Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1924-06-05
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 05 juin 1924 05 juin 1924
Description : 1924/06/05 (Numéro 17045). 1924/06/05 (Numéro 17045).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k539811d
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 28/03/2008
h. du matin > PARIS et <ô h; du matin >
JEUM/5 JUIN i924
,'̃ EDMOND JARBÉ ET HENRY DE PÈNE
Fondateurs Fondateurs
'/ARTHUR MEYER
Directeur (1879-1924)
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Pari», Département* Six mois .28 fr.
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JOURNAL DE LA DÉFENSE SOCIALE ET DE-LA RÉCONCILIATION NATIONALE
RENÉ L.ARA
Directeur-Rédacteur en chef
RÉDACTION
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M; le ducdeGuiche a eu. L'ingénié use
idée *(le l'exposition des Dames d'aujo-ur-
!fois rue du Faobaurg-Saint-Hoinaré,
^dwiis; le somptueux .hôtel de M. Jean
[Charpentier. Ou plutôt, il ne s'agit'pas
[.précisément de nous les élégantes qui
^viennent s'habiliter dans le quartier sont
,r invitées. entrer et à faire choix d'un
peintre.. C'est une forme du" sftopping
'après la, toilette, le portrait. Pourquoi
¡:non? Ne médisons pas d'un privilège
qu'on nous envie. L'art d'attifer la
jïfemnie, la mode, la couture, la parure
sont au moins le .plus, gracieux des arts
j décoratif s c'est par là:qu'il demeure en-
core dans l'affreux monde où. nous vi-
un reste/de grâce et de fantaisie.
Nos peintres/avaient jadis le talent de
"•" [peindre mienx qu'hommes au monde la
'grâce féminine. Ils avaient tous au bout
'dés deigits/une poussière (les pastels de
"jP-erronneàu et de La Tour. On désire
jtfaire voir aux belles mondaines d'outre-
mer, qui, viennent renouveler leur gards-
fil'obe cirez nous, que, pendant qu'elles y
sont, elles feront bien de passer au
¡¡rayon., de peinture;, et qu'ailleurs elles
me trouveront pas /mieux.
.Cette exposition est donc quelque
chose comme un. salon d'essayage les
femmes y sont entre elles, comme à
.'l'heure des majnnéquins chez,le grand
{faiseur. Un homme s'y sent de'trop. On
piins d'aujourd'hui il y en a pour tous
'les goûts, aussi pour toutes les bourses
:.il y a de la peinture bourgeoise, de la
'.peinture.' aristocratique, de la peinture
un peu vieux jeu et de la peinture à la
mode il y a des pompiers et quelques
demi-fauves. Il y a même.de la bonne
.peinture. M. Jacques-Emile Blanchie
.triomphe avec uri éclatant portrait de
blonde devant un paravent de laque
orange, et M. Albert Besnard avec un
^pastel prudhonien de jeune femme aux
Kv'eux troubles, d'un.charme(ensorcelant.
Il y a des portraits raffinés,'compliqués,
de M.Georges Desyallières,, déjà un peu
anciens, et qui doivent à cela leur air
quinlesseneié. et préraphaélite. M. j\-G.
Domtttftue a sorti également de son
iijeune passé un portrait un peu dur,
(mais fier, et qui promettait mieux que
;ce qu'il a tenu. Les femmes ont naturel-
vlçment leur mot à dire. sur l'art de pein-
dre leurs belles contemporaines qui
n'aimerait les frimousses charmantes
que leur fait Mme Forain, la gaieté juvé-
'nile, ensoleillée de Mlle Marthe Du-
nanti, ou l'art sobre, sensible, délicat,
de. Mlle Fernande Cormier? Sans doute
.m'est-ce pas la peinture? qui plaît aux
(millionnaires. Moi, qui' ne le suis pas,
si j'avais il faire peindre un enfant, u'ne
'jeune fille, je sais bien oejque je ferais.
La nouveauté, -de l'année a;été d'ajou-
.̃ler à la partie 'moderne et 'actuelle du
'programme un petit eo'n pdur le passé,
ce qu'on appelle une rétrospective. On a
{.choisi pour héros de la fête un petit maî-
Ltre piquant, assez recherché aujour-
d'hui, un des plus spirituels continua-
fjteurs du dix-huitième siècle, l'aimable
;Louis Boilly. Après un long oubli, ce-
charmant peintre connaît un vif retour
t de faveur on goûte en lui un dernier
reflet des grâces de l'Ancien Régime,
comme nous découvrons un reste de
.«•Louis Seize » dans les meubles Louis-
iPhilippe. Et puis, on peut trouver aussi
[quelque rapport entre les modes de son
eut certains aspects du nôtre.
¡Comme sous le Directoire, nous avons
jeléjà les cheveux courts et la mode des
j£e,mm es toutous, ou des flemmes cani-
chefs nous avons les tuniques collantes.
'Afin que rien n'y manque, nous aurons
bientôt. le gâchis. Alors, ce sera complet.
"Je laisse à de plus optimistes que moi le
soin de répondre si nous aurons aussi
Hle ,coup de balai.
Bien entendu, il ne s'agissait pas due
'reconstituer' l'oeuvre entière d'un artiste
fécond qui a vécu passé quatre-vingts
ans et qui, né sous Louis XV, l'année
de la Nouvelle- Hélo-ise, est mort à la
veille des journées de 1848. Les curieux
'de détails n'ont qu'iL ouvrier le beau. vo-
lume de M. Paul Marmottai!. Tout le
mynde connaît le graveur, l'auteur de
ces petites scènes charmantes, L'Opli-
que., On la tire aujourd'hui, où se mê-
lenl.si jol|m#nt;le badinage de Frago et
de Greuze tout le
monde connaît ses Grimaces, cette sorte
de, comédie bouffonne, cette épopée des
travers humains, qui rappelle parfois
certains Caprices de Goya, et qui,
..pins beaucoup fait songer
^.On aurait souhaité que l'on eût fait ve-
nir de Lille l'admirable esquisse du
'Triomphe de Maral, un des tableaux
qui. expriment le mieux le mouvement
des journées révolutionnaires, avec le
'Dix-huit Brumaire de Sablet, qui est au
musée de Nantes. On nous présente du
moins quelques-unes de ces composi-
tions galantes et pudiquement fripon-
nes, où le libertinage du dix-huitième
siècle s'embourgeoise et prend des airs
collet-monté et des sourires sournois.
Dans ce genre plein d'équivoques et de
sous-entendus, Boilly garde au moins
4'esprit, la finesse, le goût. La Petite
̃^Précaution d'une exécution si nacrée,
'.pourrait être presque de'Metsu. Et le dé-
Gicieux tableau de la Vaccination, avec
'son sérieux, ses groupes attentifs, ses
expressions si amusantes de curiosité et
d'effroi, semble une traduction fami-
lière d'un drame de David, comme les
Horaces et les SaMnes.
Mais c'est surtout le portraitiste que
l'on s'est plu à nous montrer, et natu-
rellement le portraitiste féminin. C'est
un côté de Boilly à peu près inédit, et
peut-être le plus charmant. Rien n'est
malheureusement moins facile à dé-
crire les modèles sont anonymes, les
attitudes et les costumes sont à peu près
identiques. Excepté une ou deux vieilles
dames; harnachées de capotes ou d'in-
croyables cabriolets, ce sont toujours les
mêmes jeunesses, les'mêmes coiffures,
les mêmes mousselines des portraits de
jeunes citoyennes, dans des cadres ova-
les de la dimension d'un médaillon,
peintes sans doute pour deux ou trois
louis, sans pose, sans prétention, sans
recherche d'effet, et qu'on sent toutes
ressemblantes. Car, chose curieuse ce
qu'on exigeait alors d'un portrait, c'est
de ressembler. On n'y entendait pas
d'autre malice, c'était le bon temps.
.Et devant ces petits tableaux grands
comme la main, j'entends M. Albert
Besnard se récrier (ma- foi tant pis si
.je le trahis) « Comme c'est simple
Comme c'est franc Comme c'est, indivi-
duel On ne s'embarrassait nas alors
d'être original on peignait à ia bonne
franquette, avec, de l'ombre et de la lu-
mière. On était direct, on était, vrai. On
peignait comme tout le monde, mais
tout le monde savait peindre. Ah nos
contemporaines y font plus de façons 1,
Ces jeunes gens sont solennels, ils se
donnent des airs 'Et .pourquoi ? Diéu
Je suis las de la prétention, j'ai. assez de
la laideur, de la mauvaise matière, de
la brutalité, assez de la boue. » Ainsi,
devant le gentil Boilly, ce maître exha-
lait une sainte colère, agréable aux'om-,
bres des dames d'autrefois et de leur.
