Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir
Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)
Date d'édition : 1909-08-28
Contributeur : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 28 août 1909 28 août 1909
Description : 1909/08/28 (Numéro 11991). 1909/08/28 (Numéro 11991).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 08/04/2008
Le battit r*ari«i©tl
M. Boulot. Ce fut une belle soi-
rée. Mounet-Sully s'est surpassé. Je
suis allé le féliciter dans les coulisses et,
il m'a dit: « Mon cher Boulot, voici
ennn les compliments- d'un véritable j
connaisseur. » Nous l'inviterons à dîner,
à notre retour avec ma vieille amie, la
petite Bartet. Je l'ai connue, elle n'était
pas plus haute que ça
MME BOULOT. Tu garderas le sou-
tenir de cette soirée, hein, Eugène ?
EUGÈNE. Quelle soirée ?
MME BOULOT. La soirée du
Théâtre-Français. tu sais bien ?. Ce
bon M. Claretie nous avait envoyé sa
loge?.
Eugène. Rappelle pas.
MME BOULOT. Voyons, Eugène, ne
fais pas le ta.quin. Vendredi dernier.
il y a huit jours.
Eugène. Rappelle pas.
M. BOULOT. Ne sois pas têtu 1
EUGÈNE, (à pleine voix). Pas la pei-
ne de me pincer comme ça, sous la ta-
ble. Vendredi dernier, on a été au Ci-
néma de la rue de Douai, et pour ne pas
me payer une place à dix sous, tu m'as
pris sur tes genoux. J'ai même eu une
crampe.
M. BOULOT. Ça suffit, Eugène, ça
suffit. Tu es un méchant enfant. Tu
fais beaucoup de peine à ta mère et à
moi, mais tu n'emporteras pas tout cela
en paradis. Pendant que ta mère va
acheter des fruits confits et des gants, tu
vas signer avec moi des cartes postales.
Levons-nous de table et passons dans le
salon de l'hôtel. (ils sortent).
(M. Boulot achète une série de cartes
postales représentana les pLus hauts
sommets rles montagnes du Vanphiné
le Pelvoux, la Meije, la Barre des
Ecrins, etc.
Ni. BOULOT, (écrivant). « Chers
amis, mon fils et moi, nous venons de
faire l'ascension de cette montagne inac-
cessible, Ma femme n'a pu nous suivre,
comme bien vous le pensez. Je suis un
peu blasé sur ces sortes d'émotions,
mais je tiens à montrer à Eugène la
beauté des cimes et à remplir de bon air
ses poumons. » Dis donc, Eugène,
quand auras-tu fini de gesticuler?
Eugène. Ce sont les mouches qui
étaient sur le fromage et qui viennent
me piquer.
M. BOULOT. Fiche-moi la paix {re-
prenant sa correspondance). « Je vous
écris à deux mille mètres de hauteur
devant nous, s'étale le merveilleux pa-
norama des Alpes nous coucherons
sans doute, cette nuit, dans la cabane
d'un berger et demain, dès l'aurore,
nous tenterons l'escalade de ce pic que
vous pouvez apercevoir sur le côté gau-
che de la carte postale. ̃ Eugène,
n'oublie pa.s que nous prenons le train
pour Aix dans un moment mets une
ficelle autour de l'ombrelle et du para-
pluie de ta mère. Mais auparavant,
viens écrire un mot sur ces cartes.
Ecris sur celle-ci t « Oh 1 que c'est amu-
sant de marcher dans la neige au mois
d'août. »
Eugène. Mais, je ne veux pas
écrire ça. Je n'ai jamais marché dans
la neige Je n'ai vu que des salles d'at-
tente et des tables d'hôte
M. BOULOT. Ah quelle générations
pratique, positive 1 Vous n'avez pas la
foi vous autres. Signe cette carte, pe-
tite mule
Eugène. Non.
M. BOULOT. Tu sais ce qui t'attend?
Eugène. Oui, mais tu n'auras pas
le temps de me corriger, le train part à
trois heures quarante-sept.
M. BOULOT. Pas du tout, mon bon-
homme, à quatre heures dix. C'est toi
qui m'as donné ce précieux renseigne-
ment.
Eugène. Hélas et dire que tu me
fais voyager pour m'instruire.
M. BOULOT, (dui administrant une
royade raclée). Parfaitement, mon
ami, et sais-tu comment s'appelle ce que
je fais en ce moment?
Eugène. Tu me roues de coups.
M. BOULOT. Pas du tout. Je te fais
une conduite de Grenoble
Xavier ROUX.
NOUVELLES MILITAIRES
Attache militaire
Le capitaine Desprèa, du 20 d'artillerie,
est nommé attaché militaire aux légations
de France en Roumanie, Serbie et Montene-
gro, en remplacement, du chef d'escadron
Thomasson.
Mutations
Etat-major. Le commandant Braquet,
du ')le d'infanterie les capitaines Ozis, 3'
d'infanterie coloniale Bidou, 3' d'artillerie
coloniale, sont affectés au service d'état-ma-
jor.
Le commandant Dessiaux, le capitaine Vi-
dalon sont réintégrés, le premier au 820 et
le deuxième au d'infanterie (maintenus
à l'état-major du ministre de la Guerre).
Corps de santé. Le médecin principal
Boppe, de l'hôpital de Nancy, est nommé
médecin chef dudit hôpital. Le médecin ma-
jor de 1" classe Jourdran, du 2° d'infanterie
coloniale, est nommé inspecteur général de
l'hygiène à Monrovia (Libéria).
cun rêve n3 lui paraissait trop élevé, quand
il songeait son futur gendre.
Céleste était donc devenue, vers ses vingt
ans, un être à part, dans ce groupement fa-
milial.
Dès longtemps, on lui avait donné une
gouvernante allemande, une gouvernante
anglaise, avec qui elle travaillait longue-
ment, avec qui elle sortait sans cesse, mais
toujours dans des buts élevés, connaissant
minutieusement tous les musées de Paris,
tous ses monuments, comme les livres sé-
rieux qu'elle feuilletait toutes les nuits, étu-
diant la musique avec la même ardeur, as-
sislant aux concerts les plus classiques ou
les plus avancés, ne voulant pas, en un mot,
que quoi que ce soit des sciences ou des
arts humaines demeurât étranger à son in-
telligence.
Et tout cela eut fait d'elle une jeune per-
sonne bien insupportable. s'il s'y était
joint le moindre grain de prétention, de pé.
dentene.
Mais Céleste était la simplicité même et
d'une tendresse parfaite à tous les siens.
Seulement, il y avait une nuance c'est
qu'elle admirait son père et l'aimait avec
quelque choie d'humiliant pour tous les au-
tres. Si elle était sa déesse, il était son
dieu.
Aussi un dissentiment grave se dessinât-
il entre elle et maman Leregrattier, dés
qu'elle se rendit compte que maman Gras ne
partageait pas touta son admiration pour
Elfe ne s'en était jamais expliquée avec
elle dans son sentiment du devoir, du res-
pect, elle mai qu'elle n'avait pas à ju-
ger les opinions de sa grand'mère et lors,
qu'elle n'était pas contente d'elle, elle s'iin-
pnsait de l'emBrasser an peu plus fort.
Mais elle souffrait beaucoup. par exemple
UNE NOUVELLE CRÈVE PUISQUE
Les maçons proposent
un contrat collectif
Les grandes lignes de leur projet diffèrent
sensiblement du projet des entrepre-
neurs. Dans les deux camps, on se
concerte avant d'engager les pourparlers.
La situation ne semble pas s'être sensible-
ment modifiée, pendant la journée d'hier,
sur les chantiers parisiens, qui continuent à
tre surveillés par la police.
Un seul fait est à noter M. Viliemin, pré-
sident de la chambre syndicale des entrepre-
neurs de maçonnerie a accusé réception
d'une lettre adressée par le syndicat ouvrier
pour annoncer qu'une commission de six
membres se tenait à la disposition des pa-
trons.
Ceux-ci n'ont encore pris aucune décision
c'est à l'assemblée générale, convoquée cet
après-midi, rue de L.utèce, qu'il appartien-
dra de régler les conditions de l'entrevue et
de déterminer les pouvoirs de ses manda-
taires.
Combien les ohômeurs sont-ils ?
On ne sait toujours rien de précis quant
au nombre total des grévistes.
M. Vittemin, président de la chambre
syndicale des entrepreneurs de maçonnerie,
affirme qu'il est matériellement impossible
de se livrer à des travaux statistiques
probants
La préfecture de police, dit-il? a dres-
sé, avec un soin méticuleux, je n'en doute
pas, l'état récapitulatif, par arrondissement,
des cbantiers de construction. I,.a veille de
la grève, 9,508 maçons étaient occupés à Pa-
.ris on en comptait 1,636 rien que dans le
seizième arrondissement Des que le mot
de grève eut été prononcé, 4,414 ouvriers
auraient, d'après elle, abandonné le tra-
vail. Aujourd'hui, vendredi, ce chiffre s'é-
lèverait à 4,893 la progression n'est pas
considérable, mais elle est évidente.
Seulement, les officiers de paix chargés
de procéder à ces enquêtes ne tiennent et ne
penvent tenir compte que des travaux neufs;
leurs investigations se trouvent forcément
limitées aux grands chantiers. Or, chacun
de nos collègues occupe également un grand
i nombre d' «hommes de corvée », c'est-à-dire
d'ouvriers travaillant régulièrement pour le
compte de l'entreprise, mais qui sont, en
quelque sorte, spécialisés dans las répara-
tions ou les travaux d'entretien. Ce sont là,
des chantiers bien souvent ignorés, car rien
ne les dénonce extérieurement Aussi, de ce
côté, aucun dénombrement n'était possible.
»Il ne parait pas exagéré toutefois de
conclure que le chiffre reel des grévistes
doit atteindre sinon dépasser le double du
total communiqué par la préfecture de po-
A la Bourse du Travail
Et cette appréciation se trouve en quel-
que sorte justifiée par l'importance du mee-
ting organisé hier après midi à la Bourse
du travail., rue du Chàteau-d'Eàu.
A trois heures, la grande salle des fêtes
étant archibondée il fallut improviser une
seconde réunion dans la salle -des grèves,
où l'on ne tarda pas à a'écraser conscien-
cieusement.
Deux heures durant, de nombreux ora-
teurs défilèrent à la tribune, réclamant tous
ou à peu près la disparition de ces « mau-
dits tacherons », sur le dos desquels va dans
doute se régler le conflit actuel.
Avant de se séparer, les auditeurs adop-
tèrent à l'unanimité un ordre du jour cons-
tatant que l'accord est parfait sur cette dou-
ble question abolition du t&cheronnat sous
toutes aes formes et établissernent d'un con-
trat collectif réglant d'une manière géné-
rale les conditions de travail dana la ma-
çonnerie.
Les grévistes ont, à ce propos, approuvé
un texte qui leur fut soumis et qui peut
sewir de base à la discussion avec les en-
trepreneurs.
