Titre : L'Ouest-Éclair
Éditeur : [s.n.] (Rennes)
Date d'édition : 1936-06-04
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41193642z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 04 juin 1936 04 juin 1936
Description : 1936/06/04 (Numéro 14455). 1936/06/04 (Numéro 14455).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG14 Collection numérique : BIPFPIG14
Description : Collection numérique : BIPFPIG50 Collection numérique : BIPFPIG50
Description : Collection numérique : BIPFPIG72 Collection numérique : BIPFPIG72
Description : Collection numérique : Yroise, bibliothèque... Collection numérique : Yroise, bibliothèque numérique de Brest
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5007306
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/01/2008
snS^dBSSS'K'ÏÀu JOURNAL RÉPUBLICAIN DU MATIN Année. No 14.455
ANNONCES
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JUIN
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25 CENTIME9
m» Mtigrapft/g* OUCUHR-RENNE»
m TïlioiAPHIOUV tPECUU
C'EST POUR CONNAITRE
LES INTENIIONS DU DUCE
A L'ÉGARD DE BERLIN
QUE M. SCHUSGHNIGG
SE SEBRII RENDU
EN ITALIE
Et il n'est point question
de restauration des Habsbourg
ni de démembrements
en Europe Centrale
PARIS, 3 juin. (De notre rédaction
paristenne). Est-il permis, sans vio-
ler Ifz lois de la chevalerie, de dire à
une dame qui tient la rubrique de poli-
tique étrangère dans un quotidien ra-
dical de Paris qu'elle prend des vessies
peur des lanternes ?
A propos du voyage que M. Schus-
chnigg fait en ce moment en Italie,
cette consœur à l'imagination féconde
dévoile un terrible complot un com-
plot conçu, dit-elle, par le Vatican et
dont le chancelier autrichien serait le
principal exécuteur. Il s'agirait de res-
taurer tout de suite. à Vienne, la dy-
nastie des Habsbourg Cette opéra-
tion faite, les provinces catholiques de
la Yougoslavie c'est-à-dire la Slo-
vénie et la Croatie se détacheraient
de la Serbie, la première plus tôt que
la seconde, étant donné que les catho-
liques slovènes obéissent à la direction
d'un prélat soumis à Rome. 1 'gr Koro-
secht. Simultanément, la Tchécoslova-
quie verrait la Slovaquie quitter son 1
giron pour passer dans celui de la 1
Hongrie cela parce que les Slovaques
catholiques obéissent à un autre prélat i
romain, Mgr Hlinka. <
C'est pour déclancher le mécanisme
de ce bouleversement que M. Schus-
chnigg serait parti, avant hier, de
Vienne, via Venise, et arrivé sur la
plage de Viareggio qu'une courte dis-
tance sépare du chàteau de Pianore
où Otto de Habsbourg, le prétendant
autrichien, et sa famille parfois rési-
dent.
Parlons sérieusement. Il est regret-
table que les parties mises, ici, en
cause dédaignent, par système, de dé-
mentir des fables pareilles. Mgr Ko-
rosecht. le chef des catholiques slovè-
nes, est ministre de l'Intérieur de la
monarchie yougoslave on ne lui au-
rait jamais confié ces fonctions, s'il
avait été partisan de la sécession ou
même de l'autonomie du pays dont il
est natif. Son collègue slovaque, Mgr
Hlinka, a donné, ces jours-ci encore,
de telles preuves de son attachement
à la République tchécoslovaque et de
son hostilité à tout projet de retour
à l'ancien régime que des négociations
ont pu être entamées entre lui et le
président du Conseil, M. Hodza, pour
la participation de son groupe au ca-
binet de coalition constitué à Prague.
Pour le reste, les rapports entre le
Saint-Siège et la République tchéco-
slovaque sont excellents.
Si le complot dont parle la rédac-
trice du journal parisien est inexis-
tant, pourquoi M. Schuschnigg est-il
allé en Italie ? « Pour se reposer quel-
ques jours dans un endroit qui lui
plait », nous informe-t-on, officielle-
ment, de Vienne. Et l'on ajoute qu'il
profitera de son déplacement pour re-
voir le Duce. En vérité, le choix de
Niarreggio, à cause du voisinage du
chàteau de Pianore n'est pas heureux.
Mais le château est fermé et cela suffit
à écarter le soupçon que le chancelier
trame, là-bas, la restauration des
Habsbourg. Au surplus, cette restau-
ration compromettrait la politique de
M. Schuschnigg à l'égard de la Pe-
tite Entente.
Quant à l'autre information, la ren-
contre de M. Schuschnigg avec M. Mus-
solini, le but est clair. Le gouverne-
ment de Vienne est troublé par les
bruits, répandus de Rome dans toutes
les directions, suivant lesquels l'Italie
et l'Allemagne seraient arrivées à
conclure une alliance dont l'abandon
l'Autriche à Hitler serait le prix.
