Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1882-12-15
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 décembre 1882 15 décembre 1882
Description : 1882/12/15 (Numéro 152). 1882/12/15 (Numéro 152).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5244618
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/02/2008
Seizième Aimée Troisième Série Numéro 352
AJRTTB~~ ]M~E~~E~
Dt~ec~eMr
Du GAULOIS et PARÏS-JOURNAL
RÉDACTION
Ot~ BomtevmrddcsStaHene, C f
DK DEUX HEURES A MINUtT j– f,
'ABONNEMENTS
Pans. Départements
Un mois. 5 fr. Un mois. 6fr. -1
Trois mois. ISSOTrois'moia. 16 fr.
Six moi~ 27 fr. ~xmois; St~fr.
Unaa. 5'Hr. Unan. Mfr.–
Etranger
Trois mois (Umon postale). 1)8 .fr.
PAMS 2' centmT<ëS. DÉPARTEMENTS ET
Vendredi 15 Décembre 18!3
:E3:. ID:E FEITE
~oie~eMfeiT.CAe~'
Du GAULOIS et PARIS-JOURNAL
` ADMINISTRATION:
W, Bon!ovar DE DIX HEURES A CISQ HEURES
ABONNEMENTS, PET)TES ANNONCES
RENSEIGNEMENTS
9, boulevard des~Italiens, 9
ANNONCES*
M:M:. <~II. T.,At;rRY?(!['CEn!;LAnun~K,'U
Bt & ~'Ac/m[;it'trf<<:u;t ~tt JoMf'ft~
T~" ~a~es CARTES D~ TY
mrtttït! M rnnTnBïBM v
MtAim M uMtflU~
'J'admire lés couturiers. Eux, du
moins, ont la toi foi en eux-mêmes, foi
dans leur art, foi~dans ~eùr œuvre. Où
s'est réfugié le génie ? Chez les coutu-
riers. Où retrouve-t-on l'enthousiasme?
Chez les couturiers. Ils sont les derniers
paladins de notre âge positif et mercan-
tile. N'ont-ils pas failli mettre l'épée à la
main pour jouer au premier sang l'hon-
neur d'Habiller Fédora?
C'est le couturier qui relève le dernier
quart du dix-neuvième siècle, lequel,
sans lui, était dans la boue. Que d'autres
se préoccupent de J'argent; lui ne
songe qu'à l'honneur. Comme il n'y a
plus de reine, en France. qu'au théâtre,
jes souveraines et les princesses de la
rampe sont les seules altesses ou majes-
tés avec lesquelles l'artiste infaillible en
élégances puisse traiter de royauté à
royauté. Au siècle dernier, la grande
modiste Bertin, qui ût une faillite de six
millions pour n'avoir pas assez raisonné
ses enthousiasmes*~ graMë~ faiseuse,
ne disait-elle pas, en sortant du cabinet
de Marie-Antoinette, avec qui elle avait
causé chinons < Je viens de travailler
avec la Reme. A présent que les dis-
tances sont rapprochées parles chemins
de fer, et que le goût voyage comme les
humains, ne venons-nous pas de voir
une grande maison de Vienne entrer
dans un duel international avec les coutu-
riers français ? Lutte palpitante, au der-
nier mot de laquelle toute l'Europe a
prêté l'oreille.
Personnages de cette comédie héroï-
que qui s'est greNée sur le drame de
S&rdou f
Wbrth, de Paris.
Fétix, M~M.
Mme Morin, de Vienne.
Hein) est on devenu assez sérieux de-
puis que l'on a le bonheur d'être en ré-
publique ?
Ilfa.ùtavouer.que les mœurs se sont
bien transformées depuis la chute de
< l'exécrable Empire jamais l'imagi-
nation de la volupté n'avait à ce point
surexcité les métiers qui concourent à
fournir, l'arsenal de la femme. SoMs au-
cun des régimes antérieurs que notre
dix-neuvième siècle a successivement
dévoré: on n'a eu tant de ministres
dont le pubilc ignore les noms, et tant
domodistesou de couturiers qui sem-
blent tenir les destinées du monde dans J
leurs ateliers. C'est qu'ils sont, eux~ les 1
ministres de la femme ou, du moins, du
délicieux mannequin qui porte aujour-
d'hui ce nom. La politique est de plus en
plus mal portée; la littérature, n'est
qu'un prétexte à produire une'toilette
de deux cents louis dans une loge qui
en a coûté vingt-cinq; les pièces de
théâtre sont des cadres où les grands
couturiers déploient leurs inventions.
Qae Dumas, Augier, Sardou et un ou
deux. autres dont on fait encore sem-
blant, par un reste de pudeur, d'écouter
et de discuter les œuvres, se retirent de
la carrière, on ne saura-même plus de
qui sont les drames ou les comédies que il
l'on ira voir. Quel est l'auteur des toi-
lettes? Voilà la question.
De nos jours, Dumas et Gaillarde! ne
se disputeraient plus. devant la galerie
attentive, la paternité delà ~oMy.dc
~vsur la robe de* gala de Marguerite de
Bourgogne.
Une grande artiste de la Comédie-
Française me racontait un jour que,
dans une tournée à l'étranger, comme
elle venait de jouer leM~a~opë,, avec
ses camarades, devant un parterre 'de
princes, l'un d'eux lui dit, après la'.re-
présentation, entre autres politesses' de
foyer
Vous avez de belles dents et .des
bras admirables mais pourquoi jouez-
vous des pièces auxquelles on ne com-
prend rien?
Cet~e barbarie-là est en train d'enva-
hir la France. Autrefois,, nous expar-;
tions le goût, comme cette poupée lé-
gendàire qu'on appelait la poupée de la
rue Sàint-Honoré. réduction de la der-
nière mode, miniature de la coquetterie
en cours, image de la dernière révolu-
tion dans l'empire dés fanfreluches. De
la. rue Saint Honoré, elle prenait son
vol, cette ngarine ajustée conformé-
ment aux derniers décrets, et elle allait
à la conquête de l'Italie, de l'Espagne,
de la. Russie, de l'Allemagne, voire du
sérail du Grand Turc. Les armées de
Napoléon 1~ n'ont pas &it plus de che-
min et soumis plus de territoires à leurs
aigles. Même l'Angleterre, malgré le
bras de mer dont eite est si jalouse et
qui est comme la ceinture de*chastetô
de son île, capitulait devant la poupée
de la rue Saint Honoré.
A présent, certes, nos couturiers n'ont
pas abdiqué, puisque le présent article
est un Te .DeM?K en leur honneur mais
l'étranger commence à importer chez
nous des objets qui relevaient jadis
de notre compétence exclusive. C'cc~sM~s! Qu'une couturière devienne
ait entrepris d'habiller l'actrîce pa-
risienne par excellence dans une créa-
tion mémorable, c'est le commencement
de la revanche de la maison d'Autriche
et de la paix'de ViHafranca. Heureuse-
ment pour la France, le Président-Soleil
est là qui habite l'Elysée, avec sa (~e,
et un coup d'œil de lu; enfante des cou
tuners, comme
UN coupd'fsil de Louis enfantait des CornelHes.
Que deviendrions-~ous, si même le
sceptre de fëlêg&nce venait à choir de
nos mains C'est pourquoi j'estime que
Mme Sarah Bernhàrdt, à la veille de F'e-
~c'ya, placée entre ses trois habilleurs
rivaux, éfaitdans une position aussi dé-
licate que Pâris sur le mont Ida, sa
pomme à la main, eatreles trois déesses.
Quelle pomme de discorde que les cos-
tumes o.e Fedora ) Et si Vienne eût triom-
phé, voilà notre pauvre France qui per-
dait un département de plus le dépar-
tement de la toilette.
Heureusement, nos couturiers tien-
nent bon, aussi nos couturières, et nos
modistes, et nos lingers, etnos lingëres.
Nous avons encore descordonniers subli-
mes. de ceux qui se vantent de < chaus-
ser l'œil chausser le pied, ce n'est
rien, c'est l'a & c du métier. Ceci est un
mot d'un grand faiseur du siècle dernier
en réponse au marquis de Toulongeon,
qui se plaignait de la cherté de ses fac-
tures < Est-ce que l'on ne paye à Jo-
seph Vernet que sa toile et ses cou-
leurs ? Et, eux aussi, ils sont peintres,
ils sont artistes, its ne sont commer-,
çants qu'à la dernière extrémité. Grat-
tez le couturier, vous trouverez le sol-
dat de la patriefrivole. Allons, enfants de
la patrie t le jour de gloire est arrivé.
pour les soldats du costume féminin.
,m~ ~t~~
Voùs~âve?qS'on îunche à l'heure psy-
chologique du quatre à cinq, chez la
bonne lingëre qui est l'élue et l'enfant
gâtée de la mode, celle chez laquelle il
faut, si l'on se respecte, se fournir de ses
dessous. Là, le sexe masculin est banni
comme du temple antique où l'on célé-
brait les mystères de la bonne déesse.
