Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir
Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)
Date d'édition : 1906-10-16
Contributeur : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication
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Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 16 octobre 1906 16 octobre 1906
Description : 1906/10/16 (Numéro 10945). 1906/10/16 (Numéro 10945).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/04/2008
m MX-
• «s»»
Le Petit rDairi«.i©n Le
iietii te puimc a uisuiuoe. iuus ces vesug«s
sont encore rouges de sang.
W Sur les coussins d'un wagon de deuxième
classe, je remarque des débris de cervelle.
Ailleurs, C9 sont des cheveux qui adhérent à
un lambeau de chair sanguinolent. Le spec-
t.u-ie est horrible
l. premières constatations, faites ce ma-
lin, ont amené la découvert, sur le tablier
il'.1 la machine qai a ininponni le train, d un
ri<'Sur un wagon, on a fait d'autres trouvail-
les lugubres des doigts de pied hachés
tenaient cà et \k. De nombreuses bottines
éhient à c6té de ces débris sanglants.
A quelques mètres de là on a ramassé un
antre pied, un fied d'eufant, oelte fois, en-
foui sous les décombres.
Une Scène d'horreur
Un témoin de Caccident, M. Edouard Lé-
tfoutt, demeurant à Epernon. qui fut J'un des
premiers à se porter au secours des blessés,
nous dit
d'abord un WM &0
< T- n -ni nt demi environ. II n'avait pas une ègra-
H.ii :•<>. Mme C.h-'ir. ^e-'emme à Eperuoa,
h fii chargea. J- ̃ -senne nest veru le
réclamer. Il est le ce soit l'enfant ou
le nourrisson lTu.,o 2.
Un voyaj!ei.T de coniniproe, c'était M. Gorju
qui a été transporté à HiôpitRl de Chartres
< I r.t engagé sous tes roues de la machine qui
iiviit cansé l'accident. n avait les deux pieds en
jiiïlio séparas des jambes. Comme nous taisions
u'"i. utiles efforts pour le tirer de cette alfreuse
p'Vlion, il s'écria. Je souffre trop. Tenez,
voila le rnril'eur moyen d >r> Unir
la nous assistâmes à cette scène uv^ïo et im-
pressionnante au possible. L'un apns 1 autre,
M. Licrju cracha ses pitûs qui ne tenaient ptus
iiue pur des lambeaux de chair et étaient pns
» us les roues de la locomotive.
li jeta au loin ms débris snnsrhnts et s'excla-
îm sur im ton qu'il s'effnrcait de rendre ferme
« Maintenant vous pouvez' m'emporter »
Nous le déposâmes dans un- hôtel voisin où il
reçut les premiers soins.
Ce pauvre homme est l'un de ceux devant
Il lit desquels s'arrêta M. Borthcu, au cours
de sa visite à l'hôpital de Chartres.
L'ENQUÊTE JUDICIAIRE
Les Magistrats instructeurs cherchent à
déterminer les Responsabilités. Une
émouvante Confrontation. Déclara-
tions contradictoires.
Epernon, 15 octobre.
Le procureur de la République et le préfet
d'Eure-et-Loir ont passé toute la nuit sur ie
théâtre de la catastrophe ainsi que les pr>n-
cipaux fonctionnaires de la compagnie iti
l'Ouest.
Les employés du train tamponné et ceux
qui conduisaient la machine ont été longue
ment interrogés dans la matinée.
1.'ne émouvante -confrtntation a eu lieu
¡.eu après la catastrophe entre le mécani-
cien tamponneur M. Louvet, et l'aiguilleur
de la gare d'Epernon.
Le rnécanicien a affirmé que les signaux
étaient ouverts lorsqu'il est entré en gare
d'Epernon.
Cette thèse n'est pas du tout celle de l'ai-
guilleur.
Celui-ci a affirmé qu'il n'avait rien il se r3.
La voie était fermée, a-t-il dit avec éner-
gie, et la machine aurait dû stopper.
Divers témoins semblent donner raison
aux déclarations de l'aiguilleur le mécani-
cien Louvet, du dépôt de Vaugirard, a été
inculpé d'hernioide par imprudence, mais
le procureur de la République l'a laissé en
liberté provisoire. C'était un employé très
bien note, et jusqu'ici on n'avait eu à lui re-
procher aucune faute grave.
La Locomotive tamponneuse
La croix que 1 on voit à l'avant marque l'endroit
où, hier matin, on retrouva une mam de
l'n fonctionnaire de la compagnie h qui je
demandais son opinion au sujet de cette grn-
•- e décision, m'a déclaré que les sig'mux
«'•tarent fermés et que cela n'était pas don- j
ipux. Reste à savoir s'ils ont été fermes as-
*ez rapidement pour faire arrêter la machine j
moment où la locomotive était déjà passée.
Dans l'après-midi d'hier Louvet a été de
nouveau interrogé. A une surexcitation bien
compréhensible avait succédé un abatte-
V Feuilleton du Petit Parisien,
L'ANNEAU D'ARDENT;:
GRANU ROMAN INliDiT
TROISIÈME PARTIE
DE L'AMOUR A LA MORT
IX (suite)
En }iré*ence
Niai cette porte s ouvrait de nouveau.
li'. lie femme la sienne paraissait
etail velue sans recherche, avec stm-
\iais cette aimtJicilé même ajoutait
à sa distirjctiuii iiuiur>'l!e. Elle était
au- -;si belle, d une beauté qui gri-
sa;' romme un philtre mortel
i; ufi geste Jacques congédiait le domesti- j
i derrière lui, ce dernier referma la porte.
Le niari et la fenune étaient eu présence.
heuis.
Suns témoins.
Appuyé à sa table de travail, Heurtaux
re,uar ;.iil Marcelle., comme une apparition
Cependant elle avançait vers lui.
Lentement
Le visage empreint u'une indomptable
résrlution..
Et il le contemplait avec adoration. avec
folie. ce tin, ce cher, ce délicat visage, aux
joues pâlies, aux orbites plus caves. mais
Son regard devenait brillant. trahissait
[ ment profond. il s'est borné à répéter ce
| %u'il avait déjà dit.
Cependant, sa responsabilité semble de
plus en plus engagée.
En eliet, le chef de gare d'Epernon, qui
voulait envoyer sur Paris le train 510, di'.jà
en retard, avant la locomotive haut le pied,
était obligé, pour donner la voie au tram
510, de la fermer derrière lui le système des
signaux étant ainsi combiné que, pour ou-
vrir l'aiguille il est nécessaire de fermer !e
disque. Le mécanicien aurait donc bien • rù-
lé le signal, Et il est établi que les signaux
fonctionnaient parfaitement. Er outre, la
malveillance ne saurait être mise en ques-
tion.
Entretien avec le Mécanicien
du Train tamponné
J'ai pu joindre NI. Reverdy, le mécanicien
du tram tamponné,. C'est un homme de' qua-
rante ans, au visage franc et énergique.
J'avais reçu l'orrlre, me dit-il, de gartT mon
train pora le passage de express de Bretagne.
Ce dernier convoi parait bientôt. U file à toute
Je rentarqne néanmoins le signal vert indi-
quant que le train tst dédouble
J'avise aussitôt le chef de gare et je lui de-
mande ce que je dois faire,
Il y 8 une machine qui vient derrière, me
répond-il, mais ça ne fait rien. Je vais vous
« expédier
Apres avoir prononcé oes parole- il rentre
dans son bureau.
J aperçois alors le carré jaune indiquant qrne
la voie est libre.
Il était, ce moment précis, cinq heures un
Je ils partir mon train. La moitié des voitmes
était diiju engagée sur :a voie principale et je
mettais !a main sur la manette de mon régula-
teur lorsque, tout à coup, une violente secousse
se produisit et je tombai sur le dos tandis que
mon chauffeur s'abattait sur moi.
Nous nous relevàmes un peu contusionnes
sans doute, mais, somme toute, sans mal.
Nos malheureux voyageurs ont eu moins de
chance que nous 1
Sur ces mots, le mécanicien Reverdy a un
geste navré et nous quitte pour aller où son
travail le réclame.
LES MORTS
La Liste complète. La Montre du Docteur
Hoquet. Les Cadavres ramenés à
Paris.
Bpernon, li octobre.
Les morts ont passé la nuit dans l'un des
bureaux de la gare. Tcus sont identifiés a
l'heure actuelle. Je vous en transmets la
liste complète telle qu'elle m'a été commun
quée tout à l'heure
1° Le docteur Charles Floquet, médecin en
chef du palais de justice, chevalier de la
Légion d'honneur, demeurant à Paris, 10,
rue de la Galté (M. Charles Floquet était le
gendre de M. Jacques, ancien député et mai-
re du quatorzième arrondissement)
2° M. Prunier, cousin du docteur Floquet,
habitant Commercy
3° Mme Deschamps, née Henriette Huret,
belle-mère de Mme Gaston De3champs, qui
est à l'hôpital Boucicaut, avec les deux jam-
bes broyées
4° Le petit Henry Deschamps, âgé due
quinze mais, dis de M Gaston Deschamps,,
blanchisserur, rue de Paris, il Meudon
5° M. Gaston Mongeot, marchand de con-
fections pour dames, :i0, rue de Picardie, à
Paris
ti0 M. Georpes Lanrent, voyagenr de com-
merce, rue Jeau-Jacques-Rousteau,
7° Mlle Jeanne Moreau. âgée de quinze
ans, demeurant à Saint-Gemiain-de-la-Cou-
dre (Orne)
8° M. Alfred Brisard, artiste peintre, au
Mage (Orne)
9° M. Désiré Devienne, mort pendant le
tràjet d'Epernon à Chartres
10° Une jeune femme dont l'identité n'est
pas établie.