On peut croire, comme nous le
croyons nous-mêmes, que la conclu-
sion de cette alliance qui épouvante
bien des gens en Europe, n'est pas
conclue et qu'elle ne le sera, peut-
être, jamais. On peut, pour affermir
cette conviction, se dire que l'intérêt
principal de Berlin est de s'attacher
l'Angleterre, ce qui ne s'obtient pas
en passant par Rome tandis que
l'intérêt de M. Mussolini est, aujour-
d'hui, de s'assurer à nouveau une
place dans le concert de ces puissan-
ces, selon sa définition satisfaites »,
dont l'Allemagne ne fait pas partie.
Malgré tout, un doute est possible.
et c'est pour se libérer de ce doute
que le chancelier viennois est allé
solliciter une explication, une assu-
rance du dictateur italien. L'enjeu
reste grave pour l'Autriche.
U de Saint-Martin.
Cent mille grévistes
occupent les usines
dans la banlieue
de Paris
Le mouvement, qui s'étend encore,
se généralise également dans les usines du Nord
UNE GRAVE MENACE
POUR LE RAVITAILLEMENT
DE LA CAPITALE
PARIS, 3 juin. Ce matin, huitième
jour de « grève sur place » dans de
nombreuses industries de Paris et de
sa banlieue. Si des rentrées se sont
cffectuées comme hier, sur certains
points, dans un calme parfait, sur
d'autres le mouvement de grève s'est
étendu. La situation se modifiant
d'heure en heure, de localité en loca-
lité, il est matériellement impossible
de « faire le point » de façon exacte
sur les maisons qui doivent interrom-
pre momentanément leur activité.
Toutefois, il faut reconnaître que
l'extension du mouvement gréviste à
Je nouvelles industries et notamment
aux industries alimentaires et de ravi-
taillement, présente un caractère de
gravité tel que l'on ne dissimule pas,
!ans les milieux officiels, une certaine
inquiétude.
On signale notamment l'arrêt du
travail à l'usine à gaz de Nanterre
îl la menace de cessation du travail
Jans les usines élévatoires d'eau de la
aanlieue parisienne. En outre, toutes
les glacières parisiennes ont cessé de
fonctionner et les dépôts de lait ne
;ont plus approvisionné en glace. Or,
plus de la moitié du lait destiné à la
ville de Paris est conservé propre à
a consommation et réfrigéré à la
,,lace.
Enfin la grève a été déclanchée aux
isines Olida, où les ouvriers ont refusé
Je mettre en marche les réfrigérateurs.
Dix millions de marchandises étant en-
treposées là, la direction a fait appel
i la C. G. T.. qui a aussitôt dépêché
in délégué. Celui-ci n'a pu obtenir
satisfaction.
Un communiqué
du groupe des industries
métallurgiques
Paris, 3 juin. Le groupe des in-
dustries métallurgiques, mécaniques et
connexes nous a transmis au début
le l'après-midi le communiqué sui-
vant
La liste des établissements métal-
!urgiques occupés par les grévistes
s'allonge d'heure en heure. Vers midi,
plus de 200 usines étaient touchées par
le mouvement. Ces chiffres peuvent
augmenter dans le courant de la
journée.
Sigitalons cependant que deux éta-
blissements ont été évacués ce matin
(Porcher et Ford). Les pourparlers des
Commissions d'étude se poursuivront'
aujourd'hui au ministère du Travail.
Une assemblée générale du groupe des
ittdustries métallurgiques, mécaniques
et connexes examinera ce soir la si-
tuation.
A la fin de la matinée
PARIS, 3 juin. A la fin de la ma-
tinée, on pouvait estimer à 230 le
nombre des usines touchées par le mou-
vement de grève dans la Seine et
Au son d'un orchestre improvisé,
on danse
dans le hall des usines Thomson
Seine-et-Oise et à 100.000 le nombre
des grévistes qui occupaient ces usines.
Le personnel d'une vingtaine d'usines
a repris le travail ce matin, en parti-
culier à la Blanchisserie Leduc, Radio-
technique, Laffly, Matford, Valentine,
Ravaud, etc. Par contre, 60 nouvelles
firmes environ ont été touchées par le
mouvement, en particulier les usines
Hotchkiss. Rataud. Thomson-Houston,
plusieurs firmes d'huile et de pétrole.
(Voir la suite en a Dernière Heure n.)
UN LOURD CAMION
FAUCHE UN GROUPE
DE SAINT-CYRIENS
L'un est mort
Un autre agonisé
Cinq sont 6lessés grièvement
VERSAILLES, 3 juin. Un grave acci-
dent s'est produit ce matin à 4 h. 15
sur le territoire de Saint-Cyr-l'Ecole.
Un détachement de l'Ecole Spéciale
Militaire de Saint-Cyr, se rendant au
camp de Sissonne pour les manœu-
vres. venait de quitter l'école militaire
et prenait la route qui mène à la gare
des Matelots lorsque, au carrefour de
la route de Rambouillet arrivait en
direction de Paris un camion de
transports rapides qui faucha plu-
sieurs militaires se trouvant sur le
milieu de la route.
