Titre : La Dépêche bretonne : Courrier d'Ille-et-Vilaine : journal républicain hebdomadaire : revue politique, agricole et commerciale de la semaine
Éditeur : [s.n.] (Rennes)
Date d'édition : 1903-05-03
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327559179
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 03 mai 1903 03 mai 1903
Description : 1903/05/03 (N18). 1903/05/03 (N18).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG35 Collection numérique : BIPFPIG35
Description : Collection numérique : Fonds régional : Bretagne Collection numérique : Fonds régional : Bretagne
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4537654m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-13369
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 07/03/2017
VINGT-TROISIEME ANNEE — NM 8.
LE NUMÉRO : CINf CENTIMES
DIMANCHE 8 MAI 1903.
ONIQUE DE REDON
Journal Républicain Hebdomadaire, Revue Politique, Agricole et Commerciale de la Semaine
ÂBOMlEfflEWTS
Ille-et-Vilaine et Departements limitrophes :
Un An 5 francs.
L’abonnement se paie d’avance et part des 1 er et J5 de chaque mois.
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Les Faits
de laSemaine
VENDREDI. — De nombreuses dé
libérations d’un caractère politique ont
été émises par les conseils généraux dans
leurs réunions.
Le plus grand nombre ont approuvé la
S oïilique gouvernementale et ont envoyé
es adresses de félicitations au président
de la République. Les conseils généraux
qui ont blâmé le ministère sont en infime
minorité.
Le désavœu infligé par M. Déroulède
aux provocations du journal la Patrie,
au sujet du voyage d'Edouard VII à Pa
ris, continue à faire 1 objet de toutes les
conversations. On parle beaucoup aussi
du voyage probable de M. Loubet à
Londres.
On mande de Rome que M. Loubet,
président de la République, que avait
déjà antérieurement remercié le roi Vic-
tor-Emmanu*l d’avoir envoyé une divi
sion de l’esta ire italienne à Alger, lui à
télégraphié pour lui exprimer ses senti
ments de gratitude pour l’accueil qui a
été réservé en Italie à M. Chaumié.
M. Chaumié rencontre à Denise les
mêmes sympathies qui lui avaient été
témoignées à Rome. Au déjeuner offert
{ >ar la municipalité, le maire a évoqué
es liens politiques qui unissent l’Italie à
la France. Le ministre de l’Instruction
publique, de son côté, s’est fait vivsment
applaudir en prononçant un discours de
fort belle allure à la cérémonie solennelle
de la pose de la première pierre du cam
panile de Saint-Marc.
* V.
* *
SAMEDI. — L’assassin deM. David
Syndon, dont la peine a été commuée
en celie de dix ans de réclusion, vient
d’être transféré à la prison de Melun.
Le prisonnier est affecté à l’atelier d im-
Î irimerie. Cet atelier ne comprend d’ail-
eurs que les condamnas ayant une cer
taine instruction. Ce sont les intellectuels
de l’établissement.
*
* *
DIMANCHE. — Une élection sé
natoriale en remplacement de M. Raynal,
décédé, a eu lieu dans la Gironde.
M. Decrais, député, ancien ministre des
colonies dans le cabinet WaHeck-Rous
seau, a été élu par 741 voix contre 492
à M. Fernand Faure, ancien député.
On a inauguré à Corancez le monu
ment élevé aux enfants de Brïerre, vic
times de l’horrible drame que l’on con
naît.
Le banquet annuel de l’hôpital français
à Londres, a eu lieu sous la présidence
de M. Paul Cambon, ambassadeur g le
France à Londres.
M. Cambon, en portant un toast en
l’honneur de M. Loubet, a fait allusion
à la présence des escadres étrangères à
Alger et notamment à celle de l’Angle
terre qui s’est spécialement déplacée pour
cette occasion.
M. Catnbôn leva ensuite son verre à
la santé du roi Edouard, de la reine
Alexandra et de la famille royale.
Parlant du voyage que doit faire le roi
d’Angleterre à Paris, M. Cambon s’ex
prime en ces termes :
< Personne n’y a oublié le prince de
Galles, et cette visite ne peut que
resserrer les bonnes et cordiales relations
existant entre les deux pays *.
L’ambassadeur porta ensuite un toast
aux fondateurs et bienfaiteurs de l’hôpi
tal, au corps diplomatique, au lord-maire
et aux shérifs de Londres, aux médecins
et à la commission de l’hôpital. M. Carlon,
ministre de Suisse, prend la parole au
nom de la Suisse et rappeUe les bons
liens traditionnels entre les deux Répu
bliques. Une ovation fut faite au lord-
maire lorsqu’il parla.
Le docteur Ogilvie a ensuite prononcé
un discours qui fut des plus goûtés. Le
lord-maire a fait l’éloge de M Cambon,
et une soirée musicale a terminé cette
réunion.
*
¥ ¥
EIJNDI. — L’ambassadeur des Etats-
Unis à Saint Pétersbourg a reçu l’ordre
de présenter une note qui, sous couleur
de demande d’éclaircissèment 5 *, contient
une vigoureuse protestation contre l'atti
tude de la Russie en Mandchourie.
Le roi des Belges se trouve actuelle
ment incognito à Paris; il y séjournera
jusqu’à la fm du mois.
MARDI. — La résistance des con
grégations s’affirme. Des manifestations
nouvelles ont eu lieu à Marseille Des
bagarres se sont produites autour du
couvent des Capucins.
On mande de Grenoble que le préfet
est parti pour la Gt ande-Chartreuse,
afin de diriger lu : -même l'expulsion des
religieux. Un bataillon du 440 est parti
par train spécial.
En Espagne, des troubles occasionnés
par Iss élections ont éclaté à Morgarèie,
près Alicante. A la suite d’une bagarre,
le maire a été tué. Il y a plusieurs bles
sés.
*
¥ ¥
MERCREDI. — L’expulsion des
Chartreux a eu beu ca matin à la Grande-
Chartreuse par la force. Les religieux
ayant refusé de sortir, les soldats du
génie ont été dans l’obligation de briser
à coups de hache jusqu’à 12 portes avant
d’arriver jusqu’aux moines, qui s’étaient
réfugiés dans la chapelle.
Plusieurs manifestants se so^t ré
pandus en menaces et en vociférations
contre le procureur de la République et
les magistrats qui l’accompagnaient.
A Marseille et à Landerneau la situa
tion n’a pas changé.
Lô colonel dt Coubertin, commandant
le 4« dragons, à Chambéry, a donné sa
démission pour ne pas participer à l’ex
pulsion des moines.
A Marseille, la grève des dockers
continue. Une bagarre a eu lieu entre
ronges et jaunes. Des coups de revolver
ont été échangés. Il y a plusieurs tres
sés, dont trois grièvement.
★
¥ ¥
JEUDI. — Les ministres se sont
réunis aujourd'hui en conseil de cabinet
au ministère de l’Intérieur, sous la pré
sidence de M. Combes.
Quatre ministres manquaient à cette
réunion: MM Delcassé, Chaumié, Pelle
tan, Mouge >t et Maruéjouls.
Les ministres se sont entretenus des
divers incidents relatifs à l’expulsion des
congrégations.
Le général André a entretenu ses
col’ègues de l’affaire Dreyfus, mais il
n'a été pris aucune décision à ce sujet.
On attend le conseil des ministres qui
aura lieu mardi prochain, après la départ
du roi d’Angleterre, pour prendre une
décision.
le Voyage du Président.
Dans notre dernier numéro, nous en
étions restés au retour de M Loubet à
Alger, c’est-à-dire à la fm de la première
partie du voyage. Après une nuit passée
à bord du croiseur Jeanne d'Arc, le
président a visité les principaux centres
des hauts plateaux de la Kaby’ie. C est
de cette région que partit le sigma 1 de
la grande insurrection de 1871. Profitant
des malheurs de l’Année terrible et de
ce que l’Algérie était dégarnie de troupes,
le chef Mokrani avait réussi à soulever
toute cette partie de l’Algérie. Avec
beaucoup de peine on put venir à bout
de la rébellion. Trente-deux années ont
passé et il est juste de recomàître que
les Kabyles, qui sont en majorité dans le
pays, paraissent avoir oublié cette époque
troublée. Mais il ne faudrait toutefois pas
perdre de vue que les troupes en garnison
dans ces contrées sont la meilleure saa-
vegarde de la tranquillité.
Partout, à Tizi-Ouzou et à Constan
tin e, qui sont les principales villes de la
Kabylie, le président a r«çu le meilleur
accueil, soit de la part de la population
européenne, soit des indigènes.
A son retour de la Kabylie, le prési
dent s’est de nouveau embarqué sur la
Jeanne-déArc pour se rendre en Tunisie
En passant, il a visité Philippeville et
Bône.
A Tunis, il a été reçu par le Bey,
entouré de tous les dignitaires, et par
M. Pichon, notre résident, qui lui a fait
visiter les principaux centres de cultures
de la région 11 a pu se rendre compte
ainsi des progrès réalisés depuis l’occu
pation de 1881 et des bienfaits de notre
protectorat. On n’a pas manqué de faire
remarquer au Président que la Tunisie
est dans un excellent état de prospérité
et que son budget se solda chaque an
née par plusieurs millions d’excédents,
chose malheureusement inconnue dans
nos autres colonies et même, hélas !
dans le budget de la métropole.
Le président a terminé son long et
fatigant voyage par Bizerte où il a voulu
visiter le magnifique p *rt militaire créé
de l’autre côté de la Méditerranée, grâce
au zèle et à la ténacité du regretté contre
amiral Merleaux-Ponty.
Le président a quitté Bizerte mercredi
29 avril et est arrivé à Marseille jeudi
dansl’après-mi ii. Il a pris immédiatement
le train pour Paris II doit, en effet, se
trouver à Paris le l* r mai pour recevoir
le roi d’Angleterre.
♦
Edouard VII à Paris
En dépit des criaillerits de la Patrie
et de VAutorité, seuls journaux d’ailleurs
qui aient incité la population parisienne
à manifester contre la visite d’Edouard VII,
Paris se prépare à recevoir le roi d’An-
gîe‘erre d’une façon cordiale. La colonie
anglaise fait de grands préparatifs pour
fêter son souverain et on compte sur la
venue à-Paris d’un grand nombre d’in
sulaires.
Voici un résumé de3 fêtes qui seront
données à cette occasion :
Vendredi l« r mai, réception du roi à
la gare de la Porte-Dauphine par le pré
sident de la République. Le soir, repré
sentation au Théâtre Français.
Samedi 2 mai, 10 h. matin, revue des
troupes à Vincennes. Au retour de la
revue, visite à l’Hôtel de Ville. Après le
déjeuner, courses à Longchamp, où se
rendront le roi et M. Loubet. Le soir,
représentation de gala à l’Opéra.
Dimanche 3 mai, le roi se rendra au
temple protestant avant d’assister au
déjeuner offert par M. Delcassé, ministre
des Affaires étrangères, et la restant de
la journée sera consacré au repos domi
nical.
Le roi quittera Paris lundi 4 mai pour
rentrer en Angleterre, viâ Cherbourg.
Echec anglais en Afrique
Si la politique coloniale a ses bons
côtés, elle a aussi parfois ses revers. Les
Anglais viennent de s’en apercevoir de
nouveau en Afrique.
Des dépêches du Somahland, par
venues en Europe la semaine dernière,
annoncent que dans une rencontre avec
les troupes du Muilah, une colonne com
posée de 200 hommes, sous les ordres du
colonel Plumkett, a été complètement
détruite.
C’est en battant en retraite que le
colonel Plumkett aurait été tué.
On a annoncé que le général Manning
aurait vengé cette défaite, en infligeant
aux troupes du Muilah un échec sanglant,
mais cette nouvelle a été aussitôt dé
mentie.
On dit même que les Anglais abandon
neraient la poursuite du Muilah et atten
draient la fin de la mauvaise saison pour
recommencer les opérations.
Les Congrégations
L’exécution de la loi donne lieu dans
plusieurs vilies à des manifestations pour
et contre.
A Nantes, le député réactionnaire
M. de Dion a été arrêté pour outrages
et rébellion à un magistrat dans l’exercice
de ses fonctions et a comparu devant la
police correctionnelle. I. a été condamné
à 3 jours de prison, et un journaliste,
M. Xavier Reynes (qui avait été arrê'é
pour coups et rébellion) à 8 jours de la
même peine. Ils font appel de ces juge-
gémants et nous les verrons avant peu
passer, tous les deux, devant la Chambre
des appels correctionnels de Rennes.
Un grave incident s’est produit à La
Roche -sur-F or on, près d’Annecy, à pro
pos de l’expulsion des Capucins. Le pro
cureur de la République, le juge d'ins
truction et le juge de paix étaient venus
de Bonneville à La Roche-sur Foron, sur
l’or ire du procureur général, pour véri
fier l’identité des Capucins qui se sont
barricadés dans leur couvent. Les mani
festants leur lancèrent une grêle de
pierres. Le procureur, M. Hauw ; le juge
d’instruction, M. Picaud, et le juge de
paix, M. Bouillé, eurent peine à
échapper à leurs agresseurs. Le juge de
paix, atteint à la tête, fut grièvement
blessé.
A Angers, les Capucins de la Cour-
Saint-Laud ont introduit un référé devant
le tribunal pour s’opposer à l’apposition
des scellés sur leur immeuble. Pendant
l’audience du tribunal, la foule s’est
livrée à diverses manifestations sur îa
place du Champ-de Mars Des bagarres
n’ont pas tardé à se produire sur divers
points et la police d Angers dut se faire
renforcer par la troupe.
