
du titulaire ap-
partient au Col-
lège de France;
mais avant.même
que l'assemblée
ait émis son vote,
M. Edouard Re-
nard, préfet de la
Seine, 'avait fait
connaître que le
choix du Collège
de France se por-
terait sur M. Paul
Léon, directeur
des beaux-arts.
Cette mesure
va donc créer pro-
M. Paul LEON
chainement la vacance de la direction
des beaux-arts où, ainsi qu'il a été déjà
indiqué, sera vraisemblablement appelé
M. Bollaërt, directeur du cabinet du
président du conseil.
M1 Andréç JACQUEMONT
Les élections
au conseil
de l'ordre
A u troisième
tour de scrutin,
Me André Jacque-
mot a été élu,
hier, par 410 voix
sur 486, membre
du conseil de
l'ordre des avo-
cats à la cour de
Paris, en rempla-
ceihent de Me de
Saint-Auban, élu
bâtonnier.
Le conseil de
l'ordre est main-
tenant complet.
En voulant faire taire sa femme
un homme ivre l'étouffé
Lyok, 9,' décembre. Télégr. Matin.
Le teinturier Henri Bardey, 50 ans,
30, route :de Vaux, et sa femme, née
Marie-Louise Dupuis,, 44 ans, ayant tous
deux bu plus que de raison, se prirent
de querelle. Bardey rossa son épouse
qui cria si fort que, exaspéré et ne
parvenant pas à la faire taire, il lui
roula une couverture autour de la tête.
La malheureuse se tut enfin. Elle avait
succombé à l'étouffement.
Bardey a été écroué pour homicide
involontaire.
LE DESARMEMENT A GENEVE
Journée de négociations
sur rëgalite des droits
Les cc quatre» semblent
s'être mis d'accord
Les experts élaborent une formule
susceptible d'obtenir l'adhésion duReich
qui, dans deua mémorandums, avait fait
connaître hier son point de vue
[DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]
Genève,. 9 décembre. Par télé-
phone. Fiévreuses, nerveuses, sou-
vent décousues car, il paraît qu'il
faut en' finir dimanche, au plus
tard les conversations à cinq ont
repris ce matin avec la participa-
tion de M. Ramsay MacDonald.
C'est avec une attention particu-
lière qu'a été examiné, ce matin, un
document remis par le barori von
Neurath et destiné à répondre à la
demande de M. Paul-Boncour, à
préciser la significationr pratique de
l'égalité des droits. Ce mémoran-
dum ne diffère que très peu de la
note remise par,»|s ..même ministre,,
le 29 août 1932, â' M. François-Pon-
cet, notre ambassadeur à Berlin.
Mais il contient un mot, un seul qui
a, particulièrement, mis en éveil la
vigilance du représentant. de la
France. Ce mot c'est notamment qui
précède une énumération, à pre-
mière vue, fort incomplète des
échantillons de l'application sur le
terrain, peut-on dire, de l'égalité des
droits. Ce mot suffit, en effet, pour
donner à la réponse allemande une
valeur extensible et incontrôlable, au
lieu de fournir des précisions de dé-
tail. Le notamment du baron von
Neurath 'permet de sous-entendre
bien des choses et notamment
cette fois-ci, c'est moi qui le dis
cette suppression de la zone démi-
litarisée, dont le jeu reprend dans
toutes les conversations officieuses
avec une inquiétante fréquence.
Aussi M. Ramsay MacDonald s'est-il
refusé à entamer une discussion détail-
lée. susceptible de l'engager sur tel
autre point dissimulant, peut-être, un
hameçon difficile à discerner au cours
d'un rapide, examen.
Pareil débat, dit-il, dépasse le ca-
dre de nos coiversations. Si vous vou-'
lez le- poursuivre,, trous n'avez qu'à le
porter deuant la coarjérence, dont c'est
précisément le rôle.
