Titre : Le Pays : journal des volontés de la France
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1851-09-26
Contributeur : Alletz, Édouard (1798-1850). Directeur de publication
Contributeur : La Guéronnière, Arthur de (1816-1875). Directeur de publication
Contributeur : Granier de Cassagnac, Adolphe (1806-1880). Directeur de publication
Contributeur : Cassagnac, Paul de (1842-1904). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328343740
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 26 septembre 1851 26 septembre 1851
Description : 1851/09/26 (A3,N269). 1851/09/26 (A3,N269).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4654110k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-180
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/03/2017
I
I -hoD de 5 f trnartre, comme s'il avait le diable à
I * instinctivement, M. D... porta la main
9 ses ache, cte roté de son paletat ; elle était virle, le
ff coupé extérieurement aussi net qu'a-
8 ■* apait 1 e portefeuille avait disparu. « Je suis
p'1 ,nras0'r: M Ilorl-,,, allons, cocher, laissez-là votre vei-
1 I rf®,1, s'écria4'1, = *ivement, j'aurai soin cle voiis. »
^'eicouro irent à la poursuite du fuyard avec
al tllSu5deUX 1-e celui-ci perdit bientôt du terrain.
M
I t5°,it ,1}'arâfiHr' ^,rs à la vieille ruse d'Atalante, et, ti-
aiorsrfnille les billets de banque, il en jeta la
L'expédient lui ré :■*:<:
H B 4 n et le cocher couraient après les pre-
ci'irnés Garât, il parvint-à disparaître der-
I ,IC piers rc maisons de Clignancourt. Tous les
■ ont été retrouvés par M. D..., qui
H îiiéts. ^"îninte qu'il a portée , un signalement du
I DIoiot, à Ornent précis et détaillé que, selon toute
H S* v il n'échappera pas longtemps aux recher-
B est
M
I -^i T chef de bureau dans une administra-
P r' avait épousé, il y a quelques années,
■a 1* ne tendre affection, toutes les aimables
■^ées font le bonheur du ménage. Aussi s'ap-
mti05 11 q devant ses amis de la compagne que le
lui avait envoyée, et du calme fortuné
Hd, écoulait sa vie conjugale.
■JANS^, MUle T... n'était pas aussi pleinement
ICep mie son mari. Lorsqu'elle restait seule, elle
B^SoVé à son joyeux sourire, et ses yeux s'hu-
B 111 t de larmes. Elle était oppressée par un lourd
JJ' mectaIeD t de connaître M. de T..., elle avait, toute
à une séduction habilement 011r-
Bi^V cette faute était resté un fatal souvenir
®,e' ^"f pouvait haïr pourtant, et qui, loin d'elle, la
■ 'r0 'tDar les soins occultes qu'elle était obligée de
■ er L'amour violent qu'elle portait à M. de T...
■ lui, dit el reculer, lorsqu'il la rechercha, devant un
■ ®veU ui sans doute eût empêché le mariage. Depuis
■ ^demandait sans cesse si ce ne serait pas une
■
■ fl'eseouvelie de détruire par l'aveu intempestif d'une
I ^réparable la félicité d'une union sans nuages.
■ 'lise un jour tout en larmes par un intime de
^ari gH,) eut faiblesse céder à ses obsessions
■î! B""nui''révéler son secret. L'homme à qui elle fai-
.je révélation était un lâche. Il s'arma de cette
■ tidence pour adresser à la jeune femme d'odieuses
■ ■ ^tlt ositions. Elle le repoussait avec indignation, sans
■ faire un éclat qui eût amené la découverte de
^d'elle tenait tant à cacher. Sa gaîté s'était tout à
■ ■ nenvolée et des traces d'une souffrance intérieure'
lisaient sur son visage. -
B rénovai ami se nommait V... et il était employé
Bmslaniême administration que M. de T... La semai-
I ■ dernière il apprit qu'il venait d'être désigné puur
I "nposte en province. Avant son départ, il devint plus
B "jetant aupi-ès de la jeune femme; mais celle-ci, exas-
I: Lé?, lui déclaraf qu'ell -le méprisait et le détestait,
I Lu; était résolue de mettre un terme à ce supplice
'[(mil pouvait dire tout ce qu'il voudrait à son mari.
I tWhier soir, à la fin du repas d'adieu qui avait
I j donné à son intention par M. de T., V. dit tout
|l jpt à ce dernier, en regardant sa femme : « Je pars
B 'demain par le chemin de fer du Nord à neuf heures
■ précises. Ne manque pas de te trouver une demi-heure
■ gravant à l'embarcadère, j'ai à causer avec toi d'u-
D/affaire importante. »
■ lime de T... passa une nuit affreuse. Vingt fois elle
H eut l'idée de se jeter aux genoux de son mari et de lui
avouer; mais il venait d'apprendre une mauvaise
wiUvclle, et il était en proie à une préoccupation peu
■ iiieourageante. Elle s'avisa d'un expédient : ce fut de
H retarder d'une heure les pendules et la montre de M.
■èî. La ruse réussit, et il était plus de neuf heures
üuand il se mit en route pour l'embarcadère.
H'Mais la jeune femme avait compté sans la mé-
ancete de V. Plutôt que de perdre sa vengeance, il
■frira manquer le départ. M. de T. le trouva donc et
Happrit le terrible secret. Furieux, il revint à son do-
■ mite et fit une scène à sa femme. Celle-ci implora
■ en sanglotant son pardon pour une faute que, jeune
■ dans expérience; elle avait commise, alors qu'elle ne
H le connaissait pas, faute qu'elle avait réparée par plu-
Rieurs années d'une conduite irréprochable et pleine
■ dedévoÙment. Elle termina en arrachant le masque
■4c V. et en montrant à son mari une lettre odieuse de
(sf-m ami.
■ Ce fut contre ce dernier que se tourna la colère de
Il, de T. Sacbant qu'il ne devait partir que par le con
■idu soir, il le chercha de tous côtés, après s'être
mni de deux pistolets. Enfin il le retrouva à l'embar-
B^lère, Il lui adressa de violants reproches, et l'ayant
illirainé dans un endroit désert, près du clos Saint-
■azare, il lui dit en lui montrant les pistolets : Il y en
■un déchargé ; choisissez Il faut que i'un de nous
:tUxmeure! — V., pâle et couvert d'une sueur froi-
K lui demandait grâce et s'efforçait de lui faire en-
Hcdrc qu'un duel sans témoins ne pouvait avoir lieu.
H F urieux d'avoir affaire à un adversaire sans cœur et
■^ courage, M. de T... prit l'un dçs pistolets par le
Mlfflon et lui en porta violemment la crosse au visage.
moment parurent des agents de po lice qui, ayant
■Ondu la scène de l'embarcadère et la provocation
■M était résultée, avaient suivi de loin les deux
■punies. Ils les arrêtèrent et les conduisirent chez le
■^missaire de police, qui constata les faits, et après
fait paItir V. dont la figure était ensanglantée,"
promettre à M. de T. de revenir à des sentiments de
■ 11)5 et de modération.
|rHler matin, le ïieur Chevallier, à Montrouge, ou-
■ colmne à l'ordinaire sa boutique de perruquier,
clients jusqu'à neuf heures, et à neuf heures
Biun on le trouvait pendu au-dessus de '"on lit.
B's! •Ce suicide au manque d'argent pour boire
fll fantaisie f ; car cet homme, d'un âge fort avancé
S'J disait une ample consommation de spiritueux.
au matin, une Jeune femme, appuyée sur
BiiMir^' 6 fenètre au premier étage, s'était penchée
B'%a rCCVOir une personne qui sortait de la maison
BUM elle est propriétaire, impasse Bony, rue
Bïriti la barre d'appui s'est descellée, et la ma-
B;tû.i?ZariC; ,e a précipitée la tête la première
■fcvf i, ^ trottoir. La chute a été si violente
BîieW B%er rane a fracassé- On a peu d'espoir de la
B'*:,».Mnnéipl(Jrable accident a eu lieu mardi à Meu-
,rmc'Duinesnoy, commandant d'artillerie
mr'eUi, promenait sur la terrasse du château.
Btîis-ubitp'86 Bi*I|cnchiitï!ent d'un étourdissement au moment où il
BNt]'X ".ar- P essus le ParaPet de cette terrasse, il
tomba. Les branches d'un arbre
B-^sahiM l!UnS chute en amortirent un peu l'effet.
B fondant 0I) donne de très sérieuses inquiétu-
m. D eux f n S aPPelés à lui prodiguer leurs
3 o n
H Vraie. ?:>ln t' 0 n:taté une fracture de la colonne verté-
annonce, dit le Courrier de Lyon du 23
■v:;'-"ai on e'11 1, e pinet-Ducoin, membre du conseil
-B^danscn n ^rfement du Rhône, vient de se suici-
■ un alion Saint-Genis-Laval.
^ ^fer0^^- est arrivé le 19 dans la gare du che-
■ Il:Cleur a ^pt-Florentin. Le sieur Conrari, con-
■ ! tasal! partie d'un train de marchandises,
B^^àit chaînes qui relient les wagons entre
■ "M°r$mnS a eu la tete ' prise entre les plateaux pla-
■ S io, avaient servi à transporter
BJ^éles*'; ■ ! ^fbcm , a transporté aussitôt à l'hospice ;
■ S(We qui lui t.ont été prodigués, il est mort
1 v0u
B^U'ùeu^® | Indicateur de Reims du 23 septem-
ill^illis Particuliers de M. Jacquesson ont
■ luit du 19 au 20, en faisant leur
Bi^Pard^-f aconniftrs ou des maraudeurs. Frar-
■ rVm L
■ L "4Jes, (,t' n'on? SIeurs coups de couteau, ils sont
Blf|ltrs iJiessrrp- rc;gèlgner leur domicile respectif.
■ îs°iit étô'n.rv00 10 très graves. Les malfai-
■ dHet^ et incarcérés. »
:^B i] ^ûiidator'*l'ur t on.'nAV!aUS.1 a^dire dc 1 a barrière d'e Fon-
a ?igénéral de Bréa vient d'obtenu
■ ■ 6 ^ sa Béni- e ' il avait été condamné aux tr^vauj
forcés à perpétuité. Noury, également condamné aux
travaux forcés à perpétuité, a vu sa peine réduite à
dix années.
— L'Ordre de Dijon ajoute, dans son numéro du 24
septembre, les détails suivants à ceux qu'il a déjà pu-
bliés sur Jobard, assassin de Mme Chabert :
« C'est par le convoi de trois heures qu il a quitté
Dijon, dans la nuit du dimanche au lundi, et qu'il
s'est dirigé sur Lyon. A deux heures il sortait d'une
maison du quartier de la Poissonnerie, où il avait
passé toute la soirée. Là déjà il a tenu des propos qui
indiquent assez que sa raison était en train de démé-
nager. Toutes les personnes avec qui il s'est trouvé
dans la maison en question se rappellent avoir re-
marqué sur sa physionomie une expression d'égare-
ment. Voici, par exemple, qui dénote l'incohérence
complète de ses idées :
» En causant, il se mit à dire tout à coup : Dans un
instant, je m'en vais prendre le chemin de fer pour
aller à Gray; mais, lui lit-on observer, le chemin de
fer ne mène pas à Gray. Du tout, répondit-il, je vous
dis que je vais prendre le chemin de fer de Gray. A
une personne qu'il voyait pour la première fois, il se
présenta comme l'ayant connue à Paris, tandis qu'il
est constant que ni lui ni cette personne n'ont jamais
mis les pieds à Paris.