Louis Gillet
Le Derby d'Epsotn
La grande épreuve anglaise a été gagnée
par « Sansovino u lord Derby. La
famille Derby n'avait pas remporté
le a blue-ribbon depuis 1787
Je suis arrivé à Londres, mardi, par un brouil-
lard digne du mois de décembre. Mais, hier
matin, il pleuvait avec persistance, et à la suite
de tous les Londoniens je me suis rendu à Epsom
par la. route.
Impossible de s'imaginer, quand on ne l'a
pas vue, ce qu'est la route de Londres à Epsom
un jjjoir de Derby. Depuis lë milieu, de la.,nuit,
c'est un enchevêtrement fantastique de cars ^auto-
mobiles, de charrettes, de voitures de livraison,
de cabs, de taxis, de motocyclettes, de bicyclettes,
et d'automobiles de luxe transportant toute une
populaion. On avancé avec peine et les fréquents
embouteillages mettent côte à côte grandes
dames, grands seigneurs coiffés du traditionnel
haut-de-forme, bourgeois, commis de la Cité,
ouvriers en casquette et ouvrières endimanchées.
Une gaieté extraordinaire ne cesse de monter du
long ruban boueux qui conduit de d'énorme ville
au célèbre hippodrome.
Arrivés à Epsom, la division se fait d'elle-
même. Le public élégant déjeune en ville ou
au buffet du pesage, tandis que la foule popu-
laire envahit immédiatement la pelouse, qui res-
semble à un immense champ de foire garni de
guinguettes. D'ailleurs, charrettes et cars auto-
mobiles ont apporté un nombre incalculable de
paquets, de paniers de victuailles, de bouteilles
de bière et de vin, et, entre onze heures et une
heure de l'après-midi, tout un peuple assis par
terre, dans l'herbe, mange et boit, tout en discu-
tant avec chaleur des chances des concurrents.
Ainsi le veut la tradition anglaise, fidèlement
respectée par tous.
Dès une heure, l'aristocratique pesage est
envahi et les sportsmen examinent avec atten-
tion les vingt-huit concurrents. Les premières
épreuves ne sont que des hors-d 'œuvre, et la
grande journée ne commence vraiment qu'au
moment où les motocyclistes de la police annon-
cent l'arrivée du landau de LL. MM. le Roi et
la Reine d'Angleterre. Dès lors, au pesage
comme à la pelouse, la foule se masse le long
des barrières qui entourent la piste, pour exa-
miner les souverains dès qu'ils apparaîtront.
Des cris perçants! Le God save fhe King!
Voici le landau royal attelé de quatre splendides
bais bruns. Selon une autre tradition invariable-
ment respectée, le landau de Leurs Majestés
entre par la piste, qu'il parcourt en partie, tandis
que sur son passage les acclamations retentissent
et les chapeaux volent en l'air. Ce tour de piste
accompli, le roi George et la reine Mary viennent
prendre place dans la tribune royale, entourés
par Leurs Grâces les principaux lords d'Angle-
terre, la cour, les ministres, les grands chefs
de l'armée et de la marine.
La cloche sonne. Les jockeys montent en selle,
et c'est le défilé des concurrents. Diophon, que
monte Hulme; Knight of the Garter, le cheval
du Roi, que monte Archibald; Optimist, le cham-
pion de notre élevage, que monte Mac Gee;
Sansovino, que monte Weston; Tippler, que
monte J. Childs; Bright Knight, que monte
F. Lane; Défiance, que monte Donoghue; Tom
Einch, que monte Beasley, sont les plus admirés.
Le betting est très animé, et au moment où
les chevaux se rangent au départ, c'est Sanso-
vino, le cheval de lord Derby, qui est nettement
favori à 4 112 contre 1, puis Diophon à 6, et
Tom Pin ch à 7.
Notre représentant Optimist est à 40 contre 1,
et le cheval du Roi à 90.
Sur un bon départ, Diophon et Santorb ont
pris la tête, mais à mi-parcours le représentant
de' la casaque noire, toque blanche, Sansovino,
améliorait brusquement sa position, passait' en
tête du peloton et achevait le parcours au petit
galop, battant de six longueurs Sant Germans,
à lord Astor, et Hursttvood, à M. S: Tattersall.
Ce résultat était accueilli dans les deux
enceintes par une ovation extraordinaire: les
bravos crépitaient, les hourrahs éclataient en
tempête. Ils redoublèrent quand on vit la haute
silhouette de lord Derby apparaître sur la piste.,
Le sympathique propriétaire, qui fut ambassadeur
à Paris, prit son cheval par la bride elle ramena
lui-même au pesage. Les sportsmen lui firent
une ovation et le Roi, quittant sa tribune, vint le
féliciter et examiner longuement le gagnant.
Lord Derby souriait largement et ne cachait
pas sa joie. C'est qu'en effet la célèbre épreuve
qui porte son nom et fut fondée par son ancêtre
lord Stanley, comte de Derby, en 1779, n'a été
gagnée qu'une fois par un lord Derby, en 1787.
Cent trente-sept ans après,'Sànsovino renouvelle
l'exploit de Peter Teagle.
Ce qu'il y eut peut-être de plus curieux, hier,
à Epsom, en dehors du pittoresque spectacle de
la pelouse et de l'enthousiasme délirant du publie-
à la rentrée du vainqueur, ce fut certainement
l'organisation dé T.S.F. en vue de faire connaître-
au monde entier le résultat de la course. Un diri-
geable de marine se tenait au-dessus de l'hippo-
drome, avec mission d'enregistrer la course aus-
sitôt courue et d'annoncer le gagnant à tous !es
postes récepteurs. Trente secondes après que
Sansovino eut passé le poteau, Londres, la tour
Eiffel, Singapour, Hong-Kong, New-York, les
deux Amériques et l'Australie connaissaient le
résultat. Ce doit être un record.
Georges Drouilly
Le nouveau Ministère
allemand
MARX SUCCÈDE A MARX
Les nationalistes en Allemagne sont
aussi maladroits que les radicaux-so-
cialistes en France. Grisés par une vic-
toire qu'ils ne prévoyaient pas devoir
être aussi complète, ils découvrent leur
jeu avec une. précipitation inconsidérée.
Ils se croient déjà les maîtres du pays
et ils prétendent imposer leur pro-
gramme et exercer le pouvoir sans au-
cun ménagement. lis se, heurtent tou-
tefois à la résistance de ceux qui, pos-
sédant une expérience et un sens des
réalités dont les extrémistes sont -tota;
lerhent dépourvus, s'efforcent de se
mettre en travers de l'accomplissement
de projets qui leur paraissent essentiel-
lement dangereux.
C'est précisément ce qui vient de se
produire en Allemagne. Les national-
listes avaient proposé une alliance aux
modérés, dans l'espoir de prendre im-
médiatement le pouvoir. Mais, dès qu'il
s'est agi d'établir un programme com-
.mun, l'extrême droite a formulé des
exigences inacceptables ne voulait-
elle pas notamment imposer l'amiral
von Tirpitz à la chancellerie ?
Aussi le président Bbert s'est décidé,
faute de mieux, à conserver le cabinet
̃Marx. Dans les déclarations qu'il a
faites, hier, au Reiohstag, le chancelier,
a déclaré qu'il fallait accepter le rap-
port des experts, non point à la !ettri',
mais uniquement comme base de pour-
parlers en vue d'une prompte solution.
M. Marx, sans doute, se trouve dans
la nécessité de ménager les nationalis-
tes, dont il continue à espérer l'appui
au moins partiel. Son discours s'en res-
sent, il est vague et tortueux on sent
que, s'il accepte en principe le plan des
experts, c'est, pour endormir la mé-
fiance des socialistes dé France et d'An-
gleterre et se donner ainsi le temps
d'achever les armements qui lui per-
mettront, à un moment donné, de ie-
prendre le ton arrogant et d'imposer
sa loi. Il suffit de parcourir la; liste des
clauses sur lesquelles il exprime des
réserves pour être convaincu que son
adhésion au programme des experts est
de pure forme, et qu'il compte nous
amener, par des concessions successives,
à adopter un programme qui ne sera
plus le nôtre, mais le sien, adroitement
maquillé selon le goût du jour. La
partie, toutefois, n'est pas terminée à
Berlin, elle ne fait que commencer. Et
dire que c'est à des gens dont la seule
idée est celle d'accepter pour argent
comptant les protestations hypocrites de
la « bonne foi allemande que ''élec-
teur français confie les destinées du
pays
René Lara
Lire en Dernière Heure:
LE DISCOURS DU CHANCELIER MARX
UNE GRANDE REVUE NAVALE ANGLAISE
Londres, 4 juin.
