Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1862-03-05
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Type : texte texte
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Langue : français
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Description : 05 mars 1862 05 mars 1862
Description : 1862/03/05. 1862/03/05.
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Restauration - Monarchie de Juillet (1814-1848)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
JOURNAL DES DEBATS DU MERCREDI S MARS 1862.
quin qui se levait par un ressort jouant à l'aide
de conduits sur lesquels on ne pouvait man-
quer de marcher dès qu'on s'approchait du bon
moine. C'était un épouvantail établi là pour
faire fuir les voleurs.
Le bon moine portait dans sa construction
un contre-poids fait avec une masse de plomb
et destinée à le faire se rasseoir ils dépouil-
lent l'inoffensif capucin, lui coupent la tête, lui
enlèvent son contre-poids, et le laissent debout
sans têts.
Chicandard reconnaît avoir volé un filet de
pêcheur du prix de 80 fr. environ et l'avoir
vendu 8 fr. au recéleur Lecarpentier.
M. le président Vous avez acheté 8 fr. un
filet de 80 fr.?
Leearpentier Du tout, je n'ai pas acheté
un. filet, mais un tas de chiffons mélangé de
morceaux de filet.
Chicand~r~ Ah! oui, je l'avais coupé en pe-
tits morceaux..
SI. le président Pourquoi ? P
Chicandart Comment voulez-vous que je
trouve à vendre un f ;t, tandis que, en mor-
ceaux, dans les chi es, ça passe?
Un maître chiff jnier appelé à déposer sur
un vol*de chiffons commis à son préjudice
prétend avoir reconnu son chiffon chez un bro-
canteur, qui avait acheté G fr. le lot d'une va-
leur de 60 fr.
M. le président Comment avez-vous pu re-
connaître que c'était votre chiffon? Tout le chif-
fon se ressemble.
Le témoin Oh oh! il y a chiffon et chiffon;
le commissaire de police a constaté que c'é-
taient des chiffons de chiffonnier.
M. le président: Il y en a donc d'autres?
Le témoin Oli oui Il y a le. chiffon bour-
geois, qui est bien plus propre; il y a des chif-
fonniers qui lavent, d'autres qui ne lavent pas.
Vous savez, chacun a son idée dans tous les
états.
Cinq des prévenus ont été acquittés.
Trois ont été condamnés à cinq ans de pri-
son, un à quatre ans, tons les quatre à cinq acs
de surveillance.
Le reste a été condamné à des peines de
six -mois à deux ans. (Gazette des Tribunaux.)
Voici le résultat du mouvement hebdoma-
daire de la Caisse d'épargne de Paris
Versemens reçus les dimanche 2 et lundi
3 mars, de 5,239 déposans, dont 636 nou-
veaux, 469,826 fr.
Remboursemens effectués la semaine dernière
à 1,952 déposans, dont 643 soldés, 506,888 fr.
39 c.
Rentes achetées à la demande des déposans,
pendant la même semaine, pour un capital de
S0,480 fr. 90 C:
Excédant des vemboursenjens sur les verse-
mens, 37,000 Ir.
Laporte méridionale de l'égliseNptre-Dame,
dite porte Sainte-Anne, ou porte du Zodiaque,
était la dernière à restaurer du côté du portail,
et la mise en œuvre en a été commencée il y
̃a cinq mois, par la reconstruction du trumeau
qui la coupe en deux. Cette reconstruction est
maintenant terminée, ainsi que le piédestal
destiné à recevoir la Vierge écrasant le dragon,
et l'on commence à restaurer les colonnettes
que supportent les deux stylobates, lesquels
doivent aussi être refouillés. Ceci fait, on re-
placera entre les colonnettes les statues des
saints pour compléter l'ornementation de cette
entrée.
« Cette porte, dit le Siècle, fut construite au
quatorzième siècle. Son nom lui vient des si-
gnes du zodiaque qui en décorent les -parties
latérales, et dont les motifs ont grand besoin
d'être ravivés. Legendre, de l'Académie des
Sciences, dit dans son Journal 4e France, nu-
méro du jeudi 6 avril 1786, que les architectes
goths (e'est-à-dire du moyen-àge) étaient assez
volontiers dans l'usage de représenter les tra-
vaux de la campagne par un zodiaque à l'en-
trée de leurs églises, et que cet usage paraît
venir de l'Inde.
» Cette porte septentrionale se fait aussi re-
marquer par ses ventaux, qui, comme ceux de
la porte du Sud, sont illustrés d'arabesques en
fer, jadis poli, œuvre de Biscornet. »
Le docteur Biancnini, médecin a uasena,
en relatant la mort de la comtesse Comelia, a
remis en question la possibilité de la combus-
tion spontanée du corps humain. Voici les
faits La comtesse Comelia, âgée de soixante-
deux ans, résidant à Casena (Rornagoe), s'était
couchée en bonne santé le lendemain matin
on trouva son corps en cendres à 1 mètre en-
viron de son lit. La tête, les bras, les jambes
à partir du genou, avaient seuls été épargnés
par le feu. •
Les meubles et les draperies de la chambre
étaient couverts d'une suie grisâtre, les vitres
des croisées ternies par un fluide huileux et
iaunâtre, et l'atmosphère imprégnée d'une
odeur indescriptible et fort désagréable. Une
veilleuse à l'huile était à terre, et sur la table
deux chandelles dont le suif était complétement
foadu, mais dont les mèches n'étaient pas brû-
lppfi
Il'parait que la comtesse Comelia avait pour
habitude de se frictionner avec de l'esprit-de-
vin cam -îitré. Il n'est pas impossible que cette
circonstance n'ait été un élément important
de l'enchaînement d'accidens qui ont cau3é sa
mort. Le feu a pu communiquer le feu aux
véteraens légers et inflammables dont cette
malheureuse dame était couverte.
(Médical Times.)
L'un de ces derniers soirs, la représenta-
tion de la pantomime à Lyceum-Theâtre, à
i ondi-es' a été attristée par la chute soudaine
«iir le plancher du théâtre de la première dan-
seuse nvss Lidia Thompson. Cette artiste suc-
combait à une émotion bien naturelle. Elle
avait reçu dans la journée une lettre l'infor-
mant qu'un coup de pistolet serait tiré sur elle
le soir même, pendant la représentation, et
ï'enca«eant en conséquence, à se tenir prête
à mourir Miss Lydia Ttiompson avait méprisé
cet avis ou cette menace anonyme; cependant
son imagination en avait été frappée, et, en-
trant en scène, l'émotion qui s'empara d'elle
la naralvsa si complètement, qu'elle tomba
inerte sur les planches du théâtre. Les soins
les plus empressés ont été donnés à la jeune ar-
tiste et tandis que les médecins s'occupaient
de la mettre en état de reparaître devant le
-oublie le directeur du théâtre venait lire la
lettre anonyme aux spectateurs. Les témoi-
anan-es de réprobation qui ont éclaté contre
l'auteur de cette lâche missive ont dû le bien
Dunir, si, comme il est probable, il assistait à.
la représentation. (Era.)
H est peu d'amateurs de dessins et d'es-
tampes qui ne sachent que le cabinet de feu
M Simon, fruit d'un demi-siècle de patientes
recherches, renferme une réunion des plus
beaux dessins des anciens maîtres, de Lan-
tara de Ruysdaël, de Greuze, de Boissieu, de
Rembrandt, de Bergisem, etc. Les gravures, les
eaux-fortes sont toutes en superbes épreuves.
On cite l'œuvre complète d'Albert Durer; la
̃nièce à' Adam et Eve, d'une beauté hors ligne;
la Magicienne, le Charcutier, de Van Ostade, ne
laissent rien à désirer. Ajoutons un beau Christ
«u ivoirs attribué à Michel-Ange. Ce cabinet
sera vendu par Jl. Dp.lûergue, le 10 'mars et
^oun* suivans, à l'hôtel Drouot. Exposition di-
manche prochain.
M Reinhardt, successeur de M. Siraudin,
vient d'inventer plusieurs entremets nouveaux
au'on ne trouve que chez lui. Les glaces et en-
tremets glacés pour les diners et soirées sont
faits dans la maison Siraudin avec la supério-
rité et la perfection constatées dans la fabri-,
cation de ses fours et de ses bonbons.
Pour tous les faits divers
Le secrétaire de la rédaction F. CAMUS.
Lo savant traducteur de l'Esthétique de
Héael tf des écrits philosophiques de Schel-
ling, M. Charles Bénard, vient de faire pa-
raître un nouvel ouvrage qui excitera cer-
tainement, ou du moins qui mérite d'exciter
l'attention, non seulement des philosophes,
mais des pères de famille, des instituteurs
de la jeunesse et de la jaunesse elle-même.
Le titre de ce livre De la philosophie dans
l'éducation classique (1), et la qualité de l'au-
teur, son dévouement bien connu à la science
qu'il enseigne dans un des principaux lycées
de Paris, nous disent elairementquel en est le
but, quel en est l'esprit C'est une défeme
(!) Dn vo!. in-8°, chez Ladrauge, 1862.
chaleureuse de l'enseignement philosophi-
que, non dans les Facultés, où il ne pouvait
être diminué sans honte pour l'esprit hu-
main, mais dans les établissemens destinés
à la première jeunesse, dans les lycées et
dans les colléges.
On sait combien la philosophie était flo- j
rissante dans cet ordre d'institutions avant
la prétendue réforme qu'on a essayé d'ac-
complir dans les études, de 1852 à 1854, et
qui, grâce au bon sens du chef actuel de
l'Université, activement secondé par les ré-
formateurs convertis, commence à se retirer
peu à peu comme une inondation malfai-
sante. A cette prospérité a succédé un aban-
don à peu près complet, et le pire des aban-
dons, celui qu'on ne pense pas à secourir,
parce qu'il n'est ni avoué ni connu. En effet,
si la philosophie a perdu toute importance
dans les épreuves universitaires et n'est
plus qu'un hors-d' œuvre dans les classes,
un. objet d'application tout à fait volontaire,
comme le sanscrit et le chinois au Collége de
France, son nom figure toujours avec hon-
neur dans les cadres officiels et dans le pro-
gramme des prix du concours général. Il
y a même dans chaque lycée et dans plu-
sieurs collèges communaux un profes-
seur de philosophie, je veux dire de logi-
que, mais qui en réalité n'est qu'un ré-
pétiteur général pour le baccalauréat, et qui
infligerait à la logique le plus sanglant ou-
trage s'il voulait suivre le programme ré-
glementaire.
M. Bénard, avec l'autorité que lui don-
nent son expérience et son profond savoir,
proteste contre cette fiction., Il la croit nui-
sible non seulement à l'esprit de la jeu-
nesse, mais à son caractère, car, elle lui
apprend à mettre l'apparence à la place
de la réalité. Il montre que la cause
de l'enseignement philosophique dans les
établisssmens d'instruction secondaire est
la cause même rdu spiritualisme et que
la morale, la religion, si amèrement
invoquées, il y a quelques années, con-
tre cette branche des études classiques
n'ont rien gagné à la langueur dont elle a
été frappée. Tout au contraire, la raison de
la jeunesse, qui, malgré les rancunes des
parti», ne peut se passer de prendre son es-
sor, a été livrée sans défense à toutes sortes
de doctrines et s'est passionnée pour les
systèmes les plus énarvans et les plus dan-
gereux. Pour la retenir sur cette pente,
il lui faut d'autres maitres que de beaux
esprits et d'élégans rhéteurs. Les sciences
elles-mêmes ne lui suffisent pas surtout
quand elles ne s'adressent qu'à la mémoire,
comme cela arrive trop souvent, ou quand
elles songent plus à satisfaire l'amour de
l'utile que l'amour du vrai.
Les lettres et les sciences, qu'on a pré-
tendu favoriser en frappant, en humiliant
la philosophie, en la sacrifiant à la colère
des uns, à la frivolité des autres, à l'igno-
rance envieuse du plus grand nombre,
n'ont pas tardé à souffrir de sa dé-
chéance car, selon l'ingénieuse expression
de M. Bénard « On ne frappe pas impuné-
ment le corps à la tète. » Cette blessure s'é-
tend beaucoup plus loin qu'on ne le pense
car naturellement elle n« reste pas dans les
classes, mais elle passe, avec les généra-
tions qui en sont atteintes, dans toutes les
parties de l'enseignement supérieur elle
s'étend à l'étude du droit, de la médecine et
de la théologie, si étroitement unie, pen-
dant la durée du grand siècle, aux progrès
et aux conquêtes de la philosophie. L'abais-
sement de la philosophie dans les études
classiques n'a été proûtabla, en définitive,
qu'au matérialisme et au septicisme.
Mais en m'associant aux regrets de M. Bé-
nard et en le félicitant de l'indépendance
avec laquelle il les exprime, il m'est impos-
sible de partager son découragement. Non,
la cause qu'il défend n'est pas aussi dés-
espérée qu'il le pense. La philosophie, est
trop nécessaire à la vie générale de l'esprit
humain, elle a jeté des racines trop pro-
fondes dans l'esprit de notre temps, elle
est trop fortement infiltrée dans nos
idées et dans nos mœurs, elle forme une
barrière trop efficace contre les passions
toujours vivantes d'un autre âge et des pré-
tentions inconciliables avec la société mo-
derne, pour qu'elle ne reprenne pas avant
peu dans l'enseignement public le rang qui
lui appartient.
On écrit de Gap
« La souscription aux actions du canal se
poursuit à Gap avec un empressement d'au-
tant plus remarquable, que l'on connaît ici
toute la valeur de l'affaire.
» Ainsi on est persuadé qu'en ne portant
qu'à 125 fr. la prime qui reviendra dans
quatre ans à l'action de 500 fr., on est
resté au-dessous de ce qui sera réalisé et
distribué. Ce qui séduit surtout, c'est le
remboursement de l'action en obligations
communales du Crédit foncier, car ces va-
leurs, dont le cours varie de 450 fr. à
450 fr. sont elles -mêmes remboursables à
500 fr., et perticipent à 500,000 fr. de lots
annuels. De telle sorte que l'actionnaire du
canal recevra pour une action de 500 fr.,
en outre del25fr. de prime au moins en
espèces, l'intégralité .de son capital en ar-
gent ou en obligations communales avec
leurs avantages de leurs chances de tirages. »
AVIS.
Après-demain jeudi 6 mars," les magasins
de la Ville de Paris mettront en vente d'é-
normes quantités de soieries et à'étoffes nou-
velles pour le printemps.
Toutes ces étoffes, remarquables de fraî-
cheur et de qualité, seront vendues à un bon
marché extraordinaire, qui sera un sujet d'é-
tonnement pour tous les acheteurs.
_W",
MAISON B1ÉTRY, boulevard des Capucines, M.
Châles cachemire, châles de laine, châles
unis pour deuil et tissus pour robes.
M. Biétry est filateur et fabricant il a l'hon-
neur d'être fournisseur breveté de cachemires
français de S. M. l'Impératrice.
Par sa double industrie, cette maison livre
directement au consommateur tous ses pro-
duits à un bon marché réel; chaque objet est
revêtu d'un cachet de garantie de la désigna-
tion, d'un numéro d'ordre et d'une étiquette du
prix fixe. 1
Le numéro d'ordre et la garantie sont repro-
duits sur la facture.
Sur demande, on expédie en province.
Les magasins sont au premier.
_®
TACHES, BOUTONS, FEUX AU VISAGE.
Le LAIT antéphélique détruit ou prévient
êphélides (taches derousseur, son, lentilles, mas-
que de grossesse), hâte, efflorescences, boutons,
rugosités. Il assure au teint pureté, clarté.
Flac., 5 fr. candès et O, boulev, St l>enis, 26.
À». Franck.
SÉNAT.
Scrutin sur l'Adresse en réponie au discours
de la Couronne.
Nombre de votans ̃̃• 129 I
Bulletins blancs 123
Bulletins bleus 6 1
Ont voté pour t
MM. le général baron Achard, le marquis d'Au-
diffret.
MM. le marquis de Barbançois, Barbaroux, le vi-
comte de Barrai, Ferdinand Barrot, le premier prési-
dent Barthe, le duc de Bassano, le comte de Béarn,
le comte de Beaumont, B'ilault, le marquis de Boissy,
Bonjean, le comte Boulay de la Meurthe, le baron de
Bourgoing, le général de Bourjolly, le baron Brenier.
MM. le duc de Cambacérès, le maréchal Canrobert,
le général Carrelet, le comte de Casablanca, 1* géné-
ral marquis de Castelbajac, le vice-amiral Charner,
le général Charon, le baron de Cbassiton, Michel Che-
valier, ie comte François Clary. le général Cousin-
Montauban, comte de Palikao, le général marquis de
Cramayel, le marquis de Croix.
MM. Dariste, le général Daumas, Delangle, l'amiral
Romain Desfossés, Dorct, Dumas le procureur géné-
ral Dupin.
M Elie de Beaumont.
MM. Ferdinand Favre, de Forcade La Roquette, le
général Forey. Achille Fould.
MM. le général Gémeau, Je marquis Ernest de Gi-
rardin, de Goulhot ds Saint Germain, le général comte
de La Grange, le marquis de La Grange, le vice-amiral
baron Grivel, le baron Gios, le comte de Grosgolles-
Flamarens, le général marquis de Grouchy, le généra
Gues-Viller.
MM. l'amiral Hamelin, le général marquis d'Haut-
poul, le baron de Heeckeren, Huhert-Delisle, le vice-
amiral baron Hugon, le général Husson.
MM. le comte de La Béci'oyère, le baron de Lacrpsse,
de Ladoucette, le duc de La Force, le vicomte de La
Guéronnièra le général vicomte de La Hitte, le
comte Achille de Lamarre, le général marquis de
Laplace, LaKbit, le comte de La" Riboisièr?, le mar-
quis de La RoehejaqueMn, le général comte de La
Rue, Lebrun, Lefebvre-Durutlé. le comte Le Marois,
le comte Lemercier, le vice-amiral te Prêdour, le ba-
ron Ernest Leroy, Le Roy de Saint-Arnaud, le comte
de Lesseps, le général Levasseur, Le Verrier, le géné-
ral Lyauley.
MM. le maréchal Magnan Magae Mallet de Mé-
sonan, Mimerel de Roubaix, le général prince de la
Moskowa, S. A. je prince Mural.
M. le maréchal comte d'Ornano.
MM. le dm; ile Padoue, le comte général baron Piat, Pietri, le prince Poniatowski.
MM. le maréchal comte Randon le maréchal
comte Regnaud ûe Saint- Jean-d'Angély, le général
baron Renault, le baron Paul de Richecnont, le gé-
néral comte Roguet, Rouher, Rouland, de Royer.
MM. de Saulcy, le général comte de Schramm, de
Sivry, Stourai, le vicomte de Suleau.
MM. le duc Tascher de La Pagerie, Amédée Thayer,
Amédée Thierry, le général Thiry, de Thqrigay, Thou-
\enel, le vice-amiral Tréhouart, le duc de Trévise, le
prrrnier président Tioplong.
MM. le maréchal comte Vaillant le baron de Va-
renne, le comte do Villeneuve de Chenonceaux le
baron de Vincent.
MM. le prince de Wagram, le comte Walewski.
Ont voté contre
S. Em. le cardinal Donnet. ̃ '̃̃
M. le marquis de Gabriac.
S. Em. le cardinal Gousset.
S. !îm. le cardinal Mathieu.
S. Em. le cardinal Morlot.
M. le comte de Ségur-d'Agues6eau.
Absent peur le service de l'Empereur
S. Exc. le maréchal comte Baraguey-d'flilliers,
S. Exc. le maréchal comte de Caslellane, MM. le gé-
néral comte de Flahaut le marquis de La Valette,
S. Exe. le maiéchal Mac-Mahon, duc de Magenta,
M. de Maupas, S. Exe. le maréchal Nie), g. Esc. le
maréchal Pélissiyr, duc de Malakoff; MM. le vice-
amiral Rigault de Genouilly, le marquis Turgot,
Vaïsse.
Absens pour cause de maladie:
MM. le prince de Beauvan. le vice-amiral comte
Cécille, le baron de Cuapuys-Monttaville, le marquis
d'Espeuilles. le baron de Fourment, Herman, le gé-
néral baron Létang, Mérimée, le général de Montréal,
le général duc de Mortemart, le général comte Or-
dener, le général de Rostolan, le général duc de Saint-
Simon, Tourangin, le duc de Vicence.
VARIÉTÉS.
MES ÉCRITS HISTORIQUES
DE M. VICTOR COUSIN.
Jacqueline Pascal, un vol. La Jeunesse de
M"" de Longueville, un vol. Mm" de
Longueville pendant la Fronde, un voJ.
7!iœe de Sablé, un vol. Mme de Che-
vreuse, un vol. Mm" de Hautefort,
un vol. La Société française au dix-
septième siècle dans le roman du Grand
Cyrus, deux vol.
(Second article. –Voir le Numéro du 20 février.)
Quoi qu'on en ait pu dire, il y a autre
chose dans les récits de M. Cousin que des
recherches curieuses et des anecdotes. Il ne
s'est pas donné la peine de courir si souvent
de la rue Saint-Thomas-du -Louvre à. Chan-
tilly, de suivre les chevauchées aventureuses
de "M1™ de Longueville et de Mme de Che-
vreuse pour n'avoir pas recueilli de ses
voyages des opinions arrêtées sur les hom-
mes de ce temps et sur les événemens aux-
quels ils ont été mêlés. Il est bien vrai
qu'il a groupé ces jugemens et ces ta-
bleaux d'histoire autour de ses person-
nages favoris; mais ce n'est pas sa faute si
les hommes qui se trouvent, au début de ses
récits, les plus nobles et les plus séduisans
de leur temps en deviennent bientôt les
plus grands capitaines et les plus brillans
chefs de partis. Raconter ce qu'ils ont fait,
c'est donc raconter l'histoire de la France.
