Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1867-02-17
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 17 février 1867 17 février 1867
Description : 1867/02/17 (A34,N12)-1867/02/23. 1867/02/17 (A34,N12)-1867/02/23.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5619858g
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
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PARAIT TOUS LES DIMANCHES
(J_,es Bureaux, 2 bis, rue Vivienne)
Dimniicîic 17 Février 18(57.
MUSIQUE ET THEATRES
J.-L,. I-IEUGEL, Directeur
COLLABORATEURS DU .JOURNAL :
MM. TH" ANNE, H. BARBEDETTE, HENRI BLAZE DE BURY, GUSTAVE BERTRAND, PAUL BERNARD,
OSCAR COMETTANT, G. DUPREZ, DE GASPERINI, L. GATAYES, LÉON HALÉVY,
B. JOUVIN, E. LEGOUVÉ, MARMONTEL, A.MÉREAUX, A. DE PONTMARTIN, PROSPER PASCAL,
ALPHONSE ROYER, G. DE SATNT-VALRY, P. RICHARD, J.-B. WEKERLIN et XAVIER AUBRYET
Adresser FRANCO à M. J.-L. FI1ÎUGEL, directeur du MÉNESTim., 2 his, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et lions-postes d'abonnement.
Un an, texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant 20 iï.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris et Province.
Abonnement complet d'un an, Texte, musique de Chant et do Piano, 30 fr., Paris et Province. — Pour l'Etranger, les frais de poste en sus.
SOMMAIRE-TEXTE
I. Hiinou), fa vie cl ses oeuvres 3e partie, 2e article), B. Jocvix. — II. Semaine théâtrale,
GUSTAVE BERTRAND.—III. Tablettes du pianiste et du chanteur, inélhode de clianL du
. GossERYATOtiu: (chapilre III, section IV). —IV. Nouvelles, soirées et concerts.
MUSIQUE DE CHANT
''.'■ Nos abonnés à la musique, de CHANT recevront avec le numéro do.ee jour
A UNE FLEUR
',•■ mélodie de G. BIZKT, poésie Ù'ALFIUÏD DE MUSSET; suivra immédiatement: 11 fui',
; froid àws les bois, nouvelle mélodie de J.-B. WEKERLIN.
PIANO
Nous publierons dimanche prochain pour nos abonnés à la musique de PIANO:
; SOUS LES SAULES, idylle de L.-L. DELAIIAYE; suivra immédiatement: UNE ROSE,
;. mazurka de J.-L. BATTMANK.
HÉROLD
SA VIE ET SES OEUVRES
TROISIÈME PARTIE
il
Hérold tempérait une imagination mobile et inquiète par une rai-
son iroide et un sens juste et pratique des nécessités de la vie. Tour
a tour soulevé par la poésie de l'art et retenu par la prose de l'exis-
tence, il ressemblait à un aérostat chassant sur son ancre : l'imagi-
nation était capricieusement secouée et entraînée; mais la raison
finissait toujours par fixer sur le sol ce ballon qui aspirait à monter
vors lous les nuages. L'artiste, le front dans la gloire, rêvait aux
lieanx opéras qu'il voulait écrire, tandis que l'homme, la main dans
escomptes, apportait ses épargnes au Trésor, et, bien différent de
•'fan qui « mangeait son fonds avec son revenu, » accroissait peu
11 Peu le capital, avec les rentes. De retour en France et dans l'an-
née qui précéda le succès du Muletier, le revenu modeste du musi-
l'icn atteignait et dépassait un peu 2,000 francs. Ce n'était pas encore
a '■ médiocrité dorée » chantée par le poêle latin; mais c'était déjà,
. 'U0(-' la dignité de la vie et le repos de l'esprit, le droit d'avoir du
; talent sans mourir de faim.
A cette date de l'année 1822, Hérold jouait le personnage de rIr-
résolu, une comédie oubliée, de Dcstouehes. Il laissait marier une
femme qu'il aimait, et il demandait en mariage (pour se dédire en-
suite), une jeune fille qu'il n'aimait pas. Si on l'eût laissé libre
d'épouser à son gré, regrettant celle qu'il avait quittée pour celle
qu'il avait choisie, il. eût été capable de s'écrier, comme le héros de
Destouches :
J'aurais mieux, je crois, d'épouser Célimène.