Ira délégation syndicale, composée dc
MM. Baritaud, Bondoux, Re'noult, Schmifz,
Viau, Victor et, pour suppliant,, M. Coste, des
bardeurs, a vu renouveler le vote de con-
flance précédemment émis.
Dans le dernier paragraphe de l'ordre du
jour, les grévistes s'engagent à faire res-
pecter, par tous les moyens, le droit de
grève, afin que, les chantiers étant déser-
tés, entrepreneurs et ouvriers soient égale-
ment intéressés à une solution rapide du
conflit ».
Deux petites réunions seront tenues ce
matin l'une rue Pouchet, 67, pour les bar-
deurs l'autre à la Bourse du travail, où
l'on distribuera les caittes de grève aux
adhérents de la sectiori
Les propositions du syndicat ouvrier
Le projet de contrat collectif, dont il a
été donné hier connaissance à la réunion
des grévistes, diffère absolument de ce-
lui que rédigea la chambre syndicale patro-
nale.
Dans l'article 2, il est formellement sti-
pulé que « le marchandage, le tâcheronnât,
le travail aux pièces, les collectivités de
sous-traitants seront supprimés » et que
ii les tâcherons ou chefs de collectivités ne
pourront être employés comme maîtres
compagnons ou chefs de chantiers pendant
la duree du contrat ».
En ce qui concerne la durée du travail,
les ouvriers n'admettent pas la réglementa-
tion variable suivant les saisons ils ré-
clament la journée de neuf heures pendant
toute l'année avec la seule concession que
cette journée ne saurait jamais excéder dix
heures.
Les maçons demandent que le repos soit
obligatoire sans dérogation tcus les
dimanches et jours fériés ainsi que le
mai toutefois, le syndicat ne s'oppose
lorsque maman Gras remarquait quen l'on
a beau être un homme supérieur, il y a des
fois où l'on peut très bien se tromper. Il lors-
qu'elle soulignait, d'un petit rire, les expli-
cations que son gendre donnait de ses très
nombreuses sorties. des absences qu'exi-
geaient ses affaires. ou qu'elle lui jetait un
reproche silencieux, mais d'autant plus sévè-
re, sur la brusquerie avec laquelle il par-
lait à sa femme.
Céleste l'aimait profondément sa mère,
mais ne pouvait s'empêcher de remarquer
qu'elle parlait souvent son père de façon
maladroite, qu'elle l'agaçait, qu'elle ne le
comprenait pas.
Un petit drame de cœur existait donc en-
tre cette grand'mère, si bonne, et cette jeune
fille, si parfaite, qui lui reprochait de plus
en plus de ne pas rendre justice à son père
adoré.
Aussi, la grand'mère avait-elle redouté
une sorte d'isolement, lorsque ses deux pe-
tits cœurs s'en était allés là-bas, à Taras-
con.
Mais le cœur de Céleste était trop grand,
trop chaleureux, pour ne pas sentir cela. Et
au moment même où. l'animosité nrandis-
sait entre Philippe Gaubert et sa belle-mère,
faisant une blessure de plus en plus pr0-
fonde à Céleste, la jeune fille redoublait
de tendresse, d«3 soin, pour sa bonne marnât.
Gras, puisqu'elle devait, à elle toute seule,
lui faire trois petits-enlants.
Elle ne venait la voir, jadis, que deux fois
par semaine et, lorsque les grands-parents
s'installaient à la campagne, ne- leur don-
nait que ses dimanches. Maintenant, elle
tâchait de ne pas passer un jour sans les
embrasser. Et, malgré son chagrin de se
séparer de son père, elle s'était donnée tout
entière, depuis un mois, à mai-ian Gras.
point à des heures supplémentaires pour
des iravaux de sauvetage ou de secours en
cas d'accident des réparatinns urgentes
d'usi:nes, de théâtres, etc.
L'échelle des salaires est auelque peu dif-
férente de celle qu'établirent les entrepre-
neurs pour les maçons, un propose
90 centimes de l'heure 70 pour les gar-
çons Sô pour les liinousinants et pour
les garçons 1 fr. pour les poseurs 90 centi-
mes pour pinceurs 80 pour les bardeurs et
4 francs pour les gardiens de nuit.
Ix syndicat ouvrier tient également à voir
respecter les as et coutumes en et, qui coin-
eerne l'embauchage et le débauchage, c'est-à-
dire le principe des trois heures.
t.e projet de contrat est muet sur la ques--
tion du « rendement de travail proportionnel
au salaire ». I,es entrepreneurs voudraient
ftiir'; déterminer ce rendement par la conr-
mission arbitrale mixte nous croyons savoir
que les ouvriers, sans être hostiles au prin-
cipe, voudraient que le travail du chantier
complet serve de base au rendement indivi.
duel,
Telles sont les grandes lignes du contrat
collectif élaboré par tes grévistes.
Ceux-ci ont déjà fait savoir qn'ils sR
montreraient intransigeants sur la question
ides tacherons. Les entrepreneurs affirment
qu'its ne peuvent dénoncer les traités en
cours, mais ils sont prêts à ne pas les re-
nouveler. C'est donc sur ce point précis que
se livrerant de rudfis assauts. Avec un peu
de bonne volonté, un accord transactionnel
pourrait être consenti de part et d'autre.
!lfais, voilà Qui fera le premier pas dans
la voie des concessions ?
UNE AUTOMOBILE VERSE
DEUX VOYAGEURS BLESSÉS
Mantes, août.
Dans l'après-midi, les habitants de la
pelite commune de Chaussy étaient brus-
quement tirés de leurs occupations par un
bruit épouvantable. En hâte on ee précipita
sur la route de Magny. Le spectacle était
navrant. Sous une automobile renversée,
deux personnes gisaient, ensanglantées et
inertes. Près d'elles, quatre autres voya-
geurs encore étourdis par le choc se rele-
vaient.
Voici ce qui s'était produit. Dans le vi-
rage de Chaussy, en pleine côte, l'automo-
bile descendait à vive allure, lorsque le
chauffeur, le vicomte de Thy, voulut ser-
rer les freins ceux-ci fonctionnèrent si m*fc
que le véhicule ne ralentit pas. A ce mo-
ment un pneu 6clata et provoqua la rup-
ture de la roue. Emportée par sa course
folle, l'auto versa au bord de la route. Les
voyageurs, projetés sur le sol, se relevèrent
plus ou moins sérieusement blessés. Le
conducteur, le vicomte de Thy, avait le
crâne et l'épaule fracturés un de ses com-
pagnons, M. Pierre Chuteau, avait la jam-
be gauche brisée. Les quatre auhes tou-
ristes, MM. Chxrles Delès, Pierre Guedras,
Pierre Bourboulerx et Jean Bourguinaud,
tous élèves conducteurs d'une société d au-
tomdbiles, étaient indemnes.
Les deux blessé.s ont été soignés na.r le
docteur Valette, de Bray-et-Lû, puis trans-
portés rhez les châtelains du pays, qui les
ont hospitalisés. La voiture est entièrement
démolie.
BIJOUX FIX
Rachetés 0 fr. 50 le gramme
même hors d'usage.
On a retrouvé à Villemomble
Hcylaerts, le petit fugitif
Nous avons ronté hier l'étrange disparition
de ce garçonnet de doure ans, Louis Claude
Hèylasrts, dont les parents habitent 5, rue
des Concourt..
Les transes par lesquelles ont passe ces
derniers ont pns fin dans la matinée d'hier.
Une dépêche envoyée par M. Lacroix, com-
rnissaire de police des Ulas, est en effet ve-
nue avertir Mme Heylaerls que bon enfant
était retmuvé.
Le gamin int rencontré vers sept heures du
matin par un gardien de la paix. alors qui il
errait à l'aventure dans Villemomble.
L'agent, qui, dans le Petit Parisien, avait
lu le signalement du jeune disparu, fut tout
de suite fixé. Aussitôt il emmena le garçon-
net au commissariat de police des Lrlas.
Interrogé par NI. Lacroix, le jeune Hey-
laerts déclara ne pas trop savoir pourquoi
il était partî. Maman, ajouta-t-il, m'avait
doriné cinq francs pour faire quelques
achats je m'étais acquitté de la commis-
sion, mais après j'avais dépensé le reste de
la somme. J'eus peur d'être grondé, je n'osai
rentrer, et je m'éloignai, sans savoir où j'al-
lai. Depuis un JQur et demi j'errais dans
Villemomble quand l'agent m'a rencontre.
Mme Heylaerts, vers midi, est allée cher-
cher son enfant qu'elle n'a pas ea le coura-
ge de gronder bien fort.
SAUVE PAR SA JAMBE DE BOIS
Un tramway électrique de la ligne Auteuil-
Salle dos fêtes, a tamponné, hier, à l'angle de
la rue des Parchamps et de la rue des Menus,
à Boulogne-sur-Seine, un pauvre vieux am-
puté de la jambe droite et frappé de surdité,
si bien qu'il n'avait pas entendu les avertisse-
ments réitérés du wattman.
Renversé par le chasse-pierres du tram-
way, le vieillard, un rempailleur nommé Hen-
ri Michel, et demeurant 41, rue du Bac, à Bou-
logne, allait être infailliblement écrasé. Heu-
reusement pour lui, sa jambe de bois se trou-
va la première en contact avec les roues de la
voiture, et arrêta net le lourd tramway.
Après avoir reçu les soins d'un pharmacien,
le blessé a été reconduit chez lui
pour l'aider à orgMiser sa nouvellr pro-
priété de Marnes. Car l'ancienne habitation
de Garches était bonne quand on n'était que
quatorze, chacun ayant son logis prévu,
mème les Védrine.
Mais à présent que ces gamins de Paul et
Maria étaient mari et femme. qu'ils avaient
un bébé qu'ils en auraient certainement
d'autres. et avec tous les arrière-petits en-
fants que prévoyait maman Gras, il fallait
une immense habitation, un pare, une salle
à manger où elle put avoir vingt-cinq ou
trente convives.
Et ç'avait été la dernière bonne affaire de
M. Leregrattier que l'achat, pour un mor-
ceau de pain selon son habitude, d'un do-
maine quasi seigneurial, ancien pavillon de
chasse, donné par un roi à une favorite, qui
en avait fait une des plus jolies demeures
du dix-huitième siècle.
Céleste venait donc d'y passer cinq se-
maines, non seulement à aider, mais à gui-
der sa grand'mère, avec son goût si sùr, si
érudit. Les grandes pièces n'étaient pas en-
core prèles: il» y avait de la besogne au
moins pour une année mais tous les logis
étaient frais, coquets, reconstitués avec la
plus jolie pureté, surtout celui que ma-
man Gras destinait au jeune ménage, qui
était arrivé ce matin.
Et, aussitôt, bien que ce fût un samedi et
qu'elle dût voir son père ici demain, Céleste
était répartie pour Paris, en disant, avec la
plus gentille ironie, à sa grand'mère
tu n'as plus besoin de moi tu as tes
préférés
Ses préférés Ils ne l'étaient plus au-
tant, puisqu'il y avait un nouveau venu, ce
ravissant bambin, si grand déjà, si fort, dé-
jà, que maman Gras s'écriait, en contem-
M. Viviani retourne
chez les sardiniers
(DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL)
gantes, 27 août.
