Titre : Paris-midi : seul journal quotidien paraissant à midi / dir. Maurice de Waleffe
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1932-05-05
Contributeur : De Waleffe, Maurice (1874-1946). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32832672n
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 05 mai 1932 05 mai 1932
Description : 1932/05/05 (A22,N2225). 1932/05/05 (A22,N2225).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4729430b
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-229
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 31/12/2017
LA VIE A PARIS
D'écho en écho...
Un record
Mèn'e'',- à l'ooca&ion des élections,
on peut battra (l'es records de vitesse.
C'est ainsi que M. Charles Le Fraper
décida de se' présenter à la Guyane,
alors [que la campagne électorale
était déjà •engàgée ::dep(ils, plusieurs
jours. Or, il faut vingt et un jours
en bateau pour^tra^ersep^i'Atlanti-
que. $ f ' .'.'I:
Mais,,par un heureux, concours de
circonstances, M. Le Fraper put pro-
fiter d-un" départ ''du « Ciraf-Zeppe-
lin » - dé FriedrÍchshafcp, po.ur re-
joindra avio.ir'CJ:.1;li lui permit flnay
lementl'fle rejOà,ndrë; Cayenne en six
jours, v f*
Ce qui constitue un record !
Rien de commun
Quelqu un qui n'est pas content à
Narbonne, c'e&t M. Achille Sèbe, dont
l'homonyme se présentait aux élec-
tions législatives contre M. Léon
Blurn.
■ . M. Sèbe est architecte : il avait
autorisé le parti S. F. I. 0. à annon-
cer qu'il ne se présentait pas, ce à
quoi le candidat Sèbe avait répliqué
en disant que lui, Achille Sèb'e,
n'avait rien de commun avec l'Achil-
le Sèbe qui n'était pas candidat.
— Rien de commun ? disait celui-
ci parmi les tables tumultueuses des
cafés. Vous l'avez vue, vous, cette
affiche ? Rien de commun ? Et moi,
est-ce que j'ai quelque chose de
commun avec lui ? Je n'ai jamais
été condamné, moi ! Et je n'aurais
jamais employé ces mots-là 1 J'ai
dit que j'e ne me présentais pas, un
point, c'est tout ! Rien de commun ?
Et tous ces gens qui viennent chez
moi avec des bouteilles vides pour
les faire emplir de vin ? Il leur a
promis du vin, le malheureux ! Ah !
vous allez voir comment je vais les
recevoir ! >
Et, cela dit avec l'accent de Raimu,
était, ma foi, très drôle...
Une nuance
Devant la 13" chambre correction-
nelle comparaissait, hier, une mar-
chande de quatre saisons, accusée de
vol au préjudice d'un grand magasin.
Fait banal.
— Vous n'avez pas seulement dé-
robé un coupon d'étoffe, remarque le
président, vous avez volé également
le sac d'une cliente. C'est plus grave 1
— Elle croyait que le sac apparte-
nait au magasin L explique le dé-
fenseur, un jeune avocat stagiaire.
i <'.f'
Esprit électoral
Dans les colonnes de notre con-
frère, Le Journal du Département de
l'Indrfy, ,let. 'l'avouer, ça n'est pas très
fort, cet esprit, mais en ces temps
critiques, il se faut contenter de
pen ^ '. r:.. ■
... Pour Issoudun
A la tienne Etienne, disait le càn-
didat.-qui avait le mal- Aurin, Je souf-
fre beaucoup, tellement que Chassei-
gne. Pour me guérir, tu iras me cher-
cher un gros Sicard et une bonne
bouteille. Héliès derrière la porte de
la cave, tu la Roverra bientôt vide.
9 u me présenteras Lanotte, car il se
fait Darnault amis veulent aller se
coucher.
Estimons-nous heureux qu'il y ait
encore des gens qui aiment la rigo-
- lade ; on en rencontre tellement de
moroses !
La « Samothrace » au
Moulin-Rouge
L'inauguration de l'exposition des
œuvres des artistes peintres, sculp-
teurs et dessinateurs, mutilés de la
guerre, appartenant au groupe « La
San'iothrace D, eut lieu hier matin.
M. J'aul Léon, directeur des Beaux-
Arts, vin.t inaugurer, dans le hall du
Moulin-Rouge, cette belle manifes-
tation des artistes qui vécurent la
guerre, et qui, de ce fait, ont pu l'in-
terprét&r fidèlement.
Le c: directeur » s'intéressa à tou-
tes ces reproductions picturales con-
çues en faveur de la paix, puisqu'el-
les ravivaient en nous des souvenirs
douloureux.
On saurait difficilement créer une
plus juste ambiance au beau film
< Les Croix de Bois » qu'en montrant
au public ces visions tragiques de
1914-1918.
Il convient de remercier la maison
Pathé-Natan d'avoir permis aux ar-
tistes, victimes de la guerre d'exposer
leurs œuvres pour la paix.
Paul Bourget en Italie
Paul Bourget a fait son premier
voyage en Italie, en Sicile, il y a
cinquante-huit ans, en 1874 ! Et son
dernier livre « Le Diamant de la
Reine » se passe à Venise. Il a écrit
quatre romans et treize nouvelles
dont l'action se déroule en Italie.
C'est ce panorama littéraire fran-
co-italien que notre excellent con-
frère Gérard Bauer évoquera, de-
main, au Cercle interallié, en es-
sayant de montrer, ce qu'était l'Italie
en 1890, au temps de « Cosmopolis ».
M. Manzoni, l'ambassadeur d'Italie,
assistera à cette intéressante mani-
festation.
Les lauriers du Palatin
Le prix de la Latinité, de dix mille
francs, destinée à faire connaître en
France les nouveaux écrivains espa-
gnols, portugais, italiens et roumains,
sera attribué jeudi à 4 h. 30, au cours
de la fète brillante pour l'anniver-
saire de la fondation de Rome, que
l'Academia Latinitatis Excolendoe
célèbre à la Maison de la Mutualité,
24, rue Saint-Victor, près de la Sor-
bon,ne.
Le jury de douze écrivains que
présidait M. de Waleffe, secrétaire
général de la Presse Latine, couron-
na, en 1931, un roman italien de M.
Stacchini, traduit par M. Max Dai-
reaux. Les quatre langues-sœurs se
remettent en ligne, cette année, avec
des auteurs de valeur, trop peu con-
nus en France.
Une apothéose originale termine,
on le sait, cette cérémonie : une
branche de lauriers fraîchement
cueillie sur le mont Palatin et en-
voyée par le gouverneur de Rome,
est solennellement posée sur le front
du meilleur humaniste français. L'an
î dernier, ce fut M. P. de Nolhac.
L'Equinoxe
A deux pas des boulevards et de
la Madeleine, au coin des rues Godot-
de-Mauroy et de Sèze, l'Equi,noxe
ouvrira ses portes le vendredi 6 mai.
Dans un cadre sobre et élégant, l'on
vous servira à toute heure et jusqu'à
deux heures du matin les « spécia-
lités. » que vous désirerez. Le bar de
l'Equ,inoxe et son salon de thé seront
le rendez-vous des hommes d'affaires
et du Tout-Paris élégant.
De 4 h. 30 à 6' h. 30 et de 8 h. 30
à minuit 30. Ter Abramof et son or-
chestre unique.
N'oubliez pas que :
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Louis XVI (Me H. Baudoin, M. Pape).
Vente vendredi.
Me H. Baudoin a réalisé de belles en-
chères avec des objets d'art de la col-
lection Rosenberg ; des opalines, can-
délabres et pendule ont fait 5.200 fr.,
et 6.800; un trépied Empire, bronze ci-
selé et doré a atteint 18.000 francs. '
«Trop tard, il vous faudra
attendre jusqu'en 1936!»
A minuit dans l'attente du dernier candidat
à la Préfecture de la Seine
Dix heures, hier soir. L'Hôtel de Ville
est désert; sa façade est noire ; seule,
à l'entresol, au-dessous du eabinet du
préfet de la Seine, une lumière brille.
Dans deux heures exactement, il sera
trop tard pour se faire inscrire sur la
liste des candidats aux élections légis-
latives ; les retardataires devront at-
tendre ' jusqu'en 1936 pour « remettre
ça », ou bien alors tenter leur chance
à une élection partielle.
— Bah ! me dis-je, en montant l'es-
calier d'honneur, je ne trouverai là-haut
qu'un fonctionnaire ensommeillé dont la
1 * A
faction sera toute platonique. Ce n'est
pas à la dernière minute qu'on se dé-
couvre une vocation pour la politique !