Henry de Kqrab ,J
LA ROUTE Et LE RAIL
La Fédération nationale
des transporteurs de France
n'a pas adhéré aux conclusions
de la commission d'entente entre
le tail et la route
M. H. Mùsnier, président de la Fé-
dération nationale des transporteurs de
France que nous avions mentionnée
comme ayant adhéré aux ,conclusions
de là commission d'entente entre la
route et le rail, présidée par M. Heil-
bronner, nous écrit que, si sa fédéra-
tion a bien assisté aux premières réu-
nions de la commission, elle s'en est
retirée.
Après avoir exposé nos points de
vue à différentes reprises, ne voulant
pas entéririer des mesures que .nous es-
timions préjudiciables nos adhérents,
nous nous sommes retirés de 1a confé-
rence.
Personne n'est plus désireux que moi
d'une collaboration efficace du rail. et
de la, route, mais, que celle-ci s'exerce
dans la liberté A un tel programme,
nécessaire pour la prospérité de notre
pays, je suis prêt à souscrire. Qu'on
rende au fer l'élasticité qui lui mau-
que, mais qu'on n'arrête pas l'essor des
transports routiers! laisse
leur collaboration cette indépendance
dont les heureux résultats se manifes-
tent aujourd'hui par. la liaison de plus
de plus étroite entre les grands centres
et les moindres villages.
Un dessin de Toulouse-Lautrec
vendu 22.000 francs
Yvette Guilbert saluant le public
par Toulouse-Lautrec.
Dans une vente de tableaux et des
sins modernes qui avait lieu hier; à l'Hô-
tel des ventes, une peinture sur papier
calque de Toulouse-Lautrec représentant
Yvette Guilbert saluânt le public, a été
adjugée 22.Q00 francs Cette étudï pour
une lithographie ne mesure que iV cen-
timètres sur 23.
Dans la même vacation, une petite
étude au fusain rehaussée de pastel par
Degas Danseuse faisant des pointes.
a été payée 10.650 francs. Une étude de
nu à la mine de plomb par Ingres.
ayant servi à l'Apothéose a a
été. adjugée 7.000 francs la même èn-
chère a été enregistrée pour un; pein-
turc de Degas, Portrait de fenv-ie. Un
tableau de Boudin, mesurant 31 centi-
mètres sur 40, le Bassin de Deauvillc, se
cote 5.500 francs.
Une violente diatribe
de M. de Unamuno
contre les méthodes
du gouvernement
espagnol
« Les procédés actuets sont les
mêmes qae ceux de la dictature
de Primo de Rivera »
dit au u Matin » celui qui fut l'un des
fondateurs de la jeune République
M. MIGUEL DE UNAMUNO
[DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER]
MADRID, 9 décembre. Par téléphone.
La politique suivie par le gouverne-
ment que préside M. Azanu donne lieu
à de sévères critiques de la part de nom-
breuses personnalités républicaines. Cel-
les-ci ne. craignent pas de déclarer que
l'application qui est faite des lois
d'exception votées au lendemain du mou-
vement insurectionnel du 10 août, ainsi
qué de la loi de défense de la Républi-
que, donne au régime actlcel toutes les
caractéristiques d'une dictature parle-
mentaire. Il était intéressai de connaî-
tre l'opinion de l'illustre recteur de
l'université de Salamanque, l'éminent
écrivain M. Miguel de Unamuno, l'un
des fondateurs de la République qui,
dernièrement, dans une conférences à
l'Ateneo s'exprimait ainsi
Je souffre des maux de l'Es-
pagne je souffre des maux de la
République
M. Miguel de Unamuno nous a.
dit ̃̃̃̃̃'̃'
satisfait de la' BépuDllqûe. Je ne
suis pas un homme de parti et on!
me l'a reproché assez souvent. Mais,
servir un parti contre la justice, ça
jamais
(Voir la suite en Dernière Heure)
SUR LE MARCHE DES CHANGES
La livre à 82,68 après 82,10
La livre a encore enregistré des fluc-
tuations en sens divers, d'une certaine
ampleur.
Après avoir terminé, la veille, a 82,85,
elle est tombée en effet, au début de
la matinée, aux alentours immédiats de
82 francs, pour se redresser ensuite
progressivement jusqu'à 82,70 en séance
officielle et clôturer à 82,68
Le dollar, de son côté, n'a fait qu'ef-
fleurer le cours de 25,62 pour se traiter
ensuite elatre 25,615 et 25,6175, contre
25,62 jeudi.
La première Française
agrégée de droit public
Mlle Suzanne Basdèvànt, âgée de
26 ans, est depuis quelques' jours la
première Française agrégée de, droit
public. Cette
Mlle Suzanne BASDEVANT
jeune fille, dont
le père est pro-
,fesseur:de droit
international pu-
blic et juriscon-
sulte du mini-
tère des-affaires
étrangères, s e
présentait pour
la, première fois
au concours. Le
fait est d'au-
tant plus remar-
quable. que, gé-
néralement, on
ne devient agré-
gé d droit
qu'après quel-
-ques échecs pré-
liminaires, et,
qu'en outre, le
concours de
cette année avait
rassemblé rîf> rp-
doutables concurrents au nombre des-
quels on comptait un député du Cantal,
ancien délégué de la France à la So-
ciété des nations
La brillante agrégée attend mainte-
nant la décision ministérielle qui l'en-
verra prochainement expliquer à des
étudiants à peine moins âgés qu'elle
les difficiles questions juridiques dont
la connaissance lui a valu le diplôme
envié.
La nomination de M. Avenol
comme secrétaire général dé' la S.D.N.
GENÈVE, 9 dé-
cembre. Téléph.
Matin. Cet
après-midi, a u
scrutin secret et
à l'appel nomi-
na,. l'assemblée
de la Société
des nations a ap-
prouvé par 42
voix contre un
bulletin blanc, la
résolution du
conseil de nom-
mer M. Avenol
secrétaire géné-
ral de la S.D.N.
à partir du lor
juillet prochain.
A l'occasion de
son départ, Sir
Eric Drummond
a été aujourd'hui
M. AVENOL
l'objet d'une grande manifestation de
sympathie de la part des délégations
à l'assemblée extraordinaire de la S.D.N.
En cinquième page
LES MILLE ET UN MATINS
La leçon, par Maurice Renard.
Le passé
des cambrioleurs
responsables de la mort
-de M. Donald Ross
Redoutables bandits spécialistes de
l'évasion, ils sont étroitement gardés
à ya prison de Saint-Julien
[DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]
ANNECY, 9 décembre. Par téléphone.
Dans la prison délabrée de Saint-Ju-
lien-en-Genevois, dont les barreaux des-
cellés semblent être un encouragement
à l'évasion, deux gardiens seulement
veillent sur la dizaine de détenus qui y
reçoivent actuellement l'hospitalité.
Quand les prisonniers sont des voleurs
de basse souche ou des interdits de sé-
jour de petite extraction, le service de
surveillance ne nécessite pas de précau-
tions spéciales. La présence de Sauva-
geot. Guillemot et Anchisi ne laisse plus
le moindre loisir au. concierge de garde,
dont le sommeil est maintenant peuplé'
de cauchemars.
Car les trois bandits responsables de
la mort de Ross sont des professionnels
heureux de'l'évasion.
,Tous trois ont déjà, en èffet, été con-
damnés plusieurs fois pour des méfaits
plus ou moins graves interdits de sé-
jour, ils ont réussi à^se cacher plusieurs
mois dans la région, en toute impunité.
Les évasions d'Anchisi, pour ne par-
ler que de' lui, sont devenues légen-
daires.
Une nuait, son passage avait été si-
gnalé à la frontière il n'hésita pas à
effectuer un véritable saut périlleux par-
dessus la tête du gendarme qui se pré-
sentait pour l'arrêter il retomba sur
ses jambes. en Suisse, mais dans les
bras d'un autre gendarme qui l'emmena
à Genève.
