Titre : Lectures pour tous : revue universelle et populaire illustrée
Éditeur : Hachette (Paris)
Éditeur : Edi-MondeEdi-Monde (Paris)
Date d'édition : 1926-07-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32805602k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 42149 Nombre total de vues : 42149
Description : 01 juillet 1926 01 juillet 1926
Description : 1926/07/01-1926/07/31. 1926/07/01-1926/07/31.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k54203528
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 04/09/2008
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LES NAUFRAGÉS;
DE CALAIS
roi, à un moment où la foule, insuffisamment
armée et nombreuse encore, n'eût pas tenu
contre une charge de cavalerie.
Mais il semblait qu'une sorte de fatalité
pesât sur Choiseul et vouât au malheur
chacune de ses entreprises. Simple prologue
encore que l'affaire de Varennes ! L'avenir
réservait à ce fidèle serviteur de la royauté de
plus sombres destins.
Quand Louis XVI et sa famille eurent été
contraints de reprendre, sous bonne garde, le
chemin de la capitale, Choiseul, qui avait
offert son bras à Marie-Antoinette jusqu'à
la berline, sauta en selle et chevaucha à
hauteur de la portière. Mais bientôt la rue
devint si étroite qu'il dut reculer. Les gens
alors l'assaillirent, lui firent vider les arçons,
puis, le poussant avec des sabres et des faux
jusqu'à l'hôtel de ville, ils l'enfermèrent
dans un cachot. Il y risqua sa vie davantage.
Malgré les factionnaires, certains exaltés
tentèrent d'en enfoncer la porte ; ils braquè-
rent même des fusils par un soupirail, et,
pour se soustraire à ce nouveau genre de mort,
le prisonnier dut se blottir dans les angles
rentrants.
Le jeudi 23 juin, on le remit à la garde
nationale de Verdun, qui le conduisit avec
plus d'égards dans les geôles de cette ville.
Il y demeura un mois, jusqu'au décret
d'accusation de l'Assemblée constituante qui
ordonna son transport à Orléans pour y être
jugé par la haute cour nationale.
L'amnistie arrêta le procès et Choiseul,
devenu chevalier d'honneur de la reine, ne
quitta plus ses maîtres, auxquels il s'était
voué corps et âme, que sur les marches du
Temple.
Il eut alors à songer à sa propre sécurité,
car sa tête avait été mise à prix. Il émigra....
|JN 1795, il se trouvait dans la régence de
*-> Hanovre. Sonroi,sa fortune, ses traditions,
tout avait disparu dans la tourmente. Il était
veuf. Son père, sa tante la duchesse de Gra-
mont, sa belle-soeur la princesse de Monaco,
avaient péri sur l'échafaud. Sa dernière
parente, la veuve de l'ancien ministre de
Louis XV, le duc Etienne-François de Choiseul,
dont il avait hérité le titre, avait recueilli ses
deux enfants en bas âge. Jeune encore — il
n avait que trente-trois ans, — brave jusqu'à
Jf témérité, il mit son épée au service de
1 Angleterre, afin d'aller guerroyer dans les
Indes. Il évitait ainsi de continuer à porter les
armes contre la France, il fuyait le vieux
monde qu'il voyait s'écrouler, et, pour courir
les aventures, il ne redoutait point de s'enfon-
«er dans un pays nouveau — pays de cauche-
mar ou de rêve. Mais ce mystère même n'était
pour lui qu'un attrait de plus. .
Déjà, il avait levé avec une facilite
extrême un régiment de douze cents hommes,
le Choiseul Hussards, qui s'était acquis une
réputation brillante. De tous côtés, des volon-
taires étaient accourus, et nombre d'officiers,
appartenant aux premières familles de France,
avaient voulu lier leur sort à celui de l'ancien
colonel de Royal Dragons : MM. de la Roche-
foucault, Thibault de Montmorency, de Bois-
gelin, de Caumont, de Vaudreuil, d'autres
encore....
Mais si le nouveau régiment avait fait
campagne, dans l'armée anglaise,' contre
les troupes de la République — certains docu-
ments vont bientôt l'établir — Choiseul
ne voulait plus de cette guerre fratricide, et,
dans la capitulation qu'il signa avec le gou-
vernement britannique, il stipula que, si,
pour une raison quelconque, l'expédition
n'avait pas lieu, il ne pourrait être employé
qu'au Canada et à la Nouvelle-Ecosse.
Un second régiment, le corps des chas-
seurs de Loewenstein, fort de quinze cents,
hommes environ, avait été également placé-
sous ses ordres.
Toutefois, le Hanovre venait de procla-
mer sa neutralité avec la France, et les trou-
pes anglaises, qui s'y trouvaient cantonnées,
durent l'évacuer, en même temps que la
petite armée de Choiseul. On appareilla pour;
la Grande-Bretagne, et, le 14 octobre, Cuxha-
ven vit partir quatre-vingts bâtiments dei
transport, deux frégates de quarante-quatre,
canons : la Nymphe et le Carrysforths, et deux:
corvettes, sans parler des avisos. Le corps
expéditionnaire des Indes occupait, à lui seul,
trente-deux unités et naviguait sous pavillon
danois. Il devait toucher terre à Spithead,dans
la Manche, et s'y embarquer définitivement,
sur des navires doublés de cuivre, à destina-
tion de Calcutta.
Mais aussitôt, le sort contraire vint don-
ner à Choiseul un premier avertissement.
A peine eut-elle gagné le large, que cette
nouvelle Armada fut assaillie par un coup de
vent d'une rare violence. Plusieurs bâtiments
s'avarièrent ; tous durent regagner la rade,
où ils demeurèrent encore fort exposés, filant
sur leurs ancres.
Le 12 novembre seulement, on put songer
à un nouveau départ. Ce jour-là, il faisait un
temps radieux. Dans un ordre de marche
impeccable, cent vaisseaux s'avançaient sur
la vaste mer, mâts pavoises et toutes voiles
dehors. Les musiques qui se répondaient d'un
pont à l'antre, le bruit des trompettes et des
cymbales, les coups de canon, les vivats de la
-^ 103 * K"
DE CALAIS
roi, à un moment où la foule, insuffisamment
armée et nombreuse encore, n'eût pas tenu
contre une charge de cavalerie.
Mais il semblait qu'une sorte de fatalité
pesât sur Choiseul et vouât au malheur
chacune de ses entreprises. Simple prologue
encore que l'affaire de Varennes ! L'avenir
réservait à ce fidèle serviteur de la royauté de
plus sombres destins.
Quand Louis XVI et sa famille eurent été
contraints de reprendre, sous bonne garde, le
chemin de la capitale, Choiseul, qui avait
offert son bras à Marie-Antoinette jusqu'à
la berline, sauta en selle et chevaucha à
hauteur de la portière. Mais bientôt la rue
devint si étroite qu'il dut reculer. Les gens
alors l'assaillirent, lui firent vider les arçons,
puis, le poussant avec des sabres et des faux
jusqu'à l'hôtel de ville, ils l'enfermèrent
dans un cachot. Il y risqua sa vie davantage.
Malgré les factionnaires, certains exaltés
tentèrent d'en enfoncer la porte ; ils braquè-
rent même des fusils par un soupirail, et,
pour se soustraire à ce nouveau genre de mort,
le prisonnier dut se blottir dans les angles
rentrants.
Le jeudi 23 juin, on le remit à la garde
nationale de Verdun, qui le conduisit avec
plus d'égards dans les geôles de cette ville.
Il y demeura un mois, jusqu'au décret
d'accusation de l'Assemblée constituante qui
ordonna son transport à Orléans pour y être
jugé par la haute cour nationale.
L'amnistie arrêta le procès et Choiseul,
devenu chevalier d'honneur de la reine, ne
quitta plus ses maîtres, auxquels il s'était
voué corps et âme, que sur les marches du
Temple.
Il eut alors à songer à sa propre sécurité,
car sa tête avait été mise à prix. Il émigra....
|JN 1795, il se trouvait dans la régence de
*-> Hanovre. Sonroi,sa fortune, ses traditions,
tout avait disparu dans la tourmente. Il était
veuf. Son père, sa tante la duchesse de Gra-
mont, sa belle-soeur la princesse de Monaco,
avaient péri sur l'échafaud. Sa dernière
parente, la veuve de l'ancien ministre de
Louis XV, le duc Etienne-François de Choiseul,
dont il avait hérité le titre, avait recueilli ses
deux enfants en bas âge. Jeune encore — il
n avait que trente-trois ans, — brave jusqu'à
Jf témérité, il mit son épée au service de
1 Angleterre, afin d'aller guerroyer dans les
Indes. Il évitait ainsi de continuer à porter les
armes contre la France, il fuyait le vieux
monde qu'il voyait s'écrouler, et, pour courir
les aventures, il ne redoutait point de s'enfon-
«er dans un pays nouveau — pays de cauche-
mar ou de rêve. Mais ce mystère même n'était
pour lui qu'un attrait de plus. .
Déjà, il avait levé avec une facilite
extrême un régiment de douze cents hommes,
le Choiseul Hussards, qui s'était acquis une
réputation brillante. De tous côtés, des volon-
taires étaient accourus, et nombre d'officiers,
appartenant aux premières familles de France,
avaient voulu lier leur sort à celui de l'ancien
colonel de Royal Dragons : MM. de la Roche-
foucault, Thibault de Montmorency, de Bois-
gelin, de Caumont, de Vaudreuil, d'autres
encore....
Mais si le nouveau régiment avait fait
campagne, dans l'armée anglaise,' contre
les troupes de la République — certains docu-
ments vont bientôt l'établir — Choiseul
ne voulait plus de cette guerre fratricide, et,
dans la capitulation qu'il signa avec le gou-
vernement britannique, il stipula que, si,
pour une raison quelconque, l'expédition
n'avait pas lieu, il ne pourrait être employé
qu'au Canada et à la Nouvelle-Ecosse.
Un second régiment, le corps des chas-
seurs de Loewenstein, fort de quinze cents,
hommes environ, avait été également placé-
sous ses ordres.
Toutefois, le Hanovre venait de procla-
mer sa neutralité avec la France, et les trou-
pes anglaises, qui s'y trouvaient cantonnées,
durent l'évacuer, en même temps que la
petite armée de Choiseul. On appareilla pour;
la Grande-Bretagne, et, le 14 octobre, Cuxha-
ven vit partir quatre-vingts bâtiments dei
transport, deux frégates de quarante-quatre,
canons : la Nymphe et le Carrysforths, et deux:
corvettes, sans parler des avisos. Le corps
expéditionnaire des Indes occupait, à lui seul,
trente-deux unités et naviguait sous pavillon
danois. Il devait toucher terre à Spithead,dans
la Manche, et s'y embarquer définitivement,
sur des navires doublés de cuivre, à destina-
tion de Calcutta.
Mais aussitôt, le sort contraire vint don-
ner à Choiseul un premier avertissement.
A peine eut-elle gagné le large, que cette
nouvelle Armada fut assaillie par un coup de
vent d'une rare violence. Plusieurs bâtiments
s'avarièrent ; tous durent regagner la rade,
où ils demeurèrent encore fort exposés, filant
sur leurs ancres.
Le 12 novembre seulement, on put songer
à un nouveau départ. Ce jour-là, il faisait un
temps radieux. Dans un ordre de marche
impeccable, cent vaisseaux s'avançaient sur
la vaste mer, mâts pavoises et toutes voiles
dehors. Les musiques qui se répondaient d'un
pont à l'antre, le bruit des trompettes et des
cymbales, les coups de canon, les vivats de la
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