Même les maris et les frères sont consi-
gnés à la porte. En fait de mâles, il n'y
a que le diable qui entre et c'est bien lui
qui souffle aux ouvriers contemporains
dont la mode a fait ses enfants gâtés
les inventions ou les renaissances, les
séductions savantes, éloquence du
chiSon brochant sur l'éloquence de la
chair, qui constituent les lisières avec
lesquelles les femmes conduisent les
hommes. Pauvres hommes eux, ils sont
en pleine décadence de l'esprit et du
corps, et je ne vois guère que les cou-
turiers qui remportent encore des vic-
toires.
Entre le monde de ses fournisseurs, la
femme va, vient, s'agite; c'est elle qui
nous mène et c'est eux qui la mènent.
EMë n'a plus guère le loisir de faire de
visites qu'à eux. Les recherches inûuies
dont la toilette d'une femme dans le
mouvement offre l'assemblage ,compli-
qué ne laissent plus de temps ni pour
lesRnessesde la conversation, ni pour
la parure de l'esprit. Le couturier a
remplacé les confesseurs du dix-septième
siècle, qui parvenaient toujours à avoir
le dernier mot; les philosophes du dix-
huitième et les soldats, les orateurs,
les poètes du commencement du dix-
neuvième siècle. Celui-ci nnit entre
les bras du couturier. POPIN4t.
POPtNOt
Nos Echos
` AUJOURO'HU!
A 6 heure*, dîner M Grand-Hôtel, tdmtMion
jusqu'à 6 heures at demie.
Pendant la. durée du d!ner, l'orehetttre de
M. Desgrangeo jouert, dans l* nouvelle 'allé d*
mutique.
ttEKn
Potage Centi
Hora-d'œuvre
TruiteSaumonÉesa.uoe genevoise
.Groquettes Dauphine
Pièce de bœuf à la Chateaubriand
Timbale de homard à l'américaine
Poularde au cresson'. `
Salade
Choùx-Heura au gratin'' ` `
Poires à la. duchesse
Glace au .cacao .{,<. J.
''DeWM~t.
~Letaloc de< damM'est ouvert aux ~oy~Mt.M.
Ptano, ttb,l9s de jeux.– Dtn%r~)~car~6 au re'-
taurant.– Le jour et le soir, séano~t et leçons de
billard, par M. Gibelin. Café Diva~e
L.eprogM.mme du dïnar-ooncert.–(Voirai*
4' p&Ke.)
!)~
Muftêa GrBe onze heure* du matm A onze heure* du ooir.
iOpéca,, 8 h. FaMS:.
Français, S h. P/MJit&er<. L Aoe/t
Opéra-Comique, 7 h. 1/4. La JVt(~ t~e SaMt-
~eo~ Le yor~tdor.–JoaepA.
LA POL!T!OUE N,
1~. discussion du budget extraordi-
naire sera terminée demain à la Cham-
bre des députés. On ne pourra pas dire
de C9 débat qu'il ait été lumineux. Avec
l'assassinat de la rue Richelieu, c'est
l'affaire la plus ténébreuse et la plus
malpropre de ces derniers temps.
On a vu le ministre des finances et. le
rapporteur de la commission du. budget
jongler avec le déncit, soufnër de la
même-bouche, tantôt le froid et tantôt le
chaud, selon qu'ils étaient, malgré eux,
emportés par la vérité de la situation, ou
cédaient au désir d'obtenir l'applaudis-
sement des gauches en soutenant que
la France était toujours assez'riche du
moment qu'elle étai.t en République. =
Finalement, on ne veut pas s'arrêter
danslaviedesprodigalité's, des gaspil-
lages, des dilapidations. On table sur
une soi-disant progression indéfinie des
revenus indirects, et on se lance en
aveugle dans la folie des dépenses sans
mesure. M. Ribot chang-e d'avis comme
la girouette tourne. Que ne pe~t-on
aussi facilement changer une situation
déplorable!-H. P.
M. GJadstone a célébré avant-hier son
ciQquMtena.ire politique. C'est;en eSet
le~lS~écembre 1832 qu'il est entré au
Paid~t britannique.
im~M Gazette annonce qu'il va
résigner ses fonctions de chancelier de
l'Ëchiquierj, et que M. Childers le rem-
placera, dans ce poste.
m MONDE ET LA VILLE
Dans sa. séance d'hier, l'Académie
française a repris la discussion de son
dictionnaire historique, laissée en sus-
pens depuis trois semaines.
La réception de Mgr Perraud aura
probablement lieu dans le commence-
ment du mois de février. le où le 7.
QuajHt aux réceptions des deux nou-
-veaux académiciens, MM. Charles de;
Mazade et Pailleron, eUes se feront dans
cet ordre, au mois dejmars ou d'avril.
Un jeune peintre de, beaucoup de ta-
lent et de beaucoup d'avenir, M. Maurice
Poirson, est mortÏ.avant-derniëre nuit,
en son hôtel du boulevard Berthier.
Une maladie de foie, dont il souffrait
depuis longtemps déjà, l'a emporté à
l'âge de trente-deux ans.
Poirson était né à Paris. Entré en
1869 à l'Ecole des beaux-arts, dans l'ate-
lier da Cabanel, il avait, dès 1873, re-
noncé au prix de Rome pour se consa-
crer exclusivement au Salon de chaque
année.
En 1875, une médaille l'avait récom-
pensé de ses efforts et de son travail, et,
~yatroisans,.iL:futun instant ques-
tion de le décorer. On le trouva trop
jeune.
Qui ne se rappelle ses derniers ta-
bteaux bord ~'«K ~eM, le -P~e, l'~&so~M~as&'e, les Invalides (1882) et surtout le
F~y'e~ qui eut un immense succès au
Sa[ondel879? q
Les obsèques de Poirson ont lieu ce
matin, à dix heures, à l'église Saint-
François de Sales, rue Brémôntier.
Victor Follet, l'émjnent aquarelliste,
vient de mourir à Mayenne, où, déjà en
proie à la maladie qui l'a emporté, il
s'était retiré depuis quelques mois.
Quoique prévu, ce coup a bien profon-
dément ému et frappé toutes les person-
nes qui s'intéressent au grand art, et
davantage peut être celles qui ont pu
apprécier le cœur de l'homme excellent
que nous venons de perdre..
Victor Florence Pollet, né à Paris en
1811, étudia d'abord le dessin sous In-
gres et Paul Delaroche; puis il obtint,
en 1838, le prix de Rome de gravure,
après avoir suivi l'atelier de Richaume.
Ses œuvres les plus connues sont le
Jd'Apeè&Raphaëi); y~aMMë d'~yc (d'après
Ingres); le Mur deBida). .~<
Parmi les aquarelles dont il a enrichi
les collections d'amateurs, il faut citer
l9. J~'e~ et Z~a (appartenant à Mme
la baronne de Rothschild), le portrait
de Mtle Lefèvre, de l'Opéra-Gomique,
dans la~e.aiMa? ~ose~; le~S!M, la;le ~o~e ~'MKe /t~ d'Eve, etc.
PoUet était chevalier de la Légion
d'honneur et membre de l'Académie
d'Amsterdam.
Déplacement parisien.
Le capitaine ~Ney, de l'état-major du
ministre de la guerre, va, sur sa de-
mande, être envoyé en mission en Tuni-
sie pendant la durée des opérations mi-
litaires qui viennent de commencer.
Mme Ney accompagnera son mari
pendant les quelques mois de son séjour
à Tunis.
Le jury du concours ouvert pour la
reconstruction de laSarbonne a terminé
ses travaux.
Voici dans quel ordre ont été classés
les concurrents jugés les plus dignes:
Premier prix: M. Nénot.
Deuxième prix M. Larche.
Troisième prix M. BaMu.
Quatrième prix M. Formige.
Cinquième prix: M..Vaudoyer.
Cinq mentions ont ~.té méritées par
MM. Mariaux~GRoisie, Bréasson, Lheu-
reux, Herment.;
Un salon qui sera fermé cet hiver.
Mme Mackay va partirmardi prochain
pour Menton, où elle doit passer plu-
sieurs mois. L'état de sa santé, tort
ébranlée, nécessite ce voyage ordonné
par l'éminent docteur Belot..
M. Mackay, qui était revenu d'Améri-
que en apprenant la maladie de sa
femme, l'accompagnera à Menton. Mais
voici où la nouvelle devient attristante
pour tous les pauvres dont les richfssis-
mes~méricains soulageaient les misè-
res :M. Mackay serait, paraît-il, pres-
que décidé à quitter tout à fait l'Eu-
rope.
Le système nerveux de Mme Mackay
est fort atteint.
Où sont les jours où la généreuse
'Américaine, voulant faire tirer un feu
d'artifice monstre sur la plate forme de
l'Arc de Triomphe, proposa, devant le
refus de la Ville, d'acheter le monument
moyennant lamodique somme de qùinze
millions t
t
M.~LouisCanen,qui a eu avant-hier
une rencontre dont nous avons publié le
procès-verbal, n'est pas M. Louis Cahen
d'Anvers, le'banquier bien connu, mais
un de ses cousms. `
NOUVELLES A t.A MAtM
Dans le monde où l'on s'ajnuse (cli-
ché 3999)
UNE PETITE DAME. II paraît, mon-
sieur, que vous vous êtes vanté de mes
faveurs? 9
UN GRAND MONSIEUR. Non, ma-
dame, je m'en suis accusé I
Bien triste, ce mot'de petit men-
diant.