» M. Thiébaut, qui revient de Lyon, et qui a pu voir
Jobard, nous apprend qu'aujourd'hui il a perdu la
froide impassibilité dans laquelle il est resté cons-
tamment pendant les premiers jours. A la vue de son
patron, Jobard a fendu en larmes et lui a demandé
pardon, ainsi que pour sa malheureuse famille, de la
douleur qu'il leur occasionnait. Dans ses instants lu-
cides, il ne peut s'expliquer comment il a pu com-
mettre un crime aussi horrible, comment il a pu as,...
sassiner en plein théâtre une femme qu'il n'avait ja-
mais vue.
» Interrogé par M. Thiébaut sur ce qui a pu donner
lieu an récit du Courrier de Lyon, laissaat à entendre
qu'il s'était accusé lui-même d'avoir commis des ac-
tes d'infidélité au préjudice de son patron, Jobard a
répondu que jamais il n'avait rien détourné. On se se-
ra trompé, a-t-il dit, sur le sens de mes paroles, que,
du reste, je ne me rappelle pas. J'aurai déclaré que,
dans mes comptes particuliers, pour mes dépenses
personnelles, j'ai porté sur un article, où elles ne de-
vaient pas figurer, certaines sommes dont je voulais
cacher l'emploi. Il résulterait malheureusement des
aveux que Jobard aurait faits à propos de ces dépenses
dissimulées, que sa conduite n'aurait pas été aussi
constamment bonne que les apparences le démon-
traient.'»)
* —On lit dans le Morning Advertiser du 24 septembre:
« Hier, parmi les personnes qui ont visité Mansion-
House (t'Hôtel-de-Ville), était Marie Callinack, âgée de
84 ans, venue à pied de Peuzance, avec un panier sur
la tête, pour voir l'Exposition et présenter ses respects
au lord-maire.
)) La bonne femme étant entrée dans le salon de la
justice, le lord maire lui a dit : Eh bien! mère Ca1li-
nack, j'ai appris que vous étiez venue tout exprès
pour me voir?
» La bonne femme. — Oui, Dieu vous bénisse ! Je
le me suis jamais vue à pareille fête. J'ai 8i ans.
» Le lord-maire. — D'où venez-vous?
» La femme Callinack. — Du bout du monde.
» Le lord-maire. — Mais encore?
» La bonne femme. — De Peuzance. J'en suis partie
il y a cinq setnaines -et je suis venue à pied, quoi ! J'a-
vais quelque petite affaire à Londres où je voulais voir
l'Exposition. J'y ai été hier et j'y retournerai demain.
» Le lord-,-naire,, — Qu'en pensez-vous ?
), La 'femme Callimack.—Je pense que c'est trèsbien.
(On rit.) Mais je n'ai plus que 5 d. 1 /2 en tout et pour
tout. ,A
» Le lord-maire. — Tenez, bonne femme, voilà un
souverain. Ayez-en bien soin, car il y a beaucoup de
voleurs à Londres. -•
» La bonne femme attendrie. — Grand merci! votre
seigneurie. Voilà que je pourrai m'en retourner.
» Elle a été présentée à la femme du lord maire et
on lui a. servi du thé. Elle a dit qu'elle préférait cela
au meilleur vin du monde et qu'elle n'en avait pas pris
depuis soixante ans. Elle est repartie pour Peuzance,
enchantée de son voyage. »
— Trois suicides ont eu lieu dans la journée d'hier
Dans la matinée, la femme Demctlx, couturière, s'e?t
asphyxiée à l'aide du charbon dans sa chambre rue
de Laborde; on attribue cet acte de désespoir à la mi-
sère. Vers quatre heures, un balayeur cantonnier s'in-
troduisit dans une maison en construction, rue d'As-
torg, et se précipita d'une fenêtre du troisième étage
La mort a été instantanée. Enfin, le soir, un nommé
Guibourges, ouvrier fondeur, s'est coupé la goVe
avec un rasoir daus les lieux d'aisance de la maison
qu'il habite, rue du Faubourg-Saint-Martin.
— L'Avenir de Saint-Etienne publie, sous la signa-
turc de M. Théolier aîné, le récit suivant d'une scène
de violence, dont l'un de ses rédacteurs aurait été vic-
time de la part d'un fonctionnaire public :
« Dimanche, vers onze heures du matin un servent
de ville, nommé Bernoux, s'est présenté dans mon
domicile et m'a invité, au nom de M. le maire de
Saint-Etienne, à me rendre à l'HÓtel-de-Ville, au bu
reau central de police, où, m'a-t-il dit, M le maire
me faisait l'honneur de m'attendre. Je n'ai pas tardé
à me rendre à cette invitation, quoique j'eusse lieu
de m'étonuer que M. le maire donnât ses audiences au
bureau central de police.
1) J'arrivai sur le perron del'Hôtel-de-Ville toutpréoc-
cupé de cette idée, et supposant que l'agent avait mal
interprété les ordres de notre premier magistrat, je
me dirigeais vers le cabinet particulier de M."le maire
quand M. Capbert, commissaire central, me barra le
passage et m'ordonna avec colère et d'un geste qu'il
s'efforçait de rendre solennel d'entrer dans le bureau
Surpris de la brutalité de cette-injonction, je répondis
à M. le commissaire central que je me rendais non
chez lui, mais chez M. le maire qui m'avait mandé
M. le commissaire central me dit que M. le maire
était là, c'est-à-dire dans le bureau; mais, modifiant
aussitôt son assertion, il me dit que M. le maire allai
venir.
» Les contradictions de ce langage et l'exaspération
à laquelle paraissait, en proie M. le commissaire cen-
tral m'inspirèrent une involontaire défiance, et recu-
lant d >un pas, je déclarai que puisque M. le maire était
dans son cabinet, c'est dans son cabinet que j'irais lui
parler. « Vous entrcr(.z, » me dit M. le commissaire
centra!, et me saisissant par le bras, il m'attira vio-
lemmcnt, malgré ma résistance dans son bureau
L'agent Bernoux lui prêta main-forte et se plaça en-
suite en vedette près de la porte dans l'intérieur de
l'appartement, afin de m'empêcher d'en sortir. J'étais
séquestré. Alors M. le commissaire central me poussa
au milieu de la pièce, et me portant le poing se us le
menton: «Ah! je vous tien;;!,» me dit-il avec une
sorte de fureur ; «vous ne sertirez pas!» Et il ac-
compagnait ces mots d 'injures si grossières que je ne
les reproduirai pas par respect pour mes lecteurs et
par respect pour moi-même.
» Malgré la juste émotion (llïP. soulevait en moi une
scène si inattendue, je n'ai pas oublié un moment que
l'homme qui m'avait tendu ce guet-apens, et qui osait
me traiter ainsi, était un fonctionnaire. C'est lui seul
qui a oublié le caraetèrepublic dont il est revêtu. Je le
lui ai rappelé froidement. Mais il n'était guère en étal
d'entendre mes remontrances. Depuis le commence-
ment de la scène, il tenait (sans doute par hasard),
dans sa main crispée, un couteau fermé, et tous ses
gestes trahissaient le désordre de son esprit. Je crois
que M. le commissaire central voulut, au dernier mo-
ment, me faire lire je ne sais quelle pancarte qui est
suspendue aux murs de son bureau. Je crois, sans oseï
l'affirmer, tant il était difficile de saisir une pensée
claire dans ses emportements sans dignité et sans me-
sure. Il fallait pourtant que cela finit. Je m'avança
vers l'agent Bernoux qui me barrait le passage et l'en-
, gageai à réfléchir sur ce qu'il faisait, lui déclaran
avec fermeté que j'entendais sortir à 1 instant. L'agen
c comprit sans doute la responsabilité qu'il encourait e
c me laissa passer. '
» Telle-est la scène qui s'est passée hier a 1 Hotet-
de-Ville. Quoiqu'elle n'ait eu pour témoin que l'agent
Bernoux, je ne crois pas qu'on ose en contester l'exac-
titude. Si on l'osait, le public prononcerait entre mon
témoignage et celui de M. Capbat. -
v Cette scènè est beaucoup plus gravequ'onnepense.
Je soupçonne sans doute les motifs qui ont allumé
contre moi le ressentiment de M. Capbert. Ils sont
dans l'article que j'ai publié avant-hier sur le trafic
des livrets. Un de mes collaborateurs s'expliquera
tout à l'heure sur cette question des livrets, et l'on
verra si nos plaintes étaient mal fondées. »
Voici sur l'affaire des livrets qui a donné lieu à
cette malheureuse scène les détails que nous trouvons
dans la même feuille sous la signature de M. Alfred
Bovet :
« Nous avons dit que la vente des livrets était au
bureau central l'objet d'un trafic contraire à la loi et
à l'intérêt des ouvriers. Nous avons dit que les livrets
qui se vendent chez les marchands de i5 à 20 centi-
mes, se vendent au bureau central 50 c., et qu'on re-
fusait le visa aux livrets achetés ailleurs qu'au bureau
central. Nous avons dit que ce refus constituait une
tentative de monopole illicite et devenait une source
de perception illicite d'impôt, une véritable exaction.
Nous maintenons ces faits dans leur intégrité., Nous
n'en retranchons pas une syllabe. »
— Les 26, 27, 28 et 29 septembre courant, la société
nationale d'horticulture de la Seine fera son exposi-
tion d'automne dans l'immense tente qu'elle vient de
faire élever de nouveau dans les Champs-Élysées
(carré Le Doyen), et dont l'intérieur, dessiné en jardin
anglais, sera d'un effet aussi gracieux que pittoresque.
Tout fait espérer que cette solennité horticole égalera
si elle l'le dépasse pas celle qui a eu lieu au printemps
sous les auspices de cette société.
— Dimanche toute la journée, trains de plaisir pour
Saint-Germain; prix réduits i 23 et 1 50 aller et re-
tour compris.— Omnibus gratis.
— Chemin de fer du Nord. — Trains spéciaux quoti-
diens à grande vitesse de Paris à Londres; lre classe
100 fr., 28 classe 75 fr., aller et retour compris; Trajet
en lt heures.
Avis aux abonnés.
MM. les abonnés des Départements et de l'Etranger
dont l'abonnement expire le 1er octobre sont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver de retard d&ns
la réception du journal.
On est prié de joindre à toutes les réclamations, chan-
gements d'adresses, ainsi que pour les réabonnements, LA
DERNIÈRE ADRESSE IMPRIMÉE, que l'on a reçue avec le
journal. et de la corriger si elle es#' fautive.
Le mode d'abonnement le plus simple et le plus prompt
est UN MANDAT SUR LA POSTE à l'ordre de l'administra-
teur du PAYS.
Les lettres èt envois d'argent non affranchis sont rigou-
rètuement refuses.
Voir, à notre 4ft page, les avantages offerts aux
abonnés du PAYS. ~
Ecole des Beaux-Arts.
CONCOURS POUR LE GRAND PRIX DE PEINTURE HISTORIQUE.
« Périclès perdit en même temps, par la peste,
» Xanthippe, son fils aîné, sa sœur, plusieurs de ses
» parents et de ses amis les plus chers. Cependant il
» ne succomba point sous ces malheurs, la fermeté
» de son àme n'en fut point ébranlée; on ne le vit
» ni pleurer di donner les marques ordinaires de
» douleur sur le tombeau d'aucun de ses proches,
» jusqu'à la mort de Péralus, qui était le dernier de
» ses enfants. Alors, frappé d'un si rude coup, il fit
» tous ses efforts pour contenir sa douleur et pour
» conserver celte grandeur d'àme qui avait paru en
» tant d'occasions. Mais quand il voulut mettre la
» couronne de fleur sur la tète du mort, il ne put
» soutenir cette cruelle vue, ni être maitre de sa
» douleur qui éclata par des cris, par. des sanglots
» et par un torrent de larmes. »
Tel est le programme tiré de Plutarque et donné
par l'Académie aux dix élèves du concours de cette -j
année.
