Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1882-07-30
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 30 juillet 1882 30 juillet 1882
Description : 1882/07/30 (Numéro 13). 1882/07/30 (Numéro 13).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k524315r
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 22/02/2008
Seizième Année Troisième 'Série Numéro 13
A.I~ ~f U l.i, ll~lEY~ lEi,
Direedsur
ABONNEMENTS Ap
Paris Départements,
On mois 5 fr. Un mois fëïri
Trois mois 13 50 Trois mois SB fr.\
Six mois 27 fr. Six mois 32 fr.
Un an 54 fr. I Un an. 64Nfk/
Etranger >
Trois mois (Union postale) é 18 fr.
REDACTION
9, boulevard des Italiens, 9
DS DEUX HEURES A MINUIT
Paris î fltSi centimes. '̃ Départements et Gares 350 centime»
Dimanche 30 Juillet 1883
3HC. 3333 E>È3ITE!
Rédacteur en Chtf
ANNONCES
UM, CH. LAGHANGB, CERF A U
6, PLACE DU LA BOURSE, 6
Et à l Administration du Journal
ADMINISTRATION
DB DIX HEURES A CINQ HEURES
», boulevard des Italiens, •
ABONNEMENTS, PETITES ANNONCES
RENSEIGNEMENTS
9, bpulevard des Italiens, 9
et
Paris -Journal
Le Gaulois sera envoyé gratui-
tement, pendant huit jours, à toute
personne qui en fera la demande,
soit directement au bureau du jour-
"nal, soit par lettre affranchi© adres-
sée à l'administrateur du Gaulois,
9, boulevard des Italiens.
IBS CAUSBS DE L4 CRISE
S'est une conspiration avortée. Per-
sonne ne peut ignorer que le ministère
renfermait deux éléments absolument
hostiles.
D'un côté, MM. Léon Say, Jules Ferry,
Billot, Tirard, Jauréguiberry; de l'au-
tre, MM. Freycinet et Goblet; ceux-ci
avaient un puissant auxiliaire, le gen-
dre du président de la République, l'in-
évitable M. Wilson.
On se demande pourquoi M. Wilson
s'était allié aux adversaires de M. Léon
Say, qui, la veille, avait obtenu un si
grand succès à la Chambre, après 1,'élo-
quente exposition de son budget.
Ne serait-ce pas parce que M. Say,
encore respectueux des droits acquis,
aurait refusé d'appeler à la cour des
comptes un jeune protégé de ce même
M. Wilson, M. Dreyfus, son secré-
taire ?
Les événements ont déjoué tous ces
calculs; car si, avant hier, la majorité de
la Chambre n'a pas hésité à se déclarer
pour la politique de M. Léon Say, il est
hors de doute que, dans le vote de la
séance d'hier, les 425 voix se sont pro-
noncées directement et exclusivement
contre M. de Freycinet lui-même.
Et, du reste, il ne pouvait en être au-
trement il faut remarquer que pas un
des autres membres du cabinet n'est ve-
nu prêter main forte à M. le président
du conseil.
M. Goblet seul buvait ces paroles et
donnait des signes d'approbation.
Il ne faut donc pas ajouter foi aux
bruits inconséquents qui consistent à
Indiquer M. de Freycinet comme chargé
"de former un nouveau cabinet.
A l'Elysée
Après la séance, les ministres se sont
rendus à l'Elysée, où ils ont offert leur
démission à M. le président de la Répu-
blique, qui l'a acceptée.
Uns note relative à cette acceptation
doit paraître ce matin au Journal officiel.
Il a été entendu que les ministres jus-
qu'à là formation d'un nouveau cabinet,
resteraient chargés de l'expédition des
affaires.
On nous assure que M. Brisson, ap-
pelé par M. Grévy, aurait décliné la
mission de composer un ministère.
M. Grévy a beaucoup insisté. Des
noms ont été mis en avant
M. de Marcère, intérieur.
M. Bernard Lavergne, instruction
publique.
M. Wilson, finances.
M. Clémenceau, le tombeur du minis-
tère Freycinet. aurait été pressenti par
plusieurs de ses collègues.
Mais à aucun prix il n'accepterait de
faire partie d'une combinaison. Son
heure n'est pas encore arrivée.
L'Union républicaine, c'est-à-dire le
parti gambettiste. tourne au ministre
Brisson, histoire d'user M. Brisson.
M. Grévy a été sollicité de prendre
une grave détermination, et cela par M.
de Freycinet lui-même. Cette détermi-
nation n'est rien moins que la disso-
lution.
Mais M. Grévy a répondu
Avec le scrutin d'arrondissement,
presque tous les mêmes députés seront
réélus, et beaucoup de sièges seront
gagnés par les réactionnaires. Mais,
mon cher président, n'y aurait-il pas
moyen de former un ministère d'affai-
res à la veille des vacances. Dans ce
cas, je ferais un message.
Dans ce moment, a répondu M. de
Freycinet, il ne peut y avoir qu'un mi-
nistère d'affaires, et d'affaires d'E-
gypte.
M. Grévy est d'ailleurs très fatigué,
très hésitant, et dans son entourage in-
time, on aurait émis la possibilité de sa
retraite.
liéon Say
M. Léon Say s'est retiré chez lui, rue
'La Bruyère, où il s'est absolument cal-
feutré. Son premier mouvement en sor-
tant de la Chambre avait été de laisser
passer, il le disait du moins, le
temps de la crise, en goûtant les plaisirs
champêtres au château Longpont.
Mais, après son entrevue avec M. le
président de la République, le ministre
des finances a cru ne pas devoir aban-
donner le terrain. On lui a fait compren-
dre à l'Elysée, que sa présence était in-
dispensable que dans les différentes
combinaisons, dans toutes celles qui
avaient chance de succès dans l'esprit
Ae M. Grévy, son nom figurait en
grosses lettres sur toutes les listes, soit
comme président du conseil, soit comme
tampon amortisseur de chocs prévus, au
cas où le nouveau ministère inclinerait
un peu trop à gauche.
M. Léon Say a promis au président
Grévy ses conseils tout au moins, sans
vouloir s'engager d'une façon défini-
tive. A cet égard, il a été le contraire
de M. Jules Ferry, qui n'a pas hésité à
prendre la succession de M. de Freyci-
net sans bénéfice d'inventaire.
Dans lés Ministères
Au ministère de l'intérieur, M. Goqlet
a fait venir M. Foubert, son chef de ca-
binet, comme un homme disposé à faire
son testament politique.
A la guerre et à la marine, le général
Billot et le vice-amiral Jaurêguiberry
ont tenu à se renfermer dans leur rôle
de ministres spéciaux, et rester étran-
gers à toute intrigue politique.
M. Cochery est toujours inamovible.
Quant à. MM. Tirard, de Mahy et au-
tres ministres sans importance, ils se
consolent de ne plus être ministres en
espérant le devenir.
M. Humbert a commandé ses malles
pourMelun.
Sur les Boulevards
A sept heures et demie du soir* lors-
que les porteurs des journaux la France
et Paris sont arrivés sur le boulevard
avec les numéros de la seconde édition.
ils ont été littéralement assaillis. Jusqu'à
l'arrivée du Soir, qui, contre l'attente
générale, ne contenait aucune nouvelle
particulière inédite, des groupes nom-
breux ont stationné sur tous les points
du boulevard.
L'asphalte de la Madeleine à la rue
Drouot a été foulé durant toute la soirée
par M. de Marcère.
M. de Marcère, après avoir dîné dans
un restaurant à la mode, s'est fait voir,
avee un air d'importanee, dans un café
où se réunissent beaucoup de journa-
listes.
L'ancien ministre, qui espère bien
être un futur ministre, s'est renfermé
dans un silence qui a suscité des com-
mentaires prématurés, car il n'a nulle-
ment été appelé à l'Elysée, comme le
bruit en a couru.
Plus réservé que M. de Marcère, M.
Ribot, un candidat sérieux, lui, ne s'est
montré nulle part hier soir. Est-il allé à
la campagne? Est-il resté à Paris? Mys-
tère. A minuit, il n'avait pas même paru
à son journal. M. Ribot est demeuré
caché à tous les regards.
M. Etienne, aide de camp de M. Gam-
betta, triomphait bruyamment à onze
heures et demie devant le café de la
Paix.
Les Gauibcttistcs
Les autres gambettistes ont dû com-
ploter dans l'ombre, car on ne les a pas
vus.
M. Ranc n'est pas allé chez Frontin.
Emmanuel Arène n'a pas dîné au res-
taurant où on le rencontre chaque soir.
