Titre : Le Franc-tireur : organe des Mouvements unis de résistance : mensuel malgré la Gestapo et la police de Vichy : édition de Paris
Auteur : Mouvement de libération nationale (France ; 1943-1945). Auteur du texte
Auteur : Franc-tireur (France). Auteur du texte
Auteur : Mouvements unis de résistance (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1954-06-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32777201w
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 40 Nombre total de vues : 40
Description : 01 juin 1954 01 juin 1954
Description : 1954/06/01 (A14,N3061). 1954/06/01 (A14,N3061).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k41609387
Source : Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, RES-G-1470 (155,BIS)
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/01/2025
MARDI I" JUIN 1954
FRANC-TIREUR A
[SMS
Une grande enquête de Jacques BOREL
VIII. — François MAURIAC nous dit:
CE SONT LA DES SUJETS DÉLICATS”
C OMME.N T ne point demander tion que j’éprouvais étant jeune en insister. Concluons en proposant au
à 1 un des plus grands roman- lisant ce chef-d œuvre de Flaubert, grand artiste des lettres cette idée que
€€
ciers contemporains ce qu’il L'Education sentimentale. Aux demie- nous avons déjà rencontrée au cours
pense de notre enquête ? Le roman- res pages du livre, Frédéric découvre de précédentes conversations, à savoir
cier catholique de 1 amour et du péché, avec un doux étonnement la cheville que la beauté nue, pure en elle-même,
’ J- --- 1 ' ’ rL ~ ' ' se détériore à l’occasion quand, au
cinéma, par exemple, on l’anime vul
gairement, par certains angles : « Je
hais le mouvement qui déplace les
lignes », disait le poète.
— Tout cela me paraît évident,
siècle, ses écrivains, ses peintres. Mais mais, encore une fois, ces problèmes
Mauriac tient bon. sont bien complexes, répond alors
— Non, voyez-vous, il faut avant Mauriac,
tout le style, et le style a sa pudeur... Lt, tandis qu’il nous reconduit, nous
— Mais enfin, maître, comment pensons à l’une de ses pièces, Asmo-
définissez-vous la pudeur ? Pensez- déc, où se dresse cette terrible figure
l'auteur de ces livres brûlants, Thé- de Mme Arnoux, son idole ; cette
rèit Desqueyroux, Le Nœud de seule découverte le plonge dans des
Vipères, Cenitrix, le chroniqueur qui transes délicieuses. Aujourd'hui, on
s’attaque à la fois avec hardiesse et explique, on précise, on exhibe tout,
miséricorde à tous les problèmes poli- Est-ce mieux ? Je ne crois pas.
tiques et moraux, voudra-t-il se confier Je me risque à évoquer le XVI II*
à nous ?
De fait, nous avions obtenu un
rendez-vous avec François Mauriac ;
et quand nous arrivons dans son bu
reau, il s’approche de nous, sourire
aux lèvres, la main tendue ; les traits
ascétiques du visage bien connu s’illu- vous qu'elle est naturelle ?
minent de bonté, la voix assourdie et
cordiale nous interroge :
- De quoi s’agit-il ?
Mais voilà ! François Mauriac a
oublié la raison précise pourquoi nous
lui avions demandé rendez-vous. Il s’en
excuse et nous nous en voudrions alors
de lui imposer quelque gêne quand il parler du péché originel ?
nous dit franchement :
— Il me semble que ce ne sont pas
là des sujets à traiter sur la place
publique. Il faut y réfléchir plus lon
guement.
« PROFIT FACILE
ESPRIT DE LUCRE »
tout simple. Relisons la Bible : « Ils
se regardèrent, et ils virent qu'ils
étaient nus. » Pour le chrétien, e f mê
me pour le non-chrétien, la pudeur est
naturelle et bien antérieure à toute
éducation. Vous n’avez pas entendu
du péché originel ?
« CES PROBLEMES
SONT
BIEN COMPLEXES »
— Mais pourtant, maître, ce grand
élan du corps en liberté, dans ''air,
l’eau, le soleil, n’est-il pas saine réac
tion aux poussiéreuses contraintes des
villes, à l’écrasement moderne ? N’y
a-t-il pas de films plus nuisibles, avec
leurs violences et leurs crimes, que
a-vis de la liberté dans 1 art, dans ceux qui montrent de jolies femmes ?
I expression de 1 amour, une méfiance, —. Peut-être, peut-être, nous répond
ou plutôt une prudence, fondamentales. François Mauriac, qui, visiblement, ne
— Cela dit, la grande peinture et veut pas élargir le débat.
la grande sculpture ont transfigure Et nous lui posons alors cette
l’image du corps humain. Il n’y a rien question :
de dégradant ni de trouble dans les _ N e
pensez-vous pas, comme Jean
chefs-d œuvre de 1 art. Cocteau, que seules la laideur, la mé-
— Mais, aujourd'hui, au théâtre, diocrité sont immorales ?
au cinéma, au music-hall ? JJ réplique tout de suite :
François Mauriac réplique avec — Mais non, c’est vraiment
vivacité : facile !
— Combien de fois dans ces domai-
de l'homme porteur du péché, Biaise
Allons, s écrie Mauriac, c est Couture, près de qui le visage d Em
manuelle garde la pureté, la fraîcheur
de la jeunesse insensible à la laideur
du vice...
(A suivre.)
Voir Franc-Tireur des 19, 20, 21,
24. 25. 26 et 28 mai.
LUTTE OUVERTE ENTRE PSYCHANALYSTES
POUR L’EXCLUSIVITÉ
UE LA THÉRAPEUTIQUE FREUDIENNE
llnstitift inauguré aujourd’hui rue Saint-Jacques
marqua la victoire du clan le plus puissant
L ’INAUGURATION, ce matin, par MM. André Marie et Emile
Roche, de l’Institut de psychanalyse, 187, rue Saint-Jacques,
est un événement qui passerait inaperçu — sauf des spécia
listes, médecins et psychologues qui suivent attentivement l’évolu
tion de la thérapeutique freudienne — si la psychanalyse, en
France, ne posait actuellement un problème... complexe et échap
pant totalement au profane.
La psychanalyse est une chose
en principe très sérieuse. Ceux
qui la pratiquent ont une véri
table horreur de la vulgarisation
et ils aiment encore moins que
le vulgaire s’intéresse à la mar
che de leurs affaires. Pourtant,
la naissance de l’Institut a pro
voqué chez les « scaphandriers
de l’inconscient » des mouve
ments divers et a mis en lumière
des divergences intérieures qui
se manifestent depuis la libéra
tion dans cet univers à tous
points de vue hermétique.
Le nouvel Institut, en effet,
dirigé par le docteur S. Nacht,
est une réalisation de la « So
ciété psychanalytique de Paris »,
la seule qui soit reconnue par
l’Association internationale. Cette
société, en procédant à cette
inauguration à grand spectacle,
Cependant, uomnie l’éminent acadé
micien est toute cordialité, la conver-
îation s’engage à bâtons rompus.
Chrétien, François Mauriac a vis-
trop
nés les spectacles courants ne répon
dent-ils pas avant tout à une volonté
d attirer le public par l’excitation des
plus bas instincts ? Le profit facile,
l'esprit de lucre jouent un grand rôle
dans le choix sans précaution et
l’expression par trop vulgaire de cer
tains sujets.
Que pense l’observateur souvent
attristé des spectacles d: la vie moder
ne de cette grande liberté d’allure, de
cette simplicité de moeurs que le sport,
le camping apportent aux nouvelles
générations et qui •—• pour nous-mê
mes, comme pour la plupart de ceux
que nous avons interviewés dans cette
enquête — constituent une délivrance
de complexes, un équilibre, la vraie
santé physique et morale ?
François Mauriac hésite un peu :
— Je n'ai vraiment pas davis à
vous donner, par exemple, sur le nu
disme. Je ne trouve pas cela très
esthétique. Et quant aux tableaux que
nous offrent souvent nos plages moder
nes, ils m'apparaissent discutables,
quelquefois même assez tristes.
Souriant avec indulgence, le roman
cier reprend :
« LAISSER
AUX CHOSES
LEUR MYSTERE »
— Peut-être est-ce pour moi une
question de génération... J’ai été jeune
comme tout le monde... J'ai, à mon
heure* découvert avec joie Rimbaud et
« ces jeunes gens qui allaient nus par
les chemins ». Mais il me semble qu il
y avait alors, aussi bien dans les
mœurs que dans l’expression littéraire,
une retenue, une pudeur nécessaire, une
réserve, qui laissent aux choses de
l'amour leur mystère.
Et Mauriac rêveusement précise :
— Tenez. Je me souviens de 1 émo-
Nous sentons qu’il ne faut plus trop
Malgré son désespoir
Christiane
qui abandonna son bébé
rue Dutot
n’en aura plus la garde
Christiane Padieu, qui aban
donna son bébé dans un carton,
rue Dutot, et qui se présenta di
manche soir au commissariat du
quartier Saint-Lambert, a été in
terrogée hier, à la brigade des
mineurs.
Ancienne domestique à Boulo-
gne-sur-Seine, puis brocheuse,
cette jolie jeune femme avait
fait la connaissance, il y a un an,
d’un homme marié qui lui fit
quitter son emploi, pour subvenir
lui-même à ses besoins. Lorsqu’il
apprit qu’elle allait être mère, il
l’abandonna.
— Mon fils est né à la Mater
nité de l’hôpital Boucicaut, que
j’ai quittée cinq jours plus tard,
a-t-elle déclaré. Je m’étais réfu
giée chez une amie, dans le quar
tier de la République. Sans tra
vail et sans ressources, j’ai voulu
abandonner mon petit, avec l’es
poir de le reprendre dès que j’au
rais trouvé du travail.
Samedi soir, Christiane se fit
conduire en taxi dans le quartier
de Vaugirard.
Elle ramassa un carton qui
avait contenu du sucre, y mit le
bébé et déposa le tout devant la
grille de « L’Abri de l'Enfance ».
Les policiers qui vérifient
l’exactitude de ce récit, recher
chent également les parents et la
sœur de Christiane.
En attendant, la jeune mère a
été mise à la disposition du par
quet. Il est probable que le bébé
qu’elle réclame maintenant avec
désespoir, ne lui sera pas rendu.
CHAMPIGNY-SUR-MARNE
Une jeune femme
disparaît
Depuis le 18 mai on recherché
Mme Jacqueline Tibourtine, 25
ans, qui, cet après-midi-là, quit
tant son mari, monteur électri
cien, et leur petit garçon Alain,
5 ans, est partie de son domicile,
6, rue des Frères-Petit, à Cham-
pigny-sur-Marne.
La jeune femme, d’une taille
d’un mètre cinquante, cheveux
blonds, yeux marron foncé, était
vêtuè d’un tailleur gris et portait
des escarpins noirs. On ^ craint
qu'elle soit frappée d’amnésie.
