Titre : Excelsior : journal illustré quotidien : informations, littérature, sciences, arts, sports, théâtre, élégances
Éditeur : [s. n.] (Paris)
Date d'édition : 1925-12-13
Contributeur : Lafitte, Pierre (1872-1938). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32771891w
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 13 décembre 1925 13 décembre 1925
Description : 1925/12/13 (A16,N5480). 1925/12/13 (A16,N5480).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4603848r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-228
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 04/07/2016
EXCELSIOR
Peu de paroles et beaucoup
de bonnes actions, voilà le
moyen de faire le bien.
Mme SWETCHINE.
16me Année. — N° 5,480. — Pierre Lafitte, fondateur.
AAc. Paris, Seine, S.-et-Oise
ZU et Seine-et-Marne.
PARIS, 20, RUE D'ENGIIIEN (Xme) -
Départements Ore.
et Colonies Z0
En page 6 :
LAPAGEDET.S.F.
...................
En page 8 :
- NOS
ILLUSTRATIONS
DIMANCHE
13
DECEMBRE 1925
Sainte Lucie
Adr. télégr. Excel-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, 02-75, 15-f,5.
PROCHAINE
CONFÉRENCE
INTERALLIÉE
D'AVIATION
Il y sera question d'accorder à
l'Allemagne un nouveau statut
pour son aéronautique.
LE CONTROLE DE L'AVIATION
COMMERCIALE DU REICH SERAIT
CONFIÉ A LA S.D.N.
Des experts de Berlin sont venus
ces jours-ci à Parts et furent en
rapport avec des experts alliés
désignés par la conférence des
ambassadeurs, d'accord avec le
comité militaire de Versailles.
Les experts alliés pour l'aéronau-
tique ont, tenu, dans i'apres-midi
d hicr, chez '-NI. Laroche, dirceleur'
des araires politiques au Quai d'Or-
say, une rc-union. au cours .de laquelle
ils se sont mis d'accord sur.l'ensem-
ble des questions qui seront posées,
au cours de la prochaine conférence
de l'aviation -,'L laquelle assisteront,
— probablement le iS décembre —
les experts allemands.
Cet examen interallié est la suit,,
logique des études récentes de 'a
conférence des ambassadeurs, en
vue d'accorder à l'Allemagne un nou-
veau statut pour son aviation com-
merciale et d'aboutir à la conclusion
d accords internationaux, permettant
aux lignes aériennes de survoler les
territoires du acich.
On sait que l'Allemagne, en exécu-
tion du traité de Versailles, a (IÙ
accepter les neuf règles qui lui fu-
J'pnt imposées, en' avril 1922, par la
conférence des ambassadeurs. Ces
règles interdisent, à la construction
allemande, le lancement d'appareils,
d'une puissance supérieure à 60 HP,
d'une vitesse supérieure il 180 kilo-
mètres à f'hcure. et plafonnant à
plus de 4.000 mètres. ;
Depuis le 15 janvier 192i, le gou-
f veï'nem-ent allemand a interdit le
survol de son territoire.
M. ARISTIDE BRIAND
S'EST ENTRETENU HIER
AVEC MM. TCHITCHERINE
ET RAKOWSKY, APRÈS
UN DÉJEUNER OFFICIEL
Les questions pendantes entre la
France et la Russie soviétique ont été
abordées, mais aucune base nouvelle
de négociations n'a été envisagée.
MM. Tchitcherine et Rakowsky de-
vant repartir pour Moscou, ce n'est
qu'au, retour de l'ambassadeur des
Soviets, vers le 15 ou le 20 janvier,
que les négociations pourront repren-
dre de façon active.
M. Aristide Briand a oUel'!, hier,
au ministère des Affaires étrangè-
res, un déjeuner en lllionri(,iir de
M. Tchitcherine, commissaire aux
Affaires étrangères de l'U. Il- S, S.
A ce déjeuner assistaient : MM.
IlaHowski, ambassadeur de TU. Il.
S. S.; Edouard Herriot, président de
la Chambre des députes ; de Monzie,
ministre des Travaux publics ; Dal-
biez, député, président de la, com-
mission des affaires russes; Philippe
Berthelot, secrétaire général du mi-
llisl ère des Affaires étrangères;
Peycelon et Léger, directeur et chef
du cabinet du président du Conseil.
A l'issue de ce déjeuner officiel,
M. Briand s'est entretenu avec MM.
Tchitcherine et Rakowsky de -l'en-
semble, des questions pendantes en-
tre la France et la Russie sovi'étiquc:
dettes franco-russes, réiati'ons éco-
llùmiques, accords politiques occi-
dentaux, Société des nations, flotte
de Wrànget, etc.
Au cours de cette conversation, il
n'a pas été envisagé de nouvelles
bases de négociations, pnl'ti:cuI ¡ère..
ment en ce qui concerne la question
des dettes, dont la solution souhai-
tée 'conditionnera celle de tous les
autres problèmes on suspens.
D'ailleurs, MM. Tchitcherine et Ra-
kowsky doivent repartir pour Mos-
cou dans le courant de la semaine,
MM. TCHIT CHERIXE ET RAKOWSKY
arrivant au, Quai d'Orsay.
afin d'informer leur gouvernement
de. l'état de l'opinion française et des
dispositions des milieux officiels
français et prendre en même temps
les instructions de leur -oti,%,eriie-
ment. M. Rakowsky ne sera guère de
retour avant les débuts de l'année
prochaine. Ce n'est doiic,pas avant
je 15 ou le 20 janvier que pourront
se renouer, de façon active, les négo.-
dations franco-russes.
LA PRÉPARATION
DE LA FUTURE
CONFÉRENCE DU
DÉSARMEMENT
SOUS LES AUSPICES
DE. LA S. D. N.
L'adoption par le conseil de la
Société des nations des conclu-
sions du rapport de M. Benès est
un succès pour la thèse du gou-
vernement français.
LES ÉTATS=UNIS ONT
ÉTÉ INVITÉS
GENÈVE, 12 décembre. (De notre
envoyé spécial), — Maintenant que le
Conseil a définitivement adopté le
rapport de M. Benès SUr !a création
d'une commission de préparation en
vue de la conférence du désarmement
e: a établi une liste précise des ques-
tior)s a éludier par cette commission,
0/1 peut. se rendre compte du succès
remporté par la délégation française.
Le débat, fut acharné entre les délé-
g-alions française et anglaise. il fallut
la diplomatie de M. Paul-Boncour.
toute la largeur de vues de sir Austcn
Chamberlain pour permettra il M. Be-
nès de trouver la formule l'accord.
La bataille n'est pas encore gagnée.
De nombreuses discussions "aut'ont
encore. lieu, mais il n'en est pas
moins vrai que le questionnaire voté
à l'unanimité ce matin, et qu'on trou-
vera d'autre part,, devient en quelque
sorte la charte de-la future confé-
rence.
Par désarmer, les Anglais enten-
dent : la .réduction des armements de
terre et .de mer ainsi que des forces
aériennes.
Fort bien, répondent les Français,
mais cela ne sert absolument à rien
si en même.temps vous n'assurez pas
la sécurité à tous les Etats auxquels
vous demandez de désarmer.
Ceci, o.n ne peut l'obtenir tant que
la Société des nations n'aura pas dé-
terminé les secours économiques qui
seront offerts aux Etats attaqués. La
France estimait .qu'il faut envisager
aussi et tenir compte de ''outillage
industriel de chaque Etat qui peut lui
permet ti-e-'de-, transformer du jour au
lendemain toute u'ne série -d'indus-
tries de paix en fabrications de
guerre.
Or, si on lit attentivement les ques-
tions première et cinquième, par
exemple on se "rend compte de l'a vic-
toire (te la thèse française car ces
questions indiquent très nettement
que c'est lé positif même de la guerre
qui va être envisagé par la commis-
&Mn de préparation...-.
L'Amérique participera-t-elle
à la Conférence ?
Le conseil de la Société des na-
tions a très nettement,, pris position
contre la thèse américaine exposée
dans )e derni.er message présidentiel.
Le président Cooljdge-disait que les
questions de désarmement terrestre
et- naval devaient être examinées sé-
parément en commençant par l'ar-
mement terrestre. Ce matin. les
représentants de la France;' du Ja-
'pon et de l'Italie ont déclaré, au nom
de leurs gouvernements, qu'il leur
paraissait impossible de dissocier,
pour les étudier séparément, au sein
de conférences distinctes, les diver-
ses catégories d'armements.
Ceci empêchera-t-il la participa-
tion de l'Amérique à la conférence ?
En tous les cas. des aujourd'hui, le
secrétariat générât a fait partir une
invitati'on officielle au gouverne-
ment de Washington. En même
temps, d'ailleurs; il a demandé a la
Russie et à l'Allemagne de déléguer
des représentants au comité de pré-
paration de la conférence. — MAU-
RICE RAYMOND E.
Le Congrès de Washington
sera juge
WASHINGTON, 12 décembre. — On
croit savoir que, dans l'éventalité où
les Etats-Unis seraient invités .à
participer aux prochaines discus-
sions de Genève sur la limitation.des
armements, Je gouvernement améri-
eu'iri, s'i! jugeait cette invitation
acceptabte. enverrait un avis favora-
ble au congrès, à qui il appartien-
drait ensuite de prendre une décision
finale puisque c'est lui qui serait
appelé à voter les crédits supplé-
mentaires pour la représentation
américaine. <
LA QUESTION DE MOSSOUL
Rouchdy bey vient à Paris
GENÈVE, 12 dMcmbrc. —• Tewfi' -i
Rouchdy bey, ministre 'des Affaires
étrangères dé Turquie, a quitté Ge-
nève ce soir à 10 h. 30 poilt se ren-
dre à Paris où il doit avoir, au sujet
de la question de Mossoul, une entre-
vue avec l'ancien président de la
grande < assemblée nationagora, Fety bey, actuellement ambas-
sadeur de Turquie à Paris.
Mlunir bey, ainsi que les autres
membres de la délégation turque,
resteront à Genève.
Towfik Rouchdy bey contiple être
ae retour daris déux ou trois jours.
Un caissier attaqué
A 17 h. 15, Louis Picriou. trente-six
commis caissier aux chemins de fer
de^J Etat, a été attaque comme il passait
rue de la Gare,, à La Gar.enfre, étant por-
teur de la recette de la gare petite vi-
tesse, qu'il transportait, selon son ha-
bil ude. [t la gare des voyageurs..
Lu individu le frappa, à deux reprises,
derrière la tète, avec un coup de poing-
américain. M. Picriou ayant appelé au
eeepurs. son agresseur prit là fuit sans
avoir pu commettre le vol qu'il avait
pf'emcf.tiic.
LE COUT DE LA VIE NE CESSE D'AUGMENTER EN FRANCE
Graphiques établis d'après les nombres indices de la statistique générale
de la France pour l'année 1924 et pour les onze premiers mois de 1925.
LA MONTEE DES PRIX DE GROS DE JANVIER 1924 A NOVEMBRE 1925 POUR L'ENSEMBLE '.
DE LA FRANCE
V LA MONTEE DES PRIX DE DETAIL DE JANVIER 1924 A NOVEMBRE 1925 POUR PARIS
Comme nous l'indiquons sous chacun des graphiques, ces prix sont calculés d'après l'indice de base 100 en 1914.
C'est-à-dire qu'il fallait débourser, par exemple, en novembre dernier, 618 francs pour acquérir les marchandises de
gros, qui ne coûtaient, à quantités égales, que ioo francs en juillet 1914. De même, ,pou-r. lès prix de détail, l'indice
444 de novembre montre qu'il fallait, le mois dernier, dépenser 444 francs pour acheter la quantité de marchandises
f au détail cotée ioo francs en juillet 1914.
DES ÉCRIVAINS AIMÉS DU PUBLIC ONT VENDU, EUX-MÊMES, LEURS LIVRES HIER
AU PROFIT DE LA CAISSE DE RETRAITE DE L'ASSICIATION DES ÉCRIVAINS COMBATTANTS
A gauche : M. HENRI DUVERNOIS, Mme YVONNE PRINTEMPS ET M. SACHA GUITRY ;
.. à droite : Mme COLETTE (SE CACHANT LE VISAGE), LA COMTESSE DE NOAILLES -.
; M. CLAUSE FARRKRE «
a
M. ROLAND DORGELÈS
> ET MLLE JANE PROVOST
M. PIERRE DE NOLHAC
L'ASSOCIATION DES ÉCRIVAINS COM-
BATTANTS avait organisé, hier, dans
les salons d'un grand couturier de
l'avenue des Champs-Elysées, la plus
originale des ventes à bénéfice. Que peu-
vent vendre des écrivains, sinon leurs
œuvres? Cette idée neuve, qui consiste
à mettre directement et?except i onnenc-
ment l'auteur etl contact avec son lec-
teur, nous a valu une remarquable et
très parisienne après-midi du livre.
Derrière les comptoirs, face an public,
on vit d illustres commis de librairie
retenir la clientèle la plus avisée. La
comtesse de Noailles, sous la toque, avait
le pins aimable ent.ra.iin C!aùde Parrère,
derrière sa barbe, la plus narquoife gra-
vité;' Sacha' Guitry, aeeoirrlpagne de
Mme Yvonne Printemps, son habituelle
aisance de la scène et,dè la viHe; Pierre
de Nolhac, son sourire le plus- érudit;
Henri Lavedan, &a courtoise philosophie.
Henri D,uvernois semblait-prêt à parler,
entre deux ventes, un de Ses contes vi-
vants. M a Hier hé avait la, Kl (l trime au
poing; Roland Dorgelès avait aban-
donné la route mandarine pour la -voie
commerciale; Pierre Benoît, d'un geste
caressant de bibliothécaire, offrait la
Châtelaine du Liban; Thierry-Sandre,
président de l'Association, faisait suc-
céder Miette et Mousseline au Chapitre
Treize; Emmanuel Bonrcier, son ac-
tuelle Bèlléba. Et Co!ctte fut interrogée
sur la joie qu'elle .pourrait avoir de
faire succéder .son .nom de ces simples
mots : de 1 Acadcmic Goncourt.
— V.
M. PlEURE BENOIT
M. J.-J. FRAPPA
ET M. HENRI LAVEDAN
4
■■ M. ROSX\",;AIXÉ ÉT M. A. LEBEY
A LA CINQUIÈME AUDIENCE
DU PROCÈS TEISSIER
AUX ASSISES DE LA SEINE,
M. Bàyle achève sa déposition
et, comme la veille, ses démons-
trations sont minutieusement
discutées par Me Gautrat. Puis,
après l'audition d'un codétenu
de Mitchell et la confronta-
tion des deux hommes, on en.
tend M. Riboulet, brigadier-
chef à la police judiciaire, et
les derniers témoins du procès.
Me Albert Samon plaide en-
suite au nom de la partie civile.
LES ESPIONNES
SONT SOUVENT
DE MISÉRABLES
INSTRUMENTS
ENTRE DES MAINS
CRIMINELLES
Le Dr Léon Bizard, qui en connut
onze à, la prison Saint - Lazare,
n'en a pas trouvé une seule qui
soit véritablement une femme de
quelque envergure.
QUELQUES SOUVENIRS
SUR MATA=HAR!
Le docteur Léon Bizard ne peut plus
avoir une conversation en dehors de ses
intimes sans qu'on l'interroge st,.-r quel-
que espionne. C'est qu'il en a connu
onze à Saint-Lazare, où l'on détient dans
le plus rigoureux secret Marthe Moreuil,
dite Marcelle Monseil, qui remet à l'or-
dre du jour les intrigues, les drames et
les mystères de l'espionnage.
Il va de soi qu'un docteur qui exerce
son art dans les prisons est tenu deux
fois au secret professionnel. mais celui
qui a publié ses Souvenirs d'un médecin
des prisons de Paris ne peut-il, éven-
tucllement. parier un peu plus qu'il n'a
pu écrire? Non, hélas! Mais. à défaut
de tout ce qui pourrait ressembler à
une indiscrétion, il peut camper dans le
cadre de leur prison ces tristes ou faus-
ses héroïnes et nous dire ce qu'il pense
de leur caractère, de leur psychologie.
Souvenirs psychologiques
Dans son cabinet, l'effigie de la dan-
seuse Mata-IIari se répète en diverses
poses. Pour ellti, il fera peut-être. une
exception, mais pour les autres il dira
que leur caractère est de n'en avoir pas
ou de .se livrer peu. Des onze espionnes
qu'il a vues dans l'austère intimité de
leur cellule, six furent condamnées à
mort, quatre sont passées au poteau. La
femme TicheJJy. fille Dufays, née à
Paris, de mère allemande, avait été
femme de chambre à l'hôtel Meurice.
— Elle donnait l'impression d'une
femme de basse condition, peu intelli-
gente. Devant le poteau, elle se redressa,
refusa de se laisser bander les yeux et
mourut sans prononcer une parole.
» Pendant 103 guerre, seule, la femme
Ducimetière, malgré son nom, et grâce
à sa jeunesse — elle n'avait que vingt
ans! — obtint d'être graciée.*»
Elle avait quelque instruction, un peu
d'intelligence. Elle mourut à Rennes, les
femmes n'allant pas aux travaux forcés.
La complice de la femme Aubert"
dans l'affaire de la Cla vette des A r-
dermes, qui obtint également une com-
jnùtation de peine, était unè primaire
non dépourvue '(Fintclli¡{cnr,e. Margue-
rite Francilhard, que l'on exécuta au po-
lygone de Vincennes, était une modeste
et insignifiante petite couturière de Gre-
nobl,e. Elle tomba éperdument amou-
reuse d'un faux « Suisse ». espion qui
fut promu, lors de la déclaration de'
S'uerre. à la direction du centre allemand
de renseignements à Genève. Très maî-
tresse d'elle-même, très calme, très douce,
peu bavarde, quelque peu énigmatique,
elle manifesta, après sa condamnation,
des sentiments d'une fervente piété et fit
preuve d'un grand courage au donjon
de Vincennes, où elle dut attendre vingt
minutes l'heure marquée pour l'exécu-
tion. (( Tout le monde plaignit cette
malheureuse du surcroît de souffrances
inutiles qu'on lui imposait. » Elle refusa
de se laisser bander les yeux et, pendant
qu'on l'attachait au poteau, elle s'écria
d'une voix encore assurée :
— Je demande pardon à Dieu et à la
France. Vive la France!
Mata-Hari
Mata-Hari, dont la vie et la mort
ont inspiré bien des récits romanesques
et des légendes, était la seule qui eut
quelque personnalité, quelque envergure.
Elle se croyait investie d'une mission
supérieure sur cette terre. Jamais elle
ne douta qu'elle serait fusillée. Elle ne
pleurait pas. Elle n'a jamais ma'nifeste
de désespoir; elle est toujours restée
maîtresse d'elle-même. « Elle assurait
toujours qu'elle ne faiblirait pas devant
la mort, et elle tint parole. Très fière,
très orgueilleuse, elle n'a pas voulu
qu'on s'aperçût de ses terribles appré-
hensions, et el!e a jou'e jusqu'au bout
la comédie du courage et de l'indiffé-
rence. »
IXÎS autres se divisaient en deux caté-
gories très simples : celles qui « tra-
vaillaient » très prosaïquement pour de
l'argent, et, pius nombreuses, celles qui
faisaient ça pour le eomotr- d'vr. atni
— ROGOR VALBELLE.
ET LES DEVISES ÉTRANGÈRES
CONTINUENT DE MONTER
Samedi 12 décembre
Livre Dollar
9 h. IS.... 131 55 27 11
9 h. 45..... 13t 60 27 12 1h
10 heures........ 181 60 " 27 13
10 h. 20....* 132 25 27 25
10 h. 45 133 » 27 42
11 h. 10........... 132 90. 27 40
11 h. 40 132 00 27 31
%===========—^==4
TREIZE MILLIONS
POUR LA BIBLIOTHÈQUE DE LOUVAIN
M. AVhitney Warren, l'éminent archi-
tecle américain, membre associé de
l'Académie des beaux-arts, qui assistait
hier à la séance de cette compagnie, a
annoncé if se.s confrères (lu'il revenait
porteur d'une somme de treize mil-
lions pour la bibliothèque de Louvain.
Cette nouvelle a été accueillie, on le
devine, avec une vive satisfaction et!
M, Wanen chaleureusement félicité pour
cette, nouvelle preuve de dévouement
qu'il donne à un pays ami.
LIRE EN DERNIERE HEURE :
La crise politique à Berlin ,,
LA CHAMBRE
A VOTÉ HIER
LE BUDGET
DE LA MARINE
M. Le Bail, député du Finistère,
prononce un discours qui est
chaleureusement applaudi.
M. LEYGUES NE SOUTIENDRA
PAS LE PROJET QUI RÉDUIT
D'UN TIERS LES CONSTRUCTION
Le matin, la Chambre avait
achevé la discussion du budget
des conventions de chemins de
fer. Au sujet des augmentations
de tarifs, M. de Monzie prendra
une décision avant le 10 janvier.
La discussion générale s'est ou-
verte, hier après-midi. par
brève intervention du rappnid "
M- Henry P;)L('-. Celui-ci montiv. en
cfr el. (]u'i) faut accorder à la imr'i.-ï
les sommes nécessaires à la déivnse
nal ionale.
M. Le Bail. députe radical >■ <.c(v-
liste du Finicommission de la marine. prO'.i!'!',;'
ensuite un discours très applami!.
H rappelle en débutant que, de
il 1922, la Franco n'a pas consiru;t.
de bateaux susceptibles d'une, véri-
table utilisation militaire.
— Ce furent huit ans perdus, uif-Y,
el c'est seûlement en 1926 que les na4
vires appartenant à la première truiul: >
du programme naval vont entrer ('II HT
vice. Nous n'avons donc aujourd'hui e ie
quelques bateaux vieillis, 12 torpilléer-*
japonais, 'i argentins l'l, comme ba-
teaux ex-allemands, quelques Cl'II;-;('U¡':1
sous-marins.
A Washington, nous avons a
des conditions excessivement modérée*
nous avons consenti il arrêter I;,¡ cons-
trllclion de nos cinq cuirassés « N'or,, .. -
die » el 'i échelonner ln conslruclion de<
au Ires unités auxquelles nous avons droit
sur vingt années.
De plus, le précédent ministre de la
Marine a. contrairement à la loi, report®
iï trois ans le délai de deux ans le ("'['"
taines constructions.
Et Cfll nous accuse de visées imperU-
listes !
Le députe du Finistère montre
notre budget de 1925 pour la manne
inférieur d'un tiers à celui di! t
AU DÉJEUNER MENSUEL
DE L'INSTITUT COLONIAL
M. LOUCHEUR MONTRA
QUE, DANS LE PUBLIC.
LA CONFIANCE RENAISSAIT
M. Bérenger, le nouvel ambassadeur
de France .aux Etats-Unis, déclara que
la tâche à entreprendre devait l'être
dans « un esprit de paix »
Le ministre des Finances annonca
que, dans la seule journée de vendredi
les souscriptions de Bons de
la Défense nationale dépassaient do
350 millions les demandes de rem-
boursement.
Le déjeuner mensuel de rin-d il ut
colonial français a eu lieu lii-i "n
fhorHl1>UI' de M. Mou'y Béi 'np. r,
sénateur de la < iuadeloupe. iveém-
II-.ent nommé ambassadeur de France
aux Etats-Unis.
M. Loucheur, ministre des 1,'ln,:'-
ces.- pr ésidait. Prenant la p ir
M. Loucheur parla de la question du
la delte de la France envers i'-s
Etats-Unis. « obligation qu'il tant
accepter et qui doit être réil -e f-n
tenant compte des inll'rds légitime*
des deux nations. »
Abordant la question nnant:!'rû,
M. Loucheur déclara :
— Malgré les heures difficiles que nc N
traversons, je dec'.tare nettement nous pouvons avoir confiance, UIH* con-
fiance raisonnée l't Iranquille. Kl j" \;¡ t",
tout de suite vous en donner une |.>n>ir o
el] vous citani un chiffre pius éi.>-]iion',
que de longs discours: nous avon- déjà
signalé" que, depuis plus'eurs jot'-s, 10
public ^'esl.. ressaisi et qu'il y a eu .ifflux
de demandes de souscriplions de I>M;S d.,
la Défense nationale. En voici la pvi-nve :
dans la seule journée d'hier, les- suiss-
cripIÍo()flos nouvelles 0111, dépassé de îSr*'»
millions les demandes de rcmi!o't''s"-
COMPLÈTEMENT RÉTABLIE MISTINGUETT
A FAIT HIER UN TOUR AU BOIS
L'ARTISTE SORTANT DE CHEZ TXÎ.B,
Après dix jours de chambre où /a
retenait une mauvaise ç/rippe M is-
t tn(¡uetf est sortie hier pour la. pre-
mière fois. lie tenus par la présence
rle photographes cl d'opémte'u i", de
cinéma, de nombreux passants
(itrent. devant la maison du Ù,¡u/e-
ranZ des Capucines, la charmante
ai liste qui apparut finement guêtrée
ne boites vernies et gantée de lil"v.
Très cnlo!u'ée. la vedette distribua
à ses odmiraleurs des brins de mu-
Peu de paroles et beaucoup
de bonnes actions, voilà le
moyen de faire le bien.
Mme SWETCHINE.
16me Année. — N° 5,480. — Pierre Lafitte, fondateur.
AAc. Paris, Seine, S.-et-Oise
ZU et Seine-et-Marne.
PARIS, 20, RUE D'ENGIIIEN (Xme) -
Départements Ore.
et Colonies Z0
En page 6 :
LAPAGEDET.S.F.
...................
En page 8 :
- NOS
ILLUSTRATIONS
DIMANCHE
13
DECEMBRE 1925
Sainte Lucie
Adr. télégr. Excel-Paris. — Tél. : Gut. 02-73, 02-75, 15-f,5.
PROCHAINE
CONFÉRENCE
INTERALLIÉE
D'AVIATION
Il y sera question d'accorder à
l'Allemagne un nouveau statut
pour son aéronautique.
LE CONTROLE DE L'AVIATION
COMMERCIALE DU REICH SERAIT
CONFIÉ A LA S.D.N.
Des experts de Berlin sont venus
ces jours-ci à Parts et furent en
rapport avec des experts alliés
désignés par la conférence des
ambassadeurs, d'accord avec le
comité militaire de Versailles.
Les experts alliés pour l'aéronau-
tique ont, tenu, dans i'apres-midi
d hicr, chez '-NI. Laroche, dirceleur'
des araires politiques au Quai d'Or-
say, une rc-union. au cours .de laquelle
ils se sont mis d'accord sur.l'ensem-
ble des questions qui seront posées,
au cours de la prochaine conférence
de l'aviation -,'L laquelle assisteront,
— probablement le iS décembre —
les experts allemands.
Cet examen interallié est la suit,,
logique des études récentes de 'a
conférence des ambassadeurs, en
vue d'accorder à l'Allemagne un nou-
veau statut pour son aviation com-
merciale et d'aboutir à la conclusion
d accords internationaux, permettant
aux lignes aériennes de survoler les
territoires du acich.
On sait que l'Allemagne, en exécu-
tion du traité de Versailles, a (IÙ
accepter les neuf règles qui lui fu-
J'pnt imposées, en' avril 1922, par la
conférence des ambassadeurs. Ces
règles interdisent, à la construction
allemande, le lancement d'appareils,
d'une puissance supérieure à 60 HP,
d'une vitesse supérieure il 180 kilo-
mètres à f'hcure. et plafonnant à
plus de 4.000 mètres. ;
Depuis le 15 janvier 192i, le gou-
f veï'nem-ent allemand a interdit le
survol de son territoire.
M. ARISTIDE BRIAND
S'EST ENTRETENU HIER
AVEC MM. TCHITCHERINE
ET RAKOWSKY, APRÈS
UN DÉJEUNER OFFICIEL
Les questions pendantes entre la
France et la Russie soviétique ont été
abordées, mais aucune base nouvelle
de négociations n'a été envisagée.
MM. Tchitcherine et Rakowsky de-
vant repartir pour Moscou, ce n'est
qu'au, retour de l'ambassadeur des
Soviets, vers le 15 ou le 20 janvier,
que les négociations pourront repren-
dre de façon active.
M. Aristide Briand a oUel'!, hier,
au ministère des Affaires étrangè-
res, un déjeuner en lllionri(,iir de
M. Tchitcherine, commissaire aux
Affaires étrangères de l'U. Il- S, S.
A ce déjeuner assistaient : MM.
IlaHowski, ambassadeur de TU. Il.
S. S.; Edouard Herriot, président de
la Chambre des députes ; de Monzie,
ministre des Travaux publics ; Dal-
biez, député, président de la, com-
mission des affaires russes; Philippe
Berthelot, secrétaire général du mi-
llisl ère des Affaires étrangères;
Peycelon et Léger, directeur et chef
du cabinet du président du Conseil.
A l'issue de ce déjeuner officiel,
M. Briand s'est entretenu avec MM.
Tchitcherine et Rakowsky de -l'en-
semble, des questions pendantes en-
tre la France et la Russie sovi'étiquc:
dettes franco-russes, réiati'ons éco-
llùmiques, accords politiques occi-
dentaux, Société des nations, flotte
de Wrànget, etc.
Au cours de cette conversation, il
n'a pas été envisagé de nouvelles
bases de négociations, pnl'ti:cuI ¡ère..
ment en ce qui concerne la question
des dettes, dont la solution souhai-
tée 'conditionnera celle de tous les
autres problèmes on suspens.
D'ailleurs, MM. Tchitcherine et Ra-
kowsky doivent repartir pour Mos-
cou dans le courant de la semaine,
MM. TCHIT CHERIXE ET RAKOWSKY
arrivant au, Quai d'Orsay.
afin d'informer leur gouvernement
de. l'état de l'opinion française et des
dispositions des milieux officiels
français et prendre en même temps
les instructions de leur -oti,%,eriie-
ment. M. Rakowsky ne sera guère de
retour avant les débuts de l'année
prochaine. Ce n'est doiic,pas avant
je 15 ou le 20 janvier que pourront
se renouer, de façon active, les négo.-
dations franco-russes.
LA PRÉPARATION
DE LA FUTURE
CONFÉRENCE DU
DÉSARMEMENT
SOUS LES AUSPICES
DE. LA S. D. N.
L'adoption par le conseil de la
Société des nations des conclu-
sions du rapport de M. Benès est
un succès pour la thèse du gou-
vernement français.
LES ÉTATS=UNIS ONT
ÉTÉ INVITÉS
GENÈVE, 12 décembre. (De notre
envoyé spécial), — Maintenant que le
Conseil a définitivement adopté le
rapport de M. Benès SUr !a création
d'une commission de préparation en
vue de la conférence du désarmement
e: a établi une liste précise des ques-
tior)s a éludier par cette commission,
0/1 peut. se rendre compte du succès
remporté par la délégation française.
Le débat, fut acharné entre les délé-
g-alions française et anglaise. il fallut
la diplomatie de M. Paul-Boncour.
toute la largeur de vues de sir Austcn
Chamberlain pour permettra il M. Be-
nès de trouver la formule l'accord.
La bataille n'est pas encore gagnée.
De nombreuses discussions "aut'ont
encore. lieu, mais il n'en est pas
moins vrai que le questionnaire voté
à l'unanimité ce matin, et qu'on trou-
vera d'autre part,, devient en quelque
sorte la charte de-la future confé-
rence.
Par désarmer, les Anglais enten-
dent : la .réduction des armements de
terre et .de mer ainsi que des forces
aériennes.
Fort bien, répondent les Français,
mais cela ne sert absolument à rien
si en même.temps vous n'assurez pas
la sécurité à tous les Etats auxquels
vous demandez de désarmer.
Ceci, o.n ne peut l'obtenir tant que
la Société des nations n'aura pas dé-
terminé les secours économiques qui
seront offerts aux Etats attaqués. La
France estimait .qu'il faut envisager
aussi et tenir compte de ''outillage
industriel de chaque Etat qui peut lui
permet ti-e-'de-, transformer du jour au
lendemain toute u'ne série -d'indus-
tries de paix en fabrications de
guerre.
Or, si on lit attentivement les ques-
tions première et cinquième, par
exemple on se "rend compte de l'a vic-
toire (te la thèse française car ces
questions indiquent très nettement
que c'est lé positif même de la guerre
qui va être envisagé par la commis-
&Mn de préparation...-.
L'Amérique participera-t-elle
à la Conférence ?
Le conseil de la Société des na-
tions a très nettement,, pris position
contre la thèse américaine exposée
dans )e derni.er message présidentiel.
Le président Cooljdge-disait que les
questions de désarmement terrestre
et- naval devaient être examinées sé-
parément en commençant par l'ar-
mement terrestre. Ce matin. les
représentants de la France;' du Ja-
'pon et de l'Italie ont déclaré, au nom
de leurs gouvernements, qu'il leur
paraissait impossible de dissocier,
pour les étudier séparément, au sein
de conférences distinctes, les diver-
ses catégories d'armements.
Ceci empêchera-t-il la participa-
tion de l'Amérique à la conférence ?
En tous les cas. des aujourd'hui, le
secrétariat générât a fait partir une
invitati'on officielle au gouverne-
ment de Washington. En même
temps, d'ailleurs; il a demandé a la
Russie et à l'Allemagne de déléguer
des représentants au comité de pré-
paration de la conférence. — MAU-
RICE RAYMOND E.
Le Congrès de Washington
sera juge
WASHINGTON, 12 décembre. — On
croit savoir que, dans l'éventalité où
les Etats-Unis seraient invités .à
participer aux prochaines discus-
sions de Genève sur la limitation.des
armements, Je gouvernement améri-
eu'iri, s'i! jugeait cette invitation
acceptabte. enverrait un avis favora-
ble au congrès, à qui il appartien-
drait ensuite de prendre une décision
finale puisque c'est lui qui serait
appelé à voter les crédits supplé-
mentaires pour la représentation
américaine. <
LA QUESTION DE MOSSOUL
Rouchdy bey vient à Paris
GENÈVE, 12 dMcmbrc. —• Tewfi' -i
Rouchdy bey, ministre 'des Affaires
étrangères dé Turquie, a quitté Ge-
nève ce soir à 10 h. 30 poilt se ren-
dre à Paris où il doit avoir, au sujet
de la question de Mossoul, une entre-
vue avec l'ancien président de la
grande < assemblée nationagora, Fety bey, actuellement ambas-
sadeur de Turquie à Paris.
Mlunir bey, ainsi que les autres
membres de la délégation turque,
resteront à Genève.
Towfik Rouchdy bey contiple être
ae retour daris déux ou trois jours.
Un caissier attaqué
A 17 h. 15, Louis Picriou. trente-six
commis caissier aux chemins de fer
de^J Etat, a été attaque comme il passait
rue de la Gare,, à La Gar.enfre, étant por-
teur de la recette de la gare petite vi-
tesse, qu'il transportait, selon son ha-
bil ude. [t la gare des voyageurs..
Lu individu le frappa, à deux reprises,
derrière la tète, avec un coup de poing-
américain. M. Picriou ayant appelé au
eeepurs. son agresseur prit là fuit sans
avoir pu commettre le vol qu'il avait
pf'emcf.tiic.
LE COUT DE LA VIE NE CESSE D'AUGMENTER EN FRANCE
Graphiques établis d'après les nombres indices de la statistique générale
de la France pour l'année 1924 et pour les onze premiers mois de 1925.
LA MONTEE DES PRIX DE GROS DE JANVIER 1924 A NOVEMBRE 1925 POUR L'ENSEMBLE '.
DE LA FRANCE
V LA MONTEE DES PRIX DE DETAIL DE JANVIER 1924 A NOVEMBRE 1925 POUR PARIS
Comme nous l'indiquons sous chacun des graphiques, ces prix sont calculés d'après l'indice de base 100 en 1914.
C'est-à-dire qu'il fallait débourser, par exemple, en novembre dernier, 618 francs pour acquérir les marchandises de
gros, qui ne coûtaient, à quantités égales, que ioo francs en juillet 1914. De même, ,pou-r. lès prix de détail, l'indice
444 de novembre montre qu'il fallait, le mois dernier, dépenser 444 francs pour acheter la quantité de marchandises
f au détail cotée ioo francs en juillet 1914.
DES ÉCRIVAINS AIMÉS DU PUBLIC ONT VENDU, EUX-MÊMES, LEURS LIVRES HIER
AU PROFIT DE LA CAISSE DE RETRAITE DE L'ASSICIATION DES ÉCRIVAINS COMBATTANTS
A gauche : M. HENRI DUVERNOIS, Mme YVONNE PRINTEMPS ET M. SACHA GUITRY ;
.. à droite : Mme COLETTE (SE CACHANT LE VISAGE), LA COMTESSE DE NOAILLES -.
; M. CLAUSE FARRKRE «
a
M. ROLAND DORGELÈS
> ET MLLE JANE PROVOST
M. PIERRE DE NOLHAC
L'ASSOCIATION DES ÉCRIVAINS COM-
BATTANTS avait organisé, hier, dans
les salons d'un grand couturier de
l'avenue des Champs-Elysées, la plus
originale des ventes à bénéfice. Que peu-
vent vendre des écrivains, sinon leurs
œuvres? Cette idée neuve, qui consiste
à mettre directement et?except i onnenc-
ment l'auteur etl contact avec son lec-
teur, nous a valu une remarquable et
très parisienne après-midi du livre.
Derrière les comptoirs, face an public,
on vit d illustres commis de librairie
retenir la clientèle la plus avisée. La
comtesse de Noailles, sous la toque, avait
le pins aimable ent.ra.iin C!aùde Parrère,
derrière sa barbe, la plus narquoife gra-
vité;' Sacha' Guitry, aeeoirrlpagne de
Mme Yvonne Printemps, son habituelle
aisance de la scène et,dè la viHe; Pierre
de Nolhac, son sourire le plus- érudit;
Henri Lavedan, &a courtoise philosophie.
Henri D,uvernois semblait-prêt à parler,
entre deux ventes, un de Ses contes vi-
vants. M a Hier hé avait la, Kl (l trime au
poing; Roland Dorgelès avait aban-
donné la route mandarine pour la -voie
commerciale; Pierre Benoît, d'un geste
caressant de bibliothécaire, offrait la
Châtelaine du Liban; Thierry-Sandre,
président de l'Association, faisait suc-
céder Miette et Mousseline au Chapitre
Treize; Emmanuel Bonrcier, son ac-
tuelle Bèlléba. Et Co!ctte fut interrogée
sur la joie qu'elle .pourrait avoir de
faire succéder .son .nom de ces simples
mots : de 1 Acadcmic Goncourt.
— V.
M. PlEURE BENOIT
M. J.-J. FRAPPA
ET M. HENRI LAVEDAN
4
■■ M. ROSX\",;AIXÉ ÉT M. A. LEBEY
A LA CINQUIÈME AUDIENCE
DU PROCÈS TEISSIER
AUX ASSISES DE LA SEINE,
M. Bàyle achève sa déposition
et, comme la veille, ses démons-
trations sont minutieusement
discutées par Me Gautrat. Puis,
après l'audition d'un codétenu
de Mitchell et la confronta-
tion des deux hommes, on en.
tend M. Riboulet, brigadier-
chef à la police judiciaire, et
les derniers témoins du procès.
Me Albert Samon plaide en-
suite au nom de la partie civile.
LES ESPIONNES
SONT SOUVENT
DE MISÉRABLES
INSTRUMENTS
ENTRE DES MAINS
CRIMINELLES
Le Dr Léon Bizard, qui en connut
onze à, la prison Saint - Lazare,
n'en a pas trouvé une seule qui
soit véritablement une femme de
quelque envergure.
QUELQUES SOUVENIRS
SUR MATA=HAR!
Le docteur Léon Bizard ne peut plus
avoir une conversation en dehors de ses
intimes sans qu'on l'interroge st,.-r quel-
que espionne. C'est qu'il en a connu
onze à Saint-Lazare, où l'on détient dans
le plus rigoureux secret Marthe Moreuil,
dite Marcelle Monseil, qui remet à l'or-
dre du jour les intrigues, les drames et
les mystères de l'espionnage.
Il va de soi qu'un docteur qui exerce
son art dans les prisons est tenu deux
fois au secret professionnel. mais celui
qui a publié ses Souvenirs d'un médecin
des prisons de Paris ne peut-il, éven-
tucllement. parier un peu plus qu'il n'a
pu écrire? Non, hélas! Mais. à défaut
de tout ce qui pourrait ressembler à
une indiscrétion, il peut camper dans le
cadre de leur prison ces tristes ou faus-
ses héroïnes et nous dire ce qu'il pense
de leur caractère, de leur psychologie.
Souvenirs psychologiques
Dans son cabinet, l'effigie de la dan-
seuse Mata-IIari se répète en diverses
poses. Pour ellti, il fera peut-être. une
exception, mais pour les autres il dira
que leur caractère est de n'en avoir pas
ou de .se livrer peu. Des onze espionnes
qu'il a vues dans l'austère intimité de
leur cellule, six furent condamnées à
mort, quatre sont passées au poteau. La
femme TicheJJy. fille Dufays, née à
Paris, de mère allemande, avait été
femme de chambre à l'hôtel Meurice.
— Elle donnait l'impression d'une
femme de basse condition, peu intelli-
gente. Devant le poteau, elle se redressa,
refusa de se laisser bander les yeux et
mourut sans prononcer une parole.
» Pendant 103 guerre, seule, la femme
Ducimetière, malgré son nom, et grâce
à sa jeunesse — elle n'avait que vingt
ans! — obtint d'être graciée.*»
Elle avait quelque instruction, un peu
d'intelligence. Elle mourut à Rennes, les
femmes n'allant pas aux travaux forcés.
La complice de la femme Aubert"
dans l'affaire de la Cla vette des A r-
dermes, qui obtint également une com-
jnùtation de peine, était unè primaire
non dépourvue '(Fintclli¡{cnr,e. Margue-
rite Francilhard, que l'on exécuta au po-
lygone de Vincennes, était une modeste
et insignifiante petite couturière de Gre-
nobl,e. Elle tomba éperdument amou-
reuse d'un faux « Suisse ». espion qui
fut promu, lors de la déclaration de'
S'uerre. à la direction du centre allemand
de renseignements à Genève. Très maî-
tresse d'elle-même, très calme, très douce,
peu bavarde, quelque peu énigmatique,
elle manifesta, après sa condamnation,
des sentiments d'une fervente piété et fit
preuve d'un grand courage au donjon
de Vincennes, où elle dut attendre vingt
minutes l'heure marquée pour l'exécu-
tion. (( Tout le monde plaignit cette
malheureuse du surcroît de souffrances
inutiles qu'on lui imposait. » Elle refusa
de se laisser bander les yeux et, pendant
qu'on l'attachait au poteau, elle s'écria
d'une voix encore assurée :
— Je demande pardon à Dieu et à la
France. Vive la France!
Mata-Hari
Mata-Hari, dont la vie et la mort
ont inspiré bien des récits romanesques
et des légendes, était la seule qui eut
quelque personnalité, quelque envergure.
Elle se croyait investie d'une mission
supérieure sur cette terre. Jamais elle
ne douta qu'elle serait fusillée. Elle ne
pleurait pas. Elle n'a jamais ma'nifeste
de désespoir; elle est toujours restée
maîtresse d'elle-même. « Elle assurait
toujours qu'elle ne faiblirait pas devant
la mort, et elle tint parole. Très fière,
très orgueilleuse, elle n'a pas voulu
qu'on s'aperçût de ses terribles appré-
hensions, et el!e a jou'e jusqu'au bout
la comédie du courage et de l'indiffé-
rence. »
IXÎS autres se divisaient en deux caté-
gories très simples : celles qui « tra-
vaillaient » très prosaïquement pour de
l'argent, et, pius nombreuses, celles qui
faisaient ça pour le eomotr- d'vr. atni
— ROGOR VALBELLE.
ET LES DEVISES ÉTRANGÈRES
CONTINUENT DE MONTER
Samedi 12 décembre
Livre Dollar
9 h. IS.... 131 55 27 11
9 h. 45..... 13t 60 27 12 1h
10 heures........ 181 60 " 27 13
10 h. 20....* 132 25 27 25
10 h. 45 133 » 27 42
11 h. 10........... 132 90. 27 40
11 h. 40 132 00 27 31
%===========—^==4
TREIZE MILLIONS
POUR LA BIBLIOTHÈQUE DE LOUVAIN
M. AVhitney Warren, l'éminent archi-
tecle américain, membre associé de
l'Académie des beaux-arts, qui assistait
hier à la séance de cette compagnie, a
annoncé if se.s confrères (lu'il revenait
porteur d'une somme de treize mil-
lions pour la bibliothèque de Louvain.
Cette nouvelle a été accueillie, on le
devine, avec une vive satisfaction et!
M, Wanen chaleureusement félicité pour
cette, nouvelle preuve de dévouement
qu'il donne à un pays ami.
LIRE EN DERNIERE HEURE :
La crise politique à Berlin ,,
LA CHAMBRE
A VOTÉ HIER
LE BUDGET
DE LA MARINE
M. Le Bail, député du Finistère,
prononce un discours qui est
chaleureusement applaudi.
M. LEYGUES NE SOUTIENDRA
PAS LE PROJET QUI RÉDUIT
D'UN TIERS LES CONSTRUCTION
Le matin, la Chambre avait
achevé la discussion du budget
des conventions de chemins de
fer. Au sujet des augmentations
de tarifs, M. de Monzie prendra
une décision avant le 10 janvier.
La discussion générale s'est ou-
verte, hier après-midi. par
brève intervention du rappnid "
M- Henry P;)L('-. Celui-ci montiv. en
cfr el. (]u'i) faut accorder à la imr'i.-ï
les sommes nécessaires à la déivnse
nal ionale.
M. Le Bail. députe radical >■ <.c(v-
liste du Fini
ensuite un discours très applami!.
H rappelle en débutant que, de
il 1922, la Franco n'a pas consiru;t.
de bateaux susceptibles d'une, véri-
table utilisation militaire.
— Ce furent huit ans perdus, uif-Y,
el c'est seûlement en 1926 que les na4
vires appartenant à la première truiul: >
du programme naval vont entrer ('II HT
vice. Nous n'avons donc aujourd'hui e ie
quelques bateaux vieillis, 12 torpilléer-*
japonais, 'i argentins l'l, comme ba-
teaux ex-allemands, quelques Cl'II;-;('U¡':1
sous-marins.
A Washington, nous avons a
des conditions excessivement modérée*
nous avons consenti il arrêter I;,¡ cons-
trllclion de nos cinq cuirassés « N'or,, .. -
die » el 'i échelonner ln conslruclion de<
au Ires unités auxquelles nous avons droit
sur vingt années.
De plus, le précédent ministre de la
Marine a. contrairement à la loi, report®
iï trois ans le délai de deux ans le ("'['"
taines constructions.
Et Cfll nous accuse de visées imperU-
listes !
Le députe du Finistère montre
notre budget de 1925 pour la manne
inférieur d'un tiers à celui di! t
AU DÉJEUNER MENSUEL
DE L'INSTITUT COLONIAL
M. LOUCHEUR MONTRA
QUE, DANS LE PUBLIC.
LA CONFIANCE RENAISSAIT
M. Bérenger, le nouvel ambassadeur
de France .aux Etats-Unis, déclara que
la tâche à entreprendre devait l'être
dans « un esprit de paix »
Le ministre des Finances annonca
que, dans la seule journée de vendredi
les souscriptions de Bons de
la Défense nationale dépassaient do
350 millions les demandes de rem-
boursement.
Le déjeuner mensuel de rin-d il ut
colonial français a eu lieu lii-i "n
fhorHl1>UI' de M. Mou'y Béi 'np. r,
sénateur de la < iuadeloupe. iveém-
II-.ent nommé ambassadeur de France
aux Etats-Unis.
M. Loucheur, ministre des 1,'ln,:'-
ces.- pr ésidait. Prenant la p ir
M. Loucheur parla de la question du
la delte de la France envers i'-s
Etats-Unis. « obligation qu'il tant
accepter et qui doit être réil -e f-n
tenant compte des inll'rds légitime*
des deux nations. »
Abordant la question nnant:!'rû,
M. Loucheur déclara :
— Malgré les heures difficiles que nc N
traversons, je dec'.tare nettement
fiance raisonnée l't Iranquille. Kl j" \;¡ t",
tout de suite vous en donner une |.>n>ir o
el] vous citani un chiffre pius éi.>-]iion',
que de longs discours: nous avon- déjà
signalé" que, depuis plus'eurs jot'-s, 10
public ^'esl.. ressaisi et qu'il y a eu .ifflux
de demandes de souscriplions de I>M;S d.,
la Défense nationale. En voici la pvi-nve :
dans la seule journée d'hier, les- suiss-
cripIÍo()flos nouvelles 0111, dépassé de îSr*'»
millions les demandes de rcmi!o't''s"-
COMPLÈTEMENT RÉTABLIE MISTINGUETT
A FAIT HIER UN TOUR AU BOIS
L'ARTISTE SORTANT DE CHEZ TXÎ.B,
Après dix jours de chambre où /a
retenait une mauvaise ç/rippe M is-
t tn(¡uetf est sortie hier pour la. pre-
mière fois. lie tenus par la présence
rle photographes cl d'opémte'u i", de
cinéma, de nombreux passants
(itrent. devant la maison du Ù,¡u/e-
ranZ des Capucines, la charmante
ai liste qui apparut finement guêtrée
ne boites vernies et gantée de lil"v.
Très cnlo!u'ée. la vedette distribua
à ses odmiraleurs des brins de mu-
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