Il ne leur manquait plus, pour réunir sur
leur tète toutes les gloires de ce monde, que
d'y placer l'auréole impérissable de la re-
nommée littéraire et de mériter, même par
ce côté, de voir vivre leurs noms auprès de
ceux de Corneille etde Bossuet, qui furentles
hôtes et les commensaux de l'hôtel de Ram-
bouillet. Attendez que l'apaisement des
guerres civiles ait donné des loisirs à ces es-
prits ardens, et voilà que du sein de cette so-
ciété d'élite sortiront des écrivains comme
La Rochefoucauld et de Retz, quicompteront t
parmi les plus originaux, sinon tout à fait
parmi les premiers de leur temps. Si l'on
tient peu de compte, dans un inventaire
impartial des célébrités de ce temps, de
cette littérature féminine que M. Cousin a
peut-être un peu surfaite, si on avoue qu'en
touchant parfois à la noblesse, la négligence
prétentieuse du style de Mme de Longueville
tombe plus souvent dans l'obscurité, il ne
faut pas oublier que ces femmes illustres
tinrent sur leurs genoux M™0 de Sévigné et
Mme de La Fayette, et que ces modèles ache-
vés de la grâee et du goût s'honorèrent tou-
jours d'avoir appris à cette école l'art de
bien dire et cetui de bien penser. Nous
comprenons donc aisément que M. Cousin
se soit trouvé, en cette illustre compagnie,
dans le plein de la gloire du dix-septième
siècle. 11 fait bon vivre dans une coterie,
quand cette coterie est composée de grands
hommes.
On se demande eu vérité ce qui manque
à ces récits pour être de l'histoire. Le der-
nier volume publié par M. Cousin, Mmo de
Longueville pendant la Fronde, n'est-il pas
le récit complet des derniers efforts de la
guerre civile, dont la vie de Mm" de Che-
vreuse nous avait déjà retracé les débuts?
Peut-être pourra-t-ou trouver ailleurs que
le récit des batailles de Lens et de Rocroy
sort un peu inopinément du milieu des pe-
tits vers de Voiture et des aventures du
grand Cyrus. Encore est-il vrai que cette
rapide transition du petit au grand, du plai-
sant au sublime est au demeurant lu pein-
ture la plus vraie des destinées humaines;
et c'est pour l'avoir compris que Shakspeare
a donné à ses drames l'intérêt palpitant de
la vie. Mais dans le récit des efforts de la
Fronde expirante, tout n'est-il pas à sa
place et peidt, comme il convient, à grands
traits? Quand la Fronde décidément vain-
cue est obligée d'assister au retour triom-
phant de Mazarin, M. Cousin se mat, comme
un autre Saint-Simon, dans un coin du 8alon
où le cardinal reçut les premiers échappés
de ce grand naufrage, et il esquisse aussi
largement, sinon aussi profondément, les
portraits de tous les acteurs de cette aven-
tureuse équipée. Il nous mène au milieu du
Parlement restauré, descend jusque dans
les flots du peuple qui acclame le retour de
la paix, et nous assistons une fois de plus à
cette amende honorable payée tant de fois
par la raison à la force, qui a profité de ses
écarts.
t Pourquoi ne chercherait-on pas à tenir un
compte sérieux des opinions et des jugemena
historiques de M. Cousin? Il a d'autant plus
de titres à être écouté, qu'en véritable disciple
de la sagesse, il n'a pas fait prendre à sa rai-
son le chemin de son cœur et de ses goûts.
Quel stoïcisme sévère n® lui a-t-il pas fallu
pour ne céder à aucun des entraînemens
auxquels ne surent pas résister tantde grands
cœurs qu'il admire sans les excuser! Quoi!
M. Cousin sera du parti de Mazarin contre
Mme de Longueville? Quoi! de son propre
aveu, la Fronde a recruté pour elle les plus
honnêtes gens de ce temps, et M. Cousin
sera contre les honnêtes gens et contrela
Fronde? Rien n'est plus vrai cependant; et il
faudra bien que nous lui demandions un peu
nous-mêmes compte de cet arrêt. Nous
avons nous l'avouons un secret pen-
chant à prendre en toute querelle le parti
des honnêtes gens il y a, dans tous les cas,
présomption, jusqu'à plus ample informé,
pour les causes ainsi servies. M. Cousin, qui a
informé, conclut contra la Fronde. Non seu-
lement il absout Richelieu de presque toutes
ses violences, en faveur du but qu'il pour-
suivait mais quand il arrive à Mazarin, c'est-
à-dire à Richelieu moins le génie d'une
part, et moins la cruauté de* l'autre,
il l'admire presque à l'égal de son maître,
et condamne tous ses adversaires par ce
seul motif que Mazarin a voulu continuer
au dehors la grande politique de Henri IV.
Qui prouve que les frondeurs maîtres du
pouvoir ne l'eussent pas continuée comme
lui, puisque Mazarin, renversé du pouvoir,
trouva bon de pratiquer la politique anti-
nationale des frondeurs ? Certes personne
ne conteste que la dextérité et la persi-
stance de Mazarin n'aient à réclamer leur
part dans les glorieux traités de Westphalie
et des Pyrénées. Mais lui faire honneur des
victoires remportées par des armées qu'il
laissait affamées et déguenillées, ne pas re-
connaître que les coups de canon de Condé
et de Turenne ont plus fait pour la conclu-
sion glorieuse de la paix que les négocia-
tions de Servien et de Lyonne, c'est pres-
que se mettre au ton de ces historiens de
l'autre siècle, qui disaient naïvement
« Louis-le-Gros affranchit les communes;
Louis XIV gagne au début de son règne les
bataillès de Lens, de Rocroy et de Fri-
bourg. » Si l'on est un grand, et même uu
très grand ministre, quand on ne sait ni
maintenir l'autorité au dedans ni nour-
rir les armées qui la maintiennent au
dehors quand on encaisse pour son
compte les deniers de l'Etat, quand on laisse
mettre le pays au pillage par les agens
du pouvoir, si on est un très grand ministre
pour avoir su négocier avee des ennemis
vaincus, il y a lieu de s'étonner que les
grands ministres soient si rares. Pourquoi
ne pas faire honneur au Directoire de la
campagne d'Italie et des traités de Lunéville
et de Campo-Formio? Non; la politique de
Henri IV ne demandait pas tous les saeri-
fices que Richelieu et Mazarin ont imposés à
là liberté de leur pays. Les fautes de la
Fronde ne justifient ni tant de rigueur ni
tant de réaction. Ah! c'est ici que le goût
de M. Cousin pour la belle compagnie fait
fléchir son* jugement. Qu'il traite avec un
peu de dédain la Fronde des grands sei-
gneurs, je le veux bien mais comment
s'est-il refusé à lui-même un peu de sympa-
thie pour cette sérieuse bourgeoisie parle-
mentaire, qui tenta au début de la Fronde
un vigoureux essai d'affranchissement poli-
tique, et qui ne doit pas être condamnée,
uniquement parce qu'elle n'a pas réussi?
M. Cousin a-t-il craint de déroger en
suivant Mmo de Longueville sur les degrés
de l'Hôtel-de-Ville, où elle présente à ce
peuple ivre de liberté le fils qu'elle vient de
mettre au monde? Il aurait respiré avec elle
ce souffle de délivrance qui sortit de toutes
les poitrines quand on sut que Richelieu ve-
nait de mourir. Il n'y a guère de Mémoires
de ce temps qui n'aient été illuminés un
instant de cet éclair d'espérance et de joie,
et il n'est pas besoin de beaucoup d'indul-
gence pour ne pas partager le dédain avec
lequel M. Cousin regarde la Déclaration de la
Chambre de Saint-Louis, cette aïeule du Ser-
ment du Jeu-de-Paume. Pourquoi se pique-
rait-on de ne point céder au- noble entraîne-
ment d'un pareil spectacle? Nous sentirons
bien assez tôt le moment où le parti de la
liberté deviendra une faction, où le bon
droit sera d'un côté et le bon sens de l'au-
tre, du moins ce triste bon sens qui.jette la
liberté en proie à la soif de la paix publique.
Nous serons bien alors obligés d'aller avec
Mathieu Mole faire notre soumission à l'au-
torité du roi; mais nous irons les larmes
aux yeux et le regret dans le cœur, et nous
nous garderons bien de reprocher au Par-
lement d'avoir usurpé des droits politiques
dont il eût bien fallu qu'il rendît compte un
jour au pays. Quand la liberté est renver-
sée, quiconque la relève devant la force a
pour lui le droit et la raison,
II y a lieu de s'étonner qu'après avoir
montré tant de faveur pour Richelieu et
Mazarin, M. Cousin ait gardé toute sa sévé-
rité pour Louis XIV. Il voit sous la règne
de ce prince un grand abaissement des es-
prits, une déchéance complète des qualités
viriles qui marquent, suivant lui, la pre-
mière moitié du dix-septième siècle. Dieu
nous garde de le contredire en cette asser-
tion mais il est permis de lui demander
compte des raisons auxquelles il attribue
cette supériorité de l'aurore du siècle sur
son déclin. Eiles nous paraissent, quant à
nous, fortnaturelles, aussi naturelles que cel-
les qui mettent le règne de Louis XV si fort
encore au-dessous de celui de Louis XIV.
Nous ne saurions nous étonner que la
prolongation du despotisme ait amené pas
à pas la dégradation des âmes. Il y a
loin en effet de la mâle vigueur qui respire
dans le visage des hommes qui avaient été
jeunes au temps des guerres civiles à la no-
blesse efféminée des tètes poudrées du dix-
huitième siècle. Il resta quelque chose de
cette vigueur dans les hommes qui luttèrent
contre Richelieu et qui firtnt la Fronde
les visages s'assouplissent avec les cœurs
sous Louis XIV; ils portent enfin sous
Louis XV les rides habilement dissimu-
lées de la vieille monarchie française.
Louis XIV abusa de la victoire sur les
factions, comme Richelieu en avait abusé:
mais s'il y avait à chercher qui des deux
fut le plus coupable, je n'hésiterais pat
à dire que ce fut Richelieu. Louis XIV ne
vit la liberté que pour avoir quelque droit
de la maudire. Il eut à souffrir dans sa di-
gnité et dans son orgueil d'enfant royal.
Rien n'est plus dangereux qu* d'insulter une
royauté qu'on n'a pas résolu d'abattre. La
lutte devait finir un jour au profit du pou-
voir, et laisser dans l'âme du jeune souve-
rain un implacable ressentiment. Quelle
amère indignation devait soulever l'âme du
petit-fils de Henri IV, obligé par ses sujets
de s'enfuir précipitamment de Paris Les
larmes- orgueilleuses de l'enfant devaient
valoir à la France une réaction despotique
de soixante-cinq ans; mais il y a quelque
gloire, après tout, à retirer des traverses de
la vie, au lieu d'une humble expérience, une
invincible fierté devant les hommes qui
n'exclut pas l'humilité devant Dieu. Nous
qui regardons avec tant de calme et de
mansuétude les réactions innombrables
dont notre siècle est témoin pour-
quoi nous montrerions-nous si sévères
pour la graade réaction monarchique
du dix-seplièma siècle? Tout. se réunis-
sait alors pour assombrir cette aurore de
liberté qui s'était levée sur l'Europe. En
France, la liberté à peine entrevue était
tombée aux mains des factions en An-
gleterre, la révolution venait d'élever la
tyrannie de Cromwell à côté de l'échafaud
de Charles I" en Hollande, elle ensanglan-
tait son triomphe récent par le massacre des
plus vertueux citoyens. Partout la servitude
arrivait sur les pas de la révolution, et le
protestantisme portait injustement tout le
poids de ces déplorables attentats. C'est
sous l'empire d'une réaction universelle
contre tant d'excès que se formèrent les
idées qui dominèrent la fin du dix-sep-
tième siècle, et il ne faut pas s'étonner si
l'intelligence passionnée et inculte de
Louis XIV les embrassa avec ardeur et s'y
opiniàtra à jamais. Cette royauté, sortant
toute brillante du milieu des factions, fut
acclamée des peuples et fascina les regards.
