Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir
Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)
Date d'édition : 1902-10-12
Contributeur : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication
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Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 12 octobre 1902 12 octobre 1902
Description : 1902/10/12 (Numéro 9480). 1902/10/12 (Numéro 9480).
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Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/05/2008
2
Le Petit Parisien
TARIS, OCTOBRE
place, dix autres personnes vinrent grossir
la colonne. Ces derniers ignorant l'incident
qui vcnait de se produire crurent à une arres-
tation en masse eW voulurent dégager les pré-
tendus prisonniers.
Un certain tumulte se produit. Des cris s'é-
lèvent « On arrête des victimes A bas les
assassins
Cependant on arrive à la gendarmerie où
les témoins sont introduits. Les derniers
manifestants veulent entrer aussi mais les
gendarmes Vignon et Breuil s'y opposent.
Comme ces derniers fermaient le portai},
une pierre lancée de la rue atteignit le gen-
darme Vignon, qui tomba sur le sol de la
cour de Ja gendarmerie.
Au même, moment, le gendarme Breuil
recevait un coup de poing C'est alors que
croyant son camarade mort, il perdit la tête
et, tirant son revolver, il le déchargea sur
le groupe. Une balle traversa la poitrine de
Jacques Colombet et tua net derrière lui
son frère. Un cri d'épouvanté s'élève de la
foule qui se rue à l'assaut de la gendarme-
rie.
C'est seulement à deux heures et demie
du matin qu'un homme réussit il sortir de
la caserne pour venir demander du secours
& Saint-Etienne.
Quarante gendarmes ne tardèrent pas il
arriver, en même temps que MM. Mascle,
préfet de la Loire, et Mallein, procureur de
la République, qui, séparément, commencè-
rent. aussitôt une enquête dont les résultats
sont conformes à ce que nous relatons ci-
des.su s.
Le préfet et le procureur de la République
se rendirent ensuite chez la veuve de Colom-
bet. Ce! ie-ci reste avec trois enfants, dont l'un
n'a que six mois.
M. Mascle et le procureur exprimèrent il
la malheureuse femme ieurs condoléances.
M. ltascle a laissé 100 francs au maire il son
intention.
UNE DOUBLE ARRESTATION
Le gendarme Breuil a été conduit entre
quatre gendarmes à cheval il Saint-Etienne,
hué par la foule qui l'injuriait, malgré les
invitations réitérées de M. Mascle l'exhortant
au calme. Tous les poings se levaient vers
Breuil. consterné.
Deux heures après, le chauffeur Pouchot,
cause initiale de ce drame, était arrêté à
son tour.
La double arrestation de Breuil et de Pou-
chot a enlnié comme par enchantement la
surexcitation de la foule.
Dernier détail la justice civile réclame
l'instruction, de l'affaire Breuil, connexe il 1
celle de Pouchot.
(DE NOTRE ENVOYÉ spécial)
Lens, 11 octobre.
Le coup droit porté par la fédération du
Nord et du Pas-de-Calais a été iort bien atc-
cueilli ici et l'on en augure les meilleurs ré-
sultats. La réunion d'hier soir l'a prouvé, et
celle que vient de tenir à Hénin-Lietard, ce
matin, M. Basly vient encore appui de la
tactique nouvelle.
Le comité national n'ignoi-mt non de ce
qui vient de se produire et. déjà, ors du ré-
cent congrès de Comment iv, ce suje! aviit
été éffleuré et M. Beugnet avait, Ù plusieurs j
reprises, fait des déclarations is"ii -ionien- j
ses à cet égard.
La situation générale, dans le dl!
Pas-de-Calais, est excellente, ou ne >igna:e
aucun incident.
Cette nuit aux abords des fosses i. et 12,
de Lens, ainsi qu'à Bruay et il Nœu\\ quel-
ques patrouilles de grévistes ont été disper-
sées par la gendarmerie.
Les manifestants sont, en majeure partie,
des galibots ou de jeunes herscheurs qui s'a-
musent il jouer il: 1'( révolutionnaires. Leurs
intention >ps que qi-fl-ques
industri'
tout juste ."̃! iv-ctm-nes né-
\<> hiccwants de
ry.û c a tin de protéger les
proprié' usines. En somme, il n'y a
rien à sérieux, et je me dispose à
partir t- :e pour Anzin, où la situa-
tion est:, ir-,i pins tendue, paraît-il, en
raison de l'opp- -siiioa faite aux r:\iets de
M. Bas)y et de ses amis.
IDE NOS COlirtESPOXLiA.VrS PARTlCULlEliSi
Dans le Pas-de-Calais
Béthune, 11 octobre.
Concessiors minières de Nœux, Biujy, Mar-
les et Ferfay.
Le bn.iit y avait couru hier que les grévis-
tes devaient se rendre en masse cette nuit à
Berg nettes pour empêcher les ouvriers des
aciéries de France d'entrer à l'usine. Deux
pelotons d." u-s.sards et des gendarmes ont
été P.éihune, mais ceite précau-
tion a é'ré inutile. Aucun gréviste n'a été
aperçu dans le pays.
Dans le Nord
Valericieniies. 11 octobre.
On a compté, ce matin, 2,155 grévistes de
plus qu'hier aux mines d'Anzin et un millier j
dans les autres concessions.
Voici pour chaque compagnie quelle est
la situation par fosse:
('nnipayide d'Anzin. Fosses Thi^rs,
53o manquants sur 651 ouvriers ta Grange,
688 sur Cuvinot, 616 sur Saint-
Lonis-Bleuse-Bornê, 442 sur 568 du Temple,
2:If; sur Herin.' WS sur 5H7 Enclos, 421 j
sur i:î6 Renard, sur Rlignières, KO
su:1 (>15 Rceulx, 172 sur 50. Saint-Mark,
3GC sur ïti Casimir-Perier, 2ii- sur 35S Ha-
velu`, :J69 sur Lambrechl, sur (il;)
Autliffret-Pasquier. 379 sur 539; Vieux-Condé,
sur Arnaury. 266 sur 27S Chabaud-
la-Tour, f>77 sur 788: d'Arembcrg, 1(X) sur
Si,, puisque je sais, heureuse de votre
bonl eur et du mien
Héiène se fût rendue malnde si elle avait
quitté brusquement ses habitudes de vie ac-
tive. La marquise y veillait. Da reste, urn peu
de calme revint, dans cette fièvre des prépa-
ratifs. Jean Moitlaubry avait dû repartir pour
ses affaires et il ne 'reviendrait que quatre
ou cinq jours avant ia ce, émor.ie. Après de
la pluie froide,et des brouillards, le temps se
remit au beau. Le soleil brillait, comme un
dernier souvenir de l'été. Rodolphe, après
déjeuner, sortit avec deux chiens courants
pour tuer un lièvre dans les bois de Fon-
taine.
Hélène lui dit:
Tâche de revenir par le sentier de la
Loue. J'irai ta rencontre.
Je tacherai, mais je ne te promets pas.
La chasse peut me conduire loin.
Alors, ne t'inquiète pas de moi. j'ai
les jambes tout engourdies. je sortirai quand
même.
Vers trois heures elle s'en alla.
On dit que, souvent, le cœur est inquiet,
d'instinct, il la veille des catastrophes.
Hélène s'en alla, souriant ses yeux brit-
Inient elle s'abandonnait à sa joie insou-
ciante, devant sa jeunesse, devant le ciel pur
de l'avenir, devant la vie qui ouvrait, large-
ment. ses portes aux rèves bleus.
Elle allait Il mort.
Il était trois heures quand 'elle partit. A
cette époqrte, vers quatre heures, fe jour
tnmbe. A cinq heures, il fait nuit. Vers cinq
heures, Rodolphe ie\int. tout animé par la
chasse.
Et Hélène ? s'infnrma-t-ii il la mar-
quise.
Ne l'avez vous pas rencontrée ? dit-elle
avec nn soubresaut.
Par où êtes-vous revenu
Ledoax, 23 sur soit 8,338 man-
quants pour 2,283 non grévistes.
Compagnie de Vicoig,ne. 138 manquants
sur 413 ouvriers.
Compagnie de Thivencelles. 632 mineurs,
chômage complet.
Compagnie de Crespin. 154 manquants
sur ouvriers.
Compagnie iTHaveluy. 26 manquants
sur 172 ouvriers.
Compagnie de Douchy. Fosses Saint-
Mathieu, 115 manquants sur 288 Eclaireurs,
f>5 sur '183; Naville, 283 sur 3SG; Douchy,
402 sur 433.
Douai, 11 octobre.
Voici le chiffre des grévistes dans la ré-
gion
Esearpelle, 2,129 sur 2,232; Aniche, 2,201
sur Azincourt, 525 sur 550 Flines,
466 sur 677.
Dans la Loire
L'ÉMOTION A SAINT-ETIENNE
Saint-Etienne, 11 octobre.
Une réunion a eu lieu un peu avant midi
il la Bourse du travail sous la présidence
de M. Vuillemet.
MM. Escalier et Beauregard ont annoncé
aux assistants la triste nouvelle du drame
de Terrenoire qui a soulevé une profonde
émotion.
En guise de représailles ils ont proposé
d'inviter tous les syndicats de toutes les
corporations il adhérer à la grève générale.
Cette proposition a été adoptée à l'unani-
mité.
A LA RICAMARIE
Le bruit avait couru que de graves inci-
dents s'étaient également produits à la Rica-
marie. Il n'en est heureusement rien.
Quelques bandes de mineurs, égayés par
la paie, ont simplement parcouru la com-
mune en chantant des couplets révolution-
naires.
Il est vrai que ce matin une forte colonne
s'étaient rendue au lieu dit le Brûlé » pour
faire évacuer divers chantiers, mais la di-
rection, prévenue, avait d'elle-même ren-
voyé tout son personnel.
En Saône-et-Loire
Chalon-sur-Saône, 11 octobre.
Tout le bassin houiher de Saône-et-Loire,
comprenant Montceau-les-Mines, Saint-Val-
lier, Blanzy, Montchanin, Perrecy, les forges
Saint-Berain-sur-d'Feune, le Creusot et les
petites mines de schistes du Morvan, est
garni de troupes de cavalerie et d'infanterie
bien que la grève générale n'ait pas encore
été décrétée clans lous ces centres.
Partout le trasail suit son cours: pas le
moindre petit incident à signaler.
A MONTCEAU
Montceau-les-Mines, 11 octobre.
Le calme continue. On ne signale aucune
absente à la descente de quatre heures du
matin.
Les bâtiments de la direction sont occupés
militairement et toutes les troupes sont con-
signées sévèrement depuis ce matin.
Dn attend avec impatience les décisions
qui seront prises au cours des deux réunions
gém'vales qui se tiendront demain au siège
syndical.
Dans le Sud
A DECAZEVILLE
Decazeville, 11 octobre.
Rien n'est changé dans la situation.
