Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1877-07-17
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 17 juillet 1877 17 juillet 1877
Description : 1877/07/17 (Numéro 3192). 1877/07/17 (Numéro 3192).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5224110
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 19/02/2008
Mardi i7 MUet i87T<
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Mxième –~umè'o o ~i9~.
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M,tMe'de.ta!~aBg~Bat~U~Qj[)g~t~, 1
~~e~<'s~Md:A~M.
aHpo~nm-
;M'&fM3~~Q.tg ])es 1" et 16 de chaque mois.
~ijËiSiU~ iMMa(K.<.
~< EDMOND TARB~
)." DtrecteMf-e~aat
ABONNBMEMTS
PAMs.. .Bnan,S4f–gixmMS,27f.-Troismo!s,i3f.SO
DËPARTEMETtTS 64 f.– 33 f.– 16 f.*
;.} RÉDACTION
<~ HM do !a Crange-BateHère (Au 1" ~TJeSm)
-D~ 2 &e~'M o MUtm~ .<
Souscrits M.sont pas readss,
Jusqu'à ta. ~a ~e la période électo
raie, le t; pg~g ~g
nemeD~ d'un moip, au prix de Air. ac
~otir Paris et' ~i tr: G u pris de 4 ir. 9t0
~ttr Paris et afr.SO pourlesdépar-
tements et FAlsaoe-Lorraine.
LAFERRIËR~B~
ÏIs s'en vont, hélas! l'un après l'autre,
tous les survivants de la belle époque roman-
tique. Si le grand Hugo est toujours debout,
ït y a longtemps que le cor de j~7-n cessé de résonner et que les échos en sont
morts. Notre génération, affamée-:de nou-
veautés, cherche ses goûts à travers mi)!e
expériences et vieillit sans~avoir au juste ce
Qu'eue aime. `
Alfred de Vigny, Dumas père, Musset, Bal-
zac, Lamartine, tous ces Achille et tous ces
Ajax de la littératures, nous ont quitté.
< f'OK~eM«, B s'écrie aujourd'hui avec tristesse le
poëte des Co~~mp7at:o~ ~e' voyaar &olê,
fui grand vieiitard, parmi Ie$ petits Vieux
précoces d'à présent. y
P~Ië-mèle la Sort à frappe Dramaturges,
poètes, rontanciérs~ comédiens. Frédérick-
Lemaî'rê, 16 soleil de !a scène de son temps~
a rejoint dans la tombesës Gers camarades
JBocage, RonYière, Nélingue et cette enchan-
fr, s'anoelait MHe Mars, et cette
TsrcoB~ <
lionne qui était M)!ë Georges, et ce~e incon-
solable, cette anblée, cette sirène~ !ado&-
leur qui avait nom Mme Dwai. Figures ma-
jestueuses et Sgures charmants se sont
évanouies tour à tour, ne laissant de traces
que dans nos mémoires, que chaque jour
Peu-plus. Des inustrations du
théâtre de cette époque, deux seulement
cous demeurant MerMèM et Bouit~. Et
voita que, depuis hLer, Lafemere n'est p!us.
Je serai sMetement juste la part d'hon<
Beurde ce célèbre comédien est assez grande
pour que ~Q'~e point à le ëurfaire.Lafer-
nere n~ ~&rche pas tout à fait de pair avec
<~ que j'ai dits. H n'est point leur frère, il
est leur cousin germain.I! n'eut jamais l'exop-
bitante puissance de Frederick, ni !a fan-
taisie éclataate de Métinguë, ni l'émotion
concentrée de Bocage qui tout à coup, fai-
paM ra~e ea de subMmes transports, sem.
~!Mt couloir briser sa poitrine it n'eut pas
i ampleur de rêverie et la 'profondeur pathé-
tique deRouvière, ce visionnaire shakespea-
tten~t! n'eut pas la bonhommie poignante de
~uHe..Laferrière .possédait en propre l'ë-
iégance, :a distinction mais son tatênt m'a
toujours paru factice.~oit iiah& le. drame,
Bon dans la coméd!e. îi lui arrivait de trou-
ver des eSets superbes, de remuer toute
"°ssaHe&vM un mot, avec un geste; ses
fô:es étaient généralement bien composés,
~s tout ceia sentait :a manieM. Ce jeu
compuqué qui superposait lé mélodrame à
M comédie, qui accouplait le Théâtre-Fran-
çais eUeboatevard du crime, laissait désirer
de la franchise, de la pureté, 'de la race.
Lalernere, en somme, avec ses rares qua-
htés, fut plutôt un acteur très ôrigina! et très
remarquable qu'un grand ,aet€~r.
Q"~âge a~it-i: ? Personne ne t'armais
su. Notre eoaMîe Aibert Woiff a prétendu
jadis que ~légende de iW~M<~ ,MSoM<-
~r ~e liait intimement à san'histoire.
&et~ ses renseignements, .puisés dans je ne
Bais quelg~moires inédits, Louis mv au-
rait, certain soir, remarqué !a bonne tour-
Dure d un 'jeune artiste qui se produisait pour"
première fois sur le théâtre de la cour. La.
représentation terminée., il t'aurait fait vea'!?"
en sa présence, et le dialogue suivant se se-
rait cligagéentfeeux:. C""
~< r~ ~~i
dit TOL. ,,?~"
J'ai quatre-vingt-douze ans, sire, etiû! ·
me comme Adolphe Laferrière.
Qu'est-ce à dire, jeune homme ? je ne
vous comprends pas.
Sire~ j'ai découvert .une eau mervei!-
!€use qui m~ rend invulnérable aux nècaes
~~M.r.j.3.a ~s:'
~e portertez-vous nn nacon de cette
ea~.jeunehQmme?. s.
Ici Laferrière releva la tcte avoc~UQ sra~t
~iP de dignité: e
Je suis 'comédien, sire, mais"im!N"
porteuc d'eau.t' ~=i.3t'
Sur cette réponse, le roBt'AMM~tMt Sppré-
tMnderau corpSiparquatre gaBds~meMre sous-
masque et déperter à l'ife Saint-Marguerite,!
sortir que bien âpre! la Révolution pour
prendre des leçons du chant du maestro
Choron..
J'ai douté longtemps de l'authenticité dui
fécit de Wo!iï'; mais, umoir que Laferfière
jouait, au Théâtre-Ciuny, dans ~aMo~~M
-~a~, de Xavier de Montépin, il Bous paria
«e telle sortequ'il me tuf ,impossib!e de ne
pas croire à la vérité démette tradition.
a Je ne songe pas du~tout .à me retirer
du théâtre, disait-i!. A quoi bon ? J'ai encore
devant moi une belle carrière: je vais pren-
dre d'abord !a place de Làtbnt, qui est vacante;
dans quelques, années, j'aborderai les pares
nobles.Et nous verrons après.
Cetuiqui s'exprimait ainsi passait alors
dans le pub!ic "pour avoir soixante-quinze
ans. TeUe était l'autorité de sonaccent qu'il
n'était pas permis de révoquer sa bonne foi en
doute. Ce miraculeux acteur, cela devint clair
pour nous comme eau de roche, était aussi
vieux et aussi Jeûne que Dieu !e père. Il lui
ptaisaitde se couieF dans la peau des jeunes
pères; il s'essayerait ensuite aux pères no<
Btes; mais, assurément, le jour où U lui
prendrait ;fan(aisic d'en revenir aux amou-
reux, il secouerait jsa vénérab!e défroque de
vieillard ainsi que fait.un papition de sa dë-
froque de chenu!e, et~ii se retrouverait
jeune, ftuet, poétique et charmant comme à
sa vingtième 6nnée. La conclusion de ses
projets :vait avoir d'autre sens.
Comment diaMe an pareil homme s'est-it
Jaissé mourir? N'a-t-il pas songé au discrédit
que sa mort jetterait sur son JS'a~ ./uM-.
MKee?
Mais en voilà bien assez de ces baliver-
Bes. Aussi bien, en évoquant ces souvenirs
n'avons-nous pas l'intention de railler un
F
~a~ttste~ui tant de fois nous à émus ou pris
aux.nërfs.La mort de Laferrière est, pour
l'art, une perte réelle que nous ne vouions
ni exagérer ni dissimuler.
J'ai dit plus haut que sa qualité domi-
nante était.i'élégancé. S'il me fallait dénnir
cejtte élégance,, je lai~qualiSerais volontiers
de ~r:~Me. L'acteur était un héros de ro-
man jeté ~ur la scène et qui restait, toujours
héros de roman c'est par là qu'il charmait
etsubjuguait les femmes. Hetait de taille
moyenne~mais bien proportionnée~Ses traits
étaient purs/son front bombe, haut et large,
ses yeux vifs sous d'épais sourcils bien
d~sinés. sonnez droit et Qn comme il sied
à un'ranihé, dés lèvres un peu' relevées aux
coins comme il convient à un sceptique, Il
avait, en cutré, le teint d'un pâleur mate et
tes cheveux noirs. Bref, citait un beau gar-
çon dans !a force du terme, et j'ajoute que
c'était aussi un bongarçon.douxet servia-
ble, spirituel et de boaae bumesr.. d
En~cène~Latërrièreavaitlemasque~d'une
mobilité extrême it voulait que des sourds
même pussent suivre sur son visage !è sens
des paroles qu'il prononçait. Mais, à force
de cultiver cette mobilité, it en arrivait &
.grimacer. Son: geste, étroit, saccadé, partici-
pait aussi de ce- défaut. 'II y avait du tré-
pignement.jdans,a miCMque, dans sa dic-
tion même. Seulement, il faisait çà et
la des trouvantes magnifiques. H nous sou-
vieat~paK exemple, de la façon superbe
dont il saisissait sa propre main comme pour
en arracher la poignée de main d'un infâme,
dans la ~aMOt: <~M mcrt. C'était d'une
spontanéité et d'une vérité.ful~urantes.