Sept élèves de l'école furent ren-
versés et plus ou moins grièvement
blessés. Ils ont été aussitôt transpor-
tés à l'hôpital militaire de Versailles.
Ce sont les Saint-Cyriens Coadic.
Van den Brock. Goury, Férat, Trouil-
let, Bétureau et Didier. Malheureuse-
ment, l'élève Coadic a succombé en
arrivant à l'hôpital.
Dès qu'il a eu connaissance de l'ac-
cident, le général Maurin, ministre de
la Guerre, s'est rendu vers 11 heures
à l'hôpital militaire de Versailles où
il a salué la dépouille mortelle de
Coadic. Son camarade Van den Brock
est considéré par les médecins qui le
soignent comme dans un état déses-
péré. Par contre, les autres blessés,
quoique grièvement atteints de frac-
tures multiples, ne sont pas en danger
de mort.
L'enquête
Pendant ce temps le Parquet se
transportait sur les lieux et entendait
le chauffeur qui a fait la déclaration
suivante
c Je suis parti hier soir vers
20 h. 45 des Aubiers (Deux-Sèvres)
avec un chargement composé de six
tonnes, composé d'oeufs et de poulets.
Ma vitesse moyenne le long du par-
cours fut supérieure à soixante kilo-
mètres à l'heure. En arrivant à Saint-
Cyr vers 4 h. 15, et alors que j'allais
aborder le carrefour formé par l'ave-
nue Jean-Jaurès et la route nationale,
je vis une masse qui traversait le che-
min. A ce moment je freinais je
montais même sur le trottoir pour di-
minuer ma vitesse, mais la collision
se produisit. »
Des essais de freinage furent immé-
diatement effectués par l'expert, qui
constata que tout fonctionnait par-
faitement. En conséquence, le chauf-
feur a été écroué sous l'inculpation
d'homicide involontaire et blessure par
imprudence.
(Voir la suite en o Dernière Heure
LE RETOUR DU v EN
Le vainqueur de l'Abyssinie est salué à son arrivée Rome
par les acclamations de la foule
'Photo trnnsmisp par nelHTMrrnm me -iervirp spécial de L'Oue3t-Eclair
L'ENTRÉE TRIOMPHALE, A NAPLES, DU MARÉCHAL BADOGLIO
Rome, 3 juin. Les Napolitains, puis
les Romains, ont fait un accueil cha-
leureux au maréchal Piétro Badoglio,
arrivé à Naples à bord du navire Ar-
boréa. Une foule considérable était
massée aux abords de la gare de Rome.
Le Duce. en uniforme de commandant
en chef de la milice, entouré des
membres du gouvernement, attendait
sur le quai l'arrivée du train spécial.
A l'entrée en gare du convoi, les
troupes ont présenté les armes, A sa
descente de wagon, le maréchal a été
salué par le Duce. Une formidable
clameur s'est élevée de la foule. Le
maréchal a répondu aux acclamations
et il a pris place rapidement dans une
voiture fermée qui est partie aussitôt.
La composition probable
du ministère de M. Blum
PARIS, 3 juin. A la fin de l'après-
midi. on assure dans les couloirs de
la Chambre que M. Léon Blum a
arrêté définitivement l'attribution des
portefeuilles du Ministère qu'il sera
chargé de constituer demain. A l'heure
actuelle. la liste du cabinet se pré-
senterait comme suit, sous réserve
naturellement des modifications tou-
jours possibles
Présidence du Conseil sans porte-
/euille M. Léon Blum.
Sous-Secrétaires d'Etat MM. Max
Dormoy et François de Tessan.
Ministres d'Etat MM. Camille
Chautemps, Maurice Viollette et Paul
Faure.
Ministre de la Délense nationale:
M. Edouard Daladier.
Ministre de l'Air M Pierre Cot.
Ministre de la Marine Militaire
M. François Blancho.
Ministre des A/jaires étrangères
M. Yvon Delbos.
Secrétaire d'Etat pour la France
d'Outre-Mer M. Marius Moutet.
Sous-Secrétaire d'Etat à l'Afrique
du Nord M Pierre Viénot.
Ministre de la Justice M. Marcel
Rucart.
Ministre des Finances: M. Vincent
Auriol.
Ministre des Pensions M. Albert
Rivière.
Ministre de l'Intérieur: M. Roger
Salengro.
Sous-Secrétaire d'Etat à l'Adminis-
tratior. départementale M. Raoul
Aubaud.
Ministre de l'Economie nationale
M. Charles Spinasse.
Secrétaire d'Etat au Commerce
M. Paul Bastid.
Secrétaire d'Etat aux Transports
M. Albert Bédouce.
Ministre de l'Agriculture: M. Geor-
ges Monnet.
Secrétaire d'Etat aux P.T.T.: M Jar-
dillier.
Secrétaire d'Etat à la Marine Mar-
I chande M. Paul Maulion.
Sous-Secrétaire d'Etat auz Mines et
Forces motrices M Paul Ramadier.
