Titre : L'Indépendant des Basses-Pyrénées : paraissant les lundi, mercredi et vendredi ["puis" paraissant tous les jours excepté le dimanche "puis" journal républicain quotidien "puis" le mieux informé des journaux de la région]
Éditeur : [s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1901-01-16
Contributeur : Garet, Émile (1829-1912). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34416250c
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 16 janvier 1901 16 janvier 1901
Description : 1901/01/16 (A34,N78). 1901/01/16 (A34,N78).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : Bibliothèque Pireneas (Pau) Collection numérique : Bibliothèque Pireneas (Pau)
Description : Collection numérique : BIPFPIG64 Collection numérique : BIPFPIG64
Description : Collection numérique : Bibliothèque Pireneas (Pau) Collection numérique : Bibliothèque Pireneas (Pau)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5267006s
Source : Bibliothèque patrimoniale de Pau, Ee 3218
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/04/2020
Trento-çuatrièato frimé 6 — N» 78.
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Mercredi 16 Janvier 1601.
' a - ""
L’INDEPENDANT
m g -1
DES BASSES-PYRÉNÉES
rs J*.
Paraissant tous les jours excepté le Dimanche. '
ABONNEMENTSt
S MOU f MOU I AH
Pau, département et limitrophe*... 6 fr. » 10 (r. 20 fr.
Autre* département* 8 50 19 24 -
Maire* et Instituteurs de» Basses-Pyrénées... 8 - 16 -
Pour l’Étranger : prix du Département et port en tus.
SÏSACTIOÏT J» ADMINISTRATION i 11, ru» dam CordeUer», I> _A.tr.
Rédacteur en Chef : Octave AUBERT.
LA DIRECTION POLITIQUE APPARTIENT AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ DK L’ « INDÉPENDANT »
roui ce qui concerne le» Abonnementa et Ici Annoncée, doit Ure adreeeé i Pau,
à M. Oeorgue HAURST, Admintetratrur■ Comptable. — A Parle, ana dicerte» Agençât pour lot Annonçai.
Leu Manueorlte non Insères ne sont pu rendue.
ANNONCES :
Annonce* judiciaire* 20 c. la lige».
Annonce* ordinaire»..,... 25 -*f
Réclame* 4Q —
Chronique locale ou Faita divera 60 —
Le* Annonce* de durée te traitent à forfait.
BOURSE DE PARIS
tb Janvier 1991
3 e/6 Perpétuel 101.95
st/o Amortissable îoo.ss
Jl/2 0/0 1894 103.55
COURS D'OUVERTURE
COMMUNIQUÉ PAR La CRÉDIT LYONNAIS
ii Janvier 1901.
Crédit Lyonnais 1.115 09
Italie* 5 •/* 94 05
Eiterteur Espagnol 4 a/0 7t GO
Turc série 1) 23 45
Banque Ottomane 537 00
Portugais t 0 0 73 55
Canal de Sue: 8.595 00
Soenovtee 3.71» 00
aïo-Ttnto 1.450 00
Saragnste (aatloma) 2t>8 00
Nord Eepagae (atilona) 182 00
EXTRAIT DE LA COTE OFFICIELLE
14 Janvier 1901.
Banque de Fraie* 3.900 00
Crédit Foncier 05* 00
Société Générale SU 00
Mltl 1.292 59
Oriéan* 1.710 00
Nord 2.285 00
Oeest 1.074 00
P.-L.-M 1 780 00
Est 1.004 50
Compagnie 4* Qas 1.120 00
3 Ut 0 0 Russe 1014 9».25
8 8 0 Anglais eoaaolldé 07. OtU
( 0 9 Autrtahten, Or 100.00
I 0/0 Argentin 402.30
BaiciLtsi, 13 Janvier. — ( Lange aur Parla, 34 à 30 0/0
change aur Lendrsa, 33 80
Lueossa, 14 Janvier. — Change aur Parla, 738.00; change
aur Londres, 41.25.
Itnvoi-ATaïf, 14 Janvier. — Prima ar, 131.00.
tio-ai-Ji*aiao, 14 Janvier. — Change aur Londres
10 1/4. — Ckaago aur Parti, 00.00.
Tauraaiiat),/( Janvier. — Change ear Londres, 17 a/4.
TÉLÉGRAMMES
Servise spécial de i INDÉPENDANT
TÉLÉSRÀPHIQUE ET TÉLÉPHONIQUE
DÉPÊCHES DE LA NUIT
Pari*, J4 janvier, 9 A. toit.
Légion d’Honneur.
Une oiroultire du général André modifie ainsi
qu’il suit l’Instruotion du 7 avril 1831 sur les pro-
positions d’edmistlon et d'avancement dans l’or-
dre de la Légion d’honneur.
Lee propositions s'étendront non-seulement aux
olfloiert en aotlaité de servioe, mais enoore à
ceux en non-aotivlté pour Infirmités temporaires
ou par suppression d’emploi.
Per contre, les ofHohrt qui sont en réforme ou
en non-aotivlté par retrait d'emploi ne pourront
être proposée pour les déoorations.
Armée.
MM. le colonel Martin de Méreuil, du 15’ d’artil-
lerie, set nommé dlreoteur adjoint à Versailles.
Le colon*! Majorons, dlreoteur de l'artillerie de
Puteaux, est nommé au oommandemant du 75'
régiment.
Lleutenant-oolonsl Boisconet, chef du 3* bureau
de l’état-major de l’armée, «si nommé direotour
adjoint A Reims,
Le oh et d’esoadron Hartmann, dlreoteur adjoint
de l’atelier de Puteaux, est nomme dlreoteur de
oet établissement.
Arrestation d’on Prlnoe nihiliste
On télégraphie de Nloe, 14 janvier, à un Journal
du soir :
* Le prlnoe russe Victor Nakaohine, nihiliste,
oondsmné à mort en Russle, en 1885, pour atten-
tat oontre le oser, condamné ensuite, é Paris, à
trois ans de prison pour détention d’engins
explosifs, et expulsé de France, vient d’étre ar-
rêté k Nloe.
u Nakaohine se tenait caché dans les vieux
quartiers aveo sa famille et son beau-pire, égale-
ment $ous le coup d’un arrêté d’axpulsion.
« La polio* les a tous mis en état d’arreatation
après une vive résistance de leur part. »
La Relae Victoria en France
Londres, 74 Janvier.
Le « Daily News » annonce qu* le voyage de la
reine aur le Continent aura lieu dans la troiaième
semaine de février. La reine s'embarquera à
Portsmouth pour Cherbourg. Elle sera accompa-
gnée de la prinoesse Béatrice et peut-être de la
prlnoesse Victoria de Sohleswig-Holstein.
Affaires du Transvaal
LORD ROBERT* SE RÉCUSE
Londres, ii janvier.
Lord Roberts a prié le lord-maire de Londres
et les autres maires de vouloir bien ajourner le»
cérémonies de présentation du droit de bourgeoi-
sie.
Il estime, dit-ll, qu’en prison oe des malheureux
événement» du Sud de l’Afrique, Il faut s'abstenir
de fêtes pendant quelque temps.
LA DÉFENSE DE CAPE TOWN
Le Cap, 14 janvier.
Une confèrent)* a eu lieu oe matin entre le
général Brabant et le maire du Cap, A la-
quelle assistaient les maires des looalltês envi-
ronnantes.
Le général a demandé aux maires de lui prêter
leur oonoours pour obtenir des hommes déjà en-
rôlés dans la garde oivique de se faire inscrire
pour une durée de trois mois dans les corps ,
monté*, pour faire du service soit dans toute la
péninsule, soit dans un rayon de oent milles de
la ville iu Cap.
Le général a ajouté qu'il n’est pas probable que
les Boers se rapprochent davantage du Cap, mai*
qu'il était nécessaire de prendre toutes les me-
sures possibles.
ATTAQUE D’UN SONVOI
Dundee, 12 janvier.
Les Boors ont attaqué k Blood-River (Zulu-
land), un convoi qvi se dirigeait sur Vryhea i ;
mais ils ont dû te retirer en raison de l'impor-
tanoe de l’esoorte.
UN C03IBAT A ZUURFONTEIN
Johannesburg, H janvier.
On a entendu une vive fusillade ce matin de
bonne heure, dans la direction de Zuurfonteln.
Les Anglais envoyèrent immédiatement des ren-
forts de Johannesburg et de Elands-Fontein.
Les détails manquent ; on dit toutefois que les
Boer» auraient attaqué la station de Zuurfonteln
et auraient été repoussés.
LE RAVITAILLEMENT DK RUSTENDERO
Iiustemberg, 11 janvier,
Un important oonvol anglais vient d'arriver,
faisant cesser (’anxiê 6 de la garnison, qui avait
où se contenter, depuis un mois, de rations ré-
duites.
AUX ENVIRONS DE TULBACH
Tulbach, 74 janvier.
Le bruit court qu’on a vu quelque» éolaireura
boera le 77 janvier près de Wlnter-Hoeok, k six
mille de Tulbach. Lee troupes anglaises sont arri-
vées loi hier matin, réquisitionnant chevaux et
mules.
COHHUNICATI#MS COUPÉES
Zeerust, 8 janvier Jvik le Cap), 13 janvier.
Les communications télégraphiques et postaleI
aveo Zeerust sont suspendues depuis le 7" jan-
vier ; la ville est entièrement isolée.
NOUVELLES SI BEWET |
Le Cap, 13 janvier.
On dit que Dewet se trouve dans le voisinage de 1
Sénékal. Des renforta aont arrivés. 1
Après les affaires de Zuurfonteln et Kaalfon-
teln. on a poursuivi les Boers dans la dlreotion de
l'Est.
DÉPÊCHES DU MATIN
Paria, 15 janvier, 8 h. S0 m.
Notre Ministre en Chine.
Le u Gaulois n assure que M. Pi-
chon, malade, va rentrer en France.
M Beau, directeur du cabinet de
M. Deicassé, le remplacerait.
Le petit Fort Chabrol
On télégraphie de Troyes que Co-
quart est toujours assiégé.
Mort de deux centenaires,
Largentière, li janvier.
On annonce la mort de deux indi-
gents : les nommes Faraud, âgé de
cent deux ans, et Claire Testud, âgée
de oent un ans, décédés dans la com-
mune de Mayres. Ces deux cente-
naires ne vivaient que d’aumônes.
Affaires de Chine
LES TROBPES EUSSES
Tien-Tsin, li janvier.
Les troupes russes évacuent la
province de Tcbi-Li et se dirigent
sur Kin-Tchaou en Mandchourie
d’où elles iront, dit-on, à Moukden.
Il ne reste qu’un millier d’hommes
destines à constituer la garde de la
légation à Pékin et les gardes de
Tien -Tsin et de Chan-Kaï Kouan.
— Cinq millions d’habitants de
Chen-Si soutirent de la lamine.
Les 28 jours des Instituteurs.
Paria, 15 janvier, malin.
Le président du comité de défense
de l’enseignement ialque et républi-
cain vient d’adresser au président
de la commission de l’armée de la
Chambre la lettre suivante :
u Monsieur le président,
u Le Sénat ayant adopte, dans sa
séance du 30 novembre 1900, le
texte de la Chambre, légèrement
modiûè, relatif aux 28 jours des
instituteurs, ce projet doit être de
nouveau soumis au vote de la
Chambre.
n L’autorité militaire, ignorant
ou méconnaissant la volonté formelle
du législateur, a déjà convoqué un
certain nombre d’instituteurs des
classes 1889-90 pour accomplir leur
deuxième période de réserve le
4 mars p oohain.
n J’ai l'honneur, monsieur le pré-
sident, au nom des 12,000 institu-
teurs groupés derrière le comité de
défense, de vous demauder de vou-
loir bien examiner à bref délai ledit
projet. Les instituteurs estiment que
le texte du Sénat leur donne satis-
faction, pourvu qu'il soit bien en
tendu, par déclaration officielle, que
l'expression u peuvent n être dis-
pensés, etc., signifie : u doivent n
an fait être toujours dispensés, etc.
ils lui seraient très reconnaissants
de vouloir bien bâter le vote défi-
nitif de la loi.
n Veuillez agréer, etc. n
L’Exposition coloniale.
Hier soir a eu iieu, au Pavillon de
la Presse, à l’Exposition, sous la
présidence de M. Decrais, ministre,
la distribution des recompenses aux
collaborateurs de l’Exposition colo-
niale.
M. Henrique, député, président
d’bonneur du Syndicat de la presse
coloniale, souhaite la bienvenue au
ministre.
Dans une courte allocution M. De-
orais a remercié le Syndicat de la
presse coloniale du concours éclairé
et dévoué qu’elle apportait i son mi-
nistère. Il a ensuite remis les distinc-
tions suivantes:
Officier d’instruction publique,
M. Dewamia.
Des palmes et décorations colonia-
les et un grand nombre de diplômes
d’honneur ont été décernés â diffé-
rents collaborateurs de l’Exposition.
Un brillant concert a eu lieu ensui-
te dans la salle des tètes du Pavillon.
Le général de Bolsdeffre
Quelquea journaux annonçant qu’il
serait question de 1 replacer en
activité le général de Boisdeffre.
Nous pouvons confirmer que la
question s’agite. En effet, on se de-
mande même en haut lieu s’il ne
conviendrait pas de confier à M. de
Boisdeüre la commandement des
troupes de l’Algerie en remplace-
ment du général Griset, qui, dans
cette oomoinaison, serait pourvu
d’un autre poste.
— Au ministère de la guerre on
dément la nouvelle publiée par un
journal du matin de la nomination
du général de Boisdeffre au comman-
dement en chef d’un important corps
d’armée.
Le ministre du Pérou
Le Président de la République a
reçu hier après-midi, A quatre heu-
res, avec le cérémonial accoutumé,
M. Candamo, envoyé extraordinaire
et ministre plénipotentiaire du Pé-
rou, qui lui a remis ses lettres de
créance.
DÉPÊCHES DU SOIR
4 h. 50.
CONSEIL DES MINISTRES
Les ministres ae sont réunis ce ma-
tin à l’Elysée sous la présidence de
M. Loubet.
La saance a été très courte et ex-
clusivement consacrée A l’examen
des questions soulevées par la dis-
cussion de la loi sur les associations.
Information démentie
M. Deicassé, ministre des affaires
étrangères, dément qu'il soit ques
tion du remplacement de M. Piohon,
ministre de France à Pékin.
M. Piohon n’a pas manifesté l’in-
tention de rentrer actuellement en
France.
M. Deicassé espère que M. Piohon
pourra poursuivre jusqu’au bout les
négociations en Chine.
C’est seulement après la conclu-
sion de la paix que sera résolue la
nomination de notre nouveau repré-
sentant A Pékin.
5 h. 20
Tirage Flnanoier.
Obligations Villa Ma Parla 1869
Le numéro 113102 gagne 200.000
francs.
Les quatre numéros suivants,
109074,463731, 718601 et 17672
gagnent chacun 10.000 fi*.
Courrier de Chine
Marseille. — Le paquebot u Er-
nest Simon u, courrier de Chine et de
Djibouti est arrivé dans la matinée
avec 139 passagers dont le général
Frey qui partira dans la soirée pour
Paris.
Suicide de Coquard
T noyas. — La commissaire de po-
lice aveo des soldats a pénétré oe
matin dans la maison de Coquard qui
a été trouvé pendu.
Coquard s’était en outre tiré un
coup de fusil sous le menton.
Morts de froid
Une dépéobe d'Odessa an u Ma-
tin M dit qu’un épouvantable drame
causé par les rigueurs de l’hiver
s’est produit au nord d’Odessa ou
une centaine de voyageurs ont été
bloqués par la neige minai que le
train qui les portait.
120 voyageurs qui avaient espéré
en abandonnant le train bloqué de
gagner à pied un endroit habité, aont
morts de froid, après une lutte déses-
pérée oontre les éléments déohainés.
On craint qu’il n’y ait enoore d’au-
tres viotimes.
5 h. 45
CHAMBRE DES DEPUTES
Présidence de M. Desohanel
La discussion de la loi sur les Asso-
ciations a attiré une grande affluence
dans l’enceinte du Palais Bourbon.
Les tribunes sont combles et pres-
que tous les députés sont à leur
banc.
Après une rectification au procès-
verbal.la majorité oontre la priorité
en faveur de l’ordre du jour Ribot,
dans la séance d’hier, se trouve ré-
duite A 7 voix.
La Chambre aborde la discussion
du projet de loi sur les Associations.
M.Ranault-Morlièra, ouvre le dé
bat.
La séance oontinue.
VOIR DERNIÈRE HEURE 3“ PIGE
17 FIUILLITON DB L’INDÉPENDANT
PIERRE DECOURCELLE
LES DEÜTGOSSES
— Cet enfaDt-lè, vois tu, il faut 1* soigner
eomma no* petits boyaux ; c’est notre fortune I
— Comment ça t
—'Je te oonterai l’histoire en route.
— Sa routa I
— Oai... noua levons le siège.
—'Il fait doue malaain t
— Pas pour le moment, mais c* pourrait se
sitar plu* tard. Le plus prudent est de filer
demain matin.
— Demain, mais c’est aujourd'hui i Voilà le
joar.
Et Zéphyrine, ouvrant an de* volets, montra
l’borison déjà éolalrd par les premières lueur*
«lors, répondit La Limace après avoir
jeté un coup d’seil par l’étroite fenêtre, atte-
lons et détalons.
— Puis, il commanda :
— Claudinot I Allons, hop ! debout I Tu
donneras l’avoine i Troppman et tu attelleras.
— Atteler?... Pourquoi faire?. . Est ce
que noua partons t fit une voix d’enfant.
— Si on te le demande, tu diras que tu n’en
s»is rien...
Un nouvel aocès de toux répondit seul i
eette observation, mai* en même temps on en-
tendait la bruit léger que fait une personne en
s’habillant
— Si nous allions, en attendant, tuer le ver f
insinua Zéphyrine,
— Ça n’est pas de refus, après une nuit
blanche, répondit galamment La Limace.
— Tu sais, ajouta t-il en s’adressant k l'en-
fant qu’il avait appelé Claudinet, et qui, tous-
sant encore, était sorti de derrière une espèce
de paravent, tu sais, si tu ne veux pas étren-
ner, tâche de te dépêcher, de ne pas souffler
mot, et surtout de ne pas réveiller le moutard
qui est là.
La douce Zéphyrine accentua les paroles de
son mari en brandissant son énorme main d’un
air fort pan rassurant.
— Oui, mon oncle, répondit l’enfant avec cet
accent humble et timide d’une pauvre créature
souvent battue.
Le couple disparut à quelques pas de là,
dans la boutique d’un marchand de vin, ou-
verte déjà, malgré l'heure matinale.
Une heure après, l’antre-sort quittait le
Point-du-Jour, où il avait, pendant quelque
temps, abrité aa fortune, et repartait vers de
nouveaux rivages.
Le temps était superbe.
Une admirable matinée de printemps. Le
jour commentait è peine, et la voiture gagna
bientèt le Baa-Meuaon, en suivant les borda
de la Seine tout embaumés du parfum dea
fleurs, tout égayés dea verdures des villas,
tout rafraîchis des brises fraîches de l’eau.
Au bout d’une heure à peine, Troppmann,
bien repu d’avoine, reposé depuis quelque
temps, et, lui peut-être aussi grisé par les
effluves printanieis, avait vivement marché,
— i'entre-sort arrivait è Versailles, par cette
magnifique route qui travorse Virofiay, les
massifs de Ciairefontaioe, paye dont nul Pari-
sien ne peut entendre les noms sans se rappe-
ler, parfois avec un soupir, de doucea et belles
heures de folle jeunesse.
Cependant ce petit voyage n’inspirait abso
lument rien de poétique, ni à La Limace ni à
aa chère Zéphyrine.
Quelque courue qu’eût été leur station chez
le marchand de vin, ils en étaient sortis l’an
et l’autre dans un état de joyeuse ébriété, qui
d'ordinaire leur donnait l’idée de mener, la
chose à bonne fin, c'est-à-dire de boire jus-
qu’à ce qu’ila eussent gagné tous les deux un
sommeil réparateur.
Mais, ce jour là, leurs idées étaient autre
part.
Zéphyrine grillait da savoir le coup de la
nuit, et la raison de l’arrivée soudaine de ce
moutard qui devait être leur fortune.
La Limace, se méfiant du hasard, sentait
son esprit plein d'inquiétude, et se demandait
si ces confidences * sa moitié devaient aller
jusqu'à l’aveu complet de la somme touchée
d’evance, en enlevant l’enfant.
Il allait et venait sur la plate-forme placée
à l'avant de la voiture, d’où Claudinet, tous-
sant toujours, dirigeait le cheval ; ou bien il
descendait sur la route ensoleillée, poussant
aux roues, aux maniées, fumant aa pipe, inter-
rogeant au loin l'horizon, ou jouant avec son
chien, un énorme ronledogue qu’il était foroé
de rattacher sous la voiture choque fois qu'on
traversât un village, ou de rappeler près de
lui dès que passait un voyageur, tant sa féro-
cité était redoutable.
La Limace ne voulut pas qoe l’antre-sort
entrât dans Versailles.
On prit un chemin de traverse peur aller
rejoindre la grande route, et là seulement 11
consentit i oe qu'on fit belle, pour laisser re-
poser le oheval et déjeuner avec les provisions
que Zéphyrine était allée chercher dans la
ville.
Il était à peine onze heures du matin.
On ('arrêta au bord dé la route, à l'entrée
d’un petit bouquet de boie, è l’ombre ; et, sur
le gazon, gaiement, comme de bons bourgeois
le dimanone, on étendit les provisions et on
s’installa, tandis que Troppmann, détalé,
broutait avec un plaisir non dissimulé les
herbes naissante*, et que le chien gambadait
joyeusement autour de lui, on gravement
•sais sur son derrière, auprès de «et maîtres,
sttendsii quelque relief ou un oe de leur géné-
reuse affection.
(Amiani.
[texte manquant]
[texte manquant]
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Mercredi 16 Janvier 1601.
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L’INDEPENDANT
m g -1
DES BASSES-PYRÉNÉES
rs J*.
Paraissant tous les jours excepté le Dimanche. '
ABONNEMENTSt
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Pau, département et limitrophe*... 6 fr. » 10 (r. 20 fr.
Autre* département* 8 50 19 24 -
Maire* et Instituteurs de» Basses-Pyrénées... 8 - 16 -
Pour l’Étranger : prix du Département et port en tus.
SÏSACTIOÏT J» ADMINISTRATION i 11, ru» dam CordeUer», I> _A.tr.
Rédacteur en Chef : Octave AUBERT.
LA DIRECTION POLITIQUE APPARTIENT AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ DK L’ « INDÉPENDANT »
roui ce qui concerne le» Abonnementa et Ici Annoncée, doit Ure adreeeé i Pau,
à M. Oeorgue HAURST, Admintetratrur■ Comptable. — A Parle, ana dicerte» Agençât pour lot Annonçai.
Leu Manueorlte non Insères ne sont pu rendue.
ANNONCES :
Annonce* judiciaire* 20 c. la lige».
Annonce* ordinaire»..,... 25 -*f
Réclame* 4Q —
Chronique locale ou Faita divera 60 —
Le* Annonce* de durée te traitent à forfait.
BOURSE DE PARIS
tb Janvier 1991
3 e/6 Perpétuel 101.95
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COURS D'OUVERTURE
COMMUNIQUÉ PAR La CRÉDIT LYONNAIS
ii Janvier 1901.
Crédit Lyonnais 1.115 09
Italie* 5 •/* 94 05
Eiterteur Espagnol 4 a/0 7t GO
Turc série 1) 23 45
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Portugais t 0 0 73 55
Canal de Sue: 8.595 00
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EXTRAIT DE LA COTE OFFICIELLE
14 Janvier 1901.
Banque de Fraie* 3.900 00
Crédit Foncier 05* 00
Société Générale SU 00
Mltl 1.292 59
Oriéan* 1.710 00
Nord 2.285 00
Oeest 1.074 00
P.-L.-M 1 780 00
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Compagnie 4* Qas 1.120 00
3 Ut 0 0 Russe 1014 9».25
8 8 0 Anglais eoaaolldé 07. OtU
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I 0/0 Argentin 402.30
BaiciLtsi, 13 Janvier. — ( Lange aur Parla, 34 à 30 0/0
change aur Lendrsa, 33 80
Lueossa, 14 Janvier. — Change aur Parla, 738.00; change
aur Londres, 41.25.
Itnvoi-ATaïf, 14 Janvier. — Prima ar, 131.00.
tio-ai-Ji*aiao, 14 Janvier. — Change aur Londres
10 1/4. — Ckaago aur Parti, 00.00.
Tauraaiiat),/( Janvier. — Change ear Londres, 17 a/4.
TÉLÉGRAMMES
Servise spécial de i INDÉPENDANT
TÉLÉSRÀPHIQUE ET TÉLÉPHONIQUE
DÉPÊCHES DE LA NUIT
Pari*, J4 janvier, 9 A. toit.
Légion d’Honneur.
Une oiroultire du général André modifie ainsi
qu’il suit l’Instruotion du 7 avril 1831 sur les pro-
positions d’edmistlon et d'avancement dans l’or-
dre de la Légion d’honneur.
Lee propositions s'étendront non-seulement aux
olfloiert en aotlaité de servioe, mais enoore à
ceux en non-aotivlté pour Infirmités temporaires
ou par suppression d’emploi.
Per contre, les ofHohrt qui sont en réforme ou
en non-aotivlté par retrait d'emploi ne pourront
être proposée pour les déoorations.
Armée.
MM. le colonel Martin de Méreuil, du 15’ d’artil-
lerie, set nommé dlreoteur adjoint à Versailles.
Le colon*! Majorons, dlreoteur de l'artillerie de
Puteaux, est nommé au oommandemant du 75'
régiment.
Lleutenant-oolonsl Boisconet, chef du 3* bureau
de l’état-major de l’armée, «si nommé direotour
adjoint A Reims,
Le oh et d’esoadron Hartmann, dlreoteur adjoint
de l’atelier de Puteaux, est nomme dlreoteur de
oet établissement.
Arrestation d’on Prlnoe nihiliste
On télégraphie de Nloe, 14 janvier, à un Journal
du soir :
* Le prlnoe russe Victor Nakaohine, nihiliste,
oondsmné à mort en Russle, en 1885, pour atten-
tat oontre le oser, condamné ensuite, é Paris, à
trois ans de prison pour détention d’engins
explosifs, et expulsé de France, vient d’étre ar-
rêté k Nloe.
u Nakaohine se tenait caché dans les vieux
quartiers aveo sa famille et son beau-pire, égale-
ment $ous le coup d’un arrêté d’axpulsion.
« La polio* les a tous mis en état d’arreatation
après une vive résistance de leur part. »
La Relae Victoria en France
Londres, 74 Janvier.
Le « Daily News » annonce qu* le voyage de la
reine aur le Continent aura lieu dans la troiaième
semaine de février. La reine s'embarquera à
Portsmouth pour Cherbourg. Elle sera accompa-
gnée de la prinoesse Béatrice et peut-être de la
prlnoesse Victoria de Sohleswig-Holstein.
Affaires du Transvaal
LORD ROBERT* SE RÉCUSE
Londres, ii janvier.
Lord Roberts a prié le lord-maire de Londres
et les autres maires de vouloir bien ajourner le»
cérémonies de présentation du droit de bourgeoi-
sie.
Il estime, dit-ll, qu’en prison oe des malheureux
événement» du Sud de l’Afrique, Il faut s'abstenir
de fêtes pendant quelque temps.
LA DÉFENSE DE CAPE TOWN
Le Cap, 14 janvier.
Une confèrent)* a eu lieu oe matin entre le
général Brabant et le maire du Cap, A la-
quelle assistaient les maires des looalltês envi-
ronnantes.
Le général a demandé aux maires de lui prêter
leur oonoours pour obtenir des hommes déjà en-
rôlés dans la garde oivique de se faire inscrire
pour une durée de trois mois dans les corps ,
monté*, pour faire du service soit dans toute la
péninsule, soit dans un rayon de oent milles de
la ville iu Cap.
Le général a ajouté qu'il n’est pas probable que
les Boers se rapprochent davantage du Cap, mai*
qu'il était nécessaire de prendre toutes les me-
sures possibles.
ATTAQUE D’UN SONVOI
Dundee, 12 janvier.
Les Boors ont attaqué k Blood-River (Zulu-
land), un convoi qvi se dirigeait sur Vryhea i ;
mais ils ont dû te retirer en raison de l'impor-
tanoe de l’esoorte.
UN C03IBAT A ZUURFONTEIN
Johannesburg, H janvier.
On a entendu une vive fusillade ce matin de
bonne heure, dans la direction de Zuurfonteln.
Les Anglais envoyèrent immédiatement des ren-
forts de Johannesburg et de Elands-Fontein.
Les détails manquent ; on dit toutefois que les
Boer» auraient attaqué la station de Zuurfonteln
et auraient été repoussés.
LE RAVITAILLEMENT DK RUSTENDERO
Iiustemberg, 11 janvier,
Un important oonvol anglais vient d'arriver,
faisant cesser (’anxiê 6 de la garnison, qui avait
où se contenter, depuis un mois, de rations ré-
duites.
AUX ENVIRONS DE TULBACH
Tulbach, 74 janvier.
Le bruit court qu’on a vu quelque» éolaireura
boera le 77 janvier près de Wlnter-Hoeok, k six
mille de Tulbach. Lee troupes anglaises sont arri-
vées loi hier matin, réquisitionnant chevaux et
mules.
COHHUNICATI#MS COUPÉES
Zeerust, 8 janvier Jvik le Cap), 13 janvier.
Les communications télégraphiques et postaleI
aveo Zeerust sont suspendues depuis le 7" jan-
vier ; la ville est entièrement isolée.
NOUVELLES SI BEWET |
Le Cap, 13 janvier.
On dit que Dewet se trouve dans le voisinage de 1
Sénékal. Des renforta aont arrivés. 1
Après les affaires de Zuurfonteln et Kaalfon-
teln. on a poursuivi les Boers dans la dlreotion de
l'Est.
DÉPÊCHES DU MATIN
Paria, 15 janvier, 8 h. S0 m.
Notre Ministre en Chine.
Le u Gaulois n assure que M. Pi-
chon, malade, va rentrer en France.
M Beau, directeur du cabinet de
M. Deicassé, le remplacerait.
Le petit Fort Chabrol
On télégraphie de Troyes que Co-
quart est toujours assiégé.
Mort de deux centenaires,
Largentière, li janvier.
On annonce la mort de deux indi-
gents : les nommes Faraud, âgé de
cent deux ans, et Claire Testud, âgée
de oent un ans, décédés dans la com-
mune de Mayres. Ces deux cente-
naires ne vivaient que d’aumônes.
Affaires de Chine
LES TROBPES EUSSES
Tien-Tsin, li janvier.
Les troupes russes évacuent la
province de Tcbi-Li et se dirigent
sur Kin-Tchaou en Mandchourie
d’où elles iront, dit-on, à Moukden.
Il ne reste qu’un millier d’hommes
destines à constituer la garde de la
légation à Pékin et les gardes de
Tien -Tsin et de Chan-Kaï Kouan.
— Cinq millions d’habitants de
Chen-Si soutirent de la lamine.
Les 28 jours des Instituteurs.
Paria, 15 janvier, malin.
Le président du comité de défense
de l’enseignement ialque et républi-
cain vient d’adresser au président
de la commission de l’armée de la
Chambre la lettre suivante :
u Monsieur le président,
u Le Sénat ayant adopte, dans sa
séance du 30 novembre 1900, le
texte de la Chambre, légèrement
modiûè, relatif aux 28 jours des
instituteurs, ce projet doit être de
nouveau soumis au vote de la
Chambre.
n L’autorité militaire, ignorant
ou méconnaissant la volonté formelle
du législateur, a déjà convoqué un
certain nombre d’instituteurs des
classes 1889-90 pour accomplir leur
deuxième période de réserve le
4 mars p oohain.
n J’ai l'honneur, monsieur le pré-
sident, au nom des 12,000 institu-
teurs groupés derrière le comité de
défense, de vous demauder de vou-
loir bien examiner à bref délai ledit
projet. Les instituteurs estiment que
le texte du Sénat leur donne satis-
faction, pourvu qu'il soit bien en
tendu, par déclaration officielle, que
l'expression u peuvent n être dis-
pensés, etc., signifie : u doivent n
an fait être toujours dispensés, etc.
ils lui seraient très reconnaissants
de vouloir bien bâter le vote défi-
nitif de la loi.
n Veuillez agréer, etc. n
L’Exposition coloniale.
Hier soir a eu iieu, au Pavillon de
la Presse, à l’Exposition, sous la
présidence de M. Decrais, ministre,
la distribution des recompenses aux
collaborateurs de l’Exposition colo-
niale.
M. Henrique, député, président
d’bonneur du Syndicat de la presse
coloniale, souhaite la bienvenue au
ministre.
Dans une courte allocution M. De-
orais a remercié le Syndicat de la
presse coloniale du concours éclairé
et dévoué qu’elle apportait i son mi-
nistère. Il a ensuite remis les distinc-
tions suivantes:
Officier d’instruction publique,
M. Dewamia.
Des palmes et décorations colonia-
les et un grand nombre de diplômes
d’honneur ont été décernés â diffé-
rents collaborateurs de l’Exposition.
Un brillant concert a eu lieu ensui-
te dans la salle des tètes du Pavillon.
Le général de Bolsdeffre
Quelquea journaux annonçant qu’il
serait question de 1 replacer en
activité le général de Boisdeffre.
Nous pouvons confirmer que la
question s’agite. En effet, on se de-
mande même en haut lieu s’il ne
conviendrait pas de confier à M. de
Boisdeüre la commandement des
troupes de l’Algerie en remplace-
ment du général Griset, qui, dans
cette oomoinaison, serait pourvu
d’un autre poste.
— Au ministère de la guerre on
dément la nouvelle publiée par un
journal du matin de la nomination
du général de Boisdeffre au comman-
dement en chef d’un important corps
d’armée.
Le ministre du Pérou
Le Président de la République a
reçu hier après-midi, A quatre heu-
res, avec le cérémonial accoutumé,
M. Candamo, envoyé extraordinaire
et ministre plénipotentiaire du Pé-
rou, qui lui a remis ses lettres de
créance.
DÉPÊCHES DU SOIR
4 h. 50.
CONSEIL DES MINISTRES
Les ministres ae sont réunis ce ma-
tin à l’Elysée sous la présidence de
M. Loubet.
La saance a été très courte et ex-
clusivement consacrée A l’examen
des questions soulevées par la dis-
cussion de la loi sur les associations.
Information démentie
M. Deicassé, ministre des affaires
étrangères, dément qu'il soit ques
tion du remplacement de M. Piohon,
ministre de France à Pékin.
M. Piohon n’a pas manifesté l’in-
tention de rentrer actuellement en
France.
M. Deicassé espère que M. Piohon
pourra poursuivre jusqu’au bout les
négociations en Chine.
C’est seulement après la conclu-
sion de la paix que sera résolue la
nomination de notre nouveau repré-
sentant A Pékin.
5 h. 20
Tirage Flnanoier.
Obligations Villa Ma Parla 1869
Le numéro 113102 gagne 200.000
francs.
Les quatre numéros suivants,
109074,463731, 718601 et 17672
gagnent chacun 10.000 fi*.
Courrier de Chine
Marseille. — Le paquebot u Er-
nest Simon u, courrier de Chine et de
Djibouti est arrivé dans la matinée
avec 139 passagers dont le général
Frey qui partira dans la soirée pour
Paris.
Suicide de Coquard
T noyas. — La commissaire de po-
lice aveo des soldats a pénétré oe
matin dans la maison de Coquard qui
a été trouvé pendu.
Coquard s’était en outre tiré un
coup de fusil sous le menton.
Morts de froid
Une dépéobe d'Odessa an u Ma-
tin M dit qu’un épouvantable drame
causé par les rigueurs de l’hiver
s’est produit au nord d’Odessa ou
une centaine de voyageurs ont été
bloqués par la neige minai que le
train qui les portait.
120 voyageurs qui avaient espéré
en abandonnant le train bloqué de
gagner à pied un endroit habité, aont
morts de froid, après une lutte déses-
pérée oontre les éléments déohainés.
On craint qu’il n’y ait enoore d’au-
tres viotimes.
5 h. 45
CHAMBRE DES DEPUTES
Présidence de M. Desohanel
La discussion de la loi sur les Asso-
ciations a attiré une grande affluence
dans l’enceinte du Palais Bourbon.
Les tribunes sont combles et pres-
que tous les députés sont à leur
banc.
Après une rectification au procès-
verbal.la majorité oontre la priorité
en faveur de l’ordre du jour Ribot,
dans la séance d’hier, se trouve ré-
duite A 7 voix.
La Chambre aborde la discussion
du projet de loi sur les Associations.
M.Ranault-Morlièra, ouvre le dé
bat.
La séance oontinue.
VOIR DERNIÈRE HEURE 3“ PIGE
17 FIUILLITON DB L’INDÉPENDANT
PIERRE DECOURCELLE
LES DEÜTGOSSES
— Cet enfaDt-lè, vois tu, il faut 1* soigner
eomma no* petits boyaux ; c’est notre fortune I
— Comment ça t
—'Je te oonterai l’histoire en route.
— Sa routa I
— Oai... noua levons le siège.
—'Il fait doue malaain t
— Pas pour le moment, mais c* pourrait se
sitar plu* tard. Le plus prudent est de filer
demain matin.
— Demain, mais c’est aujourd'hui i Voilà le
joar.
Et Zéphyrine, ouvrant an de* volets, montra
l’borison déjà éolalrd par les premières lueur*
«lors, répondit La Limace après avoir
jeté un coup d’seil par l’étroite fenêtre, atte-
lons et détalons.
— Puis, il commanda :
— Claudinot I Allons, hop ! debout I Tu
donneras l’avoine i Troppman et tu attelleras.
— Atteler?... Pourquoi faire?. . Est ce
que noua partons t fit une voix d’enfant.
— Si on te le demande, tu diras que tu n’en
s»is rien...
Un nouvel aocès de toux répondit seul i
eette observation, mai* en même temps on en-
tendait la bruit léger que fait une personne en
s’habillant
— Si nous allions, en attendant, tuer le ver f
insinua Zéphyrine,
— Ça n’est pas de refus, après une nuit
blanche, répondit galamment La Limace.
— Tu sais, ajouta t-il en s’adressant k l'en-
fant qu’il avait appelé Claudinet, et qui, tous-
sant encore, était sorti de derrière une espèce
de paravent, tu sais, si tu ne veux pas étren-
ner, tâche de te dépêcher, de ne pas souffler
mot, et surtout de ne pas réveiller le moutard
qui est là.
La douce Zéphyrine accentua les paroles de
son mari en brandissant son énorme main d’un
air fort pan rassurant.
— Oui, mon oncle, répondit l’enfant avec cet
accent humble et timide d’une pauvre créature
souvent battue.
Le couple disparut à quelques pas de là,
dans la boutique d’un marchand de vin, ou-
verte déjà, malgré l'heure matinale.
Une heure après, l’antre-sort quittait le
Point-du-Jour, où il avait, pendant quelque
temps, abrité aa fortune, et repartait vers de
nouveaux rivages.
Le temps était superbe.
Une admirable matinée de printemps. Le
jour commentait è peine, et la voiture gagna
bientèt le Baa-Meuaon, en suivant les borda
de la Seine tout embaumés du parfum dea
fleurs, tout égayés dea verdures des villas,
tout rafraîchis des brises fraîches de l’eau.
Au bout d’une heure à peine, Troppmann,
bien repu d’avoine, reposé depuis quelque
temps, et, lui peut-être aussi grisé par les
effluves printanieis, avait vivement marché,
— i'entre-sort arrivait è Versailles, par cette
magnifique route qui travorse Virofiay, les
massifs de Ciairefontaioe, paye dont nul Pari-
sien ne peut entendre les noms sans se rappe-
ler, parfois avec un soupir, de doucea et belles
heures de folle jeunesse.
Cependant ce petit voyage n’inspirait abso
lument rien de poétique, ni à La Limace ni à
aa chère Zéphyrine.
Quelque courue qu’eût été leur station chez
le marchand de vin, ils en étaient sortis l’an
et l’autre dans un état de joyeuse ébriété, qui
d'ordinaire leur donnait l’idée de mener, la
chose à bonne fin, c'est-à-dire de boire jus-
qu’à ce qu’ila eussent gagné tous les deux un
sommeil réparateur.
Mais, ce jour là, leurs idées étaient autre
part.
Zéphyrine grillait da savoir le coup de la
nuit, et la raison de l’arrivée soudaine de ce
moutard qui devait être leur fortune.
La Limace, se méfiant du hasard, sentait
son esprit plein d'inquiétude, et se demandait
si ces confidences * sa moitié devaient aller
jusqu'à l’aveu complet de la somme touchée
d’evance, en enlevant l’enfant.
Il allait et venait sur la plate-forme placée
à l'avant de la voiture, d’où Claudinet, tous-
sant toujours, dirigeait le cheval ; ou bien il
descendait sur la route ensoleillée, poussant
aux roues, aux maniées, fumant aa pipe, inter-
rogeant au loin l'horizon, ou jouant avec son
chien, un énorme ronledogue qu’il était foroé
de rattacher sous la voiture choque fois qu'on
traversât un village, ou de rappeler près de
lui dès que passait un voyageur, tant sa féro-
cité était redoutable.
La Limace ne voulut pas qoe l’antre-sort
entrât dans Versailles.
On prit un chemin de traverse peur aller
rejoindre la grande route, et là seulement 11
consentit i oe qu'on fit belle, pour laisser re-
poser le oheval et déjeuner avec les provisions
que Zéphyrine était allée chercher dans la
ville.
Il était à peine onze heures du matin.
On ('arrêta au bord dé la route, à l'entrée
d’un petit bouquet de boie, è l’ombre ; et, sur
le gazon, gaiement, comme de bons bourgeois
le dimanone, on étendit les provisions et on
s’installa, tandis que Troppmann, détalé,
broutait avec un plaisir non dissimulé les
herbes naissante*, et que le chien gambadait
joyeusement autour de lui, on gravement
•sais sur son derrière, auprès de «et maîtres,
sttendsii quelque relief ou un oe de leur géné-
reuse affection.
(Amiani.
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