Coufomtôneni, il la. décision prise hier soir
au cours de la réunion tenue par M. Joucaviel,
quelques bandes de métallurgistes s'étaient
purfées sur les chemins conduisant aux puits
mais elles ont été facilement dispersées par
la g:ï(ia;irierie.
Les mineurs continuent à travailler dans
le plus grand calme.
NI. Jottcaviel a quitté Decazeville ce matin
à neuf heures- et demie.
A CARMAUX
Carmaux, 11 octobre.
Le calme est complet à Carmaux et dans
les villages voisins.
On ne signale aucun incident. Les abords
des puits continuent à rester déserts.
M. Jaurès est arrivé à midi et M. Jouca-
viel, venant de Decuzeville, est arrivé dans
la journée.
Au cours d'une réunion qui a eu lieu à
huit heures et demie, M. Joucaviel a rendu
compte de son mandat il a félicité les mi-
neurs de leur discipline.
M. Joucaviel a passé en revue le pro-
gramme des revendications des mineurs il
passe rapidement sur la question de la jour-
née de huit heures, qui est a peu près réso-
lue. Parlaat des renvois, il annonce le pro-
chain dépôt d'un projet de Ioi il ne s'expli-
que pa« pourquoi un ouvrier est renvoyé
parce qu'il a été blessé et qu'il n'est pas com-
plètement guéri. Er ce qui concerne le mi-
nimum de salaire, il dit qu'il faudra que les
compagnies acceptent la discussion ou l'ar-
bitrage.
Les retraites ont été sagement étudiées
en les reculant il trente ans de service et
cinquante ans d'Age, avec cette particularité
que la loi aura un effet rétroactif pour les
vieux.
D'après M. Joucaviel, la grève ne peut pas
se prolonger longtemps sans que le gouver-
nement intervienne, mais pour cela il faut la
méme discipline pour la rentrée que pour la
sortie. Ceux qui firent défection à la der-
nière grève 1e savent bien, puisqu'ils ont été
les plus malheureux.
La réunion a pris fin il. neuf heures par un
vote en faveur de la grève générale.
A BESSÈGES
Bessèges, 11 octobre.
La Compagnie houillère de Bessèges a fait
Par le chemin qu elle m'indiquait, le
long des falaises.
lis attendirent. Six heures sonnèrent. Per-
sonne. Le temps se couvrait. Da larges gout-
tes de pluie glacée tombèrent. Rodolphe et la
vieille dame sentaient monter une inquiétude
mortelle. Jamais Hélène ne s'était fait atten-
dre ainsi. Dans la salle aux fenêtres en ogi-
i ves, devant ia vaste cheminée gothique où
j brûlaient des troncs de sopins, le jeune
homme et sa tante n'osaient plus se regar-
der, pèles tous les deux et tous les deux, le
coeur étreint par l'angoisse.
Mon Dieu mon Dieu disait la mar-
quise.
Et elle se mit à prier tout bas.
Au moindre bruit du dehors, Rodolphe cou-
rait la fenêtre, se penchait. Mais ce n'était
pas la jeune tille. On entendit sonner sept
heures.
Rodolphe se leva, brusquement affolé.
-Il est arrivé-malheur à Hélène.
Et il sortit, rassembla quelques garçons de
la ferme. On prit des lanternes et l'on des-
cendit vers la rivière. La pluie redoublait. Le
ciel était d'un noir d'encre. On trébuchait à
chaque pas. Le pays était désert. Personne
pour se renseigner: vers trois heures, des
ouvriers, occupés aux .semailles, avaient bien
aperçu Héléne au moment où elle s'en allait,
*gaiement. mais dans la campagne ravinée,
l'enfant avait disparu presque aussitôt. De-
puis, plus rien. Où la chercher? Qu'était-
I elle devenue? Se perdre? Impossible! Il n'y
avait pas nne sente, à cinq lieues, qu'elle
ne connût. qu'aie n'eût fréquentée. Les ro-
I elles, les buissons, les fourrés du bois, tout
fut examiné il lu jaune et vacillante lumière
des lanternes. Chacun se taisait, dans l'at-
tente, à chaque pas, d'une découverte ter-
riblN.
Rodolphe, tout en marchant, sanglotait.
Soudain un homme cria
La voici la voici 1
afficher à la porte de l'usine un avis aux ter-
mes duquel tous les ouvriers qui n'auront
pas repris le travail à midi seront considérés
comme ne faisant plus partie de la compa-
gnie.
A Lalle, 65 ouvriers sur 500 continuent à
travailler a la Compagnie houillère ne
sont pas rentrés à Molières, Rochessadoule
et Gagnières, le travail continue. Au Marti-
net 160 ouvriers n'ont pas retiré leurs lampes
ce matin. La compagnie des forges a sus-
pendu le travail faute de charbon. En son-
mo le mouvement gréviste tend à se généra-
liser.
Cent gendarmes ont été répartis entre Bes-
sèges et Robiac, Gagnières, Molières et Mar-
tinet.
Une rixe a éclaté ce matin entre des gré-
vistes et ouvriers se rendant au travail Les
frères Gleyse, rencontrés par une troupe de
grévistes qui les engageaient faire comme
eux, sortirent un revolver et menacèrent de
faire feu. Les grévistes sautèrent alors sur
eux et leur firent des blessures" en réalité
peu graves. Une arrestation a été opérée.
A Molières, les ouvriers n'ont pas quitté le
travail. A Lavernarède, le calme est complet.
La gendarmerie garde l'entrée des puits.
Une réuniop importante sera tenue demain
à Alais.
Les Généraux Boërs
Demain lundi, à deux heures de l'après-
midi, les généraux boërs Louis Botha, De-
larey et Dewet arriveront à Paris. Iis se-
ront accueillis avec le plus grand et le plus
sincère enthousiasme par la même popula-
tion qui fit au vénérable président Krüger
la réception grandiose qu'il n'a pas oubliée.
Ils viendront chez nous pour n mendier »
ainsi qu'à dit Krüger avec sa rude fran-
chise, pour mendier le pain et l'abri des in-
firmes, des femmes, des enfants et des vieil-
lards de leur peuple vaincu. Mendiants hé-
roïques s'il en fut jamais.
Des formalités protocolaires sans nom-
bre et le désir évident montré par Guil-
laume II de ne point éveiller les suscepti-
bilités anglaises, paraissent devoir empê-
cher les généraux boërs d'être reçus par le
kaiser à Berlin. La sanction impériale ne
sera pas donnée aux manifestations sympa-
thiques qui les attendent de l'autre côté du
Rhin.
Ces manifestations n'en seront pas moins
chaleureuses. Mais puisque Botha, Delarey
et Dewet viennent à Paris avant de se ren-
dre en Allemagne, il nous est permis de
dire que s'ils éprouvent ici le désir fort
noble de remercier la France des services
rendus par sa Croix-Rouge aux blessés du
Transvaal, ils pourront exprimer ces remer-
ciements à notre ministre des Affaires
étrangère, en l'absence du Président de la
République retenu à Marsanne.
Ajoutons qu'il est certain, dès à présent,
qu'à leur retour de Berlin, les généraux ne
reviendront pas tout de suite en France
un télégramme de M. Chamberlain les
convoque au Colonial Office à Londres pour
cette époque en vue de parfaire certains ar-
rangements financiers.
Bruxelles, 11 octobre.
Les généraux Botha et Delarey, accompa-
gnés de M. Ferreira, gendre de ce dermier,
sont revenus à Bruxelles ce soir, é 6 h. 30.
Le généml Dewet est resté en Hollande.
li semble se confirmer qu'un désaccord a
éclaté entre les trois généraux.
J'ai demandé à Botha et à Delarev la rai-
son de l'absence de Dewet, mais ils ont ab-
solument refusé de répondre. Je crois savoir,
toutefois, que Dewet arrivera dimanche soir
pour rejoindre ses compagnons et partir avec
eux pour Paris.
A l'arrivée du train, ce soir, la gare était
encore occupée par des soldats d'infanterie,
et à l'extérieur se tenait un fort détachement
de police. Il y avait du monde sur les quais,
mais peu d'enthousiasme. Il semble qu'un
revirement se soit produit dans le public.
Quelques rares cris de ci Vivent les Boërs!
se sont fait entendre.
Ay dehors, il n'y a eu aucune manifesta-
tion, de même que devant l'hôtel où l'on s'est
borné à regarder descendre de l'omnibus de
l'hôtel les généraux.
Botha n'est resté que quelques instants
avec Delarey il est ensuite retourné à son
domicile particulier, rue Crespel.
L'attitude de la foule, ce soir, a singuliè-
rement contrasté avec l'accueil enthousiaste
qu'avaient reçu dernièrement les généraux.
UNE AFFAIRE DE GHAHÎAGE
Nous avons conté dans quelles circonstan-
ces un individu disant se nommer Filizio Ma-
letla et une jeune femme, sa maîtresse,
avaient été mis en état d'arrestation sur la
plainte d'un capitaine de la garnison de Pa-
ris qui avait été surpris dans le bois de Viro-
flay en conversation galante avec une femme
mariée, Mme X.
Sur commission rogatoire de M. Mangin-
Bocquet, juge d'instruction du parquet de
Versailles, M. Martin, commissaire de police
aux délégations judiciaires, a opéré, hier,
deux perquisitions l'une au domicile du soi-
disant Filizio Maletta, qui se nomme en réa-
lité Mallet, 43, rue de Jussieu, l'autre 18, rue
d'Alembert, dans un logement occupé par sa
complice, nommée Berthe Richard.
Dans la chambre qu'avait louée Mallet; au
deuxième étage, rue de Jussieu, M. Martin a
saisi une valise toute neuve en cuir janne
contenant le costume du pseudo garde-chasse
ainsi que la plaque en cuivre qu'il apposait
sur son veston et sur laquelle étaient écrites
ces trois phrases Respect aux propriétés
La loi Garde particulier »
Cette piaque, qui était en quelque sorte la
Ils étaient en plein bois, à ia Fontaine-aux-
Joux. L'endroit est dangereux, la falaise à
pic et le torrent roule en cascades sur des ro-
ches à cent pieds au-dessous. L'homme qui
venait de crier n'avait pas suivi les autres.
En bas, sautant de pierre en pierre, il lon-
geait la Loue. On voyait comme un. vague
point lumineux, feu follet de l'ablme, se mou-
voir sa lanterne au fond du trou noir.
Après un détour pénible, on le rejoignit.
Là, gisait Hélène, le crâne sanglant, le
corps tordu, les jambes, les bras brisés.
Rodolphe se précipita sur elle et l'enlaça
avec des cris de folie.
Déjà les ouvriers avaient coupé des bran-
ches et fait un brancard. On emporta l'en-
fant, l'enfant si heureuse de vivre l'affreuse
chiite avait fait d'elle une misérable loque
humaine des os pointaient, horrible 1
hors des chairs 1.
