Titre : La Presse
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1870-09-19
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Laguerre, Georges (1858-1912). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 19 septembre 1870 19 septembre 1870
Description : 1870/09/19. 1870/09/19.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/02/2008
Lundi 10 septembre 187
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Lundi 19 septembre 1S70
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PARIS ET SEINE Six moi»., a*»
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36e aïiné©
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n^kskïv- ̃̃^x^nns^ BUREAUX D'ABONNEMENT, 123, RUE MONTMARTRE
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Par sttité de la suppression du "tim-
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10 centimes
PARIS, 18 SEPTEMBRE
L.' I IWAS ION-
'.l~
R£i\§£MIK£HBP$ OFFICIELS
Neucbâtewi, 16 septembre 1870, 11 h. A5, soir.
Le soug-préfet de. Neuchâteau à monsieur le
ministre de la guerre, Paris.
Ce soir, vei» gix heures et demie, un pe-
tit ballon au bas duquel était fixée une na-
celle a été trouvé au coin du bois situé sur
le territoire de Jàrgny-sous-Mureau, à dix
kilomètres de Neuchàteau. Danscette na-
celle se trouvait soigneusement fixé un pa-
quet ficelé et recouvert d'urne toile gomme
blanche. On l'a ouvert et on a lu tout d'a-
bord, sur un morceau de parchemin, un
écrit daté de ce matin, 16septembrë, signé
par le général Coffinières, commandant la
place de ;Metz et scellé de son sceau, par
lequel cet officier supérieur priait la per-
sonne entre les mains de laquelle tombe-
rait le paquetten question de lé faire porter
au plus proche bureau de poste français.
Le maire de Pargny, informé de cette dé-
couverte, s'est empressé de déférer à la re-
commandation: du général, et il a porté ce
paquet- au bureau de Neuchâteau.
Immédiatement informé, je m'y suis
rendu dans cette enveloppe gommée, j'ai i
trouvé huit paquets distinets composés
d'environ 5,000 petits billets adressés de
Metz par nos soldats aux familles. Chaque
billet a la même dimension et forme un
earré long de six centimètres de hauteur
sur huit ou neuf de large. Durant trois heu-
res, le receveur des postes et moi avons lu
un grand nombre de ces billets afin de dé-
couvrir les neuvelles qui pouvaient être
utiiciïient portées à votre connaissa'nce. Je
vais reproduire les passages extraits d'un
grand nombre de ces lettres et qui m'ont
paru des plus importants.
2* kkfe par voie t§? ballon, -1 S septembre,
8 heures da matin.
Nous sommes toujours bloqués sous Metz
depuis un mois bientôt. On ae manque de
ien. Cernés autour de Metz depuis le 17;
ïaais soyez tranquilles, nous en sortirons
dans quelque* jours. ÎSTous n'avons ni fa-
mine, ni épidémie; l'armée est en bon état,
rien ne nous manque que des nouvelles.
Nous sommes bloqués depuis la bataille de
la Gravelotte; Les Prussiens sont à Briey.
Je vous avais écrit que je partais pour Ver-
dun, mais nous avons été arrêtés en route.
La ville renferme encore beaucoup de pro-
visions, il n'y a aucune maladie. Nous
avons encore des provisions abondantes
dans la ville. j'attends les événements, avec
calme, écrit le général Jolivet au maréchal
Vaillant.
Nou& n'avons pas eu d'engagement de-
puis le 1er. septembre nous sommes cam-
pés aux environs de Metz sous les forts,
nous me manquons dé. rien. Nous sommes
dans l'abondance jjie crois que j'engraisse.
Le blocus est rigoureux mais nous ne
manquons de rien. Quoi qu'on ait pu dira,
l'armée de Bazaine n'a pas été battue. Nous
avoné vaincu la 1 Ji, le 16, le 18 août; le
31 succès complet, et ce n'est pas fini.
Quand le moment sera venu de faire une
trouée, nous la ferons. Etat sanitaire ex-
cellent. Nous espérons bien battre les
Prussiens encore. "Wons nous sommes vic-
torieusement battus les 1â, .16, 18, 31 août
̃ «^
FEUÎLLETON DE LA PRESSE
m 19 ÊtRTEVBTtz 1SF70
A]\f<~l~i:-jE
M"8 Angele sort eu fiacre. Sa toilette est
toujours des plus simples. Je ne l'ai vue,
chez elle et chez les autres, qu'en robe blan-
che ou en robe bleue ni dentelles ni dia-
mants. Il faut, dire que cette -tenue de
pensionnaire lui va à ravir, et que. la pré-
sence d'une rosé naturelle dans ses merveil-
leux cheveux blonds fait oublier l'absence,
d'une parure plus riche et plus recherchée.
>:• Cette simplicité satisfait sans doute sa co-
quetterie ingénue, car si inébranlable que
soit l'avarice, je doute que celle du général
eût résisté -longtemps aux prières d'une sol-
liciteuse si tendrement aimée..
Le baron reçoit peu.. Lçs rares dîners qu'il
donne ne sont composés que d'amis et de
quelques jeunes officiers de mérite et d'ave-
nir. Encore ces derniers n'étaient-ils proba-
blement attirés dans ce modeste et calme in-
térieur, avant la passion du vicomte, que par
le secret espoir d'éveiller la coeur et de fixer
le choix d'une fille pour laquelle, d'ailleurs,
l'ambition paternelle la plus démesurée, n'au-
rait pas désiré de meilleurs partis.
Les vertas et la beauté n ont jamais con-
stitué une dot, ni valu, que je sache, le privi-
lège d'une illustre naissance, et il faut des gen-
• tilshommes de la trempe de votre filleul pour
prouver au monde le contraire.
Dans les nouveaux salons où j* accompagne
Armand, j'ai eatendu, plus 'd'une fois, criti-
quer à voix basse, mai« vertement, La lésine-
rie du général.
Jjui.çèï itféme, «jurpris que le maître actuel
&)tSi?reriw si i tftîi» «urtine conduite qu'il
i i~i~~
et le l8' sê^tEfitÊre. Le point de départ du
ballon qui vous portera ces dépêches est à
l'école d'application. Il ne nous est pas
permis d'écrire plus longuement.1 Je suis
sain et sauf et chef de bataillon à la suite
des combats de Servigny et de Noissevillc
du 31 août et du l01 septembre.
Il existe dans mon régiment le même en-
thousiasme qu'au -départ "de Paris. Nous
.sommes, campés à Borny-sous-Metz. J'ai
assisté aux batailles de Borny, Gravelotte,
Saint- Privât et Servigny. Je nie porte
bien, quoique ayant pris part aux affaires
des 1â, 18, 31 août et lev septembre^. La
naoelle du ballon peut porter 1 kilo il ne
nous est pas permis d'écrire plus longue-
ment. C'est le deuxième ballon que nous
tentons de vous faire parvenir. Colonel
Kerleadec est mort à la suite de ses bles-
sures. Nous ne désirons que la reprise du
beau temps. Rien ne nous manque. Ces
divers billets partiront par les divers «our-
riers du matin pour leurs destinations res-
pectives.
Le sous-préfet de Cempiègne a adressé au
préfet de l'Oise la lettre suivante
Coinpiègne, le l/i septembre 1870.
Monsieur le préfet,
Puisque l'ennemi nous laisse un moment de
répit, j'en profite pour vous rendre compte à la
hâté d» ce qui s'est passé. J'espère pouvoir enco-
rç faire partir cette lettre.
Hier matin, j'avais envoyé des éclaireurs dans,
diverses directions. ̃
A trois heures, celui que j'avais envoyé sur
Soissons, d'où j'attendais le moins l'ennemi, à
cause des coupures nombreuses et des abatiages
considérables d'arbres pratiqués" sur la route,
vint me dire qu'entre Vie-sur-Aisne et Bitry, sur
le chemin a0 81, placé sur la rive droite dé
l'Aisne (la route nationale est sur la rive gauche),
il s'était trouvé subitement en présence d'une
troupe de cavalerie prussienne. Il avait immé-
diatement tourné bride et était rentré rapide-
ment à Compiègne.
J'avais immédiatement rédigé une dépêche
destinée à, vous rendre compte de ce récit et
d'autres encore, et j'allais envoyer au télégraphe
lorsqu'on est venu m'apprendre que les Prussiens
étaient à la porte Chapelle (porte de Soissons).
Le fait était vrai. Quatre éclaireurs uhlaîis en-
trèrent les premiers en ville, suivis à peu de
distance d'un deuxième peloton commandé par
un officier. Une douzaine de cavaliers se placè-
rent à la tête du pont, et une quatrième troupe
d'une cinquantaine de cavaliers se postèrent en
observation sur une petite éminence en avant de
l'entrée de la ville. A 1,500 mètres environ, dans
la direction de Choisy, on apercevait un groupe
noir qui paraissait do la cavalerie.
Les premiers uhlans, au milieu de la popula-
tion frémissante et de quelques cris « II faut
les tuer, à l'eau » arrivèrent sur la place -db
l'Hôtel-de-Ville. Ils y trouvèrent le maire qui
refusa de parlementer avec eux et leur fit signe
de s'en aller. Ils obéirent et se dirigèrent au ga-
lop et le pistolet au poing; dans la direction de
Pierrefonds, sans doute pour reconnaître cette
route. »
Le deuxième groupe, commandé par un offi-
cier, arriva immédiatemeat. Ce dernier s'adressa
convenablement au maire, qui lui répondit que,
bien que Compiègne fût une ville ouverte ethors
d'état d'opposer une résistance utile, elle n'ac-
cepterait pas l'humiliation de se soumettre à des
réquisitions qui ne lui seraient pas imposées par
des forces supérieures. L'officier parut compren-
dre ce sentiment, il se retira après quelques pa-
roles en annonçant pour le lendemain un géneral
avec 5,000 hommes d'infanterie et de cavalerie.