Il a dû y avoir conciliabule à la Répu-
blique française, où M. Gambetta, avant
de partir pour Ville-d'Avray à onze
heures, a voulu lire les épreuves des
principaux articles de son journal.
C'est dans le bureau de la République
qu'on a décidé de faire lancer, par les
éclaireurs du parti, la candidature de
M. Brisson. On a décidé encore que M.
Cochery, qui fait partie du mobilier des
postes, ne déménagerait pas; que M.
Ferry était acceptable et que M. Léon
Say n'était pas impossible. M. Gambetta
est allé se coucher à Ville-d'Avray. En
un mot, avant de monter en voiture, il
a fait l'oraison funèbre du ministère
Freycinet. « J'en ai vu tomber de plus
haut; je n'en ai jamais vu tomber plus
basl »
EPILOGUE
La cote des Candidats `
Hier soir, après l'échange de toutes
les versions, suppositions, de tous les
potins et racontars, un fantaisiste a ex-
primé ainsi les chances des divers mi-
nistères dont on parle
Ministère Brisson 3/1.
Ministère Ferry-Léon Say S/1.
Ministère Freycinet-Marcère 13/1.
En un mot, pour redevenir sérieux,
car les circonstances ne prêtent pas au
rire, tout est possible, surtout l'invrai-
semblable.
Les députés se demandent avec anxié-
té, quand viendront les vacances. Pour
pouvoir s'en aller plus vite, ils vote-
ront seulement, avant de se séparer, les
contributions directes et les taxes assi-
milées, pour que les conseils généraux
puissent en faire la répartition à leur
prochaine session.
En finissant, nous nous demandons
à qui parleraient lord Lyons, M. le
prince de Hohenlohe et les autres am-
bassadeurs s'ils avaient à faire au gou-
vernement des communications qui,
de jour en jour, peuvent être plus gra-
ves.
LOUIS LAMBERT
i
Nos Echos
AUJOURD'HUB
A 6 heures et demie, dîner au Grand-Hôtel
admission jusqu'à 7 heures.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salle de
musique.
MENU
Potage printanier Royal
Melon
Hors-d'œuvra
Saumon sauce ravigote
Croquettes Dauphina
Filet de bœuf ,à la Savaria
Poulets nouveaux petite-mariée
Selle d'agneau au cresson
Salade
Haricots panachés maître-d'hôtel
Baba au rhum
Glace Chateaubriand
Desserts
Fromages, fruits et petits-fours
Le salon des dames est ouvert aux voyageurs.
Piano, orgues, tables de jeux. Dîner à la carte
au restaurant. Billards au Café Divan.
Le programme du dîner-concert. (Voir 4 la
4' page.)
# =#%
A deux heures, externat de la rue de Ma-
drid, distribution des prix sous la présidence de
Mgr Richard.
Musée Grêvin, 10, boulevard Montmartre.
De onze heures du matin à onze heures du soir.
Entrée 1 franc.
Français, 9 h. »/». Mithridate et le Testa'
ment de César Girodot.
Château-d'Eau, 8 h. 1/2. La Reine Topaze.
LE MONDE ET LA VILLE
Le duc de Connaught ne viendra pas
à Paris, ainsi qu'il en avait été question
pendant quelques jours.
Il a résolu, au dernier moment, de re-
joindre la flotte anglaise en Egypte sans
traverser la France.
Le prince Arthur s'embarquera pro-
bablement lundi à bord du paquebot
l'Orient, et se rendra directement à
Alexandrie.
Il est probable que la duchesse de
Connaught ira d'ici peu à Malte, afin
d'être moins éloignée de son mari.
Son voyage cependant n'est pas en-
core complètement décidé.
Le prince Frédéric-Léopold de Prusse,
après un séjour à Blankenberghe, est re-
venu à Bruxelles. Il repartira pour l'E-
cosse et reviendra à Blankenberghe au
mois de septembre.
Grand mariage dans le high-life an-
glais.
L'union de Sa Grâce le duc de West-
minster avec lady Catherine Cavendish
a été célébrée hier à Holkam, résidence
du comte de Leicester.
Aussitôt après la cérémonie, les nou-
veaux époux prenaient le train de Lon-
dres pour se diriger de là sur Salisbury.
M. le duc d'Albe et d'Huescar, gendre
du duc de Fernan-Nunez, ambassadeur
d'Espagne, vient de partir pour Lon-
dres avec ses deux jeunes beaux-frères,
les marquis de la Nina et de Castel Mon-
cayo.
Ils sont attendus à Paris la semaine
prochaine.
M. le vice-amiral Thomasset, com-
mandant en chef de l'escadre de réserve
rassemblée à Brest, est parti hier soir,
à huit heures, pour aller en prendre le
commandement.
Le vice-amiral Thomasset a emmené
avec lui son état-major, dont le chef est
M. le capitaine de vaisseau Henri Mas-
sias de la Gravière, petit- fils maternel du
célèbre comte Dubois, préfet du premier
Empire, ainsi que le commissaire d'es-
cadre, M. Travers, qui a rang de capi-
taine.
Le vice-amiral Thomasset va mettre
son pavillon sur la Dévastation, qui est,
en dépit de ses deux accidents coup sur
coup, un de nos meilleurs et plus beaux
navires.
Hier, pendant la séance fort orageuse
de la Chambre des députés, dans la
partie de la salle où les sénateurs sont
admis à assister aux délibérations, M. le
baron de Lareinty, sénateur, se trouva
à côté d'un M. Bertout, conseiller d'Etat,
qui s'était introduit irrégulièrement
dans l'enceinte, et qui se livrait à des ré-
flexions blessantes pour les membres de
la droite.
M. de Lareinty lui fit observer l'in-
convenance de ses propos dans les ter-
mes les plus énergiques, termes que M.
le conseiller d'Etat, nommé par M. Ca-
zot, ne jugea naturellement pas à pro-
pos de relever.
Hier matin, sur la frontière de Belgi-
que une rencontre à l'épée a eu lieu en-
tre M. le baron de Constant, conseiller
de l'ambassade des Pays-Bas à Paris, et
M. Paulze d'Ivoy, ancien attaché d'am-
bassade.
Le motif du duel est une distraction
du baron de Constant, qui, en passant |à
côté de lui, n'avait pas salué M. d'Ivoy.
Celui-ci a reçu deux coups d'épée
successifs, mais heureusement sans gra-
vité.
Nous avons fait prendre des nouvel-
les de M. l'amiral Pothuau, et, malheu-
reusement, l'état du malade est loin d'ê-
tre satisfaisant.
L'amiral ne se lève plus.
Plusieurs opérations ont été pratiquées
sur le malade, qui éprouve de cruelles
souffrances. Le docteur Rochard, méde-
cin de' semaine, lui rend deux visites
par jour.
Dans tous les partis, le vice-amiral
Pothuau inspire les plus vives sympa-
thies.
Le jugement du concours du prix de
Rome, section de peinture, a été rendu
hier samedi, à quatre heures.
Le premier prix a été décerné à M.
Gustave-Louis Antoine Popelin, élève
de MM. Giraud et Terrier, né le 30 juil-
let 18S9. Cet artiste a dû avoir une sur-
prise agréable pour l'anniversaire de
sa naissance.
Le premier second grand prix a été
remporté par M. Henri-Louis-Marius
Pinta, élève de M. Cabanel, né le 15 juin
1856.
Enfin, le deuxième grand prix a été
décerné à M. Paul Leroy, également
élève de M. Cabanel, né le 29 décembre
1860.
Très brillante, la terrasse des Ambas-
sadeurs, de huit à dix heures.
Tout ce qui reste d'élégants à Paris,
lesclubmen qui attendent le moment
d'aller à Caen et à Trouville, pour le dé-
placement de rigueur des courses du
littoral, s'y donnent rendez-vous pour
dîner au frais.
Hier soir, nous y avons rencontré le
comte de laRedorte, leprince de Rohan,
M. Hennessy, etc., etc.
On attend sur la terrasse, en savou-
rant la coupe Jacques, le moment d'aller
à côté entendre Paulus, auquel hier le
public enthousiaste a demandé cinq
chansons successivement.
Dans quelques jours, tout ce monde- là
se retrouvera à Trouville, sur les plan-
devaut l'hôtel de Paris,
Encore une nouveauté au Musée Gré-
vin, mais celle-ci particulièrement gra-
cieuse.
Après le cadavre du Pecq, dans toute
la vérité de son horreur, Mlle Rosita
Mauri, dans tout l'idéal de sa beauté et
de son charme.