Aussi quelle n'est pas ma surprise en
franchissant le seuil de l'antichambre
du bureau des élections de trouver là
une dizaine de messieurs vêtus de ma-
nières très différentes : l'un, dont les
moustaches sont en crocs, porte un me-
lon, un pardessus à revers de soie et
ressemble tout à fait à un officier de ca-
valerie en retraite ; un autre, boudiné
dans un trench-coat, doit être repré-
sentant d'une maison d'articles de mé-
nage ; le troisième a le chef recouvert
d'une casquette à carreaux du meilleur
goût, un foulard vert lui tient lieu de
faux-col, de cravate et de plastron de
chemise, ses pieds sont chaussés de
« souliers cyclistes »; le quatrième est
bedonnant et réjoui, tandis que le cin-
quième, un grand maigre, n'a vraiment
pas l'air commode ; les autres sont à
l'avenant. Tous lisent, relisent plutôt, un
petit placard blanc qui rappelle « que
l'attention de MM. les candidats est tout
particulièrement appelée sur les disposi-
tions suivantes de la loi du 20 mars
1914... »
A tour de rôle, ces candidats de la
dernière heure pénètrent dans un bu-
reau, où trois fonctionnaires compulsent
fiévreusement $es registres et établis-
sent des listes.
— Tous les quatre ans, c'est la même
chose, s'exclame l'un d'eux. Lundi, trois
candidats seulement sont venus se faire
inscrire ; mardi neuf, mais tantôt une
dizaine et, ce soir, depuis neuf heures,
ils se succèdent sans interruption 1
... 11 h. 30. Plus que trente minutes.
— Il y en a encore huit qui viennent
d'arriver, annonce familièrement un
huissier.
Les trois fonctionnaires précités rient
doucement.
— Vous souvenez-vous de Lajarrige.
en 1928 ? dit celui qui prit déjà la pa-
role. Il arriva ici à minuit moins vingt,
venant de Nantes Hélas ! sa demande
d'inscription n'était pas légalisée par le
maire de son arrondissement. Lajarrige
bondit aussitôt à sa mairie et à minuit
moins une, il était de retour ici. Heureu-
sement qu'une commission siège excep-
tionnellement ce soir-là dans toutes les
maisons communes, mais c'était un joli
tour de force, hein !
...Le cinquante-troisième candidat
nouveau depuis le 2 mai vient de décli-
ner ses nom, qualité et étiquettes. C'est
M. Faure-Dère, républicain indépendant,
candidat dans la deuxième circonscrip-
tion du XI arrondissement.
— Il était temps, a-t-il dit en souf-
flant et en s'épongeant le front.
...Minuit moins cinq. Un quidam qui se
réclame du parti S. F. I. 0, est introduit.
— Ah ! mais, s'écrie un fonctionnaire,
votre déclaration de candidature n'est
pas légalisée. Où habitez-vous monsieur ?
— A Saint-Denis, répond l'interpellé,
anxieux.. ce n'est pas ici...
— Jamais vous n'aurez le temps de
revenir à la Préfecture avant l'expiration
du délai légal, déclare le fonctionnaire
aimable, mais ferme, lui tendant son pa-
pier inutile.
Désolé, le malheureux candidat en ins-
tance s'en va.
— En 1936... l'entehd-t-on murmurer
...Minuit moins une.
— Ce sont généralement des poivrots
ou des fantaisistes qui s'amènent à la
dernière minute, dit encore le premier
fonctionnaire.
— Allons, il ne nous restera plus qu'à
pointer demain matin les heures de dé-
part des déclarations envoyées par la
poste, annonce en bâillant l'un de ses
collègues.
...Minuit !... Aucun poivrot, aucun fan-
i taisiste n'est venu. —
Pierre Toulza.
Devant M. Paul Doumer nos jolies vedettes
vendront demain les livres que dédicaceront
nos plus grands romanciers
Connaissez-vous le square qui porte le
nom d'Henry-Paté, le sympathique élu
de Paris ? C'est là que demeure l'auteur
des Petites Alliées, président de l'impor-
tante association des Ecrivains anciens
combattants.
Dans le calme quartier d'Auteuil —
presque à la campagne — nous surpre-
nons chez lui M. Claude Farrère. Le
maître nous reçoit avec son amabilité et
sa simplicité coutumières. En pyjama, il
est à son bureau. Délaissant ses manus-
crits, il nous parle avec feu de l'œuvre
qu'il préside.
— Vous n'ignorez pas la détresse d'un
grand nombre d'écrivains qui firent la
guerre... beaucoup d'entre eux étaient
publicistes : ils ne furent pas repris par
leurs journaux ; d'autres ne possédaient
plus les ressources nécessaires pour « at-
tendre »... car les belles lettres ne nour-
rissent pas toujours immédiatement leur
homme... enfin, et c'est là le plus triste,
il y a les mutilés et les tuberculeux.
— C'est à leur profit que vendredi,
comme chaque année...
— Le vendredi 6 mai, aura lieu,
dans les salons de l'hôtel Salomon de
Rothschild, ,notre vente annuelle... Com-
me chaque année, le Président de la Ré-
publique viendra... ce sera pour nous la
première visite de M. Paul Doumer. Les
Ecrivains anciens combattants auront
des comptoirs, où ils vendront et dédica-
ceront leurs œuvres.
— La présence effective des auteurs
facilite toujours la vente de leurs ouvra-
ges... surtout auprès de la clientèle fé-
minine.
— ... Et pour séduire la clientèle mas-
culine, de ravissantes artistes de l'écran
et de la scène ont tenu à nous prêter
leur concours ; à chaque comptoir, plu-
sieurs d'entre elles assisteront nos ro-
manciers et nos poètes dans leur occa-
sionnel métier de marchands de livres.
-Un ronflement sonore me fait tressail-
lir : c'est le chat du maitre, qui dort
tranquillement sur la table, entre l'en-
crier et le tampon buvard.
— Cet apport artistique au domaine
littéraire donnera un cachet très. pari-
sien à cette belle manifestation de bien-
faisance.
— Ainsi, Paul Faure et Jeanne Sully
vendront ensemble ; Mlle Marcelle Ra-
gon assistera notre « prix » Goncourt
1932 : le brillant Jean Fayard ; Paulette
Pax offrira le dernier livre de Robert j
Boucard : Les Dessous de l'espionnage
allemand, et Mlle Mary Marquet fera
l'article auprès de M. Paul Géraldy; Mlle
Alice Tissot aidera de ses dons commer-
ciaux son auteur M. Albert Acremant ;
Paul Achard sera aidé par Mlle Jane
Renouardt ; Romain Coolus, par Suzan-
ne Bianchetti ; André Maurois aura la
séduisante Marcelle Chantai à ses côtés,
à son comptoir...
— Mais vous, maitre ? Vous ne parlez
pas de vous !
— Je vendrai, moi aussi.
— C'est la créatrice de La Bataille,
Mme Henriette Roggers qui vous secon-
dera...
— Oui, sourit le maître, ma femme'
« nous > apportera, elle aussi, son con-
cours comme Hania Routchine appor-
tera le sien à son mari Roland Dorgelès,
et Marguerite Valmont secondera Jean
Sarment.
La sonnerie du téléphone retentit,
— C'est Flore lle, la créatrice de Tu-
multes, la gracieuse et talentueuse ar-
tiste qui m'annonce que je peux compter
sur elle, nous déclare M. Claude Farrère
en raccrochant le récepteur.
Au cours de notre conversation, j'ap-
prends encore que Pautette Pax, Denyse
Molié, la bzillante pianiste, et Yvette
Andreyor seront parmi les vendeuses im-
provisées vendredi, ainsi que Romain
Coolus, aidé par Suzanne Bianchetti.
— Et comme autres vendeurs-auteurs ?
— Nous aurons Francis Carco, Paul
Chack, Colette et sa fille, Mlle Colette
de Jouvenel, la «Bel-Gazou » de ses li-
vres ; Maurice Bedel, Léon Frapié, José
Germain... et puis M. Edouard Herriot,
qui nous a toujours ^manifesté tant de
sympathie. sera des nôtres, à trois jours
du second tour. —
Jacques Brissac.
Les innovations
et les surprises
du XXIIe Salon
des Arts Décoratifs
...qui vient d'ouvrir ses portes
au Grand-Palais
Les artistes décorateurs qui viennent
el'ouvrir leur vingt-deuxième salon au-
ront eu le mérite cette année d'avoir bra-
vé la crise, et comme il arrive souvent en
période difficile, l'épreuve aura servi leur
ingéniosité. Dans l'ensemble pourtant,
l'invention aurait peut-être moins de
part que le goût très sûr de la plupart
des exposants. Mais tel qu'il se présente,
ce salon est cependant l'un de ceux qui
montrent le plus de sérieuses qualités
dans le choix des choses nouvelles
Le hall d'exposition de Djo-Bourgeois
et Paul Brandt, d'une harmonieuse con-
ception, présente deux originales sculp-
tures de Léon Leyritz, lequel a composé
par ailleurs avec des éléments d'avion
plusieurs meubles en métal. On y admi-
re aussi une crédence et une petite table
en qlace de Paul Brandt, une « salle de
fraîcheur » de Coquerel pavée de ciment
lait d'un nougat de cailloux et ornée
d'une fontaine en coquillages par Leyritz,
des luminaires de Francis Paul et de
Perzel, et le panneau décoratif de Pierre
Lardin à qui l'on doit le mât qui signale
aux passants sur les Champs-Elysées
l'entrée du Salon. Ce hall résumerait
déjà assez bien dans sa totalité l'esprit de
cette exposition, où le tissu d'ameuble-
ment est remis à l'honneur.
