Titre : Ce soir : grand quotidien d'information indépendant / directeur Louis Aragon ; directeur Jean Richard Bloch
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1947-11-26
Contributeur : Aragon, Louis (1897-1982). Directeur de publication
Contributeur : Bloch, Jean-Richard (1884-1947). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32738400h
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 26 novembre 1947 26 novembre 1947
Description : 1947/11/26 (A11,N1898). 1947/11/26 (A11,N1898).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4122507t
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-109
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/12/2018
Le Grain de Sel d'ANDRÉ WURMSER
Requête pour des voyageurs
qu'on empêche de s'asseoir
MONSIEUR, m'a-t-il dit, je suis professeur et chaque lundi
je dois me rendre à Strasbourg pour en revenir le vendredi.
Le train que je prends à la gare de l'Est est des plus com-
modes ; je n'en saurais choisir un autre. Chaque lundi, donc, muni
d'un billet qui me donne, en principe, droit au quart d'une ban-
quette de seconde classe, je me hisse dans un wagon. Il est générale-
ment comble. Même, des femmes, des enfants stationnent dans le
couloir, faute d'avoir pu découvrit le quart de banquette réservé, en
principe ai-je dit, à leur postère. Je vais sans espoir d'une porte
à l'autre ; je les tire, je jette à l'intérieur le regard soupçonneux
[ du voyageur en surnombre : « Cette place est libre, monsieur ?
— Non, monsieur, son occupant est dans le couloir. — Cette place
est libre, madame ? — Non, monsieur ! Anatole, quand je t'avais
dit de ne pas te lever ! .Tu seras content quand on t'aura chipé ta
place ! »
Je referme la porte du compartiment, et j'ouvre celle du com-
partiment voisin. Et c'est chaque lundi la même chose : dans ce
compartiment-là, il y a deux personnes. Couchées. Deux militaires.
Américains.
Ces soldats ne connaissent sans, doute pas suffisamment les
subtilités de notre langue pour distinguer la position du voyageur
assis de celle du voyageur couché ; peut-être ont-ils lu Bismarck,
ce qui me surprendrait, et pensent-ils que la force prime le droit ;
peut-être croient-ils que « place >, en français, veut dire « slee-
ping » : toujours est-il que, mollement étendus chacun sur sa
banquette, ils laissent les indigènes dans la position du voyageur
debout.
Il m'est arrivé de les vouloir convaincre. Ils m'ont répondu
avec beaucoup de franchise apparente, dans une langue que par
malheur j'ignore et que peut-être mes petits enfants eront contraints
d'apprendre s'ils veulent être ente- lus du sergent de ville de la
M.P. -et du directeur de leur usine. Ils m'ont répondu de façon
concise et, sans doute, comique; puisque l'autre soldat américain,
couché sur l'autre banquette, saluait la fin de cette courte phrase
d'un de ces éclats de rire qui traduisent la jeunesse d'un peuple •
et le calme d'une conscience. Puis, ils m'ont affectueusement poussé
dehors et, pour m'éviter un effort, ils ont eux-mêmes tiré la porte
du compartiment devant mon. nez. ■
A LORS, ment chaque lundi, je monte la garde devant le comparti-
ment des deux militaires américains, entouré de dames as-
sises sur un coin de valise et d'enfante qui ne savent point
à quel danger affreux ils échappent, par la grâce de la géogra-
phie, car les soldats alliés seraient-ils des soldats rouges, qu'à
coup sûr, entre Noisy-le-Sec et Lunéville, ils nous dévoreraient
deux ou trois de ces chers petits. De temps à autre, l'un de mes
compagnons d'infortune risque un coup d'ceil dans le compartiment
américain : il est accueilli par quelques mots bien jappés ; il re-
ferme la porte...
Le contrôleur passe parfois ; sa réponse, à lui, est évasive,
mélancolique et conciliante. Les deux soldats dorment toujours.
Du sommeil du juste.. 1
Il arrive cependant que la générosité de nos alliés les pousse
à partager leur compartiment avec nous. Un soldat yankee, qua-
tre civils français, cela parait déjà plus équitable. Mais savez-vous
pourquoi cette moitié des banquettes nous est rétrocédée ?
Il y a parfois, parfois seulement, hélas ! un soldat noir dans
un compartiment. Comprenez-moi bien : noir de peau. Ce soldat
noir, revêtu de l'uniforme que porterait l'honorable Mr. Lynch,
si ce législateur était encore mobilisable ; l'uniforme américain, se
couche sur une banquette ; alors, la banquette d'en face est auto-
matiquement réservée aux Français. Jamais un soldat rose, je veux
dire : blanc, ne s'abaisserait jusqu'à s'étendre face à un si sombre
compatriote. Même, il arrive que le soldat noir, à qui le plus aima-
blement du monde le vis-à-vis de ses bottes fait observer qu'une
dame blanche languit dans le couloir, reprenne sans trop de mauvaise
grâce, la position du voyageur assis. C'est qu'il est très touché
de notre politesse. Non pas parce qu'il est Américain. Parce qu'il
est noir, au contraire.
ALORS, cette monsieur, chaque lundi je monte dans un wagon avec
cette prière aux lèvres : « Dieu de Truman et de la bombe
atomique, fais que l'un des soldats américains que Ta droite
(c'est le cas de le dire) désignji pour emprunter (si j'ose m'expri-
mer ainsi) cette ligne soit de la couleur dont Tu fis l'ébènè et les
ivrognes. Fais, ô Dieu de la Général Motors et du général Marshall
que face à ce soldat allié, trois de mes compatriotes seulement se
soient assis. Dieu qui créas les Blancs et les Noirs, les familles spi-
rituelles et les classes sociales, que ta volonté soit faite en seconde
classe comme dans les cieux, étoilés à l'image de ton drapeau. Et
puissé-je dormir jusqu'à Strasbourg comme je dormais au temps
jadis, du temps que nous vivions en France. >
Mais, à ces soldats alliés, que dirais-je, monsieur ? Que leur
diriez-vous à ma place ?
~ — Moi, monsieur ? Je leur dirais : « Eh bien, mon colon... »
Pour qu'ils ne mènent pas
UNE " VIE DE CHIEN "
Louise COUCHOT marchande de journaux
et amie des bêtes perdues
dirige sur le trottoir de Denfert un bu-
reau de placement pour chiens et chats
REGARD vous rond, mouillé et intense, qui sollicite votre bonne volonté, exige votre amitié,
vous offre la sienne, humble coquetterie de l'attitude, invitation poignante intolérable,
qui fait se hâter davantage les passants... Il est difficile, en effet, de résister à l'appel
muet du chien perdu qui cherche un nouveau maître. Une hésitation..., un mot d'encourage-
ment, déjà il vous a emboîté le pas. On se presse alors pour s'en débarrasser, pour le semer.
Mais Il est à Paris une femme
qui ne sait pas rester indifférente
à la détresse des « promis à la
fourrière ». Ce n'est pas une da-
me autoritaire de la Société Pro-
tectrice des Animaux. Elle vit à
même l'asphalte, comme les bêtes
qu'elle sauve, elle est aussi pau-
vre qu'elles et son cœur est aussi
simple..C'est Louise Couchot,
marchande de journaux au métro
« Denfert ».
Vous pouvez la voir tous les
jours, dans la brume froide de
l'après-midi, trônait sur une cais-
se, au long du trottoir, devant ses
quotidiens étàlés en éventail, com-
me une vieille reine, rubiconde et
réjouie.
Louise Couchot est, à elle seule,
un bureau d'assistance pour bê-
tes en détresse, un bureau de pla-
cement, un bureau de renseigne-
ments, un cabinet de détective
privé. En l'espace de deux ans,
elle.a recueilli, sauvé, placé plus
de 80 animaux égarés.
— Ça me faisait de la peine de
les voir trembler, explique-t-elle.
Autour de Louise Couchot,
c'est un va-et-vient incessant :
— Mme Louise, dit l'une, j'ai vu
le loulou... il mis plairait bien...
Une jeune femme, tenant en
laisse un basset à longue tête de
lézard souriant, s'approche. Elle
vient remercier. L'autre Jour,
Louise Couchot a retrouvé et re-
cueilli le chien, alors qu'il errait,
affolé, dans les jambes des pas-
sants.
— Faudrait faire graver son
nom sur la médaille, conseille sa
bienfaitrice
L'opinion du quartier se charge
de sa publicité :
Avez-vous perdu un chien, un
chat, dans le secteur compris en-
tre Montparnasse et Montrouge ?
