Titre : Journal amusant : journal illustré, journal d'images, journal comique, critique, satirique, etc.
Éditeur : Aubert et cie (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-01-16
Contributeur : Philipon, Charles (1800-1862). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327966940
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 37721 Nombre total de vues : 37721
Description : 16 janvier 1864 16 janvier 1864
Description : 1864/01/16 (N420). 1864/01/16 (N420).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5501025b
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, LC2-1681
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 17/01/2011
420.
JOURNAL AMUSANT. 1
CROQUIS DE CHASSE, — par G. RANDON
Comme quoi il n'est pas toujours agréable que
le gibier vous parle entre lès jambes.
— Il faut que je vous dise, mossieu, que je suis membre
de la société protectrice des animaux; par conséquent, vous
comprenez...
— Oui, mais alors pourquoi vous mettez-vous en campa-
gne affublé de cet appareil cynégétique.-
•—Ma foi, mossieu, c'est pour tuer le temps.
— Cristil il a reçu deux coups de fusil, et il
demande encore à courir... faut avouer que
voilà un lièvre qui est un fameux lapin 1
ant, un confrère, est allé l'autre jour rendre visite à ce
sciculteur oublié !
Il l'a trouvé morne et regardant avec une fixité ma-
iaque une cuvette dans laquelle stagnait de l'eau par-
lement inhabitée.
— Eh bien, cher collègue?... fit le second savant en
titrant.
M. Coste releva lentement la tête.
— Eh bien, cher collègue, et ces poissons?
— Hélas!
— Ils vous ont trahi! c'est bien mal De sorte,
non pauvre ami, que vous ne croyez plus à la piscir
ulture ? ■ :
— Vous vous trompez, monsieur, bondit M. Coste.
é crois... mais malheureusement je ne multiplie pas !
Les feuilles graves publiaient cette semaine des cor-
espondances de Madagascar.
On lisait dans celle du Constitutionnel :
" Le premier ministre est presque loiijours.ivre. »
En pareil cas on se tait et l'on admire.
On a trouvé le mot, à propos delà Maison de Penarvan.
— Molière avait fait le Bourgeois gentilhomme, San-
eau a voulu faire le Gentilhomme bourgeois.
Entre coepttes :
— Figure-toi, ma chère...-une infamie... c'est à n'y
en comprendre... la veille encore j'étais au mieux
vec ce monstre d'homme-là!... A preuve que nous al-
">s voir ensemble la revue des Délassements... et puis
'ac ! le lendemain il me lâche.
~~ Daine ! aussi pourquoi le mènes-tu voir Lâchez tout!
. . .- .* :.'.'''..
,'■■**
Çeigriéur, préservezrmoi, préservez ceux que j'aime,
avoir jamais besoin d'une garde-malade !
On a illustré cette classe sociale d'une foule de coups
* crayon.
Mais il y a toujours à retoucher de ci, de là !
Je crois être en mesure d'apporter au portrait une om-
e de plus.
' Un mien ami — l'infortuné 1— tombe malade. Une
fluxion de poitrine! Il est seul. La garde est une néces-
sité cruelle.
Il en vient une.
Pendant tout le cours de la première nuit, mon ami"
remarque qu'elle semble inquiète, gênée, irritée.
On dirait qu'il lui manqué quelque chose.
Le lendemain matin , en effet, l'intéressante matrone
aborde carrément le lit du malheureux, et d'un ton sec :
— Monsieur, je m'en vas.
-r- Comment ! vous vous en allez?
-— Oui, monsieur. Je n'aime pas à soigner les malades
qui se retiennent d'avoir le délire pour surveiller ce que je
fais!
PIERRE VÉRON.
CHRONIQUE THÉÂTRALE.
Le directeur des Bouffes-Parisiens a battu le rappel ;
les artistes, disséminés dans les théâtres de Paris et de
la province, sont revenus. Les voici tous : Désiré, Léonce
et Pradeau , les 'joyeux compères ! Voici mademoiselle
Géraldine, Une gracieuse comédienne, une parfaite can-
tatrice; mademoiselle Irma Marie, une débutante qui
porte un nom déjà célèbre à l'Opéra-Comique ; Zulma
Bouffar, une petite Parisienne qui a grandi en Allemagne.
— Y sommes-nous, mes enfants? Oui. Au rideau.
Et la toile se lève sur un prologue en vers qui n'est
pas mal;
Quinze minutes d'entr'acte !
Voyons la salle.