Par-dessus tout, ce qui distinguait Lafer-
rière, c'était l'étan, la chaleur de son jeu
~r
daM ~ëyscënes QMnour, Auc~u <~M~
s'est montré plus entraînant, plus passionné
aucunn'esttombéaveo plus de. grâce aux
genoux d'une femme; aucunsurtout n'a mur-
muré d'une voix plus pénétrante les divines
syllabes du.-verbeatMe.Tt A la vérité, .–je le
répète, ces ardeurs, ces extases man-,
quaient de sincérité profonde l'artiste sem- i
Mait tûujout's se surmëRerj Ilviolentaitsavoix,
exaspérait SQn geste, enHéyrait sa phy-
sionomie à outrance ceta relevait plutôt
du roman que de la nature, mais cela,
très souvent, vous prenait au vif, et on ne
peut nier qu'il n'y eût ta beaucoup de talent
dépensé. 0
Un de mes confrères s'est chargé de ra-
conter en déiait la carrière et' la mort de ce
dernier des Antony. Un mot encore avant de
lut passer la main. En Frédériek-Lemaïtre le
théâtre de Victor Hugo a perdu son plus glo
rieux interprète; la mort de Bocage, de Mé-
linguc et de Laferrière laisse le théâtre de
Dumas en grand deuil. Boune nous reste, et
le talent de Bouué se rapproche bien plus de
Balzac que de Damas ou de Victor Hugo. Qui
nous dit que le théâtre de l'avenir ne sortira
"pas'd~s eMKtilte'siie la Ccme'~t'e ~MMsune ?
Pour. moi, je suis convaincu que notre gé-
nération,~ à force de se chercher eUe-même, se
trouvefa,.an de ces jours, dans Balzac. Tout
ce qui a quelque vigueur aujourd'hui s'est
formé al'ëcote de ce chef, de ce roi et de ce
dieu des naturalistes, Toute la vérité mo-
derne est dans son oeuvre. Aux jeunes écri–
vains~ aux jeunes dramaturges, aux jeunes
comédiens de l'en dégager.
~FoCRCAUb'c''
,6.5.
La~rnère (Louis-Fortuné-Adotphe) .était!
né à Alençon (Orne), le d2 avril d'une an-
née qu'i~esjL.,dttûci~e,e prêcher exMte-
Bient. Nous aurons d'ai!!ëurs occasion de
revenir tout à l'heure sur la date de sa nais-
-aance .et sm Mn
Venu à Paris tout enfant, Laferrière fit ses
? ~Ndes-aa iycée ëoHaparte, ainsï- que te cons-
tate son titre de membre de l'Association
des anciens élèves de ce collège.
Il enjra ensuite à l'école Musicale dirigée
~par <~S~)n, car !e jeune-Laferrière avait~ de
ia voix, et, ses goûts, l'entraînant déjà vers'
lïalhëâire, IL M destinait .à c~tte époque a:Ia
carrière mugic~.
> Franç~i8
C'est sur la scène 'du Théâtre-Français
qu'il parut pour la première fois.Ii.chantait
dans les choeurs d'a~'<~à\côté dcpuprez,
qui, lui aussi, débutait.. Seulement, Duprez:
est devenu ium grand t.eha&~nt. tandis que
Laferrière, reconnaissant lui-même que son
avenirin'etait .paa~iâ~ préféré devenir un
gFandcomëdteniN&a~t
.11 quitta donc .le Thëàtre-Ffançais et s'eti
*al!a.à Montmartre, où il débuta sous la
direction des frères Séveste, dans les; rôles,
de Séide dé J~/towe~ et d'Alphonse d'Est,
.~ÊJ&jr<~Mrasj!e.
.Ceci se passait au mois de mars 1824. °
Or, le soir même des débuts de Laferrière,
Talma se treuvait précisément dans la salle.;
En l'apercevant, le jfune artiste faillit S'é-
yahbùiF.Its&Mmit cependant, et joua même
son përsocnageavec une inteltigence qui lui
valut, à ta"nH de la représentation, les j~ v
tations de Talma lui-même..
Laferrière resta cinq ans à !a banlieue,!
jouant, ou peu s'en faut, tous les genres.
Puis, un beau jour, il signa un engagement
avec !e directeur de FAmbigu. Là'it joua,
sous le prénom d'Adolphe, le rôle d'Edouard
de e<~cement, c'est à-dire 'son entrée à la'Portè-
Saint-Martin et un rôle– celui de Fer-
nande –dans le drame de Casimir De!a-
vignc, JHaptt:o ~~Mfo.
-–Sivous'voHicz travailler, jeune homme,'
.'MU& iMZ;lojtOt. lui.dit l'auteur après la pre-
mière représentation..
Dans le même drame débutait l'excellent
Pfovost, qui passa bientôt a la Comédie-
Ffançaise; où Laferrière alla le retrouver
quelque temps après; mais pour n'y faire
qu'une courte apparition. H se fit cependant
remaïquer dans le rôle de Saint-Mégrin, de
~~r:77~€
De la rue de Richelieu, Laferrière alla
jouer au Tbé&ire-Yentadour~é beau drame
d'Alexandre Dumas père, T/te'resc. A côté de
lui jouaic.nt Bocage, Mme Moreau-Sainti 'et
NHeIdaFerricr. [
L'anBée suivante, un engagement de dix
mille roubles par aa chiffre énorme à cette
époque–rappela en Russie. Puis il revint
à Paris, et joua à l'ancienne Gaité du boule-
vard du Temple .Marcel PaMcre J~ere, le
So!tMeM?' ~e ~se, cornent, !a réputation artistique de La-
femère était faite, et chaque création neu"
velle était pour lui un nouveau succès.
C'est ainsi qu'il joua successivement au
Vaudeville ~Marce~M, de Mme Amelot à l'0-
? déon.: JtntoNy, ~FtMc~Tsc~ ~oHKeMf
etJ!ryeN(, <Œ Co~sct'cacc, ~J?OM~e,DaM:e<
i~m&eft~ au Théâtre-Historique: ~eo~edes
FtHKt'MM, CAe~ait'er d'~armen~~ ~ex j~s~rM de fon-
~t'M, 7a J~MHfMe dM J!foM~MeM:rM;àia
~aité Georges et JLfarte, ~e Jife~ect'n ~es J?H-
j~ecn~, ~G[7''cnti!e~~MHere,~FoM~a~aMOMr,
P~t)eM~e, ~M ~MKCM ~~6~Ho; à l'Ambigu:
!e Jt.fan~yre dt< cccMr; à la Porte-Samt-Martin:
fOMImpérial r~ïs~otre f!'MK drapettM, ~t'er de B
On peut dire que peu d'artistes ont eu une
carrière aussi remplie que Laferrière. Il n'en
est pas qui ait su conserver comme lui,
jusque dans un âge avancé, celte apparence
de jeunesse qui étonnait chaque fois qu'il
reparaissait sur la scène. Tout récemment
encore, H reprenait ses premiers rôles, et
jouait aux Folies-Dramatiques le rôle d'Ar-
mand~de Dame aM.c Cemtë~:
La qualité prédominante du talent de La-
ferrière était une chateur communicative qui
empruntait une noùveUe force à une sorte
de monotonie voulue dans le débit des par-
ties ordinaires de son rôle. Nul ne savait
mieux que lui émouvoir la partie féminine
d'une'salle de spectacle. Nul n'était plus élé-
gant, plus séduisant, aussi bien sous le
costume étincetant du duo de Buekingham
que sous l'habit noir d'Antony.
Dumas père, aveclequel il était lié, lui doit
une bonne part dans le succès de certaines
de ses pièces. C'est même grâce à lui que~a
~n~MM-ce a été représentée à l'Odéon. Dumas
'°'~rsa''tf":auxar-
eBëvaittu~e~'Mu~F~ !Tcr
Mstes de !a GaHé. Croyant apercevoir qu i!s
n'avaient p~~t aucun enet, il entra dans
le cabinet du directeuf et jeta le manuscrit
au feu. Laferriéfe.~t était Prëseat.l'arracha
auxnammes;et,sa~eu
le porta àd'O.déon, où la pieu"- ~t~cueet
jouée. On sait avec quel succès.
Laferrière était un peu auteur dramatique.
I[ a coHaboré à plusieurs drames et a fait,
ayec Eugène Pierron, une petite comédie,
Livre C/ta~!tre~, qui a été jouée à l'O-
déon.
Nous disions tout à l'heure qu'il était dif-
Hcile d'indiquer l'âge exact de Laferrière.
Cette difficulté tient aux réponses contradic-
toires de l'artiste lorsqu'on le questionnait
par hasard sur ce sujet.
Pendant longtemps, Laferrière a pris plai-
sir à se rajeunir; puis, lorsqu'il a cru de-
voir renoncer à l'emploi des jeunes-premiers,
il Bst iombé.jdans l'excès contraire.
C'est ainsi qu'un jour, il y a de cela quinze
ans environ, un jeune homme vint le trou-
ver et lui dit:
Monsieur, j'ai fait avec quelques amis
un pari sûr votre âge j'ai parié que vous
aviez plus de soixante ans.
Eh bien, vous avez gagné, repondit La-
< ferrière.~ (;'
~.E~e ~sôn' même ~de ce jour, questionné
par une petite actrice qui lui disait
–J'9i soutenu, que vous n'aviez pas en-
eore ein- q üàn~~ any
core cinquânigM~
Il répondit sans sourcufer:
Vous avez eu raison, mademoiselle.
~Vâpereau fait naître Laferrière vers 1796,
ce qui lui donnerait aujourd'hui 81 ans.
D'un autre côté, la. Société des artistes dra-
matiques possède dansées archives un acte
d'adhésion signé du grand comédien en 1847, v
et'ën tête daqueingure'cette mention a Dé
à Alen§on, le 16 avril 1810; ce qui ne lui
donnerait plus que soixante-sept ans. Com-
ment se reconnaître entre ces deux ver-
sions? II est bien permis de supposer cepen-
dant qu~en 1847 déjà Laferrière, alors en
pleine ~ogue,i ait. ëprsuyô-le besoin de se
rajeunir. Si Vapereau dit vrai, :1 avait à
cette époque cinquante-un ans, ce qui pou~
vait sembler un peu vieux pour continuer à
jouer les jeunes-premiers. La vérité semble
doacêtre~ eh somme, dti côté de Vapereau,
dont l'opinion est à peu prés connrmée,
d'aiMeurs,' par le direde Aille Laferrière,
qu~sass~connaitre exactement l'âge de son
père, croit pouvoir faire remonter sa nais-
sance à' un ou deux ansavant 1800, recti-
Bant ainsi l~acte semi-ofnciel de la Société
des artistes dramatiques, qui, suivant elle,
serait inexact, hoh-seutement comme an-
née, mais encore comme quantième de mois.