Pourtant, elle vivait? Oui, elle vivait, car,
de cette loque de sang, de ces meurtrissures,
un gémissement s'échappa comme un souf-
fle de moribonde.
Lentement, évitant les secousses, ils rie-
montaient.
Au château, elle vivait encore, mais si fai-
ble qu'on n'osait porter la main sur ses pau-
vres membres, dans la peur de réveiller ses
tortures. Si elle devait mourir, mieux valait
qu'elle mourût sans reprendre connaissan-
ce.
Se trouvait-on en présence d'un accident,
ou bien d'un crime
Le médecin la jugea perdue un jour, deux
jours d'agonie, et ce serait tout!
Alors Rodolphe envoya deux dépêches
l'une à Jean Montaubry, le fiancé d'Hélène
l'autre à un lieutenant d'infanterie en garni-
son à Besançon, Henri Devalaine, frère de
lait de la jeune fille et qu'Hélène aimait à
l'égal de Rodolphe.
Les deux dépêches portaient
justification. de la qualité qu'il s'était appro-
priée était ingénieusement dissimulée sous
une sorte de fausse poche qu'il relevait au
moment voulu.
Un sifflet en argent, comme en ont les
gardes pour appeler leurs chiens, plusieurs
bouteilles d'encre de couleurs variées et des
encriers portatifs ont été également trouvés
et mis sous scellés.
Dans le logement de Berthe Richard, la
perquisition opérée par M. Martin a amené
la découverte d'une volurrifeeuse correspon-
dance dont la lecturé ne laisse aucun doute
sur les moyens d'existence de cette femme,
qui peut être classée dans la catégorie des
maîtres chanteurs de premier ordre.
Du reste, elle a été à hnnne école, car il est
établi qu'avant de connaître elle a été
la maltresse d'un individu nommé Révillard
qui avait fondé rue Montmartre la fameuse
agence des « Clés perdues » et qui fut con-
damné pour extorsion de fonds à cinq an-
nées d'emprisonnement.
Les objets saisis tant au domkile de Mallet
qu'à celui de sa complice vont être transmis
aujourd'hui au parquet de Versailles.
A L'ETRANGER
MALVERSATION EN B0HÊM8
Prague, 10 octobre.
A la suite du décès d'un des hautes fonction-
naires de la Caisse des emprunts de Saint-
Wenceslas, on vient de découvrir de grandes
malversations.
Le président, M. Drozd, et le teneur de li-
vres Kollont, ont été arrêtés.
De nouvelles arrestations sont imminentes.
Selon les journaux, trois millions de cou-
ronnes auraient été détournés.
Ces malversations seraient réparties sur
vingt années.-
INCENDIES DE FORÊTS M 6RÈCE
Athènes, 11 octobre.
L'incendie de la forêt de Pikermi a conti-
nué hier soir et pendant toute la nuit.
Le ministre de l'Intérieur s'est rendu sur
les lieux.
De nouvelles troupes de la gendarmerie
ont été envoyées d'Athènes.
On dit que' les paysans ont refusé d'aider
les autorités.
LES ÉMEUTES D'AIGÊSIRAI
Il octobre.
Suivant les dernières dépêches officielles
de la Linea, près d'Algésiras, la tranquillité
est rétablie.
Les ouvriers ont repris aujourd'hui leur
travail.
Huit émeutiers arrétés ce matin seront
jugés par le conseil de guerre.
Madrid, 11 octobre.
Une dépêche de La Linea dit que de nom-
breux gruupes de grévistes se sont rendus au
cimetière afin de s'emparer des cadavres des
.victimes de la collision de jeudi. La cavale-
rie a dispersé les manifestants.
Le bruit court qu'il y a eu jeudi dix tués
dont une femme et un enfant.
EN CRIME AU miinu
Berlin, 11 octobre.
On mande de Caracas, 10 du courant:
L'administrateur de la Société de plantage
du Venezuela, M. Adam Russe), a été trouvé
assassiné et dépouillé sur la route condui-
sant au plantage Caracaca.
Le gouvernement a immédiatement dési-
gné un magistrat qu'il a chargé d'ouvrir une
enquête.
On dit que le crîtne aurait été commis par
des adhérenls des révolutionnaires.
LES TRIBUNAUX
LE COCHER INFIDÈLE
M. Hulimann, fabricant de meubles, vou-
lant faire transporter de ses ateliers à son
magasin un meuble de grand travail qu'il es-
tiirurt 6,000 francs, s'était adressé à un entre-
preneur de déménagements qui chargea son
cocher, Charles M-auveri, d'effectuer ce trans-
port.
Mais Mauveri, au lieu de s'acquitter de sa
mission, se dirigea tout droit chez un bro-
canteur, à qui il raconta qu'il était chargé
par son patron de vendre le meuble.
Au premier coup d'oeil, le brocanteur éva-
lua le meuble 300 francs et en donna 220 au
cocher. Mais le cocher parti, le brocanteur
ayant plus à loisir examiné le meuble et s'é-
tant ainsi rendu compte de sa véritable va-
leur, s'empressa d'aller prévenir l'entrepre-
:leur de déménagements, ce qui permit de dé-
couvrir l'indélicatesse du cocher Mauveri,
que le tribunal correctionnel a condamné à
trois mois de prison avec sursis.
POUR UN LAPIN
M. Dufois, un boulanger de la rive gauche,
avait deux chats, et sa concierge avait un
lapin. Les deux chats ayant mangé le lapin,
M. Dufois dut se résigner, pour apaiser sa
concierge, à faire aux mânes de son lapin,
le sacrifice de ses deux chats. Il alla donc
chez un pharmacien qui lui remit, à destina-
tion des deux chats, et avec toutes les recom-
mandations d'usage, un gramme de cya-
nure de potassium.
Jusqu'ici l'histoire n'est que comique. Elle
allait finir tragiquement. Depuis longtemps,
Mme Dufois avait des idées de suicide, et
tandis que son mari était à la cuisine, elle
se retira dans sa chambre et avala le poison
destiné aux chats. Tous les soins qui lui fu-
rent pradigués restèrent inutiles, et Mme
Il Un grand malheur. Venez vite, coûte.
» que coûte »
La nuit se passa sans au'Hélène reprit con-
naissance. Au matin, ek.e eut le délire entre-
coupé d'accès de fièvre' chaude. Elle poussait
des cris déchirants. A force de morphine, le
médecin calma ses tortures. Elle fut plus
tranquille. A midi, elle n'avait encore reconnu
personne. Elle retomba en léthargie jusqu'à
six heures. A six heures, ses grands yeux
s'ouvrirent, ses yeux célestes, des yeux
d'ange. Et longuement elle regarda la mar.
quise qui priait à genoux et trois hommes,
!rois jeunes gens, robustes, beaux et fiers,
pâles à faire pitié et qui pleuraient près de
son lit les deux frères, le fiancé. Et tous
trois se tenaient par les mains, comme s'ils
avaient voulu, devant cette souffrance physi-
que, unir leurs cœurs pour l'avenir .̃
Le regard de la blessée s'anima, se fit plus
vivant elle les reconnaissait.
Les trois murmurèrent, comprenant et la
voix étouffée de sanglots
Hélène Héiène Oh ma pauvre chère
enfant!!
Pour chacun des trois, l'enfant aux yeux
bleus eut un sourire, sourire divin, si près de
lu mart Et tout à coup, ils se penchèrent, de-
vinant qu'elle voulait parler!
• Ecoutez. écoutez bien. car il faut que
vous sachiez. dit-elle haletante. Je reve-
nais par la forét. quand un homme se
dresse devant moi. comme s'il m'atten-
dait. Denis Valerand. Il m'avait menacée,
déjà. en me reprochant sa misère. depuis,
je ne l'avais plus revu. Il s'est jeté sur moi
comme une béte fauve et il disait Ton père
a été impitoyable. parce que je lui devais
de l'argent. il nous a chassés de notre
ferme, moi, ma femme, ma fille. ma fem-
me en est morte. de trop souffrir. je suis
devenu un vagabond. tandis qu'autrefois,
personne n'avait rien il. me reprocher. J'ai
Dufois ayant succombé, lé pharmacien qui
avait vendu le cyanure fut poursuivi devant
la dixième chambre, qui l'a condamné à
100 francs d'amende pour infraction à la loi
du 19 juillet 1845 sur l'exercice de la phar-
LECCI AUX ASSISES
Lecca, le fiancé de Casque d'Or, l'un des
chefs de la bande des Apaches, comparaî-
tra les 20 et 21 octobre devant la cour d'as-
sises présidée par M. Mimande, sous l'in-
culpation de vcd qualifié. Il sera défendu
par Me Gaston Housset.
UN BIGAME
M. Marius-Honoré Aubert, professeur dans
l'institution tenue à Neuilly par M. Fauvel
avait, en 1880, épousé une demoiselle Dumas
tf^t il eut un fils. A la suite de revers de for-
I M. Aubert quitta sa femme et son en-
faut, et, deux ans après, il épousait la belle-
soeur du directeur de l'institution de Neuilly
où il avait réussi à se faire agréer comme
professeur.
Sa première femme ayant fini par trouver
son adresse, M. Aubert comparaissait hier
devant la cour d'assises pour bigamie.
Son avocat, Me Lacan, a invoqué en sa fa-
veur un original moyen de défense il a sou-
tenu que le second mariage n'ayant pu être
consommé, il n'y avait pas bigamie.
Le moyen a paru décisif au jury qui a ac-
quitté M. Aubert.
NOUVELLES JUDICIAIRES
La chantbre des vacations vient d'ordonner la
mainlevée du conseil judiciaire qui avait été pn
lsya, donné il M. Ismaël de Lesst-ps, ancien ofli-
cier de cavalerie, tils de M. Ferdinand de Les-
seps.
TERRIBLE ACCIDENT
IDe notre correspondant particulier)
Avranches, 11 octobre.
Un terrible accident, qui prouve une fois
de plus qu'on ne saurait prendre trop de pré-
cautions en maniant tes armes à feu, vient
de se produire à la Chapelle-Urée, petite lo-
calité du canton de Brécev.
Le fils du maire, M. "François Desfoux,
âgé de vingt-quatre ans, revenu depuis le 24
septembre de son service militaire, était oc-
cupé à décharger un fusil.
Tout à coup une détonation retentit et le
coup, faisant balle, atteignit le malheureux
jeune homme à l'aine..
On se précipita à son secours tous les
soins furent inutiles. L'artère fémorale avait
été affreusement mutilée et la mort presque
instantanée.
ASPHYXIES DANS UNE CU VE
IDe notre correspondant parliculiari
Lens, Il octobre.
Un terrible accident s'est produit hier,
vers cinq heures du soir, dans la fabrique de
sucre de M. Caron, à Liévin.