Pendant ce temps, les premiers uhlans étaient-
revenus, et tous ensemble se dirigèrent vers la
gare, suivis par une foule assez considérable.
L'officier regarda la voie, le télégraphe,
adressa quelques mots au chef de gare, puis se
retira définitivement avec tout son monde, dans
la direction de Choisy- au-Bac, sans avoir com-
mis de dégâts II se trouvait dans la gare un as-
sez petit nombre do fusils renvoyés tardivement
par des communes rurales l'officier a paru ne
pss s'en occuper II s'y trouvait également dçs
wagons chargés de fourrages, mais le tout est
parti le soir même pour Paris.
Cet officier a posé au maire comme au chef
de gare les questions suivantes, auxquelles tous
deux ont répondu de même
D. Est-il «passé beaucoup de troupes à Com-
piègne ces jours derniers?
R. Enormément, par voie de terre et par che-
min de fer.
D. De quoi se composaient cas troupes?
R. D'infanterie, de cavalerie et d'artillerie.
D. C'était sans doute le corps de Vinoy ?
11. Oui, mais il est passé beaucoup d'autres
forces qui ne faisaient pas partie de ce corps.
Parmi les premiers uhlans, on a parfaitement
reconnu deux hommes qui avaient habité Com-
piègne pendant plusieurs années en qualité d'ou-
vriers employés à la brasserie de M. Ancel.
leit désapprouver. Car s'il affecte, pour lui-
même, une sévérité de costume et de mœurs
qui a servi sa politique en le rendant popu-
laire, il aime, en retour, à voir ses créatures,
les parvenus du champ de bataille, déployer,
en certaines circonstances un luxe princier.
L'étajage et l'apparat lui plaisent dans les au-
tres e jet de la magnificence ampoulée de son beau-
frère Murât, ce soldat doré sur toutes les
coutures, sont marquées au coin de l'indul-
gence et souvent même de la satisfaction.
^Test-ce pas comme une leçon, cette promesse
que l'empereur a faite au baron de mettre
cent mille écus dans la corbeille de mariage
d'Angèle, alors que le père de la jeune fille ne
lui donne que cent mille livres?
N'ayant plus rien và vous dire sur le compte
du général, je passe, ma chère tante, à son
frère, la Jambe de Bois, que l'on nomme dans
l'intimité l'oncle Bernard.
Si Jean Lemoine est le type du soldat/Ber-
nard est le type du républicain austère.
Misanthrope, un peu farouche, mais plein
d'honneur, Bernard est de la meilleure foi eu
haïssant le despote que son frère adore.
Mais l'exaltation de ses principes démocra-
tiques n'a jamais agité que son propre cœur.
Il eut toujours la probité et le bon sens de
respecter celle des autres. La différence de
leur' manière d'aimer, de juger et de voir n'a
altéré en aucun temps l'union et le dévoue-
ment des deux frères. v
Quoique vivant depuis des années sous le
même toit, ils ne se sont jamais, m'a-t-on dit,
ni heurtés ni blessés; ils ont su dans leur
conversation de tous les jours, éviter les
sujets sur lesquels ils ne sont point d'accord
dans la crainte qu'une contradiction trop vive
ne troublât la sérénité de leur existence rap-
prochée et l'harmonie des bons sentiments
que continuellement ils s'iusjjicent.
Bernard, du reste, froid et réservé avec les
personnes qu'il ne connaît pas, parle peu,
même entouré des siens. Républicain par na-
ture, c'est surtout sa manière de lUvre qui
trahit le rigorisme de ses opinions et la pureté
de sa morale.
Sobre comme un anachorète, il paye, pour
occuper une chambre dans la maison de sen
frère et s'asseoir à tabk? entr© son nereîi et sa
̃wfltlpaBM» »»j«ammTi'iiniiiiiiwiiiiio*«wa»««gg3»?gagii« iwh>j>^w.iic«i5^ <
On m'annonce le retour et l'approche des Prus-
siens, et je me hâte de clore cette lettre en vous
priant de croire à tout mon dévouement.
Le sous-préfet de Compiègne,
Baron morio.
Senlis, l/i septembre, 7 heures du soir..
COMBAT DE MÉLY_
Dans la matinée d'hier, rapporte le Gau-
lois, une quinzaine de mille hommes du corps
Vinoy sont partis en reconnaissance au des-
sus de Créteil. Près de Bonneuil, dans les bois
qui couronnent le plateau de Mély, l'avant-
garde de cette reconnaissance, déployée en
tirailleurs, 'a été reçue par une déchasge d'ar-
tillerie.
Dans la nuit, les Prussiens étaient parve-
nus à établir des batteries fixes sur ce pla-
teau. La position était forte. L'ennemi parais-
sait être en force (trente à quarante mille
hommes environ).
Le général Vinoy fit immédiatement avan-
cer de l'artillerie et quelques mitrailleuses
pour protéger la retraite de la reconnaissance
qui avait atteint son but.
Nous avons fait subir aux Prussiens des
pertes assez sensibles. L'état-màjor ennemi
s'étant avancé pnur examiner la position, il
y a eu plusieurs officiers de tués dans ses
rangs.
De notre côté, il y a eu de, dix à quinze
morts et trente blessés.
Les troupes du général Vinoy auraient eu
affaire, assure-t-on, à Tarrière-garde du gé-
néral, Vogel de Falkenstein. La canonnade a
duré deu^.heures.
UNE RKCONNArSSANCE DES FRANCS TIREURS
AHONSSOITN
Une compagnie des francs tireurs bataillèn
Aronhsson, commandée par M. Lavigne, et
qui a fait un service d'honneur à l'Hôtel-de-
Ville, est partie avant-hier en reconnais-
sance.
Elle a envoyé aujourd'hui de ses nouvelles
par un sous-lieutenant. Dans une rencontre
qui a eu lieu hier, elle a tué huit Prussiens et
fait un prisonnier, le tout sans pejrdre un seul
homme.
Le sous-lieutenant a ramené le prisonnier
en voiture. C'ost.un jeune homme de vingt-
deux ans; du Ji* dragons on a trouvé sur lui,
en le fouillant, une glace, un peigne et divers
objets de toilette.
Quand il est arrivé dans la cour de l'Hôtel-
de-Ville, les gardes mobiles de service se sont
precipités vers la voiture et ont failli mettre
le Prussien en pièces. On a monté le malheu-
reux dans les appartements du premier. En
route, il pleurait à chaudes larmes.
Près dé Charentop, une embarcation, por-
tant sept Prussiens éclaireurs, a été surprise
par des francs tireurs de la Société des sau-
veteurs qui attendaient en embuscade.
Six ont été tués le septièrns, blessél a été
ramené prisonnier.
RENSEIGNEMENTS
DES JOURNAUX ALLEMANDS ET ANGLAIS
.Berli», 10 septembre.
Douze mille Allemands qui ont été expulsés de
Paris ont fait une adresse au roi de Prusse, à
l'effet d'obtenir une indemnité pécuniaire, et ils
ajoutent que 80,000 Allemands ont été expulsés
seulement du département de la Seine.
On annonce que M. Paul de Cassagnac, l'écri-
vain, et le baron Stoffel, qui était attaché militai-
re à l'ambassade française de Berlin, sont parmi
les prisonniers de Sedan.
M. von Kuhlwetter, "gouverneur civil de l'Alsa-
ce et du département de la Moselle, a invité la
chambre du commerce d'Elberfeld à étudier les
conséquences probables, à l'égard de l'industrie
allemande, dé. l'annexion des provinces qu'il ad-
ministre au Zollvereia. v'
A Wilhemshœhe, ub apprenti allemand a été
arrêté; il avait un pistolet dans sa poche. On sup-
pose qu'il voulait tirer sur l'empereur Napoléon.
Il paraît qu'il n'y a rien de fondé dans le bruit
que le gouvernement bavarois s'est décidé à né-
gocier avec la Prusse relativement à l'entrée de
la Bavière dans la Confédération germanique.
AGE.\©E REUTER
Berlin, 16 septembre.
Le ministre américain a reçu la notification que
nièce, une pension qui défrayerait la dépense i
de deux hôtes plus difficiles*. Il aime beau-
eouf) Angèle, mais ne la gâte pas. Elle sera
son héritière
Enfin Bernard Lemoino est un homme plus
estimable qu'aimable, dans le sens qu'on don-
ne ordinairement à cette dernière épithète.
Content de l'affection des siens et du respect
qu'il inspire au monde, il vit comme un sage
et consacre à la lecture et au jeu d'échecs
tous les instants qu'il n'accorde pas à la fa-
mille;
Mais on devine, sons ce calme, une organi-
sation d'une énergie peu commuae.
On comprend qu'un pareil homme serait
terrible s'il avait à défendre son honneur me-
nacé et la réputation des personnes qui lui
sont chères ou qui portent son nom.
Ne croyez-vous pas, ma chère tante ?
P. S. Je ne retrouve pas ma pensée.
La personne qui a consenti, après m;avoir
remis votre lettre, à se charger aussi de la
mienne, vient d'arriver. Repartant pour Lon-
dres ce soir même, ce complaisant voyageur
n'a pas un quart d'heure à m'accorder.
Je compléterai prochainement la notice
que vous m'avez demandée, et je vous ferai
surtout connaître de mon mieux la séduisante
créature qui, avant un mois, sera la chose
est malheureusement trop certaine la feni-
de votre noble filleul, de mon char et pas-
sionné cousin.