Elle est charmante, ni trop grande ni trop petite; la
décoration est gaie. Je reconnais bien là le maître Cam-
bon, le décorateur hors ligne.
Toc! toc! toc!
On commence l'Amour chanteur, un acte de MM. Nuit-
ter et Manuel, musique d'Offenbàch!
Si un homme d'esprit peut se tromper au théâtre, il
n'y a pas de raison pour que trois hommes d'esprit ne
se trompent pas également.
On a été très-sévère pour cet acte, et l'on a eu tort,
La tentative en faveur de l'ancienne comédie n'est pas
heureuse, mais elle est honorable. Offenbach a fait ce
qu'il a pu ce jour-là.
On remarque généralement qu'il fait froid dans la
salle; les portes n'étaient pas à leur place le soir de la
première représentation ; depuis tout a été fini, arrangé, .
chauffé.
On ne gèle plus, l'administration assure le spectateur
contre les rhumes de cerveau.
Nouvel entr'acteï
Orgeat! limonade! bière!
Une observation à M. Varney, observation bien in-
nocente.
Quand on entre aux Bouffes par le passage Choiseul,
il faut passer par le café.
Il faudra remédier à cela.
Le théâtre, vu de ce côté, a l'air d'être dans l'arrièrè-
boutique d'un marchand de vin !
Voici des airs joyeux, faciles, entraînants, d'une
gaieté douce! C'est Offenbach des Deux Aveugles qui
reparaît.
Charmante saynette, d'une agréable folie, bien chan-
tée par la gentille débutante Zulma Bouffar et le compère
Désiré. °
Les quelques mélodies de cette opérette deviendront
populaires. Le spectacle est fini. Succès complet.
Passons aux Délassements-Comiques.
Ce joyeux petit, théâtre fait ses adieux au public.
Après Lâchez tout! les maçons de M. le préfet de la
Seine organiseront une petite représentation au bénéfice
de la rue Lafayetté prolongée !
La revue de MM. Blum et Elan est fort amusante.
Que de rondeaux, couplets, calembours et mots spiri-
tuels!
Il y a de la jeunesse et du mouvement dans tout cela.
Bravo !
Grand succès orné d'une quinzaine de jolies femmes!
Chaque année les journalistes font courir le bruit que
la Revue est bien morte! :
Ah bien oui!-
Il y en a partout ! des deux côtés de la Seine, au bou-
levard Montmartre, au boulevard du Temple et à la bar-
rière Pigàlle, au Cercle dramatique, composé d'une
réunion de jeunes gens pour tout faire 1 Ils composent leur
revue, font la musique, brossent les décors, jouent la
comédie, et remplacent les ouvreurs de l'orchestre! La
salle est toute petite,... les actrices aussi.. .Tout le monde
JOURNAL AMUSANT. 1
CROQUIS DE CHASSE, — par G. RANDON
Comme quoi il n'est pas toujours agréable que
le gibier vous parle entre lès jambes.
— Il faut que je vous dise, mossieu, que je suis membre
de la société protectrice des animaux; par conséquent, vous
comprenez...
— Oui, mais alors pourquoi vous mettez-vous en campa-
gne affublé de cet appareil cynégétique.-
•—Ma foi, mossieu, c'est pour tuer le temps.
— Cristil il a reçu deux coups de fusil, et il
demande encore à courir... faut avouer que
voilà un lièvre qui est un fameux lapin 1
ant, un confrère, est allé l'autre jour rendre visite à ce
sciculteur oublié !
Il l'a trouvé morne et regardant avec une fixité ma-
iaque une cuvette dans laquelle stagnait de l'eau par-
lement inhabitée.
— Eh bien, cher collègue?... fit le second savant en
titrant.
M. Coste releva lentement la tête.
— Eh bien, cher collègue, et ces poissons?
— Hélas!
— Ils vous ont trahi! c'est bien mal De sorte,
non pauvre ami, que vous ne croyez plus à la piscir
ulture ? ■ :
— Vous vous trompez, monsieur, bondit M. Coste.
é crois... mais malheureusement je ne multiplie pas !
Les feuilles graves publiaient cette semaine des cor-
espondances de Madagascar.
On lisait dans celle du Constitutionnel :
" Le premier ministre est presque loiijours.ivre. »
En pareil cas on se tait et l'on admire.
On a trouvé le mot, à propos delà Maison de Penarvan.
— Molière avait fait le Bourgeois gentilhomme, San-
eau a voulu faire le Gentilhomme bourgeois.