Louis XIV joignit donc au prestige de sa
race celui de la dictature déférée par la fa-
tigue de ses sujets. Comparée avec la res-
tauration des Stuarts, qui donna au monde
le spectacle d'une apostasie sans illusion
comme sans excuse, la tyrannie de Louis XIV
dut sembler la plus légitime qui fût alors.
Quand vous voyez le grand cœur d'un An-
toineArnauld jeter l'anathème sur Guillaume
d'Orange et excuser la dévastation du Pala-
tinat, quand vous entendez Racine converti,
o.
nacine renau ioui eiuier a uieu s ecnar
avec une profonde conviction « Dans
quelque compagnie que je me sois trouvé,
Dieu m'a fait la grâce de ne rougir jamais
ni du roi ni de l'Evangile » vous recon-
naissez avec consternation l'esprit de ver-
tige qui s'était emparé des hommes de ce
temps et vous comprenez comment ils
pouvaient fermer l'oreille à tant de so-
lennels avertissemens! Si Louis XIV est
le grand coupable il n'est donc pas le
seul. Son peuple courait au-devant de la
tyrannie, et il n'eut pas de peine à lui per-
suader qu'il était le ministre des desseins de
Dieu sur la France. Sans doute, dans est
aveuglement, dans ce fanatisme universel, il
y a des trompeursét des dupes, caril y a une
voix qui retentit do temps à autre dans les
consciences les plus endurcies, et qui crie
« Là est le droit et la justice! a Les grands
crimes de l'histoire ne se sont pas faits tout
seuls, et dans ce lugubre cortège qui tra-
verse les siècles, la conscience publique
sait bien discerner quels sont les bourreaux
et quels sont les instrumens innocens du
crime. Mais que chacun du moins re-
çoive la part de honte et de respon-
sabilité qui lui revient. Que ce qui est
l'excuse de l'un ne soit pas la condam-
nation de l'autre. Condamnez toutes les
tyrannies ou absolvez tous les tyrans; car si
vous couvrez de votre indulgence l'assassi-
nat de Marillac, vous devez ouvrir votre
manteau, et y abriter également les dragon-
nades et la Saint-Barthélemy.
Ce qui fait précisément que cette sévérité
de M. Cousin pour Louis XIV nous surprend
en regard de son admiration pour Richelieu,
c'est qu'il aime à nous montrer dans l'a-
mour de la grandeur nationale la règle de
tous ses jugemens. Or, si ce noble souci est
le premier devoir d'un souverain, il serait
vraiment injuste de soutenir que Louis XIV
y ait manqué car s'il est en lui une
vertu qui relève jusqu'à ses plus grandes
fautes, c'est le culte de l'honneur français.
Ceux qui pensent que la liberté et la justice
jettent encore plus d'éclat sur un peuple que
les conquêtes et les agrandissemens territo-
riaux s'étonneront peut-être de rencontrer
un philosophe parmi les adorateurs de la
puissance monarchique et de la prépoudé-
rance militaire. Mais les opinions maintes
fois exprimées par M. Cousin sur ces graves
questions ont une liaison efc une consé-
quence naturelle qui méritent d'appeler
encore l'attention de la critique.
Il y a en France deux écoles qui se ratta-
chent également aux principes de 89, mais
qui eu tirent des conséquences si différentes
que le nom d'écoles libérâtes ne saurait éga-
lement leur convenir. Ces deux écoles, pour
s'être rencontrées souvent unies dans l'ac-
tion et le conseil, n'en sont pas moins fort
nettement tranchées. La première, que j'ap-
pellerai volontiers nationale, sans vouloir
dire que l'autre ne le soit pas, professe le
culte et l'adoration exclusive du génie fran-
çais. Elle veut être à l'unisson avec tous les
enthousiasmes comme avec toutes les fai-
blesses de la foule; elle vit et respire avec
elle. Quoiqu'elle doive et sa naissance et
ses principes à la Révolution française, elle
ne se défend pas d'une certaine faiblesse
de cœur pour une monarchie absolue qui
a fait l'unité de la France préparé l'é-
galité des rangs et fondé la grande admi-
nistration française. Elle admire et s'ap-
proprie toutes les institutions nationales, et
regarde avec une égale complaisance les
Capitulaires de Charlemague, les Institu-
tions de Saint-Louis ot le Code Napoléon.
C'est pour elle que les galeries de Versailles
déploient cette longue phalange de victoires
nationales qui commence à Tolbiac et finit
à Solferino. Tous ces grands batailleurs,
qu'ils s'appellent Condé ou Napoléon, qu'ils
aient foulé les peuples pour leur propre
gloire ou qu'ils les aient délivrés de la ser-
vitude, sont ses amis et ses héros. C'est t
cette école qui a fait à la révolution toute
une succession d'ancêtres qui s'appellent
Louis XI, Richelieu et Louis XIV, et qui
veut que la France libérale reconnaisse en
eux
Ces enfans qu'en son sein elle n'a point portés. •«.
Elle croit aimer la liberté et a même par-
fois combattu pour elle, mais elle l'aime
moins que l'unité et la grandeur. Le libé*
ralisme d'instinct de cette école est ami
du progrès des lumières mais il procède
plutôt dans l'ordre des idées par néga-
tion que par affirmation. Quand il s'éprend
de l'égalité il cherche plutôt à abaisser
ce qui est trop haut, qu'à- élever ce qui est
trop bas. Ennemi des castes et des privilèges
consacrés par le temps, il permet volontiers
à ses dictateurs de faire avec des hommes
nouveaux des nobles et des privilégiés. Il a
une générosité instinctive qui l'intéresse au
sort des opprimés, mais il faut que les oppri-
més soient en nombre et ne se trouvent
poi Et entravers des grands desseins du pays-j
car il a un certain mépris pour les minorités
vaincues. Il s'emporta vivement contre l'in-
tolérance religiease, c'est-à-dire qu'il ne
veut pas être obligé à croire mais il trouve
assez mauvais que ceux qui croient prêchent
et publient leurs croyances. Il aimerait que
les religions ne fissent pas de prosélytisme,
e'esi-à-dire ne fussent pas des religions, et
entra le commissaire de police et le ministre
du culte, il incline volontiers vers le com-
missaire. Il n'a jamais pu savoir s'il était ca-
tholique ou s'il ne l'était pas; car s'il aime
à rire avec Voltaire des dévots, il veut vivre
convenablement avec le Pape et tremble de-
vant l'Index. Il n'a jamais cependant pu
prendre sur lui de respecter ce qu'il croit
nécessaire, et il renverse avec insouciance
des trônes qu'il a faits et qu'il a déclarés in-
ébranlables. C'est un libéralisme d'instinct et
de tempérament qui ne s'analyse pas et ne
tente pas de se régler. Il ne faut pas dire qu'il
n'est pas. On est toujours libéral, quand on a
le désir et la volonté de l'être l'honneur,,la
générosité et l'amour du progrès sont des
sentimens libéraux. Mais il manque d'une
règle morale dans sa croyance à l'infaillibi-
lité nationale. 11 est séduit par l'image
d'une liberté brillante, mais il n'en com-
prendra pas les conditions pratiques et ne
lui consacrera pas cette patience et cette
ténacité qui font les peuples vraiment libres.
Il fera plus de révolutions qu'il ne con-
querra de libertés. ,,A
i L'autre école, plus réfléchie et plus sé-
rieuse, mérite certainement le nom de
libérale, car son libéralisme a ses racines
dans l'inébranlable sentiment de la jus-
tice et du droit; elle isole l'homme de
la foule et veut qu'il dise ainsi que la vieille
devise Etiamsi omnes ego non. (moi
'1
seul, et c'est assez !) Selon cette école, le
droit de l'individu prime la volonté
delà foule, et la voix d'un juste opprimé
suffit pour vouer à l'opprobre la so-
ciété qui l'étouffe. Elle considère la liberté
comme le but même, non comme l'instru-
ment du progrès social. Selon la parole du
poète, la liberté est née pour cette école
Le jour où le plus juste a bravé le plus fort.
Elle ne dédaigne pas la gloire des armes et
les triomphesguerriers mais elle croit qu'une
nation est toujours assez grande quand elle
est libre, et que celui-là saura toujours dé-
fendre sa patrie contre l'étranger, qui a su
défendre sa liberté contre les tyrans. Elle
n'admet pas que la dictature et la tyrannie
soient jamais nécessaires, et pense qu'une
nation est perdue quand elle ne peut être
sauvée que par un seul homme. On peut
dire qu'une pareille notion de la liberté
est celle qui convient à des kommes raison-
nables, car elle a pour fondement le droit
et la raison. Toutefois la sphère élevée où elle
se maintient l'écarte trop de la foule. Elle
ne tient pas toujours un compte suffisant des
instincts particuliers de notre race, et tout en
admettant que les gouveruomens sont faits
pour les peuples, elle tente trop souvent
de modeler les peuples sur des notions
idéales de gouvernement. Soigneuse de ga-
rantir les citoyens contre toute atteinte à la
liberté, cette école s'éprend avec trop de
vivacité des formes extérieures de cette
liberté, et croit volontiers que tout est dit
pour un petiple quand il a assuré le libre
jeu des institutions représentatives avec
cette théorie, on garderait peut-être tou-
jours les droits acquis, on en obtiendrait dif-
ficilement de nouveaux. En un mot il y a dans
le peuple des instincts confus et généreux
dont cette école s'isole trop aisément. C'est
assez dire qu'elle sera rarement popu-
laire, et son plus grand défaut est de croire
qu'un parti peut se passer de popularité.
Elle est plus amie de la justice que du pro-
grès. Démocratique dans ses opinions elle
redevient aristocratique dans sa mauière
de les' défendre.
Il semble que pour un vrai philosophe le
choix.ne puisse être douteux entre ces deux
tendances. D'un côté, l'instinct aveugle et
la passion; de l'autre, la justice et la raison.
Comment croire que le dernier des Carté-
siens ne se range pas du côté du droit?
Aussi l'école libérale regretterait-elle de ne
pas compter M. Cousin parmi ses défenseurs.
Mais nous vivons dans un temps où les plus
solides esprits ne se retrouvent pas toujours
exactement sous leurs étendards. M. Cousin
a écrit de belles pages sur la justice, et c'est
pour cela peut-être qu'il paraît si effrayé de
passer pour un homme de parti. L'impar-
tialité philosophique ue commande pas tou-
tefois qu'on tienne en trop médiocre estime
ce qu'on a fait soi-même et ce qu'ont fait les
auirës pour le triomphe d'une bonne cause
Quoi qu'il eu soit, M. Cousin a fait son
choix parmi les opinions qui divisent les
esprits. Il est dans ces divers écrits, lorsque
la galanterie y fait par intervalle place
à la politique, avec Richelieu contre les
grands, avec Mazariu contre la Fronde,,
avec la royauté contre la noblesse qu'il
aime et le Parlement qu'il admire, avec
Port-Royal contre les jésuites, mais avec
Richelieu contre les protestans. Il a
même été dans une note hardie jus-
qu'à établir entre le gouvernement repré-
sentatif et le gouvernement parlementaire
certaines distinctions qui, développées avec
plus d'étendue, lui auraient donné une
place distinguée, la première place, à
vrai dire, parmi les théoriciens du sys-
quin qui se levait par un ressort jouant à l'aide
de conduits sur lesquels on ne pouvait man-
quer de marcher dès qu'on s'approchait du bon
moine. C'était un épouvantail établi là pour
faire fuir les voleurs.