Suivant les journaux, deux cents vais-
seaux de guerre, porteurs d'avions, croi-
seurs, contre-torpilleurs, sous-marins et
autres, se réuniront à Spithead le 26 juil-
let pour la plus grande revue navale qui
ait eu lieu depuis la. guerre.
ETATS-UNIS ET JAPON
Lee craintes d'un amiral américain
Washington, 4 juin.
Dans une lettre adressée au secrétaire de
la marine, le contre-amiral en retraite
Fischer met en garde le gouvernement
américain contre la possibilité d'une guerre
avec le Japon, signalant, pour le cas ou
cette éventualité se produirait, que la si.
tuation navale des Etats-Unis serait déplo-
rable.
L'amiral déclare « Le Japon a virtuel-
lement rompu les relations diplomatiques
avec nous des initiatives analogues ont
toujours précédé les guerres. D'autre part,
le Japon est ambitieux; il désire devenir
la Grande-Bretagne de l'Orient il con-
voite les Philippines et s'en emparerait si
lc ressentiment contre les Etats-Unis était
suffisant pour assurer au gouvernement
de Tokio l'appui du peuple japonais dans
une telle action. »
Pelletier Doisy
est au Japon
Deux télégrammes nous ont appris Mer,
dans la soirée, que Pelletier-Doisy était
arrivé au Japon.
C'était d'abord l'atterrissage à Taï-Kou
signalé en ces termes.
Taï-Kou, 4 juin. Ai quitté Haï-Djoti
ce matin 5 la. 30, suis arrivé à Taï-Kou à
8 7t. 45 par ba brume repartirai pour la
traversée du canal de Broughtou aussitôt
que le tem.ps le permettra.
• Pelletier-Doisy.
Et bientôt nous parvenait de Londres là:
nouvelle de l'arrivée au Japon
L'aviateur PelleWer-Doisy, vertarit 'de
Haî-Djou (Corée) est arrivé- à Hakata
(Japon), après avoir fait une escate à Taï-
Kou, terrain situé à quelques milles de
La .dernière étape comportait un vol de
200 kilomètres au-dessus du bras de mer
qui sépare la partie septentrionale de la
Corée ou de la côte japonaise. Le seul
point de repère qu'avait l'aviateur pour
ce voyage et Pelletier Doisy, depuis son
raid Tunis-Paris, n'aime guère survoler la
mer --était la petite île de Tsou-Sima, où
fut détruite la flotte russe par les cuirassés
japonais.
Actuellement, après quarante-deux jours
de vol, Pelletier-Doisy a franchi 19,000
kilomètres, ce qui donne une moyenne
commerciale quotidienne de kilomè-
tres..
Il lui reste 900 kilomètres iL franchir
pour être à Tokio.
Les Américains et les Portugais
L'expédition américaine est iL Shanghaï.
Le lieutenant Smith ne rejoindra ses
deux compagnons que dans quelques jours.
Les Portugais sont à Akyab, venant de
Calcutta:
Les Échos
Les voies et les voix du Destin.
Hier matin, Paris était envahi par
un brouillard sombre, opaque, sembla-
ble, à celui dont la Pythonisse s'entou-
rait avant de prendre ses arrêts. Les
Parisiens sans nombre attendaient,
prosternés sous le nuage sombre, que le
Ciel eût dit oui.
Après le déjeuner, le fatal brouillard
se dissipa soudain. M. Painlevé était
élu président de la Chambre.
Un peu de bruit pour peu de chose.
Quelque émoi s'était produit hier ma-
tin à Versailles et s'était même propagé
jusque vers Paris. Préparait-on déjà les
locaux du Congrès? Une voiture du Mo-
bilier national avait été vue dans la
cour d'honneur du château.
Renseignement pris 1° il ne s'agis-
sait que du transport d'un mobilier
destiné à l'appartement affecté à l'un
des nouveaux questeurs- du Sénat 2°
il y a peut-être loin encore de Paris à
Versailles.
Gela peut se chanter sur l'air de
Tipperary.
Pour embellir votre maison, vous
trouverez au rayon d'Ancien de La
Grande Maison de. Blanc, place de
l'Opéra, des meubles d'époque, bibelots
de style, vieilles dentelles et tapisse-'
ries dans sa. galerie d'art céramiques
modernes de Mayodont, verreries de
Platon, fers forgés de Brandt, estampe
da Marie de Laurencin, Dunoyer de
Ségonzac, etc.
C'est la faute aux flaques d'eau.
Au début du mois de mai dernier,
M. Roëland, conseiller municipal, avait
attiré l'attention de l'administration sur
le sans-gêne de certains conducteurs
d'autobus qui, apercevant une flaque
d'eau, se précipitent dessus à toute vi-
tesse, au grand préjudice des devantu-
res, des étalages et des piétons.
Voici la réponse savoureuse qui vient
de lui être adressée
La Société des transports en commun de
la région parisienne a été invitée à donner
à son personnel les instructions nécessai-
res pour que les autobus évitent, dans la
mesure du possible, le passage dans les fla-
ques d'eau et à surveiller d'une manière
plus effective l'entretien des pare-boue.
Evidemment, s'il n'y avait pas de fla-
ques d'eau, la question serait résolue.
Ne pourrait-on aménager une pompe qui
servirait à la fois à vider les flaques et
à gonfler les pneus ?
Le centenaire de Byron.
Une manifestation, à Bruxelles, à
l'occasion du centenaire de Byron. Des
délégations, avec drapeaux, des colonies
anglaise et grecque et des délégations
littéraires se sont rendues rue Ducale,
à la maison où Byron, selon les termes
de la plaque commémorative qui y était
apposée, « fuyant son ingrate patrie qui
méconnaissait son génie et qu'il ne de-
vait plus revoir, composa le troisième
chant de Childe Harold sur la bataille
de Waterloo ». Un métropolite grec, un
pasteur grec et des personnalités belges
assistaient à cette manifestation, au
cours de laquelle quelques allocutions
ont été prononcées et des couronnes de
fleurs déposées sur la plaque. Ensuite,
eut lieu, au palais des Académies, une
manifestation des écrivains en l'honneur
de Byron.
De M. G. Audrain, à Niort
Aimer la brune, aimer la blonde,
Chérir sa pipe et son clocher.
C'est bien. Mais rien ne vaut, au monde,
Un verre de Cherry Rocher
Une rédaction sous les verrous.
A la suite de la détention de cinquante-
six membres de son personnel rédac-
teurs, typographes, employés, un jour-
nal de Barcelone, Solidaridad Obrero,
que nous croyons pouvoir traduire la
Solidarité ouvrière, a dû suspendre sa
publication.
Le jour où le. gouvernement de. M.
Herriot ne craindrait pas d'user de pro-
cédés analogues à l'égard du Gaulois,
les sympathies et la fidélité de ses lec-
teurs ne manqueraient pas, nous en
sommes sûrs, sa rédaction.
Le Coq
Lire en page
CONTRE LA VIE CHÈRE
̃~ Une hiïtiathre tle®- consommateurs
de Versailles
L'Ambassade au Vatican
Le Saint-Siège envisage sa suppression
avec sérénité
Rome,, juin.
UOssewalore Rornano, commentant
un article publié hier soir par la Tri-
'buna, et dont l'auteur, à propos des
déclarations de M. Herriot, faisait allu-
sion la possibilité d'une rupture des
rapports diplomatiques entre la France
et le Saint-Siège, écrit
Après ]a guerre, ce fut t'la France à ou-
vrir les négociations pour le rétablissement
des relations, et le Saint-Siège, par amour
de la paix et par une déférence bien due
à une nation avant le mérite de tant de
bienfaits envers l'Eglise, y adhéra très vo-
lontiers.
Si'les nouveaux gouvernants (ce qui n'est
pas du tout certain) voulaient rompre en-
core une fois les rapports cordiaux exis-
tants actuellement avec le Saint-Siège, ce-
lui-ci fera face, non seulement sans grave
dommage, mais avec une sereine conscien-
ce,; une éventualité semblable, en regret-
tant seulement qu'une autre tentative de
pacification entièrement favorable à la
France ait échoué,
On doit dire la même chose au sujet des
associations diocésaines leurs statuts fu-
rent déclarés tolérables par le Saint-Siège
sous l'aspect canonique le conseil d'Etat
en reconnut la valeur légale et le gouver-
nement dé M. Poincaré s'associa à cet avis,
Si donc le nouveau gouvernement avait une
opinion contraire et réussissait à obtenir
le consentement du conseil d'Etat et des tri-
bunaux, les associations diocésaines ne se
formeraient pas et on reviendrait ainsi aux
conditions qui existaient avant, non par la
faute,'du Saint-Siège, qui, de sa part, au-
rait donné une nouvelle preuve de sa sage
intention de coopérer dans les limites- pos-
sibles à la concorde tant désirée des esprits.
LA OR.ISE3 Î=OLITIQ-CJH!
LADÉCEPTION DES GAUCHES
M. Painlevé n'obtient, comme président de la Chambre, que .296 voix,
contre M. Maginot et à M. Marty.
Le discours du nouveau président haché par les interruptions.
communistes et.socialistes
Heureux Symptômes
Les radicaux déchantent 296 voix à
M. Painlevé, pour la présidence, c' est
peu voix à M. Mag'inot, c'est beau-
coup. M. Maginot, en effet, tient assez
ferme un drapeau aux couleurs voyan-
tes. Qui le suit n'est-pas pour- l'équi-
voque. On. ;s.'est. compté, hier, à la
Chambre. Une opposition qui rallie 209
d'éputés bien décidés à ne point aban-
dorner la défense sociale n'est pas né-
gligeable. Une telle minorité, si elle'
accepte un programme, une discipline
et. un chef, peut sauver la-France des
entreprises où les révolutionnaires ve.u-
lent l'engager. Le coup d'Eta't prémé-
dité contre l'Elysée semble déjà moins
facile à tenter. La grandeur et la ma-
jesté de la loi, selon l'expression même,
dont s'est servi M. Millerand à la confé-
rence des présidents des tribunaux de
commerce, apparaissent déjà renfor-
cées par l'attitude de l'opposition. Sup-
posez que, demain, M. Herriot refuse
d'accepter un portefeuille des mains
de M. Millerand, un autre homme poli-
tique,peut accepter de former un mi-
nistère qui saura rappeler à nos légis-
lateurs « ce respect de la loi, condition
première de cette sécurité, comme dit
toujours le président de la République,
hors de laquelle il n'est qu'anarchie et
Nous avons assez reproché jusqu'ici
à nos amis de la Chambre de né se
point montrer, pour que nous les féli-
citions aujourd'hui de la manifestation
qu'ils ont faite sur le nom significatif
de M. Maginot.
Pauvre M. Painlevé Quelle besogne
peu faite pour son caractère, pour ses
moyens, lui échoit Je ne dis pas qu'il
faudrait un danseur à la présidence de
la Chambre, mais il n'y faut certaine-
ment pas un calculateur. L'esprit can-
dide et naïf de ce mathématicien n'est
point fait pour présider aux débats qui
vont s'ouvrir.
Mais, derrière NI. Painlevé, qui mè-
nera' l'Assemblée ? Patience Cela sem-
ble un peu moins clair aujourd'hui
Curtius
LA séance:
UNE JOURNÉE MOUVEMENTÉE
La foule énorme qui avait envahi hier
le Palais-Bourbon, l'agitation, la fièvre
qui régnaient partout, dans la salle des
Pas-Perdus, les couloirs intérieurs, la
salle des séances, laissaient bien voir
que la journée était d'une grande im-
portance politique.
Il ne s'agissait pas seulement, en effet,
par l'élection de M. Painlevé à la pré-
sidènce de la Chambre, de donner une
consécration solennelle à la victoire
électoral du Cartel des gauches, mais
aussi et surtout de provoquer une mani-
festation de grande envergure contre
l'Elysée, une manifestation telle que le
président de la République n'eût plus
à la fois qu'à se soumettre et à se dé-
mettre.
Contre la candidature de M- Painlevé
avait surgi depuis la veille au soir, c'est-
Déclarations de M. Millerand
À rassemblée des présidents
des tribunaux de comrrierce
Le président de la République a pro-
noncé à l'assemblée inaugurale des pré-
sidents des tribunaux de commerce,
¡;tenue hier matin au tribunal de cam-
•.merce-de la Seine, un discours où, après
avoir; rendu hommage aux vertus pro-
(les magistrats consulaires,
il fait allusion en ces termes à la s'kia-
tion politique
La France laborieuse et probe, forte de
ses traditions, éprise de progrès, reconnaît
son image en votre assemblée.
Au cours d'une lutte sans merci, elle a
appris mieux connaître le, prix de la
concorde et de la discipline.
Son ardeur ait travail, son esprit
'd'économie, le clair bon sens qui lui fait
comprendre et accepter les charges indis-
pensables Li son redressement 'économique
et financier voilà de quelles vertus est
faite l'armature solide qui enveloppe et
soutient noire pays,
Elles lui ont permis d'opposer un front
inébranlable, l'offensive .contre le franc.
Cette victoire économique, laquelle vous
avez personnellement contribué, l'accord
on peut dire unanime dont le pays
a approuvé et soutenu une politique exté-
rieure marquée, ci travers la succession
des ministères, par la volonté continue,
inébranlable, d'obtenir de V Allemagne
l'exécution de ses obligations permettent
d'envisager avec une tranquille confiance
l'avenir de notre pays.
Demain sera digne d'hier, digne des
héros qui sont morts pour que vive la
France.
a-dire au dernier moment, celle de M.
Ma;inot, suscitée par l'opposition.
M. Painlevé fut élu par voix con-
tre 209 a M.. Maginot.
Ce résultat provoqua une véritable
sensation.
Depuis huit jours, les plus grands ef-
forts avaient été faits pour assurer i
M. Painlevé un triomphe réunions de
groupes, réunion plénière du cartel,
..manifestations bruyantes, propagande
effrénée dans les couloirs, campagne de
presse et de discours, députés chauffés
à blanc, consultations parlementaires
truquées, et tout ce branle-bas, tout ce
battage, tout ce, bluff aboutissant a faire
donner seulement à M. Painlevé 296
voix, quand son concurrent improvisé
en réunissait 209
Les gauches atterrées
Socialistes et radicaux-socialistes
étaient atterrés. Ils cherchaient à pallier
la mauvaise impression produite par ce
vote en racontant qu'un certain nombre
des leurs étaient arrivés trop tard pour
prendre part au scrutin. Mais il y aura
toujours des radicaux qui arriveront en
retard.
L'opinion générale, même parmi les
socialistes et les radicaux, était que ce
résultat barrait définitivement à M.
Painlevé la route de l'Plysée.
Car tel était bien ie plan du Cartel.
La présidence de la Chambre ne devait
être pour M. Painlevé qu'une étape, de
très courte durée, en attendant que la
démission de M. Millerand lui permît
de s'installer à l'Elysée.
On était d'accord pour reconnaître que
ce beau projet était à l'eau et que la
route était libre pour M. Doumergue,
Gu un outsider.
Mais après ce maigre succès du Car.
tel, si maigre qu'il fait figure d'échec,
qui pourrait dire que M. Millerand son
prêt à obéir aux sommations de ses
'adversaires? On ne l'affirmait plus au.
tant hier, et ce doute était encore ren- &,
forcé par les. renseignements exacts
qu'on avait eus sur la réunion, de la
gauche démocratique du Sénat, où la
motion en faveur de la démission de
M. Millerand n'avait été réellement vo-
tée que par 80 voix, au lieu des 120 et
même des 130 qu'on avait prétendu.
D'autre part, on commentait beaucoup
le chiffre important de'suffrages recueilli
par M. Maginot. Il y avait donc une
opposition, qui était capable de se dis-
cipliner et qui était'forte de plus de
200 voix Voilà une constatation qui
donnait à réfléchir sur les difficultés
auxquelles se heurterait un ministère
radical-socialiste.
Cependant, pour brusquer les événe-
ments, on décidait de procéder tout de
suite a l'installation' du bureau définitif.
Ainsi M. Millerand pourrait dès aujour-
d'hui commencer ses consultations, et,
dans l'esprit de ces messieurs, serait
avancée d'autant l'heure de la solution
qu'ils espèrent.
Ce qui fut fait. Dès le.bureau consti-
tué, M. Painlevé prenait place au fau-
teuil présidentiel et prononçait le dis-
cours d'usage.
Un désastre
Ce fût un désastre. Ce verbiage d'un
vide désespérant ou d'une déconcertante
naïveté se déroula au milieu des inter-
ruptions, des quolibets, des rires qui
JEUM/5 JUIN i924
,'̃ EDMOND JARBÉ ET HENRY DE PÈNE
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JOURNAL DE LA DÉFENSE SOCIALE ET DE-LA RÉCONCILIATION NATIONALE
RENÉ L.ARA
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M; le ducdeGuiche a eu. L'ingénié use
idée *(le l'exposition des Dames d'aujo-ur-
!fois rue du Faobaurg-Saint-Hoinaré,
^dwiis; le somptueux .hôtel de M. Jean
[Charpentier. Ou plutôt, il ne s'agit'pas
[.précisément de nous les élégantes qui
^viennent s'habiliter dans le quartier sont
,r invitées. entrer et à faire choix d'un
peintre.. C'est une forme du" sftopping
'après la, toilette, le portrait. Pourquoi
¡:non? Ne médisons pas d'un privilège
qu'on nous envie. L'art d'attifer la
jïfemnie, la mode, la couture, la parure
sont au moins le .plus, gracieux des arts
j décoratif s c'est par là:qu'il demeure en-
core dans l'affreux monde où. nous vi-
un reste/de grâce et de fantaisie.
Nos peintres/avaient jadis le talent de
"•" [peindre mienx qu'hommes au monde la
'grâce féminine. Ils avaient tous au bout
'dés deigits/une poussière (les pastels de
"jP-erronneàu et de La Tour. On désire
jtfaire voir aux belles mondaines d'outre-
mer, qui, viennent renouveler leur gards-
fil'obe cirez nous, que, pendant qu'elles y
sont, elles feront bien de passer au
¡¡rayon., de peinture;, et qu'ailleurs elles
me trouveront pas /mieux.
.Cette exposition est donc quelque
chose comme un. salon d'essayage les
femmes y sont entre elles, comme à
.'l'heure des majnnéquins chez,le grand
{faiseur. Un homme s'y sent de'trop. On
piins d'aujourd'hui il y en a pour tous
'les goûts, aussi pour toutes les bourses
:.il y a de la peinture bourgeoise, de la
'.peinture.' aristocratique, de la peinture
un peu vieux jeu et de la peinture à la
mode il y a des pompiers et quelques
demi-fauves. Il y a même.de la bonne
.peinture. M. Jacques-Emile Blanchie
.triomphe avec uri éclatant portrait de
blonde devant un paravent de laque
orange, et M. Albert Besnard avec un
^pastel prudhonien de jeune femme aux
Kv'eux troubles, d'un.charme(ensorcelant.
Il y a des portraits raffinés,'compliqués,
de M.Georges Desyallières,, déjà un peu
anciens, et qui doivent à cela leur air
quinlesseneié. et préraphaélite. M. j\-G.
Domtttftue a sorti également de son
iijeune passé un portrait un peu dur,
(mais fier, et qui promettait mieux que
;ce qu'il a tenu. Les femmes ont naturel-
vlçment leur mot à dire. sur l'art de pein-
dre leurs belles contemporaines qui
n'aimerait les frimousses charmantes
que leur fait Mme Forain, la gaieté juvé-
'nile, ensoleillée de Mlle Marthe Du-
nanti, ou l'art sobre, sensible, délicat,
de. Mlle Fernande Cormier? Sans doute
.m'est-ce pas la peinture? qui plaît aux
(millionnaires. Moi, qui' ne le suis pas,
si j'avais il faire peindre un enfant, u'ne
'jeune fille, je sais bien oejque je ferais.
La nouveauté, -de l'année a;été d'ajou-
.̃ler à la partie 'moderne et 'actuelle du
'programme un petit eo'n pdur le passé,
ce qu'on appelle une rétrospective. On a
{.choisi pour héros de la fête un petit maî-
Ltre piquant, assez recherché aujour-
d'hui, un des plus spirituels continua-
fjteurs du dix-huitième siècle, l'aimable
;Louis Boilly. Après un long oubli, ce-
charmant peintre connaît un vif retour
t de faveur on goûte en lui un dernier
reflet des grâces de l'Ancien Régime,
comme nous découvrons un reste de
.«•Louis Seize » dans les meubles Louis-
iPhilippe. Et puis, on peut trouver aussi
[quelque rapport entre les modes de son
eut certains aspects du nôtre.
¡Comme sous le Directoire, nous avons
jeléjà les cheveux courts et la mode des
j£e,mm es toutous, ou des flemmes cani-
chefs nous avons les tuniques collantes.
'Afin que rien n'y manque, nous aurons
bientôt. le gâchis. Alors, ce sera complet.
"Je laisse à de plus optimistes que moi le
soin de répondre si nous aurons aussi
Hle ,coup de balai.
Bien entendu, il ne s'agissait pas due
'reconstituer' l'oeuvre entière d'un artiste
fécond qui a vécu passé quatre-vingts
ans et qui, né sous Louis XV, l'année
de la Nouvelle- Hélo-ise, est mort à la
veille des journées de 1848. Les curieux
'de détails n'ont qu'iL ouvrier le beau. vo-
lume de M. Paul Marmottai!. Tout le
mynde connaît le graveur, l'auteur de
ces petites scènes charmantes, L'Opli-
que., On la tire aujourd'hui, où se mê-
lenl.si jol|m#nt;le badinage de Frago et
de Greuze tout le
monde connaît ses Grimaces, cette sorte
de, comédie bouffonne, cette épopée des
travers humains, qui rappelle parfois
certains Caprices de Goya, et qui,
..pins beaucoup fait songer
^.On aurait souhaité que l'on eût fait ve-
nir de Lille l'admirable esquisse du
'Triomphe de Maral, un des tableaux
qui. expriment le mieux le mouvement
des journées révolutionnaires, avec le
'Dix-huit Brumaire de Sablet, qui est au
musée de Nantes. On nous présente du
moins quelques-unes de ces composi-
tions galantes et pudiquement fripon-
nes, où le libertinage du dix-huitième
siècle s'embourgeoise et prend des airs
collet-monté et des sourires sournois.
Dans ce genre plein d'équivoques et de
sous-entendus, Boilly garde au moins
4'esprit, la finesse, le goût. La Petite
̃^Précaution d'une exécution si nacrée,
'.pourrait être presque de'Metsu. Et le dé-
Gicieux tableau de la Vaccination, avec
'son sérieux, ses groupes attentifs, ses
expressions si amusantes de curiosité et
d'effroi, semble une traduction fami-
lière d'un drame de David, comme les
Horaces et les SaMnes.
Mais c'est surtout le portraitiste que
l'on s'est plu à nous montrer, et natu-
rellement le portraitiste féminin. C'est
un côté de Boilly à peu près inédit, et
peut-être le plus charmant. Rien n'est
malheureusement moins facile à dé-
crire les modèles sont anonymes, les
attitudes et les costumes sont à peu près
identiques. Excepté une ou deux vieilles
dames; harnachées de capotes ou d'in-
croyables cabriolets, ce sont toujours les
mêmes jeunesses, les'mêmes coiffures,
les mêmes mousselines des portraits de
jeunes citoyennes, dans des cadres ova-
les de la dimension d'un médaillon,
peintes sans doute pour deux ou trois
louis, sans pose, sans prétention, sans
recherche d'effet, et qu'on sent toutes
ressemblantes. Car, chose curieuse ce
qu'on exigeait alors d'un portrait, c'est
de ressembler. On n'y entendait pas
d'autre malice, c'était le bon temps.
.Et devant ces petits tableaux grands
comme la main, j'entends M. Albert
Besnard se récrier (ma- foi tant pis si
.je le trahis) « Comme c'est simple
Comme c'est franc Comme c'est, indivi-
duel On ne s'embarrassait nas alors
d'être original on peignait à ia bonne
franquette, avec, de l'ombre et de la lu-
mière. On était direct, on était, vrai. On
peignait comme tout le monde, mais
tout le monde savait peindre. Ah nos
contemporaines y font plus de façons 1,
Ces jeunes gens sont solennels, ils se
donnent des airs 'Et .pourquoi ? Diéu
Je suis las de la prétention, j'ai. assez de
la laideur, de la mauvaise matière, de
la brutalité, assez de la boue. » Ainsi,
devant le gentil Boilly, ce maître exha-
lait une sainte colère, agréable aux'om-,
bres des dames d'autrefois et de leur.
Louis Gillet
Le Derby d'Epsotn
La grande épreuve anglaise a été gagnée
par « Sansovino u lord Derby. La
famille Derby n'avait pas remporté
le a blue-ribbon depuis 1787
Je suis arrivé à Londres, mardi, par un brouil-
lard digne du mois de décembre. Mais, hier
matin, il pleuvait avec persistance, et à la suite
de tous les Londoniens je me suis rendu à Epsom
par la. route.
Impossible de s'imaginer, quand on ne l'a
pas vue, ce qu'est la route de Londres à Epsom
un jjjoir de Derby. Depuis lë milieu, de la.,nuit,
c'est un enchevêtrement fantastique de cars ^auto-
mobiles, de charrettes, de voitures de livraison,
de cabs, de taxis, de motocyclettes, de bicyclettes,
et d'automobiles de luxe transportant toute une
populaion. On avancé avec peine et les fréquents
embouteillages mettent côte à côte grandes
dames, grands seigneurs coiffés du traditionnel
haut-de-forme, bourgeois, commis de la Cité,
ouvriers en casquette et ouvrières endimanchées.
Une gaieté extraordinaire ne cesse de monter du
long ruban boueux qui conduit de d'énorme ville
au célèbre hippodrome.
Arrivés à Epsom, la division se fait d'elle-
même. Le public élégant déjeune en ville ou
au buffet du pesage, tandis que la foule popu-
laire envahit immédiatement la pelouse, qui res-
semble à un immense champ de foire garni de
guinguettes. D'ailleurs, charrettes et cars auto-
mobiles ont apporté un nombre incalculable de
paquets, de paniers de victuailles, de bouteilles
de bière et de vin, et, entre onze heures et une
heure de l'après-midi, tout un peuple assis par
terre, dans l'herbe, mange et boit, tout en discu-
tant avec chaleur des chances des concurrents.
Ainsi le veut la tradition anglaise, fidèlement
respectée par tous.
Dès une heure, l'aristocratique pesage est
envahi et les sportsmen examinent avec atten-
tion les vingt-huit concurrents. Les premières
épreuves ne sont que des hors-d 'œuvre, et la
grande journée ne commence vraiment qu'au
moment où les motocyclistes de la police annon-
cent l'arrivée du landau de LL. MM. le Roi et
la Reine d'Angleterre. Dès lors, au pesage
comme à la pelouse, la foule se masse le long
des barrières qui entourent la piste, pour exa-
miner les souverains dès qu'ils apparaîtront.
Des cris perçants! Le God save fhe King!
Voici le landau royal attelé de quatre splendides
bais bruns. Selon une autre tradition invariable-
ment respectée, le landau de Leurs Majestés
entre par la piste, qu'il parcourt en partie, tandis
que sur son passage les acclamations retentissent
et les chapeaux volent en l'air. Ce tour de piste
accompli, le roi George et la reine Mary viennent
prendre place dans la tribune royale, entourés
par Leurs Grâces les principaux lords d'Angle-
terre, la cour, les ministres, les grands chefs
de l'armée et de la marine.
La cloche sonne. Les jockeys montent en selle,
et c'est le défilé des concurrents. Diophon, que
monte Hulme; Knight of the Garter, le cheval
du Roi, que monte Archibald; Optimist, le cham-
pion de notre élevage, que monte Mac Gee;
Sansovino, que monte Weston; Tippler, que
monte J. Childs; Bright Knight, que monte
F. Lane; Défiance, que monte Donoghue; Tom
Einch, que monte Beasley, sont les plus admirés.
Le betting est très animé, et au moment où
les chevaux se rangent au départ, c'est Sanso-
vino, le cheval de lord Derby, qui est nettement
favori à 4 112 contre 1, puis Diophon à 6, et
Tom Pin ch à 7.
Notre représentant Optimist est à 40 contre 1,
et le cheval du Roi à 90.
Sur un bon départ, Diophon et Santorb ont
pris la tête, mais à mi-parcours le représentant
de' la casaque noire, toque blanche, Sansovino,
améliorait brusquement sa position, passait' en
tête du peloton et achevait le parcours au petit
galop, battant de six longueurs Sant Germans,
à lord Astor, et Hursttvood, à M. S: Tattersall.
Ce résultat était accueilli dans les deux
enceintes par une ovation extraordinaire: les
bravos crépitaient, les hourrahs éclataient en
tempête. Ils redoublèrent quand on vit la haute
silhouette de lord Derby apparaître sur la piste.,
Le sympathique propriétaire, qui fut ambassadeur
à Paris, prit son cheval par la bride elle ramena
lui-même au pesage. Les sportsmen lui firent
une ovation et le Roi, quittant sa tribune, vint le
féliciter et examiner longuement le gagnant.
Lord Derby souriait largement et ne cachait
pas sa joie. C'est qu'en effet la célèbre épreuve
qui porte son nom et fut fondée par son ancêtre
lord Stanley, comte de Derby, en 1779, n'a été
gagnée qu'une fois par un lord Derby, en 1787.
Cent trente-sept ans après,'Sànsovino renouvelle
l'exploit de Peter Teagle.
Ce qu'il y eut peut-être de plus curieux, hier,
à Epsom, en dehors du pittoresque spectacle de
la pelouse et de l'enthousiasme délirant du publie-
à la rentrée du vainqueur, ce fut certainement
l'organisation dé T.S.F. en vue de faire connaître-
au monde entier le résultat de la course. Un diri-
geable de marine se tenait au-dessus de l'hippo-
drome, avec mission d'enregistrer la course aus-
sitôt courue et d'annoncer le gagnant à tous !es
postes récepteurs. Trente secondes après que
Sansovino eut passé le poteau, Londres, la tour
Eiffel, Singapour, Hong-Kong, New-York, les
deux Amériques et l'Australie connaissaient le
résultat. Ce doit être un record.
Georges Drouilly
Le nouveau Ministère
allemand
MARX SUCCÈDE A MARX
Les nationalistes en Allemagne sont
aussi maladroits que les radicaux-so-
cialistes en France. Grisés par une vic-
toire qu'ils ne prévoyaient pas devoir
être aussi complète, ils découvrent leur
jeu avec une. précipitation inconsidérée.
Ils se croient déjà les maîtres du pays
et ils prétendent imposer leur pro-
gramme et exercer le pouvoir sans au-
cun ménagement. lis se, heurtent tou-
tefois à la résistance de ceux qui, pos-
sédant une expérience et un sens des
réalités dont les extrémistes sont -tota;
lerhent dépourvus, s'efforcent de se
mettre en travers de l'accomplissement
de projets qui leur paraissent essentiel-
lement dangereux.
C'est précisément ce qui vient de se
produire en Allemagne. Les national-
listes avaient proposé une alliance aux
modérés, dans l'espoir de prendre im-
médiatement le pouvoir. Mais, dès qu'il
s'est agi d'établir un programme com-
.mun, l'extrême droite a formulé des
exigences inacceptables ne voulait-
elle pas notamment imposer l'amiral
von Tirpitz à la chancellerie ?
Aussi le président Bbert s'est décidé,
faute de mieux, à conserver le cabinet
̃Marx. Dans les déclarations qu'il a
faites, hier, au Reiohstag, le chancelier,
a déclaré qu'il fallait accepter le rap-
port des experts, non point à la !ettri',
mais uniquement comme base de pour-
parlers en vue d'une prompte solution.
M. Marx, sans doute, se trouve dans
la nécessité de ménager les nationalis-
tes, dont il continue à espérer l'appui
au moins partiel. Son discours s'en res-
sent, il est vague et tortueux on sent
que, s'il accepte en principe le plan des
experts, c'est, pour endormir la mé-
fiance des socialistes dé France et d'An-
gleterre et se donner ainsi le temps
d'achever les armements qui lui per-
mettront, à un moment donné, de ie-
prendre le ton arrogant et d'imposer
sa loi. Il suffit de parcourir la; liste des
clauses sur lesquelles il exprime des
réserves pour être convaincu que son
adhésion au programme des experts est
de pure forme, et qu'il compte nous
amener, par des concessions successives,
à adopter un programme qui ne sera
plus le nôtre, mais le sien, adroitement
maquillé selon le goût du jour. La
partie, toutefois, n'est pas terminée à
Berlin, elle ne fait que commencer. Et
dire que c'est à des gens dont la seule
idée est celle d'accepter pour argent
comptant les protestations hypocrites de
la « bonne foi allemande que ''élec-
teur français confie les destinées du
pays
René Lara
Lire en Dernière Heure:
LE DISCOURS DU CHANCELIER MARX
UNE GRANDE REVUE NAVALE ANGLAISE
Londres, 4 juin.
Suivant les journaux, deux cents vais-
seaux de guerre, porteurs d'avions, croi-
seurs, contre-torpilleurs, sous-marins et
autres, se réuniront à Spithead le 26 juil-
let pour la plus grande revue navale qui
ait eu lieu depuis la. guerre.
ETATS-UNIS ET JAPON
Lee craintes d'un amiral américain
Washington, 4 juin.
Dans une lettre adressée au secrétaire de
la marine, le contre-amiral en retraite
Fischer met en garde le gouvernement
américain contre la possibilité d'une guerre
avec le Japon, signalant, pour le cas ou
cette éventualité se produirait, que la si.
tuation navale des Etats-Unis serait déplo-
rable.
L'amiral déclare « Le Japon a virtuel-
lement rompu les relations diplomatiques
avec nous des initiatives analogues ont
toujours précédé les guerres. D'autre part,
le Japon est ambitieux; il désire devenir
la Grande-Bretagne de l'Orient il con-
voite les Philippines et s'en emparerait si
lc ressentiment contre les Etats-Unis était
suffisant pour assurer au gouvernement
de Tokio l'appui du peuple japonais dans
une telle action. »
Pelletier Doisy
est au Japon
Deux télégrammes nous ont appris Mer,
dans la soirée, que Pelletier-Doisy était
arrivé au Japon.
C'était d'abord l'atterrissage à Taï-Kou
signalé en ces termes.
Taï-Kou, 4 juin. Ai quitté Haï-Djoti
ce matin 5 la. 30, suis arrivé à Taï-Kou à
8 7t. 45 par ba brume repartirai pour la
traversée du canal de Broughtou aussitôt
que le tem.ps le permettra.
• Pelletier-Doisy.
Et bientôt nous parvenait de Londres là:
nouvelle de l'arrivée au Japon
L'aviateur PelleWer-Doisy, vertarit 'de
Haî-Djou (Corée) est arrivé- à Hakata
(Japon), après avoir fait une escate à Taï-
Kou, terrain situé à quelques milles de
La .dernière étape comportait un vol de
200 kilomètres au-dessus du bras de mer
qui sépare la partie septentrionale de la
Corée ou de la côte japonaise. Le seul
point de repère qu'avait l'aviateur pour
ce voyage et Pelletier Doisy, depuis son
raid Tunis-Paris, n'aime guère survoler la
mer --était la petite île de Tsou-Sima, où
fut détruite la flotte russe par les cuirassés
japonais.
Actuellement, après quarante-deux jours
de vol, Pelletier-Doisy a franchi 19,000
kilomètres, ce qui donne une moyenne
commerciale quotidienne de kilomè-
tres..
Il lui reste 900 kilomètres iL franchir
pour être à Tokio.
Les Américains et les Portugais
L'expédition américaine est iL Shanghaï.
Le lieutenant Smith ne rejoindra ses
deux compagnons que dans quelques jours.
Les Portugais sont à Akyab, venant de
Calcutta:
Les Échos
Les voies et les voix du Destin.
Hier matin, Paris était envahi par
un brouillard sombre, opaque, sembla-
ble, à celui dont la Pythonisse s'entou-
rait avant de prendre ses arrêts. Les
Parisiens sans nombre attendaient,
prosternés sous le nuage sombre, que le
Ciel eût dit oui.
Après le déjeuner, le fatal brouillard
se dissipa soudain. M. Painlevé était
élu président de la Chambre.
Un peu de bruit pour peu de chose.
Quelque émoi s'était produit hier ma-
tin à Versailles et s'était même propagé
jusque vers Paris. Préparait-on déjà les
locaux du Congrès? Une voiture du Mo-
bilier national avait été vue dans la
cour d'honneur du château.
Renseignement pris 1° il ne s'agis-
sait que du transport d'un mobilier
destiné à l'appartement affecté à l'un
des nouveaux questeurs- du Sénat 2°
il y a peut-être loin encore de Paris à
Versailles.
Gela peut se chanter sur l'air de
Tipperary.
Pour embellir votre maison, vous
trouverez au rayon d'Ancien de La
Grande Maison de. Blanc, place de
l'Opéra, des meubles d'époque, bibelots
de style, vieilles dentelles et tapisse-'
ries dans sa. galerie d'art céramiques
modernes de Mayodont, verreries de
Platon, fers forgés de Brandt, estampe
da Marie de Laurencin, Dunoyer de
Ségonzac, etc.
C'est la faute aux flaques d'eau.
Au début du mois de mai dernier,
M. Roëland, conseiller municipal, avait
attiré l'attention de l'administration sur
le sans-gêne de certains conducteurs
d'autobus qui, apercevant une flaque
d'eau, se précipitent dessus à toute vi-
tesse, au grand préjudice des devantu-
res, des étalages et des piétons.
Voici la réponse savoureuse qui vient
de lui être adressée
La Société des transports en commun de
la région parisienne a été invitée à donner
à son personnel les instructions nécessai-
res pour que les autobus évitent, dans la
mesure du possible, le passage dans les fla-
ques d'eau et à surveiller d'une manière
plus effective l'entretien des pare-boue.
Evidemment, s'il n'y avait pas de fla-
ques d'eau, la question serait résolue.
Ne pourrait-on aménager une pompe qui
servirait à la fois à vider les flaques et
à gonfler les pneus ?
Le centenaire de Byron.
Une manifestation, à Bruxelles, à
l'occasion du centenaire de Byron. Des
délégations, avec drapeaux, des colonies
anglaise et grecque et des délégations
littéraires se sont rendues rue Ducale,
à la maison où Byron, selon les termes
de la plaque commémorative qui y était
apposée, « fuyant son ingrate patrie qui
méconnaissait son génie et qu'il ne de-
vait plus revoir, composa le troisième
chant de Childe Harold sur la bataille
de Waterloo ». Un métropolite grec, un
pasteur grec et des personnalités belges
assistaient à cette manifestation, au
cours de laquelle quelques allocutions
ont été prononcées et des couronnes de
fleurs déposées sur la plaque. Ensuite,
eut lieu, au palais des Académies, une
manifestation des écrivains en l'honneur
de Byron.
De M. G. Audrain, à Niort
Aimer la brune, aimer la blonde,
Chérir sa pipe et son clocher.
C'est bien. Mais rien ne vaut, au monde,
Un verre de Cherry Rocher
Une rédaction sous les verrous.
A la suite de la détention de cinquante-
six membres de son personnel rédac-
teurs, typographes, employés, un jour-
nal de Barcelone, Solidaridad Obrero,
que nous croyons pouvoir traduire la
Solidarité ouvrière, a dû suspendre sa
publication.
Le jour où le. gouvernement de. M.
Herriot ne craindrait pas d'user de pro-
cédés analogues à l'égard du Gaulois,
les sympathies et la fidélité de ses lec-
teurs ne manqueraient pas, nous en
sommes sûrs, sa rédaction.
Le Coq
Lire en page
CONTRE LA VIE CHÈRE
̃~ Une hiïtiathre tle®- consommateurs
de Versailles
L'Ambassade au Vatican
Le Saint-Siège envisage sa suppression
avec sérénité
Rome,, juin.
UOssewalore Rornano, commentant
un article publié hier soir par la Tri-
'buna, et dont l'auteur, à propos des
déclarations de M. Herriot, faisait allu-
sion la possibilité d'une rupture des
rapports diplomatiques entre la France
et le Saint-Siège, écrit
Après ]a guerre, ce fut t'la France à ou-
vrir les négociations pour le rétablissement
des relations, et le Saint-Siège, par amour
de la paix et par une déférence bien due
à une nation avant le mérite de tant de
bienfaits envers l'Eglise, y adhéra très vo-
lontiers.
Si'les nouveaux gouvernants (ce qui n'est
pas du tout certain) voulaient rompre en-
core une fois les rapports cordiaux exis-
tants actuellement avec le Saint-Siège, ce-
lui-ci fera face, non seulement sans grave
dommage, mais avec une sereine conscien-
ce,; une éventualité semblable, en regret-
tant seulement qu'une autre tentative de
pacification entièrement favorable à la
France ait échoué,
On doit dire la même chose au sujet des
associations diocésaines leurs statuts fu-
rent déclarés tolérables par le Saint-Siège
sous l'aspect canonique le conseil d'Etat
en reconnut la valeur légale et le gouver-
nement dé M. Poincaré s'associa à cet avis,
Si donc le nouveau gouvernement avait une
opinion contraire et réussissait à obtenir
le consentement du conseil d'Etat et des tri-
bunaux, les associations diocésaines ne se
formeraient pas et on reviendrait ainsi aux
conditions qui existaient avant, non par la
faute,'du Saint-Siège, qui, de sa part, au-
rait donné une nouvelle preuve de sa sage
intention de coopérer dans les limites- pos-
sibles à la concorde tant désirée des esprits.
LA OR.ISE3 Î=OLITIQ-CJH!
LADÉCEPTION DES GAUCHES
M. Painlevé n'obtient, comme président de la Chambre, que .296 voix,
contre M. Maginot et à M. Marty.
Le discours du nouveau président haché par les interruptions.
communistes et.socialistes
Heureux Symptômes
Les radicaux déchantent 296 voix à
M. Painlevé, pour la présidence, c' est
peu voix à M. Mag'inot, c'est beau-
coup. M. Maginot, en effet, tient assez
ferme un drapeau aux couleurs voyan-
tes. Qui le suit n'est-pas pour- l'équi-
voque. On. ;s.'est. compté, hier, à la
Chambre. Une opposition qui rallie 209
d'éputés bien décidés à ne point aban-
dorner la défense sociale n'est pas né-
gligeable. Une telle minorité, si elle'
accepte un programme, une discipline
et. un chef, peut sauver la-France des
entreprises où les révolutionnaires ve.u-
lent l'engager. Le coup d'Eta't prémé-
dité contre l'Elysée semble déjà moins
facile à tenter. La grandeur et la ma-
jesté de la loi, selon l'expression même,
dont s'est servi M. Millerand à la confé-
rence des présidents des tribunaux de
commerce, apparaissent déjà renfor-
cées par l'attitude de l'opposition. Sup-
posez que, demain, M. Herriot refuse
d'accepter un portefeuille des mains
de M. Millerand, un autre homme poli-
tique,peut accepter de former un mi-
nistère qui saura rappeler à nos légis-
lateurs « ce respect de la loi, condition
première de cette sécurité, comme dit
toujours le président de la République,
hors de laquelle il n'est qu'anarchie et
Nous avons assez reproché jusqu'ici
à nos amis de la Chambre de né se
point montrer, pour que nous les féli-
citions aujourd'hui de la manifestation
qu'ils ont faite sur le nom significatif
de M. Maginot.
Pauvre M. Painlevé Quelle besogne
peu faite pour son caractère, pour ses
moyens, lui échoit Je ne dis pas qu'il
faudrait un danseur à la présidence de
la Chambre, mais il n'y faut certaine-
ment pas un calculateur. L'esprit can-
dide et naïf de ce mathématicien n'est
point fait pour présider aux débats qui
vont s'ouvrir.
Mais, derrière NI. Painlevé, qui mè-
nera' l'Assemblée ? Patience Cela sem-
ble un peu moins clair aujourd'hui
Curtius
LA séance:
UNE JOURNÉE MOUVEMENTÉE
La foule énorme qui avait envahi hier
le Palais-Bourbon, l'agitation, la fièvre
qui régnaient partout, dans la salle des
Pas-Perdus, les couloirs intérieurs, la
salle des séances, laissaient bien voir
que la journée était d'une grande im-
portance politique.
Il ne s'agissait pas seulement, en effet,
par l'élection de M. Painlevé à la pré-
sidènce de la Chambre, de donner une
consécration solennelle à la victoire
électoral du Cartel des gauches, mais
aussi et surtout de provoquer une mani-
festation de grande envergure contre
l'Elysée, une manifestation telle que le
président de la République n'eût plus
à la fois qu'à se soumettre et à se dé-
mettre.
Contre la candidature de M- Painlevé
avait surgi depuis la veille au soir, c'est-
Déclarations de M. Millerand
À rassemblée des présidents
des tribunaux de comrrierce
Le président de la République a pro-
noncé à l'assemblée inaugurale des pré-
sidents des tribunaux de commerce,
¡;tenue hier matin au tribunal de cam-
•.merce-de la Seine, un discours où, après
avoir; rendu hommage aux vertus pro-
(les magistrats consulaires,
il fait allusion en ces termes à la s'kia-
tion politique
La France laborieuse et probe, forte de
ses traditions, éprise de progrès, reconnaît
son image en votre assemblée.
Au cours d'une lutte sans merci, elle a
appris mieux connaître le, prix de la
concorde et de la discipline.
Son ardeur ait travail, son esprit
'd'économie, le clair bon sens qui lui fait
comprendre et accepter les charges indis-
pensables Li son redressement 'économique
et financier voilà de quelles vertus est
faite l'armature solide qui enveloppe et
soutient noire pays,
Elles lui ont permis d'opposer un front
inébranlable, l'offensive .contre le franc.
Cette victoire économique, laquelle vous
avez personnellement contribué, l'accord
on peut dire unanime dont le pays
a approuvé et soutenu une politique exté-
rieure marquée, ci travers la succession
des ministères, par la volonté continue,
inébranlable, d'obtenir de V Allemagne
l'exécution de ses obligations permettent
d'envisager avec une tranquille confiance
l'avenir de notre pays.
Demain sera digne d'hier, digne des
héros qui sont morts pour que vive la
France.
a-dire au dernier moment, celle de M.
Ma;inot, suscitée par l'opposition.
M. Painlevé fut élu par voix con-
tre 209 a M.. Maginot.
Ce résultat provoqua une véritable
sensation.
Depuis huit jours, les plus grands ef-
forts avaient été faits pour assurer i
M. Painlevé un triomphe réunions de
groupes, réunion plénière du cartel,
..manifestations bruyantes, propagande
effrénée dans les couloirs, campagne de
presse et de discours, députés chauffés
à blanc, consultations parlementaires
truquées, et tout ce branle-bas, tout ce
battage, tout ce, bluff aboutissant a faire
donner seulement à M. Painlevé 296
voix, quand son concurrent improvisé
en réunissait 209
Les gauches atterrées
Socialistes et radicaux-socialistes
étaient atterrés. Ils cherchaient à pallier
la mauvaise impression produite par ce
vote en racontant qu'un certain nombre
des leurs étaient arrivés trop tard pour
prendre part au scrutin. Mais il y aura
toujours des radicaux qui arriveront en
retard.
L'opinion générale, même parmi les
socialistes et les radicaux, était que ce
résultat barrait définitivement à M.
Painlevé la route de l'Plysée.
Car tel était bien ie plan du Cartel.
La présidence de la Chambre ne devait
être pour M. Painlevé qu'une étape, de
très courte durée, en attendant que la
démission de M. Millerand lui permît
de s'installer à l'Elysée.
On était d'accord pour reconnaître que
ce beau projet était à l'eau et que la
route était libre pour M. Doumergue,
Gu un outsider.
Mais après ce maigre succès du Car.
tel, si maigre qu'il fait figure d'échec,
qui pourrait dire que M. Millerand son
prêt à obéir aux sommations de ses
'adversaires? On ne l'affirmait plus au.
tant hier, et ce doute était encore ren- &,
forcé par les. renseignements exacts
qu'on avait eus sur la réunion, de la
gauche démocratique du Sénat, où la
motion en faveur de la démission de
M. Millerand n'avait été réellement vo-
tée que par 80 voix, au lieu des 120 et
même des 130 qu'on avait prétendu.
D'autre part, on commentait beaucoup
le chiffre important de'suffrages recueilli
par M. Maginot. Il y avait donc une
opposition, qui était capable de se dis-
cipliner et qui était'forte de plus de
200 voix Voilà une constatation qui
donnait à réfléchir sur les difficultés
auxquelles se heurterait un ministère
radical-socialiste.
Cependant, pour brusquer les événe-
ments, on décidait de procéder tout de
suite a l'installation' du bureau définitif.
Ainsi M. Millerand pourrait dès aujour-
d'hui commencer ses consultations, et,
dans l'esprit de ces messieurs, serait
avancée d'autant l'heure de la solution
qu'ils espèrent.
Ce qui fut fait. Dès le.bureau consti-
tué, M. Painlevé prenait place au fau-
teuil présidentiel et prononçait le dis-
cours d'usage.
Un désastre
Ce fût un désastre. Ce verbiage d'un
vide désespérant ou d'une déconcertante
naïveté se déroula au milieu des inter-
ruptions, des quolibets, des rires qui
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