Entre coepttes :
— Figure-toi, ma chère...-une infamie... c'est à n'y
en comprendre... la veille encore j'étais au mieux
vec ce monstre d'homme-là!... A preuve que nous al-
">s voir ensemble la revue des Délassements... et puis
'ac ! le lendemain il me lâche.
~~ Daine ! aussi pourquoi le mènes-tu voir Lâchez tout!
. . .- .* :.'.'''..
,'■■**
Çeigriéur, préservezrmoi, préservez ceux que j'aime,
avoir jamais besoin d'une garde-malade !
On a illustré cette classe sociale d'une foule de coups
* crayon.
Mais il y a toujours à retoucher de ci, de là !
Je crois être en mesure d'apporter au portrait une om-
e de plus.
' Un mien ami — l'infortuné 1— tombe malade. Une
fluxion de poitrine! Il est seul. La garde est une néces-
sité cruelle.
Il en vient une.
Pendant tout le cours de la première nuit, mon ami"
remarque qu'elle semble inquiète, gênée, irritée.
On dirait qu'il lui manqué quelque chose.
Le lendemain matin , en effet, l'intéressante matrone
aborde carrément le lit du malheureux, et d'un ton sec :
— Monsieur, je m'en vas.
-r- Comment ! vous vous en allez?
-— Oui, monsieur. Je n'aime pas à soigner les malades
qui se retiennent d'avoir le délire pour surveiller ce que je
fais!
PIERRE VÉRON.
CHRONIQUE THÉÂTRALE.
Le directeur des Bouffes-Parisiens a battu le rappel ;
les artistes, disséminés dans les théâtres de Paris et de
la province, sont revenus. Les voici tous : Désiré, Léonce
et Pradeau , les 'joyeux compères ! Voici mademoiselle
Géraldine, Une gracieuse comédienne, une parfaite can-
tatrice; mademoiselle Irma Marie, une débutante qui
porte un nom déjà célèbre à l'Opéra-Comique ; Zulma
Bouffar, une petite Parisienne qui a grandi en Allemagne.
— Y sommes-nous, mes enfants? Oui. Au rideau.
Et la toile se lève sur un prologue en vers qui n'est
pas mal;
Quinze minutes d'entr'acte !
Voyons la salle.
Elle est charmante, ni trop grande ni trop petite; la
décoration est gaie. Je reconnais bien là le maître Cam-
bon, le décorateur hors ligne.
Toc! toc! toc!
On commence l'Amour chanteur, un acte de MM. Nuit-
ter et Manuel, musique d'Offenbàch!
Si un homme d'esprit peut se tromper au théâtre, il
n'y a pas de raison pour que trois hommes d'esprit ne
se trompent pas également.
On a été très-sévère pour cet acte, et l'on a eu tort,
La tentative en faveur de l'ancienne comédie n'est pas
heureuse, mais elle est honorable. Offenbach a fait ce
qu'il a pu ce jour-là.
On remarque généralement qu'il fait froid dans la
salle; les portes n'étaient pas à leur place le soir de la
première représentation ; depuis tout a été fini, arrangé, .
chauffé.
On ne gèle plus, l'administration assure le spectateur
contre les rhumes de cerveau.
Nouvel entr'acteï
Orgeat! limonade! bière!
Une observation à M. Varney, observation bien in-
nocente.
Quand on entre aux Bouffes par le passage Choiseul,
il faut passer par le café.
Il faudra remédier à cela.
Le théâtre, vu de ce côté, a l'air d'être dans l'arrièrè-
boutique d'un marchand de vin !
Voici des airs joyeux, faciles, entraînants, d'une
gaieté douce! C'est Offenbach des Deux Aveugles qui
reparaît.
Charmante saynette, d'une agréable folie, bien chan-
tée par la gentille débutante Zulma Bouffar et le compère
Désiré. °
Les quelques mélodies de cette opérette deviendront
populaires. Le spectacle est fini. Succès complet.
Passons aux Délassements-Comiques.
Ce joyeux petit, théâtre fait ses adieux au public.
Après Lâchez tout! les maçons de M. le préfet de la
Seine organiseront une petite représentation au bénéfice
de la rue Lafayetté prolongée !
La revue de MM. Blum et Elan est fort amusante.
Que de rondeaux, couplets, calembours et mots spiri-
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Il y a de la jeunesse et du mouvement dans tout cela.
Bravo !
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la Revue est bien morte! :
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Il y en a partout ! des deux côtés de la Seine, au bou-
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