Laferrière est n~le 12 avril et non le 16.
Mite Laferrière a aujourd'hui vingt ans
accomplis. Elle adorait son père, dont elle
était l'idole. Au temps où ce n'était encore
qu'un enfant, Laferrière l'emmenait souvent
avec lui, au théâtre.
On raconte à ce propos que, lorsqu'il ne
voulait pas qu'elle vit une pièce, il avait
coutume de lui dire qu'on y tirait des coups
de fusil.
'C'est ainsi que, jusqu'à ces dernières
années, elle n'avait jamais vu jouer le qua-
trième acte de ~o! DfMMe sMa; Cam~Ms. Son
père ne voulait pas lui donner le spectacle
des brutalités d'Armand.
Pourquoi m'as-tu fait partir avant la
Su ? lui demanda-t-elle la première fois.
Parce qu'il y a des coups de fusil.
Dans un salon?.
Oui, je tire un coup de pistolet.
Forte de cette explication, MUe Laferrière
ne manquait pas de.répondre aux personnes
qui lui demandaient si elle avait vu jouer
son pcre dans D~me NMa; CantëKas
Oui; mais jusqu'au moment où il tue
Marguerite d'un coup de pistolet.
Laferrière habitait depuis plusieurs années
un petit appartement situe au troisième étage
du boulevard Voltaire, n° 69. C'est là qu'il
est mort hier matin, à neuf heures et demie,
après trois jours de maladie. Nous avions
été le voir la veille, alors que tout espoir de
guérison semblait déjà perdu. Il dormait
d'un sommeil fiévreux et agité. Les fenêtres
de sa chambre étaient grandes ouvertes, et
malgré cela on voyait qu'il ne respirait
qu'avec peine. La poitrine se soulevait jpar
soubresauts. Dans la soirée l'oppression a
augmenté. La nuit a été mauvaise, et le ma-
tin il a rendu le dernier soupir sans avoir y
,h; *erou-
rept~s conhatssancG, sans avou' me~~
vert les yeux.
jE~AN~tE~.
P.-S.–Un avis que nous recevons à ta,
dernière heure nous informe qu'on ne peut
encore, à cau&e de t'embaumement, uxer !e
iour et l'heure des obsèques de Laferrière.
Les lettres de faire-part ne seront probable-
ment pas envoyées avant demam.-D'après
le libelié de ces lettres, Laferrière n'était
âgé que de soixante-onze ans~~H'~t~s'S~
le 1.2 avril 1806.
-M~ il
Echos de Pans
'=-; ~3'I.~M.
Nous avons donné hier une" des V6fsioTïa
qui ont cours sur la baignoire de Marat, qui,
aprèsavoir Sguré aux funéraiUes du yrand
Aomme et dans Fantichambrede la saUe des
d~ibërations de !a Commune, à FHotei de
YtUe, aurait été vendue comme vieux cuivre
et serait devenue casseroles et bassi-
noires.
On de nos lecteurs nous adresse aujour-
d'hui âne autre vS'sion~ qui n'est pas plus in-
vraisemMaMe quëcel!e-fa.
b'après cette version, la baignoire a@_m-
rat qui figure au musée Tm~~ °
dres, serait véritablement–commets dire
cela ? !e ~e'~tre ~M cr~e de Charlotte
Corday." e
On s'imagine généralement, sur !a foi du
tableau de David, –te peintre David qu'on ap-
pelait le ot-«~cM. fc~c a -c&use de son
goût pour les guiMotinades,–que la bai-
gneiro de l'Ami du Peuple était une baignoire
ordinaire.
Point du tout! I! paraît que c'était une
baignoire à siège dans'IaqueUe Marat~ assis,
corrigeait tranquiMemeht tes épreuves de son
"ctedujour.
~'p- ~toire, à !aquel!e on en aurait
.ît- oins digne, n'était pas
substitué une autt~ vutsairc ft~)~
en cuivre, mais en plomu ~-s~
serait.apres Thermidor, venue aux °
collectionneur anglais, ainsi que les épreu~'
tachées de sang dont nous venons de parler.
Cequiesttrès..c@!'tain et ce qui paraît
confirmer le dire de notre correspondant,
c'est que les épreuves tachées de sang
existent encore en Aagleterre dans nous ne
savons plus quelle collection. Comme l'au-
thenticité n'en peut-être contestée,, nous ne
voyons pas pourquoi, ta baignoire qu'on,
volt au ~M~ee de.! Aon'eM~, auprès de l'é-
chafaud de Louis XVI, ne serait pas la véri-
table, ainsi qu'on nous l'affirme.
Dans tous les cas, cette baignoire à siège
et en p!omb est tout à fait conformsà la
description qu'on donne~de ceHe de Matât.
Ajoutons, pour être complet, que l'on a
fait des /ac-~tMt7e des épreuves sanglantes.
Un de nos amis en possède un exemplaire,
mais ils sont fort rares et fort recherchés
des amateurs de ces vilaines curiosités-là.
Un de nos lecteurs nous adresse la répU-
quc suivante de l'un des 1 ?8 qui ont
vote contre l'ordre du jour de défiance:
'7'~a~3634.&&
.t€~<-l.).<~S~w. ;,t!
:yac.{a.e~
Curiosité historique Pn mot sur !a situa-
tion politique
.s OM.B e~efeur~.
L'EMPIRE EST FAIT!
Prenons pour base de calcul la suite na-
turelle des lettres de l'alphabet désignées
par leur numéro d'ordre et additionnons :<
12 2 b 348 6 7 8 9 10 11 12 13
a 6 o <ï e g A t .?' & m
14 18 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25
n o p r s s, JLf y z
-.g.J-~V.
Mo~ .i ~).
9– 20~.
16 19 M
:13~
s H 'r
12~ ;¡
78 4- 44 36 = I. K 8
Si ce n'est encore ià qu'un efTet du hasard,
il fautiavouerqu'iL est bien singulier. –A
renvoyer à la ZaHtente et autres feuilles
radicales..
Le .monde.: ni`~~J:·`.
On annonce !e mariage deM. Ance!, séna-
On le mariage dQg-. séna-
teur de la Sëine-Infërieure, ancien députe et
ancien maire du Havre, présidentdu con-
seil générai, avec la veuve du générât Jau-
rès, belle-sœur de l'amiral de ce nom, dont
la femme est dame d'honneur de ia prin-
cesse de Joinvitte.
On annonce également le mariage du ba-
ron Baude, administrateur des chemins de
l'Ouest, avec Mme veuve HocmeIIe.
5
On assure (et nous n'annonçons cette nou-
veDe'que sous toutes réserves) que le journal
<œ ~epM&K~Me ~HcctMB pubtiera très pro-
chainement un long article de son directeur
M. Gambëtta.
Cet article, qui est, dit-on, fort remarqua-
ble, tiendrait au moins de cinq à six colon-
nes. 11 est intitule
tants B n.
Plus que personne, M. Gambëtta doit être
compétent en cette matière!
On nous écrit de Londres
e La comtesse de Wilton a donné vendredi
un grand bal dans sa superbe résidence de
Grosvenor Square, auque! ont assisté le
prince etta princesse de Galles.
se trouvaient le prince Louis-Napoléon, très i
entouré; Je duc et la duchesse de Teck, te
pcioce Edouard de Saxe-Weimax, etc.
~"tt !e corps diplomatique et la haute
aristocratie angtaise éiaien~reprësentés à
cette réception qh; a été une des plus élégan-
tes de :a sm~met s'e~prolonge&fcrt~va~~
dans!a,nuit.<.
~7'~ 'tc.
Malgré ses allures de démocrate fareushe
X. est au fond un sybarite consommé.
Quand cesseras-j.u de déMatérer contre
la société? ~demandait hier un de ses in-
times. "ati&actt
–Quand j'aurai obtenu &6que~
mande, répondit X l'augmentatiQù des sa-
laires, I'aurancMssément maRCipationdes travalHeurs, eDfm le boa-
heur du peuple.6~9.
C'est-à-dire, lu! dit son MM,quandtu
auras, comme Gambetta, \j~j~
cuisinier, hôtel et voiture agj~T V->JJ.'[;
~3&.nisaa''q.!ioT
"MB~uoq &RoT
Autour du lac 'n~~h~
passe une demi-mondaine à toilette ex-
centrique; mollement étendue dans une ytc~
tôria ?"&8
Est-il possible de s'afficher ainsi -.)-'
–Dame, une illle perdue!
'tRM~n.
Un frère et ami cause avec un sceptique.
La conversation roule sur la Bourse et les
tripotages financiers..
–Sachez-le, s'écrie le pur avec feu, dans
notre parti on ne spécule.pas 1 'c.p
Pardon! le citoyen Ordinaire.
,J" ~.s parle des chefs. Prenez Gam-
Je \u~J eh bien, lui, il n'a ja-
betta, par exemp~ ~rse.
mais connu, en fait de t)uL.
–Que celle des contribuables.
.DNP~N9,.
I~~ D~
AFMME ORNM!RE-mA!)D
T~uj~iiliijis~BU
ME,M~B.e.~sb
TRIBUNAL CrviL DE .LYO~
t~ .ë'f!)
Première chambre i:'IH~)
PrM!K~ M. BNGCEiL. 7!~M MM. MEAUDM
ET MARiON. Aftnts~ere pu&h'c M. DE Bmx.
Audience du 14 juillet 1877, fg's'.
du 14 juiliet 1871~5"Iq'
~Nous donnons aujourd'hui le texte com-
plet du jugement du tribunal civil de Lyon,
dans l'affaire Ordinaire-Gif aud, dont nous
avons publié Mer un résumé tétégraphique.
La lecture de ce document preuvera la jus-
tesse des îéflexiocs que nous avons faites
tuer..