Un ouvrier, Paul Leclercq, âgé de trente
ans, était descendu dans une cuve où s'était
trouvé du. jus carbonaté, lorsque soudain il
s'affaissa étourdi par les gaz délétères qui
s'échappaient du vaste récipient. Un neveu
du malheureux, Auguste Delarue, n'aperce-
vant plus son oncle, se pencha sur le bac et
le voyant inanimé se porta à son secours,
mais il subit le même sort Eugène Delarue,
son frère, qu'il avait appelé, descendit à son
tour dans le réservoir tout en prenant la pré-
caution de se faire attacher une minute
après on l'en retirait sans connaissance.
MM. Eugène Leclercq et Roussel, ouvriers
de l'usine, tentèrent, sans prendre les mê-
mes précautions, le sauvetage des victimes
et furent également frappés par l'asphyxie.
Enfin, un surveillant de la fabrique, Au-
gustin Dambrine, sans se laisser influen-
cer par les terribles échecs obtenus, se fit
descendre dans la cave et remonta tout
d'abord deux des malheureux asphyxiés et
peu après toutes les victimes.
Les docteurs Biat et Duquesnoy, appelés
en toute hâte par NI. Caron, propriétaire de
la fabrique qui s'était également dévoué
pour procéder au sauvetage de ses ouvriers,
prodiguèrent leurs soins aux asphyxiés qui
tous, sauf Paul Leclercq qui ne tarda pas à
expirer, ont pu être rappelés à la vie et sont
actuellement dans un état aussi satisfaisant
que possible.
Les causes de l'accident sont bien d'a-
,près l'enquête, le résultat d'un dégagement
de gaz acide carbonique qui s'est produit
au fond de la cuve cependant, chose sin-
gulière, une lampe à huile placée auprès du
malheureux Paul Leclercq ne s'est pas
éteinte pendant tout le temps qu'a pris ce
pénible sauvetage.
Ce triste accident a causé une profonde
émotion dans la population lévinoise.
DRAME DE L'ALCOOLISME
Depuis quelques semaines, M. Jean D.
âgé de quarante ans, maraîcher demeu-
rant route Nationale à Maisons-Alfort, don-
nait des signes fréquents d'aliénation men-
tale causée par l'abus de l'alcool.
A différentes reprises, il avait attenté aux
jours des membres de sa famille et aux
siens, mais grâce à l'intervention des voi-
sins ses projets n'avaient pu être mis à exé-
cution.
Depuis ce temps, on avait exercé sur lui
une active surveillwce.
Hier matin, cependant, Jean D. s'ar-
mant d'un revolver chargé fit feu à plusieurs
reprises sur sa femme et son fils, Louis,
âgé de quinze ans.
juré que tu paierais pour ton père. je tiens
purole. Voilà huit jours que je te guette.
Viens Il Il voulait m'entralner. Je me dé-
battais. sa main sur ma bouche m'empê-
chait de crier. Je l'ai mordue. le sang jail-
lit. l'homme jura. c'était affreux. et il
disait « Viens, petite, je n'en veux pas à ta
vie. je veux mieux que ça 1. » Il approcha
ses lèvres des miennes. je sentis son souf-
fle. Et il avait des yeux terribles.
Elle s'arrêta, à bout de forces, le visage
contracté
Je souffre. par pitié. un peu de mor-
phine.
Elle parut s'endormir. Une heure s'écoula.
Ils attendaient. Ils n'avaient prononcé qu'un
mot, un seul, à voix basse, entre eux
Denis Valerand!
Au bout d'une heure, elle reprit, plus iai-
ble ♦
Je me vis perdue. je le suppliai. il
riait. il cherchait toujours mes lèvres.
alors, je me mis à ses genoux. je ne sais
plus ce que je lui ai dit. seulement, je lui
parlai de sa fille. de sa fille Henriette. qui
a presque mon âge. et qu'il adore. je com-
pris qu'il s'attendrissait. que je l'avais
vaincu. j'avais placé entre lui et moi
l'image de son enfant. et il reculait. il
n'osait plus me toucher. et il prit la fuite.
disparut. moi, je m'évanouis. et je restai
là une heure, deux heures, morte.
EUe haletait
Un peu de morphine, encore. Je souffre
trop. je ne pourrai pas tout dire.
Elle eut une syncope qui dura longtemps.
Elle ne se réveilla qu'au milieu de la nuit. Ils
n'avaient pas quitté son lit, dans un morne
et tragique silence. Elle ouvrit enfin les yeux.
Plus de lumière dans son regard. La fin ap-
prochait. Elle paria. Et l'on eût dit qu'une
morte rêvait et que le murmure de cette voix
venait de la tombe
Ce dernier a eu la Jambe et le pied droits
traversés par les projectiles.
Jean D. a été laissé a la garde de sa
famille.
Le Président de la République est parti
hier soir par le train de 10 heures, pour Va.
lence.
La gare de Lyon avait été décorée, comme
pour tous les départs présidentiels, de tentures
rouges et de drapeaux en faisceaux. Se trou-
vaient sur le quai MM. Combes, président du
Conseil, et Edgar Combes Maruéjouls, mi-
nistre des Travaux publics Chaumié, minis-
tre de l'Instruction publique Combarieu, chef
de cabinet de M. Chaumié le général V oyron,
Mollard, chef du protocole; le général Faure-
Biguet, gouverneur de Paris le commandant
Reibell et le capitaine Surer, de la maison mi.
litaire du Président.
Etaient également présents
MM. Noblemaire, directeur de la Compa-
gnie P.-L.-M. Berquet, chef de l'exploita-
tion Baudry, chef du matériel et de la trac-
tion.
M. Dervillé. président du conseil d'admi-
nistration, étant souffrant, s'était fait repré-
senter.
Quand M. Loubet est descendu de son lan-
dau, une chaleureuse ovation lui a été faite
par les nombreux curieux qui formaient la haie
sur son passage.
On annonce pour aujourd'hui l'arrivée S
Paris du commandant du croiseur-école ar.
gentin Presidente-Sarmiento, de l'état-major
et des élèves asnirants.
Pendant les deux jours qu'ils sont restés au
Havre, les officiers et les élèves ont visité les
établissements industriels de la ville, notam-
ment les ateliers Schneider, les docks et entre-
pôts, le champ de tir du Hoc et le transatlan-
tique la Savoie.
On annonce qu'avant de retourner au Havre,
ils seront reçus par le Président de la Répu-
blique.
Les musiques militaires se feront entendre
aujourd'hui, pour la dernière fois de J'année,.
dans les squares et jardins publics.
o
Le tour du monde en 40 jours.
A l'histoire des records battus appartient
désormais la prouesse encore récente des jour-
nalistes canadiens et français qui firent en
soixante jours le tour de la planète accompli,
au figuré, en quatre-vingts jours par Phileas
Fogg, le héros de Jules Verne.
Sur la convocation de M. Peare, représen-
tant du chemin de fer de la Chine orientale,
une réunion des directeurs des Krincinales
Compagnies de chemins de fer d'Europe vient
d'avoir lieu à Paris. Cette réunion avait pour
but de faciliter les trajets en chemin de fer
des principales villes européennes à Pékin. Il
a été décidé, notamment, que des billets di-
rects pour les localités desservies par le Trans-
sibérien et pour Pékin seraient délivrés au
Havre et à Cherbourg, ports d'attache dea
grands paquebots.
Enfin, cette conférence internationale a ré-
solu le problème du tour du monde en quarante
jours.
Sur la proposition du directeur de l'Ouest
français, les mandataires des autres compa-
gnies représentées se sont, en effet, montré:
disposés à une entente avec les Compagnies
de navigation transatlantique et transpacifi-
que. Le tour du monde en quarante jours
pourra être effectué, grâce aux billets directs
de Paris-Cherbourg-New-York-San-Francisc»
Pékin et le Transsibérien ou vice versa.
Ces billets de « tour du monde » vont per»
mettre à tout globe-trotter de battre de moitié
le record de Phileas. Une paille
M. Yallé, garde des Sceaux, accompagné
par MM. Lémery et Monentheuil, chefs ad-
joints de son cabinet, présidera demain, à
Vesoul, le grand banquet organisé par les co-
mités républicains.
M. Bérard, sous-secrétaire d'Etat des Poste!
et Télégraphes, est parti hier matin pour Avi-
gnon, d'où il doit se rendre à Cadenet afin
d'inaugurer le groupe scolaire de cette ville.
Il est accompagné de M. Abel Bernard, dé-
puté de Vaucluse, et de M. Salomon, son chef
de cabinet.
M. Georges Paulet, directeur au ministère
du Commerce, représentera le ministre du
Commerce à l'inauguration du nouvel hôtel due
la caisse d'épargne de Sens.
De grandes fêtes auront lieu à cette occa-
sion, aujourd'hui dimanche, dans cette localité.
La réfection des peintures du porclie de
Saint-Germain-l'Auxerrois vient d'être décidée
par M. Chaumié, ministre des Beaux-Arts; la
dépense serait supportée moitié par la Ville
de Paris, moitié par le ministère.
Entre dentistes marseillais
Mon cher, dernièrement, pour le compte
du gouvernement, je fus chargé de plomber la
dent du Midi.
Oh et moi, le sultan vient de m'envoyer
une requête pour que je mette un râtelier aux
bouches du Danube.
C'était la nuit. j'entendis sonner dix
heures au loin. je me relevai. trem.
blante. Je pris par le sentier des Roches,
le long des falaises. de la Loue. Il pleu-
vait. j'avais rabattu sur ma tête le capu-
chon de ma pèlerine. je courais. j'avais
peur. Et voilà, soudain, deux bras qai m/en- y
veloppent, par derrière. me renversent. et
des lèvres. des lèvres infâmes qui écra.
sent mes lèvres. sans un mot. Je crie
Il Denis Denis Ah lâche lâche 'n i
ci Je me dégage de l'étreinte et je me pré-
cipite. En bas le torrent. je perds pied.
je me sens dans le vide. emportée.. puis
un choc. mes membres se brisent. le
monde s'écroule sur moi. et puis. et puits,
plus rien.
Ils écoutent. A peine, maintenant, peuvent-
ils percevoir ce qu'elle dit.
Ils e vivent plus. Leur cœur ne bat plus.
Et avec son regard céleste, voici le derme:
mot de la vierge
Rien ne ternira mon souvenir. Voilà
ce que j'ai voulu. Adieu. Jean. toi qui avais
reçu tonte mon ame. Adieu, mon Rodolphe,
frère chéri. Adieu, bonne tante adieu
mon pauvre Henri. A l'outrage odieux, j'ai
préféré la mort. Nous étions trop heureux.
Je vais vous aimer dans l'éternité.
Ils croient que c'est fini.
Mais non, les lèvres s'agitent encore.
disant des paroles d'amour.
Rodolphe se penche.
Hélène Hélène
C'est lui qui va recueillir son dernier sout
fle.