- On ne rénove pas d'une année à l'att-
tre heureusement un style décoratif. On
le perfectionne. La salle à manger que
présente Dominique est d'une distinction
où rien n'est à reprendre. On aimera le
charmant bureau de Kohlmann, le ren-
ctez-vous de pêche d'une si grandiose
conception de Ruhlmann, dont la répu-
tation est une fois de plus consacrée, la
chambre de dame en gris et vert de Jean
Pascaud, la salle à manger rustique de
Pierre Petit. On aimera moins la frise
peinte de M. M arret dans la grande salle
ronde.
Une des curiosités du Salon est la pré-
sentation par l'architecte Henry Favier
des sculptures dans une pièce claire et
spécialement aménagée par ses tentures
et sa lumière pour mettre la pierre et le
bronze en valeur.
L'architecte Michel Roux-Spitz expose
une maquette d'un établissement de pos-
te qui fait honneur à notre architecture
moderne.
Il faudrait citer par le menu encore
beaucoup de réalisations intéressantes,
tant dans le meuble que dans la dinan-
ri.prip. la reliure. l'orfèvrerie, le bijou, le
taPis; le tissu, le papier peint. —
Y. S.
Mlle Diane de Rothschild a épousé hier
M. A. Mulhstein, ministre plénipotentiaire
conseiller de l'ambassade de Pologne
Une imposante cérémonie au temple de la rue de la Victoire
Les autos innombrables, canalisées par
un important service d'ordre, se succè-
dent, presque les unes derrière les au-
tres, amenant au temple israélite de la
(Photo Paris-Midi).
Les jeunes mariés ]
à la, sortie de la synagogue
rue de la Victoire, l'assistance choisie !
des plus grandes solennités mondaines j
C'est en effet là que se célébrait hier]
le mariage de Mlle Diane de Rothschild, I
l'aînée des deux délicieuses filles du ba-
ron Robert de Rothschild et de la ba-
ronne, née Nelly Beer, qui épousait M. A.
Mulhstein, ministre plénipotentiaire/ •
conseiller de l'ambassade de Po'ogne,
commandeur de la Légion d'honneur..
Et les félicitations allaient chaleu-
reuses à cette charmante jeune fille,
dont l'esprit, le cœur, et l'intelligence en
font un être accompli. Des études ap-
profondies, dans toutes les branches de
la science et de l'art ont occupé les heu-
res de sa première jeunesse; la pratique
des sports avait aussi sa place, et le
golf a marqué souvent pour, elle le suc-
cès.
Le temple était brillamment illuminé.
Sous le dôme, occupant le centre de
l'édifice, les mariés étaient accompa-
gnés de leurs parents.
La beauté blonde de la baronne Ro-
bert, brille dans une toilette corail d'un
toquet de teinte assortie, une longue ' ..
plume dégradée s'enroule gracieusement
et tombe sur l'épaule.
Mme Grosclaude, pour un jour ayant
fait trêve à son deuil, entoure sa petite-
fille.
Les chants retentissent harmonieux
et nourris, le candélabre aux sept bran-
ches en argent massif domine l'horizon
de façon imposante. '
Les chœurs de la Maîtrise du Temple,
l'organe généreux de Charles Panzera.
alternent avec les paroles et les prières
du grand-rabbin Israël Levy, qui donna
la bénédiction nuptiale.
Le marié est revêtu du tales rituel ;
un bruit cristallin se fait entendre, c'est
Je verre que se brise, selon les rites de . ;
'a religion israélite, la cérémonie se ter- >
mine et le long défilé commence. Il sera
interminable. Qui reconnaître? Le Tout
Paris: Mme Berthelot, dont la toque in-
carnat attire le regard, Mme Martinez dé
Hoz, couronnée d'aigrettes blanches, qui
semblent prêtes à s'envoler, la comtesse
d'Hautpoul, née du Roys, chapeautée -
élégamment aussi de blanc, la marquise
de Mun et tant d'autres.
Mme de Chlapowska, femme de l'am-
bassadeur de Pologne, gracieuse à son
habitude, fait partie du cortège. -
Une réception a ensuite réuni avenue
I Marigny, tous les amis des mariés. — - -
Valmont.
AUJOURD'HUI
126' Jour de l'Année Ascension
Soleil: Lever, 4 h. 26 Coucher, 19 h. 9
EXPOSITIONS :
— Galerie J. Alexis, 40, rue Bonaparte:
Exposition de séries de peintures de Her-
mann-E.-Wagner : visions de Venise, Pa-
ris. etc.... jusqu'au 1:0 mal.
— Grand-Palais : Salons des Artistes
Français et de la Nationale.
— Salon des Humoristes, galerie de la
Renaissance, 11, rue Roya'le.
— Musée du Louvre : Réouverture des
salles de peinture moderne du 2* étage,
cour carrée.
— Musée de l'Orangerie, Tuileries : Ex-
position de l'art de Versailles.
— Musée de sculpture comparée du
Trc,c&déro : Nouvelles acquisitions.
— Manufacture Nationale des Tapisse-
ries. 14' saison : Beauvais.
— Pavillon de Marsan : Exposition ré-
trospective de faïence, de 1525 à 1820.
— Galerie d'art contemporain : Expo-
sition de la ' France Travaille ». par les
« Horizons de France ».
— Maison de France. avenue , des
Champs-Elysées : Exposition de Sèvres.
CONFERENCE :
A 21 heures : Ohez Aurel CI Pierre Pa-s-
cal dans Orphée », par A. Blanohart et
R. Patris.
CONCOURS :
A 14 heures : Courses à Longohanup.
FETE DE BIENFAISANCE :
A 13 heures : Mairie du YI- arrondiss. ; -
(place Saint-Sulpice) : Concours de bons ■
soins aux petits animaux (chiens, chats). : ~,
CHAMPIONNAT DE DANSES :
" A 14 heures : Grande Semaine de dan-
se (à Magic-City), organisée par le Syn- '
dicat national des professeurs de danse.
SPORTS :
A 13 h. 30 : Au Stade de Colombes :
Fêtes du cinquantenaire du Racdng-C. F.
Football.
A 14 heures : Au Parc des Princes :
Réunion cycliste.
Au Stade de Saint-Ouen : U. S. A.,
CItchy-U. S. A. Valenciennes
A 14 h. 30 : A Buffalo : Réunion inter-
nationale (moto sur cendrée). i
LA FLAMME DU SOUVENIR :
A 18 h. 30 : La Flamme sacrée sous
l'Arc de Triomphe sera ranimée par les
Poilus d'u 2e B. C. P., les anciens des 4*j
44, et 120e B.C.P., les A.C. du 42" B.C.P.,
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LES JOURNAUX
Jeudi 5 Mai 1932
Le discours
de M. Tardieu
' '■*
Le discours de M. Tardieu dénonçant
les manœuvres qui, à son sens, risquent
de dénaturer, dimanche prochain, la vo-
lonté de l'électeur français, est ce matin
discuté avec passion.
La presse de droite approuve sans ré-
serve, les appels du président du Conseil.
Quant aux radicaux et aux socialistes,
c'est avec une satisfaction ironique qu'ilà
, déclarent que rien ne changera le désir
. - de zd1 France de voter à gauche.
Pensée trahie
M. Tardieu a fait, peut-être sans s'en
douter, le plus éloquent réquisitoire que
l'on. puisse dresser contre le deuxième
tour de scrutin, dit le Matin :
Il a dénoncé avec une émouvante so-
lennité les dangers d'un cartel électoral
qui risque ensuite de se transformer en
Un cartel, parlementaire.
Certes, les leaders radicaux-socialistes
déclarent n'y pas songer et M. Herriot ne
' cesse de s'abriter derrière la formule de
W aldeck-Rousseau.
Mais à trop jouer avec le feu ne risque-
t-on pas de se brûler ?
L'appel que M. Tardieu a lancé au pays
Vient à. son heure. Il mérite d'être médité
par tous ceux qui réfléchissent. Diman-
che dernier, le pays a nettement voté
pour une large concentration républi-
caine. Il ne faudrait pas que le l,r juin
sa perusée fût trahie, car il n'a la parole
que tous les quatre ans.
Aux radicaux
Discours moins agressif qu'amer, note
ï'CEuvre :
» a»-.
Sanz doute, le président du Conseil en-
tegistre-t-il comme un succès personnel
l'arrivée au premier tour de 132 députés
de droite contre 118 de gauche. Mais il
tie , «UmtlttMile nullement l'inquiétude que
i
lui inspire le problème du ballottage.
