Titre : L'Œuvre
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Date d'édition : 1934-05-14
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34429265b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 14 mai 1934 14 mai 1934
Description : 1934/05/14 (N6800). 1934/05/14 (N6800).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k46195357
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-90
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/09/2016
L'ŒUVRE
S5 Centimes 3FCX>A-JLTI03XT X>3ËI PARIS ; - N° 6.800. — LUNDI M MAI 1934.
9, rue Lonis-fe-Grand (2")
Adr. télég,: ŒUVRE-PARIS
. 'OUque pa1II : CaMpIa 1046
.■ Fondateur ;
la js -M IL -Ir mi TÉRY ~ lt ~
.1
( ~ Opéra ÔB-OO '
. , Téléphone Il j - il , ~ |{gMS ., im4m) -,
, . .
De Çl'ermont-Ferrand à
Hantes il y a six mois.
Une expérience continue...
LA CLOTURE A CLERMONT-FERRAND
Sur le rapport de la Commission d'épuration,
le Congrès radical exclut MM. Garat,
Bonnaure, Louis Proust, René Renoult,
André Hesse, Dalimier et Bonardi
PAR CONTRE MM. GASTON HULIN, SEITZ ET MALVY
SONT MIS HORS DE CAUSE A DE FORTES MAJORITÉS
Démission officielle
de M. Gabriel Cudenet
et de ses amis
qui fondent
le " Parti radical-socialiste
Camille Pelletan "
(De nos envoyés spéciaux)
A la suite, du congrès de Cler-
Ï mont, M. Gabriel Cudenet et quel -
: ques-uns de ses amis quittent le parti
radical « qui vient de donner raison
aux émeutiers et aux factieux ».
Entendez que « la trêve » appa-
raissant comme une conséquence de
la journée du 6 février et le parti
radical s'étant prononcé pour le
maintien de la trêve, celui-ci sem-
blerait approuver ainsi les auteurs de
. l'é eute.
. Mais il resterait à démontrer que,
même sans les manifestations du 6,
la politique de trêve ne se serait pas
imposée. N'est-ce pas elle qu'envi-
sageait déjà Edouard Daladier en
constituant, le 3, son cabinet, et en
y appelant MM. Fabry, Piétri,
Doussaint, Bardon?... Il en a été
bien mal récompensé, c'est entendu.
Mais cela ne change rien à la force
et à la valeur des indications qu'il
avait lui-même perçues.
M. Gabriel Cudenet et ses amis
estiment donc, en somme, qu'il eût
fallu rompre la trêve.
Mais nous en revenons toujours à
la même question :
Pour y substituer quoi, et pour
faire quelle politique ? On répond
par un nom : « Pelletan ».
Il n est pas un radical, quel qu'il
soit, qui ne s'incline avec respect
| devant la mémoire de Camille Pel-
I letan. Seulement, il ne faudrait pas
| commettre, en politique, la même
: faute que, en stratégie, ces admira-
teurs de Napoléon qui, ne s'inspirant
pas seulement de la doctrine, mais
prétendant invoquer des exemples
précis, voulaient appliquer à la
guerre de 1914 des procédés em-
; ployes, avec succès, en 1805.
i noHs offrir le programme de
IVUi- c est une façon
un peu inattendue de
1 nous rajeunir.
LA DERNIÈRE SÉANCE
Clermont-Ferrand, 13 mat.
ordinaires finissent
sans histoire. toujours par une séance
dinaires • congrès extrao*-
dS n? SSent pas à cette tra.-
au coiir?^. va en avoir la preuve
Comme C6^ ultimes débats.
: eussions 'ur I)n la attendait, les dis
ou de la loi électoral p™6 de l'Etal
y Dès tenir l,rand'Place.électorale ne vont pas
sideït/ l'ouverture, on liquide Perney, pre-
Après nL ^lde ces questions.
reil, M. une Alfred nVention de M. Co-
les motifs, fort Dominique silylples expose
Pour lesquels il fJïlPles au reste,
saire de l'iln lui semble néces-
santes l'examen renvoyer rfU congrès de
électorale • une telle de réforme
être longuement 1 u question doit
ne pourrait iri aïtue, et l'on
On se range don ? u « bâcler ».
porteur. nc à 1 avis du rap-
que le pl.obl,èl-ne Marchandeaii Illontre
lEtat, également - la réforme de
dl) jour® ne€Tem inscrit être à l'ordre
• Un temps si bref. M 6 .aité dan«
indiqué que 1p., îaiS il tient à
/ doit en cl su et À radical, s'il
j t être prudent, ne
- Mon nai Plioto.)
. 1 ... M. 1 MALVYdiscutant avec quelques congressistes
doit pas se montrer timide. Il doit
s'avérer capable, en effet, de don-
ner au pays le • moyen d'échapper
au malaise qui pèse sur lui., Il faut
restaurer l'autorité -,,en maintenant.-
la liberté.
D'un commun accord, on renvoie
l'examen de la question au comité
exécutif. Renvoyée aussi au comité
une motion insistant pour que soit
faite rapidement la péréquation
1 ~ M. , ALFRED DOMINIQUE . -1
des circonscriptions - municipales
de Paris. , -.1 ~~ 1 ,
Sept exclusions
Une ovation : M. Herriot, com-
plètement remis de son malaise,
vient de faire son entrée.
Et, tout de suite après, M. Per-
ney donne la parole à M. de la
Gonterie, premier rapporteur de la
commission d'épuration.., Celui-ci
explique que la commission n'a
pas voulu empiéter sur le domaine
de l'enquête judiciaire. Elle a sim-
plement voulu punir les fautes con-
tre « la moralité politique et la mo-
ra'iité tout court )).
Elle s'est montrée sévère : en
une pareille matière, il ne faut pas
de demi-mesure. Elle a frappé
« haut et fort » ; car ceux qui sont
à la tête doivent donner l'exemple,
et certains d'entre eux ne l'ont pas
donné. -
Tout cela ne saurait d'ailleurs
faire oublier que les autres partis
ont aussi des responsabilités lour-
des et graves. Il faut espérer qu'ils
auront le même courage que le par-
ti radical et prendront les sanc-
tions qui s'imposent.
Là-dessus, M. de la Gonterie com-
mence l'énumération des cas qui
ont été examinés par la commission
et des décisions qu'elle propose au
congrès de prendre. L'assemblée est
invitée à se prononcer au fur et à
mesure.
Exclusions...
D'abord, le cas Garat. La com-
mission considère qu'exclu déjà
par le bureau, il n'a pas fait appel
de cette décision. Aussi propose-t-
elle l'exclusion:
Toutes les mains ,ze lèvent. Unn-
; nimité,
. Unanimité aussi en ce qui con- j
cerne Bonnaure.' j
M. de la Gonterie prononce en.
suite le nom de ISJ. Bonardi. Inter-
prète-de la cQipm^s^ri, îit eonsia-te;.
que celui-ci a été. un intermédiaire
habituel de Stavisky et Costaches-
co,' et qu'à la suite de ses démar-
ches, il s'est trouvé avec eux en
relations d'affaires et d'argent.
Exclu.
Le cas de M. Louis Proust ne se
pose pas longtemps, lui non plus,
devant le congrès. Celui-ci, consi-
dérant que le député d'Indre-et-
Loire a « entre 1928 et 1933 ac-
compli maintes démarches pour di-
verses affaires financières montées
par Stavisky que cette impru-
dence est d'autant plus inadmissi-
ble qu'il a reconnu avoir été mis
en garde contre la personnalité
d'Alexandre ; qu'en raison de sa
situation de président d'un grand
comité il eût dû donner l'exemple »,
refuse la démission que M. Louis
Proust lui avait adressée et pro-
nonce son exclusidn.
Cinquième cas, celui de M. René
Renoult. Les considérants consta-
tent, notamment, qu'étant ancien
garde des sceaux, M. René Renourt
a cru devoir faire une démarche
auprès du procureur de la Républi-
que en faveur de l'escroc ; que cette
démarche a été particulièrement
incorrecte qu'il n'aurait pas dû
accepter d'intervenir en faveur
d'un, accusé qui, -selon la propre ex-
pression de M. Renoult « s'obsti-
nait à rester caché » ; qu'il a reçu
la somme de 50.000 francs, de tels
honoraires, suffisant à démontrer
qu'il n'ignorait pas l'importance de
son intervention ; qu'il a cru pou-
voir se prononcer, en tant que
membre du bureau du parti, sur
le cas de deux de ses collègues,
alors que les circonstances lui com-
mandaient de se - récuser comme
juge.
EN FORÊT DE FONTAINEBLEAU
Une auto de course
entre dans la foule
tue sept personnes
et en blesse six
Le conducteur lui-même
a succombé
Fontainebleau, 13 mai (De notre
correspondant particulier). — La 10e
course de côte organisée aujour-
d'hui par la section de Fontaine-
bleau de l'Automobile-Club de l'Ile
de France a été marquée par un ter-
rible accident.
Cette épreuve, ouverte aux autos
et motocyclettes, a lieu en forêt de
Fontainebleau, sur la montée de la
Behourdière, chemin n° 116, entre
la Croix d'Augas et la Croix de
Toulouse, et réunit chaque année un
nombre très important de concur-
rents et de spectateurs. !
Vers 15 h. 30, un accident brutal j
s'est produit. L'auto Bugatti n° 110 j
filait à environ 170 kilomètres à j
l'heure. Elle était pilotée par l'en-
seigne de vaisseau Cochin, 28 ans,
du centre d'aviation de Marignane,
qui, en raison de sa fonction, cou-
rait sous le pseudonyme d'Eric Lo-
rat.
On suppose que le pilote, ayant
voulu amorcer son freinage d'arri-
vée, le fit trop brusquement en rai-
son de la vitesse acquise. Soudain,
la voiture bondit, retomba, fit une
embardée terrible, pénétra dans -la
foule et vint s'écraser contre un ar-
bre bordant la route.
Un horrible spectacle
Le spectacle était horrible. Des
morts et des blessés jonchaient le
sol. L'épreuve ■ fut ,iiniBédiatemëpt
H tiëTMmpue, et l*arùbulanee de ser-
vice procéda, à l'enlèvement des vk-
times. Les morts furent déposés «'t
1-i mordue et les blessés à l'hôpital.
où le docteur Matry procéda aux
interventions chirurgicales et aux
cernent s nécessaires.
Voir en sixième rage .
LE CONGRES DE L'U.N.C.
e e
LE ORIME D'E KERBENNEC
En septième page :
L'ŒUVRE SP,ORTIVE
En huitième Page :
AMOUR ET GUILLOTINE
M. Doumergue prononce ce soir
un troisième discours radiodiffusé
...qui sera enregistré sur disques
M. Gaston Doumergue, président'
du Conseil, adressera, ce soir à 20
heures, de son cabinet du Quai
d'Orsay, un troisième discours au
peuple de France.
Ce discours sera, comme les pré-
cédents, diffusé par toutes les sta-
tions d'émission.
De plus, des appareils d'enregis-
trement phonographique, disposés
dans une pièce contiguë spéciale-
ment aménagée, permettront de
conserver vivante la parole enso-
leillée du sympathique chef du gou-
vernement. ■ .
LES ANCIENS COMBATTANTS ONT MANIFESTÉ HIER
tPboto Rol.)
Le défilé des ariciens coiUbattants atteignant la place de la Concorde
(Voir à la 5° page).
LA FÊTE NATIONALE
DE JEANNE D'ARC :
A ÉTÉ CÉLÉBRÉE HIER
Cérémonie officielle à la statue des Pyramides
et défilé traditionnel de Saint-Augustin à la rue de Rivoli
1 . i > (Photo RoI.)
1 Le défilé des troupes devant la statue, de la. place des Pyramides. P?/?'amtdPs.' ,
1..
-
Les gens qui, hier matin, vers
9 h. 30, passaient, une simple fleur
à la boutonnière et sans autre dé-
coration, dans les environs de la
rue de Rome et de la rue de Madrid
— où s'étaient-massés Croix de Feu,
patriotes et briscards en attendant
de défiler devant la Jeanne d'Arc de
Saint-Augustin — avaient: propre-
ment l'air de bien peu de chose.
Au coin de la rue de Vienne .et de
la rue de Stockholm, un monsieur
d'un certain âge essayait, avec une
énergie désespérée, d'extraire un
drapeau d'un fourreau trop juste...
On rencontrait aussi bea tic ou p de
jeunes gens. engoncés dans des vête-
ments neufs. Il y avait là comme
lin affàirèmèn't de-noce. Les agents
sifflaient les rares voitures assez in-
conscientes pour s'engager par là :
— Pas de voitures ici !
Place Saint-Augustin, où les trot-
toirs étaient déjà envahis, devant
le socle désert de Déroulède, que
personne ne songeait à fleurir, un
petit orphéon civil essayait une der-
nière fois ses instruments et fixait
solidement à leurs supports les car-
tons de <' Paris-Belfort », pas redou-
blé.
A 10 h. 5 arrivaient, dans une li-
mousine discrète, MM. Langeron et
Paul Guichard, qui venaient de la
place des Pyramides où, une demi-
heure plus tôt, M. Albert Sarraut,
ministre de l'intérieur, le colonel de
Bellefonds, représentant le président
de la République, M. Villey, préfet
de la Seine,' et un grand nombre de
personnalités, avaient été témoins
du geste du général Denain, qui, au
nom du gouvernement, avait déposé
une-couronne de fleurs blanches aux
pieds de la statue de Jeanne-d'Arc,
tandis que les troupes défilaiet,
gardes mobiles en tête, mitrailleuses;
en queue. , \ ^ j,
Devant Saint-Augustin,,à, distante
égale les unes . des autres, 'comrpe
des pions sur. tin, éctiiquiër, ^des da-
mes d'Action Française s'étaient im-
mobilisées. En. face d'elles, une .pho-
tographe, dont l'amateurisme n e,
tait pas douteux,' dépliait en, hâte ,1e
pied de son appareil pour l'es photos'
graphier. , ' , -, :
UN RENTIER ASSASSINE
A BAGNEUX
.V • 'Photo N.: ï. ï.):
~ ' Le pavillon ' du crime ~ 1, ~ 1 1 '- -
, ~ , 1 ~ ... I., (Voir en - 2e page.) ~.
L'EXPÉRIENCE ROOSEVELT (1)
par JACQUES DUBOIN
Augmentation du pouvoir d'achat — Codes industriels — Durée du travail
Nous avons rappelé brièvement
la situation des Etats-Unis au mo-
ment où le ., président Roosevelt
prend le pouvoir. Le pays récla-
mait une politique d'étatisme. Le
président Roosevelt l'avait promise
et c'est pour cela qu'il avait été
élu. Le voici maintenant à l'oeuvre.
® e
Son premier objectif est d'aug-
menter le,. pouvoir d'achat; de la
grande masse de la population.
Il le déclare dès la première heu-
re en même temps qu'il annonce
qu'il faut une , répartition nouvelle
des revenus. Tel va être son plan
de redressement économique que le
peuple des Etats-Unis baptise d'un
mot : u une nouvelle donne ».
L'idée directrice est la suivante :
du moment que - l'agriculture : et
l'industrie peuvent produire en
abondance, il est clair qu'il faut
leur trouver des débouchés. Or le
système, ancien favorisait un petit
nombre dont le pouvoir d'achat
grossissait démesurément et n'était
employé qu'en partie ; en même
temps le pouvoir d'achat de la
masse des consommateurs ne ces.
sait d'aller en diminuant. Il faut
donc y mettre ordre en se préoccu-
pant aujourd'hui du consomma-
teur alors que jusqu'ici, on ne se
préoccupait guère que du produc-
teur.@ J'ajoute que cette « nouvelle
(1) Voir I' OEuvre du 13 mai . 1934. ;
donne », si elle favorisait, le con-
sommateur, avait encore pour con-
séquence d'éviter la rui,ne. du . pro-
ducteur, car c'est vers cette trists
destinée qu'il se dirigeait à toute
allure du moment que ses débou-
chés ne .cessaient de se rétrécir,
comme une vulgaire'peau de: cha-
grin. ^
D'où nécessité d'augmenter le i so-
laire^ des ouvriers, et de diminuer
la rémunération du capital. ,
O O {
Le président Hoosèvelt envisagea
tout de . suite la jou.rn.ée--.-dè''.-:iûi'ri'q -
heures, ou la semaine de 40, heures-,
sans se., soucier aucunement de: ce
qu'on . pourrait faire, -à cet égare),
à l'étranger. On objecte. constaBt-
ment en France que :cettc ili,ésul'e
ne peut être appliquée que d.'urie
manière internationale ; or cetle
considération n'a pas arrêté :ui)u
seconde la décision. du président,
Boosevelt.. • .'r
Il fit plus. Tandis que le maxi-
mum des revendications ouvrières
chez nous consiste à réclamer :la sc-
maine de 40 heures, avec salaire
égal, Je président Roosevelt l'exi-
gea avec une augmentation des sa-
laires. En contre-partie, il déciô'a
que les industriels se soumettraient
à un ensemble de règles formelles
et appliqueraient un plan préparé
par lui avec leur collaboration. Ils
en " retireraient l'avantage inappré-
ciable de mettre fin à des pratiques
S5 Centimes 3FCX>A-JLTI03XT X>3ËI PARIS ; - N° 6.800. — LUNDI M MAI 1934.
9, rue Lonis-fe-Grand (2")
Adr. télég,: ŒUVRE-PARIS
. 'OUque pa1II : CaMpIa 1046
.■ Fondateur ;
la js -M IL -Ir mi TÉRY ~ lt ~
.1
( ~ Opéra ÔB-OO '
. , Téléphone Il j - il , ~ |{gMS ., im4m) -,
, . .
De Çl'ermont-Ferrand à
Hantes il y a six mois.
Une expérience continue...
LA CLOTURE A CLERMONT-FERRAND
Sur le rapport de la Commission d'épuration,
le Congrès radical exclut MM. Garat,
Bonnaure, Louis Proust, René Renoult,
André Hesse, Dalimier et Bonardi
PAR CONTRE MM. GASTON HULIN, SEITZ ET MALVY
SONT MIS HORS DE CAUSE A DE FORTES MAJORITÉS
Démission officielle
de M. Gabriel Cudenet
et de ses amis
qui fondent
le " Parti radical-socialiste
Camille Pelletan "
(De nos envoyés spéciaux)
A la suite, du congrès de Cler-
Ï mont, M. Gabriel Cudenet et quel -
: ques-uns de ses amis quittent le parti
radical « qui vient de donner raison
aux émeutiers et aux factieux ».
Entendez que « la trêve » appa-
raissant comme une conséquence de
la journée du 6 février et le parti
radical s'étant prononcé pour le
maintien de la trêve, celui-ci sem-
blerait approuver ainsi les auteurs de
. l'é eute.
. Mais il resterait à démontrer que,
même sans les manifestations du 6,
la politique de trêve ne se serait pas
imposée. N'est-ce pas elle qu'envi-
sageait déjà Edouard Daladier en
constituant, le 3, son cabinet, et en
y appelant MM. Fabry, Piétri,
Doussaint, Bardon?... Il en a été
bien mal récompensé, c'est entendu.
Mais cela ne change rien à la force
et à la valeur des indications qu'il
avait lui-même perçues.
M. Gabriel Cudenet et ses amis
estiment donc, en somme, qu'il eût
fallu rompre la trêve.
Mais nous en revenons toujours à
la même question :
Pour y substituer quoi, et pour
faire quelle politique ? On répond
par un nom : « Pelletan ».
Il n est pas un radical, quel qu'il
soit, qui ne s'incline avec respect
| devant la mémoire de Camille Pel-
I letan. Seulement, il ne faudrait pas
| commettre, en politique, la même
: faute que, en stratégie, ces admira-
teurs de Napoléon qui, ne s'inspirant
pas seulement de la doctrine, mais
prétendant invoquer des exemples
précis, voulaient appliquer à la
guerre de 1914 des procédés em-
; ployes, avec succès, en 1805.
i noHs offrir le programme de
IVUi- c est une façon
un peu inattendue de
1 nous rajeunir.
LA DERNIÈRE SÉANCE
Clermont-Ferrand, 13 mat.
ordinaires finissent
sans histoire. toujours par une séance
dinaires • congrès extrao*-
dS n? SSent pas à cette tra.-
au coiir?^. va en avoir la preuve
Comme C6^ ultimes débats.
: eussions 'ur I)n la attendait, les dis
ou de la loi électoral p™6 de l'Etal
y Dès tenir l,rand'Place.électorale ne vont pas
sideït/ l'ouverture, on liquide Perney, pre-
Après nL ^lde ces questions.
reil, M. une Alfred nVention de M. Co-
les motifs, fort Dominique silylples expose
Pour lesquels il fJïlPles au reste,
saire de l'iln lui semble néces-
santes l'examen renvoyer rfU congrès de
électorale • une telle de réforme
être longuement 1 u question doit
ne pourrait iri aïtue, et l'on
On se range don ? u « bâcler ».
porteur. nc à 1 avis du rap-
que le pl.obl,èl-ne Marchandeaii Illontre
lEtat, également - la réforme de
dl) jour® ne€Tem inscrit être à l'ordre
• Un temps si bref. M 6 .aité dan«
indiqué que 1p., îaiS il tient à
/ doit en cl su et À radical, s'il
j t être prudent, ne
- Mon nai Plioto.)
. 1 ... M. 1 MALVYdiscutant avec quelques congressistes
doit pas se montrer timide. Il doit
s'avérer capable, en effet, de don-
ner au pays le • moyen d'échapper
au malaise qui pèse sur lui., Il faut
restaurer l'autorité -,,en maintenant.-
la liberté.
D'un commun accord, on renvoie
l'examen de la question au comité
exécutif. Renvoyée aussi au comité
une motion insistant pour que soit
faite rapidement la péréquation
1 ~ M. , ALFRED DOMINIQUE . -1
des circonscriptions - municipales
de Paris. , -.1 ~~ 1 ,
Sept exclusions
Une ovation : M. Herriot, com-
plètement remis de son malaise,
vient de faire son entrée.
Et, tout de suite après, M. Per-
ney donne la parole à M. de la
Gonterie, premier rapporteur de la
commission d'épuration.., Celui-ci
explique que la commission n'a
pas voulu empiéter sur le domaine
de l'enquête judiciaire. Elle a sim-
plement voulu punir les fautes con-
tre « la moralité politique et la mo-
ra'iité tout court )).
Elle s'est montrée sévère : en
une pareille matière, il ne faut pas
de demi-mesure. Elle a frappé
« haut et fort » ; car ceux qui sont
à la tête doivent donner l'exemple,
et certains d'entre eux ne l'ont pas
donné. -
Tout cela ne saurait d'ailleurs
faire oublier que les autres partis
ont aussi des responsabilités lour-
des et graves. Il faut espérer qu'ils
auront le même courage que le par-
ti radical et prendront les sanc-
tions qui s'imposent.
Là-dessus, M. de la Gonterie com-
mence l'énumération des cas qui
ont été examinés par la commission
et des décisions qu'elle propose au
congrès de prendre. L'assemblée est
invitée à se prononcer au fur et à
mesure.
Exclusions...
D'abord, le cas Garat. La com-
mission considère qu'exclu déjà
par le bureau, il n'a pas fait appel
de cette décision. Aussi propose-t-
elle l'exclusion:
Toutes les mains ,ze lèvent. Unn-
; nimité,
. Unanimité aussi en ce qui con- j
cerne Bonnaure.' j
M. de la Gonterie prononce en.
suite le nom de ISJ. Bonardi. Inter-
prète-de la cQipm^s^ri, îit eonsia-te;.
que celui-ci a été. un intermédiaire
habituel de Stavisky et Costaches-
co,' et qu'à la suite de ses démar-
ches, il s'est trouvé avec eux en
relations d'affaires et d'argent.
Exclu.
Le cas de M. Louis Proust ne se
pose pas longtemps, lui non plus,
devant le congrès. Celui-ci, consi-
dérant que le député d'Indre-et-
Loire a « entre 1928 et 1933 ac-
compli maintes démarches pour di-
verses affaires financières montées
par Stavisky que cette impru-
dence est d'autant plus inadmissi-
ble qu'il a reconnu avoir été mis
en garde contre la personnalité
d'Alexandre ; qu'en raison de sa
situation de président d'un grand
comité il eût dû donner l'exemple »,
refuse la démission que M. Louis
Proust lui avait adressée et pro-
nonce son exclusidn.
Cinquième cas, celui de M. René
Renoult. Les considérants consta-
tent, notamment, qu'étant ancien
garde des sceaux, M. René Renourt
a cru devoir faire une démarche
auprès du procureur de la Républi-
que en faveur de l'escroc ; que cette
démarche a été particulièrement
incorrecte qu'il n'aurait pas dû
accepter d'intervenir en faveur
d'un, accusé qui, -selon la propre ex-
pression de M. Renoult « s'obsti-
nait à rester caché » ; qu'il a reçu
la somme de 50.000 francs, de tels
honoraires, suffisant à démontrer
qu'il n'ignorait pas l'importance de
son intervention ; qu'il a cru pou-
voir se prononcer, en tant que
membre du bureau du parti, sur
le cas de deux de ses collègues,
alors que les circonstances lui com-
mandaient de se - récuser comme
juge.
EN FORÊT DE FONTAINEBLEAU
Une auto de course
entre dans la foule
tue sept personnes
et en blesse six
Le conducteur lui-même
a succombé
Fontainebleau, 13 mai (De notre
correspondant particulier). — La 10e
course de côte organisée aujour-
d'hui par la section de Fontaine-
bleau de l'Automobile-Club de l'Ile
de France a été marquée par un ter-
rible accident.
Cette épreuve, ouverte aux autos
et motocyclettes, a lieu en forêt de
Fontainebleau, sur la montée de la
Behourdière, chemin n° 116, entre
la Croix d'Augas et la Croix de
Toulouse, et réunit chaque année un
nombre très important de concur-
rents et de spectateurs. !
Vers 15 h. 30, un accident brutal j
s'est produit. L'auto Bugatti n° 110 j
filait à environ 170 kilomètres à j
l'heure. Elle était pilotée par l'en-
seigne de vaisseau Cochin, 28 ans,
du centre d'aviation de Marignane,
qui, en raison de sa fonction, cou-
rait sous le pseudonyme d'Eric Lo-
rat.
On suppose que le pilote, ayant
voulu amorcer son freinage d'arri-
vée, le fit trop brusquement en rai-
son de la vitesse acquise. Soudain,
la voiture bondit, retomba, fit une
embardée terrible, pénétra dans -la
foule et vint s'écraser contre un ar-
bre bordant la route.
Un horrible spectacle
Le spectacle était horrible. Des
morts et des blessés jonchaient le
sol. L'épreuve ■ fut ,iiniBédiatemëpt
H tiëTMmpue, et l*arùbulanee de ser-
vice procéda, à l'enlèvement des vk-
times. Les morts furent déposés «'t
1-i mordue et les blessés à l'hôpital.
où le docteur Matry procéda aux
interventions chirurgicales et aux
cernent s nécessaires.
Voir en sixième rage .
LE CONGRES DE L'U.N.C.
e e
LE ORIME D'E KERBENNEC
En septième page :
L'ŒUVRE SP,ORTIVE
En huitième Page :
AMOUR ET GUILLOTINE
M. Doumergue prononce ce soir
un troisième discours radiodiffusé
...qui sera enregistré sur disques
M. Gaston Doumergue, président'
du Conseil, adressera, ce soir à 20
heures, de son cabinet du Quai
d'Orsay, un troisième discours au
peuple de France.
Ce discours sera, comme les pré-
cédents, diffusé par toutes les sta-
tions d'émission.
De plus, des appareils d'enregis-
trement phonographique, disposés
dans une pièce contiguë spéciale-
ment aménagée, permettront de
conserver vivante la parole enso-
leillée du sympathique chef du gou-
vernement. ■ .
LES ANCIENS COMBATTANTS ONT MANIFESTÉ HIER
tPboto Rol.)
Le défilé des ariciens coiUbattants atteignant la place de la Concorde
(Voir à la 5° page).
LA FÊTE NATIONALE
DE JEANNE D'ARC :
A ÉTÉ CÉLÉBRÉE HIER
Cérémonie officielle à la statue des Pyramides
et défilé traditionnel de Saint-Augustin à la rue de Rivoli
1 . i > (Photo RoI.)
1 Le défilé des troupes devant la statue, de la. place des Pyramides. P?/?'amtdPs.' ,
1..
-
Les gens qui, hier matin, vers
9 h. 30, passaient, une simple fleur
à la boutonnière et sans autre dé-
coration, dans les environs de la
rue de Rome et de la rue de Madrid
— où s'étaient-massés Croix de Feu,
patriotes et briscards en attendant
de défiler devant la Jeanne d'Arc de
Saint-Augustin — avaient: propre-
ment l'air de bien peu de chose.
Au coin de la rue de Vienne .et de
la rue de Stockholm, un monsieur
d'un certain âge essayait, avec une
énergie désespérée, d'extraire un
drapeau d'un fourreau trop juste...
On rencontrait aussi bea tic ou p de
jeunes gens. engoncés dans des vête-
ments neufs. Il y avait là comme
lin affàirèmèn't de-noce. Les agents
sifflaient les rares voitures assez in-
conscientes pour s'engager par là :
— Pas de voitures ici !
Place Saint-Augustin, où les trot-
toirs étaient déjà envahis, devant
le socle désert de Déroulède, que
personne ne songeait à fleurir, un
petit orphéon civil essayait une der-
nière fois ses instruments et fixait
solidement à leurs supports les car-
tons de <' Paris-Belfort », pas redou-
blé.
A 10 h. 5 arrivaient, dans une li-
mousine discrète, MM. Langeron et
Paul Guichard, qui venaient de la
place des Pyramides où, une demi-
heure plus tôt, M. Albert Sarraut,
ministre de l'intérieur, le colonel de
Bellefonds, représentant le président
de la République, M. Villey, préfet
de la Seine,' et un grand nombre de
personnalités, avaient été témoins
du geste du général Denain, qui, au
nom du gouvernement, avait déposé
une-couronne de fleurs blanches aux
pieds de la statue de Jeanne-d'Arc,
tandis que les troupes défilaiet,
gardes mobiles en tête, mitrailleuses;
en queue. , \ ^ j,
Devant Saint-Augustin,,à, distante
égale les unes . des autres, 'comrpe
des pions sur. tin, éctiiquiër, ^des da-
mes d'Action Française s'étaient im-
mobilisées. En. face d'elles, une .pho-
tographe, dont l'amateurisme n e,
tait pas douteux,' dépliait en, hâte ,1e
pied de son appareil pour l'es photos'
graphier. , ' , -, :
UN RENTIER ASSASSINE
A BAGNEUX
.V • 'Photo N.: ï. ï.):
~ ' Le pavillon ' du crime ~ 1, ~ 1 1 '- -
, ~ , 1 ~ ... I., (Voir en - 2e page.) ~.
L'EXPÉRIENCE ROOSEVELT (1)
par JACQUES DUBOIN
Augmentation du pouvoir d'achat — Codes industriels — Durée du travail
Nous avons rappelé brièvement
la situation des Etats-Unis au mo-
ment où le ., président Roosevelt
prend le pouvoir. Le pays récla-
mait une politique d'étatisme. Le
président Roosevelt l'avait promise
et c'est pour cela qu'il avait été
élu. Le voici maintenant à l'oeuvre.
® e
Son premier objectif est d'aug-
menter le,. pouvoir d'achat; de la
grande masse de la population.
Il le déclare dès la première heu-
re en même temps qu'il annonce
qu'il faut une , répartition nouvelle
des revenus. Tel va être son plan
de redressement économique que le
peuple des Etats-Unis baptise d'un
mot : u une nouvelle donne ».
L'idée directrice est la suivante :
du moment que - l'agriculture : et
l'industrie peuvent produire en
abondance, il est clair qu'il faut
leur trouver des débouchés. Or le
système, ancien favorisait un petit
nombre dont le pouvoir d'achat
grossissait démesurément et n'était
employé qu'en partie ; en même
temps le pouvoir d'achat de la
masse des consommateurs ne ces.
sait d'aller en diminuant. Il faut
donc y mettre ordre en se préoccu-
pant aujourd'hui du consomma-
teur alors que jusqu'ici, on ne se
préoccupait guère que du produc-
teur.@ J'ajoute que cette « nouvelle
(1) Voir I' OEuvre du 13 mai . 1934. ;
donne », si elle favorisait, le con-
sommateur, avait encore pour con-
séquence d'éviter la rui,ne. du . pro-
ducteur, car c'est vers cette trists
destinée qu'il se dirigeait à toute
allure du moment que ses débou-
chés ne .cessaient de se rétrécir,
comme une vulgaire'peau de: cha-
grin. ^
D'où nécessité d'augmenter le i so-
laire^ des ouvriers, et de diminuer
la rémunération du capital. ,
O O {
Le président Hoosèvelt envisagea
tout de . suite la jou.rn.ée--.-dè''.-:iûi'ri'q -
heures, ou la semaine de 40, heures-,
sans se., soucier aucunement de: ce
qu'on . pourrait faire, -à cet égare),
à l'étranger. On objecte. constaBt-
ment en France que :cettc ili,ésul'e
ne peut être appliquée que d.'urie
manière internationale ; or cetle
considération n'a pas arrêté :ui)u
seconde la décision. du président,
Boosevelt.. • .'r
Il fit plus. Tandis que le maxi-
mum des revendications ouvrières
chez nous consiste à réclamer :la sc-
maine de 40 heures, avec salaire
égal, Je président Roosevelt l'exi-
gea avec une augmentation des sa-
laires. En contre-partie, il déciô'a
que les industriels se soumettraient
à un ensemble de règles formelles
et appliqueraient un plan préparé
par lui avec leur collaboration. Ils
en " retireraient l'avantage inappré-
ciable de mettre fin à des pratiques
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