Le Havre, Saint-Servan, Nantes,
Bordeaux et Marseille.
Bien qu'il ait un visage de robot, le pêcheur sous-marin est très près
de l'homme primitif.
AU TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE DREUX
L’auteur d’un accident mortel plaide:
“C’est la faute de ma roue”
ET ENTRAINE LE FOURNISSEUR DANS L’AFFAIRE
U N accident survenu le 8 septembre 1951, entre Dreux et Saint-
Rémy-sur-Avre (E.-et-L.), à M. Paul Serre, 63 ans, directeur
de la Société Peugeot, à Paris, risque d’amener le tribunal
correctionnel de Dreux a prendre une décision qui fera jurispru
dence en matière d’accidents d’automobiles.
M. Serre ee rendait à Morta- pet, 46 ans, gérant, à Saint-
Cloud, des Usines Montupet et
André Caillon, 47 ans, directeur
technique de l’Usine Montupet
d’Ussel.
L’affaire a occupé l’après-midi
“LES JOYEUX HIPPOCAMPES”
PRÉPARENT LA SAISON 54
DE PÊCHE SOUS-MARINE
S I, avec l’hélicoptère individuel, le vieux rêve d’Icare n’est pas
encore du domaine public, de nombreux campeurs se sentent
de plus en plus Neptuniens avec les progrès... et la codification
de la pêche sous-marine. Jules Verne lui-même n’aurait pas man
qué de s’inscrire aux « Joyeux hippocampes » qui est une section
spécialisée des « Compagnons campeurs de France ».
Les 400 membres parisiens de En effet, l’apparition de la
ce groupe nautique, qui compte pêche sous-marine, exactement
en France plus de 4.000 adhé- appelée « Pêctœ à la foène à
rents, fourbissent leurs armes en la nage », a bénéficié au départ
vue des pêches miraculeuses qui d’une certaine anarchie entraî-
les amèneront dans l’une des nant de nombreux abus. ^ C’est
cinq zones délimitées par une ainsi qu’on a vü d’inquiétants
réglementation récenté. A savoir: tritons trafiquer en profondeur
de stupéfiants ou de devises et
de nombreux amateurs se livrer
à la maraude .des poissons pris
aux filets des pêcheurs profes
sionnels.
La Méditerranée surtout a fait
connaissance avec ces pirates
palmés et l’Inscription maritime,
dont les prérogatives datent de
Colbert, s’est légitimement in
quiétée de voir l’onde pure, de
milieu liquide, se transformer en
Milieu tout court... bien que les
sirènes aient conservé leur tra
ditionnelle poésie !
En bref, la pêche sous-marine
est désormais interdite aux mi
neurs de moins de 16 ans et sou
mise au consentement paternel
jusqu’à 21 ans. On demande, par
ailleurs, un bulletin de naissan
ce, deux photos d’identité, un en
gagement écrit de se soumettre
à la réglementation, un certificat
d’appartenance à une société de
pêche à la nage et enfin une
carte d’identité-permis dont le
pêcheur devra être porteur en
permanence dans un étui étan
che. On ne dit pas toutefois si
les descentes de batyscaphe céde
ront la place à des descentes de
police et si les agents plongeurs
inventés par le préfet Lépine
recommenceront à nager entre
deux eaux.
De plus, la pêche (même au
fusil) n’ayant que peu de rap
port avec l’exploration, tout
appareil respiratoire autre qu’un
tube simple (dit tuba) est for
mellement Interdit, ainsi que
toute source lumineuse. Les pois-
sons-pilote ne sont pas soumis
toutefois à cette dernière légis
lation.
gne (Orne), dans une « 203 »
spéciale avec roues en alliage
léger, lorsqu’il fit une terrible
embardée. Sa voiture se retour
na... et se redressa. Une roue
(arrière droite) venait de voler du 25 mai, notamment par l’in-
en morceaux. Par chance, M. terrogatoire des experts et du
Serre et sa famille en sortirent professeur Cournau, du Conser-
indemnes, mais ils avaient accro- vatoire national d«s Arts et Mé~
ché et mortellement blessé M. tiers, et les avocats plaideront
Gabriel, 34 ans, 128, avenue du cet après-midi les détails de ce
Général-Leclerc, à Pantin, qui ^
revenait vers Paris sur un vélo
moteur.
Et M. Serre, affirmant que le
bris de la roue avait provoqué
l’embardée, donc la mort de
M. Gabriel, refusa d’être seul
responsable de l’accident. Il se
retourna vers le vendeur des
roues, M. Jules Bonnet, 49 ans,
industriel à Ormesson-sur-Marne,
qui se retourna lui-même contre
les fondeurs, MM. Jean Montu-
point de vue nouveau.
L’O.N.M. annonce :
Un mois de juin
« rafraîchi »
La température est restée très
moyenne, hier, dans toute la
France. A 13 heures, elle était
de 13° à Clermont-Ferrand, 14°
à Lille et Cherbourg, 15° à Nan
cy et Toulouse, 16° à Brest et
Dijon, 17° à Paris et Biarritz,
18° à Bordeaux, 19° à Rennes et
Tours, 20° à Strasbourg, Nice et
Perpignan, 21° à Marseille, et
24° à Ajaccio.
La Météorologie nationale an
nonce par contre que le début
du mois sera marqué par un ré
chauffement et la disparition
progressive des ondées.
La fin de la première semaine
et la seconde semaine connaî
tront un rafraîchissement tem
poraire avec un retour d’une
nébulosité plus forte accompa
gnée d’averses parfois orageuses,
principalement dans la moitié
sud.
Puis, après un temps chaud et
lourd durant la troisième se
maine, de nombreux orages en
traîneront un rafraîchissement
sensible qui affectera la dernière
semaine. Une courte amélioration
«st attendue pour les tout der
niers jours du mois.
Pour le rallye aérien
de la Foire de Paris
Mme MICHELINE TESSIER
A PARCOURU 1.636 KM.
AVEC QUATRE PASSAGERS
La Foire de Parie, qui orga
nise chaque année un Rallye aé
rien, avait voulu, pour son cin
quantenaire, associer à son effort
le secrétaire d’Etat à l’aviation
civile lui-même, et M. Paul De
vinât a fait à cette occasion une
déclaration qui intéresse tous les
adeptes de l’aviation légère : il a
confirmé que le dossier de la
« détaxe de l’essence » est en
route. Ce qui signifie que les pi
lotes d’avions de tourisme pour
ront bientôt pratiquer leur sport
favori sans acquitter une taxe
qui ne les concerne en aucune
manière.
Au cours du Rallye de la Foire
de Paris, 36 des 50 concurrents
sont arrivés à Toussus-le-Noble.
C’est M. Pichon, sur « Norécrin »
qui a remporté la première place
devant M. Demestre, également
sur « Norécrin ».
La coupe du plus grand kilomé
trage avec le plus grand nombre
de passagers est revenue à Mme
Micheline Tessier, qui, à bord
d’un Boisavia « Mercurey » a par
couru, avec quatre passagers
1.636 kilomètres, de Tor.ssus à
Biarritz et au Touquet avant de
revenir à Toussus, démontrant
magnifiquement les extraordinai
res possibilités des avions légers
modernes.
Entraînement’
d’eau douce
L’attirail du parfait pêcheur
sous-marin n’est guère plus oné
reux qu’un bon équipement au
lancer. Une lunette (dite goggle),
le tuba, des palmes, un poignard
et un fusil à ressort ou à san
dows sont suffisants pour affron
ter les monstres aquatiques et
faire de tout campeur un Jonas
dominical. Il y a en France
12.000 adeptes de ce sport pas
sionnant qui présente de nom
breuses émotions et quelques
risques.
Car si le mérou est la même
friture des ludions maritimes, il
est souvent nécessaire de jouer
du couteau pour se débarrasser
de congres incongrus et de murè
nes mutines.
Quant aux pastenagues, ce
sont des raies géantes qui, sur
les rivages de l’Afrique du Nord,
peuvent atteindre 100 kilos !
De plus, les spécialistes décon
seillent l’usage de « l’accroche-
poisson » qui est une espèce de
carnier, car le tableau de chasse
laisse des traînées de sang et
devient « le vif » qui peut attirer
l’assaut redoutable des thons.
Deux sociétés à Paris sollici
tent les amateurs plus nombreux
chaque année : le Club des
Chasseurs sous-marins et les
Joyeux Hippocampes. Un jour
nal, , L’Aventure sous-marine, re
late les exploits cynégétiques et
photographiques des nemrods
aquatiques, dont l’acteur Gary
Cooper est l’un des fidèles repré
sentants.
Actuellement, dans les piscines
parisiennes, on s’entraîne ferme
en vue des prochaines vacances.
Car l’affût en surface, les plon
gées et le tir (à quelques mètres)
nécessitent une longue prépara
tion.
A la pêche sous-marine, on ne
revient jamais bredouille. La dé
couverte renouvelée des profon
deurs de la mer e3t un sujet
d’émerveillement : à ’ui seul, il
vaut bien les épreuves qui la
précèdent.
Pierre MERINDOL.
« Ni fleurs
ni couronnes »
écrit- Mme Chamois
avant d’aller se noyer
Au lieu dit « Les Communes ».
on a retiré du ruisseau la Beu-
vronnes, à Saint-Mesmes (S.-et-
M.), le corps de Mme Chamois,
53 ans.
La désespérée, car il s’agit
d’un suicide, avait simplement
laissé chez elle un papier sur le
quel elle avait écrit : « Ni fleurs,
ni couronnes. Des prières. »
en invitant à la cérémonie les
plus éminentes personnalités du
« monde médical, scientifique et
juridique, ainsi que des grandes
administrations intéressées »,
veut frapper un coup décisif et
préparer l’officialisation de ses
activités et de son enseignement.
Deux clans
La psychanalyse, en effet, n’est
pas encore admise à la Faculté
de Médecine comme unè spécia
lité. L’Institut de la rue Saint-
Jacques est un organisme privé.
Mais dfemain, si les projets de
ses animateurs se réalisent, il
constituera le noyau d’une espèce
d’Académie qui délivrera des
diplômes officiels et assumera
seule la formation des « explo
rateurs des profondeurs » char
gés de déceler les troubles du
caractère et de la personnalité
(se traduisant le plus souvent
par un comportement antisocial)
et d’aider les malaides, par le seul
secours de la conversation libre
autour d’un divan, à se libérer
de leui’3 obsessions et à recon
quérir leur « normalité ».
