Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1911-10-02
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 02 octobre 1911 02 octobre 1911
Description : 1911/10/02 (Numéro 12406). 1911/10/02 (Numéro 12406).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 10/03/2008
LE GAULOIS LUNDI 2 OCTOBRE 1911
9
Dernière Heure
ueuEBEjmomiwi
Une bataille navale?
Rom'e, 1er octobre*
Un télégramme" adressé de Constantinople la
Tribuna dit que tous les consuls des Dardanelles
cnt télégraphie qu'une bataille navale se déroulait
Ce soir dans le détroit des Dardanelles.
Les détonations de l'artillerie s'entendaient jus-
qu'au Bosphore.
Le gouvernement turc a ordonné à tous les vieux
navires en ce moment stationnés dans le Bosphore
'd'allumer leurs {eux en vue d'un départ imminent.
KAgence Fournier.)
Le bombardement de Preveza
Cosistantinople, 1er octobre, 8 It, soir,
-'On confirme que les escadres italiennes bom-
bardent Preveza.
Le débarquement des troupes italiennes à Pre-
xeza est démenti.
Combat prochain à Preveza
Constantinople, 1er octobre.
Deux bataillons sont arrivés à Preveza. On s'at-
tend à un prochain combat avec les Italiens.
La canonnière Muinzaffer, qui servait de garde-
côtes à Beyrouth et le transport Kaiserieh se sont
enfuis à Port-Saïd.
BombardementdeReschadie
lUn torpilleur turc endommagé
Dégâts. aux édifices
Constantinople, 1er octobre.
'Le vali de Janina annonce que deux cuirassés
italiens ont bombardé hier le port de Reschadie et
les torpilleurs qui s'y trouvaient. Un torpilleur a
été endommagé et a. débarqué son équipage.
Les navires italiens sont ,entrés dans le port
tt ont tiré sur la ville. Quelques édifices ont subi
des dégâts.
Les torpilleurs ont alors exécuté des sondages,
puis les navires italiens ont quitté le port.
Les navires italiens sont également entrés dans
le port de Musto. Ils ont fait prisonniers le capi-
taine du port et trois bateliers.
La flotte turque est dans les Dardanelles
Constantinople, 1°T octobre.
Dans toute la ville est affichée une communica-
lion officielle annonçant que la flotte est arrivée
eet après-midi dans les Dardanelles.
Mobilisation des troupes en Asie-Mineure
Constantinople, 1er octobre.
Le bruit court que le conseil des ministres a or-
idonné la mobilisation des rédifs des seize circons-
criptions militaires d'Asie-Mineure. D'après une
autre version, il aurait ordonné la mobilisation
générale.
Le nouveau cabinet n'est pas encore formé.
En vue de Tripoli Récit d'un témoin
Malte, 1er octobre.
IVendredi, à cinq heures, j'étais en vue de Toi-
poli lorsque trois torpilleurs italiens et le cuirassé
Napoli arrêtèrent par un coup de semonce le Marco-
\Aurelio, petit vapeur italien qui me conduisait, seul
passager à bord, à Tripoli.
Par les officiers qui visitèrent le Màrco-Aurelio,
j'ai appris que l'ordre de saisir le Cerna était ar-
rivé deux heures trop tard. Ils m'ont aussi affirmé
qu'à deux heures, vendredi dernier, on devait bom-
barder Tripoli, mais qu'un radio-télégramme, reçu
vers midi par l'amiral Thaon de Revel, ordonna un
)blocus sans bombardement.
Aucun coup de feu ne fut échangé entre la flotte
titalienne et le fort dans la matinée de samedi. Le
Marco-Aurelio stoppa pendant une heure à l'entrée
du port, appelant en vain le pilote. Trois croiseurs
qui tenaient seuls le blocus arrivèrent en toute hâte,
Craignant de voir couler notre vapeur par le fort,
mais les batteries turques ne tirèrent même pas un
coup de semonce.
Du pont du Marco-Aurelio je voyais dans le port
un trois-mâts, un vapeur chargé d'Arabes^ et lie
Derna, qui était sous pression.
La ville, sur laquelle flottaient les pavillons oonsu-
daines, était morne et comme abandonnée. (New-
ÏÏork Herald;)
L'ambassadeur d'Allemagne chez le Sultan
Constantinople, 1er octobre.
L'ambassadeur d'Allemagne a rendu visite au
Sultan puis se fit conduire à la Porte, où il conféra
pendant plus d'une heure avec le Grand Vizir.
Contrairement il. la note officieuse publiée' hier
soir au sujet de l'appel aux puissances adressé par
la Turquie, on croit que la plupart des réponses
qui parvienent aujourd'hui sont généralement défa-
vorables. Elles déclarent que l'état de guerre exis-
tant entre la Turquie et la Turquie, les puissances
ne trouvent pas un moyen régulier d'intervenir.
Elles ajoutent que le meilleur moyen serait d'agir il.
iConstantinople.
Nagdi, député de Tripoli, a reçu un télégramme
de Tripoli, disant Nous sommes en parfaite
santé n'ayez aucune inquiétude u.
La Porte adresse un nouvel appel
Constantinopla, 1er octobre.
On confirme que la Porte a adressé aujourd'hui
un nouvel appel aux puissances, leur demandant
d'intervenir et ajoutant qu'en attendant le résultat
de cet appel, elle suspend toutes les mesures qu'elle
a le droit de prendre comme résultat de l'état de
guerre.
La manifestation antiitalienne de Salonique a été
lires grave. Des manifestants ont pénétré dans le
consulat et ont sommé le personnel de quitter im-
médiatement le sol de la Turquie. Le consul et le
personnel partiront demain matin.
L'Angleterre ne peut intervenir
Cnstantinople, 1°r octobre.
On confirme que le Toi d'Angleterre, répondant à
une dépêche du Sultan, expnme le regret de ne
pouvoir intervenir.
La Porte attend les réponses des puissances
Constantinople, 1er octobre.
Jusqu'ici, la Porte n'a reçu aucune réponse il lia
note circulaire aux puissances.
On prétend que le conseil des ministres qui siège
en permanence, attend les réponses à cette note.
On attache une grande importance à l'entretien
;que l'ambassadeur d'Allemagne a eu aujourd'hui
avec le grand-vizir.
Propositions de paix
Berlin, 2 octobre.
On mande de Constantinople au Berliner Toge-
Watt que le baron de Marschall, ambassadeur d'Al-
FEUILLETON DU GAULOIS
DU 2 OCTOBRE 1911
Vengeance
d'Esclave
Pour son fiancé, elle redoutait tout, les
clanage abominable les séparant à jamais.
Appréhender un sort pareil de misères et d'an-
goisses infinies pour celui qui, hier encore,
était le fiancé de sa vie et de sa destinée, dont
elle voulait naguère devenir la compagne de-
vant Dieu et devant les hommes, n'est-ce point
pour une âme féminine, noble et courageuse
entre toutes, la pire des épreuves ? Plus aigu,
plus intense que tout à l'heure, le sentiment de
son impuissance, de sa faiblesse, l'écrasait d'un
joug moral, aussi cruel peut-être que la servi-
tudé légale dont Pierre était devenu la victime.
Pourquoi et dans quel but Boris Samaroff
avait-il obligé son frère à revenir au pays ?
Quelle nouvelle infamie allait-il inventer ?
Les trois jeunes gens ne trouvaient même
plus la force de prononcer une parole, non,
même pas une parole de révolte ou de plainte
lassitude qui précède les heures de crise et de
combat. Soudain, l'écho de voix lointaines se
rapprochant avec une rapidité effrayante les
fit tressaillir un tumulte étrange venait d'écla-
ter parmi le grand silence du lamentable yil-.
aux puissances
lemagne, a transmis au grand-vizir des proposi-
tions italiennes pour des préliminaires de paix. On
n'a pas d'autres détails.
Cependant, le baron de Marschall serait revenu
très satisfait de chez le grand-vizir.
Les prochaines élections
en Allemagne
Berlin, jet octobre.
La rentrée du Reichstag primitivement fixée au
.10 octobre, a été reportée au 17 octobre, vraisem-
,blabIemen:t à la suite d'une entente entre le gou-
vernement et le président de l'Assemblée;
Il parait peu probable que le Reichstag vienne à
bout, dans cette session, de son ordre du jour qui
,est très chargé. Or, la session durera deux mois
seulement. Elle sera close au plus tard à la veille
ides fêtes de Noël. D'après divers journaux, elle
prendrait même fin vers le 10 décembre ou vers la
(lin de novembre. Le Reichstag serait alors dissous,
de façon que les élections générales puissent avoir
dieu le 15 janvier prochain.
UNE CATASTROPHE
New-York, octobre.
On estime que le nombre des personnes qui ont
péri dans la catastrophe d'Austin s'élèverait à 400.
La Catastrophe
de la Liberté"
Déclaration de l'amiral Jauréguiberry « L'ex-
plosion est due à la poudre B », dit-il
(Par dépêche de, notre correspondant particulier)
Toulon, jet octobre.
L'amiral Jauréguibernj, inspecteur général des
escadres, qui remplissait les {onctions d'amiralis-
sime au cours des dernières manoeuvres navales,
est arrivé ce matin onze lveures et demie, pour as-
sister aux funérailles des victimes de la Liberté.
J'ai pu le voir et je lui ai demandé son opinion sur-
les causes de la, catastrophe. Il m'a répondu tex-
tuellement ceci
Ma conviction profonde, absolue, est que l'ex-
plosion est due à la poudre B. Un doute terrible
m'était resté après les précedentes catastrophes.
Survint celle de l'Iéna. Je n'ai pas manqué ators
de clamer mes soupçons. Aujourd'hui, je, parlerai
sans ambage et i& nous autorise à publier que pour
moi, c'est bien à la rooudre B qu'on doit la perte de
'la Liberté et la mort effroyable de son bel équipage.
» J'ajoute qu'à mon avis, il n'y a aucun intérêt,
si c'est la vérité, la cacher. Nos matetols la con-
naissent maintenant. Alors il faut les rassurer et
décider promptement le changement de nos pou-
dres. Pour éviter le retour de pareilles catastro-
phes, le seul remède certain serait de doter la ma-
rine d'une poudrerie qui lui serait propre, et de ne
plus l'obliger recevoir ses poudres de l'adminis-
tration de la guerre. S.
Nouveau décès à l'hôpital
Toulon, 1er octobre.
Le matelot Daniel, du Jauréguiberry, en traite-
ment à l'hôpital de Saint-Mandrier est décédé. Il
avait été un des premiers à courir au sauvetage de
ses camarades de la Liberté, et avait reçu un éclat
de bois à la tête. Si le temps le permet, son corps
sera transféré ce soir à l'arsenal.
LE FEU A L'ÉGLISE SAINT-SÉVERIN
Un cierge cause l'incendie La chapelle Saint.
Charles détruite
L'admirable église Saint-Séverin a failli brûler
hier soir. Vers neuf heures, deux gardiens de la
des flammes qui éclairaient vivement l'intérieur de
Il est à craindre qu'il né faille maintenant attendre
l'église. Ils donnèrent aussitôt l'alarme.
L'incendie consumait la chapelle Saint-Charles.
iUn cierge avait, on ne sait comment, mis le feu au
catafalque sur lequel reposait le cercueil d'une
ratière, Mme Peigné, qui avait été déposé l'après-
midi dans la chapelle. La charpente du catafalque
s'était enflammée ainsi que les tentures et le feu
avait gagné les boiseries d'un confessionnal.
Le sinistre fut très rapidement mattrisé et, après
une heure de travail, tout danger avait disparu.
On évalue les dégâts à une dizaine de mille francs
environ, mais on craint que ce chiffre ne soit plus
;élevé, car Saint-Séverin abrite un certain nombre
d'ceuvres d'art qui ont pu être endommagées par la
chaleur et par la fumée. On ne sera fixé qu'au-
jourd'hui sur l'importance du ministre.
Isa Tempête sur nos côtes
Un transatlantique allemand
s'échoue à Boulogne-sur-Mer
Boulogne-sur-Mer, 1er octobre.
Le transatlantique Kœnig-Wilhelm, de la Ham-
burg Ameriha, arrivé hier soir en rade de Boulo-
gne pendant la tempête, voulut attendre l'embar-
quement des passagers de Boulogne, en dépit des
conseils de prudence qui lui étaient donnés. La mer
baissant, le Kœnig-Wilhelm chassa sur ses ancres
et vint s'échouer par l'arrière dans le port en eau
profonde, à l'abri de la digue Carnot. Il était alors
trois heures du matin.
Toute la journée, les remorqueurs Champion et
Calaisien, ainsi que deux remorq'ueurs anglais ont
vainement essaye de déséchouer le transatlantique.
Ils est à craindre qu'il ne faille maintenant attendre
plusieurs jours pour arriver à un résultat favora-
ble. (Joumal.)
La tempête sévit sur toutes nos côtes. A Dunker-
que, te vapeur Hudson a beaucoup souffert. Le Fer-
dinand-de-Lesseps a cassé ses ancres. De nombreux
bateaux de pêche ont été écrasés les uns contre les
autres. De Marseille on signale des faits analogues
de nombreux bateaux n'ont pu quitter Le port.
Anvers, 1" octobre.
A la suite de l'ouragan, les. vapeurs Persepalis,
Bhodophis, Leander et Edouard-Dowson, une bar-
que et un yacht se son téchoués dans l'Escaut.
Le Persepolis et leBhodophis sont dans une posi-
tion très dangereuse. (Petit Parisien.)
Petites nouvelles de la nuit
De le ministre de la guerre est parfi
hier soir pour Melilla.
L'anarchie règne Le gouvernaur
civil a démissionné. Un cercle catholique a été pillé
et incendié. On signalée deux cents arrestations.
Tempête terrible sur les côtes de Hollande.
Pendant vingt heures, le vapeur Solo, courrier de
Java, a été en péril. Quatre pilotes ont été noyés
en concourant au sauvetage.
lage, dont les quelques masures entourent le
relais de poste de Daschoff. Le vacarme d'une
invasion ou d'une catastrophe secoua leur tor-
peur visiblement, un événement grave et im-
prévu se passait dans ce pays perdu. De nou-
veaux venus l'avaient envahi et y manifes-
taient leur arrivée de la manière la plus
bruyante et la plus agressive. Louise se rap-
pela les paroles de Michel Samaroff une con-
frontation, l'interrogatoire d'une esclave re-
belle, son châtiment peut-être.
Le commandant Berthier apparut tout d'a-
bord sur le seuil de la salle d'attente. Il était
pâle et paraissait fort ému.
Louise, viens dit-il d'une voix altérée,
viens Tu ne dois pas rester ici une minute de
plus. ̃̃•̃
Louise voulut protester.
Cependant, mon père.
Je le veux Je t'en supplie, mon enfant.
Et vous aussi, Pierre, ajouta-t-il en s'adressant
au jeune homme, comme s'ils s'étaient vus la
veille, soyez raisonnable.
Soit. Au revoir, Pierre, dit Louise grave-
ment, avec la belle et noble franchise de l'a-
mour véritable je ne vous dis pas adieu, mais
au revoir, car je ne partirai pas sans vous avoir
revu.
Elle se dirigea vers son fiancé et lui tendit
la main. Pierre effleura d'un baiser timide cette
main adorée et fidèle il fit un grand geste de
désespoir et d'adieu. Oui, hélas il le compre-
nait enfin, c'était bien un adieu. Quand la re-
verrait-il à présent ?
Pierre et Louise Berthier se dirigèrent vers
la sortie, mais il était trop tard. Boris Sama-
roff, tout d'abord, puis ses valets et ses sbires,
envahissaient le relais de poste en traînant l'es-
clave rebelle.
Ah on m'insulte on me brave hurlait
le châtelain de Daschoff. Ah i il faut un exem-
ple à ces brutes Eh bien ils l'auront, et si
terrible que le souvenir en restera longtemps.
Avez-vous amené Raissa ?
«-. Oui* monsieur] le comte, répondit vive-
100,000 francs, un crédit de 1,100,000 francs a
été prévu par le ministère de la guerre pour
l'achat d'appareils primés.
NOS INFORMATIONS
Température
La dépression signalée hier sur la mer du Nord
s'est avancée vers les Pays-Bas et l'Allemagne. En
France; le temps va rester très frais quelques
averses sont encore probables dans l'est.
Hier, à Paris, belle, mais froide journée. Thermo-
mètre, 11°. Baromètre, en hausse 766 m/m.
FAITS DU JOUR
Distribution de prix. La distribution des prix
des lycées Jeanson-de-Sailly, Carnot, Saint-Louis
et de l'école Turgot, se fera aux dates suivantes
Le vendredi 6 octobre, au petit lycée Jeanson-de-
Sailly
Le samedi 7 octobre, au grand lycée Jeanson-de-
Sailly
Le samedi 14 octobre, au lycée Carnot
Le lundi 16 octobre, à l'école Turgot.
La distribution des prix du lycée Saint-Louis au-
ra lieu le 25 octobre, à deux heures et demie, à la
Sorbonne.
Les habitations bon marché. M. Caillaux,
président du conseil, a eu hier matin une longue
conférence avec M. Delanney, préfet de la Seine,
et avec ses chefs de service au sujet de la question
des habitations à bon marché, qui doit faire l'objet
d'un projet de' loi, et. dont les grandes lignes ont
été précédemment indiquées.
Cette conférence a également porté sur le pro-
jet de loi, lié au précédent, et qui sere déposé dès
la rentrée, visant la réforme de la loi sur les expro-
priations.
Une inauguration. Le maltre J.-J. Weerts,
l'auteur des fresques de la cour d'honneur de la
Sorbonne, du plafond de la Monnaie et de tant d'au-
tres importantes décorations vient de terminer le
marouflage, dans le grand hémicycle des facultés
de médecine et de pharmacie de Lyon, de sa der-
nière oeuvre Un coucours d'éloquence sous Cali-
gula, qui a figuré au dernier Salon de la Nationale
et qui sera inaugurée officiellement demain mardi
3 octobre.
NOUVELLES MILITAIRES
Ecole Polytechnique. Une broisième liste supplé-
mentaire des candidats admis à l'Ecole Polytecilmique
ù la suite du concours d'admission de 1911 est publiée
aujourd'hui en raison, de la démission de candidats pré-
cédennn«nt admis. Elle comprend les noms suivants
MM. Gratoos, Nègre," Rousselet.
NOUVELLES NAVALES
Le cuirassé « Mirabeau Des ordres ont été don-
nés au cuirassé Mirabeau d'embarquer deux mois de
vivres frais et de vérifieur immédiatement ses lignes de;
mire.Pour effectuer cette opération, il sera remorqué ̃
ainsi on lui évitera le risque de heurter un des nombreux
obstacles semés dans -la rade par l'explosion do la Li-
berté. Dès que les lignes de mire seront vérifiées, ce
̃drautaought sera aussitôt reconduit hors de la rade,
,d'où ïl appaareillera pour le golfe Jtwn .il se rangera
sous le pavillon .au vice-amiral Boue de Lapeyrère,
commandant en chef de la première escadre.'
Les avaries du Mousqueton ».. En raison du mau-
vais temps, le Mousqueton n'a pu effectuer la traversé
de Porqueroltes à Toulon. Les réparations de fortune
exécutées après son accident n'offrent pas suffisam-
ment de garanties. Le bâtiment a dû être remis d'ur-
gence sur le dock de 350 tonnes. Dès qu'une accalmie se
produira, le remorquage du dock sera exécuté.
FAITS DIVERS
UN MEURTRE
Le comte du Monceau de Bergevald, âgé de
trente-six ans, ancien officier blege, ancien soldat
de notre légion étrangère, a été frappé d'un coup
de couteau au cœur, rue de l'Amiral-Mouchez, dans
des circonstances mystérieuses. On ne sait s'il
s'agit d'une vengeance, d'une rixe ou d'une simple
agression.
Vers trois heures du matin, la nuit dernière, une
femme qui demeure au 18 de la rue de j'Amiral-
Mouchez aperçut par sa fenêtre un groupe de
quatre ou cinq individus qui discutaient violem-
ment. Les cris de « Au secours » et « A moi
étaient poussés, mais lorsque cette femme descen-
dit dans la rue pour se rendre compte de ce qui se
passait, elle ne trouva plus que le corps d'un hom-
me qui avait cessé de vivre. Elle reconnut le ca-
davre pour être celui d'un de ses voisins, connu
sous le nom de Dumonsard et qu'on disait revenu
depuis deux mois seulement de la légion étrangère:
L'enquête faite par NI. Guichard, commissaire de
police du quartier Montparnasse, sur ce drame, n'a
rien donné jusqu'ici sur le drame lui-même, mais
elle a permis de recueillir des renseignements sur
Henri Dumonsard, un type très curieux.
II vivait seul dans un hôtel meublé et n'avait
pas encore trouvé d'emploi fixe depuis son retour
de la légion étrangère. Il prit le nom dé Dumonsard
il y a une quinzaine d'années, après avoir quitté
l'armée belge, où il était officier, pour prendre du
service à la légion étrangère. En réalité, issu d'une
vieille famille belge, Dumonsard s'appelait le
comte du Monceau de Bergevald. Dans le quartier,
on le connaissait comme un fort brave homme, cou-
rageux et travaillant à tout ce qu'il pouvait, aussi
bien à faire des écritures qu'à servir les maçons
comme manoeuvre. Bien qu'il fréquentât les dé-
bits voisins de sa demeure, personne ne l'avait vu
en état d'ivresse.
On espère que l'enquête fera découvrir les cir-
constances dans lesquelles le malheureux a trouvé
la mort.
VIOLENT INCENDIE A MONTPARNASSE. DEUX BLESSÉS.
DÉGÂTS IMPORTANTS
De dix heures du soir il trois heures du mâtin,
la nuit dernière, un incendie qui n'a cessé de faire
rage, a détruit une fabrique de carrosserie d'auto-
mobiles, 9, rue Watteau, et atteint plusieurs im-
meubles voisins.
Le feu prit naissance dans la partie occupée par
les machines-outils et les moteurs et se communi-
qua aux ateliers d'ébénisterie, où les vernis et au-
tres matières inflammables devinrent un facile ali-
ment pour le feu, qui prit .en peu de temps une vio-
lence inquiétante.
Les pompiers vinrent des casernes de Port-
Royal, de Poissy, de la Nativité, de Jeanne-d'Arp,
de Sévigné,du Château-d'Eau, du Vieux-Colombier
et' de l'Etat-Major, mais lorsqu'ils attaquèrent le
feu, le sinistre s'étendait déjà au chantier de bois
voisin et les flammes menaçaient plusieurs immeu-
bles, notamment l'hôtel du Rhône, situé au n°
dont les locataires, pris de panique, s'enfuyaient.,
en hâte et à peine vêtus.
On ne put que s'occuper à protéger les maisons
voisines. Quinze lances furent mises en manœuvre,
et cependant ce n'est guère qu'à deux heures du
matin que l'on commença à pouvoir circonscrire le
foyer de l'incendie. Plusieurs immeubles de la rue
Watteau furent évacués et au no 13, trois person-
nes, dont l'une âgée et infirme, durent être sauvées
à l'aide des grandes échelles.
A trois heures on se croyait maître du feu et
qu'il ne «restait plus qu'à noyer les décombres,
mais deux heures plus tard, le feu reprenait avec
violence du côté du boulevard de l'Hôpital et il fal-
lut remettre deux pompes en manoeuvre. Ce n'est
qu'à six heures et demie du matin que l'incendie fut
définitivement éteint.
Au cours des opérations de sauvetage, un pom-
ment Wolff, l'intendant, d'autant plus obsé-
quieux que la colère du maître, aux jours de
tempête, pouvait toujours retomber à l'impro-
viste sur les serviteurs les plus fidèles et les plus
lâchement serviles.
Raissa, j'ai été patient. Je t'ai lâissé le
temps du repentir, dit Boris Samaroff. Daigna-
ras-tu me répondra ?
La captive le regardait avec une épouvante,
une angoisse indicible.
Que voulez-vous de moi ? murmura-t-eile
enfin. Je ne sais même pas pourquoi l'on me
torture ainsi 1 Est-ce pour avoir entouré de
soins et d'affection les derniers jours de votre
père ?
,La fureur du despote éclata de nouveau, véhé-
mente et terrible, soudain déchaînée par ces
paroles imprudentes.
Ah tu oses parler de mon père, gueuse,
qui as régné en maîtresse absolue dans cette
maison d'où il m'avait chassé, moi, son fils ?
Prends garde, Raissa, prends garde .N'éveille
pas en moi la colère des mauvais jours, tu t'en
repentirais
Ah mon Dieu s'écria la pauvre esclave,
comment me défendre contre une calomnie pa-
reille et que puis-je répondre ? Je ne peux pas
vous rendre ces trésors imaginaires que je n'ai
jamais vus, qui n'ont jamais existé peut-être
Brusquement, il l'interrompit
Tu mens, gueuse, tu mens Tout le monde
sait bien dans le payq que mon père cachait
chez lui une fortune en or et en bijoux. Le jour
même de sa mort, à l'heure de l'agonie peut-
être, tu lui auras volé la clé du coffre-fort où il
cachait ses richesses son dernier regard a pu
voir ta trahison et ton crime. Ah voleuse,
vile esclave qu'il avait ramassée dans la boue,
tu prévoyais sans doute que ton règne touchait
à sa fin, que le maître nouveau saurait reven-
diquer son bien, te punir, te démasquer tu
voulais mettre à l'abri cette petite fortune qui
t'assurait l'avenir. Mais j'ai tout deviné, inu-
tile de mentir plus longtemps. Allons, parle,
parle Un aveu sincère peut te sau-.
pier de la caserne de la rue de Poissy, .le sapeur
Cligny, a été victime d'un grave accident.
Il voulait porter secours à une vieille dame en
danger .et il tomba du toit de l'atelier dans le bra-
sier. Dans sa chute, le jeune pompier s'est fracturé
l'épaule et dut être transporté à l'hôpital militaire
Saint-Martin.
Au cours de cet incendie, un soldat du 21° colo-
nial, nommé Loiseau, qui se signala par son cau-
jet réussit à sauver quatre personnes, dont
deux enfants, fut également blessé au bras gauche,
mais sa blessure ne présente aucune gravité. Sa
courageuse conduite a été signalée au colonel du
210 colonial par M. Lépine, préfet de police, qui était
présent à ce violent incendie.
INCIDENT PATRIOTIQUE SUR LE BOULEVARD
Deux jeunes conscrits, « camelots du Roi n, ont
brisé, hier, ,sur le boulevard Poissonnière, deux
panneaux portant des caricatures ridiculisant l'ar-
mée française. Ces jeunes gens, MM. Marcel Tar-
tarin et Dividis de Saint-Cône, applaudis par les
témoins dejeur énergique protestation, furent néan-
moins appréhendés par deux agents en bourgeois
et conduits au commissariat du faubourg Mont-
martre. Ils ne furent relachés que plusieurs heures
plus tard, après que procès-verbal leur eut été
dressé, sur la plainte du commerçant, propriétaire
des caricatures lacérées.
LE SYNDICAT DES LOCATAIRES MANIFESTE
Une manifestation de.la Ligue des Locataires a
eu lieu hier matin, il neuf heures, rue de l'Eglise,
Les manifestants, portant tous le ruban rouge et
la « clochette de bois » a la boutonnière, venaient
déménager onze ménages habitant une maison de
rapport de la rue de l'Eglise, dont le propriétaire
avait, dit-on, augmenté chaque loyer, habituelle-
ment payé 200 francs, d'une somme de 80 francs.
Les locataires s'étaient refusés à payer et avaient
aÀ neuf6 heures, M. Cochon, secrétaire de la Ligue,
pénétra dans l'immeuble suivi des ligueurs et fit
commencer le déménagement. L'officier de paix du
15o arrondissement, suivi de nombreux agents, ar-
riva sur ces entrefaites, et repoussa les manifes-
tants, pendant que M. Cochon allait chercher un
huissier et que la foule s'amassait.
Les manifestant se réunirent ensuite dans un café
de la rue de Javel, la discussion fut très courte.
Les membres de la Ligue voulurent se reformer en
cortège et suivre deux voitures contenant des meu-
bles, mais ils furent dispersés rapidement.
Paul Cauchois
THÉÂTRE APOLLO
Réouverture
Le théâtre Apollo a terminé hier sa saison
d'été en donnant la dernière représentation de
cette inépuisable Veuve Joyeuse, dont 620 repré-
sentations n'ont pas diminué le succès.
C'est ce soir que commence la grande saison
d'hiver avec Les TransatLantiques, l'opérette
de MM. Abel Hermant et Franc-Nohain, musi-
que de Claude Terrasse, dont la presse, à 1 una-
nimité a constaté l'entrain endiablé, et qui ne
fut interrompue en juin dernier que par le
part en congé de ses créateurs. Le public pari-
sien va donc voir ou revoir avec joie MM. Henri
Defrevn, Paul Ardot, Henry Houry, Georges
Foix Mmes Alice O'Brien, Marquet et tous
les excellents interprètes qui ont apporté leur
large part au triomphé des TransatLantiques. Il
verra aussi, dans le rôle créé par Mme Cebron-
Norbens, Mlle Angèle Gril, une jeune et char-
mante artiste sur laquelle, avec raison, M.
Franck fonde de très grandes espérances.
La saison du théâtre Apollo sera essentielle-
On répète, en effet, sur l'élégante scène d© la
rue de Clichy, en même temps que Madame Fa-
vart l'un des chefs-d'œuvre d Offernbach, qui
alternera sur l'affiche avec Les Transatlanti-
ques, une nouvelle opérette de MM. Pierre Ve-
ber et Xanrof dont le titre n'est pas encore
arrêté.
Quant à la mise en scène de ce nouveau spec-
tacle, elle sera ce qu'elle est toujours à 1 Apollo,
d'une élégance raffinée et d'une absolue somp-
tuosité. Tout-Paris va donc de nouveau établis-
ses assises au théâtre Apollo. B. DEPIERRE.
Ce soir e"
Au théâtre Antoine, huit heures :et demie, ré-
pétition générale de
Le Vagabond, pièce en trois actes de M. R. Fel-
linger, traduite par M. J. Schrœder et'adaptée par
Perdreau, pièce en deux actes de M. Robert Dieu-
donné.
Aux Variétés Réouverture, à huit heures et
demie précises, soixante-dixième représentation de
La Vie Parisienne- avec la distribution suivante
Frick-Prosper (M. Brasseur), le baron de Gondre-
mark (M. Guy), Bobinet (M. Max Dearly), Gardefeu
(M. Prince), Urbain-Alfred (M. Moricey) Joseph
(M. Diamand), Gontran (M. Fabre), le Brésilien (M.
Bressol), le chef de gare (M. Avelot), Alphonse (M.
Darcourt), Gabrielle (Mlle Mealy), Metella (Mlle
Jeanne Saulier), la baronne (Mlle Diéterle) Pauline
(Mlle Mistinguett), Léonie (Mlle Marcelle Praince
Julie (Mlle Maud-Avril), Caroline (Mlle Debnves),
Charlotte (Mlle Lysa), Clara (Mlle Mareil), Augus-
tine (Mlle de Linsay), Lola (Mlle Hildegard) Ramsa
Mlle Myriale), Louise (Mlle Badin), Conchita
(Mlle Arley).
Au Théâtre-Apollo Réouverture de la saison
d'hiver, trentième représentation des Transatlan-
tigues, opérette en trois actes et quatre tableaux,
musique de M. Claude Terrasse, avec cette distri-
bution
Le marquis de Tiercé MM. Henry Defreyn
Jerry Shaw Henry Houry
Le comte Adhêmar MaWin
François G. x
Sauvageon Miller
Diam Mmes Alice O'Brien
La marquise de Tierce Louise Marquet
La princesse de Béryl Angèle Gril
Valentine \à°™ Mariant
Mrs Shaw Jo. Landon
Blanche Jeanne Capelli
Biody Evdyn-Rosel
Les autres rules par MM. Désiré, Sterny, Delaquer-
rièrç, Fracher, Harvand, Willy, Baron.
x
Voici quelles seront les autres premières et re-
prises de la semaine
Mardi soir, au théâtre Antoine Le Vagabond et
Perdreau.
Au théâtre des Arts Les Frères kamarazow.
Mercredi soir, à l'Ambigu La Petite Roque et
Messieurs les Bonds-de-Cuir (répétition générale
mardi soir).
A la Renaissance: Le Scandale.
Vendredi, à la Porte-Saint-Martin La Femme
nue (répétition générale jeudi soir).
Samedi, à la-Comédie-Française, dans l'après-
midi, répétition générale de Primerose.
ver encore 1 Où est l'argent que tu m'as volé ?
Elle répondit avec désespoir
Je ne sais pas, je ne sais rien 1 Je ne suis
pas coupable, monseigneur, je vous le jure 1
Boris s'était rapproché de l'esclave avec une
obstination de brute, il l'interrogeait encore
Pour la dernière fois, tu refuses de par-
ler ?
Mais je ne sais rien, je ne suis pas cou-
pable
Il la repoussa avec une telle violence qu'elle
tomba en poussant un faible cri puis, s'adres-
sant à ses valets, Boris Samaroff prononça la
sentence
C'est bien. Souvenez-vous de mes ordres,
le knout devant tous, sur la place publique,
jusqu'à ce qu'elle avoue.
Raissa prenait ses mains et les baisait avec
ardeur pour le fléchir des supplications épar-.
tlues s'échappaient de ses lèvres.
Grâce grâce 1 monseigneur je ne suis
pas coupable, je n'ai rien volé je ne sais même
pas de quoi l'on m'accuse j'ai peur, j'ai peur
de la torture. Ah 1 monseigneur, souvenez-vous
que votre père est mort dans mes bras serez-
vous impitoyable pour la femme qu'il a aimée,
qui ne l'a jamais trahi, je vous le jure Vous
ne pouvez pas me condamner à cette mort af-
freuse je n'ai fait de mal à personne, .et per-
sonne pour me défendre Ah f race de bour-
reaux et d'esclaves personne parmi vous
n'ose plaider ma cause 1.
Elle se trompait. Plus pâle que la victime
elle-même, tout frémissant d'indignation, Pierre
intervint alors, et s'adressant à son frère, à
son seigneur et maître
Monseigneur, dit-il, c'est la première fois
que je vous nomme ainsi, selon vos ordres,
monseigneur cette femme était-mon ennemie,
vous le savez c'est moi pourtant qui, le pre-
mier, intercède pour elle. Ne soyez pas impi-
toyable, ne prononcez pas un arrêt de mort
sans avoir des preuves certaines.
Boris le dévisagea un instant, avec un mé-
pris, un dédain inexprimables, puis, il éclata
En outre, le Vaudeville affiche pour samedi soir
la première de Sa Fille.
C'est ce soir que, pour les représentations de M.
Van Dyck et la rentrée de Mlle Louise Grandjean,
l'Opéra reprend Tristan et Isolde. M. Dangès fera
également sa rentrée dans le rôle de Kurwenal.
Cette belle affiche porte encore le nom de Mme Du-
bois-Lauger, de M'. Gresse, qui chantera le rôle de
M-arke de MM. Nansen, Gonguet et TriadoUi
Le spectacle de ce soir à la Comédie-Francaise
sera composé de La Veille d1t bonheur avec MM.
Léon Bernard, Mmes Géniat et Suzanne Devoyod,
et du Monde où l'on s'ennuie joué par MM. Truf-
fier, Louis Delaunay, Dessonnes, Joliet, Falcon-
nier, Croué, Garay, Lafon, Guilhène, Le Roy, Ger-
bàult et par Mmes Pierson, Kolb, Persoons, Maille,
Robinne, Provost, Jane Faber, Lherbay et Jeanne
Even..
Au théâtre lyrique de la Galté La reprise de
Don Quichotte, qui inaugurait la série de matinées
dominicales, a été pour l'oeuvre du maître Masse-
net l'occasion d'un nouveau triomphe.
.La belle partition a, comme toujours, été inter-
prétée à merveille, par Mlle Lucy Arbell, MM. Lu-
cien Fugère et Vanni Marcoux qui ont été salués
d'applaudissements unanimes.
Hier soir on donnait la première représentation
à ce théâtre de Paillasse, le'drame lyrique de M.
Leoncavallo, dans lequel Mme Guionie jouait avec
un sentiment dramatique d'une rare puissance et
chantait d'une voix fraîche le personnage de Nedda.
A côté d'elle le ténor Carasa sut se couvrir de
gloire dans le rôle de Canio auquel il prête le
concours de son merveilleux organe et de 'son jeu
pathétique l'excellent Boulogne a compasé et
chanté avec un art parfait le personnage de Tonio,
MM. Gilly et Maguenat ont également été acclamés
avec justice.
La soirée, qui avait débuté par le Chalet, excel-
lemment interprété par Mlle Maïna Doria, MM. Au-
doin et Gilly, se terminait par la reprise du Coeur
de Florin, le ravissant ballet de Mme Mariquita et
de M. André de Lorde, musique de M. Georges Me-
nier, où triomphèrent Mlles Relly et Charbonnel,
MM. ^Volbert et Quinault.
Aujourd'hui, à la Porte-Saint-Martin, dernière
représentation de Le Vieux dlarcheur. Demain et
mercredi, relâche. Jeudi, répétttîon générale, et
vendredi, première représentation, à ce théâtre, de
La Femme nue.
Au Palais-Royal M. Quinson fixe, dès aujour-
d'hui, au mardi 10 octobre, à deux heures, la répéti-
tion générale de Le Pelit Café, la pièce nouvelle
de Ni. Tristan Bernard, et la première représenta-
tion au soir même, à neuf heures.
Aimé des Femmes n'aura donc plus que neuf Te-
présentations, y compris la matinée du dimanche.
A part les spectateurs professionnels des répéti-
tions générales et des premières, on sait que de
nombreuses personnes profitent de billets de fa-
veur distribués en abondance à l'occasion de ces
petite « fêtes dramatiques ».
Pourquoi ces amateurs qui vont assister aux gé-
nérales et aux premières de ce mois de réouver-
ture ne penseraient-ils pas aux familles des victi-
mes de la Liberté ? M. Gémier croit répondre au dé-
sir de ces privilégiés en les prévenant que leurs
souscriptions seront acceptées au contrôle du théâ-
tre Antoine lorsqu'ils viendront ce soir et demain
mardi soir. à la répétition générale et à la première
représentation de Vagabond et die Perdreau. M.
Gémier, espérant que cet exemple pourrait être
suivi, déposera tes sommes recueillies entre les
mains de M. Albert Carré, président de l'Associa-
tion des directeurs des théâtres de Paris.
Rappelons que le Théâtre-Apollo met à la disposi-
tion du public d'excellents orchestres à 8 francs.
Les cinq premières représentations de Mik 1er a
la Scala ont produit 34,772 francs de recette. Ce suc-
cès énorme d'argent est la conséquence du succès
énorme de rire et de charme de cette opérette qui
a l'avantage de pouvoir être vue par tout le monde.
M. Jacques de Féraudy, tout à fait remis de l'in-
disposition qui'1'avait privé de quelques-uns de ses
moyens pendant les deux premières représenta-
tions, obtient un très gros succès par son jeu fin et
gai, à côté de l'exquise divette Edmée Favart, la
première de nos chanteuses d'opérette, et de la jo-
lie et spirituelle Lucy Jousset.
Mik lw est parti pour une longue série de repré-
sentations.
C'est aujourd'hui qu'a lieu la rentrée des classas
du Conservatoire.
C'est l'Gpéra-Comique tout entier qui se rendra
au Trocadéro pour la matinée des Trente Ans de
Théâtre et y chantera La Vie de bohème (Mlles
Lucy Vâuthrin et Tiphaine, MM. Mario Vigneau,
Belhomme, Azéma, Payan) reprenant leurs rôle
qui leur valent un si brillant succès.
La salle du Trocadéro a été aménagée spéciale-
ment pour que la charmante œuvre de M. Puccini.
avec- l'orchestre sous la direction de M. Picheran,les
chœurs et la figuration de l'Opéra-Comique, com-
porte les trois tableaux (La Première rencontre, les
Deux idylles, la Mort de Mimi). De même que La
Vi de bohème, Le Passant, interprété par Mlles
̃Géniat-et Madeleine Roch, sera joué avec la mise en
scène de la Comédie-Française. La première repré-
sentation des Danses tyroliennes par Mlles Chas-
les et Meunier, de l'Opéra, avec l'orchestre de l'0-
péra-Comique, et la causerie de M. Sacha Guitry se-
ront données entre Le Passant et La Vie de bohème
ainsi que les « Chansons nouvelles » par M. Frag-
son, auxquelles il ajoutera celles de Darcier, qui lui
valurent ses premiers succès.
Rappelons que ce soir lundi, a lieu, à sept heures
trois quarts, le premier dîner de la saison des
.(( Mille Regrets n. >•
De Bruxelles Hier dimanche M. Saint-Saëns a
assisté au théâtre de la Monnaie à la première ma-
tinée de la saison. On donnait en son honneur
Sa7ïison et Dalila. Mme Degeorgis a fait une com-
position à la fois délicieuse et terrifiante du rôle de
Dalila. Le nouveau fort ténor Darmel a superbe-
ment incarné Samson. M. Bouliez tenait le rôle du
grand-prêtre de Dagon, M. Bilot celui d'Abime-
lech, et M. Grommen celui du vieillard hébreux.
Artistes, choeurs, ballet, orchestre .dirigé par M.
Lohse furent parfaits. Le maître rentrera lundi à
Paris pour s'entretenir avec M. Paul Stuart de la
mise en scène de Déjanire.
De Berlin Au Kleines Theater, Papa, de MM. de
Flers et de Caillavet, très bien mis en scène par le
directeur M. Barnowsky, vient de remporter un
succès très grand la première représentation.
L'interprétation a été parfaite. M. Schœnfeld, qui a
personnifié avec beaucoup de bonhomie Papa, et
Mlle Brandt, très gentille dans le rôle de Georgine,
ont été rappelés à plusieurs reprisas.
De Vienne A la Neue Wiener Bühne a eu lieu
hier la première représentation de La Meilleure
des Femmes, de MM. Maurice Hennequin et Paul
Bilhaud. La comédie, dont la traduction est de M.
Rodolphe Presber, a été fort bien accueillie.
Les journaux annoncent que M. Gregor, direc-
teur de l'Opéra de la Cour, a offert à M. Pietro Mas-
cagni les fonctions de chef d'orchestres L'auteur de
Cavalleria commencerait par diriger les oeuvres
italiennes qui se trouvent au répertoire de l'Opéra
de la Cour.
Le successeur de M. Hans Richter au théâtre
de rire, d'un rire sauvage et agressif, plus ter-
rible que ses invectives.
A merveille 1 voilà le défenseur que voua
avez trouvé, ma belle Raissa Il est digne de
vous 1. Oui, le fils de l'esclave, le bâtard est
digne de prendre fait et cause pour la voleuse
et la criminelle Allons, emmenez-la.
Les sbires de Boris Samaroff se levèrent aus-
sitôt on entraîna l'esclave rebelle. Raissa,
d'ailleurs, n'opposait plus de résistance, mais
en passant devant Pierre, elle lui jeta un re-
gard de reconnaissance éperdue et dit d'une
voix faible, à peine perceptible, mais que tous
entendirent nettement et ces simples mots re-
tentirent comme un défi, un aveu ou un adieu
suprême
Pierre; merci.
VI
Boris Samaroff s'apprêtait déjà à suivre les
tortionnaires, à savourer le spectacle du châti-
ment infligé à l'esclave, quand une petite main
tremblante l'arrêta au passage. Il se retourna,
stupéfait par tant d'audace. C'était la- petite
Xénia, la fille de Raissa. L'enfant sanglotait,
elle trouvait, pour défendre sa mère, des paroles
désordonnées et nombreuses, elle, qui, la veille
encore, n'aurait pas osé adresser la parole au
maître redoutable.
Monseigneur, faites grâce 1 monseigneur,
ayez pitié de nous Dites à vos esclaves de ne
plus tourmenter maman. Avez-vous entendu le
premier cri qu'elle a poussé quand le supplice
a commencé, quand le bourreau l'a frappée?
Tout de suite le sang a coulé, elle va mourir,
elle va mourir, monseigneur Grâce 1 pitié
•– C'est la fil.le de Raissa, n'est-ce pas ? de-
manda brusquement Boris, la petite drôlesse
qui a voulu se jouer de moi, elle aussi, qui avait
imaginé déjà tout un plan d'évasion. Ah bon
sang né peut mentir Tu ne sais donc pas que
les enfants sont punis, eux aussi, lorsqu ils
sont des rebelles, et que tu as mérité le même
châtiment
de Covent-Garden, à Londres, sera M, Joseph
Schalk, kàpelhheister ù l'Opéra de la Cour. M.
Schalk, qui est un élève d'Antoine Bruckher, sa
rendra à Londres dans les premiers jours et y di-
rigera les représentations de L'Anneau du Nibelung.
ainsi 'que la, première représentation de Kœnigs-
kinder, le nouvel opéra de M. Humperdinck.
De Stockholm M. Auguste Strindberg, le célèbre
romancier et auteur dramatique suédois, vient de
céder tous ses droits d'auteur a une maison d'édi-
tions pour la somme de 200,000 couronnes, dont
50,000 lui ont été versées immédiatement après la
signature du contrat.
Ainsi le poète, qui est né à Stockholm en 1849, et
qui a eu toute sa vie à lutter avec des difficultés
matérielles, au point que récemment une souscrip-
tion publique a été ouverte en sa faveur, pourra au
moins vivre ses vieux jours à l'abri de soucis pé-
cuniaires.
SPECTACLES DIVERS
Aux nombreuses attractions nouvelles qui sont
venues corser hier le séduisant programme des Fo-
lies-Bergère, viendra s'ajouter ce soir la délicieuse
divette de Lilo qui tera sa rentrée au premier mu-
sic-hall de Paris, après un long séjour à l'étran-
ger où elle fut fêtée à l'égal d'une petite reine.
Ce soir lundi ,et demain mardi, à l'Olympia, re-
lâché. Mercredi, répétition générale sur invita-
tions, de la revue de MM. Rip et J. Bousquet. Jeudi,
5 octobre, première représentation. La location est
ouverte.
Les QuaVz' Arts. Direction Montoya.
Du Sentiment, de la Satire,
De quoi rêver et de quoi rire,
La Lyre enfin, toute la Lyre 1.
Spectateurs choisis avec soïn
Qui venez de près ou de loin,
Peu m'importe, il n'est qu'un seul oeil]
'̃ Dons Montmartre, cerveau du monde,
Où l'esprit, j'en conviens, abonde,
Qui d'un tel menu vous répondre.
Où donc, que j'y coure ? Où «la ?
Aux Qllat'z' Arts, où l'on trouve Hyspa,
t'ernp, Brienne et Montoya.
Au Musée Grévin, ces derniers jours de congé
ont amené une affluence extraordinaire tous les
écoliers veulent avant la rentrée revoir ces curieu-
ses attractions, le Palais des Mirages avec ses dan-
ses féeriques au cinématographe l'Incendie des
docks d'Anvers, le Concours Lepine, le Grand Prix
de l'Aéro-Club, le Concours de chiens.
PETIT COURRIER
M. Fernand Depas reprend, à partir d'aujourd'hui,
dans son élégant petit théâtre, 7, rue Chaptal, ses cours
et leçons de diction et de mise en scène (comédie, tra-
gédie, opéra, opéra-comique et opérette),. Préparation
aux examens du Conservatoire.
A peine rentrée à Paris, après un repos bien ga-
gné, Mme Kutschenra reprendra ses cours de chant dans
ses nouveaux salons de la rue Miromesnil, 21.
La nouvelle installation réunit tous les avantages pour
l'audiition des élèves. Une scène spécialement aménagée
permettra aux élèves de se faire entendre en public, Il
est indispensable de retenir dès maintenant les heures'
de leçons, Mme Kutscherra ayant déjà de nombreuses de-'
mandes d'élevés.
Cours spécial pour l'étude du répertoire, français, alle,
mand et italien.
Nicolet
Un Monsieur
très satisfait
M. F. Gros, sculpteur, demeurant à Lyon)
(Rhône), 39, rue Vieille-Monnaie, est très satisfait.
Les Pilules Pink lui ont rendu un état de santé flo-
rissant, état de santé qu'il pensait ne plus jamais'
avoir.
a Ma santé n'était pas bonne, loin de là, écrivait-
iL Etant donné que je m'étais soigné, sans résultats
du reste, pendant longtemps, je n'avais plus qu'un
espoir, c'est que mon état n'empirât pas. Vous ju-
gerez donc de ma satisfaction en apprenant que
vos Pilules Pink m'ont guéri et m'ont rendu une
santé parfaite. Autrefois j'étais faible, ma respira-
tion était courte, haletante même, lorsque je mar-
chais un peu vite. J'avais des tiraillements d'esto-
mas, de mauvaises digestions, des étourdisse-
ments fréquents. Maintenant je me sens tout au-
tre, il me semble que je commence une nouvelle
existence toute de bien-être.
Ls Pilules Pink sont le médicament le plus puis-
sant que vous puissiez vous procurer avec de l'ar-
gent. Elles purifient et enrichissent le sang, toni-
fient le système nerveux. Presque tous nos maux
proviennent de ce que notre sang, pour diverses
causes, ne conserve pas sa pureté et sa force. Lors-
que Le sans est appauvri, les organes sont affaiblis
et tout se détraque. Les Pilules Pink ont le pouvoir
d'arranger, de réparer tout cela.
Les Pilules Pink sont en vente dans toutes les
pharmacies et au dépôt Pharmacie Gablin, 23,
rue Ballu, Paris 3 fr. 50 la boîte, 17 fr. 50 les sis
boites, franco.
RHUMATISME ET GOUTTE
Le rhumatisme et la goutte, deux formes de l'ar-
thritisme et ne différant que par le siège et l'inten-
sité de leurs effets, reconnaissent une cause pre-
mière unique l'incrustation des organes par l'a-
cide urique. Quand il se dépose dans les muscles,
il y a gonflement et douleur, et c'est le rhumatisme
proprement dit. Quand il se fixe dans les orteils,
cela s'appelle la goutte mais la goutte peut très
bien, d'ailleurs, s'attaquer à l'estomac, à l'intestin
et même au cerveau.
Goutteux et rhumatisants, pour éviter les ali-
ments incrustants, suivez le régime du délicieux
Phospho-Cacao, le seul aliment complet qui ne laisse
pas d'acide urique dans l'organisme. Pour vous con-
vaincre, lisez le livre L'Alimentation rationnelle,
envoyé gratuitement avec une botte d'essai
par le Phospho-Cacao, 9, rue Frédéric-Bastiat,
Paris.
En vente pharmacies et bonnes épiceries.
LE PARFUM DE u DAME EN NOIR
La fillette répondit en le bravant
Puisque c'est moi qui vous ai offensé, fai-
tes-moi battre à sa place, votre offense sera
vengée seulement, faites grâce à maman 1
dites-leur de cesser le supplice elle va mourir 1
j'en suis sûre maman maman
Les cris de la suppliciée retentissaient dans
le grand silence de la nuit, plus aigus, plus
distincts leur accent, semblait-il, n'avait plus
rien d'humain, c'était le râle d'agonie d'une
bête qu'on égorge, la plainte d'un animal qu'on
torture.
Xénia s'était précipitée maintenant vers la
porte entr'ouverte, mais Louise Berthier, qui
avait assisté silencieusement à toute cette scène
tragique, ne put maîtriser alors un élan ins-
tinctif de révolte et de pitié. Elle parvint à ar-
rêter l'enfant au passage, avant que la petite
eût franchi le seuil. Doucement, d'un geste
maternel, elle l'attira sur son cœur, en disant
Non, non, ne regarde pas, ma pauvre en-
fant 1
Mais Xénia avait entrevu, en un éclair ra-
pide, l'atroce vision de supplice ses forces la
trahirent, elle s'évanouit en balbutiant
Ah mère petite mère Du sang, du sang
partout
Boris Samaroff dévisageait maintenant avec
une curiosité intense l'étrangère, la voyageuse
qui osait intervenir à son tour.
Quelle est cette femme ? Que me veut-elle ?
Michel s'empressa de la renseigner.
C'est la fille du commandant Berthier,
notre voisin.
Notre voisin ?
Mais oui, tu sais bien, dit Michel Sama-
̃roff, la petite Française dont on a tant parlé 1.
Son père fut autrefois le précepteur des prin-
ces Bielski. Ils lui ont fait cadeau d'une espèce
de métairie, un petit domaine, une donation'en.
règle, ma foi, et le vieux vient prendre sa re-
traite.
Stanislas RzEwusxt.
(A suivre.)
9
Dernière Heure
ueuEBEjmomiwi
Une bataille navale?
Rom'e, 1er octobre*
Un télégramme" adressé de Constantinople la
Tribuna dit que tous les consuls des Dardanelles
cnt télégraphie qu'une bataille navale se déroulait
Ce soir dans le détroit des Dardanelles.
Les détonations de l'artillerie s'entendaient jus-
qu'au Bosphore.
Le gouvernement turc a ordonné à tous les vieux
navires en ce moment stationnés dans le Bosphore
'd'allumer leurs {eux en vue d'un départ imminent.
KAgence Fournier.)
Le bombardement de Preveza
Cosistantinople, 1er octobre, 8 It, soir,
-'On confirme que les escadres italiennes bom-
bardent Preveza.
Le débarquement des troupes italiennes à Pre-
xeza est démenti.
Combat prochain à Preveza
Constantinople, 1er octobre.
Deux bataillons sont arrivés à Preveza. On s'at-
tend à un prochain combat avec les Italiens.
La canonnière Muinzaffer, qui servait de garde-
côtes à Beyrouth et le transport Kaiserieh se sont
enfuis à Port-Saïd.
BombardementdeReschadie
lUn torpilleur turc endommagé
Dégâts. aux édifices
Constantinople, 1er octobre.
'Le vali de Janina annonce que deux cuirassés
italiens ont bombardé hier le port de Reschadie et
les torpilleurs qui s'y trouvaient. Un torpilleur a
été endommagé et a. débarqué son équipage.
Les navires italiens sont ,entrés dans le port
tt ont tiré sur la ville. Quelques édifices ont subi
des dégâts.
Les torpilleurs ont alors exécuté des sondages,
puis les navires italiens ont quitté le port.
Les navires italiens sont également entrés dans
le port de Musto. Ils ont fait prisonniers le capi-
taine du port et trois bateliers.
La flotte turque est dans les Dardanelles
Constantinople, 1°T octobre.
Dans toute la ville est affichée une communica-
lion officielle annonçant que la flotte est arrivée
eet après-midi dans les Dardanelles.
Mobilisation des troupes en Asie-Mineure
Constantinople, 1er octobre.
Le bruit court que le conseil des ministres a or-
idonné la mobilisation des rédifs des seize circons-
criptions militaires d'Asie-Mineure. D'après une
autre version, il aurait ordonné la mobilisation
générale.
Le nouveau cabinet n'est pas encore formé.
En vue de Tripoli Récit d'un témoin
Malte, 1er octobre.
IVendredi, à cinq heures, j'étais en vue de Toi-
poli lorsque trois torpilleurs italiens et le cuirassé
Napoli arrêtèrent par un coup de semonce le Marco-
\Aurelio, petit vapeur italien qui me conduisait, seul
passager à bord, à Tripoli.
Par les officiers qui visitèrent le Màrco-Aurelio,
j'ai appris que l'ordre de saisir le Cerna était ar-
rivé deux heures trop tard. Ils m'ont aussi affirmé
qu'à deux heures, vendredi dernier, on devait bom-
barder Tripoli, mais qu'un radio-télégramme, reçu
vers midi par l'amiral Thaon de Revel, ordonna un
)blocus sans bombardement.
Aucun coup de feu ne fut échangé entre la flotte
titalienne et le fort dans la matinée de samedi. Le
Marco-Aurelio stoppa pendant une heure à l'entrée
du port, appelant en vain le pilote. Trois croiseurs
qui tenaient seuls le blocus arrivèrent en toute hâte,
Craignant de voir couler notre vapeur par le fort,
mais les batteries turques ne tirèrent même pas un
coup de semonce.
Du pont du Marco-Aurelio je voyais dans le port
un trois-mâts, un vapeur chargé d'Arabes^ et lie
Derna, qui était sous pression.
La ville, sur laquelle flottaient les pavillons oonsu-
daines, était morne et comme abandonnée. (New-
ÏÏork Herald;)
L'ambassadeur d'Allemagne chez le Sultan
Constantinople, 1er octobre.
L'ambassadeur d'Allemagne a rendu visite au
Sultan puis se fit conduire à la Porte, où il conféra
pendant plus d'une heure avec le Grand Vizir.
Contrairement il. la note officieuse publiée' hier
soir au sujet de l'appel aux puissances adressé par
la Turquie, on croit que la plupart des réponses
qui parvienent aujourd'hui sont généralement défa-
vorables. Elles déclarent que l'état de guerre exis-
tant entre la Turquie et la Turquie, les puissances
ne trouvent pas un moyen régulier d'intervenir.
Elles ajoutent que le meilleur moyen serait d'agir il.
iConstantinople.
Nagdi, député de Tripoli, a reçu un télégramme
de Tripoli, disant Nous sommes en parfaite
santé n'ayez aucune inquiétude u.
La Porte adresse un nouvel appel
Constantinopla, 1er octobre.
On confirme que la Porte a adressé aujourd'hui
un nouvel appel aux puissances, leur demandant
d'intervenir et ajoutant qu'en attendant le résultat
de cet appel, elle suspend toutes les mesures qu'elle
a le droit de prendre comme résultat de l'état de
guerre.
La manifestation antiitalienne de Salonique a été
lires grave. Des manifestants ont pénétré dans le
consulat et ont sommé le personnel de quitter im-
médiatement le sol de la Turquie. Le consul et le
personnel partiront demain matin.
L'Angleterre ne peut intervenir
Cnstantinople, 1°r octobre.
On confirme que le Toi d'Angleterre, répondant à
une dépêche du Sultan, expnme le regret de ne
pouvoir intervenir.
La Porte attend les réponses des puissances
Constantinople, 1er octobre.
Jusqu'ici, la Porte n'a reçu aucune réponse il lia
note circulaire aux puissances.
On prétend que le conseil des ministres qui siège
en permanence, attend les réponses à cette note.
On attache une grande importance à l'entretien
;que l'ambassadeur d'Allemagne a eu aujourd'hui
avec le grand-vizir.
Propositions de paix
Berlin, 2 octobre.
On mande de Constantinople au Berliner Toge-
Watt que le baron de Marschall, ambassadeur d'Al-
FEUILLETON DU GAULOIS
DU 2 OCTOBRE 1911
Vengeance
d'Esclave
Pour son fiancé, elle redoutait tout, les
clanage abominable les séparant à jamais.
Appréhender un sort pareil de misères et d'an-
goisses infinies pour celui qui, hier encore,
était le fiancé de sa vie et de sa destinée, dont
elle voulait naguère devenir la compagne de-
vant Dieu et devant les hommes, n'est-ce point
pour une âme féminine, noble et courageuse
entre toutes, la pire des épreuves ? Plus aigu,
plus intense que tout à l'heure, le sentiment de
son impuissance, de sa faiblesse, l'écrasait d'un
joug moral, aussi cruel peut-être que la servi-
tudé légale dont Pierre était devenu la victime.
Pourquoi et dans quel but Boris Samaroff
avait-il obligé son frère à revenir au pays ?
Quelle nouvelle infamie allait-il inventer ?
Les trois jeunes gens ne trouvaient même
plus la force de prononcer une parole, non,
même pas une parole de révolte ou de plainte
lassitude qui précède les heures de crise et de
combat. Soudain, l'écho de voix lointaines se
rapprochant avec une rapidité effrayante les
fit tressaillir un tumulte étrange venait d'écla-
ter parmi le grand silence du lamentable yil-.
aux puissances
lemagne, a transmis au grand-vizir des proposi-
tions italiennes pour des préliminaires de paix. On
n'a pas d'autres détails.
Cependant, le baron de Marschall serait revenu
très satisfait de chez le grand-vizir.
Les prochaines élections
en Allemagne
Berlin, jet octobre.
La rentrée du Reichstag primitivement fixée au
.10 octobre, a été reportée au 17 octobre, vraisem-
,blabIemen:t à la suite d'une entente entre le gou-
vernement et le président de l'Assemblée;
Il parait peu probable que le Reichstag vienne à
bout, dans cette session, de son ordre du jour qui
,est très chargé. Or, la session durera deux mois
seulement. Elle sera close au plus tard à la veille
ides fêtes de Noël. D'après divers journaux, elle
prendrait même fin vers le 10 décembre ou vers la
(lin de novembre. Le Reichstag serait alors dissous,
de façon que les élections générales puissent avoir
dieu le 15 janvier prochain.
UNE CATASTROPHE
New-York, octobre.
On estime que le nombre des personnes qui ont
péri dans la catastrophe d'Austin s'élèverait à 400.
La Catastrophe
de la Liberté"
Déclaration de l'amiral Jauréguiberry « L'ex-
plosion est due à la poudre B », dit-il
(Par dépêche de, notre correspondant particulier)
Toulon, jet octobre.
L'amiral Jauréguibernj, inspecteur général des
escadres, qui remplissait les {onctions d'amiralis-
sime au cours des dernières manoeuvres navales,
est arrivé ce matin onze lveures et demie, pour as-
sister aux funérailles des victimes de la Liberté.
J'ai pu le voir et je lui ai demandé son opinion sur-
les causes de la, catastrophe. Il m'a répondu tex-
tuellement ceci
Ma conviction profonde, absolue, est que l'ex-
plosion est due à la poudre B. Un doute terrible
m'était resté après les précedentes catastrophes.
Survint celle de l'Iéna. Je n'ai pas manqué ators
de clamer mes soupçons. Aujourd'hui, je, parlerai
sans ambage et i& nous autorise à publier que pour
moi, c'est bien à la rooudre B qu'on doit la perte de
'la Liberté et la mort effroyable de son bel équipage.
» J'ajoute qu'à mon avis, il n'y a aucun intérêt,
si c'est la vérité, la cacher. Nos matetols la con-
naissent maintenant. Alors il faut les rassurer et
décider promptement le changement de nos pou-
dres. Pour éviter le retour de pareilles catastro-
phes, le seul remède certain serait de doter la ma-
rine d'une poudrerie qui lui serait propre, et de ne
plus l'obliger recevoir ses poudres de l'adminis-
tration de la guerre. S.
Nouveau décès à l'hôpital
Toulon, 1er octobre.
Le matelot Daniel, du Jauréguiberry, en traite-
ment à l'hôpital de Saint-Mandrier est décédé. Il
avait été un des premiers à courir au sauvetage de
ses camarades de la Liberté, et avait reçu un éclat
de bois à la tête. Si le temps le permet, son corps
sera transféré ce soir à l'arsenal.
LE FEU A L'ÉGLISE SAINT-SÉVERIN
Un cierge cause l'incendie La chapelle Saint.
Charles détruite
L'admirable église Saint-Séverin a failli brûler
hier soir. Vers neuf heures, deux gardiens de la
des flammes qui éclairaient vivement l'intérieur de
Il est à craindre qu'il né faille maintenant attendre
l'église. Ils donnèrent aussitôt l'alarme.
L'incendie consumait la chapelle Saint-Charles.
iUn cierge avait, on ne sait comment, mis le feu au
catafalque sur lequel reposait le cercueil d'une
ratière, Mme Peigné, qui avait été déposé l'après-
midi dans la chapelle. La charpente du catafalque
s'était enflammée ainsi que les tentures et le feu
avait gagné les boiseries d'un confessionnal.
Le sinistre fut très rapidement mattrisé et, après
une heure de travail, tout danger avait disparu.
On évalue les dégâts à une dizaine de mille francs
environ, mais on craint que ce chiffre ne soit plus
;élevé, car Saint-Séverin abrite un certain nombre
d'ceuvres d'art qui ont pu être endommagées par la
chaleur et par la fumée. On ne sera fixé qu'au-
jourd'hui sur l'importance du ministre.
Isa Tempête sur nos côtes
Un transatlantique allemand
s'échoue à Boulogne-sur-Mer
Boulogne-sur-Mer, 1er octobre.
Le transatlantique Kœnig-Wilhelm, de la Ham-
burg Ameriha, arrivé hier soir en rade de Boulo-
gne pendant la tempête, voulut attendre l'embar-
quement des passagers de Boulogne, en dépit des
conseils de prudence qui lui étaient donnés. La mer
baissant, le Kœnig-Wilhelm chassa sur ses ancres
et vint s'échouer par l'arrière dans le port en eau
profonde, à l'abri de la digue Carnot. Il était alors
trois heures du matin.
Toute la journée, les remorqueurs Champion et
Calaisien, ainsi que deux remorq'ueurs anglais ont
vainement essaye de déséchouer le transatlantique.
Ils est à craindre qu'il ne faille maintenant attendre
plusieurs jours pour arriver à un résultat favora-
ble. (Joumal.)
La tempête sévit sur toutes nos côtes. A Dunker-
que, te vapeur Hudson a beaucoup souffert. Le Fer-
dinand-de-Lesseps a cassé ses ancres. De nombreux
bateaux de pêche ont été écrasés les uns contre les
autres. De Marseille on signale des faits analogues
de nombreux bateaux n'ont pu quitter Le port.
Anvers, 1" octobre.
A la suite de l'ouragan, les. vapeurs Persepalis,
Bhodophis, Leander et Edouard-Dowson, une bar-
que et un yacht se son téchoués dans l'Escaut.
Le Persepolis et leBhodophis sont dans une posi-
tion très dangereuse. (Petit Parisien.)
Petites nouvelles de la nuit
De le ministre de la guerre est parfi
hier soir pour Melilla.
L'anarchie règne Le gouvernaur
civil a démissionné. Un cercle catholique a été pillé
et incendié. On signalée deux cents arrestations.
Tempête terrible sur les côtes de Hollande.
Pendant vingt heures, le vapeur Solo, courrier de
Java, a été en péril. Quatre pilotes ont été noyés
en concourant au sauvetage.
lage, dont les quelques masures entourent le
relais de poste de Daschoff. Le vacarme d'une
invasion ou d'une catastrophe secoua leur tor-
peur visiblement, un événement grave et im-
prévu se passait dans ce pays perdu. De nou-
veaux venus l'avaient envahi et y manifes-
taient leur arrivée de la manière la plus
bruyante et la plus agressive. Louise se rap-
pela les paroles de Michel Samaroff une con-
frontation, l'interrogatoire d'une esclave re-
belle, son châtiment peut-être.
Le commandant Berthier apparut tout d'a-
bord sur le seuil de la salle d'attente. Il était
pâle et paraissait fort ému.
Louise, viens dit-il d'une voix altérée,
viens Tu ne dois pas rester ici une minute de
plus. ̃̃•̃
Louise voulut protester.
Cependant, mon père.
Je le veux Je t'en supplie, mon enfant.
Et vous aussi, Pierre, ajouta-t-il en s'adressant
au jeune homme, comme s'ils s'étaient vus la
veille, soyez raisonnable.
Soit. Au revoir, Pierre, dit Louise grave-
ment, avec la belle et noble franchise de l'a-
mour véritable je ne vous dis pas adieu, mais
au revoir, car je ne partirai pas sans vous avoir
revu.
Elle se dirigea vers son fiancé et lui tendit
la main. Pierre effleura d'un baiser timide cette
main adorée et fidèle il fit un grand geste de
désespoir et d'adieu. Oui, hélas il le compre-
nait enfin, c'était bien un adieu. Quand la re-
verrait-il à présent ?
Pierre et Louise Berthier se dirigèrent vers
la sortie, mais il était trop tard. Boris Sama-
roff, tout d'abord, puis ses valets et ses sbires,
envahissaient le relais de poste en traînant l'es-
clave rebelle.
Ah on m'insulte on me brave hurlait
le châtelain de Daschoff. Ah i il faut un exem-
ple à ces brutes Eh bien ils l'auront, et si
terrible que le souvenir en restera longtemps.
Avez-vous amené Raissa ?
«-. Oui* monsieur] le comte, répondit vive-
100,000 francs, un crédit de 1,100,000 francs a
été prévu par le ministère de la guerre pour
l'achat d'appareils primés.
NOS INFORMATIONS
Température
La dépression signalée hier sur la mer du Nord
s'est avancée vers les Pays-Bas et l'Allemagne. En
France; le temps va rester très frais quelques
averses sont encore probables dans l'est.
Hier, à Paris, belle, mais froide journée. Thermo-
mètre, 11°. Baromètre, en hausse 766 m/m.
FAITS DU JOUR
Distribution de prix. La distribution des prix
des lycées Jeanson-de-Sailly, Carnot, Saint-Louis
et de l'école Turgot, se fera aux dates suivantes
Le vendredi 6 octobre, au petit lycée Jeanson-de-
Sailly
Le samedi 7 octobre, au grand lycée Jeanson-de-
Sailly
Le samedi 14 octobre, au lycée Carnot
Le lundi 16 octobre, à l'école Turgot.
La distribution des prix du lycée Saint-Louis au-
ra lieu le 25 octobre, à deux heures et demie, à la
Sorbonne.
Les habitations bon marché. M. Caillaux,
président du conseil, a eu hier matin une longue
conférence avec M. Delanney, préfet de la Seine,
et avec ses chefs de service au sujet de la question
des habitations à bon marché, qui doit faire l'objet
d'un projet de' loi, et. dont les grandes lignes ont
été précédemment indiquées.
Cette conférence a également porté sur le pro-
jet de loi, lié au précédent, et qui sere déposé dès
la rentrée, visant la réforme de la loi sur les expro-
priations.
Une inauguration. Le maltre J.-J. Weerts,
l'auteur des fresques de la cour d'honneur de la
Sorbonne, du plafond de la Monnaie et de tant d'au-
tres importantes décorations vient de terminer le
marouflage, dans le grand hémicycle des facultés
de médecine et de pharmacie de Lyon, de sa der-
nière oeuvre Un coucours d'éloquence sous Cali-
gula, qui a figuré au dernier Salon de la Nationale
et qui sera inaugurée officiellement demain mardi
3 octobre.
NOUVELLES MILITAIRES
Ecole Polytechnique. Une broisième liste supplé-
mentaire des candidats admis à l'Ecole Polytecilmique
ù la suite du concours d'admission de 1911 est publiée
aujourd'hui en raison, de la démission de candidats pré-
cédennn«nt admis. Elle comprend les noms suivants
MM. Gratoos, Nègre," Rousselet.
NOUVELLES NAVALES
Le cuirassé « Mirabeau Des ordres ont été don-
nés au cuirassé Mirabeau d'embarquer deux mois de
vivres frais et de vérifieur immédiatement ses lignes de;
mire.Pour effectuer cette opération, il sera remorqué ̃
ainsi on lui évitera le risque de heurter un des nombreux
obstacles semés dans -la rade par l'explosion do la Li-
berté. Dès que les lignes de mire seront vérifiées, ce
̃drautaought sera aussitôt reconduit hors de la rade,
,d'où ïl appaareillera pour le golfe Jtwn .il se rangera
sous le pavillon .au vice-amiral Boue de Lapeyrère,
commandant en chef de la première escadre.'
Les avaries du Mousqueton ».. En raison du mau-
vais temps, le Mousqueton n'a pu effectuer la traversé
de Porqueroltes à Toulon. Les réparations de fortune
exécutées après son accident n'offrent pas suffisam-
ment de garanties. Le bâtiment a dû être remis d'ur-
gence sur le dock de 350 tonnes. Dès qu'une accalmie se
produira, le remorquage du dock sera exécuté.
FAITS DIVERS
UN MEURTRE
Le comte du Monceau de Bergevald, âgé de
trente-six ans, ancien officier blege, ancien soldat
de notre légion étrangère, a été frappé d'un coup
de couteau au cœur, rue de l'Amiral-Mouchez, dans
des circonstances mystérieuses. On ne sait s'il
s'agit d'une vengeance, d'une rixe ou d'une simple
agression.
Vers trois heures du matin, la nuit dernière, une
femme qui demeure au 18 de la rue de j'Amiral-
Mouchez aperçut par sa fenêtre un groupe de
quatre ou cinq individus qui discutaient violem-
ment. Les cris de « Au secours » et « A moi
étaient poussés, mais lorsque cette femme descen-
dit dans la rue pour se rendre compte de ce qui se
passait, elle ne trouva plus que le corps d'un hom-
me qui avait cessé de vivre. Elle reconnut le ca-
davre pour être celui d'un de ses voisins, connu
sous le nom de Dumonsard et qu'on disait revenu
depuis deux mois seulement de la légion étrangère:
L'enquête faite par NI. Guichard, commissaire de
police du quartier Montparnasse, sur ce drame, n'a
rien donné jusqu'ici sur le drame lui-même, mais
elle a permis de recueillir des renseignements sur
Henri Dumonsard, un type très curieux.
II vivait seul dans un hôtel meublé et n'avait
pas encore trouvé d'emploi fixe depuis son retour
de la légion étrangère. Il prit le nom dé Dumonsard
il y a une quinzaine d'années, après avoir quitté
l'armée belge, où il était officier, pour prendre du
service à la légion étrangère. En réalité, issu d'une
vieille famille belge, Dumonsard s'appelait le
comte du Monceau de Bergevald. Dans le quartier,
on le connaissait comme un fort brave homme, cou-
rageux et travaillant à tout ce qu'il pouvait, aussi
bien à faire des écritures qu'à servir les maçons
comme manoeuvre. Bien qu'il fréquentât les dé-
bits voisins de sa demeure, personne ne l'avait vu
en état d'ivresse.
On espère que l'enquête fera découvrir les cir-
constances dans lesquelles le malheureux a trouvé
la mort.
VIOLENT INCENDIE A MONTPARNASSE. DEUX BLESSÉS.
DÉGÂTS IMPORTANTS
De dix heures du soir il trois heures du mâtin,
la nuit dernière, un incendie qui n'a cessé de faire
rage, a détruit une fabrique de carrosserie d'auto-
mobiles, 9, rue Watteau, et atteint plusieurs im-
meubles voisins.
Le feu prit naissance dans la partie occupée par
les machines-outils et les moteurs et se communi-
qua aux ateliers d'ébénisterie, où les vernis et au-
tres matières inflammables devinrent un facile ali-
ment pour le feu, qui prit .en peu de temps une vio-
lence inquiétante.
Les pompiers vinrent des casernes de Port-
Royal, de Poissy, de la Nativité, de Jeanne-d'Arp,
de Sévigné,du Château-d'Eau, du Vieux-Colombier
et' de l'Etat-Major, mais lorsqu'ils attaquèrent le
feu, le sinistre s'étendait déjà au chantier de bois
voisin et les flammes menaçaient plusieurs immeu-
bles, notamment l'hôtel du Rhône, situé au n°
dont les locataires, pris de panique, s'enfuyaient.,
en hâte et à peine vêtus.
On ne put que s'occuper à protéger les maisons
voisines. Quinze lances furent mises en manœuvre,
et cependant ce n'est guère qu'à deux heures du
matin que l'on commença à pouvoir circonscrire le
foyer de l'incendie. Plusieurs immeubles de la rue
Watteau furent évacués et au no 13, trois person-
nes, dont l'une âgée et infirme, durent être sauvées
à l'aide des grandes échelles.
A trois heures on se croyait maître du feu et
qu'il ne «restait plus qu'à noyer les décombres,
mais deux heures plus tard, le feu reprenait avec
violence du côté du boulevard de l'Hôpital et il fal-
lut remettre deux pompes en manoeuvre. Ce n'est
qu'à six heures et demie du matin que l'incendie fut
définitivement éteint.
Au cours des opérations de sauvetage, un pom-
ment Wolff, l'intendant, d'autant plus obsé-
quieux que la colère du maître, aux jours de
tempête, pouvait toujours retomber à l'impro-
viste sur les serviteurs les plus fidèles et les plus
lâchement serviles.
Raissa, j'ai été patient. Je t'ai lâissé le
temps du repentir, dit Boris Samaroff. Daigna-
ras-tu me répondra ?
La captive le regardait avec une épouvante,
une angoisse indicible.
Que voulez-vous de moi ? murmura-t-eile
enfin. Je ne sais même pas pourquoi l'on me
torture ainsi 1 Est-ce pour avoir entouré de
soins et d'affection les derniers jours de votre
père ?
,La fureur du despote éclata de nouveau, véhé-
mente et terrible, soudain déchaînée par ces
paroles imprudentes.
Ah tu oses parler de mon père, gueuse,
qui as régné en maîtresse absolue dans cette
maison d'où il m'avait chassé, moi, son fils ?
Prends garde, Raissa, prends garde .N'éveille
pas en moi la colère des mauvais jours, tu t'en
repentirais
Ah mon Dieu s'écria la pauvre esclave,
comment me défendre contre une calomnie pa-
reille et que puis-je répondre ? Je ne peux pas
vous rendre ces trésors imaginaires que je n'ai
jamais vus, qui n'ont jamais existé peut-être
Brusquement, il l'interrompit
Tu mens, gueuse, tu mens Tout le monde
sait bien dans le payq que mon père cachait
chez lui une fortune en or et en bijoux. Le jour
même de sa mort, à l'heure de l'agonie peut-
être, tu lui auras volé la clé du coffre-fort où il
cachait ses richesses son dernier regard a pu
voir ta trahison et ton crime. Ah voleuse,
vile esclave qu'il avait ramassée dans la boue,
tu prévoyais sans doute que ton règne touchait
à sa fin, que le maître nouveau saurait reven-
diquer son bien, te punir, te démasquer tu
voulais mettre à l'abri cette petite fortune qui
t'assurait l'avenir. Mais j'ai tout deviné, inu-
tile de mentir plus longtemps. Allons, parle,
parle Un aveu sincère peut te sau-.
pier de la caserne de la rue de Poissy, .le sapeur
Cligny, a été victime d'un grave accident.
Il voulait porter secours à une vieille dame en
danger .et il tomba du toit de l'atelier dans le bra-
sier. Dans sa chute, le jeune pompier s'est fracturé
l'épaule et dut être transporté à l'hôpital militaire
Saint-Martin.
Au cours de cet incendie, un soldat du 21° colo-
nial, nommé Loiseau, qui se signala par son cau-
jet réussit à sauver quatre personnes, dont
deux enfants, fut également blessé au bras gauche,
mais sa blessure ne présente aucune gravité. Sa
courageuse conduite a été signalée au colonel du
210 colonial par M. Lépine, préfet de police, qui était
présent à ce violent incendie.
INCIDENT PATRIOTIQUE SUR LE BOULEVARD
Deux jeunes conscrits, « camelots du Roi n, ont
brisé, hier, ,sur le boulevard Poissonnière, deux
panneaux portant des caricatures ridiculisant l'ar-
mée française. Ces jeunes gens, MM. Marcel Tar-
tarin et Dividis de Saint-Cône, applaudis par les
témoins dejeur énergique protestation, furent néan-
moins appréhendés par deux agents en bourgeois
et conduits au commissariat du faubourg Mont-
martre. Ils ne furent relachés que plusieurs heures
plus tard, après que procès-verbal leur eut été
dressé, sur la plainte du commerçant, propriétaire
des caricatures lacérées.
LE SYNDICAT DES LOCATAIRES MANIFESTE
Une manifestation de.la Ligue des Locataires a
eu lieu hier matin, il neuf heures, rue de l'Eglise,
Les manifestants, portant tous le ruban rouge et
la « clochette de bois » a la boutonnière, venaient
déménager onze ménages habitant une maison de
rapport de la rue de l'Eglise, dont le propriétaire
avait, dit-on, augmenté chaque loyer, habituelle-
ment payé 200 francs, d'une somme de 80 francs.
Les locataires s'étaient refusés à payer et avaient
aÀ neuf6 heures, M. Cochon, secrétaire de la Ligue,
pénétra dans l'immeuble suivi des ligueurs et fit
commencer le déménagement. L'officier de paix du
15o arrondissement, suivi de nombreux agents, ar-
riva sur ces entrefaites, et repoussa les manifes-
tants, pendant que M. Cochon allait chercher un
huissier et que la foule s'amassait.
Les manifestant se réunirent ensuite dans un café
de la rue de Javel, la discussion fut très courte.
Les membres de la Ligue voulurent se reformer en
cortège et suivre deux voitures contenant des meu-
bles, mais ils furent dispersés rapidement.
Paul Cauchois
THÉÂTRE APOLLO
Réouverture
Le théâtre Apollo a terminé hier sa saison
d'été en donnant la dernière représentation de
cette inépuisable Veuve Joyeuse, dont 620 repré-
sentations n'ont pas diminué le succès.
C'est ce soir que commence la grande saison
d'hiver avec Les TransatLantiques, l'opérette
de MM. Abel Hermant et Franc-Nohain, musi-
que de Claude Terrasse, dont la presse, à 1 una-
nimité a constaté l'entrain endiablé, et qui ne
fut interrompue en juin dernier que par le
part en congé de ses créateurs. Le public pari-
sien va donc voir ou revoir avec joie MM. Henri
Defrevn, Paul Ardot, Henry Houry, Georges
Foix Mmes Alice O'Brien, Marquet et tous
les excellents interprètes qui ont apporté leur
large part au triomphé des TransatLantiques. Il
verra aussi, dans le rôle créé par Mme Cebron-
Norbens, Mlle Angèle Gril, une jeune et char-
mante artiste sur laquelle, avec raison, M.
Franck fonde de très grandes espérances.
La saison du théâtre Apollo sera essentielle-
On répète, en effet, sur l'élégante scène d© la
rue de Clichy, en même temps que Madame Fa-
vart l'un des chefs-d'œuvre d Offernbach, qui
alternera sur l'affiche avec Les Transatlanti-
ques, une nouvelle opérette de MM. Pierre Ve-
ber et Xanrof dont le titre n'est pas encore
arrêté.
Quant à la mise en scène de ce nouveau spec-
tacle, elle sera ce qu'elle est toujours à 1 Apollo,
d'une élégance raffinée et d'une absolue somp-
tuosité. Tout-Paris va donc de nouveau établis-
ses assises au théâtre Apollo. B. DEPIERRE.
Ce soir e"
Au théâtre Antoine, huit heures :et demie, ré-
pétition générale de
Le Vagabond, pièce en trois actes de M. R. Fel-
linger, traduite par M. J. Schrœder et'adaptée par
Perdreau, pièce en deux actes de M. Robert Dieu-
donné.
Aux Variétés Réouverture, à huit heures et
demie précises, soixante-dixième représentation de
La Vie Parisienne- avec la distribution suivante
Frick-Prosper (M. Brasseur), le baron de Gondre-
mark (M. Guy), Bobinet (M. Max Dearly), Gardefeu
(M. Prince), Urbain-Alfred (M. Moricey) Joseph
(M. Diamand), Gontran (M. Fabre), le Brésilien (M.
Bressol), le chef de gare (M. Avelot), Alphonse (M.
Darcourt), Gabrielle (Mlle Mealy), Metella (Mlle
Jeanne Saulier), la baronne (Mlle Diéterle) Pauline
(Mlle Mistinguett), Léonie (Mlle Marcelle Praince
Julie (Mlle Maud-Avril), Caroline (Mlle Debnves),
Charlotte (Mlle Lysa), Clara (Mlle Mareil), Augus-
tine (Mlle de Linsay), Lola (Mlle Hildegard) Ramsa
Mlle Myriale), Louise (Mlle Badin), Conchita
(Mlle Arley).
Au Théâtre-Apollo Réouverture de la saison
d'hiver, trentième représentation des Transatlan-
tigues, opérette en trois actes et quatre tableaux,
musique de M. Claude Terrasse, avec cette distri-
bution
Le marquis de Tiercé MM. Henry Defreyn
Jerry Shaw Henry Houry
Le comte Adhêmar MaWin
François G. x
Sauvageon Miller
Diam Mmes Alice O'Brien
La marquise de Tierce Louise Marquet
La princesse de Béryl Angèle Gril
Valentine \à°™ Mariant
Mrs Shaw Jo. Landon
Blanche Jeanne Capelli
Biody Evdyn-Rosel
Les autres rules par MM. Désiré, Sterny, Delaquer-
rièrç, Fracher, Harvand, Willy, Baron.
x
Voici quelles seront les autres premières et re-
prises de la semaine
Mardi soir, au théâtre Antoine Le Vagabond et
Perdreau.
Au théâtre des Arts Les Frères kamarazow.
Mercredi soir, à l'Ambigu La Petite Roque et
Messieurs les Bonds-de-Cuir (répétition générale
mardi soir).
A la Renaissance: Le Scandale.
Vendredi, à la Porte-Saint-Martin La Femme
nue (répétition générale jeudi soir).
Samedi, à la-Comédie-Française, dans l'après-
midi, répétition générale de Primerose.
ver encore 1 Où est l'argent que tu m'as volé ?
Elle répondit avec désespoir
Je ne sais pas, je ne sais rien 1 Je ne suis
pas coupable, monseigneur, je vous le jure 1
Boris s'était rapproché de l'esclave avec une
obstination de brute, il l'interrogeait encore
Pour la dernière fois, tu refuses de par-
ler ?
Mais je ne sais rien, je ne suis pas cou-
pable
Il la repoussa avec une telle violence qu'elle
tomba en poussant un faible cri puis, s'adres-
sant à ses valets, Boris Samaroff prononça la
sentence
C'est bien. Souvenez-vous de mes ordres,
le knout devant tous, sur la place publique,
jusqu'à ce qu'elle avoue.
Raissa prenait ses mains et les baisait avec
ardeur pour le fléchir des supplications épar-.
tlues s'échappaient de ses lèvres.
Grâce grâce 1 monseigneur je ne suis
pas coupable, je n'ai rien volé je ne sais même
pas de quoi l'on m'accuse j'ai peur, j'ai peur
de la torture. Ah 1 monseigneur, souvenez-vous
que votre père est mort dans mes bras serez-
vous impitoyable pour la femme qu'il a aimée,
qui ne l'a jamais trahi, je vous le jure Vous
ne pouvez pas me condamner à cette mort af-
freuse je n'ai fait de mal à personne, .et per-
sonne pour me défendre Ah f race de bour-
reaux et d'esclaves personne parmi vous
n'ose plaider ma cause 1.
Elle se trompait. Plus pâle que la victime
elle-même, tout frémissant d'indignation, Pierre
intervint alors, et s'adressant à son frère, à
son seigneur et maître
Monseigneur, dit-il, c'est la première fois
que je vous nomme ainsi, selon vos ordres,
monseigneur cette femme était-mon ennemie,
vous le savez c'est moi pourtant qui, le pre-
mier, intercède pour elle. Ne soyez pas impi-
toyable, ne prononcez pas un arrêt de mort
sans avoir des preuves certaines.
Boris le dévisagea un instant, avec un mé-
pris, un dédain inexprimables, puis, il éclata
En outre, le Vaudeville affiche pour samedi soir
la première de Sa Fille.
C'est ce soir que, pour les représentations de M.
Van Dyck et la rentrée de Mlle Louise Grandjean,
l'Opéra reprend Tristan et Isolde. M. Dangès fera
également sa rentrée dans le rôle de Kurwenal.
Cette belle affiche porte encore le nom de Mme Du-
bois-Lauger, de M'. Gresse, qui chantera le rôle de
M-arke de MM. Nansen, Gonguet et TriadoUi
Le spectacle de ce soir à la Comédie-Francaise
sera composé de La Veille d1t bonheur avec MM.
Léon Bernard, Mmes Géniat et Suzanne Devoyod,
et du Monde où l'on s'ennuie joué par MM. Truf-
fier, Louis Delaunay, Dessonnes, Joliet, Falcon-
nier, Croué, Garay, Lafon, Guilhène, Le Roy, Ger-
bàult et par Mmes Pierson, Kolb, Persoons, Maille,
Robinne, Provost, Jane Faber, Lherbay et Jeanne
Even..
Au théâtre lyrique de la Galté La reprise de
Don Quichotte, qui inaugurait la série de matinées
dominicales, a été pour l'oeuvre du maître Masse-
net l'occasion d'un nouveau triomphe.
.La belle partition a, comme toujours, été inter-
prétée à merveille, par Mlle Lucy Arbell, MM. Lu-
cien Fugère et Vanni Marcoux qui ont été salués
d'applaudissements unanimes.
Hier soir on donnait la première représentation
à ce théâtre de Paillasse, le'drame lyrique de M.
Leoncavallo, dans lequel Mme Guionie jouait avec
un sentiment dramatique d'une rare puissance et
chantait d'une voix fraîche le personnage de Nedda.
A côté d'elle le ténor Carasa sut se couvrir de
gloire dans le rôle de Canio auquel il prête le
concours de son merveilleux organe et de 'son jeu
pathétique l'excellent Boulogne a compasé et
chanté avec un art parfait le personnage de Tonio,
MM. Gilly et Maguenat ont également été acclamés
avec justice.
La soirée, qui avait débuté par le Chalet, excel-
lemment interprété par Mlle Maïna Doria, MM. Au-
doin et Gilly, se terminait par la reprise du Coeur
de Florin, le ravissant ballet de Mme Mariquita et
de M. André de Lorde, musique de M. Georges Me-
nier, où triomphèrent Mlles Relly et Charbonnel,
MM. ^Volbert et Quinault.
Aujourd'hui, à la Porte-Saint-Martin, dernière
représentation de Le Vieux dlarcheur. Demain et
mercredi, relâche. Jeudi, répétttîon générale, et
vendredi, première représentation, à ce théâtre, de
La Femme nue.
Au Palais-Royal M. Quinson fixe, dès aujour-
d'hui, au mardi 10 octobre, à deux heures, la répéti-
tion générale de Le Pelit Café, la pièce nouvelle
de Ni. Tristan Bernard, et la première représenta-
tion au soir même, à neuf heures.
Aimé des Femmes n'aura donc plus que neuf Te-
présentations, y compris la matinée du dimanche.
A part les spectateurs professionnels des répéti-
tions générales et des premières, on sait que de
nombreuses personnes profitent de billets de fa-
veur distribués en abondance à l'occasion de ces
petite « fêtes dramatiques ».
Pourquoi ces amateurs qui vont assister aux gé-
nérales et aux premières de ce mois de réouver-
ture ne penseraient-ils pas aux familles des victi-
mes de la Liberté ? M. Gémier croit répondre au dé-
sir de ces privilégiés en les prévenant que leurs
souscriptions seront acceptées au contrôle du théâ-
tre Antoine lorsqu'ils viendront ce soir et demain
mardi soir. à la répétition générale et à la première
représentation de Vagabond et die Perdreau. M.
Gémier, espérant que cet exemple pourrait être
suivi, déposera tes sommes recueillies entre les
mains de M. Albert Carré, président de l'Associa-
tion des directeurs des théâtres de Paris.
Rappelons que le Théâtre-Apollo met à la disposi-
tion du public d'excellents orchestres à 8 francs.
Les cinq premières représentations de Mik 1er a
la Scala ont produit 34,772 francs de recette. Ce suc-
cès énorme d'argent est la conséquence du succès
énorme de rire et de charme de cette opérette qui
a l'avantage de pouvoir être vue par tout le monde.
M. Jacques de Féraudy, tout à fait remis de l'in-
disposition qui'1'avait privé de quelques-uns de ses
moyens pendant les deux premières représenta-
tions, obtient un très gros succès par son jeu fin et
gai, à côté de l'exquise divette Edmée Favart, la
première de nos chanteuses d'opérette, et de la jo-
lie et spirituelle Lucy Jousset.
Mik lw est parti pour une longue série de repré-
sentations.
C'est aujourd'hui qu'a lieu la rentrée des classas
du Conservatoire.
C'est l'Gpéra-Comique tout entier qui se rendra
au Trocadéro pour la matinée des Trente Ans de
Théâtre et y chantera La Vie de bohème (Mlles
Lucy Vâuthrin et Tiphaine, MM. Mario Vigneau,
Belhomme, Azéma, Payan) reprenant leurs rôle
qui leur valent un si brillant succès.
La salle du Trocadéro a été aménagée spéciale-
ment pour que la charmante œuvre de M. Puccini.
avec- l'orchestre sous la direction de M. Picheran,les
chœurs et la figuration de l'Opéra-Comique, com-
porte les trois tableaux (La Première rencontre, les
Deux idylles, la Mort de Mimi). De même que La
Vi de bohème, Le Passant, interprété par Mlles
̃Géniat-et Madeleine Roch, sera joué avec la mise en
scène de la Comédie-Française. La première repré-
sentation des Danses tyroliennes par Mlles Chas-
les et Meunier, de l'Opéra, avec l'orchestre de l'0-
péra-Comique, et la causerie de M. Sacha Guitry se-
ront données entre Le Passant et La Vie de bohème
ainsi que les « Chansons nouvelles » par M. Frag-
son, auxquelles il ajoutera celles de Darcier, qui lui
valurent ses premiers succès.
Rappelons que ce soir lundi, a lieu, à sept heures
trois quarts, le premier dîner de la saison des
.(( Mille Regrets n. >•
De Bruxelles Hier dimanche M. Saint-Saëns a
assisté au théâtre de la Monnaie à la première ma-
tinée de la saison. On donnait en son honneur
Sa7ïison et Dalila. Mme Degeorgis a fait une com-
position à la fois délicieuse et terrifiante du rôle de
Dalila. Le nouveau fort ténor Darmel a superbe-
ment incarné Samson. M. Bouliez tenait le rôle du
grand-prêtre de Dagon, M. Bilot celui d'Abime-
lech, et M. Grommen celui du vieillard hébreux.
Artistes, choeurs, ballet, orchestre .dirigé par M.
Lohse furent parfaits. Le maître rentrera lundi à
Paris pour s'entretenir avec M. Paul Stuart de la
mise en scène de Déjanire.
De Berlin Au Kleines Theater, Papa, de MM. de
Flers et de Caillavet, très bien mis en scène par le
directeur M. Barnowsky, vient de remporter un
succès très grand la première représentation.
L'interprétation a été parfaite. M. Schœnfeld, qui a
personnifié avec beaucoup de bonhomie Papa, et
Mlle Brandt, très gentille dans le rôle de Georgine,
ont été rappelés à plusieurs reprisas.
De Vienne A la Neue Wiener Bühne a eu lieu
hier la première représentation de La Meilleure
des Femmes, de MM. Maurice Hennequin et Paul
Bilhaud. La comédie, dont la traduction est de M.
Rodolphe Presber, a été fort bien accueillie.
Les journaux annoncent que M. Gregor, direc-
teur de l'Opéra de la Cour, a offert à M. Pietro Mas-
cagni les fonctions de chef d'orchestres L'auteur de
Cavalleria commencerait par diriger les oeuvres
italiennes qui se trouvent au répertoire de l'Opéra
de la Cour.
Le successeur de M. Hans Richter au théâtre
de rire, d'un rire sauvage et agressif, plus ter-
rible que ses invectives.
A merveille 1 voilà le défenseur que voua
avez trouvé, ma belle Raissa Il est digne de
vous 1. Oui, le fils de l'esclave, le bâtard est
digne de prendre fait et cause pour la voleuse
et la criminelle Allons, emmenez-la.
Les sbires de Boris Samaroff se levèrent aus-
sitôt on entraîna l'esclave rebelle. Raissa,
d'ailleurs, n'opposait plus de résistance, mais
en passant devant Pierre, elle lui jeta un re-
gard de reconnaissance éperdue et dit d'une
voix faible, à peine perceptible, mais que tous
entendirent nettement et ces simples mots re-
tentirent comme un défi, un aveu ou un adieu
suprême
Pierre; merci.
VI
Boris Samaroff s'apprêtait déjà à suivre les
tortionnaires, à savourer le spectacle du châti-
ment infligé à l'esclave, quand une petite main
tremblante l'arrêta au passage. Il se retourna,
stupéfait par tant d'audace. C'était la- petite
Xénia, la fille de Raissa. L'enfant sanglotait,
elle trouvait, pour défendre sa mère, des paroles
désordonnées et nombreuses, elle, qui, la veille
encore, n'aurait pas osé adresser la parole au
maître redoutable.
Monseigneur, faites grâce 1 monseigneur,
ayez pitié de nous Dites à vos esclaves de ne
plus tourmenter maman. Avez-vous entendu le
premier cri qu'elle a poussé quand le supplice
a commencé, quand le bourreau l'a frappée?
Tout de suite le sang a coulé, elle va mourir,
elle va mourir, monseigneur Grâce 1 pitié
•– C'est la fil.le de Raissa, n'est-ce pas ? de-
manda brusquement Boris, la petite drôlesse
qui a voulu se jouer de moi, elle aussi, qui avait
imaginé déjà tout un plan d'évasion. Ah bon
sang né peut mentir Tu ne sais donc pas que
les enfants sont punis, eux aussi, lorsqu ils
sont des rebelles, et que tu as mérité le même
châtiment
de Covent-Garden, à Londres, sera M, Joseph
Schalk, kàpelhheister ù l'Opéra de la Cour. M.
Schalk, qui est un élève d'Antoine Bruckher, sa
rendra à Londres dans les premiers jours et y di-
rigera les représentations de L'Anneau du Nibelung.
ainsi 'que la, première représentation de Kœnigs-
kinder, le nouvel opéra de M. Humperdinck.
De Stockholm M. Auguste Strindberg, le célèbre
romancier et auteur dramatique suédois, vient de
céder tous ses droits d'auteur a une maison d'édi-
tions pour la somme de 200,000 couronnes, dont
50,000 lui ont été versées immédiatement après la
signature du contrat.
Ainsi le poète, qui est né à Stockholm en 1849, et
qui a eu toute sa vie à lutter avec des difficultés
matérielles, au point que récemment une souscrip-
tion publique a été ouverte en sa faveur, pourra au
moins vivre ses vieux jours à l'abri de soucis pé-
cuniaires.
SPECTACLES DIVERS
Aux nombreuses attractions nouvelles qui sont
venues corser hier le séduisant programme des Fo-
lies-Bergère, viendra s'ajouter ce soir la délicieuse
divette de Lilo qui tera sa rentrée au premier mu-
sic-hall de Paris, après un long séjour à l'étran-
ger où elle fut fêtée à l'égal d'une petite reine.
Ce soir lundi ,et demain mardi, à l'Olympia, re-
lâché. Mercredi, répétition générale sur invita-
tions, de la revue de MM. Rip et J. Bousquet. Jeudi,
5 octobre, première représentation. La location est
ouverte.
Les QuaVz' Arts. Direction Montoya.
Du Sentiment, de la Satire,
De quoi rêver et de quoi rire,
La Lyre enfin, toute la Lyre 1.
Spectateurs choisis avec soïn
Qui venez de près ou de loin,
Peu m'importe, il n'est qu'un seul oeil]
'̃ Dons Montmartre, cerveau du monde,
Où l'esprit, j'en conviens, abonde,
Qui d'un tel menu vous répondre.
Où donc, que j'y coure ? Où «la ?
Aux Qllat'z' Arts, où l'on trouve Hyspa,
t'ernp, Brienne et Montoya.
Au Musée Grévin, ces derniers jours de congé
ont amené une affluence extraordinaire tous les
écoliers veulent avant la rentrée revoir ces curieu-
ses attractions, le Palais des Mirages avec ses dan-
ses féeriques au cinématographe l'Incendie des
docks d'Anvers, le Concours Lepine, le Grand Prix
de l'Aéro-Club, le Concours de chiens.
PETIT COURRIER
M. Fernand Depas reprend, à partir d'aujourd'hui,
dans son élégant petit théâtre, 7, rue Chaptal, ses cours
et leçons de diction et de mise en scène (comédie, tra-
gédie, opéra, opéra-comique et opérette),. Préparation
aux examens du Conservatoire.
A peine rentrée à Paris, après un repos bien ga-
gné, Mme Kutschenra reprendra ses cours de chant dans
ses nouveaux salons de la rue Miromesnil, 21.
La nouvelle installation réunit tous les avantages pour
l'audiition des élèves. Une scène spécialement aménagée
permettra aux élèves de se faire entendre en public, Il
est indispensable de retenir dès maintenant les heures'
de leçons, Mme Kutscherra ayant déjà de nombreuses de-'
mandes d'élevés.
Cours spécial pour l'étude du répertoire, français, alle,
mand et italien.
Nicolet
Un Monsieur
très satisfait
M. F. Gros, sculpteur, demeurant à Lyon)
(Rhône), 39, rue Vieille-Monnaie, est très satisfait.
Les Pilules Pink lui ont rendu un état de santé flo-
rissant, état de santé qu'il pensait ne plus jamais'
avoir.
a Ma santé n'était pas bonne, loin de là, écrivait-
iL Etant donné que je m'étais soigné, sans résultats
du reste, pendant longtemps, je n'avais plus qu'un
espoir, c'est que mon état n'empirât pas. Vous ju-
gerez donc de ma satisfaction en apprenant que
vos Pilules Pink m'ont guéri et m'ont rendu une
santé parfaite. Autrefois j'étais faible, ma respira-
tion était courte, haletante même, lorsque je mar-
chais un peu vite. J'avais des tiraillements d'esto-
mas, de mauvaises digestions, des étourdisse-
ments fréquents. Maintenant je me sens tout au-
tre, il me semble que je commence une nouvelle
existence toute de bien-être.
Ls Pilules Pink sont le médicament le plus puis-
sant que vous puissiez vous procurer avec de l'ar-
gent. Elles purifient et enrichissent le sang, toni-
fient le système nerveux. Presque tous nos maux
proviennent de ce que notre sang, pour diverses
causes, ne conserve pas sa pureté et sa force. Lors-
que Le sans est appauvri, les organes sont affaiblis
et tout se détraque. Les Pilules Pink ont le pouvoir
d'arranger, de réparer tout cela.
Les Pilules Pink sont en vente dans toutes les
pharmacies et au dépôt Pharmacie Gablin, 23,
rue Ballu, Paris 3 fr. 50 la boîte, 17 fr. 50 les sis
boites, franco.
RHUMATISME ET GOUTTE
Le rhumatisme et la goutte, deux formes de l'ar-
thritisme et ne différant que par le siège et l'inten-
sité de leurs effets, reconnaissent une cause pre-
mière unique l'incrustation des organes par l'a-
cide urique. Quand il se dépose dans les muscles,
il y a gonflement et douleur, et c'est le rhumatisme
proprement dit. Quand il se fixe dans les orteils,
cela s'appelle la goutte mais la goutte peut très
bien, d'ailleurs, s'attaquer à l'estomac, à l'intestin
et même au cerveau.
Goutteux et rhumatisants, pour éviter les ali-
ments incrustants, suivez le régime du délicieux
Phospho-Cacao, le seul aliment complet qui ne laisse
pas d'acide urique dans l'organisme. Pour vous con-
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LE PARFUM DE u DAME EN NOIR
La fillette répondit en le bravant
Puisque c'est moi qui vous ai offensé, fai-
tes-moi battre à sa place, votre offense sera
vengée seulement, faites grâce à maman 1
dites-leur de cesser le supplice elle va mourir 1
j'en suis sûre maman maman
Les cris de la suppliciée retentissaient dans
le grand silence de la nuit, plus aigus, plus
distincts leur accent, semblait-il, n'avait plus
rien d'humain, c'était le râle d'agonie d'une
bête qu'on égorge, la plainte d'un animal qu'on
torture.
Xénia s'était précipitée maintenant vers la
porte entr'ouverte, mais Louise Berthier, qui
avait assisté silencieusement à toute cette scène
tragique, ne put maîtriser alors un élan ins-
tinctif de révolte et de pitié. Elle parvint à ar-
rêter l'enfant au passage, avant que la petite
eût franchi le seuil. Doucement, d'un geste
maternel, elle l'attira sur son cœur, en disant
Non, non, ne regarde pas, ma pauvre en-
fant 1
Mais Xénia avait entrevu, en un éclair ra-
pide, l'atroce vision de supplice ses forces la
trahirent, elle s'évanouit en balbutiant
Ah mère petite mère Du sang, du sang
partout
Boris Samaroff dévisageait maintenant avec
une curiosité intense l'étrangère, la voyageuse
qui osait intervenir à son tour.
Quelle est cette femme ? Que me veut-elle ?
Michel s'empressa de la renseigner.
C'est la fille du commandant Berthier,
notre voisin.
Notre voisin ?
Mais oui, tu sais bien, dit Michel Sama-
̃roff, la petite Française dont on a tant parlé 1.
Son père fut autrefois le précepteur des prin-
ces Bielski. Ils lui ont fait cadeau d'une espèce
de métairie, un petit domaine, une donation'en.
règle, ma foi, et le vieux vient prendre sa re-
traite.
Stanislas RzEwusxt.
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