Allez donc, vous dit-on, voir
Louise Couchot !
;'a police est Wen faite ! Par
des voies aussi mystérieuses que
le tam-tam de la jungle, le signa-
lement de l'animal est déjà par-
venu Jusqu'à eUe. Quelqu'un —
un de ses émissaires volontaires
et anonymes — bientôt lui riuriè-
ne le toutou, qui, Jusqu'à l'heure
où s'achève la vente des jour-
naux, fera le stage obligatoire
dans la caisse tapissée de chif-
fons, aux pieds de la marchande.
Louise Couchot le gardera, le
soignera, jusqu'au jour où l'on
viendra le reprendre :
De gratification, bien sûr, la
'dame du métro « Denfert » ne
veut pas entendre parler. Si per-
sonne ne vient réclamer l'animal,
elle s'occupera de le placer.
On dit même qu'après avoir pla-
cé une bête, eUe vient, & l'impro-
Mme COUCHOT A UN CŒUR D'OR ET L'INSTINCT DU CHIEN NE S'Y
TROMPE PAS.
viste, faire une visité au domi-
elle du rescapé, pour s'assurer
qu'il est bien traité, qu'il ne man-
que de rien.
Dans le temps, elle allait à la
fourrière, pour tenter de sauver
une ou deux épaves :
— Donnez-moi le plus moche, .
disait-elle.
Une belle bête, évidemment;
tentera toujours un amateur, mais
un moche ! Seule la générosité
Contagieuse de Louise Couchot
peut lui assurer une existence
qui ne sera pas « une vie de
chien ».
Minnie DANZAS.
LA PATHETIQUE CHRONIQUE DES
ERREURS JUDICIAIRES par Geo London
L'AFFAIRE DES LETTRES ANONYMES
Le baron de Beaudrap
pris à son propre piège
C'EST UNE FEMME, SŒUR D'UNE VICTIME
DU HOBEREAU, QUI, JOUANT LES DÉTECTIVES-
AMATEURS, DÉCOUVRIT LA SUPERCHERIE
ON peut supposer que la mort du malheureux entrepre-
neur de peinture Rozé incapable de surmonter la
tristesse et la honte d'une inculpation inique ne
hanta pas trop les nuits de M. le baron de Beaudrap.
Aussi bien la sui!e de cette histoire véridique tenâra à
étayer solidement cette conjecture.
Jamais la mémoire de Rozé
n'aurait été lavée sans une cir-
constance providentielle. Il se
trouva que par suite de la réfor-
me judiciaire qui fut appliquée
à l'époque, le tribunal de Ploer-
mel- fut rattaché à celui de. Van-
nes. Cette jonction entraîna cer-
tains changements dans l'attri-
bution des postes de magistrats
et c'est ainsi qu'un nouveau
juge d'instruction prit, du jour
au lendemain, la suite de l'in-
formation sur les lettres anony-
mes de Malestroit.
C'était cette fois, en la person-
ne de M. Creran, u prudent et avisé qui prenait en
mata cette affaire. Dès qu'il eut
étudié le dossier. M. Crenn ne put
AA défendre de concevoir de sé-
rieux doutes sur le bien-fondé
des tnculpaK.ions relevées par son
collègue contre Rozé et sa pré-
tendue I.i&piratrice. •
UN EXPERT
OCTOGENAIRE
Par aillèurs, l'expertise en écri-
tures qui concluait à la culpabi-
lité de Rozé en tant qu'auteur
des lettres inoriminées ne lui pa-
rut guère probante. Eiile avait été
confiée à un octogénaire (Passe
encore de bâtir mais expertiser
à oet, âge !...)
Le premier soin de M. Crenn
fut d'ordonner une contre-exper-
tise. Il désigna pour y prooéder
un expert estimé de Paris M.
Bouard de Laforet (il est tou-
jours en_activité), un; professeur
au lycée de Rennes, également
expert en écritwreg, M. Peredo
et un chimiste, M. Michaud.
Leur rapport constitua un for-,
midable coup de théâtre. Non seu-
lement Rozé était innocent, mais
l'auteur des 37 lettres anonymes
qu'ils avaient eu à examiner n'é-
tait autre que son dénonciateur,
le baron de Beaudrap. en person-
ne !
Ils étaient arrivés à cette con- .
cl us ion sensationnelle et formelle
sur le vu de pièces de comparai-
son : des documents dont le
baron de Beaudrap ne pouvait
contester la paternité.
Leur collègue de 80 ans, lui, se
rangeait à leur opinion. Il s'excu-
eait de s'être lamentablement
trompé en soupirant :
— Ah. l ai j'avais eu comme
vous des pièoes de comparaison,
j'aurais certainement conclu dans
le même sens que mes confrères.
Les 801 disant qualités de dé-
teotive amateur du baron de
Beaudrap n'étaient qu'un leurre,
un infernal stratagème destiné
à le sauver et à perdre un 1nno.
' cent, cet innocent en dût-il mou-
rir.
UNE FEMME DETECTIVE
Il y eut quand même dan* cet
étrange roman vécu un authenti-
que policier amateur : la soeur
d'une des victimes : Mme Phi-
lippe. Sa sagacité et sa finesse
avalent contribué, pour une large
part. & la manifestation de la. vé-
rité.
Dans une des lettres incriminées
' elie avait relevé J'expression, peu
usitée, d,i, « mettre au pain b dans
le &eoig de : réduire à la misère.
Or, elle avait remarqué que, dans
la. conversation le baron de Beau-
drap usait fréquemment de cette
formule désuète.
Ce fut pour elle un trait de lu-
mière que ce rapprochement.
Comment douter, dès ions — ceci
se passait avant que fussent con-
nu,s les résultats décisifs de la
contre-expertise — que le vrai
coupable fût le machiavélique ba-
ron et non l'infortuné peintre'dé-
funt, peint par lui sous les cou-
leurs les plus sombres.
Mais, avant Oe faire part à qui-
conque de sa précieuse découverte,
Mme Philippe, mue par un senti-
ment de . dévouement fraternel
compréhensible, poussa plus loin
ses recherches.
Au fond, le baron de Beaudrap,
qui s'était b-aucoup agité à pro-
pos de l'affaire des lettres anony-
mes, était un personnage assez
mystérieux. Il était assez nouveau
venu dans la région et le château
de Ker Maria, qu'il habitait était
un Iecatis.
Encore qu'il fût d'authentique
noblesse (de nom seulement, il va
sans dire), il n'était pas un
authentique Breton.
J'anticipe ici pour évoquer un
incident caractéristique qui se
produisit lorsque le cher baron,
-nfin livré - A la Justice, comparut
devant le tribunal de Vannes. J'ai
encore dans les oreilles la clameur
de joie qui retentit d,ans la salle
quand le président Denis, qui di-
rig -ait les débats, souligna lui-
même cette particularité \ le tris-
te personnage n'était pas Breton.
LE COUP DE TRIQUE
ET'LE MORCEAU
DE SUCRE
D'autre part, Mme Philippe
avait appris, sur la moralité du
baroir, d'assez vilaines choses, -
C'est ainsi qu'il avait prévenu
plusieurs victimes d-6 lettres ano- S
nymeEl qu'il était certain d'ame- I
ner Rozé à confesser ses crimes 1
dans un tête-à-tête qu'il lui impo- «
serait. Seulement, comme il par-
viendrait à S'.S fins par une mé-
thode consistant à unir la dou-
ceur à la violence, il oonvenait S
d'appâter le coupable par l'octroi L
de quelque argent. N'était-il pas di
équitable qu'il n'assumât pas les u.
frais' de l'opération de salubrité jj<
publique qu'il! allait entreprendre r?
dans l'intérêt collectif dt8 oalom-l"
niés ? ' l(j<
1 M. LE BARON FAISAIT SES COMMISSIONS LUI-MEME. I
I
Bref, M. de Beaudrap, sans ver-
gogne, demanda. qu'on mit à sa
disposition une sommé rondelette.
Mis il ne l'obtint pas. Les gens
auxquels il s'adressa se montrè-
rent aussi « serrés du morlittgue »
que le vieux comte dont nous avons
parlé. Il ne lui fut lâché qu'un
piètre viatique. Sage économie, au
fond, puisqu'il fut établi, par la
suite. qu'il l'avait froidement
fourré dans sa poche arlstoo-at1-
que et qu'U s'en servit pour régler
quelques dettes criardes.
LE PROCES
Le 26 février 1928, enfin, j'assis-
tais à la comparution devant le
tribunal correctionnel de Vannes
du barrai de Beaudrap.
Ce procès qui du.ra. quatre jours
et qui devait se terminer par la
condamnation d'un coupable, tro&
longtemps camouflé impudemment
en justicier, marqua la réhabili-
ta'ion officielle de l'innocent Rozé,
à l'infamie de qui aucun de ses
concitoyens n'avait voulu croire,
mais qu'un magistrat ava't néan-
moins inculpé, trop légèrement.
Un luge d'instruction risque de
s'aventurer dans une voie dange-
reuse (pour leg inculpés, tout au
mo'ns) quand il considère l'affairé
qu'il a à examiner comme un pro-
blème dont la solution consiste à
prouver la culpabilité de la per-
sonne soupçonnée. ' Agissant ainsi.
il encourt le reproche de déforma-
tion professionnelle et il risque
d'être le mauvais artisan d'une
erreur judiciaire.
Sa mission est autre : elle lui im-
pose la recherche de la vérité, sans
idée préconçue objectivement,
quel que puisse être le résultat de
* ses efforts et même si ce résul'at
doit se révéler décevant pour sa
fierté professionnelle.
C'est le principe qui guide les
juges d'instruction qui sont à la
hauteur de leur tâche.
Est-il plus grande joie pour un
homme aue de triompher de lui-
même, de ses préventions, de ses
partis pris. de ses propres erreurs?
(A suivre.)
Prochain article
PIERRE VAUX
l'instituteur
(Copyright by Geo London and
Ce Boir).
(Voir Ce soir des 23, 24, 28 sep-
tembre, 2, 3, 14, 22, 23,. 24, 25, 30
octobre, 7, 11, 14 et 21 novembre
1947).
MOTS CROISÉS
PROBLEME N° 129
HORIZONTALEMENT. - 1 * Font de* tom-
mes. — n Ont des vertus oreusantes, — m.
Ville notre. Fit un trou — IV. Monnaie.
Liquider à bas prix. — V Fit la nique. Gen-
dre de Mahomet. — VI. Fâcheuse altirina-.
tion. Indique l'Intimité. Propos tion. — Vil.
Panacée universelle pour un ministre plein
de « technicité ». — Vin. Montagne afri-
caine. Arbre. — IX. Fait un trfMt. Manifes-
ter une humeur nUipplqu®. — X. Pronom. Mu-
ile en
VERlICALLMENT. — 1. Suivi as de près.
— 2. On ne s'y ennuie pas... quand on aime
la grande musique. Cavale. — 3. Pain de
«ucre gëographlque. — 4 Bn Ré. Joyeux.
Po&,essif. — 5 Mesure Pour un pousse-pous-
se. Ingurgité. Au-dessus du lIt. — 6. Répété
avec Insistance. — 7. Bon Dieu exotique. Fin
de participe. Montré sa joie. — 8. F t un j
trou. Pronom. — 9. Député des Bouches-du-
Rhône, Conjonction — 10 Souveraine dé-
chue. Note. (C.C. )
ROLUTION DU N° 128
I Horizontalement. — 1. Désoblige* — n.
rsalolr. Tu. — ln. Striation. — IV. Site.
Essai. — V. Orner Rat. — VI. Na AI. Rac.
- Attelé. Obi - VIII. Nièce Agit — IX.
Colon. Rome — X En. Tétâtes.
Verticalement — 1. Dissonance. — 2 Es-
tlmatlon. - 3: Sorte. Tel — 4. Olier, Ecot.
— 5. Boa Alêne. — 6. Lltere. — 7. Irisa.
Ara — 8. Ostrogot. — 0 Etna Abime. —
\0 Au. Incités.
LES LETTRES
par Jean -François Chabrun
LA PERVERSION DES IDÉES
et quelques revues de ce mois
LES revues sont le véhicule ordinaire de la vie Intellec-
tuelle. En elles se reflètent, ou de vraient se réfléter,
les principaux problèmes de la culture vivante, en
. marche vers le progrès. Or, il faut le dire, si beaucoup de
revues paraissent actuellement, peu répondent à ce but.
La plupart ne sont qu'un ra-
massis de textes où de soi-disant
intellectuels se font un malin plat.
sir de mêler leur voix à l'insup-
portable confus>onnisme dont cer-
tains crotent pouvoir nous persua-
der qu'il est, aujourdJ hui l'ex-
pression normale de l'intelligence.
Ici l'on voudrait nous faire croire
que Malraux est un honnête hom-
me. Là que Gide est un honnête
écrivain. Dans le domaine plus
général des idées, les tentatives
de falsification ne sont nt moins
grossières ni moins fréquentes.
J'avoue que, oe mois-ci, tout
bien pe,sé, le ne vois que trois re-
vues dont la lecture puisse être
recommandée à ceux q1lli n'ont
pajr l'intention de perdre leur
temps ou leur argent.
Europe, qui consacre une par-
ti? de, son numéro au quadricen.
tenaire. de Cervantès et au vingt-
cinquième anniversaire de la mort
de oust, reproduit d'autre part
un texte capital ; rapport de
Jdanov au cours de la mise en
discussion, par un ensemble de
philosophes de toute lJU.R.B.S., de
2'Hi^toire de la philosophie occi-
dentale, de G.-F. Alexandrov qui,
après avoir obtenu le prix Staline,
provoqua, les plus vives critiqu,es.
G/eux qui parlent à tort et à tra-
vers d'un prétendu manque de li-
berté d'esprit en U.R.S.S. feront
bien de lire cè texte et d'en mé-
diter les leçons.
Poésie 47 ' où te relève notam-
ment les émouvants poèmes de
Brun, un essai de Jean Kanepa
sur ire Mots ou le métier d'écri-
vain et une remarquable nouvelle
de la grande romancière alleman-
de Anna Seghers.
La Pensée dont le contenu de
chaque numéro justifie pleinement
le titre de « Revue du rationalis-
me moderne » qu'elle Porte sur sa
couverture et, dont la derndère li-
vraison qroupe les signatures
d'André Wurmser, Marce-l Pre-
nant, d'Albert Soboid, de Pierre
Daix, de Marcel Cohen et de Jean-
Richard Bloch, à la mémoire et
à l'œuvre duquel elle est en par-
tie consacré e.
EUROPE, Poésie, la. Pensée,
dans les domaines qui leui
sont propres, défendent la cul-
ture française, les meilleures tra-
ditions de la culture française,
ses meilleures chances. Leurs
dernters numéros en font foi.
Il est bon que le, public te
sache. J'entends le public qui ne
or oit pas que la libertf de pensée
soit de se complaire aux caprices
du mensonge, brillant soit-il,
mais de chercher la vérité en fonc-
tion de la réalité, en fonction d'un
devenir meilleur du monde au-
quel nous entendons tous contri-
buer.
Comme le signale, en substance,
Aragon dans La Cudture et les
Hommes (1), nous vivons en un
temps où la perversion des mots
et des idéts constitue une arme,
un redoutable moyen d'asservir
l'homme.
Il existe des revues qui *refusent
de faire le-jeu dl ces perversions
qu'elles dénoncent. Il faut les lire.
Et les soutenir..
(1) Aragon : - « La Culture et les
Hommes » (Editions Sociales. Collection
c Problèmes >).
La 10e expédition
de la Henne-Morte
Le mercredi 3 décembre, à 21 heurea.
salle PL9yel. Norbert Casteret fera une
conférence sur, la 10* expédition au
gouffre d - la Henne-Morte. Les lecteurs
de « Ce soir » s.e souviennent du re-
portage exclusif que nous avons publié
lors de cette expédition.
L'U R.S.S. NOUS ENVOIE
son meilleur film de l'année « VANIA »
l'histoire d'un petit Poulbot russe. Vous
pouvez le voir en version originale,
sous-titres français au Studio de l'Etoile,
14, rue Troyon. Il n'est vraiment
pas comme les autres
FANTÔMAS vole des Blondes
Le grand roman inédit de Marcel Allain
RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS
d^pZs~Iia^ZaS' malfaiteur public no 1, enlève les blonaes
cu'il^rn w, aMM?/lce insolemment par une carte à la rresse
Hélène, quatre blo'ltdes par jour. L'angoisse règne,
s'être teinte... la en blond. du crime, a disparu apres
qui aime t¡l.aintes périlleuse8 aventures, ts journaliste Fandor
' î, 0.b]et, des railleries de son ami, le policier
Il conseille Gelui-.ci au semble toucher à la 8olution du mystère. '
di Crocce le8 40 ÙiUnî* 8Ûrelt de confier au Senor Santa
Fantômas millions rassemblés pour payer une rançon à
CHAPITRE XVI
FANDOR CONTRE JUVE !
