Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1928-06-20
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Type : texte texte
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Langue : français
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Description : 20 juin 1928 20 juin 1928
Description : 1928/06/20 (Numéro 171). 1928/06/20 (Numéro 171).
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 13/12/2007
9'OURNAL' DES DEBATS BU MERCREDI 20' JUIN 1928
y e Ceja~ ~as.
/OKr/sDe6afs
du vendredi 20 juin 1828
Paris;'19 juin. Un spectacle étrange est
aonne, des cns de haine et de malédictions
-retentissent Us sont poussés au nom 'de 'a
rehg)on de Jésus-Christ. Des manifestes de
guerre sont tancés au sein de notre paisib)c
France et !e sont au nom du sacerdoce. Ces
manifestes annoncent que toute la milice des
autels, en nombre de 40.000 /Mmmp~ va se
lever, qu'ette marchera sous ia'conduite de
répiscopat tout entier, qu'elle s'attaquera 4
~cra~ /Ht-m~mc, au risque de rencontrer sur sa
route les cc/io/aMf~ le martyre, que ~es M/
/a/e~, tes /H/~n Mpo. qui nous régissent
m; /a' cognée dans les racines de l'arbre
~satnt de la foi de nos pères, qu'its vont t'abat-
tre et que les Lévites sauront le MK~r oM
jmoMnr. Que s'est-i! donc passé?
f! s'est passé ce qu'on a vu huit collèges
< seront soumis à l'empire de l'Université, fi!!e
t.~a!nce des Rois. De plus, i) n'y aura désormais
que w!~ m;'He disciples dans )es écoles des-
tinées à atimentct' les séminaires qui alimen-
tent eux-mêmes !e corps auguste du clergé
{rançais, et )a munificence royaie, étrangère
jusqu'ici à l'instruction première qui assure
des desservants aux aute)s, dote de huit mille
.demi-bourses ces vastes pépinières de notre
sacerdoce.
.Cependant, on pleure sur la religion prête
à périr, sur les persécutions de Dioctétien ra-
jtimees tout à coup; mais naguère, sous i'Em-
pire, la religion n'a point péri, elle a même
prospère. D'où vient qu'on ta déclare aujour-
d'hui perdue. Napoléon obtint sa reconnais-
sance récalcitrante à moins de frais et fa chaire
Savait pas assez de louanges pour ce Cons-
tantin nouveau.
Académie des Sciences
Séance ouverte à 15 heures, par M. Hamy.
Biologie. M. Caullery présente une note
de M. Avesne sur la corrélation entre la nu-
trition et la reproduction chez les Lombrieiens.
La dépendance est certaine, mais la cause reste
incertaine. S'agit-il d'une hormone?
M. Bouvier présente, au nom de Mme
Phisalix et de M. ]' Pasteur, une note
''sur l'action des rayons ultra-violets sur )e~
~érum de la vipère aspic. Les, propriétés
biologiques du sérum de la vipère, compara-
bles à celles de son venin par la toxicité
des produits employés frais, les pouvoirs anti-
venimeux et antirabique des mêmes produits
convenablement chauffés, ont conduit tes au-
teurs à essayer sur te sérum l'action des rayons
ultra-violets, dont il ont récemment indiqué lej
cn'ets sur le venin. Ils ont vu que ces rayons
-agissent sur le sérum comme sur Je venin; ils
en détruisent les pouvoirs antivenimeux et anti-
Titbique sans en modifier la toxicité générale.
M. Bouvier présente aussi une note du
jFf. Claude Joseph, montrant que le péri-
pate du Chili .(P..B/wt!Hc!) peu connu jus-
qu'ici au point de vue biologique, se nourrit
de débris végétaux et d'insectes, et qu'il fait,
eh particulier, une guerre acharnée aux ter-
tnites dont il fréquente les galeries. Pourrait-
en l'utiliser dans la lutte contre les termites ?
M. Cit. Richet présente une note de MM.
[Abelous et LassaUe relative au fait connu que
Ta section d'un nerf accroît aussitôt l'exitabi-
]ité de tous les nerfs. A quoi tient cette action?
~A une cause chimique, humorale, probablement,
à la résorption d'une partie du nerf coupé.
Physique. Nouvelle contribution au phé-
nomène Raman, par MM. Hogros et Rocard,
présentée par M. Cotton, offrant un intérêt pour
la théorie de l'effet M. Cutton présente aussi
-une note de M. Hanot sur la spectroscopie de
l'hydrogène.
M. Fabry présente une note de M. Volkrin-
Ser, "sur !e spectre continu et ies spectres' de
"bandes de la vapeur de zinc. La vapeur de xinc,
contenue dans un tube en silice fondue, excitée
par induction électrique, donne un spectre con-
tinu formé de plusieurs parties distinctes. Une
partie, vraiment continue, est attribuabie a !a
chute' des électrons animés de vitesses diffé-
rentes. Une autre partie est, eu réalité, un spec-
tre de bandes, attribuabie à des associations ato-
pliques instables.
Pour l'utilisation de la chaleur solaire
M. Desgrez présente un travail de M. Pas-
teur sur un appareil de réception et d'utitisa-
,tion de la radiation solaire, dont les perfec-
tionnements permettent l'emploi,sans mécanisme
spécial ni modification, à tous les usages de
la chaleur: cuisine, distillation, moteurs, fusion
des métaux, accumulation de calories pour la
~nuit.
JI serait possible d'obtenir des températures
.très élevées. Notons une intéressante app)ica-
tion )a mise au point de l'alimentation com-
plète, par couples thermo-électriques, d'un appa-
reil récepteur de T. S. F. de 8 lampes.
La question a de l'intérêt pour nos 'postes
du désert africain, au moment ou une commis-
sion étudie le projet du Transsaharicn.
Océanographie de la Mer Noire
.M. J. Schot:alsky expose qu'une expédition
FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS
Esprit classique
et esprit cartésien
Le centenaire de Tainc, l'un des plus
puissants' esprits et des p)us vigoureux
écrivains du dix-neuvième siècle, a été
célébré dignement dan~ ce journal digne-
ment aussi en Sorbonne, et non sans mé-
rite, car on ne saurait dire que sa pensée
mûrie soit d'accord avec les doctrines qui
ont actuellement cours dans tes régions
oSicieIIes. M. André Chaumeix, dont !e
nom est cher à nos lecteurs, écrivait le
lendemain de cette dernière cérémonie
(24 mai), en usant du vocabulaire propose
à mes contemporains par mes ouvrages,
qu'entre le « romantisme démagogique ? u
qui s'appelle volontiers « idéalisme démo-
cratique » dans tes discours de certains
partis, et l'attitude strictement expérimen-
-tale de Fauteur des On~w.s', il y a vérita-
blement un abîme. Car Taine a condamné
« la mystique révolutionnaire » et la thèse
de la bonté originelle de l'homme se)on
laquelle tous les maux de la .société se-
raient guéris par la dictature des incultes.~
Chacun peut voir dés a présent ce qu'i!
en est à l'autre extrémité de l'Europe, et
'le verra chaque jour davantage. Car on ne
va pas contre la force des choses et con-
tre les lois de l'humaine nature.
Ou'il me soit permis ()e revenir, a quel-
ques semaines de distance, sur l'un des
problèmes tes plus essentiels parmi ceux
que pose l'oeuvre monumentale de Taine
je veux dire cette opinion que l'esprit
~o.M'f~ exagéré et ngé sans doute, ma's
reconnaissable encore, est a la source de~
la Révolution française. J'ai amplement
traité la question en tête de mon )'yre sur
.Lf Fo-ii' ~n'f/t~ Je;? ~OM ~~rod'M~K ~~f.
russe a explore durant quatre ans !a mer Noire.
Les matériaux' accumulés, recuei!!is dans 480
stations, permettent' en premier lieu de reeti-
fier la bathymétrie"de la mer. La plus grande
profondeur de celle-ci est de 2.245 mètres. Le
fond, sur une grande étendue, est presque plat.
La plus grande pente du socle continental se
trouve sur les cotes orientales d'Anatolie, ou
elle atteint '8°.
La distribution de t'oxygène a top et 150 mè~
très permet de penser que le courant profond
du Bosphore longe ta côte d'Anatolie jusqu'à
Sinopc, puis se dirige au N.-E.
Des échantillons de la vase de fond, qui sont
exposes à la vue .de l'Académie, ont été obte-
nus, sous forme de boudins d'une remarquable
longueur, jusqu'à 140-170 cent., un vrai record
océanographique.
Leur étude a permit de constater qu'ils sont
'finement stratifiés, présentant jusqu'à 100 cou-
ches par centimètre. Chaque couche est dou-
ble et tes deux représentent ensemble un dépôt
annuel. En ce basant sur cette donnée, on con-
clut qu'un boudin de 1 mètre représente l'épais-
seur du dépôt de 4.000 ans.
Ce résultat conduit l'auteur à différentes sup-
positions, entre autres à une nouvelle estima-
tion de la durée de la période tertiaire, qui se-
rait de 360.000.000 d'années.
Chimie biologique. M. Desgrez présente
une note de M. S. Posternak, établissant qu'il
est possible d'isoler, des produits de la digestion
trypsique de la caséine, en plus des lactoty-
rines déjà décrites, un polypeptide phosphore
ayant 14 azote pour 4 phosphore, et qui re-
présente )e terme ultime de la dégradation des
ovotyrines par la trypsine. Contrairement aux
affirmations de Rimington, on ne trouve pas,
parmi ses produits d'hydrolyse, d'autre acide
que la serine.
Election. On savait d'avance que, pour
donner un successeur à L. Guignard, deux tours
au moins étaient indispensables. Et l'opinion
générale était que l'élu serait M. Btaringhem.
L'événement a justifié les prévisions, comme
on 'peut le voir par le détail des deux scrutins:
i"' tour tour
M. Guérin ~a ~6 7
M. Blaringhem ). 21 38
M. Chevalier .6 6 2
M. Guillermond ~r. 12 9
''Votants. 55 ?
M'. Bhringhem est donc élu. Ses titres; su-
lides et nombreux, de botaniste et de biologiste,
ont été exposés avant-hier.
Séance levée à 16 h. 15. Comité secret pour
préparation d'une élection d'associé étranger.
Congres et ~éu~ons
La conférence parlementaire internationale
du commerce
'La quatorzième assemblée plénière de la con-
férence parlementaire internationale du com-
merce, à laquelle prennent part les délégués de
piua de quarante nations, s'est ouverte, hier
après-midi, au Petit Luxembourg,, sous la pré-
sidence de 'M. 'Landry, 'député, ancien ministre.
Cette première réunion avait pour objet l'ins-
tallation de la commission permanente de légis-
lation commerciale et des ratifications.
Après la constitution du bureau, qui com-
prend M. Landry, président, et MM. Henne-
bicq et C. Tumidei, conseillers juridiques, des
ailoeuttons ont été prononcées par MM. Landry,
Eugène .Baie, secrétaire général de la confé-
rence, président de l'Institut international du
commerce, et 'C: Tumidei, délégué italien.
Cn échange de vues a eu lieu ensuite, auquel
ont pris part, notamment, MM. le baron Des-
camps, président de la conférence, ministre
d'Etat, vice-président du Sénat belge, Drago-
miresco et Djuvara, délégués roumains, et Per-
nand-Faure, sénateur.
Les prochaitMtirétMM~ns de l'assemblée, plé-,
nière auront lieu à Versailles, et se poursui-
vront toute la semaine. La plus importante de
ces réunions se tient cet après-midi.
Berlin, le 18 juin.–En réponse a un télé-
gramme du secrétaire général de la conférence
interparlementaire, qui doit commencer demain
à Versailles, le président du Reiehstag, M.
Loebe, annoncé que le député démocrate Meyer,
ancien sous-secrétaire d'Etat, représentera le
groupe allemand à la conférence.
Les importateurs de charbon
Hier s'est ouvert, au Havre, sous la prési-
dence de M. Hermann du Pasquier, le congrès
des importateurs de charbon en France et des
fabricants d'agglomérés de houille français.
