Titre : La Presse
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1898-08-04
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Laguerre, Georges (1858-1912). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34448033b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 124274 Nombre total de vues : 124274
Description : 04 août 1898 04 août 1898
Description : 1898/08/04 (Numéro 2259). 1898/08/04 (Numéro 2259).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k548884x
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 16/05/2008
tA PRESSE 4 AOUT !899
MENUS~PROPQS
LENDEMAtNDE NOCES
Pendant les quinze jours qui ont pré-
cédé son mariage, la, jeune fiancée ne se
tenait plus. Elle ne pouvait rester un ins-
tant en place. On aurait dit qu'elle avait
'du vif-argent dans les veines. Elle était
~d'une nervosité extraordinaire. La jeune
tËlle-torpille! Tout son corps était secoué
de mouvements fébriles. Et elle allait, et
elle venait, et elle sautait, et elle habil-
lait, et elle n'écoutait rien de ce qu'on lui
(disait. Plus la date fixée s'approchait, et
{plus son impatience paraissait augmen-
ter. Elle semblait compter les jours, les
iheures, les minutes qui la séparaient en-
'eore du moment, tant attendu, tant espé-
ré, tant désiré, où elle serait initiée aces
''amoureuses joies qu'elle ne connaissait
'encore que par des romans dévorés en
cachette ou par les mots à double entente
imprudemment lâchés devant elle et dont
délicieuse.
Enfin le jour est arrivé, car tout arrive.
Ct)mme toute cette journée-là elle a eu
.~lus de peine que jamais à se contenir! 1
Comme elle était agitée, jierveuse
Comme ses yeux luisaient! Comme on
sentait qu'elle ardait, toute, de penser
que ses curiosités allaient être enfin sa-
tisfaites. Elle avait l'air d'une chatte, à
qui sa maîtresse est en train de verser
du lait dans une soucoupe et qui, d'a-
vance, se pourléche les babines et les
moustaches.
Et lorsque cette journée, qui lui a paru
Si longue, a été finie, lorsqu'on l'a con-
duite dans la chambre npptiale, dans
de temple où son mari l'initiateur
allait la rejoindre, il lui a fallu s'obser"
ver faire un héroïque effort de volonté,
pour garder une attitude calme, ne pas
trahir son allégresse.
s~t
La nuit s'est écoulée.
C'est le matin.
Les premiers rayons du jour pénétrent
par les fentes des volets dans la chambre,
glissent jusqu'au lit conjugal.
Les nouveaux époux sont encore cou-
'chés.
Sur le devant du lit, monsieur dort à
'poings fermés. Il a l'air très las, abruti
'de fatigue. Il est très pâle. Ses cheveux
'sont en désordre. Il a la bouche entr'ou-
verte et de ses lèvres s'échappe un léger
ronflement. ZD
Madame, elle, ne dort pas.
Elle s'est réveillée dès l'aube. Sans
faire de bruit, elle s'est soulevée douce-
ment, s'est assise sur son séant. Et main-
tenant, immobile, muette, elle songe.
Elle compare m pe~o la réalité qui vient
de lui être révélée à ce qu'elle imaginait
dans ses conversations avec ses compa-
gnes ou dans sesinsommies solitaires*
Ce qu'exprime son visage, ce n'est ni
de la joie (oh'non), ni du désespoir, ni
de la colère, ni de la haine: c'est de la
;stupeur.
Sans bouger, osant respirer à peine,
~de peur de l'éveiller, elle contemple avec
.des yeux Sxes le dormeur vanné, abruti,
:qui est là, étendu sur le dos, à côté d'elle.
;Et tout, dans son attitude, dans sa phy-
sionomie, dans son regard, dans son im-
tnobilité, semble dire
–Alors.c'estça;l.'amour?.
11
REMONTRANCE
Rosé est dans un terrible embarras.
Lfne mésaventure lui arrive qui n'a rien
~'extraordinaire, qui est même tout ce
qu'il y a de plus naturel. Il en est arrivé
autant à des quantités de jeunes filles
avant elle, et, après elle, des quantités
d'autres subiront le même sort. Mais cette
!dée qu'on n'est pas la seule victime de
.~a malechance qui vous atteint, est une
faible consolation.
En ce cas fâcheux, elle voudrait un
conseil. Mais à qui se confier ? A ses pa-
tents elle n'ose. Elle craint qu'ils n'ac-
cueillent son aveu par des cris et des ma-
lédictions.
Elle préfère s'ouvrir d'abord à son par-
rain.
Son parrain est un vieux brave homme,
qui passe pour prudent et expérimenté.
'Peut-être doit-il cette réputation à sa ma-
:~iie des vieux proverbes, qui, dit-il, ren-
ferment les meilleurs préceptes, contien-
nent l'humaine sagesse. Il a souvent ap-
pris à Rose ces aphorismes populaires,
en lui recommandant de ne pas les ou-
blier pour se bien conduire dans la vie.
Rosé va donc trouver son parrain.
;Elle lui expose son ennui, non sans beau-
coup de réticences et de circonlocutions.
Quand il a compris, non sans peine, le
digne homme lève les bras au ciel et,
dans ce mouvement, ses lunettes man-
quent de lui choir du nez
Mais, Rosé, ce n'est pas possible!
'–Mon parrain, ce n'est que trop vrai.
Et, pour corroborer son dire, elle se
place de trois, quarts, offrant une sil-
houette d'un embonpoint révélateur.
FEUILLETON DE LA PRESSE
Du 4 Août 1898
–24–
'L'i r~w,- El Illp' i r 1
GRAND ROMAN PARISIEN
Par LOUIS DE ROBEr-T
..XI
fStt!
Une sourde irritation Se révélait; dans
ses gestes, dans sa voix. C'était un ambi-
.tieux plein de fougue et d'imnatience. L'ar-
deur de ce corps fluet et jusqu'au 'tic qui
lui faisait de sa main fébrile épiler un
soupçon de moustache, intéressaient Mé-
igrin. Ce curieux type résumait bien sa
génération pressée de jouir.
–Ah' ah: reprit-il, il croit oue je ne
vois pas clair dans son jeu ce brave Rau-
-ïet. Il espère la croix, et H se ménage
certaines.innnences pour l'avoir. Ah ah~
on la lui a balancée devant le nez comme
~aDiet du,suc.re à. un gros cMen
Convaincu, il reprend:
Mais, petite malheureuse, tu as donc
un amoureux? 2
Oui, mon parrain, c'est Lucas, le
6k du fermier.
Et tu es allée au bois avec lui ? 2
–HdaSjOui.
Alors, de quoi t'étonnes-tu?
Eh s'écrie désespérément Rose, ne
peut-on se laisser aimer sans avoir à s'en
repentir ?
Tu vois que non, dit le parrain, et tu
aurais dû t'en douter. Ne t'ai-je pas en-
seigné, Rosé, que.~ut uen~ ~a ~n.' ueut ~es
moyens ? Tu aurais bien dû penser que la
réciproque est également vraie, et que
« qui ne veut pas la 6n. ne doit pas vou-
loir les moyens la »
LOUIS DE GHÂNONT.
MT~s 3E<3'b.~s
juc îeBatps.– L.etfiermome!,ra marquait a.
S heures ce matin -{- 20 degrés,et & 2 heures
cet après-midi 24 degrés.
Let)a.romèjtreest,~766°'a.
Beau temps.
~~RELLES"'
Il disait La force prime !o droit.
Kous répondons Le droit prime la force.
L'ours malfaisant, qui depuis quelques années vi-
fait dans sa tanniëre, n'est plus'Quoiqu'il soit gé-
néralement inhumain d'accabler les morts, de les
poursuivra d'une haine posthume, je veux jeter sur
sa défroque de faussaire, pour la couvrir d'opprobre,
les eciaboussurës du sang de nos malheureux soldats
de tS70.
A côte des hosanna de ses compatriotes, que la
voix des orphelins de la terrible année s'élève
pour on atténuer la gloire; que nos drapeaux, puis-
qu'il serait malséant de pavoiser nos maisons, que
nos drapeaux se balancent sur nos monuments, gai-
ment secoues par une brise bienfaisante mais non
pas oublieuse car, dans tous tes cœurs bien pen-
sants, ta blessure est restée béante.
Cependant, nous autres femmes, par devoir, par
instinct, nous sommes ennemies de !a guerre. Nous
l'abhorrons, car et!o est contra'iro au rote de créa-
trice qui nous est échu sur terre.
Dans les chaumières comme dans les demeures
plus somptueuses, auprès des bébés roses couches
dans des berceaux blancs, tandis que nous, les ma-
mans, nous veillons sur eux. bien'souvent dans nos
ceeMs angoissés nous avons senti le froid de la
mort, en voyant passer en rêve, dans notre imagina-
tion craintive, comme une triste vision sanglante, des
milliers de petits pioupious que la guerre abattait de
son glaive.
On parte de dépopulation. Soit, engendrons, s'il
le faut, mais à la seule condition qu'on ne nous prenne
pas la chair de notre chair, le sang de notre sang.
C'est fini, nos ventres se révoltent: nous ne voulons
plus donner nos fils en pâture.
L'avenir est à la liberté des peuples mais à la
liberté par la paix gënerate. BEMUE MENDES.
Nos s~v~rs
A l'issue du dernier congres, l'Université
d'Edimbourg a conféré en grande solennité
le titre honoraire de docteur (o/' ~aws) a.
deux de nos compatriotes le docteur Doyen
et le comte de Franqueville. Voici le texte
de l'allocution prononcée par le professeur
Grant à propos du docteur Doyen
<' Autrefois professeur de chirurgie &
Reims, le docteur Doyen a établi a. Paris une
clinique où affluent les chirurgiens de toutes
les parties du monde. Il est renommé pour
son habileté opératoire et.ses inventions in-
génieuses, qui ont particulièrement diminué
les risques des opérations sur les cavités
abdominale, thora.oique et crânienne.
« II est également connu comme l'auteur
d'importants travaux sur l'anatomie patho-
logique et la microbiologie. Les figures qui
illustrent ses ouvrages montrent qu'il est
aussi habile comme dessinateur que comme
chirurgien. Nous sommes fiers de confier à
un représentant si distingué de la science
chirurgicale en France le grade le plus
élevé dont nous disposons.') »
rO!7JO!7RS PLUS V/FB
S'il faut s'en rapporter & ce qui vient de
se passer en France/les Anglais ne détien-
nent plus le record de la vitesse sur rails.
En eSet, la distance de Paris-Amiens 131
kilomètres est couverte en une heure
vingt-cinq minutes, soitune vitesse moyenne
entre gares de 92 kilomètres 570 a l'Heure,
moyenne qui nécessite une vitesse rëette
d'environ 120 kilomètres à l'heure sur les
parties faciles de la ligne.
L'Angleterre n'arrive plus qu'en seconde
ligne avec son train d'Ecosse, qui est en-
traîné à une vitesse moyenne de 90 kilomè-
tres 400 entre Grantham et York.
Il faut en outre remarquer que la vitesse
indiquée plus haut entre Paris et Amiens est
une vitesse journalière, réalisée en service
ordinaire avec de nouvelles machines Com-
pound a quatre cylindres.
