Titre : La Petite presse : journal quotidien... / [rédacteur en chef : Balathier Bragelonne]
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1873-02-02
Contributeur : Balathier Bragelonne, Adolphe de (1811-1888). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32837965d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 02 février 1873 02 février 1873
Description : 1873/02/02 (N2462). 1873/02/02 (N2462).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4713521k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-190
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/11/2017
t'rirr finelle, interdit plus strictement encore de
leS ¡,ilénatu,rer.
INous recevons la lettre suivante, qui met
jP/ussi à néant un fait emprunté par nous à
'an confrère :
i'-'-A Monsieur le rédacteur du journal
g . la PETITE 'PRESSE.
'
Monsieur,
Je lis dans votre numéro du vendredi 31
janvier, dans l'article des arrestations des af-
filiés à l'Internationale, qu'un charbonnier d,'P-
fia chaussée Clignanr'ourt a été arrêté à trois
heures du matin, pendant qu'il était en train
31efabriquer de l'eau de seltz.
« Etant le seul fabricant d'eau de seltz de
la chaussée -Cligriancourt anciennement n, au-
jourd'hui rue Rarney, et joignant à cette pro-
cession celle de charbonnier, je viens, mon-
sieur, vous prier de vouloir bien ins Ter dans
votre prochain numéro que je n'ai jamais été
inquiété, ne m'étant jamais occupé de l'Inter-
nationale.
Je compte, monsieur, sur votre bienveil-
lance à cet égard, afin. de rassurer mes pa-
rents, mes amis et ma clientèle.
Agréez, monsieur, etc.. -
DONoNEL,
Charbonnier, fabricant d'eau de seltz,
rue Ramey, 17, et passage Gottin, 1.
DANS PARIS
UN DRAME QUI FINIT COMME UNE COMÉDIE
Avant-hier soir, vers huit heures, une
jeune fille du faubourg Saint-Martin, Eugé-
nie R..., s'est précipitée dans le canal. Un
ouvrier, nommé Etienne, qui regagnait son
domicile rue Alibert, entendant le bruit de ti
Chute, se jeta dans le canâl et fut assez heu-
reux pour ramener à la surface de l'eau la
jeune fille, qu'il parvint à sauver avec l'aide
pe plusieurs personnes accourues à ses cris de
détresse.
Transportés l'un et l'autre dans une maison
voisine, ils y ont été l'objet de soins qui les
®nt bientôt remis.
-Le jeune ouvrier veut alors s'approcher de
celle qu'U vient de sauver ; mais, à peine a-t-
Il jeté les yeux sur cette jeune fille, qu'il
pousse un cri et s'évanouit.,à son tour.
On eut bientôt l'explication du fait.
: Etienne devait épouser la jeune Elle : il
avait rompu avec elle à la suite de bruits ca-
tomnieux qu'on avait répandus contre elle.
De là l'acte de désespoir de la pauvre fille.
1 Cette histoire, qui aurait pu se terminer
comme un drame, va se dénouer par devant
\1. le maire du neuvième arrondissement.
UN ENFANT, QUI PROMET
Alfred Lecoq, âgé de quatorze ans, oontra-
rié de ce que sa mère l'empêchait de sortir
aussi souvent qu'il le désirait, a voulu, non I
pas l'empoisonner, mais lui faire du mal,
comme il a dit au tribunal correctionnel (100
chambre), où il était traduit.
Sa mère, la veuve Lecoq, n'avait pourtant
cessé de l'environner de soins, et il n'avait
jamais manqué de rien. Cette brave femme a
iité malade. pendant deux jours pour avoir
avalé une gorgée de cette atroce boisson ; elle
-avait, éprouvé de fortes coliques suivies de
diarrhée.
-< -I,e tribunal a acquitté le jeune Alfred, !
comice ayant agi sans discernement ; mais il
-a ordonné qu'il serait élevé dans u-ie maison
de correction jusqu'à l'âge de vingt ans ac- i
complis. Il vient d'interjeter appel contre
e.ette- décision..
De la Guérison immédiate des rétrécisse'
ments de l'urètre, par le docteur ROCHON (du
: Rhône). i fr. 25 franco, sous d )uble enveloppe, i
1 :.ch.DENTU ,galerie d'Orléans, et t. les libraires., i
VOYAGE
à travers la France
LA PETITE PRESSE
DANS LES DÉPARTEMENTS
CHABLIS (suite) : Le cheval Bayard et
les cent quarante-quatre feuillettes de
vin. — La guerre.
On m'a montré aussi à Chablis un puits
d'une excessive profondeur, et la légende en
explique ainsi le vide immense.
Il y avait autrefois dans la ville une cuve
gigantesque. Cette cuve contenait dix-huit
feuillettes de vin. Un jour le cheval Bayard,
— c'était un cheval qui habitait les envi-
rons et dont personne n'avait pu connaîtra
le maître, peut-être était-ce le cheval des
quatre fils Aymon,—le cheval Bayard vint
à la ville, et s'approcha de la cuve pleine
pour boire. Il avait grand'soif et on n'osait
lui rien refuser.