Les congressistes et leurs invités britanniques,
au nombre d'une vingtaine, de Londres, Car-
diff, Swansea et Newcastle, ont étudié les
moyens d'améliorer le calibrage du charbon en
provenance du Pays de Galles, puis les amélio-
rations à apporter a !a charte de la partie régis-
sant le transport des charbons du canal Bristol
vers i'Attantique, et, enfin, les modalités de l'ap-
plication de la loi de huit heures dans les mines
charbonnières.
La Société universelle du théâtre
M. Gémier, directeur de l'Odéon, assisté de
MM. Goa), délégué espagnol; Nordmann, dé-
légué norvégien, et de MM. Maupré, secrétaire
"énéra), Gse!) et ArquitUère, commissaires gé-
c~;HO<'ra/i<~ coM/cMt/wotHM, et je suis re-
venu depuis sur l'évolution morale de
'rame dans deux articles de !a 7~M<' J;'
6'fM~c (1922). J'y suggérais que l'esprit
romantique, issu de Rousseau, a eu la plus
large part aux excès révolutionnaires
l'inspiration de Montesquieu ayant présidé
aux réformes rationnelles et nécessaires
qui ont survécu a la tourmente. Mais il me
paraît utile de marquer ici, avec plus de
précision que je ne l'ai fait jusqu'à présent,
la part qui revient malgré tout au dix-
septième siècle dans l'Illusion naturiste et
jacobine dont nous continuons de sourfrir.
Descartes a, en en'et, suggère à son temps
que la raison est na/M'~f à l'homme, en
attendant que Jean-Jacques insinuât que
la bonté lui est plus naturelle encore. L'as-
sertion fameuse dé Taine incite donc 'a une
plus soigneuse discrimination de l'esprit
classique et de l'esprit cartésien je vais
m'y employer de mon mieux.
Dans. son beau livre d'études sur .La
P/x~o~/n~ ))!p(/!versité de Strasbourg), M. Gilson a mon-
tré la grande place tenue par la mystique
chrétienne dans la philosophie scolastique
du haut Moyen Age, dans Scot Erigène,
Abélard, saint Bonaventure. Saint Augus-
tin surtout fut l'inspirateur habitue! de
cette première scolastique, à laquelle Aris-~
tote ne fournissait que sa dialectique, et
son art de raisonner. Mais, au treizième
sièc)e, tes auteurs arabes font connaître à
nos théologiens la physique et la métaphy-
sique du grand penseur grec qui prend
aussitôt une piace bien plus considérable
dans les préoccupations de l'Ecole. Albert
le Grand et son disciple Thomas d'Aquin,
dit M. Giison, grandissent alors énormé-
ment ie rôle de la raison aux dépens de
la mystique. Tout se passe à ce moment,
précise-t-i!, comme si !a 'préoccupation do-
minante de saint Thomas avait été de ré-
trécir !e p!us possible cette voie « iUum)-
native ver. !a connaissance dont )e fa-
cïïe accès réjouissait le coeur d'un saint
Bonaventure, généra! de l'ordre francis-
cain et héritier de la foi souriante du
grand lyrique d'Assise. Dès que l'on cher-
neraux, a présidé, ..hipr matin, a !a fondation
Roths'chUd, )a séance inaugurale du Congrès
international du théâtre. M. Gémier a prononcé
un éloquent discours de bienvenue.
,M. Goal, délégué espagnol, et M. Nordmann,
représentant de la Norvège, ont répondu.
Le congres a réuni la. section des auteurs dra-
matiques et des compositeurs. Dans la première,
M. Oenys Amye! a rendu compte de )a contés
rence internationale des auteurs tenue à Ber-
lin en avril i()2S. Puis une discussion s'est ou-
verte sur la question des traductions d'œuvres
dramatiques. Tristan Bernard s'est montré
partisan de l'établissement d'une liste de tra-
ducteurs,
L'industrie et l'agriculture
L'Association de l'industrie et de l'agriculture
française a te'm son assemblée générale sous
la présidence .de -M. Henry Le .Mire. député de
l'Eure, président.
'.M. Pierre Lyautey a -présenté un rapport gé"
néral sur l'activité de l'association au cours dm
l'exercice écoulé. Il a refait un historique des
problèmes douaniers qui se sont tposés en
.France et 'dressé un rapide tableau de notre
politique contractuc))e traité franco-aHemand,
traité franco-belge, traité franco-suisse.
.M. Henry fLe Mire a ensuite indiqué l'es-
prit dans lequel s'était faite la collaboration en
matière douanière avec l'agriculture ainsi
qu'avec les coloniaux. L'additif inarque la bonne
entente qui existe entre agriculteurs et Indus'
triets. De même le récent statut du régime
douanier colonial mettant fin à de trop longues
controverses signifie l'esprit d'étroite collabo-
ration avec lequel coloniaux et métropoHtains
entendent mettre en valeur la France d'outre-
mer.
Les vœux suivants ont été ensuite adoptés
<: L'Association insiste auprès des pouvoirs
publics pour qu'ils 'procèdent, dans !e plus bref
délai .possible et aux alentours du taux actuel
des changes, à la.stabilisation légale à laquelle
l'économie entière du pays se trouve heureuse-
ment préparée grâce à ]a stabilité de fait que
nous connaissons depuis 18 mois. »
<; L'Association 'd&mande instamment au Par-
lement aussi bien qu'au gouvernement de con-
server à notre production, tant agricole qu'in-
dustrieUe, la protection minimum qui lui est
indispensable et de s'attacher, sans défaitlance,
à assurer l'intangibilité définitive du tarif
minimum. r
La semaine du droit normand, à Rouen
La semaine du droit normand s'est ou-
verte hier, lundi, à Rouen, à l'hôtel des
sociétés savantes. La première réunion a été
marquée par de briiïants exposés, de MM.
Covitle, membre de l'Institut, dé!égué par le
ministre de l'instruction publique; Bridèy,
professeur à la Faculté de droit de Caen,
et Prcntout, professeur a )a Faculté des let-~
très de Caen.
M. Coville, qui présidait, fit, en ouvrant
la séance, une étude très complète du droit
normand. H jeta un coup d'ceil ré-
trospectif sur l'histoire de la Normandie et
parla de la charte qui fut accordée aux Nor-
mands par Louis X, en 1315; il montra
comment ceux-ci interprétaient leurs rap-
ports avec la royauté, comment i)s conci-
liaient leur liberté avec leur fidélité au pays,
.où s'éiaborait déjà le dur travail de l'unité.
française.
Puis, s'Inspirant, d'un chroniqueur rouen-
nais, l'auteur exposa de quelle manière s'as-
socièrent, au début de !337, les Etats de
Normandie, 'pour défendre leurs privitèges
concédés en 1315 et obtenir du roi qu'ils
soient renouvelés par une nouvelle charte
leur offrant plus de garantie que la pre-
mière et mettant une barrière à l'arbitraire
royal en matière d'imposition. Cette nou-
veUe charte dépasse la coutume féodale par
la notion et l'affirmation d'une patrie nor-
mande, où les catégories sociales de la féo-
dalité viennent se fondre dans une commu-
nauté de droits et de liberté, où une justice
normande est organisée pendant qu'apparais-
sent les cadres d'une autonomie administra-
tive, afin d'imposer des limites à l'évolution
du pouvoir centra) et absolu. Bien des médi-
sants ont mis en doute le loyalisme des
Normands. Il faut se souvenir de leurs.
exploits pendant fa. guerre de cent ans. dont.
M. Covi!)e brosse une page saisissante. Les;
Normands, malgré les promesses d'Edouard
III d'Angleterre, n'ont a ce moment-là d'au-
tre souci, tout en sauvegardant leur liberté,
que de rester fidè!es au roi capétien et de
défendre le royaume de France.
Al. E. Bridex traita ensuite de <'7~<(/)<~ u/o'M ~~i'f de 1670, puis M. Prentout parla des
On<7t');t'.f de la fO)HM)t<);c et des ft/c y~ot
La propriété bâtie
Le Comité executif de l'Union internationate
de )a propriété foncière bâtie s'est réuni, hier
à .Paris, sous la présidence de M. Jean Larme-
roux, assisté de -M. Luis de La Pena, président
des chambres espagnoles, de M. le commandeur
Enrico Paris!, président de la Fédération ita-
lienne, de M. )e docteur J.-A. de Meyier, prési-
dent de l'Union de )a proprité bâtie de Hol-
lande, de M. Frédéric Kunossy, délégué de ]a
Fédération hongroise, de M. Charles Kamarcny,
président de l'Union de ta propriété bâtie de
France, de .M. Trutié de Varreux, président de
la Chambre syndicale des propriétés immobi-
lières de ta ViUe de Paris, et de M. Auguste
Brion, vice-président de l'Union de la propriété
bâtie de France.
'Le comité exécutif international a examiné
la marche générate de l'U.I.P.B. et a nxé la
che la cause première de cette évolution,
on la trouve non pas dans une modification
quelconque de la conception traditionnelle
de Dieu, mais dans une modification pro-
fonde de la conception augustinienne de
l'homme. Dieu est toujours le père des
lumières. H n'est -pas devenu plus avare de
ses illuminations directrices. Mais l'homme
s'est ~fait plus opaque, en quelque sorte
son âme est conçue comme moins péné-
trable au rayon divin parce qu'on la con-
sidère comme plus étroitement unie au
corps et plus aSectée de la corruption des
origines, parce qu'on insiste sur la saine
psychologie pessimiste qui est à la base de
la morale rationnelle du christianisme.
L'homme thomiste n'a plus ces am-
ples connaissances innées que lui attri-
buait le grand mystique athénien Platon,
inspirateur de la mystique chrétienne a
travers )e néoplatonisme d'un Denvs
l'Aréopagite. Pour l'auteur de la ~OMtHK?,
la connaissance sensible, l'f''A'n'CHf'~ ter-
restre est à l'origine dé toutes nos idées
il faut o/~M~n' /o /f~t autre mode de. connaissance, plus Intuitif,
nous devienne ~a/!< comme il l'est aux
esprits célestes, qui communiquent ayec
Dieu 'par « théophanie ». Attribuer a
l'homme des notions innées de façon trop
prodigue et trop libérale, c'est foK~oH-
e~ az,'théorie de la connaissance qui ne vaut que
pour les « intelligences séparées d'un
corps.
La psychologie des anges, conçus comm~'
des hommes p)us parfaits parce qu'exempts
des conséquences du péché d'origine, des
concupiscences, de la .chair et de la vo-
lonté, reste l'un des chapitres )es plus in-
téressants du Thomisme. Pour le docteur
« angélique », l'IDumination divine sub'l
une modincation suivant qu'elle s'adresse
aux anges ou aux hommes dirigée vers
ces derniers, e!Ie s'atténue et s'an'aiblil
grandement. A l'intelligence non alourdie
par un corps, elle parvient chargée d' « es-
pèces intelligibles et messagère d'une
révélation omnisciente à la nôtre, el'c
n'apporte plus avec elle que la lumière vide
\'il)e de Vienne comme sicge -du prochain con-
grès international de la .propriété 'bâtie. Il a
etndi.é ennn des questions d'ordre juridique,
'bancaire et hypothécaire se rattachant n !a
propriété Utie.