Son journal est fort amusant à consulter sur la fièvre matrimo-
niale qui le prend et le quitte. Un moment, il est tout de flamme
pour voler à l'autel; l'instant d'après, il fait un retour sur sa santé,
qui est faible, il additionne son revenu, qui est mince, il découvre à
l'horizon matrimonial un beau-père qui poudroie, une belle-mère
qui flamboie, et il s'empresse dédire serviteur à la fiancée. « J'ai de
« grandes confidences à te faire, mon cher petit livre! loi, ma res-
« source dans mes malheurs ! toi," le journal officiel de mes prospé-
« rites! Or donc, je te dirai que M1Le S..., que je voulais épouser,
■< s'est mariée à l'improviste, sans me laisser le temps de demander
« sa main.... Si ma mère eût parlé, on me l'eût accordée; mais elle
« s'est tue, et la demoiselle m'a dit, en parlant de son futur : « C'est
« le premier qui m'ait demandée en mariage, et je l'épouse. »
Pour se consoler d'avoir perdu MUo S...., Hérold veut se marier
sans perdre de temps ; l'occasion se présente d'épouser une jeune
fille de seize ans, « blonde et jolie; » il n'a qu'un mot à dire, il le
dit, et le consentement des grands parents ne se l'ail pas attendre.
Vous 'croyez notre homme sur des roses : il est sur des épines!
>■ O.u'ai-je fait? s'écrio-l-il, unobélise énorme I et je viens de lâcher
. « d'y remédier par un manque de parole qui doit chagriner des per-
« sonnes qui n'ont cherché qu'à m'élre agréables. >•
11 écrit donc au père et à la mère de la jeune fille que ses (rente
ans sont beaucoup trop âgés pour épouser quinze ans et demi. Son
refus, mal compris de la-famille, est accepté comme un ajournement.
Il ne dispute point, trop heureux de reprendre sa liberté, et il achève
sa partition du Muletier, qui, selon son expression, va le « remettre
> à la merci de.ces vilains journaux. » Un peu plus bas nous lisons:
« Je me suis abonné successivement à chaque journal pour enTrou-
« ver un qui me convînt : je n'en reçois plus aucun. »
Le Maleiier est joué le 12 mai 1823, et le musicien écrit dans son
journal, à la date du 17 : « Parlons un peu de mon Muletier. Sifflé un
« peu le premier soir, il s'esl relevé. J'ai un éloge unanime des
- •> journaux, -ci js ne trouve pan de femmo comme je veux. »
Hérold, en prenant sa part des sifflets qui accueillirent les lon-
gueurs du. poème, fait acte d'extrême courtoisie envers son collabo-
PARAIT TOUS LES DIMANCHES
(J_,es Bureaux, 2 bis, rue Vivienne)
Dimniicîic 17 Février 18(57.
MUSIQUE ET THEATRES
J.-L,. I-IEUGEL, Directeur
COLLABORATEURS DU .JOURNAL :
MM. TH" ANNE, H. BARBEDETTE, HENRI BLAZE DE BURY, GUSTAVE BERTRAND, PAUL BERNARD,
OSCAR COMETTANT, G. DUPREZ, DE GASPERINI, L. GATAYES, LÉON HALÉVY,
B. JOUVIN, E. LEGOUVÉ, MARMONTEL, A.MÉREAUX, A. DE PONTMARTIN, PROSPER PASCAL,
ALPHONSE ROYER, G. DE SATNT-VALRY, P. RICHARD, J.-B. WEKERLIN et XAVIER AUBRYET
Adresser FRANCO à M. J.-L. FI1ÎUGEL, directeur du MÉNESTim., 2 his, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et lions-postes d'abonnement.
Un an, texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant 20 iï.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris et Province.
Abonnement complet d'un an, Texte, musique de Chant et do Piano, 30 fr., Paris et Province. — Pour l'Etranger, les frais de poste en sus.
SOMMAIRE-TEXTE
I. Hiinou), fa vie cl ses oeuvres 3e partie, 2e article), B. Jocvix. — II. Semaine théâtrale,
GUSTAVE BERTRAND.—III. Tablettes du pianiste et du chanteur, inélhode de clianL du
. GossERYATOtiu: (chapilre III, section IV). —IV. Nouvelles, soirées et concerts.
MUSIQUE DE CHANT
''.'■ Nos abonnés à la musique, de CHANT recevront avec le numéro do.ee jour
A UNE FLEUR
',•■ mélodie de G. BIZKT, poésie Ù'ALFIUÏD DE MUSSET; suivra immédiatement: 11 fui',
; froid àws les bois, nouvelle mélodie de J.-B. WEKERLIN.
PIANO
Nous publierons dimanche prochain pour nos abonnés à la musique de PIANO:
; SOUS LES SAULES, idylle de L.-L. DELAIIAYE; suivra immédiatement: UNE ROSE,
;. mazurka de J.-L. BATTMANK.
HÉROLD
SA VIE ET SES OEUVRES
TROISIÈME PARTIE
il
Hérold tempérait une imagination mobile et inquiète par une rai-
son iroide et un sens juste et pratique des nécessités de la vie. Tour
a tour soulevé par la poésie de l'art et retenu par la prose de l'exis-
tence, il ressemblait à un aérostat chassant sur son ancre : l'imagi-
nation était capricieusement secouée et entraînée; mais la raison
finissait toujours par fixer sur le sol ce ballon qui aspirait à monter
vors lous les nuages. L'artiste, le front dans la gloire, rêvait aux
lieanx opéras qu'il voulait écrire, tandis que l'homme, la main dans
escomptes, apportait ses épargnes au Trésor, et, bien différent de
•'fan qui « mangeait son fonds avec son revenu, » accroissait peu
11 Peu le capital, avec les rentes. De retour en France et dans l'an-
née qui précéda le succès du Muletier, le revenu modeste du musi-
l'icn atteignait et dépassait un peu 2,000 francs. Ce n'était pas encore
a '■ médiocrité dorée » chantée par le poêle latin; mais c'était déjà,
. 'U0(-' la dignité de la vie et le repos de l'esprit, le droit d'avoir du
; talent sans mourir de faim.
A cette date de l'année 1822, Hérold jouait le personnage de rIr-
résolu, une comédie oubliée, de Dcstouehes. Il laissait marier une
femme qu'il aimait, et il demandait en mariage (pour se dédire en-
suite), une jeune fille qu'il n'aimait pas. Si on l'eût laissé libre
d'épouser à son gré, regrettant celle qu'il avait quittée pour celle
qu'il avait choisie, il. eût été capable de s'écrier, comme le héros de
Destouches :
J'aurais mieux, je crois, d'épouser Célimène.
Son journal est fort amusant à consulter sur la fièvre matrimo-
niale qui le prend et le quitte. Un moment, il est tout de flamme
pour voler à l'autel; l'instant d'après, il fait un retour sur sa santé,
qui est faible, il additionne son revenu, qui est mince, il découvre à
l'horizon matrimonial un beau-père qui poudroie, une belle-mère
qui flamboie, et il s'empresse dédire serviteur à la fiancée. « J'ai de
« grandes confidences à te faire, mon cher petit livre! loi, ma res-
« source dans mes malheurs ! toi," le journal officiel de mes prospé-
« rites! Or donc, je te dirai que M1Le S..., que je voulais épouser,
■< s'est mariée à l'improviste, sans me laisser le temps de demander
« sa main.... Si ma mère eût parlé, on me l'eût accordée; mais elle
« s'est tue, et la demoiselle m'a dit, en parlant de son futur : « C'est
« le premier qui m'ait demandée en mariage, et je l'épouse. »
Pour se consoler d'avoir perdu MUo S...., Hérold veut se marier
sans perdre de temps ; l'occasion se présente d'épouser une jeune
fille de seize ans, « blonde et jolie; » il n'a qu'un mot à dire, il le
dit, et le consentement des grands parents ne se l'ail pas attendre.
Vous 'croyez notre homme sur des roses : il est sur des épines!
>■ O.u'ai-je fait? s'écrio-l-il, unobélise énorme I et je viens de lâcher
. « d'y remédier par un manque de parole qui doit chagriner des per-
« sonnes qui n'ont cherché qu'à m'élre agréables. >•
11 écrit donc au père et à la mère de la jeune fille que ses (rente
ans sont beaucoup trop âgés pour épouser quinze ans et demi. Son
refus, mal compris de la-famille, est accepté comme un ajournement.
Il ne dispute point, trop heureux de reprendre sa liberté, et il achève
sa partition du Muletier, qui, selon son expression, va le « remettre
> à la merci de.ces vilains journaux. » Un peu plus bas nous lisons:
« Je me suis abonné successivement à chaque journal pour enTrou-
« ver un qui me convînt : je n'en reçois plus aucun. »
Le Maleiier est joué le 12 mai 1823, et le musicien écrit dans son
journal, à la date du 17 : « Parlons un peu de mon Muletier. Sifflé un
« peu le premier soir, il s'esl relevé. J'ai un éloge unanime des
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