* Il vida d'un trait la cuve èt resta au
bord comme quelqu'un qui n'a pas DU tout
son saoul. On la remplit encore. La cuve
disparut sous la gueule du cheval Bayard
avant même qu'il ne levât la tête. Il ne s'en
allait pas. On alimenta la cuve une troi-
sième fois? même manège. Dix-huit autres
feuillettes de vin furent apportées et, après
cette quatrième fois, l'animal plus altéré
encore ne bougea pas d'à côté le gigantesque
récipient. Il fallut recharger, et, comme cet
entêté cheval Bayard ne faisait pas plus
signe de déguerpir qu'un pochar-d au bord
d'un comptoir de marchand de vins, on ne
lui servit qu'avec beaucoup de mauvaise
grâce la sixième consommation.
Notez qu'il avait déjà avalé avant celle-ci
quatre-vingt-dix feuillettes !
Enfin on lui servit une septième cuvée,
puis une huitième, et, comme ce coursier
décidément trop ivrogne voulait qu'on re-
nouvelât encore, ainsi qu'on s'exprime dans
les cafés-concerts, on refusa net de le servir
encore. Il avait bu cent quarante-quatre
feuillettes de chablls, et l'on trouvait que
c'était assez.
Mais ce n'était pas là l'opinion du cheval
Bayard. Et il le montra bien. 1
Comme c'était une bête aussi portée sur
la boisson que mal élevée, il entra en fu-
reur, hennit affreusement et lança au fond
de la cuve vide un tel coup de pied qu'il
la creva et creva aussi la terre qui était
dessous. • . • !
Le trou s'emplit d'eau, un puits fut
creusé, et c'est ce puits que l'on mon- 1
tre à Chablis. Prenez cette légende pour ce
qu'elle vaut. !
On voit aussi, à l'extrémité de cette petite
ville, une seconde église que précède un i
cimetière, j
Dans ce cimetière, j'ai salué avec.respect
pn monument commémoratif élevé aux mo- i.
biles morts dans la dernière guerre et qui j
ont fait bravement leur devoir contre les j
envahisseurs de la patrie ! Car. on s'est j
bien b'attu dans le pays, et Chablis qui, :
tout ouverte qu'elle est,,ne voulait pas re--'l
Devoir les Prussiens, a même éprouvé un !
b imbardement. Du haut des côteaux qui !
l'entourent, on lui a envoyé des boulets. j
Un boucher, transporté de fureur, y a I
tué de ses mains un uhlan, à coups de cou- |
leau, dit-on, et on usa de grandes repré- ;
vailles envers la ville, qui fut fortement im- i
posée. Le boucher fut fusillé par les Alla- i.
1 mands qui ne purent jamais . retrouver le
corps de leur compatriote.
VICTOR COCHINAT.
VIENT DE PARAITRE : :
LE MUSÉE POUR TOUS
-
MAGASIN D'IMAGES
TEXTE EN CI'NQ LANGUES
Français, Anglais, Italien, Espagnol et Allemand.
.
le numéro : 5 centimes
Chez tous les Libraires et Marchands de journaux.
POIGNÉE DE NOUVELLES
Hier, un grand bateau, après avoir heurté 10 Pont-
au-Change, il. 'Sombri: avec son chargement de bois.
Sur les cinq mariniers à bord, trois ont gagné terre
à la nage; les autres, cramponnés à l'une des piles
du pont, ont été recueillis par une embarcation.
— Dans la soirée, rue Greneta, on a trouvé une
tète de mort sur la voie publique. D'où venait-elle?
— Le cocher conduisant la voiture no 1464, en état
complet d'ivresse, a été écrasé par sa propre voilure
sur le quai Alalaquais.
— Mgr l'arehevêque de Cambrai vient de faire re-
mettre une somme de cinq mille francs à M. le pré-
sident de la société d'Alsace-Lorraine, à Lille.
— Avis aux collectionneurs :
Les souffleurs de verre sont en trlÎn d9 fabriquer
de fausses bouteille* fondues dans les incendies delà
Commune et de la dernière guerre. -
-:- M. Mathias Duval, professeur agrégé de la Fa-
culté de Pari-!, vient d'être nommé professeur d'a.
natomie à l'ficole des beaux-arts, en remplacement
de M. Huguet.
- — Un sujet prussien, qui se faisait passer pour
agent de police, le nommé Reisger, a été mis en état
d'arrestation, à Marseille.
— A la date du 20 septembre, Livingstone avait
•reçu les envois de Stanley. Le 23 décemb e, 100 hom-
mes d'Amrad, envoyés par le sultan, ont été surpris et
décapités par les indigènes.
Des renforts ont été expédiés.
— Le bal semestriel de la Société lyrique des Jeu.
nes-Amis aura lieu ce soir, samedi, dans les salons
de l'Etoile, avenue Wagram, 41. Ouverture à dix
heures.
— Demain, à deux heures et demie, 14, rue de
Volta, réunion mensuelle de l' Association franc7 com-
toise (précédemment J",w'assienne). .
LE TRIPLE ASSASSINAT
DE MONPLAISIR
C'est dans la nuit du 28 au 29 janvier que
les époux Guérin ont été assassinés avec leur
fille, âgée de vingt ans, dans une maison iso-
lée qu'ils avaient louée, chemin da Monplai-
sir, aux Maisons-Neuves.
Une voisine, qui portait chaque matin le
journal aux victimes, donna là première
alarme. ■
Les persiennes étaient fermées. On s'in-
quiéta ; on plaça, une échelle contre le mur
de clôture longeant la rue pour pénétrer
dans la maisoa, et, après avoir gravi quelques
échelons, on aperçut des traces de pas venant
da l'intérieur de la maison à la petite porte
de sortie.