Le ministre du Travail a tenu à se ren-
dre encore une fois sur la côte pour essayer
de trouver les bases d'un accord détimtif
entre ouvriers et patrons.
Rappelions brièvement les faits qui ont
déterminé M. Viviani à faire ce second
voyage. LE CONFLIT
I,e 12 juillet dernier, un conflit des plus
aigus se produisait à Concarneau, entre usi-
niers et ouvriers soudeurs. Les patrons
ayant fait installer des machines il. sertir les
bottes de conserves, les travailleurs protes-
tèrent isolément. Certains brisèrent les ma.
chines, dont 27 étaient mises hors d'usage.
Immédiatement mis au courant de ce qui
se passait, M. René Viviani, ministre du
Travail, décidait de se rendre sur les lieux
afin d'arranger les choses et le 29 juillet, il.
l'issue d'une réunion à laquelle assistaient
une délégation patronale et les représen-
tants du syndicat des ouvriers soudeurs,
le ministre faisait signer une convention
aux termes de laquelle les patrons pre-
naient l'engagement de ne pas faire instal-
ler de nouvelles machines avant le 1"' sep-
tembre, date laquelle les délégués se don-
nèrent rendez-vous pour l'élaboration d'un
contrat définitif.
De leur c6té, les ouvriers s'engageaient
reprendre le travail dès le lendemain.
Aucun des grévistes, car pendant les
dix-sept jours qui s'écoulèrent entre les in-
cidents et la réunion de Quimper, tous les
ouvriers éfaient en grève, ne restait sur le
carreau. Tous les soudeurs étaient repris
par les patrons.
Le ministre n'avait donc pas perdu son
temps. Il avait fait œuvre utile. Il avait
aplani un conflit qui menaçait de devenir
très grave.
Certes, aucune solution définitive n'était
prisd mais il n'en est pas moins vrai qu'un
délai de un mois était accordé aux uns et
aux autres pour réfléchir, pour chercher et
pour trouver un terrain d'entente.
Le ministre reparti, une certaine efferves-
cence régna encore dans les usines, à Con-
carneau, à Brigneau, à Audierne, à Douar-
nenez. La convention qui avait été accepté"
par tous les délégués avec franchise fut cri-
tiquée par certains. Bref, pendant quelques
jours encore, la situation fut loin d'être ras-
surante. Certaines clauses donnaient lieu à
des difficultés, notamment cella qui permet-
tait aux fabricants d'introduire dans leurs
usines, en dehors des machiner qui avaient
été brisées, celles qui étaient en route au
moment des incidents du }2 juillet.
Les ouvriers considéraient que ces derniè-
res étaient en surnombre et ils protestèrent
contre leur installation et surtout contre
leur mise en service.
Certains patrons, en la circonstance, fi-
rent d'ailleurs preuve de beaucoup de tact
et, biep qu'ayant pris livraison des machi-
nes, ils ne les firent pas déballer. Ils dé-
clarèrent aux ouvriers qu'ils entendaient
attendre le premier septembre.
M. Teyssonneau, avait été autorisé, per-
sonnellement, lors de la conférence du 28,
à recevoir une machine à poissons en sur-
nombre de celles qu'il possédait Les sou-
denrs de cette usine, impressionnés par
cette autorisation, cessèrent brusquement
le travail le 8 août.
M. Teyssonneau leur fit savoir aussitôt
qu'il recevrait la machine par question de
principe, mais qu'il ne la ferait pas mon-
ter. I)e leur côté, les membres du syndicat
de Concarneau engagèrent vivement leurs
camarades à reprendre leur travail. Les
grévistes étaient à leur poste le lendemain.
Des incidents de moindre importance, des
réclamations se produisirent dans d'autres
usines mais, grâce à l'esprit de modération
du syndicat, lequel s'est employé avec beau-
coup de dévouement, le calme n'a çessé de
régner.
Malheureusement, certaines parsonnes,
ayant sans doute intérêt à la faire, répan-
daient des informations qui étaient de na-
ture à entretenir la surexcitation parmi les
ouvriers. C'est ainsi qu'on relatait qu'à Bri-
gneau, trois machines à sertir, mtroduites à
l'usine Béziers, avaient été brisées par les
soudeurs de ta localité. Or, ce fait était tout
à fait inexact. Rien de semblable ne s'était
produit. C'était un canard grossier.
Quoi qu'il en soit, avec le temps, venait la
sagesse et, grâce a l'action des différentes
associations ouvrières, les esprits se cal-
maient peu à peu et tous attendaient et at-
tendent encore avec patience et confiance la
réunion qui aura lieu dans cinq jours à
Quimper.
Mais le syndicat général des soudeurs ne
se contenait pas de cette mission. Il travail-
lait en silence à l'élaboration d'un nouveau
contrat.
LE PROJET DE CONTRAT
On sait qu'un contrat avait été déjà établi
avant que fut signée la convention du 29
juillet sur les observations qui leur avaient
été faites par M. Vivian6 les ouvriers re-
connurent que plusieurs points étaient inac-
ceptables. Animés du désir sincère d'arriver
à une entente ils recherchèrent les bases
possibles d'un nouvel accord
C'est ce dernier projet qu'ils comptent
soutenir avec énergie à Quimper sous une
forme collective.
Ce nouveau, projet de contrat admet
tablissement de règlements intérieurs pour
déterminer les conditions particulières du
travail dans chaque usine. Il prévoit le ren-
gagement 'des ouvriers dans les usines
au moment où les machines y seront em-
ployées. Cette clause doit évidemment don-
ner lieu à une discussion. Les ouvriers dé-
sirent, en effet, que tous leurs camarades
soient remployés sans tenir compto de la
plant cette petite maman qui avait toujours
l'air d'une jeune fille
Comment as-tu pu faire cela, toi
Et on t'en fera bien d'autres, va, grand'
maman répondit le jeune père, follement
fier de cette progéniture, qu'on avait voulu
leur prédire malingre, mal portante.
Maria essaya de lui jeter un reproche.
On voit bien que ce n'est pas toi qui les
mets au monde
Avec ça que je t'ai quittée un instant 1.
Le médecin du régiment et la sage-fem-
me prétendaient qu'on aurait pu se passer
d'eux.
C'est vrai, grand'maman, dit Maria, en
embrassant Mme Leregrattier de toute sa
tendresse tu ne peux pas t'imaginer com-
me il a été gentil 1
Si je ne me l'étais pa.g imaginé dès
longtemps, ma chérie, est-ce que je vous
aurais mariés?. Alors. on est heureux?
Plus que tu ne peux te l'imaginer,
bonne-maman 1
Voyez-vous cette petite sotte, qui
se figure qu'on ne se rend pas compte de
tout son bonheur!
Non, grand'maman s'écria Maria, en
prenant la main de son mari les autres
ne peuven1 ja[r»«.is savoir reux, soi Et c'est pour cela que je te le
dis bierf. parce que je sens que c'est ta
meilleure récompense Et maintenant, toi,
mon officier, si tu rcte le prenais un peu,
notre môme, pendant que je vais préparer
son bain.
Ce fut, pour bonne-maman, un instant de
la joie la olus comique et la plus attendris-
sante, que de voir ce bel ofilcier faire la
nounou, bercer son petit, lui fredonner les
chansons dont elle l'avait bercé elle-uiê-
date d'entrée dans la maison. Les patrons,
de leur côté, ne voudraient que ceux des ou-
vriers qui compteront cinq années de ser-
vice. Enfin, les ouvriers demandent qu'a- j
vant l'emploi de la machine, un certain
travail leur soit assuré. Sur ce point, lets
usiniers semblent.vouloir leur donner pleine j
satisfaction.
Le contrat sera signé pour cinq ans et re-
nouvelable tous les cinq ans par tacite re-
conduction.
Comme on vient de le voir, bien des points
séparent les patrons des ouvriers et, actuel-
lament, il ne faut pM craindre de le dire,
l'accord semble difficile à faire. C'est pour
cette raison que M. Viviani a décidé de ve-
nir à Nantes pour essayer de trouver, avant
la date fiaée, nn terrain sur lequel les deux
parties en présence pourraient s'entendre.
Ce n'est pas là une mission facile.
Si l'on connaît le projet de contrat des ou-
vriers, on ignore encore ce que proposeront,
ce qu'exigeront les patrons. Toutefois, M.
Viviani tient à aboutir. Il le veut d'autant
plus que les ouvriers lui ont, pour ainsi dire,
confié leur sort.'
Le 22 août, le ministre du Travail recevait
une lettre, signée de Hermès, secré-
taire général du syndicat. Bruzac et Guillou,
président et secrétaire du syndicat de Con-
carneau, dans laquelle ces derniers lui de-
mandaient de ne pas les abandonner.
'f Vous Ates venu une première fois a
notre secours. Nous vous supplions d'inter-
venir encore. »
M. Viviani, qui était depuis longtemps
décidé à présider la seconde réunion de
Qnimper mais qui voulait, qu'on me per-
mette l'expression, en faire la surprise à
tous les intéressés, a répondu qu'il y serait
aujourd'hui.
Le ministre fera l'impossible pour es-
sayer de jeter les bases d'un projet qui
pourrait être accepté par les uns et par les
autres.
Y réussira.-t-il ? Tout le monde le souhaite.
CONFIANCE DU MINISTRE
M. Viviani m'a reçu tout à l'heurP dans le
grand salon de la préfecture nantaise et
voici, au sujet de sa démarche d'aujour-
d'hui, ce qu'il m'a déclaré
.le suis venu ici pour tâcher de remé-
dier il la situation engendrée par l'arrivée
des machines. Je suis venu pour protéger
les intérêts de tous. Il ne faut pas, d'une
part, que l'homme soit victime du progrès,
mais il ne faut pas non plus que les patrons
aient leurg machines mises hors d'usage. Il
faut concilier la main-d'ceuvre et l'outil.
C'est vers ce but que vont porter tous mes
efforts. J'ai souvent dit que le progrès rial!
exterminateur et bienfaisant. Il extermine
des privilégiés qui sont obligés de s'incliner
devant les outils il est bienfaisant parce
qu'il produit plus vite et à meilleur compte.
Je reconnais que la situation créée à l'ou-
vrier par la machine, introduite soudain
dans la fabrique, est pénible. La main-d'œu-
vre disparatt, ou presque, du jour au lende-
main. Il faut donc faire en sorte que le tra-
vailleur ne souffre pas trop du progrès. Il
faut prendre des dispositions, afin de ren-
dre assez douce la période transitoire. Il est
impossible d'admettre que Ips machines
soient brisées, mais il est encore plus diffi-
cile d'admettre que des existences Inimui-
nes soient brisées.
Des efforts doivent être faits de part et
d'autre, de façon que les ouvriers ne soient
pas frappés par le progrès au moment où
il se manifeste.
Tei est le but de mes efforts. J'ai le ferme
espoir d'aboutir.
M. VIVIANI REÇOIT LES PATRONS
ET LES DÉLÈGUES OUVRIERS
Dans la matinée, M. Viviani a eu une
Jonque entrevue avec MM. Benoit et
Amieux, président et secrétaire de la délé-
gation patronale. Ceux-ei sont élevés,
ainsi que je le faisais prévoir plus haut,
contre plusieurs des clauses du projet de
contrat élaboré par les ouvriers. Ils ont no-
tamment protesté contre l'artirle aux ter-
mes duquel un usinier ne pourrait faire
marcher les ^machines que lorsque trois
journées de travail seraient assurées aux
ouvriers, Ils se sont ég;ilprr>ent. prononcés
contre la disposition qui fixe à cinq ans
la durée du contrat- Jis estiment que ce
délai esl, beaucoup trop long.
MM. Benoît et Amieux nnt reconnu. tou-
tefois, que le projet serait une excellente
base de discussion.
A l'issue de leur audition par le ministre du
Travail, les représentants des usiniers se
sont refusés énergiquement à !aire connaî-
tre leur impression ils ne voulurent point
également me donner quelques indications
sur l'attitude qu'ils observeront mardi pro-
chain.
Nous sommes chargés par nos confrères,
m'a dit M. Benoit, de défendre leurs inté-
rêts nous ne pouvons rien dire. Le minis-
tre avait manifesté le désir de nous voir
nous sommes venus nous avons causé.
Quant à la réunion de Quimper, il De saurait
en être question aujourd'hui.
M. Viviani a entendu ensuite MM. Hermès
et Chambrun président et secrétaire du syn-
dicat des boîtiers soudeurs, ainsi que M.
Blanchard, secrétaire de la Bourse du tra-
vail.
Un renseignement intéressant vient de m'ê-
t.re donné sur la réunion de mardi. Les dé-
légués patronaux et ouvriers soumettront a
l'approbation de leurs mandants les décisions
quils prendront. Un double référendum au-
ra lieu à cet effet, à Quimper, le 3 septem-
bre.
M. Viviani a continué ses auditions dans
l'après-midi. 11 a reçu plusieurs usiniers avec
lesquels il s'est entretenu de la situation.
Paul GREZ.
LOTISSEMENT OU
PARC DE VERRIERES
Gare de Massy- Verrières (Luxembourg)
de 4f.75 à lOf. le mq.
C'est que tu as l'air de t'y entendre
Eh 1 bonne maman, personne ne pait
rendormir comme moi
M. Leregrattier surgit, alors, auprès
d'eux et comme il était joliment ému, lui
aussi, il voulut se donner des airs gron-
deurs
Si c'est comme ça que tu prépares
ton Ecole de Guerre, toi
Je t'assure bien, grand'père, qu'il y a
temps pour tout le papa, le mari, n'ou-
blient pas qu'ils sont officier et l'officier
n'oublie pas qu'il a l'ambition d'arriver au
premier rang. J'ai le bonheur d'être adoré
de mes hommes, que j'aime bien cordiale-
ment aussi.
Ses hommes Ce gamin en parle com-
me s'il était un grand chef
Grand'père, dès qu'on a deux hommes
à conduire, on est un chef, on a ses respon-
sabilités. L'armée, c'est la nation tout en-
tière, aujourd'hui. chacun y a sa part de
devoir, comme dans toute famille.
Tu aimes donc bien ton métier ?
Dès le moment que mon père ne tenait
pas à m'avoir avec lui. et il me l'a toujours
fait sentir. et puisqu'il ne venait pas me
reconnaître les aptitudes nécessaires pour
le commerce ou l'industrie.
Tu exagères, petit interrompit douce-
ment Mme Leregrattier, qui avait la bonté
de défendre son gendre, malgré le dédain
avec lequel il la traitait.
Allons donc, bonne maman fit Paul en
haussant les épaules vous savez bien que
je iVai jamais été le préféré de papa. il n'a
jamais admiré que Céleste et je ne lui en
veux pas, it elle ce n'est pas de sa faute.
Mais puisque papa n'avait aucun orgueil de
moi, aucune ambition pour moi, j« me suis
créé nelle-ci. aui me fait trèa indépendant,
UN OUEL SUR LES FORTIFS
L'ouvrier diamantaire Serge Baquié en
voulait au peintre en voitures Poussin, de
lui avoir enlevé sa maîtresse.
Après avoir corrigé ladite maîtresse d'un
coup de pied, il invita Poussin à venir s ex-
pliquer.
Poussin répondit en lui donnant ren-
dez-vous, le 21 février, vers deux heures,
dans le fossé des fortifications.
A l'heure dite, Baquié se présenta. Mais
il n'était pas seul. Il s'était fait accompa-
gner d'un ami, nommé Boulanger. Sans
s'émouvoir de cette intervention d'un tiers.
Poussin 6ta sa ves'te, s'attendant à un duel
à coups de poing. Mais au premier mouve-
ment qu'il ftt, Boulanger lui tira deux bal-
les de revolver dont l'une atteignit au côté
gauche de la poitrine Poussin qui mourut la
10 mars.
Traduits, hirr, devant la cour d'assises,
Baquié et Boulanger ont assuré qu'ils se.
taient ntépris sur le geste fait par Poussin,
en ôtant sa veste, et qu'ils avaient cru que
Poussin cherchait son revolver.
Baquié a été acquitté. Boulanger, grâc»/
à ses quinze ans, a été déclaré avoir agr
sans discernement et a été envoyé en cor-
rection jusqu'à sa majorité.
A ASNIÈRES, ON REPÊCHE
LE CORPS D'UN ENFANT INCONNU
Des rnariniers qui travaillaient hier sur .:•
les bords de la Seine, à Asnières, près de
l'llc dcs Ravageurs, virent passer an fil de
l'eau, à proximité du pont de Clichy, le cada.
vre d'un garçonnet qu'ils amenèrent bientôt ̃/
sur la berge.
M. Planaon, commissaire de hwlice, inter-
vint bientôt fil examina le cadavre.
Le petil, noyé, dont l'immersion était toute
récente, devait être un garçon d'une dou-
zaine d'années, aux cheveux blond».
Il était nu-pieds et revêtu d'un costume
complet de velouri blaac et d'un maillot
blanc. )
Sur le corps, le magistrat ne releva aucu-
ne blessure, aucune trace de violencca.
Dans les vetemente. rien qui ptit servir à
établir l'identité du pauvre pelit. Aussi le ̃;
magistrat a-t-il, dans ia soirée, fait trans-
porter le petit cadavre à la morgue. =*
SUICIDE A D'ÉTAMPES
Etampes, 27 août.
M. Auguste Granchet, brocanteur et anti-
quaire, demeurant à Etampes, s'est suicidé
hier soir dans la cour de l'hôpital de cette
ville en se tirant un coup de revolver dans
la tête. M. Granchet, âgé de cinquante-huit
ans, souffrait depuis quelques années d'une
cruelle maladie et avait le caractère aigri.
Il se cry-ait persécuté.
Dans un factum qu'il remit au concierge
de l'hôpital au moment où il y arrivait, il
demandait que son corps fût autopsié dans
l'intérêt de la science, et, que les résultats
de cette autopsie fussent communiqués a
sa famille et aux médecins. Il ne s'était
rendu l'hôpital qu'afin que son autopsie
pût être faite rapidement et sans difficultés.
BRULEE LA VEILLE DE SON MARIAGE
Un pénible accident s'est produit avant
hier soir à Boulogne-sur-Seine. Au numéro
1i6 de la rue de Silly, habitait avec sa famil-
le une jeune fille de dix-neuf ans, Mlle José-
phine Cudot, qui devait se marier aujour-
d'hui.
Dans la soirée, saquant à ses occupations
ménagères. Mlle Cudot avait mis de 'encans-
tique à chauffer. Soudain le dangereux li-
quide prit feu et se répandit snr ks vétementa
de la eune fille. Quand on accourut celle-ci
était déjà environnée de flammes qu'on eut
tnutps les peines du monde à étouffer. Fort
grièvenirnt* bnllée, Mlle Cudot fut transportée
¡hôpital de la Charité, où malgré tous les
soins qui lui furent prodigués eVe ne tarda
pas à expirer.
LOTiSSËINENT
BOIS DE BEAOSÉJOUB
Vente de Terrains boisés tous les
Dimanches et Fêtes. Descendre gara
d'Epinay-sur-Orge (ligne d'Orléans).
Les boulangers d'Orléans
Orléans, 27 août
M. Virenque, secrétaire général de la pré-
fecture du Loiret, qui remplace en ce mo-
ment le préfet absent, a pris l'initiative d'une i
médiation dans le. but de hâter la solution
de la grève des boulangers d'Oricans, dont
le Petit Parisien a récemment entretenu ses
} lecteurs.
Cinq délégués grévistes ont été convoqués
à son cabinet, et il s'est entretenu avec eux
du conflit et des moyens propre3 à y mettre
un terme dans le plus bref délai.
A l'issue de cette entrevue, M. Virenque
a promis aux ouvriers qu'il allait mettre en
demeure les patrons, soit de leur accorder
1 une augmentation de salaire, soit d'accep-
ter l'arbitrage administratif faute de quoi
il il retirerait immédiatement les soldats qui
travaillent chez eux depuis le début de la
Les patrons ont été, à leur tour, convoqués
à la préfecture et il est probable ue, grâce
il. cette intervention énergique, 1 issue du
conflit ne se fera pas attendre.
M. Bouquet, secrétaire des boulangers
parisiens, est venu â Orléan5. Il a fait, à
la Bourse du travail, une conférence aux
grévistes.
dans le noble servage de la patrie. Ma
femme aime mon métier comme moi Gra-
te à vos libéralités à tous, nous le prati-
quons en grande seigneura et c'est peut-
être la meilleure façon de le pratiquer.
M. Leregrattiér répondit fièrement
D y a du vrai dans ce que tu dis, ga-
min Nous avons fait la fortune, ton père
et moi. vous êtes un peu notre luxe, notre
petite gloire. Tâche donc de nous faire un
général Gaubert 1 Ca vaut peut-être tout au-
tant que de faire des affaires.
Il fallait qu'un bien grand changement se
fût produit chez ce terrible père Leregrat-
tior, ce demi-usurier, cet homme de négo-
ciations souvent aussi louches que tern-
bles, pour que des pensées aussi élevées
eussent remplacé son unique besoin de ja-
dis amasser de l'argent, toujours de 1 ar-
gent.
La fortune avait fini par le nettoyer.
Et, le soir, dans son intimité avec sa
femme, il avouait, bien franchement
Ils sont gentils, ces gosses. ça fait
plaisir de les voir s'aimer. Si on pouvait
marier les deux autres aussi heureuse-
ment l
Et toi qui en avais peur, de ce ma-
riage s'écria maman Gras, avec presque
i de la dureté.
C'est que. les autres. avec leurs ea-
i créa parents grommela monsieur Lere.
1 grattier, dédaignant de répondre à la cri-
1 tique de sa femme: et. avec leurs carac-
] tères eux. leurs idées Ce petit Emile,
encore plus âpre que je ne l'étais quand il
1 ma fallait gagner péniblement mon pain.
1 et cette Céleste, dont le cerveau vit eau»
cesse en dehors de nous.
(A «ulorej Pœrhe Sali*.
M. Boulot. Ce fut une belle soi-
rée. Mounet-Sully s'est surpassé. Je
suis allé le féliciter dans les coulisses et,
il m'a dit: « Mon cher Boulot, voici
ennn les compliments- d'un véritable j
connaisseur. » Nous l'inviterons à dîner,
à notre retour avec ma vieille amie, la
petite Bartet. Je l'ai connue, elle n'était
pas plus haute que ça
MME BOULOT. Tu garderas le sou-
tenir de cette soirée, hein, Eugène ?
EUGÈNE. Quelle soirée ?
MME BOULOT. La soirée du
Théâtre-Français. tu sais bien ?. Ce
bon M. Claretie nous avait envoyé sa
loge?.
Eugène. Rappelle pas.
MME BOULOT. Voyons, Eugène, ne
fais pas le ta.quin. Vendredi dernier.
il y a huit jours.
Eugène. Rappelle pas.
M. BOULOT. Ne sois pas têtu 1
EUGÈNE, (à pleine voix). Pas la pei-
ne de me pincer comme ça, sous la ta-
ble. Vendredi dernier, on a été au Ci-
néma de la rue de Douai, et pour ne pas
me payer une place à dix sous, tu m'as
pris sur tes genoux. J'ai même eu une
crampe.
M. BOULOT. Ça suffit, Eugène, ça
suffit. Tu es un méchant enfant. Tu
fais beaucoup de peine à ta mère et à
moi, mais tu n'emporteras pas tout cela
en paradis. Pendant que ta mère va
acheter des fruits confits et des gants, tu
vas signer avec moi des cartes postales.
Levons-nous de table et passons dans le
salon de l'hôtel. (ils sortent).
(M. Boulot achète une série de cartes
postales représentana les pLus hauts
sommets rles montagnes du Vanphiné
le Pelvoux, la Meije, la Barre des
Ecrins, etc.
Ni. BOULOT, (écrivant). « Chers
amis, mon fils et moi, nous venons de
faire l'ascension de cette montagne inac-
cessible, Ma femme n'a pu nous suivre,
comme bien vous le pensez. Je suis un
peu blasé sur ces sortes d'émotions,
mais je tiens à montrer à Eugène la
beauté des cimes et à remplir de bon air
ses poumons. » Dis donc, Eugène,
quand auras-tu fini de gesticuler?
Eugène. Ce sont les mouches qui
étaient sur le fromage et qui viennent
me piquer.
M. BOULOT. Fiche-moi la paix {re-
prenant sa correspondance). « Je vous
écris à deux mille mètres de hauteur
devant nous, s'étale le merveilleux pa-
norama des Alpes nous coucherons
sans doute, cette nuit, dans la cabane
d'un berger et demain, dès l'aurore,
nous tenterons l'escalade de ce pic que
vous pouvez apercevoir sur le côté gau-
che de la carte postale. ̃ Eugène,
n'oublie pa.s que nous prenons le train
pour Aix dans un moment mets une
ficelle autour de l'ombrelle et du para-
pluie de ta mère. Mais auparavant,
viens écrire un mot sur ces cartes.
Ecris sur celle-ci t « Oh 1 que c'est amu-
sant de marcher dans la neige au mois
d'août. »
Eugène. Mais, je ne veux pas
écrire ça. Je n'ai jamais marché dans
la neige Je n'ai vu que des salles d'at-
tente et des tables d'hôte
M. BOULOT. Ah quelle générations
pratique, positive 1 Vous n'avez pas la
foi vous autres. Signe cette carte, pe-
tite mule
Eugène. Non.
M. BOULOT. Tu sais ce qui t'attend?
Eugène. Oui, mais tu n'auras pas
le temps de me corriger, le train part à
trois heures quarante-sept.
M. BOULOT. Pas du tout, mon bon-
homme, à quatre heures dix. C'est toi
qui m'as donné ce précieux renseigne-
ment.
Eugène. Hélas et dire que tu me
fais voyager pour m'instruire.
M. BOULOT, (dui administrant une
royade raclée). Parfaitement, mon
ami, et sais-tu comment s'appelle ce que
je fais en ce moment?
Eugène. Tu me roues de coups.
M. BOULOT. Pas du tout. Je te fais
une conduite de Grenoble
Xavier ROUX.
NOUVELLES MILITAIRES
Attache militaire
Le capitaine Desprèa, du 20 d'artillerie,
est nommé attaché militaire aux légations
de France en Roumanie, Serbie et Montene-
gro, en remplacement, du chef d'escadron
Thomasson.
Mutations
Etat-major. Le commandant Braquet,
du ')le d'infanterie les capitaines Ozis, 3'
d'infanterie coloniale Bidou, 3' d'artillerie
coloniale, sont affectés au service d'état-ma-
jor.
Le commandant Dessiaux, le capitaine Vi-
dalon sont réintégrés, le premier au 820 et
le deuxième au d'infanterie (maintenus
à l'état-major du ministre de la Guerre).
Corps de santé. Le médecin principal
Boppe, de l'hôpital de Nancy, est nommé
médecin chef dudit hôpital. Le médecin ma-
jor de 1" classe Jourdran, du 2° d'infanterie
coloniale, est nommé inspecteur général de
l'hygiène à Monrovia (Libéria).
cun rêve n3 lui paraissait trop élevé, quand
il songeait son futur gendre.
Céleste était donc devenue, vers ses vingt
ans, un être à part, dans ce groupement fa-
milial.
Dès longtemps, on lui avait donné une
gouvernante allemande, une gouvernante
anglaise, avec qui elle travaillait longue-
ment, avec qui elle sortait sans cesse, mais
toujours dans des buts élevés, connaissant
minutieusement tous les musées de Paris,
tous ses monuments, comme les livres sé-
rieux qu'elle feuilletait toutes les nuits, étu-
diant la musique avec la même ardeur, as-
sislant aux concerts les plus classiques ou
les plus avancés, ne voulant pas, en un mot,
que quoi que ce soit des sciences ou des
arts humaines demeurât étranger à son in-
telligence.
Et tout cela eut fait d'elle une jeune per-
sonne bien insupportable. s'il s'y était
joint le moindre grain de prétention, de pé.
dentene.
Mais Céleste était la simplicité même et
d'une tendresse parfaite à tous les siens.
Seulement, il y avait une nuance c'est
qu'elle admirait son père et l'aimait avec
quelque choie d'humiliant pour tous les au-
tres. Si elle était sa déesse, il était son
dieu.
Aussi un dissentiment grave se dessinât-
il entre elle et maman Leregrattier, dés
qu'elle se rendit compte que maman Gras ne
partageait pas touta son admiration pour
Elfe ne s'en était jamais expliquée avec
elle dans son sentiment du devoir, du res-
pect, elle mai qu'elle n'avait pas à ju-
ger les opinions de sa grand'mère et lors,
qu'elle n'était pas contente d'elle, elle s'iin-
pnsait de l'emBrasser an peu plus fort.
Mais elle souffrait beaucoup. par exemple
UNE NOUVELLE CRÈVE PUISQUE
Les maçons proposent
un contrat collectif
Les grandes lignes de leur projet diffèrent
sensiblement du projet des entrepre-
neurs. Dans les deux camps, on se
concerte avant d'engager les pourparlers.
La situation ne semble pas s'être sensible-
ment modifiée, pendant la journée d'hier,
sur les chantiers parisiens, qui continuent à
tre surveillés par la police.
Un seul fait est à noter M. Viliemin, pré-
sident de la chambre syndicale des entrepre-
neurs de maçonnerie a accusé réception
d'une lettre adressée par le syndicat ouvrier
pour annoncer qu'une commission de six
membres se tenait à la disposition des pa-
trons.
Ceux-ci n'ont encore pris aucune décision
c'est à l'assemblée générale, convoquée cet
après-midi, rue de L.utèce, qu'il appartien-
dra de régler les conditions de l'entrevue et
de déterminer les pouvoirs de ses manda-
taires.
Combien les ohômeurs sont-ils ?
On ne sait toujours rien de précis quant
au nombre total des grévistes.
M. Vittemin, président de la chambre
syndicale des entrepreneurs de maçonnerie,
affirme qu'il est matériellement impossible
de se livrer à des travaux statistiques
probants
La préfecture de police, dit-il? a dres-
sé, avec un soin méticuleux, je n'en doute
pas, l'état récapitulatif, par arrondissement,
des cbantiers de construction. I,.a veille de
la grève, 9,508 maçons étaient occupés à Pa-
.ris on en comptait 1,636 rien que dans le
seizième arrondissement Des que le mot
de grève eut été prononcé, 4,414 ouvriers
auraient, d'après elle, abandonné le tra-
vail. Aujourd'hui, vendredi, ce chiffre s'é-
lèverait à 4,893 la progression n'est pas
considérable, mais elle est évidente.
Seulement, les officiers de paix chargés
de procéder à ces enquêtes ne tiennent et ne
penvent tenir compte que des travaux neufs;
leurs investigations se trouvent forcément
limitées aux grands chantiers. Or, chacun
de nos collègues occupe également un grand
i nombre d' «hommes de corvée », c'est-à-dire
d'ouvriers travaillant régulièrement pour le
compte de l'entreprise, mais qui sont, en
quelque sorte, spécialisés dans las répara-
tions ou les travaux d'entretien. Ce sont là,
des chantiers bien souvent ignorés, car rien
ne les dénonce extérieurement Aussi, de ce
côté, aucun dénombrement n'était possible.
»Il ne parait pas exagéré toutefois de
conclure que le chiffre reel des grévistes
doit atteindre sinon dépasser le double du
total communiqué par la préfecture de po-
A la Bourse du Travail
Et cette appréciation se trouve en quel-
que sorte justifiée par l'importance du mee-
ting organisé hier après midi à la Bourse
du travail., rue du Chàteau-d'Eàu.
A trois heures, la grande salle des fêtes
étant archibondée il fallut improviser une
seconde réunion dans la salle -des grèves,
où l'on ne tarda pas à a'écraser conscien-
cieusement.
Deux heures durant, de nombreux ora-
teurs défilèrent à la tribune, réclamant tous
ou à peu près la disparition de ces « mau-
dits tacherons », sur le dos desquels va dans
doute se régler le conflit actuel.
Avant de se séparer, les auditeurs adop-
tèrent à l'unanimité un ordre du jour cons-
tatant que l'accord est parfait sur cette dou-
ble question abolition du t&cheronnat sous
toutes aes formes et établissernent d'un con-
trat collectif réglant d'une manière géné-
rale les conditions de travail dana la ma-
çonnerie.
Les grévistes ont, à ce propos, approuvé
un texte qui leur fut soumis et qui peut
sewir de base à la discussion avec les en-
trepreneurs.
Ira délégation syndicale, composée dc
MM. Baritaud, Bondoux, Re'noult, Schmifz,
Viau, Victor et, pour suppliant,, M. Coste, des
bardeurs, a vu renouveler le vote de con-
flance précédemment émis.