(Voir la suite en Dernière Heure)
L'hiver persiste
et s'aggrave
La dépression dtc sud amène en France
des pluies et même des neiges. On a
recueilli 3mm à Angoulême, 7 à Sëte,
10 à Lyon, 14 à Montélimar, 16 à Nîmes
et même en Corse, 11 mm à Ajaccio. Au
rnatin du 9, la neige tombe en Auvergne,
tandis que le beau temps persiste dans
la moitié Nord de la France les-gelées
sont taibles –2°, Paris" comme à
Orléans, Chûteauroux 3° à Chartres,
Beauvais, Nancy, Strasbourg, Dijon, Ar-
gentan; Bourges; 4° à Metz et Ro-
milly. Dans le Sud, au contraire, les
maxima de la tteille ont encore dorné
̃14° à Nïçef. 15, a; Pau, 19 à Bayonne,
Ajaccio \est resté à 16, Bordeaux à 11,
pératures de la moitié Nord.
Anetan changement n'est à prévoir
pour la journée du 10 belle.et froide au
-nord, même plus.- iroide" douce avec
;pluies au sud, neige .en montagnes, du
Centre, des Pyrénées, des Alpes.
Cabriel Guilbert,
directeur des.services météorologiques
du Matin.
En 4' page
TOURISME ET, NAVIGATION,
L'AGRESSEUR
DE Mme CLÈRE
RUE PHILIPPE-AUGUSTE
EST SOUS LES VERROUS
C'est un repris de justice déjà
titulaire de quatre condamnations
et recherché pour vol
On se souvient des circonstances dans
lesquelles Mme Clère, demeurait 62,
avenue Philippe-Auguste,' était trouvée'
inanimée par son mari, mardi, vers
20 heures. La malheureuse avait été
frappée à la tête à coups d'un instru-
ment contondant. Elle fut aussitôt
transportée à l'hôpital Saint-Antoine
où son état ne permit pas de l'interjro-
ger. A l'heure actuelle, et malgré l'opé-
ration du trépan qu'elle a dû subir
hier, Mme Clère est dans un état qui
inspire les plus sérieuses inquiétudes.
Dès le début de l'enquête, menée par,
Baptiste Dureux dans les couloira
du Palais
le brigadier chef Piguet et les inspec-
teurs Legendre et Sahuc, de la brigade
spéciale, sous la direction de M. Guil-
laume, commissaire divisionnaire à la
police judiciaire, un détail avait retenu
l'attention des enquêteurs la présence
de deux tasses à café vides de leur
contenu, d'une bouteille de liqueur et
de nombreux bouts de cigarettes con-
sumées suffisait à prouver que le
meurtrier était assez connu du ménage
pour avoir été reçu par Mme Clère,
non seulement sans méfiance, mais; en-
core avec quelque cordialité. M. Clère
fut ainsi aaieqé raconter¡ aux policiers
que, la véiBe*a son retour chez lui,
il avait trouvé sa femme en compagnie
d'un client qu'il avait connu à Chartres
à l'époque où il gérait dans cette ville
un débit-tabac, rue Collin-d'Arleville
M. Clère-avait trouvé cette visite d'au-
tant plus naturelle que, sur le point, de
quitter Chartres après avoir vendu son
fonds, en octobre dernier, n'avait in-
vité ce client à venir le voir à sa nou-
velle adresse, 62, avenue Philippe-Au-
guste.
(Voir la suite en 2e Aage, 2e colonne)
Un cambriolage, en quatre épisodes suivi de l'assassinat de Mme Hell
amène trois bandits devant les assises de Seine-et-Oise
Le neveu de la victime et son ami Beyls répondent du crime
de meurtre avec préméditation
Quant à Many il doit rendre compte seulement de ses vols
De gauche à droite André GUENAULT, RENÉ Beyls, Gabriel Manx.-
au banc des accusés
Propos d'un Parisien
La crise modifie peu à peu les
mœurs. On voit naître des coutumes
nouvelles.
La dernière en date est celle du
« buffet de gare Autrefois, dans
la société parisienne, on invitait,
de temps en temps, ses amis à dîner.
