Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1896-12-08
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39294634r
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 200316 Nombre total de vues : 200316
Description : 08 décembre 1896 08 décembre 1896
Description : 1896/12/08 (Numéro 342). 1896/12/08 (Numéro 342).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k468585n
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
.JGtlHNAL -VÎMES DÉBATS OT M^RDI.B. DECEMBRE ;489&
pourra qu'étendre et augmenter notre popularité et.
notre prestige. »
« Rien ne serait plus dangereux en ce moment, dit
le Daily News, que de Jaisser croire que l'Angleterre
n'est pas résolue S observer une 'attitude correcte à
l'égard- de l'Egypte mais, quand la Chambre des
Communes sera invitée à sanctionner l'emprunt, il y
aura lieu de passer minutieusement en revue toute la
politique de lord Saiisbury »
Londres, le 7 décembre!
On dit, dans les cercles militaires, que d'importants
renforts de troupes seront envoyés l'année prochaine
en Egypte. On parle de 18,000 hommes.
La dernière division des troupes indiennes quittera
Souakim vendredi.
ROYAUME-UNI
£A. DÉPENSE DES COLONIES ANGLAISES
l Nôtre correspondant nous écrit de Londres: ̃r~
Voici quelques détails complémentaires sur le dis-
cours prononcé par le duc de Devonshire à la séance
de l'Imperial League ;il s'agit d'un sujet que, en sa
qualité de président du Conseil de la défense impé-
riale, le duc est mieux à même que personne de
traiter, celui de la défense des colonies britanni-
ques.
̃ H a rappelé 'que,- en\ 1888, un pas important- a- été
fait vers la fédération et l'union impériale, quand,
par une convention avec la mère patrie, l'Australie
et la NouyeJIe-rZélande se sont engagées à payer l'in-
térêt des sommes consacrées à augmenter la flotte
anglaise stationnée en Australie et à subvenir à une
partie des frais d'entretien de ladite flotte. Cet enga-
gement, fait pour une période de dix ans," est renoti-
̃velable en 1898, et le duc dé Devonshire a déclaré
officiellement que le gouvernement de la reine est
très désireux de le voir renouveler sous une forme
ou sous une autre.
Après avoir expliqué que le Comité de défense co-
loniale, composé de représentants des ministères de
la marine, de la guerre et des colonies, a étudié et
élaboré un plan de défense coloniale dont les détails
sont .connus à chaque colonie anglaise en ce qui les
concerne spécialement, et que chacune de ces colo-
nies sait aussi ce qu'elle aura à faire, avec ses pro-
pres ressources, dans certaines éventualités, le duc
«le Devonshire a. donné lecture d'un Mémorandum
officiel exposant les principes sur lesquels est basé
le système de défense des colonies britanniques.
Voici la traduction de ce -Mémorandum officiel
Défense impériale
Le maintien de -la suprématie navale a été pris comme
fcase du système de défense impériale contré toute atta-
que d'outre-mer. Il est le facteur principal de .l'organisa-
tion de la politique défensive de l'empire et est complè-
tement reconnu par l'Amirauté qui a accepté la respon-
sabilité de protéger tous les territoires ;britanniques si-
tués en dehors du Royaume-Uni contre une invasion
organisée par mer. Pour accomplir cette mission, elle
revendique le pouvoir absolu de disposer des forces de
•lu manière qu'elle considère comme la plus propre à
assurer, le succès et est opposée à limiter l'action d'une
partie quelconque de ses forces au voisinage immédiat
de places qu'elle estime pouvoir être plus efficacement
défendues par des opérations conduites à distance. Il est
reconnu, cependant, que les bâtiments de 'Sa Majesté,
occupés à poursuivre et à détruire les escadres d'un
ennemi, peuvent ne pas être en mesure d'empêcher des
opérations'de pillage contre dès ports .britanniques, de
-la part de croiseurs ennemis. La gravité des attaques de
• cegenre variera,danslesdifférentespartiesdumonde, selon
la force des marinesennemies, la position plus ou moins
rapprochée de leurs hases et les troupes qui s'y trouvent ou
pourront y être facilement amenées en prévision d'une
guerre. Elle vârièraaussi, de temps en temps, selon les mo-
difications des combinaisons politiques. Mais il estau plus
haut degré impossible qu'une attaque de pillage puisse
êtreJaite autrement que. par, un petit, nombre de. bâti-
ments, ou qu'elle ait un effet permanent, àmoins qu'il ne
puisse être débarqué des troupes. Dans aucun cas, il ne
serait possible de recevoir et de transporter plus de
quelques milliers d'hommes sans arrangements et prépa-
tifs de nature à faire rentrer ces opérations dans la ca-
tégorie de celles que l'Amirauté s'est engagée à empê-
cher.
Contre des expéditions de ce genre il a été jugé né-
cessaire de protéger absolument celles des places indis-
pensables à. la marine pour faire du charbon, s'approvi-
sionner et réparer des avaries. L'Amirauté a choisi pour
cela certains ports et il a été employé pour leur défense
toutes les ressources impériales disponibles pour le ser-
vice étranger. En plus des ports fortifiés pour la marine,
il *n est d'autres qui, sans être compris dans 'ce que
l'on peut appeler le plan stràtëgîi}ue, sont aussi exposés,'
par leur importance commerciale, à des attaques de
pillage, et pour la défense des intérêts spéciaux des-
quels il était nécessaire de prendre des mesures. Les res-
sources des places qui, dans l'esprit de l'ennemi justi-
fieraient les risques qu'une attaque impliquerait, sont gé-
néralement suffisantes ptfur'quëla défense locale soit assu-.
fée par des moyens locaux, et là où se trouvent réunies la
jBossibilitë d'une attaque etles ressources nécessaires pour
la résistance, il a été décidé que le devoir de prendre
les mesures suffisantes pourla défense incomberaitàla co-
lonie intéressée. En s'occupant de ces places, le comité a
conseillé la création de défenses fixes suffisantes pour em-
pêcher leur occupation sans résistance par des croiseurs
hostiles, mais plus spécialement encore l'organisation
de troupes suffisantes pour lutter effectivement contre
les troupes qu'un ennemi pourrait débarquer pouf s'as-
surer un avantage pecraanent. Des troupes sans travaux
de défense peuvent arrêter un ennemi et déjouer ses
projets. Des travaux de défense sans troupes sont inutiles
et décevants.
Tels sont, officiellement expliqués, les principes
̃sur lesquels est organisée la défense des colonies an-
glaises. •
ALLEMAGNE
'.̃"<̃̃, LE FAOCÈS HECKERT-HJTZOW.
y Berlin, le 7 décembre.
Le commissaire de police de Tausch est provisoi-
rement suspendu de ses fonctions, à cause des dé-
bats judiciaires en cours.
AUTRICHE-HONGRIE
-̃ !•"̃; 1ES DÉPLACEMENTS DE L'EMPEREUR
̃: • ̃̃ Londres, le 7 décembre.
Le correspondant du Daily Telegraph à Vienne
confirme que l'empereur François-Joseph se rendra
vers la mi-février au cap Martin où il aura proba-
blement une entrevue avec M. Félix Faure. D'autre
part, le même correspondant eet informé que c'est au
mois de mai que l'empereur d'Autriche se rendra à
'Saint-Pétersbourg.
SUEDE ET NORVÈGE
Christiania, le 6 décembre.
On assoie que -les négociations qui avaient été en-
îamées en vue de renouveler le traité de commerce
entre la Suède et la Norvège n'ont nas abouti.
RU5SIE
LA QUESTION DES DÉTROITS
Saint-Pétersbourg, le 7 décembre.
Les Novosti représentent l'abrogation de la ferme-
ture des détroits turcs comme absolument néeessain
au prestige dont la Russie a besoin pour exercer un<
•pression énergique sur la Turquie et contribuer effi
cacemenf àla solution de la crise orientale. L'am-
bassadeur, M. de Nélidof, repartira après-demaii
pour Constantinéple.
Saint-Pétersbourg, le 7 décembre.
Le Novoié Vrémia publie aujourd'hui un arlicfr
du général Bogdanovitch contenant des détails sui
lé voyage de l'empereur et de l'impératrice à Pari:
et racontant les entrevues du général avec les prin-
e'p'aux personnages du monde officiel français.
HOLLANDE
C'est par une erreur typographique que dans un de
nos derniers Bulletins nous avons annoncé que le
programme électoral des catholiques réclamait la
suppression de l'héritage en ligne directe; nos lec-
teurs auront compris qu'un mot avait été sauté ei
qu'il s'agissait de la suppression des droits de suc-
cession en ligne directe.
TURQUIE
GRECS ET SERBES EN kAÇÉDOINB
On annonce que, malgré les protestations du gou-
vernement serbe et la pétition de nombreuses fa-
milles, un évêque grec, Mgr Ambrosius, a été élu par
!e Suinl-Synode métropolitain d'Uskub. On craint
peut-être- un schisme ecclésiastique de la part des
Serbes. La nomination d'un prélat de nationalité
grecque au siège métropolitain d'Uskub, et particu-
lièrement le fait que le patriarche œcuménique
Mgr Anthymos n'a pas tenu la promesse formelle
qu'il avait faite à la SerSie et au Monténégro de pro-
poser un prélat de nationalité serbe, ont, en effet,
causé un vif mécontentement dans l'opinion publique
"«n Serbte."On demande de ^différents côtes que l'on
cesse le payement àe la subvention que la Serbie
fournissait jusqu'ici au patriarcat -et que l'on profite
même de l'occasion poue déta~her° l'Eglise Rsftonale
înême de l'occasion gour détacher l'Eglise nationale
serbe du patriarcat œcurnènïque et pour créera Bel-
̃grade un patriarcat, serbe, Ji. en .croire une, dépêche
d'Athènes, des désordres- auraient déjà éclaté à
Uskub et la cathédrale aurait dû être protégée parla
police. '̃•
•. ̃' ̃.̃ ̃"̃' EGYPTE ""̃' ̃-̃
LE rfuSIÏB DE GIZEH
M. Dourgnon, l'architecte français dont le plan A
été préféré pour la construction du musée de Gizeh,
vient d'arriver en. Egypte, aia de surveiller le tra-
vail.
ÇHÏNE
UNE MISSION COMMÉRCIAXB ALLEMANDK
La Gazette de Cologne annoncé qu'une mission
commerciale allemandej se rendant en Chine, partira
probablement, le 27 janvierl897,-de-Brême.
LETTRE DE CHINE
Shanghaï, octobre 1896.
Les chemins de fer en Chine. La question des taxes '3'
sur les produits fabriqués par l'industrie étrangère.
La population chinoise ayant augmenté dans des
proportions considérables à Vladivostock, le gouver-
nement chinois a l'intention de nommer un consul
dans ce port. Il a invité, à cet effet, le vice-roi actuel
du Tcheli, Ouang-Wen-Chao, à lui adresser un rap-
port et à lui soumettre une liste de fonctionnaires
qui seraient le plus aptes à occuper ce poste. Il pa-
raît, d'ailleurs, qu'avant de prendre cette décision
le Tsong-li-Yamen se serait mis d'accord avec le re-
présentant du gouvernement russe à Pékin.
Celui-ci, le comte Cassini, est parti en congé, la
fin du mois de septembre, après avoir signé une con-
vention aux termes de laquelle la gouvernement russe
est autorisé à faire passer une ligne de chemin de fer
à travers là Mandchourie. Cette ligne, partant de
Nerdchinsk, passera par Tsitsihar et aboutira à Vla-
divostock. Il paraîtrait que la Russie avait demandé
de faire un embranchement, de Tsitsihar à Port-Ar-
thur mais les négociations entamées dans ce but
n'ont pas abouti. Rien ne dit, du reste, qu'elles ne
pourront pas être reprises dans un avenir plus ou
moins éloigné.
Une commission spéciale, composée de plusieurs
ingénieurs russes et accompagnée de délégués chi-
nois, a été spécialement chargée de procéder à une
étude pour le tracé de la ligne et pour se rendre
compte des dépenses que son établissement nécessi-
tera. C'est seulement lorsque cette étude prélimi-
naire sera terminée que l'on avisera aux mesures fi-
nancières qu'il conviendra d'adopter; mais, dores
et déjà, on prétend qu,e le nouveau chemin sera propriété chinoise et exploité par une adminis-
tration purement chinoise.
:Vous savez sans -doute, déjà, que la Compagnie de
Fives-Lille a signé avec le Tsong-)i-Yamon, par l'in-
termédiaire- de son représentant à Pékin, M. l'ingé-
nieur Grille, une convention lui donnant la construc-
tion et l'exploitation," sous la surveillance d'un com-
missaire impérial qui sera spécialement désigné pour
ce service, d'une ligne de chemin de fer se raccor-
dant avec le réseau français du Tonkin, et .qui, par-
tant de Dorig-Dang, localité située sur la frontière
du Kouang-Si aura, provisoirement; comme point
terminus, Longtchéou, ville ouverte au commerce
étranger; Je dis provisoirement, car il est bien cer-
tain quelles Chinois reconnaîtront ï'utilité.de. prolon-
ger cette ligne jusqu'à Nan-Ning-Fou, centre, de
commerce important. Cette éventualité serait, d'ail-
leurs, prévue dans le contrat passé avec la Compa-
gnie de Fives-Lille et stipulerait môme que c'est à
elle que le gouvernement chinois devra s'adresser,
s'il se décidait à créer d'autres lignes dans cette ré-
gion.
La ligne Hankéou-Pékin, dont il est question
depuis si longtemps, elle a;été:-pfoposée dès 1888
.pai- le vice-roi Tchang-Tje-Tong, va-t- elle enfin
entrer, dans la voie d'exécution ? On pourrait le croire,
à en juger par les bruits qui circulent, par les ren-
seignements plus ou moins exacts publiés journelle-
munt dans les journaux chinois et dans la presse
étrangère.
Ces jours-ci, on a reçu de Pékin la nouvelle qu'un
décret impérial autorisait non seulement la ligne en
question, -mais aussi une autre ligne de Hankow à
Canton, et que le taotaï Sheng-Shuen-Houi, ,déjà di-
recteur général des télégraphes chinois et de la China
Merchant's Steam Navigation Company, et surinten-
dant des douanes maritimes à Tîentsin, au moment
de la guerre avec le Japon, avait reçu, avec, sa no-
mination de directeur général des chemins dé fer, la
mission d'aviser, sans retard, aux mesures à prendre
pour procéder il la construction de ces lignes. Il s'a-;
git de plus de 1,500 kilomètres ce n'est donc pas
une bagatelle, comme vous le voyez, et vous com-
prendrez que, pour obéir à la volonté impériale, le
taotaï Sheng. aura fort à faire. '.•'̃
Tout d'abord, la question des fonds nécessaires :à
une pareille entreprise doit être tranchée. Les capita-
listes chinois les fourniront-ils?. C'est moins que
probable, étant donné surtout que certains d'entre
eux ont pris un intérêt souvent considérable dans
des Compagnies constituées" par le nouveau directeur
général des chemins de fer pour -l'exploitation de
mines d'or, d'argent ou de charbon et n'ont jamais
revu leur argent. On dit, il est vrai, qu'un puissant
Syndicat américain a fait au taotaï Sheng des offres
qui auraient été agréées; je doute fort cependant
qu'un contrat ait été dés à présent conclu, et le Syn-
dicat en question n'aurait certainement pas la naï-
veté de se contenter, pour une entreprise aussi vaste,
delà seule signature d'un fonctionnaire, quelque
haut placé qu'il soit. 11 exigera la sanction impériale;
or, celle-ci est peu facile à obtenir, par suite de l'in-
fluence encore grande du parti conservateur qui
existe à la cour.
