Titre : L'Auto-vélo : automobilisme, cyclisme, athlétisme, yachting, aérostation, escrime, hippisme / directeur Henri Desgrange
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1906-10-08
Contributeur : Desgrange, Henri (1865-1940). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327071375
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 08 octobre 1906 08 octobre 1906
Description : 1906/10/08 (A7,N2183). 1906/10/08 (A7,N2183).
Description : Collection numérique : Musée national du sport. Collection numérique : Musée national du sport.
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4623093c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-248
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/10/2016
L'Auto
1 716 ANNEE — N° 2183 ~~ QUOTIDIEN
Le Numéro ï 45 Centimes
LUNDI 8 OCTOBRE i906
RÉDACTION, ADMINISTRATION
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10, Bue du Fanboorg-Hontmartre, 10
PARIS (90 An*)
îêLÉPHONF \ R' DACTION • * • * ' 227-68
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Adresse Télégraphique : Vélauto-Paris
Directeur-Rédacteur en Chef :
HENRI DESGRANGE
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On s'a&oMKc sans frais dans tous les
Bureaux de poste.
MA PREMIÈRE PISTE
J'avais pensé uni instant à figurer dans
la Ballade Rétrospective avec mon an-
cien tricycle. Mais, au dernier moment,
j'ai préféré m'abstenir et ne pas amener
place de la Concorde. cet instrument d un
autre âge, d'abord parce que je ne sais
plus où il est, et aussi parce qu il est
trop petit. , . ~
J'avais en effet dix ans quand je us
mes débuts dans le cyclisme, à Besan-
çon, sur la piste rectangulaire, du square
' Saint-Amour.
Le square Saint-Amour que nous ap-
pelions familièrement le « clos », était
•un petit jardin neuf et trop propre, avec
des pelouses très vertes, que 1 on avait
apportées par petits morceaux carres. Et
nous allions regarder les jardiniers qui
jouaient au jeu de patience avec ces pe-
tits carrés de: gazo-n. ; .
C'était d'une petite grille de fer forgé,
à hauteur d'enfant, que le clos était clos.
* Ma piste était extérieure. Elle était cons-
tituée par Uill trottoir, tout autour de la
grille. Les virages carrés m'obligeaient
à ralentir, d'autant plus qu'ils étaient
relevés à rebours.
J'ai raconté jadis, dans des souvenirs
d'enfance un peu chiqués, que j'avais
fait des courses sur cette piste avec d'au-
tres champions. La vérité est que c'était
uniquement une piste à records. Je m'a-
musais parfois à dépasser des piétons,
qui d'ailleurs ne luttaient pas. Mais mon
grand adversaire, c'était le père Temps.
J'avais une demi-heure de récréation.
Je me disais : Il faut faire vingt fois le
tour du clos... Pendant les deux pre-
miers tours, j'étais en dedans des re-
cords. Au troisième tour, je donnais des
signes de fatigue ou de distraction. Puis
je décidais de remettre le record à un
autre jour. Je n'avais pas l'énergie de
Pottier.
Je ramenais 1.8' tricycle au garage, dans
une petite remise où il y avait déjà une
cuve de lessiw, UL) vieux fauteuil de bu-
reau, qui perdait son crin par plusieurs
blessures, et une' chèvre de bois, qui se
trouvait en disponibilité depuis que l'on
avait vendu le phaéton.
*
T ■ 'v * *
Cependant des • joueurs de barres .
avaient pris pris, position pour le~ com-
, bat. Comme il me restait encore vingt
minutes de récréation à tirer, j'avais ob-
tenu d'être enrolé dans une des équipes.
On ne jouait pas à l'intérieur du. clos.
Les architectes-jardiniers., épris de li-
gnes courbes, y avaient tracé de petits
chemins tournants, bordés stupidement
de--, chais.ee jaunes et de bancs verts
qu'encombraient l'élément sénile et l'é-
lément infantile du quartier. Les genci-
ves roses et les bouches édentées y ba-
vaient à l'envi.
On avait donc choisi, pour s'y ébattre,*
les rues en bordure du square. Ces rues
_ n'étaient pas absolument vides.De temps
/1 en temps, un camion passait, ou bien un
fourgon d'artillerie qui rentrait à la ca-
serne voisine. On interrompait un ins-
tant le jeu, comme font les rowingmen)
quand un chaland ' passe lentement sur
le parcours d'une course de bateaux.
Puis tout de suite après, on recommen-
çait à « amorcer »... Quel moment solen-
nel quand le joueur qui amorce se rend
gravement jusqu'à la limite du camp ad-
verse ; puis quelle émotion quand il tape
trois fois dans la main de son ennemi,
pendant qu'une, meute impatiente de
• jeunes combattants en tablier noir, le
,, cou et les bras en avant trépignant de
- leurs souliers ferrés la limite du camp,
s'apprêtent à courir sus à l'amorceur...
vois encore, du côté de chaque
camp, la. file lamentable et éplorée des
prIS{}Il1ni'ers, écartant les bras et les jam-
bes, afin de se rapprocher le plus pos-
sible des partisans qui les délivreront.
Parmi les captifs, il y avait d'intrépides
coureurs, qui avaient été attrapés, par
hasard, et que, désolait leur inaction for-
cée. Il y en avait d'autres qui étaient tou-
jours pris, et qui, pour n,e- pas sentir la
honte de leur sort, avaient fini par " se
persuader que c'était bien plus agréa-
ble, et que l'on se fatiguait moins. Ainsi
le jeu des barres qui, chez certains déve-
loppait l'audace et la vaillance, était
pour les autres une école de lâcheté cyni-
que.
Je n'étais pas, je dois le dire, de ces
derniers-là. Mais je n'étais pas nom plus
parmi les plus hardis. Quand c'était mon
tour d'amorcer, je M'en, tirais- encore,
car je courais assez vite. Mais en dehors
de ces sorties forcées, je restais le plus
possible dans la limite tutélaire du camp
et je ne faisais dans l'espace dangereux
, que de petites incursions assez timides.
En dépit de cette timidité, j'avais déjà
une âme de sportsman ; je préférais ces
jeux ardents à des divertissements plus
anodins que m'offrait à l'intérieur du
square un autre groupe, composé de
petits garçons et de petites filles. On
jouait aux chevaliers de la Marjolaine et
à la Tour Prend-Garde. Je vois encore la
petite -fille, très grande et très grosse
pour ses dix ans, qui représentait « le
, duque de Bourbon ». Je la détestais, cette
grosse petite fille. J'ai. toujours vu les
Bourbons à son image, et je ne sais si
ce n'est pas là. que je dois chercher l'ori-
gine de mes opinions résolument répu-
. blicaines.
Ce qui me déplaisait dans cette his-
toire de la Tou reprend-Garde, c'est que
la fin en était vague ; on poussait des
épis et on se dispersait. Peut-être en j
existe-t-il un dénouement plus heureux.
Je n'ai jamais connu, pour ma part, <*ue j
i celui qui s'était transmis au square
; Saint-Amour, à Besançon, par la tradi-
tion orale.
A cette époque, soit par. goût dei sports-
man, soit par instinct de dramaturge ou
de spectateur, j'aima.is les choses qui
finissaient. Depuis, je n'ai pas change
d'avis. Je. ne puis pas content d'assister
à un assaut de. boxe anglaise, qui se ter-
mine par une appréciation d'arbitre, au
lieu d'avoir comme fin finale, uni fait bien
réel et bien visible '. l'aplatissement d un
des concurrents. Dans ThllJ tournoi do
lutte, il faut voir à un moment un des
adversaires toucher terre des deux épau-
les et, si faute d'un résultat aussi rd.,
Raoul le Bordelais est obligé de procla-
mer vainqueur celui qui a porté le plus
d'attaques, ce n'est pas satisfaisant. On
s'en' va mécontent.
Au théâtre, nous avons connu les tran-
ches de vie, et pendant un moment,
comme c'était la mode, nous avons trou-
vé ç,a très bien. Mais maintenant, nous
en avons assez. Nous .aim,ons que les pic-
ces finissent par quelque chose. N GUS
voulons qu'il y ait un buttoir au pomt
terminus, et que. l'on ait fait Tin voyage
complet. Il ne me suffit pas que- l'auteur
crie : Tout l,e monde descend ! Et je trou-
ve mauvais qu'il me force à descendre,
quand ce n'est pas encore mlOIll. idé0,
Oh ! les choses qui' ne finissent pas !...
Ainsi, par exemple, cet article...
TRISTAN BERNARD.
La Promenade des Vieux Tacots
Une promenade rétrospective. — Les
vieux engins automobiles. — On va
ressortir les « marmites » dirigées
par des « queues de poêle ».