A cette occasion, on sortait tout ce
qu'on pouvait de verrerie, d'argen-
terie, de luminaires on mettait les
petits plats dans les grands.
Après quoi, les amis « rendaient»
quelle expression rendre un dî-
ner le dîner et tout- cet en-
semble faisait vivre une foule de
gens les domestiques et les femmes
de chambre, et les'cuisinières, et le
verrier dans sa soufflerie, et le ma-
raîcher qui fournissait l'artichaut,
et le pêcheur qui péchait la barbue,
et l'herbager qui avait produit la
viande, et le vigneron qui avait
pressé le grain.
Mais, aujourd'hui, on commence à
être plus modeste et plus pratique.
Un Parisien a imaginé le buffet per-
manent. Il l'appelle mon buffet de
gare. Au dimanche üxé, il reçoit ses
relations qui sont nombreuses. Des
plats froids sont préparés. Chacun,
entre deux conversations, va s'en
garnir l'assiette. Pas d'heure fixée
vous venez quand vous voulez, entre
seize heures et minuit vous mangez
ce que vous voulez vous partez à
votre gré. Aucune contrainte.
Cette façon de recevoir est nou-
velle à Paris. Est-ce un progrès ?
Ne discutons pas mais constatons
que la mode prend, qu'elle a du suc-
cès et qu'elle marque son heure dans
l'histoire si variée de la capitale.
Louis Forest.
Le 30 janvier dernier, dans le pavil-
lon qu'elle habitait seule à Neuilly-Plai-
sance, la veuve Hell, une rentière de 70
ans, était trouvée,morte, la tête ensan-
glantée, un bâillon sur la bouche. L'as-
sassinat remontait probablement à huit
jours.
Son neveu, André Guenault, fut ar-
rêté comme il essayait de .vendre des
couverts d'argent il dénonça deux
complices René Beyls et Gabriel Many,
et tous trois comparaissaient hier aux
assises de Seine-et-Oise.
Guenault a 22 ans Beyls, 20 Many,
26 les deux premiers seuls sont accusés
d'assassinat, le troisième de vol seule-
ment car, avant de tuer la septuagénai-
re, les misérables l'avaient cambriolée
trois fois Many flancha devant la qua-
trième expedition, pressentant qu'elle
tournerait mal.
Guenault, à qui sa. tante avait prêté
de l'argent, la croyait très il '-e il sa-
vait qu'elle n'avait plus la tête très solide
et qu'elle oubliait souvent de fermer sa
porte.
Jours de fête
Vers la Noël ils entrèrent la nuit dans
le pavillon ils s'étaient munis d'une
pince monseigneur, d'une corde et d'un
flacon d'éther Mais Mme Hell ne s'éveil-
la pas. Ils purent, sans être dérangés,
fracturer portes et meubles, trouvèrent
dans un tiroir 4.300 francs qu'ils se par-
tagèrent et quelques bijoux que, Gue-
nault engagea au mont-de-piété.
Ils revinrent le ler janvier,. toujours
avec la-corde et le flacon d'éther, mais
cette fois encore Mme Hell échappa à
la tnort elle dormait sur un fauteuil,
dans sa chambre comme Beyls prépa-
rait le tampon d'éther, elle s'éveilla en
sursaut et poussa un cri perçant ils
s'enfuirent, non sans avoir enlevé au
vol de l'argenterie et quelques bijoux
encore qui- allèrent rejoindre les autres
au Crédit municipal.
Une fois de plus, avec la corde et le
flacon d'éther, à quelques jours de là,
ils revinrent la septuagénaire ne dor-
mait pas elle se mit à chanter. Ils se
blottirent dans la cave et parvinrent à
S'esquiver.
Le 24 janvier, Many, qui en avait
assez, les laissa retourner au pavillon
Guenault s'obstinait sa tante avait
200.000 francs et ils finiraient bien par
mettre la main dessus. Les jeunes ban-
dits la trouvèrent qui dormait, habillée,
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