Minisfre de l'Education nationale:
M. Jean Zay.
Sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-
Arts, aux Sports, aux Loisirs M. Léo
Lagrange.
Sous-secrétaire d'Etat à l'Enseigné
ment technique M. Jules Julien.
Ministre de la Solidarité sociale S
M. J.-B. Lebas.
Sous-secrétaire d'Etat à la Santé
publique M. Henri Sellier.
Sous-Secrétaire d'Etat aux recher-
ches scientifiques: Mme Jolliot-Curie.
Sous-secrétaire d'Etat aux Œuvres
de l'Enfance Mme Suzanne Lacore.
Sous-secrétaire d'Etat aux Pupilles
de la Nation et Veuves de Guerre
Mme Brunschwig.
Paris, 3 juin. M. Salengro a
confirmé à la délégation des gauches
que dès demain soir, après l'élection
du bureau de la Chambre, M. Léon
Blum serait chargé de constituer le
cabinet et qu'il pourrait faire publier
dès vendredi matin au Journal Offt-
ciel la liste des ses collaborateurs
« Il est possible, a-t-il ajouté, que
le nouveau gouvernement se présente
devant la Chambre samedi après-midi
si telle est la décision du conseil des
ministres. »
L'ÉTAPE DE DEMAIN
Paris, 3 juin. Nous avons écrit, il |
y a trois semaines, que l'opposition par-
lementaire devait jouer franc jeu et
laisser s'effectuer l'expérience nettement
socialisante sinon totalement collecti-
viste dont M. Léon Blum allait être
l'opérateur principal.
Les intentions de nos amis du Centre
Républicain n'ont pas changé. Mais nous
manquerions, quant à nous, d'objectivité
et de vigilance si nous négligions de
bien établir les conditions dans lesquel-
les l'essai va se produire, les prépara-
tions et les précautions dont s'entourent
les dirigeants de la S. F. I. 0. et de la
C. G. T., précautions qui inspiraient la
réflexion suivante à un député de Paris.
M. Dommange, après lecture du discours
de M. Blum « Voyez donc comme ils
sont astucieux Si l'expérience que va
tenter leur leader réussit, elle sera une
expérience socialiste, si elle échoue, elle
aura été une expérience de Front popu-
laire.
Donc, au Congrès national du parti,
qui vient de s'achever sur la motion
plutôt machiavélique dont nous avons
publié la partie essentielle, il a été
clairement spécifié que la prise du pou-
voir par le rassemblement populaire
n'était qu'un prélude, qu'une étape a
franchir vers la réalisation de tout le
socialisme >. Il ne s'agit pas simplement,
comme l'indiquaient les manifestes élec-
toraux d'avril, de « barrer la route au
fascisme de < défendre les libertés
publiques », ou d'affermir la paix inter-
nationale. Le programme véritable de ce
gouvernement dont les radicaux se cons-
tituent les humbles serviteurs, ce n'est
pas la protection du droit républicain, ce
n'est pas la modification dans un sens
réellement démocratique du régime éco-
nomique, social, politique où nous vi-
vons cela, nous l'accepterions d'un cœur
joyeux et nous y travaillerions avec
enthousiasme, quels que fussent nos
compagnons de routa 1
Mais non, ce n'est pas cette rénovo-
tion-là que veulent les animateurs et
dirigeants de la majorité (170.000 voix
de plus qu'en 1932 sur onze millions
d'électeurs, ne l'oublions pas), ce qu'il*
veulent, c'est l'instauration en France du
marxisme, c'est-à-dire d'une abominable
vieillerie allemande, d'un système judai-
que et inhumain, issu d'un cerveau bi-
zarre où se bousculaient un matérialisme
fondamental, une ignorance volontaire de
tous les phénomènes qui ne sont pas
d'ordre économique, et une pointe de
mysticisme hébreu. M. Léon Blum ne sau-
rait se défendre de ces intentions là.
puisque, dans le Populaire du 2 juillet
1935 c'est la déclaration de la Gauche
Révolutionnaire qui le rappelle il écri-
vait ceci < Le prolétariat n'a intérêt à
exercer le pouvoir que dans la mesure
où il peut en user pour accélérer le
rythme du mouvement politique et éco-
nomique qui prépare la transformation
révolutionnaire. » A la lueur des occupa-
tion d'usines, ce texte prend un sens qui
ne prête guère à équivoque et qui se
passe de commentaires
Ceci étant bien établi, et le caractère
franchement socialiste du gouvernement
de demain étant posé, comme il est
loyal de le faire, nous prévoyons que,
d'ici peu de temps, chefs et troupes se
sépareront en deux tendances. Les uns,
en présence des réalités dont parlaient
hier avec sagesse, au déjeuner de la
presse hebdomadaire, MM. Brunet, Potut
et Pezet, se diront qu'il y a tout de méme
des faits, des lois naturelles, une huma-
nité » qui commandent adaptation, sou-
plesse, mesure, équilibre, et aussi justice
à l'égard de toutes les classes sociales.