Ce but, fort louable en soi, et
qui évitera le charlatanisme, est
contrecarré par un autre clan de
psychanalystes, membres dis
sidents du premier groupement
qui ont créé la « Société fran
çaise de psychanalyse ». Celle-ci,
présidée par le professeur Da
niel Lagache, se propose un
objectif similaire. Et, dans le
cadre du cours de psychiatrie du
service de clinique de la Faculté
à l’hôpital Sainte-Anne (profes
seur Delet), organise depuis no
vembre 53' des cours de psycha
nalyse.
— Vous voyez la manœuvre,
disent les gens de la « Société
française ». Mais nous n’aban
donnerons pas . Nous continue
rons à former des psychanalys
tes. Nous avons quarante élèves,
nous leur offrons des cours théo
riques, nous contrôlons leurs
analyses didactiques (1), nous
tenterons de placer la psychana
lyse au centre des sciences hu
maines et d’obtenir que notre
enseignement soit sanctionné par
un diplôme officiel.
— Les membres de la « Socié
té française » ne représentent
qu’eux-mêmes, rétorquent les
dirigeants de la « Société psy
chanalytique de Paris ». C’est
nous qui assurons la formation
de la plupart des psychanalystes
français. D’ailleurs, le docteur
Jones, un des premiers élèves de
Freud, et Mm,e Marie Bonaparte,
vice-présidente de la Société in
ternationale, soutiennent nos
efforts et participent à nos tra
vaux.
Le psychanalyste
est décontracté...
Cette « concurrence » peut
étonner de la part de médecins
et de professeurs très distingués
qui ont pour tâche d’exercer la
plus difficile de toutes les théra
peutiques, puisque la méthode
conçue par Freud n’utilise que
la parole pour guérir les névro
pathes. On sait que le psycha
nalyste reçoit pendant un, deux
ou trois ans, à raison de plu
sieurs séances par semaine, un
patient qui se contente de s’éten
dre sur un divan et d’associer
librement mots et idées, de dé
crire ses rêves, ses imptilsions et
ses désirs les plus intimes, les
plus « choquants ». L’analyste
joue le rôle d’un guide discret,
effacé, mais, pendant la durée
de la cure, prend la place du
père, de la mère dü malade et,
par le phénomène du transfert
(2), lui permet de chasser des
obsessions surgies de la mémoire
inconsciente et généralement
provoquées par des actes oubliés
de la première enfance.
Pour pouvoir efficacement
psychanalyser de tels malades, le
médecin a lui-même subi une
analyse didactique et pratiqué
sous contrôle plusieurs cures.
Ainsi débarrassé de toutes ces
séquelles qui pèsent d’ordinaire
sur le comportement de la plu
part des individus considérés
comme normaux, il parvient
une maîtrise de soi incompara
ble. Tous les psychanalystes sont
à l’aise dans la vie, séduisants,
brillants, voire dominateurs. Leur
personnalité est affirmée, leur
« rendement » est meilleur. Cette
formidable productivité, ils la
mettent au service de leurs ma
lades, mais ils la mettent égale
ment à leur propre service...
Leur métier leur rapporte beau
coup d’argent. La cure est .si
coûteuse que quelques malades
seulement représentent une rente
(pendant deux ou trois ans) pour
celui qui les soignent.
On comprendra peut-être que
l’exercice de cette véritable
puissance qu’est la psychanalyse
exige un sévère contrôle. Et c’est
pourquoi on assiste depuis plu
sieurs années à des tentatives de
mainmise, estimables du strict
point de vue médical, mais sur
prenantes lorsqu’on envisage les
intérêts en jeu.
Peut-on espérer que les psy
chanalystes des deux sociétés
rivales, dont la qualification pro
fessionnelle ne saurait être mise
en doute et qui obtiennent des
résultats jugés par certains mi
raculeux, mettront une sourdine
à leurs revendications récipro
ques.
Le malade — et, pour les Freu
diens, nombre d’hommes « sains
sont des névrosés en puissance
— a tout intérêt à voir la psy
chanalyse enseignée et pratiquée
dans une sérénité dont elle n’au
rait jamais dû se départir.
ARIEL.
fl) Celui qui se destine à une
connaissance objective et approfon
die des mécanismes psychiques des
autres doit commencer par avoir une
connaissance objective et approfon
die de ses propres mécanismes psy
chiques (Dr Nacht).
(2) Voir l’enquête « Les scaphan
driers de l’inconsc’ient », Franc-
Tireur des 6 au 12 janvier 1954.
— Le cadavre d’une inconnue,
paraissant âgée d’une soixantaine
d’années, a été retiré de la Seine,
hier matin, vers 11 heures, en face
le n a 1, quai de la Seine, à Saint-
Ouen. Le corps semble avoir séjour
né longtemps dans l’eau.
PAGE CINQ
L’ANCIEN DIRECTEUR
DU “PETIT PARISIEN”
DI L’OCCUPATION
EST CONDAMNÉ
1 CINQ MIS DE PRISON
...et amnistié
J ACQUES ROUJON, 70 ans,’
directeur du Petit Parisien
sous l’occupation, prit en
1944 la précaution de disparaître.
Suivant les règles d’une techni
que qui a fait ses preuves, il est
revenu dix ans plus tard fournir
au tribunal militaire des explica
tions désormais superflues. Con
damné par contumace à la réclu
sion perpétuelle par la cour de
justice de la Seine, il s’est vu
aujourd’hui infliger 5 ans de
prison, peine immédiatement
amnistiée.
Il a pris la fuite, explique-t-il,
parce que « la justice populaire
de l’époque avait pris un carac
tère passionnel ». Il a préféré les
juges militaires. Il n’a pas eu
tort. Aussi bien le commissaire
du gouvernement s’est-il montré
très compréhensif. On reprochait
entre autres à Roujon d’avoir
signé une sorte de manifeste in
digné après l’exécution de Phi
lippe Henriot par la Résistance :
texte confus, d’ailleurs, sorte
d’hymne à la collaboration, à la
rédaction duquel avait collaboré
Dominique Sordet, Abel Bonnard
et quelques autres grands prêtres
de la répression allemande en
France.
J’ai mis mon nom sur une
feuille blanche, affirme le préve
nu, et quand on a discuté du
texte je suis sorti.
On le croit, semble-t-il.
« Je croyais
à la victoire de l’Axe
Restait à « expliquer » tous
les articles écrits par lui dans le
Petit Parisien.
Semés d’invectives contre le
« clan anglo-judéo-soviétique »,
d’appels à la répression des actes
de résistance et à la collabora
tion avec l’Allemagne, ils sont
les modèles d’un genre qui pen
dant cinq ans connut quelque
succès.
Roujon invoque sa bonne foi :
— Je me suis peut-être trom
pé, dit-il, mais je n’ai pas agi
par opportunisme. Je croyais à
la victoire de l’Axe, j’avais peur
d’une paix brusquée entre l’Alle
magne et la Russie et je croyais
qu’il était de l’intérêt de la Fran
ce d’être de ce côté-là.
Ce qui n’empêche point son
défenseur, M e Isorni, d’invoquer
à l’aide de son client la mémoire
de Poincaré, dont celui-ci avait
été le secrétaire. Ce qui semble
a posteriori un rapprochement
audacieux.
Une question subsidiaire trans
forma l’inculpation d’intelligence
avec l’ennemi en « acte de natu
re à nuire à la défense natio
nale ». Le maximum de la peine
requise dans ces conditions étant
de 5 ans, Roujon était aussitôt
amnistié que condamné.
Pour sauver les alpinistes allemands
en détresse sur le Mont-Blanc, les guides
de Chamonix ont rivalisé d’héroïsme
Chamonix, 31 mai (F.-T.).
L ES quatre alpinistes allemands qui avaient été balayés dimanche
soir par une avalanche au mont Blanc ont pu être ramenés
dans la vallée de Chamonix, avant d’avoir été victimes de la
tempete.
Descendus par les guides, ils étaient bien encordés et la corde
sont arrivés à 15 heures aujour- résista.
dhui. Les deux blessés, qui ont Alors que tout Chamonix en
été hospitalisés, se nomment M. alerte était haletant de voir re-
Peter TVorfs, 27 ans, étudiant, et venir les courageux sauveteurs,
M. Eugène Feile, journaliste, tous ces derniers apparurent à la lor.
deux de Stuttgart. gnette vers 13 heures.
La cordée a échappé à une fin Ils avaient mis dix heures pour
dramatique. Par bonheur, une ca- couvrir une distance qui, en bon-
ravane d’alpinistes suisses, qui ne ® conditions, n’en demande à
effectuaient la même course et P e ' ne 9 ue trois,
qui avait été témoin de l’accident, ~~
M. CHARLES BARRET
put se porter immédiatement à
leur secours.
Deux des Allemands étaient in
transportables. Les sauveteurs
les hissèrent sur un plateau abrité
et construisirent un abri qui de
vait permettre aux blessés et à
leurs deux compagnons de passer
une nuit relativement confortable
à 4.000 mètres. Puis ils regagnè
rent le Col du Midi d’où ils télé
phonèrent à Chamonix.
Le pilote Guiron parachutait
dans des conditions extrêmement
périlleuses, en plein cœur du
massif et à la tombée de la nuit,
des médicaments et des couver
tures, à proximité de l’igloo, tan
dis que neuf guides chamoniards
partaient à la rescousse.
Dans la nuit et la tourmente
Ces guides devaient en principe
s’arrêter pour passer la nuit au
Col du Midi, mais devant le mau
vais temps menaçant, le guide
Fernand Blein, chef de la cara
vane, décida de poursuivre sa
route coûte que coûte.
A 20 h. 30, les neuf sauveteurs
attaquaient les pentes du mont
Blanc du Tacul. La neige était
profondément ramollie, et cette
montée dans la nuit, par un vent
soufflant à 100 kilomètres à
l'heure fut extrêmement pénible.
Us parvinrent à l’igloo juste
après minuit.
Fernand Blein devait dans le
courant de la descente faire une
chute d’une dizaine de mètres
tandis que son fils Georges était
brusquement emporté par une
coulée de plus de 100 mètres de
large.
Heureusement, les guides
« Antoine le Corse »
condamné à Bruxelles
Bruxelles, 31 mai. — Ancien
lieutenant de Pierrot le Fou,
Roch Philippi, dit « Antoine le
Corse », a été condamné par le
tribunal correctionnel de Bruxel
les à 3 ans de prison pour séjour
illégal en Belgique et fausse
identité.
Impliqué dans une tentative de
vol à main armée, il a été, tou
tefois, acquitté de ce chef d’ac
cusation.
En février dernier, Philippi —
qui a été condamné, par contu
mace, aux travaux forcés à per
pétuité par les assises de la
Seine — avait tenté de dévaliser
deux encaisseurs avec là compli
cité de Brognon qui, lui, e. écopé
9 ans de prison.
sénateur (R.P.F.)
de la Haute-Marne
TROUVE LA MORT
DANS UN ACCIDENT DE VOITURE
Chaumont, 31 mai. — M- Char
les Barret, sénateur de la Haute-
Marne, a trouvé la mort dans un
accident d’auto.
