Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1867-01-15
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Description : 15 janvier 1867 15 janvier 1867
Description : 1867/01/15. 1867/01/15.
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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MARE 15 JANVIER
i867.
'?. ON S'ABONNE .°.
à Rome, •
̃ chez pierre .merle, place Colonne;
Pour la Brasse et la Russie,
chez le directeur des postes, à Cologne
et à Sarrebr«ck (Prusse);
Pour l'Allemagne et l'Autriche, S\
chez le directeur des postes, à Kehl iBad if,
et chez M. G.-A. ALEXANDRE, à Slrashw&gL'S
ON S'ABONNE
tue des Prêtres-Saint-Germain-l'Auxerroii, H.
paix de l'abonnement
Un an. Six mois. Trois mois.
.Oèpartemens. 80 fr. 40 fr. 20 fr.
•Paris. 72 fr. 36 fr. 18 fr.
Un Numéro, à Paris, 25 oentimes.
n lonson apply to cowie and son foreién
uewspapers office, 2, Saint-Ann'slane, G. P. O.j
ad delizt davies et ce, Finch laae,
C ajeftéil, et 1 Cecil street, Strand.
̃«^Tr. •'̃̃;•̃ 'r, "•̃•,̃ r ̃
2?;. S'. £e JoipiNAL des débats ne répond pas
<ïes tûauôscrils qui lui sont adressés et ne se
i ,§liarj^|i|œjÇleles'renvoyer. v
P-OLITIQUE, 1 ÈT' LITTÉRAIRES.
Les annonces sont reçues ife
Chez MSI. FAUCHEY, LAFFITE BUIXIEfflet ti
8, place de la Bourse, \F §
et au bureau du journal \1
ellesdoiYenttouioursêtre agréées par laredabii
~S*-i. <
"T~ANCE
PARIS, 14 JANVIER.
Un décret impérial daté du 13 janvier,
et inséré au Moniteur de ce matin, érige
en archevêché Tévèché d'Alger, et crée
deux évèchés en Algérie, l'un à Oran, l'au-
tre à Constantine. Cette nouvelle organi-
sation de l'autorité religieuse dans notre
colonie était indiquée dans la lettre de l'Em-
pereur au maréchal Mac-Mahon, publiée
en 1865, et on s'attendait à la voir établie
dès l'année dernière. Un autre décret nomme
à l'archevêché d'Alger l'évêque actuel de
Nancy, Mgr Lavigerie à l'évéché d'Oran,
le desservant du Bon-Pasteur de Lyon, et
à l'évéché de Constantine, le desservant de
Notre-Dame d'Angers. Une dépêche télé-
graphique avait annoncé l'autre jour que
l'Empereur venait de choisir pour ce der-
nier siége épiscopal le supérieur des trap-
pistes de Staoueli, et que le Pape en avait
été informé officiellement. Ce n'est pas la
première fois qu'une dépêche nous trans-
met comme certaine une nouvelle absolu-
ment fausse. Celle-ci du moins n'était pas
dépourvue de vraisemblance. Malgré la
mort regrettable du dernier évéque d'Algc r,
Mgr Pavy, désigné à la fois, croyons-nous,
par l'opinion publique et par le choix dès
longtemps arrêté du gouvernement au siège
archiépiscopal qu'on allait créer, il devait
paraître probable qu'au moins l'un des nou-
veaux dignitaires serait choisi dans le clergé
régulier ou séculier de l'Algérie. {
Nous recevons aujourd'hui un résumé
télégraphique de la réponse du roi Victor-
Emmanuel à la députation du Parlement
italien chargée de lui présenter l'Adresse.
Ce discours, autant qu'on en peut juger
d'après l'analyse rapide qui nous en est
donnée, a une grande importance. Le roi
a dit qu'après les heureux résultats obtenus
en 1866, l'Italie avait encore à résoudre la
question financière et la question romaine.
Il espère que toutes les difficultés financières
seront bientôt surmontées, et il attend un
effet très favorable de la publication de l'ex-
posé de M. Scialoja. Pour ce qui regarde
Rome, c'est le temps, dit-il, qui doit résoudre
la question, « conformément aux aspirations
nationales. Cette expression serait très
vague, appliquée à toute autre question sur
laquelle les esprits seraient plus ou moins
divisés mais sur la question romaine il
y a une telle unanimité dans les « aspira-
tions » italiennes qu'il était à peu près
impossible cu roi d'employer des termes
plus nets. J ..̃̃. i '̃ < ̃̃̃̃
On a plusieurs fois annoncé, puis dé-
menti la solution du différend survenu entre
l'Italie et la Turquie. Ce matin-encore, nous
recevons une dépèche de Florence qui nous
annonce, d'après l'Italie, que l'affaire du
Principe -Tommaso est arrangée en principe,
et qu'il ne reste plus qu'à fixer l'indemnité
due par la Turquie à la -Compagnie pro-
priétaire du paquebot. Nous désirons que
cette nouvelle soit exacte mais nous de-
vons en même temps appeler toute l'atten-
tion de nos lecteurs sur deux doeutnens
diplomatiques qu'ils trouveront plus loin.
Le second de ces documens, émané dumi-
nistre des affaires étrangères de la Porle,
ne laissait pas prévoir une solution si
prompte de cette affaire.
FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS
DU 15 JANVIER 1867.
REVUE MUSICALE.
.9(f censée, tragédie d!' 6ficbai;l Beer, mu-
sique de G. Meyerbeer. Société des
concerts du Conservatoire de Stras-
bourg.
Je ne crois pas que la pensée soit ja-
mais venue à l'un de nos directeurs de
théâtre de nous donner une traduction de
Struensée, avec la musique composée par
Meyerbeer pour la tragédie de son frère.
La raison en est bien simple d'abord
nous avons Bertrand et Raton, ce qui, à
la rigueur, doit nous suffire ensuite il
semble tout aussi difficile de loger un ex-
callent orchestre dans un théâtre de drame
quede produire des tragédienssur une scène
lyrique. A Paris, plus que dans aucaue ville
civilisée, on a le respect des traditions et
des spécialités. Quand par hasard un théâtre
de vaudeville fait faire un peu de musique
chez lui, il a bien soin que cette musique
soit à la hauteur du talent de ses artistes
et au goût de son public si l'on a
vu la Comédie-Française s'imposer, pour
l'Ulysse de 51. Ponsard, pour Psyché et
pour Alhalie, des frais extraordinaires d'in-
strumentistes et de chanteurs, ce ne sont
là que des tentatives isolées, qui ont eulieu à
des intervalles très éloignés, et l'Odéon,
qui aurait pu imiter un si noble exemple
en nous donnant la Jeunesse de Gœihe, da
M. Blaze de Bury et de Meyerbeer, s'est abs.
tenu jusqu'ici. Certes je ne lui en fais pas un
reproche, car je sais que, d'après une des
clauses du testament de Meyerbeer, un cer-
tiia laps de temps devait s'écouter entre la
Nous recevons à la fois deux bien dou-
loureuses nouvelles deux des hommes qui
ont le plus honoré la France par leur ta-
lent pendant la première moitié de ce siècle
viennent demourir presqu'à la mêmebeure:
M. Ingres à Paris, et M. Cousin à Cannes.
Tout le monde sait quel succès obtint au-
trefois à la Sorbonne l'éloquent professeur
de philosophie; ses leçons resteront parmi
les plus brillans monumens de la littérature
française au dix-neuvième siècle. Ses der-
nières années furent consacrées à ces
charmantes études sur quelques femmes
célèbres, où l'on trouve l'union si rare
d'une érudition profonde et d'un mérite
littéraire de premier ordre.
La postérité placera certainement le nom
de M. Ingres à côté des noms les plus il-
lustres de l'art français. L'histoire nous
montre bien peu d'artistes ayant si glo-
rieusement parcouru une si longue car-
rière. Il était né en 1781. C'est en
1800 qu'il remporta le prix de pein-
ture il y a quelques années à peine qu'il
achevait cette admirable Source, l'un de
ses chefs-d'œuvre les plus populaires. Pen«
dant ces soixante années, toutes consa-
crées à l'art le plus élevé et le plus pur,
par combien d'autres chefs-d'œuvre n'a-
t-il pas forcé l'admiration des hommes
même que des préjugés d'école éloignaient
de lui Il est l'un de ces rares hommes
dont on peut dire non pas qu'ils meurent,
mais qu'ils entrent dans l'immortalité.
Le secrétaire', de la rédaction p. lUvu>.
BOURSE DE PARIS.
CLOTURE le 12. le 14. HAUSSE. BAISSE.
30/0
Comptant. 69 70 69 60 » »' »» 10.
Fin cour.. 69 721/2 69 60 » » » 121/2
Comptant. 99 » 98 75 » ». » 25.
Fin cour.. 97 » » » » ». » »
"S'eîcgi'ajiïtie privée.
Munich, le 13 janvier.
S'il faut en croire des avis du Mexique, ve-
nus par la voie de Trieste, la situation des par-
lis serait telle daus ce pays qu'on y considére-
rait comme certain un vote favorable au main-
tien de l'empire. La répuguaiice contre l'inter-
vention américaine serait universelle.
Berlin, le 13 janvier.
Il a été présenté à la Chambre des Seigneurs
un amendement tendant ù modifier l'article 69
du projet de loi (augmentation du nombre des
députe.-). Cet ammiUeinoul propo'e de cum
pleler, par ordonnance ruyale, la Chambre des
Si'-igueuis au moyeu de membres ptii dans les
pays annexés, et d'augmenter la deuxième
(Chambre de 80 membres nouveaux.
