Titre : La Presse
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1850-12-29
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Laguerre, Georges (1858-1912). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 29 décembre 1850 29 décembre 1850
Description : 1850/12/29. 1850/12/29.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
29 décembre i8SC.
Y.
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Pari$: Dimanche,
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& M. NEFFTZER, ~.N DM e&~S ET SECMTA.M tn COMITE M MUA(.rtON. .MO~tM~,Principaux nM~t6UrS MM. A. DE LAGUEMK?<)ERE;-J. PHMDEAUC;-A. N.'FFTZEm-~P~M'At,
–A. PEYX\T;–A [.AUVRtY;–?. LtMAYHAr.A.DCMOKT;–C~LERY; –HAVAM–AK. LBMY,–
A4.BU~NAL;-A.~DETOULGORTj-J.-P.H:DERT..
"arlietes~vt~ui n'ont pas 6t6 insères sont brMés et ne sont pas rendus.
QU~XtEMËA~iMKE.
ON S'ABOME:RM M()mïARTRE,~i3i,
PMX: CN AN, 40 FH~CS: SIX MOIS, ~FRANCS: TROtSMO!S,t% FRANCS.
JPo/-< ett ~xs pf)Mr !
Paris, 28 décembre.
tM 18 BMJMÂME PARLES RECOM g
Il y a une espèce de i8 brumaire que nous p
avions oub'iée~dahsi'énumération que nous en p
avons faite dernièrement. Le ~fotM<~ s'est e
chargé de nous la révéler dans son numéro de ti
ce matin. M. Rouher s'est chargé do la glori- t.
~ier dans laseance d'aujourd'hui. I! ne s'agit
Mi d'unis brumaire par l'armée, ni d'un 18 ).
brumaire par le p<*upte, ni d'un 18 brumaire s
~r la majorité parlementaire ou par là majo- d
rité électorale. Il s'agit tout simplement d'un g
18 brumaire par les Recors! 1 d
Un des vétérans de la vieille opposition par- a
lementaire, un homme qui a eu l'honneur de y
lutter dignement d'égal à égal avec Casimir d
Périer, M; Mauguin, membre de l'Assemblée le- o
gislative,a vu. son domicile forcé et envahi par B
des gardes du commerce qui, en vertu d'un ju- t
gcmeat dont ils étaient porteurs, venaient exer- t
cer contre lui la, contrainte par corps. M. Mau- s
guin a invoque l'inviôtabihté parlementaire d
qui le couvre. Mais les leçons et les exemples s
du pouvoir portent leurs fruits. Los Gardes du d
commerce .se sont moqués des droits dé là sou- t
veraineté, et ils se sont emparé d'un représen- c
tant du peuple et d'un législateur comme de r
tout autre. M. Mauguin a demandé alors à
comparaître devant M. )e président du tribunal (
civil, qui pensé comme'Ies Recors, et qui a c
rendu immédiatement un délibéré par lequel 1
l'arrestation a été déclarée parfaitement rëgu- f
lièro et légale..Il ne restait plus qu'a conduire f
là souveraineté du peuple a Clichy dans la por- ¡
sonne d~in de ses délégués. C'est aussi ce qui j
a eu lieu..
L'Assemblée nationale s'est émue de ce scan-
dale, disons mieux, de cet attentat. Sans doute n
elle a reconnu dans cet acte d'usurpation fia-
grante contre sa souveraineté la main qui ne
manque pas une occasion de l'amoindrir ou
de l'avilir. Combien frapper a ses portes depuis quelques mois! Elle
a souvent refusé de Ips ouvrir, et nous l'en ho-
norons. H n~y a pas de petit procureur sur son
siège qui ne se croie en droit de la décimer, de
la menacer ou de l'outrager. N'essayait-on
pas, il y a quelques jours, de la mêler au pro-
cès Allais? D'un peu plus, elle aurait été tra-
duite à la barre correctionnelle en attendant
on l'envoie à la prison pour dettes 1
L'histoire d'Angleterre nous fournit un sou-
venir qui contraste étrangement avec le fait
qui vient de se produire en Franfe. Un grand
orateur de ce pays était aussi sous le coup de
.la contrainte par corps. Ses créanciers le res-
pectèrent pendant sa vie. Ils savaient qu'ils ne e
pouvaient toucher à sa personne sans commet-
tre un attentat dont les conséquences seraient
retombées sur eux. Que nrent-iis ? Us épièrent
i'agome de leur débiteur. Ils attendirent le mo-
ment où le convoi sortait de la maison mor
tuaire. Mais les rec.ors ne saisirent qu'un cada-
vre La majesté de la mort fut outragée. La ma-
jesté de la souveraineté fut respectée.
Cette usurpation dont aucun pays ni aucune
époque dans nos annales parlementaires-n'a-
valent donné l'exemple, la honte en était ré
servée à notr~ temps. Oui, il nous était réservé
de voir un ministre de la justice disputer ce
qu'il y a de plus incontestable dans le droit, de
plus sacré dans la Constitution, de plus invio-
lable dans la liberté, c'est-à-dire l'indépendan-
ce, la dignité, l'honneur du législateur. M.
Mauguin a été arrêté par des Recors dans son
domicile, et M. Rouhcr est venu devant l'As-
semblée, avec la clé de Clichy dans la mam,
pour défendre l'acte des Recors et pour se met-
tre en travers de la porte, afin que la majesté
parlementaire ne pût échapper à la honte de
l'ëcrou et à la garde du geôlier
Heureusement l'Assemblée nationale a com-
pris son devoir dans cettequestion quitpu-
-chaitde si près à ses prérogatives constitu-
tionnelles et.à son indépendance. A la voix de
N. de La Rochejaquelein, elle s'est'ener-
giquement redressée contre cette usurpa-
tion. Le droit était-d'ailleurs si positif et
si patent qu'une discussion ne devait
même pas paraître nécessaire. M. de La Ro-
chejaqueleins'est borné'à- le constater dans
FEm~TOK DE LA PRESSE
DU 29 DÉCEMBRE 1850.
M.
PAR
Cette brochure contient Ja biographie d'une
initiée racontée par un anonyme; el)e a été
imprimée à Paris et distribuée sous le man-
teau de )a cheminée. Je ne sais que'.Ie main
mystérieuse a glisse dans ma poche cette ë-'
nigme en'seiza pagossur papier vélin. Je n'ai
pu d'abord déchifïrer, à première lecture, !e
double incognito de l'initiale et de son biogra-
phe. Les noms propres sont partout Jaiss~s en
bianc pour derouti'r la curiosité. On dirait une
société secrète où .tous les personnages, sou-t
Tnasqués. La bvechure commèuce ainsi
<( H y a un passag'e d'Homère qai mo revient
? souven' en memoiro. Le spectre d'E'penor
? apparaît à U~y~se et lui demande les hon-
? nçurs funèbres ? Me ~«t.~e pa~ M'is e~f
)) p~Mr~ MK~ ~r~ eKferre.
des termes très vifs et très catégoriques, faisant M
remarquer avec toute raison, et sinon à la coh- p
fusion de notre pays, au moins à celle de notre 6
gouvernement, qu'en France seulement, unre- d
présentant, ineg-atemcnt arrête, était expose à à
passer, la nuit sous Ips verroux. La Constitution n
en main, il a logiquement conclu à une rëso- if
tution énergique qui pût-a voir pour résultat L
la mise en liberté immédiate de M. Ma~guHh 8<
Qu'avait répondre 'le ministère a l'interpe!- e
)ationdeM.-de La Rochcjaquetcin? Se taire q
sa~s doute. C'est évidemment co que comman- s
datent non seulement le respect de la di-
gnité de t'Assemblée mais encore la pru- s
denco la plus vulgaire. Il s'agissait d'un u
acte du pouvoir judiciaire. M.Rouherpou- p
vait laisser croire qu'it n'en était pas sou- t
daire. Il pouvait on décliner la responsabitité, r
ou tout au moins rester neutre dans ce débat. t
Mais il était écrit que le ministre de la catas- c
~-o~Ae justiSeraît ce titre d'une manière éc)a- d
tante. Quelle cafas~opAc, en effet, que cette
séance pour l'ancien avocat de Riom, travesti E
dans la simarre de L'Hôpital et de D'Agues- c
seau!' Jamais orateur ne confondi.t avec plus f
d'ignorance et plus d'imprudence tout à la fois c
tous les principes et tous les é)émens du droit t
constitutionnel. Jamais ministre ne perdit plus
malheureusement une cause plus honteuse.
Nous demandons pardon à M. de Salvandy.