Admirable matière à mettre en vers lafins.
Mais c'est à la classe de rhétorique de la peinture 1
qu'il est proposé, et ce n'est pas ici le lieu de médire
de l'Académie. Nous sommes chez elle.
Entre les dix compositions du concours, notre pré-
férence irait droit à celle de M. Marquerie. Mais par
mallieur-pour lui, ce n'est point sur notre bras qu'il
faut tâter le pouls des opinions académiques. Le ta-
bleau de M. Marquerie ne reflète pas le jour étroit
et faux de l'école; c'est là son titre à nos yeux;
nous craignons que ce ne soit un grief aux yeux
de ses juges.
Je ne vous donne pas la composition du jeune
artiste comme un chef-d'œuvre. Son dessin manque
d'articulation et de ressort; il pose avec justesse, il
n'accentue pas. L'attitude de son Périclès penché sur
le lit funèbre n'a ni l'aplomb ni l'équilibre de son
mouvement; il fait gros dos; la saillie et- le re-
lief font défaut partout. Mais la tête du jeune Péra-
lus est d'une mélancolie exquise; je dirais qu'elle
exprime l'atticisme de la mort, si je ne craignais
de paraître subtil. Son bras retombe avec la grâce
languissante et dénouée du sommeil. La jeune fem-
me debout au chevet du lit, pâle ligure aux yeux
ardents et cernés, au front chargé de cheveux noirs,
surprend le regard par l' :xpressive finesse de sa phy-
sionomie qui sent la chair de la vie, etnon le plâtre de
l'étude. Les draperies affectent des motifs froissés, souf-
flés, caressants, que le mannequin n'a jamais portés;
et puis il y a: dans tout le tableau des sentiments de
couleurs, des recherches de lumières, des jntentions
d'harmonie qui tâtonnent encore vaguement sur la
palette, mais dont la touche indécise rencontre çà
et là des accords. La composition se détache sur un
fond de colonnes baignées de demi-teintes d'une
transparence argentine. Cela est faible, sans doute,
mais de la faiblesse touchante d'une inspiration qui
prélude. M. Marquerie n'ira pas, cette année du
moins, à la villa Medrci. Qu'il prenne le chemin du
salon pour y arriver : peut-être rencontrera-t-il le
succès en route; i •
Le tableau qui remportera le premier prix sera
probablement celui de M. Chifflard. Il le devra à la
sûreté un peu raide de son dessin et à la tète de
son Périclès, qui ne manque pas d'un certain éclat
pathétique. Composition assez pauvre, du reste,
bouchée par places plutôt que remplie. C'est bien :
ce n'est pas mieux.
Le n°2, celui de M. Chazal, se distingue parla
méthode et la bonne distribution de son ordonnan-
ce; mais ses détails affaiblissent l'impression sévère
de l'ensemble. La lumière tombe à faux et man-
que son coup sur les figures ; leurs draperies s'éti-
rent à vide sur des formes absentes. Le vêtement,
conçu à l'antique, doit refléter le nu par tous ses
pores : une draperie sans contour ressemble à un
masque sans visage.
M. Jaccomoty — n° 1 — a une figure charmante
dans sa composition, celle de la jeune fille gracieu-
sement ployée au coin du lit funèbre, et des par-
ties d'exécution très finement touchées; mais la tête
de son Périclès n'est que la traduction interlinéaire
de la trivialité d'un modèle; les chairs ont le ton
blafard de l'ivoire, les plans rentrent les uns dans
les autres et semblent calqués sur ceux d'un bas-re-
lief. Le coloriage chocolat de l'architecture allourclit
les groupes et les adosse à plat sur ses fonds. Mal-
gré tous ces défautet la toile de M. Jaccomoty senl
«
une bonne odeur de palette qui fait sa couleûi\
M.Lévya eu la malencontreuse idée de poser en
saillie sur les lèvres du jeune mort l'obole réclamée
parle Caron de l'enfer antique, ce qui fait ressem-
bler sa bouche à la fente d'une tire-lire engorgée.
Défigurer une tête, finement modelée, du reste, pour
une obole d'érùdition, cela valait-il la peine? Le
défaut saillant de sa composition est le vice local
des académies : l'exagération de la draperie aux
dépens du corps qu'elle couvre sans le trahir. En-
core une fois, la draperie antique ne doit être
qu'une nudité plissée, où l'œil se joue comme dans
la clarté d'une transparence.
Nous ne dirons rien des autres concurrents. Il est
un point en art où tout se ressemble, et nous y
touchons.
PAUL DE SAINT-VICTOR.
Bandits corses.
Nous lisons dans l'Ere nouvelle, journal de Bastia, du 20
courant :
« La bande de Massor i a failli étre complétement détruite.
C'est dans la journée du 13, vers les six heures du matin, en-
tre les montagnes de Niolo et celle de Castirla que la l'en..
contre a eu lieu. Les bandits étaient au nombre de trois,
compris Massoni leur chef dont ils suivaient aveuglément
l'impulsion; arrivant de la Balagne Oll ils avaient laissé der-
rière eux un cadavre, ils s'étaient arrêtés au milieu des ber-
geries nomades qui passent alternativement de la montagne à
la plaine et de la plaine à la montage. Informé de leur pré-
sence dans cet endroit d'un abord extrêmement difficile, M. le
maréchal-des-logis Gros réunit les brigades de Corte et de
Calacuccia, formant ensemble un effectif de seize bommes, et
après avoir pris les dispositions nécessaires, dressé le plan de
l'embuscade et de l'attaque, il s'avança résolument à la tète
de ses hommes dans la direction du point où le combat allait
s'engager.
» Le moment était favorable. Contrairement à leur habitude,
Massoni et les complices de ses crimes s'étaient endormis
dans une imprudente sécurité, comptant trop peut-être sur la
fidélité des jeunes gens pàtres. Ce fut en effet à un cri d'alarme
poussé par l'un de ces pâtres à l'approche du poste le plus
avancé des gendarmes que les bandits purent saisir leurs ar-
mes et se mettre en position de résister à la force armée, de
se sauver à travers le feu, ou de laisser la vie dans le combat.
» Dès ce moment une vive fusillade s'engagea des deux cô-
tés. On présume que le redoutable Massoni a dû être blessé
dès la première décharge. Son frère qui, pour le venger et
vendre chèrement sa vie, s'est battu avec un acharnement
sans exemple, a eu le bonheur de s'échapper. On assure qu'il
a regagné pieds nus et légèrement blessé le village de Corgia.
'b Si dans cette action si chaude, si meurtrière, tous les avan-
tages n'ont pas été du côté de la force publique, c'est qu'elle
avait affaire à des hommes dressés, depuis longtemps à ees
sortes de combats,' connaissant les localités et accoutumés à
voir la mort de près. Le brigadier Orsatoni a payé de sa vie
son dévoûment à la loi, et les deux gendarmes, Albertini et
Corteggiani, y ont été blessés : le premier n'a survécu que peu
d'instants à sa blessure, le second est fils d'un ancien mili-
taire et déjà décoré d'une médaille.
» Le détachement expéditionnaire qui a reçu des renforts
s'est IHis immédiatement à la poursuite de ceux des bandits
qui n'avaient pas été atteints. Parviendra-t-il à les saisir?
Nous en doutons fort.
» Massoni aurait été frappé par le gendarme mobile Muselli,
de la troisième compagnie, déjà connu par sa bravoure de
tout l'ancien bataillon des voltigeurs corses.
» Sa blessure, quoique mortelle, lui a laissé assez de force
pour vivte encore pendant trois heures. Il a remis lui-mème
sa longue vue au gendarme Muselli en témoignage de son
estime pour le courage militaire. Massoni avait été tour à
tour soldat en Afrique et. gendarme en Corse. Je suis heu-
reux, disait-il, d'échapper ainsi à l'ignominie du dernier sup-
plice. Mes crimes avaient comblé la mesure, et je comprends
que beaucoup de personnes se réjouissent de ma mort.
D Il a témoigné, mais trop tard, le plus vif regret du mal
qu'il avait fait. Il a parlé de la sincérité de son repentir, il
voulait dire probablement de ses remords.
» Après avoir causé durant une heure avec une parfaite tran-
quillité d'esprit, on l'a vu prendre une pierre aride, la poser
sous sa tête, et sans penser à rien se tourner sur le flanc et
crever comme un chien...
» Cette affaire dont il n'y a pas d'exemple dans les aniiaV-s
du banditisme,b:en qu'elles ne manquent point de traits- d'ui.e
résolution désespérée, a pris, de jour en jour, les proportions
d'un événement C'est un spectacle bien singulier que celui
que présente en ce moment la montagne de Penna-Rossa.
Que l'on se ligure, d'un côté, un bandit acculé dans une
grotte sans autre issue que celle que garde la force armée,
privé de pain et d'eau, sommé à plusieurs reprises de se ren-
dre, et répondant par des coups de fusil ; d'autre part, plus
de 160 hommes formant le siège de son dernier retranche-
ment sous les ordres du commandant de la gendarmerie mo-
bile, un capitaine etun'garde du génie de la place de Corte,
combinant de concert avec les officiers de la force armée et de
la ligne les moyens d'amener le bandit à capituler, ou de le
faire sauter, à l'aide d'une mine, avec le rocher .derrière le-
quel il s'était barricadé.
» Une première tentative de ce genre n'a eu.d'autre résul-
tat que d'ébranler fortement la grotte. Les éclats de cette ro-
che de granit en retombant, avec un fracas épouvantable que
répercutait au loin l'écho des montagnes, sur la grotte, in-
vestie de tous les côtés, ont pu ébranler les pierres énormes
qui en défendent l'entrée, sans ébranler le courage du ban-
dit Mathieu Arrighi. La tranquillité de son esprit n'étonne pas
moins que son courage. C'est un feu nourri de coups de fusil
et de plaisanteries. Aux gendarmes qui l'engagent à déposer les
armes, il répond comme les Grecs d'autrefois : « Venez les
prendre. » On lui a annoncé l'arrivée du président et du tri-
bunal de Corte, qui se sont immédiatement rendus à travers
les ravins, les forêts et tous les autres accidents de cette
montagne abrupte et escarpée, afin de constater l'identité du
bandit Massoni, dont le cadavre gisait entre deux rochers.
«Dites à ces messieurs que je suis très flatté de leur visite,
mais que je regrette beaucoup de ne pouvoir les recevoir qu'à
coups de fusils, » a dit Arrighi, en se tenant toujours sur la
défensive.
» Autour de cette grotte, qui deviendra historique, on voit
depuis deux jours tout l'appareil d'un véritable siège : des
caisses de poudre, des fascines, des grenades, des gendarmes
transformés en artilleurs, des mines pratiquées dans les flancs
du rocher. Désespérant de pouvoir vaincre autrement son opi-
niâtre résistance, le conseil de guerre a décidé de faire jouer
la mine. De cette façon on mettra un terme au blocus qui dure
depuis six jours sans exposer davantage la vie. de ces braves
militaires qui, emportés par leur courage, ont essayé à diver-
ses reprises de pénétrer dans l'intérieur de ce sombre réduit.
L'un d'entre eux, tué raide, n'a pu être enlevé, tant il y a du
danger à s'cn approcher.