A bientôt donc, ma chère tante. N'oubliez
pas
Encore un «eup de sonnette Quelle fa-
talité! r
Deuxième p&st-scripium. C'était Lucien
Lemôine, le frère d'Angèle, un joli garçon à
peine majeur, qui arrive de New-York, où il
est né. Sa visite a pour but de me remettre
cent louis, que je lui ai gagnés hier au soir.
C'est un beau joueur qui fera sauter tôt ou
tard, je n'en doute pas, les économies du
baron.
« A père avare, fils prodigue. 5>j:
Adieu pour tout de bon, eette fois, et per-
mettez-moi de vous embrasser tendrement.
paul d'albi.
e blocus de la flotte française n'a cessé qu'à l'é-
gard dn-WeSer et de l'Elbe.
L'EMPEREUR DE RUSSIE ÈT/lAtaMÉB SAXSN'NE
Dresde, 16 septembre.
Le roi de Saxe a reçu hier le télégramme sui-
vant de Tempereurde Russie, qui est à Tsarskoë-
Selo
« En l'honneur du succès de vos braves sol-
"dafèf,' jb .prends la liberté de conférer à vôtre fils,
le prince royal, mon ordre militaire de Saiut-
Georges de première classe, bien mérité par lui
pour avoir conduit si brillamment vos troupes à
la victoire. J'espère que Votre Majesté trouvera
dans eet acte une nouvelle preuve de mon respect
et de mon amitié. »
LE GOUVERNEMENT RÉGULIER
Le gouvernement de la défense nationale
est n6 de la plus terrible des nécessités
pour une nation envahie par l'ennemi,
celle d'improviser instantanément un pou-
voir, c'est-à-dire la force destinée à orga-
niser la défense.
Ce gouvernement a été, dès le premier
jour, tant la nécessité qui l'a créé était
flagrante et urgente, accepté et obéi par
toute la France sans exception.
Í C'est là un fait si évident, si incontesté
et si incontestable, que l'homme illustre
chargé des pleins pouvoirs du gouverne-
ment de la défense nationale a été accueilli,
sans hésitation, comme le représentant au-
thentique du peuple français, par le cabi-
net de Londres, e,t qu'il sera reçu, au même
titre et plus cordialement encore, par les
cabinets de Vienne et de Saint-Péters-
bourg.
'̃ Lors donc que le roi de Prusse, dans le
çommurtiqué de Rgims, déclare que le gou-
vernement de la défense nationale ne re-
présente qu'une minime fraction de l'an-
cien Corps législatif, il refuse sciemment
d'ouvrir les yeux à la lumière.
Pour tout homme de sens, et pour tout
esprit sincère, la question de l'origine plus
ou moins régulière du gouvernement de la
défense nationale ne doit regarder que la
France et non les étrangers. La vraie ma-
nière, pour une nation, de reconnaître le
gouvernement qui est à sa tête, c'est de lui
obéir. Et jamais obéissance n'a été plus
entière, plus libre et plus spontanée que
celle qu'a rencontrée, depuis le premier
instant de son existence, le gouvernement
de la défense nationale.
Toutefois, et si peu fondée en fait que
fût l'objection de l'ennemi à entrer en né-
gociations avec le gouvernement actuel de
la France, sous le prétexte de l'irrégularité
de son origine, les honorables citoyens dont
il est composé ont voulu y couper court en
avançant, jusqu'à la plus prochaine limite,
l'heure où un gouvernement strictement
légal et régulier pourra être fondé parmi
nous.
-Cette décision était la meilleure réponse
qui pût être faite à la fin de non-recevoir
opposée par la Prusse à toute tentative de
médiation des neutres.
La circulaire de M. le ministre des affai-
res étrangères, publiée ce matin par le
Journalofflicièl, explique parfaitement quel
est le but de la convocation au S octobre
des élections pour une Assemblée consti-
tuante.
Le gouvernement de ^a défense natio-
nale, en même temps qu'il répond ainsi
aux objections dilatoires de la Prusse,
s'honore également par la loyauté avec la-
quelle, sitôt le premier soin donné à l'o-
bligation de faire tête à l'ennemi, il tient à
remettre entre les mains de la nation le
pouvoir qu'il n'a pris, en un jour de péril,
que pour se placer avant tout au poste du
combat.
Le Times, qui affecte de ne pas voir ni
comprendre ce qui se passe en France,
prétend ce matin que « si le nouveau pou-
» voir, s'adressant hardiment au chef de
» l'invasion, avait reconnu l'injustice de
» l'attaque de la part du gouvernement
III.
Mosé Kohlnbcrg à Lucien Lertioine.
Monsieur,
Malgré la promesse, un peu forcée d'ail-
leurs, que je vous ai faite-d'attendre six mois
eneore avant de mettre en circulation la let-
tre de change de dix mille francs que j'ai en-
tre les mains, l'état de mes affaires et le
oe;:rs élevé des espèces, m'obligent à dimi-
nuer de beaucoup ce délai.
J'ai donc l'honneur de vous prévenir que
si,' au 15 janvier prochain, je ne suis pas
remboursé de la susdite somme de 10,000 fr.,
je me verrai dans la nécessité regrettable
d'utiliser immédiatement l'effet souscrit par
vous à mon profit.
Je sais pertinemment que vous clés majeur
depuis le 25 novembre.
Agréez, monsieur, mes très humbles salu-
tations.
MOSÉ KOHLNBERG,
9, rue Michel-Lecomte.
IV
Armand de Mérainville à Frédéric
de Walstein
Je savais bien, mon cher Frédéric, que ton
cœur allemand me cemprendrait. Tu es le
seul. De tous côtés on me lance à la tête cet
abominable et stupide paradoxe « Qu'un gen-
tilhomme se déshonore en épousant une jeune
personne -de naissance obscure, fût-elle belle
et vertueuse. »
Paul d'Albi lui-même, mon cousin, mon
ami, est partisan de ce préju^ ridicule il a
fallu toute la puissance des liens qui nous at-
tachent pour empêcher entre nous une rup-
ture dont mon bonheur aurait souffert.
Quant au blâme du monde, je m'y soumets
sans murmurer, mais sans tristesse et sans
crainte. Sûr de moi et de celle que j'aime, je.
défie toutes les funèbres prédictions. Si, dans
le cas où je me trouve, la faiblesse où la lâ-
cheté de quelques âmes les a souvent justi-
fiées, ces misérables èsemples, ne font qu'a-:
jouter plus de force à la réponse de ma con-
science, qui me dit chaque fois que je la
consulte s « Tu es dans le vrai, tu feis bien. »
lilin'WMi ii'iiiw i iil«i»a^ï^»^im»a»wj^4J)aia«wa«a»mc^aB»g?gtt»r-g^1iww*agiyP^^M?'r^?
» impérial, et, renonçant à une politique s
» d'agression, avait offert de remettre à a
» l'arbitrage, des neutres, l'appréciation t
» de l'indemnité due par la France, le roi
̃>i eût accepté cette proposition, ou bien
3>; aurait indiqué quelques conditions pré- c
» liminaires sur lesquelles il aurait pu in- t
« sister avant d'ouvrir les négociations de t
.m. la paix. îj ̃ ̃-̃ 1
Nous ne savons jusqu'à quel point le (
Times est autorisé à tenir ce langage. Mais 1
ce journal ne peut pas ignorer que le com- c
muniqué de Reims est un refus anticipé 1
d'entrer en négociation avec le gouverne- ]
ment actuel de la France. Ce n'est pas la
France qui oppose ce refus, c'est le roi de
Prusse.
Quant à dénier la responsabilité de la
déclaration de guerre et de l'attaque, la
circulaire de M. Jules Favre est, sur ce 1
point, suffisamment explicite. Quand le 1
Times la lira, s'il lui reste une ombre de
sincérité, il verra que la France subit les
responsabilités que lui font encourir les
fautes du gouvernement déchu, mais qu'elle
ne peut moins faire aujourd'hui que de
défendre son honneur et son indépendance.
Si donc la Prusse ne veut pas la guerre
à outrance, la guerre de conquête, la guer-
re pour la guerre, rien ne lui est facile
comme d'accepter des pourparlers pour la
paix.
Si elle ne veut entrer en négociation
qu'avec un gouvernement régulier, rien ne
lui est plus aisé que d'écouter les neutres
lui proposant un armistice, soit pour faci-
liter la création d'un gouvernement régu-
lier, soit pour préparer les préliminaires
d'une paix honorable pour, tout le monde.
La Prusse, si elle n'est pas résolue à
poursuivre, sans trêve ni merci, l'effusion
du sang humain, qui a déjà fait de 2 à
300,000 victimes, la Prusse devrait con-
sentir un armistice, au moins pendant les
élections.
Si elle se refuse à toute mesure de ce
genre, l'Europe saura, officiellement cette
fois, que la responsabilité de la continua-
tion de la guerre doit retomber non sur
nous, mais sur notre ennemie, sur la
Prusse seule.
On dit que le cabinet de Londres a reçu
la. réponse' de M. de Bismark à la note de
lord Granville qui accompagnait la com-
munication de M. Jules Favre. Cette ré-
ponse, dit le Sun, ne serait pas évasive,
mais elle soulèverait une question que le
gouvernement provisoire a dû examiner.
Il est à croire que la circulaire publiée
par le Journal officiel est la réponse à la
question ou à l'objection soulevée par la
Prusse. C'est de la diplomatie au grand
jour.
L'Europe pourra ainsi apprécier de quel
côté sont la loyauté et le désir sincère de
mettre fin à une guerre désastreuse pour
les belligérants, et nuisible aux intérêts
des autres peuples.
Si la Prusse persiste dans son refus, la
France, ayant rempli ses obligations vis-à-
vis des intérêts en souffrance, saura se ré-
signer à faire son devoir sans regarder der-
rière elle.
FRANCIS RIAUX.