Le bon moine portait dans sa construction
un contre-poids fait avec une masse de plomb
et destinée à le faire se rasseoir ils dépouil-
lent l'inoffensif capucin, lui coupent la tête, lui
enlèvent son contre-poids, et le laissent debout
sans têts.
Chicandard reconnaît avoir volé un filet de
pêcheur du prix de 80 fr. environ et l'avoir
vendu 8 fr. au recéleur Lecarpentier.
M. le président Vous avez acheté 8 fr. un
filet de 80 fr.?
Leearpentier Du tout, je n'ai pas acheté
un. filet, mais un tas de chiffons mélangé de
morceaux de filet.
Chicand~r~ Ah! oui, je l'avais coupé en pe-
tits morceaux..
SI. le président Pourquoi ? P
Chicandart Comment voulez-vous que je
trouve à vendre un f ;t, tandis que, en mor-
ceaux, dans les chi es, ça passe?
Un maître chiff jnier appelé à déposer sur
un vol*de chiffons commis à son préjudice
prétend avoir reconnu son chiffon chez un bro-
canteur, qui avait acheté G fr. le lot d'une va-
leur de 60 fr.
M. le président Comment avez-vous pu re-
connaître que c'était votre chiffon? Tout le chif-
fon se ressemble.
Le témoin Oh oh! il y a chiffon et chiffon;
le commissaire de police a constaté que c'é-
taient des chiffons de chiffonnier.
M. le président: Il y en a donc d'autres?
Le témoin Oli oui Il y a le. chiffon bour-
geois, qui est bien plus propre; il y a des chif-
fonniers qui lavent, d'autres qui ne lavent pas.
Vous savez, chacun a son idée dans tous les
états.
Cinq des prévenus ont été acquittés.
Trois ont été condamnés à cinq ans de pri-
son, un à quatre ans, tons les quatre à cinq acs
de surveillance.
Le reste a été condamné à des peines de
six -mois à deux ans. (Gazette des Tribunaux.)
Voici le résultat du mouvement hebdoma-
daire de la Caisse d'épargne de Paris
Versemens reçus les dimanche 2 et lundi
3 mars, de 5,239 déposans, dont 636 nou-
veaux, 469,826 fr.
Remboursemens effectués la semaine dernière
à 1,952 déposans, dont 643 soldés, 506,888 fr.
39 c.
Rentes achetées à la demande des déposans,
pendant la même semaine, pour un capital de
S0,480 fr. 90 C:
Excédant des vemboursenjens sur les verse-
mens, 37,000 Ir.
Laporte méridionale de l'égliseNptre-Dame,
dite porte Sainte-Anne, ou porte du Zodiaque,
était la dernière à restaurer du côté du portail,
et la mise en œuvre en a été commencée il y
̃a cinq mois, par la reconstruction du trumeau
qui la coupe en deux. Cette reconstruction est
maintenant terminée, ainsi que le piédestal
destiné à recevoir la Vierge écrasant le dragon,
et l'on commence à restaurer les colonnettes
que supportent les deux stylobates, lesquels
doivent aussi être refouillés. Ceci fait, on re-
placera entre les colonnettes les statues des
saints pour compléter l'ornementation de cette
entrée.
« Cette porte, dit le Siècle, fut construite au
quatorzième siècle. Son nom lui vient des si-
gnes du zodiaque qui en décorent les -parties
latérales, et dont les motifs ont grand besoin
d'être ravivés. Legendre, de l'Académie des
Sciences, dit dans son Journal 4e France, nu-
méro du jeudi 6 avril 1786, que les architectes
goths (e'est-à-dire du moyen-àge) étaient assez
volontiers dans l'usage de représenter les tra-
vaux de la campagne par un zodiaque à l'en-
trée de leurs églises, et que cet usage paraît
venir de l'Inde.
» Cette porte septentrionale se fait aussi re-
marquer par ses ventaux, qui, comme ceux de
la porte du Sud, sont illustrés d'arabesques en
fer, jadis poli, œuvre de Biscornet. »
Le docteur Biancnini, médecin a uasena,
en relatant la mort de la comtesse Comelia, a
remis en question la possibilité de la combus-
tion spontanée du corps humain. Voici les
faits La comtesse Comelia, âgée de soixante-
deux ans, résidant à Casena (Rornagoe), s'était
couchée en bonne santé le lendemain matin
on trouva son corps en cendres à 1 mètre en-
viron de son lit. La tête, les bras, les jambes
à partir du genou, avaient seuls été épargnés
par le feu. •
Les meubles et les draperies de la chambre
étaient couverts d'une suie grisâtre, les vitres
des croisées ternies par un fluide huileux et
iaunâtre, et l'atmosphère imprégnée d'une
odeur indescriptible et fort désagréable. Une
veilleuse à l'huile était à terre, et sur la table
deux chandelles dont le suif était complétement
foadu, mais dont les mèches n'étaient pas brû-
lppfi
Il'parait que la comtesse Comelia avait pour
habitude de se frictionner avec de l'esprit-de-
vin cam -îitré. Il n'est pas impossible que cette
circonstance n'ait été un élément important
de l'enchaînement d'accidens qui ont cau3é sa
mort. Le feu a pu communiquer le feu aux
véteraens légers et inflammables dont cette
malheureuse dame était couverte.
(Médical Times.)
L'un de ces derniers soirs, la représenta-
tion de la pantomime à Lyceum-Theâtre, à
i ondi-es' a été attristée par la chute soudaine
«iir le plancher du théâtre de la première dan-
seuse nvss Lidia Thompson. Cette artiste suc-
combait à une émotion bien naturelle. Elle
avait reçu dans la journée une lettre l'infor-
mant qu'un coup de pistolet serait tiré sur elle
le soir même, pendant la représentation, et
ï'enca«eant en conséquence, à se tenir prête
à mourir Miss Lydia Ttiompson avait méprisé
cet avis ou cette menace anonyme; cependant
son imagination en avait été frappée, et, en-
trant en scène, l'émotion qui s'empara d'elle
la naralvsa si complètement, qu'elle tomba
inerte sur les planches du théâtre. Les soins
les plus empressés ont été donnés à la jeune ar-
tiste et tandis que les médecins s'occupaient
de la mettre en état de reparaître devant le
-oublie le directeur du théâtre venait lire la
lettre anonyme aux spectateurs. Les témoi-
anan-es de réprobation qui ont éclaté contre
l'auteur de cette lâche missive ont dû le bien
Dunir, si, comme il est probable, il assistait à.
la représentation. (Era.)
H est peu d'amateurs de dessins et d'es-
tampes qui ne sachent que le cabinet de feu
M Simon, fruit d'un demi-siècle de patientes
recherches, renferme une réunion des plus
beaux dessins des anciens maîtres, de Lan-
tara de Ruysdaël, de Greuze, de Boissieu, de
Rembrandt, de Bergisem, etc. Les gravures, les
eaux-fortes sont toutes en superbes épreuves.
On cite l'œuvre complète d'Albert Durer; la
̃nièce à' Adam et Eve, d'une beauté hors ligne;
la Magicienne, le Charcutier, de Van Ostade, ne
laissent rien à désirer. Ajoutons un beau Christ
«u ivoirs attribué à Michel-Ange. Ce cabinet
sera vendu par Jl. Dp.lûergue, le 10 'mars et
^oun* suivans, à l'hôtel Drouot. Exposition di-
manche prochain.
M Reinhardt, successeur de M. Siraudin,
vient d'inventer plusieurs entremets nouveaux
au'on ne trouve que chez lui. Les glaces et en-
tremets glacés pour les diners et soirées sont
faits dans la maison Siraudin avec la supério-
rité et la perfection constatées dans la fabri-,
cation de ses fours et de ses bonbons.
Pour tous les faits divers
Le secrétaire de la rédaction F. CAMUS.
Lo savant traducteur de l'Esthétique de
Héael tf des écrits philosophiques de Schel-
ling, M. Charles Bénard, vient de faire pa-
raître un nouvel ouvrage qui excitera cer-
tainement, ou du moins qui mérite d'exciter
l'attention, non seulement des philosophes,
mais des pères de famille, des instituteurs
de la jeunesse et de la jaunesse elle-même.
Le titre de ce livre De la philosophie dans
l'éducation classique (1), et la qualité de l'au-
teur, son dévouement bien connu à la science
qu'il enseigne dans un des principaux lycées
de Paris, nous disent elairementquel en est le
but, quel en est l'esprit C'est une défeme
(!) Dn vo!. in-8°, chez Ladrauge, 1862.
chaleureuse de l'enseignement philosophi-
que, non dans les Facultés, où il ne pouvait
être diminué sans honte pour l'esprit hu-
main, mais dans les établissemens destinés
à la première jeunesse, dans les lycées et
dans les colléges.
On sait combien la philosophie était flo- j
rissante dans cet ordre d'institutions avant
la prétendue réforme qu'on a essayé d'ac-
complir dans les études, de 1852 à 1854, et
qui, grâce au bon sens du chef actuel de
l'Université, activement secondé par les ré-
formateurs convertis, commence à se retirer
peu à peu comme une inondation malfai-
sante. A cette prospérité a succédé un aban-
don à peu près complet, et le pire des aban-
dons, celui qu'on ne pense pas à secourir,
parce qu'il n'est ni avoué ni connu. En effet,
si la philosophie a perdu toute importance
dans les épreuves universitaires et n'est
plus qu'un hors-d' œuvre dans les classes,
un. objet d'application tout à fait volontaire,
comme le sanscrit et le chinois au Collége de
France, son nom figure toujours avec hon-
neur dans les cadres officiels et dans le pro-
gramme des prix du concours général. Il
y a même dans chaque lycée et dans plu-
sieurs collèges communaux un profes-
seur de philosophie, je veux dire de logi-
que, mais qui en réalité n'est qu'un ré-
pétiteur général pour le baccalauréat, et qui
infligerait à la logique le plus sanglant ou-
trage s'il voulait suivre le programme ré-
glementaire.
M. Bénard, avec l'autorité que lui don-
nent son expérience et son profond savoir,
proteste contre cette fiction., Il la croit nui-
sible non seulement à l'esprit de la jeu-
nesse, mais à son caractère, car, elle lui
apprend à mettre l'apparence à la place
de la réalité. Il montre que la cause
de l'enseignement philosophique dans les
établisssmens d'instruction secondaire est
la cause même rdu spiritualisme et que
la morale, la religion, si amèrement
invoquées, il y a quelques années, con-
tre cette branche des études classiques
n'ont rien gagné à la langueur dont elle a
été frappée. Tout au contraire, la raison de
la jeunesse, qui, malgré les rancunes des
parti», ne peut se passer de prendre son es-
sor, a été livrée sans défense à toutes sortes
de doctrines et s'est passionnée pour les
systèmes les plus énarvans et les plus dan-
gereux. Pour la retenir sur cette pente,
il lui faut d'autres maitres que de beaux
esprits et d'élégans rhéteurs. Les sciences
elles-mêmes ne lui suffisent pas surtout
quand elles ne s'adressent qu'à la mémoire,
comme cela arrive trop souvent, ou quand
elles songent plus à satisfaire l'amour de
l'utile que l'amour du vrai.
Les lettres et les sciences, qu'on a pré-
tendu favoriser en frappant, en humiliant
la philosophie, en la sacrifiant à la colère
des uns, à la frivolité des autres, à l'igno-
rance envieuse du plus grand nombre,
n'ont pas tardé à souffrir de sa dé-
chéance car, selon l'ingénieuse expression
de M. Bénard « On ne frappe pas impuné-
ment le corps à la tète. » Cette blessure s'é-
tend beaucoup plus loin qu'on ne le pense
car naturellement elle n« reste pas dans les
classes, mais elle passe, avec les généra-
tions qui en sont atteintes, dans toutes les
parties de l'enseignement supérieur elle
s'étend à l'étude du droit, de la médecine et
de la théologie, si étroitement unie, pen-
dant la durée du grand siècle, aux progrès
et aux conquêtes de la philosophie. L'abais-
sement de la philosophie dans les études
classiques n'a été proûtabla, en définitive,
qu'au matérialisme et au septicisme.
Mais en m'associant aux regrets de M. Bé-
nard et en le félicitant de l'indépendance
avec laquelle il les exprime, il m'est impos-
sible de partager son découragement. Non,
la cause qu'il défend n'est pas aussi dés-
espérée qu'il le pense. La philosophie, est
trop nécessaire à la vie générale de l'esprit
humain, elle a jeté des racines trop pro-
fondes dans l'esprit de notre temps, elle
est trop fortement infiltrée dans nos
idées et dans nos mœurs, elle forme une
barrière trop efficace contre les passions
toujours vivantes d'un autre âge et des pré-
tentions inconciliables avec la société mo-
derne, pour qu'elle ne reprenne pas avant
peu dans l'enseignement public le rang qui
lui appartient.
On écrit de Gap
« La souscription aux actions du canal se
poursuit à Gap avec un empressement d'au-
tant plus remarquable, que l'on connaît ici
toute la valeur de l'affaire.
» Ainsi on est persuadé qu'en ne portant
qu'à 125 fr. la prime qui reviendra dans
quatre ans à l'action de 500 fr., on est
resté au-dessous de ce qui sera réalisé et
distribué. Ce qui séduit surtout, c'est le
remboursement de l'action en obligations
communales du Crédit foncier, car ces va-
leurs, dont le cours varie de 450 fr. à
450 fr. sont elles -mêmes remboursables à
500 fr., et perticipent à 500,000 fr. de lots
annuels. De telle sorte que l'actionnaire du
canal recevra pour une action de 500 fr.,
en outre del25fr. de prime au moins en
espèces, l'intégralité .de son capital en ar-
gent ou en obligations communales avec
leurs avantages de leurs chances de tirages. »
AVIS.
Après-demain jeudi 6 mars," les magasins
de la Ville de Paris mettront en vente d'é-
normes quantités de soieries et à'étoffes nou-
velles pour le printemps.
Toutes ces étoffes, remarquables de fraî-
cheur et de qualité, seront vendues à un bon
marché extraordinaire, qui sera un sujet d'é-
tonnement pour tous les acheteurs.
_W",
MAISON B1ÉTRY, boulevard des Capucines, M.
Châles cachemire, châles de laine, châles
unis pour deuil et tissus pour robes.
M. Biétry est filateur et fabricant il a l'hon-
neur d'être fournisseur breveté de cachemires
français de S. M. l'Impératrice.
Par sa double industrie, cette maison livre
directement au consommateur tous ses pro-
duits à un bon marché réel; chaque objet est
revêtu d'un cachet de garantie de la désigna-
tion, d'un numéro d'ordre et d'une étiquette du
prix fixe. 1
Le numéro d'ordre et la garantie sont repro-
duits sur la facture.
Sur demande, on expédie en province.
Les magasins sont au premier.
_®
TACHES, BOUTONS, FEUX AU VISAGE.
Le LAIT antéphélique détruit ou prévient
êphélides (taches derousseur, son, lentilles, mas-
que de grossesse), hâte, efflorescences, boutons,
rugosités. Il assure au teint pureté, clarté.
Flac., 5 fr. candès et O, boulev, St l>enis, 26.
À». Franck.
SÉNAT.
Scrutin sur l'Adresse en réponie au discours
de la Couronne.
Nombre de votans ̃̃• 129 I
Bulletins blancs 123
Bulletins bleus 6 1
Ont voté pour t
MM. le général baron Achard, le marquis d'Au-
diffret.
MM. le marquis de Barbançois, Barbaroux, le vi-
comte de Barrai, Ferdinand Barrot, le premier prési-
dent Barthe, le duc de Bassano, le comte de Béarn,
le comte de Beaumont, B'ilault, le marquis de Boissy,
Bonjean, le comte Boulay de la Meurthe, le baron de
Bourgoing, le général de Bourjolly, le baron Brenier.
MM. le duc de Cambacérès, le maréchal Canrobert,
le général Carrelet, le comte de Casablanca, 1* géné-
ral marquis de Castelbajac, le vice-amiral Charner,
le général Charon, le baron de Cbassiton, Michel Che-
valier, ie comte François Clary. le général Cousin-
Montauban, comte de Palikao, le général marquis de
Cramayel, le marquis de Croix.
MM. Dariste, le général Daumas, Delangle, l'amiral
Romain Desfossés, Dorct, Dumas le procureur géné-
ral Dupin.
M Elie de Beaumont.
MM. Ferdinand Favre, de Forcade La Roquette, le
général Forey. Achille Fould.
MM. le général Gémeau, Je marquis Ernest de Gi-
rardin, de Goulhot ds Saint Germain, le général comte
de La Grange, le marquis de La Grange, le vice-amiral
baron Grivel, le baron Gios, le comte de Grosgolles-
Flamarens, le général marquis de Grouchy, le généra
Gues-Viller.
MM. l'amiral Hamelin, le général marquis d'Haut-
poul, le baron de Heeckeren, Huhert-Delisle, le vice-
amiral baron Hugon, le général Husson.
MM. le comte de La Béci'oyère, le baron de Lacrpsse,
de Ladoucette, le duc de La Force, le vicomte de La
Guéronnièra le général vicomte de La Hitte, le
comte Achille de Lamarre, le général marquis de
Laplace, LaKbit, le comte de La" Riboisièr?, le mar-
quis de La RoehejaqueMn, le général comte de La
Rue, Lebrun, Lefebvre-Durutlé. le comte Le Marois,
le comte Lemercier, le vice-amiral te Prêdour, le ba-
ron Ernest Leroy, Le Roy de Saint-Arnaud, le comte
de Lesseps, le général Levasseur, Le Verrier, le géné-
ral Lyauley.
MM. le maréchal Magnan Magae Mallet de Mé-
sonan, Mimerel de Roubaix, le général prince de la
Moskowa, S. A. je prince Mural.
M. le maréchal comte d'Ornano.
MM. le dm; ile Padoue, le comte
MM. le maréchal comte Randon le maréchal
comte Regnaud ûe Saint- Jean-d'Angély, le général
baron Renault, le baron Paul de Richecnont, le gé-
néral comte Roguet, Rouher, Rouland, de Royer.
MM. de Saulcy, le général comte de Schramm, de
Sivry, Stourai, le vicomte de Suleau.
MM. le duc Tascher de La Pagerie, Amédée Thayer,
Amédée Thierry, le général Thiry, de Thqrigay, Thou-
\enel, le vice-amiral Tréhouart, le duc de Trévise, le
prrrnier président Tioplong.
MM. le maréchal comte Vaillant le baron de Va-
renne, le comte do Villeneuve de Chenonceaux le
baron de Vincent.
MM. le prince de Wagram, le comte Walewski.
Ont voté contre
S. Em. le cardinal Donnet. ̃ '̃̃
M. le marquis de Gabriac.
S. Em. le cardinal Gousset.
S. !îm. le cardinal Mathieu.
S. Em. le cardinal Morlot.
M. le comte de Ségur-d'Agues6eau.
Absent peur le service de l'Empereur
S. Exc. le maréchal comte Baraguey-d'flilliers,
S. Exc. le maréchal comte de Caslellane, MM. le gé-
néral comte de Flahaut le marquis de La Valette,
S. Exe. le maiéchal Mac-Mahon, duc de Magenta,
M. de Maupas, S. Exe. le maréchal Nie), g. Esc. le
maréchal Pélissiyr, duc de Malakoff; MM. le vice-
amiral Rigault de Genouilly, le marquis Turgot,
Vaïsse.
Absens pour cause de maladie:
MM. le prince de Beauvan. le vice-amiral comte
Cécille, le baron de Cuapuys-Monttaville, le marquis
d'Espeuilles. le baron de Fourment, Herman, le gé-
néral baron Létang, Mérimée, le général de Montréal,
le général duc de Mortemart, le général comte Or-
dener, le général de Rostolan, le général duc de Saint-
Simon, Tourangin, le duc de Vicence.
VARIÉTÉS.
MES ÉCRITS HISTORIQUES
DE M. VICTOR COUSIN.
Jacqueline Pascal, un vol. La Jeunesse de
M"" de Longueville, un vol. Mm" de
Longueville pendant la Fronde, un voJ.
7!iœe de Sablé, un vol. Mme de Che-
vreuse, un vol. Mm" de Hautefort,
un vol. La Société française au dix-
septième siècle dans le roman du Grand
Cyrus, deux vol.
(Second article. –Voir le Numéro du 20 février.)
Quoi qu'on en ait pu dire, il y a autre
chose dans les récits de M. Cousin que des
recherches curieuses et des anecdotes. Il ne
s'est pas donné la peine de courir si souvent
de la rue Saint-Thomas-du -Louvre à. Chan-
tilly, de suivre les chevauchées aventureuses
de "M1™ de Longueville et de Mme de Che-
vreuse pour n'avoir pas recueilli de ses
voyages des opinions arrêtées sur les hom-
mes de ce temps et sur les événemens aux-
quels ils ont été mêlés. Il est bien vrai
qu'il a groupé ces jugemens et ces ta-
bleaux d'histoire autour de ses person-
nages favoris; mais ce n'est pas sa faute si
les hommes qui se trouvent, au début de ses
récits, les plus nobles et les plus séduisans
de leur temps en deviennent bientôt les
plus grands capitaines et les plus brillans
chefs de partis. Raconter ce qu'ils ont fait,
c'est donc raconter l'histoire de la France.
Il ne leur manquait plus, pour réunir sur
leur tète toutes les gloires de ce monde, que
d'y placer l'auréole impérissable de la re-
nommée littéraire et de mériter, même par
ce côté, de voir vivre leurs noms auprès de
ceux de Corneille etde Bossuet, qui furentles
hôtes et les commensaux de l'hôtel de Ram-
bouillet. Attendez que l'apaisement des
guerres civiles ait donné des loisirs à ces es-
prits ardens, et voilà que du sein de cette so-
ciété d'élite sortiront des écrivains comme
La Rochefoucauld et de Retz, quicompteront t
parmi les plus originaux, sinon tout à fait
parmi les premiers de leur temps. Si l'on
tient peu de compte, dans un inventaire
impartial des célébrités de ce temps, de
cette littérature féminine que M. Cousin a
peut-être un peu surfaite, si on avoue qu'en
touchant parfois à la noblesse, la négligence
prétentieuse du style de Mme de Longueville
tombe plus souvent dans l'obscurité, il ne
faut pas oublier que ces femmes illustres
tinrent sur leurs genoux M™0 de Sévigné et
Mme de La Fayette, et que ces modèles ache-
vés de la grâee et du goût s'honorèrent tou-
jours d'avoir appris à cette école l'art de
bien dire et cetui de bien penser. Nous
comprenons donc aisément que M. Cousin
se soit trouvé, en cette illustre compagnie,
dans le plein de la gloire du dix-septième
siècle. 11 fait bon vivre dans une coterie,
quand cette coterie est composée de grands
hommes.
On se demande eu vérité ce qui manque
à ces récits pour être de l'histoire. Le der-
nier volume publié par M. Cousin, Mmo de
Longueville pendant la Fronde, n'est-il pas
le récit complet des derniers efforts de la
guerre civile, dont la vie de Mm" de Che-
vreuse nous avait déjà retracé les débuts?
Peut-être pourra-t-ou trouver ailleurs que
le récit des batailles de Lens et de Rocroy
sort un peu inopinément du milieu des pe-
tits vers de Voiture et des aventures du
grand Cyrus. Encore est-il vrai que cette
rapide transition du petit au grand, du plai-
sant au sublime est au demeurant lu pein-
ture la plus vraie des destinées humaines;
et c'est pour l'avoir compris que Shakspeare
a donné à ses drames l'intérêt palpitant de
la vie. Mais dans le récit des efforts de la
Fronde expirante, tout n'est-il pas à sa
place et peidt, comme il convient, à grands
traits? Quand la Fronde décidément vain-
cue est obligée d'assister au retour triom-
phant de Mazarin, M. Cousin se mat, comme
un autre Saint-Simon, dans un coin du 8alon
où le cardinal reçut les premiers échappés
de ce grand naufrage, et il esquisse aussi
largement, sinon aussi profondément, les
portraits de tous les acteurs de cette aven-
tureuse équipée. Il nous mène au milieu du
Parlement restauré, descend jusque dans
les flots du peuple qui acclame le retour de
la paix, et nous assistons une fois de plus à
cette amende honorable payée tant de fois
par la raison à la force, qui a profité de ses
écarts.
t Pourquoi ne chercherait-on pas à tenir un
compte sérieux des opinions et des jugemena
historiques de M. Cousin? Il a d'autant plus
de titres à être écouté, qu'en véritable disciple
de la sagesse, il n'a pas fait prendre à sa rai-
son le chemin de son cœur et de ses goûts.
Quel stoïcisme sévère n® lui a-t-il pas fallu
pour ne céder à aucun des entraînemens
auxquels ne surent pas résister tantde grands
cœurs qu'il admire sans les excuser! Quoi!
M. Cousin sera du parti de Mazarin contre
Mme de Longueville? Quoi! de son propre
aveu, la Fronde a recruté pour elle les plus
honnêtes gens de ce temps, et M. Cousin
sera contre les honnêtes gens et contrela
Fronde? Rien n'est plus vrai cependant; et il
faudra bien que nous lui demandions un peu
nous-mêmes compte de cet arrêt. Nous
avons nous l'avouons un secret pen-
chant à prendre en toute querelle le parti
des honnêtes gens il y a, dans tous les cas,
présomption, jusqu'à plus ample informé,
pour les causes ainsi servies. M. Cousin, qui a
informé, conclut contra la Fronde. Non seu-
lement il absout Richelieu de presque toutes
ses violences, en faveur du but qu'il pour-
suivait mais quand il arrive à Mazarin, c'est-
à-dire à Richelieu moins le génie d'une
part, et moins la cruauté de* l'autre,
il l'admire presque à l'égal de son maître,
et condamne tous ses adversaires par ce
seul motif que Mazarin a voulu continuer
au dehors la grande politique de Henri IV.
Qui prouve que les frondeurs maîtres du
pouvoir ne l'eussent pas continuée comme
lui, puisque Mazarin, renversé du pouvoir,
trouva bon de pratiquer la politique anti-
nationale des frondeurs ? Certes personne
ne conteste que la dextérité et la persi-
stance de Mazarin n'aient à réclamer leur
part dans les glorieux traités de Westphalie
et des Pyrénées. Mais lui faire honneur des
victoires remportées par des armées qu'il
laissait affamées et déguenillées, ne pas re-
connaître que les coups de canon de Condé
et de Turenne ont plus fait pour la conclu-
sion glorieuse de la paix que les négocia-
tions de Servien et de Lyonne, c'est pres-
que se mettre au ton de ces historiens de
l'autre siècle, qui disaient naïvement
« Louis-le-Gros affranchit les communes;
Louis XIV gagne au début de son règne les
bataillès de Lens, de Rocroy et de Fri-
bourg. » Si l'on est un grand, et même uu
très grand ministre, quand on ne sait ni
maintenir l'autorité au dedans ni nour-
rir les armées qui la maintiennent au
dehors quand on encaisse pour son
compte les deniers de l'Etat, quand on laisse
mettre le pays au pillage par les agens
du pouvoir, si on est un très grand ministre
pour avoir su négocier avee des ennemis
vaincus, il y a lieu de s'étonner que les
grands ministres soient si rares. Pourquoi
ne pas faire honneur au Directoire de la
campagne d'Italie et des traités de Lunéville
et de Campo-Formio? Non; la politique de
Henri IV ne demandait pas tous les saeri-
fices que Richelieu et Mazarin ont imposés à
là liberté de leur pays. Les fautes de la
Fronde ne justifient ni tant de rigueur ni
tant de réaction. Ah! c'est ici que le goût
de M. Cousin pour la belle compagnie fait
fléchir son* jugement. Qu'il traite avec un
peu de dédain la Fronde des grands sei-
gneurs, je le veux bien mais comment
s'est-il refusé à lui-même un peu de sympa-
thie pour cette sérieuse bourgeoisie parle-
mentaire, qui tenta au début de la Fronde
un vigoureux essai d'affranchissement poli-
tique, et qui ne doit pas être condamnée,
uniquement parce qu'elle n'a pas réussi?
M. Cousin a-t-il craint de déroger en
suivant Mmo de Longueville sur les degrés
de l'Hôtel-de-Ville, où elle présente à ce
peuple ivre de liberté le fils qu'elle vient de
mettre au monde? Il aurait respiré avec elle
ce souffle de délivrance qui sortit de toutes
les poitrines quand on sut que Richelieu ve-
nait de mourir. Il n'y a guère de Mémoires
de ce temps qui n'aient été illuminés un
instant de cet éclair d'espérance et de joie,
et il n'est pas besoin de beaucoup d'indul-
gence pour ne pas partager le dédain avec
lequel M. Cousin regarde la Déclaration de la
Chambre de Saint-Louis, cette aïeule du Ser-
ment du Jeu-de-Paume. Pourquoi se pique-
rait-on de ne point céder au- noble entraîne-
ment d'un pareil spectacle? Nous sentirons
bien assez tôt le moment où le parti de la
liberté deviendra une faction, où le bon
droit sera d'un côté et le bon sens de l'au-
tre, du moins ce triste bon sens qui.jette la
liberté en proie à la soif de la paix publique.
Nous serons bien alors obligés d'aller avec
Mathieu Mole faire notre soumission à l'au-
torité du roi; mais nous irons les larmes
aux yeux et le regret dans le cœur, et nous
nous garderons bien de reprocher au Par-
lement d'avoir usurpé des droits politiques
dont il eût bien fallu qu'il rendît compte un
jour au pays. Quand la liberté est renver-
sée, quiconque la relève devant la force a
pour lui le droit et la raison,
II y a lieu de s'étonner qu'après avoir
montré tant de faveur pour Richelieu et
Mazarin, M. Cousin ait gardé toute sa sévé-
rité pour Louis XIV. Il voit sous la règne
de ce prince un grand abaissement des es-
prits, une déchéance complète des qualités
viriles qui marquent, suivant lui, la pre-
mière moitié du dix-septième siècle. Dieu
nous garde de le contredire en cette asser-
tion mais il est permis de lui demander
compte des raisons auxquelles il attribue
cette supériorité de l'aurore du siècle sur
son déclin. Eiles nous paraissent, quant à
nous, fortnaturelles, aussi naturelles que cel-
les qui mettent le règne de Louis XV si fort
encore au-dessous de celui de Louis XIV.
Nous ne saurions nous étonner que la
prolongation du despotisme ait amené pas
à pas la dégradation des âmes. Il y a
loin en effet de la mâle vigueur qui respire
dans le visage des hommes qui avaient été
jeunes au temps des guerres civiles à la no-
blesse efféminée des tètes poudrées du dix-
huitième siècle. Il resta quelque chose de
cette vigueur dans les hommes qui luttèrent
contre Richelieu et qui firtnt la Fronde
les visages s'assouplissent avec les cœurs
sous Louis XIV; ils portent enfin sous
Louis XV les rides habilement dissimu-
lées de la vieille monarchie française.
Louis XIV abusa de la victoire sur les
factions, comme Richelieu en avait abusé:
mais s'il y avait à chercher qui des deux
fut le plus coupable, je n'hésiterais pat
à dire que ce fut Richelieu. Louis XIV ne
vit la liberté que pour avoir quelque droit
de la maudire. Il eut à souffrir dans sa di-
gnité et dans son orgueil d'enfant royal.
Rien n'est plus dangereux qu* d'insulter une
royauté qu'on n'a pas résolu d'abattre. La
lutte devait finir un jour au profit du pou-
voir, et laisser dans l'âme du jeune souve-
rain un implacable ressentiment. Quelle
amère indignation devait soulever l'âme du
petit-fils de Henri IV, obligé par ses sujets
de s'enfuir précipitamment de Paris Les
larmes- orgueilleuses de l'enfant devaient
valoir à la France une réaction despotique
de soixante-cinq ans; mais il y a quelque
gloire, après tout, à retirer des traverses de
la vie, au lieu d'une humble expérience, une
invincible fierté devant les hommes qui
n'exclut pas l'humilité devant Dieu. Nous
qui regardons avec tant de calme et de
mansuétude les réactions innombrables
dont notre siècle est témoin pour-
quoi nous montrerions-nous si sévères
pour la graade réaction monarchique
du dix-seplièma siècle? Tout. se réunis-
sait alors pour assombrir cette aurore de
liberté qui s'était levée sur l'Europe. En
France, la liberté à peine entrevue était
tombée aux mains des factions en An-
gleterre, la révolution venait d'élever la
tyrannie de Cromwell à côté de l'échafaud
de Charles I" en Hollande, elle ensanglan-
tait son triomphe récent par le massacre des
plus vertueux citoyens. Partout la servitude
arrivait sur les pas de la révolution, et le
protestantisme portait injustement tout le
poids de ces déplorables attentats. C'est
sous l'empire d'une réaction universelle
contre tant d'excès que se formèrent les
idées qui dominèrent la fin du dix-sep-
tième siècle, et il ne faut pas s'étonner si
l'intelligence passionnée et inculte de
Louis XIV les embrassa avec ardeur et s'y
opiniàtra à jamais. Cette royauté, sortant
toute brillante du milieu des factions, fut
acclamée des peuples et fascina les regards.
Louis XIV joignit donc au prestige de sa
race celui de la dictature déférée par la fa-
tigue de ses sujets. Comparée avec la res-
tauration des Stuarts, qui donna au monde
le spectacle d'une apostasie sans illusion
comme sans excuse, la tyrannie de Louis XIV
dut sembler la plus légitime qui fût alors.
Quand vous voyez le grand cœur d'un An-
toineArnauld jeter l'anathème sur Guillaume
d'Orange et excuser la dévastation du Pala-
tinat, quand vous entendez Racine converti,
o.
nacine renau ioui eiuier a uieu s ecnar
avec une profonde conviction « Dans
quelque compagnie que je me sois trouvé,
Dieu m'a fait la grâce de ne rougir jamais
ni du roi ni de l'Evangile » vous recon-
naissez avec consternation l'esprit de ver-
tige qui s'était emparé des hommes de ce
temps et vous comprenez comment ils
pouvaient fermer l'oreille à tant de so-
lennels avertissemens! Si Louis XIV est
le grand coupable il n'est donc pas le
seul. Son peuple courait au-devant de la
tyrannie, et il n'eut pas de peine à lui per-
suader qu'il était le ministre des desseins de
Dieu sur la France. Sans doute, dans est
aveuglement, dans ce fanatisme universel, il
y a des trompeursét des dupes, caril y a une
voix qui retentit do temps à autre dans les
consciences les plus endurcies, et qui crie
« Là est le droit et la justice! a Les grands
crimes de l'histoire ne se sont pas faits tout
seuls, et dans ce lugubre cortège qui tra-
verse les siècles, la conscience publique
sait bien discerner quels sont les bourreaux
et quels sont les instrumens innocens du
crime. Mais que chacun du moins re-
çoive la part de honte et de respon-
sabilité qui lui revient. Que ce qui est
l'excuse de l'un ne soit pas la condam-
nation de l'autre. Condamnez toutes les
tyrannies ou absolvez tous les tyrans; car si
vous couvrez de votre indulgence l'assassi-
nat de Marillac, vous devez ouvrir votre
manteau, et y abriter également les dragon-
nades et la Saint-Barthélemy.
Ce qui fait précisément que cette sévérité
de M. Cousin pour Louis XIV nous surprend
en regard de son admiration pour Richelieu,
c'est qu'il aime à nous montrer dans l'a-
mour de la grandeur nationale la règle de
tous ses jugemens. Or, si ce noble souci est
le premier devoir d'un souverain, il serait
vraiment injuste de soutenir que Louis XIV
y ait manqué car s'il est en lui une
vertu qui relève jusqu'à ses plus grandes
fautes, c'est le culte de l'honneur français.
Ceux qui pensent que la liberté et la justice
jettent encore plus d'éclat sur un peuple que
les conquêtes et les agrandissemens territo-
riaux s'étonneront peut-être de rencontrer
un philosophe parmi les adorateurs de la
puissance monarchique et de la prépoudé-
rance militaire. Mais les opinions maintes
fois exprimées par M. Cousin sur ces graves
questions ont une liaison efc une consé-
quence naturelle qui méritent d'appeler
encore l'attention de la critique.
Il y a en France deux écoles qui se ratta-
chent également aux principes de 89, mais
qui eu tirent des conséquences si différentes
que le nom d'écoles libérâtes ne saurait éga-
lement leur convenir. Ces deux écoles, pour
s'être rencontrées souvent unies dans l'ac-
tion et le conseil, n'en sont pas moins fort
nettement tranchées. La première, que j'ap-
pellerai volontiers nationale, sans vouloir
dire que l'autre ne le soit pas, professe le
culte et l'adoration exclusive du génie fran-
çais. Elle veut être à l'unisson avec tous les
enthousiasmes comme avec toutes les fai-
blesses de la foule; elle vit et respire avec
elle. Quoiqu'elle doive et sa naissance et
ses principes à la Révolution française, elle
ne se défend pas d'une certaine faiblesse
de cœur pour une monarchie absolue qui
a fait l'unité de la France préparé l'é-
galité des rangs et fondé la grande admi-
nistration française. Elle admire et s'ap-
proprie toutes les institutions nationales, et
regarde avec une égale complaisance les
Capitulaires de Charlemague, les Institu-
tions de Saint-Louis ot le Code Napoléon.
C'est pour elle que les galeries de Versailles
déploient cette longue phalange de victoires
nationales qui commence à Tolbiac et finit
à Solferino. Tous ces grands batailleurs,
qu'ils s'appellent Condé ou Napoléon, qu'ils
aient foulé les peuples pour leur propre
gloire ou qu'ils les aient délivrés de la ser-
vitude, sont ses amis et ses héros. C'est t
cette école qui a fait à la révolution toute
une succession d'ancêtres qui s'appellent
Louis XI, Richelieu et Louis XIV, et qui
veut que la France libérale reconnaisse en
eux
Ces enfans qu'en son sein elle n'a point portés. •«.
Elle croit aimer la liberté et a même par-
fois combattu pour elle, mais elle l'aime
moins que l'unité et la grandeur. Le libé*
ralisme d'instinct de cette école est ami
du progrès des lumières mais il procède
plutôt dans l'ordre des idées par néga-
tion que par affirmation. Quand il s'éprend
de l'égalité il cherche plutôt à abaisser
ce qui est trop haut, qu'à- élever ce qui est
trop bas. Ennemi des castes et des privilèges
consacrés par le temps, il permet volontiers
à ses dictateurs de faire avec des hommes
nouveaux des nobles et des privilégiés. Il a
une générosité instinctive qui l'intéresse au
sort des opprimés, mais il faut que les oppri-
més soient en nombre et ne se trouvent
poi Et entravers des grands desseins du pays-j
car il a un certain mépris pour les minorités
vaincues. Il s'emporta vivement contre l'in-
tolérance religiease, c'est-à-dire qu'il ne
veut pas être obligé à croire mais il trouve
assez mauvais que ceux qui croient prêchent
et publient leurs croyances. Il aimerait que
les religions ne fissent pas de prosélytisme,
e'esi-à-dire ne fussent pas des religions, et
entra le commissaire de police et le ministre
du culte, il incline volontiers vers le com-
missaire. Il n'a jamais pu savoir s'il était ca-
tholique ou s'il ne l'était pas; car s'il aime
à rire avec Voltaire des dévots, il veut vivre
convenablement avec le Pape et tremble de-
vant l'Index. Il n'a jamais cependant pu
prendre sur lui de respecter ce qu'il croit
nécessaire, et il renverse avec insouciance
des trônes qu'il a faits et qu'il a déclarés in-
ébranlables. C'est un libéralisme d'instinct et
de tempérament qui ne s'analyse pas et ne
tente pas de se régler. Il ne faut pas dire qu'il
n'est pas. On est toujours libéral, quand on a
le désir et la volonté de l'être l'honneur,,la
générosité et l'amour du progrès sont des
sentimens libéraux. Mais il manque d'une
règle morale dans sa croyance à l'infaillibi-
lité nationale. 11 est séduit par l'image
d'une liberté brillante, mais il n'en com-
prendra pas les conditions pratiques et ne
lui consacrera pas cette patience et cette
ténacité qui font les peuples vraiment libres.
Il fera plus de révolutions qu'il ne con-
querra de libertés. ,,A
i L'autre école, plus réfléchie et plus sé-
rieuse, mérite certainement le nom de
libérale, car son libéralisme a ses racines
dans l'inébranlable sentiment de la jus-
tice et du droit; elle isole l'homme de
la foule et veut qu'il dise ainsi que la vieille
devise Etiamsi omnes ego non. (moi
'1
seul, et c'est assez !) Selon cette école, le
droit de l'individu prime la volonté
delà foule, et la voix d'un juste opprimé
suffit pour vouer à l'opprobre la so-
ciété qui l'étouffe. Elle considère la liberté
comme le but même, non comme l'instru-
ment du progrès social. Selon la parole du
poète, la liberté est née pour cette école
Le jour où le plus juste a bravé le plus fort.
Elle ne dédaigne pas la gloire des armes et
les triomphesguerriers mais elle croit qu'une
nation est toujours assez grande quand elle
est libre, et que celui-là saura toujours dé-
fendre sa patrie contre l'étranger, qui a su
défendre sa liberté contre les tyrans. Elle
n'admet pas que la dictature et la tyrannie
soient jamais nécessaires, et pense qu'une
nation est perdue quand elle ne peut être
sauvée que par un seul homme. On peut
dire qu'une pareille notion de la liberté
est celle qui convient à des kommes raison-
nables, car elle a pour fondement le droit
et la raison. Toutefois la sphère élevée où elle
se maintient l'écarte trop de la foule. Elle
ne tient pas toujours un compte suffisant des
instincts particuliers de notre race, et tout en
admettant que les gouveruomens sont faits
pour les peuples, elle tente trop souvent
de modeler les peuples sur des notions
idéales de gouvernement. Soigneuse de ga-
rantir les citoyens contre toute atteinte à la
liberté, cette école s'éprend avec trop de
vivacité des formes extérieures de cette
liberté, et croit volontiers que tout est dit
pour un petiple quand il a assuré le libre
jeu des institutions représentatives avec
cette théorie, on garderait peut-être tou-
jours les droits acquis, on en obtiendrait dif-
ficilement de nouveaux. En un mot il y a dans
le peuple des instincts confus et généreux
dont cette école s'isole trop aisément. C'est
assez dire qu'elle sera rarement popu-
laire, et son plus grand défaut est de croire
qu'un parti peut se passer de popularité.
Elle est plus amie de la justice que du pro-
grès. Démocratique dans ses opinions elle
redevient aristocratique dans sa mauière
de les' défendre.
Il semble que pour un vrai philosophe le
choix.ne puisse être douteux entre ces deux
tendances. D'un côté, l'instinct aveugle et
la passion; de l'autre, la justice et la raison.
Comment croire que le dernier des Carté-
siens ne se range pas du côté du droit?
Aussi l'école libérale regretterait-elle de ne
pas compter M. Cousin parmi ses défenseurs.
Mais nous vivons dans un temps où les plus
solides esprits ne se retrouvent pas toujours
exactement sous leurs étendards. M. Cousin
a écrit de belles pages sur la justice, et c'est
pour cela peut-être qu'il paraît si effrayé de
passer pour un homme de parti. L'impar-
tialité philosophique ue commande pas tou-
tefois qu'on tienne en trop médiocre estime
ce qu'on a fait soi-même et ce qu'ont fait les
auirës pour le triomphe d'une bonne cause
Quoi qu'il eu soit, M. Cousin a fait son
choix parmi les opinions qui divisent les
esprits. Il est dans ces divers écrits, lorsque
la galanterie y fait par intervalle place
à la politique, avec Richelieu contre les
grands, avec Mazariu contre la Fronde,,
avec la royauté contre la noblesse qu'il
aime et le Parlement qu'il admire, avec
Port-Royal contre les jésuites, mais avec
Richelieu contre les protestans. Il a
même été dans une note hardie jus-
qu'à établir entre le gouvernement repré-
sentatif et le gouvernement parlementaire
certaines distinctions qui, développées avec
plus d'étendue, lui auraient donné une
place distinguée, la première place, à
vrai dire, parmi les théoriciens du sys-
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