Dans trois jours, déclare-t-il simplement,
on tranchera ce problème « ou pour la
France, ou contre la France ».
Un mot. ici, pour les socialistes, sur le
drapeau desquels s'inscrivent tant de
« faillites », et dont les électeurs ont « la 1
passion du suicide ». C'est surtout aux
radioaux que cette éloquence s'adresse.
Pas de droite
Maudite soit la règle qui impose aux
républicains de barrer la route aux can-
didats des droites. Pour M. Tardieu, il
n'y a pas de droite, ironise le Quoti-
dien : > .
Le président condamne les radicaux et
leur désistement mutuel avec les socia-
listes; il y voit envers sa personne et sa
majocité une sorte d'attentat.
Emporté par son ardeur belliqueuse,
notre premier ministre va peut-être plus
loin que son véritable but.
Il oublie que le 11, juin il faudra gou-
verner, mais avec une majorité qui ne
sera plus exactement celle d'hier.
Peut-il croire sérieusement qu'il retrou-
vera ses cinquante « turcos » de renfort.
dans la Chambre renouvelée et régénérée ?
Heure dramatique
Certes, M. André Tardieu a raison de
le dire : l'heure est dramatique ! estime
l'Echo de Paris :
Il s'agit en effet de savoir si,. au mo-
ment où le pays « a besoin du plein de
ses forces physiques et de l'unité de ses
forces morales en face des problèmes ex-
térieurs », les citoyens laisseront un par-
ti qui nie tous les principes républicains
de gouvernement prendre l'hypothèque
sur la législature prochaine, s'ils permet-
tront au parti radical-socialiste de re-
constituer ce Cartel qui conduisit le pays
au bord du gouffre ou s'ils ne briseront
pas ce Cartel.
Verdict
Tardieu s'était jeté à corps perdu dans
la bataille. Il avait provoqué le pays à
une sorte de plébiscite' : pour moi ou
1 contre moi, dit Léon Blum (Populaire) :
11 avait entassé les millions dans sa
caisse électorale privée. n avait monopo-
lisé à son service tous les moyens collec-
tifs de propagande. Il avait violé à son
profit le droit républicain, implicite ou
explicite. Il avait abusé de sa parole of-
ficielle pour exercer sur l'opinion le plus
abominable chantage. Il croyait assurer
ainsi la victoire, mais il se désignait en
cas de défaite. La défaite est venue ; il
est vaincu.
Toute élection générale est avant tout
le jugement de la législature qui vient
de s'accompJir. Elle est un verdict. Le
verdict de dimanche dernie-r, qui sera re-
doublé dimanche prochain, porte con-
damnation contre la dernière législature,
contre la fidèle majorité, contre son chef
et héraut.
Tristesse affreuse
Est-ce le moment de- porter au pouvoir
le parti qu'à l'étranger ceux qui ne nous
aiment pas préfèrent y voir. La position
du parti radical. allié aux révolutionnai-
res, conclut M. Tardieu, crée pour le pays
un péril redoutable, note Figaro.
... Quand on entend, quand on lit ce
discours si persuasif, on se reprend à l'es-
poir. Le Français comprendra, se dit-on
Il n'a pas le goût du suicide. La prédica-
tion des internationalistes n'a pas pu
faire encore de tels ravages. M. Tardieu,
qui repousse la monstrueuse confusion
cartel-liste et ceux qui la créent ou l'ac-
ceptent, a pris hier, dans son discours,
pour alliée et pour compagne la, vérité
Quelle tristesse affreuse, s'il n'était pas
entendu !
Pédale
M. André Tardieu est responsable de-
vant le pays. Mais le pays assume de plus
graves responsabilités encore lorsqu'il en-
gage l'avenir et lorsqu'il risque le patri-
moine des générations qui ont travaillé
et souffert pour faire la France, écrit E.
Lautier (Homme Libre) :
Nos. pères ont des droits sur nous, et
nos fils en ont également. Notre préten-
due souveraineté n'est qu'un dépôt si
nous avons un peu de conscience. Une
heure de passion, d'incompréhension,
d'intérêt ou de fantaisie ne devrait pas
compromettre ce gage.
Telle est, si je comprends bien, la haute
pensée que M. André Tardieu n'a pas
voulu exprimer trop crûment mais qu'une
oreille attentive discerne, car elle est
comme la pédale de son discours
Tout est perdu
Aujourd'hui, nous ne trouvons devant
! nous qu'un vague troupeau sans doctrine
«
et sans foi. Le « droitier », dans un vil-
laue, se vante d'avoir voté pour Briand
et, dans l'autre, se vante de l'avoir abat-
tu, écrit A. Bayet (République) :
H est ici nationaliste, là pacifiste. Tan-
tôt il salue dans l'école laïque « l'école
cie la nation n, tantôt il la dénonce com-
me une fabrique, d'apaches et de prosti-
tuées.
Allez discuter avec ces pauvres diables !
Leur programme ? Mais ils n'en ont
qu'un : ètre réélus, conserver leur « pla-
ce n. Et . sentant venir la défaite, ils
s'écrient comme &ganard!Le : « Mes ga-
ges ! Mes gages !... »
Lundi matin, la droite pourra dire :
« Tout est ptWu, surtout l'honneur ! »
Deuxième victoire
Quelles que soient les déformations in-
fligées à ma pensée, je ne changerai pas
ma doctrine, notre doctrine, dit E. Her-
riot (Ere Nouvelle) :
Elle se fonde sur la raison, sur le bon
sens. Elle ne peut manquer d'obtenir, di-
manche prochain, un nouveau triomphe
Nous n'avons, nous, fait entendre au-
cune menace ! N'ai-je pas spontanément
affirmé que, si j'avais été vaincu, je me
serais interdit tout acte dangereux pour
l'enseimible des intérêts du pays.
Notre deuxième victoire sera aussi pure
que la première. Citoyera français, de
nouveau partez en avant aon pour faire
triompher telle ou telle passion, tel ou
tel fanatisme, telle ou tel-le rancune, mais
pour la République, pour le pays, pour la
paix ! '
Majorité diminuée
Il est possible que M. Tardieu se trou.
ve, au lendemain du ballottage, avec une
majorité diminuée de quelques unités, dit
/'Ami du Peuple :
Mais tant qu'un chef de gouvernement
possède une majorité, si modeste soit-
elle, il ne doit pas jeter le manche après
la cognée.
M.' Tardieu n'est pas homme à se lais-
ser soit intimider, soit décourager. Il l'a
prouvé hier soir en remontant sur la
brèche et en lançant au pays une suprême
adjuration pour l'avertir des périls qui le
menacent s'il s'abandonne.
Jusqu'où ?
Jusqu'où le radicalisme suivra-t-il le
socialisme, ou plutôt jusqu'où pourra-t-il
refuser de le suivre ? demande le Temps:
Entre le socialisme et le radicalisme, les
-incompatibilités sont de tous ordres. L'en-
tente ne peut durer entre ces deux asso-
ciés que par la soumission de l'un à l'au-
tre, et il ne faudrait connaître ni l'hu-
meur, ni les Intentions, ni le tempéra-
ment des socialistes pour croire que ce
sont eux qui se soumettront.
Duperie
Si ce Cartel triomphait, quel serait le
lendemain ? demandent les Débats :
Le Cartel révolutionnaire n'aura pas la
majorité, c'est entendu. Mais il cherchera
parmi les opportunistes, les hésitants, les
démocrates populaires, des complicités et
un appoint indispensable. S'il le trouvait,
Il formerait un parti et un gouvernement
au-dessous du parti et du gouvernement
de 1924, incapables de faire face aux
grands problèmes extérieurs qui sont me-
naçants. Pour se consoler, les illusion-
nistes parlent encore de la concentration.
C'est une duperie. Quand les radicaux
disent qu'en cas de succès ils ne savent
pas ce qu'ils feront après le 8 mai. ils
disent peut-êtE® quelque chose d'exact.
Mais s'ils ne savent pas ce qu'ils feront,
Ils savent très bien œ qu'ils ne feront
pas. Ils ne se dégageront pas des socia-
listes.
Les chasseurs de fourrures
Jean Alloucherie conduit les lecteurs
de Paris-Soir au milieu de l'Alaska avec
les chasseurs de fourrures :
C'est avec les renards que le trappeur,
sans contredit, épreuve le plus de décep'
tions ; les )ynx, les loups eux-mêmes, mais-
gré leur Instinct, sont une proie facile à
côté d'un renard ; qu'il soit rouge, blanc
ou argenté. Ces petis fauves sont d'une
méfiance prodigieuse et éventent les piè-
ges les mieux préparés. Certains, d'une
adresse diabolique, réussissent à saisir la
viande en échappant à la trappe et, sans
profit pour le trappeur, s'en vont orever
dans leur terrier. En effet, la viande est
généralement empoisonnée dans le but de
hâter la mort de l'animal et de l'empêcher
d'abîmer sa fourrure en se débattant.