C'est bien de lui, si nous ne nous trompons, f
qu'on disait qu'il était l'ombre de Château- i
briand au clair de !a lune. M. Rouher nous a
fait aujourd'hui l'effet de l'ombre de M. de i
Satvandy, toujours au clair do la lune. C'est
ainsi que nous descendons les degrés de la l
grandeur et du talent. Nous n'avons plus que
l'ombre de l'ombre. Et l'on veut que fe pou-
voir soit fort, qu'il soit respecté Et l'on veuf
que les révolutions du mépris, prédites par
M. de Lamartine au banquet de Maçon ne
viennent pas encore effrayer les. esprits de
leurs sinistres présages
M. Rouher a osé décorer sa théorie libertici-
de d'un principe libéral. C'est au nom de la
Constitution qu'il est venu justifier un-attentat
à la Constitution. C'est en invoquante grand
principe de la séparation des pouvoirs qu'il a
expliqué et approuvé l'acte par lequel le pou-
voir judiciaire a osé porter la main sur le pou-
voir législatif. Le dernier des avocats de Riom'
ne serait pas tombé dans une 'pareille confus
sion. Et c'est le chef de la justice qui pousse à
ce degré l'ignorance du droit ou l'effronterie
du sophisme! (
M. Rouher a. eu un scrupule, cependant.
non pour sa conviction, mais pour son porte-:
feuille. 11 a senti qu'itse noyait comme jur's-
consulte et comme orateur, et il a voulu sur-
nager au moins comme ministre.–Croyez
bien, messieurs, s'est-il écrié, que je ne fais pas
ici une question politique; ce qui en bon
français, se traduit par ces mots Croyez
bien, messieurs, que ~e veux garder, mon
portefeuille.–Une question politique en fût-i!
jamais de plus importante ? M. de Vatimesnil
l'a dit avec l'autorité d'une profonde convic-
tion K C'est la question do la'souveraineté de
!a nation. ? II s'agit de savoir si cette-souve-
raineté sera "respectée dans ceux qui )a repré-
sentent et qui l'exercent; s'il dépendra de la
? fantaisie d'une interprétation légale, ou de
terreur d'une décision judiciaire de la mena-
cer ou de ta confisquer; si le juge qui exécute
)a loi pourra mander et ordonner aux huis-
siers et -tux gendarmes de l'appréhender au
] corps, et aux geôliers des prisons de toutes
sorte de dresser son écrou. Ce~a étant, il n'y a
ptus, en effet, de souveraineté, comme l'a très
rigoureusement et très logiquement déduit M.
) de Vatimesnil; car, atteinte aujourd'hui dans
e !'un de ses membres, el)e pourrait l'être de-
main dans beaucoup d'autres, et alors elle
cesserait d'exister .par l'impossibilité même de
"se manifester. Ainsi s'accomplirait le 18 bru-
'maire par les Recors, 18 brumaire moins glo-
e rieux sans doute que celui tenté et exécuté par
Napoléon avec les 'grenadiers d'Egypte et
d'Italie.
i) L'argumentation de M. de VatimesnH était
it concluante. Le savant orateur aurait pu ce-
pendant la pousser encore plus loin. Il n'y avait
n qu'à creuser ce sujet pour y trouver la lumière.
? Aujourd'hui'l'enterrement ne manque à
)) personne,'grâce a'un'réglëment de police;
)) mais nous autres pa~eHs, nous avons aussi
)) des devoirs à remplir envers nos morts qui
N ne consistent pas seulement dans l'accom-
x plissement d'une ordonnance de voirie. J'ai
t) assiste a trois enterremens pa~e~ Celui
M de. qui s'était brûlé ta "cervelle. Son maî-
)) tre, grand philosophe.et ses amis eu-
a rent peur des honnêtes gens et n'osèrent
s parler; celui d~ it avait défendu les
< discours; celui dé B. enSp. Nous
)) nou=! y trouvâmes trois, et si mal préparés,
)) que nous ignorions ses dernières volontés.
? Chaque iois j'ai senti que nous avions man-
«"quë à quelque chose, sinon envers la mort,
M du moins envers nous-mêmes. Qu'un de
x nos amis meure,en voyage, nous aurons un
? vif regret do ne lui avoir pas dit adieu au
? moment du départ. Un départ,, une mort,
o doivent se célébrer avec nue certaine cérë-
j) menie, car il y a quelque chose de solennel.
oCë quelque chose, c'est ce que demande.
)) Etpénor ce n'est pas Feulement nn peu de
N terre qu'il réclame, c'est un souvenir. ')
Ainsi, cette brochure est Furaison funèbre
d'un payen, prononcée s. mots couverts parun
autre paypn. Mais quel est le nouvel EipénOf
fjiii demande'uH.souvaair à ses amis du fond
de soa tombeau? Le biographe garde ta-des-
SHstopius profond secret.- Il nou? dit Meû
qu'Etpénor faisait des; livrés à ses' mo.mcas
pardus, et, co qai est plus m'jrveitîeux, qu'ii
acceptait votontiersib~ critiques. Mais quois
M. de Vatimesnii pouvait répondre, par-exem-1 n
p!e, qu'en matière criminpDe, le représen- '1
fant condamné, perdant presque toujours ses
droits civils, lés électeurs étaient appelés
à le remplacer, et qu'ainsi la souveraineté
ne cessait pas d'être régulièrement représentée,
Mais en matière civile,il n'en est pas de même. g,
Le représentant condamné pour dettes conserva ,n
80R~mandat.Cen'estdonc pas l'homme qui `
est atteint dans sa personne. C'est le mandat fa
qui est frappé dans son inviolabilité et dans 1
son droit inattërable et absolu.
Mais cet argument n'était même pas nëces-
sairé pour avoir raison da M. Rouhèr. Encore
une fois, catastrophe ne fut jamais plus com-
pteto. Le pauvre ministre était sorti tout meur- o
tri des mains dé M. de Vatirnesnil il est venu a
compléter sa défaite en essayant de la venger.
H n'a réussi qu'à fournir à M. de Laboulie l'oc-
casion do lui donner une nouveHe leçon de
droit etde lui infliger âne dernière humiliation. >'
Il De restait plus qu'à voter. Battu et vaincu
en p)eine tribune, le ministère a essayé d'é-
chapper par ce petit trou de souris qu'on ap-
pelle le règlement. C'est au nom du règlement
qu'on est venu contester à l'Assemblée natio-
nale le droit de défendre la Constitution et de
se protéger contre les Recors.
Le règlement veut en effet, à ce qu'il paraît,
que .toute résolution de l'Assemblée subisse
préalablement l'examen desbureaux. Mais ii
ne faut qua de l'esprit pour échapper à ces for-
mes puériles qui ont !a prétention rieuses. M. de Larochejaquelein s'est chargé de
(e démontrer en ajoutant trois mots à sa réso-
lution, qui est devenue ainsi un ordre du jour
motive.
Leministëro ne s'est pas encore .tenu pour
battu, et, par un dernier-effort, i!. s'est cram-
ponné a )a porte de la prison de M. Mauguin,
en demandant l'ajournement à lundi. L'ajour-
nement a été repoussé. Cette fois, Jes clés de
CHchy échappaient des mains de M. Rouher-
Enfin,-I'heure de l'épreuve, déuninve était
arrivée. Il n'y avait plus q~'à voter sur la pro-
position de M. de La Rochejaquetein ainsi con-
çue «L'Assemblée ORDONNE que M. Mauguin,
» représentant du peuple, dont l'inviolabilité
') ne peut être atteinte que par un décret, soit
a immédiatement mis en liberté. » Cet ordre,
rar c'en est un tfès impératif et très formel,
acte adopte par une immense majorité. Ce
n'est pas sans étdnnement que nous avons
vu MM. Dufaure,Passyetqùelq'=)es autres mem-
bres du tiers-parti voter avec le ministère.
ft sacriOer ainsi tes droits parlementaires et ia
Constitution, pour lesquels ils paraissent ce-
pendant professer tant de respect. Peut-être
aussiM.Dufaureet sfs collègues, chassés par
le Message du 3i octobre, ont-ils voulu se ven-
ger magnanimement en conduisant le convoi
funèbre de M. Rpuhert
Nous terminerons cet article par un simple
rapprochement ptus -saisissant que* tous tés
commentaires. Il y a moins de quinze jours, le
[ prince de Capoue est arrêté en vertu d'un
jugement qui prononçait contre lùilacontraintf
t par corps. Conduit devant M. de BpHeyme, l'ar-
restation est déclarée valaMe.Le ministre des af-
faires étrangères intervient alors, et, au norn
t descpnvenances diplomatiques, déchire ie dé)i-
bérê, biffe l'ëcrou et rend le Prince à la Hberté.
Aujourd'hui unreprésentant du peup!e est em-
prisonnë pour, le même motif. Le même M.
de BeMeyme traite !e législateur comme il a
t traité le frère.du roi de Naptes. Le ministre!
de ia justice intervient a )a tribune, non pour pro~
téger I'inviolabi)itë du mandat parlementaire,
mais pour la sacrifier et pour fermer à double
tour la porte de la prison.-
Après ce rapprochement, que le miniïtèrc
soit jugé par l'opinion, commeilaétë con-
damné aujourd'hui par l'Assemblée nationale! i
A.DEI.AGCERONNIÈRE.
Nous empruntons au Droite compte-rendu
des faits qui ont donne lieu à, i'incident-Mau-
gcunr .t.
« M. Choron est créancier de M. Mauguin d'ORe
somme de 1,093 fr. 50 c.; l'origine de cette créance
remonte à un jugement de condamnation pronon-
ce par le tribuna) de commerce, le 7 janvier 1845.
» Dans ces derniers temps, M. Chëron ajnuti'e-
ouvrages a-t-il écrits? Je n'en trouve à aucu-
ne page le titre, égaré par mêgarde. Cepen-
dant l'inittale, tournée en hero~ d'Homère, a–
vait du talent, s'il faut croire l'opinion très
compétente, assurément, de son ami.
«Je m'imagine, dit-il en unissant, que
» quelque critique du vingtième siècle décou-
w.vrira les livres de B. dans le fatras delà
M littérature du dix-neuvième, et qu'il leur
)) rendra la justice qu'ils n'ont pas trouvée
"'auprès des contemporains. C'est ainsi., que
') la réputation de Diderot a grandi au dix-
x neuvième. C'est ainsi que Shakspeare, ou-
)'. Mie du temps de Saint-Evremond, a été dé-
o couvert par Garrik. Il serait bien à désirer
). que lesJettres de B. fussent publiées un'
jour; elles feraient connaître et aimer un
)) homme dont l'esprit et les excellentes qua-
» lites ne vivent-plus que dans la mémoire
-s d'un petit nombre d'amis.