On inscrit ces ancêtres à
« l'Auto ».
La promenade rétrospective des anciens vélo-
cipèdes a eu un trop grand succès pour que
nous ne décidions immédiatement de mettre
à exécution un projet que nous formulions
déjà il y a quelques années dans l'Auto.
Nous allons tâcher de grouper les vieilles, voi-
tures automobiles et nous leur imposerons une
promenade formidable : au moins l'ascensionra©-
la côte de Suresnes et peut-être une épreuve d'en^
durance... jusqu'à Ville-d'Avray. a
Qu'on s'inscrive donc en nous donriunti l,%-dw
cription des voitures que l'on possède :'.iæaillemèS
nous publierons incessamment queIs.uesvligneS-
de règlement spécifiant notamment
mum que devront avoir ces voitures vénérables
et ri Ai à dignes de l'attEntion nublicme 1
P. S.
DEMANDEZ DES CATALOGUES
Pour la quatrième année consécutive, l' Auto va
reprendre, pour la satisfaction de ses lecteurs
et de ses clients, la publication gratuite des de-
mandes de catalogues. Cette publication se fera
jusqu'à la fin du Salon, mais nous voudrions
aussi qu'elle rendît plus de services encore que
les années précédentes, et voici comment.
Il est ou il serait indispensable d'abord que*
les collectionneurs de catalogues voulussent bien
s'abstenir id'emprunter nos colonnes pour com-
pléter leur collection ; ils auront au Salon une
occasion unique d'aller chercher sans frais des
kilos de catalogues. Les demandeurs, réduits aux
gens sérieux, devraient alors toujours spécifier
les catalogues qu'ils veulent, indiquer les mar-
ques, faciliter notre, tâche, en même temps que
celle des constructeurs.
D'autre part, il serait à souhaiter qUA les cons-
tructeurs, bien pénétrés désormais qu'ils n'ort
plus devant eux que des demandeurs sérieux,
tinssent un confite plus exact -des demandes
qu'ils liront dans l'Auto, qu'ils voulussent bien,
soit répondre au jour le jour à ces demandes,
soit y répondre d'un seul coup quelques jours
avant le Salon.
Il est certain que si les lecteurs sont décidés
à ne pas faire perdre inutilement leur temps aux
constructeurs et que ceux-ci, par contre, soient
résolus à ne negliger aucune occasion de faire
de la propagande à leur marqua notre rubrique
« Demande de catalogues x aura rendu, cette
année tout particulièrement, de signalés ser-
vices à tout le monde.
Demandes
M. Noëlas,Saint-Haou-le-Chalet (Loire), cycles ;
Bollinger, à Villers ; Franqueux, par Loiie
(Marne), voitures légères, motos et access.).
Allô! Allô !
Aujourd'hui, à 2 heures, courses au Bois de
Boulogne.
Aujourd'hui, à 2 heures, courses à Saint-Cloud.
Nos pronostics :
Prix du Rendez-Vous. — Belmar, Pierrot III.
Prix des Brisées. — King James, Ecurie Ed.
Blanc. *
P1fix du Bien-Aller. — Franchise, Evian.
Prix des Piqueurs. — Reine Claude,A se tordre.
flarkricap d'Automne. — Ecurie Lieux,Lucifer.
, Prix de la Retraite. — Allah, Souriante.
Les mains dans les poches, il siffle la Petite
Tonkinoise et fait devait aux jolies filles. Ses
16 ans él sa cotte bleue lui permettent toutes Les
audaces; il est apprenti chez quelque serrurier
d'l quartier et le voici dehors pour une commis-
sion que lui a donnée son patron. Le chemin est
long et les fiacres ne sont pas faits que pour les
bourgeois ; il grimpe en lapin sur l'essieu ar-
rière d'un sapin, mais avant d'arriver à destina-
tion, il n'y tient plus : sa cervelle d'oiseau pari-
sien le pousse à quelque fatale incongruité.
Précisément voici une énorme limousine au
repos le long du trottoir ; elle est pleine de pous-
sière, car l'étape lut longue sans doute et tran-
quillement du bout de son index à l'ongle sale,
il trace dans la poussière du panneau arrière le
mot que Cambronne tonitrua dans les angoisses
de la déroute.
Puis. au moment où il achève le paraphe final,
la main vigoureuse d'un agent, surgi inopiné-
ment, lui tire l'oreille à la lui décoller.
C'est bien fait, somme toute, car Gavroche
vient d'abîmer complètement la peinture du pan.
neau de la limousine.
H. D.
T~\ans son volume, les Poules de Lourdes, paru
récemment, M. Joris Karl Huysmans écrit
cette, phrase, page 163 : .
Et comme, à propos de l'indigence de cervelle et de
la misère d'âme de la plupart de ces funestes snobs quoi
se déguisent en bêtes f-auyea ppur éoraeer, dans un
délire de vitmae, des femmes et des enfants sur !'3S routes,
l'entretien s'oriente sur les impuisio»» du satanisme...,
etvw.
L'éminent écrivain n'a pas dû prendre une
grosse fatigue cérébrale à écrire ces lignes, où
sont réunis les clichés célèbres et bien connus :
'« funestes snobs... », « bêtes fauves... », « dé-
lire de vitesse... », « vieilles-femmes et petits
enfants... ».
Mais cette phrase ouvre, en même temps, des
horizons insoupçonnés sur les rapports, très
étroits, paraîtrait-il, du,satanisme et de l'auto-
mobilisme, et il serait intéressant de préciser,
au moyen d'une enquête, par exemple, quelle
part notre vieil ennemi Satan aurait prise dans
la découverte et les perfectionnements succes-
sifs des moteurs à essence.
A moins que, en bons diables qU11 nous som-
mes, nous nous contentions de lui montrer les
cornes et fassions tous : Hou ! hou !
Quand il s'agit d'ennuyer le s-chauffeurs, l'in-
géniosité de nos contemporains « est là ».
Les conseillers généraux de la Loire récla-
ment pour toute personne voulant conduire une
automobile, un examen médical. ~
Mais vous ne trouvez pas qu'à nous laisser
ennuyer ainsi, natients comme de petits saints
et depuis des années, nous avons prouvé que
nous avons une « belle santé ».
f
T a voiture légère a. de grands avantages par
l'économie des pneumatiques qu'elle fait
réaliser et sa grande facilité d'entretien. Dans
ce genre, une voiture qui se distingue avan-
tageusement des autres est la voiture Unie, qui
le dispute en exécution mécanique avec la plus
robuste grosse voiture et n'en est pas moins
plus légère.
O lusieurs camions chargés de machines s'arrê-
taient récemment devant l'importante scie-
rie de M. Guillou, 72, boulevard Barbès. Nous
avons vite-reconnu le matériel gazogène Pier-
son et le moteur à gaz. MM. Pierson sont oc-
cupés en ce moment à son montage.
Voilà un nouvel adepte du gaz pauvre, grâce
au Salon de l'Automobile 19°5, où M. Guillou
fut frappé de la marche impeccable du gazo-
gène Pierson.
A qui le tour ?
T e Grand Lama au Thibet vient de comman-
*** der à Londres une voiture qui doit être
garnie de pn.eus Hutchinson.
Personne ne sera surpris en apprenant que
la renommée de ce pneu a franchi l'Himma-
laya. Elle montera plus haut encore.
j . j LE TELEPHON1STS
UNE "BALLADE" RÉTROSPECTIVE
Tous les sportsmen parisiens — nous n'en ferons pas le dénon-
brement, étant désireux une fois pour toutes de rompre avec
la Tradition — se trouvaient hier sur la place de la Concorde
pour assister au départ de la « Ballade » rétrospective. — De
l'Obélisque à l'Echafaudage de Schreyer. — Salut, à la
Garde qui passe!!
L'Académie des Inscriptions et Belles Lettres
est une Institution Nationale — à nous les ma-
juscules ! — qui compte parmi ses membres élus
ncmbre de savants modestes, chercheurs passion-
nés de documents ignorés, amoureux de langues
mortes ou presqu'inconnues... Les Egyptologues,
les Hébraïsants, les Sinologues, ou, plus simple-
ment ceux qui comprennent les parlers Afridi,.
Tamoul ou Kmer, se sont vu réserver en récom-
pense de leurs arides travaux des sièges numé-
' rotes, dont les ressorts gémirent chronologique-
La bicyclette MEYER, construite en '1868, et piloté~e par M. LEVIEL;.
ment sous le poids de successives illustrations...