Alors on se souvint qu'il y a une quinzaine
de jours, des voleurs s'étaient introduits au
deuxième étage de cette maison, qu'ils des-
cellèrent le coffre-fort qui se trouvait placé
dans une chambre située à cet étage. Le bruit
qu'ils firent en laissant tomber le coffre-fort
donna l'éveil à M. Guérin, qui était occupé à
lira son journal, au rez-de-chaussée, avec -sa
femme et sa fille. M. Guérin prit son fusil : j
■. àOEaKa»
ils s'enfuirent. Il était à peine sept heures du
soir.
Le f mmissaire de police de Villeurbanne
prévenu, s'introduisit dans la maison par la
petite porte d'entrée, qui n'était pas fermée,
pénétra alors dans l'intérieur de l'habitation
j et trouva les portes toutes grandes ouvertes.
; A ce moment, un spectacle horrible s'offrit
l à ses yeux. * .
Sur le plancher, entre le lit et la table de
nuit, M. Guérin était étendu, baigné dans
une mare de jang, la tête fracassée et le corps
couvert de blessures qui semblent faites par
un couperet de boucher.
Des lambeaux do cervelle et de chairs
avaient rejailli jusqu'au plafond.
Sur le lit, couvert de sang, était le cadavro
de Mme Guérin, pour ainsi dire plié en deux
et légèrement incliné di côté droit. De nom-
) breuses blessures à la tête et à la partie supé-
| neure du corps se remarquaient également
i sur le cadavre, blessures faites avec là même
; instrument. Les corps étaient encore chauds.
Dans la chambre contiguë, Mile Guérin,
étendue morio sur son lit, avait le crâne ho-
rizon talem l'Il t fendu.
La victime, selon toute apparence, a dû être
frappée dans son sommeil et n'a pas fait de
mouvement. Le crime consommé, l'assassin a
relevé le drap du lit sur la tête du cadavre, à
la hauteur de la blessure.
La férocité avee laquelle ce triple meurtre a
été commis, ces trois victimes hachées d&
coups et méconnaissables, ces lambeaux de
matières cérébrales projetés contre les murs
et au plafond faisaient supposer que cet ef-
froyable crime était l'oeuvre de plusieurs
complices.
Cependant, d'après certains indices décou-
verts dans la maison, cette boucherie abomi-
nable aurait été faite par un seul individu.
On se rappelle que, par miracle, il était
tombé, d-ans la nuit, la première neigé de
1 'aniiée, Or, du mnl" d'enceinte Jusqu'à la
maison, on a remarqué une suite de fias tra-
ces comme au charbon sur le léger tapis de
givre qui couvrait le sol. Ces empreintes in-
diquaient clairement qu'un individu était
sorti de la maison Guérin dès le matin; mais,
comme il a été impossible de trou ver trac : de
son entrée, il devenait évident qu'il y était
dès la veille, et qu'il y avait passé une partie
de la nuit.
Dans l'intérieur, certains détails n'ont pas
tardé à confirmer cette opinion. Ainsi, dans
une des pièces,'était étendu un matelas qui
portait encore la marque du corps qui s'y
était étendu.
C'était évidemment un lit de camp, que la
famille Guérin avait dressé pour un hôte dont
elle avait reçu la visite imprévue. '
De plus, sur la table de la salle à manger,
on a remarqué les restes d'une petite colla-
tion, et, dit-on, quatre verres.
En face de cette accumulation de preuves,
il ne reste qu'à découvrir, l'hôte mystérieux
que. les malheureuses victimes ont abrité
pendant cette sanglante nuit sous leur toit et v
qui a lâchement attendu leur sommeil pour
les assassiner. '
Suçant la distribution des lieux et la posi-
tion des cadavres, la demoiselle Guérin aurait
été' tuée la première à coups de hachette sui
le crâne.
Le bruit des coups a sans doute réveillé le
père Guérin que le meurtrier a assommé à
son tour au moment où il s'élançait de son
lit pour porter secours à sa fille. La femme
Guérin, malade depuis quelque temps, ré-
veillée en sursaut et épouvantée par la scène
do l'assassinat de son mari, s'est sans doute
mise à appeler au secours. Aussi est-ce sur. elle
que le criminel à assouvi sa rage avec le plus
de fureur.
L'arme qui avait servi au crime a été re-
trouvée: c'est une hachette-couperet, que los
assassins avaient prise à la cuisine.
Il est certain que ce triplé assassinat a eu le
vol pour .mobile. Le coffre-fort, qui ne renfer-
mait pas de valeurs, était défonce et les meu-
bles fracturés.
N° 5. — Feuilleton de la PETITE PRESSE
LES MILLE NOUVELLES
UN ACTE DE DÉSESPOIR
II
— Suite —
— Et si l'on nous refuse...
— Nous sautons... c'est la réponse à tout...
Nous ne sauterons qu'une fois... Demain je
me fais meubler deux chambres nuptiales
par le premier tapissier da Dublin. Nous au-
rons deux noces superbes...
— Où do ne ? ,
— Où? ciiez Greamesh; dans des galons
magnifiques. Toi tu passeras le premier, moï I
le second; il faut toujours q-ue l'un de nous i
deux garde ce volcan. Nous invitons à nos i
noces toute la ïiaute société de Dublin ; nous
•dansons jusqu'au jour; nous dévorons dans
un festin et dans un bal cent mille francs...