» Des curieux sont arrivés de plusieurs points. Il en est même
de l'ancien arrondissement de Vico. Il n'y a que des témoins
ociMaires qui puissent croire ce que nous racontons en ce
moment. Le bandit, selon toutes les probabilités, était resté
sans vivres. Il n'y avait dans la grotte, au dire des pâtres
qui ont été arrêtés, qu'un morceau de viande crue. On pré-
sume qu'il a encore des munitions de guerre pour pouvoir
nourrir le feu et tuer d'autres gendarmes.
j) Maintenant quel est le secret de cette résistance prolon
gée? Comment fait-il pour repousser vigoureusement la force
armée dans ce dénûment complet de tous moyens de sub-
sistance? Quelle trempe de caractère ! disent les soldats du
53e. »
Bulletin scientifique et industriel.
HISTOIRE NATURELLE.— Fait extraordinaire d'un crapaud trou-
vé vivant dans la cavité d'un silex où il paraît avoir s6.
- journé pendant très longtemps...
Un fait très curieux et jusqu'ici inexplicable a été soumis
dernièrement à l'Académie des sciences. Il s'agit d'un cra-
paud trouvé enseveli vivant au sein d'un gros caillou, inac-
cessible selon toutes les apparences à l'air extérieur, et d'où
il résulterait que cet animal aurait vécu de longues années
sans air respirable et sans aucune nourriture.
Déjà, depuis plus de deux siècles, une trentaine d'observa-
tions faites sur différents points du globe avaient.signalé cette
particularité vraiment singulière. Partout et toujours l'animal
enfermé dans des cavités hermétiquement fermées étaient un
crapaud, et plusieurs de ces relations sont présentées dans des
.circonstances telles qu'elles excluent jusqu'à l'ombre du deute.
Nous en citerons deux seùlèmènt.
Ambroise Paré raconte qu'il a vu lui-même à Meudon uît
gros crapaud vif renfermé dans une grosse pierre où il n'y
avait aucune apparence d'ouverture extérieure. Voici ses
propres expressions : « bst.aut en vne mienne vigne, près lè
village de Meudon, où je faisais rompre de bien grandes et
grosses pierres solides, on trouva au milieu de l'une d'icelles
un gros crapaud vif, et n'y auoit aucune apparence d'ouuer-
ture, et m 'ernernéill-ay comme cet animal auoit peu naistre,
croistre et auoir vie. Lors le carrier me dit qu'il ne s'en fallait
esmerueiller, parce que plusieurs fais il auoit trouvé de tels
animaux au profond des pierres, sans apparence d'aucuÈër
ouuerture. i)
Les AclaerudiLorum, année 1721, racontent que Richard
Bradley présenta à la société royale un crapaùd trouvé vi-
vant dans une pierre. Bradley ajoutait; «Nous avons plusieurs
exemples de crapauds qui ont été tirés vivants du milieu de
larges pierres dures, et j'ai été une fois témoin oculaire d'un <
crapaud trouvé dans le centre ou le cœur d'un gros chêne. »
Arrivons au rapport de M. Duméril :
« Près de la station de l'embarcadère du chemin de fer qui
passe à Blois (Loir-et-Cher), au lieu dit le Passoir-Blanc, M.
Baston, propriétaire, faisait retirer des terres d'un puits au-
quel il désirait faire donner plus de profondeur. A quelques
mètres de ëe puits il existe un ravin où coule, pendant les
trois quarts de l'année, l'eau d'un étang (de Pigelay) qui ns
tarit jamais. Cette eau se trouve à deux /nètres environ au- *
dessus du niveau de celle du puits. Les ouvriers avaient fait
remonter, dans un baquet, une masse de graviers humides,
argileux, contenant de gros cailloux arrondis. Plusieurs de •
ces derniers se trouvant arc-boutés, et comme enclavés parmi
quelques autres, l'un des manœuvres frappa fortement l'un
de ces gros silex, qui se fendit en deux portions presque
égales.
Entre ces deux fragments, d'une pâte homegène et sans
ride, se voyait cependant une sorte de géode creuse, incrus-
tée d'une légère couche de matière calcaire. C'est de cette ca- '<
vité que l'on vit sortir un crapaud, qui chercha à s'échapper '
et à fuir, à une certaine distance, dit-on; mais les ouvriers la
saisirent et le replacèrent dans le creux qui existait au mi-
lieu du silex; Il s'y blottit aussitôt, en s'y plaçant de manière f
à remplir complètement cette sorte de loge comme calibre
sur son corps. Les deux portions séparées du silex furent àlorâ
rapprochées, elles s'adaptèrent parfaitement, et l'animal s'y
trouva renfermé comme dans une boite.
Cette découverte fut faite le 23 juin de cette même année
de 1851.
Ce silex a été remis le 25 juin à M. Mathoaet, qui le fit des
cendre le même jour dans une cave, après l'avoir fait mouiller
et entourer de mousse. v *
Comme l'animal a été examiné à plusieurs reprises par
beaucoup de personnes , on a noté qu'il a changé de peau le
8 juillet; on ne dit pas qu'il ait mangé, mais on a reconnu
qu'il n'avait eu aucune déjection. - ;
Lorsque, dans les premiers jours, on enlevait avec précau-
tion la partie supérieure du .silex, le crapaud ne cherchait pas
à quitter la cavité qu'il romplissait presque entièrement sur
la longueur et la largeur, mais non en hauteur. Maintenant,
dès qu'on le découvre, et presque aussitôt qu'il se sent exposé
à l'action de la lumière, il cherche à s'échapper, et il ne tarda
pas à courir assez rapidement, en soulevant tout à la fois le
tronc sur ses quatre pattes.
On a remarqué que lorsqu'on le place sur la pierre plate,
il va de lui-même se ranger dans la cavité pour s'y blottir, en
y cachant ses membres de manière à n'être pas blessé par la
superposition du fragment supérieur destiné à le recouvrir.
Voici maintenant le résultat de l'examen dont nous avons
été chargé par l'Académie. Le gros silex semble avoir été
roulé; sa surface est arrondie, d'une teinte jaunâtre, coloré
dans quelques points par de l'argile rouge. Il présente en de-
hors quelques enfoncements remplis de la même argile, il
peut peser 7 kilogrammes ; il a été cassé net dans un de ses-
plus grands diamètres.
Cette fente horizontale partage le caillou en deux por-
tions épaisses, mais inégales en volume. Entre ces deux frag-
ments rapprochés, et presqu'au milieu de la masse siliceuse
qui paraît homogène et d'une pâte fine et pleine, au moins
dans la cassure fortuite et un peu conchoïde opérée par la.
fracture, on ne voit sur cette large surface interne- aucune
trace de communication possible avec la cavité arrondie qui
contiept le crapaud. Partagée en deux portions, cette sort®
de géode, qui sert de niche à l'animal, est incrustée de chaux
carbonatée amorphe.
C'est dans la cavité de ce silex que nous avons pu observer
le crapaud vivant. Posé sur le ventre, affaissé et tapi sur lui-
même, dans un espace très borné qu'il remplit presque en-
tièrement, il parait comme pelotonné, raccourci et resserré,
ne laissant de visible que toute la partie supérieure du dos,
la tète en avant correspondant à une sorte d'échancrure qui
enclavait son museau ou la portion la plus avancée de sa mâ-
choire supérieure, mais on pouvait distinguer encore sur les
côtés la saillie de^ paupières.
Nous avons reconnu au premier aspect dans ce crapaud la
variété, assez commune d'ailleurs en France, du Bufo viridis
ou variabilis de quelques auteurs; son dos est marqué d'une
raie jaune qui en occupe toute la longueur, et on l'a décrits
souvent sous le nom de calamita. Il présente tous les carac-
tères indiqués par l'un de nous, dans la description de cette
espèce, dont Roésèl a donne une excellente figure.
En examinant avec la plus grande attention l'intérieur de
la cavité ou de la géode creuse, nous avons recherché si,
comme nous devions le supposer, il ne se trouverait pas au
dehors ou au dedans du silex quelque scissure, pertuis ou ca-
nal qui aurait laissé pénétrer l'air ou l'eau, jusqu'à l'animal.
Cette circonstance reconnue aurait plI) jusqu'à un certain
point, satisfaire à la nécessité que nous croyons indispensable
à la persistance de la vie chez un animal, puisque tout être
organisé a besoin de respirer et de'se nourrir.
C'est en vain que vos. commissaires ont cherché cette voie
de communication avec l'extérieur. Pour la découvrir, peut-.
être aurait-il été nécessaire de débarrasser le silex de l'argile
solide introduite dans quelques-uns de ses creux apparents.
Ces investigations dont nous sentions toute l'importance
n'ont pu être faites, à notre grand regret, parce que la pièce
qui nous a été confiée n'était qu'un simple dépôt dont nous ".
ne pouvions entièrement disposer, et que d'ailleurs il aurait
été fâcheux de détruire cet objet curieux et phénoménal, puis-
qu'on n'était pas certain d'obtenir des moyens positifs d'e:J:'"
pliquer ce qu'il y a d'extraordinaire, et, pour ainsi dire, de
merveilleux dans ce fait.
Cependant la commission s'est convaincue d'une circonstan-
ce curieuse et très importante à consigner ici. Le corps du
crapaud, en raisoh de ses dimensions, remplissait compléte-
ment le fond de cette géode; il ne pouvait y être contenu que...
dans une position fixe et déterminée qu'il devait garder con-
stamment. Eh bien! ce fait étant démontré, l'animal avait la.
tète encastrée immuablement, la région correspondante aux
branches réunies de la mâchoire inférieure offrait là une soli-
dité, une courbure, une saillie notable à travers la peau, tan-
dis que tout le dessous de la gorge restait mou et très flexible.
11 est résulté de cette application continue une empreinte
lisse et en creux de la région osseuse; formant une sorte de
canal semi-circulaire dans l'intérieur duquel là matière cal-
caire s'avance comme un petit promontoire rugueux qui cor"
respond par son contour à la partie molle des téguments com-
prise dans l'arcade qui cerne le gosier. »
M. Magendie s'est montré fort peu satisfait et dl1 récit, et
du rapport. Ce crapaud, prisonnier cellulaire, qui marche
dès qu'il sè sent libre, bien qu'il dût avoir, par -son séjour'
prolongé dans sa prison, les articulations passablement raides
et les muscles peu contractiles, lui paraît au moins singulier.
Il craint une mystification, il ne lui semble pas impossible
qu'un ouvrier, voyant au milieu du caillou cassé une loge ar-
rondie et assez spacieuse, ait eu la malicieuse pensée d'y
placer un crapaud qu'il aura trouvé sous sa main. La plai-
santerie ne serait pas mauvaise, et l'Académie dans tous les
cas doit, dit-il, se montrer très circonspecte.
Pour nous la mystification, sinon dans ce cas particulier,
au moins dans les nombreuses observations analogues que
nous avons lues avec un vif intérêt, nous semble tout à fait
improbable ; et nous acceptons plusieurs des faits de ce genre
comme parfaitement authentiques et irrécusables.