U revenait seul de Langres
lorsque sa voiture heurta un ar
bre à quelques kilomètres de
Rolampont, où il demeurait.
L’accident n’eut aucun témoin.
Le choc dut être très violent si
l’on en juge sur l’état du véhi
cule et sur le fait que le comp
teur était bloqué à 105 kilomè
tres-heure.
Selon les constatations médica
les, on suppose que M. Barret n’a
pas succombé à se6 blessures
mais, au contraire, qu’il a perdu
le contrôle de sa direction, vic
time d’une défaillance, vraisem
blablement d’une embolie qui
provoqua la mort. M. Barret ne
portait en effet que des plaies
superficielles.
Né le 13 juillet 1898 à Rolam
pont, M. Barret était vétérinaire
dans son pays natal depuis 1923-
Cette année-là, il épousa, à
Nancy, Mlle Madeleine Morel.
Sa vie publique débuta après la
Libération. Elu conseiller muni
cipal de Rolampont en mai 1945,
puis conseiller général de Neuilly-
l’Evêque en octobre 1946, il fut
élu sénateur R.P.F. de la Haute-
Marne en 1948.
Il laisse une veuve et une fille,
elle-même mariée à un vétéri
naire.
Triple collision sur
Tauf-orout-e de l'Ouest
Un tué, deux blessés graves
Sur l’autoroute de l’Ouest, en
tre St-Cloud et Vaucresson, la
voiture de M. Lucien Labat, 35
ans, boucher 9, rue Blainville, à
Paris, a heurté en la doublant
celle de M. Guy Taille, bijoutier,
56, avenue Jean-Jaurès, à Paris.
A la suite du choc, cette der
nière voiture a fait une terrible
embardée, a franchi la bande
médiane de l’autoroute et s’en
fut heurter une auto circulant
en sens inverse, conduite par M.
André Dieudonné, 34 ans, de
Poissy.
M. Guy Taille a été tué, sa
femme est grièvement blessée,
ainsi que M. Dieudonné.
LE CRIME MYSTERIEUX DE MARGIVAL
EST SUR LE POINT D’ÊTRE ÉLUCIDÉ
SUITE DE LA PREMIERE PAGE
L’enquête, qui vient de se sol
der par un tel succès, avait été
fort bien menée.
L’identification de la dépecée
de Margival, premier résultat
obtenu après une patiente étude
des empreintes digitales relevées
sur les meubles de Jeanne Ca
rême, à Saint-Gilles-Bruxelles,
allait permettre de réduire le
cercle des recherches : le meur
trier était, parmi les familiers de
Jeanne Carême, celui qui connais
sait la région de Soissons.
La piste était ouverte. Elle
allait mener à Bauwens, qui, le
27 novembre 1953, avait logé à
l’hôtel des Sports, à Soissons...
précisément en compagnie de
Jeanne Carême.
Pierre Bauwens, n’était-ce pas
le mystérieux « Pierre » qui dé
posait, le soir, dans la boîte à
lettres de la victime, ces messa
ges crayonnés en langue fla
mande et dont le dernier datait
de la veille de la disparition de
la frivole quinquagénaire ?
Pierre Bauwens, équarisseur
professionnel — devenu depuis
peu jardinier — condamné na
guère pour abattage clandestin,
n’était-il pas ce « spécialiste »
dont le médecin légiste de Sois
sons chargé d’examiner les res
tes macabres de Margival avait
souligné l’exceptionnelle habi
leté ?
Pierre Bauwens était, à coup
sûr, le correspondant à peine
anonyme et le dépeceur. Il était
assurément, de tous les amis de
Jeanne Carême, le seul qui fut
capable de découvrir, dans cette
région où il avait longtemps tra
vaillé comme betteravier, la ca
chette où devaient être retrouvés
les restes de la Bruxelloise.
Les déclarations de sa femme,
qui l’avait pourtant, dans le
passé, toujours défendu, appor
taient une présomption nouvelle.
Comment douter, dans ces
conditions, de sa culpabilité ?
Lés policiers, il faut le dire, n’y
songent pas.
U ne leur manque que les
aveux. Ils s’emploient sans relâ
che à les obtenir.
Crise de nerfs
Bauwens, jusqu’ici, n’a cessé
de jurer qu’il n’était pour rien
dans le crime et la crise de nerfs
qui l’a terrassé après qu’on lui
eut montré la photo du visage
de la morte ne peut être consi
dérée comme un aveu.
Car Bauwens, c’est incontesté,
aimait la Bruxelloise et ce cha
grin pourrait aussi bien expli
quer sa réaction.
La femme de l’incivique
savait être discrète
On ne sait pas si Bauwens
avait connu Jeanne dans l’une
de ces maisons de rendez-vous de
Bruxelles et d’Anvers dont elle
était — en marge de sa calme
liaison avec un officier de ma
rine marchande — une pension
naire régulière.
Peut-être l’avait-il rencontrée
dans l’un des cafés de la gare
du Nord, où elle recherchait sou
vent des amis nouveaux.
On sait en tout cas que la
femme de l’équarisseur connais
sait Jeanne Carême et l’on pense
que le voyage n’avait pas eu lieu
à son insu.
Son mari, qui lui faisait volon
tiers ses confidences, n’avait pas
de raisons de douter de sa dis
crétion. Elle avait su taire pen
dant longtemps le lieu de sa ré
sidence quand, après la guerre,
condamné comme incivique pour
avoir porté l’uniforme nazi, il
purgeait une peine dé prison.
Pourquoi eût-elle donc parlé de
ce crime, même s’il le. lui avait
raconté ?
Mme Bauwens, interrogée, n’a
rien dit de l’assassinat, mais elle
a reconnu qu’elle avait eu un
soupçon, au retour de son mari.
Les voisins de Jeanne Carême,
qui avaient vu la quinquagénaire
se faire « belle » pour ce voyagé,
n’avaient aucun doute sur le sens
qu’il convenait de lui donner.
Jeanne partait nour Soissons
avec un homme à qui elle vou
lait plaire.
Cet homme — les fiches d’hô
tel en font foi — c’était Bau
wens.
Mais les policiers ne sont pas
sûrs que la jalousie soit le vrai
mobile du crime. Et ils se de
mandent encore s’il n’y a pas eu
un complice. Us espèrent le sa
voir bientôt.
Ils désirent savoir aussi si
Jeanne avait emporté, pour aller
à Soissons, beaucoup d’argent.
Le commissaire Mathieu :
“CE BONHOMME NE S’EN
SORTIRA PAS”
Reims, 31 mai IF.-T.). — Sou
riant, détendu, le commissaire
Mathieu, chargé de l’enquête sur
la dépecée de Margival, est arrivé
ce soir à Reims, retour de Bel
gique, au train de 19 h. 30.
Ses premiers mots :
— C’est tout de même fini et
j’en suis bien heureux.
Puis le commissaire conte l’ar
restation de l’assassin, Pierre
Bauwens, à son domicile à
Bruxelles, l’accueil ébahi de son
épouse, puis l’apparition de
l’homme pâle, nerveux.
— Il a tout.de même fallu, dé
clare le çommissaire, que nous
l’interrogions toute la nuit de sa
medi et dimanche. Il n’a d’ail
leurs pas avoué. Mais, à la fin,
nous lui avons présenté la photo
de Jeanne Carême comme nous
l’avons retrouvée dans le block
haus. et il s’est, effondré. Il a été
aussitôt écroué sous l’inculpation
d’assassinat.
— Comment êtes-vous parvenu
jusqu’à lui ?
— Jeanne Carême était, nous
l’avions appris au cours de l’en
quête, une habituée des salles de
vente. Nous avons fait le tour
des magasins d’antiquité de
Bruxelles avec sa photo.
» On l’a reconnue et on nous
a cité le nom de Bauwens
qui l’accompagnait fréquemment
dans ses tournées.
» Bien que persistant à nier,
Bauwens commit plusieurs mala
dresses. D’abord, il reconnut les
lettres trouvées chez Jeanne Ca
rême, puis nia s’être rendu à
Soissons, à l’Hôtel des Sports, en
novembre dernier, avec Jeanne
Carême. Sa femme, interrogée
après lui, le contredit, ajoutant
même qu’à son retour de voyage,
son mari avait brûlé un costume
et des manchettes tachés de
sang.
» Enfin, on a pu établir que
Bauwens, voici vingt ans, habita
à Ver te feuille, entre Laon et Ter-
gnier, puis à Laffaux, c’est-à-dire
à, huit cents mètres du fameux
blockhaus de Margival.
» Ce bonhomme-là est sec
comme un sarment de vigne, a
conclu le commissaire. Mais, il
n’y a pas de doute, il ne s’en
sortira pas, nous l’avons vu. »
La pauvresse précipitée
sur le quai Montebello
est morte à l’hôpital
Des appels déchirants attiraient
l’autre jour l’attention des ouvriers
qui travaillaient sur les berges du
quai Montebello. Us se précipitèrent
et découvrirent, gisant sur le pavé,
une pauvresse, Claire Bailleux, 63
ans, sans profession ni domicile.
Elle avait les cuisses brisées et
portait de multiples blessures à la
tête ainsi que sur, tout le corps.
Transportée à l’hôpital Coehin, elle
est morte hier matin sans avoir pu
être interrogée.
Des témoins de la scène sont ve
nus déclarer au commissariat du
quartier Saint-Victor qu’un _ homme
âgé d'une quarantaine d’années, très
brun, cheveux frisés, teint basané,
s'était approché à pas de loup de
la pauvresse assise sur le parapet.
Ne se doutant de rien, elle regardait
le fleuve et surplombait Tes berges
d’une hauteur de six mètres envi
ron. Brusquement, l’inconnu la sai
sit aux épaules ef avec brutalité, la
précipita dans le vide.
Des* témoins se lancèrent à la pour
suite du bandit qui détala à toutes
jambes en direction de la pjace
Maubert et disparut dans les ruelles
du quartier. . .
La brigade criminelle a été saisie
de l’affaire.
La petite fille
qui se balançait
est écrasée
par une pierre
Evreux, 31 mai. — Une petite fille
de 13 ans, Paulette Bellanger, jouait
dans une vieille maison inhabitée à
Aubevoye, près de Gaillon (Eure).
Elle se balançait, les mains accro
chées au sommet d’une grande che
minée, lorsqu’une pierre longue de
deux mètres et pesant plusieurs
centaine^ de kilos, se détacha et
tomba sur elle.
Paulette a eu la tête, le bassin et
les jambes écrasés. Quand ses pa
rents arrivèrent, elle avait cessé de
vivre.
— C’est en se tirant un coup de
fusil dans la tête que M. Lucien
Parent, conseiller municipal de
Roissy, s'est donné ia mort.
FRANC-TIREUR A
[SMS
Une grande enquête de Jacques BOREL
VIII. — François MAURIAC nous dit:
CE SONT LA DES SUJETS DÉLICATS”
C OMME.N T ne point demander tion que j’éprouvais étant jeune en insister. Concluons en proposant au
à 1 un des plus grands roman- lisant ce chef-d œuvre de Flaubert, grand artiste des lettres cette idée que
€€
ciers contemporains ce qu’il L'Education sentimentale. Aux demie- nous avons déjà rencontrée au cours
pense de notre enquête ? Le roman- res pages du livre, Frédéric découvre de précédentes conversations, à savoir
cier catholique de 1 amour et du péché, avec un doux étonnement la cheville que la beauté nue, pure en elle-même,
’ J- --- 1 ' ’ rL ~ ' ' se détériore à l’occasion quand, au
cinéma, par exemple, on l’anime vul
gairement, par certains angles : « Je
hais le mouvement qui déplace les
lignes », disait le poète.
— Tout cela me paraît évident,
siècle, ses écrivains, ses peintres. Mais mais, encore une fois, ces problèmes
Mauriac tient bon. sont bien complexes, répond alors
— Non, voyez-vous, il faut avant Mauriac,
tout le style, et le style a sa pudeur... Lt, tandis qu’il nous reconduit, nous
— Mais enfin, maître, comment pensons à l’une de ses pièces, Asmo-
définissez-vous la pudeur ? Pensez- déc, où se dresse cette terrible figure
l'auteur de ces livres brûlants, Thé- de Mme Arnoux, son idole ; cette
rèit Desqueyroux, Le Nœud de seule découverte le plonge dans des
Vipères, Cenitrix, le chroniqueur qui transes délicieuses. Aujourd'hui, on
s’attaque à la fois avec hardiesse et explique, on précise, on exhibe tout,
miséricorde à tous les problèmes poli- Est-ce mieux ? Je ne crois pas.
tiques et moraux, voudra-t-il se confier Je me risque à évoquer le XVI II*
à nous ?
De fait, nous avions obtenu un
rendez-vous avec François Mauriac ;
et quand nous arrivons dans son bu
reau, il s’approche de nous, sourire
aux lèvres, la main tendue ; les traits
ascétiques du visage bien connu s’illu- vous qu'elle est naturelle ?
minent de bonté, la voix assourdie et
cordiale nous interroge :
- De quoi s’agit-il ?
Mais voilà ! François Mauriac a
oublié la raison précise pourquoi nous
lui avions demandé rendez-vous. Il s’en
excuse et nous nous en voudrions alors
de lui imposer quelque gêne quand il parler du péché originel ?
nous dit franchement :
— Il me semble que ce ne sont pas
là des sujets à traiter sur la place
publique. Il faut y réfléchir plus lon
guement.
« PROFIT FACILE
ESPRIT DE LUCRE »
tout simple. Relisons la Bible : « Ils
se regardèrent, et ils virent qu'ils
étaient nus. » Pour le chrétien, e f mê
me pour le non-chrétien, la pudeur est
naturelle et bien antérieure à toute
éducation. Vous n’avez pas entendu
du péché originel ?
« CES PROBLEMES
SONT
BIEN COMPLEXES »
— Mais pourtant, maître, ce grand
élan du corps en liberté, dans ''air,
l’eau, le soleil, n’est-il pas saine réac
tion aux poussiéreuses contraintes des
villes, à l’écrasement moderne ? N’y
a-t-il pas de films plus nuisibles, avec
leurs violences et leurs crimes, que
a-vis de la liberté dans 1 art, dans ceux qui montrent de jolies femmes ?
I expression de 1 amour, une méfiance, —. Peut-être, peut-être, nous répond
ou plutôt une prudence, fondamentales. François Mauriac, qui, visiblement, ne
— Cela dit, la grande peinture et veut pas élargir le débat.
la grande sculpture ont transfigure Et nous lui posons alors cette
l’image du corps humain. Il n’y a rien question :
de dégradant ni de trouble dans les _ N e
pensez-vous pas, comme Jean
chefs-d œuvre de 1 art. Cocteau, que seules la laideur, la mé-
— Mais, aujourd'hui, au théâtre, diocrité sont immorales ?
au cinéma, au music-hall ? JJ réplique tout de suite :
François Mauriac réplique avec — Mais non, c’est vraiment
vivacité : facile !
— Combien de fois dans ces domai-
de l'homme porteur du péché, Biaise
Allons, s écrie Mauriac, c est Couture, près de qui le visage d Em
manuelle garde la pureté, la fraîcheur
de la jeunesse insensible à la laideur
du vice...
(A suivre.)
Voir Franc-Tireur des 19, 20, 21,
24. 25. 26 et 28 mai.
LUTTE OUVERTE ENTRE PSYCHANALYSTES
POUR L’EXCLUSIVITÉ
UE LA THÉRAPEUTIQUE FREUDIENNE
llnstitift inauguré aujourd’hui rue Saint-Jacques
marqua la victoire du clan le plus puissant
L ’INAUGURATION, ce matin, par MM. André Marie et Emile
Roche, de l’Institut de psychanalyse, 187, rue Saint-Jacques,
est un événement qui passerait inaperçu — sauf des spécia
listes, médecins et psychologues qui suivent attentivement l’évolu
tion de la thérapeutique freudienne — si la psychanalyse, en
France, ne posait actuellement un problème... complexe et échap
pant totalement au profane.
La psychanalyse est une chose
en principe très sérieuse. Ceux
qui la pratiquent ont une véri
table horreur de la vulgarisation
et ils aiment encore moins que
le vulgaire s’intéresse à la mar
che de leurs affaires. Pourtant,
la naissance de l’Institut a pro
voqué chez les « scaphandriers
de l’inconscient » des mouve
ments divers et a mis en lumière
des divergences intérieures qui
se manifestent depuis la libéra
tion dans cet univers à tous
points de vue hermétique.
Le nouvel Institut, en effet,
dirigé par le docteur S. Nacht,
est une réalisation de la « So
ciété psychanalytique de Paris »,
la seule qui soit reconnue par
l’Association internationale. Cette
société, en procédant à cette
inauguration à grand spectacle,
Cependant, uomnie l’éminent acadé
micien est toute cordialité, la conver-
îation s’engage à bâtons rompus.
Chrétien, François Mauriac a vis-
trop
nés les spectacles courants ne répon
dent-ils pas avant tout à une volonté
d attirer le public par l’excitation des
plus bas instincts ? Le profit facile,
l'esprit de lucre jouent un grand rôle
dans le choix sans précaution et
l’expression par trop vulgaire de cer
tains sujets.
Que pense l’observateur souvent
attristé des spectacles d: la vie moder
ne de cette grande liberté d’allure, de
cette simplicité de moeurs que le sport,
le camping apportent aux nouvelles
générations et qui •—• pour nous-mê
mes, comme pour la plupart de ceux
que nous avons interviewés dans cette
enquête — constituent une délivrance
de complexes, un équilibre, la vraie
santé physique et morale ?
François Mauriac hésite un peu :
— Je n'ai vraiment pas davis à
vous donner, par exemple, sur le nu
disme. Je ne trouve pas cela très
esthétique. Et quant aux tableaux que
nous offrent souvent nos plages moder
nes, ils m'apparaissent discutables,
quelquefois même assez tristes.
Souriant avec indulgence, le roman
cier reprend :
« LAISSER
AUX CHOSES
LEUR MYSTERE »
— Peut-être est-ce pour moi une
question de génération... J’ai été jeune
comme tout le monde... J'ai, à mon
heure* découvert avec joie Rimbaud et
« ces jeunes gens qui allaient nus par
les chemins ». Mais il me semble qu il
y avait alors, aussi bien dans les
mœurs que dans l’expression littéraire,
une retenue, une pudeur nécessaire, une
réserve, qui laissent aux choses de
l'amour leur mystère.
Et Mauriac rêveusement précise :
— Tenez. Je me souviens de 1 émo-
Nous sentons qu’il ne faut plus trop
Malgré son désespoir
Christiane
qui abandonna son bébé
rue Dutot
n’en aura plus la garde
Christiane Padieu, qui aban
donna son bébé dans un carton,
rue Dutot, et qui se présenta di
manche soir au commissariat du
quartier Saint-Lambert, a été in
terrogée hier, à la brigade des
mineurs.
Ancienne domestique à Boulo-
gne-sur-Seine, puis brocheuse,
cette jolie jeune femme avait
fait la connaissance, il y a un an,
d’un homme marié qui lui fit
quitter son emploi, pour subvenir
lui-même à ses besoins. Lorsqu’il
apprit qu’elle allait être mère, il
l’abandonna.
— Mon fils est né à la Mater
nité de l’hôpital Boucicaut, que
j’ai quittée cinq jours plus tard,
a-t-elle déclaré. Je m’étais réfu
giée chez une amie, dans le quar
tier de la République. Sans tra
vail et sans ressources, j’ai voulu
abandonner mon petit, avec l’es
poir de le reprendre dès que j’au
rais trouvé du travail.
Samedi soir, Christiane se fit
conduire en taxi dans le quartier
de Vaugirard.
Elle ramassa un carton qui
avait contenu du sucre, y mit le
bébé et déposa le tout devant la
grille de « L’Abri de l'Enfance ».
Les policiers qui vérifient
l’exactitude de ce récit, recher
chent également les parents et la
sœur de Christiane.
En attendant, la jeune mère a
été mise à la disposition du par
quet. Il est probable que le bébé
qu’elle réclame maintenant avec
désespoir, ne lui sera pas rendu.
CHAMPIGNY-SUR-MARNE
Une jeune femme
disparaît
Depuis le 18 mai on recherché
Mme Jacqueline Tibourtine, 25
ans, qui, cet après-midi-là, quit
tant son mari, monteur électri
cien, et leur petit garçon Alain,
5 ans, est partie de son domicile,
6, rue des Frères-Petit, à Cham-
pigny-sur-Marne.
La jeune femme, d’une taille
d’un mètre cinquante, cheveux
blonds, yeux marron foncé, était
vêtuè d’un tailleur gris et portait
des escarpins noirs. On ^ craint
qu'elle soit frappée d’amnésie.
Le Havre, Saint-Servan, Nantes,
Bordeaux et Marseille.
Bien qu'il ait un visage de robot, le pêcheur sous-marin est très près
de l'homme primitif.
AU TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE DREUX
L’auteur d’un accident mortel plaide:
“C’est la faute de ma roue”
ET ENTRAINE LE FOURNISSEUR DANS L’AFFAIRE
U N accident survenu le 8 septembre 1951, entre Dreux et Saint-
Rémy-sur-Avre (E.-et-L.), à M. Paul Serre, 63 ans, directeur
de la Société Peugeot, à Paris, risque d’amener le tribunal
correctionnel de Dreux a prendre une décision qui fera jurispru
dence en matière d’accidents d’automobiles.
M. Serre ee rendait à Morta- pet, 46 ans, gérant, à Saint-
Cloud, des Usines Montupet et
André Caillon, 47 ans, directeur
technique de l’Usine Montupet
d’Ussel.
L’affaire a occupé l’après-midi
“LES JOYEUX HIPPOCAMPES”
PRÉPARENT LA SAISON 54
DE PÊCHE SOUS-MARINE
S I, avec l’hélicoptère individuel, le vieux rêve d’Icare n’est pas
encore du domaine public, de nombreux campeurs se sentent
de plus en plus Neptuniens avec les progrès... et la codification
de la pêche sous-marine. Jules Verne lui-même n’aurait pas man
qué de s’inscrire aux « Joyeux hippocampes » qui est une section
spécialisée des « Compagnons campeurs de France ».
Les 400 membres parisiens de En effet, l’apparition de la
ce groupe nautique, qui compte pêche sous-marine, exactement
en France plus de 4.000 adhé- appelée « Pêctœ à la foène à
rents, fourbissent leurs armes en la nage », a bénéficié au départ
vue des pêches miraculeuses qui d’une certaine anarchie entraî-
les amèneront dans l’une des nant de nombreux abus. ^ C’est
cinq zones délimitées par une ainsi qu’on a vü d’inquiétants
réglementation récenté. A savoir: tritons trafiquer en profondeur
de stupéfiants ou de devises et
de nombreux amateurs se livrer
à la maraude .des poissons pris
aux filets des pêcheurs profes
sionnels.
La Méditerranée surtout a fait
connaissance avec ces pirates
palmés et l’Inscription maritime,
dont les prérogatives datent de
Colbert, s’est légitimement in
quiétée de voir l’onde pure, de
milieu liquide, se transformer en
Milieu tout court... bien que les
sirènes aient conservé leur tra
ditionnelle poésie !
En bref, la pêche sous-marine
est désormais interdite aux mi
neurs de moins de 16 ans et sou
mise au consentement paternel
jusqu’à 21 ans. On demande, par
ailleurs, un bulletin de naissan
ce, deux photos d’identité, un en
gagement écrit de se soumettre
à la réglementation, un certificat
d’appartenance à une société de
pêche à la nage et enfin une
carte d’identité-permis dont le
pêcheur devra être porteur en
permanence dans un étui étan
che. On ne dit pas toutefois si
les descentes de batyscaphe céde
ront la place à des descentes de
police et si les agents plongeurs
inventés par le préfet Lépine
recommenceront à nager entre
deux eaux.
De plus, la pêche (même au
fusil) n’ayant que peu de rap
port avec l’exploration, tout
appareil respiratoire autre qu’un
tube simple (dit tuba) est for
mellement Interdit, ainsi que
toute source lumineuse. Les pois-
sons-pilote ne sont pas soumis
toutefois à cette dernière légis
lation.
gne (Orne), dans une « 203 »
spéciale avec roues en alliage
léger, lorsqu’il fit une terrible
embardée. Sa voiture se retour
na... et se redressa. Une roue
(arrière droite) venait de voler du 25 mai, notamment par l’in-
en morceaux. Par chance, M. terrogatoire des experts et du
Serre et sa famille en sortirent professeur Cournau, du Conser-
indemnes, mais ils avaient accro- vatoire national d«s Arts et Mé~
ché et mortellement blessé M. tiers, et les avocats plaideront
Gabriel, 34 ans, 128, avenue du cet après-midi les détails de ce
Général-Leclerc, à Pantin, qui ^
revenait vers Paris sur un vélo
moteur.
Et M. Serre, affirmant que le
bris de la roue avait provoqué
l’embardée, donc la mort de
M. Gabriel, refusa d’être seul
responsable de l’accident. Il se
retourna vers le vendeur des
roues, M. Jules Bonnet, 49 ans,
industriel à Ormesson-sur-Marne,
qui se retourna lui-même contre
les fondeurs, MM. Jean Montu-
point de vue nouveau.
L’O.N.M. annonce :
Un mois de juin
« rafraîchi »
La température est restée très
moyenne, hier, dans toute la
France. A 13 heures, elle était
de 13° à Clermont-Ferrand, 14°
à Lille et Cherbourg, 15° à Nan
cy et Toulouse, 16° à Brest et
Dijon, 17° à Paris et Biarritz,
18° à Bordeaux, 19° à Rennes et
Tours, 20° à Strasbourg, Nice et
Perpignan, 21° à Marseille, et
24° à Ajaccio.
La Météorologie nationale an
nonce par contre que le début
du mois sera marqué par un ré
chauffement et la disparition
progressive des ondées.
La fin de la première semaine
et la seconde semaine connaî
tront un rafraîchissement tem
poraire avec un retour d’une
nébulosité plus forte accompa
gnée d’averses parfois orageuses,
principalement dans la moitié
sud.
Puis, après un temps chaud et
lourd durant la troisième se
maine, de nombreux orages en
traîneront un rafraîchissement
sensible qui affectera la dernière
semaine. Une courte amélioration
«st attendue pour les tout der
niers jours du mois.
Pour le rallye aérien
de la Foire de Paris
Mme MICHELINE TESSIER
A PARCOURU 1.636 KM.
AVEC QUATRE PASSAGERS
La Foire de Parie, qui orga
nise chaque année un Rallye aé
rien, avait voulu, pour son cin
quantenaire, associer à son effort
le secrétaire d’Etat à l’aviation
civile lui-même, et M. Paul De
vinât a fait à cette occasion une
déclaration qui intéresse tous les
adeptes de l’aviation légère : il a
confirmé que le dossier de la
« détaxe de l’essence » est en
route. Ce qui signifie que les pi
lotes d’avions de tourisme pour
ront bientôt pratiquer leur sport
favori sans acquitter une taxe
qui ne les concerne en aucune
manière.
Au cours du Rallye de la Foire
de Paris, 36 des 50 concurrents
sont arrivés à Toussus-le-Noble.
C’est M. Pichon, sur « Norécrin »
qui a remporté la première place
devant M. Demestre, également
sur « Norécrin ».
La coupe du plus grand kilomé
trage avec le plus grand nombre
de passagers est revenue à Mme
Micheline Tessier, qui, à bord
d’un Boisavia « Mercurey » a par
couru, avec quatre passagers
1.636 kilomètres, de Tor.ssus à
Biarritz et au Touquet avant de
revenir à Toussus, démontrant
magnifiquement les extraordinai
res possibilités des avions légers
modernes.
Entraînement’
d’eau douce
L’attirail du parfait pêcheur
sous-marin n’est guère plus oné
reux qu’un bon équipement au
lancer. Une lunette (dite goggle),
le tuba, des palmes, un poignard
et un fusil à ressort ou à san
dows sont suffisants pour affron
ter les monstres aquatiques et
faire de tout campeur un Jonas
dominical. Il y a en France
12.000 adeptes de ce sport pas
sionnant qui présente de nom
breuses émotions et quelques
risques.
Car si le mérou est la même
friture des ludions maritimes, il
est souvent nécessaire de jouer
du couteau pour se débarrasser
de congres incongrus et de murè
nes mutines.
Quant aux pastenagues, ce
sont des raies géantes qui, sur
les rivages de l’Afrique du Nord,
peuvent atteindre 100 kilos !
De plus, les spécialistes décon
seillent l’usage de « l’accroche-
poisson » qui est une espèce de
carnier, car le tableau de chasse
laisse des traînées de sang et
devient « le vif » qui peut attirer
l’assaut redoutable des thons.
Deux sociétés à Paris sollici
tent les amateurs plus nombreux
chaque année : le Club des
Chasseurs sous-marins et les
Joyeux Hippocampes. Un jour
nal, , L’Aventure sous-marine, re
late les exploits cynégétiques et
photographiques des nemrods
aquatiques, dont l’acteur Gary
Cooper est l’un des fidèles repré
sentants.
Actuellement, dans les piscines
parisiennes, on s’entraîne ferme
en vue des prochaines vacances.
Car l’affût en surface, les plon
gées et le tir (à quelques mètres)
nécessitent une longue prépara
tion.
A la pêche sous-marine, on ne
revient jamais bredouille. La dé
couverte renouvelée des profon
deurs de la mer e3t un sujet
d’émerveillement : à ’ui seul, il
vaut bien les épreuves qui la
précèdent.
Pierre MERINDOL.
« Ni fleurs
ni couronnes »
écrit- Mme Chamois
avant d’aller se noyer
Au lieu dit « Les Communes ».
on a retiré du ruisseau la Beu-
vronnes, à Saint-Mesmes (S.-et-
M.), le corps de Mme Chamois,
53 ans.
La désespérée, car il s’agit
d’un suicide, avait simplement
laissé chez elle un papier sur le
quel elle avait écrit : « Ni fleurs,
ni couronnes. Des prières. »
en invitant à la cérémonie les
plus éminentes personnalités du
« monde médical, scientifique et
juridique, ainsi que des grandes
administrations intéressées »,
veut frapper un coup décisif et
préparer l’officialisation de ses
activités et de son enseignement.
Deux clans
La psychanalyse, en effet, n’est
pas encore admise à la Faculté
de Médecine comme unè spécia
lité. L’Institut de la rue Saint-
Jacques est un organisme privé.
Mais dfemain, si les projets de
ses animateurs se réalisent, il
constituera le noyau d’une espèce
d’Académie qui délivrera des
diplômes officiels et assumera
seule la formation des « explo
rateurs des profondeurs » char
gés de déceler les troubles du
caractère et de la personnalité
(se traduisant le plus souvent
par un comportement antisocial)
et d’aider les malaides, par le seul
secours de la conversation libre
autour d’un divan, à se libérer
de leui’3 obsessions et à recon
quérir leur « normalité ».
Ce but, fort louable en soi, et
qui évitera le charlatanisme, est
contrecarré par un autre clan de
psychanalystes, membres dis
sidents du premier groupement
qui ont créé la « Société fran
çaise de psychanalyse ». Celle-ci,
présidée par le professeur Da
niel Lagache, se propose un
objectif similaire. Et, dans le
cadre du cours de psychiatrie du
service de clinique de la Faculté
à l’hôpital Sainte-Anne (profes
seur Delet), organise depuis no
vembre 53' des cours de psycha
nalyse.
— Vous voyez la manœuvre,
disent les gens de la « Société
française ». Mais nous n’aban
donnerons pas . Nous continue
rons à former des psychanalys
tes. Nous avons quarante élèves,
nous leur offrons des cours théo
riques, nous contrôlons leurs
analyses didactiques (1), nous
tenterons de placer la psychana
lyse au centre des sciences hu
maines et d’obtenir que notre
enseignement soit sanctionné par
un diplôme officiel.
— Les membres de la « Socié
té française » ne représentent
qu’eux-mêmes, rétorquent les
dirigeants de la « Société psy
chanalytique de Paris ». C’est
nous qui assurons la formation
de la plupart des psychanalystes
français. D’ailleurs, le docteur
Jones, un des premiers élèves de
Freud, et Mm,e Marie Bonaparte,
vice-présidente de la Société in
ternationale, soutiennent nos
efforts et participent à nos tra
vaux.
Le psychanalyste
est décontracté...
Cette « concurrence » peut
étonner de la part de médecins
et de professeurs très distingués
qui ont pour tâche d’exercer la
plus difficile de toutes les théra
peutiques, puisque la méthode
conçue par Freud n’utilise que
la parole pour guérir les névro
pathes. On sait que le psycha
nalyste reçoit pendant un, deux
ou trois ans, à raison de plu
sieurs séances par semaine, un
patient qui se contente de s’éten
dre sur un divan et d’associer
librement mots et idées, de dé
crire ses rêves, ses imptilsions et
ses désirs les plus intimes, les
plus « choquants ». L’analyste
joue le rôle d’un guide discret,
effacé, mais, pendant la durée
de la cure, prend la place du
père, de la mère dü malade et,
par le phénomène du transfert
(2), lui permet de chasser des
obsessions surgies de la mémoire
inconsciente et généralement
provoquées par des actes oubliés
de la première enfance.
Pour pouvoir efficacement
psychanalyser de tels malades, le
médecin a lui-même subi une
analyse didactique et pratiqué
sous contrôle plusieurs cures.
Ainsi débarrassé de toutes ces
séquelles qui pèsent d’ordinaire
sur le comportement de la plu
part des individus considérés
comme normaux, il parvient
une maîtrise de soi incompara
ble. Tous les psychanalystes sont
à l’aise dans la vie, séduisants,
brillants, voire dominateurs. Leur
personnalité est affirmée, leur
« rendement » est meilleur. Cette
formidable productivité, ils la
mettent au service de leurs ma
lades, mais ils la mettent égale
ment à leur propre service...
Leur métier leur rapporte beau
coup d’argent. La cure est .si
coûteuse que quelques malades
seulement représentent une rente
(pendant deux ou trois ans) pour
celui qui les soignent.
On comprendra peut-être que
l’exercice de cette véritable
puissance qu’est la psychanalyse
exige un sévère contrôle. Et c’est
pourquoi on assiste depuis plu
sieurs années à des tentatives de
mainmise, estimables du strict
point de vue médical, mais sur
prenantes lorsqu’on envisage les
intérêts en jeu.
Peut-on espérer que les psy
chanalystes des deux sociétés
rivales, dont la qualification pro
fessionnelle ne saurait être mise
en doute et qui obtiennent des
résultats jugés par certains mi
raculeux, mettront une sourdine
à leurs revendications récipro
ques.
Le malade — et, pour les Freu
diens, nombre d’hommes « sains
sont des névrosés en puissance
— a tout intérêt à voir la psy
chanalyse enseignée et pratiquée
dans une sérénité dont elle n’au
rait jamais dû se départir.
ARIEL.
fl) Celui qui se destine à une
connaissance objective et approfon
die des mécanismes psychiques des
autres doit commencer par avoir une
connaissance objective et approfon
die de ses propres mécanismes psy
chiques (Dr Nacht).
(2) Voir l’enquête « Les scaphan
driers de l’inconsc’ient », Franc-
Tireur des 6 au 12 janvier 1954.
— Le cadavre d’une inconnue,
paraissant âgée d’une soixantaine
d’années, a été retiré de la Seine,
hier matin, vers 11 heures, en face
le n a 1, quai de la Seine, à Saint-
Ouen. Le corps semble avoir séjour
né longtemps dans l’eau.
PAGE CINQ
L’ANCIEN DIRECTEUR
DU “PETIT PARISIEN”
DI L’OCCUPATION
EST CONDAMNÉ
1 CINQ MIS DE PRISON
...et amnistié
J ACQUES ROUJON, 70 ans,’
directeur du Petit Parisien
sous l’occupation, prit en
1944 la précaution de disparaître.
Suivant les règles d’une techni
que qui a fait ses preuves, il est
revenu dix ans plus tard fournir
au tribunal militaire des explica
tions désormais superflues. Con
damné par contumace à la réclu
sion perpétuelle par la cour de
justice de la Seine, il s’est vu
aujourd’hui infliger 5 ans de
prison, peine immédiatement
amnistiée.
Il a pris la fuite, explique-t-il,
parce que « la justice populaire
de l’époque avait pris un carac
tère passionnel ». Il a préféré les
juges militaires. Il n’a pas eu
tort. Aussi bien le commissaire
du gouvernement s’est-il montré
très compréhensif. On reprochait
entre autres à Roujon d’avoir
signé une sorte de manifeste in
digné après l’exécution de Phi
lippe Henriot par la Résistance :
texte confus, d’ailleurs, sorte
d’hymne à la collaboration, à la
rédaction duquel avait collaboré
Dominique Sordet, Abel Bonnard
et quelques autres grands prêtres
de la répression allemande en
France.
J’ai mis mon nom sur une
feuille blanche, affirme le préve
nu, et quand on a discuté du
texte je suis sorti.
On le croit, semble-t-il.
« Je croyais
à la victoire de l’Axe
Restait à « expliquer » tous
les articles écrits par lui dans le
Petit Parisien.
Semés d’invectives contre le
« clan anglo-judéo-soviétique »,
d’appels à la répression des actes
de résistance et à la collabora
tion avec l’Allemagne, ils sont
les modèles d’un genre qui pen
dant cinq ans connut quelque
succès.
Roujon invoque sa bonne foi :
— Je me suis peut-être trom
pé, dit-il, mais je n’ai pas agi
par opportunisme. Je croyais à
la victoire de l’Axe, j’avais peur
d’une paix brusquée entre l’Alle
magne et la Russie et je croyais
qu’il était de l’intérêt de la Fran
ce d’être de ce côté-là.
Ce qui n’empêche point son
défenseur, M e Isorni, d’invoquer
à l’aide de son client la mémoire
de Poincaré, dont celui-ci avait
été le secrétaire. Ce qui semble
a posteriori un rapprochement
audacieux.
Une question subsidiaire trans
forma l’inculpation d’intelligence
avec l’ennemi en « acte de natu
re à nuire à la défense natio
nale ». Le maximum de la peine
requise dans ces conditions étant
de 5 ans, Roujon était aussitôt
amnistié que condamné.
Pour sauver les alpinistes allemands
en détresse sur le Mont-Blanc, les guides
de Chamonix ont rivalisé d’héroïsme
Chamonix, 31 mai (F.-T.).
L ES quatre alpinistes allemands qui avaient été balayés dimanche
soir par une avalanche au mont Blanc ont pu être ramenés
dans la vallée de Chamonix, avant d’avoir été victimes de la
tempete.
Descendus par les guides, ils étaient bien encordés et la corde
sont arrivés à 15 heures aujour- résista.
dhui. Les deux blessés, qui ont Alors que tout Chamonix en
été hospitalisés, se nomment M. alerte était haletant de voir re-
Peter TVorfs, 27 ans, étudiant, et venir les courageux sauveteurs,
M. Eugène Feile, journaliste, tous ces derniers apparurent à la lor.
deux de Stuttgart. gnette vers 13 heures.
La cordée a échappé à une fin Ils avaient mis dix heures pour
dramatique. Par bonheur, une ca- couvrir une distance qui, en bon-
ravane d’alpinistes suisses, qui ne ® conditions, n’en demande à
effectuaient la même course et P e ' ne 9 ue trois,
qui avait été témoin de l’accident, ~~
M. CHARLES BARRET
put se porter immédiatement à
leur secours.
Deux des Allemands étaient in
transportables. Les sauveteurs
les hissèrent sur un plateau abrité
et construisirent un abri qui de
vait permettre aux blessés et à
leurs deux compagnons de passer
une nuit relativement confortable
à 4.000 mètres. Puis ils regagnè
rent le Col du Midi d’où ils télé
phonèrent à Chamonix.
Le pilote Guiron parachutait
dans des conditions extrêmement
périlleuses, en plein cœur du
massif et à la tombée de la nuit,
des médicaments et des couver
tures, à proximité de l’igloo, tan
dis que neuf guides chamoniards
partaient à la rescousse.
Dans la nuit et la tourmente
Ces guides devaient en principe
s’arrêter pour passer la nuit au
Col du Midi, mais devant le mau
vais temps menaçant, le guide
Fernand Blein, chef de la cara
vane, décida de poursuivre sa
route coûte que coûte.
A 20 h. 30, les neuf sauveteurs
attaquaient les pentes du mont
Blanc du Tacul. La neige était
profondément ramollie, et cette
montée dans la nuit, par un vent
soufflant à 100 kilomètres à
l'heure fut extrêmement pénible.
Us parvinrent à l’igloo juste
après minuit.
Fernand Blein devait dans le
courant de la descente faire une
chute d’une dizaine de mètres
tandis que son fils Georges était
brusquement emporté par une
coulée de plus de 100 mètres de
large.
Heureusement, les guides
« Antoine le Corse »
condamné à Bruxelles
Bruxelles, 31 mai. — Ancien
lieutenant de Pierrot le Fou,
Roch Philippi, dit « Antoine le
Corse », a été condamné par le
tribunal correctionnel de Bruxel
les à 3 ans de prison pour séjour
illégal en Belgique et fausse
identité.
Impliqué dans une tentative de
vol à main armée, il a été, tou
tefois, acquitté de ce chef d’ac
cusation.
En février dernier, Philippi —
qui a été condamné, par contu
mace, aux travaux forcés à per
pétuité par les assises de la
Seine — avait tenté de dévaliser
deux encaisseurs avec là compli
cité de Brognon qui, lui, e. écopé
9 ans de prison.
sénateur (R.P.F.)
de la Haute-Marne
TROUVE LA MORT
DANS UN ACCIDENT DE VOITURE
Chaumont, 31 mai. — M- Char
les Barret, sénateur de la Haute-
Marne, a trouvé la mort dans un
accident d’auto.
U revenait seul de Langres
lorsque sa voiture heurta un ar
bre à quelques kilomètres de
Rolampont, où il demeurait.
L’accident n’eut aucun témoin.
Le choc dut être très violent si
l’on en juge sur l’état du véhi
cule et sur le fait que le comp
teur était bloqué à 105 kilomè
tres-heure.
Selon les constatations médica
les, on suppose que M. Barret n’a
pas succombé à se6 blessures
mais, au contraire, qu’il a perdu
le contrôle de sa direction, vic
time d’une défaillance, vraisem
blablement d’une embolie qui
provoqua la mort. M. Barret ne
portait en effet que des plaies
superficielles.
Né le 13 juillet 1898 à Rolam
pont, M. Barret était vétérinaire
dans son pays natal depuis 1923-
Cette année-là, il épousa, à
Nancy, Mlle Madeleine Morel.
Sa vie publique débuta après la
Libération. Elu conseiller muni
cipal de Rolampont en mai 1945,
puis conseiller général de Neuilly-
l’Evêque en octobre 1946, il fut
élu sénateur R.P.F. de la Haute-
Marne en 1948.
Il laisse une veuve et une fille,
elle-même mariée à un vétéri
naire.
Triple collision sur
Tauf-orout-e de l'Ouest
Un tué, deux blessés graves
Sur l’autoroute de l’Ouest, en
tre St-Cloud et Vaucresson, la
voiture de M. Lucien Labat, 35
ans, boucher 9, rue Blainville, à
Paris, a heurté en la doublant
celle de M. Guy Taille, bijoutier,
56, avenue Jean-Jaurès, à Paris.
A la suite du choc, cette der
nière voiture a fait une terrible
embardée, a franchi la bande
médiane de l’autoroute et s’en
fut heurter une auto circulant
en sens inverse, conduite par M.
André Dieudonné, 34 ans, de
Poissy.
M. Guy Taille a été tué, sa
femme est grièvement blessée,
ainsi que M. Dieudonné.
LE CRIME MYSTERIEUX DE MARGIVAL
EST SUR LE POINT D’ÊTRE ÉLUCIDÉ
SUITE DE LA PREMIERE PAGE
L’enquête, qui vient de se sol
der par un tel succès, avait été
fort bien menée.
L’identification de la dépecée
de Margival, premier résultat
obtenu après une patiente étude
des empreintes digitales relevées
sur les meubles de Jeanne Ca
rême, à Saint-Gilles-Bruxelles,
allait permettre de réduire le
cercle des recherches : le meur
trier était, parmi les familiers de
Jeanne Carême, celui qui connais
sait la région de Soissons.
La piste était ouverte. Elle
allait mener à Bauwens, qui, le
27 novembre 1953, avait logé à
l’hôtel des Sports, à Soissons...
précisément en compagnie de
Jeanne Carême.
Pierre Bauwens, n’était-ce pas
le mystérieux « Pierre » qui dé
posait, le soir, dans la boîte à
lettres de la victime, ces messa
ges crayonnés en langue fla
mande et dont le dernier datait
de la veille de la disparition de
la frivole quinquagénaire ?
Pierre Bauwens, équarisseur
professionnel — devenu depuis
peu jardinier — condamné na
guère pour abattage clandestin,
n’était-il pas ce « spécialiste »
dont le médecin légiste de Sois
sons chargé d’examiner les res
tes macabres de Margival avait
souligné l’exceptionnelle habi
leté ?
Pierre Bauwens était, à coup
sûr, le correspondant à peine
anonyme et le dépeceur. Il était
assurément, de tous les amis de
Jeanne Carême, le seul qui fut
capable de découvrir, dans cette
région où il avait longtemps tra
vaillé comme betteravier, la ca
chette où devaient être retrouvés
les restes de la Bruxelloise.
Les déclarations de sa femme,
qui l’avait pourtant, dans le
passé, toujours défendu, appor
taient une présomption nouvelle.
Comment douter, dans ces
conditions, de sa culpabilité ?
Lés policiers, il faut le dire, n’y
songent pas.
U ne leur manque que les
aveux. Ils s’emploient sans relâ
che à les obtenir.
Crise de nerfs
Bauwens, jusqu’ici, n’a cessé
de jurer qu’il n’était pour rien
dans le crime et la crise de nerfs
qui l’a terrassé après qu’on lui
eut montré la photo du visage
de la morte ne peut être consi
dérée comme un aveu.
Car Bauwens, c’est incontesté,
aimait la Bruxelloise et ce cha
grin pourrait aussi bien expli
quer sa réaction.
La femme de l’incivique
savait être discrète
On ne sait pas si Bauwens
avait connu Jeanne dans l’une
de ces maisons de rendez-vous de
Bruxelles et d’Anvers dont elle
était — en marge de sa calme
liaison avec un officier de ma
rine marchande — une pension
naire régulière.
Peut-être l’avait-il rencontrée
dans l’un des cafés de la gare
du Nord, où elle recherchait sou
vent des amis nouveaux.
On sait en tout cas que la
femme de l’équarisseur connais
sait Jeanne Carême et l’on pense
que le voyage n’avait pas eu lieu
à son insu.
Son mari, qui lui faisait volon
tiers ses confidences, n’avait pas
de raisons de douter de sa dis
crétion. Elle avait su taire pen
dant longtemps le lieu de sa ré
sidence quand, après la guerre,
condamné comme incivique pour
avoir porté l’uniforme nazi, il
purgeait une peine dé prison.
Pourquoi eût-elle donc parlé de
ce crime, même s’il le. lui avait
raconté ?
Mme Bauwens, interrogée, n’a
rien dit de l’assassinat, mais elle
a reconnu qu’elle avait eu un
soupçon, au retour de son mari.
Les voisins de Jeanne Carême,
qui avaient vu la quinquagénaire
se faire « belle » pour ce voyagé,
n’avaient aucun doute sur le sens
qu’il convenait de lui donner.
Jeanne partait nour Soissons
avec un homme à qui elle vou
lait plaire.
Cet homme — les fiches d’hô
tel en font foi — c’était Bau
wens.
Mais les policiers ne sont pas
sûrs que la jalousie soit le vrai
mobile du crime. Et ils se de
mandent encore s’il n’y a pas eu
un complice. Us espèrent le sa
voir bientôt.
Ils désirent savoir aussi si
Jeanne avait emporté, pour aller
à Soissons, beaucoup d’argent.
Le commissaire Mathieu :
“CE BONHOMME NE S’EN
SORTIRA PAS”
Reims, 31 mai IF.-T.). — Sou
riant, détendu, le commissaire
Mathieu, chargé de l’enquête sur
la dépecée de Margival, est arrivé
ce soir à Reims, retour de Bel
gique, au train de 19 h. 30.
Ses premiers mots :
— C’est tout de même fini et
j’en suis bien heureux.
Puis le commissaire conte l’ar
restation de l’assassin, Pierre
Bauwens, à son domicile à
Bruxelles, l’accueil ébahi de son
épouse, puis l’apparition de
l’homme pâle, nerveux.
— Il a tout.de même fallu, dé
clare le çommissaire, que nous
l’interrogions toute la nuit de sa
medi et dimanche. Il n’a d’ail
leurs pas avoué. Mais, à la fin,
nous lui avons présenté la photo
de Jeanne Carême comme nous
l’avons retrouvée dans le block
haus. et il s’est, effondré. Il a été
aussitôt écroué sous l’inculpation
d’assassinat.
— Comment êtes-vous parvenu
jusqu’à lui ?
— Jeanne Carême était, nous
l’avions appris au cours de l’en
quête, une habituée des salles de
vente. Nous avons fait le tour
des magasins d’antiquité de
Bruxelles avec sa photo.
» On l’a reconnue et on nous
a cité le nom de Bauwens
qui l’accompagnait fréquemment
dans ses tournées.
» Bien que persistant à nier,
Bauwens commit plusieurs mala
dresses. D’abord, il reconnut les
lettres trouvées chez Jeanne Ca
rême, puis nia s’être rendu à
Soissons, à l’Hôtel des Sports, en
novembre dernier, avec Jeanne
Carême. Sa femme, interrogée
après lui, le contredit, ajoutant
même qu’à son retour de voyage,
son mari avait brûlé un costume
et des manchettes tachés de
sang.
» Enfin, on a pu établir que
Bauwens, voici vingt ans, habita
à Ver te feuille, entre Laon et Ter-
gnier, puis à Laffaux, c’est-à-dire
à, huit cents mètres du fameux
blockhaus de Margival.
» Ce bonhomme-là est sec
comme un sarment de vigne, a
conclu le commissaire. Mais, il
n’y a pas de doute, il ne s’en
sortira pas, nous l’avons vu. »
La pauvresse précipitée
sur le quai Montebello
est morte à l’hôpital
Des appels déchirants attiraient
l’autre jour l’attention des ouvriers
qui travaillaient sur les berges du
quai Montebello. Us se précipitèrent
et découvrirent, gisant sur le pavé,
une pauvresse, Claire Bailleux, 63
ans, sans profession ni domicile.
Elle avait les cuisses brisées et
portait de multiples blessures à la
tête ainsi que sur, tout le corps.
Transportée à l’hôpital Coehin, elle
est morte hier matin sans avoir pu
être interrogée.
Des témoins de la scène sont ve
nus déclarer au commissariat du
quartier Saint-Victor qu’un _ homme
âgé d'une quarantaine d’années, très
brun, cheveux frisés, teint basané,
s'était approché à pas de loup de
la pauvresse assise sur le parapet.
Ne se doutant de rien, elle regardait
le fleuve et surplombait Tes berges
d’une hauteur de six mètres envi
ron. Brusquement, l’inconnu la sai
sit aux épaules ef avec brutalité, la
précipita dans le vide.
Des* témoins se lancèrent à la pour
suite du bandit qui détala à toutes
jambes en direction de la pjace
Maubert et disparut dans les ruelles
du quartier. . .
La brigade criminelle a été saisie
de l’affaire.
La petite fille
qui se balançait
est écrasée
par une pierre
Evreux, 31 mai. — Une petite fille
de 13 ans, Paulette Bellanger, jouait
dans une vieille maison inhabitée à
Aubevoye, près de Gaillon (Eure).
Elle se balançait, les mains accro
chées au sommet d’une grande che
minée, lorsqu’une pierre longue de
deux mètres et pesant plusieurs
centaine^ de kilos, se détacha et
tomba sur elle.
Paulette a eu la tête, le bassin et
les jambes écrasés. Quand ses pa
rents arrivèrent, elle avait cessé de
vivre.
— C’est en se tirant un coup de
fusil dans la tête que M. Lucien
Parent, conseiller municipal de
Roissy, s'est donné ia mort.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 86.69%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 86.69%.
- Auteurs similaires Mouvement de libération nationale Mouvement de libération nationale /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Mouvement de libération nationale" or dc.contributor adj "Mouvement de libération nationale")Franc tireur Franc tireur /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Franc tireur" or dc.contributor adj "Franc tireur") Mouvements unis de résistance Mouvements unis de résistance /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Mouvements unis de résistance" or dc.contributor adj "Mouvements unis de résistance")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 5/8
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k41609387/f5.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k41609387/f5.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k41609387/f5.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k41609387/f5.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k41609387
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k41609387
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k41609387/f5.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest