Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1930-11-14
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 14 novembre 1930 14 novembre 1930
Description : 1930/11/14 (A92,N46)-1930/11/20. 1930/11/14 (A92,N46)-1930/11/20.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5621566s
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
LE • MÉNESTREL
LA SEMAINE DRAMATIQUE
Théâtre de l'Athénée. —- Un ami d'Argentine, comédie
en quatre actes de MM. Tristan BERNARD et Max
■MAUREY.
Le théâtre? Un jeu, un jeu pour les grands enfants
qui ont encore (grâces t'en soient rendues, cher public)
quelque candeur. Je parle ici du théâtre considéré
comme un divertissement de bon aloi, entre l'heure
des liqueurs et celle de la' soupe à l'oignon. Mais, quand
la partie est engagée par M. Tristan Bernard, le jeu en
vaut bien les chandelles.
De la vraisemblance ? Non, mais de la vérité (ou plu-
tôt des vérités). Des "caractères ? Non, mais des traits
de caractères. De la vie? Par instants, mais surtout
beaucoup de fantaisie, de hardiesse nonchalante, de
bonhomie qui ferait songer à celle d'un gros angora qui
fait patte de velours, mais qui a de bonnes, dents.
'Dès les premières répliques, dans les pièces de
M. Tristan Bernard, le courant est établi avec la salle ;
c'est un fait. Les acteurs envoient un mot, les specta-
teurs ripostent par un éclat de rire et tout le monde
paraît heureux! 11 y a aussi M. Max Maurey qui a col-
laboré à cet Ami d'Argentine, auquel nous a conviés
l'Athénée. M. Max Maurey aurait dénoué.le noeud gor-
dien, il brouille et débrouille l'écheveau des complica-
tions scéniques avec une adresse professionnelle qui a
fait sa réussite. Il est encore un observateur subtil.
La comédie que ces deux Parisiens de théâtre nous
présentent n'est (ils le savent bien) pas leur chef-d'oeu-
vre. Qu'importe? Elle amuse, elle est vivement écrite,
sans clichés. L'esprit des auteurs vaut mieux que celui
que l'on impute souvent au premier d'entre eux. Les
scènes sont habilement filées. Bonne chance, donc, à la
nouvelle venue.
Le premier acte nous fait assister à une réunion de
famille où s'échangent affectueusement des vues incon-
ciliables sur les rapports humains. On devait fiancer
* officiellement » deux jeunes cousins, Félix Brémond
Le Hardier (un nom qui fera gagner deux francs cin-
quante aux critiques payés à la ligne), et Jane Renaud.
Mais le père de celle-ci vient de se ruiner en jouant à la
Bourse. La mère de Félix est une bonne bourgeoise qui
se respecte trop pour ne pas respecter davantage les
situations et l'argent. Elle délie les amoureux.
La jeune fille, obligée de travailler pour gagner sa vie
et celle de son père, reçoit un jour la visite d'un astro-
nome, retour d'Argentine. Il lui apporte une fortune :
quatre cents millions à elle légués par un ancien ami de
la famille. D'abord elle refuse, puis finit par accepter,
mais à la condition que personne n'en sache rien. L'as-
tronome sera le directeur fictif d'une grosse affaire qui
appartiendra, en fait, à la jeune fille, et où l'héritage
fructifiera.
Jusqu'au dernier moment, le public peut croire que
le testateur était le véritable père de Jane, mais nous
finissons par apprendre qu'il était son... grand'père (la
grand'mère ayant mis dans le bonnet carré de son
magistrat de mari une parure de bovidé). La raison de
cacher à sa famille la fortune héritée n'existe donc plus
et Jane épousera son cousin qui n'a jamais cessé de l'ai-
mer sincèrement.
Les interprètes de cette comédie jouent tous spirituel-
lement leurs rôles. M. L. Rosenberg, légèrement cari-
catural, fait le vieil astronome devenu pseudo-homm
d'affaires avec une maîtrise des planches fort goûtée
M. Pierre Stéphen, en jeune amoureux auquel il reste
un soupçon de niaiserie, est charmant et bien dans la
note de son rôle ; Mme Madeleine Soria nous fait admi-
rer son jeu sûr, précis et incisif. M"M Jane Loury
Barsac, Marsay, MM. Le Gallo, Pierre Juvenet,, Cler'
mont, Rouyer ont leur large part des applaudisse-
ments. Marcel BEHUHES.
Théâtre de l'Avenue. — Un Soir de noces, comédie en
trois actes de M. Albert ACREMANT.
Un jeune fiancé attend le matin de ses noces pour
rompre avec sa maîtresse, Suzy. Mais celle-ci, impé-
rieuse et irascible, s'oppose au mariage et oblige Immé-
diatement Jacques (c'est le nom du jeune hommeH
faire semblant d'être la victime d'un accident d'auto
pour se dérober au maire, au curé et-à la ribambelle
d'invités.
Christiane de Grève, la fiancée, arrive, sous sesToûes
blancs. Elle n'est pas dupe de la supercherie. C'est elle
qui demande à Jacques de se résigner à la conduireâ
l'autel pour faire d'elle un être libre. Elle aime, dit-elle
un autre homme, un divorcé que sa famille ne lui per-
met pas d'épouser, mais de qui elle pourra devenir la
femme quand elle aura divorcé à son tour. Jacques,
avec l'autorisation de Suzy, accepte cette combi-
naison.
Et, le soir du mariage, c'est Lucien, l'homme que
prétend aimer Christiane, qui vient pour célébrer le
sacrifice à l'Aphrodite crurale.
Au dernier acte, après que Suzy a triomphalement
quitté Jacques, heureuse de le laisser, à ce qu'ellecroit,
ridicule et sans amour, nous apprenons que nous ne \
nous étions pas trompés dans les prévisions que nous
avions faites dès le début de la pièce, ce qui nous flatte ;
(il n'y a pas de quoi) dans notre perspicacité. Christiane ■;
aime vraiment son mari, tout ce qu'elle a fait n'était j
que pour le délivrer de Suzy, mais Lucien a passé la ;
nuit d-e noces bien sagement dans la chambre de la \
mariée, sans s'approcher du lit. Il s'est contenté de ;
« mener l'âne », comme on disait au Moyen Age...
Le rôle de la mariée est joué avec une finesse, un a
esprit, un charme exquis par Mlle Germaine Auger, qui .r
est vraiment une grande artiste; Moe* Marcelle Yrven, |
dans un personnage de belle-mère qui n'est guère utile ■
à l'action, reste la comédienne sympathique et amu- %
santé que tout Paris aime toujours:; MUe Henriette |
Delannoy est belle et joue avec naturel; MM.JacqW 5 |
Tarride et Ray-Roy .ont du: talent.
Le phono du deuxième acte est bien agaçant.
Marcel BELVUNBS. |
Théâtre-Marigny. — Les Folies de Paris, revue |
en deux actes et trente-sept tableaux de M. »>. i
GRANIER. : j |
Jeudi dernier, le Ménestrel s'en fut au music-hall., |
le dit tout de suite, il n'en attend aucune récipro • ^
Mais il sait que les plaisirs de cet art conviennent^, |
messieurs dans là force de leur âge; et il est p |
consolant pour un musicien de demander àses y j
jouissances que lui refusent ses oreilles. ' ' . j .«m !
Pour la circonstance, le Théâtre Marignyétaitde |
« la Folie Marigny » ; la revue s'intitulait./^^* s£jl J
Paris. Cette sorte de titres et l'attrait qu'ils par j
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LA SEMAINE DRAMATIQUE
Théâtre de l'Athénée. —- Un ami d'Argentine, comédie
en quatre actes de MM. Tristan BERNARD et Max
■MAUREY.
Le théâtre? Un jeu, un jeu pour les grands enfants
qui ont encore (grâces t'en soient rendues, cher public)
quelque candeur. Je parle ici du théâtre considéré
comme un divertissement de bon aloi, entre l'heure
des liqueurs et celle de la' soupe à l'oignon. Mais, quand
la partie est engagée par M. Tristan Bernard, le jeu en
vaut bien les chandelles.
De la vraisemblance ? Non, mais de la vérité (ou plu-
tôt des vérités). Des "caractères ? Non, mais des traits
de caractères. De la vie? Par instants, mais surtout
beaucoup de fantaisie, de hardiesse nonchalante, de
bonhomie qui ferait songer à celle d'un gros angora qui
fait patte de velours, mais qui a de bonnes, dents.
'Dès les premières répliques, dans les pièces de
M. Tristan Bernard, le courant est établi avec la salle ;
c'est un fait. Les acteurs envoient un mot, les specta-
teurs ripostent par un éclat de rire et tout le monde
paraît heureux! 11 y a aussi M. Max Maurey qui a col-
laboré à cet Ami d'Argentine, auquel nous a conviés
l'Athénée. M. Max Maurey aurait dénoué.le noeud gor-
dien, il brouille et débrouille l'écheveau des complica-
tions scéniques avec une adresse professionnelle qui a
fait sa réussite. Il est encore un observateur subtil.