Dans le dernier paragraphe de l'ordre du
jour, les grévistes s'engagent à faire res-
pecter, par tous les moyens, le droit de
grève, afin que, les chantiers étant déser-
tés, entrepreneurs et ouvriers soient égale-
ment intéressés à une solution rapide du
conflit ».
Deux petites réunions seront tenues ce
matin l'une rue Pouchet, 67, pour les bar-
deurs l'autre à la Bourse du travail, où
l'on distribuera les caittes de grève aux
adhérents de la sectiori
Les propositions du syndicat ouvrier
Le projet de contrat collectif, dont il a
été donné hier connaissance à la réunion
des grévistes, diffère absolument de ce-
lui que rédigea la chambre syndicale patro-
nale.
Dans l'article 2, il est formellement sti-
pulé que « le marchandage, le tâcheronnât,
le travail aux pièces, les collectivités de
sous-traitants seront supprimés » et que
ii les tâcherons ou chefs de collectivités ne
pourront être employés comme maîtres
compagnons ou chefs de chantiers pendant
la duree du contrat ».
En ce qui concerne la durée du travail,
les ouvriers n'admettent pas la réglementa-
tion variable suivant les saisons ils ré-
clament la journée de neuf heures pendant
toute l'année avec la seule concession que
cette journée ne saurait jamais excéder dix
heures.
Les maçons demandent que le repos soit
obligatoire sans dérogation tcus les
dimanches et jours fériés ainsi que le
mai toutefois, le syndicat ne s'oppose
lorsque maman Gras remarquait quen l'on
a beau être un homme supérieur, il y a des
fois où l'on peut très bien se tromper. Il lors-
qu'elle soulignait, d'un petit rire, les expli-
cations que son gendre donnait de ses très
nombreuses sorties. des absences qu'exi-
geaient ses affaires. ou qu'elle lui jetait un
reproche silencieux, mais d'autant plus sévè-
re, sur la brusquerie avec laquelle il par-
lait à sa femme.
Céleste l'aimait profondément sa mère,
mais ne pouvait s'empêcher de remarquer
qu'elle parlait souvent son père de façon
maladroite, qu'elle l'agaçait, qu'elle ne le
comprenait pas.
Un petit drame de cœur existait donc en-
tre cette grand'mère, si bonne, et cette jeune
fille, si parfaite, qui lui reprochait de plus
en plus de ne pas rendre justice à son père
adoré.
Aussi, la grand'mère avait-elle redouté
une sorte d'isolement, lorsque ses deux pe-
tits cœurs s'en était allés là-bas, à Taras-
con.
Mais le cœur de Céleste était trop grand,
trop chaleureux, pour ne pas sentir cela. Et
au moment même où. l'animosité nrandis-
sait entre Philippe Gaubert et sa belle-mère,
faisant une blessure de plus en plus pr0-
fonde à Céleste, la jeune fille redoublait
de tendresse, d«3 soin, pour sa bonne marnât.
Gras, puisqu'elle devait, à elle toute seule,
lui faire trois petits-enlants.
Elle ne venait la voir, jadis, que deux fois
par semaine et, lorsque les grands-parents
s'installaient à la campagne, ne- leur don-
nait que ses dimanches. Maintenant, elle
tâchait de ne pas passer un jour sans les
embrasser. Et, malgré son chagrin de se
séparer de son père, elle s'était donnée tout
entière, depuis un mois, à mai-ian Gras.
point à des heures supplémentaires pour
des iravaux de sauvetage ou de secours en
cas d'accident des réparatinns urgentes
d'usi:nes, de théâtres, etc.
L'échelle des salaires est auelque peu dif-
férente de celle qu'établirent les entrepre-
neurs pour les maçons, un propose
90 centimes de l'heure 70 pour les gar-
çons Sô pour les liinousinants et pour
les garçons 1 fr. pour les poseurs 90 centi-
mes pour pinceurs 80 pour les bardeurs et
4 francs pour les gardiens de nuit.
Ix syndicat ouvrier tient également à voir
respecter les as et coutumes en et, qui coin-
eerne l'embauchage et le débauchage, c'est-à-
dire le principe des trois heures.
t.e projet de contrat est muet sur la ques--
tion du « rendement de travail proportionnel
au salaire ». I,es entrepreneurs voudraient
ftiir'; déterminer ce rendement par la conr-
mission arbitrale mixte nous croyons savoir
que les ouvriers, sans être hostiles au prin-
cipe, voudraient que le travail du chantier
complet serve de base au rendement indivi.
duel,
Telles sont les grandes lignes du contrat
collectif élaboré par tes grévistes.
Ceux-ci ont déjà fait savoir qn'ils sR
montreraient intransigeants sur la question
ides tacherons. Les entrepreneurs affirment
qu'its ne peuvent dénoncer les traités en
cours, mais ils sont prêts à ne pas les re-
nouveler. C'est donc sur ce point précis que
se livrerant de rudfis assauts. Avec un peu
de bonne volonté, un accord transactionnel
pourrait être consenti de part et d'autre.
!lfais, voilà Qui fera le premier pas dans
la voie des concessions ?
UNE AUTOMOBILE VERSE
DEUX VOYAGEURS BLESSÉS
Mantes, août.
Dans l'après-midi, les habitants de la
pelite commune de Chaussy étaient brus-
quement tirés de leurs occupations par un
bruit épouvantable. En hâte on ee précipita
sur la route de Magny. Le spectacle était
navrant. Sous une automobile renversée,
deux personnes gisaient, ensanglantées et
inertes. Près d'elles, quatre autres voya-
geurs encore étourdis par le choc se rele-
vaient.
Voici ce qui s'était produit. Dans le vi-
rage de Chaussy, en pleine côte, l'automo-
bile descendait à vive allure, lorsque le
chauffeur, le vicomte de Thy, voulut ser-
rer les freins ceux-ci fonctionnèrent si m*fc
que le véhicule ne ralentit pas. A ce mo-
ment un pneu 6clata et provoqua la rup-
ture de la roue. Emportée par sa course
folle, l'auto versa au bord de la route. Les
voyageurs, projetés sur le sol, se relevèrent
plus ou moins sérieusement blessés. Le
conducteur, le vicomte de Thy, avait le
crâne et l'épaule fracturés un de ses com-
pagnons, M. Pierre Chuteau, avait la jam-
be gauche brisée. Les quatre auhes tou-
ristes, MM. Chxrles Delès, Pierre Guedras,
Pierre Bourboulerx et Jean Bourguinaud,
tous élèves conducteurs d'une société d au-
tomdbiles, étaient indemnes.
Les deux blessé.s ont été soignés na.r le
docteur Valette, de Bray-et-Lû, puis trans-
portés rhez les châtelains du pays, qui les
ont hospitalisés. La voiture est entièrement
démolie.
BIJOUX FIX
Rachetés 0 fr. 50 le gramme
même hors d'usage.
On a retrouvé à Villemomble
Hcylaerts, le petit fugitif
Nous avons ronté hier l'étrange disparition
de ce garçonnet de doure ans, Louis Claude
Hèylasrts, dont les parents habitent 5, rue
des Concourt..
Les transes par lesquelles ont passe ces
derniers ont pns fin dans la matinée d'hier.
Une dépêche envoyée par M. Lacroix, com-
rnissaire de police des Ulas, est en effet ve-
nue avertir Mme Heylaerls que bon enfant
était retmuvé.
Le gamin int rencontré vers sept heures du
matin par un gardien de la paix. alors qui il
errait à l'aventure dans Villemomble.
L'agent, qui, dans le Petit Parisien, avait
lu le signalement du jeune disparu, fut tout
de suite fixé. Aussitôt il emmena le garçon-
net au commissariat de police des Lrlas.
Interrogé par NI. Lacroix, le jeune Hey-
laerts déclara ne pas trop savoir pourquoi
il était partî. Maman, ajouta-t-il, m'avait
doriné cinq francs pour faire quelques
achats je m'étais acquitté de la commis-
sion, mais après j'avais dépensé le reste de
la somme. J'eus peur d'être grondé, je n'osai
rentrer, et je m'éloignai, sans savoir où j'al-
lai. Depuis un JQur et demi j'errais dans
Villemomble quand l'agent m'a rencontre.
Mme Heylaerts, vers midi, est allée cher-
cher son enfant qu'elle n'a pas ea le coura-
ge de gronder bien fort.
SAUVE PAR SA JAMBE DE BOIS
Un tramway électrique de la ligne Auteuil-
Salle dos fêtes, a tamponné, hier, à l'angle de
la rue des Parchamps et de la rue des Menus,
à Boulogne-sur-Seine, un pauvre vieux am-
puté de la jambe droite et frappé de surdité,
si bien qu'il n'avait pas entendu les avertisse-
ments réitérés du wattman.
Renversé par le chasse-pierres du tram-
way, le vieillard, un rempailleur nommé Hen-
ri Michel, et demeurant 41, rue du Bac, à Bou-
logne, allait être infailliblement écrasé. Heu-
reusement pour lui, sa jambe de bois se trou-
va la première en contact avec les roues de la
voiture, et arrêta net le lourd tramway.
Après avoir reçu les soins d'un pharmacien,
le blessé a été reconduit chez lui
pour l'aider à orgMiser sa nouvellr pro-
priété de Marnes. Car l'ancienne habitation
de Garches était bonne quand on n'était que
quatorze, chacun ayant son logis prévu,
mème les Védrine.
Mais à présent que ces gamins de Paul et
Maria étaient mari et femme. qu'ils avaient
un bébé qu'ils en auraient certainement
d'autres. et avec tous les arrière-petits en-
fants que prévoyait maman Gras, il fallait
une immense habitation, un pare, une salle
à manger où elle put avoir vingt-cinq ou
trente convives.
Et ç'avait été la dernière bonne affaire de
M. Leregrattier que l'achat, pour un mor-
ceau de pain selon son habitude, d'un do-
maine quasi seigneurial, ancien pavillon de
chasse, donné par un roi à une favorite, qui
en avait fait une des plus jolies demeures
du dix-huitième siècle.
Céleste venait donc d'y passer cinq se-
maines, non seulement à aider, mais à gui-
der sa grand'mère, avec son goût si sùr, si
érudit. Les grandes pièces n'étaient pas en-
core prèles: il» y avait de la besogne au
moins pour une année mais tous les logis
étaient frais, coquets, reconstitués avec la
plus jolie pureté, surtout celui que ma-
man Gras destinait au jeune ménage, qui
était arrivé ce matin.
Et, aussitôt, bien que ce fût un samedi et
qu'elle dût voir son père ici demain, Céleste
était répartie pour Paris, en disant, avec la
plus gentille ironie, à sa grand'mère
tu n'as plus besoin de moi tu as tes
préférés
Ses préférés Ils ne l'étaient plus au-
tant, puisqu'il y avait un nouveau venu, ce
ravissant bambin, si grand déjà, si fort, dé-
jà, que maman Gras s'écriait, en contem-
M. Viviani retourne
chez les sardiniers
(DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL)
gantes, 27 août.