DfST7NC7YO~ ~ONOR~F7Qi7E
Mme Pierre Baragnon vient de recevoir,
des mains de Munir-bey, ambassadeur de
Turquie, la décoration de C/te/'a~at, qui est,
..ime l'on sait, réservée aux dames de dis-
tinction.
Cotte faveur a été accordée a. la femme de
notre sympathique confrère du Courte)' du
Sofr à la suite de l'hommag-e par elle fait au
sultan d'un tableau dont elle était l'auteur
et qui a nguré a l'un de nos derniers Sa-
lons.
Mme Pierre Baragnon appartient a une
vieille famille de Constantinople, dont plu-
sieurs membres ont été au service des pré-
décesseurs d'Ab-duI-Hamid.
POU'RQt70jTP~S?
'Bien des moyens, sont employés pour at-
ténuer les effets de la chaleur torride qui
sévit en ce moment. A ce sujet un corres-
pondant nous demande si nous ne trouve-
rions pas opportun de préconiser l'usage de
l'éventail pour les hommes aussi bien que
pour les femmes.
Pourquoi pas?
FANTASIA.
est sage Eh bien c'est moi qui le lui dis,
tant qu'il sera aux genoux de ces gens-là
il se laissera berner par eux. Qu'il essaie
un peu de changer de façon et de se faire
craindre, et tout changera.
Ils marchaient sur les trottoirs gris,
sans regarder autour d'eux. Mégrin al-
luma un cigare et lui en offrit un autre
qu'il refusa. Quand il venait au journal,
le soir, il s'en revenait quelquefois avec
ce jeune homme, qu'il aimait à faire cau-
ser. Le reporter était très expansif avec
lui.
Hein il fait bon le soir, quand les
trottoirs sont vides; il semble qu'on soit
maître de Paris. C'est à cette heure que
je me sens vivre, moi, après le tumulte de
la journée, quand je reviens du journal.
Est-ce que ça ne vous fait pa~ cet effet? 2
Ça me grise, moi, cette odeur de papier,
d'imprimerie, ce va-et-vient, cette vie
remuante, active, aB'airée quand je sors
de ce milieu, je me sens des appétits plus
larges, une envie furieuse d'avoir cela'à
moi, cette puissance, un journal. En ce
moment, ils m'empêchent encore de fairs
ce que je veux. C'est bon. Mais ils ne me
rogneront ni les dents ni les ongles,et
dans dix ans d'ici; on verra. ~?
Il vit que Mégri'n souriait et reprit
Ça vous amuse, parce que je ne suis
pas plus gros qu'un poulet et que je parle
de tout avaler. Je sais bien, je les amuse
tous; mais patience, on verra. Je fais mon
~r~s~gede la V{e/à présent e~8
TP~TP~S'B~CS~~B~
~S- -BE.B. -M t~~ ~L
En g&re. A h Préfecture maritime.
Brest, 3 août. Le ministre de la marine
est arrivé ce matin à Brest par l'express de
neuf heures trente-trois.
Il a été reçu sur les quais de la gare de
l'Ouest par les amiraux Fournier, préfet ma-
ritime Barrera, commandant en chef de
l'escadre du Nord; Delobeau, sénateur et
maire de Brest; Isnard, député de la pre-
mière circonscription de Brest, et une foule
d'officiers supérieurs.
MM. l'amiral Fournieret Delobeau lui sou-
haitent la bienvenue dans notre grand port
de l'Océan.
En sortant de la gare, le ministre est sa-
lué par une salve de dix-neuf coups de ca-
non, tirée par la batterie du château de
Brest.
La place de la gare, les avenues y con.
duisaut, les rues de laviHo, sont pavoisées,
etunefouleénprme se presse sur le pas-
sage du cortège, qui entre en ville par l'a-
venue de la Gare, la porte principale et la
place des Portes. Le cortège descend la rue
de Siam jusqu'à l'hôtel de là préfecture ma-
.ritime.
Sur toutle parcours, tes sapeurs-pompiers,
les artiHeurs de forteresse, lés douaniers, le
19" régiment d'infanterie, la gendarmerie
maritime, les équipages de la flotte, les
batteries d'artillerie de marine, les ~pompiers
du port et la 2° brigade d'infanterie de 'ma-
rine, sous les ordres du général Dodds, sont
échelonnés et. rendent les honneurs.
Cinq brigades do gendarmerie à cheval
forment l'escorte du ministre.
Le cortège officiel se compte de plusieurs
landaus.
Dans le premier se trouvant MM. Loc-
kroy, les amiraux Fournier et Barrera., et M.
Delobeau, maire de Brest.
Dans le second, MM. Ignace, directeur du
cabinet civil; le contre-amiral de Kérambos-
quer, le général de brigade de Lannes, de
l'état-major général, et le lieutenant de vais-
seau Bérard, aide de camp du ministre.
Dans le troisième, le contre-amiral de
Bausset, le colonel de Casteineau, de l'état-
major général, le chef d'escadron Fortin et
le lieutenant de vaisseau du Bourquet, aide
de camp de l'amiral Fournier.
Dans le quatrième, les aides de. camp des
autres amiraux et le chef de bataillon Prud-
hommc, breveté d'état-major.
D'autres fonctionnaires ainsi que les voi-
tures de la presse suivent.
A dix heures un quart, M. Lockroy reçoit
dans le salon Blanc de la préfecture mari-
time les amiraux Fournier, préfet maritime;
Barrera, de l'escadre du Nord; le général
Brault, commandant le 11'= corps d'armée;
le préfet du Finistère; l'amiral Kérambos-
quer, major général; le général Doods; MM.
Verne, sous-préfet de Brest; l'amiral de
Bausset; Spire et Marnie, présidents des tri-
bunaux civil et de commerce; Delobeau, sé-
nateur, maire, et le colonel Malpel, com-
mandant d'armes.
Aussitôt après, il a reçu les visites de
corps, les directeurs des services de la ma-
rine, les ofnoiers supérieurs, les états-ma-
jors, la magistrature, le clergé de Brest, les
ofSciers des corps de troupes de la marine,
de la guerre, les fonctionnaires civils, etc.
L'amiral Fournier, préfet maritime;l'ami-
ral Barrera, M. Ignace, directeur du cabinet
civil; le général de Lacnes, se tenaient aux
côtés de M. Lockroy pendant ces récep-
tions.
La préfecture maritime est magnifique-
ment décorée. Les salons sont ornés de
plantes rares et de superbes tentures.
Cet après-midi, à trois heures, M. Lockroy
s'est rendu à l'Arsenal. La musique des équi-
pages delà Sotte a joué la Msrse~atseà son
entrée.
Le ministre a été reçu à la porte princi-
pale par M. le contre-amiral de Kéram-
bosquer, major général de la marine, en-
touré de son état-major et des commandants
de la Bretagne, de la Saône et du Gaude tous les directeurs de l'Arsenal. Au mo.
ment de l'entrée du ministre dans le port,
tous les bâtiments ont hissé leur grande en-
seigne et tous les établissements leur dra-
peau. Les équipages des bâtiments étaient
en grande tenue les hommes étaient aux
postes d'inspection et la garde se tenait
sous les armes.
Les honneurs ont été rendus par chaque
bâtiment au ministre lorsqu'il passait de-
vant lui.
Le travail n'a pas été interrompu, les ou-
vriers de toutes les directions sont restés sur
les chantiers.
Les officiers de tout grade, ofnciers de
vaisseau, du génie maritime, du commissa-
riat, du service de santé, de l'artillerie de
marine et des services administratifs du
port se tenaient sur le terre-plein de la ma-
jorité générale, au pied de la Consutah-e.
M. Lockroy a remis sur cette place quel-
ques décorations.
Après la visite des ateliers, M. Lockroy s'est
rendu a la cale de construction du cuirassé
l'~épta, près duquel se tenaient les ingé-
nieurs chargés du montage. Le ministre a
visité après les bassins du Salou, où l'on fait
d'importants travaux de prolongement de ces
bassins. `
Ces visites terminées.il s'est embarqué avec
sa suite, à 3 h. 45, la cale de l'atelier des
bâtiments en fer, pour se rendre en rade et
visiter l'escadre du Nord qui avait arboré le
grand pavois.
Après avoir visité le vaisseau-école le
jBorda, dont les officiers et les professeurs
lui ont été présentés, M. Lockroy a passé de-
vant les torpilleurs de la défense mobile, au
port de Commerce. Les hommes lui ont rendu
les honneurs.
ES=~===-I=!=~!===s.===~l_jEt~E~-BC
LE
Ctsos 5S. SHS~Rve MtcheE
Onsesouvisntpeut-ctrequo.peudetempsaprèa
tavisite des Souverains russes à Paris, ia Société
historique d'Auteuil, dont le président est le poète
vous assure que je ne perds pas mon
.temps. Quand dans ma journée j'ai saisi
entre deux portes un ministre, et baisé la
main d'une cabotine, je récapitule le soir
ce que j'ai noté et je me dis que je vaux
bien, moi tout petit, les pantins brillants
dont j'ai deviné en passant les secrètes
Scelles.Bien sûr, je suis impatient, je
suis ambitieux. j'entends des gens qui
disent avec un air de blâme <: C'est un
ambitieux a. Ils ne diraient pas autre-
ment a C'est un malfaiteur M. A'h ah
s'ils savaient comme ils me font rire ces
pauvres diables qui n'ont pas osé faire un
pas en avant de peur de se casser le
cou! D'autres disent que j'ai de la
chance parce qu'à vingt-qaatre ans je suis
dans un grand journal et que j'y gagne de
quoi vivre et m'habiller convenablement.
Ceux-là me jalousent. Ils sont étonnants!
Pourquoi n'en font-ils pas autant. C'est
bien simple ils n'ont qu'à vouloir et qu'à
se remuer un peu. Paris appartient au
plus adroit.
Il se tut. II allait en avant, revenait,
se démenait autour de Mégrin qui conti-
nuait de son pas régulier et tranouille,
humant l'air frais, jetant à petites bouffées
la fumée de son cigare. Celui-ci de-
manda s
~Etes-vous heureux?
Heureux, oui. Je suis ce que j'ai
vonla être. C'est quelque chose. Moi je
sors de pave, d'une cité. d'ouvriers; je
R'ai~as été ~mycée~ mais àTéCoJe corn-
Eugène Haane!. inspecteur général do l'Université,
décida de perpétuer ta mémoire do ces fètes patrio-
iiquesparl'ëdiGcationd'unmonumcnt.
Dans l'esprit de ceux qui prirent l'initiative de ce
monument, celui-ci devait se dresser au Ranelagh,
devant te parc même où était descendu le tsar, fai-
sant son entrée dans Paris.
Un peu surpris des lenteurs qu'on apportait a la
réalisation de ce projet, nous avons voulu connaître
tes raisons de ce retard. Elles sont curieuses et mon-
trent bien le rôle fâcheux que joue parfois l'inutile po-
litique en des questions où elle n'a que faire.
Nous avons appris, en effet, que le conseil munici-
pal, sollicité de donner l'autorisation nécessaire à ce
monument, vient de refuser remplacement qu'on lui
destinait.