Ce qui nous étonne, c'est de voir les célébrités de i'histeire
naturelle et de La physiologie se déclarer impuissants à ex-
pliquer la vie conservée pendant de longues années sans les
soutiens naturels. Sans doute qu'une respiration abondante
et des aliments en quantité suffisante sont tout à fait néces-
saires à la vie, lorsqu'il s'agit de la vie normale avec l'exer-
cice régulier de ses fonctions. Mais pourquoi ne concevrions-
nous pas que l'exercice de la vie, dont le principal phénol
mène est la combustion lente de l'oxygène, soit réduite à de
si minimes proportions, qu'elle puisse se continuer indéfini-
ment par des quantités infiniment petites de substances res-
pirables et assimilables ? Le phénomène du crapaud vivant
au centre d'une pierre on d'un arbr
I -hoD de 5 f trnartre, comme s'il avait le diable à
I * instinctivement, M. D... porta la main
9 ses ache, cte roté de son paletat ; elle était virle, le
ff coupé extérieurement aussi net qu'a-
8 ■* apait 1 e portefeuille avait disparu. « Je suis
p'1 ,nras0'r: M Ilorl-,,, allons, cocher, laissez-là votre vei-
1 I rf®,1, s'écria4'1, = *ivement, j'aurai soin cle voiis. »
^'eicouro irent à la poursuite du fuyard avec
al tllSu5deUX 1-e celui-ci perdit bientôt du terrain.
M
I t5°,it ,1}'arâfiHr' ^,rs à la vieille ruse d'Atalante, et, ti-
aiorsrfnille les billets de banque, il en jeta la
L'expédient lui ré :■*:<:
H B 4 n et le cocher couraient après les pre-
ci'irnés Garât, il parvint-à disparaître der-
I ,IC piers rc maisons de Clignancourt. Tous les
■ ont été retrouvés par M. D..., qui
H îiiéts. ^"îninte qu'il a portée , un signalement du
I DIoiot, à Ornent précis et détaillé que, selon toute
H S* v il n'échappera pas longtemps aux recher-
B est
M
I -^i T chef de bureau dans une administra-
P r' avait épousé, il y a quelques années,
■
■^ées font le bonheur du ménage. Aussi s'ap-
mti05 11 q devant ses amis de la compagne que le
lui avait envoyée, et du calme fortuné
Hd, écoulait sa vie conjugale.
■JANS^, MUle T... n'était pas aussi pleinement
ICep mie son mari. Lorsqu'elle restait seule, elle
B^SoVé à son joyeux sourire, et ses yeux s'hu-
B 111 t de larmes. Elle était oppressée par un lourd
JJ' mectaIeD t de connaître M. de T..., elle avait, toute
à une séduction habilement 011r-
Bi^V cette faute était resté un fatal souvenir
®,e' ^"f pouvait haïr pourtant, et qui, loin d'elle, la
■ 'r0 'tDar les soins occultes qu'elle était obligée de
■ er L'amour violent qu'elle portait à M. de T...
■ lui, dit el reculer, lorsqu'il la rechercha, devant un
■ ®veU ui sans doute eût empêché le mariage. Depuis
■ ^demandait sans cesse si ce ne serait pas une
■
■ fl'eseouvelie de détruire par l'aveu intempestif d'une
I ^réparable la félicité d'une union sans nuages.
■ 'lise un jour tout en larmes par un intime de
^ari gH,) eut faiblesse céder à ses obsessions
■î! B""nui''révéler son secret. L'homme à qui elle fai-
.je révélation était un lâche. Il s'arma de cette
■ tidence pour adresser à la jeune femme d'odieuses
■ ■ ^tlt ositions. Elle le repoussait avec indignation, sans
■ faire un éclat qui eût amené la découverte de
^d'elle tenait tant à cacher. Sa gaîté s'était tout à
■ ■ nenvolée et des traces d'une souffrance intérieure'
lisaient sur son visage. -
B rénovai ami se nommait V... et il était employé
Bmslaniême administration que M. de T... La semai-
I ■ dernière il apprit qu'il venait d'être désigné puur
I "nposte en province. Avant son départ, il devint plus
B "jetant aupi-ès de la jeune femme; mais celle-ci, exas-
I: Lé?, lui déclaraf qu'ell -le méprisait et le détestait,
I Lu; était résolue de mettre un terme à ce supplice
'[(mil pouvait dire tout ce qu'il voudrait à son mari.
I tWhier soir, à la fin du repas d'adieu qui avait
I j donné à son intention par M. de T., V. dit tout
|l jpt à ce dernier, en regardant sa femme : « Je pars
B 'demain par le chemin de fer du Nord à neuf heures
■ précises. Ne manque pas de te trouver une demi-heure
■ gravant à l'embarcadère, j'ai à causer avec toi d'u-
D/affaire importante. »
■ lime de T... passa une nuit affreuse. Vingt fois elle
H eut l'idée de se jeter aux genoux de son mari et de lui
avouer; mais il venait d'apprendre une mauvaise
wiUvclle, et il était en proie à une préoccupation peu
■ iiieourageante. Elle s'avisa d'un expédient : ce fut de
H retarder d'une heure les pendules et la montre de M.
■èî. La ruse réussit, et il était plus de neuf heures
üuand il se mit en route pour l'embarcadère.
H'Mais la jeune femme avait compté sans la mé-
ancete de V. Plutôt que de perdre sa vengeance, il
■frira manquer le départ. M. de T. le trouva donc et
Happrit le terrible secret. Furieux, il revint à son do-
■ mite et fit une scène à sa femme. Celle-ci implora
■ en sanglotant son pardon pour une faute que, jeune
■ dans expérience; elle avait commise, alors qu'elle ne
H le connaissait pas, faute qu'elle avait réparée par plu-
Rieurs années d'une conduite irréprochable et pleine
■ dedévoÙment. Elle termina en arrachant le masque
■4c V. et en montrant à son mari une lettre odieuse de
(sf-m ami.
■ Ce fut contre ce dernier que se tourna la colère de
Il, de T. Sacbant qu'il ne devait partir que par le con
■idu soir, il le chercha de tous côtés, après s'être
mni de deux pistolets. Enfin il le retrouva à l'embar-
B^lère, Il lui adressa de violants reproches, et l'ayant
illirainé dans un endroit désert, près du clos Saint-
■azare, il lui dit en lui montrant les pistolets : Il y en
■un déchargé ; choisissez Il faut que i'un de nous
:tUxmeure! — V., pâle et couvert d'une sueur froi-
K lui demandait grâce et s'efforçait de lui faire en-
Hcdrc qu'un duel sans témoins ne pouvait avoir lieu.
H F urieux d'avoir affaire à un adversaire sans cœur et
■^ courage, M. de T... prit l'un dçs pistolets par le
Mlfflon et lui en porta violemment la crosse au visage.
moment parurent des agents de po lice qui, ayant
■Ondu la scène de l'embarcadère et la provocation
■M était résultée, avaient suivi de loin les deux
■punies. Ils les arrêtèrent et les conduisirent chez le
■^missaire de police, qui constata les faits, et après
fait paItir V. dont la figure était ensanglantée,"
promettre à M. de T. de revenir à des sentiments de
■ 11)5 et de modération.
|rHler matin, le ïieur Chevallier, à Montrouge, ou-
■ colmne à l'ordinaire sa boutique de perruquier,
clients jusqu'à neuf heures, et à neuf heures
Biun on le trouvait pendu au-dessus de '"on lit.
B's! •Ce suicide au manque d'argent pour boire
fll fantaisie f ; car cet homme, d'un âge fort avancé
S'J disait une ample consommation de spiritueux.
au matin, une Jeune femme, appuyée sur
BiiMir^' 6 fenètre au premier étage, s'était penchée
B'%a rCCVOir une personne qui sortait de la maison
BUM elle est propriétaire, impasse Bony, rue
Bïriti la barre d'appui s'est descellée, et la ma-
B;tû.i?ZariC; ,e a précipitée la tête la première
■fcvf i, ^ trottoir. La chute a été si violente
BîieW B%er rane a fracassé- On a peu d'espoir de la
B'*:,».Mnnéipl(Jrable accident a eu lieu mardi à Meu-
,rmc'Duinesnoy, commandant d'artillerie
mr'eUi, promenait sur la terrasse du château.
Btîis-ubitp'86 Bi*I|cnchiitï!ent d'un étourdissement au moment où il
BNt]'X ".ar- P essus le ParaPet de cette terrasse, il
tomba. Les branches d'un arbre
B-^sahiM l!UnS chute en amortirent un peu l'effet.
B fondant 0I) donne de très sérieuses inquiétu-
m. D eux f n S aPPelés à lui prodiguer leurs
3 o n
H Vraie. ?:>ln t' 0 n:taté une fracture de la colonne verté-
annonce, dit le Courrier de Lyon du 23
■v:;'-"ai on e'11 1, e pinet-Ducoin, membre du conseil
-B^danscn n ^rfement du Rhône, vient de se suici-
■ un alion Saint-Genis-Laval.
^ ^fer0^^- est arrivé le 19 dans la gare du che-
■ Il:Cleur a ^pt-Florentin. Le sieur Conrari, con-
■ ! tasal! partie d'un train de marchandises,
B^^àit chaînes qui relient les wagons entre
■ "M°r$mnS a eu la tete ' prise entre les plateaux pla-
■ S io, avaient servi à transporter
BJ^éles*'; ■ ! ^fbcm , a transporté aussitôt à l'hospice ;
■ S(We qui lui t.ont été prodigués, il est mort
1 v0u
B^U'ùeu^® | Indicateur de Reims du 23 septem-
ill^illis Particuliers de M. Jacquesson ont
■ luit du 19 au 20, en faisant leur
Bi^Pard^-f aconniftrs ou des maraudeurs. Frar-
■ rVm L
■ L "4Jes, (,t' n'on? SIeurs coups de couteau, ils sont
Blf|ltrs iJiessrrp- rc;gèlgner leur domicile respectif.
■ îs°iit étô'n.rv00 10 très graves. Les malfai-
■ dHet^ et incarcérés. »
:^B i] ^ûiidator'*l'ur
a ?igénéral de Bréa vient d'obtenu
■ ■ 6 ^ sa Béni- e ' il avait été condamné aux tr^vauj
forcés à perpétuité. Noury, également condamné aux
travaux forcés à perpétuité, a vu sa peine réduite à
dix années.
— L'Ordre de Dijon ajoute, dans son numéro du 24
septembre, les détails suivants à ceux qu'il a déjà pu-
bliés sur Jobard, assassin de Mme Chabert :
« C'est par le convoi de trois heures qu il a quitté
Dijon, dans la nuit du dimanche au lundi, et qu'il
s'est dirigé sur Lyon. A deux heures il sortait d'une
maison du quartier de la Poissonnerie, où il avait
passé toute la soirée. Là déjà il a tenu des propos qui
indiquent assez que sa raison était en train de démé-
nager. Toutes les personnes avec qui il s'est trouvé
dans la maison en question se rappellent avoir re-
marqué sur sa physionomie une expression d'égare-
ment. Voici, par exemple, qui dénote l'incohérence
complète de ses idées :
» En causant, il se mit à dire tout à coup : Dans un
instant, je m'en vais prendre le chemin de fer pour
aller à Gray; mais, lui lit-on observer, le chemin de
fer ne mène pas à Gray. Du tout, répondit-il, je vous
dis que je vais prendre le chemin de fer de Gray. A
une personne qu'il voyait pour la première fois, il se
présenta comme l'ayant connue à Paris, tandis qu'il
est constant que ni lui ni cette personne n'ont jamais
mis les pieds à Paris.
» M. Thiébaut, qui revient de Lyon, et qui a pu voir
Jobard, nous apprend qu'aujourd'hui il a perdu la
froide impassibilité dans laquelle il est resté cons-
tamment pendant les premiers jours. A la vue de son
patron, Jobard a fendu en larmes et lui a demandé
pardon, ainsi que pour sa malheureuse famille, de la
douleur qu'il leur occasionnait. Dans ses instants lu-
cides, il ne peut s'expliquer comment il a pu com-
mettre un crime aussi horrible, comment il a pu as,...
sassiner en plein théâtre une femme qu'il n'avait ja-
mais vue.