H. B. est donc un auteur incompns, qui at-
tend qu'un nouveau Garrick, eh train de MÎ-
ire pour ia circonstance, lui restitue dans cin-
quante ans tout l'arriéré de son génie. Cette
.première révélation nous aidera peut-être à
retrou ver le nom clandestin qui est resté au
bout de la plume du biographe. Le t~cat,
même méconnu, n'est pas teHero.ent prodigué
à la génération de nos aînés,' que nous ne
puissions, à la tonguc, avec un peu d~nspira-
tion, compléter l'initiale d'une immortalité en
expectative destinée à grandif pour cos ne-
veux.
Ctierchonsdonc t.ourageusenieut,peutôtr&
rneit cherche à se faire payer par son débiteur, et
il s'est enSn décidé à recourir au ministère de'MM.
tes gardes du commerce. Anssi, grâce au zèle de
l'und'éux.M.Maugum-s'est-ilvu. ce matin, ap-
-prehender au corps, et it attaitëtro écroué à la
maison de CHchy, lorsqu'il demanda à etrecon-i
duit en référé, prétendant que sa qualité de repré-
sentant du peuple ne permettait pas d'exercer con-
.,tre~ui)a)oi sur ]a. contrainte par corps, i
B M. te président, saisi du réfère, a renvoyé l'af-
faire & l'audience de lai" chambre, qui, après
quelques courtes observations de M° GUtAM, avo-
cat d& M. Cheron, et sur les conciusions conformes
de M. GOCGEl, substitut do M. !c procureur de la
pepuNiqùe, a rendu le jugement suivant
« Le tribunal,
B Attendu que, sous l'empire dos Constitutions
o' de 18U et de 1836, tes députes ne pouvaient être
a contraints par corps que dans les cas spéciate-
a ment détermines;
))~ue]a Constitution de')8<8 n'accorde aucune
a immunité aux rcpresëntans, pour ce qui concer-
o ne ta contrainte par corps en matière ciyite ou
e commerciale;
N Que les exceptions proposées en leur faveur à
)) ta loi du 17 avril 1832 n'ont pas été coRverties
a en toi, d'où il suit que les représentans restent
B aujourd'hui placés, à cet é~ard, dans les termes
)) du droit commun;
)) Ordonne qu'it sera passé outre à t'écrou, ce qui
sera ex~cuM par proYision, nonobstant appel et
esaQsypréjudicier.a
Ce soir, à sept heures et demie, l'un de MM.
)es questeurs, accompagné d'un huissier de FAs-
semblëe, s'est présenté à la prison pour dettes.
rue de Oichy, et, en vertu d'un ordre~dë )'As-
semMee, a somme le directeur de ]a prison de
mettre en liberté rhonoraNe M. Mauguin, re-
présentant du peupte. `
~t{.re directeur s'est empressé d'obtempérer
h l'ordre qui lui était transmis.
M.Mauguinestsortide la prison de CUchy
à huit heures moins un quart.'
RELATIONS COmmCtUES DE L'AMËRIE.
(2
La bâtai )le continue, et les intérêts particu-
iers n'abandonnent pas aisément )e terrain.
'oujpurs le même thème; varié suivant l'arti-
.1e eti discussion; Aujourd'hui cependant on a
troduit quelques argumens nouveaux. On a
tit;parexemp)e:
Prenez garde Si vous accordez à l'Algérie)
a franchise absolue pour ses produits, voici
renir trois autres colonies, qui réclameront ]e
nême bénéfice. Comment pourrez-vous leleur
'efuser?
H y avait à répondre la métropole peut
)arfaitément refuser à une de ses possessions
'e qu'elle accorde à une autre, suivant les con-
Mtions où Fune et l'autre sont ptacëes,suivant
tussi ses propres inter&ts. Est-ce que, par ha-
.ard, c'est au profit seul de l'Aigfrie que le
~rojpt en discussion a été é!aboré? Est-ce que
!a France n'est pas ia première intéreFsëe a ce
~c:8 sa province africaine arrive a un état de
prospérité etde calme productif qui )ui per-
mette de couvrir ses dépenses ? Est-ce que nous
entretenons le même nombre de troupes à )a
Guadeloupe ou à ia Réunion qu'en Afrjque'?
Et l'Algérie ne pèse-t-e)Ie pas d'un plus grand
poids que nos .possessions lointaines dans la
balance des intérêts potitiques, militaires, et
aussi au point de vue de t'ouvre Giviti.satrice?
C'est donc pour elle-même aussi bien que
pour l'AJgérie que la France décrétera l'assi-
milation économique et H pourrait fort bifin
.'e taire,–ce que nous ne voulons pas exami-
ner ici,–que ta question se présentât tout au-
trem'.mt à l'égard de ses colonie'i d'Amérique,
des Indes et de~l'Afrique occidentale.
L'Algérie h'est-etle point, d'aiUeurs, parta-
gée par ie-s arrêtés dos 9 et 16 décembre i848,
on t!epdonc aucune signification en matière écono-
mique 'Parce .que ta Corse, autre possession
maritime, à été, à titre de département, assi-
milée sous tous les rapports a la France, nos
colons des Antiliës sont-Hs admis arëctamer
lesmêmesprivilégës?
,Certes, nous n& prétendons pas, apn'ort,que
la France~dût trancher négativement la ques-
tion de .'liberté commercial, -si elle était sé-
rieusement soulevée par les AnttDës; le pro-
blème devrait être mûrement examiné, et, à
finirons-nous par trouver le spectre cache sous
une initiale.
Est-ce par hasard Ballanche ? Non, Baltan~
cheëtait:un austère chrétien qui est parti pour
!à gloire, accompagné d'une nuée'de discours.
Est-ce Barrère? Mais Barrère-n'a jamais ëtéj
qu'un dramaturge' en action qui ûrsait de la'
iittëràt'ire au jour le jour dans ie panier de ta
guillotine. Il n'a nullement besoin d'être une
seconde fois enterre. Est-ce mon pauvre dé-
funt ami Babmot, si. spirituel après boire, qu'il
aurai t~pu. donner la contagion de l'esprit à
tout le pays?, Mais mon pauvre ami Babinot
n'ajamais rédige que des ordonnances. Est-ce
enfin M* d'Artincourt, de romanesque mémoi-
re ? Mais H.'d'ArtincoEurt ne s'écrit pas par un
H, encore moins par un B. Il n'est B som au-
cun-~rapport. Il n'est pas assez-mor( d'ail!ouTs
pour Vouloir être pleure. Je ne le soupçonne
pas payen; il est simplement dev.ôt.
'Mais à &)rce.d'interroger la brochure dans
tous les sons, et de tourner vingt~ois-l'imtiale
sur ma langue, j'ai-.nai par découvrir çà et ta
à cette ligne, puis à cette autre', ligne, qu'Et-
pénor avait été auditeur au'conseil d'Etat,
commissaire aux armées, protégé de M. P,
sous l'Empire, et enûN diplomate soLfs Louis-
Philippe, avec une si mérveiHeuse u'hesse,
qù'ch écrivant a.u ministre il meitart ]e chif--
fre dans l'enveloppe de la lettre. chiS'rée; pour
éviter sans doute.a la police'étrangere lo souci
d'a))er chercher trop loin un Çhampoliion
pour l'explication des hiérogJyphes.
Eh bien I do tous les noms propres possibles,
notre avis bien des considérations particulières )<
devraient s'incliner devant le grand principe
de fa liberté; mais ce que nous prétendons, &
contrairement à plusieurs orateurs qui ont g
parlé dans la séance d'aujourd'hui, c'est que d
la loi algérienne n'implique pas le moins du
monde un engagement semblable de la part d
de la France envers ses possessions maritimes -€
quelconques. c
Mais c'est un acheminement vers le libre-
échange t –Et aussitôt les honorabips mem-
bres que ces deux mots horripilent, de s'effa-
roucher et de s'agiter douloureusement sur
leurs bancs. Calmez-vous, bonnes gens, c'est (
du libre-échange entre la France et une partie 1
do son territoire national, comme H y a libre-
échange entre le département du Finistère et l
celui des Vosges, comme il y a libre-échange i
entre Quimper et Carpentras; mais vous ou-
bliez que les pro~M!~ c~aM~r~ seront frappés
à leur entrée en Algérie, des mêmes droits (
qu'ils subissent à leur apparition dans les ports
do Franco ce n'est donc que l'assimilation de
l'Algérie à la métropole, au point de vue éco-
nomique or, comme la France vit sous le sys-
~èm& pt'o~cfeMf, il ne s'agit, en réalité, que
d'une extension de ce régime a nos départe-
mens d'Afrique. Ou voyez-vous là le fantôme
que vous appelez Mre-MAoK~e ?
M. d'Havrincourt s'est appuyé de l'opinion
du maréchal Bugeaud pour soutenir qu'on ne
devait pas permettre a l'Algérie de produire ce
<')Ho produit la métropole. -Nous sommes per-
suadé que si le maréchal Bugeaud vivait enco-
re, il serait d'un avis diamétralement opposé à
ce'ui qu'il formulait en ~8M, parce que les
conditions nouvelles où sé.trouvent à la fois la
colonie et la France lui auraient appris qu'il y
avait tout autre chose à faire que ce qu'il pro-
posait sous la pression de sespréoccupationsde
défense militaire et do régime exceptionnel.
On a, de guerre lasse, invoqué l'intérêt du
Trésor. Si vous supprimez les taxes qm
grèvent aujourd'hui tes produits algériens,
vous vous .privez d'un revenu considérable.
CoMM'~eraMe est le mot, car aussitôt M. Daru
apprend à l'Assemblée qu'il s'agjt d'un, pauvre
et honteux chiffre annuel de 55,000 francs t
C'était bien la'peine de se mettre en frais de
!ogique! t
Vous oubliez, d'ailleurs, que quand l'Algérie
sera cultivée et prospère, on y introduira l'im-
pôt sur les terres, qui, jusqu'à présent, n'y a
pas existé; et que les frais delaco~nie une
fois couverts, ce qui sera déjà une notable
économie pour la France, –.tout le surplus
viendra grossir les recettes du Trésor métro-
politain.
Aujourd'hui, les huiles nationales étaient
fort en cotère. Le sésame montrait le poing à
Alger, et l'arachide maugréait du haut de la
tribune. Comment, s'ëcriaient-ils, lutter contre
cette terre africaine, qui produit presque sans
i tabeur! –Et sans fumier'a a crié un avocat
du colza. Quand~un hectare, a la Pépinière
centrale d'Alger, a donné 450 francs de bénë-
t nce net, comment voulez-vous que l'agricul-
(ure française soutienne une si formidable
concurrence?
A la Pépinière, oui mais ailleurs Cet éta-
L blissement est un jardin d'acclimatation pour
tes végétaux étrangers; les cultures y reçoivent
des soins de tous les !nstans la terre y est ri-
chôment fumée, irriguée, abritée des vents de
i mer, incessamment travaiUée et nettoyée tout
y vient en quelque sorte sous cloche, de sorte
que les résultats qu'on y obt'ent, fort précieux
au point de vue de l'acclimatation, prouvent
peu de chose pour lacuiture sur grande é-
chelte. L'hectare aux 45'). francs est un simp!e
objet de curiosité, qui s'est transformé en ëpou-
s vantail pour quelques éloquences plus ou moins
oléagineuses.
] Et puis, .la .France ne tire-t-eDe pasannùel-
lement de l'étranger de trente à trente-cinq
s millions de~kilogrammes d'huiles comestibles,
r sans compter les, graines grasses triturées pour
les besoins de l'industrie ? L'Algérie a donc de
e la marge avant de paraître sur nos marchés;
r- elle-même achële de l'huile à l'Espagne, pour
un chiffre assez gros. Que'craignez-vous donc?
Plût à Dieu qu'elle fut, dès demain, en mesure
à de nous fournir nos trente-cinq millions de ki-
qui aient pu figurer au conseil d'Etat, à la re-
traite de Moscou, dans la diplomatie, dans la
littérature, je né trouve qu'un seul nom au
passé qui ait pu remplir ces quatre conditions,
et laisser à toute force une réputation inférieu-
re au' talent., Ce nom est lui-même le nom
d'un autre nom; ce nom est Sthendal. Sthen-
dal, l'auteur de Rouge e~ ?)!< de la CAar-
~eMM FarMe, de JRowe e~ jP7orenM, et que
sais-je encore? Mats Sthendal .est le talent,.
Beyie est la réalité. H. B. est donc Henri Beyte,;
successivement auditeur, commissaire, client
de M. Daru, consul en Italie. L'initiale de )a
brochure se trouve complètement justiHee.
Après avoir recréé avec des bribes un 'nom
de toutes pièces, par la méthode de Cuvier, je
crois pouvoir ajouter,'pour satisfaire la curio-
sité du lecteur, que le premier payen qui se
brûla la cervelle était Sàutelet, et que legrand
philosophe, son maître, qui n'osa ceremonier
sur sa tombe, et~it M. Cousin.
Mais'pourquoi venir en ce moment, a pas
de loup, dans la nuit profonde de l'anonyme,
évoquer l'ombre du romancier de RoM~c e<
JYbM', pour la faire parler discrètement des
limbes de la mort, a un petit comité de vingt-
cinq intimes? Le Mographe nous l'a dit d'a-
vance parce qu'un départ, une mort doiveai
se célébrer avec une certaine cérémonie et
qu'il y a H quelque chose de solennei. Mais
comme le sôicnnfl peut être quelquefois dan-
gereux dans la bouche, des payons, je prie les
dames honnêtes, c'est~a dire toutes mes lec-
trices, de ne plus contmuer la lecture de ce
iogrammes d'huite romestible
La cire nationale a également dit son mot.
Mais elieaéte battue comme tes graines oléa-
gineuses, qui sont maintenues 'sur le tableau
des produits admis en franchise.
L'Assemblée a cntend.'j, pour le projet MM.
de Lamoriciero, Daru~ Dufaure et Ch. Dupia ç
-contre MM. Lovavasseur) Haudot et d'Havrin~
court. FRÉDÉRIC LACROIX.'
FRÉnËMC !jACRO!X.
M. Godelle a dépose aujourd'hui le rapport
de la commission chargée d'examiner la pro-
position de MM. Dmougerais, Nettement et de
Laboulie, ayant pour objet de n'autoriser tes
poursuites'contre le gérant d'un journal que
dans les cas suivans:
alo Si l'article n'est pas signé;
B 2" Si )a signature mise au bas de l'article a été
déclarée fausse par les tribunaux;
)) 3o Si je gérant a reproduit un article publie
dans un autre journal. (Dans ce dernier cas, la
peine ne pourrait être que pécuniaire.) a
Ce rapport conclut au rejet de la proposition.
H se fonde principalement sur ce que ]e gérant
d'un journal, remplissant les conditions de la
toî du 18 juiHet 1828, est un garant sérieux, et
consequemment l'auteur, le co-auteur, ]e com-
plice des crimes et detUs commis par lejournat.
M.GodeHodit:
ment et de Laboulie, là société serait moins sû-
rement protégée qu'elle ne l'était avant' que la si-
gnature des auteurs et rédacteurs n'ait été rendue
obligatoire. La justice du pays, au lieu d'atteindre
le journal dans son représentant sérieux et inté-
ressé, n'aurait devant elle qu'un écrivain inconnu,
n'ayant rien à craindre ni sous le rapport moral,
ni sous le rapport matériel, et cherchant peut-
être & se bâtir sur le scandale une. réputation. Et
a qui s'en prendrait-elle lorsque l'article incriminé
aurait pour signataire un étranger, ou un de ces
hommes qui sont.a))ês chercher hors de France un
asyle contre la loi de leur patrie ? R
)) D'un autre côté, les lois sur la presse, comme
nos autres lois pénales, punissent plus sévère-
ment la récidive qu'un premier crime ou qu'un
premier délit. Si le journal n'était plus mis en
cause dans ta personne de son gérant, il ne serait
plus l'objet des condamnations prononcées, et n'en-
courrait jamais les peines de ia récidive. ))
La commission repousse également l'article
qui demande que la reproduction'ne donne
lieu qu'à une peine pécuniaire.
« Tel article inséré dans un journal obscur, sans
autorité, n'ayant qu'un petit nombre de lecteurs,
qui n'aurait exercé aucune influence ou qu'uuo
action insensible, peut causer un mal immense
quand il est reproduit dans un de ces journaux
qui ont acquis une grande puissance sur les es-
prits et qui se répandent par milliers d'exemptai-
res. Pourtant Ie.princ.ipal auteur de la publicité et
des perturbations qu'eue aurait produites, en serait
quitte pour un peu d'argent Cette considération
doit seule suffire pour vous déterminer a conserver
intacte la responsabilité du. gérant qut reproduit
dans son journal un article déjà publié par un
autre.))
L'article 3 de !a proposition demandait que
)es tribunaux pussent appliquer aux contraven-
tions en matière de presse, l'article 483 du Co-
de pëna), qui étend aux simples contraven-
tions de police le béneuce des circonstances
atténuantes..
La commission conclut encore au rejet de
cette disposition elle repousse donc, dans son
ensemble, la proposition de MM. Dufougerais,
Nettement et de Labouiie.
OnIitdansI'ceKeme~:
« Aujourd'hui, A~iais'.a interjeté appel du juge-
ment qui t'a condamné à un an de prison, comme
coupable de dénonciation calomnieuse. La decia-
ratibndecet appe~recae ce soir par le grefner
de la Conciergerie, sera transmise ]undi au par-
quet de M. !e procureur de la Rëpubiique.
D Le dernier mot de la justice n'est donc pas en-
core dit sur cette affaire, qui a déjà produit tant
de rev~at~ons piquantes.
') Le bureau de rAssemNee, qui se reunira de-
main pour délibérer sur le commissariat spécial
Ht sur la position de M. Yon, aura donc pris. une
décision avant que le procès soumis à la cour ait
reçu une solution définitive..Es e/KMc jfu~ef. au
point de vue politique, précédera !? e/MM ?'M
au point de vue judiciaire. H
fouiUeton.
Maintenant que les dames sont sorties je
puis y.ousdire, dans !e creux de 1'oreiHe, qun
cette brochure, écrite avec amour et imprimée;
ayec luxe, qui circule à cette heure même,
conudentietlement et subrepticement dans les
salons du faubourg Saint-Germain, contient
les plus incroyables débauches d'esprit que le
scepticisme entre deux vins ait jamais aven-
turées dans les ruelies, à travers tes pétards
des bouteil!cs de Champagne. Vous allez en
juger.
« B. dit, l'auteur (iisez Bey!e),' n'avait
)) aucune idée retigieuse, ou s'il en avait, il
x apportait un sentiment do cotëre et de ran-
» cune contre la Providence M qui e~cM~e
)) 2)~M, disait-il, e'M~ que Dieu K''c.r: » Une fois chez -M""=P. (j'imagine que
» c'est M" Pasta) il nous fit la théorie cosmo-
)) gonique suivante
« Dieu était un mécanicien très habile. I'
» travaillait nuit et jour à son affaire, parlant
? peu et inventant sans cesse, tantôt un soie!
)) tantôt une comète. On lui disait « Mais
)) écrivez donc vos inventions t H ne faut pas
)) que cela se perde.– Non; rcpondau-ii, rien
» n'est encore'au point oùje veux. Laissez 'moi
por~ctionher ines découvertes et ators. ? »
» Un beau jour, ilmouruts'jbitomont. Oncou.-
N rut chercher son 6is unique qui étudiait a.ux
» jésuites. C'était un garçon doux et studieux,
» qui ne savait pas ceux mots de mécanique. M.
Nous nous rappelons tous. l'explosion de co-
Y.
v v
v v v v
\w\~ \w\ ` y w ` voos \\oWw\ s
Pari$: Dimanche,
Toutes les demandes et rMamations re)atives aa service doivent être adressées, a/t-anc/nes
AM.ROUY~,ADM)N)STRATEU)tDI!LAPRESSE,r)
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–A. PEYX\T;–A [.AUVRtY;–?. LtMAYHAr.A.DCMOKT;–C~LERY; –HAVAM–AK. LBMY,–
A4.BU~NAL;-A.~DETOULGORTj-J.-P.H:DERT..
"arlietes~vt~ui n'ont pas 6t6 insères sont brMés et ne sont pas rendus.
QU~XtEMËA~iMKE.
ON S'ABOME:RM M()mïARTRE,~i3i,
PMX: CN AN, 40 FH~CS: SIX MOIS, ~FRANCS: TROtSMO!S,t% FRANCS.
JPo/-< ett ~xs pf)Mr !
Paris, 28 décembre.
tM 18 BMJMÂME PARLES RECOM g
Il y a une espèce de i8 brumaire que nous p
avions oub'iée~dahsi'énumération que nous en p
avons faite dernièrement. Le ~fotM<~ s'est e
chargé de nous la révéler dans son numéro de ti
ce matin. M. Rouher s'est chargé do la glori- t.
~ier dans laseance d'aujourd'hui. I! ne s'agit
Mi d'unis brumaire par l'armée, ni d'un 18 ).
brumaire par le p<*upte, ni d'un 18 brumaire s
~r la majorité parlementaire ou par là majo- d
rité électorale. Il s'agit tout simplement d'un g
18 brumaire par les Recors! 1 d
Un des vétérans de la vieille opposition par- a
lementaire, un homme qui a eu l'honneur de y
lutter dignement d'égal à égal avec Casimir d
Périer, M; Mauguin, membre de l'Assemblée le- o
gislative,a vu. son domicile forcé et envahi par B
des gardes du commerce qui, en vertu d'un ju- t
gcmeat dont ils étaient porteurs, venaient exer- t
cer contre lui la, contrainte par corps. M. Mau- s
guin a invoque l'inviôtabihté parlementaire d
qui le couvre. Mais les leçons et les exemples s
du pouvoir portent leurs fruits. Los Gardes du d
commerce .se sont moqués des droits dé là sou- t
veraineté, et ils se sont emparé d'un représen- c
tant du peuple et d'un législateur comme de r
tout autre. M. Mauguin a demandé alors à
comparaître devant M. )e président du tribunal (
civil, qui pensé comme'Ies Recors, et qui a c
rendu immédiatement un délibéré par lequel 1
l'arrestation a été déclarée parfaitement rëgu- f
lièro et légale..Il ne restait plus qu'a conduire f
là souveraineté du peuple a Clichy dans la por- ¡
sonne d~in de ses délégués. C'est aussi ce qui j
a eu lieu..
L'Assemblée nationale s'est émue de ce scan-
dale, disons mieux, de cet attentat. Sans doute n
elle a reconnu dans cet acte d'usurpation fia-
grante contre sa souveraineté la main qui ne
manque pas une occasion de l'amoindrir ou
de l'avilir. Combien
a souvent refusé de Ips ouvrir, et nous l'en ho-
norons. H n~y a pas de petit procureur sur son
siège qui ne se croie en droit de la décimer, de
la menacer ou de l'outrager. N'essayait-on
pas, il y a quelques jours, de la mêler au pro-
cès Allais? D'un peu plus, elle aurait été tra-
duite à la barre correctionnelle en attendant
on l'envoie à la prison pour dettes 1
L'histoire d'Angleterre nous fournit un sou-
venir qui contraste étrangement avec le fait
qui vient de se produire en Franfe. Un grand
orateur de ce pays était aussi sous le coup de
.la contrainte par corps. Ses créanciers le res-
pectèrent pendant sa vie. Ils savaient qu'ils ne e
pouvaient toucher à sa personne sans commet-
tre un attentat dont les conséquences seraient
retombées sur eux. Que nrent-iis ? Us épièrent
i'agome de leur débiteur. Ils attendirent le mo-
ment où le convoi sortait de la maison mor
tuaire. Mais les rec.ors ne saisirent qu'un cada-
vre La majesté de la mort fut outragée. La ma-
jesté de la souveraineté fut respectée.
Cette usurpation dont aucun pays ni aucune
époque dans nos annales parlementaires-n'a-
valent donné l'exemple, la honte en était ré
servée à notr~ temps. Oui, il nous était réservé
de voir un ministre de la justice disputer ce
qu'il y a de plus incontestable dans le droit, de
plus sacré dans la Constitution, de plus invio-
lable dans la liberté, c'est-à-dire l'indépendan-
ce, la dignité, l'honneur du législateur. M.
Mauguin a été arrêté par des Recors dans son
domicile, et M. Rouhcr est venu devant l'As-
semblée, avec la clé de Clichy dans la mam,
pour défendre l'acte des Recors et pour se met-
tre en travers de la porte, afin que la majesté
parlementaire ne pût échapper à la honte de
l'ëcrou et à la garde du geôlier
Heureusement l'Assemblée nationale a com-
pris son devoir dans cettequestion quitpu-
-chaitde si près à ses prérogatives constitu-
tionnelles et.à son indépendance. A la voix de
N. de La Rochejaquelein, elle s'est'ener-
giquement redressée contre cette usurpa-
tion. Le droit était-d'ailleurs si positif et
si patent qu'une discussion ne devait
même pas paraître nécessaire. M. de La Ro-
chejaqueleins'est borné'à- le constater dans
FEm~TOK DE LA PRESSE
DU 29 DÉCEMBRE 1850.
M.
PAR
Cette brochure contient Ja biographie d'une
initiée racontée par un anonyme; el)e a été
imprimée à Paris et distribuée sous le man-
teau de )a cheminée. Je ne sais que'.Ie main
mystérieuse a glisse dans ma poche cette ë-'
nigme en'seiza pagossur papier vélin. Je n'ai
pu d'abord déchifïrer, à première lecture, !e
double incognito de l'initiale et de son biogra-
phe. Les noms propres sont partout Jaiss~s en
bianc pour derouti'r la curiosité. On dirait une
société secrète où .tous les personnages, sou-t
Tnasqués. La bvechure commèuce ainsi
<( H y a un passag'e d'Homère qai mo revient
? souven' en memoiro. Le spectre d'E'penor
? apparaît à U~y~se et lui demande les hon-
? nçurs funèbres ? Me ~«t.~e pa~ M'is e~f
)) p~Mr~ MK~ ~r~ eKferre.
des termes très vifs et très catégoriques, faisant M
remarquer avec toute raison, et sinon à la coh- p
fusion de notre pays, au moins à celle de notre 6
gouvernement, qu'en France seulement, unre- d
présentant, ineg-atemcnt arrête, était expose à à
passer, la nuit sous Ips verroux. La Constitution n
en main, il a logiquement conclu à une rëso- if
tution énergique qui pût-a voir pour résultat L
la mise en liberté immédiate de M. Ma~guHh 8<
Qu'avait répondre 'le ministère a l'interpe!- e
)ationdeM.-de La Rochcjaquetcin? Se taire q
sa~s doute. C'est évidemment co que comman- s
datent non seulement le respect de la di-
gnité de t'Assemblée mais encore la pru- s
denco la plus vulgaire. Il s'agissait d'un u
acte du pouvoir judiciaire. M.Rouherpou- p
vait laisser croire qu'it n'en était pas sou- t
daire. Il pouvait on décliner la responsabitité, r
ou tout au moins rester neutre dans ce débat. t
Mais il était écrit que le ministre de la catas- c
~-o~Ae justiSeraît ce titre d'une manière éc)a- d
tante. Quelle cafas~opAc, en effet, que cette
séance pour l'ancien avocat de Riom, travesti E
dans la simarre de L'Hôpital et de D'Agues- c
seau!' Jamais orateur ne confondi.t avec plus f
d'ignorance et plus d'imprudence tout à la fois c
tous les principes et tous les é)émens du droit t
constitutionnel. Jamais ministre ne perdit plus
malheureusement une cause plus honteuse.
Nous demandons pardon à M. de Salvandy.
C'est bien de lui, si nous ne nous trompons, f
qu'on disait qu'il était l'ombre de Château- i
briand au clair de !a lune. M. Rouher nous a
fait aujourd'hui l'effet de l'ombre de M. de i
Satvandy, toujours au clair do la lune. C'est
ainsi que nous descendons les degrés de la l
grandeur et du talent. Nous n'avons plus que
l'ombre de l'ombre. Et l'on veut que fe pou-
voir soit fort, qu'il soit respecté Et l'on veuf
que les révolutions du mépris, prédites par
M. de Lamartine au banquet de Maçon ne
viennent pas encore effrayer les. esprits de
leurs sinistres présages
M. Rouher a osé décorer sa théorie libertici-
de d'un principe libéral. C'est au nom de la
Constitution qu'il est venu justifier un-attentat
à la Constitution. C'est en invoquante grand
principe de la séparation des pouvoirs qu'il a
expliqué et approuvé l'acte par lequel le pou-
voir judiciaire a osé porter la main sur le pou-
voir législatif. Le dernier des avocats de Riom'
ne serait pas tombé dans une 'pareille confus
sion. Et c'est le chef de la justice qui pousse à
ce degré l'ignorance du droit ou l'effronterie
du sophisme! (
M. Rouher a. eu un scrupule, cependant.
non pour sa conviction, mais pour son porte-:
feuille. 11 a senti qu'itse noyait comme jur's-
consulte et comme orateur, et il a voulu sur-
nager au moins comme ministre.–Croyez
bien, messieurs, s'est-il écrié, que je ne fais pas
ici une question politique; ce qui en bon
français, se traduit par ces mots Croyez
bien, messieurs, que ~e veux garder, mon
portefeuille.–Une question politique en fût-i!
jamais de plus importante ? M. de Vatimesnil
l'a dit avec l'autorité d'une profonde convic-
tion K C'est la question do la'souveraineté de
!a nation. ? II s'agit de savoir si cette-souve-
raineté sera "respectée dans ceux qui )a repré-
sentent et qui l'exercent; s'il dépendra de la
? fantaisie d'une interprétation légale, ou de
terreur d'une décision judiciaire de la mena-
cer ou de ta confisquer; si le juge qui exécute
)a loi pourra mander et ordonner aux huis-
siers et -tux gendarmes de l'appréhender au
] corps, et aux geôliers des prisons de toutes
sorte de dresser son écrou. Ce~a étant, il n'y a
ptus, en effet, de souveraineté, comme l'a très
rigoureusement et très logiquement déduit M.
) de Vatimesnil; car, atteinte aujourd'hui dans
e !'un de ses membres, el)e pourrait l'être de-
main dans beaucoup d'autres, et alors elle
cesserait d'exister .par l'impossibilité même de
"se manifester. Ainsi s'accomplirait le 18 bru-
'maire par les Recors, 18 brumaire moins glo-
e rieux sans doute que celui tenté et exécuté par
Napoléon avec les 'grenadiers d'Egypte et
d'Italie.
i) L'argumentation de M. de VatimesnH était
it concluante. Le savant orateur aurait pu ce-
pendant la pousser encore plus loin. Il n'y avait
n qu'à creuser ce sujet pour y trouver la lumière.
? Aujourd'hui'l'enterrement ne manque à
)) personne,'grâce a'un'réglëment de police;
)) mais nous autres pa~eHs, nous avons aussi
)) des devoirs à remplir envers nos morts qui
N ne consistent pas seulement dans l'accom-
x plissement d'une ordonnance de voirie. J'ai
t) assiste a trois enterremens pa~e~ Celui
M de. qui s'était brûlé ta "cervelle. Son maî-
)) tre, grand philosophe.et ses amis eu-
a rent peur des honnêtes gens et n'osèrent
s parler; celui d~ it avait défendu les
< discours; celui dé B. enSp. Nous
)) nou=! y trouvâmes trois, et si mal préparés,
)) que nous ignorions ses dernières volontés.
? Chaque iois j'ai senti que nous avions man-
«"quë à quelque chose, sinon envers la mort,
M du moins envers nous-mêmes. Qu'un de
x nos amis meure,en voyage, nous aurons un
? vif regret do ne lui avoir pas dit adieu au
? moment du départ. Un départ,, une mort,
o doivent se célébrer avec nue certaine cérë-
j) menie, car il y a quelque chose de solennel.
oCë quelque chose, c'est ce que demande.
)) Etpénor ce n'est pas Feulement nn peu de
N terre qu'il réclame, c'est un souvenir. ')
Ainsi, cette brochure est Furaison funèbre
d'un payen, prononcée s. mots couverts parun
autre paypn. Mais quel est le nouvel EipénOf
fjiii demande'uH.souvaair à ses amis du fond
de soa tombeau? Le biographe garde ta-des-
SHstopius profond secret.- Il nou? dit Meû
qu'Etpénor faisait des; livrés à ses' mo.mcas
pardus, et, co qai est plus m'jrveitîeux, qu'ii
acceptait votontiersib~ critiques. Mais quois
M. de Vatimesnii pouvait répondre, par-exem-1 n
p!e, qu'en matière criminpDe, le représen- '1
fant condamné, perdant presque toujours ses
droits civils, lés électeurs étaient appelés
à le remplacer, et qu'ainsi la souveraineté
ne cessait pas d'être régulièrement représentée,
Mais en matière civile,il n'en est pas de même. g,
Le représentant condamné pour dettes conserva ,n
80R~mandat.Cen'estdonc pas l'homme qui `
est atteint dans sa personne. C'est le mandat fa
qui est frappé dans son inviolabilité et dans 1
son droit inattërable et absolu.
Mais cet argument n'était même pas nëces-
sairé pour avoir raison da M. Rouhèr. Encore
une fois, catastrophe ne fut jamais plus com-
pteto. Le pauvre ministre était sorti tout meur- o
tri des mains dé M. de Vatirnesnil il est venu a
compléter sa défaite en essayant de la venger.
H n'a réussi qu'à fournir à M. de Laboulie l'oc-
casion do lui donner une nouveHe leçon de
droit etde lui infliger âne dernière humiliation. >'
Il De restait plus qu'à voter. Battu et vaincu
en p)eine tribune, le ministère a essayé d'é-
chapper par ce petit trou de souris qu'on ap-
pelle le règlement. C'est au nom du règlement
qu'on est venu contester à l'Assemblée natio-
nale le droit de défendre la Constitution et de
se protéger contre les Recors.
Le règlement veut en effet, à ce qu'il paraît,
que .toute résolution de l'Assemblée subisse
préalablement l'examen desbureaux. Mais ii
ne faut qua de l'esprit pour échapper à ces for-
mes puériles qui ont !a prétention
(e démontrer en ajoutant trois mots à sa réso-
lution, qui est devenue ainsi un ordre du jour
motive.
Leministëro ne s'est pas encore .tenu pour
battu, et, par un dernier-effort, i!. s'est cram-
ponné a )a porte de la prison de M. Mauguin,
en demandant l'ajournement à lundi. L'ajour-
nement a été repoussé. Cette fois, Jes clés de
CHchy échappaient des mains de M. Rouher-
Enfin,-I'heure de l'épreuve, déuninve était
arrivée. Il n'y avait plus q~'à voter sur la pro-
position de M. de La Rochejaquetein ainsi con-
çue «L'Assemblée ORDONNE que M. Mauguin,
» représentant du peuple, dont l'inviolabilité
') ne peut être atteinte que par un décret, soit
a immédiatement mis en liberté. » Cet ordre,
rar c'en est un tfès impératif et très formel,
acte adopte par une immense majorité. Ce
n'est pas sans étdnnement que nous avons
vu MM. Dufaure,Passyetqùelq'=)es autres mem-
bres du tiers-parti voter avec le ministère.
ft sacriOer ainsi tes droits parlementaires et ia
Constitution, pour lesquels ils paraissent ce-
pendant professer tant de respect. Peut-être
aussiM.Dufaureet sfs collègues, chassés par
le Message du 3i octobre, ont-ils voulu se ven-
ger magnanimement en conduisant le convoi
funèbre de M. Rpuhert
Nous terminerons cet article par un simple
rapprochement ptus -saisissant que* tous tés
commentaires. Il y a moins de quinze jours, le
[ prince de Capoue est arrêté en vertu d'un
jugement qui prononçait contre lùilacontraintf
t par corps. Conduit devant M. de BpHeyme, l'ar-
restation est déclarée valaMe.Le ministre des af-
faires étrangères intervient alors, et, au norn
t descpnvenances diplomatiques, déchire ie dé)i-
bérê, biffe l'ëcrou et rend le Prince à la Hberté.
Aujourd'hui unreprésentant du peup!e est em-
prisonnë pour, le même motif. Le même M.
de BeMeyme traite !e législateur comme il a
t traité le frère.du roi de Naptes. Le ministre!
de ia justice intervient a )a tribune, non pour pro~
téger I'inviolabi)itë du mandat parlementaire,
mais pour la sacrifier et pour fermer à double
tour la porte de la prison.-
Après ce rapprochement, que le miniïtèrc
soit jugé par l'opinion, commeilaétë con-
damné aujourd'hui par l'Assemblée nationale! i
A.DEI.AGCERONNIÈRE.
Nous empruntons au Droite compte-rendu
des faits qui ont donne lieu à, i'incident-Mau-
gcunr .t.
« M. Choron est créancier de M. Mauguin d'ORe
somme de 1,093 fr. 50 c.; l'origine de cette créance
remonte à un jugement de condamnation pronon-
ce par le tribuna) de commerce, le 7 janvier 1845.
» Dans ces derniers temps, M. Chëron ajnuti'e-
ouvrages a-t-il écrits? Je n'en trouve à aucu-
ne page le titre, égaré par mêgarde. Cepen-
dant l'inittale, tournée en hero~ d'Homère, a–
vait du talent, s'il faut croire l'opinion très
compétente, assurément, de son ami.
«Je m'imagine, dit-il en unissant, que
» quelque critique du vingtième siècle décou-
w.vrira les livres de B. dans le fatras delà
M littérature du dix-neuvième, et qu'il leur
)) rendra la justice qu'ils n'ont pas trouvée
"'auprès des contemporains. C'est ainsi., que
') la réputation de Diderot a grandi au dix-
x neuvième. C'est ainsi que Shakspeare, ou-
)'. Mie du temps de Saint-Evremond, a été dé-
o couvert par Garrik. Il serait bien à désirer
). que lesJettres de B. fussent publiées un'
jour; elles feraient connaître et aimer un
)) homme dont l'esprit et les excellentes qua-
» lites ne vivent-plus que dans la mémoire
-s d'un petit nombre d'amis.
H. B. est donc un auteur incompns, qui at-
tend qu'un nouveau Garrick, eh train de MÎ-
ire pour ia circonstance, lui restitue dans cin-
quante ans tout l'arriéré de son génie. Cette
.première révélation nous aidera peut-être à
retrou ver le nom clandestin qui est resté au
bout de la plume du biographe. Le t~cat,
même méconnu, n'est pas teHero.ent prodigué
à la génération de nos aînés,' que nous ne
puissions, à la tonguc, avec un peu d~nspira-
tion, compléter l'initiale d'une immortalité en
expectative destinée à grandif pour cos ne-
veux.
Ctierchonsdonc t.ourageusenieut,peutôtr&
rneit cherche à se faire payer par son débiteur, et
il s'est enSn décidé à recourir au ministère de'MM.
tes gardes du commerce. Anssi, grâce au zèle de
l'und'éux.M.Maugum-s'est-ilvu. ce matin, ap-
-prehender au corps, et it attaitëtro écroué à la
maison de CHchy, lorsqu'il demanda à etrecon-i
duit en référé, prétendant que sa qualité de repré-
sentant du peuple ne permettait pas d'exercer con-
.,tre~ui)a)oi sur ]a. contrainte par corps, i
B M. te président, saisi du réfère, a renvoyé l'af-
faire & l'audience de lai" chambre, qui, après
quelques courtes observations de M° GUtAM, avo-
cat d& M. Cheron, et sur les conciusions conformes
de M. GOCGEl, substitut do M. !c procureur de la
pepuNiqùe, a rendu le jugement suivant
« Le tribunal,
B Attendu que, sous l'empire dos Constitutions
o' de 18U et de 1836, tes députes ne pouvaient être
a contraints par corps que dans les cas spéciate-
a ment détermines;
))~ue]a Constitution de')8<8 n'accorde aucune
a immunité aux rcpresëntans, pour ce qui concer-
o ne ta contrainte par corps en matière ciyite ou
e commerciale;
N Que les exceptions proposées en leur faveur à
)) ta loi du 17 avril 1832 n'ont pas été coRverties
a en toi, d'où il suit que les représentans restent
B aujourd'hui placés, à cet é~ard, dans les termes
)) du droit commun;
)) Ordonne qu'it sera passé outre à t'écrou, ce qui
sera ex~cuM par proYision, nonobstant appel et
esaQsypréjudicier.a
Ce soir, à sept heures et demie, l'un de MM.
)es questeurs, accompagné d'un huissier de FAs-
semblëe, s'est présenté à la prison pour dettes.
rue de Oichy, et, en vertu d'un ordre~dë )'As-
semMee, a somme le directeur de ]a prison de
mettre en liberté rhonoraNe M. Mauguin, re-
présentant du peupte. `
~t{.re directeur s'est empressé d'obtempérer
h l'ordre qui lui était transmis.
M.Mauguinestsortide la prison de CUchy
à huit heures moins un quart.'
RELATIONS COmmCtUES DE L'AMËRIE.
(2
La bâtai )le continue, et les intérêts particu-
iers n'abandonnent pas aisément )e terrain.
'oujpurs le même thème; varié suivant l'arti-
.1e eti discussion; Aujourd'hui cependant on a
troduit quelques argumens nouveaux. On a
tit;parexemp)e:
Prenez garde Si vous accordez à l'Algérie)
a franchise absolue pour ses produits, voici
renir trois autres colonies, qui réclameront ]e
nême bénéfice. Comment pourrez-vous leleur
'efuser?
H y avait à répondre la métropole peut
)arfaitément refuser à une de ses possessions
'e qu'elle accorde à une autre, suivant les con-
Mtions où Fune et l'autre sont ptacëes,suivant
tussi ses propres inter&ts. Est-ce que, par ha-
.ard, c'est au profit seul de l'Aigfrie que le
~rojpt en discussion a été é!aboré? Est-ce que
!a France n'est pas ia première intéreFsëe a ce
~c:8 sa province africaine arrive a un état de
prospérité etde calme productif qui )ui per-
mette de couvrir ses dépenses ? Est-ce que nous
entretenons le même nombre de troupes à )a
Guadeloupe ou à ia Réunion qu'en Afrjque'?
Et l'Algérie ne pèse-t-e)Ie pas d'un plus grand
poids que nos .possessions lointaines dans la
balance des intérêts potitiques, militaires, et
aussi au point de vue de t'ouvre Giviti.satrice?
C'est donc pour elle-même aussi bien que
pour l'AJgérie que la France décrétera l'assi-
milation économique et H pourrait fort bifin
.'e taire,–ce que nous ne voulons pas exami-
ner ici,–que ta question se présentât tout au-
trem'.mt à l'égard de ses colonie'i d'Amérique,
des Indes et de~l'Afrique occidentale.
L'Algérie h'est-etle point, d'aiUeurs, parta-
gée par ie-s arrêtés dos 9 et 16 décembre i848,
on t!epdonc aucune signification en matière écono-
mique 'Parce .que ta Corse, autre possession
maritime, à été, à titre de département, assi-
milée sous tous les rapports a la France, nos
colons des Antiliës sont-Hs admis arëctamer
lesmêmesprivilégës?
,Certes, nous n& prétendons pas, apn'ort,que
la France~dût trancher négativement la ques-
tion de .'liberté commercial, -si elle était sé-
rieusement soulevée par les AnttDës; le pro-
blème devrait être mûrement examiné, et, à
finirons-nous par trouver le spectre cache sous
une initiale.
Est-ce par hasard Ballanche ? Non, Baltan~
cheëtait:un austère chrétien qui est parti pour
!à gloire, accompagné d'une nuée'de discours.
Est-ce Barrère? Mais Barrère-n'a jamais ëtéj
qu'un dramaturge' en action qui ûrsait de la'
iittëràt'ire au jour le jour dans ie panier de ta
guillotine. Il n'a nullement besoin d'être une
seconde fois enterre. Est-ce mon pauvre dé-
funt ami Babmot, si. spirituel après boire, qu'il
aurai t~pu. donner la contagion de l'esprit à
tout le pays?, Mais mon pauvre ami Babinot
n'ajamais rédige que des ordonnances. Est-ce
enfin M* d'Artincourt, de romanesque mémoi-
re ? Mais H.'d'ArtincoEurt ne s'écrit pas par un
H, encore moins par un B. Il n'est B som au-
cun-~rapport. Il n'est pas assez-mor( d'ail!ouTs
pour Vouloir être pleure. Je ne le soupçonne
pas payen; il est simplement dev.ôt.
'Mais à &)rce.d'interroger la brochure dans
tous les sons, et de tourner vingt~ois-l'imtiale
sur ma langue, j'ai-.nai par découvrir çà et ta
à cette ligne, puis à cette autre', ligne, qu'Et-
pénor avait été auditeur au'conseil d'Etat,
commissaire aux armées, protégé de M. P,
sous l'Empire, et enûN diplomate soLfs Louis-
Philippe, avec une si mérveiHeuse u'hesse,
qù'ch écrivant a.u ministre il meitart ]e chif--
fre dans l'enveloppe de la lettre. chiS'rée; pour
éviter sans doute.a la police'étrangere lo souci
d'a))er chercher trop loin un Çhampoliion
pour l'explication des hiérogJyphes.
Eh bien I do tous les noms propres possibles,
notre avis bien des considérations particulières )<
devraient s'incliner devant le grand principe
de fa liberté; mais ce que nous prétendons, &
contrairement à plusieurs orateurs qui ont g
parlé dans la séance d'aujourd'hui, c'est que d
la loi algérienne n'implique pas le moins du
monde un engagement semblable de la part d
de la France envers ses possessions maritimes -€
quelconques. c
Mais c'est un acheminement vers le libre-
échange t –Et aussitôt les honorabips mem-
bres que ces deux mots horripilent, de s'effa-
roucher et de s'agiter douloureusement sur
leurs bancs. Calmez-vous, bonnes gens, c'est (
du libre-échange entre la France et une partie 1
do son territoire national, comme H y a libre-
échange entre le département du Finistère et l
celui des Vosges, comme il y a libre-échange i
entre Quimper et Carpentras; mais vous ou-
bliez que les pro~M!~ c~aM~r~ seront frappés
à leur entrée en Algérie, des mêmes droits (
qu'ils subissent à leur apparition dans les ports
do Franco ce n'est donc que l'assimilation de
l'Algérie à la métropole, au point de vue éco-
nomique or, comme la France vit sous le sys-
~èm& pt'o~cfeMf, il ne s'agit, en réalité, que
d'une extension de ce régime a nos départe-
mens d'Afrique. Ou voyez-vous là le fantôme
que vous appelez Mre-MAoK~e ?
M. d'Havrincourt s'est appuyé de l'opinion
du maréchal Bugeaud pour soutenir qu'on ne
devait pas permettre a l'Algérie de produire ce
<')Ho produit la métropole. -Nous sommes per-
suadé que si le maréchal Bugeaud vivait enco-
re, il serait d'un avis diamétralement opposé à
ce'ui qu'il formulait en ~8M, parce que les
conditions nouvelles où sé.trouvent à la fois la
colonie et la France lui auraient appris qu'il y
avait tout autre chose à faire que ce qu'il pro-
posait sous la pression de sespréoccupationsde
défense militaire et do régime exceptionnel.
On a, de guerre lasse, invoqué l'intérêt du
Trésor. Si vous supprimez les taxes qm
grèvent aujourd'hui tes produits algériens,
vous vous .privez d'un revenu considérable.
CoMM'~eraMe est le mot, car aussitôt M. Daru
apprend à l'Assemblée qu'il s'agjt d'un, pauvre
et honteux chiffre annuel de 55,000 francs t
C'était bien la'peine de se mettre en frais de
!ogique! t
Vous oubliez, d'ailleurs, que quand l'Algérie
sera cultivée et prospère, on y introduira l'im-
pôt sur les terres, qui, jusqu'à présent, n'y a
pas existé; et que les frais delaco~nie une
fois couverts, ce qui sera déjà une notable
économie pour la France, –.tout le surplus
viendra grossir les recettes du Trésor métro-
politain.
Aujourd'hui, les huiles nationales étaient
fort en cotère. Le sésame montrait le poing à
Alger, et l'arachide maugréait du haut de la
tribune. Comment, s'ëcriaient-ils, lutter contre
cette terre africaine, qui produit presque sans
i tabeur! –Et sans fumier'a a crié un avocat
du colza. Quand~un hectare, a la Pépinière
centrale d'Alger, a donné 450 francs de bénë-
t nce net, comment voulez-vous que l'agricul-
(ure française soutienne une si formidable
concurrence?
A la Pépinière, oui mais ailleurs Cet éta-
L blissement est un jardin d'acclimatation pour
tes végétaux étrangers; les cultures y reçoivent
des soins de tous les !nstans la terre y est ri-
chôment fumée, irriguée, abritée des vents de
i mer, incessamment travaiUée et nettoyée tout
y vient en quelque sorte sous cloche, de sorte
que les résultats qu'on y obt'ent, fort précieux
au point de vue de l'acclimatation, prouvent
peu de chose pour lacuiture sur grande é-
chelte. L'hectare aux 45'). francs est un simp!e
objet de curiosité, qui s'est transformé en ëpou-
s vantail pour quelques éloquences plus ou moins
oléagineuses.
] Et puis, .la .France ne tire-t-eDe pasannùel-
lement de l'étranger de trente à trente-cinq
s millions de~kilogrammes d'huiles comestibles,
r sans compter les, graines grasses triturées pour
les besoins de l'industrie ? L'Algérie a donc de
e la marge avant de paraître sur nos marchés;
r- elle-même achële de l'huile à l'Espagne, pour
un chiffre assez gros. Que'craignez-vous donc?
Plût à Dieu qu'elle fut, dès demain, en mesure
à de nous fournir nos trente-cinq millions de ki-
qui aient pu figurer au conseil d'Etat, à la re-
traite de Moscou, dans la diplomatie, dans la
littérature, je né trouve qu'un seul nom au
passé qui ait pu remplir ces quatre conditions,
et laisser à toute force une réputation inférieu-
re au' talent., Ce nom est lui-même le nom
d'un autre nom; ce nom est Sthendal. Sthen-
dal, l'auteur de Rouge e~ ?)!< de la CAar-
~eMM FarMe, de JRowe e~ jP7orenM, et que
sais-je encore? Mats Sthendal .est le talent,.
Beyie est la réalité. H. B. est donc Henri Beyte,;
successivement auditeur, commissaire, client
de M. Daru, consul en Italie. L'initiale de )a
brochure se trouve complètement justiHee.
Après avoir recréé avec des bribes un 'nom
de toutes pièces, par la méthode de Cuvier, je
crois pouvoir ajouter,'pour satisfaire la curio-
sité du lecteur, que le premier payen qui se
brûla la cervelle était Sàutelet, et que legrand
philosophe, son maître, qui n'osa ceremonier
sur sa tombe, et~it M. Cousin.
Mais'pourquoi venir en ce moment, a pas
de loup, dans la nuit profonde de l'anonyme,
évoquer l'ombre du romancier de RoM~c e<
JYbM', pour la faire parler discrètement des
limbes de la mort, a un petit comité de vingt-
cinq intimes? Le Mographe nous l'a dit d'a-
vance parce qu'un départ, une mort doiveai
se célébrer avec une certaine cérémonie et
qu'il y a H quelque chose de solennei. Mais
comme le sôicnnfl peut être quelquefois dan-
gereux dans la bouche, des payons, je prie les
dames honnêtes, c'est~a dire toutes mes lec-
trices, de ne plus contmuer la lecture de ce
iogrammes d'huite romestible
La cire nationale a également dit son mot.
Mais elieaéte battue comme tes graines oléa-
gineuses, qui sont maintenues 'sur le tableau
des produits admis en franchise.
L'Assemblée a cntend.'j, pour le projet MM.
de Lamoriciero, Daru~ Dufaure et Ch. Dupia ç
-contre MM. Lovavasseur) Haudot et d'Havrin~
court. FRÉDÉRIC LACROIX.'
FRÉnËMC !jACRO!X.
M. Godelle a dépose aujourd'hui le rapport
de la commission chargée d'examiner la pro-
position de MM. Dmougerais, Nettement et de
Laboulie, ayant pour objet de n'autoriser tes
poursuites'contre le gérant d'un journal que
dans les cas suivans:
alo Si l'article n'est pas signé;
B 2" Si )a signature mise au bas de l'article a été
déclarée fausse par les tribunaux;
)) 3o Si je gérant a reproduit un article publie
dans un autre journal. (Dans ce dernier cas, la
peine ne pourrait être que pécuniaire.) a
Ce rapport conclut au rejet de la proposition.
H se fonde principalement sur ce que ]e gérant
d'un journal, remplissant les conditions de la
toî du 18 juiHet 1828, est un garant sérieux, et
consequemment l'auteur, le co-auteur, ]e com-
plice des crimes et detUs commis par lejournat.
M.GodeHodit:
rement protégée qu'elle ne l'était avant' que la si-
gnature des auteurs et rédacteurs n'ait été rendue
obligatoire. La justice du pays, au lieu d'atteindre
le journal dans son représentant sérieux et inté-
ressé, n'aurait devant elle qu'un écrivain inconnu,
n'ayant rien à craindre ni sous le rapport moral,
ni sous le rapport matériel, et cherchant peut-
être & se bâtir sur le scandale une. réputation. Et
a qui s'en prendrait-elle lorsque l'article incriminé
aurait pour signataire un étranger, ou un de ces
hommes qui sont.a))ês chercher hors de France un
asyle contre la loi de leur patrie ? R
)) D'un autre côté, les lois sur la presse, comme
nos autres lois pénales, punissent plus sévère-
ment la récidive qu'un premier crime ou qu'un
premier délit. Si le journal n'était plus mis en
cause dans ta personne de son gérant, il ne serait
plus l'objet des condamnations prononcées, et n'en-
courrait jamais les peines de ia récidive. ))
La commission repousse également l'article
qui demande que la reproduction'ne donne
lieu qu'à une peine pécuniaire.
« Tel article inséré dans un journal obscur, sans
autorité, n'ayant qu'un petit nombre de lecteurs,
qui n'aurait exercé aucune influence ou qu'uuo
action insensible, peut causer un mal immense
quand il est reproduit dans un de ces journaux
qui ont acquis une grande puissance sur les es-
prits et qui se répandent par milliers d'exemptai-
res. Pourtant Ie.princ.ipal auteur de la publicité et
des perturbations qu'eue aurait produites, en serait
quitte pour un peu d'argent Cette considération
doit seule suffire pour vous déterminer a conserver
intacte la responsabilité du. gérant qut reproduit
dans son journal un article déjà publié par un
autre.))
L'article 3 de !a proposition demandait que
)es tribunaux pussent appliquer aux contraven-
tions en matière de presse, l'article 483 du Co-
de pëna), qui étend aux simples contraven-
tions de police le béneuce des circonstances
atténuantes..
La commission conclut encore au rejet de
cette disposition elle repousse donc, dans son
ensemble, la proposition de MM. Dufougerais,
Nettement et de Labouiie.
OnIitdansI'ceKeme~:
« Aujourd'hui, A~iais'.a interjeté appel du juge-
ment qui t'a condamné à un an de prison, comme
coupable de dénonciation calomnieuse. La decia-
ratibndecet appe~recae ce soir par le grefner
de la Conciergerie, sera transmise ]undi au par-
quet de M. !e procureur de la Rëpubiique.
D Le dernier mot de la justice n'est donc pas en-
core dit sur cette affaire, qui a déjà produit tant
de rev~at~ons piquantes.
') Le bureau de rAssemNee, qui se reunira de-
main pour délibérer sur le commissariat spécial
Ht sur la position de M. Yon, aura donc pris. une
décision avant que le procès soumis à la cour ait
reçu une solution définitive..Es e/KMc jfu~ef. au
point de vue politique, précédera !? e/MM ?'M
au point de vue judiciaire. H
fouiUeton.
Maintenant que les dames sont sorties je
puis y.ousdire, dans !e creux de 1'oreiHe, qun
cette brochure, écrite avec amour et imprimée;
ayec luxe, qui circule à cette heure même,
conudentietlement et subrepticement dans les
salons du faubourg Saint-Germain, contient
les plus incroyables débauches d'esprit que le
scepticisme entre deux vins ait jamais aven-
turées dans les ruelies, à travers tes pétards
des bouteil!cs de Champagne. Vous allez en
juger.
« B. dit, l'auteur (iisez Bey!e),' n'avait
)) aucune idée retigieuse, ou s'il en avait, il
x apportait un sentiment do cotëre et de ran-
» cune contre la Providence M qui e~cM~e
)) 2)~M, disait-il, e'M~ que Dieu K''c.r:
» c'est M" Pasta) il nous fit la théorie cosmo-
)) gonique suivante
« Dieu était un mécanicien très habile. I'
» travaillait nuit et jour à son affaire, parlant
? peu et inventant sans cesse, tantôt un soie!
)) tantôt une comète. On lui disait « Mais
)) écrivez donc vos inventions t H ne faut pas
)) que cela se perde.– Non; rcpondau-ii, rien
» n'est encore'au point oùje veux. Laissez 'moi
por~ctionher ines découvertes et ators. ? »
» Un beau jour, ilmouruts'jbitomont. Oncou.-
N rut chercher son 6is unique qui étudiait a.ux
» jésuites. C'était un garçon doux et studieux,
» qui ne savait pas ceux mots de mécanique. M.
Nous nous rappelons tous. l'explosion de co-
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