Un monsieur passe, afEairé. L'en&nt
le suif et murmure
Un son, mon bon monsieur i
Je n'ai pas de monnaie, laisse-moi.
–Jevousenprie) I
Veux-tu bien t'en aller t
–Je vous en supplie, ne me donnez
rien, mais laissez-moi vous suivre un
peu. Ma mère est là, au coin, qui me
guette. et, si elle me voyait m'en aller
~eut de suite, elle me battrait
UNDOMtNO
MME mm
Le comte d'AIton-Shée, ancien pair de
France, tombé dans une démocratie
avancée, et dont les enfants sont les pu-
pilles de M. Grambetta, avait laissé une
sœur, Mme Carolme Jaubert qui vient
de mourir, au seuil de l'extrême vieil-
lesse.
Mlle d'AIton-Shée avait épousé un
magistrat, M. Jaubert, excellent homme,
mais silencieux, eNacé, et qu'on ne re-
marqjlait. que .pour .sa. manie de tenir.
toujours un de ses pieds dans la main.
H était parent du comte Jaubert, minis-
tre de Louis-Philippe, grand ami de M.
Thiers, et qùï\eat mort membre de l'As-
~semMôe n~iooal~e-~S'M, où notre gé-
nération a pu encore entendre sa verve
pleine de bonhomie et de causticité.
Mme Jaubert était elle-même femme
de beaucoup d'esprit. Un esprit nn, gra-
cieux, délicat, bienveillant. Son com-
merce ne faisait pas que ravir les cœurs,
il les retenai,t, ce qui est un mérite plus
rare. Tous ses aû~s lui s.ont restés ndë-
les jusqu'à la dern'iëre heure, elle a eu
le chagrin dé survivre à la plupart,
nous entendons ceux de son âge, et elle
parlait de leur mémoire, avec une sen-
sibilité et un tact exquis.
Elle avait connu tous les hommes de
'1830, il y en avait beaucoup de distin-
gués, et dans les salons d'alors, on fai-
sait le plus grand cas de ses jugements,
toujours marqués d'an trait précis, d'une
sûreté indulgente.
H y a quelques années, elle à publié
chez Hetzel un volume des plug~ntéres-
santsLettres et coy~espoH~Mc<3s. '.8e~~7 <~ f~4~<~ de ~P~rre
Zat/ye?/. -B~)p~ Feme. Livre où il n'y a
que des personnes et des choses vues,
et vues avec innniment de perspicacité
et d'esprit.
Sous l'Empire–on voit par les deux
derniers noms du titre de ses 5'OM~eMù~
qu'elle n'avait pas fermé ses salons, un
bien modeste appartement de la rue
Greffulhe elle n'avait qu'une dizaine
de mille livres de rente. Outre Alfred de
Musset et Berryer qui y venaient tou-
jours, Pierre Lanfrey, Henri Heine, tant
qu'il ne fut pas prisonnier de son mal, le
peintre Chenavard, qui était si beau cau-
seur Mme Vanderflitt, la fille de Méles-
ville, qu'avait voulu épouser Alfred de
.Musset, et qui avait une physionomie
fort piquante; la princesse Kallimaki,
le chanteur Géraldy, qui était dans ses
jours de célébrité; la fille de Nëssel-
rode, la comtesse Kalergi, cette belle
comtesse blonde, qui avait fait tourner
la tête au vieux comte Molé, et à qui
Théophile Gautier a dédié sa~/Mi~o~e
g~ M<~c MM~'eMr, c'était en effet la plus
blanche créature qu'on puisse voir; la
princesse Belgiojoso, le prince Joseph
Poniatowski, Aguado; mais c'était sur-
tout chez la marquise Conrad de La-
grange. cousine de Mlle Jaubert, mar-
quise .Jules de Lagrange. ~e~a&eMcomme l'avait surnommée Berryer, que
se rencontraient ces trois derniers, ils
y faisaient de la musique, en grands
chanteurs qu'ils étaient.
Lanfrey'avait présenté M. Gambetta à
Mme Jaubert, déjà clouée sur son fau-
teuil,.mai~ gardantsa gaieté d'autrefois,
lançant le mot avec la hardiesse d'une
grande dame du siècle passé. Vraie fée
microscopique, Mme Jaubert ne fut ja-
mais joliB, mais son pied était le plus
petit du monde f
'Sa fUle, Mme de Lagrange, la compa-
gne inséparable de Mme Jaubert, vit
encore, mais les hivers ont neigé sur sa
tête.
On sait sans doute que Mme Paul de
Musset, morte récemment, et qui s'était
mariée presque sexagénaire, était sa
cousine germaine elle était nlle du gé-
néral d'Alton, oncle de Mme Jaubert.
B. LOUSTtLOT
Bloc-Notes ParisieB
–A trois mille deux, je prends du
Suez) 1
A trois mille, je prends de l'Union 1.
A propos, cher, j'ai une avant-scène
pour la première des Variétés. Voulez-vous
une place?
Volontiers. Venez-vous au Bois avec
moi après les derniers cours ? J'essaye un
alezan que Perkins ne m'a vendu que huit
mille. Ce n'est pas cher.
Convenu. Nous passerons chez Du-
moret en revenant; vous verrez le dessin
du collier que je donne à Ninette pour ses
étrennes..
A trois mille deux, je prends de l'U-
nion) 1
A t'ois mille cinq, je prends du
Suez!
Sous les colonnes, sourire aux lè-
vces, boutonnière fleurie, les remisiers
abordent presque amicalementleurs clients.
Achetez-moi cent Foncier.
Oh t impossible t II n'en est pas ques-
tion :on;ne fait que de l'Union et du Suez.
Au restaurant Champeaux, toutes les ta-
blessont~prises. ,>
Les petits intermédiatfes allemandsaunez
crochu, au pardessus graisseux, à la che-
mise douteuse il yadeuxmois,nàmboyants
mais gênés dans leurs habita tou~'at- t
tant neufs, le cou serré dans une cravate
rouge vif, piquée d'un diamant du Cap, en-
tament d'un air vainqueur leur douzaine
d'huîtres à côte des gros bonnets, des noms
les plus respectés de la finance.
Chez le pâtissier, dans le coin à gauche,
un bouquet d~tëmmes du monde semblent
potiner indifféremment entre elles, tout en
grignotant des sandwichs ou en croquant"
des éclairs du bout de leurs doigts longs
gantés. Entre un jeuns homme, un carnet
dans la main droite. Vite elles s'empressent,
et l'on voit les jolies gourmandes, dissi-
muler furtivement un petit papier blanc t
dans leur manchon de renard noir.
La place de la Bourse et toutes les rues
avoisinantes sont pleines d'équipages qui'
attendent que l'horloge marque trois heu-
res. Voici les grands phaétons brillants et
corrects, entre les brancards desquels s'a-
'gite une de dix mille ëcus. Sanglé
dans sa livrée du faiseur en vogue, le
groom, penché en arrière, tire sur les
deux bêtes et a peine à maintenir leur imr-
patience à l'alignement. A côté, les petites
brouettes jaunes, à la mode, attetsesdu
cob noir, aux harnais plaqués argent. La
cloche sonne. Homme du monde ou sim-
ple commis d'agent de change, le proprié-
taire, arrive, le cigare aux lèvres, prend les
guidas des mains de Bob, et enseveli sous
une montagne de fourrures, 61e au grand
trot par la rue du Quatre-Septëmbre, qui
rappelle, comme animation, les Champs- j
Elysëes, au retour des courses.
Et le soir, au Crédit Lyonnais, les club-
men, dont la cravate blanche brille sous la j
pelisse de loutre, sautent de leurs coupés.
Ils ont des dépêches en poche. A Lyon,
dans.la journée, l'Union a fait trois mille i
cinq. Elle va à cinq mille. <
–Vous savez, cher, j'ai vu Bontoux.H
part pour Madrid. Il a le privilège des Ta- (
bacs de la Havane et de la Loterie.
Et moi, je quitte Feder. 11 y a une (
nouvelle affaire sous roche. La timbale j 1
italienne. Chut aussi j'achète.
Et, ils se mêlent aux groupes, couranten
vain après leurs remisiers, pestant contre
les minutes qu'ils perdent à leur recherche, (
et qui leur coûtafchacune une ferme ou un <
Pré-
Et les millions roulent, et le ciel est
clair, et les jours sont gais, et les femmes `
sont belles, et la vie est rose i. f
Certes c'était de la. mousse que tout èe c
bonheur soufflé, et, comme tel, il s'est ef-
fondre bien vite. Mais, au fond de la c
mousse, il y a de.la crème: et il y en avait
aufond de celle-là, si les imprudents, s
dont à tort on '~voudrait faire aujourd'hui
des criminels mais dont alors le bras la
battait en neige, n'avaient pas voulu grossir ,]
outre mesure ses nocons.
