Titre : Le Bulletin ardennais : organe du Comité central ardennais ["puis" organe du Comité ardennais de la Seine]
Auteur : Comité central ardennais (Paris). Auteur du texte
Éditeur : Comité central ardennais (Paris)
Date d'édition : 1916-02-27
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32717102q
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 27 février 1916 27 février 1916
Description : 1916/02/27 (N158). 1916/02/27 (N158).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse Collection numérique : Bibliographie de la presse
Description : Collection numérique : BIPFPIG08 Collection numérique : BIPFPIG08
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k45950624
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-10450
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 11/03/2018
G rj
BULLETIN’ PERIODIQUE
DIX CENTIMES
DIMANCHE 27 FÉVRIER 1916 — 168
BULLETIN ARDENNAIS
PARAISSAN1
LE JEUDI ET LE DIMAL^Kà
Organe du Comité Central Ardennais
PARIS — 22, Galerie d’Orléans, palais-Roua!, 22
PARIS
PRIX DE L’ABONNEMENT
UN FRANC PAR MOIS
.-■~ixfZ2s*ze*»ec^'£^zim n£ . f*™* -v~ jasa
lia Réparation des Dommages
dans les Régions Envahies
Nous lisons dans le Temps :
Incidemment, au cours de la séan
ce. de jeudi dernier, il a été question,
à la Chambre, de la réparation des
dommages dans les régions enva
hies.
Un député, M. Landry, examinait
s’il n’y aurait pas lieu d’améliorer
le texte proposé par la commission
du budget, au sujet de certaines dé
ductions à' autorise? pour Ip calcul
des bénéfices imposables. Quelles dé
ductions convenait-il d’admettre pour
ce calcul, en ce qui concerne les
<( sommes affectées à l’amortissement
des pertes de capital subies » ? Telle
était la question posée. Or, à ce pro
pos, des déclarations furent faites,
qui sont de nature à intéresser vive
ment les sinistrés.
Elles eurent pour point de départ
ces observations :
M. Landry. — Un industriel a eu, je
suppose, une de ses usines détruite du
fait de la guerre. Cela représente un cer
tain dommage. Je suppose que l’usine dé
truite 'représentait un valeur de 500.000 fi*.
L’industriel sait qu’une loi est en prépa
ration pour le dommage que la guerre
lui a infligé.Ili suit les travaux législatifs
S’il a lieu de croire que la réparation ne
sera pas intégrale..
A ce moment, eette doublp inter
vention se produisit :
M. Pierre F.orgeof. — Elle l’est de par
la fol du 26 décembre 1914, le principe est
posé-
Le président de la commission. — Il y
a la loi du 26 décembre 1914 qui a posé
le principe. M. le présdent du conseil est
Ypiiq à m tribune apporter une déclara
tion solennelle,
Voilà, une fois de plus, hautement
proclamé le droit des sinistrés. Mais
ce n’est là encore que le début des
déclarations qu’il importe de retenir,
Tout d’abord, M. Landry prit acte
dies paroles du président de la com
mission du budget, M. Klotz :
M: Lapçtry. — Je suis très heureux d-en
tend ré M. Je président de la commission,
qui est en même temps président de la
commission spéciale des dommages d©
guerre, faire cette déclaration. Cette dé
claration, je l’enregistre volontiers, parce
qu’elle fait disparaître le gros écueil que
pouvait rencontrer la partie de mon
amendement qui est en discussion. '
Si la réparation doit être intégrale,
alors le dommage de guerre n’existe plus,
comme perte d© capital, an moins 4©mm©
perte définitive ; riest une perte tempo
raire, dont il n’est pas nécessaire de tenir
compte dans la loi a laquelle nous travail
lons,
« Perte temporaire » ? La cons
cience nationale l’entend bien ainsi.
Ce ne saurait être, pourtant, une
raison suffisante pour que le projet
de toj su? la taxation des bénéfices
se refusât à tenir compte de la péni
ble situation des populations dans
les régions envahies. M. Groussau le
fit ressortir aussitôt, dans une élo
quente réplique à M. Landry.
M. Groussau. — Messieurs, il vient
d’être prononcé ici des paroles qui ont
une grande importance.
D’un côté, au moment où M. Landry
émettait un doute sur la réparation inté
grale des dommages de la guerre, plu
sieurs membres de la Chambre ont pro
testé et M. le président de la commission
des dommages a déclaré —> j’en prends
acte — que la réparation qui avait été
promise solennellement par le législateur
serait bientôt une réalité.
Et alors nous avons entendu cette pa
rôle ; « Dans ces conditions, le dommage
de guerre n’existe plus au point de vue
d© la loi que nous discutons. »
Ah 1 permettez-moi de le dire au nom
de ces commerçants et industriels des ré
gions envahies, qui, alors que leurs mai
sons et leurs établissements étaient vidés
et plus ou moins détruits, ont travaillé
avec un admirable courage en pays non
occupé ; il ne suffit pas de l’espérance la
plus légitime et même de la certitude des
réparations de l’avenir,poux qu’on puisse
leur réclamer dès maintenant une part
du bénéfice qu’ils viennent de réaliser.
Ils demandent à connaître auparavant les
conditions exactes que fixera la loi de
réparation des dommages, cette loi que
la Chambre votera avec le souci de faire
un* œuvre de justice et une œuvre d'utb
lité nationale.
Quand on examine de près cette ques
tion, si l’on se rend un compte exact de
la situation des commerçants et des in
dustriels des régions envahies, on se de
mande si la vraie solution, la plus logique
et la plus équitable, ne serait pas d’at
tendre, pour les soumettre à la contribu
tion extraordinaire sur les bénéfices ex
ceptionnels réalisés pendant la guerre,
que la loi sur la réparation des domma
ges fût un fait accompli.
Le débat menaçait, toutefois, d’a
mener dans les esprits une confu
sion, et c’est alors que M. Klotz fit
ces nouvelles déclarations :
Le président de la Commission. — Je
prie la Chambre de ne pas confondre
deux questions très distinctes : cette con
fusion pourrait être grave. Il y a, dans
nos malheureux départements envahis,
des pertes en capital provenant de dom
mages matéfiçl^ certains : la loi du 26
décembre 1914 a solennellement promis
réparation de ces dommages.
Ne confondons pas — ce pourrait être
fâcheux pour le jour prochain où nous
discuterons la loi qui doit fixer les règles
de cette réparation — une sorte de
compte à faire avec les bénéfices de
guerre.
Cela n’a pas de rapport. M. le rappor
teur a donné lecture du paragraphe 4 de
l’article 4.
« Un décret fixera le$ conditions dans
lesquelles d§s délais supplémentaires
seront accordés aux contribuables, mobi
lisés ou non, qui se trouveraient empê
chés, par suite d’un cas de force majeure
dûment constaté, de souscrire leur décla
ration. *
De même que pour l’impôt sur le re
venu un décret a paru ce matin au Jour
nal officiel, un autre décret précisera les
situations dans lesquelles la déclaralion
ne pourrait pas être faite utilement. Mais
ne confondons pas la perte en capital,
qui doit être réparée, que le pays a pro
mis de réparer, avec ce pourcentage sur
le bénéfice. Cela pournait être grave pour
la cause même que vous et moi servons
avec ardeur.
Ainsi, double engagement : dans
le projet que la commission spéciale
élabore,, commission présidée; par
M. Klotz, les pertes en capital pro
venant de dommages matériels cer
tains seront réparées ; et en second
lieu ce projet viendra en discussion
à un jour prochain.
La prudente méthode de travail
adoptée par la commission spéciale
l’aura donc amenée, à corriger les
dispositions si regrettables que con
tenait F ayant-projet analysé, on s’en
souvient, par le Temps , Une étude
plus approfondie les a fait abandon
ner. Les victimes des dommages su
bis en auront la réparation complète.
Pour reconstituer leurs instruments
de travail, quelle qu’en soit la na
ture, usines, outillages, matières pre
mières, peu importe, ils recevront
un capital permettant cette reconsti
tution et non pas une indemnité in
suffisante, — 'eè payement partiel,
de véritable marchandage, avec obli
gation de s’endetter* qu’avait’ prévu
l’avant-projet. Non moins logique
ment, leis sinistrés n’en seront plus
réduits à se demander comment ils
auront se procurer les capitaux cor
respondant à l’indemnité due par
l’Etat ; celui-ci ne se tiendra pas
quitte envers eux par iq ppoplama-
tion théorique ' ddm ' engagement
sans portée financière précise.
