Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1899-07-16
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 16 juillet 1899 16 juillet 1899
Description : 1899/07/16 (A65,N29)-1899/07/22. 1899/07/16 (A65,N29)-1899/07/22.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5615538f
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
232
LE MÉNESTJtEL
d'une représentation de gala du Chalet au château royal, par ordre de la reine.
Constatons maintenant que l'oeuvre a été vivement applaudie à Govent-Garden
et que la presse londonienne lui fait fête. Le Times dit que la reprise d'une
couvre aussi délicieuse est une aubaine inattendue (an unexpected boon), pour
laquelle les musiciens et les amateurs de l'opéra classique seront reconnais-
sants, et que le succès ne peut pas manquer de convaincre', même les amateurs
d'une intelligence limitée, que les oeuvres françaises de la bonne école ont
été trop longtemps négligées à Londres. Le Chalet a naturellement été joué
en français avec.la distribution de Windsor. M. Flon a fort bien dirigé cette
représentation. Allons, nous verrons encore de belles soirées pour notre vieil
opéra-comique et, un jour, on ne se gênera plus, place Favart, pour célébrer
« le Champagne et l'amour », comme on chante dans le Pré aux Clercs. Le philtre
qu'Yseult verse à Tristan et leur amour criminel sont plus compliqués sans
doute et d'une venue plus laborieuse que le vin et l'amour chers à l'opéra-co-
mique: mais il ne faut pas leur demander l'agrément qui est. en effet, émi-
nemment national. Richard Wagner a d'ailleurs proclamé lui-même, dans les
Maîtres-Chanteurs de Nuremberg, que tout pays "doit honorer ses maîtres. Pro-
fitons de cette leçon et honorons les maîtres français autant qu'on les honore
à l'étranger. .■-.-..
— On a publié ces jours derniers la liste, d'ailleurs incomplète (il y man-
que trois noms, ceux de MM, Pierné, Bachelet et Bùsser), des premiers
grands prix de composition musicale, dits prix de Rome, depuis 1870, c'est-
à-dire pour un espace de trente années.
Voici cette liste rectifiée:
1870. — Henri Maréchal.
Charles Lefebvre.
1871. — Gaston Serpette.
1872. — Gaston Salvayre.
1873. — Paul Puget.
1874. — Léon Ehrârt.
1875* — André Wormser.
1876. — Paul Hillemacher.
1877. — Pas de 4a~ prix.
1878. — Clément Broutm.
1879. — Georges Hûe.
1880. — Lucien Hillemacher.
1881. — Pas de ia* prix.
1882. — Georges Marty.
Gabriel Pierné.
1883. — Paul Vidal.
1884. — Claude Debussy.
1885. — Xavier Leroux.
1886. — Augustin Savard.
1887. — Gustave Charpentier.
1888. — Camille Erlanger.
1889. — Pas de
1890. — Gaston Carraud.
Alfred Bachelet.
1891. —Charles Silver.
1892. — Pas de 4a prix.
1893. — André Bloch.
Henri Bûsser.
1894. -- Henri Rabaud.
1895. i- Pierre Letorey.
1896. — Jules Mouquet.
1897. — Max d'Ollone.
1898. — Pas de 4m prix.
1899. — Charles Levadé.
Edmond Malherbe.
Cette liste appelle quelques réflexions. Les règlements du concours de
Rome assurent ou devraient assurer, nous semble-t-il, certains avantages à
ceux qui en sortent vainqueurs. L'un de ces avantages, et certainement le
. plus précieux, consiste dans le droit de faire représenter un ouvrage sur une
des scènes lyriques subventionnées par l'Etat. Or, sur les trente artistes dont
on vient de lire les noms, comhien ont été à même de jouir de cet avantage?
Deux d'entre eux sont morts : Ebrart et Broùtin. Sur les^vingt-huit restants,
nous en trouvons tout juste huit qui ont réussi, Dieu sait après quels efforts
et quelles difficultés, à se faire jouer soit à l'Opéra, soit à l'Opéra-Comique,
parfois après vingt-cinq ans d'attente, comme M. Charles Lefebvre. Ces huit
sont, avec M. Lefebvre, MM. Maréchal, Salvayre, Puget, Wormser, Vidal,
Erlanger et Bûsser. Des autres, quelques-uns se sont produits sur des scènes
libres, comme MM. Serpette, Marty, Pierné ; deux, MM. Hillemacher, ont dû,
oour se faire jouer, aller jusqu'à Bruxelles et à Carlsruhe. Il en reste quinze
qui n'ont pu jusqu'ici se mettre en contact avec le public. Nos peintres, et
nos sculpteurs, lorsqu'ils reviennent de Rome, sont autrement favorisés.
L'administration des beaux-arts leur fait des commandes, ils ont le: salon
pour se produire, et dès qu'ils y obtiennent la moindre médaille on leur
accroche à la boutonnière un ruban rouge qui, outre la valeur morale de la
récompense, double le prix vénal de leurs productions. Nos musiciens, l'ad-
ministration s'en soucie bien! Ils peuvent devenir ce qu'ils voudront. On
leur jette parfois un os à ronger, sous la forme d'un acte de ballet ou de
deux actes d'opéra que le théâtre désigné joue une dizaine de fois — pas
toujours ! — et pour eux tout est fini. « Ah ! le bel état que celui de soldat ! »
dit le George Brown de la Dame blanche. Les musiciens français, et particu-
lièrement les prix de Rome, n'en sauraient assurément dire autant" du
leur.
— On parle déjà de ce qui se fera, en l'an 1901, au théâtre antique
d'Orange. Dans sa dernière séance, la commission officielle dont nous avons
donné là composition a émis le voeu que M. Gailhard prépare dès à présent
le programme d'un spectacle composé d'une oeuvre lyrique. La commission
a laissé à M. Gailhard le soin de choisir lui-même le poète et le musicien
dont l'oeuvre sera montée.
— M. Mussay, qui abandonna récemment la direction du Palais-Royal, va,
dit-on, prendre celle des Folies-Dramatiques pour laquelle il s'associerait
avec M. Peyrieux. Les nouveaux directeurs renonceraient complètement à
l'opérette pour s'adonner au vaudeville.
— On annonce pour leslfi et 23 juillet, à Bordeaux, le Couronnement i
Muse de M. Gustave Charpentier, qui dirigera lui-même son oeuvre im '"
tante. C'est M. Gabriel-Marie, le distingué chef d'orchestre des concerto
pulaires, qui s'est chargé de l'organisation musicale. Les fêtes comprend/ "
l'élection de la Muse par les ouvrières bordelaises, un cortège des cornn
tions 'et enfin le couronnement, dont, la partition sera exécutée par toit
les musiques et toutes les sociétés chorales dé. la ville.' L'Opéra a rn'om'
d'enyoyer douze danseuses pour figurer dans la'partie chorégraphique' 0
élèvera un grand théâtre à ciel ouvert sur la place des ,'Quinconcés, au ni 1
du monument des Girondins. La municipalité a voté'une subvention il
cinq mille francs à la condition que la fête ait lieu au profit de l'offlce central
de la charité bordelaise. ' '-■'
— Avant de se rendre à Bordeaux M. Gustave Charpentier, dont- Fardent
désir est de voir se répandre son idée par toute la France, ira, à la Un derc
mois de juillet, présider à la même cérémonie populaire du Couronnement de
la Muse au Mans. Les fêtes sont fixées au 30 juillet, à l'occasion du cente-
naire delà musique municipale. Plus de cent jeunes-filles étaient inscrites
pour l'élection de la Muse, qui a eu lieu vendredi dernier. Le cortèee
des corporations, qui figureront toutes aux fêtes de la Muse et du centenaire
en costumes de l'époque, sera splendide; il comprendra plus de neuf cents
personnes et de nombreux chars artistiques. On .dit que jamais Le Mans
n'aura encore vu fêtes aussi riches.
— SamedL 1er juillet a eu lieu, dans la chapelle du pensionnat des dames
de la Croix de Soissons, l'expertise et la réception d'un nouvel orgue construit
par la maison Merklin etCie de Paris. La commission de réception était com-
posée de MM. le chanoine Cardon, vicaire général, le chanoine Ply, curé de
St-Martin, à Laon, le chanoine Geispitz, maître de chapelle de N.-D. de Paris
MM. le comte de Briequeville, Ogé, organiste de là cathédrale, et Hestret
maître de chapelle. Cet orgue de deux claviers à mains et clavier de pédales
est muni du système pneumatique tubulaire breveté de la maison Merklin
qui donne une grande précision de fonctionnement et une grande facilité
d'exécution. M. de Briequeville et M. Ogé ont fait entendre et apprécier la
magnifique sonorité de ce nouvel instrument, en exécutant avec talent
divers morceaux qui permirent d'apprécier la variété de timbre et la beauté
de la sonorité. Toutes les personnes présentes ont surtout admiré la virtuosité
de M. de Briequeville, aussi bien comme exécutant que comme improvisateur
et comme, pédaliste.
— SOIRÉES ET CONCERTS.— MM. G; et J. Baume, les renommés professeurs de.Toulon
viennent de donner leur dernière audition annuelle qui leur a valu, comme toujours,
très grand succès. On a surtout applaudi, parmi les élèves, M 11" Salun-Penqûer (Romance
de Mignon, A. Thomas-Trojelli), Ambiel {Pizzicali de Sylvia, Delibes), de Jonquièrcs
{Air à danser, Pugno), Bonduel {Menuet de Manon, Massénèt), Laure [Berceuse, Mar-
montèl), Colonna {Valse interrompue, NVàchs), Stôpler {Valse posthume, Chopin), Bernard
{Ninette, valse, Reynaldo Hahn), André (Le Lélhé, Théodore Dubois), G. Naudin {Gaklhea,
Théodore Dubois), Bburjaillat {Méditation de Thaïs, Massenet) et Duluc {Les Abeilles,
Théodore Dubois). — Chez M»e Muraour-Lepetit intéressante audition d'élèves au.cours
de laquelle on a remarqué M. Ed. G. {Conle joyeux, P. "Wachs), M,le» J. M. {Colombim,
Delahaye), J. B. {Source capricieuse, Filliaux-Tiger), A. {Noël païen, Massenet et Pluieen
mer, Filliaux-Tiger), M. D. et J. C. {Romance de Conte d'Avril, h 2 pianos, Widor), L.P.
{Scènes hongroises,' à 2 pianos,.-.Massenet), M, D. {Danse- russe, Armingaud-Filliaux-
Tiger, etc.
NÉCROLOGIE
Nous avons le regret d'annoncer la mort d'un excellent artiste, Eugène-
Ernest Altès, ancien chef d'orchestre de l'Opéra, qui a succombé samedi
dernier à une longue maladie dans sa propriété de Saint-Dyé, près Blois.
Altès, qui était né à Paris le 28 mars 1830, avait fait d'excellentes études au
Conservatoire, où il était élève d'Habeneck pour le violon, de Bazin pour
l'harmonie et de Carafa pour la composition. Il avait obtenu un second prix
de violon en 1847, le premier prix l'année suivante, et un s econd prix d'har-
monie en 1849. Dès cette époque il faisait partie de l'orchestre de l'Opéra,
dont il devint le second chef en 1873 et le premier en 1878. Il prit sa retraite
en 1887. Il fut aussi second chef d'orchestre delà Société des concerts du
Conservatoire. Comme compositeur,. Altès a publié seulement quelques fan-
taisies de violon et un quatuor pour instruments, à cordes. Il était vice-pré-
sident de la Société des compositeurs.
— De Parme, on annonce la mort d'un jeune élève violoncelliste du Con-
servatoire, nommé Mario Rognoni, qu'une atteinte de fièvre typhoïde avait
empêché de prendre part aux exercices de fin d'année. Le pauvre enfant a
été victime de l'erreur stupide d'un pharmacien, qui lui administra une forte
dose de poison au lieu d'un calmant ordonné par le médecin.
HENRI HEUGEL, gérant-directeur.
SALLE POUR COURS, MATINÉES, SOIRÉES, (180 PLACES).
Location au mois et à la séance. Maison musicale, 33, rue des Petits-Champs.
On demande à l'Opéra, pour la Prise de Troie, des voix d'enfants, garçons,
soprano et alto. S'adresser pour l'inscription à M. Colleuille.
IMPRIMERIE CENTRALE DES CHEMINS DE TESi — IMPRIMERIE CHAIX, RUE BERGÈRE, 20, PARIS. — C*U» loiffleu).
LE MÉNESTJtEL
d'une représentation de gala du Chalet au château royal, par ordre de la reine.
Constatons maintenant que l'oeuvre a été vivement applaudie à Govent-Garden
et que la presse londonienne lui fait fête. Le Times dit que la reprise d'une
couvre aussi délicieuse est une aubaine inattendue (an unexpected boon), pour
laquelle les musiciens et les amateurs de l'opéra classique seront reconnais-
sants, et que le succès ne peut pas manquer de convaincre', même les amateurs
d'une intelligence limitée, que les oeuvres françaises de la bonne école ont
été trop longtemps négligées à Londres. Le Chalet a naturellement été joué
en français avec.la distribution de Windsor. M. Flon a fort bien dirigé cette
représentation. Allons, nous verrons encore de belles soirées pour notre vieil
opéra-comique et, un jour, on ne se gênera plus, place Favart, pour célébrer
« le Champagne et l'amour », comme on chante dans le Pré aux Clercs. Le philtre
qu'Yseult verse à Tristan et leur amour criminel sont plus compliqués sans
doute et d'une venue plus laborieuse que le vin et l'amour chers à l'opéra-co-
mique: mais il ne faut pas leur demander l'agrément qui est. en effet, émi-
nemment national. Richard Wagner a d'ailleurs proclamé lui-même, dans les
Maîtres-Chanteurs de Nuremberg, que tout pays "doit honorer ses maîtres. Pro-
fitons de cette leçon et honorons les maîtres français autant qu'on les honore
à l'étranger. .■-.-..
— On a publié ces jours derniers la liste, d'ailleurs incomplète (il y man-
que trois noms, ceux de MM, Pierné, Bachelet et Bùsser), des premiers
grands prix de composition musicale, dits prix de Rome, depuis 1870, c'est-
à-dire pour un espace de trente années.
Voici cette liste rectifiée:
1870. — Henri Maréchal.
Charles Lefebvre.
1871. — Gaston Serpette.
1872. — Gaston Salvayre.
1873. — Paul Puget.
1874. — Léon Ehrârt.
1875* — André Wormser.
1876. — Paul Hillemacher.
1877. — Pas de 4a~ prix.
1878. — Clément Broutm.
1879. — Georges Hûe.
1880. — Lucien Hillemacher.
1881. — Pas de ia* prix.
1882. — Georges Marty.
Gabriel Pierné.
1883. — Paul Vidal.
1884. — Claude Debussy.
1885. — Xavier Leroux.
1886. — Augustin Savard.
1887. — Gustave Charpentier.
1888. — Camille Erlanger.
1889. — Pas de
1890. — Gaston Carraud.
Alfred Bachelet.
1891. —Charles Silver.
1892. — Pas de 4a prix.
1893. — André Bloch.
Henri Bûsser.
1894. -- Henri Rabaud.
1895. i- Pierre Letorey.
1896. — Jules Mouquet.
1897. — Max d'Ollone.
1898. — Pas de 4m prix.
1899. — Charles Levadé.
Edmond Malherbe.
Cette liste appelle quelques réflexions. Les règlements du concours de
Rome assurent ou devraient assurer, nous semble-t-il, certains avantages à
ceux qui en sortent vainqueurs. L'un de ces avantages, et certainement le
. plus précieux, consiste dans le droit de faire représenter un ouvrage sur une
des scènes lyriques subventionnées par l'Etat. Or, sur les trente artistes dont
on vient de lire les noms, comhien ont été à même de jouir de cet avantage?
Deux d'entre eux sont morts : Ebrart et Broùtin. Sur les^vingt-huit restants,
nous en trouvons tout juste huit qui ont réussi, Dieu sait après quels efforts
et quelles difficultés, à se faire jouer soit à l'Opéra, soit à l'Opéra-Comique,
parfois après vingt-cinq ans d'attente, comme M. Charles Lefebvre. Ces huit
sont, avec M. Lefebvre, MM. Maréchal, Salvayre, Puget, Wormser, Vidal,
Erlanger et Bûsser. Des autres, quelques-uns se sont produits sur des scènes
libres, comme MM. Serpette, Marty, Pierné ; deux, MM. Hillemacher, ont dû,
oour se faire jouer, aller jusqu'à Bruxelles et à Carlsruhe. Il en reste quinze
qui n'ont pu jusqu'ici se mettre en contact avec le public. Nos peintres, et
nos sculpteurs, lorsqu'ils reviennent de Rome, sont autrement favorisés.
L'administration des beaux-arts leur fait des commandes, ils ont le: salon
pour se produire, et dès qu'ils y obtiennent la moindre médaille on leur
accroche à la boutonnière un ruban rouge qui, outre la valeur morale de la
récompense, double le prix vénal de leurs productions. Nos musiciens, l'ad-
ministration s'en soucie bien! Ils peuvent devenir ce qu'ils voudront. On
leur jette parfois un os à ronger, sous la forme d'un acte de ballet ou de
deux actes d'opéra que le théâtre désigné joue une dizaine de fois — pas
toujours ! — et pour eux tout est fini. « Ah ! le bel état que celui de soldat ! »
dit le George Brown de la Dame blanche. Les musiciens français, et particu-
lièrement les prix de Rome, n'en sauraient assurément dire autant" du
leur.
— On parle déjà de ce qui se fera, en l'an 1901, au théâtre antique
d'Orange. Dans sa dernière séance, la commission officielle dont nous avons
donné là composition a émis le voeu que M. Gailhard prépare dès à présent
le programme d'un spectacle composé d'une oeuvre lyrique. La commission
a laissé à M. Gailhard le soin de choisir lui-même le poète et le musicien
dont l'oeuvre sera montée.
— M. Mussay, qui abandonna récemment la direction du Palais-Royal, va,
dit-on, prendre celle des Folies-Dramatiques pour laquelle il s'associerait
avec M. Peyrieux. Les nouveaux directeurs renonceraient complètement à
l'opérette pour s'adonner au vaudeville.
— On annonce pour leslfi et 23 juillet, à Bordeaux, le Couronnement i
Muse de M. Gustave Charpentier, qui dirigera lui-même son oeuvre im '"
tante. C'est M. Gabriel-Marie, le distingué chef d'orchestre des concerto
pulaires, qui s'est chargé de l'organisation musicale. Les fêtes comprend/ "
l'élection de la Muse par les ouvrières bordelaises, un cortège des cornn
tions 'et enfin le couronnement, dont, la partition sera exécutée par toit
les musiques et toutes les sociétés chorales dé. la ville.' L'Opéra a rn'om'
d'enyoyer douze danseuses pour figurer dans la'partie chorégraphique' 0
élèvera un grand théâtre à ciel ouvert sur la place des ,'Quinconcés, au ni 1
du monument des Girondins. La municipalité a voté'une subvention il
cinq mille francs à la condition que la fête ait lieu au profit de l'offlce central
de la charité bordelaise. ' '-■'
— Avant de se rendre à Bordeaux M. Gustave Charpentier, dont- Fardent
désir est de voir se répandre son idée par toute la France, ira, à la Un derc
mois de juillet, présider à la même cérémonie populaire du Couronnement de
la Muse au Mans. Les fêtes sont fixées au 30 juillet, à l'occasion du cente-
naire delà musique municipale. Plus de cent jeunes-filles étaient inscrites
pour l'élection de la Muse, qui a eu lieu vendredi dernier. Le cortèee
des corporations, qui figureront toutes aux fêtes de la Muse et du centenaire
en costumes de l'époque, sera splendide; il comprendra plus de neuf cents
personnes et de nombreux chars artistiques. On .dit que jamais Le Mans
n'aura encore vu fêtes aussi riches.
— SamedL 1er juillet a eu lieu, dans la chapelle du pensionnat des dames
de la Croix de Soissons, l'expertise et la réception d'un nouvel orgue construit
par la maison Merklin etCie de Paris. La commission de réception était com-
posée de MM. le chanoine Cardon, vicaire général, le chanoine Ply, curé de
St-Martin, à Laon, le chanoine Geispitz, maître de chapelle de N.-D. de Paris
MM. le comte de Briequeville, Ogé, organiste de là cathédrale, et Hestret
maître de chapelle. Cet orgue de deux claviers à mains et clavier de pédales
est muni du système pneumatique tubulaire breveté de la maison Merklin
qui donne une grande précision de fonctionnement et une grande facilité
d'exécution. M. de Briequeville et M. Ogé ont fait entendre et apprécier la
magnifique sonorité de ce nouvel instrument, en exécutant avec talent
divers morceaux qui permirent d'apprécier la variété de timbre et la beauté
de la sonorité. Toutes les personnes présentes ont surtout admiré la virtuosité
de M. de Briequeville, aussi bien comme exécutant que comme improvisateur
et comme, pédaliste.
— SOIRÉES ET CONCERTS.— MM. G; et J. Baume, les renommés professeurs de.Toulon
viennent de donner leur dernière audition annuelle qui leur a valu, comme toujours,
très grand succès. On a surtout applaudi, parmi les élèves, M 11" Salun-Penqûer (Romance
de Mignon, A. Thomas-Trojelli), Ambiel {Pizzicali de Sylvia, Delibes), de Jonquièrcs
{Air à danser, Pugno), Bonduel {Menuet de Manon, Massénèt), Laure [Berceuse, Mar-
montèl), Colonna {Valse interrompue, NVàchs), Stôpler {Valse posthume, Chopin), Bernard
{Ninette, valse, Reynaldo Hahn), André (Le Lélhé, Théodore Dubois), G. Naudin {Gaklhea,
Théodore Dubois), Bburjaillat {Méditation de Thaïs, Massenet) et Duluc {Les Abeilles,
Théodore Dubois). — Chez M»e Muraour-Lepetit intéressante audition d'élèves au.cours
de laquelle on a remarqué M. Ed. G. {Conle joyeux, P. "Wachs), M,le» J. M. {Colombim,
Delahaye), J. B. {Source capricieuse, Filliaux-Tiger), A. {Noël païen, Massenet et Pluieen
mer, Filliaux-Tiger), M. D. et J. C. {Romance de Conte d'Avril, h 2 pianos, Widor), L.P.
{Scènes hongroises,' à 2 pianos,.-.Massenet), M, D. {Danse- russe, Armingaud-Filliaux-
Tiger, etc.
NÉCROLOGIE
Nous avons le regret d'annoncer la mort d'un excellent artiste, Eugène-
Ernest Altès, ancien chef d'orchestre de l'Opéra, qui a succombé samedi
dernier à une longue maladie dans sa propriété de Saint-Dyé, près Blois.
Altès, qui était né à Paris le 28 mars 1830, avait fait d'excellentes études au
Conservatoire, où il était élève d'Habeneck pour le violon, de Bazin pour
l'harmonie et de Carafa pour la composition. Il avait obtenu un second prix
de violon en 1847, le premier prix l'année suivante, et un s econd prix d'har-
monie en 1849. Dès cette époque il faisait partie de l'orchestre de l'Opéra,
dont il devint le second chef en 1873 et le premier en 1878. Il prit sa retraite
en 1887. Il fut aussi second chef d'orchestre delà Société des concerts du
Conservatoire. Comme compositeur,. Altès a publié seulement quelques fan-
taisies de violon et un quatuor pour instruments, à cordes. Il était vice-pré-
sident de la Société des compositeurs.
— De Parme, on annonce la mort d'un jeune élève violoncelliste du Con-
servatoire, nommé Mario Rognoni, qu'une atteinte de fièvre typhoïde avait
empêché de prendre part aux exercices de fin d'année. Le pauvre enfant a
été victime de l'erreur stupide d'un pharmacien, qui lui administra une forte
dose de poison au lieu d'un calmant ordonné par le médecin.
HENRI HEUGEL, gérant-directeur.
SALLE POUR COURS, MATINÉES, SOIRÉES, (180 PLACES).
Location au mois et à la séance. Maison musicale, 33, rue des Petits-Champs.
On demande à l'Opéra, pour la Prise de Troie, des voix d'enfants, garçons,
soprano et alto. S'adresser pour l'inscription à M. Colleuille.
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