En raison des indéniables progrès faits quoti-
diennement par l'Idée SporLiye. il est à prévoir
que, dans quelque cinquante ans, nos fils ou pe-
tit-fils pourront voir, confortablement assis dans
un fauteuil respectable, sous la coupole du Palais
Mazarin. quelqu'historiographe du cyclisme...
L'accueil fait hier par la population parisienne
à notre « Ballade » rétrospective en est un ,,rir
garant et ce nous est une véritable joie de consta-
ter que chez nous les sport smen ont au moins le
culte du souvenir.
Sur la Place de la Concorde
Dès 8 heures du matin, (le départ était fixé,
comme on le sait, à 10 heures précises), la. circu-
lation était absolument interrompue sur la place
de la Concède. Difficilement contenue par une
vingtaine d'agents cyclistes et tous les gardiens
de service réquisitionnés à la hâte, une foule in-
nombrable se pressait sur l'immense place, guet-
tant l'arrivée des véhicules préhistoriques. Cha-
que fois que l'un d'entre eux était signalé, , une
poussée inévitable se produisait, les barrages
étaient rompus immédiatement et l'on faisait cer-
cle autour de l'ancêtre que l'on détaillait minu-
tieusement.
Quelques spécimens
Voici notre confrère Albert d'Ache, sur un bi-
cycle à doubl'e levier et double chaîne dénommé
Cyclidéal ; l'ami Durand, directeur du Vélodrome
d'Hiver, sur un grand bi Coventry 1883 (Durand
est Du... reste un acrobate consommé; il fut la
joie de la. « Ballade » en faisant sur son « vélo-
cipède » des exercices invraisemblables) ; Sotinel,
son inséparable, sur bicycle Michaux 1869 ; notre
collaborateur Ch. Ravaud, sur le tricycle (1866) de
Sargent. l'inventeur de la chaîne : le Rudge « dou-
ble driver » caoutchouc plein numéro 1, que pi-
lotait de Civry en 1889 ; le bicycle 1865 Marc de
M. Chartier-Desvarennes ; le tandem Valère (1893)
de MM. Foureau et Porcher ; la triplette Pelletier
1895, pilotée par MM. Oostenbrock frères et Hu-
met ; le vélocipède Michaux 1804, monté par M.
Francisque Michaux, le fils du « PèreMichaux »,
l'inventeur de la pédale ; la bicyclette 1895 Valère
de M. Dacier, l'aimable représentant de la mar-
que Clément ; M. Boulay, notre dévoué corres-
pondant de Lorient, sur son bicycle 1864 de la So-
ciété Parisienne ; M. Dacier père, sur un tricycle
Valère ; M. R. Fournier, sur un Crypto 1891 Mé-
gret ; M. Mourot, sur une bicyclette 1895 Le
Boucher ; un bicycle « Star », semblable à
celui que montait parfois Zimmerman ; M. Eugène
Poulet, sur vélocipède Michaux 1864 ; M. Pérard,
sur bicyclette Caventcv leçkr4 accompagné de Mme
Pérard, sur Rochet 1896 ; M. Bonmarchand, l'in-
venteur de l' « Auto-Hippique », sur bicycle Peu-
geot 1888 ; M. Grossot, qui dirige sa fameuse sex-
tuplette avec une invraisemblable maestria,; M.
Laze.rges,sur bicycle 1885 Niger ; M. Bellement et
ses deux fils, sur tri-tandem à 3 places Rudge ;
M. Ney. sur tricycle de sa marque 1895 *, M. Er-
nest Berteaux, sur son Rudge spécial 1888 ; M.
Leviel. sur une bicyclette Mftyer 1868, dont nous
donnons un cliché ci-dessous (à notre avis le véhi-
cule le plus curieux de la « Ballade ») et nombre
d'autres, que nous nè pouvons, à notre grand re-
gret, citer tous.
Qu'il nous suffise de dire que, sur quatre vingt
treize engagés, nous avons eu soixante dix-sept
partants ! Grâce à eux, M. Gustave Rives, l'émi-
nent commissaire général du prochain Salon,
pourra meubler le Musée de la Bicyclette, dont
il nous réserve l'heureuse primeur pour le mois
de décembre.
Le Départ
A dix heures précises, notre directeur Henri
Desgrange décide de donner re départ, et Abran,
notre Abran à nous tous, Français, citoyens du
monde ou de la Butte sacrée, brûla. l'amorce
décisive. Empoignant ensuite d'une dextre main
le volant de l'ingénieuse « auto-hippique » de
M. Bonmarchand qu'il sied de remercier ici de
son obligeance, Abran, suivi de la, sextuplette
Grossot et de toute la théorie des « vieux » et
(c presque vieux ", nous ouvrit difficilement un
chemin étroit • parmi la foule des cyclistes qui
voulaient assister au départ des « frères aînés ».
— Tous les dimanches, dit le guide d'une
caravane Cook qui se trouvait là, les cyclistes
parisiens se réunissent sur cette place ,pour-aller
à la campagne !...
— Tu parles, monsieur ! s'exclama non loin-de
nous un jeune cycliste qui ajouta aussitôt en
apercevant Durand sur son cc Bi » :
— Pour un directeur de vélodrome, il. en a un
« saie clou ! »
— T'auras beau cheITer,s'exclama quelqu'un...
Il te fera toujours la cc pige... x.
Et Durand le prouva en remontant presque
toute l'avenue des Champs-Elysées en monocy-
cle 1
Sur le Parcours
Comme les peuples heureux, la cc Ballade »
n'eut pas d'histoire : Une cinquantaine de cou-
rageux, suivis par de nomBreux amis, montés
sur des « bécanes 1906 » se rendirent au Chalet
du Cycle afin d'y prendre un apéritif réconfor-
tant à seule fin, comme dit l'autre, de réparer
les forces perdues par un rude labeur !...
Puis ce fut le retour vers Buffalo au milieu
d'une haie de curieux toujours aussi compacte
pour 'assister au plongeon du célèbre « Dare-
Devil » Schreyer... ; les essais de tour de piste
avec les chutes fatales, la dislocation finale... et
et c'est maintenant pour les spectateurs de.la
(c Ballade rétrospective ,, le souvenir d'une
excellente matinée dont nous sommes redevables
aux dévoués sportsmen qui furent hier nos plus
précieux collaborateurs. • .
Robert OUDOT.
LA LUTTE A PARIS
(Au Cirque Métropole le 19 Octobre — Au Casino de Paris le 2 Novembre.
En Novembre aux Folies-Bergère).
Le Championnat du Monde des Folies-Bergère commencera à se
disputer le 25 octobre. — Laurent le Beaucairois, champion du
Monde de 1901, est annoncé comme devant participer au Grand
Prix de Paris au Cirque Métropole et au Championnat du
Monde du Casino de Paris. — Un gros incident en perspective.
A qui Laurent?
On ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs,
dit un dicton populaire ; on ne peut pas espérer
assister non plus -à trois Championnats inter-
nationaux de lutte dans une même ville sans
avoir à enregistrer des incidents. de toutes
sortes : embauchages de lutteurs, polémiques
diverses, en un mot et, il faut Je reconnaître,
sans assister à un quatrième tournoi qui met
aux prises les organisateurs'.
Le Cirque Métropole a annoncé, nous l'avons
dit, son Grand. Prix de Paris pour le 19 octobre :
« Vous verrez, nous ont dit les organisateurs
de véritables champions, et vous assisterez,
voua pouvez en être certain, è. un véritable
Championnat du Monde. »
Pour nous le prouver, les directeurs du grand
établissement de la rive gauche nous ont fait
part, hier, de l'engagement de Laurent le Beau-
cairois, champion du Monde de 1901.
...Quelques instants plus tard, le Casino de
Paris nous annonçait la même nouvelle ! ! !
Ainsi à l'heure actuelle, le Casino. de Paris et
le Cirque Métropole sont aussi certains l'un que
l'autre du concours du Beaueairois 1
C'est le début de la petite guerre... C'est la
concurrence qui • nous vaut cette première
escarmouche qui ne sera peut-être pas la der-
nière. <
En fin de compte, nous applaudirons peut-être
te Beaucairois aux Folies-Bergère... à moins qu'il
ne vienne pas du tout à Paris, ce qui serait fort
regrettable.
La saison de lutte, on le voit, s'annonce sous
de brillants auspices ; il ne nous reste donc plus
qu'a. continuer à renseigner impartialement les
lecteurs de l'Auto sur les incidents de toutes
sortes qui ne vont pas manquer de se produire.
LE GRAND PRIX DE PARIS
Au Cirque Métropole
(à partir du 19 octobre)
Le Grand Prix de Paris est un titre qui con-
vient fort bien au beau championnat qui va se
disputer dans le grand cirque modèle de la
rive gauche. Nous y aurons, en effet, Pytlasinski,
le célèbre lutteur russe, qui est inscrit; l'Allemand
Weber, un lutteur fort connu à Paris ; le fameux
nègre Mourzouk et... Laurent le Beaucairois,
champion, du Monde de 1901.
On doit souhaiter la présence de Laurent le
Beaueairois à ce Championnat, car sa rencontre
avec Pythisinski constituerait, à n'en pas dou-
ter, l'un des plus gros événements athlétiques
de la saison.
On se souvient, en effet, de la rivalité qui
divisait jadis ces deux beaux lutteurs ; Laurent'
a ime fameuse revanche à prendre et il n'hési-
tera pas, j'en suis persuadé, à se rencontrer à
nouveau avec le célèbre champion russe.
La liste des concurrents est donc établie de la
façon suivante :
PYTLASINSKI (Russe), 120 kilos.
WEBER (Allemand), 82 kilos. \
MOUHZOUK (Africain), 101 kilos.
LAURENT LE BEAUCAIROIS (Franç.), 120 kil.
Les engagements sont reçus, rappelons-le, au
Cirque Métropole avenue de la Motte-Piquet.
LE CHAMPIONNAT DU MONDE
AUX FOLIES-BERGÈRE
(à partir du 25 octobre)
La date du Championnat du Mondé organisé
par les Folies-Bergère est définitivement fixée
maintenant au 25 octobre.
Nous reverrons alors dans ce bel établissement
— théâtre de tant de combats, à tout jamais
célèbres — les athlètes venus du monde entier
pour remporter le titre de champion ; le fameux
cosaque' Padoubny, champion du Monde de 1905,
sera un des acteurs de ce touraoi2 ainsi que
Petersen, champion du Monde de 1903 ; le fou-
gueux Aimable de la. Calmette, d'autres vieilles
gloires que nous présenterons bientôt au pàtblic,
ainsi qu'une quantité d'hommes nouveaux venus
d'Angleterre, de Turquie, d'Allemagne, de Rou-
manie, d'Autriche et d'Italie pour se faire une 1
réputation à Paris. ;
Les inscrits
Voici la liste des inscriptions à ce jour :
,Jiinmy ESSON (Anglais), .111 kilos.
Marius COULY (Français), 126 kilos.
PADOUBNY (Russe), 120 kilos.
Jos. SMEJKAL (Autrichien). 118 kilos.
HERVE (Conaolais), 95 kilos..
PETERSEN (Danois). 102 kilos.
Fritz MULLER (Allemand), 130 kilos.
Aimable,O£,LA CALMETTE (Français), 107 kilos.
L'Autrichien Smejkal
Nous avons dit que l'Autrichien Smejkal était
inscrit. *
Certes, Smejkal n'est pas un homme cfe la.i
;ROSEF SMEJKAL '
classe de Padoubny, mais il n'en n'est pas moins
un athlète de, tout premier ordre.
Voici du reste les mensurations de ce cham-
pion :
Tour de poitrine, 1 m. 34; cou, 0 m. 48a; cein-
ture, 0 m. 96 ; bras, 44 cent. 1/2 ; avant-bras,
38 cent.; poignet, 30 cent.; cuisse, 73 cent. 1/2 ;
mollet, 47 cent.
Smejkal est champion de force en Autriche.
Il est né en 1880, mesure 1 m. 85 et pèse 118 ki-
los.
C'est un lutteur assez adroit et très résistant.
Nous avons du reste eu l'occasion de l'applau-
dir il y a deux, ans.
Les prix
M. Paul Ruez, nous l'avons dit, a offert uTi4
somme de 10,000 francs de prix.
En voici la liste : ~
Au premier 3.000 francs
Au second 2.500 —
Au troisième 1.500 —
Au quatrième 1.000 —
Au cinquième : 800 -
~ Au sixième 600 —
Au septième 400 —
Au huitième ............... 200 —
Les engagements sont reçus gratuitement rue
Saulnier, à l'administration' des Folies-Bergères.
LE CHAMPIONNAT DU MONDE
Au Casino de Paris
A partir du 2 novembre
Le Championnat'du Monde du Casino de Paris
est annoncé pour le 2 novembre.
Les engagements commencent déjà affluer et
dès hier M. Chancel, le sympathique directeur de
ce bel établissement, a fait. savoir qu'il avait reçu
officiellement l'inscription du champion Tou-
lousain Calvet.
Le Toulousain
Calvet n'est pas un inconnu pour nous. C'est
un méridional pur sang.
Calvet lutte depuis une vingtaine d'années, il
connaît son métier à fond et les étrangers qui
viennent à Paris manquant encore d'expérience
n'ont qu'à bien se tenir devant cet athlète.
Calvet mesure 1 m. 75 et pèse 100 kilos.
Jamais, en aucune circonstance, un tournoi de •
lutte ne fut aussi richement doté.
Voici, du reste, la liste des prix :
. Au premier 6.000 francs.
Au deuxième...... 4.000 —
Au troisième 2.000 —
Au quatrième 1.000 —
Au cinquième ................... 800 —
Au sixième 500 ,— , , ,
Au septième ..................... 400 —
Au huitième ..................... 800 —
Avec de pareilles allocations, le nouveau di-
recteur du Casino peut espérer attirer dans son
bel établissement les meilleurs lutteurs du
Monde.
L. MANAUD
LA COUPE VANDERBILT
APRÈS LA COURSE
Une épreuve âprement disputée. — Quelques impressions sur
les voitures et les conducteurs.—Le «Diable Rouge».— Détails
rétrospectifs. — Ceux qui furent victimes de leur propre folie.
Michelin au Circuit. — Ce que dit Wagner. — Quelques inter-
views. — Un entretien avec le donateur. — Ce que sera la
Coupe Vanderbilt en 1907.
Neut-Ybrk, 7 octobre (par dépêche de notre cor-
-res,pondant spécialj. — J'ai quitté les tribunes de ;
Westbury la tête bourdonnante, les yeux tout j
pleins encore d'une vision d'apocalypse, empor- 1
tant avec. moi la satisfaction d'avoir assisté à un j
spectacle sportif d'une valeur incomparable. Quel ;
dommage qu'une organisation trop rudimentaire,
qui a entraîné de nombreux et terribles accidents,
soit venue gâcher cette belle tournée 1
La lutte sauvage
Aujourd'hui, à la. lecture du tableau des temps
tour par tour, je retrouvais aussi vivace la sen-
sation poignante de la lutte qui s'est pendant
près de 500 kilomètres, poursuivie entre les pre-
miers. Sans doute, Wagner a toujours été en
tête, mais son avance n'a jamais dépassé six mi-
nutes ; elle est même descendue, vers le milieu
de l'épreuve à une quarantaine de secondes, et,
durant cinq heures, nous avons tous été hale-
tants.
Le plus désillusionné aura été ce pauvre Lancia.
Il passa Wagner arrêté durant le dernier tour,
et poussa comme un fou jusqu'aux tribunes, dans
l'espoir de regagner les 6 minutes qu'il avait au
départ. A peine 1à:' Fiat arrêtée, le bon Vincenzo
se retourna en arrière et scruta fiévreusement
la route. Cependant, la fanfare exécutait l'hymne
italien en "son honneur'; véritablement, il put,
quelques secondes encore, se croire victorieux.
Un appel de clairon, des drapeaux qui s'agitent, j
un. signe du chairman,.. la fanfare s'interrompt
net et attaque 1ft. fougueuse Marseillaise... Voilà
comment ce pauvre Lancia sut qu'il était battu.
Conducteurs et voitures
Jenatzy, toujours a theatricat », a couru sur
une Mercédès peinte d'un roupe éclatant, et v tu,
ainsi que son mécanicien, d'une longue simas'wi
rûuge. Ensemble démoniaque, et ce fut une
sion bîen éphémère, à chaque passage devant les
tribunes, que cette ruée folle du « Rothe l'eulet
Lancia filait avec une vitesse insensée, l'air!
anxieux, la mâchoire crispée, terrible... _
Wagner passait, les jambes étendues, indolent
dans la Darracq bleue, qui donnait une impres-
sion d'ouragan. '
La longue et belle voiture d'Albert Clément
s'allongeait sur la route, dans une trajectoire im-
peccable, et la Diétrich, basse et trapue, folle-
ment rapide, créait de l'effroi...
Vivent les petits circuits !
jamais encore je n'avais vu de course aussi
palpitante, aussi angoissante, et oela provient
uniqtrâfûent du petit circuit adopté. Nous avons,
pour ainsi dire,r vécu la course de chacun des
concurrents ; eux ne se sont jamais sentis isolés,
En particulier, nous avons assisté à des lu Ut s.
sauvages côte à côte : Wagner, Jenatzy et LanCla.
sonSjlfrtroisième tour passés devant nous,troU'l;Yt,
l'espace à plus de 40 mètres_à la seconde, séparés
par quelques tours de roue à peine, et jious
donnant une sensation si tragique qu'un sîlt. aoe
extraordinaire se fit parmi nw-s
1 716 ANNEE — N° 2183 ~~ QUOTIDIEN
Le Numéro ï 45 Centimes
LUNDI 8 OCTOBRE i906
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Bureaux de poste.
MA PREMIÈRE PISTE
J'avais pensé uni instant à figurer dans
la Ballade Rétrospective avec mon an-
cien tricycle. Mais, au dernier moment,
j'ai préféré m'abstenir et ne pas amener
place de la Concorde. cet instrument d un
autre âge, d'abord parce que je ne sais
plus où il est, et aussi parce qu il est
trop petit. , . ~
J'avais en effet dix ans quand je us
mes débuts dans le cyclisme, à Besan-
çon, sur la piste rectangulaire, du square
' Saint-Amour.
Le square Saint-Amour que nous ap-
pelions familièrement le « clos », était
•un petit jardin neuf et trop propre, avec
des pelouses très vertes, que 1 on avait
apportées par petits morceaux carres. Et
nous allions regarder les jardiniers qui
jouaient au jeu de patience avec ces pe-
tits carrés de: gazo-n. ; .
C'était d'une petite grille de fer forgé,
à hauteur d'enfant, que le clos était clos.
* Ma piste était extérieure. Elle était cons-
tituée par Uill trottoir, tout autour de la
grille. Les virages carrés m'obligeaient
à ralentir, d'autant plus qu'ils étaient
relevés à rebours.
J'ai raconté jadis, dans des souvenirs
d'enfance un peu chiqués, que j'avais
fait des courses sur cette piste avec d'au-
tres champions. La vérité est que c'était
uniquement une piste à records. Je m'a-
musais parfois à dépasser des piétons,
qui d'ailleurs ne luttaient pas. Mais mon
grand adversaire, c'était le père Temps.
J'avais une demi-heure de récréation.
Je me disais : Il faut faire vingt fois le
tour du clos... Pendant les deux pre-
miers tours, j'étais en dedans des re-
cords. Au troisième tour, je donnais des
signes de fatigue ou de distraction. Puis
je décidais de remettre le record à un
autre jour. Je n'avais pas l'énergie de
Pottier.
Je ramenais 1.8' tricycle au garage, dans
une petite remise où il y avait déjà une
cuve de lessiw, UL) vieux fauteuil de bu-
reau, qui perdait son crin par plusieurs
blessures, et une' chèvre de bois, qui se
trouvait en disponibilité depuis que l'on
avait vendu le phaéton.
*
T ■ 'v * *
Cependant des • joueurs de barres .
avaient pris pris, position pour le~ com-
, bat. Comme il me restait encore vingt
minutes de récréation à tirer, j'avais ob-
tenu d'être enrolé dans une des équipes.
On ne jouait pas à l'intérieur du. clos.
Les architectes-jardiniers., épris de li-
gnes courbes, y avaient tracé de petits
chemins tournants, bordés stupidement
de--, chais.ee jaunes et de bancs verts
qu'encombraient l'élément sénile et l'é-
lément infantile du quartier. Les genci-
ves roses et les bouches édentées y ba-
vaient à l'envi.
On avait donc choisi, pour s'y ébattre,*
les rues en bordure du square. Ces rues
_ n'étaient pas absolument vides.De temps
/1 en temps, un camion passait, ou bien un
fourgon d'artillerie qui rentrait à la ca-
serne voisine. On interrompait un ins-
tant le jeu, comme font les rowingmen)
quand un chaland ' passe lentement sur
le parcours d'une course de bateaux.
Puis tout de suite après, on recommen-
çait à « amorcer »... Quel moment solen-
nel quand le joueur qui amorce se rend
gravement jusqu'à la limite du camp ad-
verse ; puis quelle émotion quand il tape
trois fois dans la main de son ennemi,
pendant qu'une, meute impatiente de
• jeunes combattants en tablier noir, le
,, cou et les bras en avant trépignant de
- leurs souliers ferrés la limite du camp,
s'apprêtent à courir sus à l'amorceur...
vois encore, du côté de chaque
camp, la. file lamentable et éplorée des
prIS{}Il1ni'ers, écartant les bras et les jam-
bes, afin de se rapprocher le plus pos-
sible des partisans qui les délivreront.
Parmi les captifs, il y avait d'intrépides
coureurs, qui avaient été attrapés, par
hasard, et que, désolait leur inaction for-
cée. Il y en avait d'autres qui étaient tou-
jours pris, et qui, pour n,e- pas sentir la
honte de leur sort, avaient fini par " se
persuader que c'était bien plus agréa-
ble, et que l'on se fatiguait moins. Ainsi
le jeu des barres qui, chez certains déve-
loppait l'audace et la vaillance, était
pour les autres une école de lâcheté cyni-
que.
Je n'étais pas, je dois le dire, de ces
derniers-là. Mais je n'étais pas nom plus
parmi les plus hardis. Quand c'était mon
tour d'amorcer, je M'en, tirais- encore,
car je courais assez vite. Mais en dehors
de ces sorties forcées, je restais le plus
possible dans la limite tutélaire du camp
et je ne faisais dans l'espace dangereux
, que de petites incursions assez timides.
En dépit de cette timidité, j'avais déjà
une âme de sportsman ; je préférais ces
jeux ardents à des divertissements plus
anodins que m'offrait à l'intérieur du
square un autre groupe, composé de
petits garçons et de petites filles. On
jouait aux chevaliers de la Marjolaine et
à la Tour Prend-Garde. Je vois encore la
petite -fille, très grande et très grosse
pour ses dix ans, qui représentait « le
, duque de Bourbon ». Je la détestais, cette
grosse petite fille. J'ai. toujours vu les
Bourbons à son image, et je ne sais si
ce n'est pas là. que je dois chercher l'ori-
gine de mes opinions résolument répu-
. blicaines.
Ce qui me déplaisait dans cette his-
toire de la Tou reprend-Garde, c'est que
la fin en était vague ; on poussait des
épis et on se dispersait. Peut-être en j
existe-t-il un dénouement plus heureux.
Je n'ai jamais connu, pour ma part, <*ue j
i celui qui s'était transmis au square
; Saint-Amour, à Besançon, par la tradi-
tion orale.
A cette époque, soit par. goût dei sports-
man, soit par instinct de dramaturge ou
de spectateur, j'aima.is les choses qui
finissaient. Depuis, je n'ai pas change
d'avis. Je. ne puis pas content d'assister
à un assaut de. boxe anglaise, qui se ter-
mine par une appréciation d'arbitre, au
lieu d'avoir comme fin finale, uni fait bien
réel et bien visible '. l'aplatissement d un
des concurrents. Dans ThllJ tournoi do
lutte, il faut voir à un moment un des
adversaires toucher terre des deux épau-
les et, si faute d'un résultat aussi rd.,
Raoul le Bordelais est obligé de procla-
mer vainqueur celui qui a porté le plus
d'attaques, ce n'est pas satisfaisant. On
s'en' va mécontent.
Au théâtre, nous avons connu les tran-
ches de vie, et pendant un moment,
comme c'était la mode, nous avons trou-
vé ç,a très bien. Mais maintenant, nous
en avons assez. Nous .aim,ons que les pic-
ces finissent par quelque chose. N GUS
voulons qu'il y ait un buttoir au pomt
terminus, et que. l'on ait fait Tin voyage
complet. Il ne me suffit pas que- l'auteur
crie : Tout l,e monde descend ! Et je trou-
ve mauvais qu'il me force à descendre,
quand ce n'est pas encore mlOIll. idé0,
Oh ! les choses qui' ne finissent pas !...
Ainsi, par exemple, cet article...
TRISTAN BERNARD.
La Promenade des Vieux Tacots
Une promenade rétrospective. — Les
vieux engins automobiles. — On va
ressortir les « marmites » dirigées
par des « queues de poêle ».
On inscrit ces ancêtres à
« l'Auto ».
La promenade rétrospective des anciens vélo-
cipèdes a eu un trop grand succès pour que
nous ne décidions immédiatement de mettre
à exécution un projet que nous formulions
déjà il y a quelques années dans l'Auto.
Nous allons tâcher de grouper les vieilles, voi-
tures automobiles et nous leur imposerons une
promenade formidable : au moins l'ascensionra©-
la côte de Suresnes et peut-être une épreuve d'en^
durance... jusqu'à Ville-d'Avray. a
Qu'on s'inscrive donc en nous donriunti l,%-dw
cription des voitures que l'on possède :'.iæaillemèS
nous publierons incessamment queIs.uesvligneS-
de règlement spécifiant notamment
mum que devront avoir ces voitures vénérables
et ri Ai à dignes de l'attEntion nublicme 1
P. S.
DEMANDEZ DES CATALOGUES
Pour la quatrième année consécutive, l' Auto va
reprendre, pour la satisfaction de ses lecteurs
et de ses clients, la publication gratuite des de-
mandes de catalogues. Cette publication se fera
jusqu'à la fin du Salon, mais nous voudrions
aussi qu'elle rendît plus de services encore que
les années précédentes, et voici comment.
Il est ou il serait indispensable d'abord que*
les collectionneurs de catalogues voulussent bien
s'abstenir id'emprunter nos colonnes pour com-
pléter leur collection ; ils auront au Salon une
occasion unique d'aller chercher sans frais des
kilos de catalogues. Les demandeurs, réduits aux
gens sérieux, devraient alors toujours spécifier
les catalogues qu'ils veulent, indiquer les mar-
ques, faciliter notre, tâche, en même temps que
celle des constructeurs.
D'autre part, il serait à souhaiter qUA les cons-
tructeurs, bien pénétrés désormais qu'ils n'ort
plus devant eux que des demandeurs sérieux,
tinssent un confite plus exact -des demandes
qu'ils liront dans l'Auto, qu'ils voulussent bien,
soit répondre au jour le jour à ces demandes,
soit y répondre d'un seul coup quelques jours
avant le Salon.
Il est certain que si les lecteurs sont décidés
à ne pas faire perdre inutilement leur temps aux
constructeurs et que ceux-ci, par contre, soient
résolus à ne negliger aucune occasion de faire
de la propagande à leur marqua notre rubrique
« Demande de catalogues x aura rendu, cette
année tout particulièrement, de signalés ser-
vices à tout le monde.
Demandes
M. Noëlas,Saint-Haou-le-Chalet (Loire), cycles ;
Bollinger, à Villers ; Franqueux, par Loiie
(Marne), voitures légères, motos et access.).
Allô! Allô !
Aujourd'hui, à 2 heures, courses au Bois de
Boulogne.
Aujourd'hui, à 2 heures, courses à Saint-Cloud.
Nos pronostics :
Prix du Rendez-Vous. — Belmar, Pierrot III.
Prix des Brisées. — King James, Ecurie Ed.
Blanc. *
P1fix du Bien-Aller. — Franchise, Evian.
Prix des Piqueurs. — Reine Claude,A se tordre.
flarkricap d'Automne. — Ecurie Lieux,Lucifer.
, Prix de la Retraite. — Allah, Souriante.
Les mains dans les poches, il siffle la Petite
Tonkinoise et fait devait aux jolies filles. Ses
16 ans él sa cotte bleue lui permettent toutes Les
audaces; il est apprenti chez quelque serrurier
d'l quartier et le voici dehors pour une commis-
sion que lui a donnée son patron. Le chemin est
long et les fiacres ne sont pas faits que pour les
bourgeois ; il grimpe en lapin sur l'essieu ar-
rière d'un sapin, mais avant d'arriver à destina-
tion, il n'y tient plus : sa cervelle d'oiseau pari-
sien le pousse à quelque fatale incongruité.
Précisément voici une énorme limousine au
repos le long du trottoir ; elle est pleine de pous-
sière, car l'étape lut longue sans doute et tran-
quillement du bout de son index à l'ongle sale,
il trace dans la poussière du panneau arrière le
mot que Cambronne tonitrua dans les angoisses
de la déroute.
Puis. au moment où il achève le paraphe final,
la main vigoureuse d'un agent, surgi inopiné-
ment, lui tire l'oreille à la lui décoller.
C'est bien fait, somme toute, car Gavroche
vient d'abîmer complètement la peinture du pan.
neau de la limousine.
H. D.
T~\ans son volume, les Poules de Lourdes, paru
récemment, M. Joris Karl Huysmans écrit
cette, phrase, page 163 : .
Et comme, à propos de l'indigence de cervelle et de
la misère d'âme de la plupart de ces funestes snobs quoi
se déguisent en bêtes f-auyea ppur éoraeer, dans un
délire de vitmae, des femmes et des enfants sur !'3S routes,
l'entretien s'oriente sur les impuisio»» du satanisme...,
etvw.
L'éminent écrivain n'a pas dû prendre une
grosse fatigue cérébrale à écrire ces lignes, où
sont réunis les clichés célèbres et bien connus :
'« funestes snobs... », « bêtes fauves... », « dé-
lire de vitesse... », « vieilles-femmes et petits
enfants... ».
Mais cette phrase ouvre, en même temps, des
horizons insoupçonnés sur les rapports, très
étroits, paraîtrait-il, du,satanisme et de l'auto-
mobilisme, et il serait intéressant de préciser,
au moyen d'une enquête, par exemple, quelle
part notre vieil ennemi Satan aurait prise dans
la découverte et les perfectionnements succes-
sifs des moteurs à essence.
A moins que, en bons diables qU11 nous som-
mes, nous nous contentions de lui montrer les
cornes et fassions tous : Hou ! hou !
Quand il s'agit d'ennuyer le s-chauffeurs, l'in-
géniosité de nos contemporains « est là ».
Les conseillers généraux de la Loire récla-
ment pour toute personne voulant conduire une
automobile, un examen médical. ~
Mais vous ne trouvez pas qu'à nous laisser
ennuyer ainsi, natients comme de petits saints
et depuis des années, nous avons prouvé que
nous avons une « belle santé ».
f
T a voiture légère a. de grands avantages par
l'économie des pneumatiques qu'elle fait
réaliser et sa grande facilité d'entretien. Dans
ce genre, une voiture qui se distingue avan-
tageusement des autres est la voiture Unie, qui
le dispute en exécution mécanique avec la plus
robuste grosse voiture et n'en est pas moins
plus légère.
O lusieurs camions chargés de machines s'arrê-
taient récemment devant l'importante scie-
rie de M. Guillou, 72, boulevard Barbès. Nous
avons vite-reconnu le matériel gazogène Pier-
son et le moteur à gaz. MM. Pierson sont oc-
cupés en ce moment à son montage.
Voilà un nouvel adepte du gaz pauvre, grâce
au Salon de l'Automobile 19°5, où M. Guillou
fut frappé de la marche impeccable du gazo-
gène Pierson.
A qui le tour ?
T e Grand Lama au Thibet vient de comman-
*** der à Londres une voiture qui doit être
garnie de pn.eus Hutchinson.
Personne ne sera surpris en apprenant que
la renommée de ce pneu a franchi l'Himma-
laya. Elle montera plus haut encore.
j . j LE TELEPHON1STS
UNE "BALLADE" RÉTROSPECTIVE
Tous les sportsmen parisiens — nous n'en ferons pas le dénon-
brement, étant désireux une fois pour toutes de rompre avec
la Tradition — se trouvaient hier sur la place de la Concorde
pour assister au départ de la « Ballade » rétrospective. — De
l'Obélisque à l'Echafaudage de Schreyer. — Salut, à la
Garde qui passe!!
L'Académie des Inscriptions et Belles Lettres
est une Institution Nationale — à nous les ma-
juscules ! — qui compte parmi ses membres élus
ncmbre de savants modestes, chercheurs passion-
nés de documents ignorés, amoureux de langues
mortes ou presqu'inconnues... Les Egyptologues,
les Hébraïsants, les Sinologues, ou, plus simple-
ment ceux qui comprennent les parlers Afridi,.
Tamoul ou Kmer, se sont vu réserver en récom-
pense de leurs arides travaux des sièges numé-
' rotes, dont les ressorts gémirent chronologique-
La bicyclette MEYER, construite en '1868, et piloté~e par M. LEVIEL;.
ment sous le poids de successives illustrations...
En raison des indéniables progrès faits quoti-
diennement par l'Idée SporLiye. il est à prévoir
que, dans quelque cinquante ans, nos fils ou pe-
tit-fils pourront voir, confortablement assis dans
un fauteuil respectable, sous la coupole du Palais
Mazarin. quelqu'historiographe du cyclisme...
L'accueil fait hier par la population parisienne
à notre « Ballade » rétrospective en est un ,,rir
garant et ce nous est une véritable joie de consta-
ter que chez nous les sport smen ont au moins le
culte du souvenir.
Sur la Place de la Concorde
Dès 8 heures du matin, (le départ était fixé,
comme on le sait, à 10 heures précises), la. circu-
lation était absolument interrompue sur la place
de la Concède. Difficilement contenue par une
vingtaine d'agents cyclistes et tous les gardiens
de service réquisitionnés à la hâte, une foule in-
nombrable se pressait sur l'immense place, guet-
tant l'arrivée des véhicules préhistoriques. Cha-
que fois que l'un d'entre eux était signalé, , une
poussée inévitable se produisait, les barrages
étaient rompus immédiatement et l'on faisait cer-
cle autour de l'ancêtre que l'on détaillait minu-
tieusement.
Quelques spécimens
Voici notre confrère Albert d'Ache, sur un bi-
cycle à doubl'e levier et double chaîne dénommé
Cyclidéal ; l'ami Durand, directeur du Vélodrome
d'Hiver, sur un grand bi Coventry 1883 (Durand
est Du... reste un acrobate consommé; il fut la
joie de la. « Ballade » en faisant sur son « vélo-
cipède » des exercices invraisemblables) ; Sotinel,
son inséparable, sur bicycle Michaux 1869 ; notre
collaborateur Ch. Ravaud, sur le tricycle (1866) de
Sargent. l'inventeur de la chaîne : le Rudge « dou-
ble driver » caoutchouc plein numéro 1, que pi-
lotait de Civry en 1889 ; le bicycle 1865 Marc de
M. Chartier-Desvarennes ; le tandem Valère (1893)
de MM. Foureau et Porcher ; la triplette Pelletier
1895, pilotée par MM. Oostenbrock frères et Hu-
met ; le vélocipède Michaux 1804, monté par M.
Francisque Michaux, le fils du « PèreMichaux »,
l'inventeur de la pédale ; la bicyclette 1895 Valère
de M. Dacier, l'aimable représentant de la mar-
que Clément ; M. Boulay, notre dévoué corres-
pondant de Lorient, sur son bicycle 1864 de la So-
ciété Parisienne ; M. Dacier père, sur un tricycle
Valère ; M. R. Fournier, sur un Crypto 1891 Mé-
gret ; M. Mourot, sur une bicyclette 1895 Le
Boucher ; un bicycle « Star », semblable à
celui que montait parfois Zimmerman ; M. Eugène
Poulet, sur vélocipède Michaux 1864 ; M. Pérard,
sur bicyclette Caventcv leçkr4 accompagné de Mme
Pérard, sur Rochet 1896 ; M. Bonmarchand, l'in-
venteur de l' « Auto-Hippique », sur bicycle Peu-
geot 1888 ; M. Grossot, qui dirige sa fameuse sex-
tuplette avec une invraisemblable maestria,; M.
Laze.rges,sur bicycle 1885 Niger ; M. Bellement et
ses deux fils, sur tri-tandem à 3 places Rudge ;
M. Ney. sur tricycle de sa marque 1895 *, M. Er-
nest Berteaux, sur son Rudge spécial 1888 ; M.
Leviel. sur une bicyclette Mftyer 1868, dont nous
donnons un cliché ci-dessous (à notre avis le véhi-
cule le plus curieux de la « Ballade ») et nombre
d'autres, que nous nè pouvons, à notre grand re-
gret, citer tous.
Qu'il nous suffise de dire que, sur quatre vingt
treize engagés, nous avons eu soixante dix-sept
partants ! Grâce à eux, M. Gustave Rives, l'émi-
nent commissaire général du prochain Salon,
pourra meubler le Musée de la Bicyclette, dont
il nous réserve l'heureuse primeur pour le mois
de décembre.
Le Départ
A dix heures précises, notre directeur Henri
Desgrange décide de donner re départ, et Abran,
notre Abran à nous tous, Français, citoyens du
monde ou de la Butte sacrée, brûla. l'amorce
décisive. Empoignant ensuite d'une dextre main
le volant de l'ingénieuse « auto-hippique » de
M. Bonmarchand qu'il sied de remercier ici de
son obligeance, Abran, suivi de la, sextuplette
Grossot et de toute la théorie des « vieux » et
(c presque vieux ", nous ouvrit difficilement un
chemin étroit • parmi la foule des cyclistes qui
voulaient assister au départ des « frères aînés ».
— Tous les dimanches, dit le guide d'une
caravane Cook qui se trouvait là, les cyclistes
parisiens se réunissent sur cette place ,pour-aller
à la campagne !...
— Tu parles, monsieur ! s'exclama non loin-de
nous un jeune cycliste qui ajouta aussitôt en
apercevant Durand sur son cc Bi » :
— Pour un directeur de vélodrome, il. en a un
« saie clou ! »
— T'auras beau cheITer,s'exclama quelqu'un...
Il te fera toujours la cc pige... x.
Et Durand le prouva en remontant presque
toute l'avenue des Champs-Elysées en monocy-
cle 1
Sur le Parcours
Comme les peuples heureux, la cc Ballade »
n'eut pas d'histoire : Une cinquantaine de cou-
rageux, suivis par de nomBreux amis, montés
sur des « bécanes 1906 » se rendirent au Chalet
du Cycle afin d'y prendre un apéritif réconfor-
tant à seule fin, comme dit l'autre, de réparer
les forces perdues par un rude labeur !...
Puis ce fut le retour vers Buffalo au milieu
d'une haie de curieux toujours aussi compacte
pour 'assister au plongeon du célèbre « Dare-
Devil » Schreyer... ; les essais de tour de piste
avec les chutes fatales, la dislocation finale... et
et c'est maintenant pour les spectateurs de.la
(c Ballade rétrospective ,, le souvenir d'une
excellente matinée dont nous sommes redevables
aux dévoués sportsmen qui furent hier nos plus
précieux collaborateurs. • .
Robert OUDOT.
LA LUTTE A PARIS
(Au Cirque Métropole le 19 Octobre — Au Casino de Paris le 2 Novembre.
En Novembre aux Folies-Bergère).
Le Championnat du Monde des Folies-Bergère commencera à se
disputer le 25 octobre. — Laurent le Beaucairois, champion du
Monde de 1901, est annoncé comme devant participer au Grand
Prix de Paris au Cirque Métropole et au Championnat du
Monde du Casino de Paris. — Un gros incident en perspective.
A qui Laurent?
On ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs,
dit un dicton populaire ; on ne peut pas espérer
assister non plus -à trois Championnats inter-
nationaux de lutte dans une même ville sans
avoir à enregistrer des incidents. de toutes
sortes : embauchages de lutteurs, polémiques
diverses, en un mot et, il faut Je reconnaître,
sans assister à un quatrième tournoi qui met
aux prises les organisateurs'.
Le Cirque Métropole a annoncé, nous l'avons
dit, son Grand. Prix de Paris pour le 19 octobre :
« Vous verrez, nous ont dit les organisateurs
de véritables champions, et vous assisterez,
voua pouvez en être certain, è. un véritable
Championnat du Monde. »
Pour nous le prouver, les directeurs du grand
établissement de la rive gauche nous ont fait
part, hier, de l'engagement de Laurent le Beau-
cairois, champion du Monde de 1901.
...Quelques instants plus tard, le Casino de
Paris nous annonçait la même nouvelle ! ! !
Ainsi à l'heure actuelle, le Casino. de Paris et
le Cirque Métropole sont aussi certains l'un que
l'autre du concours du Beaueairois 1
C'est le début de la petite guerre... C'est la
concurrence qui • nous vaut cette première
escarmouche qui ne sera peut-être pas la der-
nière. <
En fin de compte, nous applaudirons peut-être
te Beaucairois aux Folies-Bergère... à moins qu'il
ne vienne pas du tout à Paris, ce qui serait fort
regrettable.
La saison de lutte, on le voit, s'annonce sous
de brillants auspices ; il ne nous reste donc plus
qu'a. continuer à renseigner impartialement les
lecteurs de l'Auto sur les incidents de toutes
sortes qui ne vont pas manquer de se produire.
LE GRAND PRIX DE PARIS
Au Cirque Métropole
(à partir du 19 octobre)
Le Grand Prix de Paris est un titre qui con-
vient fort bien au beau championnat qui va se
disputer dans le grand cirque modèle de la
rive gauche. Nous y aurons, en effet, Pytlasinski,
le célèbre lutteur russe, qui est inscrit; l'Allemand
Weber, un lutteur fort connu à Paris ; le fameux
nègre Mourzouk et... Laurent le Beaucairois,
champion, du Monde de 1901.
On doit souhaiter la présence de Laurent le
Beaueairois à ce Championnat, car sa rencontre
avec Pythisinski constituerait, à n'en pas dou-
ter, l'un des plus gros événements athlétiques
de la saison.
On se souvient, en effet, de la rivalité qui
divisait jadis ces deux beaux lutteurs ; Laurent'
a ime fameuse revanche à prendre et il n'hési-
tera pas, j'en suis persuadé, à se rencontrer à
nouveau avec le célèbre champion russe.
La liste des concurrents est donc établie de la
façon suivante :
PYTLASINSKI (Russe), 120 kilos.
WEBER (Allemand), 82 kilos. \
MOUHZOUK (Africain), 101 kilos.
LAURENT LE BEAUCAIROIS (Franç.), 120 kil.
Les engagements sont reçus, rappelons-le, au
Cirque Métropole avenue de la Motte-Piquet.
LE CHAMPIONNAT DU MONDE
AUX FOLIES-BERGÈRE
(à partir du 25 octobre)
La date du Championnat du Mondé organisé
par les Folies-Bergère est définitivement fixée
maintenant au 25 octobre.
Nous reverrons alors dans ce bel établissement
— théâtre de tant de combats, à tout jamais
célèbres — les athlètes venus du monde entier
pour remporter le titre de champion ; le fameux
cosaque' Padoubny, champion du Monde de 1905,
sera un des acteurs de ce touraoi2 ainsi que
Petersen, champion du Monde de 1903 ; le fou-
gueux Aimable de la. Calmette, d'autres vieilles
gloires que nous présenterons bientôt au pàtblic,
ainsi qu'une quantité d'hommes nouveaux venus
d'Angleterre, de Turquie, d'Allemagne, de Rou-
manie, d'Autriche et d'Italie pour se faire une 1
réputation à Paris. ;
Les inscrits
Voici la liste des inscriptions à ce jour :
,Jiinmy ESSON (Anglais), .111 kilos.
Marius COULY (Français), 126 kilos.
PADOUBNY (Russe), 120 kilos.
Jos. SMEJKAL (Autrichien). 118 kilos.
HERVE (Conaolais), 95 kilos..
PETERSEN (Danois). 102 kilos.
Fritz MULLER (Allemand), 130 kilos.
Aimable,O£,LA CALMETTE (Français), 107 kilos.
L'Autrichien Smejkal
Nous avons dit que l'Autrichien Smejkal était
inscrit. *
Certes, Smejkal n'est pas un homme cfe la.i
;ROSEF SMEJKAL '
classe de Padoubny, mais il n'en n'est pas moins
un athlète de, tout premier ordre.
Voici du reste les mensurations de ce cham-
pion :
Tour de poitrine, 1 m. 34; cou, 0 m. 48a; cein-
ture, 0 m. 96 ; bras, 44 cent. 1/2 ; avant-bras,
38 cent.; poignet, 30 cent.; cuisse, 73 cent. 1/2 ;
mollet, 47 cent.
Smejkal est champion de force en Autriche.
Il est né en 1880, mesure 1 m. 85 et pèse 118 ki-
los.
C'est un lutteur assez adroit et très résistant.
Nous avons du reste eu l'occasion de l'applau-
dir il y a deux, ans.
Les prix
M. Paul Ruez, nous l'avons dit, a offert uTi4
somme de 10,000 francs de prix.
En voici la liste : ~
Au premier 3.000 francs
Au second 2.500 —
Au troisième 1.500 —
Au quatrième 1.000 —
Au cinquième : 800 -
~ Au sixième 600 —
Au septième 400 —
Au huitième ............... 200 —
Les engagements sont reçus gratuitement rue
Saulnier, à l'administration' des Folies-Bergères.
LE CHAMPIONNAT DU MONDE
Au Casino de Paris
A partir du 2 novembre
Le Championnat'du Monde du Casino de Paris
est annoncé pour le 2 novembre.
Les engagements commencent déjà affluer et
dès hier M. Chancel, le sympathique directeur de
ce bel établissement, a fait. savoir qu'il avait reçu
officiellement l'inscription du champion Tou-
lousain Calvet.
Le Toulousain
Calvet n'est pas un inconnu pour nous. C'est
un méridional pur sang.
Calvet lutte depuis une vingtaine d'années, il
connaît son métier à fond et les étrangers qui
viennent à Paris manquant encore d'expérience
n'ont qu'à bien se tenir devant cet athlète.
Calvet mesure 1 m. 75 et pèse 100 kilos.
Jamais, en aucune circonstance, un tournoi de •
lutte ne fut aussi richement doté.
Voici, du reste, la liste des prix :
. Au premier 6.000 francs.
Au deuxième...... 4.000 —
Au troisième 2.000 —
Au quatrième 1.000 —
Au cinquième ................... 800 —
Au sixième 500 ,— , , ,
Au septième ..................... 400 —
Au huitième ..................... 800 —
Avec de pareilles allocations, le nouveau di-
recteur du Casino peut espérer attirer dans son
bel établissement les meilleurs lutteurs du
Monde.
L. MANAUD
LA COUPE VANDERBILT
APRÈS LA COURSE
Une épreuve âprement disputée. — Quelques impressions sur
les voitures et les conducteurs.—Le «Diable Rouge».— Détails
rétrospectifs. — Ceux qui furent victimes de leur propre folie.
Michelin au Circuit. — Ce que dit Wagner. — Quelques inter-
views. — Un entretien avec le donateur. — Ce que sera la
Coupe Vanderbilt en 1907.
Neut-Ybrk, 7 octobre (par dépêche de notre cor-
-res,pondant spécialj. — J'ai quitté les tribunes de ;
Westbury la tête bourdonnante, les yeux tout j
pleins encore d'une vision d'apocalypse, empor- 1
tant avec. moi la satisfaction d'avoir assisté à un j
spectacle sportif d'une valeur incomparable. Quel ;
dommage qu'une organisation trop rudimentaire,
qui a entraîné de nombreux et terribles accidents,
soit venue gâcher cette belle tournée 1
La lutte sauvage
Aujourd'hui, à la. lecture du tableau des temps
tour par tour, je retrouvais aussi vivace la sen-
sation poignante de la lutte qui s'est pendant
près de 500 kilomètres, poursuivie entre les pre-
miers. Sans doute, Wagner a toujours été en
tête, mais son avance n'a jamais dépassé six mi-
nutes ; elle est même descendue, vers le milieu
de l'épreuve à une quarantaine de secondes, et,
durant cinq heures, nous avons tous été hale-
tants.
Le plus désillusionné aura été ce pauvre Lancia.
Il passa Wagner arrêté durant le dernier tour,
et poussa comme un fou jusqu'aux tribunes, dans
l'espoir de regagner les 6 minutes qu'il avait au
départ. A peine 1à:' Fiat arrêtée, le bon Vincenzo
se retourna en arrière et scruta fiévreusement
la route. Cependant, la fanfare exécutait l'hymne
italien en "son honneur'; véritablement, il put,
quelques secondes encore, se croire victorieux.
Un appel de clairon, des drapeaux qui s'agitent, j
un. signe du chairman,.. la fanfare s'interrompt
net et attaque 1ft. fougueuse Marseillaise... Voilà
comment ce pauvre Lancia sut qu'il était battu.
Conducteurs et voitures
Jenatzy, toujours a theatricat », a couru sur
une Mercédès peinte d'un roupe éclatant, et v tu,
ainsi que son mécanicien, d'une longue simas'wi
rûuge. Ensemble démoniaque, et ce fut une
sion bîen éphémère, à chaque passage devant les
tribunes, que cette ruée folle du « Rothe l'eulet
Lancia filait avec une vitesse insensée, l'air!
anxieux, la mâchoire crispée, terrible... _
Wagner passait, les jambes étendues, indolent
dans la Darracq bleue, qui donnait une impres-
sion d'ouragan. '
La longue et belle voiture d'Albert Clément
s'allongeait sur la route, dans une trajectoire im-
peccable, et la Diétrich, basse et trapue, folle-
ment rapide, créait de l'effroi...
Vivent les petits circuits !
jamais encore je n'avais vu de course aussi
palpitante, aussi angoissante, et oela provient
uniqtrâfûent du petit circuit adopté. Nous avons,
pour ainsi dire,r vécu la course de chacun des
concurrents ; eux ne se sont jamais sentis isolés,
En particulier, nous avons assisté à des lu Ut s.
sauvages côte à côte : Wagner, Jenatzy et LanCla.
sonSjlfrtroisième tour passés devant nous,troU'l;Yt,
l'espace à plus de 40 mètres_à la seconde, séparés
par quelques tours de roue à peine, et jious
donnant une sensation si tragique qu'un sîlt. aoe
extraordinaire se fit parmi nw-s
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