Quoi qu'il en soit, il est à souhaiter que ces projets
abontissent car, seule, la création de voies ferrées
dans le Céleste-Empire pourra développer les riches-
ses immenses de ce pays, au grand bénéfice de ses
habitants et des étrangers.
je vous ai entretenu, dans ma lettre précédente,
de la mission confiée par la chambré de commerce
de Shanghaï à un de ses membres, M. Dudgeon.
Cette mission avait pour objet d'exposer aux repré-
sentants étrangers, à Pékin, les objecttions très sé-
rieuses que soulevait, là prétention du gouvernement
chinois de prélever une taxe de 10 0/0 sur tous les
produits fabriqués en Chine par l'industrie étrangère.
M. Dudgeon a reçu bon accueil mais il n'a pu, tou-
tefois, obtenir qu'une -démarche collective du corps
diplomatique fût faite, dés à présent, auprès du
Tsong-Li-Yamen dans le but d'obtenir l'abandon du
projet relatif à,la taxe en question. Les ministres plus
particulièrement intéressés lui ont demandé de faire
rédiger, par la chambre de commerce de Shanghaï, un
rapport détaillé sur les conditions actuelles du com-
merce, sur les mesures qu'il conviendrait d'adopter
pour en assurer le développement, et, en particulier,
sur les taxes qui, à son avis, pourraient être suppri-
mées, ainsi que sur celles qui lui sembleraient, au
contraire, pouvoir être conservées ou même établies
à nouveau.
La chambre de commerce va faire droit à cette
demande le travail qu'elle préparera sera des plus
intéressants, très documenté, et pourra certainement
servir de base aux arrangements à intervenir, en
vue de favoriser les transactions commerciales et in-
dustrielles de la Chine avec les pays étrangère.
NOUVELLES POLITIQUES °
Par arrêtés du ministre des travaux publics
M. "Viiîain, ingénieur ordinaire des mines de 2' classe,
actuellement chargé du service du sous-arrondissement
minéralogique de Vesoul et du 3' arrondissement du con-
trôle de l'exploitation technique des chemins de fer de
l'Est, a été chargé du service du sous-arrondissement
minéralogique de Nancy et du 2* arrondissement du ser-
vice du contrôle ci-dessus désigné, en remplacement de
M. Cousin, appelé à remplir les fonctions d'ingénieur en
chef.
M. Cousin, ingénieur ordinaire des mines de lr" classe,
actuellement chargé du service du sous-arrondissement
minéralogique de Nancy et du 2' arrondissement du
contrôle de l'exploitation technique des chemins de fer
de l'Est, a été chargé du service de l'arrondissement mi-
néralogique du Mans, en remplacement de M. Langlois,
admis à faire valoir ses droits à la retraites
Il remplira les fonctions d'ingénieur en chef.
Les candidats, dont les noms suivent, déclarés ad-
missibles à l'emploi de commissaires de surveillance,
à la suite du concours de 1894, ont été nommés com-
missaires de surveillance administrative des che-
mins de fer de 4» classe et attachés
M. Desenclos, à la résidence de Bar-sur-Seine, en rem-
placement de M. Romain.
M. Trouplin, à la- résidence de Chàteau-du-Loîr, en;
remplacement de M. Blanc. •
M. de Mensignac, à la résidence de Segré, en rempla-
cement de M. Bonnard..
M. Séchai, à la résidence de Modàne, en remplacement
de M. Gourragne..
̃M. Cadilhac, commissaire dé surveillance administra-
tive des chemins de fer de 4° classe à Bourges {réseau
^Orléans), a été appelé à là résidence de Culoz (réseau
P.-L.-M j, en remplacement de M. Millpn, précédemment
appelé à une antre destination;
Le Journal officiel publie ce matin le décret rendu*
le 21 novembre ayant pour objet de régler sur de
nouvelles bases la comptabilité des Sociétés de cour-
ses et l'emploi des sommes provenant des tickets
icrpayés.
L-, -–•
Ghrtfîûcjtte électorals
Elections législatives
v f
̃i i ̃ YONNE '.̃ ̃̃
Arrondissement de Serxs -v
Inscrits 18,694. Votants 14,092.
Suffrages exprimés 13,098.
MM. Cornet, rad. soc. 6.486 voix.
Jayal, rép. progr 5.817
Fjjalkowski, rad. 1.389
̃Ballottage..
Il-s'agissait de remplacer M. Bëzine, radical, élu
sénateur.
DOUBS
̃ • Âri'ondissement de Pdhîarîièr v
Inscrits 14,538. Votants 10,530.
MM, Grillon, cons. gén., const.. 4.853 voix.
Maurice Ordinaire, rép 3.497
Docteur Grenier, rép 1 671
Giraud, rép 353
Picard-Pajol, rép* 22
Ballottage.
Il s'agissait de remplacer M. Dionys Ordinaire, dé-
cédé. •̃̃̃̃.̃̃•• •; '.V'
ALGÉRIE
Alger, le 6 décembre.
Tout récemment, Bouchekba, chef indigène, raz-
ziait, dans le sud de la province de Constantine, un
grand nombre de chameaux et s'enfuyait dans la
direction du Touât, son point de départ.
Poursuivis par les goums du poste d'Ouargla, les
malfaiteurs contournèrent le sud de la région Tidi-
kelt dans l'espoir d'échapper à nos cavaliers mais,
près d'être atteints, ils durent se réfugier dans les
zaouias, abandonnant leur prise.
Réunissant alors les chameaux au nombre de 133,
les goums rentrèrent à Ouargla, en passant par le
fort Miribel.
«s,
COLONIES & PROTECTORATS
LE GÉNÉRAL BRIÈRE DE L'ISLK
Le P. Lallemand, prêtre de l'Oratoire, a con-
sacré au général Brièro de L'Isle. une belle étude où il
a retracé toute la vie du général qui, né à la Marti-
nique, vint faire ses études au collège de Juilly, en-
tra à Saint-Cyr, puis dans l'infanterie de marine, où
il fournit la carrière que l'on sait, surtout comme
gouverneur au Sénégal et commandant au Tonkin.
̃Voici quelques passages des pages1 dans lesquelles
le P. Lallemand raconte l'œuvre du général comme:
gouverneur du Sénégal:
Le 17 septembre 1876, Brière âo L'Isle débarquait à
Dakar, comme gouverneur du Sénégal il entrait dans
une vie nouvelle, où son activité trouvait. un champ très-
vaste pour déployer ses qualités d'administrateur et de
chef militaire. Il succédait à Faidherbe. Organisateur de
premier" ordre, prudent et habile, connaissant bien les
nègres, ces enfants mobiles, passionnés aussi, mais
qu'un liochct séduit non moins qu'une action d'éclat, le
général Faidherbe avait conquis, au profit de la France,
un prestige moral s'étendant sur les Maures, puis siir
les noirs. ̃' '̃̃ ̃
̃ • • • • • « • • •. •'• • » -•
•Brière de L'Isla, mes amis, continuera les traditions de
Faidherbe. Lui aussi, il étendra le territoire dont nous,
étions ou les protecteurs ou les suzerains, en portant
notre drapeau du Sénégal au Soudan, sur les bords du
Niger. Sous soa énergique impulsion, le colonel. Galliéni,
le colonel Borgnis-Desbordes MM. Mage, Vallière, Pié-
tri, Tautain, Marly et Montéil, explorent les régions
situées entre Médine et le Haut-Niger, 'Jnsqu'à Bammako,
où le colonel Boilève revenait en 1883. L'œuvre qui tint
le plus att cœur à Brière de L'Isle fut la construction du
chemin de fer de Dakar à Saint-Louis.
Brière de L'Isle, mes amis, mérita bien de nos colons
du Sénégal par un autre service': il fournit dé l'eau douce 'l'
à la ville de Saint-Louis. Faidherbe'avait, à là pointe du
Nord, essayé des puits artésiens. Cette tentative n'aboutit
point. < ̃ •̃' .̃̃. '_• ̃̃ ̃̃ '̃̃̃
Brière de L'Isle la. repri.t,.et cette fois avec. succès. Un"
énorme siphon plongeant dans le Sénégal amené, l'eau:
douce de Lampsor à ̃Saint-Louis. Il dota aussi la capitale
de la colonie d'un; dé ses plus beaux ornements les ar-
• Kres qui jettent leur ombré à travers les rues de Saint-
Louis ont été plantés par lui; palmiers et cocotiers, dont
là yoûte s'élève comme un arc de triomphe continu!
Dans la Gambie, il favorise les Missions. Toujours il se
crée dans les missionnaires les associés les plus sûrs
pour organiser, pour administrer, pour venir au secours
des misères physiques et morales qui abondent dans le
pays africain. Il était aidé dans sa hoble tâche par sa
digne compagne. Courageuse et pieuse', malgré une santé
frêle, éprouvée par le rude climat du Sénégal, M"1* Brière
de L'Isle ne le céda jamais en dévouement à son vaillant
époux. Le 21 juin 1878, un paquebot ramenait à Bordeaux
le .gouverneur du Sénégal et sa femme. Ils venaient se
reposer en France. Tout à coup la nouvelle éclate que
la fièvre jaune a fait son apparition là-bas et qu'elle mul-
tiplie les morts. Brière de L'Isle repart tout de suite pour
aller au poste périlleux, et sa femme le suit dans ce
voyage qui pouvait aboutir au trépas..
Aussi vous étonnerez-vous, mes amis, que la lettre sui-
vante ait été écrite de Saint-Louis, à la date *lù 5 juillet
1896 « Se souvenant de son ancien jgouverneur, et pro-
fondément touchée par la nouvelle de sa mort, la popula-
tion de Saint-Louis, unie avec nous, fera célébrer, le 5 de
ce mois, un service funèbre en son honneur; et, désireux
de perpétuer son souvenir, le Conseil municipal vient de
décider de donner le nom de Brière-de-L'Isle à la princi-
pale rue de la ville. » (Troupes de l'Afrique occidentale
le général commandant en chef, Boilève.)
GUERRE ET MARINE
M. le ̃vice-amiral Ménard a été nommé comman-
mandant en chef, préfet du 3e arrondissement mari-
time à Lorient..
LE CANON A LA DYNAMITÉ
II paraît, l'information vient de New-York et
nous la donnons sous ïéserve, que les insurgés
cubains auraient remporté divers succès, grâce à un
canon à la dynamite de provenance américaine. 7
Le canon à la dynamite connu jusqu'à ce jour
lance son projectile au moyen de l'air comprimé à
haute tension. Expérimenté aux Etats-Unis et en An-
gleterre, il n'a donné comme pièce de côte que de
très médiocres résultats. Les révoltés de Cuba se se-
raient procuré une pièce de campagne de ce système
dont ils se seraient servis utilement. La meilleure
portée de cette pièce serait de 800 à 900"mètres, mais
elle peut être utilisée jusqu'à 1,600 mètres. Le pro-
jectile, au point de chute, couvre une zone de des-
truction qui n'a pas moins de 100 mètres de rayon.
Les Cubains racontent que, dans un engagement
avec les Espagnols, ils ont démonté une batterie de
deux canons au second coup tiré par le canon à la
dynamite mais c'était Maceo qui tirait en personne
Résultat 30 Espagnols tués, la batterie et les ca-
nons espagnols bouleversés de fond en comble les"
Espagnols en fuite.
Le lendemain, 5,000 Cubains et 12,000 Espagnols
engagent la lutte; les Cubains perdent du terrain; le
canon à la dynamite arrive. Il court d'un bout à
l'autre du champ de bataille, tire 5 coups, tue 150 Es-
pagnols, disperse les autres et dééide le succès des
Cubains; Voilà, en résumé, ce qu'on a dit à 'New-
York de cet engin de destruction 1 --̃•"•:
REVU E DE LA PRESSE
M. Marcel Sembat est convaincu que les socia-
listes prendront à Càrmâux leur revanche. Le député
socialiste do la Seine prédit ce triomphe dans la Car-
magnole de l'odieuse façon que Voici
Je ne suis pas grand prophète, mais je serais étonné
que ce jour-là un nouveau cortège ne circulât pas à tra-
vers les rues de Carmaux, triomphal, joyeux, en chan-
tant 2a Carmagnole, et Rességuier en sera. Sndre en
sera, en tête. Oui, je distingue leurs tètes dans le cor-
tège quant au reste du corps, je ne suis plus aussi sur;
peut-être sera-t-il resté un peu en arrière.
M. Paul de Cassagnac s'élève, dans l'Autorité,
contre l'obligation du duel dans l'armée
Contraindre à s'aligner, dit-il, des gamins de vingt ans
pour une discussion au café-concert, c'est pitoyable et
scandaleux.
Et perdre son fils en de pareilles circonstances, c'est
l'abomination des. abominations le meilleur, le plus
chaud des patriotes y trouverait lé droit de maudire
l'armée.
Est-ce qu'il n'est pas du devoir des colonels de servir
d'arbitres d'honneur dans les querelles généralement:
sans importance de deux jeunes soldats 6U de deux jeu-
nes sous-officiers, et, parce que ces jeunes gens se sont
crêpés comme deux petits coqs, faut-il donc, au nom de
Vhonneur, leur mettre le sabre à la maint '1 •
En Russie, les offteiers -du "régiment constituent un tri-
bunal d'honneur, jugeant tout ce qui se passe au corps'
et qui peut avoir trait â l'honneur.
Pourquoi ne pas instituer ce système chez nous ? 7
Une proposition émise par M. Arsène Alexandre,
dans le Figaro, au sujet des "baraquements qu'il est
question d'élever, à l'usage du SaltfU et du Concours
hippique sur la place du Carrousel
Pas de Salon pendant trois ans, comme ce serait joli,
et comme dans trois ans le Salon paraîtrait neuf! Com-
bien de nymphes et de Vierges auraient le temps de se
refaire. une virginité, ou une apparence Que de sous-
bois refleuriraient, que de chloroses seraient soisrnées,
que d'épisodes de Salammbô nous seraient épargnes, que
de soldats surmenés par les manœuvres et les escar-
mouches auraient quitté le service! Que de jeunes ma-
riés, laissés « enfin, seuls pendant un délai raisonna-
ble, auraient pu divorcer 1 '̃
Mais c'estune proposition bien trop salutaire pourqu'on
l'adopte. Les exposants voudront exposer dans des expo-
sitions jusqu'à ce que mort s'ensuive. Qu'il soit fait selon
leur volonté, et qu'ils exhibent où bon leur plaira. Seule-
ment, que ce ne soit pas au Carrousel! l
Parce que cela serait affreux, c'est entendu.-
Puis; parce que c'est tout de même trop près du Lou-
vre, et que cela pourrait favoriser, on voit combien nous
sommes charitables, des comparaisons désastreuses
pour certaines de nos gloires. =•̃ ̃̃"
Du Gaulois
Les. temps atroces de Lorenzaccio, que M™ Sarah
-Bernhardt jtRST en ce moment
̃ "Un autre très illustre rejeton de la famille Strozzi'
ami et confident de Lorenzaccio, Philippe Strozzi, se tua
dans sa prison et l'on trouva sur son cadavre le testament
qui suit
« Afin d'échapper à mes ennemis et de crainte d'être,
soumis à la torture, comme je l'ai été déjà, et de me
laisser arracher, par la violence des tourments, des ré-
ponses préjudiciables, à l'-honneur de mes parents et de
mes amis, ce qui est arrivé récemment au malheureux
̃Gondî, .'̃̃̃̃ ̃'̃̃' ̃̃-•••-
» Moi, Philippe Strozzi, ai fésolu; par les seuls moyens
qui me restent et malgré les répugnances que m'inspire
pour un tel acte le respect de mon âme, de terminer ma
vie de mes propres mains.