Le ministre du Travail a tenu à se ren-
dre encore une fois sur la côte pour essayer
de trouver les bases d'un accord détimtif
entre ouvriers et patrons.
Rappelions brièvement les faits qui ont
déterminé M. Viviani à faire ce second
voyage. LE CONFLIT
I,e 12 juillet dernier, un conflit des plus
aigus se produisait à Concarneau, entre usi-
niers et ouvriers soudeurs. Les patrons
ayant fait installer des machines il. sertir les
bottes de conserves, les travailleurs protes-
tèrent isolément. Certains brisèrent les ma.
chines, dont 27 étaient mises hors d'usage.
Immédiatement mis au courant de ce qui
se passait, M. René Viviani, ministre du
Travail, décidait de se rendre sur les lieux
afin d'arranger les choses et le 29 juillet, il.
l'issue d'une réunion à laquelle assistaient
une délégation patronale et les représen-
tants du syndicat des ouvriers soudeurs,
le ministre faisait signer une convention
aux termes de laquelle les patrons pre-
naient l'engagement de ne pas faire instal-
ler de nouvelles machines avant le 1"' sep-
tembre, date laquelle les délégués se don-
nèrent rendez-vous pour l'élaboration d'un
contrat définitif.
De leur c6té, les ouvriers s'engageaient
reprendre le travail dès le lendemain.
Aucun des grévistes, car pendant les
dix-sept jours qui s'écoulèrent entre les in-
cidents et la réunion de Quimper, tous les
ouvriers éfaient en grève, ne restait sur le
carreau. Tous les soudeurs étaient repris
par les patrons.
Le ministre n'avait donc pas perdu son
temps. Il avait fait œuvre utile. Il avait
aplani un conflit qui menaçait de devenir
très grave.
Certes, aucune solution définitive n'était
prisd mais il n'en est pas moins vrai qu'un
délai de un mois était accordé aux uns et
aux autres pour réfléchir, pour chercher et
pour trouver un terrain d'entente.
Le ministre reparti, une certaine efferves-
cence régna encore dans les usines, à Con-
carneau, à Brigneau, à Audierne, à Douar-
nenez. La convention qui avait été accepté"
par tous les délégués avec franchise fut cri-
tiquée par certains. Bref, pendant quelques
jours encore, la situation fut loin d'être ras-
surante. Certaines clauses donnaient lieu à
des difficultés, notamment cella qui permet-
tait aux fabricants d'introduire dans leurs
usines, en dehors des machiner qui avaient
été brisées, celles qui étaient en route au
moment des incidents du }2 juillet.
Les ouvriers considéraient que ces derniè-
res étaient en surnombre et ils protestèrent
contre leur installation et surtout contre
leur mise en service.
Certains patrons, en la circonstance, fi-
rent d'ailleurs preuve de beaucoup de tact
et, biep qu'ayant pris livraison des machi-
nes, ils ne les firent pas déballer. Ils dé-
clarèrent aux ouvriers qu'ils entendaient
attendre le premier septembre.
M. Teyssonneau, avait été autorisé, per-
sonnellement, lors de la conférence du 28,
à recevoir une machine à poissons en sur-
nombre de celles qu'il possédait Les sou-
denrs de cette usine, impressionnés par
cette autorisation, cessèrent brusquement
le travail le 8 août.
M. Teyssonneau leur fit savoir aussitôt
qu'il recevrait la machine par question de
principe, mais qu'il ne la ferait pas mon-
ter. I)e leur côté, les membres du syndicat
de Concarneau engagèrent vivement leurs
camarades à reprendre leur travail. Les
grévistes étaient à leur poste le lendemain.
Des incidents de moindre importance, des
réclamations se produisirent dans d'autres
usines mais, grâce à l'esprit de modération
du syndicat, lequel s'est employé avec beau-
coup de dévouement, le calme n'a çessé de
régner.
Malheureusement, certaines parsonnes,
ayant sans doute intérêt à la faire, répan-
daient des informations qui étaient de na-
ture à entretenir la surexcitation parmi les
ouvriers. C'est ainsi qu'on relatait qu'à Bri-
gneau, trois machines à sertir, mtroduites à
l'usine Béziers, avaient été brisées par les
soudeurs de ta localité. Or, ce fait était tout
à fait inexact. Rien de semblable ne s'était
produit. C'était un canard grossier.
Quoi qu'il en soit, avec le temps, venait la
sagesse et, grâce a l'action des différentes
associations ouvrières, les esprits se cal-
maient peu à peu et tous attendaient et at-
tendent encore avec patience et confiance la
réunion qui aura lieu dans cinq jours à
Quimper.
Mais le syndicat général des soudeurs ne
se contenait pas de cette mission. Il travail-
lait en silence à l'élaboration d'un nouveau
contrat.
LE PROJET DE CONTRAT
On sait qu'un contrat avait été déjà établi
avant que fut signée la convention du 29
juillet sur les observations qui leur avaient
été faites par M. Vivian6 les ouvriers re-
connurent que plusieurs points étaient inac-
ceptables. Animés du désir sincère d'arriver
à une entente ils recherchèrent les bases
possibles d'un nouvel accord
C'est ce dernier projet qu'ils comptent
soutenir avec énergie à Quimper sous une
forme collective.
Ce nouveau, projet de contrat admet
tablissement de règlements intérieurs pour
déterminer les conditions particulières du
travail dans chaque usine. Il prévoit le ren-
gagement 'des ouvriers dans les usines
au moment où les machines y seront em-
ployées. Cette clause doit évidemment don-
ner lieu à une discussion. Les ouvriers dé-
sirent, en effet, que tous leurs camarades
soient remployés sans tenir compto de la
plant cette petite maman qui avait toujours
l'air d'une jeune fille
Comment as-tu pu faire cela, toi
Et on t'en fera bien d'autres, va, grand'
maman répondit le jeune père, follement
fier de cette progéniture, qu'on avait voulu
leur prédire malingre, mal portante.
Maria essaya de lui jeter un reproche.
On voit bien que ce n'est pas toi qui les
mets au monde
Avec ça que je t'ai quittée un instant 1.
Le médecin du régiment et la sage-fem-
me prétendaient qu'on aurait pu se passer
d'eux.
C'est vrai, grand'maman, dit Maria, en
embrassant Mme Leregrattier de toute sa
tendresse tu ne peux pas t'imaginer com-
me il a été gentil 1
Si je ne me l'étais pa.g imaginé dès
longtemps, ma chérie, est-ce que je vous
aurais mariés?. Alors. on est heureux?
Plus que tu ne peux te l'imaginer,
bonne-maman 1
Voyez-vous cette petite sotte, qui
se figure qu'on ne se rend pas compte de
tout son bonheur!
Non, grand'maman s'écria Maria, en
prenant la main de son mari les autres
ne peuven1 ja[r»«.is savoir
dis bierf. parce que je sens que c'est ta
meilleure récompense Et maintenant, toi,
mon officier, si tu rcte le prenais un peu,
notre môme, pendant que je vais préparer
son bain.
Ce fut, pour bonne-maman, un instant de
la joie la olus comique et la plus attendris-
sante, que de voir ce bel ofilcier faire la
nounou, bercer son petit, lui fredonner les
chansons dont elle l'avait bercé elle-uiê-
date d'entrée dans la maison. Les patrons,
de leur côté, ne voudraient que ceux des ou-
vriers qui compteront cinq années de ser-
vice. Enfin, les ouvriers demandent qu'a- j
vant l'emploi de la machine, un certain
travail leur soit assuré. Sur ce point, lets
usiniers semblent.vouloir leur donner pleine j
satisfaction.
Le contrat sera signé pour cinq ans et re-
nouvelable tous les cinq ans par tacite re-
conduction.
Comme on vient de le voir, bien des points
séparent les patrons des ouvriers et, actuel-
lament, il ne faut pM craindre de le dire,
l'accord semble difficile à faire. C'est pour
cette raison que M. Viviani a décidé de ve-
nir à Nantes pour essayer de trouver, avant
la date fiaée, nn terrain sur lequel les deux
parties en présence pourraient s'entendre.
Ce n'est pas là une mission facile.
Si l'on connaît le projet de contrat des ou-
vriers, on ignore encore ce que proposeront,
ce qu'exigeront les patrons. Toutefois, M.
Viviani tient à aboutir. Il le veut d'autant
plus que les ouvriers lui ont, pour ainsi dire,
confié leur sort.'
Le 22 août, le ministre du Travail recevait
une lettre, signée de Hermès, secré-
taire général du syndicat. Bruzac et Guillou,
président et secrétaire du syndicat de Con-
carneau, dans laquelle ces derniers lui de-
mandaient de ne pas les abandonner.
'f Vous Ates venu une première fois a
notre secours. Nous vous supplions d'inter-
venir encore. »
M. Viviani, qui était depuis longtemps
décidé à présider la seconde réunion de
Qnimper mais qui voulait, qu'on me per-
mette l'expression, en faire la surprise à
tous les intéressés, a répondu qu'il y serait
aujourd'hui.
Le ministre fera l'impossible pour es-
sayer de jeter les bases d'un projet qui
pourrait être accepté par les uns et par les
autres.
Y réussira.-t-il ? Tout le monde le souhaite.
CONFIANCE DU MINISTRE
M. Viviani m'a reçu tout à l'heurP dans le
grand salon de la préfecture nantaise et
voici, au sujet de sa démarche d'aujour-
d'hui, ce qu'il m'a déclaré
.le suis venu ici pour tâcher de remé-
dier il la situation engendrée par l'arrivée
des machines. Je suis venu pour protéger
les intérêts de tous. Il ne faut pas, d'une
part, que l'homme soit victime du progrès,
mais il ne faut pas non plus que les patrons
aient leurg machines mises hors d'usage. Il
faut concilier la main-d'ceuvre et l'outil.
C'est vers ce but que vont porter tous mes
efforts. J'ai souvent dit que le progrès rial!
exterminateur et bienfaisant. Il extermine
des privilégiés qui sont obligés de s'incliner
devant les outils il est bienfaisant parce
qu'il produit plus vite et à meilleur compte.
Je reconnais que la situation créée à l'ou-
vrier par la machine, introduite soudain
dans la fabrique, est pénible. La main-d'œu-
vre disparatt, ou presque, du jour au lende-
main. Il faut donc faire en sorte que le tra-
vailleur ne souffre pas trop du progrès. Il
faut prendre des dispositions, afin de ren-
dre assez douce la période transitoire. Il est
impossible d'admettre que Ips machines
soient brisées, mais il est encore plus diffi-
cile d'admettre que des existences Inimui-
nes soient brisées.
Des efforts doivent être faits de part et
d'autre, de façon que les ouvriers ne soient
pas frappés par le progrès au moment où
il se manifeste.
Tei est le but de mes efforts. J'ai le ferme
espoir d'aboutir.