Les autres fermeront obstinément les
yeux devant ces réalités, et diront
qu'elles sont des obstacles artificiels
élevés par des hommes méchants ils
feront comme les enfants et les sauvages
pour qui la foudre et la grèle, la mala-
die ou le bonheur sont entre les main»
ANNONCES
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latl.r.UbstailBB
(I. m OcUSn. MU
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JEUDI
4
JUIN
1936
SU Emma
ABONNEMENTS} 2
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Trots mota 22 L
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cniin à imjnb
U,r. ta/ri UttilUUS
TÉLÉPHONES:
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25 CENTIME9
m» Mtigrapft/g* OUCUHR-RENNE»
m TïlioiAPHIOUV tPECUU
C'EST POUR CONNAITRE
LES INTENIIONS DU DUCE
A L'ÉGARD DE BERLIN
QUE M. SCHUSGHNIGG
SE SEBRII RENDU
EN ITALIE
Et il n'est point question
de restauration des Habsbourg
ni de démembrements
en Europe Centrale
PARIS, 3 juin. (De notre rédaction
paristenne). Est-il permis, sans vio-
ler Ifz lois de la chevalerie, de dire à
une dame qui tient la rubrique de poli-
tique étrangère dans un quotidien ra-
dical de Paris qu'elle prend des vessies
peur des lanternes ?
A propos du voyage que M. Schus-
chnigg fait en ce moment en Italie,
cette consœur à l'imagination féconde
dévoile un terrible complot un com-
plot conçu, dit-elle, par le Vatican et
dont le chancelier autrichien serait le
principal exécuteur. Il s'agirait de res-
taurer tout de suite. à Vienne, la dy-
nastie des Habsbourg Cette opéra-
tion faite, les provinces catholiques de
la Yougoslavie c'est-à-dire la Slo-
vénie et la Croatie se détacheraient
de la Serbie, la première plus tôt que
la seconde, étant donné que les catho-
liques slovènes obéissent à la direction
d'un prélat soumis à Rome. 1 'gr Koro-
secht. Simultanément, la Tchécoslova-
quie verrait la Slovaquie quitter son 1
giron pour passer dans celui de la 1
Hongrie cela parce que les Slovaques
catholiques obéissent à un autre prélat i
romain, Mgr Hlinka. <
C'est pour déclancher le mécanisme
de ce bouleversement que M. Schus-
chnigg serait parti, avant hier, de
Vienne, via Venise, et arrivé sur la
plage de Viareggio qu'une courte dis-
tance sépare du chàteau de Pianore
où Otto de Habsbourg, le prétendant
autrichien, et sa famille parfois rési-
dent.
Parlons sérieusement. Il est regret-
table que les parties mises, ici, en
cause dédaignent, par système, de dé-
mentir des fables pareilles. Mgr Ko-
rosecht. le chef des catholiques slovè-
nes, est ministre de l'Intérieur de la
monarchie yougoslave on ne lui au-
rait jamais confié ces fonctions, s'il
avait été partisan de la sécession ou
même de l'autonomie du pays dont il
est natif. Son collègue slovaque, Mgr
Hlinka, a donné, ces jours-ci encore,
de telles preuves de son attachement
à la République tchécoslovaque et de
son hostilité à tout projet de retour
à l'ancien régime que des négociations
ont pu être entamées entre lui et le
président du Conseil, M. Hodza, pour
la participation de son groupe au ca-
binet de coalition constitué à Prague.
Pour le reste, les rapports entre le
Saint-Siège et la République tchéco-
slovaque sont excellents.
Si le complot dont parle la rédac-
trice du journal parisien est inexis-
tant, pourquoi M. Schuschnigg est-il
allé en Italie ? « Pour se reposer quel-
ques jours dans un endroit qui lui
plait », nous informe-t-on, officielle-
ment, de Vienne. Et l'on ajoute qu'il
profitera de son déplacement pour re-
voir le Duce. En vérité, le choix de
Niarreggio, à cause du voisinage du
chàteau de Pianore n'est pas heureux.
Mais le château est fermé et cela suffit
à écarter le soupçon que le chancelier
trame, là-bas, la restauration des
Habsbourg. Au surplus, cette restau-
ration compromettrait la politique de
M. Schuschnigg à l'égard de la Pe-
tite Entente.
Quant à l'autre information, la ren-
contre de M. Schuschnigg avec M. Mus-
solini, le but est clair. Le gouverne-
ment de Vienne est troublé par les
bruits, répandus de Rome dans toutes
les directions, suivant lesquels l'Italie
et l'Allemagne seraient arrivées à
conclure une alliance dont l'abandon
l'Autriche à Hitler serait le prix.
On peut croire, comme nous le
croyons nous-mêmes, que la conclu-
sion de cette alliance qui épouvante
bien des gens en Europe, n'est pas
conclue et qu'elle ne le sera, peut-
être, jamais. On peut, pour affermir
cette conviction, se dire que l'intérêt
principal de Berlin est de s'attacher
l'Angleterre, ce qui ne s'obtient pas
en passant par Rome tandis que
l'intérêt de M. Mussolini est, aujour-
d'hui, de s'assurer à nouveau une
place dans le concert de ces puissan-
ces, selon sa définition satisfaites »,
dont l'Allemagne ne fait pas partie.
