Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1908-01-11
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 11 janvier 1908 11 janvier 1908
Description : 1908/01/11 (A74,N2)-1908/01/17. 1908/01/11 (A74,N2)-1908/01/17.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5617108j
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
LE MÉNESTREL
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mier soir, particulièrement goûtés. Et il est certain qu'aux auditions" siii-
. vantes bien des pages, savoureuses, attachantes, éloquentes en leurs moindres
indications, s'affirmeront comme elles le méritent. Fortunio a trouvé d'ail-
leurs à la Monnaie une interprétation homogène, excellente en la.plupart
de ses parties. Le rôle de Jacqueline a pour titulaire la très jolie Lilian Gren-
ville, dont la beauté captivante suffirait à nous faire comprendre • l'amour du
petit clerc de maître André et jalouser l'heureuse fortune du capitaine Glava-
roche. M. Morati est un Fortunio un peu ténébreux, mais il chanle à ravir la
mélodie des « Vieilles Maisons » et sa « Chanson » célèbre. M. Bourbon,
bourreau des coeurs, est un Clavaroche tout à fait « nature », et M. Decléry
ne fut jsmais artiste si bien disant, si consciencieux, si plein de bonne grâce
en son personnage de maître André, dont il sauve, peut-être avec excès, les
côtés ridicules. Tout le reste est parfaitement mis au point; la mise en scène
est charmante, et il nous faut surtout louanger l'orchestre de M. Dupuis, qui
a été absolument délicieux. — Au lendemain de celte « première », la Mon-
naie devait nous donner une reprise de la Valkyrie, avec M. Delmas, de
l'Opéra, engagé pour huit représentations. Un contretemps fâcheux, une in-
disposition subite de Mme Laffitte, à qui la direction avait cru devoir confier
le rôle de Sieglinde, a forcé celle-ci à retarder cette reprise de quelques jours
et à faire relâche, — ce qui est, à la Monnaie, un événement rare. Il faudra
chercher une Sieglinde ailleurs, et faire tout de même, enfin, ce par quoi on
aurait peut-être dû commencer. M. Delmas, outre le Wotan de la Valkyrie
chantera encore Hans Sachs des Maîtres Chanteurs et Méphisiophélès de Faust.
Il avait é'é question aussi de Thaïs; mais le temps a manqué pour remettre
l'oeuvre à la scène. On presse maintenant les études du Chemineau, du Méphis-
tophélès de Boïto et d'Orphée, qui composeront les prochains spectacles avec
les deux actes inédits de M. Jaques-Dalcroze, tes Jumeaux de Bergame. J'ou-
bliais de vous dire que nous avons eu, en attendant, cette semaiue, la pre-
mière d'un petit ballet de M. Léo Ponget, Au pays des Cigales, dont la
musique bien rythmée et sans prétentions, présentée dans un cadre de mise
en scène lumineuse et brillante, a été fort applaudie. L. S.
— M. Félix Weingartner, le nouveau directeur de l'Opéra de Vienne, a
été présenté le 3 janvier dernier par M. Horsetzky, remplaçant le grand cham-
bellan, au personnel artistique du théâtre. Il a exprimé en peu de mots le
sentiment de joie et de fierté qu'il éprouvait en se trouvant à la tète d'une
institution aussi importante que l'Opéra de la Cour et en se voyant au milieu
d'un cercle d'artisles aussi distingués. Il a indiqué qu'en toutes choses sa
devise serait « Vorwaerts » (En avant), ajoutant que ce mot devait être pris
dans son sens le plus noble et le plus élevé. Quant au programme adopté par
lui, M. Weingartner n'en a point parlé pendant cette présentation officielle.
— Le 2 janvier a eu lieu à l'Opéra de Vienne la première représentation
du nouvel ouvrage de M. CaiI_Gqldmark, te Conte d'hiver. Le succès a été
très grand. Le librettiste de M. GoldmàïK, son <( grillon du foyer », comme on
dit dans son entourage, a été M. A.-M. Willner; il a su s'approprier adroite-
ment le scénario de Shakespeare et en tirer une suite non interrompue de
situations intéressantes. Comme dans ses oeuvres précédentes, M. Goldmark
s'est montré très éclectique dans celle-ci. On y sent aussi bien l'influence de
Wagner que celle de Meyerbeer, de Verdi et des maîtres de l'école française
moderne. Daus les passages où les péripéties de l'action provoquent des mou-
vements dramatiques d'une certaine véhémence, le -compositeur a cherché à
ne point rester au-dessous de l'effet à produire en renforçant son orchestration
et en employant des harmonies modulantes avec plus de profusion qu'ail-
leurs. Le Conte d'hiver abonde en mélodies chantantes et en choeurs d'une
réelle beauté. On considère le prélude du premier acte comme un petit chef-
d'oeuvre d'instrumentation; celui du second acte présente des thèmes dans le
goût populaire et les développe en variations ingénieusement écrites. L'Opéra
de Vienne a confié l'interprétation à des artistes de premier ordre. Ce sont
Mnies KU1.Z (Perdita), von Mifdenburg (Hermione), Kittel (Pauline), MM. Sle-
zak (Leontes), Demuth (Polyxenes), etc.; tous ont fait de leur mieux ainsi
que les choeurs ; et l'orchestre, sous l'habile direction de M. Bruno Walter,
n'a rien laissé à désirer. Le compositeur, qui assistait à la représentation, a
été rappelé tumultueusement après le premier acte, mais l'ovation a été plus
unanime encore après le deuxième. Le troisième a moins plu ; le septuor
finat, Dieux, abaissez vos regards sur nous, ayant été supprimé, l'impression
d'ensemble a été compromise et l'on a dû songer à modifier dans fa forme le
dénouement de l'ouvrage.
— Ainsi que nous le disions samedi dernier, àl'occasion des fêtes du cente-
naire de la mort de Joseph Haydn (31 mai 1809), le conseil municipal de
Vienne a résolu de faire les démarches nécessaires pour obtenir l'autorisation
de transférer les restes mortels du maître au cimetière central de cette ville, à
côté de ceux de Schubert et de Beethoven. Dans une lettre adressée au prince
Nicolas Esterhazy, président du comité des fêtes, M. le docteur Lueger, maire
de Vienne, fait remarquer « qu'aucune disposition du testament de Haydn
ne peut être invoquée contre ce transport, car il est écrit dans ce testament,
qui est conservé aux archives du tribunal de première instance de Vienne,
que le corps du maître doit être enterré avec un convoi de première classe,
selon les usages de l'église catholique orthodoxe; mais rien absolument n'est
indiqué en ce qui concerne le lieu où le célèbre compositeur entendait avoir
sa sépulture ». La conclusion de M. Lueger est, par suite, que l'autorisation
devrait être accordée.
— D'autre part, nous lisons dans les Signale : « Le conseil municipal
de Vienne voudrait bien pouvoir rendre à cette ville les res'tes mortels de
Haydn qui ont été transportés il y a quatre-vingt-dix-sept ans à Eisenstadt,
en -Hongrie. Ne serait-ce pas bien le cas de rappeler l'inscription que
Shakespeare fît mettre sur sa tombe: « Maudit soit qui touche à mes
cendres ». On sait que Haydn mourut à Vienne en 1809 et y fut enterré,
ou du moins, comme nous l'avons dit récemment, à Gupendorf, qui était alors
un faubourg de cette capitale. Ce ne fut que onze ans après, en 1820, que ses
cendres furent transportées à Eisenstadt, où un tombeau lui fut érigé dans
l'église du Calvaire parce qu'il y avait exercé les fonctions de maître de chapelle
du prince Esterhazy.
— Le Petit Bleu, do Bruxelles, publiait ces jours derniers une dépècheainsi
conçue : « Los israélites riches de Berlin viennentde souscrire les fonds
nécessaires à l'érection d'une statue de bronze à la mémoire du célèbre
compositeur Mendelssohn. Elle sera placée devant le collège juif de Berlin.
Ce sera la première statue d'israélite qu'on aura jamais édifiée dans la capi-
tale prussienne ». Il y a là une erreur de fait et une erreur de conséquences.
La ville de Berlin ne sera pas ornée d'une statue d'israélite, attendu que,
comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire récemment, Mendelssohn,
issu de famille juive, n'était pas juif lui-même. Son aïeul, le célèbre philoso-
phe et écrivain Moses Mendelssohn, était israélite ; mais son père, le fameux
banquier Abraham Mendelssohn, avait abjuré la religion juive pour embras-
ser le luthérianisme. Mendelssohn était donc protestant, et la statue qu'on se
propose de lui élever à Berlin n'amènera aucune nouveauté au point de vue
du culte auquel il appartenait.
— A l'Opéra-Gomique de Berlin le si intelligent et si artistique directeur
M. Gregor va monter une Chauve-Souris complètement remaniée. Le livret,
aussi bien que la partition de cette opérette, ont subi, depuis la première
représentation qui a eu lieu à Vienne, de nombreuses coupures et retouches.
M. Gregor a chargé un écrivain berlinois connu de reviser le livret, en se
rapprochant le plus possible du texte du Réveillon, la pièce de Meilhac et
Halévy, auquel le livret a été... emprunté indirectement. Car c'est une pièce
allemande, Da% Gefoengriiss, tirée de la comédie de Meilhac et Halévy, qui avait
servi de base au premier librettiste de la Chauve-Souris. La première représen-
tation aura lieu prochainement.
— M. Joseph Wieniawski, l'excellent pianiste dont la carrière en Belgique
est depuis longtemps si brillante, doit donner prochainement à Berlin un
grand concert dans lequel il se produira tout ensemble comme virtuose, com-
positeur et chef d'orchestre. Le programme comprendra sa symphonie en ré
majeur, dirigée par iui-mème, son concerto de piano en sol mineur et quel-
ques lieder à deux voix. Il exécutera, en oulre, diverses compositions de
Weber, Chopin et Liszt. On sait que M. Wieniaxvski est le plus ancien des
premiers prix obtenus à notre Conservatoire dans la classe de Marmontel
père.
— Don Quichotte, l'ingénieux gentilhomme de la Manche, tel est le titre d'une
« tragi-comédie musicale en trois actes, d'après Michel de Cervantes Saave-
dra », paroles de M. Georges Fuchs, musique de M. Antoine Beer-Walbrunn.
qui a été représentée pour la première fois, le 1"' janvier dernier, au théâtre
de la C'iur, à Munich. La soirée a été très brillante et les applaudissements
du public ont été de plus on plus nourris d'acte en acle. M. Félix Motil, « qui
sait donner vie et couleur à tout ce qu'il touche », a mis en relief avec éclat
toutes les qualités de l'ouvrage et en a assuré le succès. Le compositeur n'est
. ni un révolutionnaire musical, ni un novateur en matière de sonorités ; sa
mélodie est suffisamment personnetle, ingénieusement humoristique, mais se
laisse entraîner parfois jusqu'au comique frisant la charge et la caricature.
D'ailleurs, certaines pages ont paru tout à fait réussies, par exemp'e, au
deuxième acte, la scène des plaintes d'amour, le dialogue chanté entre Doro-
thée et Lucinde et les trois grands airs de Don Quichotte. On a remarqué une
réminiscence probablement voulue de la Faust-Symphonie de Liszt. Un des
morceaux les plus unanimement appréciés a été le choeur final par lequel se
termine la partition.Les principaux rôles ont été tenus par MM.Feinhals(Don
Quichotte), Siegliiz (Sancho Pança), Buysson (Fernando), Mjlies Burg-Zimmer-
mann (Dorothée), Tordek (Lucinde-Dulcinée), M"° Hoefer (Emérenlia) et
Brunner (Marcella). A la fin de la représentation, le librettiste et le composi-
teur ont été rappelés plusieurs fois sur la scène au milieu des acclamations.
— Un portrait inconnu jusqu'ici de Sébastien Bach. La revue « die
Musik » publie, sous la signature de M. Alfred Overmann, un article intéres-
sant que nous analysons succinctement. Le Musée municipal d'Erl'urt, y est il
dit, a fait récemment l'acquisition d'un portrait peint sur toile et remontant à
la première moitié du dix-huitième siècle. Au dos de ce portrait on lit l'ins-
cription suivante, tracée vraisemblablement à la même époque : « Joli. Sebast.
Bach, né le 21 mars 1685, à Eisemich ». La toile mesure 60 centimètres de
hauteur sur M de largeur ; elle reproduit l'image d'un homme d'environ
trente-cinq à quarante ans, ayant une physionomie très expressive encadrée
d'une perruque de dimension moyenne. Cet homme porte un vêtement gris-
bleu, laissant voir un gilet jaune ; il a le cou entouré d'un foulard de batiste,
dont les bouts enlacés tombent, sur la chemise finement plissée. Un manteau
rouge a glissé à demi de l'épaule gauche. Serait-ce là un portrait peint d'après
nature, ou même celui qu'on cherche en vain depuis si longtemps et que l'on avait
pris l'habitude de nommer « le portrait-de Bach d'Erfurt » parce que l'on a la
certitude qu'un élève de Bach, nommé Kittel, organiste à 1 Eglise des prédi-
d>î
mier soir, particulièrement goûtés. Et il est certain qu'aux auditions" siii-
. vantes bien des pages, savoureuses, attachantes, éloquentes en leurs moindres
indications, s'affirmeront comme elles le méritent. Fortunio a trouvé d'ail-
leurs à la Monnaie une interprétation homogène, excellente en la.plupart
de ses parties. Le rôle de Jacqueline a pour titulaire la très jolie Lilian Gren-
ville, dont la beauté captivante suffirait à nous faire comprendre • l'amour du
petit clerc de maître André et jalouser l'heureuse fortune du capitaine Glava-
roche. M. Morati est un Fortunio un peu ténébreux, mais il chanle à ravir la
mélodie des « Vieilles Maisons » et sa « Chanson » célèbre. M. Bourbon,
bourreau des coeurs, est un Clavaroche tout à fait « nature », et M. Decléry
ne fut jsmais artiste si bien disant, si consciencieux, si plein de bonne grâce
en son personnage de maître André, dont il sauve, peut-être avec excès, les
côtés ridicules. Tout le reste est parfaitement mis au point; la mise en scène
est charmante, et il nous faut surtout louanger l'orchestre de M. Dupuis, qui
a été absolument délicieux. — Au lendemain de celte « première », la Mon-
naie devait nous donner une reprise de la Valkyrie, avec M. Delmas, de
l'Opéra, engagé pour huit représentations. Un contretemps fâcheux, une in-
disposition subite de Mme Laffitte, à qui la direction avait cru devoir confier
le rôle de Sieglinde, a forcé celle-ci à retarder cette reprise de quelques jours
et à faire relâche, — ce qui est, à la Monnaie, un événement rare. Il faudra
chercher une Sieglinde ailleurs, et faire tout de même, enfin, ce par quoi on
aurait peut-être dû commencer. M. Delmas, outre le Wotan de la Valkyrie
chantera encore Hans Sachs des Maîtres Chanteurs et Méphisiophélès de Faust.
Il avait é'é question aussi de Thaïs; mais le temps a manqué pour remettre
l'oeuvre à la scène. On presse maintenant les études du Chemineau, du Méphis-
tophélès de Boïto et d'Orphée, qui composeront les prochains spectacles avec
les deux actes inédits de M. Jaques-Dalcroze, tes Jumeaux de Bergame. J'ou-
bliais de vous dire que nous avons eu, en attendant, cette semaiue, la pre-
mière d'un petit ballet de M. Léo Ponget, Au pays des Cigales, dont la
musique bien rythmée et sans prétentions, présentée dans un cadre de mise
en scène lumineuse et brillante, a été fort applaudie. L. S.
— M. Félix Weingartner, le nouveau directeur de l'Opéra de Vienne, a
été présenté le 3 janvier dernier par M. Horsetzky, remplaçant le grand cham-
bellan, au personnel artistique du théâtre. Il a exprimé en peu de mots le
sentiment de joie et de fierté qu'il éprouvait en se trouvant à la tète d'une
institution aussi importante que l'Opéra de la Cour et en se voyant au milieu
d'un cercle d'artisles aussi distingués. Il a indiqué qu'en toutes choses sa
devise serait « Vorwaerts » (En avant), ajoutant que ce mot devait être pris
dans son sens le plus noble et le plus élevé. Quant au programme adopté par
lui, M. Weingartner n'en a point parlé pendant cette présentation officielle.
— Le 2 janvier a eu lieu à l'Opéra de Vienne la première représentation
du nouvel ouvrage de M. CaiI_Gqldmark, te Conte d'hiver. Le succès a été
très grand. Le librettiste de M. GoldmàïK, son <( grillon du foyer », comme on
dit dans son entourage, a été M. A.-M. Willner; il a su s'approprier adroite-
ment le scénario de Shakespeare et en tirer une suite non interrompue de
situations intéressantes. Comme dans ses oeuvres précédentes, M. Goldmark
s'est montré très éclectique dans celle-ci. On y sent aussi bien l'influence de
Wagner que celle de Meyerbeer, de Verdi et des maîtres de l'école française
moderne. Daus les passages où les péripéties de l'action provoquent des mou-
vements dramatiques d'une certaine véhémence, le -compositeur a cherché à
ne point rester au-dessous de l'effet à produire en renforçant son orchestration
et en employant des harmonies modulantes avec plus de profusion qu'ail-
leurs. Le Conte d'hiver abonde en mélodies chantantes et en choeurs d'une
réelle beauté. On considère le prélude du premier acte comme un petit chef-
d'oeuvre d'instrumentation; celui du second acte présente des thèmes dans le
goût populaire et les développe en variations ingénieusement écrites. L'Opéra
de Vienne a confié l'interprétation à des artistes de premier ordre. Ce sont
Mnies KU1.Z (Perdita), von Mifdenburg (Hermione), Kittel (Pauline), MM. Sle-
zak (Leontes), Demuth (Polyxenes), etc.; tous ont fait de leur mieux ainsi
que les choeurs ; et l'orchestre, sous l'habile direction de M. Bruno Walter,
n'a rien laissé à désirer. Le compositeur, qui assistait à la représentation, a
été rappelé tumultueusement après le premier acte, mais l'ovation a été plus
unanime encore après le deuxième. Le troisième a moins plu ; le septuor
finat, Dieux, abaissez vos regards sur nous, ayant été supprimé, l'impression
d'ensemble a été compromise et l'on a dû songer à modifier dans fa forme le
dénouement de l'ouvrage.
— Ainsi que nous le disions samedi dernier, àl'occasion des fêtes du cente-
naire de la mort de Joseph Haydn (31 mai 1809), le conseil municipal de
Vienne a résolu de faire les démarches nécessaires pour obtenir l'autorisation
de transférer les restes mortels du maître au cimetière central de cette ville, à
côté de ceux de Schubert et de Beethoven. Dans une lettre adressée au prince
Nicolas Esterhazy, président du comité des fêtes, M. le docteur Lueger, maire
de Vienne, fait remarquer « qu'aucune disposition du testament de Haydn
ne peut être invoquée contre ce transport, car il est écrit dans ce testament,
qui est conservé aux archives du tribunal de première instance de Vienne,
que le corps du maître doit être enterré avec un convoi de première classe,
selon les usages de l'église catholique orthodoxe; mais rien absolument n'est
indiqué en ce qui concerne le lieu où le célèbre compositeur entendait avoir
sa sépulture ». La conclusion de M. Lueger est, par suite, que l'autorisation
devrait être accordée.
— D'autre part, nous lisons dans les Signale : « Le conseil municipal
de Vienne voudrait bien pouvoir rendre à cette ville les res'tes mortels de
Haydn qui ont été transportés il y a quatre-vingt-dix-sept ans à Eisenstadt,
en -Hongrie. Ne serait-ce pas bien le cas de rappeler l'inscription que
Shakespeare fît mettre sur sa tombe: « Maudit soit qui touche à mes
cendres ». On sait que Haydn mourut à Vienne en 1809 et y fut enterré,
ou du moins, comme nous l'avons dit récemment, à Gupendorf, qui était alors
un faubourg de cette capitale. Ce ne fut que onze ans après, en 1820, que ses
cendres furent transportées à Eisenstadt, où un tombeau lui fut érigé dans
l'église du Calvaire parce qu'il y avait exercé les fonctions de maître de chapelle
du prince Esterhazy.
— Le Petit Bleu, do Bruxelles, publiait ces jours derniers une dépècheainsi
conçue : « Los israélites riches de Berlin viennentde souscrire les fonds
nécessaires à l'érection d'une statue de bronze à la mémoire du célèbre
compositeur Mendelssohn. Elle sera placée devant le collège juif de Berlin.
Ce sera la première statue d'israélite qu'on aura jamais édifiée dans la capi-
tale prussienne ». Il y a là une erreur de fait et une erreur de conséquences.
La ville de Berlin ne sera pas ornée d'une statue d'israélite, attendu que,
comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire récemment, Mendelssohn,
issu de famille juive, n'était pas juif lui-même. Son aïeul, le célèbre philoso-
phe et écrivain Moses Mendelssohn, était israélite ; mais son père, le fameux
banquier Abraham Mendelssohn, avait abjuré la religion juive pour embras-
ser le luthérianisme. Mendelssohn était donc protestant, et la statue qu'on se
propose de lui élever à Berlin n'amènera aucune nouveauté au point de vue
du culte auquel il appartenait.
— A l'Opéra-Gomique de Berlin le si intelligent et si artistique directeur
M. Gregor va monter une Chauve-Souris complètement remaniée. Le livret,
aussi bien que la partition de cette opérette, ont subi, depuis la première
représentation qui a eu lieu à Vienne, de nombreuses coupures et retouches.
M. Gregor a chargé un écrivain berlinois connu de reviser le livret, en se
rapprochant le plus possible du texte du Réveillon, la pièce de Meilhac et
Halévy, auquel le livret a été... emprunté indirectement. Car c'est une pièce
allemande, Da% Gefoengriiss, tirée de la comédie de Meilhac et Halévy, qui avait
servi de base au premier librettiste de la Chauve-Souris. La première représen-
tation aura lieu prochainement.
— M. Joseph Wieniawski, l'excellent pianiste dont la carrière en Belgique
est depuis longtemps si brillante, doit donner prochainement à Berlin un
grand concert dans lequel il se produira tout ensemble comme virtuose, com-
positeur et chef d'orchestre. Le programme comprendra sa symphonie en ré
majeur, dirigée par iui-mème, son concerto de piano en sol mineur et quel-
ques lieder à deux voix. Il exécutera, en oulre, diverses compositions de
Weber, Chopin et Liszt. On sait que M. Wieniaxvski est le plus ancien des
premiers prix obtenus à notre Conservatoire dans la classe de Marmontel
père.
— Don Quichotte, l'ingénieux gentilhomme de la Manche, tel est le titre d'une
« tragi-comédie musicale en trois actes, d'après Michel de Cervantes Saave-
dra », paroles de M. Georges Fuchs, musique de M. Antoine Beer-Walbrunn.
qui a été représentée pour la première fois, le 1"' janvier dernier, au théâtre
de la C'iur, à Munich. La soirée a été très brillante et les applaudissements
du public ont été de plus on plus nourris d'acte en acle. M. Félix Motil, « qui
sait donner vie et couleur à tout ce qu'il touche », a mis en relief avec éclat
toutes les qualités de l'ouvrage et en a assuré le succès. Le compositeur n'est
. ni un révolutionnaire musical, ni un novateur en matière de sonorités ; sa
mélodie est suffisamment personnetle, ingénieusement humoristique, mais se
laisse entraîner parfois jusqu'au comique frisant la charge et la caricature.
D'ailleurs, certaines pages ont paru tout à fait réussies, par exemp'e, au
deuxième acte, la scène des plaintes d'amour, le dialogue chanté entre Doro-
thée et Lucinde et les trois grands airs de Don Quichotte. On a remarqué une
réminiscence probablement voulue de la Faust-Symphonie de Liszt. Un des
morceaux les plus unanimement appréciés a été le choeur final par lequel se
termine la partition.Les principaux rôles ont été tenus par MM.Feinhals(Don
Quichotte), Siegliiz (Sancho Pança), Buysson (Fernando), Mjlies Burg-Zimmer-
mann (Dorothée), Tordek (Lucinde-Dulcinée), M"° Hoefer (Emérenlia) et
Brunner (Marcella). A la fin de la représentation, le librettiste et le composi-
teur ont été rappelés plusieurs fois sur la scène au milieu des acclamations.
— Un portrait inconnu jusqu'ici de Sébastien Bach. La revue « die
Musik » publie, sous la signature de M. Alfred Overmann, un article intéres-
sant que nous analysons succinctement. Le Musée municipal d'Erl'urt, y est il
dit, a fait récemment l'acquisition d'un portrait peint sur toile et remontant à
la première moitié du dix-huitième siècle. Au dos de ce portrait on lit l'ins-
cription suivante, tracée vraisemblablement à la même époque : « Joli. Sebast.
Bach, né le 21 mars 1685, à Eisemich ». La toile mesure 60 centimètres de
hauteur sur M de largeur ; elle reproduit l'image d'un homme d'environ
trente-cinq à quarante ans, ayant une physionomie très expressive encadrée
d'une perruque de dimension moyenne. Cet homme porte un vêtement gris-
bleu, laissant voir un gilet jaune ; il a le cou entouré d'un foulard de batiste,
dont les bouts enlacés tombent, sur la chemise finement plissée. Un manteau
rouge a glissé à demi de l'épaule gauche. Serait-ce là un portrait peint d'après
nature, ou même celui qu'on cherche en vain depuis si longtemps et que l'on avait
pris l'habitude de nommer « le portrait-de Bach d'Erfurt » parce que l'on a la
certitude qu'un élève de Bach, nommé Kittel, organiste à 1 Eglise des prédi-
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