Titre : Le Bandit du Nord : Organe anarchiste
Éditeur : [s.n.] (Roubaix)
Date d'édition : 1890-02-09
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32709783g
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 5 Nombre total de vues : 5
Description : 09 février 1890 09 février 1890
Description : 1890/02/09 (A1,N1). 1890/02/09 (A1,N1).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG59 Collection numérique : BIPFPIG59
Description : Collection numérique : Bibliothèque numérique de... Collection numérique : Bibliothèque numérique de Roubaix
Description : Collection numérique : BIPFPIG59 Collection numérique : BIPFPIG59
Description : Collection numérique : Fonds régional :... Collection numérique : Fonds régional : Nord-Pas-de-Calais
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5414521c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-11890
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/07/2008
PREMIÈRE ANNÉE
N°l
10 CENTIMES LE NUMÉRO
DIMANCHE 9 FÉVRIER 1890
ABONNEMENTS
France ,
Un an. . . . G fr.
Six mois ... 3 fr.
J^ois mois.-.' . 1,50 ,
ABONNEMENTS
Extérieur
Un an. . . . 8 fr.
Six mois ....„■ 4 fr.
Trois mois . . 2' IV:
Àum Compagnons,
■En faisant paraître cette modeste
feuille, nous voulons faire ,un effort
de plus pour implanter nos idées dans-
la région, nous .n'aspirons pas à-nous
répandre de parloui du moins pour le
moment, nos forces ne nous permettent
pas de tenter ce but. , Cependant si des
compagnons sont désireux -d'avoir le
Journal pour leurs localités nous seront
heureux de le leur envoyer, mais com-
me nous n'avons pas les moyens d'à-
tendre leurs fonds pour pouvoir rouler,
qu'ils nous envoient Vargent"'d'avance
ils seront servis aussitôt ; pour tous les
dépositaires nous livrons à <3 francs
le cent.
yue-«ùG réflexions, de sourires, de \(
critiques, de quolibets, seront lancés
à ce titre : Le Bandit du Nord.-
Le journaliste payé pour (écrire,
aiguisera sa plume de tolèdeipour
faufiler entre deux lignes creuses
une critique vide. \
Le bourgeois au gros ventre; nous
appellera fanfaron ; ■,::■■■
L'Indifférent nous traitera; d'ori-
ginal, i
Enfin quelques malicieux politiciens
qui s'appellent) pompeusement des so-
cialistes et qui'malgré cela courent
à l'autorité pour s'en.... revêtir iront
jaser aux ouvriers qui n'y connaissent
rien que notre titre prouvera' bien
que nous sommes des gens de désor-
dre et qu'il faut se méfier de nous.
Mais Un moment !... Lisez s'il vous
plaît, lisez journalistes vendus, lisez
bourgeois et tremblez devant la logi-
que de ceux qui s'appellent Bandit, j
Lisez indifférents et sortez de votre j
apathie. ••• . !
Lisez enfin ouvriers et en appre- j
nant à connaître la valeur de la so- j
ciété, apprenez à ne plus '.suivre les |
farceurs de tout accabit qui sous pr.é- l
texte de faire votre bonheur,, comr I
mencent à vous cacher la vérité pour
duper votre ignorance.
Avant de mettre au jour cette mo- j
deste feuille, nous avons dans une |
de ces fréquentations qui,,nous sont
famillières, on aucun président.. ne j
dirige nos débats, aucun secrétaire
n'enregistre nos réflexions, . nous,,
avons longuement médités sur la so-.-'
ciété où nous sommes Qbligés de,
vivre, nous avons vu se jouer devant
nos. yeux, comme des i péages, fantas-
tiques ; la misère noire des travail-;,
leurs, les haillons de leurs habits,j lesj
murs sombres de ces bastilles .du,Ç£rj
pital où gémit la misère sous; la, fa^i-,
gue du labeur auquel, elle ; s'épjuisfi,j
\ ces.,ibastiUes gu'on .appelle usines,
' . (i -" : Vivi, fPV.r'.i ;■; ;
tu les connais • Jacques bonhomme,* '
nous avons vu les produits confec-
tionnés par ces ventres creux sortir
dé ces enfers pour aller i s'échanger
contre une aisance et un luxe qui-se^
rait consommé non' pas par ces pro.-.
ductéùrs, 'mais par'un homme dnaciif
et'incapable auquel la sociétés donné
le nom de Bourgeois; ; ,!u
-Nos cerveaux indignés'par ce spee* •
tacle ont'encore: eu la force, de nous
dire, ça c'est de l'honnêteté.
-Nous' avons vu 1, entraînés par l'ac-
tivité d'une imagination. qui souffre
au contact de l'injustice, nous avons
vu dans une chambre ornée de cette
vielle> bêtise qu'on appelle Christ, où
des hommes en robes étaient assis
dans des fauteuils en velours, nous
avons vu dans cette chambre un mal-
heureux condamné à la prison pour
avoir pris du pain. .
Dans une autre à côté,'i un banquier
en' fênlîité'"fryàffcS;ruiné '7-ou 8 ^f„„:'i
commerçants être acquitté^ et partir
chargé des fruits de ses rapines.
Une femme accusé d'adullère^ com-
paraissant dans une de ces chambres
frappe encore notre imagination, elle
s'explique la criminelle, « Messieurs,
mon mari me frappait, un homme
bon est venu à moi et m'a offert de
partager son existence, j'ai accepté »,
trois mois de prisons répondent les
juges, et nos cerveaux assombris
nous ont dit encore, ça c'est de la
justice.
Oh nous avons vu bien d'autres
choses encore ce jour-là, tenez, écou-
tez, un mariage pompeux se célé-
brant, le prêtre garni d'or, l'église
ornée de toutes ses tentures, l'encens
jeté à foison, des cierges de tout côté,
puis, au milieu des chants harmo-
nieux d'un choeur, un couple s'avan-
çant sur les moelleux ■ tapis étendus à
l'avance sur leur passage les con-
duisant à l'autel. Mais... quel couple !!
un vieillard, un sénateur de 50 ans,
et une jeune iiile de 19 ans à peine,
elle, épousant un ■titre et lui un cof-
fre-fort, et le père souriant d'un air
fier au sortir de l'office en disant :
« mon' gendre le sénateur ».
Nos cerveaux nous ont dit alors,
ça c'est de la morale.
Ce n'est pas tout, il manque encore
un dernier tableau, le voici : c'est en
hi"er, la neige couvre le sol de son
froid-manteau et là sur une place
sont groupés une troupe d'hommes,
de femmes et d'enfants, un drapeau
rouge s'agîte au milieu d'eux, rcB sont
ces misérables du début, qui ont-
quittés les usines où ils gémissaient
eïtyiéhnent demander 50 centimes de
.plus par jour pour nourrir leurs en-
ifànts. : Mais hélas, leur manifestation
ri'èst'pas de longue durée, 'dans le
fond d'une ! d'hommes; s'avance^ ils portent un
paiitalon rouge, ils arrivent, ils sont
là, leur chef alors d'une voix sèche
fait croiser la baïonnette, et serviles
ils, obéissent, « en avant » c'est le
deuxième commandement et cette
masse s'avance sur les misérables af-
fames qui apeurés fuyent dans toutes
!es(directio.ns,.. les faibles, les femmes,
et les enfants sont foulés aux pieds
par ces bourreaux inconscients, et
l'ordre a triomphé.
Alors nos cerveaux nous dirent
pour une dernière fois : c'est l'armée
de la patrie. .
Epuisés,, indignés, et révoltés tout
à la fois par l'examen que nous venions
de faire de cette triste soc'été, nous
nous consultâmes des yeux, puis après,
un moment de silence, l'un de nous
comprenant nos pensées se leva et
nous dit :
Compagnons, i'honnêteté, la justice,
la morale, l'a patrie, tout ça c'est tel-
lp.W(?.ïiF:;ôtlreiiX.-,:'We nos coeurs ne
peuvent vivre sous ces drapeaux, il
vaut mieux nous appeler BANDIT.
NOTRE BUT
En livrant au public cette modeste !
feuille, nous avons un but tout dillë-
rent de celui des autres feuilles de la
presse à la mode qui ne sont qu'une
classe de parasites tout, au moins aussi
dangereux que les Bourgeois et les gou-
vernements qu'ils soutiennent.
Gens de tout acabit réduisant ce qu'il
y a de plus beau dans l'homme : la pen-
sée, à l'état de vulgaire outil,-et le droit
de défendre des idées à un métier hon-
teux frisant la prostitution, écrivant
tour à tour pour tes opportunistes, les
radicaux ou les réactionnaires, quel-
quefois pour tous à la l'ois, ils mangent
à toutes ces gamelles comme à celle des
fonds secrets, l'rippes lippes ébontés ils'
n'ont qu'un seul but entretenir l'igno-
rance, un seul moyen le mensonge ou
la calomnie.
Devons-nous suivre une semblable
conduite? Non, nos moyens d'abord ne
nous permettent pas de vivre de notre
propagande et si nos moyens nous le
permettaient MOUS ne le ferions pas
paice que nos convictions nous le dé-
fendent.-
Non nous ne pouvons être des sala-
riés de nos journaux, parce que nos
rédacteurs sont l'ensemble de tous les
opprimés, de toutes les victimes, ils sont
la foule des inconnus qui souffrent,
nous faisons appel à leur collaboration
et nous les assurons que chaque l'ois
qu'un écrit nous parviendra dès l'ins-
tant qu'il contiendra une plainte, l'indi-
cation d'un mal, le remède pour le dé-
truire, nos colonnes lui seront ouvertes.
Parce que nous n'avons qu'un but,
l'opposé de celui de la presse bourgeoi-
se, LA. DESÏKUCÏION l)K l/IUN'ORANCK.
En inscrivant les maux de la société
et les remèdes à leur destruction nous
voulons être une sorte de pharmacie
sociologique où tous les soutirants de
la-société, pourront puiser.
En inscrivant les griefs'e-t. lés-Ven-
geances des meurts de* fa'inïs d'un côté
et les infamies des dirigeants.'de l'autre
nous voulons faire un registre de doit
et avoir afin de préparer le c&.mpte de
la liquidation sociale qui approche et
qui s'appellera Révolution.
A ceux qui possèdent, à ceux qui di-
rigent la société et qui sur nos regis-
tres .seront inscrits en- débiteurs d'em-
ployer tous leurs moyens à nous démo-
lir, iisjsont outillés pour ce travail ; ils
ont toute une armée .de valets, qui s'ap-
pellent sergots, mouchards, 'procureurs,
juges, une série de chambre.qu'on ap-
pelle cabinet noir, Violon; parquet, as-■
siseSj un tombeau qu'ils appellent pri-
sons, qu'ils s'en, servent, qu'ils; frappent
sans pitié c'est, leur rôle. ,.-.,', i ,,
Mais à' ceux qui/Spnl; les affamés,; les
orphelins, .les, veuves, ,les ..exploités.de
tous genres,.' depuis- le manoeuvre jus-
qu'à l'employé'et qui sur'nos registres
s'appelleront''(Créanciers' de' rious soi-'
yre1.' de no'us soute'nir dans jiof.re/ïuf.to
et d'iiU-oin.iiiS'f notre 1-iij.t In P.Y'vol'nUou
qui détruira l'injustice et-l'anarchie-qui
donnant la liberté laissera développer
la vérité.
A bon entendeur salut.
AUX LITTÉRATEURS
Compagnons, ce journal est mo-
deste, il veut se cramponner et réus-
si a peut-être, vous pouvez lui être
utile, votre éloigneinent n'est pas un
obstacle, il y a ici des milieu qui ont
besoin d'être remués, développés à
l'aide de plumes chaudes, piquantes,
glissantes, énergiques, Unes, déliées,
allons collaborateurs île l'ai laque, du
père Peinard vieux copains daignez
y jeter un coup de piume, vous avez
jà un rejeton il faut le nourrir, en-
voyez-lui quelques gouttes de bonne
encre, et que vos plumes nerveuses
viennent le réchauiïer dans sa retraite
des froides régions du Nord.
• Nous attendons.
Qu'est-ce que cela un honnête luun- -
me? bien peu de ceux qui revendi-
quent le brevet d'honuète-'é ont pris
le soin d'examiner ce que signifiait
le titre d'honnête, le soumis,l'esclave,
l'ouvrier rampant qui salut, vénère'
fait la courbette devant le patron qui
le fait crever de faim, c'est un hon-
nête homme. Le contre-maître qui
est le chien de garde au service du
patron, qui sème les amendes, qui
moucharde les moindres actes de
l'ouvrier, les l'ait mettre à la porie,
plonge leur famille dans la misère ;
c'est un honnête homme. Le soldat
qui sur les rangs exécute le plus cor-
rectement les singeries qu'on lui or-
N°l
10 CENTIMES LE NUMÉRO
DIMANCHE 9 FÉVRIER 1890
ABONNEMENTS
France ,
Un an. . . . G fr.
Six mois ... 3 fr.
J^ois mois.-.' . 1,50 ,
ABONNEMENTS
Extérieur
Un an. . . . 8 fr.
Six mois ....„■ 4 fr.
Trois mois . . 2' IV:
Àum Compagnons,
■En faisant paraître cette modeste
feuille, nous voulons faire ,un effort
de plus pour implanter nos idées dans-
la région, nous .n'aspirons pas à-nous
répandre de parloui du moins pour le
moment, nos forces ne nous permettent
pas de tenter ce but. , Cependant si des
compagnons sont désireux -d'avoir le
Journal pour leurs localités nous seront
heureux de le leur envoyer, mais com-
me nous n'avons pas les moyens d'à-
tendre leurs fonds pour pouvoir rouler,
qu'ils nous envoient Vargent"'d'avance
ils seront servis aussitôt ; pour tous les
dépositaires nous livrons à <3 francs
le cent.
yue-«ùG réflexions, de sourires, de \(
critiques, de quolibets, seront lancés
à ce titre : Le Bandit du Nord.-
Le journaliste payé pour (écrire,
aiguisera sa plume de tolèdeipour
faufiler entre deux lignes creuses
une critique vide. \
Le bourgeois au gros ventre; nous
appellera fanfaron ; ■,::■■■
L'Indifférent nous traitera; d'ori-
ginal, i
Enfin quelques malicieux politiciens
qui s'appellent) pompeusement des so-
cialistes et qui'malgré cela courent
à l'autorité pour s'en.... revêtir iront
jaser aux ouvriers qui n'y connaissent
rien que notre titre prouvera' bien
que nous sommes des gens de désor-
dre et qu'il faut se méfier de nous.
Mais Un moment !... Lisez s'il vous
plaît, lisez journalistes vendus, lisez
bourgeois et tremblez devant la logi-
que de ceux qui s'appellent Bandit, j
Lisez indifférents et sortez de votre j
apathie. ••• . !
Lisez enfin ouvriers et en appre- j
nant à connaître la valeur de la so- j
ciété, apprenez à ne plus '.suivre les |
farceurs de tout accabit qui sous pr.é- l
texte de faire votre bonheur,, comr I
mencent à vous cacher la vérité pour
duper votre ignorance.
Avant de mettre au jour cette mo- j
deste feuille, nous avons dans une |
de ces fréquentations qui,,nous sont
famillières, on aucun président.. ne j
dirige nos débats, aucun secrétaire
n'enregistre nos réflexions, . nous,,
avons longuement médités sur la so-.-'
ciété où nous sommes Qbligés de,
vivre, nous avons vu se jouer devant
nos. yeux, comme des i péages, fantas-
tiques ; la misère noire des travail-;,
leurs, les haillons de leurs habits,j lesj
murs sombres de ces bastilles .du,Ç£rj
pital où gémit la misère sous; la, fa^i-,
gue du labeur auquel, elle ; s'épjuisfi,j
\ ces.,ibastiUes gu'on .appelle usines,
' . (i -" : Vivi, fPV.r'.i ;■; ;
tu les connais • Jacques bonhomme,* '
nous avons vu les produits confec-
tionnés par ces ventres creux sortir
dé ces enfers pour aller i s'échanger
contre une aisance et un luxe qui-se^
rait consommé non' pas par ces pro.-.
ductéùrs, 'mais par'un homme dnaciif
et'incapable auquel la sociétés donné
le nom de Bourgeois; ; ,!u
-Nos cerveaux indignés'par ce spee* •
tacle ont'encore: eu la force, de nous
dire, ça c'est de l'honnêteté.
-Nous' avons vu 1, entraînés par l'ac-
tivité d'une imagination. qui souffre
au contact de l'injustice, nous avons
vu dans une chambre ornée de cette
vielle> bêtise qu'on appelle Christ, où
des hommes en robes étaient assis
dans des fauteuils en velours, nous
avons vu dans cette chambre un mal-
heureux condamné à la prison pour
avoir pris du pain. .
Dans une autre à côté,'i un banquier
en' fênlîité'"fryàffcS;ruiné '7-ou 8 ^f„„:'i
commerçants être acquitté^ et partir
chargé des fruits de ses rapines.
Une femme accusé d'adullère^ com-
paraissant dans une de ces chambres
frappe encore notre imagination, elle
s'explique la criminelle, « Messieurs,
mon mari me frappait, un homme
bon est venu à moi et m'a offert de
partager son existence, j'ai accepté »,
trois mois de prisons répondent les
juges, et nos cerveaux assombris
nous ont dit encore, ça c'est de la
justice.
Oh nous avons vu bien d'autres
choses encore ce jour-là, tenez, écou-
tez, un mariage pompeux se célé-
brant, le prêtre garni d'or, l'église
ornée de toutes ses tentures, l'encens
jeté à foison, des cierges de tout côté,
puis, au milieu des chants harmo-
nieux d'un choeur, un couple s'avan-
çant sur les moelleux ■ tapis étendus à
l'avance sur leur passage les con-
duisant à l'autel. Mais... quel couple !!
un vieillard, un sénateur de 50 ans,
et une jeune iiile de 19 ans à peine,
elle, épousant un ■titre et lui un cof-
fre-fort, et le père souriant d'un air
fier au sortir de l'office en disant :
« mon' gendre le sénateur ».
Nos cerveaux nous ont dit alors,
ça c'est de la morale.
Ce n'est pas tout, il manque encore
un dernier tableau, le voici : c'est en
hi"er, la neige couvre le sol de son
froid-manteau et là sur une place
sont groupés une troupe d'hommes,
de femmes et d'enfants, un drapeau
rouge s'agîte au milieu d'eux, rcB sont
ces misérables du début, qui ont-
quittés les usines où ils gémissaient
eïtyiéhnent demander 50 centimes de
.plus par jour pour nourrir leurs en-
ifànts. : Mais hélas, leur manifestation
ri'èst'pas de longue durée, 'dans le
fond d'une
paiitalon rouge, ils arrivent, ils sont
là, leur chef alors d'une voix sèche
fait croiser la baïonnette, et serviles
ils, obéissent, « en avant » c'est le
deuxième commandement et cette
masse s'avance sur les misérables af-
fames qui apeurés fuyent dans toutes
!es(directio.ns,.. les faibles, les femmes,
et les enfants sont foulés aux pieds
par ces bourreaux inconscients, et
l'ordre a triomphé.
Alors nos cerveaux nous dirent
pour une dernière fois : c'est l'armée
de la patrie. .
Epuisés,, indignés, et révoltés tout
à la fois par l'examen que nous venions
de faire de cette triste soc'été, nous
nous consultâmes des yeux, puis après,
un moment de silence, l'un de nous
comprenant nos pensées se leva et
nous dit :
Compagnons, i'honnêteté, la justice,
la morale, l'a patrie, tout ça c'est tel-
lp.W(?.ïiF:;ôtlreiiX.-,:'We nos coeurs ne
peuvent vivre sous ces drapeaux, il
vaut mieux nous appeler BANDIT.
NOTRE BUT
En livrant au public cette modeste !
feuille, nous avons un but tout dillë-
rent de celui des autres feuilles de la
presse à la mode qui ne sont qu'une
classe de parasites tout, au moins aussi
dangereux que les Bourgeois et les gou-
vernements qu'ils soutiennent.
Gens de tout acabit réduisant ce qu'il
y a de plus beau dans l'homme : la pen-
sée, à l'état de vulgaire outil,-et le droit
de défendre des idées à un métier hon-
teux frisant la prostitution, écrivant
tour à tour pour tes opportunistes, les
radicaux ou les réactionnaires, quel-
quefois pour tous à la l'ois, ils mangent
à toutes ces gamelles comme à celle des
fonds secrets, l'rippes lippes ébontés ils'
n'ont qu'un seul but entretenir l'igno-
rance, un seul moyen le mensonge ou
la calomnie.
Devons-nous suivre une semblable
conduite? Non, nos moyens d'abord ne
nous permettent pas de vivre de notre
propagande et si nos moyens nous le
permettaient MOUS ne le ferions pas
paice que nos convictions nous le dé-
fendent.-
Non nous ne pouvons être des sala-
riés de nos journaux, parce que nos
rédacteurs sont l'ensemble de tous les
opprimés, de toutes les victimes, ils sont
la foule des inconnus qui souffrent,
nous faisons appel à leur collaboration
et nous les assurons que chaque l'ois
qu'un écrit nous parviendra dès l'ins-
tant qu'il contiendra une plainte, l'indi-
cation d'un mal, le remède pour le dé-
truire, nos colonnes lui seront ouvertes.
Parce que nous n'avons qu'un but,
l'opposé de celui de la presse bourgeoi-
se, LA. DESÏKUCÏION l)K l/IUN'ORANCK.
En inscrivant les maux de la société
et les remèdes à leur destruction nous
voulons être une sorte de pharmacie
sociologique où tous les soutirants de
la-société, pourront puiser.
En inscrivant les griefs'e-t. lés-Ven-
geances des meurts de* fa'inïs d'un côté
et les infamies des dirigeants.'de l'autre
nous voulons faire un registre de doit
et avoir afin de préparer le c&.mpte de
la liquidation sociale qui approche et
qui s'appellera Révolution.
A ceux qui possèdent, à ceux qui di-
rigent la société et qui sur nos regis-
tres .seront inscrits en- débiteurs d'em-
ployer tous leurs moyens à nous démo-
lir, iisjsont outillés pour ce travail ; ils
ont toute une armée .de valets, qui s'ap-
pellent sergots, mouchards, 'procureurs,
juges, une série de chambre.qu'on ap-
pelle cabinet noir, Violon; parquet, as-■
siseSj un tombeau qu'ils appellent pri-
sons, qu'ils s'en, servent, qu'ils; frappent
sans pitié c'est, leur rôle. ,.-.,', i ,,
Mais à' ceux qui/Spnl; les affamés,; les
orphelins, .les, veuves, ,les ..exploités.de
tous genres,.' depuis- le manoeuvre jus-
qu'à l'employé'et qui sur'nos registres
s'appelleront''(Créanciers' de' rious soi-'
yre1.' de no'us soute'nir dans jiof.re/ïuf.to
et d'iiU-oin.iiiS'f notre 1-iij.t In P.Y'vol'nUou
qui détruira l'injustice et-l'anarchie-qui
donnant la liberté laissera développer
la vérité.
A bon entendeur salut.
AUX LITTÉRATEURS
Compagnons, ce journal est mo-
deste, il veut se cramponner et réus-
si a peut-être, vous pouvez lui être
utile, votre éloigneinent n'est pas un
obstacle, il y a ici des milieu qui ont
besoin d'être remués, développés à
l'aide de plumes chaudes, piquantes,
glissantes, énergiques, Unes, déliées,
allons collaborateurs île l'ai laque, du
père Peinard vieux copains daignez
y jeter un coup de piume, vous avez
jà un rejeton il faut le nourrir, en-
voyez-lui quelques gouttes de bonne
encre, et que vos plumes nerveuses
viennent le réchauiïer dans sa retraite
des froides régions du Nord.
• Nous attendons.
Qu'est-ce que cela un honnête luun- -
me? bien peu de ceux qui revendi-
quent le brevet d'honuète-'é ont pris
le soin d'examiner ce que signifiait
le titre d'honnête, le soumis,l'esclave,
l'ouvrier rampant qui salut, vénère'
fait la courbette devant le patron qui
le fait crever de faim, c'est un hon-
nête homme. Le contre-maître qui
est le chien de garde au service du
patron, qui sème les amendes, qui
moucharde les moindres actes de
l'ouvrier, les l'ait mettre à la porie,
plonge leur famille dans la misère ;
c'est un honnête homme. Le soldat
qui sur les rangs exécute le plus cor-
rectement les singeries qu'on lui or-
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