Dans la matinée, un cousin du docteur Flo-
quet, accompagné d'un inspecteur principal
de la compagnie de l'Ouest, est venu recon-
naître le corps de l'infortuné médecin au pa-
lais de justice et celui de son parent M. Pru-
nier.
La montre du docteur Floquet et trois au-
tres ont été retrouvées intactes sous les dé-
combres. Aucune d'elles ne s'était arrêtée.
Elles ont été déposées chez le maire de la
localité.
La mise en bière des cadavres a eu lieu à
dieux heures de l'après-midi, en présence des
membres des familles et de MM. Lhôpiteau,
député Bresse, ingénieur en chei du con-
trôle de la voie Berthelier, chef de l'exploi-
tation Widmer, ingénieur.
Les corps des victimes habitant Paris ont
été ensuite placés dans des fourgons pour
être conduits à la gare Montparnasse.
Les Corps sont ramenés à Paris
C'est seulement à six heures cinq du soir.
que les cercueils renfermant les restes des
victimes qui habitaient Paris sont arrivés à
la gare Montparnasse.
Dans la ioule èmue qui les attendait on
remarquait MM. Ranson, président du con-
seil général Chautard, président du conseil
municipal; Laurent, secrétaire général de
la préfecture de police le colonel Ebener,
représentant le Président de la République
et ami d'enfance du docteur Floquet le
docteur Martin, directeur des services
d'hygiène la [«réfeclure de la Seine le
doctéur Socquet, médecin-légiste plusieurs
membres de la famille du docteur Floquet
et de M. Prunier, les délégués du conseil
d'administration de la compagnie de l'Ouest,
etc., etc.
Les scellés apposés sur les wagons mor-
tuaires sont et les portes ouvertes.
Des gardiens de la pals prennent alors cha-
que bière et les transportent dans l'une des
salles du poste médical, où ils les déposent à
terre.
une fièvre de passion. une fèvre d'amour
intense. Et il se posait, ce regard, sur 'n.
nuque si blanche de la jeune femme. sur
les épaules superbes. sur tout ce corps tant
nimé, tant désiré.
EUe s'était arrêtée à quelques pas de lui.
Et, d'une voix ferme. elle prononçait
Vous êtes sutpris de me voir ici, n'est-ce
pas ?.
Pourtant, après la lettre que vous avez
adressée à ma mère, vous devez penser que j
cette démarche due ma part n'a rien d'extraar- j
dinaire.
Il écoutait frissonnant cette voix
nette, tranche, décidée, qui résonnait à ses
oreilles.
Il répondit
Oui, rna surprise est grande; Mon émoi
aussi. Malgré ma lettre, Je ne croyais pas
qu un t^l rêve se réahserait. Ah Marcelle
Marcei'e. si vous saviez ce qui se passe en
rnui à cette minute décisive de ma vie.
Il balbutiait, il cherchait les mots qu'il
avait semblait-il du mal à trouver. e1 j
qui difficilement sortaient de ses lèvres j
Et toujours.. toujours. il enveloppait la j
jeune femme d un regard ardent. d'un re.
gard éperdu.
II reprit
–Ah Marcelle. pardonnez-moi. par-
donnez-moi d'avoir douté de vous. d'avoir
cru que de votre lime si bonne pourtant j
la pitié était bannie.
J'ai tant souffert depuis que je vis dans
l'abandon de tous. dans la solitude où
j'expie mon passé. j'a' tant souffert,
voyez-vous, que mon caractère s'est nigri
peut-atre et que j'en suis arrivé à mécon-
rtaîire les autres.
Cependant je* me disais parfois que
vous ne seriez Das inflexible toujours. Que
I On porte successivement les corps de
MM. Floquet, Prunier, Mongeot, de Mlle
Mckreaii, de Mme Deschamps, de sa petite
fille el de la. femme inconnue.
Sur le passage, la foule se découvre res-
pectuensôinent, tandis que les personnages
officiels et les représentants des familles
les suivent.
M. Lnurent demande à cçs derniers s'ils
veulent taire enlever les œi-pa de suite ou
les laisser à la garde de la compagnie jus-
qu'au jouf des obsèques. SeuiL la familles
Deschamp*! ao&îpte cette derrière proposi-
tion. Les deux cercueils resteront donc jus-
qu'à mercredi veiliés par des agents de la
compagnie.
Quant aux autres, ils sont presque aussi-
tôt placés dans des voitures d'ambulance
qui les transportent aux lieux fixés par les
parents.
C'est ainsi que ceux du docteur Floquet et
de M. Prunier ont été dirigés vers l'église de
Saint-Pierre de Montrouge et déposés dans
un caveau provisoire.
Le service religieux aura lieu mercredi, à
moins d'un contre-o;dre et l'inhumation le
jour m£me pour le docteur Floquet, au cime-
tière de Montrouge et le surlendemain, il
Commercy, pour M. Prunier.
A ce propos, on nous prie d'avertir qu'ii
ne sera pas envoyé de lettres de faire-part.
marqué If. G. a été transporté à la morgue,
aux fins de reconnaissante.
LES BLESSÉS
Il sera difficile pour ne pas dire im^cs-
sible de dresser une liste exacte et com-
plète des blessés. A Epernon, la confusion
fut telle qu'on négligea de prendre leurs
noms. Les uns ont été transportés dans les
villages environnants, d'autres à Chartres,
à Versailles, aux F.ssarts-le-Roi, d'autres à
Paris, et l'on ignore l'identité d'un certain
nombre d'entre eux dont l'état n'a pas per-
mis de les interroger. D'autres se sont fait
ramener chez eux.
Voici les nouvelles indications que nous
avons pu recueillir
A l'hôpital Neeker, l'avant-dernière nuit,
sont arrivés
Mme Augustine Deschamps, 22 ans, ancienne
infirmière, 38 rue de Paris à Meudon, a les
deux jambes fracturées. (Etat grave)
Mme veuve Alanza, 68 ans, rentière, 24, rue
de l'Etang à Saint-Gratien. ittat grave).
M. Henri Alanza, fils de la précédente, 28 ans,
contusions multiples. (A quitté l'hôpital après
pansement).
Mlle Marie Vignat, domestiqiîe, 39 ans, 67, rue
de Sèvres. (Fracture de la jambe gauche).
M. Voilereau, employé de commerce, 2, rue
Guy^de-la Brosse. (Ramené chez lui sur sa jde-
mande après pansement).
A l'Hôtel-Dieu
M. Louis Roy, 24 ans, serrurier, rue Cafla-
relli, 10.
Soignés Versailles
M. Alexandre Ghattelier. (Blessures graves au
brv> droit).
Mme Rossi, à Eéoon. (Douleurs générales).
Mme Ott. (Blessures diverses).
Soignés à Chartres
M. de Bisseufl, inspecteur de l'enregistrement
à Chartres.
Mme Baudou, institutrice à Paris, 61, rue du
Ranelagh.
M. Paul Paty, demeurant au Grand-Mont^
rouge rue d'Orléans.
M. Léon Pillard, d'Oisème, près de Chartres.
M. Hévin, 5, rue de Plaisance, Vanves.
M. et Mme Gallen, 200, rue de !a Convention,
Paris.
NV'.e Vinnac, institutrioe à l'orphelinat Saint-
Louis. rue de Sèvres.
Mlle Marthe Garnier. caissière, 24 ans, 17, rue
des Batignoiles, à Paris.
Soignés à Epernon
M. Fouché, employé de commerce, âgé oequa-
rante ans, demeurant rue du Prieuré, à Epernon.
Mme Brossard. sa fille Henriette et son fils
Paul, rue de Saint-Oeimain, à Nanterrc.
Disons que la triste catastrophe d'Eper-
non a permis de constater, dimanche soir,
k Paris, le bon fonctionnement du service
des ambulances municipales, dirigé par le
docteur A.-J. Martin, personnellement.
M. le préfet de la seiue, qui 'était rendu
à la gare dès l'annonce de l'accident, a été
heureux de l'en féliciter.
A Versailles
iDe notre correspondant particulier!
Versailles, 15 octobre.
L'état de M. Chatteher, qui est négociant
en charbons, 14, nie Samt-Médt'ric, s'est
amélioré. il a été blessé au bras droit Mme
vous reviendriez sur les paroles de haine
prononcées par vous dans une heure d'af-
Et j'avais raison. puisque à la ]et-
tre écrite par moi à votre mère vous ré-
pondez par votre venue.
Il faisait un pas vers elle.
Il ne s'apercevait pas qu'elle avait un
geste de recul.
Il disait encore
Puisque vous êtes accourue. c'est que
votre cœur s'est laissé attendrir. s'est
laissé toucher par mes souffrances.
Car il n'est pas possible de concevoir
martyre plus atroce que celui par moi en-
dure foin de vous Marcelle. que celûi par
moi enduré, à évoquer sans cesse votre
image, à vivre de votre souvenir. h me tor-;
turer Il plaisir des réminiscences du passé.
Mais c'en est fini à jamais, n'est-ce pas,
des jours de douleur ?.
Vous avez jagé Cexpialion suffisante.