LA CURIOSITÉ
Conduite par Z.a'f DK&rc!< !a première
vacation. de la vente Uoistau a .produit 1.742.000
francs dépassant de beaucoup les estimations
des experts.~Sur demande de So.ooo trancs, un
tatfieau .de Forain, /c j!cfrancs et sur cette de 100.000 francs, te Co~<)'de HMna.<7c, par E. Lami fut payé 131.000 fr.
t 'n pastet de Mary Cassait. 7t-;<;)t' o;~ et
~f, lut pousse a 78.000 francs et entre autres
.'quarcttes d'E. Lami, /)<~c à t«t <rocw .un.<)'~o;a/ft<'54.opo francs, une 6'o!;vc <'7;~ ~;c ~'(,)WM)).f
4b.ooo francs et ~M<- et la ~Mc/)M.ff de ~)'o-
oa~< a ~7.100 francs. On paya un Rroupe en
.bronze .de Barye, ~wa~cMc cn'co~/Mwc M;o-,
<'<< 35.000 francs, un cache-pot en ancienne
porcelame tendre de Saint-Ooud..20.000 francs.
deux vases en ancienne porcelaine de Paris
25.100 francs, une assiette en ancienne porce-
lame tendre de Mennecy 20.000 francs, une sou-
pière et son p)ateau en ancienne porcelaine ten-
dre de Sevrés 32.500 francs, un Robelet en ar-
gent doré, époque Régence 30.000 francs, une
réduction en acier ciselé de la statue équestre
de Lotus XIV, par F. Girardon. qui orna la
ptace Vendôme jusqu'en J793, 64.700 francs,
une pendule-tome en bronze doré, époque
Louis XVI. ornée de plaques d'ancienne porce-
laine tendre .de Sèvres 86.000 francs, etc. Ne
perdant aucune occasion de compléter ses bettes
collechons de céramiques, le Musée des arts
décoratifs" se rendit acquéreur de deux pièces
intéressantes en Chantilly, une aisuière qui lui
fut adjugée 13.500 francs et un cache-pot
0.000 francs.
'Se mettant à l'unisson des (Tc~'t'f.? Pc~,
'I Hôte) Drouot nous a fourni, hier, ésalement
nombre de belles enchères. M" E. Foye obtint
66.500 francs de deux boucles d'oreilles ornées
de perles fines pesant ensemble 40 grains, et
M" André Couturier et M. G. Gun!aumc com-
mençant la dispersion de l'important ensemble
d art et d'ameublement appartenant à Mme B.
ont Vendu un panneau de l'école de Botticetti,
la ~'cf.f7f < /~M/aMf, 34.100 francs, deux /'ov-
~(t.cM de Schutx 7.000 francs, et deux toites dé-
coratives de l'école itaUenne 5.200 francs. Dans
une autre vente de tableaux M" Henri Baudoin
eut à adjuger 17.100 francs un Po~-n~ de
l'école italienne du XVir siècle et c'est avec
un ~ros succès que M* Giard réalisa les quel-
ques estampes comprises dans sa vacation..La
célèbre suite de Descourtis d'après Taunay, la.
A'orf de M~a~f, etc., atteignit 33.000 francs et
les deux Debucourt. CoMt/Mff;!< et ~.r .Bot;-
f7Hf~, 13.500 francs. Parmi les meubles, un
secrétaire portant l'estampille de 7V. Pf/adju.tre5.loofrancs.Ennn, entre autres livres
anciens vendus par M' André Desvouges, un
Mo/~t'e de 1734, exemplaire de premier tirage,
fut payé 7.000 francs. C. P.
Prochaines ventes
Mercredi 20.ode départ, vente de bronzes d'art et d'ameu.Mc-
ment, cui\rcs. marbres, pendules, meubles an-
ciens, nombreux sièges des dix-septième et
dix-huitième siècles, tentures, tapis d'Orient
appartenant à Mme B. et vente d'une armoire,
époque Régence, fauteuils de Séné, tapisseries
anciennes, etc., à divers..M' ~K~f Cmf7)jf.G'.G'«tMaM;)tt'.
Salle 6. Vente de la collection de 'M. et Mme
M. tableaux modernes, aquarelles, pastels et
dessins..M" f,f!;t- D;?!~ et /7~)!'t .BaK~cot,
MM..S'f/ta'~c~, j)/of~o; ~'s/('<' 10. Succession de Mme Brasseur, de
Lille (2' .partie). Vente d'objets d'art anciens,
livres d'art, .~rayures, tableaux, faïences, porce-
laines, objets de yitrine..M' /.OM' jD)t&7VMt7 et
M. P~.
Ca/fn'M G. Pf~. Exposition particulière
d'une importante tapisserie de Heauvais, épo-
que Louis X'V, de la -tenture des Fêtes italien-
nes d'après F. Boucher, appartenant à M. X.
M* /))'t 73ot<~0!t et .M..M. A~!M/f('/M.
ŒUVRES DE HARPIGNIES
Demain, 'mercredi. M~f 8. seront exposés
quinze tableaux et trente-deux aquarelles de
Harpignic~ composant la collection de M. C.
et dont la vente aura Heu jeudi, à trois heures,
par .M* .f<~ .D~OM.f/M, assisté de A?. 7jUo~tf.
TABLEAUX MODERNES
Après la dispersion d'objets d'art et de ta-
bleaux anciens que nous avons annoncée, .\t* le
Henri Baudoin procédera dès le lendemain sa-
medi a une autre vente importante, celle-ci uni-
quement consacrée aux tableaux modernes et
avec la seule collaboration de M. A. SchœUer.
Les 'collectionneurs y auront a se disputer
nombre de pages capitales des maîtres les plus
réputés tels ces Boudin qui ne sont pas tous ta-
bleaux de wan~M, quelques Carrière des plus
attachants dont cette jeune fille avec un rttban
dans les cheveux qui figura, en 1006, à la vente
de l'atelier, un très gracieux Fantin-Latour, une
Vue de Bretagne par Gaus:uin, de lumineux
Cuillatunin. un Jongkind, deux Lebasquc, des
Bords de Seine de Lebour~ aux tonalités les
plus délicieusement nuancées, un Maximilicn
Luce, une Tête de femme de Modigliani, une
Vue du vieux port de Brest par .). Noël, des
Monet, Sisiey, Th. Rousseau, Ziem. Diaz, Ott-
mann, Stevens, FIandin, etc., etc.. qui ne man-
querontceries pas d'amateurs. 1
Cet ens&mble remarquable qui sera exposé
vendredi prochain se complète de dessins, pas-
tels et aquarelles de Boudin. Cazin. Delacroix,:
HcDeu. I.hcrmitte, Ravier, Simon, etc., etc.
des premiers principes logiques lumière
qui aide notre esprit à se remplir lente-
ment de savoir par l'effet de l'expérience
Albert et Thomas, ces deux dominicains
de génie, ont fait, dit M. Gilson, les pre-
miers pas dans la voie qui conduisait à
dissocier la « sagesse augustinienne en
une théologie positive et une philosophie
indépendante « I)s doivent en recueillir
l'honneur comme ils en portent la respon-
sabilité. )) Cette décision s'imposait d'aile
leurs à l'heure de la Prérenaissance qui
élargissait le cercle des investigations .de
l'esprit humain. C'est pourquoi, malgré
d'anxieuses protestations franciscaines ou
même dominicaines, après une crise vio-
lente mais brève, le thomisme fut accepté
par l'Eglise de Rome. Aussi bien, sur l'as-
sise d'une psychologie déjà largement ex-
périmentale, il dressait la morale, puis la
théologie chrétienne, avec une maîtrise qui
n'a point été dépassée.
M. Gilson nous indique comment
Descartes revint vers l'Innéisme par réac-
tion platonicienne et augustinienne contre
Aristote et saint Thomas. Mais c'est a
M. Maritain dans son petit livre, si riche
de substance, qui s'appelle 7~0).? /~or-
Hta~ (Luther, Descartes, Rousseau),
que je demanderai des précisions sur ce'
point. Descartes, dit ce Thomiste si haute-
ment qualifié, Descartes fut un réforma-
teur génial de la science physiques-mais,
quelque peu chimérique au fond et parfois
visionnaire, il rétourna vers la mystique
dans sa théorie de-la connaissance. Son
Illusion, proclame M. Maritain, est une
Dtusion d'oH<7~M!f. Il conçoit la pensée
humaine sur le type de la pensée angéli-
que telle que l'avait construite et déter-
minée Thomas d'Aquin; il en fait la pen-
sée d'un être en rapport d'alliance inn-
niment plus étroite avec Dieu que. ne
l'avait constaté le dominicain du treizième
siècle il oublie l'Infirmité, spécifiquement
humaine, de notre raison, qui ne'saurait
progresser qu'au fil de l'expérience. Et par
ià, chose bien frappante, le « rationa-
lisme » moderne se double dès ses pre- '1
miers pas d'une mystique qui s'épanouira'
REVUE DE LA PRESSE
Majorité et gouvernement
De M. C.-J. Gignoux (Journée indus-
trielle)
Cette Chambre, arrivée pleine de bonne vo-
lonté et de vie, semble dès maintenant en proie
à un étonnement déçu, Lesgardent avec une stupeur ironique coûter, une
ou deux fois par semaine, les flots de l'élo-
quence parlementaire la p)us traditionnelle. Ces
premiers jours, convenons-en, n'ont rien d'ex-
citant ils préparent mal a se trouver tout d'un
coup en face d'une des plus importantes déci-
sions qu'un pays ait à prendre.
Eu même temps qu'on stabilisera le franc,.
il serait bien désirable de stabiliser un peu tes'
-esprits, d'utiliser cette occasion. sensationnelle
pour rallier vigoureusement tant de bonnes vo-
lontés eparses et, pour l'heure, un peu décon-
certées. Cela, c'est l'affaire du gouvernement,
dût-i), à cet effet, tout en sauvegardant ]a con-
tinuité indispensable des principes, se montrer
moins soucieux de la continuité de certains pro-
cèdes parlementaires, nous allions dire de cer-
taines combinaisons.
Timon, dans le Phare de ta. Loire, constate
qu'en un mois « M. Poincaré, dont la popu-
larité en avril était immense est « soudain
tombe au rang d'un chef de gouvernement
ordinaire
S'ensuit-i) que, déjà, comme le font certains.
on puisse pronostiquer une prochaine chute?
Ce serait ma) connaître ces milieux paricmcn-
taires qu'un discours suffit a ramener, qu'une
formule enthousiasme et qui, prompts'à la cri-
tique lorsqu'ils se sentent abandonnés a eux-
mêmes, sont aussi prompts à se ressaisir si
quoiqu'un sonne le ralliement et parte c)air. La
discussion nnanciere et politique qui s'est ou-
verte fournira, sans doute, à M. Raymond Poin-
caré l'occasion d'un de ces discours substantiels,
gonnés de faits et qui, par )eur ferme évidence,
leur irrésistible logique. enirainent les indécis
et font reculer les critiques. Il en sera ainsi.
.à condition que M. Poincaré, dans ce débat ca-
pita). parie en chef. choisisse sa majorité et
somme tes radicaux-socialistes d'opter une fois
pour toutes entre leur propre, doctrine et celle
de M. Blum.
De son côté, ta Volonté (editona!) écrit
Le président du Conseil n'a pas, de )a nou-
velle Chambre, la conception qu'en avaient les
extrémistes.de l'unionisme. Pour ce~x-ci, l'unie-.
nisme, c'est )e conservatisme, au pavois. Pour,
celui-là, l'unionisme c'est la trêve des partis
sur la base du .~a/M qx.0 de 1026. Et cette
thèse, prévaudra fatalement. D'abord parce
qu'on ne voudra par contrecarrer M. Poincaré
à la veille d'une opération aussi capitale que
celle de la stabilisation monétaire. Ensuite parce
qu'une )mreiUe attitude laisse aux nombreux
élus hésitants le temps nécessaire pour déter-
miner leur politique. A la rentrée d'automne,
ce sera di fièrent.
Alors, le .o<)tM. Poincarc devra dire si, décidément, il en-
tend rompre avec les poincaristes' pour prati-
quer, avec les gauches et le centre gauche, une
œuvre hardiment réalisatrice et sociale ou
bien s'il veut se laisser ensevelir sous les ruines
d'une Union temporaire, qui n'a jamais été
qu'une bâtisse improvisée.