Dès l’instant que le président de la
commission spéciale est résolu à
servir « avec ardeur » la cause des
sinistrés, les appréhensions éveillées
chez cés derniers par l’avant-projet)
semblent devoir tomber. Dans le pro
jet définitif, ils verront, sans nul
doute, l’œuv.re de justice qu’ils atten
dent et que le gouvernement leur a
promise. Elle est indispensable pour
l’entier relèvement économique du
pays au lendemain de la victoire du
droit.
Pour les Pays envahis
Le président du conseil, ministre des
Affaires étrangères, a décidé d’instituer
une conférence interministérielle chargée
de procéder à une étude préliminaire des
mesures qu’il peut y avoir Heu de prendre
pour aider à la reconstruction des im
meubles totalement ou, partiellement dé
truits et à la reconstitution de l’outillage
anéanti ou détérioré dans les territoires
envahis.
Cette conférence qui comprend les dé
légués des Ministères de l’Agriculture,
des Colonies, du Commerce, des Finan
ces, de la Guerre, de lTnstruction publi
que et des Beaux-Arts, de l'Intérieur, du
Travail et des Travaux publics, sera pré
sidée par M. Théodore Tissier, conseiller
d’Etat, directeur du cabinet du président
du Conseil.
ÉCHOS l NOUVELLES
La Messe du cuistot
Voici une anecdote qui pourrait — à
tort — passer pour « anticléricale » si elle
n’était contée dans YEcho de Paris par
M. René Bazin dont nul ne saurait met
tre en doute les sentiments pieux. L’his
toire est charmante ; jugez-en :
J’ai connu un cuistot, écrit M. Bazin,
qui s’était attardé un matin, dans les li
gnes voisines de l’ennemi. C’était un di
manche. Il causait avec des amis, assis
sur la banquette de terre, n’ayant pour
paysage qu'une paroi à pic de glaise et de
cailloux, à portée de la main ; jovial mal
gré cela, et oubliant l’heure. Un soldat
prêtre passa et, reconnaissant cette face
de vieil enfant, et cette barbe rousse que
le rire séparait en dix mèches :
— La bonne rencontre ! Je parie que tu
me répondras bien la messe ?
— C’est pas de refus ; mais il y a long
temps, il y aura de l’erreur.
— Viens tout de même, je te soufflerai.
Ils allèrent dans la ï cagna » où brû
laient déjà deux bougies, fichées dans des
fusées d’obus. Au commencement, le cui
sinier retrouva seul quelques réponses en
latin, il en répéta d'autres qui Lui furent
suggérées. Mais, après l'évangile, quand
il dut prendre les deux fioles remplaçant
les burettes, l’une de vin, l’autre d’eau,
il se troubla, ne sachant laquelle offrir
d’abord à l’officiant,et il eut beau chercher
dans sa mémoire, il n’y trouva point de
souvenir. Alors, se penchant, et le plus
poliment du monde, il demanda :
— Dis donc, vieux, c’est-il la flotte ou
le pinard qu'on te passe le premier ?
>" ■■ ■ — ««rtnannan
No ave Lies proin es s es
Lors d’une des dernières séance de
la Chambre, la question du logement
des réfugiés a été posée de nouveau.
Voici, d’après Y Officiel , les explica
tions échangées, :
M. le président, — J’ai reçu de M. Cec
caldi une demande d’interpellation sur
« les atermoiements et les retards du
Gouvernement à loger les réfugiés dans
les logements laissés vacants par le dé
part des Austro-Allemands, »
Quel jour le Gouvernement propose-t-il
pour la discussion de cette interpellation?
M. Màlûy, ministre de l'intérieur. — Je
crois quie nous sommes d’accord avec M.
Ceccaldi et aussi avec notre collègue M.
Déguisé qui a saisi à la Chambre la com
mission d’administration générale d’uqe
proposition sur la matière. Indépendam
ment des allocations que nous donnons à
nos malheureux compatriotes et de toutes
les mesures de solidarité que nous pre
nons chaque joqr pour soulager leurs
souffrances, nous mettrons à leur disposi
tion le plus grand nombre possible de
logements vacants. Je donne à la Chambre
l’assurance que nous ne négligerons rien
pour les mettre à l’abri de toutes les mi
sères et de. toutes Les infortunes. ( Applau
dissements .)
M. le président — La parole est à M.
Ceccaldi.
i\I. Ceccaldi. — S’il est bien entendu,
comme le dit M. le ministre de l'intérieur,
que des logemont.s seront donnés aux ré
fugiés, je consens à retirer mon inter
pellation'. Ce débat, je ne l’ai recherché
qu'à cause des retards et des -atermoie
ments du Gouvernement. Du moment où
M. le ministre de l’intérieur accepte
d’agir avec célérité, il cesse d’avoir de
l’intérêt, et ü n’y a -plus lieu de le déve
lopper, d’autant'plus qu’il serait fatale
ment très irritant-
Donc, l’interpellation est retirée, mais
il est formellement stipulé que dès de
main les réfugiés profiteront des loge
ments dont iis ont besoin et dans les con
ditions où M. le ministre de l'intérieur
s’est engagé à les donner [Très bien !■
très bien f)
4*. Frédéric Brunet. ■— En commentant
par les familles les plus nombreuses.
M. le président, — L’interpellatiop est
retirée..
niloires occupés pendant le mois de jan
vier. »
La Gazette de Lauzûnne fait suivre
cette note des réflexions suivantes- :
« Cette note de l’agence Wolff est vrai
ment odieuse d’hypocrisie et d’ironie ma
i cabre : parce que l’armée allemande oc
cupe un territoire qui ne lui appartient
pas, elle prétend se couvrir de la popu
lation civile comme d’une protection, et
quand les légitimes propriétaires du sol
sont obligés, le cœur brisé, de prendre
sous leur feu des localités où habitent en
core leurs compatriotes, l'agence Wolff
a des ricanements d'hyène ! »
Prisonniers français en Bulgarie
Deia correspondances de toute vature
(lettres simples, cartes postales, impri
més petits paquets), des mandats- poste
ainsi que des colis-postaux ne dépas
sant pas 5 kilogrammes, peuvent être
adressés aux prisonniers français en
Bulgarie.
La correspondance et les mandats
sont acheminés voie Pontairlier, et les-
oolis postaux voie Genève-Cornavin par
l’intermédiaire de l’Office suisse.
nffgffli,,
La Gratuité des Envois Postaux
• NSt
Les 4 auvfiges ebez s?© 1 s
L’agence Wolff publie l’information
suivante :
« Pendant le mois de janvier, la popu
lation des territoires belges et français
occupés par nous a de nouveau été grave
ment éprouvée par le feu de ses propres
compatriotes, et des Anglais. Un relevé
minutieux des pertes donne les chiffres
suivants : morts 10 hommes, 13 femmes et
12 enfants. Blessés, 28 hommes, 43 fem
mes et 27 enfants. Donc au total 133 per
sonnes opt été tuées ou blessées par leurs
compatriotes ou les Anglais dans les ter-
Les mobilisés des régions envahies
peuvent déléguer leur droit
L’article 12 du décret du 25 juin 1915
dispose que le droit au bénéfice de la
loi du 25 juin 1915, droit que les familles
habitant les régions envahies, ne peuvent
momentanément exercer, est délégué, spr
la demande de leur membre mobilisé, à
une tierce personne désignée par ce der
nier et agréée par l’administration.
La demande doit être adressée, par l’in
termédiaire du chef de corps, ap direc
teur des postes et des télégraphes du dé
partement op réside la tierce personne
désignée. Cette demande indique ; 1° le
nom, l’adresse et la situation de La famille
restée dans la région envahie ; 2° le nom
et l’adresse dp la personne qui doit béné
ficier des dispositions de la loi en rempla
cement de cette famille. --
Pour !<“ Jour do la Libération
du Territoire
Nous lisons dans l'Officiel :
7335. — M, Charpentier, député, expose
à M. le Ministre de la Guerre que nombre
dé militaires originaires de régions en
vahies se préoccupent de savoir si, aus
sitôt après la libération du territoire, une
permission leur sera exceptionnellement
accordée pour les mettre à même de
prendre toutes dispositions propres à
sauvegarder leurs intérêts compromis par
les faits de guerre et par l’occupation al
lemande, et lui demande s'il n’estime pas
qu’il y a lieu de dissiper leurs légitimes
appréhensions en leur apportant, dès
maintenant, l’assurance que satisfaction
leur sera donnée dans la plus large mesu
re possible, (Question du 13 janvier 1916).
Réponse
Les mobilisés originaires des régions
envahies peuvent compter sur la bienveil
lance de l’autorité militaire en ce qui
concerne la concession, après la libération
du territoire, d’une permission qui leur
permette de se rendre dans leur pays
pour prendre les mesures propres à la
sauvegarde de leurs intérêts.
Nouvelles Ardennaises
Maires et Adjoints des Ardennes
résiôant à l’intérieur ôe la France
Barricourt. — Bazard, 143, avenue de la
République, à St-Mandé (Seme).
Blagny. — Mater Adolphe, 78, rue Van
neau, Paris.
Bosséval. — J. Hannequand, adjoint, in
firmier, 283® terr., 12® Cie, S. P. 184.
Challerange. — Lambert Henri, maire, 6 e
train, 21® Cie, Ambulance 5/56, S. P.
141.
Charleville. — Fouqiiet, 2® adjoint, à Ca-
bourg (Calvados)..
Launois. — Havet Singery, 19, place de
l’Hotel de-Ville, à Yvetot (Seine-Infé
rieure).
L'Ecaille. — Lefevre Gaston, 81, b oui. St*
Michel, Paris.
St-Menges. — Philippe, 49, rue Copernic,
Paris.
ARDENNES. — Nombre de nos abon
nés nous écrivent pour se plaindre que
le « Bulletin Ardennais » leur arrive avec
dies retards relativement considérables.
Nous tenons à leur faire connaître que le
journal est déposé à la poste le mercredi
soir et le samedi soir. Il doit donc, ré
gulièrement, parvenir à nos abonnés
le jeudi et le dimanche.
Déjà, à différentes reprises, nous avons
saisi l’administration postale de plaintes
au sujet de ces retards dont nous ne som
mes pas responsables. Nous engageons
nos abonnés à joindre leurs plaintes aux
nôtres en écrivant eux-mêmes 1 , sans af
franchi!*, à M. le Ministre des Postes, à
Paris.
Il n’y a aucune raison pour que le
(( Bulletin Ardennais » soit moins bien
traité que les journaux quotidiens, qui
arrivent régulièrement et dans les délais
normaux, à leurs abonnés.
ARDENNES. — Le déjeûner mensuel
aura lieu dans les mêmes conditions de
simplicité et de camaraderie que les
précédents, le dimanche 27 courant, à
midi, au restaurant Excelsior, près de
la porte Maillot, Paris.
Tous les Ardennais sont priés d’y
assister.
Prière de prévenir, autant que pos
sible, avant le samedi soir, en écrivant
au café Excelsior (Déjeûner Arden
nais), 81, .avenue de la Grande-Armée ;
Tél. : Passy, 59-70.
AUEONCOURT-VAUZELLES. — Mort
pour la France. — M. Ludinart Clovis,
25° d’artillerie, 5 e batterie, S. P. 33,
nous fait part de la. mort de son frère
Ludinart Gustave, classe 1915, tué à
l’ennemi, en Champagne, le 23 septem
bre 1915.
BR AUX. — M. A. Gaudelet, récem
ment rapatrié, a reçu 206 demandes de
renseignements. U ne peut, à son
grand regret, répondre à toutes, et il
nous prie de dire, dans le « Bulletin
Ardennais », ce qu’il dirait à tous ses
correspondants si son travail lui en
laissait le temps.
A Brauix, les habitants sont 'ravitail
lés par le Comité hispano-américain.
Ceux qui ont de l’argent payent. Ceux
qui rien ont pas prennent l’engagement
de payer après la guerre. Les habitants
reçoivent 180 grammes de farine par
bouche. Il entre dans cette farine une
partie de blé et une partie dé seigle et
de son mélangé. Le pain est fabriqué
par le boulanger de la commune qui
reçoit pour salaire 10 francs par sac de
100 kilos. Chaque famille reçoit une
carte délivrée par la mairie. C’est sur
le vu de cette carte que le boulanger dé
livre le pain
Tous les quinze jours, sur la présen
tation de ladite carte, on reçoit par
bouche : 1 kilo de riz, 1 kilo de hari
cots, 300 gr. d;e lard, 300 gr. de sain
doux, 125 gr. dè café, 50 gr. de chico
rée, 40 gr. de sucre cristallisé, et, de
temps en temps, 500 gr. de sel et 3 ki
los d.e pommes de terre'.
On délivre aussi, rarement, un peu
de savon. Mais on est loin d’en rece
voir assez pour parer aux besoins de
propreté.
En résumé, en fait de nourriture, on
a assez pour ne pas mourir die faim,
mais on n’a pas assez pour vivre. On
se fait aisément une idée de ce qu’est
l’existence de nos concitoyens dans de
pareilles conditions.
M. Gaudelet nous annonce pour la
semaine prochaine, des renseignements
sur la façon dont la commune est ad
ministrée,
CHARLEVILLE. — Les R. A. T. au
feu. — Nous lisons dans « La Corres
pondance politique et agricole » :
Notre confrère et ami, Edouard Rous
seaux, de Charleville (Ardennes) de la
classe 1890, volontaire aux mitrailleurs,
vient de gagner sur la ligne de feu ses
galons de sous-officiers chef d© section
de mitrailleuse®, au 45 e régiment terri
torial d’infanterie.
Rappelons à ce propos la mort héroï
que du fils unique de notre confrère,
mort qui couronna dignement les ex
ploits du vaillant officier qui combat
tit en Belgique,- en Argonne et en Cham
pagne, et que le généralissime récom
pensai en lui remettant la Légion d’Hon-
neur d© sa propre main.
CHARLEVILLE. — Nouvelle du pays.
— Mme Chopin-Duguet et son fils, réfu
giés à Saint-Valéry-sor-Somme, 4, rue
de Ne-vers, informent leurs amis que
d’après renseignements récent®, M. Cho
pin, instituteur, resté à Charleviltle, y
est en bonne santé ; ainsi que leur pa
rent M. Daguet, instituteur à Chagny,
et famille.
CHARLEVILLE. —- Mme Vve An-
ciaux et ses enfants ont lu douleur de
faire part à leurs parents, amis et con
naissances de la perte cruelle qu’ils
viennent d’éprouver en la personne d©
M. Emile Aucîaux, sous-chef de gare à
Ecouviez, décédé 1© 8 janvier, à Chau
mont.
CHARLEVILLE. — Nous apprenons
qu© la Société de Biologie vient de décer
ner à M. Henry Cardot, le prix « La-
bord© ». Notre jeune compatriote, est as
sistant à L’Institut Marey.
CHESNOIS-AU CONCOURT, — MEDAIL
LE militaire et Croix de guerre. — Nous
apprenons que M, Gillout Joseph, âgé de
42 ans,, blessé en août 1915, et réformé,
vient d’être décoré de la médaille .mili
taire et de la Croix de guerre avec palme.
Nos vives l'élioit-ations à notre compa
triote,
GESPUNSART. — 135® régiment d’in
fanterie. — Le général Lestoquoi, com
mandant la 36 e brigade, cite à l’ordre
de la brigade le militaire dont le nom
suit :
Civet Jules, brancardier au 135 e régi
ment- ài’irif., C. H. R.
A fait preuve d’un sang-froid et d’un
dévouement admirables des blessés sous les yeux du médecin
divisionnaire en plein jour, au milieu
de la fusillade et. d’un violent bombar-
.dement. 25 juin 1916.
HAYBES. — Mort en exil. — Nous ap
prenons la mort de M. Pierre-Auguste
Vandeven, prisonnier d© guerre au camp
de Wahn Schiessplatz, décédé à Cologne,
le 11 janvier 1916.
Il était âgé de 39 ans.
LE CH ESN E. — M. E. Pillard, cultiva
teur à Ghepy, par St-Germain-la-Ville
(Marne), qui a séjourné pendant six mois
à la, scierie du Chesne, sous l’occupation
allemand©, peut donner aux personnes
qui lui écriront, quelques renseignements
sur cette localité.
LO N N Y. — Médaillé militaire— Nous
apprenons avec plaisir que M. Emile
Bocquillet, adjudant- au 25° rég. d’artil
lerie, 21° batterie, S. P. 133, vient d’être
décoré de la médaille militaire. Honneur
à ce vaillant ardennais qui est au front
depuis le début d© la guerre. M. Boc-
qui'llet a un frère nu; front, et un autre
prisonnier.à Chemriitz. Sa famille habite
Lonny.
MAN RE. — Nécrologie. — M. et Mme
Seignier et leurs enfants ont la douleur
de faire part à leurs amis d© loi perte
cruelle qu’ils viennent de faire en la
personne de M. JoSué Seignier, leur
père, beau-père (et grand-pèi'©, ( décédé
à Villy (Yonne), le 19 février 1916.
MEZIERES. — Neurologie. — Nous ap-
. prenons la mort dè Mlle Laure-Léontine
Tanton, décédée le 20 février, à l’âge de
20 ans. Ses obsèques ont eu lieu le 23
courant.
A la famille nous présentons nos sym
pathiques condoléances.
MQHON. — Glorieux blessés. — Deux
instituteurs de Mohon, MM. Roux et
Moutaux, chevaliers de la Légion d’hon-,
neur, grièvement blessés au début de la
guerre, viennent d’être nommés com
mis-suppléants d’inspection académique,
le premier à Auxerre, le second au Mans.
Sincères félicitations à ces deux glo
rieux blessés ardennais.
MOHON. — Mort pour la France. —
M. Boulanger Maurice, 18® bataillon
chasseurs à pied, et sa sœur Mme Bou-
langer-Gennepin, réfugiée à Neuiilly-Le-
Réal (Allier), ont la douleur de faire
part à leurs amis et connaissances, d© la
mort fie leur frère, du 91® d'inf., tombé
au champ di’honneur à la tranchée de
Galonné, le 10 mai 1915.
MONTGON. — Un des rapatriés du
mois de janvier nous écrit :
« J’ai été blessé à la hanche droite
par des éclats d’obus à la bataille qui
eut lieu à Montgon et dans la forêt du
Mondieu, 30 et 31 août 1914. Je me
trouvais dans le village de Montgon
avec un jeune homme et un gamin de
Poix-Terron quand une patrouille alle
mande arriva au galop sur la place.
Nous rentrâmes au café, et aussitôt
nous entendîmes des coups de fusil ;
c’étaient deux chasseurs à cheval fran
çais, restés au village, qui avaient tiré
sur les Boches ; puis les chasseurs filè
rent sur Att.igny. Les uhlans revinrent
en force au village, rassemblèrent tous
les habitants disant que c’étaient eux
qui avaient tiré, se mirent à piller et
allumèrent quelques incendies. Dix
maisons furent brûlées.
Pendant ce temps, j’étais parti le
long du canal, marchant vite, dans l’es
poir de rejoindre les Français. Hélas !
notre route fut barrée par une pa
trouille qui nous poursuivit à coup de
révolver. Nous pûmes arriver à travers
les jardins au village de Neuville-Day,
et le® uhlans nous perdirent de* vue.
Nous pensions nous reposer dans une
maison, mais craignant d’être pris ou
d attirer des représailles sur les habi
tants, nous allâmes nous cacher dans
un champ d’osier voisin. U’artillerie
passait le long du canal, des patroui 1 -
les nombreuses circulaient, mais dans
les osiers nous étions 1 hors de leur vue.
Vers dix heures du. soir, nous traver
sions le canal sur une petite passerelle,
et. à travers champ, comme nous pou
vions, en évitant les boches, nous pû
mes gagner la. forêt vers minuit. Nous
étions tellement fatigués que, à peine
étendus à l’entrée du bois, nous dormî
mes jusqu’au petit jour. Nous sommes
sortis pour voir où nous étions, et tâ
cher de manger. Nous gagnâmes la
ferme de Mérimée. Tout y était pillé, il
nous fallut, retourner au . bois ; d’ail
leurs des Allemands rôdaient dans le
voisinage. Puis la bataille recommen
ça ; lei 107° d : e ligne français attaquait
le village de Montgon ; ils reculèrent un
peu. Tout à coup nous vîmes une de
mie compagnie boche s’avancer en ram
pant vers le bois, ils étaient alors à
300 mètres de nous. On tira sur eux
ils hésitèrent, mais bientôt canon, et
mitraille tombèrent sur le bois. Nous
partîmes nous réfugier au .milieu du
bois ; mais l’abri était peu: sûr ; les bal
les y sifflaient .encore, et les obus fau
chaient les arbres. Pas moyen dè quit
ter le bois pour rejoindre les français ;
nous avions des boches tout autour de
nous. Un obus tomba à 25 mètres d©
moi et un éclat me blessa à la, hanche.
Voyant ma blessure, mes deux ca
marades s© sauvèrent, et je ne sais pas
ce qu’ils sont dèvenus. Une demi-heure
après j© sortis à mon tour, les balles
sifflaient toujours, ; je me trouvai parmi’
de nombreux cadavres allemands. Je'
m© dirigeai vers la ferme Décharge-
Gand où je comptais retrouver mes pa
rents. En arrivant près d’un talus, six
soldats allemands se dressèrent baïon-- .
nette au canon, et crièrent de m’arrê-
ter, m’app.elant « franc-tireur » poin
tant la baïonnette sur ma poitrine et
disant « franzou, ka.pout ». Je croyais
que j’allaiis être tué, lorsqu'un officier
intervint, et voyant du sang le long dè
me© guêtres, s’enquit de son origine.- Je
lui racontai comment, pris entre deux
feux, j'avais été blessé par un éclat
dtebus. Il me questionna alors, voulant
savoir si j’avais tiré sur eux, s’il y
avait beaucoup de Français dans Te
bois, etc. Je ne répondis pas un mot. Ce
que voyant, il commanda à ses hom- .
mes" d© me garder près d'’eux. Les bal
les tombaient, les 75 venaient, faire des
victimes presque près de moi.
Plus tard', je pus me faire transpor
ter dans la ferme de Mérimée ; elle était
pleine de blessés allemands, dont beau
coup mouraient peu après leur arrivée.
On m© mit dans un coin d© la, grange.
Vers le soir, arriva un soldat Français
du 107 e blessé au ventre, et de nom
breux blèsisés allemands. Ceux qui ’
étaient reconnus transportables étaient
transférés au château qui se trouve à
l’entrée du village de Montgon.Le soldat
français et moi, nous fûmes laissés de
côté ; je ne pouvais plus marcher, il
allait me chercher de l’eau ; c’est tout
ce que j© pris pendant dèux jours: Ja
mais un médecin ne vint s’occuper de -
nous ; mais à plusieurs reprises de sol
dats nous menacèrent de leurs baïon
nettes. Un soir, j’appelai mon compa
gnon, il ne me répondit pas, hélas !- il
était mort. C’était un réserviste, père
d,e trois enfants. Je n’ai pas connu son
nom.
Après ces deux jours, de souffrances,
de privations, subies au,milieu des me
naces continuelles, j© pus me traîner
an village de Montgon, où j’aperçus un
habitant. Je lui demandai d’aller cher
cher ma, mère et ma sœur qui devaient
s© trouver dans une ferme un peu
plus loin, et, en attendant, j© m’éten
dis sur son pavé. Deux soldats alle
mands à bicyclette passèrent, et voyant
que j’étais blessé, allèrent chercher un
fauteuil et me portèrent, à la posta Ils
m’installèrent là sur un diemi-mètre de
débris de pillage. Le mobilier de la
maison, le matériel postal et téléphoni
que était détruit. ,
Enfin mes parents arrivèrent et pu
rent m’emmener sur une voiture, dans
la ferme où ils étaient. ,T’v restai trois
semaines, sans pouvoir être soigné.
Après quoi, en deux étapes (j’ai couché
à la) gendarmerie de Raucourt), j’arri
vai à- Daigny.
Je pus me faire admettre à l’hôpital
civil de Sedan, où M. le d'octeur. Go-
guel me soigna pendant un mois, mais
je suis mal guéri, et ma jambe est rac
courcie... »
MONTHERMÉ. — Mort POUR LA
France. — Nous apprenons la mort da
M. Henri Deerouy, batelier à Monther-
mé, mobilisé au 9® génie, Cie 26/6, tué à
l’ennemi, le 25 janvier 1916.
Sa femme, Mme Deerouy, eist réfugiée
à Paris, 48, rue Labrouste (XV e ). Nous
lui présentons nos vives, condoléances.
NOUVION-DONCHERY. — Un des
prisonniers civils récemment rapatriés
nous apprend que tous les prisonniers
civils de Nouvion et de Donchery, dont
nous avons donné les noms dians le
Bulletin n° 140, ont été, vers le 5 fé
vrier, renvoyés dans leur village.
POIX-TERRON. — Citation et Croix
de guerre. — Pagnv Henri, ancien élè
ve des arts et métiers (Châlons, 1902-
1905), sergent-aviateur, escadrille M ;
F. 7. Ordire de- l’armée du 5 août 1915.
Journal officiel du 10 septembre 1915 :
- « Le 19 juillet 1915, pour régler un
tir, est resté* trois heures quarante-cinq
minutes, à 3.700 mètres d’altitude, au
milieu d’un violent bombardement, ef
fectuant quatorze fois le trajet entre le
poste récepteur T. S. F., et l’objectif
très éloigné de ce point. Aviateur de
tout premier ordre, joint à une remar
quable bravoure et à un mépris absolu
BULLETIN’ PERIODIQUE
DIX CENTIMES
DIMANCHE 27 FÉVRIER 1916 — 168
BULLETIN ARDENNAIS
PARAISSAN1
LE JEUDI ET LE DIMAL^Kà
Organe du Comité Central Ardennais
PARIS — 22, Galerie d’Orléans, palais-Roua!, 22
PARIS
PRIX DE L’ABONNEMENT
UN FRANC PAR MOIS
.-■~ixfZ2s*ze*»ec^'£^zim n£ . f*™* -v~ jasa
lia Réparation des Dommages
dans les Régions Envahies
Nous lisons dans le Temps :
Incidemment, au cours de la séan
ce. de jeudi dernier, il a été question,
à la Chambre, de la réparation des
dommages dans les régions enva
hies.
Un député, M. Landry, examinait
s’il n’y aurait pas lieu d’améliorer
le texte proposé par la commission
du budget, au sujet de certaines dé
ductions à' autorise? pour Ip calcul
des bénéfices imposables. Quelles dé
ductions convenait-il d’admettre pour
ce calcul, en ce qui concerne les
<( sommes affectées à l’amortissement
des pertes de capital subies » ? Telle
était la question posée. Or, à ce pro
pos, des déclarations furent faites,
qui sont de nature à intéresser vive
ment les sinistrés.
Elles eurent pour point de départ
ces observations :
M. Landry. — Un industriel a eu, je
suppose, une de ses usines détruite du
fait de la guerre. Cela représente un cer
tain dommage. Je suppose que l’usine dé
truite 'représentait un valeur de 500.000 fi*.
L’industriel sait qu’une loi est en prépa
ration pour le dommage que la guerre
lui a infligé.Ili suit les travaux législatifs
S’il a lieu de croire que la réparation ne
sera pas intégrale..
A ce moment, eette doublp inter
vention se produisit :
M. Pierre F.orgeof. — Elle l’est de par
la fol du 26 décembre 1914, le principe est
posé-
Le président de la commission. — Il y
a la loi du 26 décembre 1914 qui a posé
le principe. M. le présdent du conseil est
Ypiiq à m tribune apporter une déclara
tion solennelle,
Voilà, une fois de plus, hautement
proclamé le droit des sinistrés. Mais
ce n’est là encore que le début des
déclarations qu’il importe de retenir,
Tout d’abord, M. Landry prit acte
dies paroles du président de la com
mission du budget, M. Klotz :
M: Lapçtry. — Je suis très heureux d-en
tend ré M. Je président de la commission,
qui est en même temps président de la
commission spéciale des dommages d©
guerre, faire cette déclaration. Cette dé
claration, je l’enregistre volontiers, parce
qu’elle fait disparaître le gros écueil que
pouvait rencontrer la partie de mon
amendement qui est en discussion. '
Si la réparation doit être intégrale,
alors le dommage de guerre n’existe plus,
comme perte d© capital, an moins 4©mm©
perte définitive ; riest une perte tempo
raire, dont il n’est pas nécessaire de tenir
compte dans la loi a laquelle nous travail
lons,
« Perte temporaire » ? La cons
cience nationale l’entend bien ainsi.
Ce ne saurait être, pourtant, une
raison suffisante pour que le projet
de toj su? la taxation des bénéfices
se refusât à tenir compte de la péni
ble situation des populations dans
les régions envahies. M. Groussau le
fit ressortir aussitôt, dans une élo
quente réplique à M. Landry.
M. Groussau. — Messieurs, il vient
d’être prononcé ici des paroles qui ont
une grande importance.
D’un côté, au moment où M. Landry
émettait un doute sur la réparation inté
grale des dommages de la guerre, plu
sieurs membres de la Chambre ont pro
testé et M. le président de la commission
des dommages a déclaré —> j’en prends
acte — que la réparation qui avait été
promise solennellement par le législateur
serait bientôt une réalité.
Et alors nous avons entendu cette pa
rôle ; « Dans ces conditions, le dommage
de guerre n’existe plus au point de vue
d© la loi que nous discutons. »
Ah 1 permettez-moi de le dire au nom
de ces commerçants et industriels des ré
gions envahies, qui, alors que leurs mai
sons et leurs établissements étaient vidés
et plus ou moins détruits, ont travaillé
avec un admirable courage en pays non
occupé ; il ne suffit pas de l’espérance la
plus légitime et même de la certitude des
réparations de l’avenir,poux qu’on puisse
leur réclamer dès maintenant une part
du bénéfice qu’ils viennent de réaliser.
Ils demandent à connaître auparavant les
conditions exactes que fixera la loi de
réparation des dommages, cette loi que
la Chambre votera avec le souci de faire
un* œuvre de justice et une œuvre d'utb
lité nationale.
Quand on examine de près cette ques
tion, si l’on se rend un compte exact de
la situation des commerçants et des in
dustriels des régions envahies, on se de
mande si la vraie solution, la plus logique
et la plus équitable, ne serait pas d’at
tendre, pour les soumettre à la contribu
tion extraordinaire sur les bénéfices ex
ceptionnels réalisés pendant la guerre,
que la loi sur la réparation des domma
ges fût un fait accompli.
Le débat menaçait, toutefois, d’a
mener dans les esprits une confu
sion, et c’est alors que M. Klotz fit
ces nouvelles déclarations :
Le président de la Commission. — Je
prie la Chambre de ne pas confondre
deux questions très distinctes : cette con
fusion pourrait être grave. Il y a, dans
nos malheureux départements envahis,
des pertes en capital provenant de dom
mages matéfiçl^ certains : la loi du 26
décembre 1914 a solennellement promis
réparation de ces dommages.
Ne confondons pas — ce pourrait être
fâcheux pour le jour prochain où nous
discuterons la loi qui doit fixer les règles
de cette réparation — une sorte de
compte à faire avec les bénéfices de
guerre.
Cela n’a pas de rapport. M. le rappor
teur a donné lecture du paragraphe 4 de
l’article 4.
« Un décret fixera le$ conditions dans
lesquelles d§s délais supplémentaires
seront accordés aux contribuables, mobi
lisés ou non, qui se trouveraient empê
chés, par suite d’un cas de force majeure
dûment constaté, de souscrire leur décla
ration. *
De même que pour l’impôt sur le re
venu un décret a paru ce matin au Jour
nal officiel, un autre décret précisera les
situations dans lesquelles la déclaralion
ne pourrait pas être faite utilement. Mais
ne confondons pas la perte en capital,
qui doit être réparée, que le pays a pro
mis de réparer, avec ce pourcentage sur
le bénéfice. Cela pournait être grave pour
la cause même que vous et moi servons
avec ardeur.
Ainsi, double engagement : dans
le projet que la commission spéciale
élabore,, commission présidée; par
M. Klotz, les pertes en capital pro
venant de dommages matériels cer
tains seront réparées ; et en second
lieu ce projet viendra en discussion
à un jour prochain.
La prudente méthode de travail
adoptée par la commission spéciale
l’aura donc amenée, à corriger les
dispositions si regrettables que con
tenait F ayant-projet analysé, on s’en
souvient, par le Temps , Une étude
plus approfondie les a fait abandon
ner. Les victimes des dommages su
bis en auront la réparation complète.
Pour reconstituer leurs instruments
de travail, quelle qu’en soit la na
ture, usines, outillages, matières pre
mières, peu importe, ils recevront
un capital permettant cette reconsti
tution et non pas une indemnité in
suffisante, — 'eè payement partiel,
de véritable marchandage, avec obli
gation de s’endetter* qu’avait’ prévu
l’avant-projet. Non moins logique
ment, leis sinistrés n’en seront plus
réduits à se demander comment ils
auront se procurer les capitaux cor
respondant à l’indemnité due par
l’Etat ; celui-ci ne se tiendra pas
quitte envers eux par iq ppoplama-
tion théorique ' ddm ' engagement
sans portée financière précise.
Dès l’instant que le président de la
commission spéciale est résolu à
servir « avec ardeur » la cause des
sinistrés, les appréhensions éveillées
chez cés derniers par l’avant-projet)
semblent devoir tomber. Dans le pro
jet définitif, ils verront, sans nul
doute, l’œuv.re de justice qu’ils atten
dent et que le gouvernement leur a
promise. Elle est indispensable pour
l’entier relèvement économique du
pays au lendemain de la victoire du
droit.
Pour les Pays envahis
Le président du conseil, ministre des
Affaires étrangères, a décidé d’instituer
une conférence interministérielle chargée
de procéder à une étude préliminaire des
mesures qu’il peut y avoir Heu de prendre
pour aider à la reconstruction des im
meubles totalement ou, partiellement dé
truits et à la reconstitution de l’outillage
anéanti ou détérioré dans les territoires
envahis.
Cette conférence qui comprend les dé
légués des Ministères de l’Agriculture,
des Colonies, du Commerce, des Finan
ces, de la Guerre, de lTnstruction publi
que et des Beaux-Arts, de l'Intérieur, du
Travail et des Travaux publics, sera pré
sidée par M. Théodore Tissier, conseiller
d’Etat, directeur du cabinet du président
du Conseil.
ÉCHOS l NOUVELLES
La Messe du cuistot
Voici une anecdote qui pourrait — à
tort — passer pour « anticléricale » si elle
n’était contée dans YEcho de Paris par
M. René Bazin dont nul ne saurait met
tre en doute les sentiments pieux. L’his
toire est charmante ; jugez-en :
J’ai connu un cuistot, écrit M. Bazin,
qui s’était attardé un matin, dans les li
gnes voisines de l’ennemi. C’était un di
manche. Il causait avec des amis, assis
sur la banquette de terre, n’ayant pour
paysage qu'une paroi à pic de glaise et de
cailloux, à portée de la main ; jovial mal
gré cela, et oubliant l’heure. Un soldat
prêtre passa et, reconnaissant cette face
de vieil enfant, et cette barbe rousse que
le rire séparait en dix mèches :
— La bonne rencontre ! Je parie que tu
me répondras bien la messe ?
— C’est pas de refus ; mais il y a long
temps, il y aura de l’erreur.
— Viens tout de même, je te soufflerai.
Ils allèrent dans la ï cagna » où brû
laient déjà deux bougies, fichées dans des
fusées d’obus. Au commencement, le cui
sinier retrouva seul quelques réponses en
latin, il en répéta d'autres qui Lui furent
suggérées. Mais, après l'évangile, quand
il dut prendre les deux fioles remplaçant
les burettes, l’une de vin, l’autre d’eau,
il se troubla, ne sachant laquelle offrir
d’abord à l’officiant,et il eut beau chercher
dans sa mémoire, il n’y trouva point de
souvenir. Alors, se penchant, et le plus
poliment du monde, il demanda :
— Dis donc, vieux, c’est-il la flotte ou
le pinard qu'on te passe le premier ?
>" ■■ ■ — ««rtnannan
No ave Lies proin es s es
Lors d’une des dernières séance de
la Chambre, la question du logement
des réfugiés a été posée de nouveau.
Voici, d’après Y Officiel , les explica
tions échangées, :
M. le président, — J’ai reçu de M. Cec
caldi une demande d’interpellation sur
« les atermoiements et les retards du
Gouvernement à loger les réfugiés dans
les logements laissés vacants par le dé
part des Austro-Allemands, »
Quel jour le Gouvernement propose-t-il
pour la discussion de cette interpellation?
M. Màlûy, ministre de l'intérieur. — Je
crois quie nous sommes d’accord avec M.
Ceccaldi et aussi avec notre collègue M.
Déguisé qui a saisi à la Chambre la com
mission d’administration générale d’uqe
proposition sur la matière. Indépendam
ment des allocations que nous donnons à
nos malheureux compatriotes et de toutes
les mesures de solidarité que nous pre
nons chaque joqr pour soulager leurs
souffrances, nous mettrons à leur disposi
tion le plus grand nombre possible de
logements vacants. Je donne à la Chambre
l’assurance que nous ne négligerons rien
pour les mettre à l’abri de toutes les mi
sères et de. toutes Les infortunes. ( Applau
dissements .)
M. le président — La parole est à M.
Ceccaldi.
i\I. Ceccaldi. — S’il est bien entendu,
comme le dit M. le ministre de l'intérieur,
que des logemont.s seront donnés aux ré
fugiés, je consens à retirer mon inter
pellation'. Ce débat, je ne l’ai recherché
qu'à cause des retards et des -atermoie
ments du Gouvernement. Du moment où
M. le ministre de l’intérieur accepte
d’agir avec célérité, il cesse d’avoir de
l’intérêt, et ü n’y a -plus lieu de le déve
lopper, d’autant'plus qu’il serait fatale
ment très irritant-
Donc, l’interpellation est retirée, mais
il est formellement stipulé que dès de
main les réfugiés profiteront des loge
ments dont iis ont besoin et dans les con
ditions où M. le ministre de l'intérieur
s’est engagé à les donner [Très bien !■
très bien f)
4*. Frédéric Brunet. ■— En commentant
par les familles les plus nombreuses.
M. le président, — L’interpellatiop est
retirée..
niloires occupés pendant le mois de jan
vier. »
La Gazette de Lauzûnne fait suivre
cette note des réflexions suivantes- :
« Cette note de l’agence Wolff est vrai
ment odieuse d’hypocrisie et d’ironie ma
i cabre : parce que l’armée allemande oc
cupe un territoire qui ne lui appartient
pas, elle prétend se couvrir de la popu
lation civile comme d’une protection, et
quand les légitimes propriétaires du sol
sont obligés, le cœur brisé, de prendre
sous leur feu des localités où habitent en
core leurs compatriotes, l'agence Wolff
a des ricanements d'hyène ! »
Prisonniers français en Bulgarie
Deia correspondances de toute vature
(lettres simples, cartes postales, impri
més petits paquets), des mandats- poste
ainsi que des colis-postaux ne dépas
sant pas 5 kilogrammes, peuvent être
adressés aux prisonniers français en
Bulgarie.
La correspondance et les mandats
sont acheminés voie Pontairlier, et les-
oolis postaux voie Genève-Cornavin par
l’intermédiaire de l’Office suisse.
nffgffli,,
La Gratuité des Envois Postaux
• NSt
Les 4 auvfiges ebez s?© 1 s
L’agence Wolff publie l’information
suivante :
« Pendant le mois de janvier, la popu
lation des territoires belges et français
occupés par nous a de nouveau été grave
ment éprouvée par le feu de ses propres
compatriotes, et des Anglais. Un relevé
minutieux des pertes donne les chiffres
suivants : morts 10 hommes, 13 femmes et
12 enfants. Blessés, 28 hommes, 43 fem
mes et 27 enfants. Donc au total 133 per
sonnes opt été tuées ou blessées par leurs
compatriotes ou les Anglais dans les ter-
Les mobilisés des régions envahies
peuvent déléguer leur droit
L’article 12 du décret du 25 juin 1915
dispose que le droit au bénéfice de la
loi du 25 juin 1915, droit que les familles
habitant les régions envahies, ne peuvent
momentanément exercer, est délégué, spr
la demande de leur membre mobilisé, à
une tierce personne désignée par ce der
nier et agréée par l’administration.
La demande doit être adressée, par l’in
termédiaire du chef de corps, ap direc
teur des postes et des télégraphes du dé
partement op réside la tierce personne
désignée. Cette demande indique ; 1° le
nom, l’adresse et la situation de La famille
restée dans la région envahie ; 2° le nom
et l’adresse dp la personne qui doit béné
ficier des dispositions de la loi en rempla
cement de cette famille. --
Pour !<“ Jour do la Libération
du Territoire
Nous lisons dans l'Officiel :
7335. — M, Charpentier, député, expose
à M. le Ministre de la Guerre que nombre
dé militaires originaires de régions en
vahies se préoccupent de savoir si, aus
sitôt après la libération du territoire, une
permission leur sera exceptionnellement
accordée pour les mettre à même de
prendre toutes dispositions propres à
sauvegarder leurs intérêts compromis par
les faits de guerre et par l’occupation al
lemande, et lui demande s'il n’estime pas
qu’il y a lieu de dissiper leurs légitimes
appréhensions en leur apportant, dès
maintenant, l’assurance que satisfaction
leur sera donnée dans la plus large mesu
re possible, (Question du 13 janvier 1916).
Réponse
Les mobilisés originaires des régions
envahies peuvent compter sur la bienveil
lance de l’autorité militaire en ce qui
concerne la concession, après la libération
du territoire, d’une permission qui leur
permette de se rendre dans leur pays
pour prendre les mesures propres à la
sauvegarde de leurs intérêts.
Nouvelles Ardennaises
Maires et Adjoints des Ardennes
résiôant à l’intérieur ôe la France
Barricourt. — Bazard, 143, avenue de la
République, à St-Mandé (Seme).
Blagny. — Mater Adolphe, 78, rue Van
neau, Paris.
Bosséval. — J. Hannequand, adjoint, in
firmier, 283® terr., 12® Cie, S. P. 184.
Challerange. — Lambert Henri, maire, 6 e
train, 21® Cie, Ambulance 5/56, S. P.
141.
Charleville. — Fouqiiet, 2® adjoint, à Ca-
bourg (Calvados)..
Launois. — Havet Singery, 19, place de
l’Hotel de-Ville, à Yvetot (Seine-Infé
rieure).
L'Ecaille. — Lefevre Gaston, 81, b oui. St*
Michel, Paris.
St-Menges. — Philippe, 49, rue Copernic,
Paris.
ARDENNES. — Nombre de nos abon
nés nous écrivent pour se plaindre que
le « Bulletin Ardennais » leur arrive avec
dies retards relativement considérables.
Nous tenons à leur faire connaître que le
journal est déposé à la poste le mercredi
soir et le samedi soir. Il doit donc, ré
gulièrement, parvenir à nos abonnés
le jeudi et le dimanche.
Déjà, à différentes reprises, nous avons
saisi l’administration postale de plaintes
au sujet de ces retards dont nous ne som
mes pas responsables. Nous engageons
nos abonnés à joindre leurs plaintes aux
nôtres en écrivant eux-mêmes 1 , sans af
franchi!*, à M. le Ministre des Postes, à
Paris.
Il n’y a aucune raison pour que le
(( Bulletin Ardennais » soit moins bien
traité que les journaux quotidiens, qui
arrivent régulièrement et dans les délais
normaux, à leurs abonnés.
ARDENNES. — Le déjeûner mensuel
aura lieu dans les mêmes conditions de
simplicité et de camaraderie que les
précédents, le dimanche 27 courant, à
midi, au restaurant Excelsior, près de
la porte Maillot, Paris.
Tous les Ardennais sont priés d’y
assister.
Prière de prévenir, autant que pos
sible, avant le samedi soir, en écrivant
au café Excelsior (Déjeûner Arden
nais), 81, .avenue de la Grande-Armée ;
Tél. : Passy, 59-70.
AUEONCOURT-VAUZELLES. — Mort
pour la France. — M. Ludinart Clovis,
25° d’artillerie, 5 e batterie, S. P. 33,
nous fait part de la. mort de son frère
Ludinart Gustave, classe 1915, tué à
l’ennemi, en Champagne, le 23 septem
bre 1915.
BR AUX. — M. A. Gaudelet, récem
ment rapatrié, a reçu 206 demandes de
renseignements. U ne peut, à son
grand regret, répondre à toutes, et il
nous prie de dire, dans le « Bulletin
Ardennais », ce qu’il dirait à tous ses
correspondants si son travail lui en
laissait le temps.
A Brauix, les habitants sont 'ravitail
lés par le Comité hispano-américain.
Ceux qui ont de l’argent payent. Ceux
qui rien ont pas prennent l’engagement
de payer après la guerre. Les habitants
reçoivent 180 grammes de farine par
bouche. Il entre dans cette farine une
partie de blé et une partie dé seigle et
de son mélangé. Le pain est fabriqué
par le boulanger de la commune qui
reçoit pour salaire 10 francs par sac de
100 kilos. Chaque famille reçoit une
carte délivrée par la mairie. C’est sur
le vu de cette carte que le boulanger dé
livre le pain
Tous les quinze jours, sur la présen
tation de ladite carte, on reçoit par
bouche : 1 kilo de riz, 1 kilo de hari
cots, 300 gr. d;e lard, 300 gr. de sain
doux, 125 gr. dè café, 50 gr. de chico
rée, 40 gr. de sucre cristallisé, et, de
temps en temps, 500 gr. de sel et 3 ki
los d.e pommes de terre'.
On délivre aussi, rarement, un peu
de savon. Mais on est loin d’en rece
voir assez pour parer aux besoins de
propreté.
En résumé, en fait de nourriture, on
a assez pour ne pas mourir die faim,
mais on n’a pas assez pour vivre. On
se fait aisément une idée de ce qu’est
l’existence de nos concitoyens dans de
pareilles conditions.
M. Gaudelet nous annonce pour la
semaine prochaine, des renseignements
sur la façon dont la commune est ad
ministrée,
CHARLEVILLE. — Les R. A. T. au
feu. — Nous lisons dans « La Corres
pondance politique et agricole » :
Notre confrère et ami, Edouard Rous
seaux, de Charleville (Ardennes) de la
classe 1890, volontaire aux mitrailleurs,
vient de gagner sur la ligne de feu ses
galons de sous-officiers chef d© section
de mitrailleuse®, au 45 e régiment terri
torial d’infanterie.
Rappelons à ce propos la mort héroï
que du fils unique de notre confrère,
mort qui couronna dignement les ex
ploits du vaillant officier qui combat
tit en Belgique,- en Argonne et en Cham
pagne, et que le généralissime récom
pensai en lui remettant la Légion d’Hon-
neur d© sa propre main.
CHARLEVILLE. — Nouvelle du pays.
— Mme Chopin-Duguet et son fils, réfu
giés à Saint-Valéry-sor-Somme, 4, rue
de Ne-vers, informent leurs amis que
d’après renseignements récent®, M. Cho
pin, instituteur, resté à Charleviltle, y
est en bonne santé ; ainsi que leur pa
rent M. Daguet, instituteur à Chagny,
et famille.
CHARLEVILLE. —- Mme Vve An-
ciaux et ses enfants ont lu douleur de
faire part à leurs parents, amis et con
naissances de la perte cruelle qu’ils
viennent d’éprouver en la personne d©
M. Emile Aucîaux, sous-chef de gare à
Ecouviez, décédé 1© 8 janvier, à Chau
mont.
CHARLEVILLE. — Nous apprenons
qu© la Société de Biologie vient de décer
ner à M. Henry Cardot, le prix « La-
bord© ». Notre jeune compatriote, est as
sistant à L’Institut Marey.
CHESNOIS-AU CONCOURT, — MEDAIL
LE militaire et Croix de guerre. — Nous
apprenons que M, Gillout Joseph, âgé de
42 ans,, blessé en août 1915, et réformé,
vient d’être décoré de la médaille .mili
taire et de la Croix de guerre avec palme.
Nos vives l'élioit-ations à notre compa
triote,
GESPUNSART. — 135® régiment d’in
fanterie. — Le général Lestoquoi, com
mandant la 36 e brigade, cite à l’ordre
de la brigade le militaire dont le nom
suit :
Civet Jules, brancardier au 135 e régi
ment- ài’irif., C. H. R.
A fait preuve d’un sang-froid et d’un
dévouement admirables
divisionnaire en plein jour, au milieu
de la fusillade et. d’un violent bombar-
.dement. 25 juin 1916.
HAYBES. — Mort en exil. — Nous ap
prenons la mort de M. Pierre-Auguste
Vandeven, prisonnier d© guerre au camp
de Wahn Schiessplatz, décédé à Cologne,
le 11 janvier 1916.
Il était âgé de 39 ans.
LE CH ESN E. — M. E. Pillard, cultiva
teur à Ghepy, par St-Germain-la-Ville
(Marne), qui a séjourné pendant six mois
à la, scierie du Chesne, sous l’occupation
allemand©, peut donner aux personnes
qui lui écriront, quelques renseignements
sur cette localité.
LO N N Y. — Médaillé militaire— Nous
apprenons avec plaisir que M. Emile
Bocquillet, adjudant- au 25° rég. d’artil
lerie, 21° batterie, S. P. 133, vient d’être
décoré de la médaille militaire. Honneur
à ce vaillant ardennais qui est au front
depuis le début d© la guerre. M. Boc-
qui'llet a un frère nu; front, et un autre
prisonnier.à Chemriitz. Sa famille habite
Lonny.
MAN RE. — Nécrologie. — M. et Mme
Seignier et leurs enfants ont la douleur
de faire part à leurs amis d© loi perte
cruelle qu’ils viennent de faire en la
personne de M. JoSué Seignier, leur
père, beau-père (et grand-pèi'©, ( décédé
à Villy (Yonne), le 19 février 1916.
MEZIERES. — Neurologie. — Nous ap-
. prenons la mort dè Mlle Laure-Léontine
Tanton, décédée le 20 février, à l’âge de
20 ans. Ses obsèques ont eu lieu le 23
courant.
A la famille nous présentons nos sym
pathiques condoléances.
MQHON. — Glorieux blessés. — Deux
instituteurs de Mohon, MM. Roux et
Moutaux, chevaliers de la Légion d’hon-,
neur, grièvement blessés au début de la
guerre, viennent d’être nommés com
mis-suppléants d’inspection académique,
le premier à Auxerre, le second au Mans.
Sincères félicitations à ces deux glo
rieux blessés ardennais.
MOHON. — Mort pour la France. —
M. Boulanger Maurice, 18® bataillon
chasseurs à pied, et sa sœur Mme Bou-
langer-Gennepin, réfugiée à Neuiilly-Le-
Réal (Allier), ont la douleur de faire
part à leurs amis et connaissances, d© la
mort fie leur frère, du 91® d'inf., tombé
au champ di’honneur à la tranchée de
Galonné, le 10 mai 1915.
MONTGON. — Un des rapatriés du
mois de janvier nous écrit :
« J’ai été blessé à la hanche droite
par des éclats d’obus à la bataille qui
eut lieu à Montgon et dans la forêt du
Mondieu, 30 et 31 août 1914. Je me
trouvais dans le village de Montgon
avec un jeune homme et un gamin de
Poix-Terron quand une patrouille alle
mande arriva au galop sur la place.
Nous rentrâmes au café, et aussitôt
nous entendîmes des coups de fusil ;
c’étaient deux chasseurs à cheval fran
çais, restés au village, qui avaient tiré
sur les Boches ; puis les chasseurs filè
rent sur Att.igny. Les uhlans revinrent
en force au village, rassemblèrent tous
les habitants disant que c’étaient eux
qui avaient tiré, se mirent à piller et
allumèrent quelques incendies. Dix
maisons furent brûlées.
Pendant ce temps, j’étais parti le
long du canal, marchant vite, dans l’es
poir de rejoindre les Français. Hélas !
notre route fut barrée par une pa
trouille qui nous poursuivit à coup de
révolver. Nous pûmes arriver à travers
les jardins au village de Neuville-Day,
et le® uhlans nous perdirent de* vue.
Nous pensions nous reposer dans une
maison, mais craignant d’être pris ou
d attirer des représailles sur les habi
tants, nous allâmes nous cacher dans
un champ d’osier voisin. U’artillerie
passait le long du canal, des patroui 1 -
les nombreuses circulaient, mais dans
les osiers nous étions 1 hors de leur vue.
Vers dix heures du. soir, nous traver
sions le canal sur une petite passerelle,
et. à travers champ, comme nous pou
vions, en évitant les boches, nous pû
mes gagner la. forêt vers minuit. Nous
étions tellement fatigués que, à peine
étendus à l’entrée du bois, nous dormî
mes jusqu’au petit jour. Nous sommes
sortis pour voir où nous étions, et tâ
cher de manger. Nous gagnâmes la
ferme de Mérimée. Tout y était pillé, il
nous fallut, retourner au . bois ; d’ail
leurs des Allemands rôdaient dans le
voisinage. Puis la bataille recommen
ça ; lei 107° d : e ligne français attaquait
le village de Montgon ; ils reculèrent un
peu. Tout à coup nous vîmes une de
mie compagnie boche s’avancer en ram
pant vers le bois, ils étaient alors à
300 mètres de nous. On tira sur eux
ils hésitèrent, mais bientôt canon, et
mitraille tombèrent sur le bois. Nous
partîmes nous réfugier au .milieu du
bois ; mais l’abri était peu: sûr ; les bal
les y sifflaient .encore, et les obus fau
chaient les arbres. Pas moyen dè quit
ter le bois pour rejoindre les français ;
nous avions des boches tout autour de
nous. Un obus tomba à 25 mètres d©
moi et un éclat me blessa à la, hanche.
Voyant ma blessure, mes deux ca
marades s© sauvèrent, et je ne sais pas
ce qu’ils sont dèvenus. Une demi-heure
après j© sortis à mon tour, les balles
sifflaient toujours, ; je me trouvai parmi’
de nombreux cadavres allemands. Je'
m© dirigeai vers la ferme Décharge-
Gand où je comptais retrouver mes pa
rents. En arrivant près d’un talus, six
soldats allemands se dressèrent baïon-- .
nette au canon, et crièrent de m’arrê-
ter, m’app.elant « franc-tireur » poin
tant la baïonnette sur ma poitrine et
disant « franzou, ka.pout ». Je croyais
que j’allaiis être tué, lorsqu'un officier
intervint, et voyant du sang le long dè
me© guêtres, s’enquit de son origine.- Je
lui racontai comment, pris entre deux
feux, j'avais été blessé par un éclat
dtebus. Il me questionna alors, voulant
savoir si j’avais tiré sur eux, s’il y
avait beaucoup de Français dans Te
bois, etc. Je ne répondis pas un mot. Ce
que voyant, il commanda à ses hom- .
mes" d© me garder près d'’eux. Les bal
les tombaient, les 75 venaient, faire des
victimes presque près de moi.
Plus tard', je pus me faire transpor
ter dans la ferme de Mérimée ; elle était
pleine de blessés allemands, dont beau
coup mouraient peu après leur arrivée.
On m© mit dans un coin d© la, grange.
Vers le soir, arriva un soldat Français
du 107 e blessé au ventre, et de nom
breux blèsisés allemands. Ceux qui ’
étaient reconnus transportables étaient
transférés au château qui se trouve à
l’entrée du village de Montgon.Le soldat
français et moi, nous fûmes laissés de
côté ; je ne pouvais plus marcher, il
allait me chercher de l’eau ; c’est tout
ce que j© pris pendant dèux jours: Ja
mais un médecin ne vint s’occuper de -
nous ; mais à plusieurs reprises de sol
dats nous menacèrent de leurs baïon
nettes. Un soir, j’appelai mon compa
gnon, il ne me répondit pas, hélas !- il
était mort. C’était un réserviste, père
d,e trois enfants. Je n’ai pas connu son
nom.
Après ces deux jours, de souffrances,
de privations, subies au,milieu des me
naces continuelles, j© pus me traîner
an village de Montgon, où j’aperçus un
habitant. Je lui demandai d’aller cher
cher ma, mère et ma sœur qui devaient
s© trouver dans une ferme un peu
plus loin, et, en attendant, j© m’éten
dis sur son pavé. Deux soldats alle
mands à bicyclette passèrent, et voyant
que j’étais blessé, allèrent chercher un
fauteuil et me portèrent, à la posta Ils
m’installèrent là sur un diemi-mètre de
débris de pillage. Le mobilier de la
maison, le matériel postal et téléphoni
que était détruit. ,
Enfin mes parents arrivèrent et pu
rent m’emmener sur une voiture, dans
la ferme où ils étaient. ,T’v restai trois
semaines, sans pouvoir être soigné.
Après quoi, en deux étapes (j’ai couché
à la) gendarmerie de Raucourt), j’arri
vai à- Daigny.
Je pus me faire admettre à l’hôpital
civil de Sedan, où M. le d'octeur. Go-
guel me soigna pendant un mois, mais
je suis mal guéri, et ma jambe est rac
courcie... »
MONTHERMÉ. — Mort POUR LA
France. — Nous apprenons la mort da
M. Henri Deerouy, batelier à Monther-
mé, mobilisé au 9® génie, Cie 26/6, tué à
l’ennemi, le 25 janvier 1916.
Sa femme, Mme Deerouy, eist réfugiée
à Paris, 48, rue Labrouste (XV e ). Nous
lui présentons nos vives, condoléances.
NOUVION-DONCHERY. — Un des
prisonniers civils récemment rapatriés
nous apprend que tous les prisonniers
civils de Nouvion et de Donchery, dont
nous avons donné les noms dians le
Bulletin n° 140, ont été, vers le 5 fé
vrier, renvoyés dans leur village.
POIX-TERRON. — Citation et Croix
de guerre. — Pagnv Henri, ancien élè
ve des arts et métiers (Châlons, 1902-
1905), sergent-aviateur, escadrille M ;
F. 7. Ordire de- l’armée du 5 août 1915.
Journal officiel du 10 septembre 1915 :
- « Le 19 juillet 1915, pour régler un
tir, est resté* trois heures quarante-cinq
minutes, à 3.700 mètres d’altitude, au
milieu d’un violent bombardement, ef
fectuant quatorze fois le trajet entre le
poste récepteur T. S. F., et l’objectif
très éloigné de ce point. Aviateur de
tout premier ordre, joint à une remar
quable bravoure et à un mépris absolu
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