» Js recommande mon âme à Dieu.
» J« prie mon ami Jean di Luna de faire retirer du
sang de mea veines pour en faire un gâteau et l'envoyer
au cardinal Cibo afin qu'il se rassasie après ma mort de
ce qu'il n'a pu avoir pendant ma vie c'e3t le seul titre
qui lui manque pour arriver an Pontificat qu'il ambi-
tionue. "̃̃̃
» Et je le prie encore de me faire enterrer à Santa-
Maria-Novella, auprès de ma femme si cela ne se peut,
je me reposerai là où on me mettra.
» Philippe Stbozzi, jamjam morituncs. »
Ce qui rend plus macabre encore l'étrange proposition
contenue dans le document, c'est l'horrible jeu de mots
qui eu résulte, car le mot cibo, en italien, signifie nour-
riture.
Du Progrès de la Côte- d'Or
La conférence que donnera M. Yves Guyot, le 12 cou-
rant, se présente sous lès. meilleurs auspices.
Les bureaux des Syndicats des vins, spiritueux en
gros et en détail de France ont été invités à prendre
part à cette grande manifestation, qui a son importance
à la veille du remaniement de l'impôt sur les bois-
sons. ̃̃ -̃̃=̃
Ont répondu à l'appel- du comité d'organisation, MM.
Larcher, président du Syndicat national des vins et spi-
ritueux de France Picon, président des distillateurs de
la Seine; Marguery, président de l'alimentation de Pa-
ris, etc., etc.
En dehors du monde spécial des liquides, nombre de
sénateurs et députés viendront écouter l'ancien ministre,
pour se faire.une opinion sur la question du monopole
de l'alcool, très agitée en ce moment, mais peu com-
prise quant aux moyens à employer pour en assurer
i'exécutipji,.
L'UNIVERSITÉ DE LYON
A la cérémonie d'inauguration de l'Université de
Lyon qui a. eu lieu vendredi, M. Ed. Aynardj député,
a prononcé, au nom de la chambre de commerce de
Lyon, qu'il préside, un discours dans lequel il a rap-
pelé la gloire de l'enseignement lyonnais, la renom-
mée de « l'Ecole lyonnaise » eh médecine et en chi-
rurgie et exprimé l'espoir que les traditions de
science de l'Université lyonnaise se perpétueraient.
Après de tels souvenirs, a ajouté M. Aynard, et en ne
consultant que les plus récents, eh raison de sa fortune
nouvelle,; on va beaucoup demander à notre Université.
On souhaitera surtout, maintenant qu'elle tient au sol,
que ses maîtres nous restent et qu'ils sachent grandir
ici. Quel bienfait que de pouvoir conserver de pareils^
guides pour notre esprit, et quels résultats n'eussent pas
été obtenus dans le passé .si cette ville avait pu long-
temps entendre les leçons des hommes illustres dans les
lettres et dans les sciences qu'elle a produits on qui
l'ont trop vite traversée Quelle Université idéale, in-
comparable, ne pourrait-on pas édifier avec tous Ces
noms qui nous reviennent à la mémoire, et que l'astre
brillant à Paris a trop vite attirés!
Notre Université peut cependant mettre quelque con-
fiance en l'esprit lyonnais quelque précieuse et rare que
soit la semence qui sera jetée en notre terre, elle pourra
y germer.
Après avoir cité quelques passages consacrés à la
ville' de Lyon par Edgar Quinet, dans le discours
qu'il prononçait le 10 avril 18-39 en. ouvrant à la Fa-
culté des Lettres de cette ville son cours de littéra-
ture étrangère, M. Ed. Aynard ajoute et conclut
II faut souhaiter qu'il (l'enseignement universitaire)
devienne une sorte d'apprentissage pour nos futurs poli-
tiques, pour eux comme pour nous îl n'est pas inutile,
d'apprendre qu'il exista des traditions, une histoire, une
société, et par conséquent une science sociale, un art de
raisonner et de saisir la relation entre les choses et- avec
l'ensemble, et qu'ainsi le libre gouvernement de la parole
n'est pas le gouvernement des mots.
La lumière de cet enseignement peut luire sur toutes
les professions en leur montrant que le monde n'est pas
un simple jeu de l'égoïsme et ne repose pas seulement
sur l'utile. La société démocratique a plus besoin qu'au-
cune autre d'écoles de réflexion générale, d'études sur'
le vaste inonde et l'infinie complexité de ses phénomènes;
d'elles se dégagera un sentiment croissant de tolérance,
de paix publique, et de travail un peu plus désintéressé.
Il existe assurément plusieurs manières de comprendre la
démocratie. Les uns n'y voient que l'exploitation de
l'Etat par de nouveaux hommes et de nouvelles classes
les autres y découvrent un régime de justice, permettant
mieux à chacun de s'élever par l'intelligence et par le
travail, et lui demandent en revanche l'accomplissement
plus large du devoir social.
Quand on contemple la grande merveille de l'art fran-
çais, une cathédrale gothique, l'œil se promène, ravi, j
dans le monde aérien de pierre qui contient tout un peu-
ple de statues. Parmi ces statues, les unes sont à la por-
tée de la vue et peuvent être contemplées les autres
sont perdues, comme un point dans l'espace, mais n'en
concourent pas moins à la radieuse harmonie dé l'en-
semble et s'y incorporent. Si l'on monte au faîte del'é-
ditice et qu'on se rapproche de ces figures impercepti-
bles d'en-bas, on découvre des œuvres délicieuses dont
l'auteur est resté mystérieux, et qui n'a pu que très rare-
ment recueillir la récompense ou l'aumône d'un simple
regard. Et, cependant, il éclate que ces grands artistes
ignorés, qui ont fait des statues qui ne «menaient à rien»,
ont travaillé dans la joie et dan-s la foi, heureux de leur
obscure contribution à la merveille et de leur subordina-
tion à l'ensemble dominé par celui qu'on appelait le maî-
tre de l'œuvre.
Vous aussi, Monsieur le recteur et Messieurs les pro-
fesseurs de l'Université de Lyon, vous êtes les maîtres
del'œuvre. Ce ne sont pas vos vaillants étudiants seuls
qui doivent y apporter leur pierre, tous les bons ci-
toyens lyonnais doivent devenir nos collaborateurs, puis-
que l'Université devient notre chose et peut influer sur
notre avenir. Pour que cet avenir nous donne confiance,
nous souhaitons que notre jeunesse généreuse attirée au-
tour de vos chaires par l'éclat de vos leçons y recueille
le savoir, mais y ressente en même temps le frisson sacré
du vrai, du beau, du bien.
XaA. TEMPETE
Bordeaux, la 6 décembre.
La journée a été abominable. Ce soir, la tempête a
été d'une violence extrême. Les dégâts en ville sont
considérables. On signale de nombreuses chutes de
personnes renversées par la violence du vent qui,
sur la place et aux carrefours, balayait tout sur son
passage.
Une dépêche annonce que la mer démontée a brisé
la digue de la pointe de Grave..Les flots se sont ré-
pandus de tous côtés, toute la plaine est inondée on
craint de grands désastres.
Brest, le 6 décembre.
La tempête a occasionné des dégâts considérables
dans la région.
Au Conquet, le parapet qui surmonte la jetée est
détruit sur une longueur de 60 mètres la cabane du
c¬ de' sauvetage â eu ses pignons enlevés plu-
sieurs bateaux sont coulés.
A L'Àberbrach, à Camaret, les pêcheurs subissent
des pertes sensibles; des casiers et des ustensiles
de pêche sont détruits.
Le ministre de la marine a fait distribuer un pre-
mier secours de 2,000 fr. par le commissaire de l'in-
scription maritime de Quimper entre les familles les
plus nécessiteuses.
Un voilier, faisant le service de correspondance
entre l'île de Batz et Morlaix, a dû faire naufrage
dans la nuit de vendredi à samedi. La coque du na-
vire a été trouvée sur la grève on ignore ce que
sont devenus les trois marins qui formaient l'équi-
page on les croit noyés.
Rive-de-Gier, le 6 décembre.
Une bourrasque terrible sévit depuis hier sur la ré-
gion, causant de très graves dégâts.
Au cimetière de Rive-de-Gier, de nombreux monu-'
ments ont été renversés ce matin; on évalue les per-
tes sur«e seuL point à plus de 20,000 fr.
̃ Dreux, le 6 décembre.
Par suite des pluies: continuelles, un écoulement
s'est produit ce matin, à huit heures, rue de la Grande-
Falaise. Environ 1,200 mètres cubes de calcaire sont:
tombés sur une habitation où logeait," avec sa mère'
et une nièce de huit ans, le nommé Hideux, jeune
homme aveugle,
L'alarme aussitôt donnée, on commença le sauve-
tage.
Hideux et sa mère, qui se trouvaient au fond d'une
excavation dans le roc, ont été retirés sains et saufs;
mais la fillette a été prise sous l'éboulement.
Depuis deux heures, les sapeurs-pompiers et plus
de cent travailleurs sont occupés au déblayement
mais on craint de ne pouvoir retrouver qu'un cada-
vre. Toutes les autorités civiles et militaires sont sur
lès lieux et dirigent les travauxl
LA RÉPARTITION DES RICHESSES
La librairie Guillaumin (14, rue de Richelieu) pu-
Nblie la quatrième édition de YEssai sur la répartition
déi richesses et la tendance à une moindre inégalité
dés conditions, de M. Paul Leroy-Beaulieu (1). Nous
publions la préface dont l'auteur a fait précéder cette
édition nouvelle.
Différents travaux, notamment la rédaction de notre
Traité théorique et pratique d'économie politique, nous
ont empêché de publier plus tôt la .quatrième édition de
notre Essai sur la Répartition des richesses et la ten-
dance à une moindre inégalité des conditions.
Quand cet ouvrage parut pour la première fois, à la fin
de 1880, le titre en sembla paradoxal et la thèse égale-
ment. Soutenir que la concentration des fortunes est un
phénomène qui appartient plus au passé, au récent
passé il est vrai, qu'au présent et à l'avenir annoncer
qua.la baisse des revenus du, sol, en dépit» de tous les
droits protecteurs, continuerait de s'effectuer que la
propriété urbaine elle-même allait être atteinte d'un
mal analogue et qu'elle aussi devait et doit diminuer de
rendement et de valeur; que la baisse du taux de l'in-
térêt n'était pas un phénomène passager, qu'elle était
réservée à une; accentuation quasi constante, jusqu'à ce
que la rémunération du capital tombât au minimum de ce
qui est compatible avec le maintien de l'épargne et de
ce dessaisissement que l'on appelle le placement c'était
là un ensemble de propositions qui paraissait tout au
moins téméraire.
Les docteurs et professeurs d'économie politique notam-
ment, occupés les uns à mettre en formules algébriques
une science qui répugne à ce traitement, les autres a la
transformer en scolastiqueù la fois touffue et vide, furent
stupéfaits que l'Jm eût la prétention de prévoir par l'ob-
servation, attentive l'évolution prochaine des phénomènes
sociaux.
Et cependant, nous apportions des preuves nombreu-
ses et précises à l'appui de cette thèse que les sociétés
contemporaines s'acheminent à une moindre inégalité
des conditions, que les fortunes tendent à devenir de plus
en plus temporaires et viagères, et le revenu à peïne
constitué à s'évaporer, que les bénéfices industriels di-
minuent aussi bien que ceux de la fortune acquise, et
que lé grand bénéficiaire, en définitive, de tous les pro-
grès de la science appliquée à la production, c'est le pro-
létaire dépourvu de capital qui veut et qui sait travailler.
Depuisqu'a paru la première édition de cet ouvrage,
les phénomènes se sont déroulés, confirmant de tous
points les prévisions de ce livre. Tandis que la causé et
la fin de cette évolution sont, pour un observateur exact,
faciles* à saisir, non seulement le gros public, mais même
la plupart des hommes qui, par profession, étudient les
questions sociales paraissent n'y rien comprendre. ̃'̃̃•
Ni telui-ci ni ceux-là ne veulent se rendre compte que
la civilisation moderne, fondée sur les application indé-
finies de la science à la production, tend à rapprocher de
plus eh plus les conditions humaines que, à la différence
de la civilisation antique, reposant sur la conquête, elle
provoque une dispersion, au lieu d'une concentration des
revenus. -.̃'̃"̃'
Les uns, même parmi les démocrates, notamment
..parmi les hommes d'Etat ou ceux que l'on désigne ainsi,
veulent s'opposer à cette prodigieuse at nécessaire évo-
lution, en recourant à toutes sortes de moyens empiri*-
ques, comme le bimétallisme, pour galvaniser les prix et
maintenir les revenus qui tombent. •
Les autres, n'apercevant pas que' le capital, graduel-
lement, perd la_plus grande partie de ses avantages, au
point de n'en bientôt plus conserver que la portion con-
grue- absolument indispensable à son renouvellement et
son utile accroissement; veulent le dépouiller, immédia-
tement et arbitrairement par les divers procédés qui se
couvrent du nom de socialisme. 1.
Le vrai danger de l'avenir des sociétés civilisées, ce
n'est pas qu'il y ait trop d'inégalité des conditions, c'est
qu'il n'y en ait plus assez et que, dans quelques décades
d'années, une morne uniformité de moyens et de vie pro-
duise l'apathie et l'engourdissement..
Nous n'avons, dans cette quatrième édition, rien modifié
à la partie doctrinale de ce livre, de plus en plus confir-
mée par les faits.
Une tâche s'imposait à nous, à savoir de rassembler
toutes les preuves nouvelles, si nombreuses, si concor-
dantes, si décisives, qui témoignent de la vérité de notre
thèse. Nous avons remanié notamment et étendu d'une
quarantaine de pages toute la partie de ce livré consa-
crée & l'étadé de la distribution actuelle des revenus et
des fortunes chez les principaux peuples civilisés, parti-
culièrement en France, en Angleterre et en Allemagne.
Nous y avons utilisé toutes les données positives qui
résultent des statistiques fiscales, entre autres, par
exemple, l'application de la rigoureuse loi successorale
de 1894 en Angleterre et de la réforme des impôts alle-
mands sur le revenu et sur la fortune. Nous devons,
pour la France, des remerciements à l'administration:
des contributions directes, qui â mis à notre disposition
ses relevés les plus récents, allant jusqu'au 1". janvier
1896.•
Outre l'intérêt général et doctrinal qui s'attache à ces
recherchés sur la répartition actuelle des fortunes et dés
revenus, elles sont indispensables pour éclairer les ques-'
tions d'impôt, que l'on débat aujourd'hui avec tant d'i-
gnorance et de préjugés.