La stabilisation et les prix
De M. Léon Blum (le Populaire)
Depuis la guerre, les commerçants, et sur-
tout les détaillants, ont cessé de calculer leurs
prix de vente d'après des prix de revient trop
variables. Ils les établissent d'après la valeur
de remplacement présumée de la marchandise
vendue. S'ils s'imaginent que, pour renouveler
leur stock, ils auront a supporter les prix
plus étevés, ils rehausseront aussitôt les prix
de vente des marchandises en magasin. Le pro-
nostic porté sur la hausse probable ou possible
des prix de gros exerce aussi une action im-
médiate sur les prix de détail, lesquels rétro-
agissent à leur tour sur les prix de revient du
gros, ou même. ce qui est plus grave, sur la
capacité d'achat des consommateurs.
Là est le danger véritable, dans la spécula-
tion consciente ou inconsciente, volontaire ou
involontaire, qui peut troubler les effets nor-
maux de la stabilisation. Il faut que cette spé-
culation soit, suivant les cas, prévenue, arrêtée
ou réprimée. Ce peut être, pour une part, l'oeu-
vre de l'opinion pu'blique dûment avertie c'est,
pour le surplus, la tache du gouvernement.
L'Homme libre (éditorial) pense que la
résistance des consommateurs organisés suf-
firait à contenir les prix dans de justes limi-
tes
Le public, résolu a ne plus jeter ses francs-
or à quatre sous 'par les fenêtres, réagira cer-
tainement par l'abstention, en face de hausses
injustifiables. I) fera mieux, le public. Avec un
franc stabilisé, donc sûr de l'avenir de sn mon-
naie, il saura se grouper sans risque, cette
fois, pour mettre en échec le mercantilisme.
Rentiers, retraités, fonctionnaires, employés,
ouvriers, journalistes, professeurs, libres, tout
le monde se dressera contre la dictature du
mercanti. Et celui-ci, avec le franc stabilisé, ne
pouvant plus exploiter les plus-values possibles
de son fonds qui n'en pourra plus prendre, sera
réduit à se soumettre où a se démettre. Ce
sera bien temps.
La présidence des grandes commissions
Le choix de M; Malvy comme président
de la commission des finances laisse M.
Pierre Bertrand assez sceptique
Le fait que ~1. Malvy présidera la Commis-
sion des finances ne changera rieu, selon toute
dans son sein-an cours du 'siècle -suivant'
sous l'influence de Rousseau. Son premier
'mouvement, dit à très bon droit M. Mari-,
tain, fut de faire violence à notre nature
pour la hausser sur des sommets qu'étiez
n'a pas encore le droit de fouler, pour )a
reconstruire sur un type intuitif ou mys-
tique.
Descartes, insiste l'auteur des 7"fo~.
7\'t~'u~;tc<sentiel du temps dans la maturation de la
connaissance il a mis la raison achevée
au début de l'évolution humaine. Pour
lui, la connaissance rationnelle est une
)'tion du privilège des créatures angeliques
(êtres dégagés des limitations de la nature
humaine), cette conception cartésienne
d'une raison poussée hors des limites de
notre nature, cette <'o)!<(/s'r<'Mc~ nité omnisciente) devait, d'après son au-
teur, « s'en aller jusqu'à l'inhni! Kt
d'abord, ajouterai-je, gagner le domaine de
la volonté, après celui de la connaissanc",
renier plus entièrement la psychologie
persimiste chrétienne ou darwinienne, en
surajoutant l'assertion de la ~o~c natu-
relle à celle de la raison naturelle.
La philosophie antique, plus scrupu-
leuse observatrice de l'homme, savait que
l'intelligence humaine dépend des sens,
mais peut tirer d'eux, par l'expérience, de
quoi se dépasser sans cesse. Apres Des-
cartes, c'est une raison en partie déformée
par l'ambition, par la volonté de puissance
humaine qui s'avance sur la scène du
monde. La notion aristotélique de I'a!nH!n<
raisonnable ï. Nf< fft'M, écrit M. Mari-
tain. L'esprit moderne se sent connue I
<: mystiquement (~i'c) tenu a écarter de
sa vue son passé de patiente expérience;
et ce schisme ne devient explicable que si
l'on a compris comment, vers l'aurore de
cette période, un ange (un allié de Dieu
sans elîort et sans mérite) a commencé de
sortir de la chrysalide de l'humanité. De
loin, mais .très assurément, achève notre
guide, l'homme de Descartes prépare les
voies à l'homme de Jean-Jacques. Son
vraisemblance, ni aux projets du gouvernement,
.tu a 1 opposition systématique de la majorité à.
.11i à J'opposition s~'stérnaticiiie de la m~ijorité à
toutes tes reformer profondes.
'Sa nomination est un hommage personne), et.
certes, mérité, qu'on lui rend. Mais cite n'a pas
d autre signification. F.t même, si l'on n'y prend
sarde. elle pourra devenir m)- tcurre.
M. Emite Bure (Avenir) prend son partt
de l'élection égatement probable de M. Pau~
Boncour comme président de la cominissi~
des attaires étrangères
Le cas Boncour est assez différent du cas
-\ta)vy~ Boncour dont les ittusions pacifistes
sont dangereuses. ')es partage. hétas a\'ec te
gouyernemcnt, avec ta majorité de fa Chant).re
et, dans ces conditions. H n'y a point, de sa part
outrecuidance a postuler le poste de président
de la Commission des affaires étrangères. X'est-
) P°"" d'aitteurs le représentant de ta J'ance
a (..eneve etna-t-it point ainsi plus de lumières
que ses collègues ?. Boncour, vous serez pro-
babtemcnt etu président de la Commission df.
aftan-es ctrangèrcs. Votre charge sera lourde.
Ces temps derniers vous n'avez pas mat parte
du ~out, tachez, maintenant, d'agir tout a fait
bien, si ce nest pas trop exiger de vous.
La question des fonctionnaires
De M. Jean l'iot (Œuvre), à propos du
droit syndicat conteste aux 'fonctionnaires
Nous avons souvent dit ici ce que nous pen-
sions du problème quant au fond.
Si on se place au point de vue de ta simple
habileté politique, nous voyons mat ce* qu'on
gagne a contester aux fonctionnaires te droit
syndicat. On ne réussit guère qu'à tes détacher
de ceux qui se sont toujours efiorcés de Icur
démontrer que c'est par le calme et !a raison
quits obtiendraient la reconnaissance de ce droit
essentiel. On les pousse ainsi vers tes forma-
tions tes plus avancées ou. pour mieux dire
les plus turbulentes. On gcue faction de ceu~
qui s inspirent des méthodes de ta C. G. T. On
favonse cette de ceux qui vont vers la C.G.T.U.
Est-ce bien adroit et bien opportun ?
Conclusion d'un solide article où .Pierre et
Pau) (Dépêche de Toulouse), après avoir
examiné les moyens de concilier la liberté
d'opinion des fonctionnaires et te maintien
d'une saine discipline administrative, envi-
sage ce qu'it appette « tes inconvenances
y, manifestement, en dehors des..devoirs
"î'ediats attaches.~ )a,fonction, d.es justes qui
ne sauraient être admis, car ih. sont ta négation.
insolente de tout sentiment hiérarchiqueL Or
il est assez évident que tes inconvenances écbap~
pent par leur nature à toute codification et
qu'il il n'est pas de rè.)cment capable .de les
atteindre, pour la simple raison qu'cttes peu-
vent emprunter mille et mitte formes. )';u pa-
reitfe matjèrc. it n'y a que des cas .d'espèce.
Aia)s les inconvenances qu'on ne saurait répri-
mer .par le moyen d'une loi ou par !es textes
d un statut, on pourrait tout de même tes refré-
ner par le moyen de conseils de discipline
comme il en existe déjà et qui arbitreraient
toute atteinte aux bienséances. I.es supérieurs
et tes subordonnés se coudoieraient dans ces
conseils. La répression de ces quasi-délits ne
pourrait de toute évidence être réservée exclu-
sivement aux supérieurs; ils seraient jusc et
partie. Htte ne pourrait l'être davantage aux.
inférieurs; ils offrent le même .défaut. Jui re-
vanche, on peut imaginer que des parlementai-
res entreraient dans ces conseits pour un tiers;
leur présence y garantirait i'impartiatité de l'ar-
bitrage.
Pour !a science désintéressée `
En dépit de quelques apparences, M. Char-
!éty, recteur de t'Université de Paris, ne croit
pas que te culte désintéressé de la science
soit en péril parmi la jeunesse. M. Chartéty
écrit (Journal)
La satisfaction intime que proeure ta recher-
che demeure un besoin impérissable. Aucun phi-
itosophc. aucun ehartiste. et sans doute aucun
physiologiste ne sera jamais riche; mais il y en
aura toujours. Entrey. dans nos bibliothèques.
dans nos laboratoires ou à t'tnstitut Pasteur.
si vous en doutez, attex voir au .tr:n';u) teg
maîtres de l'Institut du radium. tJonnex a ce
genre d'hommes te choix un beau laboratoire
ou un accroissement du revenu; leur choix sera.
vite fait. J'en ai vu beaucoup qui leur ressem-
btent. Le public commence à concevoir un.
juste or~ueit de ce labeur qui nous fait tant
d'honneur. l,a liste n'est pas ctuse de ceux qui
s'intéressent actuellement et contribuent géné-
reusement a améliorer la condition de ta science
et de ses serviteurs.
.L'important, c'est que ta condition des hom-
mes soit suffisante et décente; c'est qu'on sache
qu'il faut aujourd'hui décupler tes vieux bud-
gets de la science française pour répondre
l'ardeur et a l'audace des jeunes gens avant de
se plaindre d'en manquer..
L' « idéal commun des Yougoslaves
D'une interview donnée a M. Jutes Saucr-
wcin (Matin) par le roi des Serbes, Croates,
et Slovènes
Vous assistcrex ici a des discussions politi-
ques. mais, en les examinant de .près, vous voua
rendrez compte qu'ettes visent tes méthodes.
qui peuvent être divergentes, et non point
l'idéal, qui est commun a tous. SI Jamais quet-
<)u'un pouvait s'Imaginer que nous sommes un
Htat imparfaitement harmonisé, que t'en peut
nous diviser et que nous représentons, commt:
'ou. dit dans te tangage diplomatique, un centre
de .moindre résistance, il commettrait une grave
erreur. Si notre ,peuptc a jamais t'impression
qu'on veut le paralyser, je cerner ou t'humilier,
vous vcrrex tous ses éléments se ranger autour
~Va/s-H~. (.r) rationaliste annonce, a sa
manière, le naturisme de l'éducation dite
Mc<~)'~c (celle de I'Z~;tsur un analogue postulat de laveur divine.
Pour conclure, je conviendrai donc que
l'assertion de Taine sur l'esprit classique
est vraie de l'esprit cartésien ne au dix'
septième siècle et doit être complétée par
la mention de l'esprit rousseauiste ou ro-
mantique, né au dix-huitième ce sont: !c&
deux aspects de la religion moderne, qui
est un .Naturisme mystique de conquête.
Il reste seulement que l'admirable auteur
des Ort~'HM n'a pas distingue l'esprit car-
tésien de l'esprit «classique sautant qu'~1
est utile de le faire. Uruncticre soutenait,
non sans vérité, que l'innuence prépondé-
rante du cartésianisme sur le dix-septième
siècle est l'une de ces erreurs dont Victor
Cousin a jadis encombré l'histoire de la
pensée française. Aussi bien, appuie M.
Maritain, l'innuence d'un système philoso-
phique sur les arts est-elle généralement
tardive, ne se manifestant qu'après modi-
fication de rinteHectuaIité générale par les
nouveautés proposées.