Des manifestations analogues ont eu
lieu dans le Finistère, les Côtes-du-Nord
et le Morbihan. En ce qui concerne
FI le et-Vilaine, l’application de la loi n’a
rencontré nulle part de résistance sé
rieuse. Quelles que soient leurs préfé
rences intimes, nos calmes et pacifiques
populations ont montré qu’elles avaient
avant tout 1 e respect de la légalité.
È Â
LES REPRÉSAILLES
M. Turinaz, évêque révolté de
Nancy, ayant, au mépris des or
dres du gouvernement, fait prê
cher, en état da récidive, un jésuite
qui se prétend sécularisé, et s’étant
livré dm* sa cathédrale à des ma
nifâstations déplaces, que’ques
libre-penseurs nancéians s nt allés
protester, comme c’était leur droit,
contre cette manière de faire.
Sur ce, la presse cléricale en
tonne des lamentations rituelles et
se répand en jérémiades. Elle crie
au xacrilège. Elle menace et elle
inj irle.
Mettons les choses au point A
qui la faute, si les églises devien
nent maintenant des salles de
meeting? Qui a lancé les provoca
tions? Qui se réjouissait des ap
plaudissements troublant la solen
nité du lieu et venant souligner la
parole antirépublicaine et anticon
cordataire des prélats?
MM. les évêques ont tiré les
premiers ; on leur riposte, quoi â%
plus nature 1 ? Dans la cathédrale
même de Nancy, M. Turinaz a
fait, il y a huit jours, un discours
d’une violence inouïe, et qui le
randrait passible des peines édictées
par le Coda pénal; les libres-pen
seurs ont usé, avant-hier, du droit
de réponse. Peut on, en toute
bonne foi, leur en vouloir?
Ces incidents fout le plus grand
tort à la religion catholique et à la
cause que les cléricaux prétendent
défendre. En se mettant en état de
rébellion ouverte contre la loi, ils
se donnent ’e vilain rôde, ils su
rexcitent les passions et soulèvent
les colères, ils mettent à leur pa
roxysme les haines et les fureurs
qu’ils ont maladroitement allu
mées... et iis en arrivent à faire
perdre patience ar«x plus calmes et
aux plus raisonnables. Tant pis
pour eux.
Un de nos confrères rencontrait,
dans la rue Saint-Guillaume, un
prêtre et un député réactionnaire.
Le prêtre disait : < Il faut recevoir
tous ces gens là avec la trique et
le revolver. » Voilà l’état d’esprit
du clergé. Il ne rêve que barricades,
émeutes, coups de fusil.
Il suffirait d’un peu de poigne et
d’énergie pour remeaer à l’obéis
sance ces brebis qui momentané
ment se sont déguisées en loup.
Le gouvernement dispose des
moyens nécessaires, qu’il les em
ploie une bonne fois et tout ren
trera dans l’ordre.
Fumeurs et Martyrs
La persécution enfante les martyrs.
L’histoire nous raconte que les pre
miers chrétiens se précipitaient dans le
cirque, s’offrant d’eux-mêmes aux fauves
prêts à les dévorer.
Ghâteaubriand a écrit là dessus un
roman, et plus récemment nous avons
été assiégés par le Qao Vadis de Sien-
kiewicz.
Gomme le Colisée n’est pas à Paris,
et que i’on ne rencontre guère de fauves
qu’au Jardin des Plantes ou aux fêtes des
boulevards extérieurs, nos modernes
persécutés en sont réduits à protester un
peu moins héroïquement contre le mal
heur des temps, mais ils protestent tout
de même.
Dame 1 ça n’est pas tout à fait aussi
brillant que sous Dioclétien. On fait ce
qu’on peut, et, si les torches vivantes ne
grésillent plus comme dans la Rome
impériale, on y va cependant de sa petite
fumée, — une fumée de cigarette. Voyons
le martyre. Il est tout entier dans les
lignes suivantes, adressées à la Croix :
Depuis vingt-trois ans, écrit le lecteur de la
Croix, j’ai pris la mauvaise habitude de fumer
et je dépense de ce fait environ 100 francs par
an.
Il m’a paru que je pouvais faire une double
bonne action en me privant désormais radica
lement de la plante à Nicot :
1° Je cesserai de payer un impôt volontaire
au gouvernement jacobin qui ne se sert de notre
argent que pour troubler la paix publique et
tracasser les catholiques dans l’exercice de leurs
libertés «iviques ;
2° L’argent que je dépense en fumée pourra
être utilement employé à soutenir des eeuvres
militantes ou d'autres que l’expulsion des reli
gieux a mis en péril.
Et la Croix d’ajouter avec le plus pro
fond sérieux, après avoir loué comme il
convient le « bon exemple et la sage
résolution » de son abonné :
Le moment est venu pour les catholiques
français de sacrifier à la défense de leur liberté
tout ce qui est luxe ou fantaisie. L’héroïsme
n’est pas à la portée de tous ; mais nous avons
to us le devoir d’être courageux, et c’est par ces
petits moyens que l’on apprend à devenir
héroïque.
Hélas 1 nous avons bien peur que cet
hérolsme-là, si timide qu’il soit, ne fasse
cependant pas l’affaire de tous les lec
teurs fumeurs de la Croix. Ua Don
cigare, on s’en passe une fois, mais on
y revient le lendemain. Et, pour autant de
désir que l’on ait de tracasser a le gou
vernement jacobin », on ne saurait
cependant se priver de tout ce que l’on
aime.
M. Rouvier peut être tranquille. Nos
nouveaux martyrs fumeront encore son
tabac.
INFORMATIONS
Un archevêque qui se soumet.
M. Sueur, archevêque de Sens, a
manifesté son intention de se conformer
aux prescriptions ministérielles. Dans une
note envoyée à la Semaine religieuse de
son diocèse, l’arch evêque de Sens exprime
I espoir que !es instructions personnelles
et privées, qu’en conformité des pres
criptions du droit canonique, l’adminis
tration diocésaine a adressées aux inté
cessés t leur épargneront, si elles sont
strictement suivi s, les éventualités pé
nibles qu’elles voudraient à tout prix
écarter »
Les Chartreux à Tarragone.
Le Figaro dit que les Chartreux
ava ent depuis longtemps prévu la me
sure qui v ent de les frapper et qua leur
déménagement était même commencé.
II ^appelle, à ce propos, qu’au début du
débat sur les congrégations,' dans les
premiers mois de 1902, diverses offres
d’hospitalité furent adressées de l’étran
ger aux Chartreux, en prévision de leur
exil. La municipalité de Tarragone (Es
pagne), s’engageait notamment à faire
tout ce qui dépendait d’elle pour que,
sans obstacle d’aucune espèce, la con
gréga-ion pût établir- à Tarragone sa
fabrique de chartreuse.
Il paraît que ces dispositions préser
vatrices furent prises aussitôt, et qu'un
Chartreux, dora Urbain, ancien élève
de l’Ecole centrale, alla surveiller à Tar
ragone l’aménagement de la future fa
brique. En quelques jours, le déména
gement des entrepôts de Voiron a été
opéré et le personnel de la fabrique de
liséré licencié. Les Pères se réfugient
en Autriche, en Angleterre, en Suisse
et en Italie; mais les Frères seraient
déjà partis pour Tarragomie, où la nou
velle usine ne tarderait p is à fonctionner.
Une Manifestation
Républicaine à Maure
INAUGURATION DÉ LA GARE
La petite ville de Maure-de-Bretagne,
ancienne cité d’Anast, aujourd’hui riant
chef-lieu de canton de l’arrondissement
de Redon, situé sur un affluent du Gombs,
inaugurait dimanche sa nouvelle gare et le
Chemin de fer qui la relia à Messac, par
une fête brillante et joyeuse, doublée
d’une imposante manifestation dont le
Comité républicain et son dévoué pré
sident, M. Georges Leroux, avaient pris
l’initiative. Bien que n’y ayant pas été
convié, et quelles que fussent nos appré
hensions touchant la très hypothétique
sérénité de la journée, — elles étaient
malheureusement trop justifiées — nous
nous sommes fait un devoir d’y assister.
Bien nous en a pris et nous n’en avons
nu! regret. Rarement, en effet, il nous a
été donné d’enregistrer réunion plus
cordiale et plus vibrante.
L’arrivée à la gare.
A midi et demi, et lorsque le train
qui amène les autorités entre en gare de
Mau r e, les abords de ce bâtiment sont
noirs de monde. On peut estimer à
700 personnes la foule qui s’y presse.
Partout des décorations, des guirlandes
et des drapeaux. L’intérieur de la gare
est lui-même ariistement orné pour la
circonstance ; deux salles transformées
•t meublées en salon, sont garnies avec
beaucoup de goût, de fleurs et de plantes
rares.
Tandis que partent bombes et pétards
et que la vaillante musique des sapeurs-
pompiers de Redon joue la Marseillaise,
descendent successivement du tra ; n :
M. le Préfet d’Ille-et-Vilaine et M. Mei-
gnar*, sous-préfet de Redon, MM les sé
nateurs Guérin et Garreau, Léon Porteu,
capitaine commandant des sapeurs-pom-
Ç iers de Rennes et conseiller général,
hélohan, professeur de droit romain et
de législation financière à la Faculté de
Rennes ; le docteur Lemarchand, ancien
président du Conseil d'arrondissement,
maire de Messac depuis plus de trente-
cinq ans, le doyen des maires de l’arron
dissement; le docteur Gascon, maire de
Redon ; Fischard, maire de Saint-Sulpice-
des Landes, etc.
M. Leroux, notaire, maire de la Gha-
pelle-Bouëxic et président du Comité ré
publicain du canton de Maure, s’avance
aussitôt et souhaite la bienvenue â M. le
Préfet et à nos sénateurs, accompagné
des autres organisateurs de la fête,
parmi lesquels nous citerons MM. Thou-
zade, sous-chef de section de la Compa
gnie de l’Ouest; Maurel, receveur de
l'Enregistrement; Horeau, percepteur;
Alliot, huissier; Aubanel, jàge de paix;
Perrin, agent-voyer cantonal; Panier,
employé des Contributions directes ; Des-
trées, buraliste ; Leray, secrétaire de la
sous-préfecture et chef de la musique des
sapeurs-pompiers, frère du docteur et
conseiller municipal de Rennes; le docteur
Danet et Alix, receveur des contributions
indirectes; Pigeard, conseiller d’arron
dissement du canton d§ Guichen ; J. Ga-
hour, adjoint au maire de Redon; Hunel,
inspecteur primaire ; Eveno, professeur
d’agriculture; Tanguy père, conducteur
des ponts et chaussées à Redon; Tanguy
fils, agent-voyer à Bain-de-Bretagne;
Bouriel, juge de paix au Grand-Fougerais;
Heuzé et Bonal, propriétaires; Alliou,
agent-voyer à Guichen ; Allard, proprié
taire à Bain de-Bretagne, et MM les
Instituteurs du canton de Maure : Corbin,
Jehannin, Piel, Serre, Busnel, tous
membres du Comité.
Les autorités pénètrent dans la salle
de réception ou quatre mignonnes fillettes
débitent chacune un compliment et re
mettent un superbe bouquet, entouré
d’un ruban tricolore, à MM. les Sénateurs
et à M. Thélohan, puis le cortège s’é
branle vers la ville aux accents d’une
marche enlevante^
Le Banquet.
Il a eu lieu vers 1 heure, à l’Hôtel des
Voyageurs, tenu par M. Portalis, un au
bergiste- poète, tout comme le normand
Paul Harei, agrémenté d’un provençal « né
natif d’Avignon même ». L’infortuné a
été littéralement débordé par de nouveaux
hôtes accourus à la dernière heure. Alors
qu’il comptait sur 150 convives, au maxi
mum, il a fallu qu’il prît hâtivement ses
précautions pour en satisfaire 300. Inutile
de dire qu’il y est parvenu tout de même
mais non sans peine.
On peut évaluer à ce chiffre, et même
au-delà, l’affluence qui se pressait sous
une vaste tente improvisée avec bâches
et draps, enguirlandée de mousse et de
buis et ornée partout d’écussons et de
drapeaux tricolores.
La table d’honneur comportait environ
40 convives. M. le Préfet présidait, ayant
à ses côtés nos deux sénateurs et
MM. Leroux, Thélohan, le docteur Gas
con, etc. En plus des personnes déjà
citées à l’arrivée en gare — dont la place
était marquée d’avance à ces agapes —
citons au hasard : MM. Lebreton, maire
de Pipriac, et Le Hérissé, son adjoint;
le marquis de Béranger; Paitel, conseil
ler municipal de Bain; Dource, maire
de Guignen ; Michel, ingénieur des Ponts
et Chaussées, gendre de M. le sénateur
Guérin; Busson, propriétaire à Pipriac;
Leroux fils; Richard, chef de gare de
Maure; Bourdet, propriétaire, etc., etc.
Les discours.
A la fin du banquet, qui fait le plus
grand honneur à M. Portalis et pendant
lequel la plus grande cordialité n’a cessé
de régner, plusieurs discours ont été
successivement prononcés : par M. Le
roux, président du Comité républicain
du canton de Maure, M. le Préfet d'Ille-
et-Vilaine, MM. Guérin et Garreau, séna
teurs, et M. Thélohan, que l’on a si jus
tement appelé « D candidat d’hier, m?Î3
aussi celui de demain. » Voici ces dis
cours analysés (les premiers tout aujmoins)
dans leurs grandes lignes.
Discours de M. Leroux.
Messieurs,
J’ai le devoir, et je m’en fais une douce joie,
de remercier au nom du Comité républicain du
canton de Maure, organisateur de cette fête,
les nombreux invités qui ont bien voulu ré
pondre à son appel, et tout particulièrement :
Monsieur la Préfet, qui a daigné nous donner
cette marque de bienveillance et de sympat ie,
\ , 5,. ;•)
LE NUMÉRO : CINf CENTIMES
DIMANCHE 8 MAI 1903.
ONIQUE DE REDON
Journal Républicain Hebdomadaire, Revue Politique, Agricole et Commerciale de la Semaine
ÂBOMlEfflEWTS
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Les Faits
de laSemaine
VENDREDI. — De nombreuses dé
libérations d’un caractère politique ont
été émises par les conseils généraux dans
leurs réunions.
Le plus grand nombre ont approuvé la
S oïilique gouvernementale et ont envoyé
es adresses de félicitations au président
de la République. Les conseils généraux
qui ont blâmé le ministère sont en infime
minorité.
Le désavœu infligé par M. Déroulède
aux provocations du journal la Patrie,
au sujet du voyage d'Edouard VII à Pa
ris, continue à faire 1 objet de toutes les
conversations. On parle beaucoup aussi
du voyage probable de M. Loubet à
Londres.
On mande de Rome que M. Loubet,
président de la République, que avait
déjà antérieurement remercié le roi Vic-
tor-Emmanu*l d’avoir envoyé une divi
sion de l’esta ire italienne à Alger, lui à
télégraphié pour lui exprimer ses senti
ments de gratitude pour l’accueil qui a
été réservé en Italie à M. Chaumié.
M. Chaumié rencontre à Denise les
mêmes sympathies qui lui avaient été
témoignées à Rome. Au déjeuner offert
{ >ar la municipalité, le maire a évoqué
es liens politiques qui unissent l’Italie à
la France. Le ministre de l’Instruction
publique, de son côté, s’est fait vivsment
applaudir en prononçant un discours de
fort belle allure à la cérémonie solennelle
de la pose de la première pierre du cam
panile de Saint-Marc.
* V.
* *
SAMEDI. — L’assassin deM. David
Syndon, dont la peine a été commuée
en celie de dix ans de réclusion, vient
d’être transféré à la prison de Melun.
Le prisonnier est affecté à l’atelier d im-
Î irimerie. Cet atelier ne comprend d’ail-
eurs que les condamnas ayant une cer
taine instruction. Ce sont les intellectuels
de l’établissement.
*
* *
DIMANCHE. — Une élection sé
natoriale en remplacement de M. Raynal,
décédé, a eu lieu dans la Gironde.
M. Decrais, député, ancien ministre des
colonies dans le cabinet WaHeck-Rous
seau, a été élu par 741 voix contre 492
à M. Fernand Faure, ancien député.
On a inauguré à Corancez le monu
ment élevé aux enfants de Brïerre, vic
times de l’horrible drame que l’on con
naît.
Le banquet annuel de l’hôpital français
à Londres, a eu lieu sous la présidence
de M. Paul Cambon, ambassadeur g le
France à Londres.
M. Cambon, en portant un toast en
l’honneur de M. Loubet, a fait allusion
à la présence des escadres étrangères à
Alger et notamment à celle de l’Angle
terre qui s’est spécialement déplacée pour
cette occasion.
M. Catnbôn leva ensuite son verre à
la santé du roi Edouard, de la reine
Alexandra et de la famille royale.
Parlant du voyage que doit faire le roi
d’Angleterre à Paris, M. Cambon s’ex
prime en ces termes :
< Personne n’y a oublié le prince de
Galles, et cette visite ne peut que
resserrer les bonnes et cordiales relations
existant entre les deux pays *.
L’ambassadeur porta ensuite un toast
aux fondateurs et bienfaiteurs de l’hôpi
tal, au corps diplomatique, au lord-maire
et aux shérifs de Londres, aux médecins
et à la commission de l’hôpital. M. Carlon,
ministre de Suisse, prend la parole au
nom de la Suisse et rappeUe les bons
liens traditionnels entre les deux Répu
bliques. Une ovation fut faite au lord-
maire lorsqu’il parla.
Le docteur Ogilvie a ensuite prononcé
un discours qui fut des plus goûtés. Le
lord-maire a fait l’éloge de M Cambon,
et une soirée musicale a terminé cette
réunion.
*
¥ ¥
EIJNDI. — L’ambassadeur des Etats-
Unis à Saint Pétersbourg a reçu l’ordre
de présenter une note qui, sous couleur
de demande d’éclaircissèment 5 *, contient
une vigoureuse protestation contre l'atti
tude de la Russie en Mandchourie.
Le roi des Belges se trouve actuelle
ment incognito à Paris; il y séjournera
jusqu’à la fm du mois.
MARDI. — La résistance des con
grégations s’affirme. Des manifestations
nouvelles ont eu lieu à Marseille Des
bagarres se sont produites autour du
couvent des Capucins.
On mande de Grenoble que le préfet
est parti pour la Gt ande-Chartreuse,
afin de diriger lu : -même l'expulsion des
religieux. Un bataillon du 440 est parti
par train spécial.
En Espagne, des troubles occasionnés
par Iss élections ont éclaté à Morgarèie,
près Alicante. A la suite d’une bagarre,
le maire a été tué. Il y a plusieurs bles
sés.
*
¥ ¥
MERCREDI. — L’expulsion des
Chartreux a eu beu ca matin à la Grande-
Chartreuse par la force. Les religieux
ayant refusé de sortir, les soldats du
génie ont été dans l’obligation de briser
à coups de hache jusqu’à 12 portes avant
d’arriver jusqu’aux moines, qui s’étaient
réfugiés dans la chapelle.
Plusieurs manifestants se so^t ré
pandus en menaces et en vociférations
contre le procureur de la République et
les magistrats qui l’accompagnaient.
A Marseille et à Landerneau la situa
tion n’a pas changé.
Lô colonel dt Coubertin, commandant
le 4« dragons, à Chambéry, a donné sa
démission pour ne pas participer à l’ex
pulsion des moines.
A Marseille, la grève des dockers
continue. Une bagarre a eu lieu entre
ronges et jaunes. Des coups de revolver
ont été échangés. Il y a plusieurs tres
sés, dont trois grièvement.
★
¥ ¥
JEUDI. — Les ministres se sont
réunis aujourd'hui en conseil de cabinet
au ministère de l’Intérieur, sous la pré
sidence de M. Combes.
Quatre ministres manquaient à cette
réunion: MM Delcassé, Chaumié, Pelle
tan, Mouge >t et Maruéjouls.
Les ministres se sont entretenus des
divers incidents relatifs à l’expulsion des
congrégations.
Le général André a entretenu ses
col’ègues de l’affaire Dreyfus, mais il
n'a été pris aucune décision à ce sujet.
On attend le conseil des ministres qui
aura lieu mardi prochain, après la départ
du roi d’Angleterre, pour prendre une
décision.
le Voyage du Président.
Dans notre dernier numéro, nous en
étions restés au retour de M Loubet à
Alger, c’est-à-dire à la fm de la première
partie du voyage. Après une nuit passée
à bord du croiseur Jeanne d'Arc, le
président a visité les principaux centres
des hauts plateaux de la Kaby’ie. C est
de cette région que partit le sigma 1 de
la grande insurrection de 1871. Profitant
des malheurs de l’Année terrible et de
ce que l’Algérie était dégarnie de troupes,
le chef Mokrani avait réussi à soulever
toute cette partie de l’Algérie. Avec
beaucoup de peine on put venir à bout
de la rébellion. Trente-deux années ont
passé et il est juste de recomàître que
les Kabyles, qui sont en majorité dans le
pays, paraissent avoir oublié cette époque
troublée. Mais il ne faudrait toutefois pas
perdre de vue que les troupes en garnison
dans ces contrées sont la meilleure saa-
vegarde de la tranquillité.
Partout, à Tizi-Ouzou et à Constan
tin e, qui sont les principales villes de la
Kabylie, le président a r«çu le meilleur
accueil, soit de la part de la population
européenne, soit des indigènes.
A son retour de la Kabylie, le prési
dent s’est de nouveau embarqué sur la
Jeanne-déArc pour se rendre en Tunisie
En passant, il a visité Philippeville et
Bône.
A Tunis, il a été reçu par le Bey,
entouré de tous les dignitaires, et par
M. Pichon, notre résident, qui lui a fait
visiter les principaux centres de cultures
de la région 11 a pu se rendre compte
ainsi des progrès réalisés depuis l’occu
pation de 1881 et des bienfaits de notre
protectorat. On n’a pas manqué de faire
remarquer au Président que la Tunisie
est dans un excellent état de prospérité
et que son budget se solda chaque an
née par plusieurs millions d’excédents,
chose malheureusement inconnue dans
nos autres colonies et même, hélas !
dans le budget de la métropole.
Le président a terminé son long et
fatigant voyage par Bizerte où il a voulu
visiter le magnifique p *rt militaire créé
de l’autre côté de la Méditerranée, grâce
au zèle et à la ténacité du regretté contre
amiral Merleaux-Ponty.
Le président a quitté Bizerte mercredi
29 avril et est arrivé à Marseille jeudi
dansl’après-mi ii. Il a pris immédiatement
le train pour Paris II doit, en effet, se
trouver à Paris le l* r mai pour recevoir
le roi d’Angleterre.
♦
Edouard VII à Paris
En dépit des criaillerits de la Patrie
et de VAutorité, seuls journaux d’ailleurs
qui aient incité la population parisienne
à manifester contre la visite d’Edouard VII,
Paris se prépare à recevoir le roi d’An-
gîe‘erre d’une façon cordiale. La colonie
anglaise fait de grands préparatifs pour
fêter son souverain et on compte sur la
venue à-Paris d’un grand nombre d’in
sulaires.
Voici un résumé de3 fêtes qui seront
données à cette occasion :
Vendredi l« r mai, réception du roi à
la gare de la Porte-Dauphine par le pré
sident de la République. Le soir, repré
sentation au Théâtre Français.
Samedi 2 mai, 10 h. matin, revue des
troupes à Vincennes. Au retour de la
revue, visite à l’Hôtel de Ville. Après le
déjeuner, courses à Longchamp, où se
rendront le roi et M. Loubet. Le soir,
représentation de gala à l’Opéra.
Dimanche 3 mai, le roi se rendra au
temple protestant avant d’assister au
déjeuner offert par M. Delcassé, ministre
des Affaires étrangères, et la restant de
la journée sera consacré au repos domi
nical.
Le roi quittera Paris lundi 4 mai pour
rentrer en Angleterre, viâ Cherbourg.
Echec anglais en Afrique
Si la politique coloniale a ses bons
côtés, elle a aussi parfois ses revers. Les
Anglais viennent de s’en apercevoir de
nouveau en Afrique.
Des dépêches du Somahland, par
venues en Europe la semaine dernière,
annoncent que dans une rencontre avec
les troupes du Muilah, une colonne com
posée de 200 hommes, sous les ordres du
colonel Plumkett, a été complètement
détruite.
C’est en battant en retraite que le
colonel Plumkett aurait été tué.
On a annoncé que le général Manning
aurait vengé cette défaite, en infligeant
aux troupes du Muilah un échec sanglant,
mais cette nouvelle a été aussitôt dé
mentie.
On dit même que les Anglais abandon
neraient la poursuite du Muilah et atten
draient la fin de la mauvaise saison pour
recommencer les opérations.
Les Congrégations
L’exécution de la loi donne lieu dans
plusieurs vilies à des manifestations pour
et contre.
A Nantes, le député réactionnaire
M. de Dion a été arrêté pour outrages
et rébellion à un magistrat dans l’exercice
de ses fonctions et a comparu devant la
police correctionnelle. I. a été condamné
à 3 jours de prison, et un journaliste,
M. Xavier Reynes (qui avait été arrê'é
pour coups et rébellion) à 8 jours de la
même peine. Ils font appel de ces juge-
gémants et nous les verrons avant peu
passer, tous les deux, devant la Chambre
des appels correctionnels de Rennes.
Un grave incident s’est produit à La
Roche -sur-F or on, près d’Annecy, à pro
pos de l’expulsion des Capucins. Le pro
cureur de la République, le juge d'ins
truction et le juge de paix étaient venus
de Bonneville à La Roche-sur Foron, sur
l’or ire du procureur général, pour véri
fier l’identité des Capucins qui se sont
barricadés dans leur couvent. Les mani
festants leur lancèrent une grêle de
pierres. Le procureur, M. Hauw ; le juge
d’instruction, M. Picaud, et le juge de
paix, M. Bouillé, eurent peine à
échapper à leurs agresseurs. Le juge de
paix, atteint à la tête, fut grièvement
blessé.
A Angers, les Capucins de la Cour-
Saint-Laud ont introduit un référé devant
le tribunal pour s’opposer à l’apposition
des scellés sur leur immeuble. Pendant
l’audience du tribunal, la foule s’est
livrée à diverses manifestations sur îa
place du Champ-de Mars Des bagarres
n’ont pas tardé à se produire sur divers
points et la police d Angers dut se faire
renforcer par la troupe.
Des manifestations analogues ont eu
lieu dans le Finistère, les Côtes-du-Nord
et le Morbihan. En ce qui concerne
FI le et-Vilaine, l’application de la loi n’a
rencontré nulle part de résistance sé
rieuse. Quelles que soient leurs préfé
rences intimes, nos calmes et pacifiques
populations ont montré qu’elles avaient
avant tout 1 e respect de la légalité.
È Â
LES REPRÉSAILLES
M. Turinaz, évêque révolté de
Nancy, ayant, au mépris des or
dres du gouvernement, fait prê
cher, en état da récidive, un jésuite
qui se prétend sécularisé, et s’étant
livré dm* sa cathédrale à des ma
nifâstations déplaces, que’ques
libre-penseurs nancéians s nt allés
protester, comme c’était leur droit,
contre cette manière de faire.
Sur ce, la presse cléricale en
tonne des lamentations rituelles et
se répand en jérémiades. Elle crie
au xacrilège. Elle menace et elle
inj irle.
Mettons les choses au point A
qui la faute, si les églises devien
nent maintenant des salles de
meeting? Qui a lancé les provoca
tions? Qui se réjouissait des ap
plaudissements troublant la solen
nité du lieu et venant souligner la
parole antirépublicaine et anticon
cordataire des prélats?
MM. les évêques ont tiré les
premiers ; on leur riposte, quoi â%
plus nature 1 ? Dans la cathédrale
même de Nancy, M. Turinaz a
fait, il y a huit jours, un discours
d’une violence inouïe, et qui le
randrait passible des peines édictées
par le Coda pénal; les libres-pen
seurs ont usé, avant-hier, du droit
de réponse. Peut on, en toute
bonne foi, leur en vouloir?
Ces incidents fout le plus grand
tort à la religion catholique et à la
cause que les cléricaux prétendent
défendre. En se mettant en état de
rébellion ouverte contre la loi, ils
se donnent ’e vilain rôde, ils su
rexcitent les passions et soulèvent
les colères, ils mettent à leur pa
roxysme les haines et les fureurs
qu’ils ont maladroitement allu
mées... et iis en arrivent à faire
perdre patience ar«x plus calmes et
aux plus raisonnables. Tant pis
pour eux.
Un de nos confrères rencontrait,
dans la rue Saint-Guillaume, un
prêtre et un député réactionnaire.
Le prêtre disait : < Il faut recevoir
tous ces gens là avec la trique et
le revolver. » Voilà l’état d’esprit
du clergé. Il ne rêve que barricades,
émeutes, coups de fusil.
Il suffirait d’un peu de poigne et
d’énergie pour remeaer à l’obéis
sance ces brebis qui momentané
ment se sont déguisées en loup.
Le gouvernement dispose des
moyens nécessaires, qu’il les em
ploie une bonne fois et tout ren
trera dans l’ordre.
Fumeurs et Martyrs
La persécution enfante les martyrs.
L’histoire nous raconte que les pre
miers chrétiens se précipitaient dans le
cirque, s’offrant d’eux-mêmes aux fauves
prêts à les dévorer.
Ghâteaubriand a écrit là dessus un
roman, et plus récemment nous avons
été assiégés par le Qao Vadis de Sien-
kiewicz.
Gomme le Colisée n’est pas à Paris,
et que i’on ne rencontre guère de fauves
qu’au Jardin des Plantes ou aux fêtes des
boulevards extérieurs, nos modernes
persécutés en sont réduits à protester un
peu moins héroïquement contre le mal
heur des temps, mais ils protestent tout
de même.
Dame 1 ça n’est pas tout à fait aussi
brillant que sous Dioclétien. On fait ce
qu’on peut, et, si les torches vivantes ne
grésillent plus comme dans la Rome
impériale, on y va cependant de sa petite
fumée, — une fumée de cigarette. Voyons
le martyre. Il est tout entier dans les
lignes suivantes, adressées à la Croix :
Depuis vingt-trois ans, écrit le lecteur de la
Croix, j’ai pris la mauvaise habitude de fumer
et je dépense de ce fait environ 100 francs par
an.
Il m’a paru que je pouvais faire une double
bonne action en me privant désormais radica
lement de la plante à Nicot :
1° Je cesserai de payer un impôt volontaire
au gouvernement jacobin qui ne se sert de notre
argent que pour troubler la paix publique et
tracasser les catholiques dans l’exercice de leurs
libertés «iviques ;
2° L’argent que je dépense en fumée pourra
être utilement employé à soutenir des eeuvres
militantes ou d'autres que l’expulsion des reli
gieux a mis en péril.
Et la Croix d’ajouter avec le plus pro
fond sérieux, après avoir loué comme il
convient le « bon exemple et la sage
résolution » de son abonné :
Le moment est venu pour les catholiques
français de sacrifier à la défense de leur liberté
tout ce qui est luxe ou fantaisie. L’héroïsme
n’est pas à la portée de tous ; mais nous avons
to us le devoir d’être courageux, et c’est par ces
petits moyens que l’on apprend à devenir
héroïque.
Hélas 1 nous avons bien peur que cet
hérolsme-là, si timide qu’il soit, ne fasse
cependant pas l’affaire de tous les lec
teurs fumeurs de la Croix. Ua Don
cigare, on s’en passe une fois, mais on
y revient le lendemain. Et, pour autant de
désir que l’on ait de tracasser a le gou
vernement jacobin », on ne saurait
cependant se priver de tout ce que l’on
aime.
M. Rouvier peut être tranquille. Nos
nouveaux martyrs fumeront encore son
tabac.
INFORMATIONS
Un archevêque qui se soumet.
M. Sueur, archevêque de Sens, a
manifesté son intention de se conformer
aux prescriptions ministérielles. Dans une
note envoyée à la Semaine religieuse de
son diocèse, l’arch evêque de Sens exprime
I espoir que !es instructions personnelles
et privées, qu’en conformité des pres
criptions du droit canonique, l’adminis
tration diocésaine a adressées aux inté
cessés t leur épargneront, si elles sont
strictement suivi s, les éventualités pé
nibles qu’elles voudraient à tout prix
écarter »
Les Chartreux à Tarragone.
Le Figaro dit que les Chartreux
ava ent depuis longtemps prévu la me
sure qui v ent de les frapper et qua leur
déménagement était même commencé.
II ^appelle, à ce propos, qu’au début du
débat sur les congrégations,' dans les
premiers mois de 1902, diverses offres
d’hospitalité furent adressées de l’étran
ger aux Chartreux, en prévision de leur
exil. La municipalité de Tarragone (Es
pagne), s’engageait notamment à faire
tout ce qui dépendait d’elle pour que,
sans obstacle d’aucune espèce, la con
gréga-ion pût établir- à Tarragone sa
fabrique de chartreuse.
Il paraît que ces dispositions préser
vatrices furent prises aussitôt, et qu'un
Chartreux, dora Urbain, ancien élève
de l’Ecole centrale, alla surveiller à Tar
ragone l’aménagement de la future fa
brique. En quelques jours, le déména
gement des entrepôts de Voiron a été
opéré et le personnel de la fabrique de
liséré licencié. Les Pères se réfugient
en Autriche, en Angleterre, en Suisse
et en Italie; mais les Frères seraient
déjà partis pour Tarragomie, où la nou
velle usine ne tarderait p is à fonctionner.
Une Manifestation
Républicaine à Maure
INAUGURATION DÉ LA GARE
La petite ville de Maure-de-Bretagne,
ancienne cité d’Anast, aujourd’hui riant
chef-lieu de canton de l’arrondissement
de Redon, situé sur un affluent du Gombs,
inaugurait dimanche sa nouvelle gare et le
Chemin de fer qui la relia à Messac, par
une fête brillante et joyeuse, doublée
d’une imposante manifestation dont le
Comité républicain et son dévoué pré
sident, M. Georges Leroux, avaient pris
l’initiative. Bien que n’y ayant pas été
convié, et quelles que fussent nos appré
hensions touchant la très hypothétique
sérénité de la journée, — elles étaient
malheureusement trop justifiées — nous
nous sommes fait un devoir d’y assister.
Bien nous en a pris et nous n’en avons
nu! regret. Rarement, en effet, il nous a
été donné d’enregistrer réunion plus
cordiale et plus vibrante.
L’arrivée à la gare.
A midi et demi, et lorsque le train
qui amène les autorités entre en gare de
Mau r e, les abords de ce bâtiment sont
noirs de monde. On peut estimer à
700 personnes la foule qui s’y presse.
Partout des décorations, des guirlandes
et des drapeaux. L’intérieur de la gare
est lui-même ariistement orné pour la
circonstance ; deux salles transformées
•t meublées en salon, sont garnies avec
beaucoup de goût, de fleurs et de plantes
rares.
Tandis que partent bombes et pétards
et que la vaillante musique des sapeurs-
pompiers de Redon joue la Marseillaise,
descendent successivement du tra ; n :
M. le Préfet d’Ille-et-Vilaine et M. Mei-
gnar*, sous-préfet de Redon, MM les sé
nateurs Guérin et Garreau, Léon Porteu,
capitaine commandant des sapeurs-pom-
Ç iers de Rennes et conseiller général,
hélohan, professeur de droit romain et
de législation financière à la Faculté de
Rennes ; le docteur Lemarchand, ancien
président du Conseil d'arrondissement,
maire de Messac depuis plus de trente-
cinq ans, le doyen des maires de l’arron
dissement; le docteur Gascon, maire de
Redon ; Fischard, maire de Saint-Sulpice-
des Landes, etc.
M. Leroux, notaire, maire de la Gha-
pelle-Bouëxic et président du Comité ré
publicain du canton de Maure, s’avance
aussitôt et souhaite la bienvenue â M. le
Préfet et à nos sénateurs, accompagné
des autres organisateurs de la fête,
parmi lesquels nous citerons MM. Thou-
zade, sous-chef de section de la Compa
gnie de l’Ouest; Maurel, receveur de
l'Enregistrement; Horeau, percepteur;
Alliot, huissier; Aubanel, jàge de paix;
Perrin, agent-voyer cantonal; Panier,
employé des Contributions directes ; Des-
trées, buraliste ; Leray, secrétaire de la
sous-préfecture et chef de la musique des
sapeurs-pompiers, frère du docteur et
conseiller municipal de Rennes; le docteur
Danet et Alix, receveur des contributions
indirectes; Pigeard, conseiller d’arron
dissement du canton d§ Guichen ; J. Ga-
hour, adjoint au maire de Redon; Hunel,
inspecteur primaire ; Eveno, professeur
d’agriculture; Tanguy père, conducteur
des ponts et chaussées à Redon; Tanguy
fils, agent-voyer à Bain-de-Bretagne;
Bouriel, juge de paix au Grand-Fougerais;
Heuzé et Bonal, propriétaires; Alliou,
agent-voyer à Guichen ; Allard, proprié
taire à Bain de-Bretagne, et MM les
Instituteurs du canton de Maure : Corbin,
Jehannin, Piel, Serre, Busnel, tous
membres du Comité.
Les autorités pénètrent dans la salle
de réception ou quatre mignonnes fillettes
débitent chacune un compliment et re
mettent un superbe bouquet, entouré
d’un ruban tricolore, à MM. les Sénateurs
et à M. Thélohan, puis le cortège s’é
branle vers la ville aux accents d’une
marche enlevante^
Le Banquet.
Il a eu lieu vers 1 heure, à l’Hôtel des
Voyageurs, tenu par M. Portalis, un au
bergiste- poète, tout comme le normand
Paul Harei, agrémenté d’un provençal « né
natif d’Avignon même ». L’infortuné a
été littéralement débordé par de nouveaux
hôtes accourus à la dernière heure. Alors
qu’il comptait sur 150 convives, au maxi
mum, il a fallu qu’il prît hâtivement ses
précautions pour en satisfaire 300. Inutile
de dire qu’il y est parvenu tout de même
mais non sans peine.
On peut évaluer à ce chiffre, et même
au-delà, l’affluence qui se pressait sous
une vaste tente improvisée avec bâches
et draps, enguirlandée de mousse et de
buis et ornée partout d’écussons et de
drapeaux tricolores.
La table d’honneur comportait environ
40 convives. M. le Préfet présidait, ayant
à ses côtés nos deux sénateurs et
MM. Leroux, Thélohan, le docteur Gas
con, etc. En plus des personnes déjà
citées à l’arrivée en gare — dont la place
était marquée d’avance à ces agapes —
citons au hasard : MM. Lebreton, maire
de Pipriac, et Le Hérissé, son adjoint;
le marquis de Béranger; Paitel, conseil
ler municipal de Bain; Dource, maire
de Guignen ; Michel, ingénieur des Ponts
et Chaussées, gendre de M. le sénateur
Guérin; Busson, propriétaire à Pipriac;
Leroux fils; Richard, chef de gare de
Maure; Bourdet, propriétaire, etc., etc.
Les discours.
A la fin du banquet, qui fait le plus
grand honneur à M. Portalis et pendant
lequel la plus grande cordialité n’a cessé
de régner, plusieurs discours ont été
successivement prononcés : par M. Le
roux, président du Comité républicain
du canton de Maure, M. le Préfet d'Ille-
et-Vilaine, MM. Guérin et Garreau, séna
teurs, et M. Thélohan, que l’on a si jus
tement appelé « D candidat d’hier, m?Î3
aussi celui de demain. » Voici ces dis
cours analysés (les premiers tout aujmoins)
dans leurs grandes lignes.
Discours de M. Leroux.
Messieurs,
J’ai le devoir, et je m’en fais une douce joie,
de remercier au nom du Comité républicain du
canton de Maure, organisateur de cette fête,
les nombreux invités qui ont bien voulu ré
pondre à son appel, et tout particulièrement :
Monsieur la Préfet, qui a daigné nous donner
cette marque de bienveillance et de sympat ie,
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