LORSQU'A vard, &ept heures vingt, Juve quitta le cabinet de M. Ba.
vard, ceux qui, depuis que les .oie de blondes avaient corn.
mence, s étaient étonnés, voire scandalisés, de son apathie,
ne l auraient pas reconnu ! .
Un autre homme ! Un autre Juve 1
L'œil vif, un sourire aarca.sti-
que au coin des lèvrea, le geste
net et impérieux, la démarche
pressée, il était redevenu ce qu'il
avait été toujours : un policier
à l'esprit vif, aux décisions im-
placa.bles bl.e... à l'audace incompara-
Juve, tout d'abord, longea le
couloir qui conduisait à son bu-
reau.
— Si Fandor - m'a attendu, U
y a du bon ! grommelait-il.
Juve fut devant sa porte...
Il n'y avait personne dans le
long corridor...
Sans vergogne, il colla son œii
au trou de serrure !
Fandor, naturellement, n'avait
point bougé. Curieux de connaî-
tre ce que Juve aurait appris
chez le chef de la Sûreté, il at-
tendait impatiemment le retour
de son ami. Il fumait... Il son-
geait... il cherchait comment se
porter au secours d'Hélène !
Et ce fut peut-être cette pen-
sée absorbante, cette pensée à la
foi.s douce et cruelle, qui rendit
la cho.eùt s-eule.ment le soupçon !
Juve en effet, n'entra paa.
Tout doucement, et ayant pris
un passe-partout dans sa poche,
Juve seulement, donna un tour
de clef ! Il enfermait Fandor !
r- Et d'un ! articula le poli-
cier à voix/ basse. Lui, au moins,
ne me gênera pas tout de suite !
Il eut un rire. puis reprit :
— Aux autres, maintenant !
Dee ordres simples... et décisifs !
IL rebroussa chemin. Il fut
sur le seuil de la salle de
garde où les inspecteurs de
service tuaient le temps en d'in-
terminables parties de belote.
— Michel ? Léon ? appelait-il.
Et comme, à l'instant même
ses deux souf-ordres se précipi-
taient, Juve proféra :
— Alerte, Messieurs 1
Et encore :
— Le plan numéro trois 1 Re-
lisez attentivement mea instruc-
tions ! Je ne veux pas de gaffe 1
Il n'en faut pas !
Puis il jeta, général 'qui décide
d'une bataille :
— Exécution !
Il était déjà hors de la grande
salle...
Oh ! s'il avait paru te désin-
téreseer des tragiques événe-,
ments qui bouleversaient Paris,
qui affolaient toutes les blondes
de la capitale, il avait dû, pour-
tant, le bon Juve, ne pas perdre
une seconde !
Ne fallait-il pas en Effet, que
de minutieuses instructions aient
été élaborées par lui depuis long-
temps pour <)u'il pût. rien qu'en
proférant deux mots, déclencher
toute cette puissante aventure
qui allait commencer ?
Juve, un instant plus tard, hé-
lait un taxi :
— A Auteuil, mon ami ! Rue
Poussin. Je vous arrêterai...
D'ailleurs, vous verrez bien ? Un
très grand épicier !'" Je ne sais
pa,,, son numéro... ,
Et il monta, se renversa sur
la banquette s'octroya une ciga-
rette, ferma à demi les y ux...
— Ça va ! pensalt-U. Cela ira
en tout cas !... ,
Il eut, cinq minutes plus tard, '
un rire moqueur aux lèvres :
— C'est Fandor qui va faire
une tête. quand il saura 1
Or, Juve, à cet instant, se
trompait... !
Fandor ne faisait paa, ne te- 1
rait p -us aucune tête 1
Fandor tout bonnement, Jubi-
lait ! j
Trois minutes en effet après i
que Juve l'eut enfermé dans son
cabinet de travail Fandor avait J
commencé de trouver le temps 1
long.
Il s'était levé, avait arpenté
de long en large le petit bureau,
puis, dé6œuvré, avait marché a
vers la porte, tenté d'ouvrir, oom-
pria que la serrure était fermée
— Tonnerre ! avait juré le jeu.
ne homme. Qui donc...
Puis, instantanément :
— Juve, parbleu ! C'est Juve
qui m 'a bouclé !
Et Juve sortait tout Juste -de
la salle des inspecteurs que ren-
coigné dana un cabinet de dé-
harras où les huissiers enfer-
maient balais et plumeaux Jérô-
me Fandor assistait au départ
de son ami !
Oui ! Juve avait commis une
faute ! Il avait oublié qu'on
n enfermait pas si facilement un
garçon de la. trempe du journa-
liste !
— Bah ! continuait le po 'leier,
songeant toujours à celui qu'il
croyait prisonnier, demain Fan-
dor me pardonnera... Vivant, il
applaudira à moo succès et' si
je suis mort, Il me pleurera !
Mais Fandor ne pleurait pa" et,
très exactement, riait douce-
ment...
Il avait, en même temps que
Juve, sauté dans un taxi. Son
chauffeur dûment averti pre-
nait la i filature avec adresse.
Fandor «'amusait donc franche-
ment :
- Va toujours, mon bon Juve !
soliloqualt-il. Non ! la tête que
tu vas faire quand Je vais pou-
voir, gentiment, te frapper sur
l'épaule 1
SEULEMENT, Juve, tout eommt
Juve, Fandor ce trom'
pait !...
Ir n'était paa près de
frapper sur l'épaule de Juve 1
Le taxi du policier, cependant,
allait bon train Il atteignait la
rue Poussin et, sur un avertisse-
ment du policier venait ranger
le trottoir.
Juve — à cent lieues de soup-
çonner la surveillance de Fan-
dor — payait son chauffeur. tra-
versait, pénétrait dans la vaste
boutique d'un Important épicier :
— Le patron ? a'Informait-il &
la cals&e.
Et comme le commerçant ac-
courait, effaré de le voir, Juve,
doucement, avertissait :
— Le jour J, Boitin !
— Pas possible ? Et vous vou- >-,
lez toujours...
— Je veux toujours ce qui est
convenu. Naturellement 1 C'est
prêt, J'lm&gine ? '
— Tout prêt Monsieur Juve !
Ça vous attend !... Vous voulez
voir ?
— Je veux mieux que cela,
Boitin ! Je veux que vous livriez
dans un quart d'heure. C'est poe-
sible, n'est-ce pas ?
— Il n'y a rien d'Impossible,
pour votre service. Monsieur Ju-
ve ! Si vous voulez me suivre ?
Quelle raison inconnue faisait
que cet épicier était à la dévo'
tion du policier ? De quelle dif-
ficulté Juve avait-il tiré ce né-
gociant ?
Soulevant une trappe, l'homme
invita :
— Voulez-vous descendre à la
cave. Monsieur Juve ?
Une grande cavé. en vérité 1
Une cave toute remplie de fon-
neaux de fer..,
— Peste ! fit Juve, Un Joli
stock !... Lequel cet le mien ?
Un geste le renseigna.
Alors Juve s'approcha d'un de
ce& baril;!...
Il n'eut aucune hésitation E
saisit l'un des côtés et le sou-
leva.
Le tonneau était vide.
— C'est parfait ! dit Juve.
Mais que l'on fasse attention &
me laisser la tête en haut !
Tout en pariant, pal."ib'em..nt
Juve enjambait le bari! et se cou-
ait à l'intérieur...
(A suivrej
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Th de Poche 2n 45 L heure de la Vérité r
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Cr 1 permanent tous les ;ours)
Mwmw AVIS
1 ► Si vous n'avez pu admirer les
< fastes du mariage de la Princesse j>
4» Elizabeth. consolez-vous en i*
t [ nant assister à celui de la Prin- i
j,cesse Hélène et du Lieutenant
|«| Maurice de Fotiségur dans :
:•« REVE DE VALSE » ii
|[ l'Opérette d'amour qui fait chan-j! i
,>ter, danser-et courir le monde en-, <[ ;
<|tier depuis plus d'un an au Th. ]> (
310 G A D O R +***' «
LES 3 BAUDETS
s'installent à Montmartre
Le nouveau théâtre de Chanson-
niers : « Aux 3 Baud 'cts » fera trM
prochainement son ouverture avec
c Ma.rsh&U nous voilà ! ., revue j
nouvelle de Christian VebeJ, Geor-
gem BeriMurdet et P. -J. Valllard. I
Requête pour des voyageurs
qu'on empêche de s'asseoir
MONSIEUR, m'a-t-il dit, je suis professeur et chaque lundi
je dois me rendre à Strasbourg pour en revenir le vendredi.
Le train que je prends à la gare de l'Est est des plus com-
modes ; je n'en saurais choisir un autre. Chaque lundi, donc, muni
d'un billet qui me donne, en principe, droit au quart d'une ban-
quette de seconde classe, je me hisse dans un wagon. Il est générale-
ment comble. Même, des femmes, des enfants stationnent dans le
couloir, faute d'avoir pu découvrit le quart de banquette réservé, en
principe ai-je dit, à leur postère. Je vais sans espoir d'une porte
à l'autre ; je les tire, je jette à l'intérieur le regard soupçonneux
[ du voyageur en surnombre : « Cette place est libre, monsieur ?
— Non, monsieur, son occupant est dans le couloir. — Cette place
est libre, madame ? — Non, monsieur ! Anatole, quand je t'avais
dit de ne pas te lever ! .Tu seras content quand on t'aura chipé ta
place ! »
Je referme la porte du compartiment, et j'ouvre celle du com-
partiment voisin. Et c'est chaque lundi la même chose : dans ce
compartiment-là, il y a deux personnes. Couchées. Deux militaires.
Américains.
Ces soldats ne connaissent sans, doute pas suffisamment les
subtilités de notre langue pour distinguer la position du voyageur
assis de celle du voyageur couché ; peut-être ont-ils lu Bismarck,
ce qui me surprendrait, et pensent-ils que la force prime le droit ;
peut-être croient-ils que « place >, en français, veut dire « slee-
ping » : toujours est-il que, mollement étendus chacun sur sa
banquette, ils laissent les indigènes dans la position du voyageur
debout.
Il m'est arrivé de les vouloir convaincre. Ils m'ont répondu
avec beaucoup de franchise apparente, dans une langue que par
malheur j'ignore et que peut-être mes petits enfants eront contraints
d'apprendre s'ils veulent être ente- lus du sergent de ville de la
M.P. -et du directeur de leur usine. Ils m'ont répondu de façon
concise et, sans doute, comique; puisque l'autre soldat américain,
couché sur l'autre banquette, saluait la fin de cette courte phrase
d'un de ces éclats de rire qui traduisent la jeunesse d'un peuple •
et le calme d'une conscience. Puis, ils m'ont affectueusement poussé
dehors et, pour m'éviter un effort, ils ont eux-mêmes tiré la porte
du compartiment devant mon. nez. ■
A LORS, ment chaque lundi, je monte la garde devant le comparti-
ment des deux militaires américains, entouré de dames as-
sises sur un coin de valise et d'enfante qui ne savent point
à quel danger affreux ils échappent, par la grâce de la géogra-
phie, car les soldats alliés seraient-ils des soldats rouges, qu'à
coup sûr, entre Noisy-le-Sec et Lunéville, ils nous dévoreraient
deux ou trois de ces chers petits. De temps à autre, l'un de mes
compagnons d'infortune risque un coup d'ceil dans le compartiment
américain : il est accueilli par quelques mots bien jappés ; il re-
ferme la porte...
Le contrôleur passe parfois ; sa réponse, à lui, est évasive,
mélancolique et conciliante. Les deux soldats dorment toujours.
Du sommeil du juste.. 1
Il arrive cependant que la générosité de nos alliés les pousse
à partager leur compartiment avec nous. Un soldat yankee, qua-
tre civils français, cela parait déjà plus équitable. Mais savez-vous
pourquoi cette moitié des banquettes nous est rétrocédée ?
Il y a parfois, parfois seulement, hélas ! un soldat noir dans
un compartiment. Comprenez-moi bien : noir de peau. Ce soldat
noir, revêtu de l'uniforme que porterait l'honorable Mr. Lynch,
si ce législateur était encore mobilisable ; l'uniforme américain, se
couche sur une banquette ; alors, la banquette d'en face est auto-
matiquement réservée aux Français. Jamais un soldat rose, je veux
dire : blanc, ne s'abaisserait jusqu'à s'étendre face à un si sombre
compatriote. Même, il arrive que le soldat noir, à qui le plus aima-
blement du monde le vis-à-vis de ses bottes fait observer qu'une
dame blanche languit dans le couloir, reprenne sans trop de mauvaise
grâce, la position du voyageur assis. C'est qu'il est très touché
de notre politesse. Non pas parce qu'il est Américain. Parce qu'il
est noir, au contraire.
ALORS, cette monsieur, chaque lundi je monte dans un wagon avec
cette prière aux lèvres : « Dieu de Truman et de la bombe
atomique, fais que l'un des soldats américains que Ta droite
(c'est le cas de le dire) désignji pour emprunter (si j'ose m'expri-
mer ainsi) cette ligne soit de la couleur dont Tu fis l'ébènè et les
ivrognes. Fais, ô Dieu de la Général Motors et du général Marshall
que face à ce soldat allié, trois de mes compatriotes seulement se
soient assis. Dieu qui créas les Blancs et les Noirs, les familles spi-
rituelles et les classes sociales, que ta volonté soit faite en seconde
classe comme dans les cieux, étoilés à l'image de ton drapeau. Et
puissé-je dormir jusqu'à Strasbourg comme je dormais au temps
jadis, du temps que nous vivions en France. >
Mais, à ces soldats alliés, que dirais-je, monsieur ? Que leur
diriez-vous à ma place ?
~ — Moi, monsieur ? Je leur dirais : « Eh bien, mon colon... »
Pour qu'ils ne mènent pas
UNE " VIE DE CHIEN "
Louise COUCHOT marchande de journaux
et amie des bêtes perdues
dirige sur le trottoir de Denfert un bu-
reau de placement pour chiens et chats
REGARD vous rond, mouillé et intense, qui sollicite votre bonne volonté, exige votre amitié,
vous offre la sienne, humble coquetterie de l'attitude, invitation poignante intolérable,
qui fait se hâter davantage les passants... Il est difficile, en effet, de résister à l'appel
muet du chien perdu qui cherche un nouveau maître. Une hésitation..., un mot d'encourage-
ment, déjà il vous a emboîté le pas. On se presse alors pour s'en débarrasser, pour le semer.
Mais Il est à Paris une femme
qui ne sait pas rester indifférente
à la détresse des « promis à la
fourrière ». Ce n'est pas une da-
me autoritaire de la Société Pro-
tectrice des Animaux. Elle vit à
même l'asphalte, comme les bêtes
qu'elle sauve, elle est aussi pau-
vre qu'elles et son cœur est aussi
simple..C'est Louise Couchot,
marchande de journaux au métro
« Denfert ».
Vous pouvez la voir tous les
jours, dans la brume froide de
l'après-midi, trônait sur une cais-
se, au long du trottoir, devant ses
quotidiens étàlés en éventail, com-
me une vieille reine, rubiconde et
réjouie.
Louise Couchot est, à elle seule,
un bureau d'assistance pour bê-
tes en détresse, un bureau de pla-
cement, un bureau de renseigne-
ments, un cabinet de détective
privé. En l'espace de deux ans,
elle.a recueilli, sauvé, placé plus
de 80 animaux égarés.
— Ça me faisait de la peine de
les voir trembler, explique-t-elle.
Autour de Louise Couchot,
c'est un va-et-vient incessant :
— Mme Louise, dit l'une, j'ai vu
le loulou... il mis plairait bien...
Une jeune femme, tenant en
laisse un basset à longue tête de
lézard souriant, s'approche. Elle
vient remercier. L'autre Jour,
Louise Couchot a retrouvé et re-
cueilli le chien, alors qu'il errait,
affolé, dans les jambes des pas-
sants.
— Faudrait faire graver son
nom sur la médaille, conseille sa
bienfaitrice
L'opinion du quartier se charge
de sa publicité :
Avez-vous perdu un chien, un
chat, dans le secteur compris en-
tre Montparnasse et Montrouge ?
Allez donc, vous dit-on, voir
Louise Couchot !
;'a police est Wen faite ! Par
des voies aussi mystérieuses que
le tam-tam de la jungle, le signa-
lement de l'animal est déjà par-
venu Jusqu'à eUe. Quelqu'un —
un de ses émissaires volontaires
et anonymes — bientôt lui riuriè-
ne le toutou, qui, Jusqu'à l'heure
où s'achève la vente des jour-
naux, fera le stage obligatoire
dans la caisse tapissée de chif-
fons, aux pieds de la marchande.
Louise Couchot le gardera, le
soignera, jusqu'au jour où l'on
viendra le reprendre :
De gratification, bien sûr, la
'dame du métro « Denfert » ne
veut pas entendre parler. Si per-
sonne ne vient réclamer l'animal,
elle s'occupera de le placer.
On dit même qu'après avoir pla-
cé une bête, eUe vient, & l'impro-
Mme COUCHOT A UN CŒUR D'OR ET L'INSTINCT DU CHIEN NE S'Y
TROMPE PAS.
viste, faire une visité au domi-
elle du rescapé, pour s'assurer
qu'il est bien traité, qu'il ne man-
que de rien.
Dans le temps, elle allait à la
fourrière, pour tenter de sauver
une ou deux épaves :
— Donnez-moi le plus moche, .
disait-elle.
Une belle bête, évidemment;
tentera toujours un amateur, mais
un moche ! Seule la générosité
Contagieuse de Louise Couchot
peut lui assurer une existence
qui ne sera pas « une vie de
chien ».
Minnie DANZAS.
LA PATHETIQUE CHRONIQUE DES
ERREURS JUDICIAIRES par Geo London
L'AFFAIRE DES LETTRES ANONYMES
Le baron de Beaudrap
pris à son propre piège
C'EST UNE FEMME, SŒUR D'UNE VICTIME
DU HOBEREAU, QUI, JOUANT LES DÉTECTIVES-
AMATEURS, DÉCOUVRIT LA SUPERCHERIE
ON peut supposer que la mort du malheureux entrepre-
neur de peinture Rozé incapable de surmonter la
tristesse et la honte d'une inculpation inique ne
hanta pas trop les nuits de M. le baron de Beaudrap.
Aussi bien la sui!e de cette histoire véridique tenâra à
étayer solidement cette conjecture.
Jamais la mémoire de Rozé
n'aurait été lavée sans une cir-
constance providentielle. Il se
trouva que par suite de la réfor-
me judiciaire qui fut appliquée
à l'époque, le tribunal de Ploer-
mel- fut rattaché à celui de. Van-
nes. Cette jonction entraîna cer-
tains changements dans l'attri-
bution des postes de magistrats
et c'est ainsi qu'un nouveau
juge d'instruction prit, du jour
au lendemain, la suite de l'in-
formation sur les lettres anony-
mes de Malestroit.
C'était cette fois, en la person-
ne de M. Creran, u
mata cette affaire. Dès qu'il eut
étudié le dossier. M. Crenn ne put
AA défendre de concevoir de sé-
rieux doutes sur le bien-fondé
des tnculpaK.ions relevées par son
collègue contre Rozé et sa pré-
tendue I.i&piratrice. •
UN EXPERT
OCTOGENAIRE
Par aillèurs, l'expertise en écri-
tures qui concluait à la culpabi-
lité de Rozé en tant qu'auteur
des lettres inoriminées ne lui pa-
rut guère probante. Eiile avait été
confiée à un octogénaire (Passe
encore de bâtir mais expertiser
à oet, âge !...)
Le premier soin de M. Crenn
fut d'ordonner une contre-exper-
tise. Il désigna pour y prooéder
un expert estimé de Paris M.
Bouard de Laforet (il est tou-
jours en_activité), un; professeur
au lycée de Rennes, également
expert en écritwreg, M. Peredo
et un chimiste, M. Michaud.
Leur rapport constitua un for-,
midable coup de théâtre. Non seu-
lement Rozé était innocent, mais
l'auteur des 37 lettres anonymes
qu'ils avaient eu à examiner n'é-
tait autre que son dénonciateur,
le baron de Beaudrap. en person-
ne !
Ils étaient arrivés à cette con- .
cl us ion sensationnelle et formelle
sur le vu de pièces de comparai-
son : des documents dont le
baron de Beaudrap ne pouvait
contester la paternité.
Leur collègue de 80 ans, lui, se
rangeait à leur opinion. Il s'excu-
eait de s'être lamentablement
trompé en soupirant :
— Ah. l ai j'avais eu comme
vous des pièoes de comparaison,
j'aurais certainement conclu dans
le même sens que mes confrères.
Les 801 disant qualités de dé-
teotive amateur du baron de
Beaudrap n'étaient qu'un leurre,
un infernal stratagème destiné
à le sauver et à perdre un 1nno.
' cent, cet innocent en dût-il mou-
rir.
UNE FEMME DETECTIVE
Il y eut quand même dan* cet
étrange roman vécu un authenti-
que policier amateur : la soeur
d'une des victimes : Mme Phi-
lippe. Sa sagacité et sa finesse
avalent contribué, pour une large
part. & la manifestation de la. vé-
rité.
Dans une des lettres incriminées
' elie avait relevé J'expression, peu
usitée, d,i, « mettre au pain b dans
le &eoig de : réduire à la misère.
Or, elle avait remarqué que, dans
la. conversation le baron de Beau-
drap usait fréquemment de cette
formule désuète.
Ce fut pour elle un trait de lu-
mière que ce rapprochement.
Comment douter, dès ions — ceci
se passait avant que fussent con-
nu,s les résultats décisifs de la
contre-expertise — que le vrai
coupable fût le machiavélique ba-
ron et non l'infortuné peintre'dé-
funt, peint par lui sous les cou-
leurs les plus sombres.
Mais, avant Oe faire part à qui-
conque de sa précieuse découverte,
Mme Philippe, mue par un senti-
ment de . dévouement fraternel
compréhensible, poussa plus loin
ses recherches.
Au fond, le baron de Beaudrap,
qui s'était b-aucoup agité à pro-
pos de l'affaire des lettres anony-
mes, était un personnage assez
mystérieux. Il était assez nouveau
venu dans la région et le château
de Ker Maria, qu'il habitait était
un Iecatis.
Encore qu'il fût d'authentique
noblesse (de nom seulement, il va
sans dire), il n'était pas un
authentique Breton.
J'anticipe ici pour évoquer un
incident caractéristique qui se
produisit lorsque le cher baron,
-nfin livré - A la Justice, comparut
devant le tribunal de Vannes. J'ai
encore dans les oreilles la clameur
de joie qui retentit d,ans la salle
quand le président Denis, qui di-
rig -ait les débats, souligna lui-
même cette particularité \ le tris-
te personnage n'était pas Breton.
LE COUP DE TRIQUE
ET'LE MORCEAU
DE SUCRE
D'autre part, Mme Philippe
avait appris, sur la moralité du
baroir, d'assez vilaines choses, -
C'est ainsi qu'il avait prévenu
plusieurs victimes d-6 lettres ano- S
nymeEl qu'il était certain d'ame- I
ner Rozé à confesser ses crimes 1
dans un tête-à-tête qu'il lui impo- «
serait. Seulement, comme il par-
viendrait à S'.S fins par une mé-
thode consistant à unir la dou-
ceur à la violence, il oonvenait S
d'appâter le coupable par l'octroi L
de quelque argent. N'était-il pas di
équitable qu'il n'assumât pas les u.
frais' de l'opération de salubrité jj<
publique qu'il! allait entreprendre r?
dans l'intérêt collectif dt8 oalom-l"
niés ? ' l(j<
1 M. LE BARON FAISAIT SES COMMISSIONS LUI-MEME. I
I
Bref, M. de Beaudrap, sans ver-
gogne, demanda. qu'on mit à sa
disposition une sommé rondelette.
Mis il ne l'obtint pas. Les gens
auxquels il s'adressa se montrè-
rent aussi « serrés du morlittgue »
que le vieux comte dont nous avons
parlé. Il ne lui fut lâché qu'un
piètre viatique. Sage économie, au
fond, puisqu'il fut établi, par la
suite. qu'il l'avait froidement
fourré dans sa poche arlstoo-at1-
que et qu'U s'en servit pour régler
quelques dettes criardes.
LE PROCES
Le 26 février 1928, enfin, j'assis-
tais à la comparution devant le
tribunal correctionnel de Vannes
du barrai de Beaudrap.
Ce procès qui du.ra. quatre jours
et qui devait se terminer par la
condamnation d'un coupable, tro&
longtemps camouflé impudemment
en justicier, marqua la réhabili-
ta'ion officielle de l'innocent Rozé,
à l'infamie de qui aucun de ses
concitoyens n'avait voulu croire,
mais qu'un magistrat ava't néan-
moins inculpé, trop légèrement.
Un luge d'instruction risque de
s'aventurer dans une voie dange-
reuse (pour leg inculpés, tout au
mo'ns) quand il considère l'affairé
qu'il a à examiner comme un pro-
blème dont la solution consiste à
prouver la culpabilité de la per-
sonne soupçonnée. ' Agissant ainsi.
il encourt le reproche de déforma-
tion professionnelle et il risque
d'être le mauvais artisan d'une
erreur judiciaire.
Sa mission est autre : elle lui im-
pose la recherche de la vérité, sans
idée préconçue objectivement,
quel que puisse être le résultat de
* ses efforts et même si ce résul'at
doit se révéler décevant pour sa
fierté professionnelle.
C'est le principe qui guide les
juges d'instruction qui sont à la
hauteur de leur tâche.
Est-il plus grande joie pour un
homme aue de triompher de lui-
même, de ses préventions, de ses
partis pris. de ses propres erreurs?
(A suivre.)
Prochain article
PIERRE VAUX
l'instituteur
(Copyright by Geo London and
Ce Boir).
(Voir Ce soir des 23, 24, 28 sep-
tembre, 2, 3, 14, 22, 23,. 24, 25, 30
octobre, 7, 11, 14 et 21 novembre
1947).
MOTS CROISÉS
PROBLEME N° 129
HORIZONTALEMENT. - 1 * Font de* tom-
mes. — n Ont des vertus oreusantes, — m.
Ville notre. Fit un trou — IV. Monnaie.
Liquider à bas prix. — V Fit la nique. Gen-
dre de Mahomet. — VI. Fâcheuse altirina-.
tion. Indique l'Intimité. Propos tion. — Vil.
Panacée universelle pour un ministre plein
de « technicité ». — Vin. Montagne afri-
caine. Arbre. — IX. Fait un trfMt. Manifes-
ter une humeur nUipplqu®. — X. Pronom. Mu-
ile en
VERlICALLMENT. — 1. Suivi as de près.
— 2. On ne s'y ennuie pas... quand on aime
la grande musique. Cavale. — 3. Pain de
«ucre gëographlque. — 4 Bn Ré. Joyeux.
Po&,essif. — 5 Mesure Pour un pousse-pous-
se. Ingurgité. Au-dessus du lIt. — 6. Répété
avec Insistance. — 7. Bon Dieu exotique. Fin
de participe. Montré sa joie. — 8. F t un j
trou. Pronom. — 9. Député des Bouches-du-
Rhône, Conjonction — 10 Souveraine dé-
chue. Note. (C.C. )
ROLUTION DU N° 128
I Horizontalement. — 1. Désoblige* — n.
rsalolr. Tu. — ln. Striation. — IV. Site.
Essai. — V. Orner Rat. — VI. Na AI. Rac.
- Attelé. Obi - VIII. Nièce Agit — IX.
Colon. Rome — X En. Tétâtes.
Verticalement — 1. Dissonance. — 2 Es-
tlmatlon. - 3: Sorte. Tel — 4. Olier, Ecot.
— 5. Boa Alêne. — 6. Lltere. — 7. Irisa.
Ara — 8. Ostrogot. — 0 Etna Abime. —
\0 Au. Incités.
LES LETTRES
par Jean -François Chabrun
LA PERVERSION DES IDÉES
et quelques revues de ce mois
LES revues sont le véhicule ordinaire de la vie Intellec-
tuelle. En elles se reflètent, ou de vraient se réfléter,
les principaux problèmes de la culture vivante, en
. marche vers le progrès. Or, il faut le dire, si beaucoup de
revues paraissent actuellement, peu répondent à ce but.
La plupart ne sont qu'un ra-
massis de textes où de soi-disant
intellectuels se font un malin plat.
sir de mêler leur voix à l'insup-
portable confus>onnisme dont cer-
tains crotent pouvoir nous persua-
der qu'il est, aujourdJ hui l'ex-
pression normale de l'intelligence.
Ici l'on voudrait nous faire croire
que Malraux est un honnête hom-
me. Là que Gide est un honnête
écrivain. Dans le domaine plus
général des idées, les tentatives
de falsification ne sont nt moins
grossières ni moins fréquentes.
J'avoue que, oe mois-ci, tout
bien pe,sé, le ne vois que trois re-
vues dont la lecture puisse être
recommandée à ceux q1lli n'ont
pajr l'intention de perdre leur
temps ou leur argent.
Europe, qui consacre une par-
ti? de, son numéro au quadricen.
tenaire. de Cervantès et au vingt-
cinquième anniversaire de la mort
de oust, reproduit d'autre part
un texte capital ; rapport de
Jdanov au cours de la mise en
discussion, par un ensemble de
philosophes de toute lJU.R.B.S., de
2'Hi^toire de la philosophie occi-
dentale, de G.-F. Alexandrov qui,
après avoir obtenu le prix Staline,
provoqua, les plus vives critiqu,es.
G/eux qui parlent à tort et à tra-
vers d'un prétendu manque de li-
berté d'esprit en U.R.S.S. feront
bien de lire cè texte et d'en mé-
diter les leçons.
Poésie 47 ' où te relève notam-
ment les émouvants poèmes de
Brun, un essai de Jean Kanepa
sur ire Mots ou le métier d'écri-
vain et une remarquable nouvelle
de la grande romancière alleman-
de Anna Seghers.
La Pensée dont le contenu de
chaque numéro justifie pleinement
le titre de « Revue du rationalis-
me moderne » qu'elle Porte sur sa
couverture et, dont la derndère li-
vraison qroupe les signatures
d'André Wurmser, Marce-l Pre-
nant, d'Albert Soboid, de Pierre
Daix, de Marcel Cohen et de Jean-
Richard Bloch, à la mémoire et
à l'œuvre duquel elle est en par-
tie consacré e.
EUROPE, Poésie, la. Pensée,
dans les domaines qui leui
sont propres, défendent la cul-
ture française, les meilleures tra-
ditions de la culture française,
ses meilleures chances. Leurs
dernters numéros en font foi.
Il est bon que le, public te
sache. J'entends le public qui ne
or oit pas que la libertf de pensée
soit de se complaire aux caprices
du mensonge, brillant soit-il,
mais de chercher la vérité en fonc-
tion de la réalité, en fonction d'un
devenir meilleur du monde au-
quel nous entendons tous contri-
buer.
Comme le signale, en substance,
Aragon dans La Cudture et les
Hommes (1), nous vivons en un
temps où la perversion des mots
et des idéts constitue une arme,
un redoutable moyen d'asservir
l'homme.
Il existe des revues qui *refusent
de faire le-jeu dl ces perversions
qu'elles dénoncent. Il faut les lire.
Et les soutenir..
(1) Aragon : - « La Culture et les
Hommes » (Editions Sociales. Collection
c Problèmes >).
La 10e expédition
de la Henne-Morte
Le mercredi 3 décembre, à 21 heurea.
salle PL9yel. Norbert Casteret fera une
conférence sur, la 10* expédition au
gouffre d - la Henne-Morte. Les lecteurs
de « Ce soir » s.e souviennent du re-
portage exclusif que nous avons publié
lors de cette expédition.
L'U R.S.S. NOUS ENVOIE
son meilleur film de l'année « VANIA »
l'histoire d'un petit Poulbot russe. Vous
pouvez le voir en version originale,
sous-titres français au Studio de l'Etoile,
14, rue Troyon. Il n'est vraiment
pas comme les autres
FANTÔMAS vole des Blondes
Le grand roman inédit de Marcel Allain
RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS
d^pZs~Iia^ZaS' malfaiteur public no 1, enlève les blonaes
cu'il^rn w, aMM?/lce insolemment par une carte à la rresse
Hélène, quatre blo'ltdes par jour. L'angoisse règne,
s'être teinte... la en blond. du crime, a disparu apres
qui aime t¡l.aintes périlleuse8 aventures, ts journaliste Fandor
' î, 0.b]et, des railleries de son ami, le policier
Il conseille Gelui-.ci au semble toucher à la 8olution du mystère. '
di Crocce le8 40 ÙiUnî* 8Ûrelt de confier au Senor Santa
Fantômas millions rassemblés pour payer une rançon à
CHAPITRE XVI
FANDOR CONTRE JUVE !
LORSQU'A vard, &ept heures vingt, Juve quitta le cabinet de M. Ba.
vard, ceux qui, depuis que les .oie de blondes avaient corn.
mence, s étaient étonnés, voire scandalisés, de son apathie,
ne l auraient pas reconnu ! .
Un autre homme ! Un autre Juve 1
L'œil vif, un sourire aarca.sti-
que au coin des lèvrea, le geste
net et impérieux, la démarche
pressée, il était redevenu ce qu'il
avait été toujours : un policier
à l'esprit vif, aux décisions im-
placa.bles bl.e... à l'audace incompara-
Juve, tout d'abord, longea le
couloir qui conduisait à son bu-
reau.
— Si Fandor - m'a attendu, U
y a du bon ! grommelait-il.
Juve fut devant sa porte...
Il n'y avait personne dans le
long corridor...
Sans vergogne, il colla son œii
au trou de serrure !
Fandor, naturellement, n'avait
point bougé. Curieux de connaî-
tre ce que Juve aurait appris
chez le chef de la Sûreté, il at-
tendait impatiemment le retour
de son ami. Il fumait... Il son-
geait... il cherchait comment se
porter au secours d'Hélène !
Et ce fut peut-être cette pen-
sée absorbante, cette pensée à la
foi.s douce et cruelle, qui rendit
la cho.eùt s-eule.ment le soupçon !
Juve en effet, n'entra paa.
Tout doucement, et ayant pris
un passe-partout dans sa poche,
Juve seulement, donna un tour
de clef ! Il enfermait Fandor !
r- Et d'un ! articula le poli-
cier à voix/ basse. Lui, au moins,
ne me gênera pas tout de suite !
Il eut un rire. puis reprit :
— Aux autres, maintenant !
Dee ordres simples... et décisifs !
IL rebroussa chemin. Il fut
sur le seuil de la salle de
garde où les inspecteurs de
service tuaient le temps en d'in-
terminables parties de belote.
— Michel ? Léon ? appelait-il.
Et comme, à l'instant même
ses deux souf-ordres se précipi-
taient, Juve proféra :
— Alerte, Messieurs 1
Et encore :
— Le plan numéro trois 1 Re-
lisez attentivement mea instruc-
tions ! Je ne veux pas de gaffe 1
Il n'en faut pas !
Puis il jeta, général 'qui décide
d'une bataille :
— Exécution !
Il était déjà hors de la grande
salle...
Oh ! s'il avait paru te désin-
téreseer des tragiques événe-,
ments qui bouleversaient Paris,
qui affolaient toutes les blondes
de la capitale, il avait dû, pour-
tant, le bon Juve, ne pas perdre
une seconde !
Ne fallait-il pas en Effet, que
de minutieuses instructions aient
été élaborées par lui depuis long-
temps pour <)u'il pût. rien qu'en
proférant deux mots, déclencher
toute cette puissante aventure
qui allait commencer ?
Juve, un instant plus tard, hé-
lait un taxi :
— A Auteuil, mon ami ! Rue
Poussin. Je vous arrêterai...
D'ailleurs, vous verrez bien ? Un
très grand épicier !'" Je ne sais
pa,,, son numéro... ,
Et il monta, se renversa sur
la banquette s'octroya une ciga-
rette, ferma à demi les y ux...
— Ça va ! pensalt-U. Cela ira
en tout cas !... ,
Il eut, cinq minutes plus tard, '
un rire moqueur aux lèvres :
— C'est Fandor qui va faire
une tête. quand il saura 1
Or, Juve, à cet instant, se
trompait... !
Fandor ne faisait paa, ne te- 1
rait p -us aucune tête 1
Fandor tout bonnement, Jubi-
lait ! j
Trois minutes en effet après i
que Juve l'eut enfermé dans son
cabinet de travail Fandor avait J
commencé de trouver le temps 1
long.
Il s'était levé, avait arpenté
de long en large le petit bureau,
puis, dé6œuvré, avait marché a
vers la porte, tenté d'ouvrir, oom-
pria que la serrure était fermée
— Tonnerre ! avait juré le jeu.
ne homme. Qui donc...
Puis, instantanément :
— Juve, parbleu ! C'est Juve
qui m 'a bouclé !
Et Juve sortait tout Juste -de
la salle des inspecteurs que ren-
coigné dana un cabinet de dé-
harras où les huissiers enfer-
maient balais et plumeaux Jérô-
me Fandor assistait au départ
de son ami !
Oui ! Juve avait commis une
faute ! Il avait oublié qu'on
n enfermait pas si facilement un
garçon de la. trempe du journa-
liste !
— Bah ! continuait le po 'leier,
songeant toujours à celui qu'il
croyait prisonnier, demain Fan-
dor me pardonnera... Vivant, il
applaudira à moo succès et' si
je suis mort, Il me pleurera !
Mais Fandor ne pleurait pa" et,
très exactement, riait douce-
ment...
Il avait, en même temps que
Juve, sauté dans un taxi. Son
chauffeur dûment averti pre-
nait la i filature avec adresse.
Fandor «'amusait donc franche-
ment :
- Va toujours, mon bon Juve !
soliloqualt-il. Non ! la tête que
tu vas faire quand Je vais pou-
voir, gentiment, te frapper sur
l'épaule 1
SEULEMENT, Juve, tout eommt
Juve, Fandor ce trom'
pait !...
Ir n'était paa près de
frapper sur l'épaule de Juve 1
Le taxi du policier, cependant,
allait bon train Il atteignait la
rue Poussin et, sur un avertisse-
ment du policier venait ranger
le trottoir.
Juve — à cent lieues de soup-
çonner la surveillance de Fan-
dor — payait son chauffeur. tra-
versait, pénétrait dans la vaste
boutique d'un Important épicier :
— Le patron ? a'Informait-il &
la cals&e.
Et comme le commerçant ac-
courait, effaré de le voir, Juve,
doucement, avertissait :
— Le jour J, Boitin !
— Pas possible ? Et vous vou- >-,
lez toujours...
— Je veux toujours ce qui est
convenu. Naturellement 1 C'est
prêt, J'lm&gine ? '
— Tout prêt Monsieur Juve !
Ça vous attend !... Vous voulez
voir ?
— Je veux mieux que cela,
Boitin ! Je veux que vous livriez
dans un quart d'heure. C'est poe-
sible, n'est-ce pas ?
— Il n'y a rien d'Impossible,
pour votre service. Monsieur Ju-
ve ! Si vous voulez me suivre ?
Quelle raison inconnue faisait
que cet épicier était à la dévo'
tion du policier ? De quelle dif-
ficulté Juve avait-il tiré ce né-
gociant ?
Soulevant une trappe, l'homme
invita :
— Voulez-vous descendre à la
cave. Monsieur Juve ?
Une grande cavé. en vérité 1
Une cave toute remplie de fon-
neaux de fer..,
— Peste ! fit Juve, Un Joli
stock !... Lequel cet le mien ?
Un geste le renseigna.
Alors Juve s'approcha d'un de
ce& baril;!...
Il n'eut aucune hésitation E
saisit l'un des côtés et le sou-
leva.
Le tonneau était vide.
— C'est parfait ! dit Juve.
Mais que l'on fasse attention &
me laisser la tête en haut !
Tout en pariant, pal."ib'em..nt
Juve enjambait le bari! et se cou-
ait à l'intérieur...
(A suivrej
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1 ► Si vous n'avez pu admirer les
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4» Elizabeth. consolez-vous en i*
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:•« REVE DE VALSE » ii
|[ l'Opérette d'amour qui fait chan-j! i
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<|tier depuis plus d'un an au Th. ]> (
310 G A D O R +***' «
LES 3 BAUDETS
s'installent à Montmartre
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niers : « Aux 3 Baud 'cts » fera trM
prochainement son ouverture avec
c Ma.rsh&U nous voilà ! ., revue j
nouvelle de Christian VebeJ, Geor-
gem BeriMurdet et P. -J. Valllard. I
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