C'est donc aux dernières années du dix-
septième siècle et au cours du dix-huiticms
qu'il faut chercher dans la littérature fran-
çaise, et, par suite, dans l'esprit public,):
marque cartésienne. Tout au p)us est-il
permis d'aiïii-mer qu'il y eut corrélation.
entre la philosophie du c~t/o et les parties
de « moindre résistance :') de notre art
classique art dont la substance, et les ver-
tus s'appuient sur des principes din'ercnts.
et s'alimentent au double trésor de l'expé-
rience antique et chrétienne. Si le Carté-
sianisme s'est attache à la belle racine
saine du siècle de Louis XIV, c'a été poun
la « parasiter Ce ne sont pas les Bus-
suet, les Boileau et les Racine qui ont sucé
le lait de Descartes, mais plutôt leurs ad-
versaires de la génération suivante. Fon-
tenelle, Perrault, Lamotte, Hayle, et. âpres
ceux-ci, tout le dix-huitième siccie, devenu
décidément~ naturistes.
ERNEST SKILUÈRE.
y e Ceja~ ~as.
/OKr/sDe6afs
du vendredi 20 juin 1828
Paris;'19 juin. Un spectacle étrange est
aonne, des cns de haine et de malédictions
-retentissent Us sont poussés au nom 'de 'a
rehg)on de Jésus-Christ. Des manifestes de
guerre sont tancés au sein de notre paisib)c
France et !e sont au nom du sacerdoce. Ces
manifestes annoncent que toute la milice des
autels, en nombre de 40.000 /Mmmp~ va se
lever, qu'ette marchera sous ia'conduite de
répiscopat tout entier, qu'elle s'attaquera 4
~cra~ /Ht-m~mc, au risque de rencontrer sur sa
route les cc/io/aMf~ le martyre, que ~es M/
/a/e~, tes /H/~n Mpo. qui nous régissent
m; /a' cognée dans les racines de l'arbre
~satnt de la foi de nos pères, qu'its vont t'abat-
tre et que les Lévites sauront le MK~r oM
jmoMnr. Que s'est-i! donc passé?
f! s'est passé ce qu'on a vu huit collèges
< seront soumis à l'empire de l'Université, fi!!e
t.~a!nce des Rois. De plus, i) n'y aura désormais
que w!~ m;'He disciples dans )es écoles des-
tinées à atimentct' les séminaires qui alimen-
tent eux-mêmes !e corps auguste du clergé
{rançais, et )a munificence royaie, étrangère
jusqu'ici à l'instruction première qui assure
des desservants aux aute)s, dote de huit mille
.demi-bourses ces vastes pépinières de notre
sacerdoce.
.Cependant, on pleure sur la religion prête
à périr, sur les persécutions de Dioctétien ra-
jtimees tout à coup; mais naguère, sous i'Em-
pire, la religion n'a point péri, elle a même
prospère. D'où vient qu'on ta déclare aujour-
d'hui perdue. Napoléon obtint sa reconnais-
sance récalcitrante à moins de frais et fa chaire
Savait pas assez de louanges pour ce Cons-
tantin nouveau.
Académie des Sciences
Séance ouverte à 15 heures, par M. Hamy.
Biologie. M. Caullery présente une note
de M. Avesne sur la corrélation entre la nu-
trition et la reproduction chez les Lombrieiens.
La dépendance est certaine, mais la cause reste
incertaine. S'agit-il d'une hormone?
M. Bouvier présente, au nom de Mme
Phisalix et de M. ]' Pasteur, une note
''sur l'action des rayons ultra-violets sur )e~
~érum de la vipère aspic. Les, propriétés
biologiques du sérum de la vipère, compara-
bles à celles de son venin par la toxicité
des produits employés frais, les pouvoirs anti-
venimeux et antirabique des mêmes produits
convenablement chauffés, ont conduit tes au-
teurs à essayer sur te sérum l'action des rayons
ultra-violets, dont il ont récemment indiqué lej
cn'ets sur le venin. Ils ont vu que ces rayons
-agissent sur le sérum comme sur Je venin; ils
en détruisent les pouvoirs antivenimeux et anti-
Titbique sans en modifier la toxicité générale.
M. Bouvier présente aussi une note du
jFf. Claude Joseph, montrant que le péri-
pate du Chili .(P..B/wt!Hc!) peu connu jus-
qu'ici au point de vue biologique, se nourrit
de débris végétaux et d'insectes, et qu'il fait,
eh particulier, une guerre acharnée aux ter-
tnites dont il fréquente les galeries. Pourrait-
en l'utiliser dans la lutte contre les termites ?
M. Cit. Richet présente une note de MM.
[Abelous et LassaUe relative au fait connu que
Ta section d'un nerf accroît aussitôt l'exitabi-
]ité de tous les nerfs. A quoi tient cette action?
~A une cause chimique, humorale, probablement,
à la résorption d'une partie du nerf coupé.
Physique. Nouvelle contribution au phé-
nomène Raman, par MM. Hogros et Rocard,
présentée par M. Cotton, offrant un intérêt pour
la théorie de l'effet M. Cutton présente aussi
-une note de M. Hanot sur la spectroscopie de
l'hydrogène.
M. Fabry présente une note de M. Volkrin-
Ser, "sur !e spectre continu et ies spectres' de
"bandes de la vapeur de zinc. La vapeur de xinc,
contenue dans un tube en silice fondue, excitée
par induction électrique, donne un spectre con-
tinu formé de plusieurs parties distinctes. Une
partie, vraiment continue, est attribuabie a !a
chute' des électrons animés de vitesses diffé-
rentes. Une autre partie est, eu réalité, un spec-
tre de bandes, attribuabie à des associations ato-
pliques instables.
Pour l'utilisation de la chaleur solaire
M. Desgrez présente un travail de M. Pas-
teur sur un appareil de réception et d'utitisa-
,tion de la radiation solaire, dont les perfec-
tionnements permettent l'emploi,sans mécanisme
spécial ni modification, à tous les usages de
la chaleur: cuisine, distillation, moteurs, fusion
des métaux, accumulation de calories pour la
~nuit.
JI serait possible d'obtenir des températures
.très élevées. Notons une intéressante app)ica-
tion )a mise au point de l'alimentation com-
plète, par couples thermo-électriques, d'un appa-
reil récepteur de T. S. F. de 8 lampes.
La question a de l'intérêt pour nos 'postes
du désert africain, au moment ou une commis-
sion étudie le projet du Transsaharicn.
Océanographie de la Mer Noire
.M. J. Schot:alsky expose qu'une expédition
FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS
Esprit classique
et esprit cartésien
Le centenaire de Tainc, l'un des plus
puissants' esprits et des p)us vigoureux
écrivains du dix-neuvième siècle, a été
célébré dignement dan~ ce journal digne-
ment aussi en Sorbonne, et non sans mé-
rite, car on ne saurait dire que sa pensée
mûrie soit d'accord avec les doctrines qui
ont actuellement cours dans tes régions
oSicieIIes. M. André Chaumeix, dont !e
nom est cher à nos lecteurs, écrivait le
lendemain de cette dernière cérémonie
(24 mai), en usant du vocabulaire propose
à mes contemporains par mes ouvrages,
qu'entre le « romantisme démagogique ? u
qui s'appelle volontiers « idéalisme démo-
cratique » dans tes discours de certains
partis, et l'attitude strictement expérimen-
-tale de Fauteur des On~w.s', il y a vérita-
blement un abîme. Car Taine a condamné
« la mystique révolutionnaire » et la thèse
de la bonté originelle de l'homme se)on
laquelle tous les maux de la .société se-
raient guéris par la dictature des incultes.~
Chacun peut voir dés a présent ce qu'i!
en est à l'autre extrémité de l'Europe, et
'le verra chaque jour davantage. Car on ne
va pas contre la force des choses et con-
tre les lois de l'humaine nature.
Ou'il me soit permis ()e revenir, a quel-
ques semaines de distance, sur l'un des
problèmes tes plus essentiels parmi ceux
que pose l'oeuvre monumentale de Taine
je veux dire cette opinion que l'esprit
~o.M'f~ exagéré et ngé sans doute, ma's
reconnaissable encore, est a la source de~
la Révolution française. J'ai amplement
traité la question en tête de mon )'yre sur
.Lf Fo-ii' ~n'f/t~ Je;? ~OM ~~rod'M~K ~~f.
russe a explore durant quatre ans !a mer Noire.
Les matériaux' accumulés, recuei!!is dans 480
stations, permettent' en premier lieu de reeti-
fier la bathymétrie"de la mer. La plus grande
profondeur de celle-ci est de 2.245 mètres. Le
fond, sur une grande étendue, est presque plat.
La plus grande pente du socle continental se
trouve sur les cotes orientales d'Anatolie, ou
elle atteint '8°.
La distribution de t'oxygène a top et 150 mè~
très permet de penser que le courant profond
du Bosphore longe ta côte d'Anatolie jusqu'à
Sinopc, puis se dirige au N.-E.
Des échantillons de la vase de fond, qui sont
exposes à la vue .de l'Académie, ont été obte-
nus, sous forme de boudins d'une remarquable
longueur, jusqu'à 140-170 cent., un vrai record
océanographique.
Leur étude a permit de constater qu'ils sont
'finement stratifiés, présentant jusqu'à 100 cou-
ches par centimètre. Chaque couche est dou-
ble et tes deux représentent ensemble un dépôt
annuel. En ce basant sur cette donnée, on con-
clut qu'un boudin de 1 mètre représente l'épais-
seur du dépôt de 4.000 ans.
Ce résultat conduit l'auteur à différentes sup-
positions, entre autres à une nouvelle estima-
tion de la durée de la période tertiaire, qui se-
rait de 360.000.000 d'années.
Chimie biologique. M. Desgrez présente
une note de M. S. Posternak, établissant qu'il
est possible d'isoler, des produits de la digestion
trypsique de la caséine, en plus des lactoty-
rines déjà décrites, un polypeptide phosphore
ayant 14 azote pour 4 phosphore, et qui re-
présente )e terme ultime de la dégradation des
ovotyrines par la trypsine. Contrairement aux
affirmations de Rimington, on ne trouve pas,
parmi ses produits d'hydrolyse, d'autre acide
que la serine.
Election. On savait d'avance que, pour
donner un successeur à L. Guignard, deux tours
au moins étaient indispensables. Et l'opinion
générale était que l'élu serait M. Btaringhem.
L'événement a justifié les prévisions, comme
on 'peut le voir par le détail des deux scrutins:
i"' tour tour
M. Guérin ~a ~6 7
M. Blaringhem ). 21 38
M. Chevalier .6 6 2
M. Guillermond ~r. 12 9
''Votants. 55 ?
M'. Bhringhem est donc élu. Ses titres; su-
lides et nombreux, de botaniste et de biologiste,
ont été exposés avant-hier.
Séance levée à 16 h. 15. Comité secret pour
préparation d'une élection d'associé étranger.
Congres et ~éu~ons
La conférence parlementaire internationale
du commerce
'La quatorzième assemblée plénière de la con-
férence parlementaire internationale du com-
merce, à laquelle prennent part les délégués de
piua de quarante nations, s'est ouverte, hier
après-midi, au Petit Luxembourg,, sous la pré-
sidence de 'M. 'Landry, 'député, ancien ministre.
Cette première réunion avait pour objet l'ins-
tallation de la commission permanente de légis-
lation commerciale et des ratifications.
Après la constitution du bureau, qui com-
prend M. Landry, président, et MM. Henne-
bicq et C. Tumidei, conseillers juridiques, des
ailoeuttons ont été prononcées par MM. Landry,
Eugène .Baie, secrétaire général de la confé-
rence, président de l'Institut international du
commerce, et 'C: Tumidei, délégué italien.
Cn échange de vues a eu lieu ensuite, auquel
ont pris part, notamment, MM. le baron Des-
camps, président de la conférence, ministre
d'Etat, vice-président du Sénat belge, Drago-
miresco et Djuvara, délégués roumains, et Per-
nand-Faure, sénateur.
Les prochaitMtirétMM~ns de l'assemblée, plé-,
nière auront lieu à Versailles, et se poursui-
vront toute la semaine. La plus importante de
ces réunions se tient cet après-midi.
Berlin, le 18 juin.–En réponse a un télé-
gramme du secrétaire général de la conférence
interparlementaire, qui doit commencer demain
à Versailles, le président du Reiehstag, M.