Il demande
Alors. c'est Denis Valerand
Oui
Et ce fut tout. Elle était morte.
(A suivre.) JULES MARY.
Le Petit Parisien
TARIS, OCTOBRE
place, dix autres personnes vinrent grossir
la colonne. Ces derniers ignorant l'incident
qui vcnait de se produire crurent à une arres-
tation en masse eW voulurent dégager les pré-
tendus prisonniers.
Un certain tumulte se produit. Des cris s'é-
lèvent « On arrête des victimes A bas les
assassins
Cependant on arrive à la gendarmerie où
les témoins sont introduits. Les derniers
manifestants veulent entrer aussi mais les
gendarmes Vignon et Breuil s'y opposent.
Comme ces derniers fermaient le portai},
une pierre lancée de la rue atteignit le gen-
darme Vignon, qui tomba sur le sol de la
cour de Ja gendarmerie.
Au même, moment, le gendarme Breuil
recevait un coup de poing C'est alors que
croyant son camarade mort, il perdit la tête
et, tirant son revolver, il le déchargea sur
le groupe. Une balle traversa la poitrine de
Jacques Colombet et tua net derrière lui
son frère. Un cri d'épouvanté s'élève de la
foule qui se rue à l'assaut de la gendarme-
rie.
C'est seulement à deux heures et demie
du matin qu'un homme réussit il sortir de
la caserne pour venir demander du secours
& Saint-Etienne.
Quarante gendarmes ne tardèrent pas il
arriver, en même temps que MM. Mascle,
préfet de la Loire, et Mallein, procureur de
la République, qui, séparément, commencè-
rent. aussitôt une enquête dont les résultats
sont conformes à ce que nous relatons ci-
des.su s.
Le préfet et le procureur de la République
se rendirent ensuite chez la veuve de Colom-
bet. Ce! ie-ci reste avec trois enfants, dont l'un
n'a que six mois.
M. Mascle et le procureur exprimèrent il
la malheureuse femme ieurs condoléances.
M. ltascle a laissé 100 francs au maire il son
intention.
UNE DOUBLE ARRESTATION
Le gendarme Breuil a été conduit entre
quatre gendarmes à cheval il Saint-Etienne,
hué par la foule qui l'injuriait, malgré les
invitations réitérées de M. Mascle l'exhortant
au calme. Tous les poings se levaient vers
Breuil. consterné.
Deux heures après, le chauffeur Pouchot,
cause initiale de ce drame, était arrêté à
son tour.
La double arrestation de Breuil et de Pou-
chot a enlnié comme par enchantement la
surexcitation de la foule.
Dernier détail la justice civile réclame
l'instruction, de l'affaire Breuil, connexe il 1
celle de Pouchot.
(DE NOTRE ENVOYÉ spécial)
Lens, 11 octobre.
Le coup droit porté par la fédération du
Nord et du Pas-de-Calais a été iort bien atc-
cueilli ici et l'on en augure les meilleurs ré-
sultats. La réunion d'hier soir l'a prouvé, et
celle que vient de tenir à Hénin-Lietard, ce
matin, M. Basly vient encore appui de la
tactique nouvelle.
Le comité national n'ignoi-mt non de ce
qui vient de se produire et. déjà, ors du ré-
cent congrès de Comment iv, ce suje! aviit
été éffleuré et M. Beugnet avait, Ù plusieurs j
reprises, fait des déclarations is"ii -ionien- j
ses à cet égard.
La situation générale, dans le dl!
Pas-de-Calais, est excellente, ou ne >igna:e
aucun incident.
Cette nuit aux abords des fosses i. et 12,
de Lens, ainsi qu'à Bruay et il Nœu\\ quel-
ques patrouilles de grévistes ont été disper-
sées par la gendarmerie.
Les manifestants sont, en majeure partie,
des galibots ou de jeunes herscheurs qui s'a-
musent il jouer il: 1'( révolutionnaires. Leurs
intention >ps que qi-fl-ques
industri'
tout juste ."̃! iv-ctm-nes né-
\<> hiccwants de
ry.û c a tin de protéger les
proprié' usines. En somme, il n'y a
rien à sérieux, et je me dispose à
partir t- :e pour Anzin, où la situa-
tion est:, ir-,i pins tendue, paraît-il, en
raison de l'opp- -siiioa faite aux r:\iets de
M. Bas)y et de ses amis.
IDE NOS COlirtESPOXLiA.VrS PARTlCULlEliSi
Dans le Pas-de-Calais
Béthune, 11 octobre.
Concessiors minières de Nœux, Biujy, Mar-
les et Ferfay.
Le bn.iit y avait couru hier que les grévis-
tes devaient se rendre en masse cette nuit à
Berg nettes pour empêcher les ouvriers des
aciéries de France d'entrer à l'usine. Deux
pelotons d." u-s.sards et des gendarmes ont
été P.éihune, mais ceite précau-
tion a é'ré inutile. Aucun gréviste n'a été
aperçu dans le pays.
Dans le Nord
Valericieniies. 11 octobre.
On a compté, ce matin, 2,155 grévistes de
plus qu'hier aux mines d'Anzin et un millier j
dans les autres concessions.
Voici pour chaque compagnie quelle est
la situation par fosse:
('nnipayide d'Anzin. Fosses Thi^rs,
53o manquants sur 651 ouvriers ta Grange,
688 sur Cuvinot, 616 sur Saint-
Lonis-Bleuse-Bornê, 442 sur 568 du Temple,
2:If; sur Herin.' WS sur 5H7 Enclos, 421 j
sur i:î6 Renard, sur Rlignières, KO
su:1 (>15 Rceulx, 172 sur 50. Saint-Mark,
3GC sur ïti Casimir-Perier, 2ii- sur 35S Ha-
velu`, :J69 sur Lambrechl, sur (il;)
Autliffret-Pasquier. 379 sur 539; Vieux-Condé,
sur Arnaury. 266 sur 27S Chabaud-
la-Tour, f>77 sur 788: d'Arembcrg, 1(X) sur
Si,, puisque je sais, heureuse de votre
bonl eur et du mien
Héiène se fût rendue malnde si elle avait
quitté brusquement ses habitudes de vie ac-
tive. La marquise y veillait. Da reste, urn peu
de calme revint, dans cette fièvre des prépa-
ratifs. Jean Moitlaubry avait dû repartir pour
ses affaires et il ne 'reviendrait que quatre
ou cinq jours avant ia ce, émor.ie. Après de
la pluie froide,et des brouillards, le temps se
remit au beau. Le soleil brillait, comme un
dernier souvenir de l'été. Rodolphe, après
déjeuner, sortit avec deux chiens courants
pour tuer un lièvre dans les bois de Fon-
taine.
Hélène lui dit:
Tâche de revenir par le sentier de la
Loue. J'irai ta rencontre.
Je tacherai, mais je ne te promets pas.
La chasse peut me conduire loin.
Alors, ne t'inquiète pas de moi. j'ai
les jambes tout engourdies. je sortirai quand
même.
Vers trois heures elle s'en alla.
On dit que, souvent, le cœur est inquiet,
d'instinct, il la veille des catastrophes.
Hélène s'en alla, souriant ses yeux brit-
Inient elle s'abandonnait à sa joie insou-
ciante, devant sa jeunesse, devant le ciel pur
de l'avenir, devant la vie qui ouvrait, large-
ment. ses portes aux rèves bleus.
Elle allait Il mort.
Il était trois heures quand 'elle partit. A
cette époqrte, vers quatre heures, fe jour
tnmbe. A cinq heures, il fait nuit. Vers cinq
heures, Rodolphe ie\int. tout animé par la
chasse.
Et Hélène ? s'infnrma-t-ii il la mar-
quise.
Ne l'avez vous pas rencontrée ? dit-elle
avec nn soubresaut.
Par où êtes-vous revenu
Ledoax, 23 sur soit 8,338 man-
quants pour 2,283 non grévistes.
Compagnie de Vicoig,ne. 138 manquants
sur 413 ouvriers.
Compagnie de Thivencelles. 632 mineurs,
chômage complet.
Compagnie de Crespin. 154 manquants
sur ouvriers.
Compagnie iTHaveluy. 26 manquants
sur 172 ouvriers.
Compagnie de Douchy. Fosses Saint-
Mathieu, 115 manquants sur 288 Eclaireurs,
f>5 sur '183; Naville, 283 sur 3SG; Douchy,
402 sur 433.
Douai, 11 octobre.
Voici le chiffre des grévistes dans la ré-
gion
Esearpelle, 2,129 sur 2,232; Aniche, 2,201
sur Azincourt, 525 sur 550 Flines,
466 sur 677.
Dans la Loire
L'ÉMOTION A SAINT-ETIENNE
Saint-Etienne, 11 octobre.
Une réunion a eu lieu un peu avant midi
il la Bourse du travail sous la présidence
de M. Vuillemet.
MM. Escalier et Beauregard ont annoncé
aux assistants la triste nouvelle du drame
de Terrenoire qui a soulevé une profonde
émotion.
En guise de représailles ils ont proposé
d'inviter tous les syndicats de toutes les
corporations il adhérer à la grève générale.
Cette proposition a été adoptée à l'unani-
mité.
A LA RICAMARIE
Le bruit avait couru que de graves inci-
dents s'étaient également produits à la Rica-
marie. Il n'en est heureusement rien.
Quelques bandes de mineurs, égayés par
la paie, ont simplement parcouru la com-
mune en chantant des couplets révolution-
naires.
Il est vrai que ce matin une forte colonne
s'étaient rendue au lieu dit le Brûlé » pour
faire évacuer divers chantiers, mais la di-
rection, prévenue, avait d'elle-même ren-
voyé tout son personnel.
En Saône-et-Loire
Chalon-sur-Saône, 11 octobre.
Tout le bassin houiher de Saône-et-Loire,
comprenant Montceau-les-Mines, Saint-Val-
lier, Blanzy, Montchanin, Perrecy, les forges
Saint-Berain-sur-d'Feune, le Creusot et les
petites mines de schistes du Morvan, est
garni de troupes de cavalerie et d'infanterie
bien que la grève générale n'ait pas encore
été décrétée clans lous ces centres.
Partout le trasail suit son cours: pas le
moindre petit incident à signaler.
A MONTCEAU
Montceau-les-Mines, 11 octobre.
Le calme continue. On ne signale aucune
absente à la descente de quatre heures du
matin.
Les bâtiments de la direction sont occupés
militairement et toutes les troupes sont con-
signées sévèrement depuis ce matin.
Dn attend avec impatience les décisions
qui seront prises au cours des deux réunions
gém'vales qui se tiendront demain au siège
syndical.
Dans le Sud
A DECAZEVILLE
Decazeville, 11 octobre.
Rien n'est changé dans la situation.