'J'UGEM'EN,TM~t~~ttt,!MM,e
Sur le pliemier'cnef `'dématid''`~
Sur le premier chef de la demandé r
Attendu qu'il est établi par les éléments du
piocès et par les explications d'audience
qu'Ordinaire est débiteur du sieurGiraud,
négociant failli, de la somme de 32,000 fr.,
à titre de prêt qu'il est encore'réconnu que
la dame Ordinaire .s'est engagée solidaire-
ment avec son mari pour le remboursement
du même emprunt, mais jusqu'à concurrence
seulement de 30,000 francs.
Sur le deuxième chef de la demande
Attendu.enfait; qu'il résulte des docu-
ments du procès que~ dans le cours de l'an-
née 1876 et dans les pren~ers mois de l'an-
née 1877, Francisque Ordinaire a fait de
.,compte à demi avec Giràud des spéculations
sur la hausse et la baisse des valeurs de
oBourse, que le caractère de ces opérations
fictives est clairement démontré par la cor-
respondance échangéeentre les parties, qu'il
se dégage notamment:
1" De la lettre du~ 27 juillet 187~ par la-
quelle Ordinaire annonce « ?M'<< K'e~ ~Me
t ietHpa de /otre MMe ~r
a aodt;; teut deuant étre terminé soics p~u ilé
« ao~
e joMrs et pa:.K Ke rM~MSKt t':eM ~'e~e
att'oMMee.B
,2" De la lettre du 28 juillet, qui cammence
parées mots: « K A'OM~ at)oHs ~'occaston
& MHt~ue, ïMrc, de ycc~Ke!' 500,008 /rantes
e d'tCt /ÏH <ïou( B, QUI CONTIENT EKSIJITE L'ËXPe"
SmON D'UNE JNTMeUE FINANCIÈRE ET POLIT!QUE
ORGANISÉE POCR !MPRUIER UN MOUVEMENT iDE
HAUSSE AUX ACTIONS DE LA COMPAGNIE FRANCO-
HOLLANDAISE, et qui., enfin, renferme .ce pas-
sage significatif:
jH /a KMte e< at:f!'cer~?'oy)'M~tMnte!t< a en ac&e-
<a t)OMS detHaH~t'at Mn 3° Des lettres dé Giràud, en date des 3 et
13 novembre 1876, produites par~ le syndic
de la faillite, dans lesquelles il fait'les comp-
tes des pertes occasionnées par les liquida-
tions, et fixe à 42,498 francs la somme déjà
due par Ordinaire pour sa part de di~é-
rences;
4° De la lettre de Giràud du 11 janvier
1877, concordant avec la réponse d'Ordio aire
du 13 du même mois; et où se trouvent les
phrases suivantes: ~osî' a me SMt'< troMue decaMt Mac K~tcd'a~oH de
a p!MS de 72,000 /'raHM; cet a pesse 250,000 /'raKcs depMt's ~Ma~'e mot~,
a /rat:M, eKU!'t'ot!, dus ~ctr no!M œMa? ~eR~. r
a JE NE COMPTE PAS LES DERNIERS 5,000 FRAKCS
Attendu qu'en présence de cette corres-
pondance,do)t{ <'aMt~c~c' H'c~ pas e':e coM-
~s(M, il n'est pas douteux que les spécula-
tions conduites par Giràud avec le concours
intéressé et les instructions d'Ordinaire,
n'ayant pas pour objet la livraison eGective
des titres, ne devant se liquider et ne s'étant `
en effet liquidés que par le versement -de
diaerences, ne constituent que des opérations
dejeu;' 'w
Attendu endroit qu'aux termes.de l'article
196S du Code ci vil ]a loi n'accorde aucune
action pour une dette'dej.eu, et qu'il n'est
pas contestable que cette disposition s'eteBdQ
aux jeux de Bourse;
Attendu, il est vrai, que l'exception: de
l'article 1963 du Gode civil n'a pas été pro-
posée, mais qu'il est de jurisprudence cons-
tante que la prohibition édictée par cet ar-
ticle est d'ordre public que dès lors il est
du devoir des tribunaux d'en faire, même
d'ofnce, l'application, ~'Msttce HR poM~~Mt
p~ ~Mc <:OMS ~KC t-epM~e ESNORALES et ~M'eMe ?
/?'aMNees de ~c ~ro&ai~'oM~ peu que
Attendu, d'a!Heùrs, qu'il importe peu~quc
~'action mfrodttite par le syndic de la ~tau-
lite'Giraud'në~soit .pas celle d'un gagnant
contre un perdant, mais soit celle d'un as-
secie coatre un participant q~'en.~Set,aux
.veux de ia loi, l'association entre joueurs est
} nùllë~ d~~pteia droit, tout aussi, bien ~que
leurs 'OpëratÏons vis-vis des''tiers,Jparce
qu'elle est atteinte du même vipe et ~fce
oMe racco~ememt d'MK fAtT !MMûRALMe
peM< yc?H<î~ e ~se!tAttendu qu'il y a ~'autant plus heu de ie
décide? ainsi que, dans l'espèce, '0-
r~tte dM ~M ~~OMM ceKe de t(î commMMtCCt-
~tOH &&Mstue ~e~Mes t?iform6t!tOHS
oM~t-~MMre (H)~{.pM~oMeH~ratde de ses
/bKCt!OtM depMte, et DONT.LE a'BMNAL N A
PAS.~CSEM~' LE PLUS OU ~ACITE;
--q' ettn'
'Le 'tribune
Le tïi~un4l~ p ,01 ~s~ des ~rtiés,
~es~iës'~Jësr~sP~~
ë~e ministère public par ,~e Br~
gëaht' M maHêré',ordinaire e~ P~m~r
X~t' fD~amnimME.
ressor~~ i t»amM :It ·` p,. ~,4 e~~r,
reSSOI. a ,jH!IMMC<ï .M t;t!!Ba!âMm~n)'- <
Autorise en tant que ~e~
diBaire-àestep-6njustice,-et,.a.!l~ut a au-
torisation maritale, condamne les martes ur~
dinaire et Saury, solidairement, à payera
Rolland, es qualités, la somme de trente >
miUe francs avec intérêts de droit
Condamne Ordinaire à payer de plus a
Rolland, en sa même qualité, aussî-avec m-
~érêts de droit, la somme de deu~ miUe francs,
Ordonne t'eHt'~MtremeK!, tH'ec te présent
jMyemeKt, des lettres Nttss~es ~M! soHC t~-
'< ~<'S,, .ij!U:
--r. ~~Kajransfbntjnca~i'ae'fVBO!
'feM, -jM''iqnx't"rj''stjT~j.
Renvoie puTemeùt 6t sïn~'sMenî' )& steur
Ordinaire de l'instance sur la demanas en
payement dt!-quaraTite-deuxm~He~cent quatre-Magt-dix-huit,fcancs.;
Goadamne les maries Ordinaire solidaire-'
ment aux dépens; ~n fait~distraction à M" Da-
mour, avoué, sur son aïnrmation de les avoir
Y~s 'il ~n>, fi r~! f.
m~3.j3i~BMMMj~.i.
L'énergie 'des considérants ~de~ce juge-
ment et la clause finale qui ordonne l'enre-
gistrement a des lettres missives!) Ordinaire-
Giraud feront, nous n'en doutons pas, grand
plaisir à la 7!e'/?M6K~Me /WmpctMe, au CoM~-
fMr de FrœMee, au ~fot d'Ordre, à MM. Or-
dinan'e, Gambetta, Thiers, ~addington et
consorts. L'histoire retrouvera trace de cette
correspondance édi6ante dans les archives
des bureaux de'l'enregistrement: ce qui ne
permettra pas aux annalistes républicains
d'en contester l'authenticité.
MANCSCAMOM~
ï..
TROP PARLER NU!T~
M. Ordinaire ne nous a pas encore envoyé
d'assignation.
La~e~M6~tM/rcle que publiait la Ga~eKe de France sur !es
agiotages radicaux, article reproduit par le
CaM~otset un grand nombre de feuilles con-
servatrices. `
M. Gambetta ëspëre, en gardant un silence
prudent, faire oublier aux nouvelles cou-
ches qu'il habite un délicieux hôtel, fait le
tour du lac~dans une Victoria capitonnée et
fume ces cigares «'exquis s dont parlent les
dépêches du gouvernement de la Défense
..nationale.
'3'B'
'a~eTW~~S~MM'~jMStB~sMf.
'T~j~a~~K~
ï~e J~ojaais~ers s
Nos lecteurs connaissent déjà cette gro-
tesque et pitoyable affaire mais nous rece-
;vons aujourd'hui des détails nouveaux et
tellement intéressants que nous n'aurions
garde de les .passersous silence.
Nous avons laissé l'illustre citoyen Levail-
lant du (papier Girerd) au moment où il ve-
nait d'écrire aux témoins de ?. 'Mazenc une
lettre autographe de dix pages pour leur
expliquer qu'U avait parfaitement bien fait
de dinamer leur client, et qu'il ne lui en
rendrait raison qu'à. bout portant, avec
deux pistolets tirés au sort, dont un seul
serait chargé. `:
Ce Japonais de Nevers, très peu ja!oux de
s'évehtrer, trouvait charmant de dire à son
adversaire x Nous tirerons au sort qua
des deux assassinera l'autre, s M. Mazenc
et ses témoins avaient trop de bon sens pour
donner dans ce panneau de haute ~oHat-
seft'e.
La conduite du citoyen LevaiHaat rap-
pelle aves désavantage celle des capitans et
matamores de l'ancienne comédie, qui criaient'
à tue-tête~ en arpentant à grands pas le théâ-
tre vous, parce qu'on ne peut plus compter les
géants que j'ai déjà tués de ma propre main~
avec ma propre êpee, et que, si seulement je.
me mettais en garde, vous tomberiez mort de
terreur. f'EnerappeDe encore, mais cette
fois avantageusement; le héros du vaude-
ville de Duvert étLauzanne, qui disait, pour
refuser un duel c Je l'accepte,, votre duel
je vous attendrai tout armé, dans nn mois,
9u haut du mont Bianc, et vous verrez si je
recule, a
Le citoyen Levaillant (du papier Gtrerd)
est décidément un homme prodigieux.
Mais ce qu'il y a de plus extraordinaire~
c'est que dans le numéro suivant de son es-
timable journal ~epMM~Ke ,il a eu l'im-
prudence d'insérer tout son factum dont M.
Mazenc conserve précieusement l'original.
MonsLevaiiiant, qui se montresi peu vail-
lant, tonne contre les <~MoMeta confrère du ~uenMt's et trouve ~tfeMa; le
rô!e que celui-ci a joué dans toute cette af-
faire.
Notre parole d'honneur, les griefs valent le
pesantd'or de celui qui )es. formule et, véri-
tablement, M. Mazene n'abuse pas de ses
avantages lorsqu'il se contente de répondre
a Si c'est de
? î~ een~mm. &ÉMMM~ ~'6AR~ §0 ~n~BM
Mxième –~umè'o o ~i9~.
.X~NILË BLAVET
j ~~c~~ ~~<
-ANNONCES~
~N[.Ch.&a9f'M'a~C*C', 6, ruLCS DE ï.A BOOB.SW
Ob ')Di S!èCC 't.' !'ji~~MMt!'&tMM ~
fn~V9QH9'eC~f; f ')' ;tVH*p!n 3i';9SO'
.ADMINISTRATION'
M,tMe'de.ta!~aBg~Bat~U~Qj[)g~t~, 1
~~e~<'s~Md:A~M.
aHpo~nm-
;M'&fM3~~Q.tg ])es 1" et 16 de chaque mois.
~ijËiSiU~ iMMa(K.<.
~< EDMOND TARB~
)." DtrecteMf-e~aat
ABONNBMEMTS
PAMs.. .Bnan,S4f–gixmMS,27f.-Troismo!s,i3f.SO
DËPARTEMETtTS 64 f.– 33 f.– 16 f.*
;.} RÉDACTION
<~ HM do !a Crange-BateHère (Au 1" ~TJeSm)
-D~ 2 &e~'M o MUtm~ .<
Souscrits M.sont pas readss,
Jusqu'à ta. ~a ~e la période électo
raie, le t; pg~g ~g
nemeD~ d'un moip, au prix de Air. ac
~otir Paris et' ~i tr: G u pris de 4 ir. 9t0
~ttr Paris et afr.SO pourlesdépar-
tements et FAlsaoe-Lorraine.
LAFERRIËR~B~
ÏIs s'en vont, hélas! l'un après l'autre,
tous les survivants de la belle époque roman-
tique. Si le grand Hugo est toujours debout,
ït y a longtemps que le cor de j~7-n
morts. Notre génération, affamée-:de nou-
veautés, cherche ses goûts à travers mi)!e
expériences et vieillit sans~avoir au juste ce
Qu'eue aime. `
Alfred de Vigny, Dumas père, Musset, Bal-
zac, Lamartine, tous ces Achille et tous ces
Ajax de la littératures, nous ont quitté.
< f'OK~e
poëte des Co~~mp7at:o~ ~e' voyaar &olê,
fui grand vieiitard, parmi Ie$ petits Vieux
précoces d'à présent. y
P~Ië-mèle la Sort à frappe Dramaturges,
poètes, rontanciérs~ comédiens. Frédérick-
Lemaî'rê, 16 soleil de !a scène de son temps~
a rejoint dans la tombesës Gers camarades
JBocage, RonYière, Nélingue et cette enchan-
fr, s'anoelait MHe Mars, et cette
TsrcoB~ <
lionne qui était M)!ë Georges, et ce~e incon-
solable, cette anblée, cette sirène~ !ado&-
leur qui avait nom Mme Dwai. Figures ma-
jestueuses et Sgures charmants se sont
évanouies tour à tour, ne laissant de traces
que dans nos mémoires, que chaque jour
Peu-plus. Des inustrations du
théâtre de cette époque, deux seulement
cous demeurant MerMèM et Bouit~. Et
voita que, depuis hLer, Lafemere n'est p!us.
Je serai sMetement juste la part d'hon<
Beurde ce célèbre comédien est assez grande
pour que ~Q'~e point à le ëurfaire.Lafer-
nere n~ ~&rche pas tout à fait de pair avec
<~ que j'ai dits. H n'est point leur frère, il
est leur cousin germain.I! n'eut jamais l'exop-
bitante puissance de Frederick, ni !a fan-
taisie éclataate de Métinguë, ni l'émotion
concentrée de Bocage qui tout à coup, fai-
paM ra~e ea de subMmes transports, sem.
~!Mt couloir briser sa poitrine it n'eut pas
i ampleur de rêverie et la 'profondeur pathé-
tique deRouvière, ce visionnaire shakespea-
tten~t! n'eut pas la bonhommie poignante de
~uHe..Laferrière .possédait en propre l'ë-
iégance, :a distinction mais son tatênt m'a
toujours paru factice.~oit iiah& le. drame,
Bon dans la coméd!e. îi lui arrivait de trou-
ver des eSets superbes, de remuer toute
"°ssaHe&vM un mot, avec un geste; ses
fô:es étaient généralement bien composés,
~s tout ceia sentait :a manieM. Ce jeu
compuqué qui superposait lé mélodrame à
M comédie, qui accouplait le Théâtre-Fran-
çais eUeboatevard du crime, laissait désirer
de la franchise, de la pureté, 'de la race.
Lalernere, en somme, avec ses rares qua-
htés, fut plutôt un acteur très ôrigina! et très
remarquable qu'un grand ,aet€~r.
Q"~âge a~it-i: ? Personne ne t'armais
su. Notre eoaMîe Aibert Woiff a prétendu
jadis que ~légende de iW~M<~ ,MSoM<-
~r ~e liait intimement à san'histoire.
&et~ ses renseignements, .puisés dans je ne
Bais quelg~moires inédits, Louis mv au-
rait, certain soir, remarqué !a bonne tour-
Dure d un 'jeune artiste qui se produisait pour"
première fois sur le théâtre de la cour. La.
représentation terminée., il t'aurait fait vea'!?"
en sa présence, et le dialogue suivant se se-
rait cligagéentfeeux:. C""
~< r~ ~~i
dit TOL. ,,?~"
J'ai quatre-vingt-douze ans, sire, etiû! ·
me comme Adolphe Laferrière.
Qu'est-ce à dire, jeune homme ? je ne
vous comprends pas.
Sire~ j'ai découvert .une eau mervei!-
!€use qui m~ rend invulnérable aux nècaes
~~M.r.j.3.a ~s:'
~e portertez-vous nn nacon de cette
ea~.jeunehQmme?. s.
Ici Laferrière releva la tcte avoc~UQ sra~t
~iP de dignité: e
Je suis 'comédien, sire, mais"im!N"
porteuc d'eau.t' ~=i.3t'
Sur cette réponse, le roBt'AMM~tMt Sppré-
tMnderau corpSiparquatre gaBds~meMre sous-
masque et déperter à l'ife Saint-Marguerite,!
prendre des leçons du chant du maestro
Choron..
J'ai douté longtemps de l'authenticité dui
fécit de Wo!iï'; mais, umoir que Laferfière
jouait, au Théâtre-Ciuny, dans ~aMo~~M
-~a~, de Xavier de Montépin, il Bous paria
«e telle sortequ'il me tuf ,impossib!e de ne
pas croire à la vérité démette tradition.
a Je ne songe pas du~tout .à me retirer
du théâtre, disait-i!. A quoi bon ? J'ai encore
devant moi une belle carrière: je vais pren-
dre d'abord !a place de Làtbnt, qui est vacante;
dans quelques, années, j'aborderai les pares
nobles.Et nous verrons après.
Cetuiqui s'exprimait ainsi passait alors
dans le pub!ic "pour avoir soixante-quinze
ans. TeUe était l'autorité de sonaccent qu'il
n'était pas permis de révoquer sa bonne foi en
doute. Ce miraculeux acteur, cela devint clair
pour nous comme eau de roche, était aussi
vieux et aussi Jeûne que Dieu !e père. Il lui
ptaisaitde se couieF dans la peau des jeunes
pères; il s'essayerait ensuite aux pères no<
Btes; mais, assurément, le jour où U lui
prendrait ;fan(aisic d'en revenir aux amou-
reux, il secouerait jsa vénérab!e défroque de
vieillard ainsi que fait.un papition de sa dë-
froque de chenu!e, et~ii se retrouverait
jeune, ftuet, poétique et charmant comme à
sa vingtième 6nnée. La conclusion de ses
projets :
Comment diaMe an pareil homme s'est-it
Jaissé mourir? N'a-t-il pas songé au discrédit
que sa mort jetterait sur son JS'a~ ./uM-.
MKee?
Mais en voilà bien assez de ces baliver-
Bes. Aussi bien, en évoquant ces souvenirs
n'avons-nous pas l'intention de railler un
F
~a~ttste~ui tant de fois nous à émus ou pris
aux.nërfs.La mort de Laferrière est, pour
l'art, une perte réelle que nous ne vouions
ni exagérer ni dissimuler.
J'ai dit plus haut que sa qualité domi-
nante était.i'élégancé. S'il me fallait dénnir
cejtte élégance,, je lai~qualiSerais volontiers
de ~r:~Me. L'acteur était un héros de ro-
man jeté ~ur la scène et qui restait, toujours
héros de roman c'est par là qu'il charmait
etsubjuguait les femmes. Hetait de taille
moyenne~mais bien proportionnée~Ses traits
étaient purs/son front bombe, haut et large,
ses yeux vifs sous d'épais sourcils bien
d~sinés. sonnez droit et Qn comme il sied
à un'ranihé, dés lèvres un peu' relevées aux
coins comme il convient à un sceptique, Il
avait, en cutré, le teint d'un pâleur mate et
tes cheveux noirs. Bref, citait un beau gar-
çon dans !a force du terme, et j'ajoute que
c'était aussi un bongarçon.douxet servia-
ble, spirituel et de boaae bumesr.. d
En~cène~Latërrièreavaitlemasque~d'une
mobilité extrême it voulait que des sourds
même pussent suivre sur son visage !è sens
des paroles qu'il prononçait. Mais, à force
de cultiver cette mobilité, it en arrivait &
.grimacer. Son: geste, étroit, saccadé, partici-
pait aussi de ce- défaut. 'II y avait du tré-
pignement.jdans,a miCMque, dans sa dic-
tion même. Seulement, il faisait çà et
la des trouvantes magnifiques. H nous sou-
vieat~paK exemple, de la façon superbe
dont il saisissait sa propre main comme pour
en arracher la poignée de main d'un infâme,
dans la ~aMOt: <~M mcrt. C'était d'une
spontanéité et d'une vérité.ful~urantes.
Par-dessus tout, ce qui distinguait Lafer-
rière, c'était l'étan, la chaleur de son jeu
~r
daM ~ëyscënes QMnour, Auc~u <~M~
s'est montré plus entraînant, plus passionné
aucunn'esttombéaveo plus de. grâce aux
genoux d'une femme; aucunsurtout n'a mur-
muré d'une voix plus pénétrante les divines
syllabes du.-verbeatMe.Tt A la vérité, .–je le
répète, ces ardeurs, ces extases man-,
quaient de sincérité profonde l'artiste sem- i
Mait tûujout's se surmëRerj Ilviolentaitsavoix,
exaspérait SQn geste, enHéyrait sa phy-
sionomie à outrance ceta relevait plutôt
du roman que de la nature, mais cela,
très souvent, vous prenait au vif, et on ne
peut nier qu'il n'y eût ta beaucoup de talent
dépensé. 0
Un de mes confrères s'est chargé de ra-
conter en déiait la carrière et' la mort de ce
dernier des Antony. Un mot encore avant de
lut passer la main. En Frédériek-Lemaïtre le
théâtre de Victor Hugo a perdu son plus glo
rieux interprète; la mort de Bocage, de Mé-
linguc et de Laferrière laisse le théâtre de
Dumas en grand deuil. Boune nous reste, et
le talent de Bouué se rapproche bien plus de
Balzac que de Damas ou de Victor Hugo. Qui
nous dit que le théâtre de l'avenir ne sortira
"pas'd~s eMKtilte'siie la Ccme'~t'e ~MMsune ?
Pour. moi, je suis convaincu que notre gé-
nération,~ à force de se chercher eUe-même, se
trouvefa,.an de ces jours, dans Balzac. Tout
ce qui a quelque vigueur aujourd'hui s'est
formé al'ëcote de ce chef, de ce roi et de ce
dieu des naturalistes, Toute la vérité mo-
derne est dans son oeuvre. Aux jeunes écri–
vains~ aux jeunes dramaturges, aux jeunes
comédiens de l'en dégager.
~FoCRCAUb'c''
,6.5.
La~rnère (Louis-Fortuné-Adotphe) .était!
né à Alençon (Orne), le d2 avril d'une an-
née qu'i~esjL.,dttûci~e,e prêcher exMte-
Bient. Nous aurons d'ai!!ëurs occasion de
revenir tout à l'heure sur la date de sa nais-
-aance .et sm Mn
Venu à Paris tout enfant, Laferrière fit ses
? ~Ndes-aa iycée ëoHaparte, ainsï- que te cons-
tate son titre de membre de l'Association
des anciens élèves de ce collège.
Il enjra ensuite à l'école Musicale dirigée
~par <~S~)n, car !e jeune-Laferrière avait~ de
ia voix, et, ses goûts, l'entraînant déjà vers'
lïalhëâire, IL M destinait .à c~tte époque a:Ia
carrière mugic~.
> Franç~i8
C'est sur la scène 'du Théâtre-Français
qu'il parut pour la première fois.Ii.chantait
dans les choeurs d'a~'<~à\côté dcpuprez,
qui, lui aussi, débutait.. Seulement, Duprez:
est devenu ium grand t.eha&~nt. tandis que
Laferrière, reconnaissant lui-même que son
avenirin'etait .paa~iâ~ préféré devenir un
gFandcomëdteniN&a~t
.11 quitta donc .le Thëàtre-Ffançais et s'eti
*al!a.à Montmartre, où il débuta sous la
direction des frères Séveste, dans les; rôles,
de Séide dé J~/towe~ et d'Alphonse d'Est,
.~ÊJ&jr<~Mrasj!e.
.Ceci se passait au mois de mars 1824. °
Or, le soir même des débuts de Laferrière,
Talma se treuvait précisément dans la salle.;
En l'apercevant, le jfune artiste faillit S'é-
yahbùiF.Its&Mmit cependant, et joua même
son përsocnageavec une inteltigence qui lui
valut, à ta"nH de la représentation, les j~ v
tations de Talma lui-même..
Laferrière resta cinq ans à !a banlieue,!
jouant, ou peu s'en faut, tous les genres.
Puis, un beau jour, il signa un engagement
avec !e directeur de FAmbigu. Là'it joua,
sous le prénom d'Adolphe, le rôle d'Edouard
de e<~
Saint-Martin et un rôle– celui de Fer-
nande –dans le drame de Casimir De!a-
vignc, JHaptt:o ~~Mfo.
-–Sivous'voHicz travailler, jeune homme,'
.'MU& iMZ;lojtOt. lui.dit l'auteur après la pre-
mière représentation..
Dans le même drame débutait l'excellent
Pfovost, qui passa bientôt a la Comédie-
Ffançaise; où Laferrière alla le retrouver
quelque temps après; mais pour n'y faire
qu'une courte apparition. H se fit cependant
remaïquer dans le rôle de Saint-Mégrin, de
~~r:77~€
De la rue de Richelieu, Laferrière alla
jouer au Tbé&ire-Yentadour~é beau drame
d'Alexandre Dumas père, T/te'resc. A côté de
lui jouaic.nt Bocage, Mme Moreau-Sainti 'et
NHeIdaFerricr. [
L'anBée suivante, un engagement de dix
mille roubles par aa chiffre énorme à cette
époque–rappela en Russie. Puis il revint
à Paris, et joua à l'ancienne Gaité du boule-
vard du Temple .Marcel PaMcre J~ere, le
So!tMeM?' ~e ~
femère était faite, et chaque création neu"
velle était pour lui un nouveau succès.
C'est ainsi qu'il joua successivement au
Vaudeville ~Marce~M, de Mme Amelot à l'0-
? déon.: JtntoNy, ~FtMc~Tsc~ ~oHKeMf
etJ!ryeN(, <Œ Co~sct'cacc, ~J?OM~e,DaM:e<
i~m&eft~ au Théâtre-Historique: ~eo~edes
FtHKt'MM,
~t'M, 7a J~MHfMe dM J!foM~MeM:rM;àia
~aité Georges et JLfarte, ~e Jife~ect'n ~es J?H-
j~ecn~, ~G[7''cnti!e~~MHere,~FoM~a~aMOMr,
P~t)eM~e, ~M ~MKCM ~~6~Ho; à l'Ambigu:
!e Jt.fan~yre dt< cccMr; à la Porte-Samt-Martin:
fOM
On peut dire que peu d'artistes ont eu une
carrière aussi remplie que Laferrière. Il n'en
est pas qui ait su conserver comme lui,
jusque dans un âge avancé, celte apparence
de jeunesse qui étonnait chaque fois qu'il
reparaissait sur la scène. Tout récemment
encore, H reprenait ses premiers rôles, et
jouait aux Folies-Dramatiques le rôle d'Ar-
mand~de Dame aM.c Cemtë~:
La qualité prédominante du talent de La-
ferrière était une chateur communicative qui
empruntait une noùveUe force à une sorte
de monotonie voulue dans le débit des par-
ties ordinaires de son rôle. Nul ne savait
mieux que lui émouvoir la partie féminine
d'une'salle de spectacle. Nul n'était plus élé-
gant, plus séduisant, aussi bien sous le
costume étincetant du duo de Buekingham
que sous l'habit noir d'Antony.
Dumas père, aveclequel il était lié, lui doit
une bonne part dans le succès de certaines
de ses pièces. C'est même grâce à lui que~a
~n~MM-ce a été représentée à l'Odéon. Dumas
'°'~rsa''tf":auxar-
eBëvaittu~e~'Mu~F~ !Tcr
Mstes de !a GaHé. Croyant apercevoir qu i!s
n'avaient p~~t aucun enet, il entra dans
le cabinet du directeuf et jeta le manuscrit
au feu. Laferriéfe.~t était Prëseat.l'arracha
auxnammes;et,sa~eu
le porta àd'O.déon, où la pieu"- ~t~cueet
jouée. On sait avec quel succès.
Laferrière était un peu auteur dramatique.
I[ a coHaboré à plusieurs drames et a fait,
ayec Eugène Pierron, une petite comédie,
Livre C/ta~!tre~, qui a été jouée à l'O-
déon.
Nous disions tout à l'heure qu'il était dif-
Hcile d'indiquer l'âge exact de Laferrière.
Cette difficulté tient aux réponses contradic-
toires de l'artiste lorsqu'on le questionnait
par hasard sur ce sujet.
Pendant longtemps, Laferrière a pris plai-
sir à se rajeunir; puis, lorsqu'il a cru de-
voir renoncer à l'emploi des jeunes-premiers,
il Bst iombé.jdans l'excès contraire.
C'est ainsi qu'un jour, il y a de cela quinze
ans environ, un jeune homme vint le trou-
ver et lui dit:
Monsieur, j'ai fait avec quelques amis
un pari sûr votre âge j'ai parié que vous
aviez plus de soixante ans.
Eh bien, vous avez gagné, repondit La-
< ferrière.~ (;'
~.E~e ~sôn' même ~de ce jour, questionné
par une petite actrice qui lui disait
–J'9i soutenu, que vous n'aviez pas en-
eore ein- q üàn~~ any
core cinquânigM~
Il répondit sans sourcufer:
Vous avez eu raison, mademoiselle.
~Vâpereau fait naître Laferrière vers 1796,
ce qui lui donnerait aujourd'hui 81 ans.
D'un autre côté, la. Société des artistes dra-
matiques possède dansées archives un acte
d'adhésion signé du grand comédien en 1847, v
et'ën tête daqueingure'cette mention a Dé
à Alen§on, le 16 avril 1810; ce qui ne lui
donnerait plus que soixante-sept ans. Com-
ment se reconnaître entre ces deux ver-
sions? II est bien permis de supposer cepen-
dant qu~en 1847 déjà Laferrière, alors en
pleine ~ogue,i ait. ëprsuyô-le besoin de se
rajeunir. Si Vapereau dit vrai, :1 avait à
cette époque cinquante-un ans, ce qui pou~
vait sembler un peu vieux pour continuer à
jouer les jeunes-premiers. La vérité semble
doacêtre~ eh somme, dti côté de Vapereau,
dont l'opinion est à peu prés connrmée,
d'aiMeurs,' par le direde Aille Laferrière,
qu~sass~connaitre exactement l'âge de son
père, croit pouvoir faire remonter sa nais-
sance à' un ou deux ansavant 1800, recti-
Bant ainsi l~acte semi-ofnciel de la Société
des artistes dramatiques, qui, suivant elle,
serait inexact, hoh-seutement comme an-
née, mais encore comme quantième de mois.
Laferrière est n~le 12 avril et non le 16.
Mite Laferrière a aujourd'hui vingt ans
accomplis. Elle adorait son père, dont elle
était l'idole. Au temps où ce n'était encore
qu'un enfant, Laferrière l'emmenait souvent
avec lui, au théâtre.
On raconte à ce propos que, lorsqu'il ne
voulait pas qu'elle vit une pièce, il avait
coutume de lui dire qu'on y tirait des coups
de fusil.
'C'est ainsi que, jusqu'à ces dernières
années, elle n'avait jamais vu jouer le qua-
trième acte de ~o! DfMMe sMa; Cam~Ms. Son
père ne voulait pas lui donner le spectacle
des brutalités d'Armand.
Pourquoi m'as-tu fait partir avant la
Su ? lui demanda-t-elle la première fois.
Parce qu'il y a des coups de fusil.
Dans un salon?.
Oui, je tire un coup de pistolet.
Forte de cette explication, MUe Laferrière
ne manquait pas de.répondre aux personnes
qui lui demandaient si elle avait vu jouer
son pcre dans D~me NMa; CantëKas
Oui; mais jusqu'au moment où il tue
Marguerite d'un coup de pistolet.
Laferrière habitait depuis plusieurs années
un petit appartement situe au troisième étage
du boulevard Voltaire, n° 69. C'est là qu'il
est mort hier matin, à neuf heures et demie,
après trois jours de maladie. Nous avions
été le voir la veille, alors que tout espoir de
guérison semblait déjà perdu. Il dormait
d'un sommeil fiévreux et agité. Les fenêtres
de sa chambre étaient grandes ouvertes, et
malgré cela on voyait qu'il ne respirait
qu'avec peine. La poitrine se soulevait jpar
soubresauts. Dans la soirée l'oppression a
augmenté. La nuit a été mauvaise, et le ma-
tin il a rendu le dernier soupir sans avoir y
,h; *erou-
rept~s conhatssancG, sans avou' me~~
vert les yeux.
jE~AN~tE~.
P.-S.–Un avis que nous recevons à ta,
dernière heure nous informe qu'on ne peut
encore, à cau&e de t'embaumement, uxer !e
iour et l'heure des obsèques de Laferrière.
Les lettres de faire-part ne seront probable-
ment pas envoyées avant demam.-D'après
le libelié de ces lettres, Laferrière n'était
âgé que de soixante-onze ans~~H'~t~s'S~
le 1.2 avril 1806.
-M~ il
Echos de Pans
'=-; ~3'I.~M.
Nous avons donné hier une" des V6fsioTïa
qui ont cours sur la baignoire de Marat, qui,
aprèsavoir Sguré aux funéraiUes du yrand
Aomme et dans Fantichambrede la saUe des
d~ibërations de !a Commune, à FHotei de
YtUe, aurait été vendue comme vieux cuivre
et serait devenue casseroles et bassi-
noires.
On de nos lecteurs nous adresse aujour-
d'hui âne autre vS'sion~ qui n'est pas plus in-
vraisemMaMe quëcel!e-fa.
b'après cette version, la baignoire a@_m-
rat qui figure au musée Tm~~ °
dres, serait véritablement–commets dire
cela ? !e ~e'~tre ~M cr~e de Charlotte
Corday." e
On s'imagine généralement, sur !a foi du
tableau de David, –te peintre David qu'on ap-
pelait le ot-«~cM. fc~c a -c&use de son
goût pour les guiMotinades,–que la bai-
gneiro de l'Ami du Peuple était une baignoire
ordinaire.
Point du tout! I! paraît que c'était une
baignoire à siège dans'IaqueUe Marat~ assis,
corrigeait tranquiMemeht tes épreuves de son
"ctedujour.
~'p- ~toire, à !aquel!e on en aurait
.ît- oins digne, n'était pas
substitué une autt~ vutsairc ft~)~
en cuivre, mais en plomu ~-s~
serait.apres Thermidor, venue aux °
collectionneur anglais, ainsi que les épreu~'
tachées de sang dont nous venons de parler.
Cequiesttrès..c@!'tain et ce qui paraît
confirmer le dire de notre correspondant,
c'est que les épreuves tachées de sang
existent encore en Aagleterre dans nous ne
savons plus quelle collection. Comme l'au-
thenticité n'en peut-être contestée,, nous ne
voyons pas pourquoi, ta baignoire qu'on,
volt au ~M~ee de.! Aon'eM~, auprès de l'é-
chafaud de Louis XVI, ne serait pas la véri-
table, ainsi qu'on nous l'affirme.
Dans tous les cas, cette baignoire à siège
et en p!omb est tout à fait conformsà la
description qu'on donne~de ceHe de Matât.
Ajoutons, pour être complet, que l'on a
fait des /ac-~tMt7e des épreuves sanglantes.
Un de nos amis en possède un exemplaire,
mais ils sont fort rares et fort recherchés
des amateurs de ces vilaines curiosités-là.
Un de nos lecteurs nous adresse la répU-
quc suivante de l'un des 1 ?8 qui ont
vote contre l'ordre du jour de défiance:
'7'~a~3634.&&
.t€~<-l.).<~S~w. ;,t!
:yac.{a.e~
Curiosité historique Pn mot sur !a situa-
tion politique
.s OM.B e~efeur~.
L'EMPIRE EST FAIT!
Prenons pour base de calcul la suite na-
turelle des lettres de l'alphabet désignées
par leur numéro d'ordre et additionnons :<
12 2 b 348 6 7 8 9 10 11 12 13
a 6 o <ï e g A t .?' & m
14 18 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25
n o p r s s, JLf y z
-.g.J-~V.
Mo~ .i ~).
9– 20~.
16 19 M
:13~
s H 'r
12~ ;¡
78 4- 44 36 = I. K 8
Si ce n'est encore ià qu'un efTet du hasard,
il fautiavouerqu'iL est bien singulier. –A
renvoyer à la ZaHtente et autres feuilles
radicales..
Le .monde.: ni`~~J:·`.
On annonce !e mariage deM. Ance!, séna-
On le mariage dQg-. séna-
teur de la Sëine-Infërieure, ancien députe et
ancien maire du Havre, présidentdu con-
seil générai, avec la veuve du générât Jau-
rès, belle-sœur de l'amiral de ce nom, dont
la femme est dame d'honneur de ia prin-
cesse de Joinvitte.
On annonce également le mariage du ba-
ron Baude, administrateur des chemins de
l'Ouest, avec Mme veuve HocmeIIe.
5
On assure (et nous n'annonçons cette nou-
veDe'que sous toutes réserves) que le journal
<œ ~epM&K~Me ~HcctMB pubtiera très pro-
chainement un long article de son directeur
M. Gambëtta.
Cet article, qui est, dit-on, fort remarqua-
ble, tiendrait au moins de cinq à six colon-
nes. 11 est intitule
Plus que personne, M. Gambëtta doit être
compétent en cette matière!
On nous écrit de Londres
e La comtesse de Wilton a donné vendredi
un grand bal dans sa superbe résidence de
Grosvenor Square, auque! ont assisté le
prince etta princesse de Galles.
entouré; Je duc et la duchesse de Teck, te
pcioce Edouard de Saxe-Weimax, etc.
~"tt !e corps diplomatique et la haute
aristocratie angtaise éiaien~reprësentés à
cette réception qh; a été une des plus élégan-
tes de :a sm~met s'e~prolonge&fcrt~va~~
dans!a,nuit.<.
~7'~ 'tc.
Malgré ses allures de démocrate fareushe
X. est au fond un sybarite consommé.
Quand cesseras-j.u de déMatérer contre
la société? ~demandait hier un de ses in-
times. "ati&actt
–Quand j'aurai obtenu &6que~
mande, répondit X l'augmentatiQù des sa-
laires, I'aurancMssément
heur du peuple.6~9.
C'est-à-dire, lu! dit son MM,quandtu
auras, comme Gambetta, \j~j~
cuisinier, hôtel et voiture agj~T V->JJ.'[;
~3&.nisaa''q.!ioT
"MB~uoq &RoT
Autour du lac 'n~~h~
passe une demi-mondaine à toilette ex-
centrique; mollement étendue dans une ytc~
tôria ?"&8
Est-il possible de s'afficher ainsi -.)-'
–Dame, une illle perdue!
'tRM~n.
Un frère et ami cause avec un sceptique.
La conversation roule sur la Bourse et les
tripotages financiers..
–Sachez-le, s'écrie le pur avec feu, dans
notre parti on ne spécule.pas 1 'c.p
Pardon! le citoyen Ordinaire.
,J" ~.s parle des chefs. Prenez Gam-
Je \u~J eh bien, lui, il n'a ja-
betta, par exemp~ ~rse.
mais connu, en fait de t)uL.
–Que celle des contribuables.
.DNP~N9,.
I~~ D~
AFMME ORNM!RE-mA!)D
T~uj~iiliijis~BU
ME,M~B.e.~sb
TRIBUNAL CrviL DE .LYO~
t~ .ë'f!)
Première chambre i:'IH~)
PrM!K~ M. BNGCEiL. 7!~M MM. MEAUDM
ET MARiON. Aftnts~ere pu&h'c M. DE Bmx.
Audience du 14 juillet 1877, fg's'.
du 14 juiliet 1871~5"Iq'
~Nous donnons aujourd'hui le texte com-
plet du jugement du tribunal civil de Lyon,
dans l'affaire Ordinaire-Gif aud, dont nous
avons publié Mer un résumé tétégraphique.
La lecture de ce document preuvera la jus-
tesse des îéflexiocs que nous avons faites
tuer..
'J'UGEM'EN,TM~t~~ttt,!MM,e
Sur le pliemier'cnef `'dématid''`~
Sur le premier chef de la demandé r
Attendu qu'il est établi par les éléments du
piocès et par les explications d'audience
qu'Ordinaire est débiteur du sieurGiraud,
négociant failli, de la somme de 32,000 fr.,
à titre de prêt qu'il est encore'réconnu que
la dame Ordinaire .s'est engagée solidaire-
ment avec son mari pour le remboursement
du même emprunt, mais jusqu'à concurrence
seulement de 30,000 francs.
Sur le deuxième chef de la demande
Attendu.enfait; qu'il résulte des docu-
ments du procès que~ dans le cours de l'an-
née 1876 et dans les pren~ers mois de l'an-
née 1877, Francisque Ordinaire a fait de
.,compte à demi avec Giràud des spéculations
sur la hausse et la baisse des valeurs de
oBourse, que le caractère de ces opérations
fictives est clairement démontré par la cor-
respondance échangéeentre les parties, qu'il
se dégage notamment:
1" De la lettre du~ 27 juillet 187~ par la-
quelle Ordinaire annonce « ?M'<< K'e~ ~Me
t ietHpa de /otre MMe ~r
a aodt;; teut deuant étre terminé soics p~u ilé
« ao~
e joMrs et pa:.K Ke rM~MSKt t':eM ~'e~e
att'oMMee.B
,2" De la lettre du 28 juillet, qui cammence
parées mots: « K A'OM~ at)oHs ~'occaston
& MHt~ue, ïMrc, de ycc~Ke!' 500,008 /rantes
e d'tCt /ÏH <ïou( B, QUI CONTIENT EKSIJITE L'ËXPe"
SmON D'UNE JNTMeUE FINANCIÈRE ET POLIT!QUE
ORGANISÉE POCR !MPRUIER UN MOUVEMENT iDE
HAUSSE AUX ACTIONS DE LA COMPAGNIE FRANCO-
HOLLANDAISE, et qui., enfin, renferme .ce pas-
sage significatif:
jH /
<
13 novembre 1876, produites par~ le syndic
de la faillite, dans lesquelles il fait'les comp-
tes des pertes occasionnées par les liquida-
tions, et fixe à 42,498 francs la somme déjà
due par Ordinaire pour sa part de di~é-
rences;
4° De la lettre de Giràud du 11 janvier
1877, concordant avec la réponse d'Ordio aire
du 13 du même mois; et où se trouvent les
phrases suivantes: ~osî'
a p!MS de 72,000 /'raHM; cet
a JE NE COMPTE PAS LES DERNIERS 5,000 FRAKCS
Attendu qu'en présence de cette corres-
pondance,do)t{ <'aMt~c~c' H'c~ pas e':e coM-
~s(M, il n'est pas douteux que les spécula-
tions conduites par Giràud avec le concours
intéressé et les instructions d'Ordinaire,
n'ayant pas pour objet la livraison eGective
des titres, ne devant se liquider et ne s'étant `
en effet liquidés que par le versement -de
diaerences, ne constituent que des opérations
dejeu;' 'w
Attendu endroit qu'aux termes.de l'article
196S du Code ci vil ]a loi n'accorde aucune
action pour une dette'dej.eu, et qu'il n'est
pas contestable que cette disposition s'eteBdQ
aux jeux de Bourse;
Attendu, il est vrai, que l'exception: de
l'article 1963 du Gode civil n'a pas été pro-
posée, mais qu'il est de jurisprudence cons-
tante que la prohibition édictée par cet ar-
ticle est d'ordre public que dès lors il est
du devoir des tribunaux d'en faire, même
d'ofnce, l'application, ~'Msttce HR poM~~Mt
p~ ~Mc
/?'aMNees de ~c ~ro&ai~'oM~ peu que
Attendu, d'a!Heùrs, qu'il importe peu~quc
~'action mfrodttite par le syndic de la ~tau-
lite'Giraud'në~soit .pas celle d'un gagnant
contre un perdant, mais soit celle d'un as-
secie coatre un participant q~'en.~Set,aux
.veux de ia loi, l'association entre joueurs est
} nùllë~ d~~pteia droit, tout aussi, bien ~que
leurs 'OpëratÏons vis-vis des''tiers,Jparce
qu'elle est atteinte du même vipe et ~fce
oMe racco~ememt d'MK fAtT !MMûRALMe
peM< yc?H<î~ e
décide? ainsi que, dans l'espèce, '0-
r~tte dM ~M ~~OMM ceKe de t(î commMMtCCt-
~tOH &&Mstue ~e~Mes t?iform6t!tOHS
oM~t-~MMre (H)~{.pM~oMeH~ratde de ses
/bKCt!OtM depMte, et DONT.LE a'BMNAL N A
PAS.~CSEM~' LE PLUS OU ~ACITE;
--q' ettn'
'Le 'tribune
Le tïi~un4l~ p ,01 ~s~ des ~rtiés,
~es~iës'~Jësr~sP~~
ë~e ministère public par ,~e Br~
gëaht' M maHêré',ordinaire e~ P~m~r
X~t' fD~amnimME.
ressor~~ i t»amM :It ·` p,. ~,4 e~~r,
reSSOI. a ,jH!IMMC<ï .M t;t!!Ba!âMm~n)'- <
Autorise en tant que ~e~
diBaire-àestep-6njustice,-et,.a.!l~ut a au-
torisation maritale, condamne les martes ur~
dinaire et Saury, solidairement, à payera
Rolland, es qualités, la somme de trente >
miUe francs avec intérêts de droit
Condamne Ordinaire à payer de plus a
Rolland, en sa même qualité, aussî-avec m-
~érêts de droit, la somme de deu~ miUe francs,
Ordonne t'eHt'~MtremeK!, tH'ec te présent
jMyemeKt, des lettres Nttss~es ~M! soHC t~-
'< ~<'S,, .ij!U:
--r. ~~Kajransfbntjnca~i'ae'fVBO!
'feM, -jM''iqnx't"rj''stjT~j.
Renvoie puTemeùt 6t sïn~'sMenî' )& steur
Ordinaire de l'instance sur la demanas en
payement dt!-quaraTite-deuxm~He~
Goadamne les maries Ordinaire solidaire-'
ment aux dépens; ~n fait~distraction à M" Da-
mour, avoué, sur son aïnrmation de les avoir
Y~s 'il ~n>, fi r~! f.
m~3.j3i~BMMMj~.i.
L'énergie 'des considérants ~de~ce juge-
ment et la clause finale qui ordonne l'enre-
gistrement a des lettres missives!) Ordinaire-
Giraud feront, nous n'en doutons pas, grand
plaisir à la 7!e'/?M6K~Me /WmpctMe, au CoM~-
fMr de FrœMee, au ~fot d'Ordre, à MM. Or-
dinan'e, Gambetta, Thiers, ~addington et
consorts. L'histoire retrouvera trace de cette
correspondance édi6ante dans les archives
des bureaux de'l'enregistrement: ce qui ne
permettra pas aux annalistes républicains
d'en contester l'authenticité.
MANCSCAMOM~
ï..
TROP PARLER NU!T~
M. Ordinaire ne nous a pas encore envoyé
d'assignation.
La~e~M6~tM/r
agiotages radicaux, article reproduit par le
CaM~otset un grand nombre de feuilles con-
servatrices. `
M. Gambetta ëspëre, en gardant un silence
prudent, faire oublier aux nouvelles cou-
ches qu'il habite un délicieux hôtel, fait le
tour du lac~dans une Victoria capitonnée et
fume ces cigares «'exquis s dont parlent les
dépêches du gouvernement de la Défense
..nationale.
'3'B'
'a~eTW~~S~MM'~jMStB~sMf.
'T~j~a~~K~
ï~e J~ojaais~ers s
Nos lecteurs connaissent déjà cette gro-
tesque et pitoyable affaire mais nous rece-
;vons aujourd'hui des détails nouveaux et
tellement intéressants que nous n'aurions
garde de les .passersous silence.
Nous avons laissé l'illustre citoyen Levail-
lant du (papier Girerd) au moment où il ve-
nait d'écrire aux témoins de ?. 'Mazenc une
lettre autographe de dix pages pour leur
expliquer qu'U avait parfaitement bien fait
de dinamer leur client, et qu'il ne lui en
rendrait raison qu'à. bout portant, avec
deux pistolets tirés au sort, dont un seul
serait chargé. `:
Ce Japonais de Nevers, très peu ja!oux de
s'évehtrer, trouvait charmant de dire à son
adversaire x Nous tirerons au sort qua
des deux assassinera l'autre, s M. Mazenc
et ses témoins avaient trop de bon sens pour
donner dans ce panneau de haute ~oHat-
seft'e.
La conduite du citoyen LevaiHaat rap-
pelle aves désavantage celle des capitans et
matamores de l'ancienne comédie, qui criaient'
à tue-tête~ en arpentant à grands pas le théâ-
tre
géants que j'ai déjà tués de ma propre main~
avec ma propre êpee, et que, si seulement je.
me mettais en garde, vous tomberiez mort de
terreur. f'EnerappeDe encore, mais cette
fois avantageusement; le héros du vaude-
ville de Duvert étLauzanne, qui disait, pour
refuser un duel c Je l'accepte,, votre duel
je vous attendrai tout armé, dans nn mois,
9u haut du mont Bianc, et vous verrez si je
recule, a
Le citoyen Levaillant (du papier Gtrerd)
est décidément un homme prodigieux.
Mais ce qu'il y a de plus extraordinaire~
c'est que dans le numéro suivant de son es-
timable journal ~epMM~Ke ,il a eu l'im-
prudence d'insérer tout son factum dont M.
Mazenc conserve précieusement l'original.
MonsLevaiiiant, qui se montresi peu vail-
lant, tonne contre les <~MoMeta
rô!e que celui-ci a joué dans toute cette af-
faire.
Notre parole d'honneur, les griefs valent le
pesantd'or de celui qui )es. formule et, véri-
tablement, M. Mazene n'abuse pas de ses
avantages lorsqu'il se contente de répondre
a Si c'est de
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