Malgré tout, un doute est possible.
et c'est pour se libérer de ce doute
que le chancelier viennois est allé
solliciter une explication, une assu-
rance du dictateur italien. L'enjeu
reste grave pour l'Autriche.
U de Saint-Martin.
Cent mille grévistes
occupent les usines
dans la banlieue
de Paris
Le mouvement, qui s'étend encore,
se généralise également dans les usines du Nord
UNE GRAVE MENACE
POUR LE RAVITAILLEMENT
DE LA CAPITALE
PARIS, 3 juin. Ce matin, huitième
jour de « grève sur place » dans de
nombreuses industries de Paris et de
sa banlieue. Si des rentrées se sont
cffectuées comme hier, sur certains
points, dans un calme parfait, sur
d'autres le mouvement de grève s'est
étendu. La situation se modifiant
d'heure en heure, de localité en loca-
lité, il est matériellement impossible
de « faire le point » de façon exacte
sur les maisons qui doivent interrom-
pre momentanément leur activité.
Toutefois, il faut reconnaître que
l'extension du mouvement gréviste à
Je nouvelles industries et notamment
aux industries alimentaires et de ravi-
taillement, présente un caractère de
gravité tel que l'on ne dissimule pas,
!ans les milieux officiels, une certaine
inquiétude.
On signale notamment l'arrêt du
travail à l'usine à gaz de Nanterre
îl la menace de cessation du travail
Jans les usines élévatoires d'eau de la
aanlieue parisienne. En outre, toutes
les glacières parisiennes ont cessé de
fonctionner et les dépôts de lait ne
;ont plus approvisionné en glace. Or,
plus de la moitié du lait destiné à la
ville de Paris est conservé propre à
a consommation et réfrigéré à la
,,lace.
Enfin la grève a été déclanchée aux
isines Olida, où les ouvriers ont refusé
Je mettre en marche les réfrigérateurs.
Dix millions de marchandises étant en-
treposées là, la direction a fait appel
i la C. G. T.. qui a aussitôt dépêché
in délégué. Celui-ci n'a pu obtenir
satisfaction.
Un communiqué
du groupe des industries
métallurgiques
Paris, 3 juin. Le groupe des in-
dustries métallurgiques, mécaniques et
connexes nous a transmis au début
le l'après-midi le communiqué sui-
vant
La liste des établissements métal-
!urgiques occupés par les grévistes
s'allonge d'heure en heure. Vers midi,
plus de 200 usines étaient touchées par
le mouvement. Ces chiffres peuvent
augmenter dans le courant de la
journée.
Sigitalons cependant que deux éta-
blissements ont été évacués ce matin
(Porcher et Ford). Les pourparlers des
Commissions d'étude se poursuivront'
aujourd'hui au ministère du Travail.
Une assemblée générale du groupe des
ittdustries métallurgiques, mécaniques
et connexes examinera ce soir la si-
tuation.
A la fin de la matinée
PARIS, 3 juin. A la fin de la ma-
tinée, on pouvait estimer à 230 le
nombre des usines touchées par le mou-
vement de grève dans la Seine et
Au son d'un orchestre improvisé,
on danse
dans le hall des usines Thomson
Seine-et-Oise et à 100.000 le nombre
des grévistes qui occupaient ces usines.
Le personnel d'une vingtaine d'usines
a repris le travail ce matin, en parti-
culier à la Blanchisserie Leduc, Radio-
technique, Laffly, Matford, Valentine,
Ravaud, etc. Par contre, 60 nouvelles
firmes environ ont été touchées par le
mouvement, en particulier les usines
Hotchkiss. Rataud. Thomson-Houston,
plusieurs firmes d'huile et de pétrole.
(Voir la suite en a Dernière Heure n.)
UN LOURD CAMION
FAUCHE UN GROUPE
DE SAINT-CYRIENS
L'un est mort
Un autre agonisé
Cinq sont 6lessés grièvement
VERSAILLES, 3 juin. Un grave acci-
dent s'est produit ce matin à 4 h. 15
sur le territoire de Saint-Cyr-l'Ecole.
Un détachement de l'Ecole Spéciale
Militaire de Saint-Cyr, se rendant au
camp de Sissonne pour les manœu-
vres. venait de quitter l'école militaire
et prenait la route qui mène à la gare
des Matelots lorsque, au carrefour de
la route de Rambouillet arrivait en
direction de Paris un camion de
transports rapides qui faucha plu-
sieurs militaires se trouvant sur le
milieu de la route.
Sept élèves de l'école furent ren-
versés et plus ou moins grièvement
blessés. Ils ont été aussitôt transpor-
tés à l'hôpital militaire de Versailles.
Ce sont les Saint-Cyriens Coadic.
Van den Brock. Goury, Férat, Trouil-
let, Bétureau et Didier. Malheureuse-
ment, l'élève Coadic a succombé en
arrivant à l'hôpital.
Dès qu'il a eu connaissance de l'ac-
cident, le général Maurin, ministre de
la Guerre, s'est rendu vers 11 heures
à l'hôpital militaire de Versailles où
il a salué la dépouille mortelle de
Coadic. Son camarade Van den Brock
est considéré par les médecins qui le
soignent comme dans un état déses-
péré. Par contre, les autres blessés,
quoique grièvement atteints de frac-
tures multiples, ne sont pas en danger
de mort.
L'enquête
Pendant ce temps le Parquet se
transportait sur les lieux et entendait
le chauffeur qui a fait la déclaration
suivante
c Je suis parti hier soir vers
20 h. 45 des Aubiers (Deux-Sèvres)
avec un chargement composé de six
tonnes, composé d'oeufs et de poulets.
Ma vitesse moyenne le long du par-
cours fut supérieure à soixante kilo-
mètres à l'heure. En arrivant à Saint-
Cyr vers 4 h. 15, et alors que j'allais
aborder le carrefour formé par l'ave-
nue Jean-Jaurès et la route nationale,
je vis une masse qui traversait le che-
min. A ce moment je freinais je
montais même sur le trottoir pour di-
minuer ma vitesse, mais la collision
se produisit. »
Des essais de freinage furent immé-
diatement effectués par l'expert, qui
constata que tout fonctionnait par-
faitement. En conséquence, le chauf-
feur a été écroué sous l'inculpation
d'homicide involontaire et blessure par
imprudence.
(Voir la suite en o Dernière Heure
LE RETOUR DU v EN
Le vainqueur de l'Abyssinie est salué à son arrivée Rome
par les acclamations de la foule
'Photo trnnsmisp par nelHTMrrnm me -iervirp spécial de L'Oue3t-Eclair
L'ENTRÉE TRIOMPHALE, A NAPLES, DU MARÉCHAL BADOGLIO
Rome, 3 juin. Les Napolitains, puis
les Romains, ont fait un accueil cha-
leureux au maréchal Piétro Badoglio,
arrivé à Naples à bord du navire Ar-
boréa. Une foule considérable était
massée aux abords de la gare de Rome.
Le Duce. en uniforme de commandant
en chef de la milice, entouré des
membres du gouvernement, attendait
sur le quai l'arrivée du train spécial.
A l'entrée en gare du convoi, les
troupes ont présenté les armes, A sa
descente de wagon, le maréchal a été
salué par le Duce. Une formidable
clameur s'est élevée de la foule. Le
maréchal a répondu aux acclamations
et il a pris place rapidement dans une
voiture fermée qui est partie aussitôt.
La composition probable
du ministère de M. Blum
PARIS, 3 juin. A la fin de l'après-
midi. on assure dans les couloirs de
la Chambre que M. Léon Blum a
arrêté définitivement l'attribution des
portefeuilles du Ministère qu'il sera
chargé de constituer demain. A l'heure
actuelle. la liste du cabinet se pré-
senterait comme suit, sous réserve
naturellement des modifications tou-
jours possibles
Présidence du Conseil sans porte-
/euille M. Léon Blum.
Sous-Secrétaires d'Etat MM. Max
Dormoy et François de Tessan.
Ministres d'Etat MM. Camille
Chautemps, Maurice Viollette et Paul
Faure.
Ministre de la Délense nationale:
M. Edouard Daladier.
Ministre de l'Air M Pierre Cot.
Ministre de la Marine Militaire
M. François Blancho.
Ministre des A/jaires étrangères
M. Yvon Delbos.
Secrétaire d'Etat pour la France
d'Outre-Mer M. Marius Moutet.
Sous-Secrétaire d'Etat à l'Afrique
du Nord M Pierre Viénot.
Ministre de la Justice M. Marcel
Rucart.
Ministre des Finances: M. Vincent
Auriol.
Ministre des Pensions M. Albert
Rivière.
Ministre de l'Intérieur: M. Roger
Salengro.
Sous-Secrétaire d'Etat à l'Adminis-
tratior. départementale M. Raoul
Aubaud.
Ministre de l'Economie nationale
M. Charles Spinasse.
Secrétaire d'Etat au Commerce
M. Paul Bastid.
Secrétaire d'Etat aux Transports
M. Albert Bédouce.
Ministre de l'Agriculture: M. Geor-
ges Monnet.
Secrétaire d'Etat aux P.T.T.: M Jar-
dillier.
Secrétaire d'Etat à la Marine Mar-
I chande M. Paul Maulion.
Sous-Secrétaire d'Etat auz Mines et
Forces motrices M Paul Ramadier.
Minisfre de l'Education nationale:
M. Jean Zay.
Sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-
Arts, aux Sports, aux Loisirs M. Léo
Lagrange.
Sous-secrétaire d'Etat à l'Enseigné
ment technique M. Jules Julien.