Le temps n'est plus où la prise d'un
renard argenté pouvait rapporter 50 dol-
lars, ce qui laissait encore un beau béné-
fice pour 13 Cqy:.pagn1e de traite. Le poste
de traite de Fort Simpson payait mainte-
nant de telles fourrures trente dollars aux
trappeurs blancs et. vingt dpilars aux trap-
peurs indiens. • 1
Le Liseur.
D'écho en écho...
Un record
Mèn'e'',- à l'ooca&ion des élections,
on peut battra (l'es records de vitesse.
C'est ainsi que M. Charles Le Fraper
décida de se' présenter à la Guyane,
alors [que la campagne électorale
était déjà •engàgée ::dep(ils, plusieurs
jours. Or, il faut vingt et un jours
en bateau pour^tra^ersep^i'Atlanti-
que. $ f ' .'.'I:
Mais,,par un heureux, concours de
circonstances, M. Le Fraper put pro-
fiter d-un" départ ''du « Ciraf-Zeppe-
lin » - dé FriedrÍchshafcp, po.ur re-
joindra avio.ir'CJ:.1;li lui permit flnay
lementl'fle rejOà,ndrë; Cayenne en six
jours, v f*
Ce qui constitue un record !
Rien de commun
Quelqu un qui n'est pas content à
Narbonne, c'e&t M. Achille Sèbe, dont
l'homonyme se présentait aux élec-
tions législatives contre M. Léon
Blurn.
■ . M. Sèbe est architecte : il avait
autorisé le parti S. F. I. 0. à annon-
cer qu'il ne se présentait pas, ce à
quoi le candidat Sèbe avait répliqué
en disant que lui, Achille Sèb'e,
n'avait rien de commun avec l'Achil-
le Sèbe qui n'était pas candidat.
— Rien de commun ? disait celui-
ci parmi les tables tumultueuses des
cafés. Vous l'avez vue, vous, cette
affiche ? Rien de commun ? Et moi,
est-ce que j'ai quelque chose de
commun avec lui ? Je n'ai jamais
été condamné, moi ! Et je n'aurais
jamais employé ces mots-là 1 J'ai
dit que j'e ne me présentais pas, un
point, c'est tout ! Rien de commun ?
Et tous ces gens qui viennent chez
moi avec des bouteilles vides pour
les faire emplir de vin ? Il leur a
promis du vin, le malheureux ! Ah !
vous allez voir comment je vais les
recevoir ! >
Et, cela dit avec l'accent de Raimu,
était, ma foi, très drôle...
Une nuance
Devant la 13" chambre correction-
nelle comparaissait, hier, une mar-
chande de quatre saisons, accusée de
vol au préjudice d'un grand magasin.
Fait banal.
— Vous n'avez pas seulement dé-
robé un coupon d'étoffe, remarque le
président, vous avez volé également
le sac d'une cliente. C'est plus grave 1
— Elle croyait que le sac apparte-
nait au magasin L explique le dé-
fenseur, un jeune avocat stagiaire.
i <'.f'
Esprit électoral
Dans les colonnes de notre con-
frère, Le Journal du Département de
l'Indrfy, ,
fort, cet esprit, mais en ces temps
critiques, il se faut contenter de
pen ^ '. r:.. ■
... Pour Issoudun
A la tienne Etienne, disait le càn-
didat.-qui avait le mal- Aurin, Je souf-
fre beaucoup, tellement que Chassei-
gne. Pour me guérir, tu iras me cher-
cher un gros Sicard et une bonne
bouteille. Héliès derrière la porte de
la cave, tu la Roverra bientôt vide.
9 u me présenteras Lanotte, car il se
fait Darnault amis veulent aller se
coucher.
Estimons-nous heureux qu'il y ait
encore des gens qui aiment la rigo-
- lade ; on en rencontre tellement de
moroses !
La « Samothrace » au
Moulin-Rouge
L'inauguration de l'exposition des
œuvres des artistes peintres, sculp-
teurs et dessinateurs, mutilés de la
guerre, appartenant au groupe « La
San'iothrace D, eut lieu hier matin.
M. J'aul Léon, directeur des Beaux-
Arts, vin.t inaugurer, dans le hall du
Moulin-Rouge, cette belle manifes-
tation des artistes qui vécurent la
guerre, et qui, de ce fait, ont pu l'in-
terprét&r fidèlement.
Le c: directeur » s'intéressa à tou-
tes ces reproductions picturales con-
çues en faveur de la paix, puisqu'el-
les ravivaient en nous des souvenirs
douloureux.
On saurait difficilement créer une
plus juste ambiance au beau film
< Les Croix de Bois » qu'en montrant
au public ces visions tragiques de
1914-1918.
Il convient de remercier la maison
Pathé-Natan d'avoir permis aux ar-
tistes, victimes de la guerre d'exposer
leurs œuvres pour la paix.
Paul Bourget en Italie
Paul Bourget a fait son premier
voyage en Italie, en Sicile, il y a
cinquante-huit ans, en 1874 ! Et son
dernier livre « Le Diamant de la
Reine » se passe à Venise. Il a écrit
quatre romans et treize nouvelles
dont l'action se déroule en Italie.
C'est ce panorama littéraire fran-
co-italien que notre excellent con-
frère Gérard Bauer évoquera, de-
main, au Cercle interallié, en es-
sayant de montrer, ce qu'était l'Italie
en 1890, au temps de « Cosmopolis ».
M. Manzoni, l'ambassadeur d'Italie,
assistera à cette intéressante mani-
festation.
Les lauriers du Palatin
Le prix de la Latinité, de dix mille
francs, destinée à faire connaître en
France les nouveaux écrivains espa-
gnols, portugais, italiens et roumains,
sera attribué jeudi à 4 h. 30, au cours
de la fète brillante pour l'anniver-
saire de la fondation de Rome, que
l'Academia Latinitatis Excolendoe
célèbre à la Maison de la Mutualité,
24, rue Saint-Victor, près de la Sor-
bon,ne.
Le jury de douze écrivains que
présidait M. de Waleffe, secrétaire
général de la Presse Latine, couron-
na, en 1931, un roman italien de M.
Stacchini, traduit par M. Max Dai-
reaux. Les quatre langues-sœurs se
remettent en ligne, cette année, avec
des auteurs de valeur, trop peu con-
nus en France.
Une apothéose originale termine,
on le sait, cette cérémonie : une
branche de lauriers fraîchement
cueillie sur le mont Palatin et en-
voyée par le gouverneur de Rome,
est solennellement posée sur le front
du meilleur humaniste français. L'an
î dernier, ce fut M. P. de Nolhac.
L'Equinoxe
A deux pas des boulevards et de
la Madeleine, au coin des rues Godot-
de-Mauroy et de Sèze, l'Equi,noxe
ouvrira ses portes le vendredi 6 mai.
Dans un cadre sobre et élégant, l'on
vous servira à toute heure et jusqu'à
deux heures du matin les « spécia-
lités. » que vous désirerez. Le bar de
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le rendez-vous des hommes d'affaires
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à minuit 30. Ter Abramof et son or-
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et 6.800; un trépied Empire, bronze ci-
selé et doré a atteint 18.000 francs. '
«Trop tard, il vous faudra
attendre jusqu'en 1936!»
A minuit dans l'attente du dernier candidat
à la Préfecture de la Seine
Dix heures, hier soir. L'Hôtel de Ville
est désert; sa façade est noire ; seule,
à l'entresol, au-dessous du eabinet du
préfet de la Seine, une lumière brille.
Dans deux heures exactement, il sera
trop tard pour se faire inscrire sur la
liste des candidats aux élections légis-
latives ; les retardataires devront at-
tendre ' jusqu'en 1936 pour « remettre
ça », ou bien alors tenter leur chance
à une élection partielle.
— Bah ! me dis-je, en montant l'es-
calier d'honneur, je ne trouverai là-haut
qu'un fonctionnaire ensommeillé dont la
1 * A
faction sera toute platonique. Ce n'est
pas à la dernière minute qu'on se dé-
couvre une vocation pour la politique !
Aussi quelle n'est pas ma surprise en
franchissant le seuil de l'antichambre
du bureau des élections de trouver là
une dizaine de messieurs vêtus de ma-
nières très différentes : l'un, dont les
moustaches sont en crocs, porte un me-
lon, un pardessus à revers de soie et
ressemble tout à fait à un officier de ca-
valerie en retraite ; un autre, boudiné
dans un trench-coat, doit être repré-
sentant d'une maison d'articles de mé-
nage ; le troisième a le chef recouvert
d'une casquette à carreaux du meilleur
goût, un foulard vert lui tient lieu de
faux-col, de cravate et de plastron de
chemise, ses pieds sont chaussés de
« souliers cyclistes »; le quatrième est
bedonnant et réjoui, tandis que le cin-
quième, un grand maigre, n'a vraiment
pas l'air commode ; les autres sont à
l'avenant. Tous lisent, relisent plutôt, un
petit placard blanc qui rappelle « que
l'attention de MM. les candidats est tout
particulièrement appelée sur les disposi-
tions suivantes de la loi du 20 mars
1914... »
A tour de rôle, ces candidats de la
dernière heure pénètrent dans un bu-
reau, où trois fonctionnaires compulsent
fiévreusement $es registres et établis-
sent des listes.
— Tous les quatre ans, c'est la même
chose, s'exclame l'un d'eux. Lundi, trois
candidats seulement sont venus se faire
inscrire ; mardi neuf, mais tantôt une
dizaine et, ce soir, depuis neuf heures,
ils se succèdent sans interruption 1
... 11 h. 30. Plus que trente minutes.
— Il y en a encore huit qui viennent
d'arriver, annonce familièrement un
huissier.
Les trois fonctionnaires précités rient
doucement.
— Vous souvenez-vous de Lajarrige.
en 1928 ? dit celui qui prit déjà la pa-
role. Il arriva ici à minuit moins vingt,
venant de Nantes Hélas ! sa demande
d'inscription n'était pas légalisée par le
maire de son arrondissement. Lajarrige
bondit aussitôt à sa mairie et à minuit
moins une, il était de retour ici. Heureu-
sement qu'une commission siège excep-
tionnellement ce soir-là dans toutes les
maisons communes, mais c'était un joli
tour de force, hein !
...Le cinquante-troisième candidat
nouveau depuis le 2 mai vient de décli-
ner ses nom, qualité et étiquettes. C'est
M. Faure-Dère, républicain indépendant,
candidat dans la deuxième circonscrip-
tion du XI arrondissement.
— Il était temps, a-t-il dit en souf-
flant et en s'épongeant le front.
...Minuit moins cinq. Un quidam qui se
réclame du parti S. F. I. 0, est introduit.
— Ah ! mais, s'écrie un fonctionnaire,
votre déclaration de candidature n'est
pas légalisée. Où habitez-vous monsieur ?
— A Saint-Denis, répond l'interpellé,
anxieux.. ce n'est pas ici...
— Jamais vous n'aurez le temps de
revenir à la Préfecture avant l'expiration
du délai légal, déclare le fonctionnaire
aimable, mais ferme, lui tendant son pa-
pier inutile.
Désolé, le malheureux candidat en ins-
tance s'en va.
— En 1936... l'entehd-t-on murmurer
...Minuit moins une.
— Ce sont généralement des poivrots
ou des fantaisistes qui s'amènent à la
dernière minute, dit encore le premier
fonctionnaire.
— Allons, il ne nous restera plus qu'à
pointer demain matin les heures de dé-
part des déclarations envoyées par la
poste, annonce en bâillant l'un de ses
collègues.
...Minuit !... Aucun poivrot, aucun fan-
i taisiste n'est venu. —
Pierre Toulza.
Devant M. Paul Doumer nos jolies vedettes
vendront demain les livres que dédicaceront
nos plus grands romanciers
Connaissez-vous le square qui porte le
nom d'Henry-Paté, le sympathique élu
de Paris ? C'est là que demeure l'auteur
des Petites Alliées, président de l'impor-
tante association des Ecrivains anciens
combattants.
Dans le calme quartier d'Auteuil —
presque à la campagne — nous surpre-
nons chez lui M. Claude Farrère. Le
maître nous reçoit avec son amabilité et
sa simplicité coutumières. En pyjama, il
est à son bureau. Délaissant ses manus-
crits, il nous parle avec feu de l'œuvre
qu'il préside.
— Vous n'ignorez pas la détresse d'un
grand nombre d'écrivains qui firent la
guerre... beaucoup d'entre eux étaient
publicistes : ils ne furent pas repris par
leurs journaux ; d'autres ne possédaient
plus les ressources nécessaires pour « at-
tendre »... car les belles lettres ne nour-
rissent pas toujours immédiatement leur
homme... enfin, et c'est là le plus triste,
il y a les mutilés et les tuberculeux.
— C'est à leur profit que vendredi,
comme chaque année...
— Le vendredi 6 mai, aura lieu,
dans les salons de l'hôtel Salomon de
Rothschild, ,notre vente annuelle... Com-
me chaque année, le Président de la Ré-
publique viendra... ce sera pour nous la
première visite de M. Paul Doumer. Les
Ecrivains anciens combattants auront
des comptoirs, où ils vendront et dédica-
ceront leurs œuvres.
— La présence effective des auteurs
facilite toujours la vente de leurs ouvra-
ges... surtout auprès de la clientèle fé-
minine.
— ... Et pour séduire la clientèle mas-
culine, de ravissantes artistes de l'écran
et de la scène ont tenu à nous prêter
leur concours ; à chaque comptoir, plu-
sieurs d'entre elles assisteront nos ro-
manciers et nos poètes dans leur occa-
sionnel métier de marchands de livres.
-Un ronflement sonore me fait tressail-
lir : c'est le chat du maitre, qui dort
tranquillement sur la table, entre l'en-
crier et le tampon buvard.
— Cet apport artistique au domaine
littéraire donnera un cachet très. pari-
sien à cette belle manifestation de bien-
faisance.
— Ainsi, Paul Faure et Jeanne Sully
vendront ensemble ; Mlle Marcelle Ra-
gon assistera notre « prix » Goncourt
1932 : le brillant Jean Fayard ; Paulette
Pax offrira le dernier livre de Robert j
Boucard : Les Dessous de l'espionnage
allemand, et Mlle Mary Marquet fera
l'article auprès de M. Paul Géraldy; Mlle
Alice Tissot aidera de ses dons commer-
ciaux son auteur M. Albert Acremant ;
Paul Achard sera aidé par Mlle Jane
Renouardt ; Romain Coolus, par Suzan-
ne Bianchetti ; André Maurois aura la
séduisante Marcelle Chantai à ses côtés,
à son comptoir...
— Mais vous, maitre ? Vous ne parlez
pas de vous !
— Je vendrai, moi aussi.
— C'est la créatrice de La Bataille,
Mme Henriette Roggers qui vous secon-
dera...
— Oui, sourit le maître, ma femme'
« nous > apportera, elle aussi, son con-
cours comme Hania Routchine appor-
tera le sien à son mari Roland Dorgelès,
et Marguerite Valmont secondera Jean
Sarment.
La sonnerie du téléphone retentit,
— C'est Flore lle, la créatrice de Tu-
multes, la gracieuse et talentueuse ar-
tiste qui m'annonce que je peux compter
sur elle, nous déclare M. Claude Farrère
en raccrochant le récepteur.
Au cours de notre conversation, j'ap-
prends encore que Pautette Pax, Denyse
Molié, la bzillante pianiste, et Yvette
Andreyor seront parmi les vendeuses im-
provisées vendredi, ainsi que Romain
Coolus, aidé par Suzanne Bianchetti.
— Et comme autres vendeurs-auteurs ?
— Nous aurons Francis Carco, Paul
Chack, Colette et sa fille, Mlle Colette
de Jouvenel, la «Bel-Gazou » de ses li-
vres ; Maurice Bedel, Léon Frapié, José
Germain... et puis M. Edouard Herriot,
qui nous a toujours ^manifesté tant de
sympathie. sera des nôtres, à trois jours
du second tour. —
Jacques Brissac.
Les innovations
et les surprises
du XXIIe Salon
des Arts Décoratifs
...qui vient d'ouvrir ses portes
au Grand-Palais
Les artistes décorateurs qui viennent
el'ouvrir leur vingt-deuxième salon au-
ront eu le mérite cette année d'avoir bra-
vé la crise, et comme il arrive souvent en
période difficile, l'épreuve aura servi leur
ingéniosité. Dans l'ensemble pourtant,
l'invention aurait peut-être moins de
part que le goût très sûr de la plupart
des exposants. Mais tel qu'il se présente,
ce salon est cependant l'un de ceux qui
montrent le plus de sérieuses qualités
dans le choix des choses nouvelles
Le hall d'exposition de Djo-Bourgeois
et Paul Brandt, d'une harmonieuse con-
ception, présente deux originales sculp-
tures de Léon Leyritz, lequel a composé
par ailleurs avec des éléments d'avion
plusieurs meubles en métal. On y admi-
re aussi une crédence et une petite table
en qlace de Paul Brandt, une « salle de
fraîcheur » de Coquerel pavée de ciment
lait d'un nougat de cailloux et ornée
d'une fontaine en coquillages par Leyritz,
des luminaires de Francis Paul et de
Perzel, et le panneau décoratif de Pierre
Lardin à qui l'on doit le mât qui signale
aux passants sur les Champs-Elysées
l'entrée du Salon. Ce hall résumerait
déjà assez bien dans sa totalité l'esprit de
cette exposition, où le tissu d'ameuble-
ment est remis à l'honneur.
- On ne rénove pas d'une année à l'att-
tre heureusement un style décoratif. On
le perfectionne. La salle à manger que
présente Dominique est d'une distinction
où rien n'est à reprendre. On aimera le
charmant bureau de Kohlmann, le ren-
ctez-vous de pêche d'une si grandiose
conception de Ruhlmann, dont la répu-
tation est une fois de plus consacrée, la
chambre de dame en gris et vert de Jean
Pascaud, la salle à manger rustique de
Pierre Petit. On aimera moins la frise
peinte de M. M arret dans la grande salle
ronde.
Une des curiosités du Salon est la pré-
sentation par l'architecte Henry Favier
des sculptures dans une pièce claire et
spécialement aménagée par ses tentures
et sa lumière pour mettre la pierre et le
bronze en valeur.
L'architecte Michel Roux-Spitz expose
une maquette d'un établissement de pos-
te qui fait honneur à notre architecture
moderne.
Il faudrait citer par le menu encore
beaucoup de réalisations intéressantes,
tant dans le meuble que dans la dinan-
ri.prip. la reliure. l'orfèvrerie, le bijou, le
taPis; le tissu, le papier peint. —
Y. S.
Mlle Diane de Rothschild a épousé hier
M. A. Mulhstein, ministre plénipotentiaire
conseiller de l'ambassade de Pologne
Une imposante cérémonie au temple de la rue de la Victoire
Les autos innombrables, canalisées par
un important service d'ordre, se succè-
dent, presque les unes derrière les au-
tres, amenant au temple israélite de la
(Photo Paris-Midi).
Les jeunes mariés ]
à la, sortie de la synagogue
rue de la Victoire, l'assistance choisie !
des plus grandes solennités mondaines j
C'est en effet là que se célébrait hier]
le mariage de Mlle Diane de Rothschild, I
l'aînée des deux délicieuses filles du ba-
ron Robert de Rothschild et de la ba-
ronne, née Nelly Beer, qui épousait M. A.
Mulhstein, ministre plénipotentiaire/ •
conseiller de l'ambassade de Po'ogne,
commandeur de la Légion d'honneur..
Et les félicitations allaient chaleu-
reuses à cette charmante jeune fille,
dont l'esprit, le cœur, et l'intelligence en
font un être accompli. Des études ap-
profondies, dans toutes les branches de
la science et de l'art ont occupé les heu-
res de sa première jeunesse; la pratique
des sports avait aussi sa place, et le
golf a marqué souvent pour, elle le suc-
cès.
Le temple était brillamment illuminé.
Sous le dôme, occupant le centre de
l'édifice, les mariés étaient accompa-
gnés de leurs parents.
La beauté blonde de la baronne Ro-
bert, brille dans une toilette corail d'un
toquet de teinte assortie, une longue ' ..
plume dégradée s'enroule gracieusement
et tombe sur l'épaule.
Mme Grosclaude, pour un jour ayant
fait trêve à son deuil, entoure sa petite-
fille.
Les chants retentissent harmonieux
et nourris, le candélabre aux sept bran-
ches en argent massif domine l'horizon
de façon imposante. '
Les chœurs de la Maîtrise du Temple,
l'organe généreux de Charles Panzera.
alternent avec les paroles et les prières
du grand-rabbin Israël Levy, qui donna
la bénédiction nuptiale.
Le marié est revêtu du tales rituel ;
un bruit cristallin se fait entendre, c'est
Je verre que se brise, selon les rites de . ;
'a religion israélite, la cérémonie se ter- >
mine et le long défilé commence. Il sera
interminable. Qui reconnaître? Le Tout
Paris: Mme Berthelot, dont la toque in-
carnat attire le regard, Mme Martinez dé
Hoz, couronnée d'aigrettes blanches, qui
semblent prêtes à s'envoler, la comtesse
d'Hautpoul, née du Roys, chapeautée -
élégamment aussi de blanc, la marquise
de Mun et tant d'autres.
Mme de Chlapowska, femme de l'am-
bassadeur de Pologne, gracieuse à son
habitude, fait partie du cortège. -
Une réception a ensuite réuni avenue
I Marigny, tous les amis des mariés. — - -
Valmont.
AUJOURD'HUI
126' Jour de l'Année Ascension
Soleil: Lever, 4 h. 26 Coucher, 19 h. 9
EXPOSITIONS :
— Galerie J. Alexis, 40, rue Bonaparte:
Exposition de séries de peintures de Her-
mann-E.-Wagner : visions de Venise, Pa-
ris. etc.... jusqu'au 1:0 mal.
— Grand-Palais : Salons des Artistes
Français et de la Nationale.
— Salon des Humoristes, galerie de la
Renaissance, 11, rue Roya'le.
— Musée du Louvre : Réouverture des
salles de peinture moderne du 2* étage,
cour carrée.
— Musée de l'Orangerie, Tuileries : Ex-
position de l'art de Versailles.
— Musée de sculpture comparée du
Trc,c&déro : Nouvelles acquisitions.
— Manufacture Nationale des Tapisse-
ries. 14' saison : Beauvais.
— Pavillon de Marsan : Exposition ré-
trospective de faïence, de 1525 à 1820.
— Galerie d'art contemporain : Expo-
sition de la ' France Travaille ». par les
« Horizons de France ».
— Maison de France. avenue , des
Champs-Elysées : Exposition de Sèvres.
CONFERENCE :
A 21 heures : Ohez Aurel CI Pierre Pa-s-
cal dans Orphée », par A. Blanohart et
R. Patris.
CONCOURS :
A 14 heures : Courses à Longohanup.
FETE DE BIENFAISANCE :
A 13 heures : Mairie du YI- arrondiss. ; -
(place Saint-Sulpice) : Concours de bons ■
soins aux petits animaux (chiens, chats). : ~,
CHAMPIONNAT DE DANSES :
" A 14 heures : Grande Semaine de dan-
se (à Magic-City), organisée par le Syn- '
dicat national des professeurs de danse.
SPORTS :
A 13 h. 30 : Au Stade de Colombes :
Fêtes du cinquantenaire du Racdng-C. F.
Football.
A 14 heures : Au Parc des Princes :
Réunion cycliste.
Au Stade de Saint-Ouen : U. S. A.,
CItchy-U. S. A. Valenciennes
A 14 h. 30 : A Buffalo : Réunion inter-
nationale (moto sur cendrée). i
LA FLAMME DU SOUVENIR :
A 18 h. 30 : La Flamme sacrée sous
l'Arc de Triomphe sera ranimée par les
Poilus d'u 2e B. C. P., les anciens des 4*j
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LES JOURNAUX
Jeudi 5 Mai 1932
Le discours
de M. Tardieu
' '■*
Le discours de M. Tardieu dénonçant
les manœuvres qui, à son sens, risquent
de dénaturer, dimanche prochain, la vo-
lonté de l'électeur français, est ce matin
discuté avec passion.
La presse de droite approuve sans ré-
serve, les appels du président du Conseil.
Quant aux radicaux et aux socialistes,
c'est avec une satisfaction ironique qu'ilà
, déclarent que rien ne changera le désir
. - de zd1 France de voter à gauche.
Pensée trahie
M. Tardieu a fait, peut-être sans s'en
douter, le plus éloquent réquisitoire que
l'on. puisse dresser contre le deuxième
tour de scrutin, dit le Matin :
Il a dénoncé avec une émouvante so-
lennité les dangers d'un cartel électoral
qui risque ensuite de se transformer en
Un cartel, parlementaire.
Certes, les leaders radicaux-socialistes
déclarent n'y pas songer et M. Herriot ne
' cesse de s'abriter derrière la formule de
W aldeck-Rousseau.
Mais à trop jouer avec le feu ne risque-
t-on pas de se brûler ?
L'appel que M. Tardieu a lancé au pays
Vient à. son heure. Il mérite d'être médité
par tous ceux qui réfléchissent. Diman-
che dernier, le pays a nettement voté
pour une large concentration républi-
caine. Il ne faudrait pas que le l,r juin
sa perusée fût trahie, car il n'a la parole
que tous les quatre ans.
Aux radicaux
Discours moins agressif qu'amer, note
ï'CEuvre :
» a»-.
Sanz doute, le président du Conseil en-
tegistre-t-il comme un succès personnel
l'arrivée au premier tour de 132 députés
de droite contre 118 de gauche. Mais il
tie , «UmtlttMile nullement l'inquiétude que
i
lui inspire le problème du ballottage.
Dans trois jours, déclare-t-il simplement,
on tranchera ce problème « ou pour la
France, ou contre la France ».
Un mot. ici, pour les socialistes, sur le
drapeau desquels s'inscrivent tant de
« faillites », et dont les électeurs ont « la 1
passion du suicide ». C'est surtout aux
radioaux que cette éloquence s'adresse.
Pas de droite
Maudite soit la règle qui impose aux
républicains de barrer la route aux can-
didats des droites. Pour M. Tardieu, il
n'y a pas de droite, ironise le Quoti-
dien : > .
Le président condamne les radicaux et
leur désistement mutuel avec les socia-
listes; il y voit envers sa personne et sa
majocité une sorte d'attentat.
Emporté par son ardeur belliqueuse,
notre premier ministre va peut-être plus
loin que son véritable but.
Il oublie que le 11, juin il faudra gou-
verner, mais avec une majorité qui ne
sera plus exactement celle d'hier.
Peut-il croire sérieusement qu'il retrou-
vera ses cinquante « turcos » de renfort.
dans la Chambre renouvelée et régénérée ?
Heure dramatique
Certes, M. André Tardieu a raison de
le dire : l'heure est dramatique ! estime
l'Echo de Paris :
Il s'agit en effet de savoir si,. au mo-
ment où le pays « a besoin du plein de
ses forces physiques et de l'unité de ses
forces morales en face des problèmes ex-
térieurs », les citoyens laisseront un par-
ti qui nie tous les principes républicains
de gouvernement prendre l'hypothèque
sur la législature prochaine, s'ils permet-
tront au parti radical-socialiste de re-
constituer ce Cartel qui conduisit le pays
au bord du gouffre ou s'ils ne briseront
pas ce Cartel.
Verdict
Tardieu s'était jeté à corps perdu dans
la bataille. Il avait provoqué le pays à
une sorte de plébiscite' : pour moi ou
1 contre moi, dit Léon Blum (Populaire) :
11 avait entassé les millions dans sa
caisse électorale privée. n avait monopo-
lisé à son service tous les moyens collec-
tifs de propagande. Il avait violé à son
profit le droit républicain, implicite ou
explicite. Il avait abusé de sa parole of-
ficielle pour exercer sur l'opinion le plus
abominable chantage. Il croyait assurer
ainsi la victoire, mais il se désignait en
cas de défaite. La défaite est venue ; il
est vaincu.
Toute élection générale est avant tout
le jugement de la législature qui vient
de s'accompJir. Elle est un verdict. Le
verdict de dimanche dernie-r, qui sera re-
doublé dimanche prochain, porte con-
damnation contre la dernière législature,
contre la fidèle majorité, contre son chef
et héraut.
Tristesse affreuse
Est-ce le moment de- porter au pouvoir
le parti qu'à l'étranger ceux qui ne nous
aiment pas préfèrent y voir. La position
du parti radical. allié aux révolutionnai-
res, conclut M. Tardieu, crée pour le pays
un péril redoutable, note Figaro.
... Quand on entend, quand on lit ce
discours si persuasif, on se reprend à l'es-
poir. Le Français comprendra, se dit-on
Il n'a pas le goût du suicide. La prédica-
tion des internationalistes n'a pas pu
faire encore de tels ravages. M. Tardieu,
qui repousse la monstrueuse confusion
cartel-liste et ceux qui la créent ou l'ac-
ceptent, a pris hier, dans son discours,
pour alliée et pour compagne la, vérité
Quelle tristesse affreuse, s'il n'était pas
entendu !
Pédale
M. André Tardieu est responsable de-
vant le pays. Mais le pays assume de plus
graves responsabilités encore lorsqu'il en-
gage l'avenir et lorsqu'il risque le patri-
moine des générations qui ont travaillé
et souffert pour faire la France, écrit E.
Lautier (Homme Libre) :
Nos. pères ont des droits sur nous, et
nos fils en ont également. Notre préten-
due souveraineté n'est qu'un dépôt si
nous avons un peu de conscience. Une
heure de passion, d'incompréhension,
d'intérêt ou de fantaisie ne devrait pas
compromettre ce gage.
Telle est, si je comprends bien, la haute
pensée que M. André Tardieu n'a pas
voulu exprimer trop crûment mais qu'une
oreille attentive discerne, car elle est
comme la pédale de son discours
Tout est perdu
Aujourd'hui, nous ne trouvons devant
! nous qu'un vague troupeau sans doctrine
«
et sans foi. Le « droitier », dans un vil-
laue, se vante d'avoir voté pour Briand
et, dans l'autre, se vante de l'avoir abat-
tu, écrit A. Bayet (République) :
H est ici nationaliste, là pacifiste. Tan-
tôt il salue dans l'école laïque « l'école
cie la nation n, tantôt il la dénonce com-
me une fabrique, d'apaches et de prosti-
tuées.
Allez discuter avec ces pauvres diables !
Leur programme ? Mais ils n'en ont
qu'un : ètre réélus, conserver leur « pla-
ce n. Et . sentant venir la défaite, ils
s'écrient comme &ganard!Le : « Mes ga-
ges ! Mes gages !... »
Lundi matin, la droite pourra dire :
« Tout est ptWu, surtout l'honneur ! »
Deuxième victoire
Quelles que soient les déformations in-
fligées à ma pensée, je ne changerai pas
ma doctrine, notre doctrine, dit E. Her-
riot (Ere Nouvelle) :
Elle se fonde sur la raison, sur le bon
sens. Elle ne peut manquer d'obtenir, di-
manche prochain, un nouveau triomphe
Nous n'avons, nous, fait entendre au-
cune menace ! N'ai-je pas spontanément
affirmé que, si j'avais été vaincu, je me
serais interdit tout acte dangereux pour
l'enseimible des intérêts du pays.
Notre deuxième victoire sera aussi pure
que la première. Citoyera français, de
nouveau partez en avant aon pour faire
triompher telle ou telle passion, tel ou
tel fanatisme, telle ou tel-le rancune, mais
pour la République, pour le pays, pour la
paix ! '
Majorité diminuée
Il est possible que M. Tardieu se trou.
ve, au lendemain du ballottage, avec une
majorité diminuée de quelques unités, dit
/'Ami du Peuple :
Mais tant qu'un chef de gouvernement
possède une majorité, si modeste soit-
elle, il ne doit pas jeter le manche après
la cognée.
M.' Tardieu n'est pas homme à se lais-
ser soit intimider, soit décourager. Il l'a
prouvé hier soir en remontant sur la
brèche et en lançant au pays une suprême
adjuration pour l'avertir des périls qui le
menacent s'il s'abandonne.
Jusqu'où ?
Jusqu'où le radicalisme suivra-t-il le
socialisme, ou plutôt jusqu'où pourra-t-il
refuser de le suivre ? demande le Temps:
Entre le socialisme et le radicalisme, les
-incompatibilités sont de tous ordres. L'en-
tente ne peut durer entre ces deux asso-
ciés que par la soumission de l'un à l'au-
tre, et il ne faudrait connaître ni l'hu-
meur, ni les Intentions, ni le tempéra-
ment des socialistes pour croire que ce
sont eux qui se soumettront.
Duperie
Si ce Cartel triomphait, quel serait le
lendemain ? demandent les Débats :
Le Cartel révolutionnaire n'aura pas la
majorité, c'est entendu. Mais il cherchera
parmi les opportunistes, les hésitants, les
démocrates populaires, des complicités et
un appoint indispensable. S'il le trouvait,
Il formerait un parti et un gouvernement
au-dessous du parti et du gouvernement
de 1924, incapables de faire face aux
grands problèmes extérieurs qui sont me-
naçants. Pour se consoler, les illusion-
nistes parlent encore de la concentration.
C'est une duperie. Quand les radicaux
disent qu'en cas de succès ils ne savent
pas ce qu'ils feront après le 8 mai. ils
disent peut-êtE® quelque chose d'exact.
Mais s'ils ne savent pas ce qu'ils feront,
Ils savent très bien œ qu'ils ne feront
pas. Ils ne se dégageront pas des socia-
listes.
Les chasseurs de fourrures
Jean Alloucherie conduit les lecteurs
de Paris-Soir au milieu de l'Alaska avec
les chasseurs de fourrures :
C'est avec les renards que le trappeur,
sans contredit, épreuve le plus de décep'
tions ; les )ynx, les loups eux-mêmes, mais-
gré leur Instinct, sont une proie facile à
côté d'un renard ; qu'il soit rouge, blanc
ou argenté. Ces petis fauves sont d'une
méfiance prodigieuse et éventent les piè-
ges les mieux préparés. Certains, d'une
adresse diabolique, réussissent à saisir la
viande en échappant à la trappe et, sans
profit pour le trappeur, s'en vont orever
dans leur terrier. En effet, la viande est
généralement empoisonnée dans le but de
hâter la mort de l'animal et de l'empêcher
d'abîmer sa fourrure en se débattant.
Le temps n'est plus où la prise d'un
renard argenté pouvait rapporter 50 dol-
lars, ce qui laissait encore un beau béné-
fice pour 13 Cqy:.pagn1e de traite. Le poste
de traite de Fort Simpson payait mainte-
nant de telles fourrures trente dollars aux
trappeurs blancs et. vingt dpilars aux trap-
peurs indiens. • 1
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