Elle est là, dans le jardin d'Hiver, en
son costume de gaze, souriante, et jolie,
et vivante, le pied tendu en avant, prête
à s'envoler.
Mlle Rosita Mauri est certainement
un des plus charmants tableaux qu'on
puisse yoir.
Jeunes élèves, apprêtez vos fronts aux
lauriers du triomphe, et que les cœurs
de vos mères tressaillent d'émotion
C'est mercredi prochain, à midi,
qu'aura lieu, à la Sorbonne, la distribu-
tion des prix du concours général.
M. le ministre de l'instruction publi-
que présidera, comme de coutume, la cé-
rémonie, et M. Talbot, professeur de
rhétorique au lycée Fontanes, pronon-
cera le discours traditionnel qui aura
pour sujet « L'idée dans l'éducation
moderne. »
#*#
La distribution des prix de l'Ecole de
droit aura lieu mardi prochain, lor août,
à deux heures, sous la présidence de
M. Bendaur, doyen de la Faculté.
Le rédacteur militaire de Y Evénement i
paraît croire que la lettre, relative à
l'expédition d'Egypte, publiée ces jours
derniers par le Gaulois, est de pure in-
vention.
La meilleure réponse à faire à notre
confrère, et la meilleure preuve de la
sûreté de nos informations, c'est que
nous attendons encore un démenti of-
ficiel qui entre parenthèses tarde
bien à venir.
M. Emile Valaoritis, fils de l'éminent
poète grec Aristote Valaoritis, qui avait
été nommé récemment consul français à
Madère, vient d'y mourir des suites
d'une maladie de cœur.
Le conseil supérieur de l'instruction
publique s'est réuni hier matin, sous la
présidence de M. Berthelot.
Il a terminé l'examen des program-
mes relatifs à l'enseignement secondaire
des jeunes filles.
Il a exaucé les vœux transmis au con-
seil car les maîtres d'études. La com-
mission avait émis un vote favorable
aux réclamations de ces derniers le
conseil a ratifié les conclusions de la
commission mais, comme leur adoption
entraînerait une augmentation de dé-
penses, le conseil en référera à ce sujet
aux décisions de la Chambre.
A la fin de la séance, M. Jules Ferry
sortant du conseil des ministres, est ar-
rivé, et, comme l'ordre du jour du con-
seil supérieur était épuisé, il a déclaré
close la session.
Il n'y aura pas de session extraordi-
naire.
L'afféterie et la sensiblerie préten-
tieuse de certaines personnes sont véri-
tablement une mine inépuisable de
gaietés et d'études.
Voici le dernier faclum, éclos dans
l'imagination d'une jeune mariée qui a
des aspirations artistiques, pour annon-
cer la naissance de sa fille.
Ce document fait en ce moment la
joie de la plage d'Etretat, où se trouvent
la mère et l'enfant
Monsieur et madame,
Je suis venue au monde le mardi 4 juillet
1882. Je me porte à merveille et ma petite
maman aussi. Elle doit être bien heureuse,
car, avec mon petit papa, je l'entends sou-
vent près de mon berceau, fredonner de
joyeux refrains.
J'espère que vous apprendrez tout cela
avec plaisir, et que vous accepterez le joli
baiser que je vous envoie.
0 bizarrerie de la langue française i
Pourquoi écrit-on emmailloter ?
Pourquoi écrit-on démailloter ? 2
Renvoyé à l'Académie.
NOUVELLES A LA MAIN
Les cartes postales.
Comment monsieur Pipelet, vous
ne me remettez qu'aujourd'hui une let-
tre que vous devez avoir depuis trois
jours ?
Je vas vous dire, monsieur c'est
que j'ai vu que ce n'était pas pressé.
C'est un rendez-vous qu'on vous donne
pour la semaine prochaine.
Un sergent reprochait sa poltronnerie
aux exercices du tir à un soldat, devant
ses camarades.
Riez, riez répondit Dumanet, nous
en recauserons I quand je serai roi.
Comment, quand tu seras roi ?
Dame! vous avez donc oublié le vers
de cette tragédie qu'on jouait hier au
Grand-Théâtre:
Le premier qui fut roi fut un soldat peureux 1
Deux membres de l'Académie des
sciences causaient entre eux psycholo-
gie, métaphysique, etc.
Voyons, entre nous, mon cher X.
croyez-vous en Dieu ?
« Mon Dieu! » non, répondit l'autre
machinalement.
Eh bien 1 moi non plus, alors 1
On venait de parler du grand tunnel
sous-marin, interrompu en ce moment,
qui doit relier l'Angleterre à la France.
Puis, on parla de nouvelles pièces d'ar-
tillerie et de nouveaux boulets, d'une
puissance formidable.
Pour percer le tunnel ?. s'écria un
des assistants.
m domih»
NOUVELLES ET DÉPÊCHES
(Service télégraphique du Gaulois)
Alexandrie, 29 juillet.
Le général Allison est en mesure de dé-
loger les troupes d'Arabi mais il a reçu
du gouvernement anglais l'ordre de n'en-
gager aucune opération militaire jusqu'à
l'arrivée de sir Garnet Wolseley, qui est en
routé pour Alexandrie.
Toutefois, Aboukir sera occupé demain
dimanche par les troupes anglaises.
Constantinople, 29 juillet.
Les troupes turques ne peuvent s'em-
barquer pour l'Egypte, faute d'argent et
d'équipements.
UN HOMME
Nous parlions hier de dislocation du
ministère, aujourd'hui c'est sa chute. Le
vote de la Chambre donnerait l'illusion
d'une majorité puissante, si l'on ne sa-
vait qu'il est le produit d'une coalition
de ceux qui veulent la paix à tout prix
et de ceux qui estiment que l'interven-
tion ne doit pas être qu'une manifesta-
tion. Mais les mêmes compétitions po-
litiques subsistent.
On nous pardonnera de dire que ce
qu'on appelle l'honneur delà journée
appartient à M. Clemenceau. Il a joué le
rôle qui, jusqu'à présent, a été celui de
M. Gambetta il a pris le ministère par
les cornes, de bien faibles cornes, et l'a
laissé sur le carreau. Quelle piteuse
attitude a été celle de M. de Freycinet
Mais nous ne faisons que constater le
caractère et le résultat de la lutte qui
vient d'aboutir à la démission du minis-
tère Freycinet.
Quelle est la pensée qui a pu rallier
la presque unanimité de la Chambre?
La pensée de la paix, envisagée au point
de vue électoral. Le pays veut la paix.
Il ne souscrirait à une guerre que si
cette guerre lui paraissait nécessaire à
son salut. En votant les crédits égyp-
tiens, les députés se seraient trouvés en
présence des électeurs inquiets, mécon-
tents de sevoir ainsi engagés dans un
engrenage qui pouvait les entraîner
au-delà de ce qu'on leur disait.
Si tel n'était point le sentiment qui l'a
guidée, la Chambre se trouverait accu-
lée à la dissolution. Ses profondes divi-
sions, sa complète impuissance, semblent
la marquer pour la dissolution, surtout
avec le long temps de son mandat,
qui reste encore à courir. Si' M.
Gambetta revenait au pouvoir, ce serait
chose faite. Mais M. Gambetta, qui ne
peut plustirer d'une expédition enEgypte
les avantages personnels qu'il en atten-
dait, n'a que faire du pouvoir.
Ce n'est point notre affaire de pronos-
tiquer .les combinaisons ministérielles.
Avec l'incertitude des choses, la mobi-
lité des personnes, qui caractérisent le
gâchis actuel, gâchis dont il n'est peut-
être pas d'exemple à la fin d'un régime
soi-disant régulier, il suffit d'une mi-
nute pour bouleverser l'œuvre de la mi-
nute précédente.
Sera-ce M. Clemenceau ou M. Brisson,
ou M. Waddington, ou M. Ferry, ou
même M. de Freycinet ?. Tout est pos-
sible, et tout est impossible. La Cham-
bre reste ce qu'elle était, il n'y a que
des majorités de coalition. La meil-
leure carte de son jeu, ce sont les va-
cances. Un ministère quelconque, autre
qu'un ministère Gambetta, n'osera pro-
bablement pas prendre la responsabilité
de la dissoudre à cette époque de l'an-
née mais elle mériterait ce sort-là,
aussi bien que le ministère Freycinet,
sa chute lamentable.