Loebe, annoncé que le député démocrate Meyer,
ancien sous-secrétaire d'Etat, représentera le
groupe allemand à la conférence.
Les importateurs de charbon
Hier s'est ouvert, au Havre, sous la prési-
dence de M. Hermann du Pasquier, le congrès
des importateurs de charbon en France et des
fabricants d'agglomérés de houille français.
Les congressistes et leurs invités britanniques,
au nombre d'une vingtaine, de Londres, Car-
diff, Swansea et Newcastle, ont étudié les
moyens d'améliorer le calibrage du charbon en
provenance du Pays de Galles, puis les amélio-
rations à apporter a !a charte de la partie régis-
sant le transport des charbons du canal Bristol
vers i'Attantique, et, enfin, les modalités de l'ap-
plication de la loi de huit heures dans les mines
charbonnières.
La Société universelle du théâtre
M. Gémier, directeur de l'Odéon, assisté de
MM. Goa), délégué espagnol; Nordmann, dé-
légué norvégien, et de MM. Maupré, secrétaire
"énéra), Gse!) et ArquitUère, commissaires gé-
c~;HO<'ra/i<~ coM/cMt/wotHM, et je suis re-
venu depuis sur l'évolution morale de
'rame dans deux articles de !a 7~M<' J;'
6'fM~c (1922). J'y suggérais que l'esprit
romantique, issu de Rousseau, a eu la plus
large part aux excès révolutionnaires
l'inspiration de Montesquieu ayant présidé
aux réformes rationnelles et nécessaires
qui ont survécu a la tourmente. Mais il me
paraît utile de marquer ici, avec plus de
précision que je ne l'ai fait jusqu'à présent,
la part qui revient malgré tout au dix-
septième siècle dans l'Illusion naturiste et
jacobine dont nous continuons de sourfrir.
Descartes a, en en'et, suggère à son temps
que la raison est na/M'~f à l'homme, en
attendant que Jean-Jacques insinuât que
la bonté lui est plus naturelle encore. L'as-
sertion fameuse dé Taine incite donc 'a une
plus soigneuse discrimination de l'esprit
classique et de l'esprit cartésien je vais
m'y employer de mon mieux.
Dans. son beau livre d'études sur .La
P/x~o~/n~ ))!p(/!
tré la grande place tenue par la mystique
chrétienne dans la philosophie scolastique
du haut Moyen Age, dans Scot Erigène,
Abélard, saint Bonaventure. Saint Augus-
tin surtout fut l'inspirateur habitue! de
cette première scolastique, à laquelle Aris-~
tote ne fournissait que sa dialectique, et
son art de raisonner. Mais, au treizième
sièc)e, tes auteurs arabes font connaître à
nos théologiens la physique et la métaphy-
sique du grand penseur grec qui prend
aussitôt une piace bien plus considérable
dans les préoccupations de l'Ecole. Albert
le Grand et son disciple Thomas d'Aquin,
dit M. Giison, grandissent alors énormé-
ment ie rôle de la raison aux dépens de
la mystique. Tout se passe à ce moment,
précise-t-i!, comme si !a 'préoccupation do-
minante de saint Thomas avait été de ré-
trécir !e p!us possible cette voie « iUum)-
native ver. !a connaissance dont )e fa-
cïïe accès réjouissait le coeur d'un saint
Bonaventure, généra! de l'ordre francis-
cain et héritier de la foi souriante du
grand lyrique d'Assise. Dès que l'on cher-
neraux, a présidé, ..hipr matin, a !a fondation
Roths'chUd, )a séance inaugurale du Congrès
international du théâtre. M. Gémier a prononcé
un éloquent discours de bienvenue.
,M. Goal, délégué espagnol, et M. Nordmann,
représentant de la Norvège, ont répondu.
Le congres a réuni la. section des auteurs dra-
matiques et des compositeurs. Dans la première,
M. Oenys Amye! a rendu compte de )a contés
rence internationale des auteurs tenue à Ber-
lin en avril i()2S. Puis une discussion s'est ou-
verte sur la question des traductions d'œuvres
dramatiques. Tristan Bernard s'est montré
partisan de l'établissement d'une liste de tra-
ducteurs,
L'industrie et l'agriculture
L'Association de l'industrie et de l'agriculture
française a te'm son assemblée générale sous
la présidence .de -M. Henry Le .Mire. député de
l'Eure, président.
'.M. Pierre Lyautey a -présenté un rapport gé"
néral sur l'activité de l'association au cours dm
l'exercice écoulé. Il a refait un historique des
problèmes douaniers qui se sont tposés en
.France et 'dressé un rapide tableau de notre
politique contractuc))e traité franco-aHemand,
traité franco-belge, traité franco-suisse.
.M. Henry fLe Mire a ensuite indiqué l'es-
prit dans lequel s'était faite la collaboration en
matière douanière avec l'agriculture ainsi
qu'avec les coloniaux. L'additif inarque la bonne
entente qui existe entre agriculteurs et Indus'
triets. De même le récent statut du régime
douanier colonial mettant fin à de trop longues
controverses signifie l'esprit d'étroite collabo-
ration avec lequel coloniaux et métropoHtains
entendent mettre en valeur la France d'outre-
mer.
Les vœux suivants ont été ensuite adoptés
<: L'Association insiste auprès des pouvoirs
publics pour qu'ils 'procèdent, dans !e plus bref
délai .possible et aux alentours du taux actuel
des changes, à la.stabilisation légale à laquelle
l'économie entière du pays se trouve heureuse-
ment préparée grâce à ]a stabilité de fait que
nous connaissons depuis 18 mois. »
<; L'Association 'd&mande instamment au Par-
lement aussi bien qu'au gouvernement de con-
server à notre production, tant agricole qu'in-
dustrieUe, la protection minimum qui lui est
indispensable et de s'attacher, sans défaitlance,
à assurer l'intangibilité définitive du tarif
minimum. r
La semaine du droit normand, à Rouen
La semaine du droit normand s'est ou-
verte hier, lundi, à Rouen, à l'hôtel des
sociétés savantes. La première réunion a été
marquée par de briiïants exposés, de MM.
Covitle, membre de l'Institut, dé!égué par le
ministre de l'instruction publique; Bridèy,
professeur à la Faculté de droit de Caen,
et Prcntout, professeur a )a Faculté des let-~
très de Caen.
M. Coville, qui présidait, fit, en ouvrant
la séance, une étude très complète du droit
normand. H jeta un coup d'ceil ré-
trospectif sur l'histoire de la Normandie et
parla de la charte qui fut accordée aux Nor-
mands par Louis X, en 1315; il montra
comment ceux-ci interprétaient leurs rap-
ports avec la royauté, comment i)s conci-
liaient leur liberté avec leur fidélité au pays,
.où s'éiaborait déjà le dur travail de l'unité.
française.
Puis, s'Inspirant, d'un chroniqueur rouen-
nais, l'auteur exposa de quelle manière s'as-
socièrent, au début de !337, les Etats de
Normandie, 'pour défendre leurs privitèges
concédés en 1315 et obtenir du roi qu'ils
soient renouvelés par une nouvelle charte
leur offrant plus de garantie que la pre-
mière et mettant une barrière à l'arbitraire
royal en matière d'imposition. Cette nou-
veUe charte dépasse la coutume féodale par
la notion et l'affirmation d'une patrie nor-
mande, où les catégories sociales de la féo-
dalité viennent se fondre dans une commu-
nauté de droits et de liberté, où une justice
normande est organisée pendant qu'apparais-
sent les cadres d'une autonomie administra-
tive, afin d'imposer des limites à l'évolution
du pouvoir centra) et absolu. Bien des médi-
sants ont mis en doute le loyalisme des
Normands. Il faut se souvenir de leurs.
exploits pendant fa. guerre de cent ans. dont.
M. Covi!)e brosse une page saisissante. Les;
Normands, malgré les promesses d'Edouard
III d'Angleterre, n'ont a ce moment-là d'au-
tre souci, tout en sauvegardant leur liberté,
que de rester fidè!es au roi capétien et de
défendre le royaume de France.
Al. E. Bridex traita ensuite de <'7~<(/)
On<7t');t'.f de la fO)HM)t<);c et des f
La propriété bâtie
Le Comité executif de l'Union internationate
de )a propriété foncière bâtie s'est réuni, hier
à .Paris, sous la présidence de M. Jean Larme-
roux, assisté de -M. Luis de La Pena, président
des chambres espagnoles, de M. le commandeur
Enrico Paris!, président de la Fédération ita-
lienne, de M. )e docteur J.-A. de Meyier, prési-
dent de l'Union de )a proprité bâtie de Hol-
lande, de M. Frédéric Kunossy, délégué de ]a
Fédération hongroise, de M. Charles Kamarcny,
président de l'Union de ta propriété bâtie de
France, de .M. Trutié de Varreux, président de
la Chambre syndicale des propriétés immobi-
lières de ta ViUe de Paris, et de M. Auguste
Brion, vice-président de l'Union de la propriété
bâtie de France.
'Le comité exécutif international a examiné
la marche générate de l'U.I.P.B. et a nxé la
che la cause première de cette évolution,
on la trouve non pas dans une modification
quelconque de la conception traditionnelle
de Dieu, mais dans une modification pro-
fonde de la conception augustinienne de
l'homme. Dieu est toujours le père des
lumières. H n'est -pas devenu plus avare de
ses illuminations directrices. Mais l'homme
s'est ~fait plus opaque, en quelque sorte
son âme est conçue comme moins péné-
trable au rayon divin parce qu'on la con-
sidère comme plus étroitement unie au
corps et plus aSectée de la corruption des
origines, parce qu'on insiste sur la saine
psychologie pessimiste qui est à la base de
la morale rationnelle du christianisme.
L'homme thomiste n'a plus ces am-
ples connaissances innées que lui attri-
buait le grand mystique athénien Platon,
inspirateur de la mystique chrétienne a
travers )e néoplatonisme d'un Denvs
l'Aréopagite. Pour l'auteur de la ~OMtHK?,
la connaissance sensible, l'f''A'n'CHf'~ ter-
restre est à l'origine dé toutes nos idées
il faut o/~M~n' /o /f~t
nous devienne ~a/!< comme il l'est aux
esprits célestes, qui communiquent ayec
Dieu 'par « théophanie ». Attribuer a
l'homme des notions innées de façon trop
prodigue et trop libérale, c'est foK~oH-
e~ az,'théorie de la connaissance qui ne vaut que
pour les « intelligences séparées d'un
corps.
La psychologie des anges, conçus comm~'
des hommes p)us parfaits parce qu'exempts
des conséquences du péché d'origine, des
concupiscences, de la .chair et de la vo-
lonté, reste l'un des chapitres )es plus in-
téressants du Thomisme. Pour le docteur
« angélique », l'IDumination divine sub'l
une modincation suivant qu'elle s'adresse
aux anges ou aux hommes dirigée vers
ces derniers, e!Ie s'atténue et s'an'aiblil
grandement. A l'intelligence non alourdie
par un corps, elle parvient chargée d' « es-
pèces intelligibles et messagère d'une
révélation omnisciente à la nôtre, el'c
n'apporte plus avec elle que la lumière vide
\'il)e de Vienne comme sicge -du prochain con-
grès international de la .propriété 'bâtie. Il a
etndi.é ennn des questions d'ordre juridique,
'bancaire et hypothécaire se rattachant n !a
propriété Utie.
LA CURIOSITÉ
Conduite par Z.a'f DK&rc!< !a première
vacation. de la vente Uoistau a .produit 1.742.000
francs dépassant de beaucoup les estimations
des experts.~Sur demande de So.ooo trancs, un
tatfieau .de Forain, /c j!c
t 'n pastet de Mary Cassait. 7t-;<;)t' o;~ et
~f, lut pousse a 78.000 francs et entre autres
.'quarcttes d'E. Lami, /)<~c à t«t <
4b.ooo francs et ~M<- et la ~Mc/)M.ff de ~)'o-
oa~< a ~7.100 francs. On paya un Rroupe en
.bronze .de Barye, ~wa~cMc cn'co~/Mwc M;o-,
<'<< 35.000 francs, un cache-pot en ancienne
porcelame tendre de Saint-Ooud..20.000 francs.
deux vases en ancienne porcelaine de Paris
25.100 francs, une assiette en ancienne porce-
lame tendre de Mennecy 20.000 francs, une sou-
pière et son p)ateau en ancienne porcelaine ten-
dre de Sevrés 32.500 francs, un Robelet en ar-
gent doré, époque Régence 30.000 francs, une
réduction en acier ciselé de la statue équestre
de Lotus XIV, par F. Girardon. qui orna la
ptace Vendôme jusqu'en J793, 64.700 francs,
une pendule-tome en bronze doré, époque
Louis XVI. ornée de plaques d'ancienne porce-
laine tendre .de Sèvres 86.000 francs, etc. Ne
perdant aucune occasion de compléter ses bettes
collechons de céramiques, le Musée des arts
décoratifs" se rendit acquéreur de deux pièces
intéressantes en Chantilly, une aisuière qui lui
fut adjugée 13.500 francs et un cache-pot
0.000 francs.
'Se mettant à l'unisson des (Tc~'t'f.? Pc~,
'I Hôte) Drouot nous a fourni, hier, ésalement
nombre de belles enchères. M" E. Foye obtint
66.500 francs de deux boucles d'oreilles ornées
de perles fines pesant ensemble 40 grains, et
M" André Couturier et M. G. Gun!aumc com-
mençant la dispersion de l'important ensemble
d art et d'ameublement appartenant à Mme B.
ont Vendu un panneau de l'école de Botticetti,
la ~'cf.f7f < /~M/aMf, 34.100 francs, deux /'ov-
~(t.cM de Schutx 7.000 francs, et deux toites dé-
coratives de l'école itaUenne 5.200 francs. Dans
une autre vente de tableaux M" Henri Baudoin
eut à adjuger 17.100 francs un Po~-n~ de
l'école italienne du XVir siècle et c'est avec
un ~ros succès que M* Giard réalisa les quel-
ques estampes comprises dans sa vacation..La
célèbre suite de Descourtis d'après Taunay, la.
A'orf de M~a~f, etc., atteignit 33.000 francs et
les deux Debucourt. CoMt/Mff;!< et ~.r .Bot;-
f7Hf~, 13.500 francs. Parmi les meubles, un
secrétaire portant l'estampille de 7V. Pf/adju.tre5.loofrancs.Ennn, entre autres livres
anciens vendus par M' André Desvouges, un
Mo/~t'e de 1734, exemplaire de premier tirage,
fut payé 7.000 francs. C. P.
Prochaines ventes
Mercredi 20.o
ment, cui\rcs. marbres, pendules, meubles an-
ciens, nombreux sièges des dix-septième et
dix-huitième siècles, tentures, tapis d'Orient
appartenant à Mme B. et vente d'une armoire,
époque Régence, fauteuils de Séné, tapisseries
anciennes, etc., à divers..M' ~K~f Cmf
Salle 6. Vente de la collection de 'M. et Mme
M. tableaux modernes, aquarelles, pastels et
dessins..M" f,f!;t- D;?!~ et /7~)!'t .BaK~cot,
MM..S'f/ta'~c~, j)/of~o;
Lille (2' .partie). Vente d'objets d'art anciens,
livres d'art, .~rayures, tableaux, faïences, porce-
laines, objets de yitrine..M' /.OM' jD)t&7VMt7 et
M. P~.
Ca/fn'M G. Pf~. Exposition particulière
d'une importante tapisserie de Heauvais, épo-
que Louis X'V, de la -tenture des Fêtes italien-
nes d'après F. Boucher, appartenant à M. X.
M* /))'t 73ot<~0!t et .M..M. A~!M/f('/M.
ŒUVRES DE HARPIGNIES
Demain, 'mercredi. M~f 8. seront exposés
quinze tableaux et trente-deux aquarelles de
Harpignic~ composant la collection de M. C.
et dont la vente aura Heu jeudi, à trois heures,
par .M* .f<~ .D~OM.f/M, assisté de A?. 7
TABLEAUX MODERNES
Après la dispersion d'objets d'art et de ta-
bleaux anciens que nous avons annoncée, .\t* le
Henri Baudoin procédera dès le lendemain sa-
medi a une autre vente importante, celle-ci uni-
quement consacrée aux tableaux modernes et
avec la seule collaboration de M. A. SchœUer.
Les 'collectionneurs y auront a se disputer
nombre de pages capitales des maîtres les plus
réputés tels ces Boudin qui ne sont pas tous ta-
bleaux de wan~M, quelques Carrière des plus
attachants dont cette jeune fille avec un rttban
dans les cheveux qui figura, en 1006, à la vente
de l'atelier, un très gracieux Fantin-Latour, une
Vue de Bretagne par Gaus:uin, de lumineux
Cuillatunin. un Jongkind, deux Lebasquc, des
Bords de Seine de Lebour~ aux tonalités les
plus délicieusement nuancées, un Maximilicn
Luce, une Tête de femme de Modigliani, une
Vue du vieux port de Brest par .). Noël, des
Monet, Sisiey, Th. Rousseau, Ziem. Diaz, Ott-
mann, Stevens, FIandin, etc., etc.. qui ne man-
querontceries pas d'amateurs. 1
Cet ens&mble remarquable qui sera exposé
vendredi prochain se complète de dessins, pas-
tels et aquarelles de Boudin. Cazin. Delacroix,:
HcDeu. I.hcrmitte, Ravier, Simon, etc., etc.
des premiers principes logiques lumière
qui aide notre esprit à se remplir lente-
ment de savoir par l'effet de l'expérience
Albert et Thomas, ces deux dominicains
de génie, ont fait, dit M. Gilson, les pre-
miers pas dans la voie qui conduisait à
dissocier la « sagesse augustinienne en
une théologie positive et une philosophie
indépendante « I)s doivent en recueillir
l'honneur comme ils en portent la respon-
sabilité. )) Cette décision s'imposait d'aile
leurs à l'heure de la Prérenaissance qui
élargissait le cercle des investigations .de
l'esprit humain. C'est pourquoi, malgré
d'anxieuses protestations franciscaines ou
même dominicaines, après une crise vio-
lente mais brève, le thomisme fut accepté
par l'Eglise de Rome. Aussi bien, sur l'as-
sise d'une psychologie déjà largement ex-
périmentale, il dressait la morale, puis la
théologie chrétienne, avec une maîtrise qui
n'a point été dépassée.
M. Gilson nous indique comment
Descartes revint vers l'Innéisme par réac-
tion platonicienne et augustinienne contre
Aristote et saint Thomas. Mais c'est a
M. Maritain dans son petit livre, si riche
de substance, qui s'appelle 7~0).? /~or-
Hta~ (Luther, Descartes, Rousseau),
que je demanderai des précisions sur ce'
point. Descartes, dit ce Thomiste si haute-
ment qualifié, Descartes fut un réforma-
teur génial de la science physiques-mais,
quelque peu chimérique au fond et parfois
visionnaire, il rétourna vers la mystique
dans sa théorie de-la connaissance. Son
Illusion, proclame M. Maritain, est une
Dtusion d'oH<7~M!f. Il conçoit la pensée
humaine sur le type de la pensée angéli-
que telle que l'avait construite et déter-
minée Thomas d'Aquin; il en fait la pen-
sée d'un être en rapport d'alliance inn-
niment plus étroite avec Dieu que. ne
l'avait constaté le dominicain du treizième
siècle il oublie l'Infirmité, spécifiquement
humaine, de notre raison, qui ne'saurait
progresser qu'au fil de l'expérience. Et par
ià, chose bien frappante, le « rationa-
lisme » moderne se double dès ses pre- '1
miers pas d'une mystique qui s'épanouira'
REVUE DE LA PRESSE
Majorité et gouvernement
De M. C.-J. Gignoux (Journée indus-
trielle)
Cette Chambre, arrivée pleine de bonne vo-
lonté et de vie, semble dès maintenant en proie
à un étonnement déçu, Les
ou deux fois par semaine, les flots de l'élo-
quence parlementaire la p)us traditionnelle. Ces
premiers jours, convenons-en, n'ont rien d'ex-
citant ils préparent mal a se trouver tout d'un
coup en face d'une des plus importantes déci-
sions qu'un pays ait à prendre.
Eu même temps qu'on stabilisera le franc,.
il serait bien désirable de stabiliser un peu tes'
-esprits, d'utiliser cette occasion. sensationnelle
pour rallier vigoureusement tant de bonnes vo-
lontés eparses et, pour l'heure, un peu décon-
certées. Cela, c'est l'affaire du gouvernement,
dût-i), à cet effet, tout en sauvegardant ]a con-
tinuité indispensable des principes, se montrer
moins soucieux de la continuité de certains pro-
cèdes parlementaires, nous allions dire de cer-
taines combinaisons.
Timon, dans le Phare de ta. Loire, constate
qu'en un mois « M. Poincaré, dont la popu-
larité en avril était immense est « soudain
tombe au rang d'un chef de gouvernement
ordinaire
S'ensuit-i) que, déjà, comme le font certains.
on puisse pronostiquer une prochaine chute?
Ce serait ma) connaître ces milieux paricmcn-
taires qu'un discours suffit a ramener, qu'une
formule enthousiasme et qui, prompts'à la cri-
tique lorsqu'ils se sentent abandonnés a eux-
mêmes, sont aussi prompts à se ressaisir si
quoiqu'un sonne le ralliement et parte c)air. La
discussion nnanciere et politique qui s'est ou-
verte fournira, sans doute, à M. Raymond Poin-
caré l'occasion d'un de ces discours substantiels,
gonnés de faits et qui, par )eur ferme évidence,
leur irrésistible logique. enirainent les indécis
et font reculer les critiques. Il en sera ainsi.
.à condition que M. Poincaré, dans ce débat ca-
pita). parie en chef. choisisse sa majorité et
somme tes radicaux-socialistes d'opter une fois
pour toutes entre leur propre, doctrine et celle
de M. Blum.
De son côté, ta Volonté (editona!) écrit
Le président du Conseil n'a pas, de )a nou-
velle Chambre, la conception qu'en avaient les
extrémistes.de l'unionisme. Pour ce~x-ci, l'unie-.
nisme, c'est )e conservatisme, au pavois. Pour,
celui-là, l'unionisme c'est la trêve des partis
sur la base du .~a/M qx.0 de 1026. Et cette
thèse, prévaudra fatalement. D'abord parce
qu'on ne voudra par contrecarrer M. Poincaré
à la veille d'une opération aussi capitale que
celle de la stabilisation monétaire. Ensuite parce
qu'une )mreiUe attitude laisse aux nombreux
élus hésitants le temps nécessaire pour déter-
miner leur politique. A la rentrée d'automne,
ce sera di fièrent.
Alors, le .o<)t
tend rompre avec les poincaristes' pour prati-
quer, avec les gauches et le centre gauche, une
œuvre hardiment réalisatrice et sociale ou
bien s'il veut se laisser ensevelir sous les ruines
d'une Union temporaire, qui n'a jamais été
qu'une bâtisse improvisée.
La stabilisation et les prix
De M. Léon Blum (le Populaire)
Depuis la guerre, les commerçants, et sur-
tout les détaillants, ont cessé de calculer leurs
prix de vente d'après des prix de revient trop
variables. Ils les établissent d'après la valeur
de remplacement présumée de la marchandise
vendue. S'ils s'imaginent que, pour renouveler
leur stock, ils auront a supporter les prix
plus étevés, ils rehausseront aussitôt les prix
de vente des marchandises en magasin. Le pro-
nostic porté sur la hausse probable ou possible
des prix de gros exerce aussi une action im-
médiate sur les prix de détail, lesquels rétro-
agissent à leur tour sur les prix de revient du
gros, ou même. ce qui est plus grave, sur la
capacité d'achat des consommateurs.
Là est le danger véritable, dans la spécula-
tion consciente ou inconsciente, volontaire ou
involontaire, qui peut troubler les effets nor-
maux de la stabilisation. Il faut que cette spé-
culation soit, suivant les cas, prévenue, arrêtée
ou réprimée. Ce peut être, pour une part, l'oeu-
vre de l'opinion pu'blique dûment avertie c'est,
pour le surplus, la tache du gouvernement.
L'Homme libre (éditorial) pense que la
résistance des consommateurs organisés suf-
firait à contenir les prix dans de justes limi-
tes
Le public, résolu a ne plus jeter ses francs-
or à quatre sous 'par les fenêtres, réagira cer-
tainement par l'abstention, en face de hausses
injustifiables. I) fera mieux, le public. Avec un
franc stabilisé, donc sûr de l'avenir de sn mon-
naie, il saura se grouper sans risque, cette
fois, pour mettre en échec le mercantilisme.
Rentiers, retraités, fonctionnaires, employés,
ouvriers, journalistes, professeurs, libres, tout
le monde se dressera contre la dictature du
mercanti. Et celui-ci, avec le franc stabilisé, ne
pouvant plus exploiter les plus-values possibles
de son fonds qui n'en pourra plus prendre, sera
réduit à se soumettre où a se démettre. Ce
sera bien temps.
La présidence des grandes commissions
Le choix de M; Malvy comme président
de la commission des finances laisse M.
Pierre Bertrand assez sceptique
Le fait que ~1. Malvy présidera la Commis-
sion des finances ne changera rieu, selon toute
dans son sein-an cours du 'siècle -suivant'
sous l'influence de Rousseau. Son premier
'mouvement, dit à très bon droit M. Mari-,
tain, fut de faire violence à notre nature
pour la hausser sur des sommets qu'étiez
n'a pas encore le droit de fouler, pour )a
reconstruire sur un type intuitif ou mys-
tique.
Descartes, insiste l'auteur des 7"fo~.
7\'t~'u~;tc<
connaissance il a mis la raison achevée
au début de l'évolution humaine. Pour
lui, la connaissance rationnelle est une
)'tion du privilège des créatures angeliques
(êtres dégagés des limitations de la nature
humaine), cette conception cartésienne
d'une raison poussée hors des limites de
notre nature, cette <'o)!<(/s'r<'Mc~
teur, « s'en aller jusqu'à l'inhni! Kt
d'abord, ajouterai-je, gagner le domaine de
la volonté, après celui de la connaissanc",
renier plus entièrement la psychologie
persimiste chrétienne ou darwinienne, en
surajoutant l'assertion de la ~o~c natu-
relle à celle de la raison naturelle.
La philosophie antique, plus scrupu-
leuse observatrice de l'homme, savait que
l'intelligence humaine dépend des sens,
mais peut tirer d'eux, par l'expérience, de
quoi se dépasser sans cesse. Apres Des-
cartes, c'est une raison en partie déformée
par l'ambition, par la volonté de puissance
humaine qui s'avance sur la scène du
monde. La notion aristotélique de I'a!nH!n<
raisonnable ï. Nf< fft'M, écrit M. Mari-
tain. L'esprit moderne se sent connue I
<: mystiquement (~i'c) tenu a écarter de
sa vue son passé de patiente expérience;
et ce schisme ne devient explicable que si
l'on a compris comment, vers l'aurore de
cette période, un ange (un allié de Dieu
sans elîort et sans mérite) a commencé de
sortir de la chrysalide de l'humanité. De
loin, mais .très assurément, achève notre
guide, l'homme de Descartes prépare les
voies à l'homme de Jean-Jacques. Son
vraisemblance, ni aux projets du gouvernement,
.tu a 1 opposition systématique de la majorité à.
.11i à J'opposition s~'stérnaticiiie de la m~ijorité à
toutes tes reformer profondes.
'Sa nomination est un hommage personne), et.
certes, mérité, qu'on lui rend. Mais cite n'a pas
d autre signification. F.t même, si l'on n'y prend
sarde. elle pourra devenir m)- tcurre.
M. Emite Bure (Avenir) prend son partt
de l'élection égatement probable de M. Pau~
Boncour comme président de la cominissi~
des attaires étrangères
Le cas Boncour est assez différent du cas
-\ta)vy~ Boncour dont les ittusions pacifistes
sont dangereuses. ')es partage. hétas a\'ec te
gouyernemcnt, avec ta majorité de fa Chant).re
et, dans ces conditions. H n'y a point, de sa part
outrecuidance a postuler le poste de président
de la Commission des affaires étrangères. X'est-
) P°"" d'aitteurs le représentant de ta J'ance
a (..eneve etna-t-it point ainsi plus de lumières
que ses collègues ?. Boncour, vous serez pro-
babtemcnt etu président de la Commission df.
aftan-es ctrangèrcs. Votre charge sera lourde.
Ces temps derniers vous n'avez pas mat parte
du ~out, tachez, maintenant, d'agir tout a fait
bien, si ce nest pas trop exiger de vous.
La question des fonctionnaires
De M. Jean l'iot (Œuvre), à propos du
droit syndicat conteste aux 'fonctionnaires
Nous avons souvent dit ici ce que nous pen-
sions du problème quant au fond.
Si on se place au point de vue de ta simple
habileté politique, nous voyons mat ce* qu'on
gagne a contester aux fonctionnaires te droit
syndicat. On ne réussit guère qu'à tes détacher
de ceux qui se sont toujours efiorcés de Icur
démontrer que c'est par le calme et !a raison
quits obtiendraient la reconnaissance de ce droit
essentiel. On les pousse ainsi vers tes forma-
tions tes plus avancées ou. pour mieux dire
les plus turbulentes. On gcue faction de ceu~
qui s inspirent des méthodes de ta C. G. T. On
favonse cette de ceux qui vont vers la C.G.T.U.
Est-ce bien adroit et bien opportun ?
Conclusion d'un solide article où .Pierre et
Pau) (Dépêche de Toulouse), après avoir
examiné les moyens de concilier la liberté
d'opinion des fonctionnaires et te maintien
d'une saine discipline administrative, envi-
sage ce qu'it appette « tes inconvenances
y, manifestement, en dehors des..devoirs
"î'ediats attaches.~ )a,fonction, d.es justes qui
ne sauraient être admis, car ih. sont ta négation.
insolente de tout sentiment hiérarchiqueL Or
il est assez évident que tes inconvenances écbap~
pent par leur nature à toute codification et
qu'il il n'est pas de rè.)cment capable .de les
atteindre, pour la simple raison qu'cttes peu-
vent emprunter mille et mitte formes. )';u pa-
reitfe matjèrc. it n'y a que des cas .d'espèce.
Aia)s les inconvenances qu'on ne saurait répri-
mer .par le moyen d'une loi ou par !es textes
d un statut, on pourrait tout de même tes refré-
ner par le moyen de conseils de discipline
comme il en existe déjà et qui arbitreraient
toute atteinte aux bienséances. I.es supérieurs
et tes subordonnés se coudoieraient dans ces
conseils. La répression de ces quasi-délits ne
pourrait de toute évidence être réservée exclu-
sivement aux supérieurs; ils seraient jusc et
partie. Htte ne pourrait l'être davantage aux.
inférieurs; ils offrent le même .défaut. Jui re-
vanche, on peut imaginer que des parlementai-
res entreraient dans ces conseits pour un tiers;
leur présence y garantirait i'impartiatité de l'ar-
bitrage.
Pour !a science désintéressée `
En dépit de quelques apparences, M. Char-
!éty, recteur de t'Université de Paris, ne croit
pas que te culte désintéressé de la science
soit en péril parmi la jeunesse. M. Chartéty
écrit (Journal)
La satisfaction intime que proeure ta recher-
che demeure un besoin impérissable. Aucun phi-
itosophc. aucun ehartiste. et sans doute aucun
physiologiste ne sera jamais riche; mais il y en
aura toujours. Entrey. dans nos bibliothèques.
dans nos laboratoires ou à t'tnstitut Pasteur.
si vous en doutez, attex voir au .tr:n';u) teg
maîtres de l'Institut du radium. tJonnex a ce
genre d'hommes te choix un beau laboratoire
ou un accroissement du revenu; leur choix sera.
vite fait. J'en ai vu beaucoup qui leur ressem-
btent. Le public commence à concevoir un.
juste or~ueit de ce labeur qui nous fait tant
d'honneur. l,a liste n'est pas ctuse de ceux qui
s'intéressent actuellement et contribuent géné-
reusement a améliorer la condition de ta science
et de ses serviteurs.
.L'important, c'est que ta condition des hom-
mes soit suffisante et décente; c'est qu'on sache
qu'il faut aujourd'hui décupler tes vieux bud-
gets de la science française pour répondre
l'ardeur et a l'audace des jeunes gens avant de
se plaindre d'en manquer..
L' « idéal commun des Yougoslaves
D'une interview donnée a M. Jutes Saucr-
wcin (Matin) par le roi des Serbes, Croates,
et Slovènes
Vous assistcrex ici a des discussions politi-
ques. mais, en les examinant de .près, vous voua
rendrez compte qu'ettes visent tes méthodes.
qui peuvent être divergentes, et non point
l'idéal, qui est commun a tous. SI Jamais quet-
<)u'un pouvait s'Imaginer que nous sommes un
Htat imparfaitement harmonisé, que t'en peut
nous diviser et que nous représentons, commt:
'ou. dit dans te tangage diplomatique, un centre
de .moindre résistance, il commettrait une grave
erreur. Si notre ,peuptc a jamais t'impression
qu'on veut le paralyser, je cerner ou t'humilier,
vous vcrrex tous ses éléments se ranger autour
~Va/s-H~. (.r) rationaliste annonce, a sa
manière, le naturisme de l'éducation dite
Mc<~)'~c (celle de I'Z~;tsur un analogue postulat de laveur divine.
Pour conclure, je conviendrai donc que
l'assertion de Taine sur l'esprit classique
est vraie de l'esprit cartésien ne au dix'
septième siècle et doit être complétée par
la mention de l'esprit rousseauiste ou ro-
mantique, né au dix-huitième ce sont: !c&
deux aspects de la religion moderne, qui
est un .Naturisme mystique de conquête.
Il reste seulement que l'admirable auteur
des Ort~'HM n'a pas distingue l'esprit car-
tésien de l'esprit «classique sautant qu'~1
est utile de le faire. Uruncticre soutenait,
non sans vérité, que l'innuence prépondé-
rante du cartésianisme sur le dix-septième
siècle est l'une de ces erreurs dont Victor
Cousin a jadis encombré l'histoire de la
pensée française. Aussi bien, appuie M.
Maritain, l'innuence d'un système philoso-
phique sur les arts est-elle généralement
tardive, ne se manifestant qu'après modi-
fication de rinteHectuaIité générale par les
nouveautés proposées.
C'est donc aux dernières années du dix-
septième siècle et au cours du dix-huiticms
qu'il faut chercher dans la littérature fran-
çaise, et, par suite, dans l'esprit public,):
marque cartésienne. Tout au p)us est-il
permis d'aiïii-mer qu'il y eut corrélation.
entre la philosophie du c~t/o et les parties
de « moindre résistance :') de notre art
classique art dont la substance, et les ver-
tus s'appuient sur des principes din'ercnts.
et s'alimentent au double trésor de l'expé-
rience antique et chrétienne. Si le Carté-
sianisme s'est attache à la belle racine
saine du siècle de Louis XIV, c'a été poun
la « parasiter Ce ne sont pas les Bus-
suet, les Boileau et les Racine qui ont sucé
le lait de Descartes, mais plutôt leurs ad-
versaires de la génération suivante. Fon-
tenelle, Perrault, Lamotte, Hayle, et. âpres
ceux-ci, tout le dix-huitième siccie, devenu
décidément~ naturistes.
ERNEST SKILUÈRE.
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