Ministre de la Solidarité sociale S
M. J.-B. Lebas.
Sous-secrétaire d'Etat à la Santé
publique M. Henri Sellier.
Sous-Secrétaire d'Etat aux recher-
ches scientifiques: Mme Jolliot-Curie.
Sous-secrétaire d'Etat aux Œuvres
de l'Enfance Mme Suzanne Lacore.
Sous-secrétaire d'Etat aux Pupilles
de la Nation et Veuves de Guerre
Mme Brunschwig.
Paris, 3 juin. M. Salengro a
confirmé à la délégation des gauches
que dès demain soir, après l'élection
du bureau de la Chambre, M. Léon
Blum serait chargé de constituer le
cabinet et qu'il pourrait faire publier
dès vendredi matin au Journal Offt-
ciel la liste des ses collaborateurs
« Il est possible, a-t-il ajouté, que
le nouveau gouvernement se présente
devant la Chambre samedi après-midi
si telle est la décision du conseil des
ministres. »
L'ÉTAPE DE DEMAIN
Paris, 3 juin. Nous avons écrit, il |
y a trois semaines, que l'opposition par-
lementaire devait jouer franc jeu et
laisser s'effectuer l'expérience nettement
socialisante sinon totalement collecti-
viste dont M. Léon Blum allait être
l'opérateur principal.
Les intentions de nos amis du Centre
Républicain n'ont pas changé. Mais nous
manquerions, quant à nous, d'objectivité
et de vigilance si nous négligions de
bien établir les conditions dans lesquel-
les l'essai va se produire, les prépara-
tions et les précautions dont s'entourent
les dirigeants de la S. F. I. 0. et de la
C. G. T., précautions qui inspiraient la
réflexion suivante à un député de Paris.
M. Dommange, après lecture du discours
de M. Blum « Voyez donc comme ils
sont astucieux Si l'expérience que va
tenter leur leader réussit, elle sera une
expérience socialiste, si elle échoue, elle
aura été une expérience de Front popu-
laire.
Donc, au Congrès national du parti,
qui vient de s'achever sur la motion
plutôt machiavélique dont nous avons
publié la partie essentielle, il a été
clairement spécifié que la prise du pou-
voir par le rassemblement populaire
n'était qu'un prélude, qu'une étape a
franchir vers la réalisation de tout le
socialisme >. Il ne s'agit pas simplement,
comme l'indiquaient les manifestes élec-
toraux d'avril, de « barrer la route au
fascisme de < défendre les libertés
publiques », ou d'affermir la paix inter-
nationale. Le programme véritable de ce
gouvernement dont les radicaux se cons-
tituent les humbles serviteurs, ce n'est
pas la protection du droit républicain, ce
n'est pas la modification dans un sens
réellement démocratique du régime éco-
nomique, social, politique où nous vi-
vons cela, nous l'accepterions d'un cœur
joyeux et nous y travaillerions avec
enthousiasme, quels que fussent nos
compagnons de routa 1
Mais non, ce n'est pas cette rénovo-
tion-là que veulent les animateurs et
dirigeants de la majorité (170.000 voix
de plus qu'en 1932 sur onze millions
d'électeurs, ne l'oublions pas), ce qu'il*
veulent, c'est l'instauration en France du
marxisme, c'est-à-dire d'une abominable
vieillerie allemande, d'un système judai-
que et inhumain, issu d'un cerveau bi-
zarre où se bousculaient un matérialisme
fondamental, une ignorance volontaire de
tous les phénomènes qui ne sont pas
d'ordre économique, et une pointe de
mysticisme hébreu. M. Léon Blum ne sau-
rait se défendre de ces intentions là.
puisque, dans le Populaire du 2 juillet
1935 c'est la déclaration de la Gauche
Révolutionnaire qui le rappelle il écri-
vait ceci < Le prolétariat n'a intérêt à
exercer le pouvoir que dans la mesure
où il peut en user pour accélérer le
rythme du mouvement politique et éco-
nomique qui prépare la transformation
révolutionnaire. » A la lueur des occupa-
tion d'usines, ce texte prend un sens qui
ne prête guère à équivoque et qui se
passe de commentaires
Ceci étant bien établi, et le caractère
franchement socialiste du gouvernement
de demain étant posé, comme il est
loyal de le faire, nous prévoyons que,
d'ici peu de temps, chefs et troupes se
sépareront en deux tendances. Les uns,
en présence des réalités dont parlaient
hier avec sagesse, au déjeuner de la
presse hebdomadaire, MM. Brunet, Potut
et Pezet, se diront qu'il y a tout de méme
des faits, des lois naturelles, une huma-
nité » qui commandent adaptation, sou-
plesse, mesure, équilibre, et aussi justice
à l'égard de toutes les classes sociales.
Les autres fermeront obstinément les
yeux devant ces réalités, et diront
qu'elles sont des obstacles artificiels
élevés par des hommes méchants ils
feront comme les enfants et les sauvages
pour qui la foudre et la grèle, la mala-
die ou le bonheur sont entre les main»
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