Coufomtôneni, il la. décision prise hier soir
au cours de la réunion tenue par M. Joucaviel,
quelques bandes de métallurgistes s'étaient
purfées sur les chemins conduisant aux puits
mais elles ont été facilement dispersées par
la g:ï(ia;irierie.
Les mineurs continuent à travailler dans
le plus grand calme.
NI. Jottcaviel a quitté Decazeville ce matin
à neuf heures- et demie.
A CARMAUX
Carmaux, 11 octobre.
Le calme est complet à Carmaux et dans
les villages voisins.
On ne signale aucun incident. Les abords
des puits continuent à rester déserts.
M. Jaurès est arrivé à midi et M. Jouca-
viel, venant de Decuzeville, est arrivé dans
la journée.
Au cours d'une réunion qui a eu lieu à
huit heures et demie, M. Joucaviel a rendu
compte de son mandat il a félicité les mi-
neurs de leur discipline.
M. Joucaviel a passé en revue le pro-
gramme des revendications des mineurs il
passe rapidement sur la question de la jour-
née de huit heures, qui est a peu près réso-
lue. Parlaat des renvois, il annonce le pro-
chain dépôt d'un projet de Ioi il ne s'expli-
que pa« pourquoi un ouvrier est renvoyé
parce qu'il a été blessé et qu'il n'est pas com-
plètement guéri. Er ce qui concerne le mi-
nimum de salaire, il dit qu'il faudra que les
compagnies acceptent la discussion ou l'ar-
bitrage.
Les retraites ont été sagement étudiées
en les reculant il trente ans de service et
cinquante ans d'Age, avec cette particularité
que la loi aura un effet rétroactif pour les
vieux.
D'après M. Joucaviel, la grève ne peut pas
se prolonger longtemps sans que le gouver-
nement intervienne, mais pour cela il faut la
méme discipline pour la rentrée que pour la
sortie. Ceux qui firent défection à la der-
nière grève 1e savent bien, puisqu'ils ont été
les plus malheureux.
La réunion a pris fin il. neuf heures par un
vote en faveur de la grève générale.
A BESSÈGES
Bessèges, 11 octobre.
La Compagnie houillère de Bessèges a fait
Par le chemin qu elle m'indiquait, le
long des falaises.
lis attendirent. Six heures sonnèrent. Per-
sonne. Le temps se couvrait. Da larges gout-
tes de pluie glacée tombèrent. Rodolphe et la
vieille dame sentaient monter une inquiétude
mortelle. Jamais Hélène ne s'était fait atten-
dre ainsi. Dans la salle aux fenêtres en ogi-
i ves, devant ia vaste cheminée gothique où
j brûlaient des troncs de sopins, le jeune
homme et sa tante n'osaient plus se regar-
der, pèles tous les deux et tous les deux, le
coeur étreint par l'angoisse.
Mon Dieu mon Dieu disait la mar-
quise.
Et elle se mit à prier tout bas.
Au moindre bruit du dehors, Rodolphe cou-
rait la fenêtre, se penchait. Mais ce n'était
pas la jeune tille. On entendit sonner sept
heures.
Rodolphe se leva, brusquement affolé.
-Il est arrivé-malheur à Hélène.
Et il sortit, rassembla quelques garçons de
la ferme. On prit des lanternes et l'on des-
cendit vers la rivière. La pluie redoublait. Le
ciel était d'un noir d'encre. On trébuchait à
chaque pas. Le pays était désert. Personne
pour se renseigner: vers trois heures, des
ouvriers, occupés aux .semailles, avaient bien
aperçu Héléne au moment où elle s'en allait,
*gaiement. mais dans la campagne ravinée,
l'enfant avait disparu presque aussitôt. De-
puis, plus rien. Où la chercher? Qu'était-
I elle devenue? Se perdre? Impossible! Il n'y
avait pas nne sente, à cinq lieues, qu'elle
ne connût. qu'aie n'eût fréquentée. Les ro-
I elles, les buissons, les fourrés du bois, tout
fut examiné il lu jaune et vacillante lumière
des lanternes. Chacun se taisait, dans l'at-
tente, à chaque pas, d'une découverte ter-
riblN.
Rodolphe, tout en marchant, sanglotait.
Soudain un homme cria
La voici la voici 1
afficher à la porte de l'usine un avis aux ter-
mes duquel tous les ouvriers qui n'auront
pas repris le travail à midi seront considérés
comme ne faisant plus partie de la compa-
gnie.
A Lalle, 65 ouvriers sur 500 continuent à
travailler a la Compagnie houillère ne
sont pas rentrés à Molières, Rochessadoule
et Gagnières, le travail continue. Au Marti-
net 160 ouvriers n'ont pas retiré leurs lampes
ce matin. La compagnie des forges a sus-
pendu le travail faute de charbon. En son-
mo le mouvement gréviste tend à se généra-
liser.
Cent gendarmes ont été répartis entre Bes-
sèges et Robiac, Gagnières, Molières et Mar-
tinet.
Une rixe a éclaté ce matin entre des gré-
vistes et ouvriers se rendant au travail Les
frères Gleyse, rencontrés par une troupe de
grévistes qui les engageaient faire comme
eux, sortirent un revolver et menacèrent de
faire feu. Les grévistes sautèrent alors sur
eux et leur firent des blessures" en réalité
peu graves. Une arrestation a été opérée.
A Molières, les ouvriers n'ont pas quitté le
travail. A Lavernarède, le calme est complet.
La gendarmerie garde l'entrée des puits.
Une réuniop importante sera tenue demain
à Alais.
Les Généraux Boërs
Demain lundi, à deux heures de l'après-
midi, les généraux boërs Louis Botha, De-
larey et Dewet arriveront à Paris. Iis se-
ront accueillis avec le plus grand et le plus
sincère enthousiasme par la même popula-
tion qui fit au vénérable président Krüger
la réception grandiose qu'il n'a pas oubliée.
Ils viendront chez nous pour n mendier »
ainsi qu'à dit Krüger avec sa rude fran-
chise, pour mendier le pain et l'abri des in-
firmes, des femmes, des enfants et des vieil-
lards de leur peuple vaincu. Mendiants hé-
roïques s'il en fut jamais.
Des formalités protocolaires sans nom-
bre et le désir évident montré par Guil-
laume II de ne point éveiller les suscepti-
bilités anglaises, paraissent devoir empê-
cher les généraux boërs d'être reçus par le
kaiser à Berlin. La sanction impériale ne
sera pas donnée aux manifestations sympa-
thiques qui les attendent de l'autre côté du
Rhin.
Ces manifestations n'en seront pas moins
chaleureuses. Mais puisque Botha, Delarey
et Dewet viennent à Paris avant de se ren-
dre en Allemagne, il nous est permis de
dire que s'ils éprouvent ici le désir fort
noble de remercier la France des services
rendus par sa Croix-Rouge aux blessés du
Transvaal, ils pourront exprimer ces remer-
ciements à notre ministre des Affaires
étrangère, en l'absence du Président de la
République retenu à Marsanne.
Ajoutons qu'il est certain, dès à présent,
qu'à leur retour de Berlin, les généraux ne
reviendront pas tout de suite en France
un télégramme de M. Chamberlain les
convoque au Colonial Office à Londres pour
cette époque en vue de parfaire certains ar-
rangements financiers.
Bruxelles, 11 octobre.
Les généraux Botha et Delarey, accompa-
gnés de M. Ferreira, gendre de ce dermier,
sont revenus à Bruxelles ce soir, é 6 h. 30.
Le généml Dewet est resté en Hollande.
li semble se confirmer qu'un désaccord a
éclaté entre les trois généraux.
J'ai demandé à Botha et à Delarev la rai-
son de l'absence de Dewet, mais ils ont ab-
solument refusé de répondre. Je crois savoir,
toutefois, que Dewet arrivera dimanche soir
pour rejoindre ses compagnons et partir avec
eux pour Paris.
A l'arrivée du train, ce soir, la gare était
encore occupée par des soldats d'infanterie,
et à l'extérieur se tenait un fort détachement
de police. Il y avait du monde sur les quais,
mais peu d'enthousiasme. Il semble qu'un
revirement se soit produit dans le public.
Quelques rares cris de ci Vivent les Boërs!
se sont fait entendre.
Ay dehors, il n'y a eu aucune manifesta-
tion, de même que devant l'hôtel où l'on s'est
borné à regarder descendre de l'omnibus de
l'hôtel les généraux.
Botha n'est resté que quelques instants
avec Delarey il est ensuite retourné à son
domicile particulier, rue Crespel.
L'attitude de la foule, ce soir, a singuliè-
rement contrasté avec l'accueil enthousiaste
qu'avaient reçu dernièrement les généraux.
UNE AFFAIRE DE GHAHÎAGE
Nous avons conté dans quelles circonstan-
ces un individu disant se nommer Filizio Ma-
letla et une jeune femme, sa maîtresse,
avaient été mis en état d'arrestation sur la
plainte d'un capitaine de la garnison de Pa-
ris qui avait été surpris dans le bois de Viro-
flay en conversation galante avec une femme
mariée, Mme X.
Sur commission rogatoire de M. Mangin-
Bocquet, juge d'instruction du parquet de
Versailles, M. Martin, commissaire de police
aux délégations judiciaires, a opéré, hier,
deux perquisitions l'une au domicile du soi-
disant Filizio Maletta, qui se nomme en réa-
lité Mallet, 43, rue de Jussieu, l'autre 18, rue
d'Alembert, dans un logement occupé par sa
complice, nommée Berthe Richard.
Dans la chambre qu'avait louée Mallet; au
deuxième étage, rue de Jussieu, M. Martin a
saisi une valise toute neuve en cuir janne
contenant le costume du pseudo garde-chasse
ainsi que la plaque en cuivre qu'il apposait
sur son veston et sur laquelle étaient écrites
ces trois phrases Respect aux propriétés
La loi Garde particulier »
Cette piaque, qui était en quelque sorte la
Ils étaient en plein bois, à ia Fontaine-aux-
Joux. L'endroit est dangereux, la falaise à
pic et le torrent roule en cascades sur des ro-
ches à cent pieds au-dessous. L'homme qui
venait de crier n'avait pas suivi les autres.
En bas, sautant de pierre en pierre, il lon-
geait la Loue. On voyait comme un. vague
point lumineux, feu follet de l'ablme, se mou-
voir sa lanterne au fond du trou noir.
Après un détour pénible, on le rejoignit.
Là, gisait Hélène, le crâne sanglant, le
corps tordu, les jambes, les bras brisés.
Rodolphe se précipita sur elle et l'enlaça
avec des cris de folie.
Déjà les ouvriers avaient coupé des bran-
ches et fait un brancard. On emporta l'en-
fant, l'enfant si heureuse de vivre l'affreuse
chiite avait fait d'elle une misérable loque
humaine des os pointaient, horrible 1
hors des chairs 1.
Pourtant, elle vivait? Oui, elle vivait, car,
de cette loque de sang, de ces meurtrissures,
un gémissement s'échappa comme un souf-
fle de moribonde.
Lentement, évitant les secousses, ils rie-
montaient.
Au château, elle vivait encore, mais si fai-
ble qu'on n'osait porter la main sur ses pau-
vres membres, dans la peur de réveiller ses
tortures. Si elle devait mourir, mieux valait
qu'elle mourût sans reprendre connaissan-
ce.
Se trouvait-on en présence d'un accident,
ou bien d'un crime
Le médecin la jugea perdue un jour, deux
jours d'agonie, et ce serait tout!
Alors Rodolphe envoya deux dépêches
l'une à Jean Montaubry, le fiancé d'Hélène
l'autre à un lieutenant d'infanterie en garni-
son à Besançon, Henri Devalaine, frère de
lait de la jeune fille et qu'Hélène aimait à
l'égal de Rodolphe.
Les deux dépêches portaient
justification. de la qualité qu'il s'était appro-
priée était ingénieusement dissimulée sous
une sorte de fausse poche qu'il relevait au
moment voulu.
Un sifflet en argent, comme en ont les
gardes pour appeler leurs chiens, plusieurs
bouteilles d'encre de couleurs variées et des
encriers portatifs ont été également trouvés
et mis sous scellés.
Dans le logement de Berthe Richard, la
perquisition opérée par M. Martin a amené
la découverte d'une volurrifeeuse correspon-
dance dont la lecturé ne laisse aucun doute
sur les moyens d'existence de cette femme,
qui peut être classée dans la catégorie des
maîtres chanteurs de premier ordre.
Du reste, elle a été à hnnne école, car il est
établi qu'avant de connaître elle a été
la maltresse d'un individu nommé Révillard
qui avait fondé rue Montmartre la fameuse
agence des « Clés perdues » et qui fut con-
damné pour extorsion de fonds à cinq an-
nées d'emprisonnement.
Les objets saisis tant au domkile de Mallet
qu'à celui de sa complice vont être transmis
aujourd'hui au parquet de Versailles.
A L'ETRANGER
MALVERSATION EN B0HÊM8
Prague, 10 octobre.
A la suite du décès d'un des hautes fonction-
naires de la Caisse des emprunts de Saint-
Wenceslas, on vient de découvrir de grandes
malversations.
Le président, M. Drozd, et le teneur de li-
vres Kollont, ont été arrêtés.
De nouvelles arrestations sont imminentes.
Selon les journaux, trois millions de cou-
ronnes auraient été détournés.
Ces malversations seraient réparties sur
vingt années.-
INCENDIES DE FORÊTS M 6RÈCE
Athènes, 11 octobre.
L'incendie de la forêt de Pikermi a conti-
nué hier soir et pendant toute la nuit.
Le ministre de l'Intérieur s'est rendu sur
les lieux.
De nouvelles troupes de la gendarmerie
ont été envoyées d'Athènes.
On dit que' les paysans ont refusé d'aider
les autorités.
LES ÉMEUTES D'AIGÊSIRAI
Il octobre.
Suivant les dernières dépêches officielles
de la Linea, près d'Algésiras, la tranquillité
est rétablie.
Les ouvriers ont repris aujourd'hui leur
travail.
Huit émeutiers arrétés ce matin seront
jugés par le conseil de guerre.
Madrid, 11 octobre.
Une dépêche de La Linea dit que de nom-
breux gruupes de grévistes se sont rendus au
cimetière afin de s'emparer des cadavres des
.victimes de la collision de jeudi. La cavale-
rie a dispersé les manifestants.
Le bruit court qu'il y a eu jeudi dix tués
dont une femme et un enfant.
EN CRIME AU miinu
Berlin, 11 octobre.
On mande de Caracas, 10 du courant:
L'administrateur de la Société de plantage
du Venezuela, M. Adam Russe), a été trouvé
assassiné et dépouillé sur la route condui-
sant au plantage Caracaca.
Le gouvernement a immédiatement dési-
gné un magistrat qu'il a chargé d'ouvrir une
enquête.
On dit que le crîtne aurait été commis par
des adhérenls des révolutionnaires.
LES TRIBUNAUX
LE COCHER INFIDÈLE
M. Hulimann, fabricant de meubles, vou-
lant faire transporter de ses ateliers à son
magasin un meuble de grand travail qu'il es-
tiirurt 6,000 francs, s'était adressé à un entre-
preneur de déménagements qui chargea son
cocher, Charles M-auveri, d'effectuer ce trans-
port.
Mais Mauveri, au lieu de s'acquitter de sa
mission, se dirigea tout droit chez un bro-
canteur, à qui il raconta qu'il était chargé
par son patron de vendre le meuble.
Au premier coup d'oeil, le brocanteur éva-
lua le meuble 300 francs et en donna 220 au
cocher. Mais le cocher parti, le brocanteur
ayant plus à loisir examiné le meuble et s'é-
tant ainsi rendu compte de sa véritable va-
leur, s'empressa d'aller prévenir l'entrepre-
:leur de déménagements, ce qui permit de dé-
couvrir l'indélicatesse du cocher Mauveri,
que le tribunal correctionnel a condamné à
trois mois de prison avec sursis.
POUR UN LAPIN
M. Dufois, un boulanger de la rive gauche,
avait deux chats, et sa concierge avait un
lapin. Les deux chats ayant mangé le lapin,
M. Dufois dut se résigner, pour apaiser sa
concierge, à faire aux mânes de son lapin,
le sacrifice de ses deux chats. Il alla donc
chez un pharmacien qui lui remit, à destina-
tion des deux chats, et avec toutes les recom-
mandations d'usage, un gramme de cya-
nure de potassium.
Jusqu'ici l'histoire n'est que comique. Elle
allait finir tragiquement. Depuis longtemps,
Mme Dufois avait des idées de suicide, et
tandis que son mari était à la cuisine, elle
se retira dans sa chambre et avala le poison
destiné aux chats. Tous les soins qui lui fu-
rent pradigués restèrent inutiles, et Mme
Il Un grand malheur. Venez vite, coûte.
» que coûte »
La nuit se passa sans au'Hélène reprit con-
naissance. Au matin, ek.e eut le délire entre-
coupé d'accès de fièvre' chaude. Elle poussait
des cris déchirants. A force de morphine, le
médecin calma ses tortures. Elle fut plus
tranquille. A midi, elle n'avait encore reconnu
personne. Elle retomba en léthargie jusqu'à
six heures. A six heures, ses grands yeux
s'ouvrirent, ses yeux célestes, des yeux
d'ange. Et longuement elle regarda la mar.
quise qui priait à genoux et trois hommes,
!rois jeunes gens, robustes, beaux et fiers,
pâles à faire pitié et qui pleuraient près de
son lit les deux frères, le fiancé. Et tous
trois se tenaient par les mains, comme s'ils
avaient voulu, devant cette souffrance physi-
que, unir leurs cœurs pour l'avenir .̃
Le regard de la blessée s'anima, se fit plus
vivant elle les reconnaissait.
Les trois murmurèrent, comprenant et la
voix étouffée de sanglots
Hélène Héiène Oh ma pauvre chère
enfant!!
Pour chacun des trois, l'enfant aux yeux
bleus eut un sourire, sourire divin, si près de
lu mart Et tout à coup, ils se penchèrent, de-
vinant qu'elle voulait parler!
• Ecoutez. écoutez bien. car il faut que
vous sachiez. dit-elle haletante. Je reve-
nais par la forét. quand un homme se
dresse devant moi. comme s'il m'atten-
dait. Denis Valerand. Il m'avait menacée,
déjà. en me reprochant sa misère. depuis,
je ne l'avais plus revu. Il s'est jeté sur moi
comme une béte fauve et il disait Ton père
a été impitoyable. parce que je lui devais
de l'argent. il nous a chassés de notre
ferme, moi, ma femme, ma fille. ma fem-
me en est morte. de trop souffrir. je suis
devenu un vagabond. tandis qu'autrefois,
personne n'avait rien il. me reprocher. J'ai
Dufois ayant succombé, lé pharmacien qui
avait vendu le cyanure fut poursuivi devant
la dixième chambre, qui l'a condamné à
100 francs d'amende pour infraction à la loi
du 19 juillet 1845 sur l'exercice de la phar-
LECCI AUX ASSISES
Lecca, le fiancé de Casque d'Or, l'un des
chefs de la bande des Apaches, comparaî-
tra les 20 et 21 octobre devant la cour d'as-
sises présidée par M. Mimande, sous l'in-
culpation de vcd qualifié. Il sera défendu
par Me Gaston Housset.
UN BIGAME
M. Marius-Honoré Aubert, professeur dans
l'institution tenue à Neuilly par M. Fauvel
avait, en 1880, épousé une demoiselle Dumas
tf^t il eut un fils. A la suite de revers de for-
I M. Aubert quitta sa femme et son en-
faut, et, deux ans après, il épousait la belle-
soeur du directeur de l'institution de Neuilly
où il avait réussi à se faire agréer comme
professeur.
Sa première femme ayant fini par trouver
son adresse, M. Aubert comparaissait hier
devant la cour d'assises pour bigamie.
Son avocat, Me Lacan, a invoqué en sa fa-
veur un original moyen de défense il a sou-
tenu que le second mariage n'ayant pu être
consommé, il n'y avait pas bigamie.
Le moyen a paru décisif au jury qui a ac-
quitté M. Aubert.
NOUVELLES JUDICIAIRES
La chantbre des vacations vient d'ordonner la
mainlevée du conseil judiciaire qui avait été pn
lsya, donné il M. Ismaël de Lesst-ps, ancien ofli-
cier de cavalerie, tils de M. Ferdinand de Les-
seps.
TERRIBLE ACCIDENT
IDe notre correspondant particulier)
Avranches, 11 octobre.
Un terrible accident, qui prouve une fois
de plus qu'on ne saurait prendre trop de pré-
cautions en maniant tes armes à feu, vient
de se produire à la Chapelle-Urée, petite lo-
calité du canton de Brécev.
Le fils du maire, M. "François Desfoux,
âgé de vingt-quatre ans, revenu depuis le 24
septembre de son service militaire, était oc-
cupé à décharger un fusil.
Tout à coup une détonation retentit et le
coup, faisant balle, atteignit le malheureux
jeune homme à l'aine..
On se précipita à son secours tous les
soins furent inutiles. L'artère fémorale avait
été affreusement mutilée et la mort presque
instantanée.
ASPHYXIES DANS UNE CU VE
IDe notre correspondant parliculiari
Lens, Il octobre.
Un terrible accident s'est produit hier,
vers cinq heures du soir, dans la fabrique de
sucre de M. Caron, à Liévin.