M. VIVIANI REÇOIT LES PATRONS
ET LES DÉLÈGUES OUVRIERS
Dans la matinée, M. Viviani a eu une
Jonque entrevue avec MM. Benoit et
Amieux, président et secrétaire de la délé-
gation patronale. Ceux-ei sont élevés,
ainsi que je le faisais prévoir plus haut,
contre plusieurs des clauses du projet de
contrat élaboré par les ouvriers. Ils ont no-
tamment protesté contre l'artirle aux ter-
mes duquel un usinier ne pourrait faire
marcher les ^machines que lorsque trois
journées de travail seraient assurées aux
ouvriers, Ils se sont ég;ilprr>ent. prononcés
contre la disposition qui fixe à cinq ans
la durée du contrat- Jis estiment que ce
délai esl, beaucoup trop long.
MM. Benoît et Amieux nnt reconnu. tou-
tefois, que le projet serait une excellente
base de discussion.
A l'issue de leur audition par le ministre du
Travail, les représentants des usiniers se
sont refusés énergiquement à !aire connaî-
tre leur impression ils ne voulurent point
également me donner quelques indications
sur l'attitude qu'ils observeront mardi pro-
chain.
Nous sommes chargés par nos confrères,
m'a dit M. Benoit, de défendre leurs inté-
rêts nous ne pouvons rien dire. Le minis-
tre avait manifesté le désir de nous voir
nous sommes venus nous avons causé.
Quant à la réunion de Quimper, il De saurait
en être question aujourd'hui.
M. Viviani a entendu ensuite MM. Hermès
et Chambrun président et secrétaire du syn-
dicat des boîtiers soudeurs, ainsi que M.
Blanchard, secrétaire de la Bourse du tra-
vail.
Un renseignement intéressant vient de m'ê-
t.re donné sur la réunion de mardi. Les dé-
légués patronaux et ouvriers soumettront a
l'approbation de leurs mandants les décisions
quils prendront. Un double référendum au-
ra lieu à cet effet, à Quimper, le 3 septem-
bre.
M. Viviani a continué ses auditions dans
l'après-midi. 11 a reçu plusieurs usiniers avec
lesquels il s'est entretenu de la situation.
Paul GREZ.
LOTISSEMENT OU
PARC DE VERRIERES
Gare de Massy- Verrières (Luxembourg)
de 4f.75 à lOf. le mq.
C'est que tu as l'air de t'y entendre
Eh 1 bonne maman, personne ne pait
rendormir comme moi
M. Leregrattier surgit, alors, auprès
d'eux et comme il était joliment ému, lui
aussi, il voulut se donner des airs gron-
deurs
Si c'est comme ça que tu prépares
ton Ecole de Guerre, toi
Je t'assure bien, grand'père, qu'il y a
temps pour tout le papa, le mari, n'ou-
blient pas qu'ils sont officier et l'officier
n'oublie pas qu'il a l'ambition d'arriver au
premier rang. J'ai le bonheur d'être adoré
de mes hommes, que j'aime bien cordiale-
ment aussi.
Ses hommes Ce gamin en parle com-
me s'il était un grand chef
Grand'père, dès qu'on a deux hommes
à conduire, on est un chef, on a ses respon-
sabilités. L'armée, c'est la nation tout en-
tière, aujourd'hui. chacun y a sa part de
devoir, comme dans toute famille.
Tu aimes donc bien ton métier ?
Dès le moment que mon père ne tenait
pas à m'avoir avec lui. et il me l'a toujours
fait sentir. et puisqu'il ne venait pas me
reconnaître les aptitudes nécessaires pour
le commerce ou l'industrie.
Tu exagères, petit interrompit douce-
ment Mme Leregrattier, qui avait la bonté
de défendre son gendre, malgré le dédain
avec lequel il la traitait.
Allons donc, bonne maman fit Paul en
haussant les épaules vous savez bien que
je iVai jamais été le préféré de papa. il n'a
jamais admiré que Céleste et je ne lui en
veux pas, it elle ce n'est pas de sa faute.
Mais puisque papa n'avait aucun orgueil de
moi, aucune ambition pour moi, j« me suis
créé nelle-ci. aui me fait trèa indépendant,
UN OUEL SUR LES FORTIFS
L'ouvrier diamantaire Serge Baquié en
voulait au peintre en voitures Poussin, de
lui avoir enlevé sa maîtresse.
Après avoir corrigé ladite maîtresse d'un
coup de pied, il invita Poussin à venir s ex-
pliquer.
Poussin répondit en lui donnant ren-
dez-vous, le 21 février, vers deux heures,
dans le fossé des fortifications.
A l'heure dite, Baquié se présenta. Mais
il n'était pas seul. Il s'était fait accompa-
gner d'un ami, nommé Boulanger. Sans
s'émouvoir de cette intervention d'un tiers.
Poussin 6ta sa ves'te, s'attendant à un duel
à coups de poing. Mais au premier mouve-
ment qu'il ftt, Boulanger lui tira deux bal-
les de revolver dont l'une atteignit au côté
gauche de la poitrine Poussin qui mourut la
10 mars.
Traduits, hirr, devant la cour d'assises,
Baquié et Boulanger ont assuré qu'ils se.
taient ntépris sur le geste fait par Poussin,
en ôtant sa veste, et qu'ils avaient cru que
Poussin cherchait son revolver.
Baquié a été acquitté. Boulanger, grâc»/
à ses quinze ans, a été déclaré avoir agr
sans discernement et a été envoyé en cor-
rection jusqu'à sa majorité.
A ASNIÈRES, ON REPÊCHE
LE CORPS D'UN ENFANT INCONNU
Des rnariniers qui travaillaient hier sur .:•
les bords de la Seine, à Asnières, près de
l'llc dcs Ravageurs, virent passer an fil de
l'eau, à proximité du pont de Clichy, le cada.
vre d'un garçonnet qu'ils amenèrent bientôt ̃/
sur la berge.
M. Planaon, commissaire de hwlice, inter-
vint bientôt fil examina le cadavre.
Le petil, noyé, dont l'immersion était toute
récente, devait être un garçon d'une dou-
zaine d'années, aux cheveux blond».
Il était nu-pieds et revêtu d'un costume
complet de velouri blaac et d'un maillot
blanc. )
Sur le corps, le magistrat ne releva aucu-
ne blessure, aucune trace de violencca.
Dans les vetemente. rien qui ptit servir à
établir l'identité du pauvre pelit. Aussi le ̃;
magistrat a-t-il, dans ia soirée, fait trans-
porter le petit cadavre à la morgue. =*
SUICIDE A D'ÉTAMPES
Etampes, 27 août.
M. Auguste Granchet, brocanteur et anti-
quaire, demeurant à Etampes, s'est suicidé
hier soir dans la cour de l'hôpital de cette
ville en se tirant un coup de revolver dans
la tête. M. Granchet, âgé de cinquante-huit
ans, souffrait depuis quelques années d'une
cruelle maladie et avait le caractère aigri.
Il se cry-ait persécuté.
Dans un factum qu'il remit au concierge
de l'hôpital au moment où il y arrivait, il
demandait que son corps fût autopsié dans
l'intérêt de la science, et, que les résultats
de cette autopsie fussent communiqués a
sa famille et aux médecins. Il ne s'était
rendu l'hôpital qu'afin que son autopsie
pût être faite rapidement et sans difficultés.
BRULEE LA VEILLE DE SON MARIAGE
Un pénible accident s'est produit avant
hier soir à Boulogne-sur-Seine. Au numéro
1i6 de la rue de Silly, habitait avec sa famil-
le une jeune fille de dix-neuf ans, Mlle José-
phine Cudot, qui devait se marier aujour-
d'hui.
Dans la soirée, saquant à ses occupations
ménagères. Mlle Cudot avait mis de 'encans-
tique à chauffer. Soudain le dangereux li-
quide prit feu et se répandit snr ks vétementa
de la eune fille. Quand on accourut celle-ci
était déjà environnée de flammes qu'on eut
tnutps les peines du monde à étouffer. Fort
grièvenirnt* bnllée, Mlle Cudot fut transportée
¡hôpital de la Charité, où malgré tous les
soins qui lui furent prodigués eVe ne tarda
pas à expirer.
LOTiSSËINENT
BOIS DE BEAOSÉJOUB
Vente de Terrains boisés tous les
Dimanches et Fêtes. Descendre gara
d'Epinay-sur-Orge (ligne d'Orléans).
Les boulangers d'Orléans
Orléans, 27 août
M. Virenque, secrétaire général de la pré-
fecture du Loiret, qui remplace en ce mo-
ment le préfet absent, a pris l'initiative d'une i
médiation dans le. but de hâter la solution
de la grève des boulangers d'Oricans, dont
le Petit Parisien a récemment entretenu ses
} lecteurs.
Cinq délégués grévistes ont été convoqués
à son cabinet, et il s'est entretenu avec eux
du conflit et des moyens propre3 à y mettre
un terme dans le plus bref délai.
A l'issue de cette entrevue, M. Virenque
a promis aux ouvriers qu'il allait mettre en
demeure les patrons, soit de leur accorder
1 une augmentation de salaire, soit d'accep-
ter l'arbitrage administratif faute de quoi
il il retirerait immédiatement les soldats qui
travaillent chez eux depuis le début de la
Les patrons ont été, à leur tour, convoqués
à la préfecture et il est probable ue, grâce
il. cette intervention énergique, 1 issue du
conflit ne se fera pas attendre.
M. Bouquet, secrétaire des boulangers
parisiens, est venu â Orléan5. Il a fait, à
la Bourse du travail, une conférence aux
grévistes.
dans le noble servage de la patrie. Ma
femme aime mon métier comme moi Gra-
te à vos libéralités à tous, nous le prati-
quons en grande seigneura et c'est peut-
être la meilleure façon de le pratiquer.
M. Leregrattiér répondit fièrement
D y a du vrai dans ce que tu dis, ga-
min Nous avons fait la fortune, ton père
et moi. vous êtes un peu notre luxe, notre
petite gloire. Tâche donc de nous faire un
général Gaubert 1 Ca vaut peut-être tout au-
tant que de faire des affaires.
Il fallait qu'un bien grand changement se
fût produit chez ce terrible père Leregrat-
tior, ce demi-usurier, cet homme de négo-
ciations souvent aussi louches que tern-
bles, pour que des pensées aussi élevées
eussent remplacé son unique besoin de ja-
dis amasser de l'argent, toujours de 1 ar-
gent.
La fortune avait fini par le nettoyer.
Et, le soir, dans son intimité avec sa
femme, il avouait, bien franchement
Ils sont gentils, ces gosses. ça fait
plaisir de les voir s'aimer. Si on pouvait
marier les deux autres aussi heureuse-
ment l
Et toi qui en avais peur, de ce ma-
riage s'écria maman Gras, avec presque
i de la dureté.
C'est que. les autres. avec leurs ea-
i créa parents grommela monsieur Lere.
1 grattier, dédaignant de répondre à la cri-
1 tique de sa femme: et. avec leurs carac-
] tères eux. leurs idées Ce petit Emile,
encore plus âpre que je ne l'étais quand il
1 ma fallait gagner péniblement mon pain.
1 et cette Céleste, dont le cerveau vit eau»
cesse en dehors de nous.
(A «ulorej Pœrhe Sali*.
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