Il nous a utë possible de voir ce matin le distingue
statuaire charge de l'œuvre, M. Gustave Michel, qui
nous a fait les déclarations suivantes
Si invraisemblable, si inexplicable que
semble au premier abord le refus du conseil
municipal, on est bien forcé d'y voir des
motifs politiques qu'on ne supposait pas
nous devoir être opposés en cette aSaire.
Le projet de la Société Historique d'Au-
teuil fut défendu devant l'assemblée muni-
cipale paroles conseillers de notre arrondis-
sement. Malheureusement, ceux-ci ne repré-
sentent pas l'opinion de la majorité,et la ma-
jorité émit un vote défavorable.
Nous avions eu le soin pourtant d'écarter
de notre projet tout ce qui pouvait présenter
un caractère de luxe déplacé, ou glorifier
une idée, un principe monarchique, qui
n'eût pas manque de blesser les sentiments
de la majorité du conseil. Le monument,
dans la pensée de ceux qui me le .confièrent,
d'après la maquette même que je soumis à
leur approbation, avait un caractère pure-
ment commémoratif.
Lië~. G-'U.€~S~B~€~
'.A PMTO-RSCO
Les opêraticïis du général Miles. Le
plan du général Macias. Les Carlistes
New-York, 3 août. –Les dépêches reçues
de Porto-Rico annoncent que le général Mi-
les continue lentement sa marche, comme
s'il n'était pas question de paix.
Les Américains suivent la route militaire.
Quatre compagnies de volontaires sont cam-
pées a ~2 kilomètres au nord de Ponce. Le
Cherchée vient encore d'amener 750 hom-
mes.
Le A~ew-Ct'tëans, qui maiatenait le blocus
de San-Juan avec le Purttan, le DtXte et le
Gtowces~er, est allé cB'ectucr quelques répa-
rations dans le port de Saint-Thomas. Les
ofnciers rapportent que tout est calme dans
la capitale, qui reçoit des approvisionnements
d'Arecibo sur la côte nord-ouest, où la con-
trebande est faite par des schooners venus
de la nouvelle Ecosse.
Jeudi dernier les Espagnols ont coulé un
grand navire a l'entrée de la baie. Les mâts
sont visibles au-dessus de l'eau.
Londres, 3 août. Le Mo'nù~ Post croit
que la conquête de San-Juan do Porto-Rico
n'est pas aussi facile que les premiers suc-
cès du général Milos semblent l'indiquer.
Ponce et San-Juan son't séparées par des
montagnes escarpées dont quelques passa-
ges peuvent être défendus par des forces
insigninantos. D'autre part, l'entrée de la
baie est excessivement étroite et la ville est
fort bien défendue par le Morro et de puis-
santes batteries situées sur deux îlots con-
tigus. Dans ces conditions, on pourrait affir-
merque San-Jûan est imprenable, si on ne
savait pas que les canons de l'Espagne sont
fort mauvais et ses canonniors détestables.
La feuille anglaise croit que le général
Macias sera enchanté de pouvoir attirer l'en-
nemi àl'intérieur,a8n do'mesurer ses forces
avec celles du général américain, loin de la
Sotte qui, jusqu'à présent, a toujours décidé
du sort des combats.
Cette bataille, où les Américains pour-
raient bien avoir le dessous, le Mornmg
Post croit qu'elle aura lieu, quelle que soit
la marche des négociations.
Le journal anglais cite des précédents à
l'appui de sa thèse, entre autres la bataille
de Toulouse, en 18] 4, qui fut livrée pour
l'honneur du drapeau, bien que les deux ar-
mées eussent alors connaissance du succès
des négociations entreprises pour la conclu-
sions de la paix.
Londres, 3 août. Le correspondant du
~a?T.da]'d à Washington blâme l'envoi du
général Wade à Porto-Rico, à la tête de
quinze régiments. Cette expédition coûtera,
dit-il, près d'un million de dollars par régi-
ment. Ces régiments sont fournis par les
Etats qui n'étaient pas représentés dans les
corps expéditionnaires.
San-Francisco, 3 août. La quatrième
expédition allant à Manille est arrivée a He-
noiulu le 24 juillet.
BtëpecbasNew-York, 3 août. La manifestation des
volontaires cubains contre la. paix, à la Ha-
vane, a été des des plus sérieuses et a pris
même un caractère très agressif contre le
maréchal BIanco.
Les volontaires ont abandonné en masse
leurs casernes et sosont répandus dans toute
la ville en insultant le maréchal BIanco et]e e
gouvernement espagnol, qu'ils accusent do
lâcheté et de trahison. Beaucoup jetaient
leurs armes. On dit même que plusieurs
magasins ont été pillés.
Lo garde civique a eu le plus grand mal à
rétablir l'ordre.
New-York, 3 août. Le gouvernement commence
astre étonne de n'avoir reçu' jusqu'à présent aucune
réponse sous aucune forme de l'Espagne.
Dans le. but de mettre un terme aux suppositions
des journaux sur les conventions de paix, !e conseil
a décide hier, dans sa réunion de l'après-midi, de
faire connaître officiellement le texte des clauses
communiquées samedi a M. Cambon, ambassadeur
deFrancc.
On fait remarquer qu'il n'y a là aucune violation
de l'étiquette, attendu que le cabinet sait parfaitement
que le gouvernement espagnol a reçu la note qui lui a
été adressée.
.Cesclausessontlessuivantes:
'!° Le président ne fait valoir aucune réclamation
au sujet du paiement d'une indemnité de guerre, mais
!munale,etlepeuquej'ai fait je l'ai fait
tout seul; Tenez, c'est une petite chose,
mais ça, vous donne une idée de la con-
fiance que j'ai toujours eue en moi. Quand
j'étais gosse, j'allais à l'entrée des bals
publics regarder passer les belles filles et
les gommeux, dans les lumières et les ac-
cords des quadrilles lointains; là, j'aper-
cevais, près du garde municipal, les con-
trôleurs qui me semblaient d'importants
personnages, et pendant que les chas-
seurs me bousculaient, j'avais la sensa-
tion précise qu'un jour j'entrera.is à mon
tour dans ces endroits dorés du plaisir et
de la fête, que j'y entrerais connu, sans
payer.'et que ces contrôleurs hautains me
salueraient. Alors, j'allais rôder dans les
rues. où se font les journaux, devant les
bureaux de rédaction, et je me disais ~naï-
vement « C'est ça qui me donnera. la
puissance d'entrer partout. Je serai jour-
naliste. Aujourd'hui je me dis que j'au-
rai un journal à moi, un journal qui do-
minera tous les autres, et que je serai
fort et qu'on me craindra. Voilà ce que
je me dis. Je ne sais pas comment je fe-
rai, mais ce que je sais bien, c'est que j'y
parviendrai, parce que je le veux.
Ils étaient arrivés à l'angle du faubourg
Saint-Honoré, à l'endroit où ils se quit-
taient d'habitude. Mégrin s'arrêta, pour
serrer la main de CIerget.
Allons, vous avez l'avenir. Bonne
chance
Ei luan~ l'autre se fut éloigné,, il se
f it axige l'abandon par l'Espagne de tous ses droits
de souveraineté su:' t'ita de Cuba, aussi bien que
l'évacuationimmédiatëdecetteilo,
2° L'Espagne cédera aux Etats-Unis Porto-Rico,
qui sera évacuée immédiatement, ainsi que les autres
ites des Antilles qui se trouvent actuellement sous la
souveraineté espagnole. (Ce sont tes petites Mes de
Passage, de )a Couleuvre et de Biegne.)
3' L'Espagne cédera également une des iles des
Larrons (Iles Mariannes).
Les Etats-Unis occuperont la ville, la baie et ~o port
de ManiMe jusqu'à la conclusion du traité de paix qui
déterminera la situation générale des Philippines et
le gouvernement de l'Archipel.
Si ces conditions sont acceptées par l'Espagne, le
gouvernement fera connaitre immédiatement les plé-
nipotsntiaireschoisisparlui.
Londres, 3 août. Un télégramme de Madrid au
Patt?/ News annonce qne l'Espagne a adresse sa rë-
pocse aux Etats-Unis lundi soir.
On mande de Rome au Da:Ï!/ C/t)'ontC:e:
On affirme ici que les préliminaires de ta paix se-
ront signés avant la Cn de la semaine.
On télégraphie de Madrid au Dat!Le gouvernement espagnol a accepte en principe
les conditions de paix proposées par les Etats-
Unis.
M. Cambon déclare qu'il est absurde de supposer
qu'il ait négocié avec le présidentMaeKinIoy comme
envoyé plénipotentiaire de l'Espagne. Il n'a été qu'un
simple intermédiaire.
Londres, 3 août. Les correspondants du Stan-
dafd et du Datij/ New~ à Washington croient savoir
que le gouvernement américain n'insistera, pas pour
la cession d'une des îles L~drones pourvu que le
gouvernement espagnol accepte les autres conditions
depaix.
Londres, 3 août. On télégraphie de New-York au
Tones:
Le secrétaire de la marine a déclaré que l'escadre
amërtcaino dans les eaux européennes serait considé-
rablement augmentée après la conclusion de la paix.
Madrid, 3 août. Par ordr& du gouverne-
ment, d'importantes démonstrations mili-
taires commenceront aujourd'hui en Cata-
logne, en Aragon et en Biscaye, provinces
où l'agitation carliste devient inquiétante.
Des détachements de troupes parcourront
tous ces territoires et séjourneront dans
les villages, a8n d'impressionner les popu-
lations.
Londres, 3 août. Le correspondant du
-Da~?/ 7'e~rap/i a Madrid signale un mou-
vement carliste à Venta de Banos, au sud de
Palencia, dans la province de Léon.
On télégraphie de Rome au Staptdarc:
L'ambassadeur d'Espagne près le Vatican
a été chargé par son gouvernement de faire
des représentations au sujet de l'attitude du
cierge des provinces basques envers les car-
listes.
Le cardinal Rampolla a, en conséquence,
recommandé aux évêques de ces provinces
de ne prêter aucun appui aux ennemis du
gouvernement espagnol.
Washington, 3 août. M. Cambon, am-
bassadeur de France à Washington, a reçu
la réponse de l'Espagne, il la remettra au
Président aujourd'hui mercredi.
New-York, 3 août. Plaza de! Este,3 août.
On a reçu de Garcia, qui se trouve en ce
moment près de Mayari, non loin de la
baie de Nipe, la nouvelle d'un combat sé-
rieux entre les insurgés qui se trouvaient
sous son commandement et une troupe
espagnole qui cherchait à opérer sa. jonction
avec le corps principal, à Holguin.
On croit que cette troupe est celle qui a
évacué Nipe durant le récent bombardement
par les navires américains.
Une dépêche de source cubaine annonce
que les insurgés se seraient déjà emparés
de deux canons, et que la cavalerie espa.-
gnole aurait été battue.