» Interrogé par M. Thiébaut sur ce qui a pu donner
lieu an récit du Courrier de Lyon, laissaat à entendre
qu'il s'était accusé lui-même d'avoir commis des ac-
tes d'infidélité au préjudice de son patron, Jobard a
répondu que jamais il n'avait rien détourné. On se se-
ra trompé, a-t-il dit, sur le sens de mes paroles, que,
du reste, je ne me rappelle pas. J'aurai déclaré que,
dans mes comptes particuliers, pour mes dépenses
personnelles, j'ai porté sur un article, où elles ne de-
vaient pas figurer, certaines sommes dont je voulais
cacher l'emploi. Il résulterait malheureusement des
aveux que Jobard aurait faits à propos de ces dépenses
dissimulées, que sa conduite n'aurait pas été aussi
constamment bonne que les apparences le démon-
traient.'»)
* —On lit dans le Morning Advertiser du 24 septembre:
« Hier, parmi les personnes qui ont visité Mansion-
House (t'Hôtel-de-Ville), était Marie Callinack, âgée de
84 ans, venue à pied de Peuzance, avec un panier sur
la tête, pour voir l'Exposition et présenter ses respects
au lord-maire.
)) La bonne femme étant entrée dans le salon de la
justice, le lord maire lui a dit : Eh bien! mère Ca1li-
nack, j'ai appris que vous étiez venue tout exprès
pour me voir?
» La bonne femme. — Oui, Dieu vous bénisse ! Je
le me suis jamais vue à pareille fête. J'ai 8i ans.
» Le lord-maire. — D'où venez-vous?
» La femme Callinack. — Du bout du monde.
» Le lord-maire. — Mais encore?
» La bonne femme. — De Peuzance. J'en suis partie
il y a cinq setnaines -et je suis venue à pied, quoi ! J'a-
vais quelque petite affaire à Londres où je voulais voir
l'Exposition. J'y ai été hier et j'y retournerai demain.
» Le lord-,-naire,, — Qu'en pensez-vous ?
), La 'femme Callimack.—Je pense que c'est trèsbien.
(On rit.) Mais je n'ai plus que 5 d. 1 /2 en tout et pour
tout. ,A
» Le lord-maire. — Tenez, bonne femme, voilà un
souverain. Ayez-en bien soin, car il y a beaucoup de
voleurs à Londres. -•
» La bonne femme attendrie. — Grand merci! votre
seigneurie. Voilà que je pourrai m'en retourner.
» Elle a été présentée à la femme du lord maire et
on lui a. servi du thé. Elle a dit qu'elle préférait cela
au meilleur vin du monde et qu'elle n'en avait pas pris
depuis soixante ans. Elle est repartie pour Peuzance,
enchantée de son voyage. »
— Trois suicides ont eu lieu dans la journée d'hier
Dans la matinée, la femme Demctlx, couturière, s'e?t
asphyxiée à l'aide du charbon dans sa chambre rue
de Laborde; on attribue cet acte de désespoir à la mi-
sère. Vers quatre heures, un balayeur cantonnier s'in-
troduisit dans une maison en construction, rue d'As-
torg, et se précipita d'une fenêtre du troisième étage
La mort a été instantanée. Enfin, le soir, un nommé
Guibourges, ouvrier fondeur, s'est coupé la goVe
avec un rasoir daus les lieux d'aisance de la maison
qu'il habite, rue du Faubourg-Saint-Martin.
— L'Avenir de Saint-Etienne publie, sous la signa-
turc de M. Théolier aîné, le récit suivant d'une scène
de violence, dont l'un de ses rédacteurs aurait été vic-
time de la part d'un fonctionnaire public :
« Dimanche, vers onze heures du matin un servent
de ville, nommé Bernoux, s'est présenté dans mon
domicile et m'a invité, au nom de M. le maire de
Saint-Etienne, à me rendre à l'HÓtel-de-Ville, au bu
reau central de police, où, m'a-t-il dit, M le maire
me faisait l'honneur de m'attendre. Je n'ai pas tardé
à me rendre à cette invitation, quoique j'eusse lieu
de m'étonuer que M. le maire donnât ses audiences au
bureau central de police.
1) J'arrivai sur le perron del'Hôtel-de-Ville toutpréoc-
cupé de cette idée, et supposant que l'agent avait mal
interprété les ordres de notre premier magistrat, je
me dirigeais vers le cabinet particulier de M."le maire
quand M. Capbert, commissaire central, me barra le
passage et m'ordonna avec colère et d'un geste qu'il
s'efforçait de rendre solennel d'entrer dans le bureau
Surpris de la brutalité de cette-injonction, je répondis
à M. le commissaire central que je me rendais non
chez lui, mais chez M. le maire qui m'avait mandé
M. le commissaire central me dit que M. le maire
était là, c'est-à-dire dans le bureau; mais, modifiant
aussitôt son assertion, il me dit que M. le maire allai
venir.
» Les contradictions de ce langage et l'exaspération
à laquelle paraissait, en proie M. le commissaire cen-
tral m'inspirèrent une involontaire défiance, et recu-
lant d >un pas, je déclarai que puisque M. le maire était
dans son cabinet, c'est dans son cabinet que j'irais lui
parler. « Vous entrcr(.z, » me dit M. le commissaire
centra!, et me saisissant par le bras, il m'attira vio-
lemmcnt, malgré ma résistance dans son bureau
L'agent Bernoux lui prêta main-forte et se plaça en-
suite en vedette près de la porte dans l'intérieur de
l'appartement, afin de m'empêcher d'en sortir. J'étais
séquestré. Alors M. le commissaire central me poussa
au milieu de la pièce, et me portant le poing se us le
menton: «Ah! je vous tien;;!,» me dit-il avec une
sorte de fureur ; «vous ne sertirez pas!» Et il ac-
compagnait ces mots d 'injures si grossières que je ne
les reproduirai pas par respect pour mes lecteurs et
par respect pour moi-même.
» Malgré la juste émotion (llïP. soulevait en moi une
scène si inattendue, je n'ai pas oublié un moment que
l'homme qui m'avait tendu ce guet-apens, et qui osait
me traiter ainsi, était un fonctionnaire. C'est lui seul
qui a oublié le caraetèrepublic dont il est revêtu. Je le
lui ai rappelé froidement. Mais il n'était guère en étal
d'entendre mes remontrances. Depuis le commence-
ment de la scène, il tenait (sans doute par hasard),
dans sa main crispée, un couteau fermé, et tous ses
gestes trahissaient le désordre de son esprit. Je crois
que M. le commissaire central voulut, au dernier mo-
ment, me faire lire je ne sais quelle pancarte qui est
suspendue aux murs de son bureau. Je crois, sans oseï
l'affirmer, tant il était difficile de saisir une pensée
claire dans ses emportements sans dignité et sans me-
sure. Il fallait pourtant que cela finit. Je m'avança
vers l'agent Bernoux qui me barrait le passage et l'en-
, gageai à réfléchir sur ce qu'il faisait, lui déclaran
avec fermeté que j'entendais sortir à 1 instant. L'agen
c comprit sans doute la responsabilité qu'il encourait e
c me laissa passer. '
» Telle-est la scène qui s'est passée hier a 1 Hotet-
de-Ville. Quoiqu'elle n'ait eu pour témoin que l'agent
Bernoux, je ne crois pas qu'on ose en contester l'exac-
titude. Si on l'osait, le public prononcerait entre mon
témoignage et celui de M. Capbat. -
v Cette scènè est beaucoup plus gravequ'onnepense.
Je soupçonne sans doute les motifs qui ont allumé
contre moi le ressentiment de M. Capbert. Ils sont
dans l'article que j'ai publié avant-hier sur le trafic
des livrets. Un de mes collaborateurs s'expliquera
tout à l'heure sur cette question des livrets, et l'on
verra si nos plaintes étaient mal fondées. »
Voici sur l'affaire des livrets qui a donné lieu à
cette malheureuse scène les détails que nous trouvons
dans la même feuille sous la signature de M. Alfred
Bovet :
« Nous avons dit que la vente des livrets était au
bureau central l'objet d'un trafic contraire à la loi et
à l'intérêt des ouvriers. Nous avons dit que les livrets
qui se vendent chez les marchands de i5 à 20 centi-
mes, se vendent au bureau central 50 c., et qu'on re-
fusait le visa aux livrets achetés ailleurs qu'au bureau
central. Nous avons dit que ce refus constituait une
tentative de monopole illicite et devenait une source
de perception illicite d'impôt, une véritable exaction.
Nous maintenons ces faits dans leur intégrité., Nous
n'en retranchons pas une syllabe. »
— Les 26, 27, 28 et 29 septembre courant, la société
nationale d'horticulture de la Seine fera son exposi-
tion d'automne dans l'immense tente qu'elle vient de
faire élever de nouveau dans les Champs-Élysées
(carré Le Doyen), et dont l'intérieur, dessiné en jardin
anglais, sera d'un effet aussi gracieux que pittoresque.
Tout fait espérer que cette solennité horticole égalera
si elle l'le dépasse pas celle qui a eu lieu au printemps
sous les auspices de cette société.
— Dimanche toute la journée, trains de plaisir pour
Saint-Germain; prix réduits i 23 et 1 50 aller et re-
tour compris.— Omnibus gratis.
— Chemin de fer du Nord. — Trains spéciaux quoti-
diens à grande vitesse de Paris à Londres; lre classe
100 fr., 28 classe 75 fr., aller et retour compris; Trajet
en lt heures.
Avis aux abonnés.
MM. les abonnés des Départements et de l'Etranger
dont l'abonnement expire le 1er octobre sont priés de le
renouveler s'ils ne veulent pas éprouver de retard d&ns
la réception du journal.
On est prié de joindre à toutes les réclamations, chan-
gements d'adresses, ainsi que pour les réabonnements, LA
DERNIÈRE ADRESSE IMPRIMÉE, que l'on a reçue avec le
journal. et de la corriger si elle es#' fautive.
Le mode d'abonnement le plus simple et le plus prompt
est UN MANDAT SUR LA POSTE à l'ordre de l'administra-
teur du PAYS.
Les lettres èt envois d'argent non affranchis sont rigou-
rètuement refuses.
Voir, à notre 4ft page, les avantages offerts aux
abonnés du PAYS. ~
Ecole des Beaux-Arts.
CONCOURS POUR LE GRAND PRIX DE PEINTURE HISTORIQUE.
« Périclès perdit en même temps, par la peste,
» Xanthippe, son fils aîné, sa sœur, plusieurs de ses
» parents et de ses amis les plus chers. Cependant il
» ne succomba point sous ces malheurs, la fermeté
» de son àme n'en fut point ébranlée; on ne le vit
» ni pleurer di donner les marques ordinaires de
» douleur sur le tombeau d'aucun de ses proches,
» jusqu'à la mort de Péralus, qui était le dernier de
» ses enfants. Alors, frappé d'un si rude coup, il fit
» tous ses efforts pour contenir sa douleur et pour
» conserver celte grandeur d'àme qui avait paru en
» tant d'occasions. Mais quand il voulut mettre la
» couronne de fleur sur la tète du mort, il ne put
» soutenir cette cruelle vue, ni être maitre de sa
» douleur qui éclata par des cris, par. des sanglots
» et par un torrent de larmes. »
Tel est le programme tiré de Plutarque et donné
par l'Académie aux dix élèves du concours de cette -j
année.
Admirable matière à mettre en vers lafins.
Mais c'est à la classe de rhétorique de la peinture 1
qu'il est proposé, et ce n'est pas ici le lieu de médire
de l'Académie. Nous sommes chez elle.
Entre les dix compositions du concours, notre pré-
férence irait droit à celle de M. Marquerie. Mais par
mallieur-pour lui, ce n'est point sur notre bras qu'il
faut tâter le pouls des opinions académiques. Le ta-
bleau de M. Marquerie ne reflète pas le jour étroit
et faux de l'école; c'est là son titre à nos yeux;
nous craignons que ce ne soit un grief aux yeux
de ses juges.
Je ne vous donne pas la composition du jeune
artiste comme un chef-d'œuvre. Son dessin manque
d'articulation et de ressort; il pose avec justesse, il
n'accentue pas. L'attitude de son Périclès penché sur
le lit funèbre n'a ni l'aplomb ni l'équilibre de son
mouvement; il fait gros dos; la saillie et- le re-
lief font défaut partout. Mais la tête du jeune Péra-
lus est d'une mélancolie exquise; je dirais qu'elle
exprime l'atticisme de la mort, si je ne craignais
de paraître subtil. Son bras retombe avec la grâce
languissante et dénouée du sommeil. La jeune fem-
me debout au chevet du lit, pâle ligure aux yeux
ardents et cernés, au front chargé de cheveux noirs,
surprend le regard par l' :xpressive finesse de sa phy-
sionomie qui sent la chair de la vie, etnon le plâtre de
l'étude. Les draperies affectent des motifs froissés, souf-
flés, caressants, que le mannequin n'a jamais portés;
et puis il y a: dans tout le tableau des sentiments de
couleurs, des recherches de lumières, des jntentions
d'harmonie qui tâtonnent encore vaguement sur la
palette, mais dont la touche indécise rencontre çà
et là des accords. La composition se détache sur un
fond de colonnes baignées de demi-teintes d'une
transparence argentine. Cela est faible, sans doute,
mais de la faiblesse touchante d'une inspiration qui
prélude. M. Marquerie n'ira pas, cette année du
moins, à la villa Medrci. Qu'il prenne le chemin du
salon pour y arriver : peut-être rencontrera-t-il le
succès en route; i •
Le tableau qui remportera le premier prix sera
probablement celui de M. Chifflard. Il le devra à la
sûreté un peu raide de son dessin et à la tète de
son Périclès, qui ne manque pas d'un certain éclat
pathétique. Composition assez pauvre, du reste,
bouchée par places plutôt que remplie. C'est bien :
ce n'est pas mieux.
Le n°2, celui de M. Chazal, se distingue parla
méthode et la bonne distribution de son ordonnan-
ce; mais ses détails affaiblissent l'impression sévère
de l'ensemble. La lumière tombe à faux et man-
que son coup sur les figures ; leurs draperies s'éti-
rent à vide sur des formes absentes. Le vêtement,
conçu à l'antique, doit refléter le nu par tous ses
pores : une draperie sans contour ressemble à un
masque sans visage.
M. Jaccomoty — n° 1 — a une figure charmante
dans sa composition, celle de la jeune fille gracieu-
sement ployée au coin du lit funèbre, et des par-
ties d'exécution très finement touchées; mais la tête
de son Périclès n'est que la traduction interlinéaire
de la trivialité d'un modèle; les chairs ont le ton
blafard de l'ivoire, les plans rentrent les uns dans
les autres et semblent calqués sur ceux d'un bas-re-
lief. Le coloriage chocolat de l'architecture allourclit
les groupes et les adosse à plat sur ses fonds. Mal-
gré tous ces défautet la toile de M. Jaccomoty senl
«
une bonne odeur de palette qui fait sa couleûi\
M.Lévya eu la malencontreuse idée de poser en
saillie sur les lèvres du jeune mort l'obole réclamée
parle Caron de l'enfer antique, ce qui fait ressem-
bler sa bouche à la fente d'une tire-lire engorgée.
Défigurer une tête, finement modelée, du reste, pour
une obole d'érùdition, cela valait-il la peine? Le
défaut saillant de sa composition est le vice local
des académies : l'exagération de la draperie aux
dépens du corps qu'elle couvre sans le trahir. En-
core une fois, la draperie antique ne doit être
qu'une nudité plissée, où l'œil se joue comme dans
la clarté d'une transparence.
Nous ne dirons rien des autres concurrents. Il est
un point en art où tout se ressemble, et nous y
touchons.
PAUL DE SAINT-VICTOR.
Bandits corses.
Nous lisons dans l'Ere nouvelle, journal de Bastia, du 20
courant :
« La bande de Massor i a failli étre complétement détruite.
C'est dans la journée du 13, vers les six heures du matin, en-
tre les montagnes de Niolo et celle de Castirla que la l'en..
contre a eu lieu. Les bandits étaient au nombre de trois,
compris Massoni leur chef dont ils suivaient aveuglément
l'impulsion; arrivant de la Balagne Oll ils avaient laissé der-
rière eux un cadavre, ils s'étaient arrêtés au milieu des ber-
geries nomades qui passent alternativement de la montagne à
la plaine et de la plaine à la montage. Informé de leur pré-
sence dans cet endroit d'un abord extrêmement difficile, M. le
maréchal-des-logis Gros réunit les brigades de Corte et de
Calacuccia, formant ensemble un effectif de seize bommes, et
après avoir pris les dispositions nécessaires, dressé le plan de
l'embuscade et de l'attaque, il s'avança résolument à la tète
de ses hommes dans la direction du point où le combat allait
s'engager.
» Le moment était favorable. Contrairement à leur habitude,
Massoni et les complices de ses crimes s'étaient endormis
dans une imprudente sécurité, comptant trop peut-être sur la
fidélité des jeunes gens pàtres. Ce fut en effet à un cri d'alarme
poussé par l'un de ces pâtres à l'approche du poste le plus
avancé des gendarmes que les bandits purent saisir leurs ar-
mes et se mettre en position de résister à la force armée, de
se sauver à travers le feu, ou de laisser la vie dans le combat.
» Dès ce moment une vive fusillade s'engagea des deux cô-
tés. On présume que le redoutable Massoni a dû être blessé
dès la première décharge. Son frère qui, pour le venger et
vendre chèrement sa vie, s'est battu avec un acharnement
sans exemple, a eu le bonheur de s'échapper. On assure qu'il
a regagné pieds nus et légèrement blessé le village de Corgia.
'b Si dans cette action si chaude, si meurtrière, tous les avan-
tages n'ont pas été du côté de la force publique, c'est qu'elle
avait affaire à des hommes dressés, depuis longtemps à ees
sortes de combats,' connaissant les localités et accoutumés à
voir la mort de près. Le brigadier Orsatoni a payé de sa vie
son dévoûment à la loi, et les deux gendarmes, Albertini et
Corteggiani, y ont été blessés : le premier n'a survécu que peu
d'instants à sa blessure, le second est fils d'un ancien mili-
taire et déjà décoré d'une médaille.
» Le détachement expéditionnaire qui a reçu des renforts
s'est IHis immédiatement à la poursuite de ceux des bandits
qui n'avaient pas été atteints. Parviendra-t-il à les saisir?
Nous en doutons fort.
» Massoni aurait été frappé par le gendarme mobile Muselli,
de la troisième compagnie, déjà connu par sa bravoure de
tout l'ancien bataillon des voltigeurs corses.
» Sa blessure, quoique mortelle, lui a laissé assez de force
pour vivte encore pendant trois heures. Il a remis lui-mème
sa longue vue au gendarme Muselli en témoignage de son
estime pour le courage militaire. Massoni avait été tour à
tour soldat en Afrique et. gendarme en Corse. Je suis heu-
reux, disait-il, d'échapper ainsi à l'ignominie du dernier sup-
plice. Mes crimes avaient comblé la mesure, et je comprends
que beaucoup de personnes se réjouissent de ma mort.
D Il a témoigné, mais trop tard, le plus vif regret du mal
qu'il avait fait. Il a parlé de la sincérité de son repentir, il
voulait dire probablement de ses remords.
» Après avoir causé durant une heure avec une parfaite tran-
quillité d'esprit, on l'a vu prendre une pierre aride, la poser
sous sa tête, et sans penser à rien se tourner sur le flanc et
crever comme un chien...
» Cette affaire dont il n'y a pas d'exemple dans les aniiaV-s
du banditisme,b:en qu'elles ne manquent point de traits- d'ui.e
résolution désespérée, a pris, de jour en jour, les proportions
d'un événement C'est un spectacle bien singulier que celui
que présente en ce moment la montagne de Penna-Rossa.
Que l'on se ligure, d'un côté, un bandit acculé dans une
grotte sans autre issue que celle que garde la force armée,
privé de pain et d'eau, sommé à plusieurs reprises de se ren-
dre, et répondant par des coups de fusil ; d'autre part, plus
de 160 hommes formant le siège de son dernier retranche-
ment sous les ordres du commandant de la gendarmerie mo-
bile, un capitaine etun'garde du génie de la place de Corte,
combinant de concert avec les officiers de la force armée et de
la ligne les moyens d'amener le bandit à capituler, ou de le
faire sauter, à l'aide d'une mine, avec le rocher .derrière le-
quel il s'était barricadé.
» Une première tentative de ce genre n'a eu.d'autre résul-
tat que d'ébranler fortement la grotte. Les éclats de cette ro-
che de granit en retombant, avec un fracas épouvantable que
répercutait au loin l'écho des montagnes, sur la grotte, in-
vestie de tous les côtés, ont pu ébranler les pierres énormes
qui en défendent l'entrée, sans ébranler le courage du ban-
dit Mathieu Arrighi. La tranquillité de son esprit n'étonne pas
moins que son courage. C'est un feu nourri de coups de fusil
et de plaisanteries. Aux gendarmes qui l'engagent à déposer les
armes, il répond comme les Grecs d'autrefois : « Venez les
prendre. » On lui a annoncé l'arrivée du président et du tri-
bunal de Corte, qui se sont immédiatement rendus à travers
les ravins, les forêts et tous les autres accidents de cette
montagne abrupte et escarpée, afin de constater l'identité du
bandit Massoni, dont le cadavre gisait entre deux rochers.
«Dites à ces messieurs que je suis très flatté de leur visite,
mais que je regrette beaucoup de ne pouvoir les recevoir qu'à
coups de fusils, » a dit Arrighi, en se tenant toujours sur la
défensive.
» Autour de cette grotte, qui deviendra historique, on voit
depuis deux jours tout l'appareil d'un véritable siège : des
caisses de poudre, des fascines, des grenades, des gendarmes
transformés en artilleurs, des mines pratiquées dans les flancs
du rocher. Désespérant de pouvoir vaincre autrement son opi-
niâtre résistance, le conseil de guerre a décidé de faire jouer
la mine. De cette façon on mettra un terme au blocus qui dure
depuis six jours sans exposer davantage la vie. de ces braves
militaires qui, emportés par leur courage, ont essayé à diver-
ses reprises de pénétrer dans l'intérieur de ce sombre réduit.
L'un d'entre eux, tué raide, n'a pu être enlevé, tant il y a du
danger à s'cn approcher.
» Des curieux sont arrivés de plusieurs points. Il en est même
de l'ancien arrondissement de Vico. Il n'y a que des témoins
ociMaires qui puissent croire ce que nous racontons en ce
moment. Le bandit, selon toutes les probabilités, était resté
sans vivres. Il n'y avait dans la grotte, au dire des pâtres
qui ont été arrêtés, qu'un morceau de viande crue. On pré-
sume qu'il a encore des munitions de guerre pour pouvoir
nourrir le feu et tuer d'autres gendarmes.
j) Maintenant quel est le secret de cette résistance prolon
gée? Comment fait-il pour repousser vigoureusement la force
armée dans ce dénûment complet de tous moyens de sub-
sistance? Quelle trempe de caractère ! disent les soldats du
53e. »
Bulletin scientifique et industriel.
HISTOIRE NATURELLE.— Fait extraordinaire d'un crapaud trou-
vé vivant dans la cavité d'un silex où il paraît avoir s6.
- journé pendant très longtemps...
Un fait très curieux et jusqu'ici inexplicable a été soumis
dernièrement à l'Académie des sciences. Il s'agit d'un cra-
paud trouvé enseveli vivant au sein d'un gros caillou, inac-
cessible selon toutes les apparences à l'air extérieur, et d'où
il résulterait que cet animal aurait vécu de longues années
sans air respirable et sans aucune nourriture.
Déjà, depuis plus de deux siècles, une trentaine d'observa-
tions faites sur différents points du globe avaient.signalé cette
particularité vraiment singulière. Partout et toujours l'animal
enfermé dans des cavités hermétiquement fermées étaient un
crapaud, et plusieurs de ces relations sont présentées dans des
.circonstances telles qu'elles excluent jusqu'à l'ombre du deute.
Nous en citerons deux seùlèmènt.
Ambroise Paré raconte qu'il a vu lui-même à Meudon uît
gros crapaud vif renfermé dans une grosse pierre où il n'y
avait aucune apparence d'ouverture extérieure. Voici ses
propres expressions : « bst.aut en vne mienne vigne, près lè
village de Meudon, où je faisais rompre de bien grandes et
grosses pierres solides, on trouva au milieu de l'une d'icelles
un gros crapaud vif, et n'y auoit aucune apparence d'ouuer-
ture, et m 'ernernéill-ay comme cet animal auoit peu naistre,
croistre et auoir vie. Lors le carrier me dit qu'il ne s'en fallait
esmerueiller, parce que plusieurs fais il auoit trouvé de tels
animaux au profond des pierres, sans apparence d'aucuÈër
ouuerture. i)
Les AclaerudiLorum, année 1721, racontent que Richard
Bradley présenta à la société royale un crapaùd trouvé vi-
vant dans une pierre. Bradley ajoutait; «Nous avons plusieurs
exemples de crapauds qui ont été tirés vivants du milieu de
larges pierres dures, et j'ai été une fois témoin oculaire d'un <
crapaud trouvé dans le centre ou le cœur d'un gros chêne. »
Arrivons au rapport de M. Duméril :
« Près de la station de l'embarcadère du chemin de fer qui
passe à Blois (Loir-et-Cher), au lieu dit le Passoir-Blanc, M.
Baston, propriétaire, faisait retirer des terres d'un puits au-
quel il désirait faire donner plus de profondeur. A quelques
mètres de ëe puits il existe un ravin où coule, pendant les
trois quarts de l'année, l'eau d'un étang (de Pigelay) qui ns
tarit jamais. Cette eau se trouve à deux /nètres environ au- *
dessus du niveau de celle du puits. Les ouvriers avaient fait
remonter, dans un baquet, une masse de graviers humides,
argileux, contenant de gros cailloux arrondis. Plusieurs de •
ces derniers se trouvant arc-boutés, et comme enclavés parmi
quelques autres, l'un des manœuvres frappa fortement l'un
de ces gros silex, qui se fendit en deux portions presque
égales.
Entre ces deux fragments, d'une pâte homegène et sans
ride, se voyait cependant une sorte de géode creuse, incrus-
tée d'une légère couche de matière calcaire. C'est de cette ca- '<
vité que l'on vit sortir un crapaud, qui chercha à s'échapper '
et à fuir, à une certaine distance, dit-on; mais les ouvriers la
saisirent et le replacèrent dans le creux qui existait au mi-
lieu du silex; Il s'y blottit aussitôt, en s'y plaçant de manière f
à remplir complètement cette sorte de loge comme calibre
sur son corps. Les deux portions séparées du silex furent àlorâ
rapprochées, elles s'adaptèrent parfaitement, et l'animal s'y
trouva renfermé comme dans une boite.
Cette découverte fut faite le 23 juin de cette même année
de 1851.
Ce silex a été remis le 25 juin à M. Mathoaet, qui le fit des
cendre le même jour dans une cave, après l'avoir fait mouiller
et entourer de mousse. v *
Comme l'animal a été examiné à plusieurs reprises par
beaucoup de personnes , on a noté qu'il a changé de peau le
8 juillet; on ne dit pas qu'il ait mangé, mais on a reconnu
qu'il n'avait eu aucune déjection. - ;
Lorsque, dans les premiers jours, on enlevait avec précau-
tion la partie supérieure du .silex, le crapaud ne cherchait pas
à quitter la cavité qu'il romplissait presque entièrement sur
la longueur et la largeur, mais non en hauteur. Maintenant,
dès qu'on le découvre, et presque aussitôt qu'il se sent exposé
à l'action de la lumière, il cherche à s'échapper, et il ne tarda
pas à courir assez rapidement, en soulevant tout à la fois le
tronc sur ses quatre pattes.
On a remarqué que lorsqu'on le place sur la pierre plate,
il va de lui-même se ranger dans la cavité pour s'y blottir, en
y cachant ses membres de manière à n'être pas blessé par la
superposition du fragment supérieur destiné à le recouvrir.
Voici maintenant le résultat de l'examen dont nous avons
été chargé par l'Académie. Le gros silex semble avoir été
roulé; sa surface est arrondie, d'une teinte jaunâtre, coloré
dans quelques points par de l'argile rouge. Il présente en de-
hors quelques enfoncements remplis de la même argile, il
peut peser 7 kilogrammes ; il a été cassé net dans un de ses-
plus grands diamètres.
Cette fente horizontale partage le caillou en deux por-
tions épaisses, mais inégales en volume. Entre ces deux frag-
ments rapprochés, et presqu'au milieu de la masse siliceuse
qui paraît homogène et d'une pâte fine et pleine, au moins
dans la cassure fortuite et un peu conchoïde opérée par la.
fracture, on ne voit sur cette large surface interne- aucune
trace de communication possible avec la cavité arrondie qui
contiept le crapaud. Partagée en deux portions, cette sort®
de géode, qui sert de niche à l'animal, est incrustée de chaux
carbonatée amorphe.
C'est dans la cavité de ce silex que nous avons pu observer
le crapaud vivant. Posé sur le ventre, affaissé et tapi sur lui-
même, dans un espace très borné qu'il remplit presque en-
tièrement, il parait comme pelotonné, raccourci et resserré,
ne laissant de visible que toute la partie supérieure du dos,
la tète en avant correspondant à une sorte d'échancrure qui
enclavait son museau ou la portion la plus avancée de sa mâ-
choire supérieure, mais on pouvait distinguer encore sur les
côtés la saillie de^ paupières.
Nous avons reconnu au premier aspect dans ce crapaud la
variété, assez commune d'ailleurs en France, du Bufo viridis
ou variabilis de quelques auteurs; son dos est marqué d'une
raie jaune qui en occupe toute la longueur, et on l'a décrits
souvent sous le nom de calamita. Il présente tous les carac-
tères indiqués par l'un de nous, dans la description de cette
espèce, dont Roésèl a donne une excellente figure.
En examinant avec la plus grande attention l'intérieur de
la cavité ou de la géode creuse, nous avons recherché si,
comme nous devions le supposer, il ne se trouverait pas au
dehors ou au dedans du silex quelque scissure, pertuis ou ca-
nal qui aurait laissé pénétrer l'air ou l'eau, jusqu'à l'animal.
Cette circonstance reconnue aurait plI) jusqu'à un certain
point, satisfaire à la nécessité que nous croyons indispensable
à la persistance de la vie chez un animal, puisque tout être
organisé a besoin de respirer et de'se nourrir.
C'est en vain que vos. commissaires ont cherché cette voie
de communication avec l'extérieur. Pour la découvrir, peut-.
être aurait-il été nécessaire de débarrasser le silex de l'argile
solide introduite dans quelques-uns de ses creux apparents.
Ces investigations dont nous sentions toute l'importance
n'ont pu être faites, à notre grand regret, parce que la pièce
qui nous a été confiée n'était qu'un simple dépôt dont nous ".
ne pouvions entièrement disposer, et que d'ailleurs il aurait
été fâcheux de détruire cet objet curieux et phénoménal, puis-
qu'on n'était pas certain d'obtenir des moyens positifs d'e:J:'"
pliquer ce qu'il y a d'extraordinaire, et, pour ainsi dire, de
merveilleux dans ce fait.
Cependant la commission s'est convaincue d'une circonstan-
ce curieuse et très importante à consigner ici. Le corps du
crapaud, en raisoh de ses dimensions, remplissait compléte-
ment le fond de cette géode; il ne pouvait y être contenu que...
dans une position fixe et déterminée qu'il devait garder con-
stamment. Eh bien! ce fait étant démontré, l'animal avait la.
tète encastrée immuablement, la région correspondante aux
branches réunies de la mâchoire inférieure offrait là une soli-
dité, une courbure, une saillie notable à travers la peau, tan-
dis que tout le dessous de la gorge restait mou et très flexible.
11 est résulté de cette application continue une empreinte
lisse et en creux de la région osseuse; formant une sorte de
canal semi-circulaire dans l'intérieur duquel là matière cal-
caire s'avance comme un petit promontoire rugueux qui cor"
respond par son contour à la partie molle des téguments com-
prise dans l'arcade qui cerne le gosier. »
M. Magendie s'est montré fort peu satisfait et dl1 récit, et
du rapport. Ce crapaud, prisonnier cellulaire, qui marche
dès qu'il sè sent libre, bien qu'il dût avoir, par -son séjour'
prolongé dans sa prison, les articulations passablement raides
et les muscles peu contractiles, lui paraît au moins singulier.
Il craint une mystification, il ne lui semble pas impossible
qu'un ouvrier, voyant au milieu du caillou cassé une loge ar-
rondie et assez spacieuse, ait eu la malicieuse pensée d'y
placer un crapaud qu'il aura trouvé sous sa main. La plai-
santerie ne serait pas mauvaise, et l'Académie dans tous les
cas doit, dit-il, se montrer très circonspecte.
Pour nous la mystification, sinon dans ce cas particulier,
au moins dans les nombreuses observations analogues que
nous avons lues avec un vif intérêt, nous semble tout à fait
improbable ; et nous acceptons plusieurs des faits de ce genre
comme parfaitement authentiques et irrécusables.
Ce qui nous étonne, c'est de voir les célébrités de i'histeire
naturelle et de La physiologie se déclarer impuissants à ex-
pliquer la vie conservée pendant de longues années sans les
soutiens naturels. Sans doute qu'une respiration abondante
et des aliments en quantité suffisante sont tout à fait néces-
saires à la vie, lorsqu'il s'agit de la vie normale avec l'exer-
cice régulier de ses fonctions. Mais pourquoi ne concevrions-
nous pas que l'exercice de la vie, dont le principal phénol
mène est la combustion lente de l'oxygène, soit réduite à de
si minimes proportions, qu'elle puisse se continuer indéfini-
ment par des quantités infiniment petites de substances res-
pirables et assimilables ? Le phénomène du crapaud vivant
au centre d'une pierre on d'un arbr
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