Florence, le 14 janvier.
L'Italie dit que la roi Victor-Emmanuel a reçu
ladépulaUou chargée de lui présenter l'Adresse.
S M., après s'être félicitée des résultats obtenus
par i:lta!ie eu 1866, a dit qu'il restait encore
deux. questions à résoudre des nuances
et celle de Rome.
llelali.vemint aux finances, le roi espère que
toutes les dillkultès seront bientôt, surmontées,
et que l'exposé financier de M. Scialoja dissi
pera bien des nuages. Quant à la question ro-
maine, c'est le temps qui doit la résoudre con-
formément aux aspirations nationales.
Le même journal annonce que l'affaire du
Prince-Thomas est arrangée en principe, et
qu'il ne reste plus qu'à fixer l'indemnité à
payer par \» Turquie à la Compagnie proprié-
taire du paquebot.
On croit que le comte Latour sera nommé
miuistro d'Italie au Japon.
Pointe-de- Galles, 1e 2â décembre.
Des avis de Shang liuï du 7 décembre etnnon
cent que la guerre civile au Japon est terminée.
Un incendie considérable a édalé à Yokoh'mi.
On évalue les pertes à 5 millions de dollars.
représentation de l'Africaine et celle du
drame de M- Blaze de Bury; seulement le
délai doit être expiré aujourd'hui.
Ce genre de pièces, qui participe à la fois
de l'opéra et du drame, est très goûté en'
Allemagne chez nous, il est peu répandu,
fet, dans une circonstance récente, la censure
fest même venue en aide ù la tradition en
interdisant les Deux Reines, de M. Ernest
Legouvé (de l'Académie française), pour
lesquelles M. Gounad avait écrit une par-
lition tout entière de belle et bonne mu-
sique. J'ai déjà dit que la difficulté de ré-
unir dans un même théâtre un orchestre
complet, des chanteurs et des acteurs tra-
giques, et puis aussi la crainte d'arriver à
la confusion des genres, nous empêchaient
de faire à Paris ce lui se fait dans la plu-
part des théâtres allemands. Tant pis pour
nous, tant pis pour le public, car, en étant
a des œuvres comme Slruensée et le Songe
d'une nuit d'été, par exemple, l'intérêt du
drame et le prestige de la mise en scène,
on les amoindrit considérablement. Ainsi
nous ne pouvons dire que nous sommes
tout à fait initiés aux beautés des Ruines
d'Athènes et d'Egmont, parée que nous
avons entendu des fragmens de ces œuvres
exécutés dans nos concerts. Mieux vaut ce-
pendant qu'il en soit ainsi que d'assister à
des travestissemens dans le genre de ceux
qui nons ont été offerts et que nous avons
blâmés bien des fois.
Puisqu'on annonce l'exécution complète
de la partition de Struensée à l'une des
prochaines réunions de l'Athénée, il faut
donc nous en réjouir et ne pas demander
davantage. Mais en vue d'une solennité
qui, par exception, attirera sans doute un
public nombreux dans la petite salle de la
rue Scribe, il n'est peut-être pas sans in-
térêt de- donner, par anticipation, l'analyse
du drame et celle do la, partition. Oisons
d'abord à qui revient la primeur de cette
excellente idée, qui nous permettra de ju-
New-York, le 12 janvier, soir.
Or, 134 1/2; change sur Londres, 109 1/4; i
Bonds américains 1882, 107 3/8.
(Service télégraphique Havat-Bullier)
Service de nuit.
Berlin, le 14 janvier.
Lot projet de loi tendant à augmenter le
chiffre des membres de la Chambre desDépu-
tés, par suite des annexions, a donné lieu au-
jourd'hui à la Chambre des Seigneurs à de vifs
débats. ·
Le ministre de l'intérieur a déclaré que le
gouvernement désirait très vivement le main-
tien de la vieille entente avec la Chambre des
Seigneurs.
Le paragraphe 1er du projet de loi a été
adopte, à l'appel nominal, par 54 voix contre 48.
L'amendement Krœcher a été rejeté.
Berlin, le 14 janvier.
L'ambassade japonaise est arrivée ici. Elle a
été reçue par le président du conseil et par
l'ambassadeur de Russie. L'ambassade japonaise
se rend d'ici à Saial-Pétersbourg.
La Gazette de la Croix demande que le gouver-
nement présente- des candidats au Parlement
du Nord.
Berlin, le 14 janvier.
L'envoyé d'Italie, M- de Barrai, est parti pour
Florence, pour affaires de famille.
Les journaux du soir, répondant à l'assertion
.d'un journal de Paris, «Mi&tatent que le comte
de Moltkè est actuellement à Berlin.
Bucharest., le 13 janvier.
Le prince a reçu, à l'occasion du nouvel an,
les félicitations des grands corps de l'État et du
cabinet. Le président de la Chambre des Dépu-
tés a prononcé une allocution dans laquelle il
a exprimé le profond dévouement du pays. La
prince a fait à tout le monde, comme d'habi-
tude, l'accueil le plus affable.
Florence, le 14 janvier.
Chambre des Députés. M. Friscia annonce
qu'il adressera une interpellation au cabinet
au sujet des évônemens de Palerme.
M. Mordini considère une interpellation
comme inutile et propose une enquête parle-
mentaire'à l'effet d'examiner les besoins de
Palerme et d'indiquer les remèdes à. y apporter.
Le ministre de l'intérieur accepte l'enquête,
pourvu qu'elle ne signifie pas une censure. Il
dit qu'une interpellation est inutile, tous les
documens ayant été publiés.
Plusieurs orateurs sont entendus.
L'interpellation est retirée.
La proposition de M. Mordini est renvoyée
aux bureaux.
Londres, le 14 janvier, soir.
Consolidés anglais, 9t Consolidés turcs, 32
Bonds américains, 73; Mexicain Trois pour 100
ancien, 18 1/8; Mexicaiu Trois poar 400 nou-
veau, 12 1/2 Espagnol Trois pour 100, Différée,
32; Passive, 22 1/8; Italien Cinq pour 100,1861,
53 1/4 Portugais Trois pour 100, 43 1/2.
(Service télégraphique Havas-Bullier.)
Voici, le résumé de notre correspondance
de Naples, en date du 7 janvier
Un fait d'une grande importance s'est ac-
compli à Naples comme dans toute l'Italie tous
les moines ont quitté leurs couvens. S'il y a
des exceptions, c'est dans quelques petites :om-
rnur.es, où les municipes ont tà.-hé d'obienir
la propriété des couvens, atin d'y maintenir les
moines, qui ne sont pas impopulaires dan3 nos
provinces.
Leur suppression l gale ne les a pas fait did
parsltre. Loin de là n'étant plus cloîtrés, en
les voit plus souvent dans les rues à toutes les
heures du jour. On a étô frappé ici do la rési-
gnation, on peut presque dire de l'iiidill'érence
avec laquelle iis ont accepté leur sort. « C'est
la volonté de Dieu n, onl-ib répété; mais on
dirait, en géaéral, que cette volonté ne leur pa-
raît pas trop rude.
Ce qui a paru aussi très significatif, c'est que
la vigueur avec laquelle on a exécuté la loi qui
frappait les Ordres monastiques, qu'on a tou-
jours regardés comme les armées de l'Eglise,
n'a pas causé la moindre altération dans t'en-
tente cordiale qui continue à régner entre le
gouvernement et le cardinal-archevêque de Na-
ples. C'est au point que les eufans perdus du
parti ne se montrent pas édifiés de l'attitude de
ce dernier; ils commencent à i accuser de s'être
laissé gagner par la révolution.
Le brigandage fait de véritables ravages dans
la province de Frosinone. De nouvelles bandes,
formées dans les Etats pontificaux, entre Vaile-
ger dans son ensemble une œuvre dont
nous ne connaissions jusqu'ici que deux
fragmens principaux l'ouverture et la po-
lonaise. C'est M. Féiis qui le premier fit
exécuter à Bruxelles, par la Société des
concerts du Conservatoire, dont il est k
chef d'orchestre et le directeur, la musi-
que de Strueûsée, que Meyerbeer venait de
lui .envoyer de Berlin. « Obligé, nous dit
» M. Fétis, de séparer du drame la musi-
» que qui y est intimement liée, j'imaginai
» de réunir les morceaux de plusieurs scè-
» nés en un seul, au moyen de quelques
» mesures qui rendent les modulations na-
t> turelles, et d'exposer en peu de mots, dans
» le programme du concert, les situations et
» les péripéties dramatiques, afin que le
» public pût juger avec quel bonheur d'ex-
» pression le compositeur les avait rendues.
» 6es combinaisons eurent un plein suc-
» ces. » Et j'ajouterai qu'on les trouve
indiquées dans l'édition que viennent de
publier MM. Dafour et Brandus, les proprié-
taires des œuvres de Meyerbeer. Voici
maintenant de quelle façon l'illustre maître
donna son entière approbation au petit tra-
vail de raccord imaginé par le savant di-
recteur du Conservatoire belge. Je rends
la parole à M. Fétis « Instruit de ce grand
» succès qui touchait à son cœur d'artiste,
» Meyerbeer, alors à Paris, prit des infor-
» mations sur le jour fixé pour une nou-
» velle exécution de Strttensée, arriva in-
» cognilo à Bruxelles, se cacha dans un coin
D de la salle, et retourna à Paris le même
» soir ou le lendemain malin, sans m'avoir
» vu. Je n'appris cette circonstance que
» dans l'été suivant, lorsque, me promenant 't
D à Spa avec le maître dans un endroit so-
» litaire, il s'arrêta tout à coup, me prit
» les mains, et, après m'avoir conté l'anec-
» dote de son voyage, me dit que je l'avais
» rendu très heureux en m'identiftatità son
» sentiment dans la direction de l'exécution
» de son œuvre. Il m'apprit alors que son
corso et Sonnino, menacent de passer par notre
territoire du côté de Fondi et du Liris. On a
envoyé des renforts de ce côté.
Les paroles. prononcées par le roi d'Italie, à
l'occasion du jour de l'An, n'ort pas exercé une
heureuse influence sur notre Bourse. C'est sur
tout notre Cinq pour 100 qui s'en est ressenti
le plus gravement.
Le 18 décembre la frégate Gaeta et la cor-
vette à vapeur &uiscardo ont quitté notre port,
se dirigeant vers l'île de Candie.
La commission d'enquête sur la marine et le
ministre de l'instruction publique sont ici de-
puis trois ou quatre jours, pour étudier, l'une
la question du port, l'autre les questions plus
compliquées qui concernent l'instruction pu-
blique à tous les degrés.
Le général Nunziante, qui est Napolitain, a
été l'objet, en arrivant ici, d'une pplendide dé-
monstration, à cause de sa brillante conduite
pendant la dernière guerre.
Parmi nos hôtes, il faut citer la grande-du-
chesse d'Oldenbourg, avec ses deux tils et une
nombreuse suite. Elle est logée à l'hôtel Vitto-
rio.
Le ministère de l'intruction publique a acheté
plusieurs hectares de terrain sur l'emplacement
de la ville d'flerculanum pour y faire des
fouilles. P. David
On lit dans le Moniteur
Il résulte d'un relevé récent des forces mi-
litaires dont dispose le gouvernement du Saint-
Pà»8 que-1'armée pontifica4e-«'4t襀 •au-chiffr»
total de 12,000 hommes environ, recrutés en
grande partie dans les 'Etats romains, sauf
deux régimens absolument composés d'étran-
gers, la légion franco-romaIne dite d'Antibes,
et le régiment des zouaves pontificaux; ces
troupes sont commandées par 47 officiers gé-
néraux et supérieurs.
» Le territoire pontifical comprend deux
grands commandemens la première subdivi-
sion, sous les ordres du général de Courlen, se
compose des troupes cantonnées dans les pro-
vinces de Viterbe, Frosinone et Velletri, Civita-
Vecchia, Tivoli et la vallée de l'Anio, divisées
elles-mêmes en quatre zones confiées à des
colonels; la deuxième subdivision, commandée
par le général Zippi, occupe les différens postes
et points stratégiques de Rome.
On lit dans le Journal de Saint-Péters-
bourg
« L'attention générale reste attirée en pre-
mier lieu par les événement de Turquie. Nous
avons reçu plusieurs télégrammes qui y sont
relatifs. Ils viennent tous de Con tantinople, et
l'un d'eux, qui a été officiellement expédié de
la Porte, affirme que d'une extrémité à l'autre
la Crète est soumise à l'autorité légitime du
Stittaa, et qu'il ne reste plus qu'à dcikrrasser.
l'île de quelques aventuriers étrangers qui ont
fiû chercher un refuge dans les montagnes. C'est
la seconde ou ta troisième fois que le télégraphe
réduit à quelques aventuriers étraugers les
forces des insurgés qui tiennent encore.
̃*> Nous saurons bientôt si cette fois les in-
formations envoyées à Constantinople et ré-
oxpédiées de cette capitale sont exactes. Mais ce
que nous eouliaiterioms de lire au plus vite, c'est-
la nouvelle que le gouvernement du Sultan
s/est di':cid.-5 ù faire pour les populations curé
Hennés' ce qu'exigent la justice et la raison au
tant que la clémence, ce que réclament ensem-
ble de lui le sentiment intelligent d'une politi-
que prudente et les lois de l'humanité.
Quand les Tores auront vaincu les révoltés
de Candie, ils n'auront fait que surexciter les
haines de tous les chrétiens d'Orient et réveiller
pour ceux-ci les sympathies les p!us ardentes
de l'univers civilisé, s'ils ne savent en même
temps décréter la réorgam'?'ttiort indispensable,
qui seule peut prévenir la formation de futures
croisades insurrectionnelles on quelque autre
!Hanife3t;;t;on qui ferait biaguliôiement pâlir la
lueur du Croissaat devant la lumière radieuse
du signe chrétien delà rédemption. »
Le communiqué que nous avons publié
hier nous reproche de confondre les bons
de la Caisse des travaux de Paris avec les
bons de délégation. Ce reproche tombe à
faux, car nous avons signalé entre les deux
espèces de bons une difl'érenciR considérable
que le communiqué lui-même a relevée. Nous
avons dit que les uns formaient une dette
flottante régulière et les autres une dette
flottante irrégulière. Serait-ce confondre
» intention était de proposer un sujet à
»Seribe, pour un opéra dans lequel il
» pourrait mettre en relief la musique de
y> Slruensée qui, dans sa forme acluelle,
» ne pouvait être entendue que par des
» occasions exceptionnelles. Il est bien re-
» grettable qu'il n'ait pas réalisé depuis lors
» sa pensée. » M. Fétis me permettra de
ne pas le regretter autant que lui, et, tout
en m'abstenant de jeter l'ombre d'un doute
sur la confidence qui lui fut faite à Spa
par l'illustre maître, je prendrai la liberté
de dire à M. Fétis que, dans ce projet de
collaboration entre Scribe et Meyerbeer,
les rôles peuvent bien avoir été intervertis.
Il me souvient en effet que Meyerbeer, un
jour que j'étais chez lui à Berlin, me mon-
tra une grande armoire toute pleine de
manuscrits, en me disant « Il y a là-de-
» dans plus de musique de moi que vous n'en
» connaissez, et, entre autres morceaux iné-
» dits, tous ceux qui ont été retranchés de
» mes opéras le Prophète, les Huguenots et
» Robert-le-Diable. Malheureusement l'on-
» vertu re que j'avais composée pour ce der-
» nier ouvrage n'y est pas; où est-elle? je n'en
» sais rien; malgré les recherches les plus
» minutieuses, il m'a été impossible de la
» retrouver (1). Tous ces morceaux suppri-
» mes forment la valeur d'un opéra Scribe
» m'a proposé bien souvent de les utiliser;
» c'était chose facile pour lui que. d'écrire
» un libretto sur de la musique déjà faite,
» et je ne doute pas qu'il eût réussi à
» mettre en situation ces pages détachées
» d'œuvres différentes et a conserver à
D chacun de ces morceaux le caractère qui
» lui est propre je n'ai jamais voulu y con-
» sentir. »
(1) L'ouverture de FAfi'iatingj entièrement com-
posée par Meyei'bsoi", et dont il avait commencé
l'instrumentation, a ou la myinc sort qae celle do
B,ohtrtrle->D'uit>le. Apres la mort du maître on l'a a
vainement .cherchée parmi les nombreux manu-
scrits qu'il a laissés..
deux opérations que de dire de l'une qu'elle
est régulière et de l'autre qu'elle ne l'est
pas? Et ne sait-on pas. qu'en matière de
finances surtout, rien ne ressemble moins
à la régularité que l'irrégularité ?
Quant au fait en lui-même de l'irrégula-
rité, on nous renvoie à la Cour des comp-
tes. Il est bien entendu que nous n'avons
pas la prétention de connaître les rapports
de la préfecture de la Seine avec la Cour
des comptes; mais ce que nous savons, c'est
que la Cour des comptes a blâmé à Lyon,
à l'occasion de l'établissement d'une pro-
menade publique, les procédés financiers
qu'on emploie à Paris.
Sur tous les autres points, le commu-
niqué abonde dans notre sens. Le taux de
7 pour 100 est réel seulement on espère
qu'il est exceptionnel l'impossibilité de
diminuer les taxes est évidente seulement
on espère que les Parisiens ne trouvent
pas que ces taxes les grèvent. Nous n'avons
jamais soutenu que nous étions renseignés
sur toutes les négociations de bons, puisque
c'est justement ce compte des bons qui nous
manque et que nous demandons, et nous
savions bien .que les finances de la Ville
étaient trop engagées pour pouvoir dimi-
nuer les "taies, puisque c'est justement là
l'objet de notre critique. Léon Say.
La Gazette de Bavière publie l'ordonnance
suivante
« Louis II, par la gràce de Dieu, roi de Ba-
vière, etc.,
» En vertu du traité de paix conclu avec
S. M. le roi de Prusse le 22 août 1866, le dis-
trict de Guersfeld, un territoire situé autour
d'Orb et déterminé par le traité de paix de
Kaulsdorf, passent à S. M. le roi de Prusse.
» La remise formelle de ces territoires pos-
sédés jusqu'ici par notre maison royale devant
avoir lieu sans délai par notre plénipotentiaire,
le directeur Wenfried Hoerman de Kœrbach,
nous remplissons l'obligation qui nous a été
imposée par le traité, en affranchissant les ha-
bitans des territoires cédés à partir du jour
de la remise des liens politiques de notre Etat,
et en les déliant solennellement de leurs de-
voirs de service et de sujétion envers nous et
notre gouvernement, et en les invitant en même
temps à remplir de la même façon que jus-
qu'ici leurs devoirs de fidélitéet d'obéissance en-
vers leur nouveau souverain.
» C'est le cœur gros et en raison seulement
d'une nécessité inévitable que nous avons con-
senti à nous séparer de ceux qui étaient jus-
qu'ici nos fidèles sujets, et nous obéissons à
l'impulsion de nos sentimens paternels en
exprimant notre reconnaissance royale, au mo-
ment de l'adieu, à tous les habitans des ter-
ritoires cédés, pour l'obéissance qu'ils ont
témoignée à nous, et à notre maison royale, et
pour leur fidélité et leur attachement éprou-
vés, et y joignons l'assurance que nos vœux
les plus fincères de bonheur les accom-
pagneront toujours.
» En foi de quoi nous avons signé eu per-
sonne la présente patente, et y avons fait appo-
ser notre sceau royal. 1
» Munich, le S janvier 1867. 1ouis. »
» Louis. »
[Contre- signé par tous les minisires.)
On lit dans la Patrie
Nous trouvons dans les journaux améri-
cains les dépêches suivantes, relatives aux af-
faires mexicaines
« New-York, le 1er janvier 1867.
» Le steamer l'Alliance, parti de Vera-Cruz
le 21 décembre, est arrivé. Il apporte le ré-
?umé suivant de la proclamation du ministre
des affaires étrangères et de la marine, pu
bliée au nom de t'empereur et adressée au peu-
ple mexicain.
» Le ministre raconte l'arrivée de Maximilien
à Mexico et ses efforts énergiques pour la res-
tauration de l'ordre, l'annonce du prompt re-
trait des troupes françaises, le commencement
de la guerre civile, et la situation actuelle dan-
gereus;! pour le pays daas les circonstances
présentes.
» Il dit que l'emperenr a chargé le ministère
du devoir de réunir, sans délai, un Congrès
.Malgré toute l'autorité de M. Fétis, maigre
le respect que j'ai pour son jugement et la cou-
fiance que ses travaux m'inspirent, je ne suis
pas tout à fait convaincu que Meyerbeer ait
jamais eu l'intention formelle de sacrifier au
succès de la musique de Struensée la colla-
boration posthume de son frère Michaël.
D'ailleurs Meyerbeer avait pour cette œuvre
une prédilection toute particulière, et, ainsi
que le dit lui-même M. Fétis, la musique
et le drame « sont intimement liés l'un à
l'autre » de telle. sorte que si les exigences
de l'exécution les séparent, l'imagination
doit les réunir.
Michaël Béer, né à Berlin le 19 juillet
1800, mourut à Munich, à peine âgé de
trente-trois ans; la protection et l'estime
que lui accordait le roi Louis, ami des arts,
le retinrent plusieurs années dans cette
ville, où furent représentés Clytemnestre, le
Paria, la Fiancée d'Aragon et Struensée, qui
est considéré comme son chef-d'œuvre.
Entre la représentation de cet ouvrage à
Munich et la première audition de là mu-
sique de Meyerbeer au théâtre royal de
le 19 septembre 1846, il s'était
écoulé près d'une vingtaine d'années. La tra-
gédie de Michaël Béer, qui se joue aujourd'hui
sur la plupart des théâtres allemands sans
que les souverains y voient un danger pour
leur sùrefê personnelle et celle de leur
gouvernement, fut très longtemps avant'de
s'acclimater en Allemagne. Les doctrines
pt'êchées par le premier ministre du 'roi
Christian semblaient un peu trop imbues
de la philosophie du dix-huitième siècle aux
petits princes absolutistes, ennemis naturels
de toute révolution et de toute réforme
la noblesse se sentit attaquée dans les prin-
cipes mômes de sa constitution, et elle ne
permit pas qu'on vînt parier en plein théâ-
tre de l'abolition de ses privilèges, de la li-
berté de la presse et de la liberté de dis-
cussion, toutes choses. subversives au der-
nier degré. Le roi Louis, qui était poêle «ï
national. Le conseil s'occupe maintenant à pré-
parer les bases d'après lesquelles ce Congrès
serait réuni.
» La proclamation se termine par la phrase
suivante, fort importante en ce qui touche les
relations entre les Français et l'empereur Maxi-
milien
.« S. M. l'empereur a reçu ces derniers jours,
l'assurance la plus explicite du maréchal Bazaine
'que, conformément aux ordres de son souverain
Napoléon III, il coopérera avec lui, dans l'intérêt
de l'ordre et de la paix, et qu'il donnera au gou-
vernement de S. M. de l'appui pour mener à bien
ses plans, tant que les troupes françaises resteront
sur le territoire mexicain. »
Les journaux américains publient en outre
des correspondances dont nous extrayons les
faits suivans
« Les libéraux sont très actifs dans l'Etat de
Oajaca. On dit que Juarez y possède deux bri-
gades de troupes bien orgahisées.
» La Patria, en annonçant l'arrivée de l'em-
pereur à Puebla, dément Je bruit que les cris de
Mort aux Français et aux Nord-Américains
aient été proférés lorsque la détermination de,
l'empereur de rester au Mexique fut proclamée.
» Maximilien a décrété que toutes les Compa-
gnies commerciales et les manufacturiers four-
niraient en 1867 une somme de 2 millions de
dollars (10 millions de francs) pour les besoins
de l'Etat, mais de telle façon que cette contri-
bution ne dépassera pas 6 pour 100 sur le mon-
tant des profits des fabricans et commerçans.
» II a été aussi décrété que la propriété fon-
cière de l'empire contribuerait pour une somme
égale à 6 pour 100 de ce qu'elle rapporte.
» Quant la réorganisation de l'armée, on dit
que le commandement ne sera donné à aucun
des généraux aujourd'hui à la tête des divisions
territoriales. On présume que c'est l'empereur
qui prendra ce commandement.
» Tous les ministres de l'Etat sont mainte-
nant dans la capitale, où on attend l'empe-
reur. Félix Aucaiîns. »
On n'a publié jusqu'à présent que des
analyses plus ou moins incomplètes de
la correspondance diplomatique échangée
entre la Porte-Ottomane et le gouvernement
italien au sujet de l'affaire du Frincipe-
Tommaso.
Nous recevons aujourd'hui de notre cor-
respondant de Trieste le texte authentique,
1° de la Note adressée à ce sujet par M. le
comte della Croce, chargé d'affaires d'Italie,
au ministre des affaires étrangères du Sul-
tan, en date du 20 décembre dernier; 2° de
la réponse de S. A. Aali-Pacha, en date du
24 du même mois.
Nous avons à peine besoin de faire re-
marquer que le récit des faits, tel qu'il est
présenté par le ministre des affaires étran-
gères de la Porte-Ottomane, diffère sensi-
blement de l'exposé" des mêmes faits, tel
qu'on le trouve sous la plume du diplomate
italien. P. David.
M. le comte della Croce à S. A. Aali-Pacha.
Constaatinople, le 20 décembre 1866.'
Monsieur le ministre,
Pendant la nuit du 8 de ce mois, le paqueîrot-
poste italien Principe-Tornmaso appartenant
à la Société adriatico-orientale, venant de Brin- `
disi et se rendant à Alexandrie, fut inopinément
attaqué, dans les eaux de la Crète, par des croi-
seurs ottomans qui cherchèrent al'investir,bien
qu'il eût manœuvré pour obéir à la semonce
et eût envoyé immédiatement un canot vers
l'un des aseailians. Les navires ottomans ti-'
raient en même temps, à peu de. mètres de di-
stance, sur le bateau italien plusieurs coups de-
canon à boulet, qui l'atteignirent en lui eau-'
sant des avarie?..
Le simple exposé de ces faits suffira, j'espère
à Votre Altesse pour les lui faire apprécier àr
leur juste valeur.
Depuis bientôt cinq mois que la flotte otto-
mane bloque 1 île de Candie, cette flotte a pu
voir régulièrement toutes les semaines les pa-
quebots-poste de la Société adriatico-orientale
passant à jour fixe dans les eaux de l'Ile sui-
vant leur route pour leur destination. Les df-
mensions et la forme de ces paquebots au-1
raient dû suffire, ce me semble, à les faire re--
connaître, même en temps de nuit, par les ofv
liciers de l'escadre impériale: La seule o'îùod-
stance donc d'avoir arrêté un de ces navires
appartenant à une puissance qui a donne dans
ces derniers temps surtout, des preuves iucon-
testables de sa parfaite neutralité et de son
prince athénien, mit les vers iambiques de
Michaël Beer au-dessus des préjugés de
caste, et peut-être pensa-t-il aussi que le
dénoûment du drame était suffisamment'
terrible pour modérer les aspirations gé-
néreuses des uns et calmer les inquiétudes °
des autres: Mais, je le répète, le succès de' `:
Struensée fut' un succès tout à fait local1'-
dans le principe, et si, bien des années
après, il s'est propagé dans toute l'Allema- s
gne, on peut croire que la musique com-
posée par Meyerbeer n'y a pas nui.
La partition de Struensée renferme une
ouverture, des scènes de- mélodrame et des
entr'actes dont les plus remarquables et les
plus importans sont la Polonaise, l'Au-
berge du village, la scène et lé chœur de la
révolte, le rêve de Struensée, la marche fu-
nèbre et la bénédiction.
L'ouverture et la, Polonaise ont été plus
d une fois déjà admirées et applaudies par
ceux qui suivent assidûment les séances de
la Société du Conservatoire et les concerts
populaires dirigés par M. Pasdeloup. Je
préfère l'ouverture de Struensée à celle du
Prophète, et je ne crois pas que dans le
genre symphonique Meyerbeer ait jamais
rien écrit qui soit supérieur à cette belle
préface instrumentale. Les deux motifs
principaux y sont traités avec un art in-
fini, passent par une foule de modulations;
inattendues et de développemens ingénieux
se succèdent, se mêlent l'un à l'autre, et
aboutissent enfin à une péroraison où sont
très habilement prodiguées toutes les so-
norités de l'orchestre. Le thème dû final
étant le même que celui de l'introduction,
il est facile de se rendre compte du talent
avec lequel le compofiteur savait ménager
les effets d'opposition et présenter le même
sujet sous les aspects les plus variés. Le
premier mélodrame reproduit une phrase `
passionnée déjà entendue dans l'ouverture;
Kantzau a osé porter contre la reine une
accusation capital
tsp. 1>
MARE 15 JANVIER
i867.
'?. ON S'ABONNE .°.
à Rome, •
̃ chez pierre .merle, place Colonne;
Pour la Brasse et la Russie,
chez le directeur des postes, à Cologne
et à Sarrebr«ck (Prusse);
Pour l'Allemagne et l'Autriche, S\
chez le directeur des postes, à Kehl iBad if,
et chez M. G.-A. ALEXANDRE, à Slrashw&gL'S
ON S'ABONNE
tue des Prêtres-Saint-Germain-l'Auxerroii, H.
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8, place de la Bourse, \F §
et au bureau du journal \1
ellesdoiYenttouioursêtre agréées par laredabii
~S*-i. <
"T~ANCE
PARIS, 14 JANVIER.
Un décret impérial daté du 13 janvier,
et inséré au Moniteur de ce matin, érige
en archevêché Tévèché d'Alger, et crée
deux évèchés en Algérie, l'un à Oran, l'au-
tre à Constantine. Cette nouvelle organi-
sation de l'autorité religieuse dans notre
colonie était indiquée dans la lettre de l'Em-
pereur au maréchal Mac-Mahon, publiée
en 1865, et on s'attendait à la voir établie
dès l'année dernière. Un autre décret nomme
à l'archevêché d'Alger l'évêque actuel de
Nancy, Mgr Lavigerie à l'évéché d'Oran,
le desservant du Bon-Pasteur de Lyon, et
à l'évéché de Constantine, le desservant de
Notre-Dame d'Angers. Une dépêche télé-
graphique avait annoncé l'autre jour que
l'Empereur venait de choisir pour ce der-
nier siége épiscopal le supérieur des trap-
pistes de Staoueli, et que le Pape en avait
été informé officiellement. Ce n'est pas la
première fois qu'une dépêche nous trans-
met comme certaine une nouvelle absolu-
ment fausse. Celle-ci du moins n'était pas
dépourvue de vraisemblance. Malgré la
mort regrettable du dernier évéque d'Algc r,
Mgr Pavy, désigné à la fois, croyons-nous,
par l'opinion publique et par le choix dès
longtemps arrêté du gouvernement au siège
archiépiscopal qu'on allait créer, il devait
paraître probable qu'au moins l'un des nou-
veaux dignitaires serait choisi dans le clergé
régulier ou séculier de l'Algérie. {
Nous recevons aujourd'hui un résumé
télégraphique de la réponse du roi Victor-
Emmanuel à la députation du Parlement
italien chargée de lui présenter l'Adresse.
Ce discours, autant qu'on en peut juger
d'après l'analyse rapide qui nous en est
donnée, a une grande importance. Le roi
a dit qu'après les heureux résultats obtenus
en 1866, l'Italie avait encore à résoudre la
question financière et la question romaine.
Il espère que toutes les difficultés financières
seront bientôt surmontées, et il attend un
effet très favorable de la publication de l'ex-
posé de M. Scialoja. Pour ce qui regarde
Rome, c'est le temps, dit-il, qui doit résoudre
la question, « conformément aux aspirations
nationales. Cette expression serait très
vague, appliquée à toute autre question sur
laquelle les esprits seraient plus ou moins
divisés mais sur la question romaine il
y a une telle unanimité dans les « aspira-
tions » italiennes qu'il était à peu près
impossible cu roi d'employer des termes
plus nets. J ..̃̃. i '̃ < ̃̃̃̃
On a plusieurs fois annoncé, puis dé-
menti la solution du différend survenu entre
l'Italie et la Turquie. Ce matin-encore, nous
recevons une dépèche de Florence qui nous
annonce, d'après l'Italie, que l'affaire du
Principe -Tommaso est arrangée en principe,
et qu'il ne reste plus qu'à fixer l'indemnité
due par la Turquie à la -Compagnie pro-
priétaire du paquebot. Nous désirons que
cette nouvelle soit exacte mais nous de-
vons en même temps appeler toute l'atten-
tion de nos lecteurs sur deux doeutnens
diplomatiques qu'ils trouveront plus loin.
Le second de ces documens, émané dumi-
nistre des affaires étrangères de la Porle,
ne laissait pas prévoir une solution si
prompte de cette affaire.
FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS
DU 15 JANVIER 1867.
REVUE MUSICALE.
.9(f censée, tragédie d!' 6ficbai;l Beer, mu-
sique de G. Meyerbeer. Société des
concerts du Conservatoire de Stras-
bourg.
Je ne crois pas que la pensée soit ja-
mais venue à l'un de nos directeurs de
théâtre de nous donner une traduction de
Struensée, avec la musique composée par
Meyerbeer pour la tragédie de son frère.
La raison en est bien simple d'abord
nous avons Bertrand et Raton, ce qui, à
la rigueur, doit nous suffire ensuite il
semble tout aussi difficile de loger un ex-
callent orchestre dans un théâtre de drame
quede produire des tragédienssur une scène
lyrique. A Paris, plus que dans aucaue ville
civilisée, on a le respect des traditions et
des spécialités. Quand par hasard un théâtre
de vaudeville fait faire un peu de musique
chez lui, il a bien soin que cette musique
soit à la hauteur du talent de ses artistes
et au goût de son public si l'on a
vu la Comédie-Française s'imposer, pour
l'Ulysse de 51. Ponsard, pour Psyché et
pour Alhalie, des frais extraordinaires d'in-
strumentistes et de chanteurs, ce ne sont
là que des tentatives isolées, qui ont eulieu à
des intervalles très éloignés, et l'Odéon,
qui aurait pu imiter un si noble exemple
en nous donnant la Jeunesse de Gœihe, da
M. Blaze de Bury et de Meyerbeer, s'est abs.
tenu jusqu'ici. Certes je ne lui en fais pas un
reproche, car je sais que, d'après une des
clauses du testament de Meyerbeer, un cer-
tiia laps de temps devait s'écouter entre la
Nous recevons à la fois deux bien dou-
loureuses nouvelles deux des hommes qui
ont le plus honoré la France par leur ta-
lent pendant la première moitié de ce siècle
viennent demourir presqu'à la mêmebeure:
M. Ingres à Paris, et M. Cousin à Cannes.
Tout le monde sait quel succès obtint au-
trefois à la Sorbonne l'éloquent professeur
de philosophie; ses leçons resteront parmi
les plus brillans monumens de la littérature
française au dix-neuvième siècle. Ses der-
nières années furent consacrées à ces
charmantes études sur quelques femmes
célèbres, où l'on trouve l'union si rare
d'une érudition profonde et d'un mérite
littéraire de premier ordre.
La postérité placera certainement le nom
de M. Ingres à côté des noms les plus il-
lustres de l'art français. L'histoire nous
montre bien peu d'artistes ayant si glo-
rieusement parcouru une si longue car-
rière. Il était né en 1781. C'est en
1800 qu'il remporta le prix de pein-
ture il y a quelques années à peine qu'il
achevait cette admirable Source, l'un de
ses chefs-d'œuvre les plus populaires. Pen«
dant ces soixante années, toutes consa-
crées à l'art le plus élevé et le plus pur,
par combien d'autres chefs-d'œuvre n'a-
t-il pas forcé l'admiration des hommes
même que des préjugés d'école éloignaient
de lui Il est l'un de ces rares hommes
dont on peut dire non pas qu'ils meurent,
mais qu'ils entrent dans l'immortalité.
Le secrétaire', de la rédaction p. lUvu>.
BOURSE DE PARIS.
CLOTURE le 12. le 14. HAUSSE. BAISSE.
30/0
Comptant. 69 70 69 60 » »' »» 10.
Fin cour.. 69 721/2 69 60 » » » 121/2
Comptant. 99 » 98 75 » ». » 25.
Fin cour.. 97 » » » » ». » »
"S'eîcgi'ajiïtie privée.
Munich, le 13 janvier.
S'il faut en croire des avis du Mexique, ve-
nus par la voie de Trieste, la situation des par-
lis serait telle daus ce pays qu'on y considére-
rait comme certain un vote favorable au main-
tien de l'empire. La répuguaiice contre l'inter-
vention américaine serait universelle.
Berlin, le 13 janvier.
Il a été présenté à la Chambre des Seigneurs
un amendement tendant ù modifier l'article 69
du projet de loi (augmentation du nombre des
députe.-). Cet ammiUeinoul propo'e de cum
pleler, par ordonnance ruyale, la Chambre des
Si'-igueuis au moyeu de membres ptii dans les
pays annexés, et d'augmenter la deuxième
(Chambre de 80 membres nouveaux.
Florence, le 14 janvier.
L'Italie dit que la roi Victor-Emmanuel a reçu
ladépulaUou chargée de lui présenter l'Adresse.
S M., après s'être félicitée des résultats obtenus
par i:lta!ie eu 1866, a dit qu'il restait encore
deux. questions à résoudre des nuances
et celle de Rome.
llelali.vemint aux finances, le roi espère que
toutes les dillkultès seront bientôt, surmontées,
et que l'exposé financier de M. Scialoja dissi
pera bien des nuages. Quant à la question ro-
maine, c'est le temps qui doit la résoudre con-
formément aux aspirations nationales.
Le même journal annonce que l'affaire du
Prince-Thomas est arrangée en principe, et
qu'il ne reste plus qu'à fixer l'indemnité à
payer par \» Turquie à la Compagnie proprié-
taire du paquebot.
On croit que le comte Latour sera nommé
miuistro d'Italie au Japon.
Pointe-de- Galles, 1e 2â décembre.
Des avis de Shang liuï du 7 décembre etnnon
cent que la guerre civile au Japon est terminée.
Un incendie considérable a édalé à Yokoh'mi.
On évalue les pertes à 5 millions de dollars.
représentation de l'Africaine et celle du
drame de M- Blaze de Bury; seulement le
délai doit être expiré aujourd'hui.
Ce genre de pièces, qui participe à la fois
de l'opéra et du drame, est très goûté en'
Allemagne chez nous, il est peu répandu,
fet, dans une circonstance récente, la censure
fest même venue en aide ù la tradition en
interdisant les Deux Reines, de M. Ernest
Legouvé (de l'Académie française), pour
lesquelles M. Gounad avait écrit une par-
lition tout entière de belle et bonne mu-
sique. J'ai déjà dit que la difficulté de ré-
unir dans un même théâtre un orchestre
complet, des chanteurs et des acteurs tra-
giques, et puis aussi la crainte d'arriver à
la confusion des genres, nous empêchaient
de faire à Paris ce lui se fait dans la plu-
part des théâtres allemands. Tant pis pour
nous, tant pis pour le public, car, en étant
a des œuvres comme Slruensée et le Songe
d'une nuit d'été, par exemple, l'intérêt du
drame et le prestige de la mise en scène,
on les amoindrit considérablement. Ainsi
nous ne pouvons dire que nous sommes
tout à fait initiés aux beautés des Ruines
d'Athènes et d'Egmont, parée que nous
avons entendu des fragmens de ces œuvres
exécutés dans nos concerts. Mieux vaut ce-
pendant qu'il en soit ainsi que d'assister à
des travestissemens dans le genre de ceux
qui nons ont été offerts et que nous avons
blâmés bien des fois.
Puisqu'on annonce l'exécution complète
de la partition de Struensée à l'une des
prochaines réunions de l'Athénée, il faut
donc nous en réjouir et ne pas demander
davantage. Mais en vue d'une solennité
qui, par exception, attirera sans doute un
public nombreux dans la petite salle de la
rue Scribe, il n'est peut-être pas sans in-
térêt de- donner, par anticipation, l'analyse
du drame et celle do la, partition. Oisons
d'abord à qui revient la primeur de cette
excellente idée, qui nous permettra de ju-
New-York, le 12 janvier, soir.
Or, 134 1/2; change sur Londres, 109 1/4; i
Bonds américains 1882, 107 3/8.
(Service télégraphique Havat-Bullier)
Service de nuit.
Berlin, le 14 janvier.
Lot projet de loi tendant à augmenter le
chiffre des membres de la Chambre desDépu-
tés, par suite des annexions, a donné lieu au-
jourd'hui à la Chambre des Seigneurs à de vifs
débats. ·
Le ministre de l'intérieur a déclaré que le
gouvernement désirait très vivement le main-
tien de la vieille entente avec la Chambre des
Seigneurs.
Le paragraphe 1er du projet de loi a été
adopte, à l'appel nominal, par 54 voix contre 48.
L'amendement Krœcher a été rejeté.
Berlin, le 14 janvier.
L'ambassade japonaise est arrivée ici. Elle a
été reçue par le président du conseil et par
l'ambassadeur de Russie. L'ambassade japonaise
se rend d'ici à Saial-Pétersbourg.
La Gazette de la Croix demande que le gouver-
nement présente- des candidats au Parlement
du Nord.
Berlin, le 14 janvier.
L'envoyé d'Italie, M- de Barrai, est parti pour
Florence, pour affaires de famille.
Les journaux du soir, répondant à l'assertion
.d'un journal de Paris, «Mi&tatent que le comte
de Moltkè est actuellement à Berlin.
Bucharest., le 13 janvier.
Le prince a reçu, à l'occasion du nouvel an,
les félicitations des grands corps de l'État et du
cabinet. Le président de la Chambre des Dépu-
tés a prononcé une allocution dans laquelle il
a exprimé le profond dévouement du pays. La
prince a fait à tout le monde, comme d'habi-
tude, l'accueil le plus affable.
Florence, le 14 janvier.
Chambre des Députés. M. Friscia annonce
qu'il adressera une interpellation au cabinet
au sujet des évônemens de Palerme.
M. Mordini considère une interpellation
comme inutile et propose une enquête parle-
mentaire'à l'effet d'examiner les besoins de
Palerme et d'indiquer les remèdes à. y apporter.
Le ministre de l'intérieur accepte l'enquête,
pourvu qu'elle ne signifie pas une censure. Il
dit qu'une interpellation est inutile, tous les
documens ayant été publiés.
Plusieurs orateurs sont entendus.
L'interpellation est retirée.
La proposition de M. Mordini est renvoyée
aux bureaux.
Londres, le 14 janvier, soir.
Consolidés anglais, 9t Consolidés turcs, 32
Bonds américains, 73; Mexicain Trois pour 100
ancien, 18 1/8; Mexicaiu Trois poar 400 nou-
veau, 12 1/2 Espagnol Trois pour 100, Différée,
32; Passive, 22 1/8; Italien Cinq pour 100,1861,
53 1/4 Portugais Trois pour 100, 43 1/2.
(Service télégraphique Havas-Bullier.)
Voici, le résumé de notre correspondance
de Naples, en date du 7 janvier
Un fait d'une grande importance s'est ac-
compli à Naples comme dans toute l'Italie tous
les moines ont quitté leurs couvens. S'il y a
des exceptions, c'est dans quelques petites :om-
rnur.es, où les municipes ont tà.-hé d'obienir
la propriété des couvens, atin d'y maintenir les
moines, qui ne sont pas impopulaires dan3 nos
provinces.
Leur suppression l gale ne les a pas fait did
parsltre. Loin de là n'étant plus cloîtrés, en
les voit plus souvent dans les rues à toutes les
heures du jour. On a étô frappé ici do la rési-
gnation, on peut presque dire de l'iiidill'érence
avec laquelle iis ont accepté leur sort. « C'est
la volonté de Dieu n, onl-ib répété; mais on
dirait, en géaéral, que cette volonté ne leur pa-
raît pas trop rude.
Ce qui a paru aussi très significatif, c'est que
la vigueur avec laquelle on a exécuté la loi qui
frappait les Ordres monastiques, qu'on a tou-
jours regardés comme les armées de l'Eglise,
n'a pas causé la moindre altération dans t'en-
tente cordiale qui continue à régner entre le
gouvernement et le cardinal-archevêque de Na-
ples. C'est au point que les eufans perdus du
parti ne se montrent pas édifiés de l'attitude de
ce dernier; ils commencent à i accuser de s'être
laissé gagner par la révolution.
Le brigandage fait de véritables ravages dans
la province de Frosinone. De nouvelles bandes,
formées dans les Etats pontificaux, entre Vaile-
ger dans son ensemble une œuvre dont
nous ne connaissions jusqu'ici que deux
fragmens principaux l'ouverture et la po-
lonaise. C'est M. Féiis qui le premier fit
exécuter à Bruxelles, par la Société des
concerts du Conservatoire, dont il est k
chef d'orchestre et le directeur, la musi-
que de Strueûsée, que Meyerbeer venait de
lui .envoyer de Berlin. « Obligé, nous dit
» M. Fétis, de séparer du drame la musi-
» que qui y est intimement liée, j'imaginai
» de réunir les morceaux de plusieurs scè-
» nés en un seul, au moyen de quelques
» mesures qui rendent les modulations na-
t> turelles, et d'exposer en peu de mots, dans
» le programme du concert, les situations et
» les péripéties dramatiques, afin que le
» public pût juger avec quel bonheur d'ex-
» pression le compositeur les avait rendues.
» 6es combinaisons eurent un plein suc-
» ces. » Et j'ajouterai qu'on les trouve
indiquées dans l'édition que viennent de
publier MM. Dafour et Brandus, les proprié-
taires des œuvres de Meyerbeer. Voici
maintenant de quelle façon l'illustre maître
donna son entière approbation au petit tra-
vail de raccord imaginé par le savant di-
recteur du Conservatoire belge. Je rends
la parole à M. Fétis « Instruit de ce grand
» succès qui touchait à son cœur d'artiste,
» Meyerbeer, alors à Paris, prit des infor-
» mations sur le jour fixé pour une nou-
» velle exécution de Strttensée, arriva in-
» cognilo à Bruxelles, se cacha dans un coin
D de la salle, et retourna à Paris le même
» soir ou le lendemain malin, sans m'avoir
» vu. Je n'appris cette circonstance que
» dans l'été suivant, lorsque, me promenant 't
D à Spa avec le maître dans un endroit so-
» litaire, il s'arrêta tout à coup, me prit
» les mains, et, après m'avoir conté l'anec-
» dote de son voyage, me dit que je l'avais
» rendu très heureux en m'identiftatità son
» sentiment dans la direction de l'exécution
» de son œuvre. Il m'apprit alors que son
corso et Sonnino, menacent de passer par notre
territoire du côté de Fondi et du Liris. On a
envoyé des renforts de ce côté.
Les paroles. prononcées par le roi d'Italie, à
l'occasion du jour de l'An, n'ort pas exercé une
heureuse influence sur notre Bourse. C'est sur
tout notre Cinq pour 100 qui s'en est ressenti
le plus gravement.
Le 18 décembre la frégate Gaeta et la cor-
vette à vapeur &uiscardo ont quitté notre port,
se dirigeant vers l'île de Candie.
La commission d'enquête sur la marine et le
ministre de l'instruction publique sont ici de-
puis trois ou quatre jours, pour étudier, l'une
la question du port, l'autre les questions plus
compliquées qui concernent l'instruction pu-
blique à tous les degrés.
Le général Nunziante, qui est Napolitain, a
été l'objet, en arrivant ici, d'une pplendide dé-
monstration, à cause de sa brillante conduite
pendant la dernière guerre.
Parmi nos hôtes, il faut citer la grande-du-
chesse d'Oldenbourg, avec ses deux tils et une
nombreuse suite. Elle est logée à l'hôtel Vitto-
rio.
Le ministère de l'intruction publique a acheté
plusieurs hectares de terrain sur l'emplacement
de la ville d'flerculanum pour y faire des
fouilles. P. David
On lit dans le Moniteur
Il résulte d'un relevé récent des forces mi-
litaires dont dispose le gouvernement du Saint-
Pà»8 que-1'armée pontifica4e-«'4t襀 •au-chiffr»
total de 12,000 hommes environ, recrutés en
grande partie dans les 'Etats romains, sauf
deux régimens absolument composés d'étran-
gers, la légion franco-romaIne dite d'Antibes,
et le régiment des zouaves pontificaux; ces
troupes sont commandées par 47 officiers gé-
néraux et supérieurs.
» Le territoire pontifical comprend deux
grands commandemens la première subdivi-
sion, sous les ordres du général de Courlen, se
compose des troupes cantonnées dans les pro-
vinces de Viterbe, Frosinone et Velletri, Civita-
Vecchia, Tivoli et la vallée de l'Anio, divisées
elles-mêmes en quatre zones confiées à des
colonels; la deuxième subdivision, commandée
par le général Zippi, occupe les différens postes
et points stratégiques de Rome.
On lit dans le Journal de Saint-Péters-
bourg
« L'attention générale reste attirée en pre-
mier lieu par les événement de Turquie. Nous
avons reçu plusieurs télégrammes qui y sont
relatifs. Ils viennent tous de Con tantinople, et
l'un d'eux, qui a été officiellement expédié de
la Porte, affirme que d'une extrémité à l'autre
la Crète est soumise à l'autorité légitime du
Stittaa, et qu'il ne reste plus qu'à dcikrrasser.
l'île de quelques aventuriers étrangers qui ont
fiû chercher un refuge dans les montagnes. C'est
la seconde ou ta troisième fois que le télégraphe
réduit à quelques aventuriers étraugers les
forces des insurgés qui tiennent encore.
̃*> Nous saurons bientôt si cette fois les in-
formations envoyées à Constantinople et ré-
oxpédiées de cette capitale sont exactes. Mais ce
que nous eouliaiterioms de lire au plus vite, c'est-
la nouvelle que le gouvernement du Sultan
s/est di':cid.-5 ù faire pour les populations curé
Hennés' ce qu'exigent la justice et la raison au
tant que la clémence, ce que réclament ensem-
ble de lui le sentiment intelligent d'une politi-
que prudente et les lois de l'humanité.
Quand les Tores auront vaincu les révoltés
de Candie, ils n'auront fait que surexciter les
haines de tous les chrétiens d'Orient et réveiller
pour ceux-ci les sympathies les p!us ardentes
de l'univers civilisé, s'ils ne savent en même
temps décréter la réorgam'?'ttiort indispensable,
qui seule peut prévenir la formation de futures
croisades insurrectionnelles on quelque autre
!Hanife3t;;t;on qui ferait biaguliôiement pâlir la
lueur du Croissaat devant la lumière radieuse
du signe chrétien delà rédemption. »
Le communiqué que nous avons publié
hier nous reproche de confondre les bons
de la Caisse des travaux de Paris avec les
bons de délégation. Ce reproche tombe à
faux, car nous avons signalé entre les deux
espèces de bons une difl'érenciR considérable
que le communiqué lui-même a relevée. Nous
avons dit que les uns formaient une dette
flottante régulière et les autres une dette
flottante irrégulière. Serait-ce confondre
» intention était de proposer un sujet à
»Seribe, pour un opéra dans lequel il
» pourrait mettre en relief la musique de
y> Slruensée qui, dans sa forme acluelle,
» ne pouvait être entendue que par des
» occasions exceptionnelles. Il est bien re-
» grettable qu'il n'ait pas réalisé depuis lors
» sa pensée. » M. Fétis me permettra de
ne pas le regretter autant que lui, et, tout
en m'abstenant de jeter l'ombre d'un doute
sur la confidence qui lui fut faite à Spa
par l'illustre maître, je prendrai la liberté
de dire à M. Fétis que, dans ce projet de
collaboration entre Scribe et Meyerbeer,
les rôles peuvent bien avoir été intervertis.
Il me souvient en effet que Meyerbeer, un
jour que j'étais chez lui à Berlin, me mon-
tra une grande armoire toute pleine de
manuscrits, en me disant « Il y a là-de-
» dans plus de musique de moi que vous n'en
» connaissez, et, entre autres morceaux iné-
» dits, tous ceux qui ont été retranchés de
» mes opéras le Prophète, les Huguenots et
» Robert-le-Diable. Malheureusement l'on-
» vertu re que j'avais composée pour ce der-
» nier ouvrage n'y est pas; où est-elle? je n'en
» sais rien; malgré les recherches les plus
» minutieuses, il m'a été impossible de la
» retrouver (1). Tous ces morceaux suppri-
» mes forment la valeur d'un opéra Scribe
» m'a proposé bien souvent de les utiliser;
» c'était chose facile pour lui que. d'écrire
» un libretto sur de la musique déjà faite,
» et je ne doute pas qu'il eût réussi à
» mettre en situation ces pages détachées
» d'œuvres différentes et a conserver à
D chacun de ces morceaux le caractère qui
» lui est propre je n'ai jamais voulu y con-
» sentir. »
(1) L'ouverture de FAfi'iatingj entièrement com-
posée par Meyei'bsoi", et dont il avait commencé
l'instrumentation, a ou la myinc sort qae celle do
B,ohtrtrle->D'uit>le. Apres la mort du maître on l'a a
vainement .cherchée parmi les nombreux manu-
scrits qu'il a laissés..
deux opérations que de dire de l'une qu'elle
est régulière et de l'autre qu'elle ne l'est
pas? Et ne sait-on pas. qu'en matière de
finances surtout, rien ne ressemble moins
à la régularité que l'irrégularité ?
Quant au fait en lui-même de l'irrégula-
rité, on nous renvoie à la Cour des comp-
tes. Il est bien entendu que nous n'avons
pas la prétention de connaître les rapports
de la préfecture de la Seine avec la Cour
des comptes; mais ce que nous savons, c'est
que la Cour des comptes a blâmé à Lyon,
à l'occasion de l'établissement d'une pro-
menade publique, les procédés financiers
qu'on emploie à Paris.
Sur tous les autres points, le commu-
niqué abonde dans notre sens. Le taux de
7 pour 100 est réel seulement on espère
qu'il est exceptionnel l'impossibilité de
diminuer les taxes est évidente seulement
on espère que les Parisiens ne trouvent
pas que ces taxes les grèvent. Nous n'avons
jamais soutenu que nous étions renseignés
sur toutes les négociations de bons, puisque
c'est justement ce compte des bons qui nous
manque et que nous demandons, et nous
savions bien .que les finances de la Ville
étaient trop engagées pour pouvoir dimi-
nuer les "taies, puisque c'est justement là
l'objet de notre critique. Léon Say.
La Gazette de Bavière publie l'ordonnance
suivante
« Louis II, par la gràce de Dieu, roi de Ba-
vière, etc.,
» En vertu du traité de paix conclu avec
S. M. le roi de Prusse le 22 août 1866, le dis-
trict de Guersfeld, un territoire situé autour
d'Orb et déterminé par le traité de paix de
Kaulsdorf, passent à S. M. le roi de Prusse.
» La remise formelle de ces territoires pos-
sédés jusqu'ici par notre maison royale devant
avoir lieu sans délai par notre plénipotentiaire,
le directeur Wenfried Hoerman de Kœrbach,
nous remplissons l'obligation qui nous a été
imposée par le traité, en affranchissant les ha-
bitans des territoires cédés à partir du jour
de la remise des liens politiques de notre Etat,
et en les déliant solennellement de leurs de-
voirs de service et de sujétion envers nous et
notre gouvernement, et en les invitant en même
temps à remplir de la même façon que jus-
qu'ici leurs devoirs de fidélitéet d'obéissance en-
vers leur nouveau souverain.
» C'est le cœur gros et en raison seulement
d'une nécessité inévitable que nous avons con-
senti à nous séparer de ceux qui étaient jus-
qu'ici nos fidèles sujets, et nous obéissons à
l'impulsion de nos sentimens paternels en
exprimant notre reconnaissance royale, au mo-
ment de l'adieu, à tous les habitans des ter-
ritoires cédés, pour l'obéissance qu'ils ont
témoignée à nous, et à notre maison royale, et
pour leur fidélité et leur attachement éprou-
vés, et y joignons l'assurance que nos vœux
les plus fincères de bonheur les accom-
pagneront toujours.
» En foi de quoi nous avons signé eu per-
sonne la présente patente, et y avons fait appo-
ser notre sceau royal. 1
» Munich, le S janvier 1867. 1ouis. »
» Louis. »
[Contre- signé par tous les minisires.)
On lit dans la Patrie
Nous trouvons dans les journaux améri-
cains les dépêches suivantes, relatives aux af-
faires mexicaines
« New-York, le 1er janvier 1867.
» Le steamer l'Alliance, parti de Vera-Cruz
le 21 décembre, est arrivé. Il apporte le ré-
?umé suivant de la proclamation du ministre
des affaires étrangères et de la marine, pu
bliée au nom de t'empereur et adressée au peu-
ple mexicain.
» Le ministre raconte l'arrivée de Maximilien
à Mexico et ses efforts énergiques pour la res-
tauration de l'ordre, l'annonce du prompt re-
trait des troupes françaises, le commencement
de la guerre civile, et la situation actuelle dan-
gereus;! pour le pays daas les circonstances
présentes.
» Il dit que l'emperenr a chargé le ministère
du devoir de réunir, sans délai, un Congrès
.Malgré toute l'autorité de M. Fétis, maigre
le respect que j'ai pour son jugement et la cou-
fiance que ses travaux m'inspirent, je ne suis
pas tout à fait convaincu que Meyerbeer ait
jamais eu l'intention formelle de sacrifier au
succès de la musique de Struensée la colla-
boration posthume de son frère Michaël.
D'ailleurs Meyerbeer avait pour cette œuvre
une prédilection toute particulière, et, ainsi
que le dit lui-même M. Fétis, la musique
et le drame « sont intimement liés l'un à
l'autre » de telle. sorte que si les exigences
de l'exécution les séparent, l'imagination
doit les réunir.
Michaël Béer, né à Berlin le 19 juillet
1800, mourut à Munich, à peine âgé de
trente-trois ans; la protection et l'estime
que lui accordait le roi Louis, ami des arts,
le retinrent plusieurs années dans cette
ville, où furent représentés Clytemnestre, le
Paria, la Fiancée d'Aragon et Struensée, qui
est considéré comme son chef-d'œuvre.
Entre la représentation de cet ouvrage à
Munich et la première audition de là mu-
sique de Meyerbeer au théâtre royal de
le 19 septembre 1846, il s'était
écoulé près d'une vingtaine d'années. La tra-
gédie de Michaël Béer, qui se joue aujourd'hui
sur la plupart des théâtres allemands sans
que les souverains y voient un danger pour
leur sùrefê personnelle et celle de leur
gouvernement, fut très longtemps avant'de
s'acclimater en Allemagne. Les doctrines
pt'êchées par le premier ministre du 'roi
Christian semblaient un peu trop imbues
de la philosophie du dix-huitième siècle aux
petits princes absolutistes, ennemis naturels
de toute révolution et de toute réforme
la noblesse se sentit attaquée dans les prin-
cipes mômes de sa constitution, et elle ne
permit pas qu'on vînt parier en plein théâ-
tre de l'abolition de ses privilèges, de la li-
berté de la presse et de la liberté de dis-
cussion, toutes choses. subversives au der-
nier degré. Le roi Louis, qui était poêle «ï
national. Le conseil s'occupe maintenant à pré-
parer les bases d'après lesquelles ce Congrès
serait réuni.
» La proclamation se termine par la phrase
suivante, fort importante en ce qui touche les
relations entre les Français et l'empereur Maxi-
milien
.« S. M. l'empereur a reçu ces derniers jours,
l'assurance la plus explicite du maréchal Bazaine
'que, conformément aux ordres de son souverain
Napoléon III, il coopérera avec lui, dans l'intérêt
de l'ordre et de la paix, et qu'il donnera au gou-
vernement de S. M. de l'appui pour mener à bien
ses plans, tant que les troupes françaises resteront
sur le territoire mexicain. »
Les journaux américains publient en outre
des correspondances dont nous extrayons les
faits suivans
« Les libéraux sont très actifs dans l'Etat de
Oajaca. On dit que Juarez y possède deux bri-
gades de troupes bien orgahisées.
» La Patria, en annonçant l'arrivée de l'em-
pereur à Puebla, dément Je bruit que les cris de
Mort aux Français et aux Nord-Américains
aient été proférés lorsque la détermination de,
l'empereur de rester au Mexique fut proclamée.
» Maximilien a décrété que toutes les Compa-
gnies commerciales et les manufacturiers four-
niraient en 1867 une somme de 2 millions de
dollars (10 millions de francs) pour les besoins
de l'Etat, mais de telle façon que cette contri-
bution ne dépassera pas 6 pour 100 sur le mon-
tant des profits des fabricans et commerçans.
» II a été aussi décrété que la propriété fon-
cière de l'empire contribuerait pour une somme
égale à 6 pour 100 de ce qu'elle rapporte.
» Quant la réorganisation de l'armée, on dit
que le commandement ne sera donné à aucun
des généraux aujourd'hui à la tête des divisions
territoriales. On présume que c'est l'empereur
qui prendra ce commandement.
» Tous les ministres de l'Etat sont mainte-
nant dans la capitale, où on attend l'empe-
reur. Félix Aucaiîns. »
On n'a publié jusqu'à présent que des
analyses plus ou moins incomplètes de
la correspondance diplomatique échangée
entre la Porte-Ottomane et le gouvernement
italien au sujet de l'affaire du Frincipe-
Tommaso.
Nous recevons aujourd'hui de notre cor-
respondant de Trieste le texte authentique,
1° de la Note adressée à ce sujet par M. le
comte della Croce, chargé d'affaires d'Italie,
au ministre des affaires étrangères du Sul-
tan, en date du 20 décembre dernier; 2° de
la réponse de S. A. Aali-Pacha, en date du
24 du même mois.
Nous avons à peine besoin de faire re-
marquer que le récit des faits, tel qu'il est
présenté par le ministre des affaires étran-
gères de la Porte-Ottomane, diffère sensi-
blement de l'exposé" des mêmes faits, tel
qu'on le trouve sous la plume du diplomate
italien. P. David.
M. le comte della Croce à S. A. Aali-Pacha.
Constaatinople, le 20 décembre 1866.'
Monsieur le ministre,
Pendant la nuit du 8 de ce mois, le paqueîrot-
poste italien Principe-Tornmaso appartenant
à la Société adriatico-orientale, venant de Brin- `
disi et se rendant à Alexandrie, fut inopinément
attaqué, dans les eaux de la Crète, par des croi-
seurs ottomans qui cherchèrent al'investir,bien
qu'il eût manœuvré pour obéir à la semonce
et eût envoyé immédiatement un canot vers
l'un des aseailians. Les navires ottomans ti-'
raient en même temps, à peu de. mètres de di-
stance, sur le bateau italien plusieurs coups de-
canon à boulet, qui l'atteignirent en lui eau-'
sant des avarie?..
Le simple exposé de ces faits suffira, j'espère
à Votre Altesse pour les lui faire apprécier àr
leur juste valeur.
Depuis bientôt cinq mois que la flotte otto-
mane bloque 1 île de Candie, cette flotte a pu
voir régulièrement toutes les semaines les pa-
quebots-poste de la Société adriatico-orientale
passant à jour fixe dans les eaux de l'Ile sui-
vant leur route pour leur destination. Les df-
mensions et la forme de ces paquebots au-1
raient dû suffire, ce me semble, à les faire re--
connaître, même en temps de nuit, par les ofv
liciers de l'escadre impériale: La seule o'îùod-
stance donc d'avoir arrêté un de ces navires
appartenant à une puissance qui a donne dans
ces derniers temps surtout, des preuves iucon-
testables de sa parfaite neutralité et de son
prince athénien, mit les vers iambiques de
Michaël Beer au-dessus des préjugés de
caste, et peut-être pensa-t-il aussi que le
dénoûment du drame était suffisamment'
terrible pour modérer les aspirations gé-
néreuses des uns et calmer les inquiétudes °
des autres: Mais, je le répète, le succès de' `:
Struensée fut' un succès tout à fait local1'-
dans le principe, et si, bien des années
après, il s'est propagé dans toute l'Allema- s
gne, on peut croire que la musique com-
posée par Meyerbeer n'y a pas nui.
La partition de Struensée renferme une
ouverture, des scènes de- mélodrame et des
entr'actes dont les plus remarquables et les
plus importans sont la Polonaise, l'Au-
berge du village, la scène et lé chœur de la
révolte, le rêve de Struensée, la marche fu-
nèbre et la bénédiction.
L'ouverture et la, Polonaise ont été plus
d une fois déjà admirées et applaudies par
ceux qui suivent assidûment les séances de
la Société du Conservatoire et les concerts
populaires dirigés par M. Pasdeloup. Je
préfère l'ouverture de Struensée à celle du
Prophète, et je ne crois pas que dans le
genre symphonique Meyerbeer ait jamais
rien écrit qui soit supérieur à cette belle
préface instrumentale. Les deux motifs
principaux y sont traités avec un art in-
fini, passent par une foule de modulations;
inattendues et de développemens ingénieux
se succèdent, se mêlent l'un à l'autre, et
aboutissent enfin à une péroraison où sont
très habilement prodiguées toutes les so-
norités de l'orchestre. Le thème dû final
étant le même que celui de l'introduction,
il est facile de se rendre compte du talent
avec lequel le compofiteur savait ménager
les effets d'opposition et présenter le même
sujet sous les aspects les plus variés. Le
premier mélodrame reproduit une phrase `
passionnée déjà entendue dans l'ouverture;
Kantzau a osé porter contre la reine une
accusation capital
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