Ah! Marcelle. Marcelle., mon ado-
rée. comme tu es bonne. et comme je
t'aime.
Elle reculait toujours devant !u:
Et dans son exaltation. dans la fièvre
de sa joie. de son espoir. de son amour. j
il ne se rendait pas compte de J'expression
qui. peu à peu, sur le visage de la jeune
femme, remplaçait le calme qui s'y lisait
tout à l'heure.
C'était tour à tour de la surprise, de l'indi-
gnation. de la répulsion.
Et dans ses yeux. dans ses yeux admira-
bles où passaient des éclairs "c'était de la
colère. du mépris. de l'horreur
Elle était arrivée à l'extrémité de la pièce,
près de la fenêtre qui donnait sur une gran-
de cour noire et triste d'où montait la ru-
meur
Chatteher et sa fille, qui l'accompagnaient,
en ont été quittes pour la peur,
A Chartres
Chartres, 15 octobre.
Je me suis rendu cet après-midi à l'hApital
pour prendre des nouvelles des blessés,
Tous sont en danger; aussi, le médecin en
chef a-t-il été obligé de prendre la décision
de ne laisser approcher personne.
A l'heure présenle, les six blessés hospi-
talisés ont été reconnus.
J'ai tenu à prendre des nouvelles de M.
Gaston Gorju, amputé des deux jambes dans
les affreuses circonstances que vous con-
naissez et qui a conservé une si remarqua-
ble lucidité. Ses malheureux parents sont
enfin arrivés. La scène a été émouvante. Sa
pauvre mère s'est jetée littéralement sur le
corps de son fils et l'a couvert de baisers.
Mme Baudou, institutrice, a reçu la visite
de son mari. Malgré ses graves blessures
au visage, elle a conservé sa parfaite con-
naissance. J'apprends que l'état de de
Bisseuil, inspecteur de l'enregistremapt de
Chartres, demeurant, 23, rue de BeajSvais,
inspire les plus vives inquiétudes. Le mal-
heureax, qni a eu :es deux jambes fractu-
p(4p<5, (iSf r)an« un état de "faiMesse extrême.
M. dp Rissfuil. qui habite depuis longtemps
la ville, s'était attiré de nombreuses sympa-
thies.
DÊRS LES FRBIILIES DES VICTI!SES
Un Ingnbre Pèlerinage. Comment les
Parents des Voyageurs tués apprirent
la terrible Nouvelle.
Après chaque catastrophe, nous avons à
remplir un devoir professionnel extrême-
ment pénible c'est la visite qu'il nous faut
faire aux familles des victimes tout à la lois
pour leur porter nos condoléances et leur
demander les rense gnernents qui nous sont
nécessaires pour compléter nos informa-
tions.
Ce douloureux pèlerinage, nous l'avons
accompli hier matin en commençant par la
famille du docteur Floquet.
Chez le Docteur Floquet
C'est en pleine réunion de famille et d'a-
mis que la nouvelle de la mort du médecin
chef du palais de Justice est venue surpren-
dre sa femme et ses entant,
Depuis quelques jours, M. et Mme Floquet
donnaient l'hospitalité à des cousins de Com-
mercy, M. et Mme Prunier.
Dimanche matin, le docteur Floquet pro-
posa à M. Prunier une partie de campagne.
Si vous voulez, mon cousin, lui dit-il,
nous irons Epernon, voir si la villa que je
viens de faire bùtir est aménagée. Nous
irons déjeuner là-bas et nous serons de re-
tour ici pour dîner.
,Ni. Prunier accepta et les deux hommes
partirent, promeltant d'être à Paris il huit
heures et donnant rendez-vous à des amis
pour l'apéritif, et pour le dîner à la maison.
Hélas! on. ne devait plus les retrouver
qu'étreints dans la mort. C'est, en effet,
dans les bras l'un de l'autre que l'cn décou-
vrit leurs corps, au milieu de l'enchevêtre.
ment des débris du wagon où ils avaient
pris place.
Nommé en 1885 médecin du palais, grâce
Et lui s'approchait toujours d'elle.
Les bras tendus.
Les lèvres frémissantes.
Le sang aux tempes. avec des appa-
rences d'homme ivre.
Et il était ivre en effet.
Ivre de bonheur. ivre d'illusion
D'une phrase, simplement, elle mit En à
cette scènn qui la remplissait d'un insur-
montable dégoût..
A cette scène qui ne pouvait se prolon-
ger davantage.
Vous voue méprenez, monsieur. pro-
nonça-t-elle, sévère, hautaine, impitoyable.
Alors, de même que tout à l'heure il avait
avancé vers elle, il recula brusquement.
Frappé, atteint au cœur, par les paroles
de la jeune femme.
Par !e ton dur, haineux de sa voix.
M'irçelîe que voulez-vous dire?.
En quoi me suis-je mépris?.
Et, se refusant à l'évidence, ne voulant
pas. malgré tout. croire à ta réalité brutale,
douloureuse qui remplaçait soudain ie rêve.
ah si doux. dont il s'enivrait comme d'un
poison capiteux et mortel. il ajouta
Puisque vous êtes là, près de moi, c'est
que vous avez eu pitié.
Elle secoua la tète.
Elle était très pâle. Et sas yeux reflétaient
la même résolution implacable.
Elle déclara
Tout à l'heure vous avez fait allusion à
vos souffrances.
J'admets qu'elles soient réelles
Mais croyez-vous donç être seul pour
souffrir ?.
Vos souffrances présentes à vous, sont
l'expiation de votre passé. Et vous-même
vous venez de le reconna!tre. Mais pensez-
vous aux tortures de ceux qui, eux, n'eurent
à In recommandation de M. Jacques, député
de Paris, son beau-père. le docteur hloquet
avait été décoré de la Légion d'honneur en
Chez M. Janet
Nous avons fait prendre, dans la soirée,
des nouvelles de la santé de NI. Janet, dé-
puté, et de sa petite fille, et avons eu le
plaisir d'apprendre que leur état continue
s'améliorer.
Toutefois, il est possible que M. Janet
soit obligé de subir une petite opération, car
un dépôt de sang s'est formé dans la région
des reins et inquiète quelque peu les méde-
cins.
Tous les membres du gouvernement, et un
grand nombre de notabilités politiques, ont
fait déposer leur carte au domicile de l'ho-
norable député.
M. Georges Laurent
rue Jean-Jacques-Rousseau, à l'hôtel
des Empereurs, où M. Georges Laurent
avait coutume de descendre, on nous a don-
né les renseignements suivants
M. Laurent était voyageur de commerce
pour une maison de dentelles de Luxeuil,
où il habite. C'était un charmant jeune hom-
me de vingt-huit à trente ans, grand, mince,
la moustache noire et les cheveux taillés en
brosse. Il ne comptait à Paris que des sym-
paihies.
M. Gaston Mongeot
Comme nous l'avons dit plus hant, M. Gas..
ton Mongeot habitait 30, rue de Picardie. Ht
Sa jeune femme et sa belle-mère $ont par-
ties pour Epernon dès la première nouvelle
de la catastrophe et n'étaient point encore
rentrées à leur domicile hier matin.
Au magasin de confections pour dames que
tenait M. Mongeot, 4, rue du Petil-Thouars,
les employés, qui avaient appris par les
journaux la mort de leur patron, étaient
consternés. Plusieurs avaient les yeux rou-
ges et c'est avec un sincère désespoir qu'ils
nous ont fait l'éloge de celui qui s'était tou-
jours montré pour eux plein de bienveillance
et de bonté et que la mort vient d'enlever à
vingt-neuf ans.
AUTRE ACCIDENT
Un Contre-Coup de la Catastrophe. L'Ac-
cident de Marchezais. Collision entre
deux Trains de Marchandises. Qua-
tre Wagons endommagés. Un Blessé.
¡De notre correspondant particulier/
Chartres, 15 octobre.
Un contre-coup du tamponnement d'Eper-
non s'est produit, ce matin, près de Mar-
chezais, dans l'arrondissement de Dreux.
Vers cinq heures et demie, un train de
marchandises, venant de Paris et se diri-
geant sur Granville, a été tamponné, en
queue, entre Dreux et Cherisy, par un train
de marchandises à destination de Brest et
qui avait emprunté la ligne de Granville en
raison de la catastrophe d'Epernon.
Le train de marchandises 6,107 devant ar-
river à Dreux à cinq heures et demie, suivait
une tranchée, entre Comteville et le pont de
Cherisy, à 3 kilomètres de Dreux, lorsque
l'autre, qui avait été dirigé sur Dreux l'at-
teignit.
Le mécanicien du deuxième train n'avait
aperçu qu'à 500 mètres le feu rouge du train
qui le précédait. Il bloqua les freins, \-kup
la machine, entrainée dans la pente, très
forte à cet endroit, par le poids de tout 'e
convoi, continua sa route et vint donner
dans le wagon d'arrière du premier train.
qui fut réduit en miettes.
Quatre wagons furent endommagés for-
tement. Le devant de la machine du tiajp
tamponneur avait quelques avaries, i^a vi-
gie du train tamponné, Ni. Paul Troa3ec,
habitant Malakoff, fut projeté sur le sol et se
cassa un bras. Il reçut également quelque
contusions à la tête.
LA 10URNÉE DE M. FAIXTÈRES
Interrompant, pour une journée, la tin de sa
eillégiature, M. Fallières est rentré, hier matin,
à Paris. Parti à huit heures et demie de Ram-
bouillet, dans sa grande voiture automobile, le
Président est arrivé à dix heures à l'E:ysée. Mme
et Mue Fallières l'accompagnaient.
Quelques instants après son arrivée, M. Fel-
lières a reçu, en audience privée, M. de Neiidoff, j
ambassadeur de Russie, qui, reprenant ie jour
même la direction de son ambassade, était venu
présenter ses hommages au chef de J'Elai. J
M. Fallières s'es". rendu, à deux heures et île-
mie, en compagnie de M. Jean Lanes, secrétaire j
général de la présidence de la République, du )
colonel Ebener, du capitaine de frégate de Ké- i
raudren et de M. Marc Varenne, à la section
russe du Salon d'Automne, dont parlait hier
notre collaborateur Jean Claude.
Reçu par M. de Nelidoff, ambassadeur de Rus-
sie M. Briand, ministre de l'Instruction publi-
que et des Beaux -Arts M. Serge de Diaguilsif,
commissaire général de l'exposition, Mme la
comtesse Greffulh-e, et la plupart des membres
de l'ambassade, M. Fallières a parcouru les salles
de l'exposition et s'est montré émerveillé d'y
trouver tant de Lxlles œuvres.
Parmi les assistants se trouvaient également
Mme de Neîidoff, le grand-duc Paul de Russie,
M. de Neckeludoff, M. d'Etter, M. Narischkiae,
M. Raffaloviich, M. et Mme Bompard, etc.
M. Fallières s'est retiré à Imis heures e* a j
visité, en se retirant, quelques-unes des salles du
Salon d'Automne.
LA TRAITE DES BLANCHES
Rappelons que le troisième congrès internatio-
nal pour la répression de la traite des blanches,
qui doit se tenir sous le haut patronage du Pré-
rien à se reprocher. qui furent des victimes
innocentes. vos victimes.
Mes victimes ?.
Il ne comprenait pas.
Et elle, se reprenant
Oui. vous ne savez pas.- vous ne poo-
vez pas savoir.
D'ailleurs, qu'importe
Ce que en tout cas vous n'ignorez
pas, c'est que par vous. par notre ma-
riage odieux où ma volonté n'était pour
rien j'ai été la plus malheureuse des
femmes.
Non, cela vous ne l'ignorez pas puisqu
dans un entretien dont vous avez ceriai-
i nement gardé le souvenir je vous ai crié
la détresse de mon âme l'ékngnement que
javais pour vous.
.Depuis votre départ, votre fuite de;
France.. j'ai enduré dons le silence et daua
la réclusi m d'inimaginables tortures..
Et [ourlant j'aurais dû être satisfaite.
j'aurais d0 me réjouir des événements qui
me débarrassaient de votre présence.
Hélas, j'Hi souffert plus que jamais.
j'ai tant souffert que, souvent, ai appelé la
mort comme un bienfait. comme une déli- j
vrance.
Marcelle!
Elle avait croisé les bras, la téte haute,
et elle !r regardait dans les yeux fixement
Il balbutia
Vjju" souffrez, dites-vous, Marcelle.
Que puis-je faire pour vous
Ce que vous pouvez faire pour moi ?
Je vais vous 1 apprendre.
Si vous avez cru que je suis venue ici
I pour reprendre la vie commune.. pour vous
dire' Le passe est effacé. je suis votre à j
présent Oui si vous avez cru cela, vous
vous êtes leurré d'un vain espoir. l
̃ sident de la République et la présidence d'hon-
neur du ministre des Affaires étrangères et du mi-
nistre de llntérieur, aura heu du 22 au octobre.
àParis.
MOT DE LA FIN
Le comble de la prndencè?"
Refuser d'endosser son habit.
LE SCMMLEJIOHiiLOIIE
LE PRINCE ALEXANDRE DÉMtSSIOHHE
Après la Publication des Mémoires. Un
Evénement escompté. Est-ce la fin de
l'Incident?
L'émotion et le scandale causés, outre.
Rhin, par la publication des mémoires du
chancelier de Hohenlohe se sont de jour en
jour accentués. Ce n'est plus seulement quel-
ques fragments de ces souvenirs, destinés
à faire date, que l'on possède, ce sont les
souvenirs tout entiers, vendus pour la som-
me de 30 francs en deux gros volumes. Et
l'on peut être sûr que depuis quarante-huit
heures toute l'Allemagne officielle et non of-
ficielle les dévore.
Le bruit suscité, il y a une dizaine d'an-
nées, par l'affaire Kodze, et plus récemment
par les révélations sur la police politique
est de loin dépasse C'est que, cette fois, de
très augustes personnes sont mises en
cause, c'est que les débats les plus secrets
de l'Empire ont été livrés à la foule Dans
tous les pays du monde, 1es milieux gouver-
nementaux eussent été affectés par une pa-
reille révélation. Songez qu'en France les
archives des Affaires étrangères ne sont en-
core ouvertes que jusqu'à Ta monarchie de
Juillet, et voici qu'outre-Rhin on publie non
point des document,» d'il y a soixante ans,
mais des documents d'hier, non point des
pièces officielles, mais des témoignages et
des conversations intimes.
Il était à supposer que les auteurs directs
ou indirects du fameux scandale seraient
attente le télégramme de Guillaume il à
l'un des héritiers du prince de Hohenlohe
ne laissait aucun doute sur son méconten-
tement. La sanction du scandale vient de
se produire c'est la dùmiesian du prince
Alexandre de Hohenlohe.
L'atné des fils de l'ex-chancelier; Philippe,
qui est âgé de cinquante-trois ans, n'occupe
aucun emploi public et il ne se mêle guère
de politique. Mais son cadet. Alexandre, est
président du district de la Haute-Alsace, en
résidence à Colmar, et on lui a imputé une
responsabilité qui n élait point niahle dans
l'affaire. Par ailleurs, ce haut fonctionnaire,
qui fut toujours assez hostile ù la réaction
prussienne, n'est pas très aimé à Berlin.
Comme on te verra ci-dessous, il a d^jné sa
démission, peut-être pour éviter qi]jÇ ne la
lui demandât impérativement. rt une
sanction. Sera-ce l'unique sanctiony^n tout
cas, les mémoires restent et ils sont jus.
(De rtotre correspondant particulier]
Berlin, 15 octobre.
Le prince Alexandre de Hohenlohe, après
une conférence avec le chancelier de l'empk-
re, vient d'adresser sa démission de prési-
dent du district de la Haute-Alsace.
Voici, au sujet de cette conférence et de
l'envoi de sa démission ies déclarations fai-
tes aujourd'hui par le prince Alexandre à
un de nos confrères du Temps, qui est allé
l'interviewer à Colmar
Le prince de Bülow m'ayant télégraphié
qu'il me recevrait le samedi 13, je suis allé
avant-hier à Hombourg, où il est actuelle-
ment j'ai eu avec lui un long entretien.
Au commencement de cet entretien Je lui
ai dit mon intention de me rendre à Berlin
pour prier M. de Lucanus de remettre à l'em-
pereur ma démission que j'avais en effet
l'impression d'avoir perdu la confiance de
Sa Majesté. Sur ce dernier point la suite do
la conversation m'a appris que je ne me
trompais pas. Ma décision de me retirer s'en
est trouvée confirmée.
Suivant la voie hiérarchique, j'ai aussitôt
soumis au statthalter la prière d'être relevé
de mes fonctions. Le statthalter a consenti
à transmettre ma demande à l'empereur.
Vous comprenez que tant que ne me sera pas
parvenue la réponse, qui d'ailleurs n'est pax
douteuse et fera droit à ma demande, je n'ai
pas ma pleine liberté, Je suis encore fonc-
tionnaire et je ne manquerai pas à la réserve
à !aquelle je suis tenu de ce fait. Le <̃><̃. /fi-
nement de la presse contre moi ne saurait
du reste me troubler. J'ai fait ce que ja. cru
devoir faire. A mon heure, je publierai mes
raisons. »
.D'un espoir dont je ne m'explique pas
même l'existence chez vous.
Tellement il est absurde. teUemewt il
est insensé.
Car mon cœur n'a pas changé.
Cela vous deviez bien le supposer.
A quoi bon m'obliger. a vous dire. à
vous redire plutôt. des choses.pour moi pé-
nibles à prononcer. pour vous cruelles à
entendre?..
Il l'écoutait avidement.
Le front sombre maintenant, les traite
crispés par une douleur sans nom.
Et pourtant il la considérait sans colère.
avec tristesse. avec douceur même.. Et
dans ses yeux il y avait une lueur de renon-
cement. de sacrifice.
Qu'allait lui demander Marcelle ?..
Pourquoi était-elle là, puisqu'elle ne par-
donnait pas, puisqu elle demeurait inexora-
ble?.
Il allait le savoir.
Après une légère pause, elle poursuivait ?
Oh l'explication ne sera pas longue.
Puisque vous ne pouv« plus désormais
douter de mes sentiments à votre égard,
de mes sentiments qui ne varieront
pas plus dans l'avenir qu'ils n'ont varié
dans le passé. puisque; dun autre côte4
vous manifestez le regret des mauvaises ac-
tions que vous avez commises.. puisque
vous voulez devenir. puisque vous êtes de-
venu un honnête homme. vous devez vous
rendre compte de ce que notre situation ré-
ciproque n de faux et d'insupportable, et si
la certitude que, comme moi, vous désire-
rez y mettre un terme.
(A SUtVre,/ (jEURGbS DE BoiSUji'iX
Traduction et reproduction interdites.
• «s»»
Le Petit rDairi«.i©n Le
iietii te puimc a uisuiuoe. iuus ces vesug«s
sont encore rouges de sang.
W Sur les coussins d'un wagon de deuxième
classe, je remarque des débris de cervelle.
Ailleurs, C9 sont des cheveux qui adhérent à
un lambeau de chair sanguinolent. Le spec-
t.u-ie est horrible
l. premières constatations, faites ce ma-
lin, ont amené la découvert, sur le tablier
il'.1 la machine qai a ininponni le train, d un
ri<'Sur un wagon, on a fait d'autres trouvail-
les lugubres des doigts de pied hachés
tenaient cà et \k. De nombreuses bottines
éhient à c6té de ces débris sanglants.
A quelques mètres de là on a ramassé un
antre pied, un fied d'eufant, oelte fois, en-
foui sous les décombres.
Une Scène d'horreur
Un témoin de Caccident, M. Edouard Lé-
tfoutt, demeurant à Epernon. qui fut J'un des
premiers à se porter au secours des blessés,
nous dit
d'abord un WM &0
< T- n -ni nt demi environ. II n'avait pas une ègra-
H.ii :•<>. Mme C.h-'ir. ^e-'emme à Eperuoa,
h fii chargea. J- ̃ -senne nest veru le
réclamer. Il est le ce soit l'enfant ou
le nourrisson lTu.,o 2.
Un voyaj!ei.T de coniniproe, c'était M. Gorju
qui a été transporté à HiôpitRl de Chartres
< I r.t engagé sous tes roues de la machine qui
iiviit cansé l'accident. n avait les deux pieds en
jiiïlio séparas des jambes. Comme nous taisions
u'"i. utiles efforts pour le tirer de cette alfreuse
p'Vlion, il s'écria. Je souffre trop. Tenez,
voila le rnril'eur moyen d >r> Unir
la nous assistâmes à cette scène uv^ïo et im-
pressionnante au possible. L'un apns 1 autre,
M. Licrju cracha ses pitûs qui ne tenaient ptus
iiue pur des lambeaux de chair et étaient pns
» us les roues de la locomotive.
li jeta au loin ms débris snnsrhnts et s'excla-
îm sur im ton qu'il s'effnrcait de rendre ferme
« Maintenant vous pouvez' m'emporter »
Nous le déposâmes dans un- hôtel voisin où il
reçut les premiers soins.
Ce pauvre homme est l'un de ceux devant
Il lit desquels s'arrêta M. Borthcu, au cours
de sa visite à l'hôpital de Chartres.
L'ENQUÊTE JUDICIAIRE
Les Magistrats instructeurs cherchent à
déterminer les Responsabilités. Une
émouvante Confrontation. Déclara-
tions contradictoires.
Epernon, 15 octobre.
Le procureur de la République et le préfet
d'Eure-et-Loir ont passé toute la nuit sur ie
théâtre de la catastrophe ainsi que les pr>n-
cipaux fonctionnaires de la compagnie iti
l'Ouest.
Les employés du train tamponné et ceux
qui conduisaient la machine ont été longue
ment interrogés dans la matinée.
1.'ne émouvante -confrtntation a eu lieu
¡.eu après la catastrophe entre le mécani-
cien tamponneur M. Louvet, et l'aiguilleur
de la gare d'Epernon.
Le rnécanicien a affirmé que les signaux
étaient ouverts lorsqu'il est entré en gare
d'Epernon.
Cette thèse n'est pas du tout celle de l'ai-
guilleur.
Celui-ci a affirmé qu'il n'avait rien il se r3.
La voie était fermée, a-t-il dit avec éner-
gie, et la machine aurait dû stopper.
Divers témoins semblent donner raison
aux déclarations de l'aiguilleur le mécani-
cien Louvet, du dépôt de Vaugirard, a été
inculpé d'hernioide par imprudence, mais
le procureur de la République l'a laissé en
liberté provisoire. C'était un employé très
bien note, et jusqu'ici on n'avait eu à lui re-
procher aucune faute grave.
La Locomotive tamponneuse
La croix que 1 on voit à l'avant marque l'endroit
où, hier matin, on retrouva une mam de
l'n fonctionnaire de la compagnie h qui je
demandais son opinion au sujet de cette grn-
•- e décision, m'a déclaré que les sig'mux
«'•tarent fermés et que cela n'était pas don- j
ipux. Reste à savoir s'ils ont été fermes as-
*ez rapidement pour faire arrêter la machine j
moment où la locomotive était déjà passée.
Dans l'après-midi d'hier Louvet a été de
nouveau interrogé. A une surexcitation bien
compréhensible avait succédé un abatte-
V Feuilleton du Petit Parisien,
L'ANNEAU D'ARDENT;:
GRANU ROMAN INliDiT
TROISIÈME PARTIE
DE L'AMOUR A LA MORT
IX (suite)
En }iré*ence
Niai cette porte s ouvrait de nouveau.
li'. lie femme la sienne paraissait
etail velue sans recherche, avec stm-
\iais cette aimtJicilé même ajoutait
à sa distirjctiuii iiuiur>'l!e. Elle était
au- -;si belle, d une beauté qui gri-
sa;' romme un philtre mortel
i; ufi geste Jacques congédiait le domesti- j
i derrière lui, ce dernier referma la porte.
Le niari et la fenune étaient eu présence.
heuis.
Suns témoins.
Appuyé à sa table de travail, Heurtaux
re,uar ;.iil Marcelle., comme une apparition
Cependant elle avançait vers lui.
Lentement
Le visage empreint u'une indomptable
résrlution..
Et il le contemplait avec adoration. avec
folie. ce tin, ce cher, ce délicat visage, aux
joues pâlies, aux orbites plus caves. mais
Son regard devenait brillant. trahissait
[ ment profond. il s'est borné à répéter ce
| %u'il avait déjà dit.
Cependant, sa responsabilité semble de
plus en plus engagée.
En eliet, le chef de gare d'Epernon, qui
voulait envoyer sur Paris le train 510, di'.jà
en retard, avant la locomotive haut le pied,
était obligé, pour donner la voie au tram
510, de la fermer derrière lui le système des
signaux étant ainsi combiné que, pour ou-
vrir l'aiguille il est nécessaire de fermer !e
disque. Le mécanicien aurait donc bien • rù-
lé le signal, Et il est établi que les signaux
fonctionnaient parfaitement. Er outre, la
malveillance ne saurait être mise en ques-
tion.
Entretien avec le Mécanicien
du Train tamponné
J'ai pu joindre NI. Reverdy, le mécanicien
du tram tamponné,. C'est un homme de' qua-
rante ans, au visage franc et énergique.
J'avais reçu l'orrlre, me dit-il, de gartT mon
train pora le passage de express de Bretagne.
Ce dernier convoi parait bientôt. U file à toute
Je rentarqne néanmoins le signal vert indi-
quant que le train tst dédouble
J'avise aussitôt le chef de gare et je lui de-
mande ce que je dois faire,
Il y 8 une machine qui vient derrière, me
répond-il, mais ça ne fait rien. Je vais vous
« expédier
Apres avoir prononcé oes parole- il rentre
dans son bureau.
J aperçois alors le carré jaune indiquant qrne
la voie est libre.
Il était, ce moment précis, cinq heures un
Je ils partir mon train. La moitié des voitmes
était diiju engagée sur :a voie principale et je
mettais !a main sur la manette de mon régula-
teur lorsque, tout à coup, une violente secousse
se produisit et je tombai sur le dos tandis que
mon chauffeur s'abattait sur moi.
Nous nous relevàmes un peu contusionnes
sans doute, mais, somme toute, sans mal.
Nos malheureux voyageurs ont eu moins de
chance que nous 1
Sur ces mots, le mécanicien Reverdy a un
geste navré et nous quitte pour aller où son
travail le réclame.
LES MORTS
La Liste complète. La Montre du Docteur
Hoquet. Les Cadavres ramenés à
Paris.
Bpernon, li octobre.
Les morts ont passé la nuit dans l'un des
bureaux de la gare. Tcus sont identifiés a
l'heure actuelle. Je vous en transmets la
liste complète telle qu'elle m'a été commun
quée tout à l'heure
1° Le docteur Charles Floquet, médecin en
chef du palais de justice, chevalier de la
Légion d'honneur, demeurant à Paris, 10,
rue de la Galté (M. Charles Floquet était le
gendre de M. Jacques, ancien député et mai-
re du quatorzième arrondissement)
2° M. Prunier, cousin du docteur Floquet,
habitant Commercy
3° Mme Deschamps, née Henriette Huret,
belle-mère de Mme Gaston De3champs, qui
est à l'hôpital Boucicaut, avec les deux jam-
bes broyées
4° Le petit Henry Deschamps, âgé due
quinze mais, dis de M Gaston Deschamps,,
blanchisserur, rue de Paris, il Meudon
5° M. Gaston Mongeot, marchand de con-
fections pour dames, :i0, rue de Picardie, à
Paris
ti0 M. Georpes Lanrent, voyagenr de com-
merce, rue Jeau-Jacques-Rousteau,
7° Mlle Jeanne Moreau. âgée de quinze
ans, demeurant à Saint-Gemiain-de-la-Cou-
dre (Orne)
8° M. Alfred Brisard, artiste peintre, au
Mage (Orne)
9° M. Désiré Devienne, mort pendant le
tràjet d'Epernon à Chartres
10° Une jeune femme dont l'identité n'est
pas établie.
Dans la matinée, un cousin du docteur Flo-
quet, accompagné d'un inspecteur principal
de la compagnie de l'Ouest, est venu recon-
naître le corps de l'infortuné médecin au pa-
lais de justice et celui de son parent M. Pru-
nier.
La montre du docteur Floquet et trois au-
tres ont été retrouvées intactes sous les dé-
combres. Aucune d'elles ne s'était arrêtée.
Elles ont été déposées chez le maire de la
localité.
La mise en bière des cadavres a eu lieu à
dieux heures de l'après-midi, en présence des
membres des familles et de MM. Lhôpiteau,
député Bresse, ingénieur en chei du con-
trôle de la voie Berthelier, chef de l'exploi-
tation Widmer, ingénieur.
Les corps des victimes habitant Paris ont
été ensuite placés dans des fourgons pour
être conduits à la gare Montparnasse.
Les Corps sont ramenés à Paris
C'est seulement à six heures cinq du soir.
que les cercueils renfermant les restes des
victimes qui habitaient Paris sont arrivés à
la gare Montparnasse.
Dans la ioule èmue qui les attendait on
remarquait MM. Ranson, président du con-
seil général Chautard, président du conseil
municipal; Laurent, secrétaire général de
la préfecture de police le colonel Ebener,
représentant le Président de la République
et ami d'enfance du docteur Floquet le
docteur Martin, directeur des services
d'hygiène la [«réfeclure de la Seine le
doctéur Socquet, médecin-légiste plusieurs
membres de la famille du docteur Floquet
et de M. Prunier, les délégués du conseil
d'administration de la compagnie de l'Ouest,
etc., etc.
Les scellés apposés sur les wagons mor-
tuaires sont et les portes ouvertes.
Des gardiens de la pals prennent alors cha-
que bière et les transportent dans l'une des
salles du poste médical, où ils les déposent à
terre.
une fièvre de passion. une fèvre d'amour
intense. Et il se posait, ce regard, sur 'n.
nuque si blanche de la jeune femme. sur
les épaules superbes. sur tout ce corps tant
nimé, tant désiré.
EUe s'était arrêtée à quelques pas de lui.
Et, d'une voix ferme. elle prononçait
Vous êtes sutpris de me voir ici, n'est-ce
pas ?.
Pourtant, après la lettre que vous avez
adressée à ma mère, vous devez penser que j
cette démarche due ma part n'a rien d'extraar- j
dinaire.
Il écoutait frissonnant cette voix
nette, tranche, décidée, qui résonnait à ses
oreilles.
Il répondit
Oui, rna surprise est grande; Mon émoi
aussi. Malgré ma lettre, Je ne croyais pas
qu un t^l rêve se réahserait. Ah Marcelle
Marcei'e. si vous saviez ce qui se passe en
rnui à cette minute décisive de ma vie.
Il balbutiait, il cherchait les mots qu'il
avait semblait-il du mal à trouver. e1 j
qui difficilement sortaient de ses lèvres j
Et toujours.. toujours. il enveloppait la j
jeune femme d un regard ardent. d'un re.
gard éperdu.
II reprit
–Ah Marcelle. pardonnez-moi. par-
donnez-moi d'avoir douté de vous. d'avoir
cru que de votre lime si bonne pourtant j
la pitié était bannie.
J'ai tant souffert depuis que je vis dans
l'abandon de tous. dans la solitude où
j'expie mon passé. j'a' tant souffert,
voyez-vous, que mon caractère s'est nigri
peut-atre et que j'en suis arrivé à mécon-
rtaîire les autres.
Cependant je* me disais parfois que
vous ne seriez Das inflexible toujours. Que
I On porte successivement les corps de
MM. Floquet, Prunier, Mongeot, de Mlle
Mckreaii, de Mme Deschamps, de sa petite
fille el de la. femme inconnue.
Sur le passage, la foule se découvre res-
pectuensôinent, tandis que les personnages
officiels et les représentants des familles
les suivent.
M. Lnurent demande à cçs derniers s'ils
veulent taire enlever les œi-pa de suite ou
les laisser à la garde de la compagnie jus-
qu'au jouf des obsèques. SeuiL la familles
Deschamp*! ao&îpte cette derrière proposi-
tion. Les deux cercueils resteront donc jus-
qu'à mercredi veiliés par des agents de la
compagnie.
Quant aux autres, ils sont presque aussi-
tôt placés dans des voitures d'ambulance
qui les transportent aux lieux fixés par les
parents.
C'est ainsi que ceux du docteur Floquet et
de M. Prunier ont été dirigés vers l'église de
Saint-Pierre de Montrouge et déposés dans
un caveau provisoire.
Le service religieux aura lieu mercredi, à
moins d'un contre-o;dre et l'inhumation le
jour m£me pour le docteur Floquet, au cime-
tière de Montrouge et le surlendemain, il
Commercy, pour M. Prunier.
A ce propos, on nous prie d'avertir qu'ii
ne sera pas envoyé de lettres de faire-part.
marqué If. G. a été transporté à la morgue,
aux fins de reconnaissante.
LES BLESSÉS
Il sera difficile pour ne pas dire im^cs-
sible de dresser une liste exacte et com-
plète des blessés. A Epernon, la confusion
fut telle qu'on négligea de prendre leurs
noms. Les uns ont été transportés dans les
villages environnants, d'autres à Chartres,
à Versailles, aux F.ssarts-le-Roi, d'autres à
Paris, et l'on ignore l'identité d'un certain
nombre d'entre eux dont l'état n'a pas per-
mis de les interroger. D'autres se sont fait
ramener chez eux.
Voici les nouvelles indications que nous
avons pu recueillir
A l'hôpital Neeker, l'avant-dernière nuit,
sont arrivés
Mme Augustine Deschamps, 22 ans, ancienne
infirmière, 38 rue de Paris à Meudon, a les
deux jambes fracturées. (Etat grave)
Mme veuve Alanza, 68 ans, rentière, 24, rue
de l'Etang à Saint-Gratien. ittat grave).
M. Henri Alanza, fils de la précédente, 28 ans,
contusions multiples. (A quitté l'hôpital après
pansement).
Mlle Marie Vignat, domestiqiîe, 39 ans, 67, rue
de Sèvres. (Fracture de la jambe gauche).
M. Voilereau, employé de commerce, 2, rue
Guy^de-la Brosse. (Ramené chez lui sur sa jde-
mande après pansement).
A l'Hôtel-Dieu
M. Louis Roy, 24 ans, serrurier, rue Cafla-
relli, 10.
Soignés Versailles
M. Alexandre Ghattelier. (Blessures graves au
brv> droit).
Mme Rossi, à Eéoon. (Douleurs générales).
Mme Ott. (Blessures diverses).
Soignés à Chartres
M. de Bisseufl, inspecteur de l'enregistrement
à Chartres.
Mme Baudou, institutrice à Paris, 61, rue du
Ranelagh.
M. Paul Paty, demeurant au Grand-Mont^
rouge rue d'Orléans.
M. Léon Pillard, d'Oisème, près de Chartres.
M. Hévin, 5, rue de Plaisance, Vanves.
M. et Mme Gallen, 200, rue de !a Convention,
Paris.
NV'.e Vinnac, institutrioe à l'orphelinat Saint-
Louis. rue de Sèvres.
Mlle Marthe Garnier. caissière, 24 ans, 17, rue
des Batignoiles, à Paris.
Soignés à Epernon
M. Fouché, employé de commerce, âgé oequa-
rante ans, demeurant rue du Prieuré, à Epernon.
Mme Brossard. sa fille Henriette et son fils
Paul, rue de Saint-Oeimain, à Nanterrc.
Disons que la triste catastrophe d'Eper-
non a permis de constater, dimanche soir,
k Paris, le bon fonctionnement du service
des ambulances municipales, dirigé par le
docteur A.-J. Martin, personnellement.
M. le préfet de la seiue, qui 'était rendu
à la gare dès l'annonce de l'accident, a été
heureux de l'en féliciter.
A Versailles
iDe notre correspondant particulier!
Versailles, 15 octobre.
L'état de M. Chatteher, qui est négociant
en charbons, 14, nie Samt-Médt'ric, s'est
amélioré. il a été blessé au bras droit Mme
vous reviendriez sur les paroles de haine
prononcées par vous dans une heure d'af-
Et j'avais raison. puisque à la ]et-
tre écrite par moi à votre mère vous ré-
pondez par votre venue.
Il faisait un pas vers elle.
Il ne s'apercevait pas qu'elle avait un
geste de recul.
Il disait encore
Puisque vous êtes accourue. c'est que
votre cœur s'est laissé attendrir. s'est
laissé toucher par mes souffrances.
Car il n'est pas possible de concevoir
martyre plus atroce que celui par moi en-
dure foin de vous Marcelle. que celûi par
moi enduré, à évoquer sans cesse votre
image, à vivre de votre souvenir. h me tor-;
turer Il plaisir des réminiscences du passé.
Mais c'en est fini à jamais, n'est-ce pas,
des jours de douleur ?.
Vous avez jagé Cexpialion suffisante.
Ah! Marcelle. Marcelle., mon ado-
rée. comme tu es bonne. et comme je
t'aime.
Elle reculait toujours devant !u:
Et dans son exaltation. dans la fièvre
de sa joie. de son espoir. de son amour. j
il ne se rendait pas compte de J'expression
qui. peu à peu, sur le visage de la jeune
femme, remplaçait le calme qui s'y lisait
tout à l'heure.
C'était tour à tour de la surprise, de l'indi-
gnation. de la répulsion.
Et dans ses yeux. dans ses yeux admira-
bles où passaient des éclairs "c'était de la
colère. du mépris. de l'horreur
Elle était arrivée à l'extrémité de la pièce,
près de la fenêtre qui donnait sur une gran-
de cour noire et triste d'où montait la ru-
meur
Chatteher et sa fille, qui l'accompagnaient,
en ont été quittes pour la peur,
A Chartres
Chartres, 15 octobre.
Je me suis rendu cet après-midi à l'hApital
pour prendre des nouvelles des blessés,
Tous sont en danger; aussi, le médecin en
chef a-t-il été obligé de prendre la décision
de ne laisser approcher personne.
A l'heure présenle, les six blessés hospi-
talisés ont été reconnus.
J'ai tenu à prendre des nouvelles de M.
Gaston Gorju, amputé des deux jambes dans
les affreuses circonstances que vous con-
naissez et qui a conservé une si remarqua-
ble lucidité. Ses malheureux parents sont
enfin arrivés. La scène a été émouvante. Sa
pauvre mère s'est jetée littéralement sur le
corps de son fils et l'a couvert de baisers.
Mme Baudou, institutrice, a reçu la visite
de son mari. Malgré ses graves blessures
au visage, elle a conservé sa parfaite con-
naissance. J'apprends que l'état de de
Bisseuil, inspecteur de l'enregistremapt de
Chartres, demeurant, 23, rue de BeajSvais,
inspire les plus vives inquiétudes. Le mal-
heureax, qni a eu :es deux jambes fractu-
p(4p<5, (iSf r)an« un état de "faiMesse extrême.
M. dp Rissfuil. qui habite depuis longtemps
la ville, s'était attiré de nombreuses sympa-
thies.
DÊRS LES FRBIILIES DES VICTI!SES
Un Ingnbre Pèlerinage. Comment les
Parents des Voyageurs tués apprirent
la terrible Nouvelle.
Après chaque catastrophe, nous avons à
remplir un devoir professionnel extrême-
ment pénible c'est la visite qu'il nous faut
faire aux familles des victimes tout à la lois
pour leur porter nos condoléances et leur
demander les rense gnernents qui nous sont
nécessaires pour compléter nos informa-
tions.
Ce douloureux pèlerinage, nous l'avons
accompli hier matin en commençant par la
famille du docteur Floquet.
Chez le Docteur Floquet
C'est en pleine réunion de famille et d'a-
mis que la nouvelle de la mort du médecin
chef du palais de Justice est venue surpren-
dre sa femme et ses entant,
Depuis quelques jours, M. et Mme Floquet
donnaient l'hospitalité à des cousins de Com-
mercy, M. et Mme Prunier.
Dimanche matin, le docteur Floquet pro-
posa à M. Prunier une partie de campagne.
Si vous voulez, mon cousin, lui dit-il,
nous irons Epernon, voir si la villa que je
viens de faire bùtir est aménagée. Nous
irons déjeuner là-bas et nous serons de re-
tour ici pour dîner.
,Ni. Prunier accepta et les deux hommes
partirent, promeltant d'être à Paris il huit
heures et donnant rendez-vous à des amis
pour l'apéritif, et pour le dîner à la maison.
Hélas! on. ne devait plus les retrouver
qu'étreints dans la mort. C'est, en effet,
dans les bras l'un de l'autre que l'cn décou-
vrit leurs corps, au milieu de l'enchevêtre.
ment des débris du wagon où ils avaient
pris place.
Nommé en 1885 médecin du palais, grâce
Et lui s'approchait toujours d'elle.
Les bras tendus.
Les lèvres frémissantes.
Le sang aux tempes. avec des appa-
rences d'homme ivre.
Et il était ivre en effet.
Ivre de bonheur. ivre d'illusion
D'une phrase, simplement, elle mit En à
cette scènn qui la remplissait d'un insur-
montable dégoût..
A cette scène qui ne pouvait se prolon-
ger davantage.
Vous voue méprenez, monsieur. pro-
nonça-t-elle, sévère, hautaine, impitoyable.
Alors, de même que tout à l'heure il avait
avancé vers elle, il recula brusquement.
Frappé, atteint au cœur, par les paroles
de la jeune femme.
Par !e ton dur, haineux de sa voix.
M'irçelîe que voulez-vous dire?.
En quoi me suis-je mépris?.
Et, se refusant à l'évidence, ne voulant
pas. malgré tout. croire à ta réalité brutale,
douloureuse qui remplaçait soudain ie rêve.
ah si doux. dont il s'enivrait comme d'un
poison capiteux et mortel. il ajouta
Puisque vous êtes là, près de moi, c'est
que vous avez eu pitié.
Elle secoua la tète.
Elle était très pâle. Et sas yeux reflétaient
la même résolution implacable.
Elle déclara
Tout à l'heure vous avez fait allusion à
vos souffrances.
J'admets qu'elles soient réelles
Mais croyez-vous donç être seul pour
souffrir ?.
Vos souffrances présentes à vous, sont
l'expiation de votre passé. Et vous-même
vous venez de le reconna!tre. Mais pensez-
vous aux tortures de ceux qui, eux, n'eurent
à In recommandation de M. Jacques, député
de Paris, son beau-père. le docteur hloquet
avait été décoré de la Légion d'honneur en
Chez M. Janet
Nous avons fait prendre, dans la soirée,
des nouvelles de la santé de NI. Janet, dé-
puté, et de sa petite fille, et avons eu le
plaisir d'apprendre que leur état continue
s'améliorer.
Toutefois, il est possible que M. Janet
soit obligé de subir une petite opération, car
un dépôt de sang s'est formé dans la région
des reins et inquiète quelque peu les méde-
cins.
Tous les membres du gouvernement, et un
grand nombre de notabilités politiques, ont
fait déposer leur carte au domicile de l'ho-
norable député.
M. Georges Laurent
rue Jean-Jacques-Rousseau, à l'hôtel
des Empereurs, où M. Georges Laurent
avait coutume de descendre, on nous a don-
né les renseignements suivants
M. Laurent était voyageur de commerce
pour une maison de dentelles de Luxeuil,
où il habite. C'était un charmant jeune hom-
me de vingt-huit à trente ans, grand, mince,
la moustache noire et les cheveux taillés en
brosse. Il ne comptait à Paris que des sym-
paihies.
M. Gaston Mongeot
Comme nous l'avons dit plus hant, M. Gas..
ton Mongeot habitait 30, rue de Picardie. Ht
Sa jeune femme et sa belle-mère $ont par-
ties pour Epernon dès la première nouvelle
de la catastrophe et n'étaient point encore
rentrées à leur domicile hier matin.
Au magasin de confections pour dames que
tenait M. Mongeot, 4, rue du Petil-Thouars,
les employés, qui avaient appris par les
journaux la mort de leur patron, étaient
consternés. Plusieurs avaient les yeux rou-
ges et c'est avec un sincère désespoir qu'ils
nous ont fait l'éloge de celui qui s'était tou-
jours montré pour eux plein de bienveillance
et de bonté et que la mort vient d'enlever à
vingt-neuf ans.
AUTRE ACCIDENT
Un Contre-Coup de la Catastrophe. L'Ac-
cident de Marchezais. Collision entre
deux Trains de Marchandises. Qua-
tre Wagons endommagés. Un Blessé.
¡De notre correspondant particulier/
Chartres, 15 octobre.
Un contre-coup du tamponnement d'Eper-
non s'est produit, ce matin, près de Mar-
chezais, dans l'arrondissement de Dreux.
Vers cinq heures et demie, un train de
marchandises, venant de Paris et se diri-
geant sur Granville, a été tamponné, en
queue, entre Dreux et Cherisy, par un train
de marchandises à destination de Brest et
qui avait emprunté la ligne de Granville en
raison de la catastrophe d'Epernon.
Le train de marchandises 6,107 devant ar-
river à Dreux à cinq heures et demie, suivait
une tranchée, entre Comteville et le pont de
Cherisy, à 3 kilomètres de Dreux, lorsque
l'autre, qui avait été dirigé sur Dreux l'at-
teignit.
Le mécanicien du deuxième train n'avait
aperçu qu'à 500 mètres le feu rouge du train
qui le précédait. Il bloqua les freins, \-kup
la machine, entrainée dans la pente, très
forte à cet endroit, par le poids de tout 'e
convoi, continua sa route et vint donner
dans le wagon d'arrière du premier train.
qui fut réduit en miettes.
Quatre wagons furent endommagés for-
tement. Le devant de la machine du tiajp
tamponneur avait quelques avaries, i^a vi-
gie du train tamponné, Ni. Paul Troa3ec,
habitant Malakoff, fut projeté sur le sol et se
cassa un bras. Il reçut également quelque
contusions à la tête.
LA 10URNÉE DE M. FAIXTÈRES
Interrompant, pour une journée, la tin de sa
eillégiature, M. Fallières est rentré, hier matin,
à Paris. Parti à huit heures et demie de Ram-
bouillet, dans sa grande voiture automobile, le
Président est arrivé à dix heures à l'E:ysée. Mme
et Mue Fallières l'accompagnaient.
Quelques instants après son arrivée, M. Fel-
lières a reçu, en audience privée, M. de Neiidoff, j
ambassadeur de Russie, qui, reprenant ie jour
même la direction de son ambassade, était venu
présenter ses hommages au chef de J'Elai. J
M. Fallières s'es". rendu, à deux heures et île-
mie, en compagnie de M. Jean Lanes, secrétaire j
général de la présidence de la République, du )
colonel Ebener, du capitaine de frégate de Ké- i
raudren et de M. Marc Varenne, à la section
russe du Salon d'Automne, dont parlait hier
notre collaborateur Jean Claude.
Reçu par M. de Nelidoff, ambassadeur de Rus-
sie M. Briand, ministre de l'Instruction publi-
que et des Beaux -Arts M. Serge de Diaguilsif,
commissaire général de l'exposition, Mme la
comtesse Greffulh-e, et la plupart des membres
de l'ambassade, M. Fallières a parcouru les salles
de l'exposition et s'est montré émerveillé d'y
trouver tant de Lxlles œuvres.
Parmi les assistants se trouvaient également
Mme de Neîidoff, le grand-duc Paul de Russie,
M. de Neckeludoff, M. d'Etter, M. Narischkiae,
M. Raffaloviich, M. et Mme Bompard, etc.
M. Fallières s'est retiré à Imis heures e* a j
visité, en se retirant, quelques-unes des salles du
Salon d'Automne.
LA TRAITE DES BLANCHES
Rappelons que le troisième congrès internatio-
nal pour la répression de la traite des blanches,
qui doit se tenir sous le haut patronage du Pré-
rien à se reprocher. qui furent des victimes
innocentes. vos victimes.
Mes victimes ?.
Il ne comprenait pas.
Et elle, se reprenant
Oui. vous ne savez pas.- vous ne poo-
vez pas savoir.
D'ailleurs, qu'importe
Ce que en tout cas vous n'ignorez
pas, c'est que par vous. par notre ma-
riage odieux où ma volonté n'était pour
rien j'ai été la plus malheureuse des
femmes.
Non, cela vous ne l'ignorez pas puisqu
dans un entretien dont vous avez ceriai-
i nement gardé le souvenir je vous ai crié
la détresse de mon âme l'ékngnement que
javais pour vous.
.Depuis votre départ, votre fuite de;
France.. j'ai enduré dons le silence et daua
la réclusi m d'inimaginables tortures..
Et [ourlant j'aurais dû être satisfaite.
j'aurais d0 me réjouir des événements qui
me débarrassaient de votre présence.
Hélas, j'Hi souffert plus que jamais.
j'ai tant souffert que, souvent, ai appelé la
mort comme un bienfait. comme une déli- j
vrance.
Marcelle!
Elle avait croisé les bras, la téte haute,
et elle !r regardait dans les yeux fixement
Il balbutia
Vjju" souffrez, dites-vous, Marcelle.
Que puis-je faire pour vous
Ce que vous pouvez faire pour moi ?
Je vais vous 1 apprendre.
Si vous avez cru que je suis venue ici
I pour reprendre la vie commune.. pour vous
dire' Le passe est effacé. je suis votre à j
présent Oui si vous avez cru cela, vous
vous êtes leurré d'un vain espoir. l
̃ sident de la République et la présidence d'hon-
neur du ministre des Affaires étrangères et du mi-
nistre de llntérieur, aura heu du 22 au octobre.
àParis.
MOT DE LA FIN
Le comble de la prndencè?"
Refuser d'endosser son habit.
LE SCMMLEJIOHiiLOIIE
LE PRINCE ALEXANDRE DÉMtSSIOHHE
Après la Publication des Mémoires. Un
Evénement escompté. Est-ce la fin de
l'Incident?
L'émotion et le scandale causés, outre.
Rhin, par la publication des mémoires du
chancelier de Hohenlohe se sont de jour en
jour accentués. Ce n'est plus seulement quel-
ques fragments de ces souvenirs, destinés
à faire date, que l'on possède, ce sont les
souvenirs tout entiers, vendus pour la som-
me de 30 francs en deux gros volumes. Et
l'on peut être sûr que depuis quarante-huit
heures toute l'Allemagne officielle et non of-
ficielle les dévore.
Le bruit suscité, il y a une dizaine d'an-
nées, par l'affaire Kodze, et plus récemment
par les révélations sur la police politique
est de loin dépasse C'est que, cette fois, de
très augustes personnes sont mises en
cause, c'est que les débats les plus secrets
de l'Empire ont été livrés à la foule Dans
tous les pays du monde, 1es milieux gouver-
nementaux eussent été affectés par une pa-
reille révélation. Songez qu'en France les
archives des Affaires étrangères ne sont en-
core ouvertes que jusqu'à Ta monarchie de
Juillet, et voici qu'outre-Rhin on publie non
point des document,» d'il y a soixante ans,
mais des documents d'hier, non point des
pièces officielles, mais des témoignages et
des conversations intimes.
Il était à supposer que les auteurs directs
ou indirects du fameux scandale seraient
attente le télégramme de Guillaume il à
l'un des héritiers du prince de Hohenlohe
ne laissait aucun doute sur son méconten-
tement. La sanction du scandale vient de
se produire c'est la dùmiesian du prince
Alexandre de Hohenlohe.
L'atné des fils de l'ex-chancelier; Philippe,
qui est âgé de cinquante-trois ans, n'occupe
aucun emploi public et il ne se mêle guère
de politique. Mais son cadet. Alexandre, est
président du district de la Haute-Alsace, en
résidence à Colmar, et on lui a imputé une
responsabilité qui n élait point niahle dans
l'affaire. Par ailleurs, ce haut fonctionnaire,
qui fut toujours assez hostile ù la réaction
prussienne, n'est pas très aimé à Berlin.
Comme on te verra ci-dessous, il a d^jné sa
démission, peut-être pour éviter qi]jÇ ne la
lui demandât impérativement. rt une
sanction. Sera-ce l'unique sanctiony^n tout
cas, les mémoires restent et ils sont jus.
(De rtotre correspondant particulier]
Berlin, 15 octobre.
Le prince Alexandre de Hohenlohe, après
une conférence avec le chancelier de l'empk-
re, vient d'adresser sa démission de prési-
dent du district de la Haute-Alsace.
Voici, au sujet de cette conférence et de
l'envoi de sa démission ies déclarations fai-
tes aujourd'hui par le prince Alexandre à
un de nos confrères du Temps, qui est allé
l'interviewer à Colmar
Le prince de Bülow m'ayant télégraphié
qu'il me recevrait le samedi 13, je suis allé
avant-hier à Hombourg, où il est actuelle-
ment j'ai eu avec lui un long entretien.
Au commencement de cet entretien Je lui
ai dit mon intention de me rendre à Berlin
pour prier M. de Lucanus de remettre à l'em-
pereur ma démission que j'avais en effet
l'impression d'avoir perdu la confiance de
Sa Majesté. Sur ce dernier point la suite do
la conversation m'a appris que je ne me
trompais pas. Ma décision de me retirer s'en
est trouvée confirmée.
Suivant la voie hiérarchique, j'ai aussitôt
soumis au statthalter la prière d'être relevé
de mes fonctions. Le statthalter a consenti
à transmettre ma demande à l'empereur.
Vous comprenez que tant que ne me sera pas
parvenue la réponse, qui d'ailleurs n'est pax
douteuse et fera droit à ma demande, je n'ai
pas ma pleine liberté, Je suis encore fonc-
tionnaire et je ne manquerai pas à la réserve
à !aquelle je suis tenu de ce fait. Le <̃><̃. /fi-
nement de la presse contre moi ne saurait
du reste me troubler. J'ai fait ce que ja. cru
devoir faire. A mon heure, je publierai mes
raisons. »
.D'un espoir dont je ne m'explique pas
même l'existence chez vous.
Tellement il est absurde. teUemewt il
est insensé.
Car mon cœur n'a pas changé.
Cela vous deviez bien le supposer.
A quoi bon m'obliger. a vous dire. à
vous redire plutôt. des choses.pour moi pé-
nibles à prononcer. pour vous cruelles à
entendre?..
Il l'écoutait avidement.
Le front sombre maintenant, les traite
crispés par une douleur sans nom.
Et pourtant il la considérait sans colère.
avec tristesse. avec douceur même.. Et
dans ses yeux il y avait une lueur de renon-
cement. de sacrifice.
Qu'allait lui demander Marcelle ?..
Pourquoi était-elle là, puisqu'elle ne par-
donnait pas, puisqu elle demeurait inexora-
ble?.
Il allait le savoir.
Après une légère pause, elle poursuivait ?
Oh l'explication ne sera pas longue.
Puisque vous ne pouv« plus désormais
douter de mes sentiments à votre égard,
de mes sentiments qui ne varieront
pas plus dans l'avenir qu'ils n'ont varié
dans le passé. puisque; dun autre côte4
vous manifestez le regret des mauvaises ac-
tions que vous avez commises.. puisque
vous voulez devenir. puisque vous êtes de-
venu un honnête homme. vous devez vous
rendre compte de ce que notre situation ré-
ciproque n de faux et d'insupportable, et si
la certitude que, comme moi, vous désire-
rez y mettre un terme.
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