On lit clans l'Electeur libre d'hier soir
On nous assure qu'un message du roi de Prusse
aurait été reçu aujourd'hui par notre ministre
des affaires étrangères, M. Jules Favre.
D'un autre côté, l'on nous affirme que M. de
Bismark mettrait pour condition à la paix l'occu-
pation permanente par les Prussiens de Stras-
bourg et de Metz. Le chiffre de l'indemnité de
faerre serait à ses yeux' d'une importance secon-
aire.. ̃
Nos renseignements particuliers nous permet-
tent de croire que M. de Bismark ne serait nul-
lement ennemi de la paix, mais que, depuis la
bataille de Sedan, il n'aurait pu obtenir du roi
de Prusse, enivré par ses succès, qu'il entrât en
pourparlers avec le gouvernement français.
Depuis cette époque, M., de Bismark aurait été
débordé. Mais l'énergique attitude de la popula-
tion de Paris aurait enfin ramené le roi Guil-
laume à la raison.
Par exception, nous ne sommes point en me-
r
Ton approbation, mon cher et bon Fritz,
m'a délicieusement ému. Elle m'encourage à
épancher dans ton cœur le mien qui déborde
et qui jusqu'à présent, mais non sans efforts,
tenait pour ainsi dire son amour sous clé.
H faut que je te parle d'Angèle^ Je veux
que tu la connaisses par moi avant de la con-
naître par tes propres yeux. Mais de sa beauté
je ne dirai presque rien. La femme que l'on
aime est toujours la plus belle. Sache seule-
ment qu'elle est blonde et qu'elle a les yeux
noirs quant à l'expression naturelle de son
regard angélique. oh c'est là tout un poème
Ses paupières sont presque toujours baissées
sans la moindre affectation, et l'ombre proje-
tée par de gvands cils sur ses joues d'une fraî-
cheur délicate est d'un effet si neuf et si char-
mant qu'un maître ne saurait, à mon avis,
la reproduire exactement sur la toile.
Elle penche habituellement la tête du côté
gauche, et cette inclinaison, purement ins-
tinctive, imprime une grâce pudique" et virgi-
nale à tout son maintien.
Le premier soir qu'elle entra dans le salon
de ma grand'mère, qui la vint prendre par la
main, sa démarche attira tous les regards. Je
ne sais quelle gaucherie enchanteresse, inimi-
table caractérisait chacun de ses mouvements
onduleux.
Comme une gazelle effarouchée, elle levait
de temps en temps, sans les arrêter sur per-
sonne, de grands yeux timides et rêveurs. Une
prière flottait dans ce velours humide, et le
sourire involontaire qui venait parfois inter-
rompre le calme religieux de la bouche était
suppliant.
Notre roman a commencé de la façon la
plus simple; mais que de faits insignifiants
pour les autres m'ont laissé les plus émouvants
souvenirs 1
C'e&t à l'Opéra que nous nous rencontrâmes
pour la première fois. Elle était à. une stalle
de balcon, entre son père'et son frère. De la
loge où nous étions, ma grand mère et moi,"
je distinguais parfaitemeut son pur et beau
profil, la grâce de son cou et la richesse de sa
chevelure.
Je croyais sentir le parfnm de ces boucles
blondes qu'agitait par intervalles le jeu de
l'éventail.
Puisque tu crois au magnétisme, tu ne rira»
ure de garantir l'authenticité de ces nouvelles
ussi ne les donnons-nous que sons la plus ex-
rême réserve.
Le Journal officiel annonce que les am-
>assadeurs d'Autriche et d'Angleterre et le
ihargé d'affaires de Russie ont cpiitté ce ma-
in Paris et se sont rendus à Tours, dans le but
le conserver une libre communication avec
ètlrs gouvernements. Ils ne cesseront pas de
lemeurer en relation avec le ministre des af-
'aires étrangères présent à Paris. Le ministre
les Etats-Unis, le ministre do Belgique, le
ninistre de Suisse et plusieurs autres mem-
jres du corps diplomatique ont bien voulu
lire aux ministres qu'ils resteraient près
ie lui. ̃ ̃
"M. Tachard, ancien député du Haut-Rhin,
îhargé par le gouvernement de la défense na-
tionale d'une mission extraordinaira en Bel-
gique, a eu, avant-hier, une entrevue avec
M. d'Anethan, ministre des affaires étran-
gères.
M. Tachard a demandé une audience du
roi et devait être reçu hier au palais.
Par ordre du gouvernement de la défense
nationale, M. le vice-amiral Fourichon, mi-
nistre de la marine et des colonies, s'est ren-
du à Tours et y a transporté la direction des
services de son département.
Pendant son absence, M.. lecontre-arniral
de Dompierre d'Hornoy, directeur du person-
nel, sera le délégué du ministre de la marine
à Paris..
Par décret du 17 septembre M. Henri
Toussaint, ingénieur civil, a été attaché à la
commission. armement. ̃
Í"i
L'Electeur libre dit que la nouvelle men-
tionnée hier dans une dépêche du Daily Tele,-
graph, et annonçant que le maréchal Bazaine
s'était échappé de Metz, n'a d'autre origine
que le passage dans les environs de Sedan et.
de Montmédy de quelques milliers de prison-
niers français qui ont réussi à s'échapper des
mains des Prussiens.
Les cinq classes de l'Institut de France,
ainsi que nous l'avions fait pressentir, ont, à
l'unanimité, décidé par \\xi vote qu'une pro-
testation serait rédigée en vue du bombarde-
ment éventuel des monuments, bibliothèques
et musées de Paris.
Cette protestation, faite au nom'de l'intérêt
universel des lettres, des savants et des artis-
tes, sera adressée à toutes les académies du
monde entier, ainsi qu'à tous les membres
correspondauts étrangers de l'Institut deFran-
ce, qui seront invités à s'associer ^à cette ma-
nifestation en y donnant leur adhésion pu-
blique.
LA DÉFENSE NATIONALE
Le général Trochu s'est rendu, dans l'a-
près-midi d'hier, à la butte Montmartre pour
visiter les travaux de défense.
M. le gouverneur de Paris a paru très sa-
tisfait.de son inspection!
GARDÉ NATIONALE MOBILE
Election des officiers
Le décret du 16 septembre 1870,' relatif à
l'élection des officiers de la garde mobile ar-
mée et réunie à Paris, que nous avons publié
hier, d'après le Journal officiel, est applica-
ble aux bataillons des départements.
ÉPOQUE ET MODE. DES ÉLECTIONS
Le ministre de la guerre,
Vu le décret du 17 septembre 1870
Arrête ce qui suit
Les élections aux divers emplois de capi-
taine, de lieutenant et de sous-lieutenant dans
les bataillons et batteries de gardes nationales
mobiles auront lieu successivement, pour ces
troisgrades, par compagnie et batterie, le
lundi 19 septembre, à huit heures du matin,
sur l'emplacement des réunions ordinaires
des bataillons et batteries.
Les élections se feront, pour l'infanterie,
sous la présidence du chef de chaque batail-
lon, assisté d'un officier, d'un sous-officier, un
••
~MM~MM~~M~MMM~WW~MM~MMMM~a
pas de ceci. Au moment où je désirais le plus
ardemment d'apercevoir l'ensemble de son
visage, sa tête élégante, comme attirée vers
moi par cet appel silencieux, se tourna de no-
tre côté. Rien n'avait pu motiver ce mouve-
ment imprévu. Nos regards se croisèrent
comme deux éclairs, et je reçus au cœur une
commotion si violente, que je faillis me trou-
ver mal.
Ma grand'mère, fatiguée, ne prêtait à la re-
présentation qu'une attention secondaire
elle s'aperçut de mon trouble et m'en deman-
da la cause.
C'est de ce soir-là que date mon premier-
mensonge.
Je ne quittai point l'Opéra sans avoir ap-
pris le nom de son père.
Violant sans remords les principes du mon-
de auquel j'appartenais, je me fis recevoir
membre d'un cercle mixte fréquenté par Lu-
cien Lemoine, le frère d'Angèle. Malgré la ré-
pulsion instinctive que ce jeune homme m'ins-
pire, je me liai avec lui.
Je n'avais que ce moyen pour me rappro-
cher de celle qui avait fait sur mon cœur une
impression aussi rapide que profonde.
Je la revis, mon cher Frédéric, je l'enten-
dis, et ma passion se fortifia, mais en s'éle-
vant. Je suis certain que, placée dans l'at-
mosphère où se meut cette jeune fille, la na-
ture la plus ingrate s'ennoblirait.
Le cercle privilégié où j'ai vécu ne m a pas
offert une organisation supérieure. Noblesse,
sensibilité, distinction; toute perfection sem-
ble innée dans cette perle de beauté elle a
des vertus comme un ange a des ailes.
Enfin, j'ai triomphé dans la lutte que mon
amour avait engagée avec ma pauvre et ten-
dre grand'mère. Quelle amie pour moi, mon
cher Fritz Quelle chaleur d'âme, quelle fraî-
cheur de sentiments elle a conservées dans sa
merveilleuse vieillesse! Que ne la vois-tu me
menacer du doigt en souriant et en secouant
sa noble tête accompagnée de beaux cheveux
blancs! que ne l'entends-tù dire 1-1
-i- 'Vicomte, mon" cher enfant, vous me fai-
tes faire là une insigne folie. Dien veuille que
je sois seule à m'en repentir. I
GABRIEL DANTRAGUES
t Troiimoif 16fr«n«t
MPAETEHENTS] 6ixmoi8.. 39 ̃
Ut~ 6~ _s_ .t~`-~`-~`~ ~°~
Lundi 19 septembre 1S70
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t irois moig i8[,»v
PARIS ET SEINE Six moi»., a*»
( Un an. 54 »
RIIRP6IIÏ n'SRflNNFMFNT IM RM- MnNTMARTRF
«̃̃VHVMi S) rtflVE VK m ouunat. &̃ i, nui. vu||-ntnu» ;-v • <̃•
Tomt o» qui concTBrnelV1naid*trajti^;df3oi*plWMt^iro adressa .to Gcianf. x
~Mt'amaEs-~Ms'M.M* (**< H'-< 5-" adl'eSié au Gérant.
wa, ,l ¡
36e aïiné©
i Il
n^kskïv- ̃̃^x^nns^ BUREAUX D'ABONNEMENT, 123, RUE MONTMARTRE
L'Administration se réserva !«, droit de modifier la rédactiôndw Annonces.
