466 BERVIC (CHARLES-CLÉMENT)
BERVIC (Charles-Clément).
Un des plus habiles burinistes dont s'honore la Gravure française.
Charles-Clément Bervic (de son vrai nom Jean-Guillaume Balvay),
naquit à Paris le 23 mai 1756. Sa vocation artistique, que rien dans son
ascendance ou dans son milieu ne faisait pressentir (il était fils d'un
tailleur) se manifesta dès son plus jeune âge. Il voulait être peintre.
Mais ses parents, gens de labeur, appréhendant pour leur rejeton le
souci du pain quotidien, qui leur semblait inhérent à une carrière d'ar-
tiste, le détournèrent de la peinture et l'orientèrent vers la gravure.
C'était en quelque sorte un compromis entre l'art et le commerce qui,
tout en donnant satisfaction aux goûts de l'enfant, avait l'avantage
de lui mettre entre les mains un bon métier. C'est ainsi que le jeune
homme entra dans l'atelier de Wille, qui révélait aux apprentis graveurs
les secrets de la grande tradition. Le bon Wille a noté le fait dans son
journal (14 septembre 1770) : "Ce jour, est entré chez moi, en qualité
d'élève, le fils d'un maître tailleur de Paris, nommé M. Bervic. Ce jeune
homme a la physionomie heureuse; il dessine déjà joliment pour son
âge, n'ayant que quatorze ans." (Quelques années plus tard, le 24 sep-
tembre 1774, il obtenait la première médaille de dessin à l'Académie
et fut toujours un bon dessinateur.)
Wille s'attacha à cet élève, qui devait faire honneur à son maître.
"Il est d'un caractère franc et sans détour, écrira-t-il un jour (le 24 fé-
vrier 1788, à l'occasion du premier mariage de Bervic). Il est instruit
et son esprit est solide." En attendant, il le mit à l'école de Nanteuil et
lui enseigna la pratique de la belle taille régulière : ce qu'on appelait au
XVIIIe siècle la "gravure rangée", par opposition à la "gravure libre"
qui se pratiquait surtout dans l'atelier de Le Bas et qui était basée sur
un travail initial, où l'eau-forte joue le rôle expressif.
Cochin a caractérisé en termes pertinents l'une et l'autre manière.
"Si le burin, écrivait-il, termine et perfectionne l'eau-forte, il en reçoit
aussi beaucoup de mérite et de goût; elle lui donne une âme qu'il n'avoit
point ou du moins qu'il n'auroit que très difficilement sans elle : elle
lui dessine ses contours avec sûreté et esprit, elle lui ébauche ses ombres
avec un goût méplat et varié suivant les divers caractères des sujets...
ce que le burin ne fait qu'avec une égalité soit de ton, soit de couleur
qui ne satisfait pas si bien... aussi est-il certain qu'avant l'invention de
l'eau-forte, il manquait quelque chose à la gravure..."
Cette ame de l'eau-forte, le buriniste de l'école de Wille y renonce,
ne visant qu'à la propreté et à la correction du travail. Beau métier
d'ailleurs, mais dont la rigueur s'accommode plutôt de sujets sévères.
Elle exclut tout ce qui est grâce, agrément, légèreté. Logiquement ce
buriniste doit se cantonner dans l'histoire et dans le portrait. Il s'inter-
dira la vignette et l'estampe aimable ou galante. C'est que, dit encore
Cochin, la gravure au burin est "une dame d'une taille et d'une beauté
régulières... qui possède... les appas les plus séduisans : mais son front
majestueux est toujours armé du sérieux le plus sévère."
Sérieux, sévère, ce sont des termes qui s'appliquent parfaitement
BERVIC (Charles-Clément).
Un des plus habiles burinistes dont s'honore la Gravure française.
Charles-Clément Bervic (de son vrai nom Jean-Guillaume Balvay),
naquit à Paris le 23 mai 1756. Sa vocation artistique, que rien dans son
ascendance ou dans son milieu ne faisait pressentir (il était fils d'un
tailleur) se manifesta dès son plus jeune âge. Il voulait être peintre.
Mais ses parents, gens de labeur, appréhendant pour leur rejeton le
souci du pain quotidien, qui leur semblait inhérent à une carrière d'ar-
tiste, le détournèrent de la peinture et l'orientèrent vers la gravure.
C'était en quelque sorte un compromis entre l'art et le commerce qui,
tout en donnant satisfaction aux goûts de l'enfant, avait l'avantage
de lui mettre entre les mains un bon métier. C'est ainsi que le jeune
homme entra dans l'atelier de Wille, qui révélait aux apprentis graveurs
les secrets de la grande tradition. Le bon Wille a noté le fait dans son
journal (14 septembre 1770) : "Ce jour, est entré chez moi, en qualité
d'élève, le fils d'un maître tailleur de Paris, nommé M. Bervic. Ce jeune
homme a la physionomie heureuse; il dessine déjà joliment pour son
âge, n'ayant que quatorze ans." (Quelques années plus tard, le 24 sep-
tembre 1774, il obtenait la première médaille de dessin à l'Académie
et fut toujours un bon dessinateur.)
Wille s'attacha à cet élève, qui devait faire honneur à son maître.
"Il est d'un caractère franc et sans détour, écrira-t-il un jour (le 24 fé-
vrier 1788, à l'occasion du premier mariage de Bervic). Il est instruit
et son esprit est solide." En attendant, il le mit à l'école de Nanteuil et
lui enseigna la pratique de la belle taille régulière : ce qu'on appelait au
XVIIIe siècle la "gravure rangée", par opposition à la "gravure libre"
qui se pratiquait surtout dans l'atelier de Le Bas et qui était basée sur
un travail initial, où l'eau-forte joue le rôle expressif.
Cochin a caractérisé en termes pertinents l'une et l'autre manière.
"Si le burin, écrivait-il, termine et perfectionne l'eau-forte, il en reçoit
aussi beaucoup de mérite et de goût; elle lui donne une âme qu'il n'avoit
point ou du moins qu'il n'auroit que très difficilement sans elle : elle
lui dessine ses contours avec sûreté et esprit, elle lui ébauche ses ombres
avec un goût méplat et varié suivant les divers caractères des sujets...
ce que le burin ne fait qu'avec une égalité soit de ton, soit de couleur
qui ne satisfait pas si bien... aussi est-il certain qu'avant l'invention de
l'eau-forte, il manquait quelque chose à la gravure..."
Cette ame de l'eau-forte, le buriniste de l'école de Wille y renonce,
ne visant qu'à la propreté et à la correction du travail. Beau métier
d'ailleurs, mais dont la rigueur s'accommode plutôt de sujets sévères.
Elle exclut tout ce qui est grâce, agrément, légèreté. Logiquement ce
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dira la vignette et l'estampe aimable ou galante. C'est que, dit encore
Cochin, la gravure au burin est "une dame d'une taille et d'une beauté
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