La Guirlande de Céhmène
Ph:i:Hie à Cétfmene
Pou)* une /ots, ma bette amte, taissex-mot
~atre mon.pettt /ltceste, et uous entretenir
de sujets graues. Puisque Bismarck est
mort, tirant que je ~ous en parfe. ~lusst
bte!~jetn'éfon.7tede non" tes f/azettes abon-
der otdëtatts au sujet de ce'mort rëcatct-
tra~t. Cette dëpouitfe auatt ~att so~ temps
et ne )'e!euatt phts ~MÉt'e gué du ctusto'e et
de ta canufe. Sa dësasfrëgatton. n.'auatt p~us
que t~mportaKce d'u?~e date; so?~ M~huma-
tton ~'auratt pas du dépasser {es propor-
tt0?ts d'u?T. yait-dmers.
D'aîtteu?'s ne tt'ouuex-uous pot~t que ce
chanceler de /'erj'outt d'une réputation sur-
faite ? 0?~ t'oppose 'uo!oMtters à notre Etm-
ne?~ce Rou~e. Je r).'mstste pas sur t'unper-
Mnencede ceparatiëte.Dtsntarc/tatrtomphé
par ta ueùte OM ta cana~terte. Rïchetteu.
mais j'c uous renuote au tture de Monsieur
Nanotaux, so~ peUt-ftts en dtptomaHe.
Btsmarchtneurt, accompagné de /unératttes
nattonates. S't{ se /'ût appelé Durand ou
~etster, ti serattau ba~ne comme/'aussatre
ou comt~te assasstK. Vous me du'e~ qu'en
poMttQue ces choses-tâ sont adtntses
Ce gut m'enrage surtout, Céttméne, c'est
qu'on accorde quetgue esprit à ce charcu-
tter. 0?tCtte de tut des tnots dont rougiratt
mon co~~c~er~e. Je me console e!~ songeant
qu'tfs deutC)T.dront ht'sfortgues.
A~e o'ot/ez point qu'oi cela je cède à un
chauuu~sme de mauuats goût. Je recon-
-nats 7;oto)tHers gué tes ~.i~onap~ds nous
sontsupérteurs e~ beaucoup de po~fs. Jts
o)tt des hommes célèbres qut fatent tes
?tôires. Gcethe ou !e grand Frédéric vont
de patr auec Pascat ou A~apotëon, et je ne
saurais opposer Auber à L'eet/touen. Jt ne
~audratt pas cependailt qu'on prtt ia-bas
Btsmarch pour un pottt~ue de gë?~ie. Je
t'esHme plutôt 'un /'fëau. Les nations,
comme tes hommes, exptent leurs mau-
uatsesacttOts, et t'en dott crou'e, comme
ce mats de Gambetfa, e)T. Mmma)~ente jus-
Hce des choses.
Mats je Dous ennme à cheuaucher ces
dadas-~a. Vofiâ une oraïsoT. funèbre qui
sent sonpëdanh'sme d~une tteue.
/dteu, Céttmën.e, j'e ne ~era~ p!us mon
pettt Bossuet.
PHIUNTE.
Pour copie:
EBTILE METROT.
rappela.que c'était sur un même souhait
de bonne chance que Lebrun, le grand
Lebrun, l'avait quitté l'autre jour, et il
ne put s'empêcher d'établir un parallèle
entre le génie de l'un, qui, dans son apo-
gée glorieuse, était un grand malheureux,
et le rêve ambitieux de l'autre, ce petit
qui ne portait certes pas une grande œu-
vre dont s'occuperait le monde, mais seu-
lement un besoin d'action et de lutte, et
qui était heureux. Cela revenait à dire
qu'être heureux, c'était être jeune et es-
pérer.
Alors Mégrin jeta son cigare, tourna la
rue des Ecuries-d'Artois. Il marchait al-
lègrement dans le silence de la rue endor-
mie, et il souriait à une pensée intime,
tout en fredonnant un air en vogue. Il
s'arrêta, heurta de la canne un volet qui
s'ouvrit et, enjambant une fenêtre, il
tomba entre deux bras tièdes qui l'atten-
daient.
XII
Maurice, quand son père était absent,
se glissait dans son cabinet de travail
pour y prendre, sous la table, dans la cor-
beille à papier, des timbres-poste, qu'il
allait ensuite découper sous les yeux de
sa bonne. Le silence de cette pièce, dont
l'accès lui était interdit d'ordinaire, l'atti-
rait et de la trouver vide, il s'enhardis-
sait, montait sur les chaises pendant que
ses yeux cherchaient ce. qu'il pouvait
bien y avoir la d'extraordinaire pour que
OPINIONS.
EN VOtTURE
II est entendu que nos Compagnies d chemins de fer sont les plus routinières
du monde. Des esprits sérieux et que 13
suppose documentés ont si souvent railla
notre matériel roulant; qui ne roule pas
assez, à leur gré ils ont tellement
exalté, par contre, le confortable des
wagons allemands et la vitesse des trains
américains ou anglais, que je suis bien.
forcé de conclure que nos grandes Com-
pagnies ne s'avancent dans la voie du'
progrès qu'avec une déplorable lenteur,,
et qu'elles sacrifient peut-être un peu trop-
souvent les intérêts du public aux divi-'
dendes des actionnaires.
Non pas cependant qu'elles soient sys-"
tématiquement hostiles aux réformes J
Elles les accueillent même avec assez!
d'empressement.lorsqu'elles ne doivent
pas coûter trop cher.
Je n'en yeux pour preuve qae les essais!
faits dernièrement, sur la ligne de Lyon'
et sur celle de l'Ouest, d'un système ima-~
giné pour marquer les wagons d'une fa-~
çon aisément reconnaissable, essais dont.'
la P/'esse a entretenu ses lecteurs ces
jours-ci.
La question est absolument d'actualité,~
en cette saison de villégiatures et de dé-
placements, où le plus casanier se croi&'
tenu de circuler dans n'importe quel sens;)'
où l'on voit des gens qui jouissent chez:
eux d'un certain confortable se condam-'
ner pendant des semaines, et sans qua
rien les y oblige, à mener une vie impos-
sible, sautant mathématiquement d'ui~
train dans un autre, dormant et mangeant
en wagon, uniquement préoccupés de dé-
vorer des centaines de kilomètres, poucr
bénéScier des réductions de tarifs accor-
dées à ceux qui ont fait le plus de che"'
min.
Parmi les multiples désagréments que
attendent le voyageur au cours de ces
déambulations, il en est un auquel vous.
n'avez certainement pas échappé..
C'est la nuit. Le train stoppe dix mi<
nutes d'arrêt, bulfe t. Vous descendez. Vous
venez défaire cent kilomètres sans débri-
der, et, comme l'exercice creuse, vous
sentez le besoin de vous réconforter. In-
génument, vous demandez un bouillon.
On nnit par vous l'apporter, mais brûlanù.
Pendant que vous soufflez dessus, vous
entendez le cri fatidique « En voiture,les
voyageurs! s Vous n'avez qu'une chose &
faire, c'est de 61er.et de laisser votrs-'
bouillon. après l'avoir payé. Soyez tran-
quille, il n'est pas perdu on le serviras
à un autre. Mais c'est vous qui êtes perdu.-
Où est votre compartiment ? Vous n'avez'
pas songé à regarderje numéro d'ordra
ou vous l'avez oublié. Vous courez, ahuri,
d'un bout du train à l'autre.
Et toujours la voie implacable de l'em-
ployé « En voiture, les voyageurs a En
voiture Vous ne demanderiez pas mieux.
On finit par vous pousser dans un com-
partiment quelconque, et le train part,'
pendant que vous vous demandez avec
angoisse si vous retrouverez votre sac d~
nuit.
Un inventeur, M. Gros, a imaginé da
remédier à cet inconvénient en munis-
sant chaque voiture d'une image mnémo-
technique plus facile à retenir qu'un nu-
méro d'ordre un cor de chasse, una
Heur, une tête d'animal quelconque, etc.
L'expérience a donné des résultats sa."
tisfaisants.
Avec ce système, désormais ça ira touS
seul. Le signal du départ est donné
comme vous êtes myope, au lieu de vous
trémousser en pure perte, vous abordes
tranquillement le chef de train
Où est mon compartiment.la x téta
de veau xje vous prie ? 2
La (f~tête de veau B, monsieur, là-
bas. en avant.
Et vous vous dirigez avec sérénité vers
votre voiture, pendant que les employés
se livrent à votre sujet à des facéties in-
nocentes qui adoucissent leur dur la-
beur.
Il est évident qu'on ne s'en tiendra pas
là, et j'aime à croire qu'on perfectionnera.
au point de vue artistique ces images ru-
dimentaires.. L'art appliqué à la réclame
a inspiré de si originales compositions
que je ne désespère pas de voir, à bref
délai, peintes sur les portières de nos wa-
gons, les petites femmes allégoriques
symbolisant les vertus du quinquina Du-
bonnet et du vin Mariant. Si des règle-
ments surannés s'y opposent, je ne vois
aucun inconvénient à ce qu'on les chan-
ge, et tout le monde sera content: les
voyageurs, pour qui ces visions affrio-
lantes abrégeront l'ennui des arrêts, et
les Compagnies) qui ne négligent pas le%'
petits prolits.. ~D ZD
A. MONTILLOT.
La PRESSE esf en t/e;~e dans ~ous ~es
~tosgues, c.~e~ les pr/nc/pau;< //ôra/res
efsMx&/6//of/7è?ues des .gares, fous ~s
~ours, asspf /?eMf~s du so~.
les petits enfants n'y pussent pas entrer.
Aux murs, de grands portraits dans de!.
cadres d'or l'intimidèrent un peu, la pre<.
miére fois qu'il vint là; puis l'immobilita.-
de ces figures peintes le rassura, et Jeuc
placidité les lui fit familières à la longue.
Il y avait pourtant un vieillard à grande.
barbe, qui paraissait bien sévère, et ce-
lui-là, il évitait de le regarder; les autres,
une dame décolletée, un monsieur jeune
qui souriait presque, et un autre monsieur
dans un uniforme constellé de croix.
avaient un air sympathique. Il entrait
sur la. pointe des pieds, les regardait l'ua
après l'autre; et les saluait. 11 disait tou~
haut
Bonjour monsieur, bonjour, ma-
dame.
Et comme ils ne répondaient pas, i~-
leur envoyait des baisers. Après quoi,
pjis d'une envie de jouer, il leur faisait
fies grimaces. Même immobilité et même
silence. Alors il leur tirait la langue, es
qu'on lui avait bien défendu de faire, cer-
tain que cette fois ils allaient se fâcher.
Et devant le mutisme de ces figures pein.
tes, il s'en allait en déclarant
Ils sont bêtes. Ils disent rien.
.A sutUMj
NûMs pnons Ttos aboies <~ ~o: cor-
~espo~da~sdebte~ uaM~otr Kousst.~a-*
Séries retards qmp3nue~~m'ue~t)'daM$
!3recM'~ondeKoh'e,:oM?'~a~
MENUS~PROPQS
LENDEMAtNDE NOCES
Pendant les quinze jours qui ont pré-
cédé son mariage, la, jeune fiancée ne se
tenait plus. Elle ne pouvait rester un ins-
tant en place. On aurait dit qu'elle avait
'du vif-argent dans les veines. Elle était
~d'une nervosité extraordinaire. La jeune
tËlle-torpille! Tout son corps était secoué
de mouvements fébriles. Et elle allait, et
elle venait, et elle sautait, et elle habil-
lait, et elle n'écoutait rien de ce qu'on lui
(disait. Plus la date fixée s'approchait, et
{plus son impatience paraissait augmen-
ter. Elle semblait compter les jours, les
iheures, les minutes qui la séparaient en-
'eore du moment, tant attendu, tant espé-
ré, tant désiré, où elle serait initiée aces
''amoureuses joies qu'elle ne connaissait
'encore que par des romans dévorés en
cachette ou par les mots à double entente
imprudemment lâchés devant elle et dont
délicieuse.
Enfin le jour est arrivé, car tout arrive.
Ct)mme toute cette journée-là elle a eu
.~lus de peine que jamais à se contenir! 1
Comme elle était agitée, jierveuse
Comme ses yeux luisaient! Comme on
sentait qu'elle ardait, toute, de penser
que ses curiosités allaient être enfin sa-
tisfaites. Elle avait l'air d'une chatte, à
qui sa maîtresse est en train de verser
du lait dans une soucoupe et qui, d'a-
vance, se pourléche les babines et les
moustaches.
Et lorsque cette journée, qui lui a paru
Si longue, a été finie, lorsqu'on l'a con-
duite dans la chambre npptiale, dans
de temple où son mari l'initiateur
allait la rejoindre, il lui a fallu s'obser"
ver faire un héroïque effort de volonté,
pour garder une attitude calme, ne pas
trahir son allégresse.
s~t
La nuit s'est écoulée.
C'est le matin.
Les premiers rayons du jour pénétrent
par les fentes des volets dans la chambre,
glissent jusqu'au lit conjugal.
Les nouveaux époux sont encore cou-
'chés.
Sur le devant du lit, monsieur dort à
'poings fermés. Il a l'air très las, abruti
'de fatigue. Il est très pâle. Ses cheveux
'sont en désordre. Il a la bouche entr'ou-
verte et de ses lèvres s'échappe un léger
ronflement. ZD
Madame, elle, ne dort pas.
Elle s'est réveillée dès l'aube. Sans
faire de bruit, elle s'est soulevée douce-
ment, s'est assise sur son séant. Et main-
tenant, immobile, muette, elle songe.
Elle compare m pe~o la réalité qui vient
de lui être révélée à ce qu'elle imaginait
dans ses conversations avec ses compa-
gnes ou dans sesinsommies solitaires*
Ce qu'exprime son visage, ce n'est ni
de la joie (oh'non), ni du désespoir, ni
de la colère, ni de la haine: c'est de la
;stupeur.
Sans bouger, osant respirer à peine,
~de peur de l'éveiller, elle contemple avec
.des yeux Sxes le dormeur vanné, abruti,
:qui est là, étendu sur le dos, à côté d'elle.
;Et tout, dans son attitude, dans sa phy-
sionomie, dans son regard, dans son im-
tnobilité, semble dire
–Alors.c'estça;l.'amour?.
11
REMONTRANCE
Rosé est dans un terrible embarras.
Lfne mésaventure lui arrive qui n'a rien
~'extraordinaire, qui est même tout ce
qu'il y a de plus naturel. Il en est arrivé
autant à des quantités de jeunes filles
avant elle, et, après elle, des quantités
d'autres subiront le même sort. Mais cette
!dée qu'on n'est pas la seule victime de
.~a malechance qui vous atteint, est une
faible consolation.
En ce cas fâcheux, elle voudrait un
conseil. Mais à qui se confier ? A ses pa-
tents elle n'ose. Elle craint qu'ils n'ac-
cueillent son aveu par des cris et des ma-
lédictions.
Elle préfère s'ouvrir d'abord à son par-
rain.
Son parrain est un vieux brave homme,
qui passe pour prudent et expérimenté.
'Peut-être doit-il cette réputation à sa ma-
:~iie des vieux proverbes, qui, dit-il, ren-
ferment les meilleurs préceptes, contien-
nent l'humaine sagesse. Il a souvent ap-
pris à Rose ces aphorismes populaires,
en lui recommandant de ne pas les ou-
blier pour se bien conduire dans la vie.
Rosé va donc trouver son parrain.
;Elle lui expose son ennui, non sans beau-
coup de réticences et de circonlocutions.
Quand il a compris, non sans peine, le
digne homme lève les bras au ciel et,
dans ce mouvement, ses lunettes man-
quent de lui choir du nez
Mais, Rosé, ce n'est pas possible!
'–Mon parrain, ce n'est que trop vrai.
Et, pour corroborer son dire, elle se
place de trois, quarts, offrant une sil-
houette d'un embonpoint révélateur.
FEUILLETON DE LA PRESSE
Du 4 Août 1898
–24–
'L'i r~w,- El Illp' i r 1
GRAND ROMAN PARISIEN
Par LOUIS DE ROBEr-T
..XI
fStt!
Une sourde irritation Se révélait; dans
ses gestes, dans sa voix. C'était un ambi-
.tieux plein de fougue et d'imnatience. L'ar-
deur de ce corps fluet et jusqu'au 'tic qui
lui faisait de sa main fébrile épiler un
soupçon de moustache, intéressaient Mé-
igrin. Ce curieux type résumait bien sa
génération pressée de jouir.
–Ah' ah: reprit-il, il croit oue je ne
vois pas clair dans son jeu ce brave Rau-
-ïet. Il espère la croix, et H se ménage
certaines.innnences pour l'avoir. Ah ah~
on la lui a balancée devant le nez comme
~aDiet du,suc.re à. un gros cMen
Convaincu, il reprend:
Mais, petite malheureuse, tu as donc
un amoureux? 2
Oui, mon parrain, c'est Lucas, le
6k du fermier.
Et tu es allée au bois avec lui ? 2
–HdaSjOui.
Alors, de quoi t'étonnes-tu?
Eh s'écrie désespérément Rose, ne
peut-on se laisser aimer sans avoir à s'en
repentir ?
Tu vois que non, dit le parrain, et tu
aurais dû t'en douter. Ne t'ai-je pas en-
seigné, Rosé, que.~ut uen~ ~a ~n.' ueut ~es
moyens ? Tu aurais bien dû penser que la
réciproque est également vraie, et que
« qui ne veut pas la 6n. ne doit pas vou-
loir les moyens la »
LOUIS DE GHÂNONT.
MT~s 3E<3'b.~s
juc îeBatps.– L.etfiermome!,ra marquait a.
S heures ce matin -{- 20 degrés,et & 2 heures
cet après-midi 24 degrés.
Let)a.romèjtreest,~766°'a.
Beau temps.
~~RELLES"'
Il disait La force prime !o droit.
Kous répondons Le droit prime la force.
L'ours malfaisant, qui depuis quelques années vi-
fait dans sa tanniëre, n'est plus'Quoiqu'il soit gé-
néralement inhumain d'accabler les morts, de les
poursuivra d'une haine posthume, je veux jeter sur
sa défroque de faussaire, pour la couvrir d'opprobre,
les eciaboussurës du sang de nos malheureux soldats
de tS70.
A côte des hosanna de ses compatriotes, que la
voix des orphelins de la terrible année s'élève
pour on atténuer la gloire; que nos drapeaux, puis-
qu'il serait malséant de pavoiser nos maisons, que
nos drapeaux se balancent sur nos monuments, gai-
ment secoues par une brise bienfaisante mais non
pas oublieuse car, dans tous tes cœurs bien pen-
sants, ta blessure est restée béante.
Cependant, nous autres femmes, par devoir, par
instinct, nous sommes ennemies de !a guerre. Nous
l'abhorrons, car et!o est contra'iro au rote de créa-
trice qui nous est échu sur terre.
Dans les chaumières comme dans les demeures
plus somptueuses, auprès des bébés roses couches
dans des berceaux blancs, tandis que nous, les ma-
mans, nous veillons sur eux. bien'souvent dans nos
ceeMs angoissés nous avons senti le froid de la
mort, en voyant passer en rêve, dans notre imagina-
tion craintive, comme une triste vision sanglante, des
milliers de petits pioupious que la guerre abattait de
son glaive.
On parte de dépopulation. Soit, engendrons, s'il
le faut, mais à la seule condition qu'on ne nous prenne
pas la chair de notre chair, le sang de notre sang.
C'est fini, nos ventres se révoltent: nous ne voulons
plus donner nos fils en pâture.
L'avenir est à la liberté des peuples mais à la
liberté par la paix gënerate. BEMUE MENDES.
Nos s~v~rs
A l'issue du dernier congres, l'Université
d'Edimbourg a conféré en grande solennité
le titre honoraire de docteur (o/' ~aws) a.
deux de nos compatriotes le docteur Doyen
et le comte de Franqueville. Voici le texte
de l'allocution prononcée par le professeur
Grant à propos du docteur Doyen
<' Autrefois professeur de chirurgie &
Reims, le docteur Doyen a établi a. Paris une
clinique où affluent les chirurgiens de toutes
les parties du monde. Il est renommé pour
son habileté opératoire et.ses inventions in-
génieuses, qui ont particulièrement diminué
les risques des opérations sur les cavités
abdominale, thora.oique et crânienne.
« II est également connu comme l'auteur
d'importants travaux sur l'anatomie patho-
logique et la microbiologie. Les figures qui
illustrent ses ouvrages montrent qu'il est
aussi habile comme dessinateur que comme
chirurgien. Nous sommes fiers de confier à
un représentant si distingué de la science
chirurgicale en France le grade le plus
élevé dont nous disposons.') »
rO!7JO!7RS PLUS V/FB
S'il faut s'en rapporter & ce qui vient de
se passer en France/les Anglais ne détien-
nent plus le record de la vitesse sur rails.
En eSet, la distance de Paris-Amiens 131
kilomètres est couverte en une heure
vingt-cinq minutes, soitune vitesse moyenne
entre gares de 92 kilomètres 570 a l'Heure,
moyenne qui nécessite une vitesse rëette
d'environ 120 kilomètres à l'heure sur les
parties faciles de la ligne.
L'Angleterre n'arrive plus qu'en seconde
ligne avec son train d'Ecosse, qui est en-
traîné à une vitesse moyenne de 90 kilomè-
tres 400 entre Grantham et York.
Il faut en outre remarquer que la vitesse
indiquée plus haut entre Paris et Amiens est
une vitesse journalière, réalisée en service
ordinaire avec de nouvelles machines Com-
pound a quatre cylindres.
DfST7NC7YO~ ~ONOR~F7Qi7E
Mme Pierre Baragnon vient de recevoir,
des mains de Munir-bey, ambassadeur de
Turquie, la décoration de C/te/'a~at, qui est,
..ime l'on sait, réservée aux dames de dis-
tinction.
Cotte faveur a été accordée a. la femme de
notre sympathique confrère du Courte)' du
Sofr à la suite de l'hommag-e par elle fait au
sultan d'un tableau dont elle était l'auteur
et qui a nguré a l'un de nos derniers Sa-
lons.
Mme Pierre Baragnon appartient a une
vieille famille de Constantinople, dont plu-
sieurs membres ont été au service des pré-
décesseurs d'Ab-duI-Hamid.
POU'RQt70jTP~S?
'Bien des moyens, sont employés pour at-
ténuer les effets de la chaleur torride qui
sévit en ce moment. A ce sujet un corres-
pondant nous demande si nous ne trouve-
rions pas opportun de préconiser l'usage de
l'éventail pour les hommes aussi bien que
pour les femmes.
Pourquoi pas?
FANTASIA.
est sage Eh bien c'est moi qui le lui dis,
tant qu'il sera aux genoux de ces gens-là
il se laissera berner par eux. Qu'il essaie
un peu de changer de façon et de se faire
craindre, et tout changera.
Ils marchaient sur les trottoirs gris,
sans regarder autour d'eux. Mégrin al-
luma un cigare et lui en offrit un autre
qu'il refusa. Quand il venait au journal,
le soir, il s'en revenait quelquefois avec
ce jeune homme, qu'il aimait à faire cau-
ser. Le reporter était très expansif avec
lui.
Hein il fait bon le soir, quand les
trottoirs sont vides; il semble qu'on soit
maître de Paris. C'est à cette heure que
je me sens vivre, moi, après le tumulte de
la journée, quand je reviens du journal.
Est-ce que ça ne vous fait pa~ cet effet? 2
Ça me grise, moi, cette odeur de papier,
d'imprimerie, ce va-et-vient, cette vie
remuante, active, aB'airée quand je sors
de ce milieu, je me sens des appétits plus
larges, une envie furieuse d'avoir cela'à
moi, cette puissance, un journal. En ce
moment, ils m'empêchent encore de fairs
ce que je veux. C'est bon. Mais ils ne me
rogneront ni les dents ni les ongles,et
dans dix ans d'ici; on verra. ~?
Il vit que Mégri'n souriait et reprit
Ça vous amuse, parce que je ne suis
pas plus gros qu'un poulet et que je parle
de tout avaler. Je sais bien, je les amuse
tous; mais patience, on verra. Je fais mon
~r~s~gede la V{e/à présent e~8
TP~TP~S'B~CS~~B~
~S- -BE.B. -M t~~ ~L
En g&re. A h Préfecture maritime.
Brest, 3 août. Le ministre de la marine
est arrivé ce matin à Brest par l'express de
neuf heures trente-trois.
Il a été reçu sur les quais de la gare de
l'Ouest par les amiraux Fournier, préfet ma-
ritime Barrera, commandant en chef de
l'escadre du Nord; Delobeau, sénateur et
maire de Brest; Isnard, député de la pre-
mière circonscription de Brest, et une foule
d'officiers supérieurs.
MM. l'amiral Fournieret Delobeau lui sou-
haitent la bienvenue dans notre grand port
de l'Océan.
En sortant de la gare, le ministre est sa-
lué par une salve de dix-neuf coups de ca-
non, tirée par la batterie du château de
Brest.
La place de la gare, les avenues y con.
duisaut, les rues de laviHo, sont pavoisées,
etunefouleénprme se presse sur le pas-
sage du cortège, qui entre en ville par l'a-
venue de la Gare, la porte principale et la
place des Portes. Le cortège descend la rue
de Siam jusqu'à l'hôtel de là préfecture ma-
.ritime.
Sur toutle parcours, tes sapeurs-pompiers,
les artiHeurs de forteresse, lés douaniers, le
19" régiment d'infanterie, la gendarmerie
maritime, les équipages de la flotte, les
batteries d'artillerie de marine, les ~pompiers
du port et la 2° brigade d'infanterie de 'ma-
rine, sous les ordres du général Dodds, sont
échelonnés et. rendent les honneurs.
Cinq brigades do gendarmerie à cheval
forment l'escorte du ministre.
Le cortège officiel se compte de plusieurs
landaus.
Dans le premier se trouvant MM. Loc-
kroy, les amiraux Fournier et Barrera., et M.
Delobeau, maire de Brest.
Dans le second, MM. Ignace, directeur du
cabinet civil; le contre-amiral de Kérambos-
quer, le général de brigade de Lannes, de
l'état-major général, et le lieutenant de vais-
seau Bérard, aide de camp du ministre.
Dans le troisième, le contre-amiral de
Bausset, le colonel de Casteineau, de l'état-
major général, le chef d'escadron Fortin et
le lieutenant de vaisseau du Bourquet, aide
de camp de l'amiral Fournier.
Dans le quatrième, les aides de. camp des
autres amiraux et le chef de bataillon Prud-
hommc, breveté d'état-major.
D'autres fonctionnaires ainsi que les voi-
tures de la presse suivent.
A dix heures un quart, M. Lockroy reçoit
dans le salon Blanc de la préfecture mari-
time les amiraux Fournier, préfet maritime;
Barrera, de l'escadre du Nord; le général
Brault, commandant le 11'= corps d'armée;
le préfet du Finistère; l'amiral Kérambos-
quer, major général; le général Doods; MM.
Verne, sous-préfet de Brest; l'amiral de
Bausset; Spire et Marnie, présidents des tri-
bunaux civil et de commerce; Delobeau, sé-
nateur, maire, et le colonel Malpel, com-
mandant d'armes.
Aussitôt après, il a reçu les visites de
corps, les directeurs des services de la ma-
rine, les ofnoiers supérieurs, les états-ma-
jors, la magistrature, le clergé de Brest, les
ofSciers des corps de troupes de la marine,
de la guerre, les fonctionnaires civils, etc.
L'amiral Fournier, préfet maritime;l'ami-
ral Barrera, M. Ignace, directeur du cabinet
civil; le général de Lacnes, se tenaient aux
côtés de M. Lockroy pendant ces récep-
tions.
La préfecture maritime est magnifique-
ment décorée. Les salons sont ornés de
plantes rares et de superbes tentures.
Cet après-midi, à trois heures, M. Lockroy
s'est rendu à l'Arsenal. La musique des équi-
pages delà Sotte a joué la Msrse~atseà son
entrée.
Le ministre a été reçu à la porte princi-
pale par M. le contre-amiral de Kéram-
bosquer, major général de la marine, en-
touré de son état-major et des commandants
de la Bretagne, de la Saône et du Gau
ment de l'entrée du ministre dans le port,
tous les bâtiments ont hissé leur grande en-
seigne et tous les établissements leur dra-
peau. Les équipages des bâtiments étaient
en grande tenue les hommes étaient aux
postes d'inspection et la garde se tenait
sous les armes.
Les honneurs ont été rendus par chaque
bâtiment au ministre lorsqu'il passait de-
vant lui.
Le travail n'a pas été interrompu, les ou-
vriers de toutes les directions sont restés sur
les chantiers.
Les officiers de tout grade, ofnciers de
vaisseau, du génie maritime, du commissa-
riat, du service de santé, de l'artillerie de
marine et des services administratifs du
port se tenaient sur le terre-plein de la ma-
jorité générale, au pied de la Consutah-e.
M. Lockroy a remis sur cette place quel-
ques décorations.
Après la visite des ateliers, M. Lockroy s'est
rendu a la cale de construction du cuirassé
l'~épta, près duquel se tenaient les ingé-
nieurs chargés du montage. Le ministre a
visité après les bassins du Salou, où l'on fait
d'importants travaux de prolongement de ces
bassins. `
Ces visites terminées.il s'est embarqué avec
sa suite, à 3 h. 45, la cale de l'atelier des
bâtiments en fer, pour se rendre en rade et
visiter l'escadre du Nord qui avait arboré le
grand pavois.
Après avoir visité le vaisseau-école le
jBorda, dont les officiers et les professeurs
lui ont été présentés, M. Lockroy a passé de-
vant les torpilleurs de la défense mobile, au
port de Commerce. Les hommes lui ont rendu
les honneurs.
ES=~===-I=!=~!===s.===~l_jEt~E~-BC
LE
Ctsos 5S. SHS~Rve MtcheE
Onsesouvisntpeut-ctrequo.peudetempsaprèa
tavisite des Souverains russes à Paris, ia Société
historique d'Auteuil, dont le président est le poète
vous assure que je ne perds pas mon
.temps. Quand dans ma journée j'ai saisi
entre deux portes un ministre, et baisé la
main d'une cabotine, je récapitule le soir
ce que j'ai noté et je me dis que je vaux
bien, moi tout petit, les pantins brillants
dont j'ai deviné en passant les secrètes
Scelles.Bien sûr, je suis impatient, je
suis ambitieux. j'entends des gens qui
disent avec un air de blâme <: C'est un
ambitieux a. Ils ne diraient pas autre-
ment a C'est un malfaiteur M. A'h ah
s'ils savaient comme ils me font rire ces
pauvres diables qui n'ont pas osé faire un
pas en avant de peur de se casser le
cou! D'autres disent que j'ai de la
chance parce qu'à vingt-qaatre ans je suis
dans un grand journal et que j'y gagne de
quoi vivre et m'habiller convenablement.
Ceux-là me jalousent. Ils sont étonnants!
Pourquoi n'en font-ils pas autant. C'est
bien simple ils n'ont qu'à vouloir et qu'à
se remuer un peu. Paris appartient au
plus adroit.
Il se tut. II allait en avant, revenait,
se démenait autour de Mégrin qui conti-
nuait de son pas régulier et tranouille,
humant l'air frais, jetant à petites bouffées
la fumée de son cigare. Celui-ci de-
manda s
~Etes-vous heureux?
Heureux, oui. Je suis ce que j'ai
vonla être. C'est quelque chose. Moi je
sors de pave, d'une cité. d'ouvriers; je
R'ai~as été ~mycée~ mais àTéCoJe corn-
Eugène Haane!. inspecteur général do l'Université,
décida de perpétuer ta mémoire do ces fètes patrio-
iiquesparl'ëdiGcationd'unmonumcnt.
Dans l'esprit de ceux qui prirent l'initiative de ce
monument, celui-ci devait se dresser au Ranelagh,
devant te parc même où était descendu le tsar, fai-
sant son entrée dans Paris.
Un peu surpris des lenteurs qu'on apportait a la
réalisation de ce projet, nous avons voulu connaître
tes raisons de ce retard. Elles sont curieuses et mon-
trent bien le rôle fâcheux que joue parfois l'inutile po-
litique en des questions où elle n'a que faire.
Nous avons appris, en effet, que le conseil munici-
pal, sollicité de donner l'autorisation nécessaire à ce
monument, vient de refuser remplacement qu'on lui
destinait.
Il nous a utë possible de voir ce matin le distingue
statuaire charge de l'œuvre, M. Gustave Michel, qui
nous a fait les déclarations suivantes
Si invraisemblable, si inexplicable que
semble au premier abord le refus du conseil
municipal, on est bien forcé d'y voir des
motifs politiques qu'on ne supposait pas
nous devoir être opposés en cette aSaire.
Le projet de la Société Historique d'Au-
teuil fut défendu devant l'assemblée muni-
cipale paroles conseillers de notre arrondis-
sement. Malheureusement, ceux-ci ne repré-
sentent pas l'opinion de la majorité,et la ma-
jorité émit un vote défavorable.
Nous avions eu le soin pourtant d'écarter
de notre projet tout ce qui pouvait présenter
un caractère de luxe déplacé, ou glorifier
une idée, un principe monarchique, qui
n'eût pas manque de blesser les sentiments
de la majorité du conseil. Le monument,
dans la pensée de ceux qui me le .confièrent,
d'après la maquette même que je soumis à
leur approbation, avait un caractère pure-
ment commémoratif.
Lië~. G-'U.€~S~B~€~
'.A PMTO-RSCO
Les opêraticïis du général Miles. Le
plan du général Macias. Les Carlistes
New-York, 3 août. –Les dépêches reçues
de Porto-Rico annoncent que le général Mi-
les continue lentement sa marche, comme
s'il n'était pas question de paix.
Les Américains suivent la route militaire.
Quatre compagnies de volontaires sont cam-
pées a ~2 kilomètres au nord de Ponce. Le
Cherchée vient encore d'amener 750 hom-
mes.
Le A~ew-Ct'tëans, qui maiatenait le blocus
de San-Juan avec le Purttan, le DtXte et le
Gtowces~er, est allé cB'ectucr quelques répa-
rations dans le port de Saint-Thomas. Les
ofnciers rapportent que tout est calme dans
la capitale, qui reçoit des approvisionnements
d'Arecibo sur la côte nord-ouest, où la con-
trebande est faite par des schooners venus
de la nouvelle Ecosse.
Jeudi dernier les Espagnols ont coulé un
grand navire a l'entrée de la baie. Les mâts
sont visibles au-dessus de l'eau.
Londres, 3 août. Le Mo'nù~ Post croit
que la conquête de San-Juan do Porto-Rico
n'est pas aussi facile que les premiers suc-
cès du général Milos semblent l'indiquer.
Ponce et San-Juan son't séparées par des
montagnes escarpées dont quelques passa-
ges peuvent être défendus par des forces
insigninantos. D'autre part, l'entrée de la
baie est excessivement étroite et la ville est
fort bien défendue par le Morro et de puis-
santes batteries situées sur deux îlots con-
tigus. Dans ces conditions, on pourrait affir-
merque San-Jûan est imprenable, si on ne
savait pas que les canons de l'Espagne sont
fort mauvais et ses canonniors détestables.
La feuille anglaise croit que le général
Macias sera enchanté de pouvoir attirer l'en-
nemi àl'intérieur,a8n do'mesurer ses forces
avec celles du général américain, loin de la
Sotte qui, jusqu'à présent, a toujours décidé
du sort des combats.
Cette bataille, où les Américains pour-
raient bien avoir le dessous, le Mornmg
Post croit qu'elle aura lieu, quelle que soit
la marche des négociations.
Le journal anglais cite des précédents à
l'appui de sa thèse, entre autres la bataille
de Toulouse, en 18] 4, qui fut livrée pour
l'honneur du drapeau, bien que les deux ar-
mées eussent alors connaissance du succès
des négociations entreprises pour la conclu-
sions de la paix.
Londres, 3 août. Le correspondant du
~a?T.da]'d à Washington blâme l'envoi du
général Wade à Porto-Rico, à la tête de
quinze régiments. Cette expédition coûtera,
dit-il, près d'un million de dollars par régi-
ment. Ces régiments sont fournis par les
Etats qui n'étaient pas représentés dans les
corps expéditionnaires.
San-Francisco, 3 août. La quatrième
expédition allant à Manille est arrivée a He-
noiulu le 24 juillet.
Btëpecbas
volontaires cubains contre la. paix, à la Ha-
vane, a été des des plus sérieuses et a pris
même un caractère très agressif contre le
maréchal BIanco.
Les volontaires ont abandonné en masse
leurs casernes et sosont répandus dans toute
la ville en insultant le maréchal BIanco et]e e
gouvernement espagnol, qu'ils accusent do
lâcheté et de trahison. Beaucoup jetaient
leurs armes. On dit même que plusieurs
magasins ont été pillés.
Lo garde civique a eu le plus grand mal à
rétablir l'ordre.
New-York, 3 août. Le gouvernement commence
astre étonne de n'avoir reçu' jusqu'à présent aucune
réponse sous aucune forme de l'Espagne.
Dans le. but de mettre un terme aux suppositions
des journaux sur les conventions de paix, !e conseil
a décide hier, dans sa réunion de l'après-midi, de
faire connaître officiellement le texte des clauses
communiquées samedi a M. Cambon, ambassadeur
deFrancc.
On fait remarquer qu'il n'y a là aucune violation
de l'étiquette, attendu que le cabinet sait parfaitement
que le gouvernement espagnol a reçu la note qui lui a
été adressée.
.Cesclausessontlessuivantes:
'!° Le président ne fait valoir aucune réclamation
au sujet du paiement d'une indemnité de guerre, mais
!munale,etlepeuquej'ai fait je l'ai fait
tout seul; Tenez, c'est une petite chose,
mais ça, vous donne une idée de la con-
fiance que j'ai toujours eue en moi. Quand
j'étais gosse, j'allais à l'entrée des bals
publics regarder passer les belles filles et
les gommeux, dans les lumières et les ac-
cords des quadrilles lointains; là, j'aper-
cevais, près du garde municipal, les con-
trôleurs qui me semblaient d'importants
personnages, et pendant que les chas-
seurs me bousculaient, j'avais la sensa-
tion précise qu'un jour j'entrera.is à mon
tour dans ces endroits dorés du plaisir et
de la fête, que j'y entrerais connu, sans
payer.'et que ces contrôleurs hautains me
salueraient. Alors, j'allais rôder dans les
rues. où se font les journaux, devant les
bureaux de rédaction, et je me disais ~naï-
vement « C'est ça qui me donnera. la
puissance d'entrer partout. Je serai jour-
naliste. Aujourd'hui je me dis que j'au-
rai un journal à moi, un journal qui do-
minera tous les autres, et que je serai
fort et qu'on me craindra. Voilà ce que
je me dis. Je ne sais pas comment je fe-
rai, mais ce que je sais bien, c'est que j'y
parviendrai, parce que je le veux.
Ils étaient arrivés à l'angle du faubourg
Saint-Honoré, à l'endroit où ils se quit-
taient d'habitude. Mégrin s'arrêta, pour
serrer la main de CIerget.
Allons, vous avez l'avenir. Bonne
chance
Ei luan~ l'autre se fut éloigné,, il se
f it axige l'abandon par l'Espagne de tous ses droits
de souveraineté su:' t'ita de Cuba, aussi bien que
l'évacuationimmédiatëdecetteilo,
2° L'Espagne cédera aux Etats-Unis Porto-Rico,
qui sera évacuée immédiatement, ainsi que les autres
ites des Antilles qui se trouvent actuellement sous la
souveraineté espagnole. (Ce sont tes petites Mes de
Passage, de )a Couleuvre et de Biegne.)
3' L'Espagne cédera également une des iles des
Larrons (Iles Mariannes).
Les Etats-Unis occuperont la ville, la baie et ~o port
de ManiMe jusqu'à la conclusion du traité de paix qui
déterminera la situation générale des Philippines et
le gouvernement de l'Archipel.
Si ces conditions sont acceptées par l'Espagne, le
gouvernement fera connaitre immédiatement les plé-
nipotsntiaireschoisisparlui.
Londres, 3 août. Un télégramme de Madrid au
Patt?/ News annonce qne l'Espagne a adresse sa rë-
pocse aux Etats-Unis lundi soir.
On mande de Rome au Da:Ï!/ C/t)'ontC:e:
On affirme ici que les préliminaires de ta paix se-
ront signés avant la Cn de la semaine.
On télégraphie de Madrid au Dat!Le gouvernement espagnol a accepte en principe
les conditions de paix proposées par les Etats-
Unis.
M. Cambon déclare qu'il est absurde de supposer
qu'il ait négocié avec le présidentMaeKinIoy comme
envoyé plénipotentiaire de l'Espagne. Il n'a été qu'un
simple intermédiaire.
Londres, 3 août. Les correspondants du Stan-
dafd et du Datij/ New~ à Washington croient savoir
que le gouvernement américain n'insistera, pas pour
la cession d'une des îles L~drones pourvu que le
gouvernement espagnol accepte les autres conditions
depaix.
Londres, 3 août. On télégraphie de New-York au
Tones:
Le secrétaire de la marine a déclaré que l'escadre
amërtcaino dans les eaux européennes serait considé-
rablement augmentée après la conclusion de la paix.
Madrid, 3 août. Par ordr& du gouverne-
ment, d'importantes démonstrations mili-
taires commenceront aujourd'hui en Cata-
logne, en Aragon et en Biscaye, provinces
où l'agitation carliste devient inquiétante.
Des détachements de troupes parcourront
tous ces territoires et séjourneront dans
les villages, a8n d'impressionner les popu-
lations.
Londres, 3 août. Le correspondant du
-Da~?/ 7'e~rap/i a Madrid signale un mou-
vement carliste à Venta de Banos, au sud de
Palencia, dans la province de Léon.
On télégraphie de Rome au Staptdarc:
L'ambassadeur d'Espagne près le Vatican
a été chargé par son gouvernement de faire
des représentations au sujet de l'attitude du
cierge des provinces basques envers les car-
listes.
Le cardinal Rampolla a, en conséquence,
recommandé aux évêques de ces provinces
de ne prêter aucun appui aux ennemis du
gouvernement espagnol.
Washington, 3 août. M. Cambon, am-
bassadeur de France à Washington, a reçu
la réponse de l'Espagne, il la remettra au
Président aujourd'hui mercredi.
New-York, 3 août. Plaza de! Este,3 août.
On a reçu de Garcia, qui se trouve en ce
moment près de Mayari, non loin de la
baie de Nipe, la nouvelle d'un combat sé-
rieux entre les insurgés qui se trouvaient
sous son commandement et une troupe
espagnole qui cherchait à opérer sa. jonction
avec le corps principal, à Holguin.
On croit que cette troupe est celle qui a
évacué Nipe durant le récent bombardement
par les navires américains.
Une dépêche de source cubaine annonce
que les insurgés se seraient déjà emparés
de deux canons, et que la cavalerie espa.-
gnole aurait été battue.
La Guirlande de Céhmène
Ph:i:Hie à Cétfmene
Pou)* une /ots, ma bette amte, taissex-mot
~atre mon.pettt /ltceste, et uous entretenir
de sujets graues. Puisque Bismarck est
mort, tirant que je ~ous en parfe. ~lusst
bte!~jetn'éfon.7tede non" tes f/azettes abon-
der otdëtatts au sujet de ce'mort rëcatct-
tra~t. Cette dëpouitfe auatt ~att so~ temps
et ne )'e!euatt phts ~MÉt'e gué du ctusto'e et
de ta canufe. Sa dësasfrëgatton. n.'auatt p~us
que t~mportaKce d'u?~e date; so?~ M~huma-
tton ~'auratt pas du dépasser {es propor-
tt0?ts d'u?T. yait-dmers.
D'aîtteu?'s ne tt'ouuex-uous pot~t que ce
chanceler de /'erj'outt d'une réputation sur-
faite ? 0?~ t'oppose 'uo!oMtters à notre Etm-
ne?~ce Rou~e. Je r).'mstste pas sur t'unper-
Mnencede ceparatiëte.Dtsntarc/tatrtomphé
par ta ueùte OM ta cana~terte. Rïchetteu.
mais j'c uous renuote au tture de Monsieur
Nanotaux, so~ peUt-ftts en dtptomaHe.