Un ouvrier, Paul Leclercq, âgé de trente
ans, était descendu dans une cuve où s'était
trouvé du. jus carbonaté, lorsque soudain il
s'affaissa étourdi par les gaz délétères qui
s'échappaient du vaste récipient. Un neveu
du malheureux, Auguste Delarue, n'aperce-
vant plus son oncle, se pencha sur le bac et
le voyant inanimé se porta à son secours,
mais il subit le même sort Eugène Delarue,
son frère, qu'il avait appelé, descendit à son
tour dans le réservoir tout en prenant la pré-
caution de se faire attacher une minute
après on l'en retirait sans connaissance.
MM. Eugène Leclercq et Roussel, ouvriers
de l'usine, tentèrent, sans prendre les mê-
mes précautions, le sauvetage des victimes
et furent également frappés par l'asphyxie.
Enfin, un surveillant de la fabrique, Au-
gustin Dambrine, sans se laisser influen-
cer par les terribles échecs obtenus, se fit
descendre dans la cave et remonta tout
d'abord deux des malheureux asphyxiés et
peu après toutes les victimes.
Les docteurs Biat et Duquesnoy, appelés
en toute hâte par NI. Caron, propriétaire de
la fabrique qui s'était également dévoué
pour procéder au sauvetage de ses ouvriers,
prodiguèrent leurs soins aux asphyxiés qui
tous, sauf Paul Leclercq qui ne tarda pas à
expirer, ont pu être rappelés à la vie et sont
actuellement dans un état aussi satisfaisant
que possible.
Les causes de l'accident sont bien d'a-
,près l'enquête, le résultat d'un dégagement
de gaz acide carbonique qui s'est produit
au fond de la cuve cependant, chose sin-
gulière, une lampe à huile placée auprès du
malheureux Paul Leclercq ne s'est pas
éteinte pendant tout le temps qu'a pris ce
pénible sauvetage.
Ce triste accident a causé une profonde
émotion dans la population lévinoise.
DRAME DE L'ALCOOLISME
Depuis quelques semaines, M. Jean D.
âgé de quarante ans, maraîcher demeu-
rant route Nationale à Maisons-Alfort, don-
nait des signes fréquents d'aliénation men-
tale causée par l'abus de l'alcool.
A différentes reprises, il avait attenté aux
jours des membres de sa famille et aux
siens, mais grâce à l'intervention des voi-
sins ses projets n'avaient pu être mis à exé-
cution.
Depuis ce temps, on avait exercé sur lui
une active surveillwce.
Hier matin, cependant, Jean D. s'ar-
mant d'un revolver chargé fit feu à plusieurs
reprises sur sa femme et son fils, Louis,
âgé de quinze ans.
juré que tu paierais pour ton père. je tiens
purole. Voilà huit jours que je te guette.
Viens Il Il voulait m'entralner. Je me dé-
battais. sa main sur ma bouche m'empê-
chait de crier. Je l'ai mordue. le sang jail-
lit. l'homme jura. c'était affreux. et il
disait « Viens, petite, je n'en veux pas à ta
vie. je veux mieux que ça 1. » Il approcha
ses lèvres des miennes. je sentis son souf-
fle. Et il avait des yeux terribles.
Elle s'arrêta, à bout de forces, le visage
contracté
Je souffre. par pitié. un peu de mor-
phine.
Elle parut s'endormir. Une heure s'écoula.
Ils attendaient. Ils n'avaient prononcé qu'un
mot, un seul, à voix basse, entre eux
Denis Valerand!
Au bout d'une heure, elle reprit, plus iai-
ble ♦
Je me vis perdue. je le suppliai. il
riait. il cherchait toujours mes lèvres.
alors, je me mis à ses genoux. je ne sais
plus ce que je lui ai dit. seulement, je lui
parlai de sa fille. de sa fille Henriette. qui
a presque mon âge. et qu'il adore. je com-
pris qu'il s'attendrissait. que je l'avais
vaincu. j'avais placé entre lui et moi
l'image de son enfant. et il reculait. il
n'osait plus me toucher. et il prit la fuite.
disparut. moi, je m'évanouis. et je restai
là une heure, deux heures, morte.
EUe haletait
Un peu de morphine, encore. Je souffre
trop. je ne pourrai pas tout dire.
Elle eut une syncope qui dura longtemps.
Elle ne se réveilla qu'au milieu de la nuit. Ils
n'avaient pas quitté son lit, dans un morne
et tragique silence. Elle ouvrit enfin les yeux.
Plus de lumière dans son regard. La fin ap-
prochait. Elle paria. Et l'on eût dit qu'une
morte rêvait et que le murmure de cette voix
venait de la tombe
Ce dernier a eu la Jambe et le pied droits
traversés par les projectiles.
Jean D. a été laissé a la garde de sa
famille.
Le Président de la République est parti
hier soir par le train de 10 heures, pour Va.
lence.
La gare de Lyon avait été décorée, comme
pour tous les départs présidentiels, de tentures
rouges et de drapeaux en faisceaux. Se trou-
vaient sur le quai MM. Combes, président du
Conseil, et Edgar Combes Maruéjouls, mi-
nistre des Travaux publics Chaumié, minis-
tre de l'Instruction publique Combarieu, chef
de cabinet de M. Chaumié le général V oyron,
Mollard, chef du protocole; le général Faure-
Biguet, gouverneur de Paris le commandant
Reibell et le capitaine Surer, de la maison mi.
litaire du Président.
Etaient également présents
MM. Noblemaire, directeur de la Compa-
gnie P.-L.-M. Berquet, chef de l'exploita-
tion Baudry, chef du matériel et de la trac-
tion.
M. Dervillé. président du conseil d'admi-
nistration, étant souffrant, s'était fait repré-
senter.
Quand M. Loubet est descendu de son lan-
dau, une chaleureuse ovation lui a été faite
par les nombreux curieux qui formaient la haie
sur son passage.
On annonce pour aujourd'hui l'arrivée S
Paris du commandant du croiseur-école ar.
gentin Presidente-Sarmiento, de l'état-major
et des élèves asnirants.
Pendant les deux jours qu'ils sont restés au
Havre, les officiers et les élèves ont visité les
établissements industriels de la ville, notam-
ment les ateliers Schneider, les docks et entre-
pôts, le champ de tir du Hoc et le transatlan-
tique la Savoie.
On annonce qu'avant de retourner au Havre,
ils seront reçus par le Président de la Répu-
blique.
Les musiques militaires se feront entendre
aujourd'hui, pour la dernière fois de J'année,.
dans les squares et jardins publics.
o
Le tour du monde en 40 jours.
A l'histoire des records battus appartient
désormais la prouesse encore récente des jour-
nalistes canadiens et français qui firent en
soixante jours le tour de la planète accompli,
au figuré, en quatre-vingts jours par Phileas
Fogg, le héros de Jules Verne.
Sur la convocation de M. Peare, représen-
tant du chemin de fer de la Chine orientale,
une réunion des directeurs des Krincinales
Compagnies de chemins de fer d'Europe vient
d'avoir lieu à Paris. Cette réunion avait pour
but de faciliter les trajets en chemin de fer
des principales villes européennes à Pékin. Il
a été décidé, notamment, que des billets di-
rects pour les localités desservies par le Trans-
sibérien et pour Pékin seraient délivrés au
Havre et à Cherbourg, ports d'attache dea
grands paquebots.
Enfin, cette conférence internationale a ré-
solu le problème du tour du monde en quarante
jours.
Sur la proposition du directeur de l'Ouest
français, les mandataires des autres compa-
gnies représentées se sont, en effet, montré:
disposés à une entente avec les Compagnies
de navigation transatlantique et transpacifi-
que. Le tour du monde en quarante jours
pourra être effectué, grâce aux billets directs
de Paris-Cherbourg-New-York-San-Francisc»
Pékin et le Transsibérien ou vice versa.
Ces billets de « tour du monde » vont per»
mettre à tout globe-trotter de battre de moitié
le record de Phileas. Une paille
M. Yallé, garde des Sceaux, accompagné
par MM. Lémery et Monentheuil, chefs ad-
joints de son cabinet, présidera demain, à
Vesoul, le grand banquet organisé par les co-
mités républicains.
M. Bérard, sous-secrétaire d'Etat des Poste!
et Télégraphes, est parti hier matin pour Avi-
gnon, d'où il doit se rendre à Cadenet afin
d'inaugurer le groupe scolaire de cette ville.
Il est accompagné de M. Abel Bernard, dé-
puté de Vaucluse, et de M. Salomon, son chef
de cabinet.
M. Georges Paulet, directeur au ministère
du Commerce, représentera le ministre du
Commerce à l'inauguration du nouvel hôtel due
la caisse d'épargne de Sens.
De grandes fêtes auront lieu à cette occa-
sion, aujourd'hui dimanche, dans cette localité.
La réfection des peintures du porclie de
Saint-Germain-l'Auxerrois vient d'être décidée
par M. Chaumié, ministre des Beaux-Arts; la
dépense serait supportée moitié par la Ville
de Paris, moitié par le ministère.
Entre dentistes marseillais
Mon cher, dernièrement, pour le compte
du gouvernement, je fus chargé de plomber la
dent du Midi.
Oh et moi, le sultan vient de m'envoyer
une requête pour que je mette un râtelier aux
bouches du Danube.
C'était la nuit. j'entendis sonner dix
heures au loin. je me relevai. trem.
blante. Je pris par le sentier des Roches,
le long des falaises. de la Loue. Il pleu-
vait. j'avais rabattu sur ma tête le capu-
chon de ma pèlerine. je courais. j'avais
peur. Et voilà, soudain, deux bras qai m/en- y
veloppent, par derrière. me renversent. et
des lèvres. des lèvres infâmes qui écra.
sent mes lèvres. sans un mot. Je crie
Il Denis Denis Ah lâche lâche 'n i
ci Je me dégage de l'étreinte et je me pré-
cipite. En bas le torrent. je perds pied.
je me sens dans le vide. emportée.. puis
un choc. mes membres se brisent. le
monde s'écroule sur moi. et puis. et puits,
plus rien.
Ils écoutent. A peine, maintenant, peuvent-
ils percevoir ce qu'elle dit.
Ils e vivent plus. Leur cœur ne bat plus.
Et avec son regard céleste, voici le derme:
mot de la vierge
Rien ne ternira mon souvenir. Voilà
ce que j'ai voulu. Adieu. Jean. toi qui avais
reçu tonte mon ame. Adieu, mon Rodolphe,
frère chéri. Adieu, bonne tante adieu
mon pauvre Henri. A l'outrage odieux, j'ai
préféré la mort. Nous étions trop heureux.
Je vais vous aimer dans l'éternité.
Ils croient que c'est fini.
Mais non, les lèvres s'agitent encore.
disant des paroles d'amour.
Rodolphe se penche.
Hélène Hélène
C'est lui qui va recueillir son dernier sout
fle.
Il demande
Alors. c'est Denis Valerand
Oui
Et ce fut tout. Elle était morte.
(A suivre.) JULES MARY.
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