Paul Léboy-BeaUliêu.
Paris, le 16 novembre 1896. pevr,
c o-BK.is.œ:six>ojw»jA.ivcs:
Nous recevons la lettre' ci-dessous
"Vivonne, le 4 décembre.
A Monsieur le gérant An Journal des Débats,
Monsieur, dans votre numéro du 2 décembre courant,
vous avez publié, sous le titre «L'Ami de la Bonne'
Femme » un article signé Maurice Spronck, qui contient,
sur mon caractère et sur mes agissements, des appré-
ciations contre lesquelles je proteste de la façon la plus
énergique et auxquelles j'oppose le démenti le plus for-
mel.
Cet article contient aussi des affirmations erronées
sur l'origine et l'historique de mes relations avec M.
Bazille, député.
Pour le moment, ces relations étant soumises aux ju-
gements des tribunaux et de la Cour d'appel de Poitiers,
vous comprendrez aisément, Monsieur, et vos lecteurs
comprendront aussi, qu'il m'est imposible d'entreprendre
la réfutation des assertions de M. Maurice Spronck par
la voie de votre journal. '<
Lorsque les jugements seront rendus, j'espère que
M. Maurice Spronck, mieux et plus complètement ren-
seigné, reviendra sur ses appréciations, et qu'attribuant:
à chacun la part qui lui incombe dans la responsabilité
morale des affaires qu'il a déjà qualifiées, il réparera
ainsi les torts et préjudices qu'il m'a causés en mè prê-
tant un rôle qui n'a jamais été le mien; -̃
Je compte, Monsieur, sur votre loyauté et" celle de
M. Maurice Spronck pour donner à cette lettre, forcé-
ment trop courte, là même publicité qu'à l'article auquel
elle répond.
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes saluta-
tions les plus empressées..̃̃
̃ -̃ Martin. y
v ̃̃ v !»'̃' ••W
NOUVELLES UNIVERSITAIRES
COLLÈGE DE FRANCK
Dans leur assemblée générale, les profeseurs du
Collège de France ont décidé d'enseigner, cette an-
née, les matières suivantes
M. Painlevé, théorie analytique des équations de la
dynamique;
M. Jordan, théorie des substitutions;
M. Marcel Desprez, l'électricité comme moyen de
transformation et de transmission de l'énergie; .•
M. Brillouin, de l'élasticité de l'acoustique; )
M. Schutzenberger, analyse et synthèse chimiques;
M." Berthelot, théorie des gaz et de leur analyse
M. d'Arsonval, applications de l'électricité à la méde-
cine
M. Fouqué, les volcans paléozoïques
M. François-Franck, action des poisons végétaux et
animaux sur le cœur et les vaisseaux sanguins;
M. Henneguy, de la reproduction et du développement
des insectes;
M. Ranvier, structure de la peau
M. Janet, conditions psychologiques de la volonté;
M. Pierre Laffitte, lès lois d'évolution du couple phy-
sico-chimique
M. Flach, histoire de la condition des femmes en
France;
M. Paul Leroy-Beaulieu, des principes et de l'applica-
tion en matière d'impôt; '̃
M. Levasseur, lès questions ouvrières aux Etats-Unis
M. Longnon, la Gaule à l'époque franque;
M. Albert Réville, histoire de l'Islamisme;
M. Georges Lafenestre, de la beauté dans les arts au
moyen, âgé;
M. Cagnat, topographie antique de la ville de Rome
M. Foucart, les inscriptions grecques relatives aux
premiers Ptolémées
M. Clermont-Ganneau, inscriptions aramiennes de Syrie
et d'Arabie;
M. Maspero, l'ancienne religion et les anciennes dy-
nasties de l'Egypte
M. Oppert, principes du déchiffrement et de la gram-
maire assyrienne
M. Berger, le livre de Samuel «t-la Palestine avant la
conquête hébraïque;
M. Barbier de Meynard, poésie arabe des deux pre-
miers siècles de l'hégire;
M. Duval, la littérature syriaque
M. Chavannes, histoire des Mandchous;
M. Sylvain Lévi, la théologie de Brâhmanas
M. Croiset, mouvement des idées dans la littérature
grecque, païenne et chrétienne, depuis Lucien jusqu'à.
Philostrate
M. Havet, prose métrique;
M. Gaston Boissier, Tacite et V Enéide
M. Tannery,, histoire des doctrines atomistiques;
M. Thamin, histoire de la philosophie morale en France
au dix-septième siècle;
M. Gaston Paris, le cycle de Guillaume d'Oranga
M. Emile Deschanel, l'Ecole réaliste
M. Çh,uquet, là jeunesse de Gœthe; i
M. ilorel-Fatio, de î'Arioste et de la cour de Ferrare;
fi) Essai sur la répartition des richesses et la tendance
à une moindre inégalité des conditions, par M. Paul Le-
roy-Beaulieù;: membre de l'Institut, pro/fesseur d'écono-
mie politique au Collège de France, directeur de l' Eco-
nomiste français; 1 vo!, in.Ç de 020 pages; P?ix l9 fr.
M. d'Arbois de Jubainville, vieil et moyen irlandais
M. Léger, chronique tchèque rimée et chronique sla-
vone russe;
M. Michel Bréal, syntaxe des langues indo-européen/
nés.
Sont institués agrégés des Facultés de Droit
MM. Lambert, Thélohan, Collinet, Roux, Cuche,
Debray, Bouvier et Moulin.
Ces agrégés entreront en exercice le 1er décembre
1896 pour une période de dix "ans.
M. Surmorit, agrégé près la Faculté mixte de Mé-
decine et de Pharmacie de l'Université de Lille, est
nommé professeur d'hygiène à ladite Faculté.
Une chaire de droit «ivil -de lajFaculté de Droit €«'
l'Université de Paris est déclarée" vacante.
La chaire de mécanique physique et expérimentale
de la Faculté- des Sciences de l'Université de Parig
est déclarée vacante. >= ,s
La chaire de poésie française delà. Faculté des
Lettres de l'Université de Paris est déclarée vacante.
Un délai de vingt jours, à partir du 6 décembre,
est accordé aux candidats à chacune desdites chaires
pour produire leurs titres.
NOUVELLES DIVERSES
L'AFFAIRE BOISLEUX-LA jarrige
M. Lemercier, juge d'instruction, a .passé une par-
tie de l'après-midi d'hier dimanche, dans son cabi-
net, pour interroger de nouveau MM. les docteurs
Boisleux et de La Jarrige sur les circonstances qui
ont précédé le premier examen de Mlu Thomson par
le docteur Boisleux. -•• • ̃ vi
Les deux médecins ne varient pas dans leurs dé-
clarations ils affirment n'avoir point connu l'état de
grossesse dans lequel se trouvait la malade, et ils
font retomber la responsabilité sur M. Marisuy et
M"0 Thomson qui les ont trompés en disant que la
jeune femme était atteinte depuis longtemps déjà
d'une endométrite.
Les membres du Syndicat général des médecins
de Paris et du département de la Seine, dont fait
partie le docteur Boisleux, vivement émus par l'in-
culpation dont' il est l'objet, se sont .réunis hier pour
étudier le cas. Ils ont rédigé la protestation suivante
qu'ils ont communiquée à la presse
Le Syndicat général des médecins de Paris et du dé-
partement de la Seine s'est réuni le dimanche 6 décem-
bre et,- après avoir pris connaissance de renseignements
de la plus haute importance, déclare que
1" II est absolument admis scientifiquement que la
grossesse peut être méconnue pendant la première moi^
tié de son évolution, et que le diagnostic en peut devenir
impossible devant la mauvaise foi de la personne exa-
minée
2° Ces erreurs .se produisent journellement dans la
clientèle privée aussi bien que dans lés hôpitaux de l'As-
sistance publique ̃ ̃ v?
.3° De ^nombreux cas de ce genre sont connus de tous les
médecins, et quelques-uns ont été publiés aussi bien
dànsla presse scientifique que dans la presse politique.
En conséquence, les membres du Syndicat général,
considérant d'une part le caractère de désintéressement
et de loyauté bien connu de leur collègue le docteur
Boisleux appréciant sa science et son habileté chirurgi-
cales indiscutables; s'étant, d'autre part, entourés de
tous les renseignements relatifs à la cause, se refusent à
croire à sa culpabilité et lui adressent, en cette circon-
tance, l'expression de leur estime et de leur sympathie.
M. le professeur Brouardel et M. le docteur Thoi-
not se sont rendus ce matin, à neuf heures, à la
Morgue où, en présence de M. Lemercier, juge d'in-
strnction, ils ont pratiqué l'autopsie du corps de
M"eMadet, décédée au mois de novembre de l'année
dernière à la suite d'une opération faite dans la cli-
nique du docteur Boisleux l'état de décomposition
du corps n'a pas permis aux médecins légistes de se
pronocer sur la nature des déchirures encore visibles
sur l'intestin. ̃<̃
Ce n'est pas avant huit ou dix jours que les méde-
cins experts pourront remettre au parquet leur rap-
port sur l'autopsie du corps de M!'° Thomson et de-
M»eMadet. •'
LES ÉLECTIONS AUX CONSEILS DE ÏRTJD'HOMMBS
Les élections pour le renouvellement triennal dek
Conseils de prud'hommes ouvriers ont eu lien Mer^
ainsi que nous l'avions annoncé. Les résultats ont
été les suivants
Ont été élus pour six ans
Dans la classe des métaux et industries diverses
MM. Blard, 3° catégorie; Coquelin, 4« catégorie
Quillent et Carnautrant, 6° catégorie. -̃
Dans la classe des tissus MM. Sennequier.et
Melling, 2" catégorie Boutaire, 1" catégorie Gha.-
rot, Deshayes et Devaloir, 4" catégorie Garrigues,
5* catégorie. 10,
Darts la classe des produits chimiques MM.Gha-
bœuf et Barafort, 2" catégorie; Graillat Lenoir et Re-
mier, 2" catégorie (élus pour trois ans); Hourtmanii
et Régnier, 3e catégorie Duchesne, même catégorie ,è
(élu pour trois ans); Pâsquier, 4» catégorie, eï Rôyeiv
même catégorie (élu pour trois ans); Le Mao, 5e caté-
gorie.
Dans la classe du bâtiment MM. Delaplace, ca-r
tégorie, et Pelluet, même catégorie (élu pour trois
ans);-Riom, 2° catégorie; Durr,3" catégorie; Largardë,
4" catégorie; Legros et Boulet, 5° catégorie; Bazetoux,
8° catégorie, et Milher, 9e catégorie.
LES RÉUNIONS D'HIER
Deux manifestations patriotiques ont eu lieu, \Aéi,
à Biy-sar-Marne et à Ghampigny, en commémora-
tion des combats du 30 novembre et du 2 décembre
1870. '̃̃
A Bry-sur-Marne, la municipalité, accompagnée da
toutes les Sociétés locales et des municipalités voi-
sines, est a.'lée déposer des couronnes au pied des
trois monuments élevés, sur la route de Villiers-sur-
Marne et sur le sommet du plateau, à la mémoire du
commandant Fimhchetti et des soldats tués au com-
bat de Bry.
Des discours ont été prononcés par MM. Duhamel,
maire de Bry-sur-Marne Jaunet, conseiller d'arron.-
dissement Lehujeur, adjoint au maire Petit, prési-
dent des Sauveteurs, et Souchet, président du co-
mité cantonal de Nogent-sur-Marne. Aux trois monu-
ments, le Conseil municipal a déposé des couronnes
au nom de Ta population tout entière de Bry.
A Champigny, là Société delà Côte-S'Or républi-
caine a déposé également sur le monument élevé,
route de Noisy-le-Grand, à la mémoire des volontai-
res et mobiles tués dans l'engagement- du 2 décembre^
une grande couronne en perles noires et rouges, por-
tant l'inscription suivante A nos compatriotes,
1 870-4 896, la Côle-d'Or -républicaine.
Dans une réunion tenue hier, le comité de la Liguai
contre la dépopulation a arrêté l'ordre du jour du
2° Congrès qui s'ouvrira le 13 décembre à la mairie
de la rue Drouot.
Les questions suivantes ont été inscrites aa pro*
gramme
Etat statistique de la population. Diminution des
mariages et des naissances légitimes. Régime do-
tal. Mariage sans dot d'après la mode américaine.
Simplification des formalités du mariage. Loi
du 1.0 décembre 1850. Influence de la religion sur
la natalité. Augmentation des célibataires et des
naissances illégitimes. Baisse progressive de la
natalité totale. Fécondité de la race, française au
Canada. Egoïsme individuel ou familial. Célibat
volontaire, célibat professionnel. Impôt sur les cé-
libataires.
Il a été enfin décidé que la présidence d'honneur
serait offerte à. M. Rambaud, ministre de l'instruc-
tion publique, et que la séance serait présidée effec-
tivement par M. Levasseur, membre de l'Institut.
À l'Exposition culinaire, concours de cuisine mé-
nagère organisé entre les élèves de Mi Driessens.Xo
programme des plats à confectionner devant le jury
était le suivant Soupe julienne, bœuf sauce pi-
quante, pommes de terre sautées lyonnaise et
crêpes. ̃ -̃̃
M. Boucher, ministre du commerce, qui assistait
à ce pittoresque concours, a pris le plus vif intérêt
aux travaux dès jeunes élèves- et leur a. marqué
toute sa satisfaction.
Le concours terminé, le jury, qui se composait de
MM. Suzanne, Hélie et Bonvalet, s'est réuni pour
l'attribution des récompenses, et les noms des lau-
réates ont été proclamés au milieu des applaudisse-
ments de l'assistance.
Aux Arts et Métiers, assemblée générale de la
chambre syndicale des hôteliers de Paris, sous la
présidence de M. Jacques, député, assisté de MM. Àl-
vin, président de la chambre syndicale; Filhon, vice-
président, et Verny, secrétaire. La discussion a porté
principalement sur l'entente survenue entre la
chambre syndicale et le préfet de police au sujet de
l'application de l'article 334 du Code pénal. M. Alvin
a fait part à l'assemblée des démarches du bureau
auprès de "M. Lépine, afin d'obtenir certaines atté^
nuations aux règlements de police remis en vigueur
pendant ces derniers temps, démarches qui ne sont
pas restées infructueuses, le préfet de police avant
promis d'accéder dans les mesures da possible"aux
desiderata qui lui étaient exposés..̃•'
Rue Turgot, inauguration de l'école de garçons
ouverte depuis le mois d'octobre, et qui compte déjà
300 élèves, sous la présidence de M. Pierre Baudin,
président du Conseil municipal. Sur l'estrade d'hon-
neur, MM. de Selyes, préfet de la Seine Paul Straus%
Escudier, Max Vincent et Cornet, conseillers du
9" arrondissement Chain, maire Bédorez, directéuï
de l'enseignement primaire de la Seine Barrué, df»
recteur de l'école, etc. Après plusieurs allocutions,
les palmes d'officier d'académie ont été remises il
l'architecte qui a construit l'école, M. Sauger. La C(£
rémpnies s'est terminée par un concert.
MM. Dubuisson et Mottet, médecins aliéhisteSj
viennent de déposer entre les mains de M. Geoffroy,
pourra qu'étendre et augmenter notre popularité et.
notre prestige. »
« Rien ne serait plus dangereux en ce moment, dit
le Daily News, que de Jaisser croire que l'Angleterre
n'est pas résolue S observer une 'attitude correcte à
l'égard- de l'Egypte mais, quand la Chambre des
Communes sera invitée à sanctionner l'emprunt, il y
aura lieu de passer minutieusement en revue toute la
politique de lord Saiisbury »
Londres, le 7 décembre!
On dit, dans les cercles militaires, que d'importants
renforts de troupes seront envoyés l'année prochaine
en Egypte. On parle de 18,000 hommes.
La dernière division des troupes indiennes quittera
Souakim vendredi.
ROYAUME-UNI
£A. DÉPENSE DES COLONIES ANGLAISES
l Nôtre correspondant nous écrit de Londres: ̃r~
Voici quelques détails complémentaires sur le dis-
cours prononcé par le duc de Devonshire à la séance
de l'Imperial League ;il s'agit d'un sujet que, en sa
qualité de président du Conseil de la défense impé-
riale, le duc est mieux à même que personne de
traiter, celui de la défense des colonies britanni-
ques.
̃ H a rappelé 'que,- en\ 1888, un pas important- a- été
fait vers la fédération et l'union impériale, quand,
par une convention avec la mère patrie, l'Australie
et la NouyeJIe-rZélande se sont engagées à payer l'in-
térêt des sommes consacrées à augmenter la flotte
anglaise stationnée en Australie et à subvenir à une
partie des frais d'entretien de ladite flotte. Cet enga-
gement, fait pour une période de dix ans," est renoti-
̃velable en 1898, et le duc dé Devonshire a déclaré
officiellement que le gouvernement de la reine est
très désireux de le voir renouveler sous une forme
ou sous une autre.
Après avoir expliqué que le Comité de défense co-
loniale, composé de représentants des ministères de
la marine, de la guerre et des colonies, a étudié et
élaboré un plan de défense coloniale dont les détails
sont .connus à chaque colonie anglaise en ce qui les
concerne spécialement, et que chacune de ces colo-
nies sait aussi ce qu'elle aura à faire, avec ses pro-
pres ressources, dans certaines éventualités, le duc
«le Devonshire a. donné lecture d'un Mémorandum
officiel exposant les principes sur lesquels est basé
le système de défense des colonies britanniques.
Voici la traduction de ce -Mémorandum officiel
Défense impériale
Le maintien de -la suprématie navale a été pris comme
fcase du système de défense impériale contré toute atta-
que d'outre-mer. Il est le facteur principal de .l'organisa-
tion de la politique défensive de l'empire et est complè-
tement reconnu par l'Amirauté qui a accepté la respon-
sabilité de protéger tous les territoires ;britanniques si-
tués en dehors du Royaume-Uni contre une invasion
organisée par mer. Pour accomplir cette mission, elle
revendique le pouvoir absolu de disposer des forces de
•lu manière qu'elle considère comme la plus propre à
assurer, le succès et est opposée à limiter l'action d'une
partie quelconque de ses forces au voisinage immédiat
de places qu'elle estime pouvoir être plus efficacement
défendues par des opérations conduites à distance. Il est
reconnu, cependant, que les bâtiments de 'Sa Majesté,
occupés à poursuivre et à détruire les escadres d'un
ennemi, peuvent ne pas être en mesure d'empêcher des
opérations'de pillage contre dès ports .britanniques, de
-la part de croiseurs ennemis. La gravité des attaques de
• cegenre variera,danslesdifférentespartiesdumonde, selon
la force des marinesennemies, la position plus ou moins
rapprochée de leurs hases et les troupes qui s'y trouvent ou
pourront y être facilement amenées en prévision d'une
guerre. Elle vârièraaussi, de temps en temps, selon les mo-
difications des combinaisons politiques. Mais il estau plus
haut degré impossible qu'une attaque de pillage puisse
êtreJaite autrement que. par, un petit, nombre de. bâti-
ments, ou qu'elle ait un effet permanent, àmoins qu'il ne
puisse être débarqué des troupes. Dans aucun cas, il ne
serait possible de recevoir et de transporter plus de
quelques milliers d'hommes sans arrangements et prépa-
tifs de nature à faire rentrer ces opérations dans la ca-
tégorie de celles que l'Amirauté s'est engagée à empê-
cher.
Contre des expéditions de ce genre il a été jugé né-
cessaire de protéger absolument celles des places indis-
pensables à. la marine pour faire du charbon, s'approvi-
sionner et réparer des avaries. L'Amirauté a choisi pour
cela certains ports et il a été employé pour leur défense
toutes les ressources impériales disponibles pour le ser-
vice étranger. En plus des ports fortifiés pour la marine,
il *n est d'autres qui, sans être compris dans 'ce que
l'on peut appeler le plan stràtëgîi}ue, sont aussi exposés,'
par leur importance commerciale, à des attaques de
pillage, et pour la défense des intérêts spéciaux des-
quels il était nécessaire de prendre des mesures. Les res-
sources des places qui, dans l'esprit de l'ennemi justi-
fieraient les risques qu'une attaque impliquerait, sont gé-
néralement suffisantes ptfur'quëla défense locale soit assu-.
fée par des moyens locaux, et là où se trouvent réunies la
jBossibilitë d'une attaque etles ressources nécessaires pour
la résistance, il a été décidé que le devoir de prendre
les mesures suffisantes pourla défense incomberaitàla co-
lonie intéressée. En s'occupant de ces places, le comité a
conseillé la création de défenses fixes suffisantes pour em-
pêcher leur occupation sans résistance par des croiseurs
hostiles, mais plus spécialement encore l'organisation
de troupes suffisantes pour lutter effectivement contre
les troupes qu'un ennemi pourrait débarquer pouf s'as-
surer un avantage pecraanent. Des troupes sans travaux
de défense peuvent arrêter un ennemi et déjouer ses
projets. Des travaux de défense sans troupes sont inutiles
et décevants.
Tels sont, officiellement expliqués, les principes
̃sur lesquels est organisée la défense des colonies an-
glaises. •
ALLEMAGNE
'.̃"<̃̃, LE FAOCÈS HECKERT-HJTZOW.
y Berlin, le 7 décembre.
Le commissaire de police de Tausch est provisoi-
rement suspendu de ses fonctions, à cause des dé-
bats judiciaires en cours.
AUTRICHE-HONGRIE
-̃ !•"̃; 1ES DÉPLACEMENTS DE L'EMPEREUR
̃: • ̃̃ Londres, le 7 décembre.
Le correspondant du Daily Telegraph à Vienne
confirme que l'empereur François-Joseph se rendra
vers la mi-février au cap Martin où il aura proba-
blement une entrevue avec M. Félix Faure. D'autre
part, le même correspondant eet informé que c'est au
mois de mai que l'empereur d'Autriche se rendra à
'Saint-Pétersbourg.
SUEDE ET NORVÈGE
Christiania, le 6 décembre.
On assoie que -les négociations qui avaient été en-
îamées en vue de renouveler le traité de commerce
entre la Suède et la Norvège n'ont nas abouti.
RU5SIE
LA QUESTION DES DÉTROITS
Saint-Pétersbourg, le 7 décembre.
Les Novosti représentent l'abrogation de la ferme-
ture des détroits turcs comme absolument néeessain
au prestige dont la Russie a besoin pour exercer un<
•pression énergique sur la Turquie et contribuer effi
cacemenf àla solution de la crise orientale. L'am-
bassadeur, M. de Nélidof, repartira après-demaii
pour Constantinéple.
Saint-Pétersbourg, le 7 décembre.
Le Novoié Vrémia publie aujourd'hui un arlicfr
du général Bogdanovitch contenant des détails sui
lé voyage de l'empereur et de l'impératrice à Pari:
et racontant les entrevues du général avec les prin-
e'p'aux personnages du monde officiel français.
HOLLANDE
C'est par une erreur typographique que dans un de
nos derniers Bulletins nous avons annoncé que le
programme électoral des catholiques réclamait la
suppression de l'héritage en ligne directe; nos lec-
teurs auront compris qu'un mot avait été sauté ei
qu'il s'agissait de la suppression des droits de suc-
cession en ligne directe.
TURQUIE
GRECS ET SERBES EN kAÇÉDOINB
On annonce que, malgré les protestations du gou-
vernement serbe et la pétition de nombreuses fa-
milles, un évêque grec, Mgr Ambrosius, a été élu par
!e Suinl-Synode métropolitain d'Uskub. On craint
peut-être- un schisme ecclésiastique de la part des
Serbes. La nomination d'un prélat de nationalité
grecque au siège métropolitain d'Uskub, et particu-
lièrement le fait que le patriarche œcuménique
Mgr Anthymos n'a pas tenu la promesse formelle
qu'il avait faite à la SerSie et au Monténégro de pro-
poser un prélat de nationalité serbe, ont, en effet,
causé un vif mécontentement dans l'opinion publique
"«n Serbte."On demande de ^différents côtes que l'on
cesse le payement àe la subvention que la Serbie
fournissait jusqu'ici au patriarcat -et que l'on profite
même de l'occasion poue déta~her° l'Eglise Rsftonale
înême de l'occasion gour détacher l'Eglise nationale
serbe du patriarcat œcurnènïque et pour créera Bel-
̃grade un patriarcat, serbe, Ji. en .croire une, dépêche
d'Athènes, des désordres- auraient déjà éclaté à
Uskub et la cathédrale aurait dû être protégée parla
police. '̃•
•. ̃' ̃.̃ ̃"̃' EGYPTE ""̃' ̃-̃
LE rfuSIÏB DE GIZEH
M. Dourgnon, l'architecte français dont le plan A
été préféré pour la construction du musée de Gizeh,
vient d'arriver en. Egypte, aia de surveiller le tra-
vail.
ÇHÏNE
UNE MISSION COMMÉRCIAXB ALLEMANDK
La Gazette de Cologne annoncé qu'une mission
commerciale allemandej se rendant en Chine, partira
probablement, le 27 janvierl897,-de-Brême.
LETTRE DE CHINE
Shanghaï, octobre 1896.
Les chemins de fer en Chine. La question des taxes '3'
sur les produits fabriqués par l'industrie étrangère.
La population chinoise ayant augmenté dans des
proportions considérables à Vladivostock, le gouver-
nement chinois a l'intention de nommer un consul
dans ce port. Il a invité, à cet effet, le vice-roi actuel
du Tcheli, Ouang-Wen-Chao, à lui adresser un rap-
port et à lui soumettre une liste de fonctionnaires
qui seraient le plus aptes à occuper ce poste. Il pa-
raît, d'ailleurs, qu'avant de prendre cette décision
le Tsong-li-Yamen se serait mis d'accord avec le re-
présentant du gouvernement russe à Pékin.
Celui-ci, le comte Cassini, est parti en congé, la
fin du mois de septembre, après avoir signé une con-
vention aux termes de laquelle la gouvernement russe
est autorisé à faire passer une ligne de chemin de fer
à travers là Mandchourie. Cette ligne, partant de
Nerdchinsk, passera par Tsitsihar et aboutira à Vla-
divostock. Il paraîtrait que la Russie avait demandé
de faire un embranchement, de Tsitsihar à Port-Ar-
thur mais les négociations entamées dans ce but
n'ont pas abouti. Rien ne dit, du reste, qu'elles ne
pourront pas être reprises dans un avenir plus ou
moins éloigné.
Une commission spéciale, composée de plusieurs
ingénieurs russes et accompagnée de délégués chi-
nois, a été spécialement chargée de procéder à une
étude pour le tracé de la ligne et pour se rendre
compte des dépenses que son établissement nécessi-
tera. C'est seulement lorsque cette étude prélimi-
naire sera terminée que l'on avisera aux mesures fi-
nancières qu'il conviendra d'adopter; mais, dores
et déjà, on prétend qu,e le nouveau chemin
tration purement chinoise.
:Vous savez sans -doute, déjà, que la Compagnie de
Fives-Lille a signé avec le Tsong-)i-Yamon, par l'in-
termédiaire- de son représentant à Pékin, M. l'ingé-
nieur Grille, une convention lui donnant la construc-
tion et l'exploitation," sous la surveillance d'un com-
missaire impérial qui sera spécialement désigné pour
ce service, d'une ligne de chemin de fer se raccor-
dant avec le réseau français du Tonkin, et .qui, par-
tant de Dorig-Dang, localité située sur la frontière
du Kouang-Si aura, provisoirement; comme point
terminus, Longtchéou, ville ouverte au commerce
étranger; Je dis provisoirement, car il est bien cer-
tain quelles Chinois reconnaîtront ï'utilité.de. prolon-
ger cette ligne jusqu'à Nan-Ning-Fou, centre, de
commerce important. Cette éventualité serait, d'ail-
leurs, prévue dans le contrat passé avec la Compa-
gnie de Fives-Lille et stipulerait môme que c'est à
elle que le gouvernement chinois devra s'adresser,
s'il se décidait à créer d'autres lignes dans cette ré-
gion.
La ligne Hankéou-Pékin, dont il est question
depuis si longtemps, elle a;été:-pfoposée dès 1888
.pai- le vice-roi Tchang-Tje-Tong, va-t- elle enfin
entrer, dans la voie d'exécution ? On pourrait le croire,
à en juger par les bruits qui circulent, par les ren-
seignements plus ou moins exacts publiés journelle-
munt dans les journaux chinois et dans la presse
étrangère.
Ces jours-ci, on a reçu de Pékin la nouvelle qu'un
décret impérial autorisait non seulement la ligne en
question, -mais aussi une autre ligne de Hankow à
Canton, et que le taotaï Sheng-Shuen-Houi, ,déjà di-
recteur général des télégraphes chinois et de la China
Merchant's Steam Navigation Company, et surinten-
dant des douanes maritimes à Tîentsin, au moment
de la guerre avec le Japon, avait reçu, avec, sa no-
mination de directeur général des chemins dé fer, la
mission d'aviser, sans retard, aux mesures à prendre
pour procéder il la construction de ces lignes. Il s'a-;
git de plus de 1,500 kilomètres ce n'est donc pas
une bagatelle, comme vous le voyez, et vous com-
prendrez que, pour obéir à la volonté impériale, le
taotaï Sheng. aura fort à faire. '.•'̃
Tout d'abord, la question des fonds nécessaires :à
une pareille entreprise doit être tranchée. Les capita-
listes chinois les fourniront-ils?. C'est moins que
probable, étant donné surtout que certains d'entre
eux ont pris un intérêt souvent considérable dans
des Compagnies constituées" par le nouveau directeur
général des chemins de fer pour -l'exploitation de
mines d'or, d'argent ou de charbon et n'ont jamais
revu leur argent. On dit, il est vrai, qu'un puissant
Syndicat américain a fait au taotaï Sheng des offres
qui auraient été agréées; je doute fort cependant
qu'un contrat ait été dés à présent conclu, et le Syn-
dicat en question n'aurait certainement pas la naï-
veté de se contenter, pour une entreprise aussi vaste,
delà seule signature d'un fonctionnaire, quelque
haut placé qu'il soit. 11 exigera la sanction impériale;
or, celle-ci est peu facile à obtenir, par suite de l'in-
fluence encore grande du parti conservateur qui
existe à la cour.
Quoi qu'il en soit, il est à souhaiter que ces projets
abontissent car, seule, la création de voies ferrées
dans le Céleste-Empire pourra développer les riches-
ses immenses de ce pays, au grand bénéfice de ses
habitants et des étrangers.
je vous ai entretenu, dans ma lettre précédente,
de la mission confiée par la chambré de commerce
de Shanghaï à un de ses membres, M. Dudgeon.
Cette mission avait pour objet d'exposer aux repré-
sentants étrangers, à Pékin, les objecttions très sé-
rieuses que soulevait, là prétention du gouvernement
chinois de prélever une taxe de 10 0/0 sur tous les
produits fabriqués en Chine par l'industrie étrangère.
M. Dudgeon a reçu bon accueil mais il n'a pu, tou-
tefois, obtenir qu'une -démarche collective du corps
diplomatique fût faite, dés à présent, auprès du
Tsong-Li-Yamen dans le but d'obtenir l'abandon du
projet relatif à,la taxe en question. Les ministres plus
particulièrement intéressés lui ont demandé de faire
rédiger, par la chambre de commerce de Shanghaï, un
rapport détaillé sur les conditions actuelles du com-
merce, sur les mesures qu'il conviendrait d'adopter
pour en assurer le développement, et, en particulier,
sur les taxes qui, à son avis, pourraient être suppri-
mées, ainsi que sur celles qui lui sembleraient, au
contraire, pouvoir être conservées ou même établies
à nouveau.
La chambre de commerce va faire droit à cette
demande le travail qu'elle préparera sera des plus
intéressants, très documenté, et pourra certainement
servir de base aux arrangements à intervenir, en
vue de favoriser les transactions commerciales et in-
dustrielles de la Chine avec les pays étrangère.
NOUVELLES POLITIQUES °
Par arrêtés du ministre des travaux publics
M. "Viiîain, ingénieur ordinaire des mines de 2' classe,
actuellement chargé du service du sous-arrondissement
minéralogique de Vesoul et du 3' arrondissement du con-
trôle de l'exploitation technique des chemins de fer de
l'Est, a été chargé du service du sous-arrondissement
minéralogique de Nancy et du 2* arrondissement du ser-
vice du contrôle ci-dessus désigné, en remplacement de
M. Cousin, appelé à remplir les fonctions d'ingénieur en
chef.
M. Cousin, ingénieur ordinaire des mines de lr" classe,
actuellement chargé du service du sous-arrondissement
minéralogique de Nancy et du 2' arrondissement du
contrôle de l'exploitation technique des chemins de fer
de l'Est, a été chargé du service de l'arrondissement mi-
néralogique du Mans, en remplacement de M. Langlois,
admis à faire valoir ses droits à la retraites
Il remplira les fonctions d'ingénieur en chef.
Les candidats, dont les noms suivent, déclarés ad-
missibles à l'emploi de commissaires de surveillance,
à la suite du concours de 1894, ont été nommés com-
missaires de surveillance administrative des che-
mins de fer de 4» classe et attachés
M. Desenclos, à la résidence de Bar-sur-Seine, en rem-
placement de M. Romain.
M. Trouplin, à la- résidence de Chàteau-du-Loîr, en;
remplacement de M. Blanc. •
M. de Mensignac, à la résidence de Segré, en rempla-
cement de M. Bonnard..
M. Séchai, à la résidence de Modàne, en remplacement
de M. Gourragne..
̃M. Cadilhac, commissaire dé surveillance administra-
tive des chemins de fer de 4° classe à Bourges {réseau
^Orléans), a été appelé à là résidence de Culoz (réseau
P.-L.-M j, en remplacement de M. Millpn, précédemment
appelé à une antre destination;
Le Journal officiel publie ce matin le décret rendu*
le 21 novembre ayant pour objet de régler sur de
nouvelles bases la comptabilité des Sociétés de cour-
ses et l'emploi des sommes provenant des tickets
icrpayés.
L-, -–•
Ghrtfîûcjtte électorals
Elections législatives
v f
̃i i ̃ YONNE '.̃ ̃̃
Arrondissement de Serxs -v
Inscrits 18,694. Votants 14,092.
Suffrages exprimés 13,098.
MM. Cornet, rad. soc. 6.486 voix.
Jayal, rép. progr 5.817
Fjjalkowski, rad. 1.389
̃Ballottage..
Il-s'agissait de remplacer M. Bëzine, radical, élu
sénateur.
DOUBS
̃ • Âri'ondissement de Pdhîarîièr v
Inscrits 14,538. Votants 10,530.
MM, Grillon, cons. gén., const.. 4.853 voix.
Maurice Ordinaire, rép 3.497
Docteur Grenier, rép 1 671
Giraud, rép 353
Picard-Pajol, rép* 22
Ballottage.
Il s'agissait de remplacer M. Dionys Ordinaire, dé-
cédé. •̃̃̃̃.̃̃•• •; '.V'
ALGÉRIE
Alger, le 6 décembre.
Tout récemment, Bouchekba, chef indigène, raz-
ziait, dans le sud de la province de Constantine, un
grand nombre de chameaux et s'enfuyait dans la
direction du Touât, son point de départ.
Poursuivis par les goums du poste d'Ouargla, les
malfaiteurs contournèrent le sud de la région Tidi-
kelt dans l'espoir d'échapper à nos cavaliers mais,
près d'être atteints, ils durent se réfugier dans les
zaouias, abandonnant leur prise.
Réunissant alors les chameaux au nombre de 133,
les goums rentrèrent à Ouargla, en passant par le
fort Miribel.
«s,
COLONIES & PROTECTORATS
LE GÉNÉRAL BRIÈRE DE L'ISLK
Le P. Lallemand, prêtre de l'Oratoire, a con-
sacré au général Brièro de L'Isle. une belle étude où il
a retracé toute la vie du général qui, né à la Marti-
nique, vint faire ses études au collège de Juilly, en-
tra à Saint-Cyr, puis dans l'infanterie de marine, où
il fournit la carrière que l'on sait, surtout comme
gouverneur au Sénégal et commandant au Tonkin.
̃Voici quelques passages des pages1 dans lesquelles
le P. Lallemand raconte l'œuvre du général comme:
gouverneur du Sénégal:
Le 17 septembre 1876, Brière âo L'Isle débarquait à
Dakar, comme gouverneur du Sénégal il entrait dans
une vie nouvelle, où son activité trouvait. un champ très-
vaste pour déployer ses qualités d'administrateur et de
chef militaire. Il succédait à Faidherbe. Organisateur de
premier" ordre, prudent et habile, connaissant bien les
nègres, ces enfants mobiles, passionnés aussi, mais
qu'un liochct séduit non moins qu'une action d'éclat, le
général Faidherbe avait conquis, au profit de la France,
un prestige moral s'étendant sur les Maures, puis siir
les noirs. ̃' '̃̃ ̃
̃ • • • • • « • • •. •'• • » -•
•Brière de L'Isla, mes amis, continuera les traditions de
Faidherbe. Lui aussi, il étendra le territoire dont nous,
étions ou les protecteurs ou les suzerains, en portant
notre drapeau du Sénégal au Soudan, sur les bords du
Niger. Sous soa énergique impulsion, le colonel. Galliéni,
le colonel Borgnis-Desbordes MM. Mage, Vallière, Pié-
tri, Tautain, Marly et Montéil, explorent les régions
situées entre Médine et le Haut-Niger, 'Jnsqu'à Bammako,
où le colonel Boilève revenait en 1883. L'œuvre qui tint
le plus att cœur à Brière de L'Isle fut la construction du
chemin de fer de Dakar à Saint-Louis.
Brière de L'Isle, mes amis, mérita bien de nos colons
du Sénégal par un autre service': il fournit dé l'eau douce 'l'
à la ville de Saint-Louis. Faidherbe'avait, à là pointe du
Nord, essayé des puits artésiens. Cette tentative n'aboutit
point. < ̃ •̃' .̃̃. '_• ̃̃ ̃̃ '̃̃̃
Brière de L'Isle la. repri.t,.et cette fois avec. succès. Un"
énorme siphon plongeant dans le Sénégal amené, l'eau:
douce de Lampsor à ̃Saint-Louis. Il dota aussi la capitale
de la colonie d'un; dé ses plus beaux ornements les ar-
• Kres qui jettent leur ombré à travers les rues de Saint-
Louis ont été plantés par lui; palmiers et cocotiers, dont
là yoûte s'élève comme un arc de triomphe continu!
Dans la Gambie, il favorise les Missions. Toujours il se
crée dans les missionnaires les associés les plus sûrs
pour organiser, pour administrer, pour venir au secours
des misères physiques et morales qui abondent dans le
pays africain. Il était aidé dans sa hoble tâche par sa
digne compagne. Courageuse et pieuse', malgré une santé
frêle, éprouvée par le rude climat du Sénégal, M"1* Brière
de L'Isle ne le céda jamais en dévouement à son vaillant
époux. Le 21 juin 1878, un paquebot ramenait à Bordeaux
le .gouverneur du Sénégal et sa femme. Ils venaient se
reposer en France. Tout à coup la nouvelle éclate que
la fièvre jaune a fait son apparition là-bas et qu'elle mul-
tiplie les morts. Brière de L'Isle repart tout de suite pour
aller au poste périlleux, et sa femme le suit dans ce
voyage qui pouvait aboutir au trépas..
Aussi vous étonnerez-vous, mes amis, que la lettre sui-
vante ait été écrite de Saint-Louis, à la date *lù 5 juillet
1896 « Se souvenant de son ancien jgouverneur, et pro-
fondément touchée par la nouvelle de sa mort, la popula-
tion de Saint-Louis, unie avec nous, fera célébrer, le 5 de
ce mois, un service funèbre en son honneur; et, désireux
de perpétuer son souvenir, le Conseil municipal vient de
décider de donner le nom de Brière-de-L'Isle à la princi-
pale rue de la ville. » (Troupes de l'Afrique occidentale
le général commandant en chef, Boilève.)
GUERRE ET MARINE
M. le ̃vice-amiral Ménard a été nommé comman-
mandant en chef, préfet du 3e arrondissement mari-
time à Lorient..
LE CANON A LA DYNAMITÉ
II paraît, l'information vient de New-York et
nous la donnons sous ïéserve, que les insurgés
cubains auraient remporté divers succès, grâce à un
canon à la dynamite de provenance américaine. 7
Le canon à la dynamite connu jusqu'à ce jour
lance son projectile au moyen de l'air comprimé à
haute tension. Expérimenté aux Etats-Unis et en An-
gleterre, il n'a donné comme pièce de côte que de
très médiocres résultats. Les révoltés de Cuba se se-
raient procuré une pièce de campagne de ce système
dont ils se seraient servis utilement. La meilleure
portée de cette pièce serait de 800 à 900"mètres, mais
elle peut être utilisée jusqu'à 1,600 mètres. Le pro-
jectile, au point de chute, couvre une zone de des-
truction qui n'a pas moins de 100 mètres de rayon.
Les Cubains racontent que, dans un engagement
avec les Espagnols, ils ont démonté une batterie de
deux canons au second coup tiré par le canon à la
dynamite mais c'était Maceo qui tirait en personne
Résultat 30 Espagnols tués, la batterie et les ca-
nons espagnols bouleversés de fond en comble les"
Espagnols en fuite.
Le lendemain, 5,000 Cubains et 12,000 Espagnols
engagent la lutte; les Cubains perdent du terrain; le
canon à la dynamite arrive. Il court d'un bout à
l'autre du champ de bataille, tire 5 coups, tue 150 Es-
pagnols, disperse les autres et dééide le succès des
Cubains; Voilà, en résumé, ce qu'on a dit à 'New-
York de cet engin de destruction 1 --̃•"•:
REVU E DE LA PRESSE
M. Marcel Sembat est convaincu que les socia-
listes prendront à Càrmâux leur revanche. Le député
socialiste do la Seine prédit ce triomphe dans la Car-
magnole de l'odieuse façon que Voici
Je ne suis pas grand prophète, mais je serais étonné
que ce jour-là un nouveau cortège ne circulât pas à tra-
vers les rues de Carmaux, triomphal, joyeux, en chan-
tant 2a Carmagnole, et Rességuier en sera. Sndre en
sera, en tête. Oui, je distingue leurs tètes dans le cor-
tège quant au reste du corps, je ne suis plus aussi sur;
peut-être sera-t-il resté un peu en arrière.
M. Paul de Cassagnac s'élève, dans l'Autorité,
contre l'obligation du duel dans l'armée
Contraindre à s'aligner, dit-il, des gamins de vingt ans
pour une discussion au café-concert, c'est pitoyable et
scandaleux.
Et perdre son fils en de pareilles circonstances, c'est
l'abomination des. abominations le meilleur, le plus
chaud des patriotes y trouverait lé droit de maudire
l'armée.
Est-ce qu'il n'est pas du devoir des colonels de servir
d'arbitres d'honneur dans les querelles généralement:
sans importance de deux jeunes soldats 6U de deux jeu-
nes sous-officiers, et, parce que ces jeunes gens se sont
crêpés comme deux petits coqs, faut-il donc, au nom de
Vhonneur, leur mettre le sabre à la maint '1 •
En Russie, les offteiers -du "régiment constituent un tri-
bunal d'honneur, jugeant tout ce qui se passe au corps'
et qui peut avoir trait â l'honneur.
Pourquoi ne pas instituer ce système chez nous ? 7
Une proposition émise par M. Arsène Alexandre,
dans le Figaro, au sujet des "baraquements qu'il est
question d'élever, à l'usage du SaltfU et du Concours
hippique sur la place du Carrousel
Pas de Salon pendant trois ans, comme ce serait joli,
et comme dans trois ans le Salon paraîtrait neuf! Com-
bien de nymphes et de Vierges auraient le temps de se
refaire. une virginité, ou une apparence Que de sous-
bois refleuriraient, que de chloroses seraient soisrnées,
que d'épisodes de Salammbô nous seraient épargnes, que
de soldats surmenés par les manœuvres et les escar-
mouches auraient quitté le service! Que de jeunes ma-
riés, laissés « enfin, seuls pendant un délai raisonna-
ble, auraient pu divorcer 1 '̃
Mais c'estune proposition bien trop salutaire pourqu'on
l'adopte. Les exposants voudront exposer dans des expo-
sitions jusqu'à ce que mort s'ensuive. Qu'il soit fait selon
leur volonté, et qu'ils exhibent où bon leur plaira. Seule-
ment, que ce ne soit pas au Carrousel! l
Parce que cela serait affreux, c'est entendu.-
Puis; parce que c'est tout de même trop près du Lou-
vre, et que cela pourrait favoriser, on voit combien nous
sommes charitables, des comparaisons désastreuses
pour certaines de nos gloires. =•̃ ̃̃"
Du Gaulois
Les. temps atroces de Lorenzaccio, que M™ Sarah
-Bernhardt jtRST en ce moment
̃ "Un autre très illustre rejeton de la famille Strozzi'
ami et confident de Lorenzaccio, Philippe Strozzi, se tua
dans sa prison et l'on trouva sur son cadavre le testament
qui suit
« Afin d'échapper à mes ennemis et de crainte d'être,
soumis à la torture, comme je l'ai été déjà, et de me
laisser arracher, par la violence des tourments, des ré-
ponses préjudiciables, à l'-honneur de mes parents et de
mes amis, ce qui est arrivé récemment au malheureux
̃Gondî, .'̃̃̃̃ ̃'̃̃' ̃̃-•••-
» Moi, Philippe Strozzi, ai fésolu; par les seuls moyens
qui me restent et malgré les répugnances que m'inspire
pour un tel acte le respect de mon âme, de terminer ma
vie de mes propres mains.
» Js recommande mon âme à Dieu.
» J« prie mon ami Jean di Luna de faire retirer du
sang de mea veines pour en faire un gâteau et l'envoyer
au cardinal Cibo afin qu'il se rassasie après ma mort de
ce qu'il n'a pu avoir pendant ma vie c'e3t le seul titre
qui lui manque pour arriver an Pontificat qu'il ambi-
tionue. "̃̃̃
» Et je le prie encore de me faire enterrer à Santa-
Maria-Novella, auprès de ma femme si cela ne se peut,
je me reposerai là où on me mettra.
» Philippe Stbozzi, jamjam morituncs. »
Ce qui rend plus macabre encore l'étrange proposition
contenue dans le document, c'est l'horrible jeu de mots
qui eu résulte, car le mot cibo, en italien, signifie nour-
riture.
Du Progrès de la Côte- d'Or
La conférence que donnera M. Yves Guyot, le 12 cou-
rant, se présente sous lès. meilleurs auspices.
Les bureaux des Syndicats des vins, spiritueux en
gros et en détail de France ont été invités à prendre
part à cette grande manifestation, qui a son importance
à la veille du remaniement de l'impôt sur les bois-
sons. ̃̃ -̃̃=̃
Ont répondu à l'appel- du comité d'organisation, MM.
Larcher, président du Syndicat national des vins et spi-
ritueux de France Picon, président des distillateurs de
la Seine; Marguery, président de l'alimentation de Pa-
ris, etc., etc.
En dehors du monde spécial des liquides, nombre de
sénateurs et députés viendront écouter l'ancien ministre,
pour se faire.une opinion sur la question du monopole
de l'alcool, très agitée en ce moment, mais peu com-
prise quant aux moyens à employer pour en assurer
i'exécutipji,.
L'UNIVERSITÉ DE LYON
A la cérémonie d'inauguration de l'Université de
Lyon qui a. eu lieu vendredi, M. Ed. Aynardj député,
a prononcé, au nom de la chambre de commerce de
Lyon, qu'il préside, un discours dans lequel il a rap-
pelé la gloire de l'enseignement lyonnais, la renom-
mée de « l'Ecole lyonnaise » eh médecine et en chi-
rurgie et exprimé l'espoir que les traditions de
science de l'Université lyonnaise se perpétueraient.
Après de tels souvenirs, a ajouté M. Aynard, et en ne
consultant que les plus récents, eh raison de sa fortune
nouvelle,; on va beaucoup demander à notre Université.
On souhaitera surtout, maintenant qu'elle tient au sol,
que ses maîtres nous restent et qu'ils sachent grandir
ici. Quel bienfait que de pouvoir conserver de pareils^
guides pour notre esprit, et quels résultats n'eussent pas
été obtenus dans le passé .si cette ville avait pu long-
temps entendre les leçons des hommes illustres dans les
lettres et dans les sciences qu'elle a produits on qui
l'ont trop vite traversée Quelle Université idéale, in-
comparable, ne pourrait-on pas édifier avec tous Ces
noms qui nous reviennent à la mémoire, et que l'astre
brillant à Paris a trop vite attirés!
Notre Université peut cependant mettre quelque con-
fiance en l'esprit lyonnais quelque précieuse et rare que
soit la semence qui sera jetée en notre terre, elle pourra
y germer.
Après avoir cité quelques passages consacrés à la
ville' de Lyon par Edgar Quinet, dans le discours
qu'il prononçait le 10 avril 18-39 en. ouvrant à la Fa-
culté des Lettres de cette ville son cours de littéra-
ture étrangère, M. Ed. Aynard ajoute et conclut
II faut souhaiter qu'il (l'enseignement universitaire)
devienne une sorte d'apprentissage pour nos futurs poli-
tiques, pour eux comme pour nous îl n'est pas inutile,
d'apprendre qu'il exista des traditions, une histoire, une
société, et par conséquent une science sociale, un art de
raisonner et de saisir la relation entre les choses et- avec
l'ensemble, et qu'ainsi le libre gouvernement de la parole
n'est pas le gouvernement des mots.
La lumière de cet enseignement peut luire sur toutes
les professions en leur montrant que le monde n'est pas
un simple jeu de l'égoïsme et ne repose pas seulement
sur l'utile. La société démocratique a plus besoin qu'au-
cune autre d'écoles de réflexion générale, d'études sur'
le vaste inonde et l'infinie complexité de ses phénomènes;
d'elles se dégagera un sentiment croissant de tolérance,
de paix publique, et de travail un peu plus désintéressé.
Il existe assurément plusieurs manières de comprendre la
démocratie. Les uns n'y voient que l'exploitation de
l'Etat par de nouveaux hommes et de nouvelles classes
les autres y découvrent un régime de justice, permettant
mieux à chacun de s'élever par l'intelligence et par le
travail, et lui demandent en revanche l'accomplissement
plus large du devoir social.
Quand on contemple la grande merveille de l'art fran-
çais, une cathédrale gothique, l'œil se promène, ravi, j
dans le monde aérien de pierre qui contient tout un peu-
ple de statues. Parmi ces statues, les unes sont à la por-
tée de la vue et peuvent être contemplées les autres
sont perdues, comme un point dans l'espace, mais n'en
concourent pas moins à la radieuse harmonie dé l'en-
semble et s'y incorporent. Si l'on monte au faîte del'é-
ditice et qu'on se rapproche de ces figures impercepti-
bles d'en-bas, on découvre des œuvres délicieuses dont
l'auteur est resté mystérieux, et qui n'a pu que très rare-
ment recueillir la récompense ou l'aumône d'un simple
regard. Et, cependant, il éclate que ces grands artistes
ignorés, qui ont fait des statues qui ne «menaient à rien»,
ont travaillé dans la joie et dan-s la foi, heureux de leur
obscure contribution à la merveille et de leur subordina-
tion à l'ensemble dominé par celui qu'on appelait le maî-
tre de l'œuvre.
Vous aussi, Monsieur le recteur et Messieurs les pro-
fesseurs de l'Université de Lyon, vous êtes les maîtres
del'œuvre. Ce ne sont pas vos vaillants étudiants seuls
qui doivent y apporter leur pierre, tous les bons ci-
toyens lyonnais doivent devenir nos collaborateurs, puis-
que l'Université devient notre chose et peut influer sur
notre avenir. Pour que cet avenir nous donne confiance,
nous souhaitons que notre jeunesse généreuse attirée au-
tour de vos chaires par l'éclat de vos leçons y recueille
le savoir, mais y ressente en même temps le frisson sacré
du vrai, du beau, du bien.
XaA. TEMPETE
Bordeaux, la 6 décembre.
La journée a été abominable. Ce soir, la tempête a
été d'une violence extrême. Les dégâts en ville sont
considérables. On signale de nombreuses chutes de
personnes renversées par la violence du vent qui,
sur la place et aux carrefours, balayait tout sur son
passage.
Une dépêche annonce que la mer démontée a brisé
la digue de la pointe de Grave..Les flots se sont ré-
pandus de tous côtés, toute la plaine est inondée on
craint de grands désastres.
Brest, le 6 décembre.
La tempête a occasionné des dégâts considérables
dans la région.
Au Conquet, le parapet qui surmonte la jetée est
détruit sur une longueur de 60 mètres la cabane du
c¬ de' sauvetage â eu ses pignons enlevés plu-
sieurs bateaux sont coulés.
A L'Àberbrach, à Camaret, les pêcheurs subissent
des pertes sensibles; des casiers et des ustensiles
de pêche sont détruits.
Le ministre de la marine a fait distribuer un pre-
mier secours de 2,000 fr. par le commissaire de l'in-
scription maritime de Quimper entre les familles les
plus nécessiteuses.
Un voilier, faisant le service de correspondance
entre l'île de Batz et Morlaix, a dû faire naufrage
dans la nuit de vendredi à samedi. La coque du na-
vire a été trouvée sur la grève on ignore ce que
sont devenus les trois marins qui formaient l'équi-
page on les croit noyés.
Rive-de-Gier, le 6 décembre.
Une bourrasque terrible sévit depuis hier sur la ré-
gion, causant de très graves dégâts.
Au cimetière de Rive-de-Gier, de nombreux monu-'
ments ont été renversés ce matin; on évalue les per-
tes sur«e seuL point à plus de 20,000 fr.
̃ Dreux, le 6 décembre.
Par suite des pluies: continuelles, un écoulement
s'est produit ce matin, à huit heures, rue de la Grande-
Falaise. Environ 1,200 mètres cubes de calcaire sont:
tombés sur une habitation où logeait," avec sa mère'
et une nièce de huit ans, le nommé Hideux, jeune
homme aveugle,
L'alarme aussitôt donnée, on commença le sauve-
tage.
Hideux et sa mère, qui se trouvaient au fond d'une
excavation dans le roc, ont été retirés sains et saufs;
mais la fillette a été prise sous l'éboulement.
Depuis deux heures, les sapeurs-pompiers et plus
de cent travailleurs sont occupés au déblayement
mais on craint de ne pouvoir retrouver qu'un cada-
vre. Toutes les autorités civiles et militaires sont sur
lès lieux et dirigent les travauxl
LA RÉPARTITION DES RICHESSES
La librairie Guillaumin (14, rue de Richelieu) pu-
Nblie la quatrième édition de YEssai sur la répartition
déi richesses et la tendance à une moindre inégalité
dés conditions, de M. Paul Leroy-Beaulieu (1). Nous
publions la préface dont l'auteur a fait précéder cette
édition nouvelle.
Différents travaux, notamment la rédaction de notre
Traité théorique et pratique d'économie politique, nous
ont empêché de publier plus tôt la .quatrième édition de
notre Essai sur la Répartition des richesses et la ten-
dance à une moindre inégalité des conditions.
Quand cet ouvrage parut pour la première fois, à la fin
de 1880, le titre en sembla paradoxal et la thèse égale-
ment. Soutenir que la concentration des fortunes est un
phénomène qui appartient plus au passé, au récent
passé il est vrai, qu'au présent et à l'avenir annoncer
qua.la baisse des revenus du, sol, en dépit» de tous les
droits protecteurs, continuerait de s'effectuer que la
propriété urbaine elle-même allait être atteinte d'un
mal analogue et qu'elle aussi devait et doit diminuer de
rendement et de valeur; que la baisse du taux de l'in-
térêt n'était pas un phénomène passager, qu'elle était
réservée à une; accentuation quasi constante, jusqu'à ce
que la rémunération du capital tombât au minimum de ce
qui est compatible avec le maintien de l'épargne et de
ce dessaisissement que l'on appelle le placement c'était
là un ensemble de propositions qui paraissait tout au
moins téméraire.
Les docteurs et professeurs d'économie politique notam-
ment, occupés les uns à mettre en formules algébriques
une science qui répugne à ce traitement, les autres a la
transformer en scolastiqueù la fois touffue et vide, furent
stupéfaits que l'Jm eût la prétention de prévoir par l'ob-
servation, attentive l'évolution prochaine des phénomènes
sociaux.
Et cependant, nous apportions des preuves nombreu-
ses et précises à l'appui de cette thèse que les sociétés
contemporaines s'acheminent à une moindre inégalité
des conditions, que les fortunes tendent à devenir de plus
en plus temporaires et viagères, et le revenu à peïne
constitué à s'évaporer, que les bénéfices industriels di-
minuent aussi bien que ceux de la fortune acquise, et
que lé grand bénéficiaire, en définitive, de tous les pro-
grès de la science appliquée à la production, c'est le pro-
létaire dépourvu de capital qui veut et qui sait travailler.
Depuisqu'a paru la première édition de cet ouvrage,
les phénomènes se sont déroulés, confirmant de tous
points les prévisions de ce livre. Tandis que la causé et
la fin de cette évolution sont, pour un observateur exact,
faciles* à saisir, non seulement le gros public, mais même
la plupart des hommes qui, par profession, étudient les
questions sociales paraissent n'y rien comprendre. ̃'̃̃•
Ni telui-ci ni ceux-là ne veulent se rendre compte que
la civilisation moderne, fondée sur les application indé-
finies de la science à la production, tend à rapprocher de
plus eh plus les conditions humaines que, à la différence
de la civilisation antique, reposant sur la conquête, elle
provoque une dispersion, au lieu d'une concentration des
revenus. -.̃'̃"̃'
Les uns, même parmi les démocrates, notamment
..parmi les hommes d'Etat ou ceux que l'on désigne ainsi,
veulent s'opposer à cette prodigieuse at nécessaire évo-
lution, en recourant à toutes sortes de moyens empiri*-
ques, comme le bimétallisme, pour galvaniser les prix et
maintenir les revenus qui tombent. •
Les autres, n'apercevant pas que' le capital, graduel-
lement, perd la_plus grande partie de ses avantages, au
point de n'en bientôt plus conserver que la portion con-
grue- absolument indispensable à son renouvellement et
son utile accroissement; veulent le dépouiller, immédia-
tement et arbitrairement par les divers procédés qui se
couvrent du nom de socialisme. 1.
Le vrai danger de l'avenir des sociétés civilisées, ce
n'est pas qu'il y ait trop d'inégalité des conditions, c'est
qu'il n'y en ait plus assez et que, dans quelques décades
d'années, une morne uniformité de moyens et de vie pro-
duise l'apathie et l'engourdissement..
Nous n'avons, dans cette quatrième édition, rien modifié
à la partie doctrinale de ce livre, de plus en plus confir-
mée par les faits.
Une tâche s'imposait à nous, à savoir de rassembler
toutes les preuves nouvelles, si nombreuses, si concor-
dantes, si décisives, qui témoignent de la vérité de notre
thèse. Nous avons remanié notamment et étendu d'une
quarantaine de pages toute la partie de ce livré consa-
crée & l'étadé de la distribution actuelle des revenus et
des fortunes chez les principaux peuples civilisés, parti-
culièrement en France, en Angleterre et en Allemagne.
Nous y avons utilisé toutes les données positives qui
résultent des statistiques fiscales, entre autres, par
exemple, l'application de la rigoureuse loi successorale
de 1894 en Angleterre et de la réforme des impôts alle-
mands sur le revenu et sur la fortune. Nous devons,
pour la France, des remerciements à l'administration:
des contributions directes, qui â mis à notre disposition
ses relevés les plus récents, allant jusqu'au 1". janvier
1896.•
Outre l'intérêt général et doctrinal qui s'attache à ces
recherchés sur la répartition actuelle des fortunes et dés
revenus, elles sont indispensables pour éclairer les ques-'
tions d'impôt, que l'on débat aujourd'hui avec tant d'i-
gnorance et de préjugés.
Paul Léboy-BeaUliêu.
Paris, le 16 novembre 1896. pevr,
c o-BK.is.œ:six>ojw»jA.ivcs:
Nous recevons la lettre' ci-dessous
"Vivonne, le 4 décembre.
A Monsieur le gérant An Journal des Débats,
Monsieur, dans votre numéro du 2 décembre courant,
vous avez publié, sous le titre «L'Ami de la Bonne'
Femme » un article signé Maurice Spronck, qui contient,
sur mon caractère et sur mes agissements, des appré-
ciations contre lesquelles je proteste de la façon la plus
énergique et auxquelles j'oppose le démenti le plus for-
mel.
Cet article contient aussi des affirmations erronées
sur l'origine et l'historique de mes relations avec M.
Bazille, député.
Pour le moment, ces relations étant soumises aux ju-
gements des tribunaux et de la Cour d'appel de Poitiers,
vous comprendrez aisément, Monsieur, et vos lecteurs
comprendront aussi, qu'il m'est imposible d'entreprendre
la réfutation des assertions de M. Maurice Spronck par
la voie de votre journal. '<
Lorsque les jugements seront rendus, j'espère que
M. Maurice Spronck, mieux et plus complètement ren-
seigné, reviendra sur ses appréciations, et qu'attribuant:
à chacun la part qui lui incombe dans la responsabilité
morale des affaires qu'il a déjà qualifiées, il réparera
ainsi les torts et préjudices qu'il m'a causés en mè prê-
tant un rôle qui n'a jamais été le mien; -̃
Je compte, Monsieur, sur votre loyauté et" celle de
M. Maurice Spronck pour donner à cette lettre, forcé-
ment trop courte, là même publicité qu'à l'article auquel
elle répond.
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes saluta-
tions les plus empressées..̃̃
̃ -̃ Martin. y
v ̃̃ v !»'̃' ••W
NOUVELLES UNIVERSITAIRES
COLLÈGE DE FRANCK
Dans leur assemblée générale, les profeseurs du
Collège de France ont décidé d'enseigner, cette an-
née, les matières suivantes
M. Painlevé, théorie analytique des équations de la
dynamique;
M. Jordan, théorie des substitutions;
M. Marcel Desprez, l'électricité comme moyen de
transformation et de transmission de l'énergie; .•
M. Brillouin, de l'élasticité de l'acoustique; )
M. Schutzenberger, analyse et synthèse chimiques;
M." Berthelot, théorie des gaz et de leur analyse
M. d'Arsonval, applications de l'électricité à la méde-
cine
M. Fouqué, les volcans paléozoïques
M. François-Franck, action des poisons végétaux et
animaux sur le cœur et les vaisseaux sanguins;
M. Henneguy, de la reproduction et du développement
des insectes;
M. Ranvier, structure de la peau
M. Janet, conditions psychologiques de la volonté;
M. Pierre Laffitte, lès lois d'évolution du couple phy-
sico-chimique
M. Flach, histoire de la condition des femmes en
France;
M. Paul Leroy-Beaulieu, des principes et de l'applica-
tion en matière d'impôt; '̃
M. Levasseur, lès questions ouvrières aux Etats-Unis
M. Longnon, la Gaule à l'époque franque;
M. Albert Réville, histoire de l'Islamisme;
M. Georges Lafenestre, de la beauté dans les arts au
moyen, âgé;
M. Cagnat, topographie antique de la ville de Rome
M. Foucart, les inscriptions grecques relatives aux
premiers Ptolémées
M. Clermont-Ganneau, inscriptions aramiennes de Syrie
et d'Arabie;
M. Maspero, l'ancienne religion et les anciennes dy-
nasties de l'Egypte
M. Oppert, principes du déchiffrement et de la gram-
maire assyrienne
M. Berger, le livre de Samuel «t-la Palestine avant la
conquête hébraïque;
M. Barbier de Meynard, poésie arabe des deux pre-
miers siècles de l'hégire;
M. Duval, la littérature syriaque
M. Chavannes, histoire des Mandchous;
M. Sylvain Lévi, la théologie de Brâhmanas
M. Croiset, mouvement des idées dans la littérature
grecque, païenne et chrétienne, depuis Lucien jusqu'à.
Philostrate
M. Havet, prose métrique;
M. Gaston Boissier, Tacite et V Enéide
M. Tannery,, histoire des doctrines atomistiques;
M. Thamin, histoire de la philosophie morale en France
au dix-septième siècle;
M. Gaston Paris, le cycle de Guillaume d'Oranga
M. Emile Deschanel, l'Ecole réaliste
M. Çh,uquet, là jeunesse de Gœthe; i
M. ilorel-Fatio, de î'Arioste et de la cour de Ferrare;
fi) Essai sur la répartition des richesses et la tendance
à une moindre inégalité des conditions, par M. Paul Le-
roy-Beaulieù;: membre de l'Institut, pro/fesseur d'écono-
mie politique au Collège de France, directeur de l' Eco-
nomiste français; 1 vo!, in.Ç de 020 pages; P?ix l9 fr.
M. d'Arbois de Jubainville, vieil et moyen irlandais
M. Léger, chronique tchèque rimée et chronique sla-
vone russe;
M. Michel Bréal, syntaxe des langues indo-européen/
nés.
Sont institués agrégés des Facultés de Droit
MM. Lambert, Thélohan, Collinet, Roux, Cuche,
Debray, Bouvier et Moulin.
Ces agrégés entreront en exercice le 1er décembre
1896 pour une période de dix "ans.
M. Surmorit, agrégé près la Faculté mixte de Mé-
decine et de Pharmacie de l'Université de Lille, est
nommé professeur d'hygiène à ladite Faculté.
Une chaire de droit «ivil -de lajFaculté de Droit €«'
l'Université de Paris est déclarée" vacante.
La chaire de mécanique physique et expérimentale
de la Faculté- des Sciences de l'Université de Parig
est déclarée vacante. >= ,s
La chaire de poésie française delà. Faculté des
Lettres de l'Université de Paris est déclarée vacante.
Un délai de vingt jours, à partir du 6 décembre,
est accordé aux candidats à chacune desdites chaires
pour produire leurs titres.
NOUVELLES DIVERSES
L'AFFAIRE BOISLEUX-LA jarrige
M. Lemercier, juge d'instruction, a .passé une par-
tie de l'après-midi d'hier dimanche, dans son cabi-
net, pour interroger de nouveau MM. les docteurs
Boisleux et de La Jarrige sur les circonstances qui
ont précédé le premier examen de Mlu Thomson par
le docteur Boisleux. -•• • ̃ vi
Les deux médecins ne varient pas dans leurs dé-
clarations ils affirment n'avoir point connu l'état de
grossesse dans lequel se trouvait la malade, et ils
font retomber la responsabilité sur M. Marisuy et
M"0 Thomson qui les ont trompés en disant que la
jeune femme était atteinte depuis longtemps déjà
d'une endométrite.
Les membres du Syndicat général des médecins
de Paris et du département de la Seine, dont fait
partie le docteur Boisleux, vivement émus par l'in-
culpation dont' il est l'objet, se sont .réunis hier pour
étudier le cas. Ils ont rédigé la protestation suivante
qu'ils ont communiquée à la presse
Le Syndicat général des médecins de Paris et du dé-
partement de la Seine s'est réuni le dimanche 6 décem-
bre et,- après avoir pris connaissance de renseignements
de la plus haute importance, déclare que
1" II est absolument admis scientifiquement que la
grossesse peut être méconnue pendant la première moi^
tié de son évolution, et que le diagnostic en peut devenir
impossible devant la mauvaise foi de la personne exa-
minée
2° Ces erreurs .se produisent journellement dans la
clientèle privée aussi bien que dans lés hôpitaux de l'As-
sistance publique ̃ ̃ v?
.3° De ^nombreux cas de ce genre sont connus de tous les
médecins, et quelques-uns ont été publiés aussi bien
dànsla presse scientifique que dans la presse politique.
En conséquence, les membres du Syndicat général,
considérant d'une part le caractère de désintéressement
et de loyauté bien connu de leur collègue le docteur
Boisleux appréciant sa science et son habileté chirurgi-
cales indiscutables; s'étant, d'autre part, entourés de
tous les renseignements relatifs à la cause, se refusent à
croire à sa culpabilité et lui adressent, en cette circon-
tance, l'expression de leur estime et de leur sympathie.
M. le professeur Brouardel et M. le docteur Thoi-
not se sont rendus ce matin, à neuf heures, à la
Morgue où, en présence de M. Lemercier, juge d'in-
strnction, ils ont pratiqué l'autopsie du corps de
M"eMadet, décédée au mois de novembre de l'année
dernière à la suite d'une opération faite dans la cli-
nique du docteur Boisleux l'état de décomposition
du corps n'a pas permis aux médecins légistes de se
pronocer sur la nature des déchirures encore visibles
sur l'intestin. ̃<̃
Ce n'est pas avant huit ou dix jours que les méde-
cins experts pourront remettre au parquet leur rap-
port sur l'autopsie du corps de M!'° Thomson et de-
M»eMadet. •'
LES ÉLECTIONS AUX CONSEILS DE ÏRTJD'HOMMBS
Les élections pour le renouvellement triennal dek
Conseils de prud'hommes ouvriers ont eu lien Mer^
ainsi que nous l'avions annoncé. Les résultats ont
été les suivants
Ont été élus pour six ans
Dans la classe des métaux et industries diverses
MM. Blard, 3° catégorie; Coquelin, 4« catégorie
Quillent et Carnautrant, 6° catégorie. -̃
Dans la classe des tissus MM. Sennequier.et
Melling, 2" catégorie Boutaire, 1" catégorie Gha.-
rot, Deshayes et Devaloir, 4" catégorie Garrigues,
5* catégorie. 10,
Darts la classe des produits chimiques MM.Gha-
bœuf et Barafort, 2" catégorie; Graillat Lenoir et Re-
mier, 2" catégorie (élus pour trois ans); Hourtmanii
et Régnier, 3e catégorie Duchesne, même catégorie ,è
(élu pour trois ans); Pâsquier, 4» catégorie, eï Rôyeiv
même catégorie (élu pour trois ans); Le Mao, 5e caté-
gorie.
Dans la classe du bâtiment MM. Delaplace, ca-r
tégorie, et Pelluet, même catégorie (élu pour trois
ans);-Riom, 2° catégorie; Durr,3" catégorie; Largardë,
4" catégorie; Legros et Boulet, 5° catégorie; Bazetoux,
8° catégorie, et Milher, 9e catégorie.
LES RÉUNIONS D'HIER
Deux manifestations patriotiques ont eu lieu, \Aéi,
à Biy-sar-Marne et à Ghampigny, en commémora-
tion des combats du 30 novembre et du 2 décembre
1870. '̃̃
A Bry-sur-Marne, la municipalité, accompagnée da
toutes les Sociétés locales et des municipalités voi-
sines, est a.'lée déposer des couronnes au pied des
trois monuments élevés, sur la route de Villiers-sur-
Marne et sur le sommet du plateau, à la mémoire du
commandant Fimhchetti et des soldats tués au com-
bat de Bry.
Des discours ont été prononcés par MM. Duhamel,
maire de Bry-sur-Marne Jaunet, conseiller d'arron.-
dissement Lehujeur, adjoint au maire Petit, prési-
dent des Sauveteurs, et Souchet, président du co-
mité cantonal de Nogent-sur-Marne. Aux trois monu-
ments, le Conseil municipal a déposé des couronnes
au nom de Ta population tout entière de Bry.
A Champigny, là Société delà Côte-S'Or républi-
caine a déposé également sur le monument élevé,
route de Noisy-le-Grand, à la mémoire des volontai-
res et mobiles tués dans l'engagement- du 2 décembre^
une grande couronne en perles noires et rouges, por-
tant l'inscription suivante A nos compatriotes,
1 870-4 896, la Côle-d'Or -républicaine.
Dans une réunion tenue hier, le comité de la Liguai
contre la dépopulation a arrêté l'ordre du jour du
2° Congrès qui s'ouvrira le 13 décembre à la mairie
de la rue Drouot.
Les questions suivantes ont été inscrites aa pro*
gramme
Etat statistique de la population. Diminution des
mariages et des naissances légitimes. Régime do-
tal. Mariage sans dot d'après la mode américaine.
Simplification des formalités du mariage. Loi
du 1.0 décembre 1850. Influence de la religion sur
la natalité. Augmentation des célibataires et des
naissances illégitimes. Baisse progressive de la
natalité totale. Fécondité de la race, française au
Canada. Egoïsme individuel ou familial. Célibat
volontaire, célibat professionnel. Impôt sur les cé-
libataires.
Il a été enfin décidé que la présidence d'honneur
serait offerte à. M. Rambaud, ministre de l'instruc-
tion publique, et que la séance serait présidée effec-
tivement par M. Levasseur, membre de l'Institut.
À l'Exposition culinaire, concours de cuisine mé-
nagère organisé entre les élèves de Mi Driessens.Xo
programme des plats à confectionner devant le jury
était le suivant Soupe julienne, bœuf sauce pi-
quante, pommes de terre sautées lyonnaise et
crêpes. ̃ -̃̃
M. Boucher, ministre du commerce, qui assistait
à ce pittoresque concours, a pris le plus vif intérêt
aux travaux dès jeunes élèves- et leur a. marqué
toute sa satisfaction.
Le concours terminé, le jury, qui se composait de
MM. Suzanne, Hélie et Bonvalet, s'est réuni pour
l'attribution des récompenses, et les noms des lau-
réates ont été proclamés au milieu des applaudisse-
ments de l'assistance.
Aux Arts et Métiers, assemblée générale de la
chambre syndicale des hôteliers de Paris, sous la
présidence de M. Jacques, député, assisté de MM. Àl-
vin, président de la chambre syndicale; Filhon, vice-
président, et Verny, secrétaire. La discussion a porté
principalement sur l'entente survenue entre la
chambre syndicale et le préfet de police au sujet de
l'application de l'article 334 du Code pénal. M. Alvin
a fait part à l'assemblée des démarches du bureau
auprès de "M. Lépine, afin d'obtenir certaines atté^
nuations aux règlements de police remis en vigueur
pendant ces derniers temps, démarches qui ne sont
pas restées infructueuses, le préfet de police avant
promis d'accéder dans les mesures da possible"aux
desiderata qui lui étaient exposés..̃•'
Rue Turgot, inauguration de l'école de garçons
ouverte depuis le mois d'octobre, et qui compte déjà
300 élèves, sous la présidence de M. Pierre Baudin,
président du Conseil municipal. Sur l'estrade d'hon-
neur, MM. de Selyes, préfet de la Seine Paul Straus%
Escudier, Max Vincent et Cornet, conseillers du
9" arrondissement Chain, maire Bédorez, directéuï
de l'enseignement primaire de la Seine Barrué, df»
recteur de l'école, etc. Après plusieurs allocutions,
les palmes d'officier d'académie ont été remises il
l'architecte qui a construit l'école, M. Sauger. La C(£
rémpnies s'est terminée par un concert.
MM. Dubuisson et Mottet, médecins aliéhisteSj
viennent de déposer entre les mains de M. Geoffroy,
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 73.42%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 73.42%.
- Collections numériques similaires Bibliographie de la presse française politique et d'information générale Bibliographie de la presse française politique et d'information générale /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "BIPFPIG00"Arts de la marionnette Arts de la marionnette /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "Pam1" Bibliothèque Diplomatique Numérique Bibliothèque Diplomatique Numérique /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "MAEDIGen0" La Grande Collecte La Grande Collecte /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "GCGen1"
-
-
Page
chiffre de pagination vue 2/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k468585n/f2.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k468585n/f2.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k468585n/f2.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k468585n/f2.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k468585n
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k468585n
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k468585n/f2.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest