Titre : La Revue du bien dans la vie et dans l'art / dir. Marc Legrand
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1904-03-01
Contributeur : Legrand, Marc (1865-1908). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328589908
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 mars 1904 01 mars 1904
Description : 1904/03/01 (A4,N3). 1904/03/01 (A4,N3).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5523335x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-Z-1499
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/01/2011
Dans le frisson du rêve et du premier serment,
Amour, ton horizon attire infiniment ;
Toute la vie alors s'ouvre sur ta lumière.
Et puis plus tard, après des jours d'illusions,
Nous sentons tout à coup dans notre âme sincère
Grandir la vanité triste des passions.
II
Conseil
Poète qui descends vers les mauvaises villes,
Le laurier vert aux doigts et l'espérance aux yeux,
N'écoute pas l'appel des idoles stériles ;
Garde le vierge éclat de tes songes heureux,
Sois pur comme le fleuve ondoyant et joyeux
Qui coule solitaire aux berges immobiles
Et reflète en ses eaux le silence des îles
Et la sérénité des crépuscules bleus.
Que ton coeur riche encor s'ouvre à la Bien-Aimée
Qui t'attend simple et blanche à l'ombre parfumée
Pour te tendre ses yeux profonds comme les soirs.
Les chagrins n'auront pas terni ton vers sonore
Et dans le ciel béni de vos jeunes espoirs,
L'Amour se lèvera plus chaste que l'Aurore.
III
Solitude
Si, blessé d'un amour impossible à guérir,
■ Ton coeur maudit tout bas le tourment qu'il déplore,
Sans profaner jamais le dieu qui te dévore,
Garde la volupté cruelle de souffrir.
Attendris-toi devant le grand ciel de saphir
Et chante ta douleur immense dans l'aurore ;
Le fleuve et le rocher comprennent mieux encore
Qu'un coeur indifférent qui ne sait pas chérir.
Evite la pitié complaisante et facile
De ceux qui n'ont connu que le bonheur tranquille,
Ne livre pas ton âme à leur vague regret.
Garde l'intimité de ta peine profonde ;
Leur consolation ne vaut pas le secret
De préférer deux yeux à la beauté du monde.
GPage(C? FémininecCJ
LTA^T HT JlK FEJVHVÏE
NIR l'art et la femme
n'est-ce pas réaliser
une harmonie vérita-
blement naturelle?
Ne croyez pas que
je veuille parler seule-
'-, ment de la femme ar-
>/ tiste, de l'exception-
nelle s'adonnant à un
art spécial. Non, je
parle de toutes les
femmes, sans excep-
tion, qui mettent de
l'art dans leur vie. C'est tout autre chose, je vous
assure. De l'art dans cette pauvre vie ordinaire et
monotone, dans ces petites choses obscures et mo-
destes qui forment la trame de notre destinée ter-
restre, qu'on relève ainsi d'une envolée, qu'on rend
moins laides, plus attayantes, plus consolantes ;
cela, c'est de l'art dans sa haute signification.
Mettre de la beauté dans une vie modeste, com-
mune, n'est-ce pas, comme on le dit couramment,
le comble de l'art?
L'être le plus simple, le moins lettré peut évo-
quer cette chose lumineuse qui embellit nos actes,
rehausse notre simplicité, ennoblit notre existence.
A plus forte raison les intellectuelles et les culti-
vées sauront-elles le mêler à leur vie, à leur foyer.
L'art est une noblesse, mesdames, et j'ajoute
que pour l'esprit subtil et religieux, l'art est com-
parable à une passerelle qui conduit des sommets
de la terre à l'entrée des cieux,
Je le répète, je ne parle pas seulement de la mu-
sique, de la peinture ou de la poésie qui magnifient
la vie de l'artiste, je parle de cet art de vivre qui
se mêle à nos labeurs, à nos goûts, à nos occupa-
tions quelles qu'elles soient.
Point de vil métier si la pensée de l'ouvrière le
grandit,, d'où le proverbe vulgaire. « Il n'est point
de sot métier, il n'est que de sottes gens. » Tout
métier peut être un art. L'artiste véritable ne voit
pas la réalité telle qu'elle est, mais telle qu'il est.
il y met de soi et ainsi la transfigure. Que d'êtres
ne prennent les choses que dans leur sens le plus
restreint, le plus matériel, au lieu de faire sortir
l'idée qu'elles contiennent ■—tel le lapidaire qui dé-
gage le diamant de ses scories!
Un exemple me fera mieux comprendre. J'ai
Amour, ton horizon attire infiniment ;
Toute la vie alors s'ouvre sur ta lumière.
Et puis plus tard, après des jours d'illusions,
Nous sentons tout à coup dans notre âme sincère
Grandir la vanité triste des passions.
II
Conseil
Poète qui descends vers les mauvaises villes,
Le laurier vert aux doigts et l'espérance aux yeux,
N'écoute pas l'appel des idoles stériles ;
Garde le vierge éclat de tes songes heureux,
Sois pur comme le fleuve ondoyant et joyeux
Qui coule solitaire aux berges immobiles
Et reflète en ses eaux le silence des îles
Et la sérénité des crépuscules bleus.
Que ton coeur riche encor s'ouvre à la Bien-Aimée
Qui t'attend simple et blanche à l'ombre parfumée
Pour te tendre ses yeux profonds comme les soirs.
Les chagrins n'auront pas terni ton vers sonore
Et dans le ciel béni de vos jeunes espoirs,
L'Amour se lèvera plus chaste que l'Aurore.
III
Solitude
Si, blessé d'un amour impossible à guérir,
■ Ton coeur maudit tout bas le tourment qu'il déplore,
Sans profaner jamais le dieu qui te dévore,
Garde la volupté cruelle de souffrir.
Attendris-toi devant le grand ciel de saphir
Et chante ta douleur immense dans l'aurore ;
Le fleuve et le rocher comprennent mieux encore
Qu'un coeur indifférent qui ne sait pas chérir.
Evite la pitié complaisante et facile
De ceux qui n'ont connu que le bonheur tranquille,
Ne livre pas ton âme à leur vague regret.
Garde l'intimité de ta peine profonde ;
Leur consolation ne vaut pas le secret
De préférer deux yeux à la beauté du monde.
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NIR l'art et la femme
n'est-ce pas réaliser
une harmonie vérita-
blement naturelle?
Ne croyez pas que
je veuille parler seule-
'-, ment de la femme ar-
>/ tiste, de l'exception-
nelle s'adonnant à un
art spécial. Non, je
parle de toutes les
femmes, sans excep-
tion, qui mettent de
l'art dans leur vie. C'est tout autre chose, je vous
assure. De l'art dans cette pauvre vie ordinaire et
monotone, dans ces petites choses obscures et mo-
destes qui forment la trame de notre destinée ter-
restre, qu'on relève ainsi d'une envolée, qu'on rend
moins laides, plus attayantes, plus consolantes ;
cela, c'est de l'art dans sa haute signification.
Mettre de la beauté dans une vie modeste, com-
mune, n'est-ce pas, comme on le dit couramment,
le comble de l'art?
L'être le plus simple, le moins lettré peut évo-
quer cette chose lumineuse qui embellit nos actes,
rehausse notre simplicité, ennoblit notre existence.
A plus forte raison les intellectuelles et les culti-
vées sauront-elles le mêler à leur vie, à leur foyer.
L'art est une noblesse, mesdames, et j'ajoute
que pour l'esprit subtil et religieux, l'art est com-
parable à une passerelle qui conduit des sommets
de la terre à l'entrée des cieux,
Je le répète, je ne parle pas seulement de la mu-
sique, de la peinture ou de la poésie qui magnifient
la vie de l'artiste, je parle de cet art de vivre qui
se mêle à nos labeurs, à nos goûts, à nos occupa-
tions quelles qu'elles soient.
Point de vil métier si la pensée de l'ouvrière le
grandit,, d'où le proverbe vulgaire. « Il n'est point
de sot métier, il n'est que de sottes gens. » Tout
métier peut être un art. L'artiste véritable ne voit
pas la réalité telle qu'elle est, mais telle qu'il est.
il y met de soi et ainsi la transfigure. Que d'êtres
ne prennent les choses que dans leur sens le plus
restreint, le plus matériel, au lieu de faire sortir
l'idée qu'elles contiennent ■—tel le lapidaire qui dé-
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Un exemple me fera mieux comprendre. J'ai
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