La comédie que ces deux Parisiens de théâtre nous
présentent n'est (ils le savent bien) pas leur chef-d'oeu-
vre. Qu'importe? Elle amuse, elle est vivement écrite,
sans clichés. L'esprit des auteurs vaut mieux que celui
que l'on impute souvent au premier d'entre eux. Les
scènes sont habilement filées. Bonne chance, donc, à la
nouvelle venue.
Le premier acte nous fait assister à une réunion de
famille où s'échangent affectueusement des vues incon-
ciliables sur les rapports humains. On devait fiancer
* officiellement » deux jeunes cousins, Félix Brémond
Le Hardier (un nom qui fera gagner deux francs cin-
quante aux critiques payés à la ligne), et Jane Renaud.
Mais le père de celle-ci vient de se ruiner en jouant à la
Bourse. La mère de Félix est une bonne bourgeoise qui
se respecte trop pour ne pas respecter davantage les
situations et l'argent. Elle délie les amoureux.
La jeune fille, obligée de travailler pour gagner sa vie
et celle de son père, reçoit un jour la visite d'un astro-
nome, retour d'Argentine. Il lui apporte une fortune :
quatre cents millions à elle légués par un ancien ami de
la famille. D'abord elle refuse, puis finit par accepter,
mais à la condition que personne n'en sache rien. L'as-
tronome sera le directeur fictif d'une grosse affaire qui
appartiendra, en fait, à la jeune fille, et où l'héritage
fructifiera.
Jusqu'au dernier moment, le public peut croire que
le testateur était le véritable père de Jane, mais nous
finissons par apprendre qu'il était son... grand'père (la
grand'mère ayant mis dans le bonnet carré de son
magistrat de mari une parure de bovidé). La raison de
cacher à sa famille la fortune héritée n'existe donc plus
et Jane épousera son cousin qui n'a jamais cessé de l'ai-
mer sincèrement.
Les interprètes de cette comédie jouent tous spirituel-
lement leurs rôles. M. L. Rosenberg, légèrement cari-
catural, fait le vieil astronome devenu pseudo-homm
d'affaires avec une maîtrise des planches fort goûtée
M. Pierre Stéphen, en jeune amoureux auquel il reste
un soupçon de niaiserie, est charmant et bien dans la
note de son rôle ; Mme Madeleine Soria nous fait admi-
rer son jeu sûr, précis et incisif. M"M Jane Loury
Barsac, Marsay, MM. Le Gallo, Pierre Juvenet,, Cler'
mont, Rouyer ont leur large part des applaudisse-
ments. Marcel BEHUHES.
Théâtre de l'Avenue. — Un Soir de noces, comédie en
trois actes de M. Albert ACREMANT.
Un jeune fiancé attend le matin de ses noces pour
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rieuse et irascible, s'oppose au mariage et oblige Immé-
diatement Jacques (c'est le nom du jeune hommeH
faire semblant d'être la victime d'un accident d'auto
pour se dérober au maire, au curé et-à la ribambelle
d'invités.
Christiane de Grève, la fiancée, arrive, sous sesToûes
blancs. Elle n'est pas dupe de la supercherie. C'est elle
qui demande à Jacques de se résigner à la conduireâ
l'autel pour faire d'elle un être libre. Elle aime, dit-elle
un autre homme, un divorcé que sa famille ne lui per-
met pas d'épouser, mais de qui elle pourra devenir la
femme quand elle aura divorcé à son tour. Jacques,
avec l'autorisation de Suzy, accepte cette combi-
naison.
Et, le soir du mariage, c'est Lucien, l'homme que
prétend aimer Christiane, qui vient pour célébrer le
sacrifice à l'Aphrodite crurale.
Au dernier acte, après que Suzy a triomphalement
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nous étions pas trompés dans les prévisions que nous
avions faites dès le début de la pièce, ce qui nous flatte ;
(il n'y a pas de quoi) dans notre perspicacité. Christiane ■;
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que pour le délivrer de Suzy, mais Lucien a passé la ;
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mariée, sans s'approcher du lit. Il s'est contenté de ;
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Le rôle de la mariée est joué avec une finesse, un a
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Delannoy est belle et joue avec naturel; MM.JacqW 5 |
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Marcel BELVUNBS. |
Théâtre-Marigny. — Les Folies de Paris, revue |
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Jeudi dernier, le Ménestrel s'en fut au music-hall., |
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Mais il sait que les plaisirs de cet art conviennent^, |
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« la Folie Marigny » ; la revue s'intitulait./^^* s£jl J
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