Par sttité de la suppression du "tim-
bre, chaque numéro de la Presse ne
doit plus être vendu que
10 centimes
PARIS, 18 SEPTEMBRE
L.' I IWAS ION-
'.l~
R£i\§£MIK£HBP$ OFFICIELS
Neucbâtewi, 16 septembre 1870, 11 h. A5, soir.
Le soug-préfet de. Neuchâteau à monsieur le
ministre de la guerre, Paris.
Ce soir, vei» gix heures et demie, un pe-
tit ballon au bas duquel était fixée une na-
celle a été trouvé au coin du bois situé sur
le territoire de Jàrgny-sous-Mureau, à dix
kilomètres de Neuchàteau. Danscette na-
celle se trouvait soigneusement fixé un pa-
quet ficelé et recouvert d'urne toile gomme
blanche. On l'a ouvert et on a lu tout d'a-
bord, sur un morceau de parchemin, un
écrit daté de ce matin, 16septembrë, signé
par le général Coffinières, commandant la
place de ;Metz et scellé de son sceau, par
lequel cet officier supérieur priait la per-
sonne entre les mains de laquelle tombe-
rait le paquetten question de lé faire porter
au plus proche bureau de poste français.
Le maire de Pargny, informé de cette dé-
couverte, s'est empressé de déférer à la re-
commandation: du général, et il a porté ce
paquet- au bureau de Neuchâteau.
Immédiatement informé, je m'y suis
rendu dans cette enveloppe gommée, j'ai i
trouvé huit paquets distinets composés
d'environ 5,000 petits billets adressés de
Metz par nos soldats aux familles. Chaque
billet a la même dimension et forme un
earré long de six centimètres de hauteur
sur huit ou neuf de large. Durant trois heu-
res, le receveur des postes et moi avons lu
un grand nombre de ces billets afin de dé-
couvrir les neuvelles qui pouvaient être
utiiciïient portées à votre connaissa'nce. Je
vais reproduire les passages extraits d'un
grand nombre de ces lettres et qui m'ont
paru des plus importants.
2* kkfe par voie t§? ballon, -1 S septembre,
8 heures da matin.
Nous sommes toujours bloqués sous Metz
depuis un mois bientôt. On ae manque de
ien. Cernés autour de Metz depuis le 17;
ïaais soyez tranquilles, nous en sortirons
dans quelque* jours. ÎSTous n'avons ni fa-
mine, ni épidémie; l'armée est en bon état,
rien ne nous manque que des nouvelles.
Nous sommes bloqués depuis la bataille de
la Gravelotte; Les Prussiens sont à Briey.
Je vous avais écrit que je partais pour Ver-
dun, mais nous avons été arrêtés en route.
La ville renferme encore beaucoup de pro-
visions, il n'y a aucune maladie. Nous
avons encore des provisions abondantes
dans la ville. j'attends les événements, avec
calme, écrit le général Jolivet au maréchal
Vaillant.
Nou& n'avons pas eu d'engagement de-
puis le 1er. septembre nous sommes cam-
pés aux environs de Metz sous les forts,
nous me manquons dé. rien. Nous sommes
dans l'abondance jjie crois que j'engraisse.
Le blocus est rigoureux mais nous ne
manquons de rien. Quoi qu'on ait pu dira,
l'armée de Bazaine n'a pas été battue. Nous
avoné vaincu la 1 Ji, le 16, le 18 août; le
31 succès complet, et ce n'est pas fini.
Quand le moment sera venu de faire une
trouée, nous la ferons. Etat sanitaire ex-
cellent. Nous espérons bien battre les
Prussiens encore. "Wons nous sommes vic-
torieusement battus les 1â, .16, 18, 31 août
̃ «^
FEUÎLLETON DE LA PRESSE
m 19 ÊtRTEVBTtz 1SF70
A]\f<~l~i:-jE
M"8 Angele sort eu fiacre. Sa toilette est
toujours des plus simples. Je ne l'ai vue,
chez elle et chez les autres, qu'en robe blan-
che ou en robe bleue ni dentelles ni dia-
mants. Il faut, dire que cette -tenue de
pensionnaire lui va à ravir, et que. la pré-
sence d'une rosé naturelle dans ses merveil-
leux cheveux blonds fait oublier l'absence,
d'une parure plus riche et plus recherchée.
>:• Cette simplicité satisfait sans doute sa co-
quetterie ingénue, car si inébranlable que
soit l'avarice, je doute que celle du général
eût résisté -longtemps aux prières d'une sol-
liciteuse si tendrement aimée..
Le baron reçoit peu.. Lçs rares dîners qu'il
donne ne sont composés que d'amis et de
quelques jeunes officiers de mérite et d'ave-
nir. Encore ces derniers n'étaient-ils proba-
blement attirés dans ce modeste et calme in-
térieur, avant la passion du vicomte, que par
le secret espoir d'éveiller la coeur et de fixer
le choix d'une fille pour laquelle, d'ailleurs,
l'ambition paternelle la plus démesurée, n'au-
rait pas désiré de meilleurs partis.
Les vertas et la beauté n ont jamais con-
stitué une dot, ni valu, que je sache, le privi-
lège d'une illustre naissance, et il faut des gen-
• tilshommes de la trempe de votre filleul pour
prouver au monde le contraire.
Dans les nouveaux salons où j* accompagne
Armand, j'ai eatendu, plus 'd'une fois, criti-
quer à voix basse, mai« vertement, La lésine-
rie du général.
Jjui.çèï itféme, «jurpris que le maître actuel
&)tSi?reriw si i tftîi» «urtine conduite qu'il
i i~i~~
et le l8' sê^tEfitÊre. Le point de départ du
ballon qui vous portera ces dépêches est à
l'école d'application. Il ne nous est pas
permis d'écrire plus longuement.1 Je suis
sain et sauf et chef de bataillon à la suite
des combats de Servigny et de Noissevillc
du 31 août et du l01 septembre.
Il existe dans mon régiment le même en-
thousiasme qu'au -départ "de Paris. Nous
.sommes, campés à Borny-sous-Metz. J'ai
assisté aux batailles de Borny, Gravelotte,
Saint- Privât et Servigny. Je nie porte
bien, quoique ayant pris part aux affaires
des 1â, 18, 31 août et lev septembre^. La
naoelle du ballon peut porter 1 kilo il ne
nous est pas permis d'écrire plus longue-
ment. C'est le deuxième ballon que nous
tentons de vous faire parvenir. Colonel
Kerleadec est mort à la suite de ses bles-
sures. Nous ne désirons que la reprise du
beau temps. Rien ne nous manque. Ces
divers billets partiront par les divers «our-
riers du matin pour leurs destinations res-
pectives.
Le sous-préfet de Cempiègne a adressé au
préfet de l'Oise la lettre suivante
Coinpiègne, le l/i septembre 1870.
Monsieur le préfet,
Puisque l'ennemi nous laisse un moment de
répit, j'en profite pour vous rendre compte à la
hâté d» ce qui s'est passé. J'espère pouvoir enco-
rç faire partir cette lettre.
Hier matin, j'avais envoyé des éclaireurs dans,
diverses directions. ̃
A trois heures, celui que j'avais envoyé sur
Soissons, d'où j'attendais le moins l'ennemi, à
cause des coupures nombreuses et des abatiages
considérables d'arbres pratiqués" sur la route,
vint me dire qu'entre Vie-sur-Aisne et Bitry, sur
le chemin a0 81, placé sur la rive droite dé
l'Aisne (la route nationale est sur la rive gauche),
il s'était trouvé subitement en présence d'une
troupe de cavalerie prussienne. Il avait immé-
diatement tourné bride et était rentré rapide-
ment à Compiègne.
J'avais immédiatement rédigé une dépêche
destinée à, vous rendre compte de ce récit et
d'autres encore, et j'allais envoyer au télégraphe
lorsqu'on est venu m'apprendre que les Prussiens
étaient à la porte Chapelle (porte de Soissons).
Le fait était vrai. Quatre éclaireurs uhlaîis en-
trèrent les premiers en ville, suivis à peu de
distance d'un deuxième peloton commandé par
un officier. Une douzaine de cavaliers se placè-
rent à la tête du pont, et une quatrième troupe
d'une cinquantaine de cavaliers se postèrent en
observation sur une petite éminence en avant de
l'entrée de la ville. A 1,500 mètres environ, dans
la direction de Choisy, on apercevait un groupe
noir qui paraissait do la cavalerie.
Les premiers uhlans, au milieu de la popula-
tion frémissante et de quelques cris « II faut
les tuer, à l'eau » arrivèrent sur la place -db
l'Hôtel-de-Ville. Ils y trouvèrent le maire qui
refusa de parlementer avec eux et leur fit signe
de s'en aller. Ils obéirent et se dirigèrent au ga-
lop et le pistolet au poing; dans la direction de
Pierrefonds, sans doute pour reconnaître cette
route. »
Le deuxième groupe, commandé par un offi-
cier, arriva immédiatemeat. Ce dernier s'adressa
convenablement au maire, qui lui répondit que,
bien que Compiègne fût une ville ouverte ethors
d'état d'opposer une résistance utile, elle n'ac-
cepterait pas l'humiliation de se soumettre à des
réquisitions qui ne lui seraient pas imposées par
des forces supérieures. L'officier parut compren-
dre ce sentiment, il se retira après quelques pa-
roles en annonçant pour le lendemain un géneral
avec 5,000 hommes d'infanterie et de cavalerie.