.Aujourd'hui la Bourse est déserte.
Bontoux et Fedër expient cruellement les
erreurs de tous. Les colonnes sont mornes =
la corbeille est sans voix. Plus d'équipa- f~
ges t Envolés, les clubmen Où sont-elles
les séances chez le pâtissier? Le remisier jt
prend l'omnibus Les commerçants tirent fi
d'avance la langue devant le Jour de l'an
qui se prépare. Plus de mousse Plus de
crème t w TOUT·PA81B g
TOUT-PABtS
LES ÉMOTtONS
D'UNE SOCIÉTAIRE
Les émoùons d'un condamné, que
Victor Hugo dans son beau livre
a si bien décrites, ne sont pas plus
cruelles.
Mais elles ont pris fin, ou plutôt elles
se sont transformées en amère décep-
tion pour les uns, en joie triomphante
pour les autres.
Le comité de la Comédie-Française a
procédé hier à l'élection des nouveaux
sociétaires. Sur onze appelés, il y a eu
cinq élus.
Pour ne pas faire languir la curiosité
du ~ecteur, disons tout de suite que ces
cinq privilégiés sont, par ordre de suf-
frages
MLLE THOLER. A l'unanimité.
M. PpUDHON. A l'unanimité.
MLLE DuDLAY.– 4 voix contre 2.
M. SlLYAiN. 4 voix contre 2.
MME PAULINE &RANGER. 3 voix
contre 3.
On remarquera combien ce verdict est
conforme à nos prévisions. Nous avions,
dès avant-hier, nommé quatre /a~o~:s
sur cinq. Mlle Dudlay seule ne figurait
pas-sur notre cote, car il était hors de
vraisemblance que, sur onze candidats
engagés dans lacoKyse, il y en eût autant
de primés. Sarcey sera-t-il content cette
fois, et acccusera-t-il toujours le jjiry des
six de fermer systématiquement laporte
d'or aux ambitions légitimes. et au-
tres ?
Nous ne sommes pas dans le secret des
dieux, et, y serions-nous, nous redoute-
rions, en le révélant par le menu, d'atti-
rer sur nous la foudre. Mais, sans en-
courir cette disgrâce, nous pouvons in-
diquer l'ordre et la marche de ces mé
morables débats et les quelques inci-
dents qui s'y sont produits.
Midi et demi, c'est l'heure ordinaire
des convocations. Mais, M. Perrin de-
vant assister au concours de la Ville,
au théâtre du Châtelet, on ne s'est réuni
qu'à quatre heures. M. Delaunay, à quî
ses rhumatismes laissaient quelque ré-
pit, n'a pas voulu déranger ses collègues
et la réunion a eu lieu dans la salle des
séances du comité.
L'accord unanime s'est fait tout d'a-
bord sur les noms de Mlle Tholer et de
M. Prudhon, la première l'emportant au
choix, le second à l'ancienneté. Le nom
de M. Silvain n'a pas été l'objet d'une
discussion très vive. On a voulu couron-
ner en ce nouveau-venu des débuts heu-
reux et des espérances certaines. Cette
élection a rendu M. Ballande fou de
joie. < C'est, a-t-il dit, ma rentrée à la
Comédie Française, dans la persoane
d'un de mesélèvespréférés. < Car~
lande fut jadis, il y aj~
pensionnaire à!" -longtemps,
asts~ t'ue Richelieu, et il en
W .~i d'une façon assez originale.
M.BaIlande était jaloux de Rachel/à
laquelle il donnait habituellement la ré-
plique dans la tragédie. C'était entre
eux des froissements perpétuels. Ua
jour que ces froissements avaient pris
une forme aiguë, le directeur actuel des
Nations quitta le théâtre après le troi-
sième acte. On le chercha partout pas
de Ballande. Par bonheur, Delaunay
alors tout jeune, se trouvait là. Il lut
le rôle, et la représentation put finir.
Pendant ce temps, M. BaMande se
promenait de long en large sous le p6-
ristyle, et, de temps à autre, il murmu-
rait:
La bonne tête qu'ils doivent faire
là-dedans! < I.
Le lendemain, il fut mandé chez !e
ministre. Il s'y rendj~et, avant que
Son Excellence prît'I~~le:
Monsieur, lui dit~î;j% vous apporte
ma démission.
Monsieur, répondit le ministre,
j'allais vous la demander.
C'est ainsi que M. Ballande'quitta la
Comédie-Française.
Mais poursuivons.
Avec Mmes Pauline Granger et Da-
dlay, ça n'est pas allé tout seul.
Mlle Dudlay, Belge de naissance et
d organe, avait pour elle l'ambassade de
Belgique. On sait quelles relations cor-
dt~snni~en~ M. PerMB~tmuaMe ba-
ron Beyens, un des habitués de l'avant-
scëne de gauche, les soirs de première re-
présentation. L'honorable administra-
teur de la Comédie-Française aime bien
ses amis, et il étend cette tendresse aux
protégées de ses amis.
Par sympathie pour les uns, il se fait
volontiers le chaud avocat des autres.
C'est à ces considérations diplomatiques
que Mlle Dudiay doit le succès d'estime
qu'elle vient d'obtenir.
Mme Pauline Granger a bénéficié de
cette situation exceptionnelle. On ne
l'aime guère rue Richelieu, où, depuis
vingt-deux ans qu'elle sert sous le pa-
villon de Molière, elle n'a pu réussir à
sortir des rangs. Je n'apprécie pas, je
constate. Mais, du moment qu'on subis-
sait la pression ~NM~rg, on ne pou-
vait décemment se dérober à la pression
du ministère des affaires <~aM~yvent est venu du quai d'Orsay, qui a
fortement ébranlé la conviction des ju-
ges. Malgré cela, les voix se sont parta-
gées, et à grand'peine. C'est M. Perrin
qui, usant de son droit, les adéparta- °
gées. Cette élection, on peut le dire, est
surtout une affaire de cabinet. i,
Dernier détail
Les vingt-deux douzièmes de parts à
distribuer se sont répartis dans lapro– `
portion suivante:
MHe Tholer, cinq douzièmes et dëiwr~'
S,500 francs.
M. Prudhon, cinq douzièmes, S.OOO
francs.
Mmes Dudiay, Pauline Oranger; et
M. Silvain, quatre douzièmes, 4,000 ¡
francs.
Voilà de braves gens qui sont sûrs
d'avoir, pour leurs vieux jours, du pain
blanc sur la planche.
Voilà pour le <ôté matériel de l'élec
tion. Passons au côté psychologique.
Que faisaient, que pensaient, qu éprou-
vaient les candidats, tandis que leurs
camarades, devenus leurs juges, re-
muaient l'urne d'oû devait sortir pour
eux la déception ou la joie?
N'étant pas ubiquiste, j'ai dû limiter
lechamp demesobservations. MlleTho-
ler oSrait les chances les plus certaines
tout plaidait pour elle l'éclat de sa ren.
trée rue Richelieu, ses quatre années, de <,
stage en Russie, son renom de pension-
naire aimable et universellement aimée
Allons chez Mlle Tholer.
L'abord m'en était facile. J'avais
connu Mlle Tholer à ses débuts, en 1869
alors qu'à peine échappée du Conserva
toire, son deuxième prix sous le bras,
elle s'essayait dans la JM~e d'Octave
Feuillet. C'était alors une délicieuse en-
fant, blonde et rose, à la chevelure
d'or, avec les tons nacrés et la délicate
sveltesse d'une figurine de Saxe. Elle.
promettait déjà d'être la digne héritière
des Allan et des Arnould-Plessy. Vous
savez si la femme que Saint-Pétersbourg-
Dous a rendue a tenu les promesses. de
la jeune fille.
Je la revis l'année suivante, dans les
jours de deuil, à l'ambulance du Théâtre-
Français, aidant de ses petites mains
blanches, dans leur ministère de dou-
leur, ces aimables Sœurs de chargé oui
s'appelaient Madeleine Brohan Marie
Favart, Victoria Lafontaine, Em!lie Du-
bois, Sophie Croizette. A ce moment
entre le soldat et l'infirmière, l'incerti~
tude du lendemain établissait des inti-
mités faciles. Et je pus deviner ce qu'il v `'
avait, sous la guimpe de cette jolie Slle
de Ecœur exquis, d'esprit délicat et de
bonté fraternelle.
Ces souvenirs ne S'oublient pas, et
j étais sûr qu'après douze ans ils seraient
le ~6!Mïe qui m'ouvrirait toutes gran-
des les portes du petit hôtel de Ia' rue
Molitor, pu niche la future sociétaire
La rue Mohtor est là-bas, tout là-bas
dans le fond d'Auteuil, sur la lisière du
champ de courses. La terreur 'des co-~
chers de fiacre, comme bien vous
pensez.
Ennn, j'arrive. II est dix heures du ma-.
tm. La porte de la cour estentr'ouv~rto. `
centre. Un aSreux terrier. le poil eu
bataille, se dresse devant moi, a-~c d'a-
bominables hurlements.- «Paix M
Bull .fait une voix d'or que j'avais en"
tendue l'avant-veille dans ÏëC/~M~r
la voix de Jacqueline. J'étais en nr~ ~°
sence de Mlle Tholer. pm
~J~r~ dit-elle, en
me tendant la main. Je pars.
–Acetteheu''e~
no~. S~ Mi Théâtre-Français.
po's raccords de l~~M~-g oà
ueloir débute demain dans le rôle (TAn-
nibaL
Vous me donnerez bien quelqtses'
minutes?
Pour quoi faire?
Pour voir s'il faut ajouter foi au
AJRTTB~~ ]M~E~~E~
Dt~ec~eMr
Du GAULOIS et PARÏS-JOURNAL
RÉDACTION
Ot~ BomtevmrddcsStaHene, C f
DK DEUX HEURES A MINUtT j– f,
'ABONNEMENTS
Pans. Départements
Un mois. 5 fr. Un mois. 6fr. -1
Trois mois. ISSOTrois'moia. 16 fr.
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Unaa. 5'Hr. Unan. Mfr.–
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Trois mois (Umon postale). 1)8 .fr.
PAMS 2' centmT<ëS. DÉPARTEMENTS ET
Vendredi 15 Décembre 18!3
:E3:. ID:E FEITE
~oie~eMfeiT.CAe~'
Du GAULOIS et PARIS-JOURNAL
` ADMINISTRATION:
W, Bon!ovar
ABONNEMENTS, PET)TES ANNONCES
RENSEIGNEMENTS
9, boulevard des~Italiens, 9
ANNONCES*
M:M:. <~II. T.,At;rRY?
Bt & ~'Ac/m[;it'trf<<:u;t ~tt JoMf'ft~
T~" ~a
mrtttït! M rnnTnBïBM v
MtAim M uMtflU~
'J'admire lés couturiers. Eux, du
moins, ont la toi foi en eux-mêmes, foi
dans leur art, foi~dans ~eùr œuvre. Où
s'est réfugié le génie ? Chez les coutu-
riers. Où retrouve-t-on l'enthousiasme?
Chez les couturiers. Ils sont les derniers
paladins de notre âge positif et mercan-
tile. N'ont-ils pas failli mettre l'épée à la
main pour jouer au premier sang l'hon-
neur d'Habiller Fédora?
C'est le couturier qui relève le dernier
quart du dix-neuvième siècle, lequel,
sans lui, était dans la boue. Que d'autres
se préoccupent de J'argent; lui ne
songe qu'à l'honneur. Comme il n'y a
plus de reine, en France. qu'au théâtre,
jes souveraines et les princesses de la
rampe sont les seules altesses ou majes-
tés avec lesquelles l'artiste infaillible en
élégances puisse traiter de royauté à
royauté. Au siècle dernier, la grande
modiste Bertin, qui ût une faillite de six
millions pour n'avoir pas assez raisonné
ses enthousiasmes*~ graMë~ faiseuse,
ne disait-elle pas, en sortant du cabinet
de Marie-Antoinette, avec qui elle avait
causé chinons < Je viens de travailler
avec la Reme. A présent que les dis-
tances sont rapprochées parles chemins
de fer, et que le goût voyage comme les
humains, ne venons-nous pas de voir
une grande maison de Vienne entrer
dans un duel international avec les coutu-
riers français ? Lutte palpitante, au der-
nier mot de laquelle toute l'Europe a
prêté l'oreille.
Personnages de cette comédie héroï-
que qui s'est greNée sur le drame de
S&rdou f
Wbrth, de Paris.
Fétix, M~M.
Mme Morin, de Vienne.
Hein) est on devenu assez sérieux de-
puis que l'on a le bonheur d'être en ré-
publique ?
Ilfa.ùtavouer.que les mœurs se sont
bien transformées depuis la chute de
< l'exécrable Empire jamais l'imagi-
nation de la volupté n'avait à ce point
surexcité les métiers qui concourent à
fournir, l'arsenal de la femme. SoMs au-
cun des régimes antérieurs que notre
dix-neuvième siècle a successivement
dévoré: on n'a eu tant de ministres
dont le pubilc ignore les noms, et tant
domodistesou de couturiers qui sem-
blent tenir les destinées du monde dans J
leurs ateliers. C'est qu'ils sont, eux~ les 1
ministres de la femme ou, du moins, du
délicieux mannequin qui porte aujour-
d'hui ce nom. La politique est de plus en
plus mal portée; la littérature, n'est
qu'un prétexte à produire une'toilette
de deux cents louis dans une loge qui
en a coûté vingt-cinq; les pièces de
théâtre sont des cadres où les grands
couturiers déploient leurs inventions.
Qae Dumas, Augier, Sardou et un ou
deux. autres dont on fait encore sem-
blant, par un reste de pudeur, d'écouter
et de discuter les œuvres, se retirent de
la carrière, on ne saura-même plus de
qui sont les drames ou les comédies que il
l'on ira voir. Quel est l'auteur des toi-
lettes? Voilà la question.
De nos jours, Dumas et Gaillarde! ne
se disputeraient plus. devant la galerie
attentive, la paternité delà ~oMy.dc
~v
Bourgogne.
Une grande artiste de la Comédie-
Française me racontait un jour que,
dans une tournée à l'étranger, comme
elle venait de jouer leM~a~opë,, avec
ses camarades, devant un parterre 'de
princes, l'un d'eux lui dit, après la'.re-
présentation, entre autres politesses' de
foyer
Vous avez de belles dents et .des
bras admirables mais pourquoi jouez-
vous des pièces auxquelles on ne com-
prend rien?
Cet~e barbarie-là est en train d'enva-
hir la France. Autrefois,, nous expar-;
tions le goût, comme cette poupée lé-
gendàire qu'on appelait la poupée de la
rue Sàint-Honoré. réduction de la der-
nière mode, miniature de la coquetterie
en cours, image de la dernière révolu-
tion dans l'empire dés fanfreluches. De
la. rue Saint Honoré, elle prenait son
vol, cette ngarine ajustée conformé-
ment aux derniers décrets, et elle allait
à la conquête de l'Italie, de l'Espagne,
de la. Russie, de l'Allemagne, voire du
sérail du Grand Turc. Les armées de
Napoléon 1~ n'ont pas &it plus de che-
min et soumis plus de territoires à leurs
aigles. Même l'Angleterre, malgré le
bras de mer dont eite est si jalouse et
qui est comme la ceinture de*chastetô
de son île, capitulait devant la poupée
de la rue Saint Honoré.
A présent, certes, nos couturiers n'ont
pas abdiqué, puisque le présent article
est un Te .DeM?K en leur honneur mais
l'étranger commence à importer chez
nous des objets qui relevaient jadis
de notre compétence exclusive. C'
ait entrepris d'habiller l'actrîce pa-
risienne par excellence dans une créa-
tion mémorable, c'est le commencement
de la revanche de la maison d'Autriche
et de la paix'de ViHafranca. Heureuse-
ment pour la France, le Président-Soleil
est là qui habite l'Elysée, avec sa (~e,
et un coup d'œil de lu; enfante des cou
tuners, comme
UN coupd'fsil de Louis enfantait des CornelHes.
Que deviendrions-~ous, si même le
sceptre de fëlêg&nce venait à choir de
nos mains C'est pourquoi j'estime que
Mme Sarah Bernhàrdt, à la veille de F'e-
~c'ya, placée entre ses trois habilleurs
rivaux, éfaitdans une position aussi dé-
licate que Pâris sur le mont Ida, sa
pomme à la main, eatreles trois déesses.
Quelle pomme de discorde que les cos-
tumes o.e Fedora ) Et si Vienne eût triom-
phé, voilà notre pauvre France qui per-
dait un département de plus le dépar-
tement de la toilette.
Heureusement, nos couturiers tien-
nent bon, aussi nos couturières, et nos
modistes, et nos lingers, etnos lingëres.
Nous avons encore descordonniers subli-
mes. de ceux qui se vantent de < chaus-
ser l'œil chausser le pied, ce n'est
rien, c'est l'a & c du métier. Ceci est un
mot d'un grand faiseur du siècle dernier
en réponse au marquis de Toulongeon,
qui se plaignait de la cherté de ses fac-
tures < Est-ce que l'on ne paye à Jo-
seph Vernet que sa toile et ses cou-
leurs ? Et, eux aussi, ils sont peintres,
ils sont artistes, its ne sont commer-,
çants qu'à la dernière extrémité. Grat-
tez le couturier, vous trouverez le sol-
dat de la patriefrivole. Allons, enfants de
la patrie t le jour de gloire est arrivé.
pour les soldats du costume féminin.
,m~ ~t~~
Voùs~âve?qS'on îunche à l'heure psy-
chologique du quatre à cinq, chez la
bonne lingëre qui est l'élue et l'enfant
gâtée de la mode, celle chez laquelle il
faut, si l'on se respecte, se fournir de ses
dessous. Là, le sexe masculin est banni
comme du temple antique où l'on célé-
brait les mystères de la bonne déesse.
Même les maris et les frères sont consi-
gnés à la porte. En fait de mâles, il n'y
a que le diable qui entre et c'est bien lui
qui souffle aux ouvriers contemporains
dont la mode a fait ses enfants gâtés
les inventions ou les renaissances, les
séductions savantes, éloquence du
chiSon brochant sur l'éloquence de la
chair, qui constituent les lisières avec
lesquelles les femmes conduisent les
hommes. Pauvres hommes eux, ils sont
en pleine décadence de l'esprit et du
corps, et je ne vois guère que les cou-
turiers qui remportent encore des vic-
toires.
Entre le monde de ses fournisseurs, la
femme va, vient, s'agite; c'est elle qui
nous mène et c'est eux qui la mènent.
EMë n'a plus guère le loisir de faire de
visites qu'à eux. Les recherches inûuies
dont la toilette d'une femme dans le
mouvement offre l'assemblage ,compli-
qué ne laissent plus de temps ni pour
lesRnessesde la conversation, ni pour
la parure de l'esprit. Le couturier a
remplacé les confesseurs du dix-septième
siècle, qui parvenaient toujours à avoir
le dernier mot; les philosophes du dix-
huitième et les soldats, les orateurs,
les poètes du commencement du dix-
neuvième siècle. Celui-ci nnit entre
les bras du couturier. POPIN4t.
POPtNOt
Nos Echos
` AUJOURO'HU!
A 6 heure*, dîner M Grand-Hôtel, tdmtMion
jusqu'à 6 heures at demie.
Pendant la. durée du d!ner, l'orehetttre de
M. Desgrangeo jouert, dans l* nouvelle 'allé d*
mutique.
ttEKn
Potage Centi
Hora-d'œuvre
TruiteSaumonÉesa.uoe genevoise
.Groquettes Dauphine
Pièce de bœuf à la Chateaubriand
Timbale de homard à l'américaine
Poularde au cresson'. `
Salade
Choùx-Heura au gratin'' ` `
Poires à la. duchesse
Glace au .cacao .{,<. J.
''DeWM~t.
~Letaloc de< damM'est ouvert aux ~oy~Mt.M.
Ptano, ttb,l9s de jeux.– Dtn%r~)~car~6 au re'-
taurant.– Le jour et le soir, séano~t et leçons de
billard, par M. Gibelin. Café Diva~e
L.eprogM.mme du dïnar-ooncert.–(Voirai*
4' p&Ke.)
!)~
Muftêa Gr
iOpéca,, 8 h. FaMS:.
Français, S h. P/MJit&er<. L Aoe/t
Opéra-Comique, 7 h. 1/4. La JVt(~ t~e SaMt-
~eo~ Le yor~tdor.–JoaepA.
LA POL!T!OUE N,
1~. discussion du budget extraordi-
naire sera terminée demain à la Cham-
bre des députés. On ne pourra pas dire
de C9 débat qu'il ait été lumineux. Avec
l'assassinat de la rue Richelieu, c'est
l'affaire la plus ténébreuse et la plus
malpropre de ces derniers temps.
On a vu le ministre des finances et. le
rapporteur de la commission du. budget
jongler avec le déncit, soufnër de la
même-bouche, tantôt le froid et tantôt le
chaud, selon qu'ils étaient, malgré eux,
emportés par la vérité de la situation, ou
cédaient au désir d'obtenir l'applaudis-
sement des gauches en soutenant que
la France était toujours assez'riche du
moment qu'elle étai.t en République. =
Finalement, on ne veut pas s'arrêter
danslaviedesprodigalité's, des gaspil-
lages, des dilapidations. On table sur
une soi-disant progression indéfinie des
revenus indirects, et on se lance en
aveugle dans la folie des dépenses sans
mesure. M. Ribot chang-e d'avis comme
la girouette tourne. Que ne pe~t-on
aussi facilement changer une situation
déplorable!-H. P.
M. GJadstone a célébré avant-hier son
ciQquMtena.ire politique. C'est;en eSet
le~lS~écembre 1832 qu'il est entré au
Paid~t britannique.
im~M Gazette annonce qu'il va
résigner ses fonctions de chancelier de
l'Ëchiquierj, et que M. Childers le rem-
placera, dans ce poste.
m MONDE ET LA VILLE
Dans sa. séance d'hier, l'Académie
française a repris la discussion de son
dictionnaire historique, laissée en sus-
pens depuis trois semaines.
La réception de Mgr Perraud aura
probablement lieu dans le commence-
ment du mois de février. le où le 7.
QuajHt aux réceptions des deux nou-
-veaux académiciens, MM. Charles de;
Mazade et Pailleron, eUes se feront dans
cet ordre, au mois dejmars ou d'avril.
Un jeune peintre de, beaucoup de ta-
lent et de beaucoup d'avenir, M. Maurice
Poirson, est mortÏ.avant-derniëre nuit,
en son hôtel du boulevard Berthier.
Une maladie de foie, dont il souffrait
depuis longtemps déjà, l'a emporté à
l'âge de trente-deux ans.
Poirson était né à Paris. Entré en
1869 à l'Ecole des beaux-arts, dans l'ate-
lier da Cabanel, il avait, dès 1873, re-
noncé au prix de Rome pour se consa-
crer exclusivement au Salon de chaque
année.
En 1875, une médaille l'avait récom-
pensé de ses efforts et de son travail, et,
~yatroisans,.iL:futun instant ques-
tion de le décorer. On le trouva trop
jeune.
Qui ne se rappelle ses derniers ta-
bteaux bord ~'«K ~eM, le -P~e, l'~&so~M~as&'e, les Invalides (1882) et surtout le
F
Sa[ondel879? q
Les obsèques de Poirson ont lieu ce
matin, à dix heures, à l'église Saint-
François de Sales, rue Brémôntier.
Victor Follet, l'émjnent aquarelliste,
vient de mourir à Mayenne, où, déjà en
proie à la maladie qui l'a emporté, il
s'était retiré depuis quelques mois.
Quoique prévu, ce coup a bien profon-
dément ému et frappé toutes les person-
nes qui s'intéressent au grand art, et
davantage peut être celles qui ont pu
apprécier le cœur de l'homme excellent
que nous venons de perdre..
Victor Florence Pollet, né à Paris en
1811, étudia d'abord le dessin sous In-
gres et Paul Delaroche; puis il obtint,
en 1838, le prix de Rome de gravure,
après avoir suivi l'atelier de Richaume.
Ses œuvres les plus connues sont le
J
Ingres); le Mur de
Parmi les aquarelles dont il a enrichi
les collections d'amateurs, il faut citer
l9. J~'e~ et Z~a (appartenant à Mme
la baronne de Rothschild), le portrait
de Mtle Lefèvre, de l'Opéra-Gomique,
dans la~e.aiMa? ~ose~; le~S!M, la
PoUet était chevalier de la Légion
d'honneur et membre de l'Académie
d'Amsterdam.
Déplacement parisien.
Le capitaine ~Ney, de l'état-major du
ministre de la guerre, va, sur sa de-
mande, être envoyé en mission en Tuni-
sie pendant la durée des opérations mi-
litaires qui viennent de commencer.
Mme Ney accompagnera son mari
pendant les quelques mois de son séjour
à Tunis.
Le jury du concours ouvert pour la
reconstruction de laSarbonne a terminé
ses travaux.
Voici dans quel ordre ont été classés
les concurrents jugés les plus dignes:
Premier prix: M. Nénot.
Deuxième prix M. Larche.
Troisième prix M. BaMu.
Quatrième prix M. Formige.
Cinquième prix: M..Vaudoyer.
Cinq mentions ont ~.té méritées par
MM. Mariaux~GRoisie, Bréasson, Lheu-
reux, Herment.;
Un salon qui sera fermé cet hiver.
Mme Mackay va partirmardi prochain
pour Menton, où elle doit passer plu-
sieurs mois. L'état de sa santé, tort
ébranlée, nécessite ce voyage ordonné
par l'éminent docteur Belot..
M. Mackay, qui était revenu d'Améri-
que en apprenant la maladie de sa
femme, l'accompagnera à Menton. Mais
voici où la nouvelle devient attristante
pour tous les pauvres dont les richfssis-
mes~méricains soulageaient les misè-
res :M. Mackay serait, paraît-il, pres-
que décidé à quitter tout à fait l'Eu-
rope.
Le système nerveux de Mme Mackay
est fort atteint.
Où sont les jours où la généreuse
'Américaine, voulant faire tirer un feu
d'artifice monstre sur la plate forme de
l'Arc de Triomphe, proposa, devant le
refus de la Ville, d'acheter le monument
moyennant lamodique somme de qùinze
millions t
t
M.~LouisCanen,qui a eu avant-hier
une rencontre dont nous avons publié le
procès-verbal, n'est pas M. Louis Cahen
d'Anvers, le'banquier bien connu, mais
un de ses cousms. `
NOUVELLES A t.A MAtM
Dans le monde où l'on s'ajnuse (cli-
ché 3999)
UNE PETITE DAME. II paraît, mon-
sieur, que vous vous êtes vanté de mes
faveurs? 9
UN GRAND MONSIEUR. Non, ma-
dame, je m'en suis accusé I
Bien triste, ce mot'de petit men-
diant.
Un monsieur passe, afEairé. L'en&nt
le suif et murmure
Un son, mon bon monsieur i
Je n'ai pas de monnaie, laisse-moi.
–Jevousenprie) I
Veux-tu bien t'en aller t
–Je vous en supplie, ne me donnez
rien, mais laissez-moi vous suivre un
peu. Ma mère est là, au coin, qui me
guette. et, si elle me voyait m'en aller
~eut de suite, elle me battrait
UNDOMtNO
MME mm
Le comte d'AIton-Shée, ancien pair de
France, tombé dans une démocratie
avancée, et dont les enfants sont les pu-
pilles de M. Grambetta, avait laissé une
sœur, Mme Carolme Jaubert qui vient
de mourir, au seuil de l'extrême vieil-
lesse.
Mlle d'AIton-Shée avait épousé un
magistrat, M. Jaubert, excellent homme,
mais silencieux, eNacé, et qu'on ne re-
marqjlait. que .pour .sa. manie de tenir.
toujours un de ses pieds dans la main.
H était parent du comte Jaubert, minis-
tre de Louis-Philippe, grand ami de M.
Thiers, et qùï\eat mort membre de l'As-
~semMôe n~iooal~e-~S'M, où notre gé-
nération a pu encore entendre sa verve
pleine de bonhomie et de causticité.
Mme Jaubert était elle-même femme
de beaucoup d'esprit. Un esprit nn, gra-
cieux, délicat, bienveillant. Son com-
merce ne faisait pas que ravir les cœurs,
il les retenai,t, ce qui est un mérite plus
rare. Tous ses aû~s lui s.ont restés ndë-
les jusqu'à la dern'iëre heure, elle a eu
le chagrin dé survivre à la plupart,
nous entendons ceux de son âge, et elle
parlait de leur mémoire, avec une sen-
sibilité et un tact exquis.
Elle avait connu tous les hommes de
'1830, il y en avait beaucoup de distin-
gués, et dans les salons d'alors, on fai-
sait le plus grand cas de ses jugements,
toujours marqués d'an trait précis, d'une
sûreté indulgente.
H y a quelques années, elle à publié
chez Hetzel un volume des plug~ntéres-
sants
Zat/ye?/. -B~)p~ Feme. Livre où il n'y a
que des personnes et des choses vues,
et vues avec innniment de perspicacité
et d'esprit.
Sous l'Empire–on voit par les deux
derniers noms du titre de ses 5'OM~eMù~
qu'elle n'avait pas fermé ses salons, un
bien modeste appartement de la rue
Greffulhe elle n'avait qu'une dizaine
de mille livres de rente. Outre Alfred de
Musset et Berryer qui y venaient tou-
jours, Pierre Lanfrey, Henri Heine, tant
qu'il ne fut pas prisonnier de son mal, le
peintre Chenavard, qui était si beau cau-
seur Mme Vanderflitt, la fille de Méles-
ville, qu'avait voulu épouser Alfred de
.Musset, et qui avait une physionomie
fort piquante; la princesse Kallimaki,
le chanteur Géraldy, qui était dans ses
jours de célébrité; la fille de Nëssel-
rode, la comtesse Kalergi, cette belle
comtesse blonde, qui avait fait tourner
la tête au vieux comte Molé, et à qui
Théophile Gautier a dédié sa~/Mi~o~e
g~ M<~c MM~'eMr, c'était en effet la plus
blanche créature qu'on puisse voir; la
princesse Belgiojoso, le prince Joseph
Poniatowski, Aguado; mais c'était sur-
tout chez la marquise Conrad de La-
grange. cousine de Mlle Jaubert, mar-
quise .Jules de Lagrange. ~e~a&eMcomme l'avait surnommée Berryer, que
se rencontraient ces trois derniers, ils
y faisaient de la musique, en grands
chanteurs qu'ils étaient.
Lanfrey'avait présenté M. Gambetta à
Mme Jaubert, déjà clouée sur son fau-
teuil,.mai~ gardantsa gaieté d'autrefois,
lançant le mot avec la hardiesse d'une
grande dame du siècle passé. Vraie fée
microscopique, Mme Jaubert ne fut ja-
mais joliB, mais son pied était le plus
petit du monde f
'Sa fUle, Mme de Lagrange, la compa-
gne inséparable de Mme Jaubert, vit
encore, mais les hivers ont neigé sur sa
tête.
On sait sans doute que Mme Paul de
Musset, morte récemment, et qui s'était
mariée presque sexagénaire, était sa
cousine germaine elle était nlle du gé-
néral d'Alton, oncle de Mme Jaubert.
B. LOUSTtLOT
Bloc-Notes ParisieB
–A trois mille deux, je prends du
Suez) 1
A trois mille, je prends de l'Union 1.
A propos, cher, j'ai une avant-scène
pour la première des Variétés. Voulez-vous
une place?
Volontiers. Venez-vous au Bois avec
moi après les derniers cours ? J'essaye un
alezan que Perkins ne m'a vendu que huit
mille. Ce n'est pas cher.
Convenu. Nous passerons chez Du-
moret en revenant; vous verrez le dessin
du collier que je donne à Ninette pour ses
étrennes..
A trois mille deux, je prends de l'U-
nion) 1
A t'ois mille cinq, je prends du
Suez!
Sous les colonnes, sourire aux lè-
vces, boutonnière fleurie, les remisiers
abordent presque amicalementleurs clients.
Achetez-moi cent Foncier.
Oh t impossible t II n'en est pas ques-
tion :on;ne fait que de l'Union et du Suez.
Au restaurant Champeaux, toutes les ta-
blessont~prises. ,>
Les petits intermédiatfes allemandsaunez
crochu, au pardessus graisseux, à la che-
mise douteuse il yadeuxmois,nàmboyants
mais gênés dans leurs habita tou~'at- t
tant neufs, le cou serré dans une cravate
rouge vif, piquée d'un diamant du Cap, en-
tament d'un air vainqueur leur douzaine
d'huîtres à côte des gros bonnets, des noms
les plus respectés de la finance.
Chez le pâtissier, dans le coin à gauche,
un bouquet d~tëmmes du monde semblent
potiner indifféremment entre elles, tout en
grignotant des sandwichs ou en croquant"
des éclairs du bout de leurs doigts longs
gantés. Entre un jeuns homme, un carnet
dans la main droite. Vite elles s'empressent,
et l'on voit les jolies gourmandes, dissi-
muler furtivement un petit papier blanc t
dans leur manchon de renard noir.
La place de la Bourse et toutes les rues
avoisinantes sont pleines d'équipages qui'
attendent que l'horloge marque trois heu-
res. Voici les grands phaétons brillants et
corrects, entre les brancards desquels s'a-
'gite une de dix mille ëcus. Sanglé
dans sa livrée du faiseur en vogue, le
groom, penché en arrière, tire sur les
deux bêtes et a peine à maintenir leur imr-
patience à l'alignement. A côté, les petites
brouettes jaunes, à la mode, attetsesdu
cob noir, aux harnais plaqués argent. La
cloche sonne. Homme du monde ou sim-
ple commis d'agent de change, le proprié-
taire, arrive, le cigare aux lèvres, prend les
guidas des mains de Bob, et enseveli sous
une montagne de fourrures, 61e au grand
trot par la rue du Quatre-Septëmbre, qui
rappelle, comme animation, les Champs- j
Elysëes, au retour des courses.
Et le soir, au Crédit Lyonnais, les club-
men, dont la cravate blanche brille sous la j
pelisse de loutre, sautent de leurs coupés.
Ils ont des dépêches en poche. A Lyon,
dans.la journée, l'Union a fait trois mille i
cinq. Elle va à cinq mille. <
–Vous savez, cher, j'ai vu Bontoux.H
part pour Madrid. Il a le privilège des Ta- (
bacs de la Havane et de la Loterie.
Et moi, je quitte Feder. 11 y a une (
nouvelle affaire sous roche. La timbale j 1
italienne. Chut aussi j'achète.
Et, ils se mêlent aux groupes, couranten
vain après leurs remisiers, pestant contre
les minutes qu'ils perdent à leur recherche, (
et qui leur coûtafchacune une ferme ou un <
Pré-
Et les millions roulent, et le ciel est
clair, et les jours sont gais, et les femmes `
sont belles, et la vie est rose i. f
Certes c'était de la. mousse que tout èe c
bonheur soufflé, et, comme tel, il s'est ef-
fondre bien vite. Mais, au fond de la c
mousse, il y a de.la crème: et il y en avait
aufond de celle-là, si les imprudents, s
dont à tort on '~voudrait faire aujourd'hui
des criminels mais dont alors le bras la
battait en neige, n'avaient pas voulu grossir ,]
outre mesure ses nocons.
.Aujourd'hui la Bourse est déserte.
Bontoux et Fedër expient cruellement les
erreurs de tous. Les colonnes sont mornes =
la corbeille est sans voix. Plus d'équipa- f~
ges t Envolés, les clubmen Où sont-elles
les séances chez le pâtissier? Le remisier jt
prend l'omnibus Les commerçants tirent fi
d'avance la langue devant le Jour de l'an
qui se prépare. Plus de mousse Plus de
crème t w TOUT·PA81B g
TOUT-PABtS
LES ÉMOTtONS
D'UNE SOCIÉTAIRE
Les émoùons d'un condamné, que
Victor Hugo dans son beau livre
a si bien décrites, ne sont pas plus
cruelles.
Mais elles ont pris fin, ou plutôt elles
se sont transformées en amère décep-
tion pour les uns, en joie triomphante
pour les autres.
Le comité de la Comédie-Française a
procédé hier à l'élection des nouveaux
sociétaires. Sur onze appelés, il y a eu
cinq élus.
Pour ne pas faire languir la curiosité
du ~ecteur, disons tout de suite que ces
cinq privilégiés sont, par ordre de suf-
frages
MLLE THOLER. A l'unanimité.
M. PpUDHON. A l'unanimité.
MLLE DuDLAY.– 4 voix contre 2.
M. SlLYAiN. 4 voix contre 2.
MME PAULINE &RANGER. 3 voix
contre 3.
On remarquera combien ce verdict est
conforme à nos prévisions. Nous avions,
dès avant-hier, nommé quatre /a~o~:s
sur cinq. Mlle Dudlay seule ne figurait
pas-sur notre cote, car il était hors de
vraisemblance que, sur onze candidats
engagés dans lacoKyse, il y en eût autant
de primés. Sarcey sera-t-il content cette
fois, et acccusera-t-il toujours le jjiry des
six de fermer systématiquement laporte
d'or aux ambitions légitimes. et au-
tres ?
Nous ne sommes pas dans le secret des
dieux, et, y serions-nous, nous redoute-
rions, en le révélant par le menu, d'atti-
rer sur nous la foudre. Mais, sans en-
courir cette disgrâce, nous pouvons in-
diquer l'ordre et la marche de ces mé
morables débats et les quelques inci-
dents qui s'y sont produits.
Midi et demi, c'est l'heure ordinaire
des convocations. Mais, M. Perrin de-
vant assister au concours de la Ville,
au théâtre du Châtelet, on ne s'est réuni
qu'à quatre heures. M. Delaunay, à quî
ses rhumatismes laissaient quelque ré-
pit, n'a pas voulu déranger ses collègues
et la réunion a eu lieu dans la salle des
séances du comité.
L'accord unanime s'est fait tout d'a-
bord sur les noms de Mlle Tholer et de
M. Prudhon, la première l'emportant au
choix, le second à l'ancienneté. Le nom
de M. Silvain n'a pas été l'objet d'une
discussion très vive. On a voulu couron-
ner en ce nouveau-venu des débuts heu-
reux et des espérances certaines. Cette
élection a rendu M. Ballande fou de
joie. < C'est, a-t-il dit, ma rentrée à la
Comédie Française, dans la persoane
d'un de mesélèvespréférés. < Car~
lande fut jadis, il y aj~
pensionnaire à!" -longtemps,
asts~ t'ue Richelieu, et il en
W .~i d'une façon assez originale.
M.BaIlande était jaloux de Rachel/à
laquelle il donnait habituellement la ré-
plique dans la tragédie. C'était entre
eux des froissements perpétuels. Ua
jour que ces froissements avaient pris
une forme aiguë, le directeur actuel des
Nations quitta le théâtre après le troi-
sième acte. On le chercha partout pas
de Ballande. Par bonheur, Delaunay
alors tout jeune, se trouvait là. Il lut
le rôle, et la représentation put finir.
Pendant ce temps, M. BaMande se
promenait de long en large sous le p6-
ristyle, et, de temps à autre, il murmu-
rait:
La bonne tête qu'ils doivent faire
là-dedans! < I.
Le lendemain, il fut mandé chez !e
ministre. Il s'y rendj~et, avant que
Son Excellence prît'I~~le:
Monsieur, lui dit~î;j% vous apporte
ma démission.
Monsieur, répondit le ministre,
j'allais vous la demander.
C'est ainsi que M. Ballande'quitta la
Comédie-Française.
Mais poursuivons.
Avec Mmes Pauline Granger et Da-
dlay, ça n'est pas allé tout seul.
Mlle Dudlay, Belge de naissance et
d organe, avait pour elle l'ambassade de
Belgique. On sait quelles relations cor-
dt~snni~en~ M. PerMB~tmuaMe ba-
ron Beyens, un des habitués de l'avant-
scëne de gauche, les soirs de première re-
présentation. L'honorable administra-
teur de la Comédie-Française aime bien
ses amis, et il étend cette tendresse aux
protégées de ses amis.
Par sympathie pour les uns, il se fait
volontiers le chaud avocat des autres.
C'est à ces considérations diplomatiques
que Mlle Dudiay doit le succès d'estime
qu'elle vient d'obtenir.
Mme Pauline Granger a bénéficié de
cette situation exceptionnelle. On ne
l'aime guère rue Richelieu, où, depuis
vingt-deux ans qu'elle sert sous le pa-
villon de Molière, elle n'a pu réussir à
sortir des rangs. Je n'apprécie pas, je
constate. Mais, du moment qu'on subis-
sait la pression ~NM~rg, on ne pou-
vait décemment se dérober à la pression
du ministère des affaires <~aM~yvent est venu du quai d'Orsay, qui a
fortement ébranlé la conviction des ju-
ges. Malgré cela, les voix se sont parta-
gées, et à grand'peine. C'est M. Perrin
qui, usant de son droit, les adéparta- °
gées. Cette élection, on peut le dire, est
surtout une affaire de cabinet. i,
Dernier détail
Les vingt-deux douzièmes de parts à
distribuer se sont répartis dans lapro– `
portion suivante:
MHe Tholer, cinq douzièmes et dëiwr~'
S,500 francs.
M. Prudhon, cinq douzièmes, S.OOO
francs.
Mmes Dudiay, Pauline Oranger; et
M. Silvain, quatre douzièmes, 4,000 ¡
francs.
Voilà de braves gens qui sont sûrs
d'avoir, pour leurs vieux jours, du pain
blanc sur la planche.
Voilà pour le <ôté matériel de l'élec
tion. Passons au côté psychologique.
Que faisaient, que pensaient, qu éprou-
vaient les candidats, tandis que leurs
camarades, devenus leurs juges, re-
muaient l'urne d'oû devait sortir pour
eux la déception ou la joie?
N'étant pas ubiquiste, j'ai dû limiter
lechamp demesobservations. MlleTho-
ler oSrait les chances les plus certaines
tout plaidait pour elle l'éclat de sa ren.
trée rue Richelieu, ses quatre années, de <,
stage en Russie, son renom de pension-
naire aimable et universellement aimée
Allons chez Mlle Tholer.
L'abord m'en était facile. J'avais
connu Mlle Tholer à ses débuts, en 1869
alors qu'à peine échappée du Conserva
toire, son deuxième prix sous le bras,
elle s'essayait dans la JM~e d'Octave
Feuillet. C'était alors une délicieuse en-
fant, blonde et rose, à la chevelure
d'or, avec les tons nacrés et la délicate
sveltesse d'une figurine de Saxe. Elle.
promettait déjà d'être la digne héritière
des Allan et des Arnould-Plessy. Vous
savez si la femme que Saint-Pétersbourg-
Dous a rendue a tenu les promesses. de
la jeune fille.
Je la revis l'année suivante, dans les
jours de deuil, à l'ambulance du Théâtre-
Français, aidant de ses petites mains
blanches, dans leur ministère de dou-
leur, ces aimables Sœurs de chargé oui
s'appelaient Madeleine Brohan Marie
Favart, Victoria Lafontaine, Em!lie Du-
bois, Sophie Croizette. A ce moment
entre le soldat et l'infirmière, l'incerti~
tude du lendemain établissait des inti-
mités faciles. Et je pus deviner ce qu'il v `'
avait, sous la guimpe de cette jolie Slle
de Ecœur exquis, d'esprit délicat et de
bonté fraternelle.
Ces souvenirs ne S'oublient pas, et
j étais sûr qu'après douze ans ils seraient
le ~6!Mïe qui m'ouvrirait toutes gran-
des les portes du petit hôtel de Ia' rue
Molitor, pu niche la future sociétaire
La rue Mohtor est là-bas, tout là-bas
dans le fond d'Auteuil, sur la lisière du
champ de courses. La terreur 'des co-~
chers de fiacre, comme bien vous
pensez.
Ennn, j'arrive. II est dix heures du ma-.
tm. La porte de la cour estentr'ouv~rto. `
centre. Un aSreux terrier. le poil eu
bataille, se dresse devant moi, a-~c d'a-
bominables hurlements.- «Paix M
Bull .fait une voix d'or que j'avais en"
tendue l'avant-veille dans ÏëC/~M~r
la voix de Jacqueline. J'étais en nr~ ~°
sence de Mlle Tholer. pm
~J~r~ dit-elle, en
me tendant la main. Je pars.
–Acetteheu''e~
no~. S~ Mi Théâtre-Français.
po's raccords de l~~M~-g oà
ueloir débute demain dans le rôle (TAn-
nibaL
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