Aussi bien, que nous donneraient
de nouvelles élections? Que nous
ont donné les élections de l'année
dernière, et celles du 16 mai? Les choses
n'ont fait que s'aggraver. Quoiqu'on
fasse dans cet ordre d'idées, l'on semble
condamné à ne pouvoir rien faire d'utile
pour le pays. La république a épuisé ses
doctrines, ses hommes, ses combinai-
sons elle est au bout de son latin. S'il
ne survient pas un homme d'un suprême
bon sens.d'une volonté de fer, pour nous
tirer de ces dissenssions bysantines, eh
bien, les républicains nous le disent,
nous touchons au moment où nous ne
serons plus qu'un ramassis d'individus
incohérents, objet de dérision, et de mé-
pris pour l'univers. On nous dit sou-
vent Mais qu'est-ce que vous voulez ?
Ce que nous voulons, c'est un homme.
LOUIS TESTE.
Il Pensiero di Nizza
On fait une réclame formidable à un obscur
petit canard niçois, intitulé II Pensiero di
Nizza (la Pensée de Nice), pour un arti-
cle d'insultes à la France, que ledit obscur
petit canard a publié, la semaine dernière.
Tous les journaux ont reproduit l'article,
et le gouvernement va en poursuivre l'au-
teur pour avoir excité à la haine et au
mépris des citoyens les uns contre les au-
tres.
Il Pensiero est rédigé en italien il pa-
raît à Nice. C'est l'organe des cinq cents
bourgeois de Nice qui, nés italiens, avant
l'annexion, n'ont pas oublié leur première
patrie, et sont demeurés séparatistes. Le
journal de ces Français antifrançais a l'as-
pect, la composition, la miseen pages d'un
journal italien.
Il met en première place le récit et la dis-
cussion des choses du royaume cisalpin.
Les affaires de la France sont reléguées
par les rédacteurs du Pensiero sous la ru-
brique Etranger. On les y cherche entre
les dépêches de Russie et les nouvelles de
la république de Haïti.
Le fondateur dn Pensiero, qui fut long-
temps son inspirateur, est M. Borriglione,
député, maire de Nice, chevalier de la Lé-
gion d'honneur. M. Borriglione, Bourril-
Ion, comme prononcent les gens du peuple à
Nice, a longtemps été le chef du parti
séparatiste dans les Alpes-Maritimes. Il
donna en 1870 une preuve éclatante de ses
sentiments italiens et de sa hairfe contre la
France.
A son instigation, une trentaine de no-
tables de Nice écrivirent à Garibaldi, lui
demandant d'envahir les territoires réunis
par l'Empire à la France. Garibaldi répon-
dit qu'il était à la fois patriote et républi-
cain qu'en lui le patriote souhaitait le
retour de Nice à la patrie italienne, mais
que le républicain ne voulait pas démem-
brer une République1 pour asservir une
province de plus à la monarchie, même ita-
lienne.
Cette rebuffade ne découragea pas M.
Borriglione. Lui et ses trente complices
s'adressèrent, dit-on, à M. de Bismarck.
Le chancelier les éconduisit comme l'a-
vait fait Garibaldi, quoique pour d'au-
tres raisons.
Malgré ce double échec, les séparatistes
.continuèrent, Borriglione en tête, à crier
« Vive l'Italie » dans le Pensiero. Mais on
se lasse de tout.
M. Borriglione, devenu un personnage
en France, abandonna le journal sépara-
tiste, qui passa en d'autres mains.
Les abonnés du Pensiero sont très peu
nombreux. Le journal antifrançais ne
vît que des subventions de quelques fidè-
les quand même à l'Italie, et des annonces
des banquiers et des commerçants italiens.
Pour conserver ces subsides, il est obligé
de crier très haut ses préférences italien-
nes. Aussi tous les numéros du Pensiero
sont-ils faits seulement d'insultes à la
France. Depuis longtemps, les journaux de
Nice ont renoncé à entrer en polémique
avec le Pensiero. Si l'article que nous
avonsles premiers signalé, avec le National,
a été traduit, c'est parce qu'il a paru pen-
dant le séjour de M. Gambetta à Nice et
qu'on voulait attirer son attention sur les
audaces des séparatistes niçois.
MERMEIX
LE CMMBJHJ PECO
Nous offrons aujourd'hui à nos lec-
teurs la primeur d'un document dont
personne ne saurait méconnaître l'inté-
rêt et l'importance. Tout Paris s'est ému
à la découverte que le Gaulois a, le pre-
mier, publiée, du cadavre trouvé dans
là Seine, et à la nouvelle de l'arrestation
des assassins.
Le procès qui va se dérouler, les 9, 10
et 11 août, devant la cour d'assises de
Seine-et-Oise, sera une cause célèbre
entre toutes.
L'acte d'accusation qui vient d'être
signifié aux accusés est le prologue du
drame judiciaire sur lequel beaucoup
d'idées fausses sont répandues dans le
public. Il nous a paru, étant donné l'im-
mense retentissement de l'affaire, que
le devoir d'un journal transformé était
de passer outre, malgré notre profond
respect pour la magistrature, à certai-
nes prohibitions surannées qui n'ont,
jdans l'espèce, aucune raison d'être.
D'ailleurs, il y a des précédents, et
nous pouvons nous faire réellement les
auxiliaires de la justice, en donnant à
ce document une publicité anticipée.
ACTE D'ACCUSATION
Le procureur général près la Cour d'ap-
pel de Paris expose que, par arrêt du 21
juillet 1882, la chambre d'accusation de la-
dite Ccur a renvoyé devant la Cour d'as-
sises de Seine-et Oise, pour y être jugé
conformément à la loi 1° le nommé Ma-
rin-Joseph Fenayrou, né à Aguessac. ar-
rondissement de Millau (Ayeyron), le 9 dé-
cembre 1841, ex-pharmacien, demeurant
boulevard Gouvion-Saint-Cyr, n° 25, à Pa-
ris 2° femme Fenayrou Gabrielle-Anne
Gibons, née à Paris le 21 février 1852, sans
profession demeurant au même lieu;
S» Frédéric-Lucien Fenayrou, né à Millau
(Aveyron), le 11 janvier 1847, tabletier,
demeurant à Paris, rue du Faubourg du
Temple, n° 135.
Déclare le procureur général que des
pièces et de l'instruction résultent les faits
suivantsl
Le 29 mai dernier, vers neuf heures du
matin, un marinier tirait de la Seine, près
du pont du Pecq, sur le territoire de Montes-
son, un cadavre qui avait séjourné dans
l'eau depuis quelque temps. Le corps, qui
paraissait être celui d'un homme de trente
à trente-cinq ans, était complètement nu.
La bouche était bâillonnée au moyen d'un
linge fortement serré derrière la tête et
maintenu par une épingle anglaise fixée
dans la lèvre inférieure. Il était, en outre,
entouré d'un tuyau de plomb aplati d'une
longueur de dix mètres. Ce tuyau faisait
quatre fois le tour du cou, passait sous le
jarret gauche, ramenait ainsi la jambe
vers la poitrine, revenait vers le cou, puis
prenait le bas de la jambe droite, à la-
quelle il était fixé par un demi-nœud.
La tête portait les traces de coups nom-
breux, dont trois avaient fracturé le crâne
et en avaient enfoncé les débris dans la
masse cérébrale. Enfin on constatait, dans
la partie gauche de la poitrine, trois plaies
paraissant produites par un stylet.
La justice ne tarda pas à apprendre qu'un
pharmacien du boulevard Malesherbes,
nommé Aubert, avait disparu de son do-
micile depuis le 18 mai. Le 4 juin, plusieurs
membres de sa famille, et notamment la
dame Barbet, sa sœur, se rendirent à
Saint Germain, et, portés par les indica-
tions de la gendarmerie à croire que le
cadavre découvert était celui d'Aubert,
sollicitèrent une exhumation, qui eut lieu
le 7 juin et confirma leurs soupçons.
La dame Barbet déclara que son frère
avait passé, aux yeux du sieur Marin Fe-
nayrou, pharmacien, boulevard Gouvion-
SaintCyr, n° 25, son ancien patron, pour
être l'amant de la femme Fenayrou, et que <
le mari avait proféré contre son ancien
élève des menaces de mort.
Cette déclaration amena le lendemain
l'arrestation des époux Marin Fenayrou et
de Lucien Fenayrou,frère du mari, ouvrier
tabletier. Tous trois commencèrent par in-
voquerun alibi qui parut d'autant plus sus
pect qu'ils semblaient tous réciter une le-
çon commune. Ils furent transférés à Ver-
sailles.
Dans le trajet, la femme Fenayrou re-
connut que l'assassinat était leur fait col-
lectif, et le lendemain les deux frères, con-
A.I~ ~f U l.i, ll~lEY~ lEi,
Direedsur
ABONNEMENTS Ap
Paris Départements,
On mois 5 fr. Un mois fëïri
Trois mois 13 50 Trois mois SB fr.\
Six mois 27 fr. Six mois 32 fr.
Un an 54 fr. I Un an. 64Nfk/
Etranger >
Trois mois (Union postale) é 18 fr.
REDACTION
9, boulevard des Italiens, 9
DS DEUX HEURES A MINUIT
Paris î fltSi centimes. '̃ Départements et Gares 350 centime»
Dimanche 30 Juillet 1883
3HC. 3333 E>È3ITE!
Rédacteur en Chtf
ANNONCES
UM, CH. LAGHANGB, CERF A U
6, PLACE DU LA BOURSE, 6
Et à l Administration du Journal
ADMINISTRATION
DB DIX HEURES A CINQ HEURES
», boulevard des Italiens, •
ABONNEMENTS, PETITES ANNONCES
RENSEIGNEMENTS
9, bpulevard des Italiens, 9
et
Paris -Journal
Le Gaulois sera envoyé gratui-
tement, pendant huit jours, à toute
personne qui en fera la demande,
soit directement au bureau du jour-
"nal, soit par lettre affranchi© adres-
sée à l'administrateur du Gaulois,
9, boulevard des Italiens.
IBS CAUSBS DE L4 CRISE
S'est une conspiration avortée. Per-
sonne ne peut ignorer que le ministère
renfermait deux éléments absolument
hostiles.
D'un côté, MM. Léon Say, Jules Ferry,
Billot, Tirard, Jauréguiberry; de l'au-
tre, MM. Freycinet et Goblet; ceux-ci
avaient un puissant auxiliaire, le gen-
dre du président de la République, l'in-
évitable M. Wilson.
On se demande pourquoi M. Wilson
s'était allié aux adversaires de M. Léon
Say, qui, la veille, avait obtenu un si
grand succès à la Chambre, après 1,'élo-
quente exposition de son budget.
Ne serait-ce pas parce que M. Say,
encore respectueux des droits acquis,
aurait refusé d'appeler à la cour des
comptes un jeune protégé de ce même
M. Wilson, M. Dreyfus, son secré-
taire ?
Les événements ont déjoué tous ces
calculs; car si, avant hier, la majorité de
la Chambre n'a pas hésité à se déclarer
pour la politique de M. Léon Say, il est
hors de doute que, dans le vote de la
séance d'hier, les 425 voix se sont pro-
noncées directement et exclusivement
contre M. de Freycinet lui-même.
Et, du reste, il ne pouvait en être au-
trement il faut remarquer que pas un
des autres membres du cabinet n'est ve-
nu prêter main forte à M. le président
du conseil.
M. Goblet seul buvait ces paroles et
donnait des signes d'approbation.
Il ne faut donc pas ajouter foi aux
bruits inconséquents qui consistent à
Indiquer M. de Freycinet comme chargé
"de former un nouveau cabinet.
A l'Elysée
Après la séance, les ministres se sont
rendus à l'Elysée, où ils ont offert leur
démission à M. le président de la Répu-
blique, qui l'a acceptée.
Uns note relative à cette acceptation
doit paraître ce matin au Journal officiel.
Il a été entendu que les ministres jus-
qu'à là formation d'un nouveau cabinet,
resteraient chargés de l'expédition des
affaires.
On nous assure que M. Brisson, ap-
pelé par M. Grévy, aurait décliné la
mission de composer un ministère.
M. Grévy a beaucoup insisté. Des
noms ont été mis en avant
M. de Marcère, intérieur.
M. Bernard Lavergne, instruction
publique.
M. Wilson, finances.
M. Clémenceau, le tombeur du minis-
tère Freycinet. aurait été pressenti par
plusieurs de ses collègues.
Mais à aucun prix il n'accepterait de
faire partie d'une combinaison. Son
heure n'est pas encore arrivée.
L'Union républicaine, c'est-à-dire le
parti gambettiste. tourne au ministre
Brisson, histoire d'user M. Brisson.
M. Grévy a été sollicité de prendre
une grave détermination, et cela par M.
de Freycinet lui-même. Cette détermi-
nation n'est rien moins que la disso-
lution.
Mais M. Grévy a répondu
Avec le scrutin d'arrondissement,
presque tous les mêmes députés seront
réélus, et beaucoup de sièges seront
gagnés par les réactionnaires. Mais,
mon cher président, n'y aurait-il pas
moyen de former un ministère d'affai-
res à la veille des vacances. Dans ce
cas, je ferais un message.
Dans ce moment, a répondu M. de
Freycinet, il ne peut y avoir qu'un mi-
nistère d'affaires, et d'affaires d'E-
gypte.
M. Grévy est d'ailleurs très fatigué,
très hésitant, et dans son entourage in-
time, on aurait émis la possibilité de sa
retraite.
liéon Say
M. Léon Say s'est retiré chez lui, rue
'La Bruyère, où il s'est absolument cal-
feutré. Son premier mouvement en sor-
tant de la Chambre avait été de laisser
passer, il le disait du moins, le
temps de la crise, en goûtant les plaisirs
champêtres au château Longpont.
Mais, après son entrevue avec M. le
président de la République, le ministre
des finances a cru ne pas devoir aban-
donner le terrain. On lui a fait compren-
dre à l'Elysée, que sa présence était in-
dispensable que dans les différentes
combinaisons, dans toutes celles qui
avaient chance de succès dans l'esprit
Ae M. Grévy, son nom figurait en
grosses lettres sur toutes les listes, soit
comme président du conseil, soit comme
tampon amortisseur de chocs prévus, au
cas où le nouveau ministère inclinerait
un peu trop à gauche.
M. Léon Say a promis au président
Grévy ses conseils tout au moins, sans
vouloir s'engager d'une façon défini-
tive. A cet égard, il a été le contraire
de M. Jules Ferry, qui n'a pas hésité à
prendre la succession de M. de Freyci-
net sans bénéfice d'inventaire.
Dans lés Ministères
Au ministère de l'intérieur, M. Goqlet
a fait venir M. Foubert, son chef de ca-
binet, comme un homme disposé à faire
son testament politique.
A la guerre et à la marine, le général
Billot et le vice-amiral Jaurêguiberry
ont tenu à se renfermer dans leur rôle
de ministres spéciaux, et rester étran-
gers à toute intrigue politique.
M. Cochery est toujours inamovible.
Quant à. MM. Tirard, de Mahy et au-
tres ministres sans importance, ils se
consolent de ne plus être ministres en
espérant le devenir.
M. Humbert a commandé ses malles
pourMelun.
Sur les Boulevards
A sept heures et demie du soir* lors-
que les porteurs des journaux la France
et Paris sont arrivés sur le boulevard
avec les numéros de la seconde édition.
ils ont été littéralement assaillis. Jusqu'à
l'arrivée du Soir, qui, contre l'attente
générale, ne contenait aucune nouvelle
particulière inédite, des groupes nom-
breux ont stationné sur tous les points
du boulevard.
L'asphalte de la Madeleine à la rue
Drouot a été foulé durant toute la soirée
par M. de Marcère.
M. de Marcère, après avoir dîné dans
un restaurant à la mode, s'est fait voir,
avee un air d'importanee, dans un café
où se réunissent beaucoup de journa-
listes.
L'ancien ministre, qui espère bien
être un futur ministre, s'est renfermé
dans un silence qui a suscité des com-
mentaires prématurés, car il n'a nulle-
ment été appelé à l'Elysée, comme le
bruit en a couru.
Plus réservé que M. de Marcère, M.
Ribot, un candidat sérieux, lui, ne s'est
montré nulle part hier soir. Est-il allé à
la campagne? Est-il resté à Paris? Mys-
tère. A minuit, il n'avait pas même paru
à son journal. M. Ribot est demeuré
caché à tous les regards.
M. Etienne, aide de camp de M. Gam-
betta, triomphait bruyamment à onze
heures et demie devant le café de la
Paix.
Les Gauibcttistcs
Les autres gambettistes ont dû com-
ploter dans l'ombre, car on ne les a pas
vus.
M. Ranc n'est pas allé chez Frontin.
Emmanuel Arène n'a pas dîné au res-
taurant où on le rencontre chaque soir.
Il a dû y avoir conciliabule à la Répu-
blique française, où M. Gambetta, avant
de partir pour Ville-d'Avray à onze
heures, a voulu lire les épreuves des
principaux articles de son journal.
C'est dans le bureau de la République
qu'on a décidé de faire lancer, par les
éclaireurs du parti, la candidature de
M. Brisson. On a décidé encore que M.
Cochery, qui fait partie du mobilier des
postes, ne déménagerait pas; que M.
Ferry était acceptable et que M. Léon
Say n'était pas impossible. M. Gambetta
est allé se coucher à Ville-d'Avray. En
un mot, avant de monter en voiture, il
a fait l'oraison funèbre du ministère
Freycinet. « J'en ai vu tomber de plus
haut; je n'en ai jamais vu tomber plus
basl »
EPILOGUE
La cote des Candidats `
Hier soir, après l'échange de toutes
les versions, suppositions, de tous les
potins et racontars, un fantaisiste a ex-
primé ainsi les chances des divers mi-
nistères dont on parle
Ministère Brisson 3/1.
Ministère Ferry-Léon Say S/1.
Ministère Freycinet-Marcère 13/1.
En un mot, pour redevenir sérieux,
car les circonstances ne prêtent pas au
rire, tout est possible, surtout l'invrai-
semblable.
Les députés se demandent avec anxié-
té, quand viendront les vacances. Pour
pouvoir s'en aller plus vite, ils vote-
ront seulement, avant de se séparer, les
contributions directes et les taxes assi-
milées, pour que les conseils généraux
puissent en faire la répartition à leur
prochaine session.
En finissant, nous nous demandons
à qui parleraient lord Lyons, M. le
prince de Hohenlohe et les autres am-
bassadeurs s'ils avaient à faire au gou-
vernement des communications qui,
de jour en jour, peuvent être plus gra-
ves.
LOUIS LAMBERT
i
Nos Echos
AUJOURD'HUB
A 6 heures et demie, dîner au Grand-Hôtel
admission jusqu'à 7 heures.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salle de
musique.
MENU
Potage printanier Royal
Melon
Hors-d'œuvra
Saumon sauce ravigote
Croquettes Dauphina
Filet de bœuf ,à la Savaria
Poulets nouveaux petite-mariée
Selle d'agneau au cresson
Salade
Haricots panachés maître-d'hôtel
Baba au rhum
Glace Chateaubriand
Desserts
Fromages, fruits et petits-fours
Le salon des dames est ouvert aux voyageurs.
Piano, orgues, tables de jeux. Dîner à la carte
au restaurant. Billards au Café Divan.
Le programme du dîner-concert. (Voir 4 la
4' page.)
# =#%
A deux heures, externat de la rue de Ma-
drid, distribution des prix sous la présidence de
Mgr Richard.
Musée Grêvin, 10, boulevard Montmartre.
De onze heures du matin à onze heures du soir.
Entrée 1 franc.
Français, 9 h. »/». Mithridate et le Testa'
ment de César Girodot.
Château-d'Eau, 8 h. 1/2. La Reine Topaze.
LE MONDE ET LA VILLE
Le duc de Connaught ne viendra pas
à Paris, ainsi qu'il en avait été question
pendant quelques jours.
Il a résolu, au dernier moment, de re-
joindre la flotte anglaise en Egypte sans
traverser la France.
Le prince Arthur s'embarquera pro-
bablement lundi à bord du paquebot
l'Orient, et se rendra directement à
Alexandrie.
Il est probable que la duchesse de
Connaught ira d'ici peu à Malte, afin
d'être moins éloignée de son mari.
Son voyage cependant n'est pas en-
core complètement décidé.
Le prince Frédéric-Léopold de Prusse,
après un séjour à Blankenberghe, est re-
venu à Bruxelles. Il repartira pour l'E-
cosse et reviendra à Blankenberghe au
mois de septembre.
Grand mariage dans le high-life an-
glais.
L'union de Sa Grâce le duc de West-
minster avec lady Catherine Cavendish
a été célébrée hier à Holkam, résidence
du comte de Leicester.
Aussitôt après la cérémonie, les nou-
veaux époux prenaient le train de Lon-
dres pour se diriger de là sur Salisbury.
M. le duc d'Albe et d'Huescar, gendre
du duc de Fernan-Nunez, ambassadeur
d'Espagne, vient de partir pour Lon-
dres avec ses deux jeunes beaux-frères,
les marquis de la Nina et de Castel Mon-
cayo.
Ils sont attendus à Paris la semaine
prochaine.
M. le vice-amiral Thomasset, com-
mandant en chef de l'escadre de réserve
rassemblée à Brest, est parti hier soir,
à huit heures, pour aller en prendre le
commandement.
Le vice-amiral Thomasset a emmené
avec lui son état-major, dont le chef est
M. le capitaine de vaisseau Henri Mas-
sias de la Gravière, petit- fils maternel du
célèbre comte Dubois, préfet du premier
Empire, ainsi que le commissaire d'es-
cadre, M. Travers, qui a rang de capi-
taine.
Le vice-amiral Thomasset va mettre
son pavillon sur la Dévastation, qui est,
en dépit de ses deux accidents coup sur
coup, un de nos meilleurs et plus beaux
navires.
Hier, pendant la séance fort orageuse
de la Chambre des députés, dans la
partie de la salle où les sénateurs sont
admis à assister aux délibérations, M. le
baron de Lareinty, sénateur, se trouva
à côté d'un M. Bertout, conseiller d'Etat,
qui s'était introduit irrégulièrement
dans l'enceinte, et qui se livrait à des ré-
flexions blessantes pour les membres de
la droite.
M. de Lareinty lui fit observer l'in-
convenance de ses propos dans les ter-
mes les plus énergiques, termes que M.
le conseiller d'Etat, nommé par M. Ca-
zot, ne jugea naturellement pas à pro-
pos de relever.
Hier matin, sur la frontière de Belgi-
que une rencontre à l'épée a eu lieu en-
tre M. le baron de Constant, conseiller
de l'ambassade des Pays-Bas à Paris, et
M. Paulze d'Ivoy, ancien attaché d'am-
bassade.
Le motif du duel est une distraction
du baron de Constant, qui, en passant |à
côté de lui, n'avait pas salué M. d'Ivoy.
Celui-ci a reçu deux coups d'épée
successifs, mais heureusement sans gra-
vité.
Nous avons fait prendre des nouvel-
les de M. l'amiral Pothuau, et, malheu-
reusement, l'état du malade est loin d'ê-
tre satisfaisant.
L'amiral ne se lève plus.
Plusieurs opérations ont été pratiquées
sur le malade, qui éprouve de cruelles
souffrances. Le docteur Rochard, méde-
cin de' semaine, lui rend deux visites
par jour.
Dans tous les partis, le vice-amiral
Pothuau inspire les plus vives sympa-
thies.
Le jugement du concours du prix de
Rome, section de peinture, a été rendu
hier samedi, à quatre heures.
Le premier prix a été décerné à M.
Gustave-Louis Antoine Popelin, élève
de MM. Giraud et Terrier, né le 30 juil-
let 18S9. Cet artiste a dû avoir une sur-
prise agréable pour l'anniversaire de
sa naissance.
Le premier second grand prix a été
remporté par M. Henri-Louis-Marius
Pinta, élève de M. Cabanel, né le 15 juin
1856.
Enfin, le deuxième grand prix a été
décerné à M. Paul Leroy, également
élève de M. Cabanel, né le 29 décembre
1860.
Très brillante, la terrasse des Ambas-
sadeurs, de huit à dix heures.
Tout ce qui reste d'élégants à Paris,
lesclubmen qui attendent le moment
d'aller à Caen et à Trouville, pour le dé-
placement de rigueur des courses du
littoral, s'y donnent rendez-vous pour
dîner au frais.
Hier soir, nous y avons rencontré le
comte de laRedorte, leprince de Rohan,
M. Hennessy, etc., etc.
On attend sur la terrasse, en savou-
rant la coupe Jacques, le moment d'aller
à côté entendre Paulus, auquel hier le
public enthousiaste a demandé cinq
chansons successivement.
Dans quelques jours, tout ce monde- là
se retrouvera à Trouville, sur les plan-
devaut l'hôtel de Paris,
Encore une nouveauté au Musée Gré-
vin, mais celle-ci particulièrement gra-
cieuse.
Après le cadavre du Pecq, dans toute
la vérité de son horreur, Mlle Rosita
Mauri, dans tout l'idéal de sa beauté et
de son charme.
Elle est là, dans le jardin d'Hiver, en
son costume de gaze, souriante, et jolie,
et vivante, le pied tendu en avant, prête
à s'envoler.
Mlle Rosita Mauri est certainement
un des plus charmants tableaux qu'on
puisse yoir.
Jeunes élèves, apprêtez vos fronts aux
lauriers du triomphe, et que les cœurs
de vos mères tressaillent d'émotion
C'est mercredi prochain, à midi,
qu'aura lieu, à la Sorbonne, la distribu-
tion des prix du concours général.
M. le ministre de l'instruction publi-
que présidera, comme de coutume, la cé-
rémonie, et M. Talbot, professeur de
rhétorique au lycée Fontanes, pronon-
cera le discours traditionnel qui aura
pour sujet « L'idée dans l'éducation
moderne. »
#*#
La distribution des prix de l'Ecole de
droit aura lieu mardi prochain, lor août,
à deux heures, sous la présidence de
M. Bendaur, doyen de la Faculté.
Le rédacteur militaire de Y Evénement i
paraît croire que la lettre, relative à
l'expédition d'Egypte, publiée ces jours
derniers par le Gaulois, est de pure in-
vention.
La meilleure réponse à faire à notre
confrère, et la meilleure preuve de la
sûreté de nos informations, c'est que
nous attendons encore un démenti of-
ficiel qui entre parenthèses tarde
bien à venir.
M. Emile Valaoritis, fils de l'éminent
poète grec Aristote Valaoritis, qui avait
été nommé récemment consul français à
Madère, vient d'y mourir des suites
d'une maladie de cœur.
Le conseil supérieur de l'instruction
publique s'est réuni hier matin, sous la
présidence de M. Berthelot.
Il a terminé l'examen des program-
mes relatifs à l'enseignement secondaire
des jeunes filles.
Il a exaucé les vœux transmis au con-
seil car les maîtres d'études. La com-
mission avait émis un vote favorable
aux réclamations de ces derniers le
conseil a ratifié les conclusions de la
commission mais, comme leur adoption
entraînerait une augmentation de dé-
penses, le conseil en référera à ce sujet
aux décisions de la Chambre.
A la fin de la séance, M. Jules Ferry
sortant du conseil des ministres, est ar-
rivé, et, comme l'ordre du jour du con-
seil supérieur était épuisé, il a déclaré
close la session.
Il n'y aura pas de session extraordi-
naire.
L'afféterie et la sensiblerie préten-
tieuse de certaines personnes sont véri-
tablement une mine inépuisable de
gaietés et d'études.
Voici le dernier faclum, éclos dans
l'imagination d'une jeune mariée qui a
des aspirations artistiques, pour annon-
cer la naissance de sa fille.
Ce document fait en ce moment la
joie de la plage d'Etretat, où se trouvent
la mère et l'enfant
Monsieur et madame,
Je suis venue au monde le mardi 4 juillet
1882. Je me porte à merveille et ma petite
maman aussi. Elle doit être bien heureuse,
car, avec mon petit papa, je l'entends sou-
vent près de mon berceau, fredonner de
joyeux refrains.
J'espère que vous apprendrez tout cela
avec plaisir, et que vous accepterez le joli
baiser que je vous envoie.
0 bizarrerie de la langue française i
Pourquoi écrit-on emmailloter ?
Pourquoi écrit-on démailloter ? 2
Renvoyé à l'Académie.
NOUVELLES A LA MAIN
Les cartes postales.
Comment monsieur Pipelet, vous
ne me remettez qu'aujourd'hui une let-
tre que vous devez avoir depuis trois
jours ?
Je vas vous dire, monsieur c'est
que j'ai vu que ce n'était pas pressé.
C'est un rendez-vous qu'on vous donne
pour la semaine prochaine.
Un sergent reprochait sa poltronnerie
aux exercices du tir à un soldat, devant
ses camarades.
Riez, riez répondit Dumanet, nous
en recauserons I quand je serai roi.
Comment, quand tu seras roi ?
Dame! vous avez donc oublié le vers
de cette tragédie qu'on jouait hier au
Grand-Théâtre:
Le premier qui fut roi fut un soldat peureux 1
Deux membres de l'Académie des
sciences causaient entre eux psycholo-
gie, métaphysique, etc.
Voyons, entre nous, mon cher X.
croyez-vous en Dieu ?
« Mon Dieu! » non, répondit l'autre
machinalement.
Eh bien 1 moi non plus, alors 1
On venait de parler du grand tunnel
sous-marin, interrompu en ce moment,
qui doit relier l'Angleterre à la France.
Puis, on parla de nouvelles pièces d'ar-
tillerie et de nouveaux boulets, d'une
puissance formidable.
Pour percer le tunnel ?. s'écria un
des assistants.
m domih»
NOUVELLES ET DÉPÊCHES
(Service télégraphique du Gaulois)
Alexandrie, 29 juillet.
Le général Allison est en mesure de dé-
loger les troupes d'Arabi mais il a reçu
du gouvernement anglais l'ordre de n'en-
gager aucune opération militaire jusqu'à
l'arrivée de sir Garnet Wolseley, qui est en
routé pour Alexandrie.
Toutefois, Aboukir sera occupé demain
dimanche par les troupes anglaises.
Constantinople, 29 juillet.
Les troupes turques ne peuvent s'em-
barquer pour l'Egypte, faute d'argent et
d'équipements.
UN HOMME
Nous parlions hier de dislocation du
ministère, aujourd'hui c'est sa chute. Le
vote de la Chambre donnerait l'illusion
d'une majorité puissante, si l'on ne sa-
vait qu'il est le produit d'une coalition
de ceux qui veulent la paix à tout prix
et de ceux qui estiment que l'interven-
tion ne doit pas être qu'une manifesta-
tion. Mais les mêmes compétitions po-
litiques subsistent.
On nous pardonnera de dire que ce
qu'on appelle l'honneur delà journée
appartient à M. Clemenceau. Il a joué le
rôle qui, jusqu'à présent, a été celui de
M. Gambetta il a pris le ministère par
les cornes, de bien faibles cornes, et l'a
laissé sur le carreau. Quelle piteuse
attitude a été celle de M. de Freycinet
Mais nous ne faisons que constater le
caractère et le résultat de la lutte qui
vient d'aboutir à la démission du minis-
tère Freycinet.
Quelle est la pensée qui a pu rallier
la presque unanimité de la Chambre?
La pensée de la paix, envisagée au point
de vue électoral. Le pays veut la paix.
Il ne souscrirait à une guerre que si
cette guerre lui paraissait nécessaire à
son salut. En votant les crédits égyp-
tiens, les députés se seraient trouvés en
présence des électeurs inquiets, mécon-
tents de sevoir ainsi engagés dans un
engrenage qui pouvait les entraîner
au-delà de ce qu'on leur disait.
Si tel n'était point le sentiment qui l'a
guidée, la Chambre se trouverait accu-
lée à la dissolution. Ses profondes divi-
sions, sa complète impuissance, semblent
la marquer pour la dissolution, surtout
avec le long temps de son mandat,
qui reste encore à courir. Si' M.
Gambetta revenait au pouvoir, ce serait
chose faite. Mais M. Gambetta, qui ne
peut plustirer d'une expédition enEgypte
les avantages personnels qu'il en atten-
dait, n'a que faire du pouvoir.
Ce n'est point notre affaire de pronos-
tiquer .les combinaisons ministérielles.
Avec l'incertitude des choses, la mobi-
lité des personnes, qui caractérisent le
gâchis actuel, gâchis dont il n'est peut-
être pas d'exemple à la fin d'un régime
soi-disant régulier, il suffit d'une mi-
nute pour bouleverser l'œuvre de la mi-
nute précédente.
Sera-ce M. Clemenceau ou M. Brisson,
ou M. Waddington, ou M. Ferry, ou
même M. de Freycinet ?. Tout est pos-
sible, et tout est impossible. La Cham-
bre reste ce qu'elle était, il n'y a que
des majorités de coalition. La meil-
leure carte de son jeu, ce sont les va-
cances. Un ministère quelconque, autre
qu'un ministère Gambetta, n'osera pro-
bablement pas prendre la responsabilité
de la dissoudre à cette époque de l'an-
née mais elle mériterait ce sort-là,
aussi bien que le ministère Freycinet,
sa chute lamentable.
Aussi bien, que nous donneraient
de nouvelles élections? Que nous
ont donné les élections de l'année
dernière, et celles du 16 mai? Les choses
n'ont fait que s'aggraver. Quoiqu'on
fasse dans cet ordre d'idées, l'on semble
condamné à ne pouvoir rien faire d'utile
pour le pays. La république a épuisé ses
doctrines, ses hommes, ses combinai-
sons elle est au bout de son latin. S'il
ne survient pas un homme d'un suprême
bon sens.d'une volonté de fer, pour nous
tirer de ces dissenssions bysantines, eh
bien, les républicains nous le disent,
nous touchons au moment où nous ne
serons plus qu'un ramassis d'individus
incohérents, objet de dérision, et de mé-
pris pour l'univers. On nous dit sou-
vent Mais qu'est-ce que vous voulez ?
Ce que nous voulons, c'est un homme.
LOUIS TESTE.
Il Pensiero di Nizza
On fait une réclame formidable à un obscur
petit canard niçois, intitulé II Pensiero di
Nizza (la Pensée de Nice), pour un arti-
cle d'insultes à la France, que ledit obscur
petit canard a publié, la semaine dernière.
Tous les journaux ont reproduit l'article,
et le gouvernement va en poursuivre l'au-
teur pour avoir excité à la haine et au
mépris des citoyens les uns contre les au-
tres.
Il Pensiero est rédigé en italien il pa-
raît à Nice. C'est l'organe des cinq cents
bourgeois de Nice qui, nés italiens, avant
l'annexion, n'ont pas oublié leur première
patrie, et sont demeurés séparatistes. Le
journal de ces Français antifrançais a l'as-
pect, la composition, la miseen pages d'un
journal italien.
Il met en première place le récit et la dis-
cussion des choses du royaume cisalpin.
Les affaires de la France sont reléguées
par les rédacteurs du Pensiero sous la ru-
brique Etranger. On les y cherche entre
les dépêches de Russie et les nouvelles de
la république de Haïti.
Le fondateur dn Pensiero, qui fut long-
temps son inspirateur, est M. Borriglione,
député, maire de Nice, chevalier de la Lé-
gion d'honneur. M. Borriglione, Bourril-
Ion, comme prononcent les gens du peuple à
Nice, a longtemps été le chef du parti
séparatiste dans les Alpes-Maritimes. Il
donna en 1870 une preuve éclatante de ses
sentiments italiens et de sa hairfe contre la
France.
A son instigation, une trentaine de no-
tables de Nice écrivirent à Garibaldi, lui
demandant d'envahir les territoires réunis
par l'Empire à la France. Garibaldi répon-
dit qu'il était à la fois patriote et républi-
cain qu'en lui le patriote souhaitait le
retour de Nice à la patrie italienne, mais
que le républicain ne voulait pas démem-
brer une République1 pour asservir une
province de plus à la monarchie, même ita-
lienne.
Cette rebuffade ne découragea pas M.
Borriglione. Lui et ses trente complices
s'adressèrent, dit-on, à M. de Bismarck.
Le chancelier les éconduisit comme l'a-
vait fait Garibaldi, quoique pour d'au-
tres raisons.
Malgré ce double échec, les séparatistes
.continuèrent, Borriglione en tête, à crier
« Vive l'Italie » dans le Pensiero. Mais on
se lasse de tout.
M. Borriglione, devenu un personnage
en France, abandonna le journal sépara-
tiste, qui passa en d'autres mains.
Les abonnés du Pensiero sont très peu
nombreux. Le journal antifrançais ne
vît que des subventions de quelques fidè-
les quand même à l'Italie, et des annonces
des banquiers et des commerçants italiens.
Pour conserver ces subsides, il est obligé
de crier très haut ses préférences italien-
nes. Aussi tous les numéros du Pensiero
sont-ils faits seulement d'insultes à la
France. Depuis longtemps, les journaux de
Nice ont renoncé à entrer en polémique
avec le Pensiero. Si l'article que nous
avonsles premiers signalé, avec le National,
a été traduit, c'est parce qu'il a paru pen-
dant le séjour de M. Gambetta à Nice et
qu'on voulait attirer son attention sur les
audaces des séparatistes niçois.
MERMEIX
LE CMMBJHJ PECO
Nous offrons aujourd'hui à nos lec-
teurs la primeur d'un document dont
personne ne saurait méconnaître l'inté-
rêt et l'importance. Tout Paris s'est ému
à la découverte que le Gaulois a, le pre-
mier, publiée, du cadavre trouvé dans
là Seine, et à la nouvelle de l'arrestation
des assassins.
Le procès qui va se dérouler, les 9, 10
et 11 août, devant la cour d'assises de
Seine-et-Oise, sera une cause célèbre
entre toutes.
L'acte d'accusation qui vient d'être
signifié aux accusés est le prologue du
drame judiciaire sur lequel beaucoup
d'idées fausses sont répandues dans le
public. Il nous a paru, étant donné l'im-
mense retentissement de l'affaire, que
le devoir d'un journal transformé était
de passer outre, malgré notre profond
respect pour la magistrature, à certai-
nes prohibitions surannées qui n'ont,
jdans l'espèce, aucune raison d'être.
D'ailleurs, il y a des précédents, et
nous pouvons nous faire réellement les
auxiliaires de la justice, en donnant à
ce document une publicité anticipée.
ACTE D'ACCUSATION
Le procureur général près la Cour d'ap-
pel de Paris expose que, par arrêt du 21
juillet 1882, la chambre d'accusation de la-
dite Ccur a renvoyé devant la Cour d'as-
sises de Seine-et Oise, pour y être jugé
conformément à la loi 1° le nommé Ma-
rin-Joseph Fenayrou, né à Aguessac. ar-
rondissement de Millau (Ayeyron), le 9 dé-
cembre 1841, ex-pharmacien, demeurant
boulevard Gouvion-Saint-Cyr, n° 25, à Pa-
ris 2° femme Fenayrou Gabrielle-Anne
Gibons, née à Paris le 21 février 1852, sans
profession demeurant au même lieu;
S» Frédéric-Lucien Fenayrou, né à Millau
(Aveyron), le 11 janvier 1847, tabletier,
demeurant à Paris, rue du Faubourg du
Temple, n° 135.
Déclare le procureur général que des
pièces et de l'instruction résultent les faits
suivantsl
Le 29 mai dernier, vers neuf heures du
matin, un marinier tirait de la Seine, près
du pont du Pecq, sur le territoire de Montes-
son, un cadavre qui avait séjourné dans
l'eau depuis quelque temps. Le corps, qui
paraissait être celui d'un homme de trente
à trente-cinq ans, était complètement nu.
La bouche était bâillonnée au moyen d'un
linge fortement serré derrière la tête et
maintenu par une épingle anglaise fixée
dans la lèvre inférieure. Il était, en outre,
entouré d'un tuyau de plomb aplati d'une
longueur de dix mètres. Ce tuyau faisait
quatre fois le tour du cou, passait sous le
jarret gauche, ramenait ainsi la jambe
vers la poitrine, revenait vers le cou, puis
prenait le bas de la jambe droite, à la-
quelle il était fixé par un demi-nœud.
La tête portait les traces de coups nom-
breux, dont trois avaient fracturé le crâne
et en avaient enfoncé les débris dans la
masse cérébrale. Enfin on constatait, dans
la partie gauche de la poitrine, trois plaies
paraissant produites par un stylet.
La justice ne tarda pas à apprendre qu'un
pharmacien du boulevard Malesherbes,
nommé Aubert, avait disparu de son do-
micile depuis le 18 mai. Le 4 juin, plusieurs
membres de sa famille, et notamment la
dame Barbet, sa sœur, se rendirent à
Saint Germain, et, portés par les indica-
tions de la gendarmerie à croire que le
cadavre découvert était celui d'Aubert,
sollicitèrent une exhumation, qui eut lieu
le 7 juin et confirma leurs soupçons.
La dame Barbet déclara que son frère
avait passé, aux yeux du sieur Marin Fe-
nayrou, pharmacien, boulevard Gouvion-
SaintCyr, n° 25, son ancien patron, pour
être l'amant de la femme Fenayrou, et que <
le mari avait proféré contre son ancien
élève des menaces de mort.
Cette déclaration amena le lendemain
l'arrestation des époux Marin Fenayrou et
de Lucien Fenayrou,frère du mari, ouvrier
tabletier. Tous trois commencèrent par in-
voquerun alibi qui parut d'autant plus sus
pect qu'ils semblaient tous réciter une le-
çon commune. Ils furent transférés à Ver-
sailles.
Dans le trajet, la femme Fenayrou re-
connut que l'assassinat était leur fait col-
lectif, et le lendemain les deux frères, con-
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