Pendant ce temps, les premiers uhlans étaient-
revenus, et tous ensemble se dirigèrent vers la
gare, suivis par une foule assez considérable.
L'officier regarda la voie, le télégraphe,
adressa quelques mots au chef de gare, puis se
retira définitivement avec tout son monde, dans
la direction de Choisy- au-Bac, sans avoir com-
mis de dégâts II se trouvait dans la gare un as-
sez petit nombre do fusils renvoyés tardivement
par des communes rurales l'officier a paru ne
pss s'en occuper II s'y trouvait également dçs
wagons chargés de fourrages, mais le tout est
parti le soir même pour Paris.
Cet officier a posé au maire comme au chef
de gare les questions suivantes, auxquelles tous
deux ont répondu de même
D. Est-il «passé beaucoup de troupes à Com-
piègne ces jours derniers?
R. Enormément, par voie de terre et par che-
min de fer.
D. De quoi se composaient cas troupes?
R. D'infanterie, de cavalerie et d'artillerie.
D. C'était sans doute le corps de Vinoy ?
11. Oui, mais il est passé beaucoup d'autres
forces qui ne faisaient pas partie de ce corps.
Parmi les premiers uhlans, on a parfaitement
reconnu deux hommes qui avaient habité Com-
piègne pendant plusieurs années en qualité d'ou-
vriers employés à la brasserie de M. Ancel.
leit désapprouver. Car s'il affecte, pour lui-
même, une sévérité de costume et de mœurs
qui a servi sa politique en le rendant popu-
laire, il aime, en retour, à voir ses créatures,
les parvenus du champ de bataille, déployer,
en certaines circonstances un luxe princier.
L'étajage et l'apparat lui plaisent dans les au-
tres e
frère Murât, ce soldat doré sur toutes les
coutures, sont marquées au coin de l'indul-
gence et souvent même de la satisfaction.
^Test-ce pas comme une leçon, cette promesse
que l'empereur a faite au baron de mettre
cent mille écus dans la corbeille de mariage
d'Angèle, alors que le père de la jeune fille ne
lui donne que cent mille livres?
N'ayant plus rien và vous dire sur le compte
du général, je passe, ma chère tante, à son
frère, la Jambe de Bois, que l'on nomme dans
l'intimité l'oncle Bernard.
Si Jean Lemoine est le type du soldat/Ber-
nard est le type du républicain austère.
Misanthrope, un peu farouche, mais plein
d'honneur, Bernard est de la meilleure foi eu
haïssant le despote que son frère adore.
Mais l'exaltation de ses principes démocra-
tiques n'a jamais agité que son propre cœur.
Il eut toujours la probité et le bon sens de
respecter celle des autres. La différence de
leur' manière d'aimer, de juger et de voir n'a
altéré en aucun temps l'union et le dévoue-
ment des deux frères. v
Quoique vivant depuis des années sous le
même toit, ils ne se sont jamais, m'a-t-on dit,
ni heurtés ni blessés; ils ont su dans leur
conversation de tous les jours, éviter les
sujets sur lesquels ils ne sont point d'accord
dans la crainte qu'une contradiction trop vive
ne troublât la sérénité de leur existence rap-
prochée et l'harmonie des bons sentiments
que continuellement ils s'iusjjicent.
Bernard, du reste, froid et réservé avec les
personnes qu'il ne connaît pas, parle peu,
même entouré des siens. Républicain par na-
ture, c'est surtout sa manière de lUvre qui
trahit le rigorisme de ses opinions et la pureté
de sa morale.
Sobre comme un anachorète, il paye, pour
occuper une chambre dans la maison de sen
frère et s'asseoir à tabk? entr© son nereîi et sa
̃wfltlpaBM» »»j«ammTi'iiniiiiiiwiiiiio*«wa»««gg3»?gagii« iwh>j>^w.iic«i5^ <
On m'annonce le retour et l'approche des Prus-
siens, et je me hâte de clore cette lettre en vous
priant de croire à tout mon dévouement.
Le sous-préfet de Compiègne,
Baron morio.
Senlis, l/i septembre, 7 heures du soir..
COMBAT DE MÉLY_
Dans la matinée d'hier, rapporte le Gau-
lois, une quinzaine de mille hommes du corps
Vinoy sont partis en reconnaissance au des-
sus de Créteil. Près de Bonneuil, dans les bois
qui couronnent le plateau de Mély, l'avant-
garde de cette reconnaissance, déployée en
tirailleurs, 'a été reçue par une déchasge d'ar-
tillerie.
Dans la nuit, les Prussiens étaient parve-
nus à établir des batteries fixes sur ce pla-
teau. La position était forte. L'ennemi parais-
sait être en force (trente à quarante mille
hommes environ).
Le général Vinoy fit immédiatement avan-
cer de l'artillerie et quelques mitrailleuses
pour protéger la retraite de la reconnaissance
qui avait atteint son but.
Nous avons fait subir aux Prussiens des
pertes assez sensibles. L'état-màjor ennemi
s'étant avancé pnur examiner la position, il
y a eu plusieurs officiers de tués dans ses
rangs.
De notre côté, il y a eu de, dix à quinze
morts et trente blessés.
Les troupes du général Vinoy auraient eu
affaire, assure-t-on, à Tarrière-garde du gé-
néral, Vogel de Falkenstein. La canonnade a
duré deu^.heures.
UNE RKCONNArSSANCE DES FRANCS TIREURS
AHONSSOITN
Une compagnie des francs tireurs bataillèn
Aronhsson, commandée par M. Lavigne, et
qui a fait un service d'honneur à l'Hôtel-de-
Ville, est partie avant-hier en reconnais-
sance.
Elle a envoyé aujourd'hui de ses nouvelles
par un sous-lieutenant. Dans une rencontre
qui a eu lieu hier, elle a tué huit Prussiens et
fait un prisonnier, le tout sans pejrdre un seul
homme.
Le sous-lieutenant a ramené le prisonnier
en voiture. C'ost.un jeune homme de vingt-
deux ans; du Ji* dragons on a trouvé sur lui,
en le fouillant, une glace, un peigne et divers
objets de toilette.
Quand il est arrivé dans la cour de l'Hôtel-
de-Ville, les gardes mobiles de service se sont
precipités vers la voiture et ont failli mettre
le Prussien en pièces. On a monté le malheu-
reux dans les appartements du premier. En
route, il pleurait à chaudes larmes.
Près dé Charentop, une embarcation, por-
tant sept Prussiens éclaireurs, a été surprise
par des francs tireurs de la Société des sau-
veteurs qui attendaient en embuscade.
Six ont été tués le septièrns, blessél a été
ramené prisonnier.
RENSEIGNEMENTS
DES JOURNAUX ALLEMANDS ET ANGLAIS
.Berli», 10 septembre.
Douze mille Allemands qui ont été expulsés de
Paris ont fait une adresse au roi de Prusse, à
l'effet d'obtenir une indemnité pécuniaire, et ils
ajoutent que 80,000 Allemands ont été expulsés
seulement du département de la Seine.
On annonce que M. Paul de Cassagnac, l'écri-
vain, et le baron Stoffel, qui était attaché militai-
re à l'ambassade française de Berlin, sont parmi
les prisonniers de Sedan.
M. von Kuhlwetter, "gouverneur civil de l'Alsa-
ce et du département de la Moselle, a invité la
chambre du commerce d'Elberfeld à étudier les
conséquences probables, à l'égard de l'industrie
allemande, dé. l'annexion des provinces qu'il ad-
ministre au Zollvereia. v'
A Wilhemshœhe, ub apprenti allemand a été
arrêté; il avait un pistolet dans sa poche. On sup-
pose qu'il voulait tirer sur l'empereur Napoléon.
Il paraît qu'il n'y a rien de fondé dans le bruit
que le gouvernement bavarois s'est décidé à né-
gocier avec la Prusse relativement à l'entrée de
la Bavière dans la Confédération germanique.
AGE.\©E REUTER
Berlin, 16 septembre.
Le ministre américain a reçu la notification que
nièce, une pension qui défrayerait la dépense i
de deux hôtes plus difficiles*. Il aime beau-
eouf) Angèle, mais ne la gâte pas. Elle sera
son héritière
Enfin Bernard Lemoino est un homme plus
estimable qu'aimable, dans le sens qu'on don-
ne ordinairement à cette dernière épithète.
Content de l'affection des siens et du respect
qu'il inspire au monde, il vit comme un sage
et consacre à la lecture et au jeu d'échecs
tous les instants qu'il n'accorde pas à la fa-
mille;
Mais on devine, sons ce calme, une organi-
sation d'une énergie peu commuae.
On comprend qu'un pareil homme serait
terrible s'il avait à défendre son honneur me-
nacé et la réputation des personnes qui lui
sont chères ou qui portent son nom.
Ne croyez-vous pas, ma chère tante ?
P. S. Je ne retrouve pas ma pensée.
La personne qui a consenti, après m;avoir
remis votre lettre, à se charger aussi de la
mienne, vient d'arriver. Repartant pour Lon-
dres ce soir même, ce complaisant voyageur
n'a pas un quart d'heure à m'accorder.
Je compléterai prochainement la notice
que vous m'avez demandée, et je vous ferai
surtout connaître de mon mieux la séduisante
créature qui, avant un mois, sera la chose
est malheureusement trop certaine la feni-
de votre noble filleul, de mon char et pas-
sionné cousin.
A bientôt donc, ma chère tante. N'oubliez
pas
Encore un «eup de sonnette Quelle fa-
talité! r
Deuxième p&st-scripium. C'était Lucien
Lemôine, le frère d'Angèle, un joli garçon à
peine majeur, qui arrive de New-York, où il
est né. Sa visite a pour but de me remettre
cent louis, que je lui ai gagnés hier au soir.
C'est un beau joueur qui fera sauter tôt ou
tard, je n'en doute pas, les économies du
baron.
« A père avare, fils prodigue. 5>j:
Adieu pour tout de bon, eette fois, et per-
mettez-moi de vous embrasser tendrement.
paul d'albi.
e blocus de la flotte française n'a cessé qu'à l'é-
gard dn-WeSer et de l'Elbe.
L'EMPEREUR DE RUSSIE ÈT/lAtaMÉB SAXSN'NE
Dresde, 16 septembre.
Le roi de Saxe a reçu hier le télégramme sui-
vant de Tempereurde Russie, qui est à Tsarskoë-
Selo
« En l'honneur du succès de vos braves sol-
"dafèf,' jb .prends la liberté de conférer à vôtre fils,
le prince royal, mon ordre militaire de Saiut-
Georges de première classe, bien mérité par lui
pour avoir conduit si brillamment vos troupes à
la victoire. J'espère que Votre Majesté trouvera
dans eet acte une nouvelle preuve de mon respect
et de mon amitié. »
LE GOUVERNEMENT RÉGULIER
Le gouvernement de la défense nationale
est n6 de la plus terrible des nécessités
pour une nation envahie par l'ennemi,
celle d'improviser instantanément un pou-
voir, c'est-à-dire la force destinée à orga-
niser la défense.
Ce gouvernement a été, dès le premier
jour, tant la nécessité qui l'a créé était
flagrante et urgente, accepté et obéi par
toute la France sans exception.
Í C'est là un fait si évident, si incontesté
et si incontestable, que l'homme illustre
chargé des pleins pouvoirs du gouverne-
ment de la défense nationale a été accueilli,
sans hésitation, comme le représentant au-
thentique du peuple français, par le cabi-
net de Londres, e,t qu'il sera reçu, au même
titre et plus cordialement encore, par les
cabinets de Vienne et de Saint-Péters-
bourg.
'̃ Lors donc que le roi de Prusse, dans le
çommurtiqué de Rgims, déclare que le gou-
vernement de la défense nationale ne re-
présente qu'une minime fraction de l'an-
cien Corps législatif, il refuse sciemment
d'ouvrir les yeux à la lumière.
Pour tout homme de sens, et pour tout
esprit sincère, la question de l'origine plus
ou moins régulière du gouvernement de la
défense nationale ne doit regarder que la
France et non les étrangers. La vraie ma-
nière, pour une nation, de reconnaître le
gouvernement qui est à sa tête, c'est de lui
obéir. Et jamais obéissance n'a été plus
entière, plus libre et plus spontanée que
celle qu'a rencontrée, depuis le premier
instant de son existence, le gouvernement
de la défense nationale.
Toutefois, et si peu fondée en fait que
fût l'objection de l'ennemi à entrer en né-
gociations avec le gouvernement actuel de
la France, sous le prétexte de l'irrégularité
de son origine, les honorables citoyens dont
il est composé ont voulu y couper court en
avançant, jusqu'à la plus prochaine limite,
l'heure où un gouvernement strictement
légal et régulier pourra être fondé parmi
nous.
-Cette décision était la meilleure réponse
qui pût être faite à la fin de non-recevoir
opposée par la Prusse à toute tentative de
médiation des neutres.
La circulaire de M. le ministre des affai-
res étrangères, publiée ce matin par le
Journalofflicièl, explique parfaitement quel
est le but de la convocation au S octobre
des élections pour une Assemblée consti-
tuante.
Le gouvernement de ^a défense natio-
nale, en même temps qu'il répond ainsi
aux objections dilatoires de la Prusse,
s'honore également par la loyauté avec la-
quelle, sitôt le premier soin donné à l'o-
bligation de faire tête à l'ennemi, il tient à
remettre entre les mains de la nation le
pouvoir qu'il n'a pris, en un jour de péril,
que pour se placer avant tout au poste du
combat.
Le Times, qui affecte de ne pas voir ni
comprendre ce qui se passe en France,
prétend ce matin que « si le nouveau pou-
» voir, s'adressant hardiment au chef de
» l'invasion, avait reconnu l'injustice de
» l'attaque de la part du gouvernement
III.
Mosé Kohlnbcrg à Lucien Lertioine.
Monsieur,
Malgré la promesse, un peu forcée d'ail-
leurs, que je vous ai faite-d'attendre six mois
eneore avant de mettre en circulation la let-
tre de change de dix mille francs que j'ai en-
tre les mains, l'état de mes affaires et le
oe;:rs élevé des espèces, m'obligent à dimi-
nuer de beaucoup ce délai.
J'ai donc l'honneur de vous prévenir que
si,' au 15 janvier prochain, je ne suis pas
remboursé de la susdite somme de 10,000 fr.,
je me verrai dans la nécessité regrettable
d'utiliser immédiatement l'effet souscrit par
vous à mon profit.
Je sais pertinemment que vous clés majeur
depuis le 25 novembre.
Agréez, monsieur, mes très humbles salu-
tations.
MOSÉ KOHLNBERG,
9, rue Michel-Lecomte.
IV
Armand de Mérainville à Frédéric
de Walstein
Je savais bien, mon cher Frédéric, que ton
cœur allemand me cemprendrait. Tu es le
seul. De tous côtés on me lance à la tête cet
abominable et stupide paradoxe « Qu'un gen-
tilhomme se déshonore en épousant une jeune
personne -de naissance obscure, fût-elle belle
et vertueuse. »
Paul d'Albi lui-même, mon cousin, mon
ami, est partisan de ce préju^ ridicule il a
fallu toute la puissance des liens qui nous at-
tachent pour empêcher entre nous une rup-
ture dont mon bonheur aurait souffert.
Quant au blâme du monde, je m'y soumets
sans murmurer, mais sans tristesse et sans
crainte. Sûr de moi et de celle que j'aime, je.
défie toutes les funèbres prédictions. Si, dans
le cas où je me trouve, la faiblesse où la lâ-
cheté de quelques âmes les a souvent justi-
fiées, ces misérables èsemples, ne font qu'a-:
jouter plus de force à la réponse de ma con-
science, qui me dit chaque fois que je la
consulte s « Tu es dans le vrai, tu feis bien. »
lilin'WMi ii'iiiw i iil«i»a^ï^»^im»a»wj^4J)aia«wa«a»mc^aB»g?gtt»r-g^1iww*agiyP^^M?'r^?
» impérial, et, renonçant à une politique s
» d'agression, avait offert de remettre à a
» l'arbitrage, des neutres, l'appréciation t
» de l'indemnité due par la France, le roi
̃>i eût accepté cette proposition, ou bien
3>; aurait indiqué quelques conditions pré- c
» liminaires sur lesquelles il aurait pu in- t
« sister avant d'ouvrir les négociations de t
.m. la paix. îj ̃ ̃-̃ 1
Nous ne savons jusqu'à quel point le (
Times est autorisé à tenir ce langage. Mais 1
ce journal ne peut pas ignorer que le com- c
muniqué de Reims est un refus anticipé 1
d'entrer en négociation avec le gouverne- ]
ment actuel de la France. Ce n'est pas la
France qui oppose ce refus, c'est le roi de
Prusse.
Quant à dénier la responsabilité de la
déclaration de guerre et de l'attaque, la
circulaire de M. Jules Favre est, sur ce 1
point, suffisamment explicite. Quand le 1
Times la lira, s'il lui reste une ombre de
sincérité, il verra que la France subit les
responsabilités que lui font encourir les
fautes du gouvernement déchu, mais qu'elle
ne peut moins faire aujourd'hui que de
défendre son honneur et son indépendance.
Si donc la Prusse ne veut pas la guerre
à outrance, la guerre de conquête, la guer-
re pour la guerre, rien ne lui est facile
comme d'accepter des pourparlers pour la
paix.
Si elle ne veut entrer en négociation
qu'avec un gouvernement régulier, rien ne
lui est plus aisé que d'écouter les neutres
lui proposant un armistice, soit pour faci-
liter la création d'un gouvernement régu-
lier, soit pour préparer les préliminaires
d'une paix honorable pour, tout le monde.
La Prusse, si elle n'est pas résolue à
poursuivre, sans trêve ni merci, l'effusion
du sang humain, qui a déjà fait de 2 à
300,000 victimes, la Prusse devrait con-
sentir un armistice, au moins pendant les
élections.
Si elle se refuse à toute mesure de ce
genre, l'Europe saura, officiellement cette
fois, que la responsabilité de la continua-
tion de la guerre doit retomber non sur
nous, mais sur notre ennemie, sur la
Prusse seule.
On dit que le cabinet de Londres a reçu
la. réponse' de M. de Bismark à la note de
lord Granville qui accompagnait la com-
munication de M. Jules Favre. Cette ré-
ponse, dit le Sun, ne serait pas évasive,
mais elle soulèverait une question que le
gouvernement provisoire a dû examiner.
Il est à croire que la circulaire publiée
par le Journal officiel est la réponse à la
question ou à l'objection soulevée par la
Prusse. C'est de la diplomatie au grand
jour.
L'Europe pourra ainsi apprécier de quel
côté sont la loyauté et le désir sincère de
mettre fin à une guerre désastreuse pour
les belligérants, et nuisible aux intérêts
des autres peuples.
Si la Prusse persiste dans son refus, la
France, ayant rempli ses obligations vis-à-
vis des intérêts en souffrance, saura se ré-
signer à faire son devoir sans regarder der-
rière elle.
FRANCIS RIAUX.
On lit clans l'Electeur libre d'hier soir
On nous assure qu'un message du roi de Prusse
aurait été reçu aujourd'hui par notre ministre
des affaires étrangères, M. Jules Favre.
D'un autre côté, l'on nous affirme que M. de
Bismark mettrait pour condition à la paix l'occu-
pation permanente par les Prussiens de Stras-
bourg et de Metz. Le chiffre de l'indemnité de
faerre serait à ses yeux' d'une importance secon-
aire.. ̃
Nos renseignements particuliers nous permet-
tent de croire que M. de Bismark ne serait nul-
lement ennemi de la paix, mais que, depuis la
bataille de Sedan, il n'aurait pu obtenir du roi
de Prusse, enivré par ses succès, qu'il entrât en
pourparlers avec le gouvernement français.
Depuis cette époque, M., de Bismark aurait été
débordé. Mais l'énergique attitude de la popula-
tion de Paris aurait enfin ramené le roi Guil-
laume à la raison.
Par exception, nous ne sommes point en me-
r
Ton approbation, mon cher et bon Fritz,
m'a délicieusement ému. Elle m'encourage à
épancher dans ton cœur le mien qui déborde
et qui jusqu'à présent, mais non sans efforts,
tenait pour ainsi dire son amour sous clé.
H faut que je te parle d'Angèle^ Je veux
que tu la connaisses par moi avant de la con-
naître par tes propres yeux. Mais de sa beauté
je ne dirai presque rien. La femme que l'on
aime est toujours la plus belle. Sache seule-
ment qu'elle est blonde et qu'elle a les yeux
noirs quant à l'expression naturelle de son
regard angélique. oh c'est là tout un poème
Ses paupières sont presque toujours baissées
sans la moindre affectation, et l'ombre proje-
tée par de gvands cils sur ses joues d'une fraî-
cheur délicate est d'un effet si neuf et si char-
mant qu'un maître ne saurait, à mon avis,
la reproduire exactement sur la toile.
Elle penche habituellement la tête du côté
gauche, et cette inclinaison, purement ins-
tinctive, imprime une grâce pudique" et virgi-
nale à tout son maintien.
Le premier soir qu'elle entra dans le salon
de ma grand'mère, qui la vint prendre par la
main, sa démarche attira tous les regards. Je
ne sais quelle gaucherie enchanteresse, inimi-
table caractérisait chacun de ses mouvements
onduleux.
Comme une gazelle effarouchée, elle levait
de temps en temps, sans les arrêter sur per-
sonne, de grands yeux timides et rêveurs. Une
prière flottait dans ce velours humide, et le
sourire involontaire qui venait parfois inter-
rompre le calme religieux de la bouche était
suppliant.
Notre roman a commencé de la façon la
plus simple; mais que de faits insignifiants
pour les autres m'ont laissé les plus émouvants
souvenirs 1
C'e&t à l'Opéra que nous nous rencontrâmes
pour la première fois. Elle était à. une stalle
de balcon, entre son père'et son frère. De la
loge où nous étions, ma grand mère et moi,"
je distinguais parfaitemeut son pur et beau
profil, la grâce de son cou et la richesse de sa
chevelure.
Je croyais sentir le parfnm de ces boucles
blondes qu'agitait par intervalles le jeu de
l'éventail.
Puisque tu crois au magnétisme, tu ne rira»
ure de garantir l'authenticité de ces nouvelles
ussi ne les donnons-nous que sons la plus ex-
rême réserve.
Le Journal officiel annonce que les am-
>assadeurs d'Autriche et d'Angleterre et le
ihargé d'affaires de Russie ont cpiitté ce ma-
in Paris et se sont rendus à Tours, dans le but
le conserver une libre communication avec
ètlrs gouvernements. Ils ne cesseront pas de
lemeurer en relation avec le ministre des af-
'aires étrangères présent à Paris. Le ministre
les Etats-Unis, le ministre do Belgique, le
ninistre de Suisse et plusieurs autres mem-
jres du corps diplomatique ont bien voulu
lire aux ministres qu'ils resteraient près
ie lui. ̃ ̃
"M. Tachard, ancien député du Haut-Rhin,
îhargé par le gouvernement de la défense na-
tionale d'une mission extraordinaira en Bel-
gique, a eu, avant-hier, une entrevue avec
M. d'Anethan, ministre des affaires étran-
gères.
M. Tachard a demandé une audience du
roi et devait être reçu hier au palais.
Par ordre du gouvernement de la défense
nationale, M. le vice-amiral Fourichon, mi-
nistre de la marine et des colonies, s'est ren-
du à Tours et y a transporté la direction des
services de son département.
Pendant son absence, M.. lecontre-arniral
de Dompierre d'Hornoy, directeur du person-
nel, sera le délégué du ministre de la marine
à Paris..
Par décret du 17 septembre M. Henri
Toussaint, ingénieur civil, a été attaché à la
commission. armement. ̃
Í"i
L'Electeur libre dit que la nouvelle men-
tionnée hier dans une dépêche du Daily Tele,-
graph, et annonçant que le maréchal Bazaine
s'était échappé de Metz, n'a d'autre origine
que le passage dans les environs de Sedan et.
de Montmédy de quelques milliers de prison-
niers français qui ont réussi à s'échapper des
mains des Prussiens.
Les cinq classes de l'Institut de France,
ainsi que nous l'avions fait pressentir, ont, à
l'unanimité, décidé par \\xi vote qu'une pro-
testation serait rédigée en vue du bombarde-
ment éventuel des monuments, bibliothèques
et musées de Paris.
Cette protestation, faite au nom'de l'intérêt
universel des lettres, des savants et des artis-
tes, sera adressée à toutes les académies du
monde entier, ainsi qu'à tous les membres
correspondauts étrangers de l'Institut deFran-
ce, qui seront invités à s'associer ^à cette ma-
nifestation en y donnant leur adhésion pu-
blique.
LA DÉFENSE NATIONALE
Le général Trochu s'est rendu, dans l'a-
près-midi d'hier, à la butte Montmartre pour
visiter les travaux de défense.
M. le gouverneur de Paris a paru très sa-
tisfait.de son inspection!
GARDÉ NATIONALE MOBILE
Election des officiers
Le décret du 16 septembre 1870,' relatif à
l'élection des officiers de la garde mobile ar-
mée et réunie à Paris, que nous avons publié
hier, d'après le Journal officiel, est applica-
ble aux bataillons des départements.
ÉPOQUE ET MODE. DES ÉLECTIONS
Le ministre de la guerre,
Vu le décret du 17 septembre 1870
Arrête ce qui suit
Les élections aux divers emplois de capi-
taine, de lieutenant et de sous-lieutenant dans
les bataillons et batteries de gardes nationales
mobiles auront lieu successivement, pour ces
troisgrades, par compagnie et batterie, le
lundi 19 septembre, à huit heures du matin,
sur l'emplacement des réunions ordinaires
des bataillons et batteries.
Les élections se feront, pour l'infanterie,
sous la présidence du chef de chaque batail-
lon, assisté d'un officier, d'un sous-officier, un
••
~MM~MM~~M~MMM~WW~MM~MMMM~a
pas de ceci. Au moment où je désirais le plus
ardemment d'apercevoir l'ensemble de son
visage, sa tête élégante, comme attirée vers
moi par cet appel silencieux, se tourna de no-
tre côté. Rien n'avait pu motiver ce mouve-
ment imprévu. Nos regards se croisèrent
comme deux éclairs, et je reçus au cœur une
commotion si violente, que je faillis me trou-
ver mal.
Ma grand'mère, fatiguée, ne prêtait à la re-
présentation qu'une attention secondaire
elle s'aperçut de mon trouble et m'en deman-
da la cause.
C'est de ce soir-là que date mon premier-
mensonge.
Je ne quittai point l'Opéra sans avoir ap-
pris le nom de son père.
Violant sans remords les principes du mon-
de auquel j'appartenais, je me fis recevoir
membre d'un cercle mixte fréquenté par Lu-
cien Lemoine, le frère d'Angèle. Malgré la ré-
pulsion instinctive que ce jeune homme m'ins-
pire, je me liai avec lui.
Je n'avais que ce moyen pour me rappro-
cher de celle qui avait fait sur mon cœur une
impression aussi rapide que profonde.
Je la revis, mon cher Frédéric, je l'enten-
dis, et ma passion se fortifia, mais en s'éle-
vant. Je suis certain que, placée dans l'at-
mosphère où se meut cette jeune fille, la na-
ture la plus ingrate s'ennoblirait.
Le cercle privilégié où j'ai vécu ne m a pas
offert une organisation supérieure. Noblesse,
sensibilité, distinction; toute perfection sem-
ble innée dans cette perle de beauté elle a
des vertus comme un ange a des ailes.
Enfin, j'ai triomphé dans la lutte que mon
amour avait engagée avec ma pauvre et ten-
dre grand'mère. Quelle amie pour moi, mon
cher Fritz Quelle chaleur d'âme, quelle fraî-
cheur de sentiments elle a conservées dans sa
merveilleuse vieillesse! Que ne la vois-tu me
menacer du doigt en souriant et en secouant
sa noble tête accompagnée de beaux cheveux
blancs! que ne l'entends-tù dire 1-1
-i- 'Vicomte, mon" cher enfant, vous me fai-
tes faire là une insigne folie. Dien veuille que
je sois seule à m'en repentir. I
GABRIEL DANTRAGUES
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