— Et qui paiera?
—Parbleu ! JShwah et Greamesh, nos beaux-
$ères, paieront.
C'est juste., Célestin i mais après, com-
m&nt tout cela finira-t-il?
— Ah ! qui sait ? Cela ne finira neut-être !
pas. Il n'est pas nécessaire que cela finisse. I
Cela commencera tous les jours, j'ai même le i
projetdeme faire nommer maire de Dublin, !
et toi préftt du département de rirlande. ^ (
En attendant de donner un essor fabuleux
à notre ambition, commençons par les choses
aisées ; marions-nous : lorsque nous aurons
des enfants, nous les 'établirons avantageuse-
ment dans les trois royaumes.
Cette conversation fut interrompue par un
fracas tumultueux de musique anglaise qui
remplissait Sake ville-Street. Célestin ouvrit,
et ferma la porte, toujours avec les prépau-
tions d'usage, et descendit dans la rue, où il
ne manqua pas de rencontrer son voisin Ri-
chard qui semblait attaché à tous ses mou-
vements..
— Qu'est-ce que cela? demanda vivèment
Célestin à M. Shwab. *
— C'est le festival de Dublin qui passe, ré-
pondit poliment M. Richard.
— Et où va-t-il.ce festival enragé?
— A Town-Hall.
— Et que va-t-elle faire à Town-Hall, cette
musique de damnés ? 1
— Elle va accompagner trois cents chéris- i
tes qui chanteront le Great-God et la Création
de Handel. - i
— Monsieur Richard Shwab, allez dire à *
ee festival que j'aime la musique, et .que je
veux entendre le Great-God et la Création,
sous ma croisée, là, ce soir, avant le coucher
du soleil.,
— CApitainO) dit Richard, nous allons tâ-
cher de vous arranger cela... , , ['■
— Comment ! vous hésitez ! ' ; . ■
— Non, non, rien n'est 'si aisé, jè vais voir v;
le ehériff. Mous vous apporterons le festiva.'. I
Célestin remonta chez lui et annonça 'à Xa« !
vier.le concert -du soir qu'il venait dtr'.fam.. 'i
mander à M. Ricard»
. — Ce sera un beau triomphe, lui dit-il, si
nous avons cette armée de musiciens.
Et il se mit à, la croisée pour entendre le ■
festival. - !
Une heure avant le coucher du soleil, on i
vit poindre à l'extrémité de Sakoville M. I
Shwab triomphant ; il servait d'avant-garde j
au festival. !
L'armée'des exécutants défila, dans cette
rue, la plus large de toutes les rues de l'uni- :
vers, et se rangea en bataille devant Poit-
Office. _ .. ;
Une symphonie servit d'ouverture ; chaque ;
musicien, selon l'usage, joua son air favori,
avec cette noble indépendance qki caractérise i
l'artiste anglais. Ensuite trois cents gueules I
se précipitèrent sur Handel et le déchirèrent j
sans pitié. - ;
Célestin, du haut de sa croisée, remercia ;
les. choristes et les musiciens, et, dans si mu-
nificence de roi, il ordonna à Greamesh de-'
désaltérer toute cette armée avec la brasserie
de Luxton. ;
Greamesh s'inclina. ?
Cependant il était aisé de voir que Greamesh :
se contraignit violemment pour ne pas laisser i
échapper un violent-désespoir. ;
A neuf heures du soir, la nuit étant fort 'j
sombre à cause d'un orage du commence- '
meht de l'été, Célestin ne put résister à
l'envie de sortir, mais dans le plus grand in- i
cognito, pour entendre les conversations qui J
se tenaient à leur sujet dans les promenades !
publiques. ,, i
Il y avait beaucoup de monde à I'hœnïp- !
Par/f. Le marin se glissa ténébreusement dans '
les groupes, et sa curiosité eut lieu d'être sa- 1
tigfïyte. On ne parj^t de la mise ou éj&î i
d'e siège de Dublin par les deux marins fran-
çais.
Des ouvriers de Richard Shawb, des em-
ployés de Post-Office, des convives habitués de
Greamesh, tous plus immédiatement inté-
ressés que les autres citoyens à cette étrange
affaire, se faisaient remarquer par la violence
de leurs propos. ,.
— Il n'est pas juste, disait-on dans ce
groupe, que deux ou trois personnes riches
payent pour toute la ville. Voilà cette folié du
festival qui a pris encore deux cents livres,
dans la bourse de M. Greamesh.
D'autres voix disaient :
- Si ces fantaisies de marins so prolongent,
Greamesh et Richard sont ruinés en huit
jours.
— C'est évident.
— Et qu& voulez-vous qu'on fasse?
- — On a écrit hier au gouvernement.
— BBlle ressource! Le gouvernement ne fe-
ra rien. -
— Illenverra des troupes.
— Eh! ils se moquent bien des troupes !
— Le plus fâcheux, c'est qu'il se forme è
Dublin un parti pour ces deux marins.
— Un parti!
— Oui, les pauvres sont pour eux. Ce soir,
les musiciens, ivres de porter et d'ale, ont
crié : Houra for Célestin! et c'était GreamoaD. •
qui payait!... Oh! cela ne peut durer.
En ftndez, entendez donc! les choriste
du festival ont composé une chanson :
La naïade du houblon est tarie;
• fleura pour Gélestuî! ! f
{M juiîp à
[texte illisible]
^«■ir le LUL"QérQ d'Mer
leS ¡,ilénatu,rer.
INous recevons la lettre suivante, qui met
jP/ussi à néant un fait emprunté par nous à
'an confrère :
i'-'-A Monsieur le rédacteur du journal
g . la PETITE 'PRESSE.
'
Monsieur,
Je lis dans votre numéro du vendredi 31
janvier, dans l'article des arrestations des af-
filiés à l'Internationale, qu'un charbonnier d,'P-
fia chaussée Clignanr'ourt a été arrêté à trois
heures du matin, pendant qu'il était en train
31efabriquer de l'eau de seltz.
« Etant le seul fabricant d'eau de seltz de
la chaussée -Cligriancourt anciennement n, au-
jourd'hui rue Rarney, et joignant à cette pro-
cession celle de charbonnier, je viens, mon-
sieur, vous prier de vouloir bien ins Ter dans
votre prochain numéro que je n'ai jamais été
inquiété, ne m'étant jamais occupé de l'Inter-
nationale.
Je compte, monsieur, sur votre bienveil-
lance à cet égard, afin. de rassurer mes pa-
rents, mes amis et ma clientèle.
Agréez, monsieur, etc.. -
DONoNEL,
Charbonnier, fabricant d'eau de seltz,
rue Ramey, 17, et passage Gottin, 1.
DANS PARIS
UN DRAME QUI FINIT COMME UNE COMÉDIE
Avant-hier soir, vers huit heures, une
jeune fille du faubourg Saint-Martin, Eugé-
nie R..., s'est précipitée dans le canal. Un
ouvrier, nommé Etienne, qui regagnait son
domicile rue Alibert, entendant le bruit de ti
Chute, se jeta dans le canâl et fut assez heu-
reux pour ramener à la surface de l'eau la
jeune fille, qu'il parvint à sauver avec l'aide
pe plusieurs personnes accourues à ses cris de
détresse.
Transportés l'un et l'autre dans une maison
voisine, ils y ont été l'objet de soins qui les
®nt bientôt remis.
-Le jeune ouvrier veut alors s'approcher de
celle qu'U vient de sauver ; mais, à peine a-t-
Il jeté les yeux sur cette jeune fille, qu'il
pousse un cri et s'évanouit.,à son tour.
On eut bientôt l'explication du fait.
: Etienne devait épouser la jeune Elle : il
avait rompu avec elle à la suite de bruits ca-
tomnieux qu'on avait répandus contre elle.
De là l'acte de désespoir de la pauvre fille.
1 Cette histoire, qui aurait pu se terminer
comme un drame, va se dénouer par devant
\1. le maire du neuvième arrondissement.
UN ENFANT, QUI PROMET
Alfred Lecoq, âgé de quatorze ans, oontra-
rié de ce que sa mère l'empêchait de sortir
aussi souvent qu'il le désirait, a voulu, non I
pas l'empoisonner, mais lui faire du mal,
comme il a dit au tribunal correctionnel (100
chambre), où il était traduit.
Sa mère, la veuve Lecoq, n'avait pourtant
cessé de l'environner de soins, et il n'avait
jamais manqué de rien. Cette brave femme a
iité malade. pendant deux jours pour avoir
avalé une gorgée de cette atroce boisson ; elle
-avait, éprouvé de fortes coliques suivies de
diarrhée.
-< -I,e tribunal a acquitté le jeune Alfred, !
comice ayant agi sans discernement ; mais il
-a ordonné qu'il serait élevé dans u-ie maison
de correction jusqu'à l'âge de vingt ans ac- i
complis. Il vient d'interjeter appel contre
e.ette- décision..
De la Guérison immédiate des rétrécisse'
ments de l'urètre, par le docteur ROCHON (du
: Rhône). i fr. 25 franco, sous d )uble enveloppe, i
1 :.ch.DENTU ,galerie d'Orléans, et t. les libraires., i
VOYAGE
à travers la France
LA PETITE PRESSE
DANS LES DÉPARTEMENTS
CHABLIS (suite) : Le cheval Bayard et
les cent quarante-quatre feuillettes de
vin. — La guerre.
On m'a montré aussi à Chablis un puits
d'une excessive profondeur, et la légende en
explique ainsi le vide immense.
Il y avait autrefois dans la ville une cuve
gigantesque. Cette cuve contenait dix-huit
feuillettes de vin. Un jour le cheval Bayard,
— c'était un cheval qui habitait les envi-
rons et dont personne n'avait pu connaîtra
le maître, peut-être était-ce le cheval des
quatre fils Aymon,—le cheval Bayard vint
à la ville, et s'approcha de la cuve pleine
pour boire. Il avait grand'soif et on n'osait
lui rien refuser.
* Il vida d'un trait la cuve èt resta au
bord comme quelqu'un qui n'a pas DU tout
son saoul. On la remplit encore. La cuve
disparut sous la gueule du cheval Bayard
avant même qu'il ne levât la tête. Il ne s'en
allait pas. On alimenta la cuve une troi-
sième fois? même manège. Dix-huit autres
feuillettes de vin furent apportées et, après
cette quatrième fois, l'animal plus altéré
encore ne bougea pas d'à côté le gigantesque
récipient. Il fallut recharger, et, comme cet
entêté cheval Bayard ne faisait pas plus
signe de déguerpir qu'un pochar-d au bord
d'un comptoir de marchand de vins, on ne
lui servit qu'avec beaucoup de mauvaise
grâce la sixième consommation.
Notez qu'il avait déjà avalé avant celle-ci
quatre-vingt-dix feuillettes !
Enfin on lui servit une septième cuvée,
puis une huitième, et, comme ce coursier
décidément trop ivrogne voulait qu'on re-
nouvelât encore, ainsi qu'on s'exprime dans
les cafés-concerts, on refusa net de le servir
encore. Il avait bu cent quarante-quatre
feuillettes de chablls, et l'on trouvait que
c'était assez.
Mais ce n'était pas là l'opinion du cheval
Bayard. Et il le montra bien. 1
Comme c'était une bête aussi portée sur
la boisson que mal élevée, il entra en fu-
reur, hennit affreusement et lança au fond
de la cuve vide un tel coup de pied qu'il
la creva et creva aussi la terre qui était
dessous. • . • !
Le trou s'emplit d'eau, un puits fut
creusé, et c'est ce puits que l'on mon- 1
tre à Chablis. Prenez cette légende pour ce
qu'elle vaut. !
On voit aussi, à l'extrémité de cette petite
ville, une seconde église que précède un i
cimetière, j
Dans ce cimetière, j'ai salué avec.respect
pn monument commémoratif élevé aux mo- i.
biles morts dans la dernière guerre et qui j
ont fait bravement leur devoir contre les j
envahisseurs de la patrie ! Car. on s'est j
bien b'attu dans le pays, et Chablis qui, :
tout ouverte qu'elle est,,ne voulait pas re--'l
Devoir les Prussiens, a même éprouvé un !
b imbardement. Du haut des côteaux qui !
l'entourent, on lui a envoyé des boulets. j
Un boucher, transporté de fureur, y a I
tué de ses mains un uhlan, à coups de cou- |
leau, dit-on, et on usa de grandes repré- ;
vailles envers la ville, qui fut fortement im- i
posée. Le boucher fut fusillé par les Alla- i.
1 mands qui ne purent jamais . retrouver le
corps de leur compatriote.
VICTOR COCHINAT.
VIENT DE PARAITRE : :
LE MUSÉE POUR TOUS
-
MAGASIN D'IMAGES
TEXTE EN CI'NQ LANGUES
Français, Anglais, Italien, Espagnol et Allemand.
.
le numéro : 5 centimes
Chez tous les Libraires et Marchands de journaux.
POIGNÉE DE NOUVELLES
Hier, un grand bateau, après avoir heurté 10 Pont-
au-Change, il. 'Sombri: avec son chargement de bois.
Sur les cinq mariniers à bord, trois ont gagné terre
à la nage; les autres, cramponnés à l'une des piles
du pont, ont été recueillis par une embarcation.
— Dans la soirée, rue Greneta, on a trouvé une
tète de mort sur la voie publique. D'où venait-elle?
— Le cocher conduisant la voiture no 1464, en état
complet d'ivresse, a été écrasé par sa propre voilure
sur le quai Alalaquais.
— Mgr l'arehevêque de Cambrai vient de faire re-
mettre une somme de cinq mille francs à M. le pré-
sident de la société d'Alsace-Lorraine, à Lille.
— Avis aux collectionneurs :
Les souffleurs de verre sont en trlÎn d9 fabriquer
de fausses bouteille* fondues dans les incendies delà
Commune et de la dernière guerre. -
-:- M. Mathias Duval, professeur agrégé de la Fa-
culté de Pari-!, vient d'être nommé professeur d'a.
natomie à l'ficole des beaux-arts, en remplacement
de M. Huguet.
- — Un sujet prussien, qui se faisait passer pour
agent de police, le nommé Reisger, a été mis en état
d'arrestation, à Marseille.
— A la date du 20 septembre, Livingstone avait
•reçu les envois de Stanley. Le 23 décemb e, 100 hom-
mes d'Amrad, envoyés par le sultan, ont été surpris et
décapités par les indigènes.
Des renforts ont été expédiés.
— Le bal semestriel de la Société lyrique des Jeu.
nes-Amis aura lieu ce soir, samedi, dans les salons
de l'Etoile, avenue Wagram, 41. Ouverture à dix
heures.
— Demain, à deux heures et demie, 14, rue de
Volta, réunion mensuelle de l' Association franc7 com-
toise (précédemment J",w'assienne). .
LE TRIPLE ASSASSINAT
DE MONPLAISIR
C'est dans la nuit du 28 au 29 janvier que
les époux Guérin ont été assassinés avec leur
fille, âgée de vingt ans, dans une maison iso-
lée qu'ils avaient louée, chemin da Monplai-
sir, aux Maisons-Neuves.
Une voisine, qui portait chaque matin le
journal aux victimes, donna là première
alarme. ■
Les persiennes étaient fermées. On s'in-
quiéta ; on plaça, une échelle contre le mur
de clôture longeant la rue pour pénétrer
dans la maisoa, et, après avoir gravi quelques
échelons, on aperçut des traces de pas venant
da l'intérieur de la maison à la petite porte
de sortie.
Alors on se souvint qu'il y a une quinzaine
de jours, des voleurs s'étaient introduits au
deuxième étage de cette maison, qu'ils des-
cellèrent le coffre-fort qui se trouvait placé
dans une chambre située à cet étage. Le bruit
qu'ils firent en laissant tomber le coffre-fort
donna l'éveil à M. Guérin, qui était occupé à
lira son journal, au rez-de-chaussée, avec -sa
femme et sa fille. M. Guérin prit son fusil : j
■. àOEaKa»
ils s'enfuirent. Il était à peine sept heures du
soir.
Le f mmissaire de police de Villeurbanne
prévenu, s'introduisit dans la maison par la
petite porte d'entrée, qui n'était pas fermée,
pénétra alors dans l'intérieur de l'habitation
j et trouva les portes toutes grandes ouvertes.
; A ce moment, un spectacle horrible s'offrit
l à ses yeux. * .
Sur le plancher, entre le lit et la table de
nuit, M. Guérin était étendu, baigné dans
une mare de jang, la tête fracassée et le corps
couvert de blessures qui semblent faites par
un couperet de boucher.
Des lambeaux do cervelle et de chairs
avaient rejailli jusqu'au plafond.
Sur le lit, couvert de sang, était le cadavro
de Mme Guérin, pour ainsi dire plié en deux
et légèrement incliné di côté droit. De nom-
) breuses blessures à la tête et à la partie supé-
| neure du corps se remarquaient également
i sur le cadavre, blessures faites avec là même
; instrument. Les corps étaient encore chauds.
Dans la chambre contiguë, Mile Guérin,
étendue morio sur son lit, avait le crâne ho-
rizon talem l'Il t fendu.
La victime, selon toute apparence, a dû être
frappée dans son sommeil et n'a pas fait de
mouvement. Le crime consommé, l'assassin a
relevé le drap du lit sur la tête du cadavre, à
la hauteur de la blessure.
La férocité avee laquelle ce triple meurtre a
été commis, ces trois victimes hachées d&
coups et méconnaissables, ces lambeaux de
matières cérébrales projetés contre les murs
et au plafond faisaient supposer que cet ef-
froyable crime était l'oeuvre de plusieurs
complices.
Cependant, d'après certains indices décou-
verts dans la maison, cette boucherie abomi-
nable aurait été faite par un seul individu.
On se rappelle que, par miracle, il était
tombé, d-ans la nuit, la première neigé de
1 'aniiée, Or, du mnl" d'enceinte Jusqu'à la
maison, on a remarqué une suite de fias tra-
ces comme au charbon sur le léger tapis de
givre qui couvrait le sol. Ces empreintes in-
diquaient clairement qu'un individu était
sorti de la maison Guérin dès le matin; mais,
comme il a été impossible de trou ver trac : de
son entrée, il devenait évident qu'il y était
dès la veille, et qu'il y avait passé une partie
de la nuit.
Dans l'intérieur, certains détails n'ont pas
tardé à confirmer cette opinion. Ainsi, dans
une des pièces,'était étendu un matelas qui
portait encore la marque du corps qui s'y
était étendu.
C'était évidemment un lit de camp, que la
famille Guérin avait dressé pour un hôte dont
elle avait reçu la visite imprévue. '
De plus, sur la table de la salle à manger,
on a remarqué les restes d'une petite colla-
tion, et, dit-on, quatre verres.
En face de cette accumulation de preuves,
il ne reste qu'à découvrir, l'hôte mystérieux
que. les malheureuses victimes ont abrité
pendant cette sanglante nuit sous leur toit et v
qui a lâchement attendu leur sommeil pour
les assassiner. '
Suçant la distribution des lieux et la posi-
tion des cadavres, la demoiselle Guérin aurait
été' tuée la première à coups de hachette sui
le crâne.
Le bruit des coups a sans doute réveillé le
père Guérin que le meurtrier a assommé à
son tour au moment où il s'élançait de son
lit pour porter secours à sa fille. La femme
Guérin, malade depuis quelque temps, ré-
veillée en sursaut et épouvantée par la scène
do l'assassinat de son mari, s'est sans doute
mise à appeler au secours. Aussi est-ce sur. elle
que le criminel à assouvi sa rage avec le plus
de fureur.
L'arme qui avait servi au crime a été re-
trouvée: c'est une hachette-couperet, que los
assassins avaient prise à la cuisine.
Il est certain que ce triplé assassinat a eu le
vol pour .mobile. Le coffre-fort, qui ne renfer-
mait pas de valeurs, était défonce et les meu-
bles fracturés.
N° 5. — Feuilleton de la PETITE PRESSE
LES MILLE NOUVELLES
UN ACTE DE DÉSESPOIR
II
— Suite —
— Et si l'on nous refuse...
— Nous sautons... c'est la réponse à tout...
Nous ne sauterons qu'une fois... Demain je
me fais meubler deux chambres nuptiales
par le premier tapissier da Dublin. Nous au-
rons deux noces superbes...
— Où do ne ? ,
— Où? ciiez Greamesh; dans des galons
magnifiques. Toi tu passeras le premier, moï I
le second; il faut toujours q-ue l'un de nous i
deux garde ce volcan. Nous invitons à nos i
noces toute la ïiaute société de Dublin ; nous
•dansons jusqu'au jour; nous dévorons dans
un festin et dans un bal cent mille francs...
— Et qui paiera?
—Parbleu ! JShwah et Greamesh, nos beaux-
$ères, paieront.
C'est juste., Célestin i mais après, com-
m&nt tout cela finira-t-il?
— Ah ! qui sait ? Cela ne finira neut-être !
pas. Il n'est pas nécessaire que cela finisse. I
Cela commencera tous les jours, j'ai même le i
projetdeme faire nommer maire de Dublin, !
et toi préftt du département de rirlande. ^ (
En attendant de donner un essor fabuleux
à notre ambition, commençons par les choses
aisées ; marions-nous : lorsque nous aurons
des enfants, nous les 'établirons avantageuse-
ment dans les trois royaumes.
Cette conversation fut interrompue par un
fracas tumultueux de musique anglaise qui
remplissait Sake ville-Street. Célestin ouvrit,
et ferma la porte, toujours avec les prépau-
tions d'usage, et descendit dans la rue, où il
ne manqua pas de rencontrer son voisin Ri-
chard qui semblait attaché à tous ses mou-
vements..
— Qu'est-ce que cela? demanda vivèment
Célestin à M. Shwab. *
— C'est le festival de Dublin qui passe, ré-
pondit poliment M. Richard.
— Et où va-t-il.ce festival enragé?
— A Town-Hall.
— Et que va-t-elle faire à Town-Hall, cette
musique de damnés ? 1
— Elle va accompagner trois cents chéris- i
tes qui chanteront le Great-God et la Création
de Handel. - i
— Monsieur Richard Shwab, allez dire à *
ee festival que j'aime la musique, et .que je
veux entendre le Great-God et la Création,
sous ma croisée, là, ce soir, avant le coucher
du soleil.,
— CApitainO) dit Richard, nous allons tâ-
cher de vous arranger cela... , , ['■
— Comment ! vous hésitez ! ' ; . ■
— Non, non, rien n'est 'si aisé, jè vais voir v;
le ehériff. Mous vous apporterons le festiva.'. I
Célestin remonta chez lui et annonça 'à Xa« !
vier.le concert -du soir qu'il venait dtr'.fam.. 'i
mander à M. Ricard»
. — Ce sera un beau triomphe, lui dit-il, si
nous avons cette armée de musiciens.
Et il se mit à, la croisée pour entendre le ■
festival. - !
Une heure avant le coucher du soleil, on i
vit poindre à l'extrémité de Sakoville M. I
Shwab triomphant ; il servait d'avant-garde j
au festival. !
L'armée'des exécutants défila, dans cette
rue, la plus large de toutes les rues de l'uni- :
vers, et se rangea en bataille devant Poit-
Office. _ .. ;
Une symphonie servit d'ouverture ; chaque ;
musicien, selon l'usage, joua son air favori,
avec cette noble indépendance qki caractérise i
l'artiste anglais. Ensuite trois cents gueules I
se précipitèrent sur Handel et le déchirèrent j
sans pitié. - ;
Célestin, du haut de sa croisée, remercia ;
les. choristes et les musiciens, et, dans si mu-
nificence de roi, il ordonna à Greamesh de-'
désaltérer toute cette armée avec la brasserie
de Luxton. ;
Greamesh s'inclina. ?
Cependant il était aisé de voir que Greamesh :
se contraignit violemment pour ne pas laisser i
échapper un violent-désespoir. ;
A neuf heures du soir, la nuit étant fort 'j
sombre à cause d'un orage du commence- '
meht de l'été, Célestin ne put résister à
l'envie de sortir, mais dans le plus grand in- i
cognito, pour entendre les conversations qui J
se tenaient à leur sujet dans les promenades !
publiques. ,, i
Il y avait beaucoup de monde à I'hœnïp- !
Par/f. Le marin se glissa ténébreusement dans '
les groupes, et sa curiosité eut lieu d'être sa- 1
tigfïyte. On ne parj^t de la mise ou éj&î i
d'e siège de Dublin par les deux marins fran-
çais.
Des ouvriers de Richard Shawb, des em-
ployés de Post-Office, des convives habitués de
Greamesh, tous plus immédiatement inté-
ressés que les autres citoyens à cette étrange
affaire, se faisaient remarquer par la violence
de leurs propos. ,.
— Il n'est pas juste, disait-on dans ce
groupe, que deux ou trois personnes riches
payent pour toute la ville. Voilà cette folié du
festival qui a pris encore deux cents livres,
dans la bourse de M. Greamesh.
D'autres voix disaient :
- Si ces fantaisies de marins so prolongent,
Greamesh et Richard sont ruinés en huit
jours.
— C'est évident.
— Et qu& voulez-vous qu'on fasse?
- — On a écrit hier au gouvernement.
— BBlle ressource! Le gouvernement ne fe-
ra rien. -
— Illenverra des troupes.
— Eh! ils se moquent bien des troupes !
— Le plus fâcheux, c'est qu'il se forme è
Dublin un parti pour ces deux marins.
— Un parti!
— Oui, les pauvres sont pour eux. Ce soir,
les musiciens, ivres de porter et d'ale, ont
crié : Houra for Célestin! et c'était GreamoaD. •
qui payait!... Oh! cela ne peut durer.
En ftndez, entendez donc! les choriste
du festival ont composé une chanson :
La naïade du houblon est tarie;
• fleura pour Gélestuî! ! f
{M juiîp à
[texte illisible]
^«■ir le LUL"QérQ d'Mer
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