Btsmarchtneurt, accompagné de /unératttes
nattonates. S't{ se /'ût appelé Durand ou
~etster, ti serattau ba~ne comme/'aussatre
ou comt~te assasstK. Vous me du'e~ qu'en
poMttQue ces choses-tâ sont adtntses
Ce gut m'enrage surtout, Céttméne, c'est
qu'on accorde quetgue esprit à ce charcu-
tter. 0?tCtte de tut des tnots dont rougiratt
mon co~~c~er~e. Je me console e!~ songeant
qu'tfs deutC)T.dront ht'sfortgues.
A~e o'ot/ez point qu'oi cela je cède à un
chauuu~sme de mauuats goût. Je recon-
-nats 7;oto)tHers gué tes ~.i~onap~ds nous
sontsupérteurs e~ beaucoup de po~fs. Jts
o)tt des hommes célèbres qut fatent tes
?tôires. Gcethe ou !e grand Frédéric vont
de patr auec Pascat ou A~apotëon, et je ne
saurais opposer Auber à L'eet/touen. Jt ne
~audratt pas cependailt qu'on prtt ia-bas
Btsmarch pour un pottt~ue de gë?~ie. Je
t'esHme plutôt 'un /'fëau. Les nations,
comme tes hommes, exptent leurs mau-
uatsesacttOts, et t'en dott crou'e, comme
ce mats de Gambetfa, e)T. Mmma)~ente jus-
Hce des choses.
Mats je Dous ennme à cheuaucher ces
dadas-~a. Vofiâ une oraïsoT. funèbre qui
sent sonpëdanh'sme d~une tteue.
/dteu, Céttmën.e, j'e ne ~era~ p!us mon
pettt Bossuet.
PHIUNTE.
Pour copie:
EBTILE METROT.
rappela.que c'était sur un même souhait
de bonne chance que Lebrun, le grand
Lebrun, l'avait quitté l'autre jour, et il
ne put s'empêcher d'établir un parallèle
entre le génie de l'un, qui, dans son apo-
gée glorieuse, était un grand malheureux,
et le rêve ambitieux de l'autre, ce petit
qui ne portait certes pas une grande œu-
vre dont s'occuperait le monde, mais seu-
lement un besoin d'action et de lutte, et
qui était heureux. Cela revenait à dire
qu'être heureux, c'était être jeune et es-
pérer.
Alors Mégrin jeta son cigare, tourna la
rue des Ecuries-d'Artois. Il marchait al-
lègrement dans le silence de la rue endor-
mie, et il souriait à une pensée intime,
tout en fredonnant un air en vogue. Il
s'arrêta, heurta de la canne un volet qui
s'ouvrit et, enjambant une fenêtre, il
tomba entre deux bras tièdes qui l'atten-
daient.
XII
Maurice, quand son père était absent,
se glissait dans son cabinet de travail
pour y prendre, sous la table, dans la cor-
beille à papier, des timbres-poste, qu'il
allait ensuite découper sous les yeux de
sa bonne. Le silence de cette pièce, dont
l'accès lui était interdit d'ordinaire, l'atti-
rait et de la trouver vide, il s'enhardis-
sait, montait sur les chaises pendant que
ses yeux cherchaient ce. qu'il pouvait
bien y avoir la d'extraordinaire pour que
OPINIONS.
EN VOtTURE
II est entendu que nos Compagnies d
du monde. Des esprits sérieux et que 13
suppose documentés ont si souvent railla
notre matériel roulant; qui ne roule pas
assez, à leur gré ils ont tellement
exalté, par contre, le confortable des
wagons allemands et la vitesse des trains
américains ou anglais, que je suis bien.
forcé de conclure que nos grandes Com-
pagnies ne s'avancent dans la voie du'
progrès qu'avec une déplorable lenteur,,
et qu'elles sacrifient peut-être un peu trop-
souvent les intérêts du public aux divi-'
dendes des actionnaires.
Non pas cependant qu'elles soient sys-"
tématiquement hostiles aux réformes J
Elles les accueillent même avec assez!
d'empressement.lorsqu'elles ne doivent
pas coûter trop cher.
Je n'en yeux pour preuve qae les essais!
faits dernièrement, sur la ligne de Lyon'
et sur celle de l'Ouest, d'un système ima-~
giné pour marquer les wagons d'une fa-~
çon aisément reconnaissable, essais dont.'
la P/'esse a entretenu ses lecteurs ces
jours-ci.
La question est absolument d'actualité,~
en cette saison de villégiatures et de dé-
placements, où le plus casanier se croi&'
tenu de circuler dans n'importe quel sens;)'
où l'on voit des gens qui jouissent chez:
eux d'un certain confortable se condam-'
ner pendant des semaines, et sans qua
rien les y oblige, à mener une vie impos-
sible, sautant mathématiquement d'ui~
train dans un autre, dormant et mangeant
en wagon, uniquement préoccupés de dé-
vorer des centaines de kilomètres, poucr
bénéScier des réductions de tarifs accor-
dées à ceux qui ont fait le plus de che"'
min.
Parmi les multiples désagréments que
attendent le voyageur au cours de ces
déambulations, il en est un auquel vous.
n'avez certainement pas échappé..
C'est la nuit. Le train stoppe dix mi<
nutes d'arrêt, bulfe t. Vous descendez. Vous
venez défaire cent kilomètres sans débri-
der, et, comme l'exercice creuse, vous
sentez le besoin de vous réconforter. In-
génument, vous demandez un bouillon.
On nnit par vous l'apporter, mais brûlanù.
Pendant que vous soufflez dessus, vous
entendez le cri fatidique « En voiture,les
voyageurs! s Vous n'avez qu'une chose &
faire, c'est de 61er.et de laisser votrs-'
bouillon. après l'avoir payé. Soyez tran-
quille, il n'est pas perdu on le serviras
à un autre. Mais c'est vous qui êtes perdu.-
Où est votre compartiment ? Vous n'avez'
pas songé à regarderje numéro d'ordra
ou vous l'avez oublié. Vous courez, ahuri,
d'un bout du train à l'autre.
Et toujours la voie implacable de l'em-
ployé « En voiture, les voyageurs a En
voiture Vous ne demanderiez pas mieux.
On finit par vous pousser dans un com-
partiment quelconque, et le train part,'
pendant que vous vous demandez avec
angoisse si vous retrouverez votre sac d~
nuit.
Un inventeur, M. Gros, a imaginé da
remédier à cet inconvénient en munis-
sant chaque voiture d'une image mnémo-
technique plus facile à retenir qu'un nu-
méro d'ordre un cor de chasse, una
Heur, une tête d'animal quelconque, etc.
L'expérience a donné des résultats sa."
tisfaisants.
Avec ce système, désormais ça ira touS
seul. Le signal du départ est donné
comme vous êtes myope, au lieu de vous
trémousser en pure perte, vous abordes
tranquillement le chef de train
Où est mon compartiment.la x téta
de veau xje vous prie ? 2
La (f~tête de veau B, monsieur, là-
bas. en avant.
Et vous vous dirigez avec sérénité vers
votre voiture, pendant que les employés
se livrent à votre sujet à des facéties in-
nocentes qui adoucissent leur dur la-
beur.
Il est évident qu'on ne s'en tiendra pas
là, et j'aime à croire qu'on perfectionnera.
au point de vue artistique ces images ru-
dimentaires.. L'art appliqué à la réclame
a inspiré de si originales compositions
que je ne désespère pas de voir, à bref
délai, peintes sur les portières de nos wa-
gons, les petites femmes allégoriques
symbolisant les vertus du quinquina Du-
bonnet et du vin Mariant. Si des règle-
ments surannés s'y opposent, je ne vois
aucun inconvénient à ce qu'on les chan-
ge, et tout le monde sera content: les
voyageurs, pour qui ces visions affrio-
lantes abrégeront l'ennui des arrêts, et
les Compagnies) qui ne négligent pas le%'
petits prolits.. ~D ZD
A. MONTILLOT.
La PRESSE esf en t/e;~e dans ~ous ~es
~tosgues, c.~e~ les pr/nc/pau;< //ôra/res
efsMx&/6//of/7è?ues des .gares, fous ~s
~ours, asspf /?eMf~s du so~.
les petits enfants n'y pussent pas entrer.
Aux murs, de grands portraits dans de!.
cadres d'or l'intimidèrent un peu, la pre<.
miére fois qu'il vint là; puis l'immobilita.-
de ces figures peintes le rassura, et Jeuc
placidité les lui fit familières à la longue.
Il y avait pourtant un vieillard à grande.
barbe, qui paraissait bien sévère, et ce-
lui-là, il évitait de le regarder; les autres,
une dame décolletée, un monsieur jeune
qui souriait presque, et un autre monsieur
dans un uniforme constellé de croix.
avaient un air sympathique. Il entrait
sur la. pointe des pieds, les regardait l'ua
après l'autre; et les saluait. 11 disait tou~
haut
Bonjour monsieur, bonjour, ma-
dame.
Et comme ils ne répondaient pas, i~-
leur envoyait des baisers. Après quoi,
pjis d'une envie de jouer, il leur faisait
fies grimaces. Même immobilité et même
silence. Alors il leur tirait la langue, es
qu'on lui avait bien défendu de faire, cer-
tain que cette fois ils allaient se fâcher.
Et devant le mutisme de ces figures pein.
tes, il s'en allait en déclarant
Ils sont bêtes. Ils disent rien.
.A sutUMj
NûMs pnons Ttos aboies <~ ~o: cor-
~espo~da~sdebte~ uaM~otr Kousst.~a-*
Séries retards qmp3nue~~m'ue~t)'daM$
!3recM'~ondeKoh'e,:oM?'~a~
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 79.56%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 79.56%.
- Collections numériques similaires Chasles Philarète Chasles Philarète /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Chasles Philarète" or dc.contributor adj "Chasles Philarète")Histoire de France, depuis les temps les plus reculés / par MM. A. Roche et Ph. Chasles,... /ark:/12148/bpt6k7051712q.highres Conversation entre onze heures et minuit , par Honoré de Balzac, et autres Contes bruns [de Philarète Chasles et Charles Rabou]. Introduction de René Benjamin,... /ark:/12148/bd6t541869481.highres
- Auteurs similaires Chasles Philarète Chasles Philarète /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Chasles Philarète" or dc.contributor adj "Chasles Philarète")Histoire de France, depuis les temps les plus reculés / par MM. A. Roche et Ph. Chasles,... /ark:/12148/bpt6k7051712q.highres Conversation entre onze heures et minuit , par Honoré de Balzac, et autres Contes bruns [de Philarète Chasles et Charles Rabou]. Introduction de René Benjamin,... /ark:/12148/bd6t541869481.highres
-
-
Page
chiffre de pagination vue 3/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k548884x/f3.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k548884x/f3.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k548884x/f3.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k548884x/f3.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k548884x
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k548884x
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k548884x/f3.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest