Titre : Ce soir : grand quotidien d'information indépendant / directeur Louis Aragon ; directeur Jean Richard Bloch
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1947-11-22
Contributeur : Aragon, Louis (1897-1982). Directeur de publication
Contributeur : Bloch, Jean-Richard (1884-1947). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32738400h
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 22 novembre 1947 22 novembre 1947
Description : 1947/11/22 (A11,N1895). 1947/11/22 (A11,N1895).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4122504k
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-109
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/12/2018
Le grain de Sel d'ANDRÉ WURMSER
SUR UNE COQUILLE D'OR
ON appelle coquille, en langage d'imprimeur, la, malencontreuse
omission d'une ou de plusieurs lettres, ou leur remplacement
par d'autres. Les résultats de ces erreurs sont parfois-si
cocasses qu'il est permis de se demander si la malice du typographe
n'a pas aidé le hasard-. Je me souviens de la légende d'une photo-
graphie bien anodine, dans un journa. de Bordeaux : un « a >
avait été fâcheusement remplacé par un « i ». Le texte initial
disait : « Le président Poincaré passe devant les jeunes filles du
lycée qui l'acclament follement. >
Il ne faut pas confondre la coquille et lp mastic. Le mastic est
l'opération involontai're à la suite de laquelle deux fragments d'ar-
ticles se trouvent placés l'un où l'autre aurait dû se trouver. Le
plus beau mastic dont j'ai gardé lè souvenir figura dans un quo-
tidien de l'Est, il y a un quart de siècle. Je le reconstitue de mé-
moire ; le premier article disait :
DEUX GARNEMENTS
Les peti s Paul Durand et Aambrolse Du-
pont, qui tiraient chaque soir les cordons de
sonn ttes de lia rue Saint-Aubin, ont été pris
sur l-e fait.
De nombreux amis *ont venus leur présen-
ter, à l'issue de la cérémonie, leurs meHI1eu1'l!l
vœux de bonheur et de prospérité.
Cependant que par ailleurs on pouvait lire : ;
UN BEAU MARIAGE
Hier a été célébré, en l'église Sainrt-Dewa-
vrin de Passy, Je mariage de Mlle Marguerite
de Loches, fille du comt" et de l'a comtesse,
née d'HyèrêS. avec M. Jean Riquès-Teman,
secré aire général de la préfecture.
Ils orot été conduits au poste et nous espé-
rons qu'une nuit passée à l'ombre les fera
réf échir à l'absurdité de l'acte qu'ils viennent
d-e commettre.
Mais parfois mastics et cbquilles ont une valeur en quelque
sorte symbolique. Ainsi celle qui, dans les colonnes de l'un de
nos confrères parisiens dénatura la devise du futur prince consort
du Royaume-Uni.
CONNAISSEZ-VOUS le blason d'e Philipp Mounbatten,
qui va épouser la princesse héritière d'Angleterre ? J'ima-
gine que si vous l'ignorez, votre santé n'en est i^.s affectée,
et que si vous le connaissez, un si précieux savoir ne vous fait pas
jeter des regards méprisants sur vos voisins de palier. Toujours
est-il que le fiancé a un blason. Il y a, en 1947, des gens qui
rêvent de s'enrichir et qui s'enrichissent ; d'autres qui rêvent de
libérer les hommes et qui les libéreront ; d'autres qui se penchent
sur les secrets de l'infiniment petit et qui les découvrent ; d'autres
qui scrutent les astres ; d'autres qui riment des sonnets à leur
belle ; d'autres encore qui du visage ingrat et détesté de leur belle-
mère font un chef-d'œuvre de la peinture contemporaine. Il en est
aussi qui ont un blason. Ils font hérité de leur père, qui l'avait
hérité du grand-père, lequel l'avait hérité de son père, et ainsi de
suite jusqu'à un épicier, un troupier ou un marchand de drap qui
le premier fut, il y a un siècle ou deux, blasonné : il est sans
exemple qu'un archéologue ait jamais retrouvé, avec un squelette
de l'âge de pierre, le moindre blason qu'il soit.
Le blason du lieutenant Mountbatten est très joli : l'écu pro-
prement dit comporte les armes des familles royales du Danemark
et de la Grèce (quelque chose comme un plan du Nord-Sud, quoi !).
Cet écu est flanqué d'un lion britannique et d'un hercule grec ; il
est à penser que la participation américaine est au verso. Sous ce
joli assemblage couronné de plumes d'autruche, une fière devise
dit : « God is my help », ou si vous préférez : « Dieu est mon
secours >.
. Or, par un 'fâcheux hasard, le confrère qui m'apprit tant de
belles et bonnes choses sur ce point d'héraldique fut victime d'une
coquille épouvantable qui frise le crime de lèse-presque-majesté.
Pour c God is my help », le typo imprima « Gold is my help » :
« L'or est mon soutien. »
By gold, pardon : by God ! Est-ce là ce qu'on appelle redorer
un blason ? Si encore il s'agissait de Paul, le parent qui occupe
l'emploi de roi de Grèce au Département d'Etat, on comprendrait...
Mais le prince consort !
Disons, pour pallier les effets injurieux d'une telle coquille,
qu'elle n'empêchera point. le propriétaire du blason d'être un jour
le mari de la reine d'Angleterre. Car telle est la force de la tra-
dition britannique que plusieurs dizaines de siècles après l'avènement
du socialisme dans tous les pays du monde, Elizabeth XXXVI sera
présidente de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques de
Grande-Bretagne et d'Irlande.
OU ALLER CE SOIR ?
PROGRAMMES
DU VENDREDI 21 NOVEMBRE
THEATRES
Opéra 20 33 Thaïs.
Opéra-Comique Soirée réservée.
Corn ,-F,anç.. 20 45
(Sal)e )t>rhe..i'u; Britmnicus
Salle J.n.emb 2n 45 Martine
Alhambra 21 Ballet de Monte-Carte
Ambg-u 21 La main de ma goeur.
Antoine ...... 21 La Femme de ta jeu-
nesse. -
Ambassadeurs 21 La Route des Indes.
Atelier — 21 L'Invitation au Châ-
teau
Athénée. 21 Knock.
Bffes-Parisien. 21 Couleurs du Thmpc j
Capucines 20.45 Avent. du Roi Pausole
Cas Montparn. 21 ClochemerJe,
Châtcet 20 30 VaJses de Vienne.
Coin Ch -Eiys. 21 L'Irnmaculée
Com. Wa-grain 21 Histoire très naturelle
Da.l>nou ,",. 21 Endevez-moi.
Edouard. VII .. 21 Boléro.
Gaitê- Lyrh ue Relâche.
Gaîté MOntp 21 Lii iom.
Gramont 21 Baby Hamilton
Grand-Guignol. 21 Meurtre au Village.
Gymnase 21 3 Garçons 1 Fille.
Hébertot .. ......... Relâche.
Humour 20 45. Jl'ai 17 ans.
La Bruyère .. 21 Des hommes viendront
Madeleine 21 Le Sexe faible.
Marigny, 20 45 Hamlet.
Mathurins 21 L'Empereur de Chine
Mt&het ...... 20.50 Une poule sur un mur.
blirh.dière . 21 iavez-vou® P.&ntez -es
choux
Mogador ............ Relâche
Monceau .... 21 M de Falindor.
Montparnasse.. 21 L'Archipel Lenoir.
Noctambules 21 Le Mal Court.
Nouveautés ....21 La Patronne
OEuvre .. • ■ 21 Le Mascaret,
Palais-Royal .. 21 Chasse gardée. ,
Pigalle 21 La Desc, aux enfers.
Potinière .... 21 Use mort sans Import
Ptc-St-Martin 21 Pour avoir Adri-nne.
Renaissance .. 21 La Route au Tabac
Sarah-Bernh 21 Liberté provisoire.
Samt-Gror-es 21 Un hom. cam. es aut.
Th. des Ch -Et. 21 Ballets des Ch -Elye.
Th d.. Poche 20 45 L'heure de ta Vérité
Th. de Paris. 21 Virage dangereux
Variétés 21 Le Mal de Pureté.
Vieux-Co omb. 21 Qui ''eut cru ?
MUSIC-HALLS
» B C 15-2;).45 La Revue du Rire.
Bobino Relàche.
Casino Paris 20 30 Pans Extr*-Drjf.
Européen Relâcha.
Folles-Bergère. 20.15 C'est de ta Folie
Luna-Park 15-21
Mayol .. 15-21 Nues et Nu..
P"tlt-OUIne il Celzas Otoârg
Th. de l'EtoBe .... Yves Montand.
CHANSONNIERS
Car 1Wpab1... 21 Soirplex, Qrello, L
J&MbaL
Coucon 21 Revue.. et dMsée
Deux-Anes .,.. 21 Ah 1 *leu = 1
Lune Rousse ..21 A Bride abattue.
Th. de DIz-B. 22 Quatrième Toc
Taverne de Paris... Ténor ChartancL
CIRQUES
Cirque a'Hfrw Rglftch*.
C Médrano 15-21 Les Nicholu Brothers.
carnet du parisien
VENDREDI 21 NOVEMBRE
13 h. 30 s Courses à MateoM-Laffitte.
14 h. 30 s Inauguration de l'exposi-
tion Marcel Proust à la Bibliothè-
que Nationale.
15 h. 45 1 45, rue de la Boétie :
« Georges Feydeau, notre grand .
comique », conférence par Marcel
Achard.
17 h. 45 1 101, boulevard RaspatI :
« La musique au Grand siècle »,
musique d'Eglise par M. Robert
Bernard.
20 h. 30 : Gala annuel de la Fonda-
tion Dranem de Ris-Orangis au
théâtre Bobino.
21 h. 1 Au théâtre des Bouffes-du-
Nord, première de la comédie de
René-Henry « Mariage à rebours ».
CINEMAS
FILMS FRANÇAIS
Agriculteur* Le Corbeau.
Aubert Palace .. P Fantômas.
Bonspart,e L'Arche de Noé.
Biarritz P Monsieur Vincent.
€ in écran P Le Diable souffle.
Clichy Palaoe .... P La Taverne du Pola-
son couronné.
Cotisée P Antoine et Antoinette
Eldorado P Antoine et Antoinette
Empire P Ils étaient 9 oél1ba.t.
Gaumont Palace.. P Bethsabée.
GaumOnt Théâtre P Fantômas.
Impérial P Le Diable souffle.
Lynx P Antoine et Antoinette.
Madeleine P Monsieur Vincent.
Marignan P Quai des Orfèvres.
Marivaux P Quai des Orfèvres.
Montrouge La Taverne du Pols-
son couronné.
moulin R"ge .. P Les req de Gibraltar
Normandie P Les req de Gibraltar
Olym pla P Les req de Glbraâitar
Palais Roohech... P La Taverne du Pois-
son couronné.
Pa.r6mOUDt P Antoine et Antoinette.
Portiques P Le Diable souffle.
Rex P Bethsabée.
RoyaJ Haussmann :
(Club) P Le Diable au corps.
(Studio) Gouipl ra&dng rouges.
FILMS ANGLAIS OU AMERICAINS
Apollo P Une femme Cherche
' son destin.
Artlstla P Histoire de fou y. o
Avenue P Cette nuit et tam. v.o.
Ba.lza.o P A ch&cun son destin.
Broadway P Le roman d'Aï Jolson.
California ...... P Le roman d'Al Jolson.
jCajnéo P Mon épouse favahte.
César P Les mille et une nuits
Cinémonde Opéra P Le roman d'Al Jolson
Ciné Opéra P Helzapoppln.
Cinéph. Roohech. P C&Pltai-ne Furie
— St Antoine P L'Ile des péchés oubJ
Clnépr. Oh.-EI:ys. P New Orléans.
- Cliohy .. P La mariée oéitbatalre.
— Ternes .. P Mon secrétaire tra-
vaille la nuit.
Club des Vedettes P Week end au Warld.
Elysées Cinéma.. P Week end au Wajld.
Ermitage P Le Facteur sonne tou-
jours deux fois.
Français P Overlanders.
Gaîté Clichy .... P La double énigme
Gaîté Rochech... P Avent. de Martin Eden
Helder P A chacun son deetin.
Le P&rle ........ P Les plus bel'es années
de notre vie.
La Royale P Le roman d'AJ Jolsoo.
Lord B yl'OQ P Henry V.
",'iwbeuf P Mon épouse favorite.
,dax Linder P Le /Facteur sonne tou-
jours deux fois .
Napoléon ........ P L'Impasse tragique.
Nw-York P L'Auberge des tueurs.
PagOde ....•••• Symphonie fantas.
Palace P L'Impasse tragique..
Palais Avron .... P pour qui sonne le s as.
Radio Ciné Opéra P attentat à Téhéran.
Radio Ciné Rép. P M. Smith agent secr.
Radio Cité Bastille P M. Smith agent secr,
Radio Cité Montp. P Cavalier Miracle (pre-
mière époque).
„ •• P Cette nuit et toujours
Royal Haussniatm :
(Méliès) P Cette nuit et toujours
Scala p A chacun son destin.
Studio Raspail 216 P M. Smith aigent secr.
Studio Rivoli .... P La chasse aux diam
Triomphe P Une femme cherche
son destin.
Vivienne p A chacun son destin.
FILM MEXICAIN
Panthéon Maria Candélae,&.
Plasa Oméae .... P Maria Candélaria.
FILM SOVIETIQUE
Studio Etoile .... P Vanla
FILM SUEDOIS
Unrullnes Le Chemin
(P : permanent tous les jours)
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change de climat
Marianne Michel, vedette de la
radio, créatrice de chansons à suc-
cès, va abandonner la direction de
son cabaret des Champs-Elysées.
Elle désire changer d'air et de
climat. Où va-t-elle transporter
sets pénates ? Même à s«« intimes
elle n'a rien confié de ses projets,
mais son grand désir serait de
rouvrir un cabaret 1900 — la mode
oblige.
La France sera-t-elle une colonie américaine ?
UNE GRANDE ENQUETE DE GEORGES SORIA
LA RECONSTRUCTION DE NOTRE PAYS :
UNE AFFAIRE POUR LES U.S.A.
En nous envoyant de coûteuses maisons préfabri-
quées, les Etats-Unis assurent du travail à leurs
ouvriers, mais pour les nôtres c'est le chômage
1
D ANS le discours qu'il prononça le 14 octobre dernier, à Dunkerque, M. Ramadier
inaugurant la remise en service d'une partie du grand port de la mer du Nord,
déclara que « les crédits du plan Marshall seraient affectés, pour une large moi-
tié, à la reconstruction ». Ce faisant, M. Ramadier dévoilait, en même temps qu'un secret
jusqu'alors assez bien gardé, l'intention délibérée de son gouvernement de faire de la
reconstruction une affaire américaine, au risque de ruiner complètement nos petits
~ entrepreneurs et de faire disparaître progressivement notre industrie du bâtimént.
A la lumière de cette déclara-
tion, l'on* comprenait soudain
pourquoi les premiers ministres
socialisteis s'étant succédé au
gouvernement, avaient imposé, de-
puis fort longtemps déjà, au mi-
nistère de la Reconstruction cette
politique qui aboutit aujourd'hui
à la fermeture d'un certain nom-
bre de chantiers, à la suppression
des crédits affectés à la recons-
truction, au lancement des em-
prunts professionnels, cette poli-
tique qui est la destruction à la
fois rageuse et systématique de
l'œuvre accomplie par MM. Billoux
et Tillon durant leur gestion de
ce ministère.
Nous avons déjà eu l'occasion
d'examiner dans un précédent ar-
ticle les conséquences que la sup-
pression des barrières douanières
aura prochainement sur notre in-
dustrie artisanale du bâtiment.
Rappelons-en cependant pour mé-
moire, l'essentiel. L'abaissement
des tarifs douaniers rendra possi-
ble l'invasion du marché français
par des maisons préf8Jbrlquée.s
américaines. Nous recevrons d'ou-
tre-Atlantique des jnaisons en
pièces détachées et ce ne seront
pas des entrepreneurs français à
qui incombera la tâche de les
monter. Des compagnies d'outre-
Atlantique s'en chargeront, privant
par là même des centaines de mil-
liers de travailleurs de leur gagne-
pain. Une fois ces maisons cons-
tru.ite.s les compagnies américaines
continueront d alimenter le mar-
ché. Grâce aux pièces de rechange
dont le remplacement devra être
prévu, celles-ci pourront écouler en
France las nombreux articles de
plomberie, d'appareillage électri-
que, de chauffage, des toitures, etc.
sans lesquels ces demeures, con-
çues pour une durée de vingt-cinq
ans tout au plus, ne sauraient
présenter des .conditions accepta-
bles du point de vue de l'habitat.
Les U.S.A. nous gratifient
d'une crise pour l'éviter
chez eux
L'émotion qui s'est emparée des
milieux du bâtiment au lendemain
de la signature des accords de Ge-
nève prouve que lea entrepreneurs
et les ouvriers du bâtiment ont
parfaitement compris que l'impor-
tation en France de maisons préfa-
briquées américaines signifierait
leur ruine en même temps qu'elle
offre aux U.S.A. un débouché ines-
péré pour juguler la crise nais-
sante qui déjà se manifeste là-
bas dans cette branche de la pro-
duction.
Au lendemain de la guerre, les
anciens combattants américains
reçurent des indemnités substan-
tielles, qu'ils envisageaient de
consacrer à l'achat au comptant
ou à crédit de maisons préfabri-
quées. Un programme important —
connu sous le nom de programme
Wyatt fut même mis sur pied pour
satisfaire ces besoins. L industrie
américaine du bâtiment équipa des
usines capables de construire des
logements à la cadence de plu-
sieurs millions par an. D'après les
prévisions faites à cette époque,
le marché intérieur devait être sa-
turé à partir de 1945. Depuis cette
date, il s'est produit un phénomè-
ne particulièrement important aux
U.S.A. : les prix ont commencé
à grimper et à l'heure qu'il est, le
pouvoir d'achat de la monnaie a
diminué de près de moitié. Et les
beaux rêves des G.Is se ,sont en-
volés avec l'inflation montante.
Aujourd'hui, l'industrie américai-
ne est, pour ces raisons précises,
obligée de se tourner vers l'étran-
ger pour ne pas garder en stock
ces préfabrications. Voilà, .très
exactement pourquoi, M. Ràma-
die.r et les avocats du plan Mar-
shall, ainsi que les signataires des
accords de Genève, ont imaginé de
nous gratiner g,eroc crédits amé-
rloaina b.
Le sabotage de fci
Reconstruction par le
gouvernement Ramadier
A vrai dire, l'opération dont M. Ra-
madier dévoila l'essentiel dans son dis-
cours de Dunkerque, avait été préparée
de longue date. Les hommes du parti
américain devaient d'a,bord convaincre
les Français qu'ils n'avalent rien a es-
péNn" de leur propre effort et que la
reconstruction était une entreprise vouée
à l'échec. De là à en arriver au sa-
botage de la Reconstruction, Il n'y avait
qu'un pas & faire. Voyons comment Il
fut franchi. i
Au lendemain de la libération, lors-
que M. Billoux prit en main le minis-
tère de la Reconstruction, un grand es-
poir s'était emparé des cinq millions
de sinistrés que l'invasion, les bombar-
dements anglo-américains et la guerre
avaient laissés dans une situation an-
goissante. M. Bijoux avait obtenu des
crédits qui, pour ne pas atteindra le
plafond souhaité, n'en permettaient pas
moins le démarrage de la reoonatruc-
i tion. Succédant à M. Dautry, qui avait
favorisé les gros entrepreneurs, il de-
manda que certains marchés conclus
dans des conditions «candaleuses, fus-
sent examinés à nouveau. Plusieurs di-
zaines de milliards, détournés de leur
destination, pouvaient ainsi rentrer dans
les caisses de l'Etat et augmenter le
volume des crédita destinés à la recons-
truction.
- Les crédits sont bloqués
le ciment et l'ackir
délivrés en quantités
dérisoires
Cela n'eut pas fileur de plaire au
gouvernement de M. Léon Blum qui,
pour mettre en difficulté l'œuvre ac-
complie par M. Billoux, commença a
rogner les crédits que celui-ci avait de-
mandés. C'est ainsi que, sur les 252
milliards de francs demandés par M.
BUIoux pour l'année 1947, M. Blum
ne retint que 100 milliards. Qui plus
est, il fit bloquer les 40 0/0 de cette
somme. De sorte que le ministre n'avait
plus à. sa disposition que 95 milliards
de francs. La reconstruction étant l'une
des tâches principales de l'après-guerre,
n'était-!! pas évident qu'en réduisant
les crédits destinés à la financer, on
ouvrait par là même la porte à une
éventuelle Invasion du marché français
par les préfabrications américaines ?
A cette politique d'asphyxie financiè-
re, se greffait naturellement une autre
politique, qui en était le corollaire : les
matériaux essentiels de la reconstruc-
tion, c'est-à-dire les contingents de ci-
ment et d'acier distribués, diminuaient
de Jour en jour. A telle enseigne que
si l'on compare les quantités de ciment
délivrées au ministère de la Reconstruc-
tion, durant le troisième trimestre 1946,
à celles qui sont prévues pour le qua-
trième trimestre 1947, l'on se rend
compte que l'on a délibérément boycotté
la Reconstruction. Qu'on me permette
de citer ces chiffres :
4e trimestre 1946 :
270.000 tonnes de ciment.
4e trimestre 194T :
180.000 tonnes de ciment.
Pour l'acier, le tableau est encore
plus grave :
4. trimestre 1946 : 60.000 tonnes.
4* trimestre 1947 : 36.000 tonnes.
Les gros entrepreneurs
sont avantagés
au détriment
des petits sinistrés
Cet étranglement de la reconstruction
française, que les chiffres cités plus
haut prouve mieux que tous les com-
mentaires, s'accompagna d'un scanda-
leux traitement de faveur accordé aux
gros entrepreneurs. En limitant les
avances aux sinistrés, à 70 % de la
part supérieure à deux millions de
francs. on faisait délibérément le jeu
des organismes munis de nombreux ca.
pitaux et n'ayant pas besoin de recou-
rir aux emprunta de l'Etat. On éljml.
nait. en fait, les petits sinistrés. Les
banques d'affaires s'emparaient du
, marché de la reconstruction ou plus
exactement du secteur qui, dans les
p'ans gouvernementaux, n'était pas dé-
volu à « l'aide américaine >. Cela si-
gnifiait que les sinistrés n'ayant pas
de compte en banque important n'a-
vaient plus l'espoir de bénéficier de
l'aide de l'Etat.
Dès que les ministres communistes
furent écartés du pouvoir par le parti
américain, la Reconstruction commença
à péricliter. De nombreuses petites en-
treprises sont aujourd'hui obligées de
fermer leurs portes. Les ouvriers sont
congédiés. Ce sont, soit des petits en-
trepreneurs travaillant pour leur comp-
te, soit des entreprises travaillant pour
la S.N.C.F.
Hier encore, en menant mon enquête,
J'avais l'occasion de m'entretenir avec
des entrepreneurs du bâtiment de la
région parisienne. L'un d'entre eux, qui
dirige une entreprise où travaillent
95 ouvriers, et avec qui j'évoquais les
conséquences qu'auront demain les ac-
corda de Genève sur l'Industrie du bâ-
timent, me disait, après une conversa-
tion d'une heure t
— Merci. Vous m'avez ouvert les
yeux 1
Les entrepreneurs ne sont pas seuls j
à interroger l'avenir avec angoisse. Des ;
centaines de milliers de travailleurs du :
bâtiment sont déjà hantés à l'idée que
le chômage et la misère pourraient s'a.
battre un Jour prochain dans leurs
foyers. Quant aux sinistrés, 11s ne se
font plus, à vrai dire, beaucoup d'illu-
sions.
Désormais, le pays est alerté. C'est
à lui d'agir pour éviter qu'après le ci-
néma, l'automobile, l'aviation, l'agri-
culture et de nombreuses autres bran-
ches de la production, l'œuvre éminem-
ment française de la. Reconstruction ne
tombe définitivement aux mains des
banques d'affaires new-yorkaises et de
ces étranges avocats, qui les représen-
tent aujourd'hui au pouvoir, en France.
(A suivre.)
(Copyright Georgea Soria and « Ce
soir ».) Voir « Ce soir » des 6, 7, 8, 9,
12, 13, 15, 18 et 20 novembre.
Mots croisés
PROBLEME N° 126
HORIZONTALEMENT. — 1. Force expan-
sive. — II. Sarcopte. — m. LI: tête dessous,
c'est l'Idéal'pour certains. ne. — IV. Poussé.
Grave. — V. Boisson. Ou à l'eau. — VI. Où
Il y en a le p'alslx manque. Possessif. — VII.
Rudes travailleurs. Ee fauche. — vrn. Capi-
tale. — IX. On en falit des mouchoirs et
les catatplasmes. Couvert de métal. — X:
rentatjve. En matière de.
VERTICALEMENT. — 1. Veste révolution-
Ilalre. — 2. Pamg. Chef-dleu de c&nton. —
3. Coule en Bav ère. Instruments compliqués.
— 4. Choix. Légumlneuae, — 5. Caractères
islandais. Soutien. — 6. Département. Tout
va. bien quand l'affaire y est. - 7. Mou-
.enta répétés et .Jqu«. Maison d'amou-
,,eux. — 8. lndlvw-ble. Homme chaste par
Profession, en principe. — 9. Le salon du
jauvire. En Haute-Saône. - 10. Sculpteur et
seintre du XIX* qui a sa rue dans le 180.
Généralement confondus avec les galeux (C.C.)
SOLUTION DU N° 125
Horizontalement. — 1. JournaIL«. - n.
Abreuva. Sa. — m. Me. Peint. — IV. Bi-
laasoa. — V. Or an. Eluda. — VI. Ida. Irun.
- VrI. Négus. Nus. — VIII, Nettes. — IX.
Me Ré. M1. — X. Us. VériMe.
V"ticalunent — 1. Jambonneau. - 2.
>bétr. Is. — 3. Ur. Daigne. — 4. Répandue.
- 5. Nues. Astre. — 6. Avisé. Ter. — 7.
L,aaoline. — 8. Taures. — 9. Es. Due. Ml.
— 10. Raglan. Ole.
A MOI LE POMPON !
VOICI bute PIERRETTE POMPON, ETUDIANTE EN PEINTURE, QUI VIENT
D'OBTENIR LE « PRIX GONCOURT » DE LA HAUTE COUTURE. LA LAU-
REATE, QUI N'A QUE 17 ANS, L'A EMPORTE SUR PLUSIEURS MILLIERS
DE CONCURRENTES, SON MODELE, UNE ROBE &OUR LE REVEILLON, EST
REALISE PAR UN GRAND COUTURIER. Mlle POMPON VIENT D'ESSAYER « SA
ROBE », CELLE DONT ELLE A REVE, ET QUI LUI APPARTIENT DESORMAIS.
t
Il - CARY S
t GRANT ■
S IRENE il
t DUNNE 1
i Î-~,~v 0
FANTÔMAS vole des Blondes
Le grand roman inédit de Marcel Allain
RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS
•JLa. — Fantômas, malfaiteur public no 1, enlève le8 blondes
de Paris. Il annonce insolemment par une carte à la presse
qu il fera disparaître quatre blondes par jour. L'angoisse
règne.
Hélène,. la fille innocente du Maître du crime a disparu après
N'être teinte... en blond. Fandor aime Hélène.
Il tombe aux mains de Fantômas à la suite d'un guet-apens.
Assomme, puis asphyxié par lemonsire, il se réveille en ptteuu,
état, dans une cabane de la Butte. C'est Javot, l'inquiétant
indicateur, qui est venu à temps aveo les pompiers pour le
sauver. j
CHAPITRE XIV (Suite)
LES ANERIES DE FANDOR
JEROME avoir FANDOR, sans le moindre doute, exagérait ! Après
avoir dérangé de nombreuses personnes, après avoir été
le héros d'une aventure qui était incompréhensible à lOUAI
ceux qui s'étaient employés à le rappeler à la vie, il mani-
festait sans vergogne le désir de s'éloigner sans fournir la moin.
dre explication !
Telle était, cependant, sa célé-
brité, telle était surtout l'angois-
se qui régnait sur Parie, depuis
que Fantômas, de nouveau, y fai.
sait régner la peur en maîtresse,
que nul ne protesta !
Chacun de ceux qui étaient là
ne savait-il point, ne soupçon-
nait-il pas au moins, que le j-our.
naliste avait faillld payer de sa.
vie une enquête qui devait avoir
quelques rapports avec les dra-
mes dont tout Paris s'entrete-
nait ?
— Si vous voue sentez assez
fort ! commença Le docteur.
— Je me sens en parfait état J
affirma Fandor.
Et, tirait de sa poche une ciga-
rette, le jeune homme tourna
vers Javot :
— Mon vieux, vous fajt&s les
formalités indispensables hein 7
Je compte sur voua ? Mol, je file
voir Juve... Nous nous retrouve-
rons ce soir ?
— Sûrement;, Monsieur Fan-
dor ! A vos ordres !
Il était charmant, oe Javot !
Il faisait preuve d'une extrême
modestie. Surtout, il se révélait
d'une parfaite discrétion...
N'évitait-il pas, devant tant
témoins s'étants, des questions
qui pouvaient embarrasser le res-
capé ?
DANS tes le taxi qui, cinq minu-
tes plus tard, l'emportait
vers les service* de la SÛ-
reté, ce n'étaient point, cepen-
dant des pensées de gratitude
^ue Jérôme Fandor nourrissait à
1 endroit de son sauveteur...
Jérôme Fandor, évidemment,
savait bien qu'il n'avait jamais
écrit à Javot. Pourquoi donc. dès
lors, était-ce précisément ce lou-
che garçon qui, une fois de plue,
se trouvait sur sa route ?
L'affaire, en elbe-même, parais-
sait aj='sez simple...
Fantômas lui envoyait Bouzllle
se servait du nom d'Hélène pour
l'attirer dans un guet-apens...
Puis, dans le même temps qu'il
ourdissait son piège, Fantômas,
encore, adressaIt à. Javot cette
lettre, œuvre d'un faussaire émé-
rite, qui décidait Javot à visiter
la cabane où Fandor, victime
d'un soporifique, serait abandon-
né par lui...
— Donc, concluait Fandor,
réellement, Fantômas n'a pas
voulu ma mort !
Mais, s'il en arrivait à cette
certitude, Fandor n'en éprouvait
que plus d'épouvanté !
Fantômas l'avait épargné. Pour
quelle raison ? Eh ! n'était-ce
pas parce qu'il avait été — pour
une fois — parfaitement sincère
en avouant son angoisse au sujet
de sa fi]J.e ?
Hélène avait disparu...
Le Maître de l'épouvante «up-
pliait Juve de la sauver...
La jeune fille courait-elle donc
un danger ?
Qui, pourtant, si ce n'était pebs
Fantômas. avait pu s'emparer
d'Hélène ?
Et le fait qu'Hélène s'était
teinte en blond avait-il le moin-
dre rapport avec sa disparition ?
Torturé d'inquiétude en pen.
sant au sort d'Hélène, Jérôme
Fandor songea :
— Juve, seul, peut débrouiller
oe mystère. C'est le sentiment de
Fantômae. Parbleu 1 c'est le
mien aussi !
Et de rage II serra les poings :
— Juve a compris quelque cho-
se que je ne soupçonne pas et
qu'il ne veut pas me dire ! Ah !
maintenant qu'Hélène est en pé-
ril. je saurai bien le forcer à
parler !
Mais ce fut d'abord Fandor qui.
dut renseigner le policier !
Juve, qui se trouvait dans son
bureau, écoutait en effet le jour-
naliste avec un soin extrême.
Très pâle, dominant avec peine
une émotion certaine, Juvè mul'
tipliait les questions :
— Tu es certain de m'avolr
tout raconté ? demandait-il enfin
quand Fandor achevait son récit
Tu n'omets aucun détail ?
— Pas que je sache !
— Alors ? Ta conclusion T
— Mais je n'ai pas de conclu-
sion ! Il faut sauver Hélène t
Voilà. ! C'est tout ! Fantômas
lui-même a .peu.r pour elle...
— Tu di-s : Fantômas ?'
Jérôme Fandor sursauta :
— Mais oui ! Fantômas !...
Ah ça ! voue me croyez pas...
— Achève !
— Vous ne croyez pas que mon
ravisseur ait été Fantômas ?
La. voix du journaliste trem-
blait...
Il n'avait pas conçu le moindre
doute sur l'identité du misérable
qui l avait attaqué. Juve d'aven-
ture, mettait-il en question !a
personnalité de cet assaillant ?
Il ne répondit pas à Juve.
Les yeux à demi fermés, la
tête un peu penchée en avant, il
paraissait s'absorber dans de tra-
giques réflexions.
— Vous ne croyez pa^ que c'é-
tait Fantômas ? insista Fandor.
— Si !
— Mais voua n'en êtes pas
8ftr ?
— Mon petit Fandor, tu es un
&nfant ! Je mettrais mes deux
mains au feu, au contraire, que
c'était bien Fantômas qui te par-
lait...
—- Mais, alors, Hélène n'a pa4
été prise par lui ?
— Ta ! ta ! ta !... Ne mêlons
! Le sort
d Hélène n a rien à voir aveo
l'identité de ton agreaeuŒ'...
— Par exemple !
— C'est comme cela, Fa.ndor 1...
Et si tu faisais travailler ton
cerveau...
Mais Fandor n'éoowtalt
plus !
Il évoquait eo lui-même
les tragiques instants où il s'é-
tait trouvé, face à face avec le
Maître de l'effroi...
Non ! Fantômas n'avait pe.e
menti quand il parlait de sa
fille ! Non ! l'inquiétude affreu-
se qui avait percé dans sa voix
n'était pas, ne pouvait pas être
feinte !
— Pourquoi, Juve, aurait-Il
fait appel à voua ? Pourquoi se
serait-il emparé de moi et m'au-
rait-il épargné s'il avait menti ?
Mais, de nouveau. Juve se tai-
sait...
Oh ! ce n'était plus, certes,
:ru'Jl feignit l'indifférence com-
me 11 l'avait feinte jusqu'alors !
Juve, tout au contraire était
sûrement, profondément 'boule-
versé par les propos de Fandor...
Mais. .cep&ndant il demeurait
immobile, ne tentait rien n'agria-
sait pas, ne proposait même au-
cun plan l
— Juve ! supplia, Fandor leu
secondes pressent 1 Qu'mUez-
vous faire ?
Et il ajouta i
— Par Javot, ne p ou rriona - n oua
apprendre quelque chose ? Ne
voyez-vous pas que ce garçon
est toujours bizarrement sur ma
route ? Ne croyez-vous pas, avec
moi, que cet indicateur louche...
— Tels-toi, Fandor ! coupa
brusquement Juve. Les &ne.r!ea
ne doivent plus noua faire per-
dre du temps !...
Puis il tira sa. montre et. in-
compréhensible, reprit :
. — Oh ! Il n'est encore que six
heures !... Aliéna ! ça va ! Les
aneries peuvent encore aller...
Tu disais ?
(A trnAvre)
Copyright by Maroel Allais
and Ce noir..
Les livres qu'il est utile de lire
PAR EMILE DANOEN
L'HISTORIEN CROYAIT
FUIR LA GESTAPO...
...c'était sa maîtresse qui
avait machiné le coup
JEAN LAFRIELLE, de Carte forcée (1), est non seulement
M t historien, mais aussi grand amateur de verres d'eau. Fi 1
de l'eau ? Bah ! il ne crache pas sur la fine, et quant aux
verres d'eau en question, il appelle ainsi les séances d'initiation
amoureuse dont profitent des jeunes fi1lles du meilleur monde qui
viennent à lui en se le recommandant l'une l'autre comme leurs
dames de mères se passent en douce le nom du confiseur qui leur
vend du chocolat sane tickets. Il en prévient toujours à l'avance sa
maîtresse, la riche Mme Lise ***. « Ce soir, il y a la petite Une
Telle qui meurt d'envie que je l'initie au plus commun des mys-
tères. » Et après la chose, il revient frais comme l'œil boire son
Champagne. Son Champagne, c'est Mme Lise ***.
Un jour, ayant jeté sur un fauteuil
la robe de chambre qu'il venait d'ôter#
Jean Lapriel reconnut le nez de l'hom-
me qui longeait le quai nous lequel
passe, en suivant la Seine, la voie fer-
rée Paris-Versailles. C'était le même
nez qu'il remarquait souvent à ses
trousses depuis quelques jours. A l'é-
poque, un écrivain pouvait tout redou-
ter de la Gestapo s'il avait publié quel-
que ouvrage mctlencontreux. Christian
Mégret affirme crue Monsieur Jean La-
priel était l'auteur d'un Cromwel qui
avait réussi à indisposer les journaux
collaborateurs tout autant que ses amis
d'-extrême-gauche. Le nés long et pointu
trop souvent repéré le poussa à entre-
prendre l'escalade clandestine des
Pyrénées, en compagnie de Clarisse.
Un,9 ampoule ouverte au pied gauche
l'arrêta à quelques heures de marche
de la frontière espagnole. Mais Il trouva
le moyen, un peu plue tard, de gagner
la Suisse. Clarisse, qui lui avait déjà
appris _ qu'elle attendait un entant de
lui, lui révéla aussi que le mouchard
aux grandes narines n'appartenait pas
à -la Gestapo, -mais à une société de
pouce privée à laquelle Mme *** ver-
sait mille francs par jour pour faire peur
à monsieur Lapriel. Mme espérait
par ce moyen le pousser à gagner
l'Afrique du Nord, afin de le séparer
de sa secrétaire amoureuse. On voit
que Mme *** avait beaucoup d'argent.
Chriticm Mégret est un romancier qui
ne craint pas la machinerie romanesque.
Disons tout de suite qu'il aurait tort,
car il s'en sert avec une grande
adresse. L'histoire fait marcher le lec-
teur au moins autant que Lapriel, B(I
fidèle Clarisse et les fugitifs que Pépé
guide vers l'Espcrgne à travers les em-
bûches pyrénéennes. N'allez pas croire
que la chronique de l'épocrue s'en
trouve déformée ou avilie. Fuir un dan-
ger imaginaire 'en compagnie de gens
qui en fuient de réels comme les deux
aviateurs anglais abattus en France.
la femme du diamantaire juif d'Amster.
dam et son fils malade, cela revient aux
mêmes fatigues, aux mêmes souffrances
et aux mêmes angoisses. Les romanciers
qui retiennent la bride de leur imagi-
nation deviennent vite ennuyeux - et 1
n'en sont que moins profonds. Je lup-
pos9 que l'intrigue de Carte Forcée
pourrait servir de trame à un feuille-
ton commercial, mais ce que le feuille-
ton ne contiendrait certainement pas
c'est le second chapitre que Mégret a
fait avec une conversation entre Lise et
Clarisse au r leur amant commun. Pres-
que toutes les répliques de ces dames
arrachent des sourires de plcrisir. Leur
franchise polie et perfide est un régal
qu'au surplus la cruauté n'est pas
seule à relever. Allez donc savoir si tels
des mots, tels des regards qu'elles
échangent sont morsures ou caresses t t
i I
(1) Carte forcée roman par Chr18t1aa - ^
i&égret, Plan, éditeur.
SUR UNE COQUILLE D'OR
ON appelle coquille, en langage d'imprimeur, la, malencontreuse
omission d'une ou de plusieurs lettres, ou leur remplacement
par d'autres. Les résultats de ces erreurs sont parfois-si
cocasses qu'il est permis de se demander si la malice du typographe
n'a pas aidé le hasard-. Je me souviens de la légende d'une photo-
graphie bien anodine, dans un journa. de Bordeaux : un « a >
avait été fâcheusement remplacé par un « i ». Le texte initial
disait : « Le président Poincaré passe devant les jeunes filles du
lycée qui l'acclament follement. >
Il ne faut pas confondre la coquille et lp mastic. Le mastic est
l'opération involontai're à la suite de laquelle deux fragments d'ar-
ticles se trouvent placés l'un où l'autre aurait dû se trouver. Le
plus beau mastic dont j'ai gardé lè souvenir figura dans un quo-
tidien de l'Est, il y a un quart de siècle. Je le reconstitue de mé-
moire ; le premier article disait :
DEUX GARNEMENTS
Les peti s Paul Durand et Aambrolse Du-
pont, qui tiraient chaque soir les cordons de
sonn ttes de lia rue Saint-Aubin, ont été pris
sur l-e fait.
De nombreux amis *ont venus leur présen-
ter, à l'issue de la cérémonie, leurs meHI1eu1'l!l
vœux de bonheur et de prospérité.
Cependant que par ailleurs on pouvait lire : ;
UN BEAU MARIAGE
Hier a été célébré, en l'église Sainrt-Dewa-
vrin de Passy, Je mariage de Mlle Marguerite
de Loches, fille du comt" et de l'a comtesse,
née d'HyèrêS. avec M. Jean Riquès-Teman,
secré aire général de la préfecture.
Ils orot été conduits au poste et nous espé-
rons qu'une nuit passée à l'ombre les fera
réf échir à l'absurdité de l'acte qu'ils viennent
d-e commettre.
Mais parfois mastics et cbquilles ont une valeur en quelque
sorte symbolique. Ainsi celle qui, dans les colonnes de l'un de
nos confrères parisiens dénatura la devise du futur prince consort
du Royaume-Uni.
CONNAISSEZ-VOUS le blason d'e Philipp Mounbatten,
qui va épouser la princesse héritière d'Angleterre ? J'ima-
gine que si vous l'ignorez, votre santé n'en est i^.s affectée,
et que si vous le connaissez, un si précieux savoir ne vous fait pas
jeter des regards méprisants sur vos voisins de palier. Toujours
est-il que le fiancé a un blason. Il y a, en 1947, des gens qui
rêvent de s'enrichir et qui s'enrichissent ; d'autres qui rêvent de
libérer les hommes et qui les libéreront ; d'autres qui se penchent
sur les secrets de l'infiniment petit et qui les découvrent ; d'autres
qui scrutent les astres ; d'autres qui riment des sonnets à leur
belle ; d'autres encore qui du visage ingrat et détesté de leur belle-
mère font un chef-d'œuvre de la peinture contemporaine. Il en est
aussi qui ont un blason. Ils font hérité de leur père, qui l'avait
hérité du grand-père, lequel l'avait hérité de son père, et ainsi de
suite jusqu'à un épicier, un troupier ou un marchand de drap qui
le premier fut, il y a un siècle ou deux, blasonné : il est sans
exemple qu'un archéologue ait jamais retrouvé, avec un squelette
de l'âge de pierre, le moindre blason qu'il soit.
Le blason du lieutenant Mountbatten est très joli : l'écu pro-
prement dit comporte les armes des familles royales du Danemark
et de la Grèce (quelque chose comme un plan du Nord-Sud, quoi !).
Cet écu est flanqué d'un lion britannique et d'un hercule grec ; il
est à penser que la participation américaine est au verso. Sous ce
joli assemblage couronné de plumes d'autruche, une fière devise
dit : « God is my help », ou si vous préférez : « Dieu est mon
secours >.
. Or, par un 'fâcheux hasard, le confrère qui m'apprit tant de
belles et bonnes choses sur ce point d'héraldique fut victime d'une
coquille épouvantable qui frise le crime de lèse-presque-majesté.
Pour c God is my help », le typo imprima « Gold is my help » :
« L'or est mon soutien. »
By gold, pardon : by God ! Est-ce là ce qu'on appelle redorer
un blason ? Si encore il s'agissait de Paul, le parent qui occupe
l'emploi de roi de Grèce au Département d'Etat, on comprendrait...
Mais le prince consort !
Disons, pour pallier les effets injurieux d'une telle coquille,
qu'elle n'empêchera point. le propriétaire du blason d'être un jour
le mari de la reine d'Angleterre. Car telle est la force de la tra-
dition britannique que plusieurs dizaines de siècles après l'avènement
du socialisme dans tous les pays du monde, Elizabeth XXXVI sera
présidente de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques de
Grande-Bretagne et d'Irlande.
OU ALLER CE SOIR ?
PROGRAMMES
DU VENDREDI 21 NOVEMBRE
THEATRES
Opéra 20 33 Thaïs.
Opéra-Comique Soirée réservée.
Corn ,-F,anç.. 20 45
(Sal)e )t>rhe..i'u; Britmnicus
Salle J.n.emb 2n 45 Martine
Alhambra 21 Ballet de Monte-Carte
Ambg-u 21 La main de ma goeur.
Antoine ...... 21 La Femme de ta jeu-
nesse. -
Ambassadeurs 21 La Route des Indes.
Atelier — 21 L'Invitation au Châ-
teau
Athénée. 21 Knock.
Bffes-Parisien. 21 Couleurs du Thmpc j
Capucines 20.45 Avent. du Roi Pausole
Cas Montparn. 21 ClochemerJe,
Châtcet 20 30 VaJses de Vienne.
Coin Ch -Eiys. 21 L'Irnmaculée
Com. Wa-grain 21 Histoire très naturelle
Da.l>nou ,",. 21 Endevez-moi.
Edouard. VII .. 21 Boléro.
Gaitê- Lyrh ue Relâche.
Gaîté MOntp 21 Lii iom.
Gramont 21 Baby Hamilton
Grand-Guignol. 21 Meurtre au Village.
Gymnase 21 3 Garçons 1 Fille.
Hébertot .. ......... Relâche.
Humour 20 45. Jl'ai 17 ans.
La Bruyère .. 21 Des hommes viendront
Madeleine 21 Le Sexe faible.
Marigny, 20 45 Hamlet.
Mathurins 21 L'Empereur de Chine
Mt&het ...... 20.50 Une poule sur un mur.
blirh.dière . 21 iavez-vou® P.&ntez -es
choux
Mogador ............ Relâche
Monceau .... 21 M de Falindor.
Montparnasse.. 21 L'Archipel Lenoir.
Noctambules 21 Le Mal Court.
Nouveautés ....21 La Patronne
OEuvre .. • ■ 21 Le Mascaret,
Palais-Royal .. 21 Chasse gardée. ,
Pigalle 21 La Desc, aux enfers.
Potinière .... 21 Use mort sans Import
Ptc-St-Martin 21 Pour avoir Adri-nne.
Renaissance .. 21 La Route au Tabac
Sarah-Bernh 21 Liberté provisoire.
Samt-Gror-es 21 Un hom. cam. es aut.
Th. des Ch -Et. 21 Ballets des Ch -Elye.
Th d.. Poche 20 45 L'heure de ta Vérité
Th. de Paris. 21 Virage dangereux
Variétés 21 Le Mal de Pureté.
Vieux-Co omb. 21 Qui ''eut cru ?
MUSIC-HALLS
» B C 15-2;).45 La Revue du Rire.
Bobino Relàche.
Casino Paris 20 30 Pans Extr*-Drjf.
Européen Relâcha.
Folles-Bergère. 20.15 C'est de ta Folie
Luna-Park 15-21
Mayol .. 15-21 Nues et Nu..
P"tlt-OUIne il Celzas Otoârg
Th. de l'EtoBe .... Yves Montand.
CHANSONNIERS
Car 1Wpab1... 21 Soirplex, Qrello, L
J&MbaL
Coucon 21 Revue.. et dMsée
Deux-Anes .,.. 21 Ah 1 *leu = 1
Lune Rousse ..21 A Bride abattue.
Th. de DIz-B. 22 Quatrième Toc
Taverne de Paris... Ténor ChartancL
CIRQUES
Cirque a'Hfrw Rglftch*.
C Médrano 15-21 Les Nicholu Brothers.
carnet du parisien
VENDREDI 21 NOVEMBRE
13 h. 30 s Courses à MateoM-Laffitte.
14 h. 30 s Inauguration de l'exposi-
tion Marcel Proust à la Bibliothè-
que Nationale.
15 h. 45 1 45, rue de la Boétie :
« Georges Feydeau, notre grand .
comique », conférence par Marcel
Achard.
17 h. 45 1 101, boulevard RaspatI :
« La musique au Grand siècle »,
musique d'Eglise par M. Robert
Bernard.
20 h. 30 : Gala annuel de la Fonda-
tion Dranem de Ris-Orangis au
théâtre Bobino.
21 h. 1 Au théâtre des Bouffes-du-
Nord, première de la comédie de
René-Henry « Mariage à rebours ».
CINEMAS
FILMS FRANÇAIS
Agriculteur* Le Corbeau.
Aubert Palace .. P Fantômas.
Bonspart,e L'Arche de Noé.
Biarritz P Monsieur Vincent.
€ in écran P Le Diable souffle.
Clichy Palaoe .... P La Taverne du Pola-
son couronné.
Cotisée P Antoine et Antoinette
Eldorado P Antoine et Antoinette
Empire P Ils étaient 9 oél1ba.t.
Gaumont Palace.. P Bethsabée.
GaumOnt Théâtre P Fantômas.
Impérial P Le Diable souffle.
Lynx P Antoine et Antoinette.
Madeleine P Monsieur Vincent.
Marignan P Quai des Orfèvres.
Marivaux P Quai des Orfèvres.
Montrouge La Taverne du Pols-
son couronné.
moulin R"ge .. P Les req de Gibraltar
Normandie P Les req de Gibraltar
Olym pla P Les req de Glbraâitar
Palais Roohech... P La Taverne du Pois-
son couronné.
Pa.r6mOUDt P Antoine et Antoinette.
Portiques P Le Diable souffle.
Rex P Bethsabée.
RoyaJ Haussmann :
(Club) P Le Diable au corps.
(Studio) Gouipl ra&dng rouges.
FILMS ANGLAIS OU AMERICAINS
Apollo P Une femme Cherche
' son destin.
Artlstla P Histoire de fou y. o
Avenue P Cette nuit et tam. v.o.
Ba.lza.o P A ch&cun son destin.
Broadway P Le roman d'Aï Jolson.
California ...... P Le roman d'Al Jolson.
jCajnéo P Mon épouse favahte.
César P Les mille et une nuits
Cinémonde Opéra P Le roman d'Al Jolson
Ciné Opéra P Helzapoppln.
Cinéph. Roohech. P C&Pltai-ne Furie
— St Antoine P L'Ile des péchés oubJ
Clnépr. Oh.-EI:ys. P New Orléans.
- Cliohy .. P La mariée oéitbatalre.
— Ternes .. P Mon secrétaire tra-
vaille la nuit.
Club des Vedettes P Week end au Warld.
Elysées Cinéma.. P Week end au Wajld.
Ermitage P Le Facteur sonne tou-
jours deux fois.
Français P Overlanders.
Gaîté Clichy .... P La double énigme
Gaîté Rochech... P Avent. de Martin Eden
Helder P A chacun son deetin.
Le P&rle ........ P Les plus bel'es années
de notre vie.
La Royale P Le roman d'AJ Jolsoo.
Lord B yl'OQ P Henry V.
",'iwbeuf P Mon épouse favorite.
,dax Linder P Le /Facteur sonne tou-
jours deux fois .
Napoléon ........ P L'Impasse tragique.
Nw-York P L'Auberge des tueurs.
PagOde ....•••• Symphonie fantas.
Palace P L'Impasse tragique..
Palais Avron .... P pour qui sonne le s as.
Radio Ciné Opéra P attentat à Téhéran.
Radio Ciné Rép. P M. Smith agent secr.
Radio Cité Bastille P M. Smith agent secr,
Radio Cité Montp. P Cavalier Miracle (pre-
mière époque).
„ •• P Cette nuit et toujours
Royal Haussniatm :
(Méliès) P Cette nuit et toujours
Scala p A chacun son destin.
Studio Raspail 216 P M. Smith aigent secr.
Studio Rivoli .... P La chasse aux diam
Triomphe P Une femme cherche
son destin.
Vivienne p A chacun son destin.
FILM MEXICAIN
Panthéon Maria Candélae,&.
Plasa Oméae .... P Maria Candélaria.
FILM SOVIETIQUE
Studio Etoile .... P Vanla
FILM SUEDOIS
Unrullnes Le Chemin
(P : permanent tous les jours)
[■ Hàtez-vous... Dernières eu n
THEATRE DE PARIS |
du - grand succès de la saison I 1
VIRAGE DANGEREUX I
avec RAYMOND ROULEAU I
Soir. 21 h. 15 (sf lundi). Mat., dlxn. 15 .h
■ coucou mm
!LES AS DE LA CHANSON <
RENE - PAUL et Robert ROCCA /
Pierre JACOB, Robert DINEL, avec ?
Géo CHARLEY et Roméo CARLES )
BEVUE... et DIRIGEE 1
de Pierre JACOB et DENIS-MICHEL 1
Dim. Matinées à 14 h. 30 et 17 h. 30 >
I***************** SALLE PLEYEL mwvuhwmk
\\ Dimanche 23 Novembre, de 9 heures à 19 heures
!! JOURNEE NATIONALE D'AMITIE FRANCO-SOVIETIQUE ji
* k • 7iti. f eru sTtMoMde.' flMWnn d o * 1 '
Madame COTTON - MM. le Professeur CHEVALIER «»
J, Armand SALACROU - Docteur ROUQUES - Louis SAILLANT S
<» Paul ELUARD - Général PETIT Jf
«J — En intermède : <►
ît MUSIQUES - POEMES - CHANTS • «!
FILM INEDIT
# Invitations gratuites à FRANCE-U. R. S. S., 29, rue d'Anjou, 29 Ç
TH. DE L'ALHAMBRA ORHF
BALLET DE MONTE-CARLO
EN RAISON DE L'IMMENSE SUCCES
PROLONGATION JUSQU'AU 27 NOVEMBRE
IBBBHHHBHBHIHH Loc. toutes Agences HflBHBHHHHHHB
MARIANNE MICHEL
change de climat
Marianne Michel, vedette de la
radio, créatrice de chansons à suc-
cès, va abandonner la direction de
son cabaret des Champs-Elysées.
Elle désire changer d'air et de
climat. Où va-t-elle transporter
sets pénates ? Même à s«« intimes
elle n'a rien confié de ses projets,
mais son grand désir serait de
rouvrir un cabaret 1900 — la mode
oblige.
La France sera-t-elle une colonie américaine ?
UNE GRANDE ENQUETE DE GEORGES SORIA
LA RECONSTRUCTION DE NOTRE PAYS :
UNE AFFAIRE POUR LES U.S.A.
En nous envoyant de coûteuses maisons préfabri-
quées, les Etats-Unis assurent du travail à leurs
ouvriers, mais pour les nôtres c'est le chômage
1
D ANS le discours qu'il prononça le 14 octobre dernier, à Dunkerque, M. Ramadier
inaugurant la remise en service d'une partie du grand port de la mer du Nord,
déclara que « les crédits du plan Marshall seraient affectés, pour une large moi-
tié, à la reconstruction ». Ce faisant, M. Ramadier dévoilait, en même temps qu'un secret
jusqu'alors assez bien gardé, l'intention délibérée de son gouvernement de faire de la
reconstruction une affaire américaine, au risque de ruiner complètement nos petits
~ entrepreneurs et de faire disparaître progressivement notre industrie du bâtimént.
A la lumière de cette déclara-
tion, l'on* comprenait soudain
pourquoi les premiers ministres
socialisteis s'étant succédé au
gouvernement, avaient imposé, de-
puis fort longtemps déjà, au mi-
nistère de la Reconstruction cette
politique qui aboutit aujourd'hui
à la fermeture d'un certain nom-
bre de chantiers, à la suppression
des crédits affectés à la recons-
truction, au lancement des em-
prunts professionnels, cette poli-
tique qui est la destruction à la
fois rageuse et systématique de
l'œuvre accomplie par MM. Billoux
et Tillon durant leur gestion de
ce ministère.
Nous avons déjà eu l'occasion
d'examiner dans un précédent ar-
ticle les conséquences que la sup-
pression des barrières douanières
aura prochainement sur notre in-
dustrie artisanale du bâtiment.
Rappelons-en cependant pour mé-
moire, l'essentiel. L'abaissement
des tarifs douaniers rendra possi-
ble l'invasion du marché français
par des maisons préf8Jbrlquée.s
américaines. Nous recevrons d'ou-
tre-Atlantique des jnaisons en
pièces détachées et ce ne seront
pas des entrepreneurs français à
qui incombera la tâche de les
monter. Des compagnies d'outre-
Atlantique s'en chargeront, privant
par là même des centaines de mil-
liers de travailleurs de leur gagne-
pain. Une fois ces maisons cons-
tru.ite.s les compagnies américaines
continueront d alimenter le mar-
ché. Grâce aux pièces de rechange
dont le remplacement devra être
prévu, celles-ci pourront écouler en
France las nombreux articles de
plomberie, d'appareillage électri-
que, de chauffage, des toitures, etc.
sans lesquels ces demeures, con-
çues pour une durée de vingt-cinq
ans tout au plus, ne sauraient
présenter des .conditions accepta-
bles du point de vue de l'habitat.
Les U.S.A. nous gratifient
d'une crise pour l'éviter
chez eux
L'émotion qui s'est emparée des
milieux du bâtiment au lendemain
de la signature des accords de Ge-
nève prouve que lea entrepreneurs
et les ouvriers du bâtiment ont
parfaitement compris que l'impor-
tation en France de maisons préfa-
briquées américaines signifierait
leur ruine en même temps qu'elle
offre aux U.S.A. un débouché ines-
péré pour juguler la crise nais-
sante qui déjà se manifeste là-
bas dans cette branche de la pro-
duction.
Au lendemain de la guerre, les
anciens combattants américains
reçurent des indemnités substan-
tielles, qu'ils envisageaient de
consacrer à l'achat au comptant
ou à crédit de maisons préfabri-
quées. Un programme important —
connu sous le nom de programme
Wyatt fut même mis sur pied pour
satisfaire ces besoins. L industrie
américaine du bâtiment équipa des
usines capables de construire des
logements à la cadence de plu-
sieurs millions par an. D'après les
prévisions faites à cette époque,
le marché intérieur devait être sa-
turé à partir de 1945. Depuis cette
date, il s'est produit un phénomè-
ne particulièrement important aux
U.S.A. : les prix ont commencé
à grimper et à l'heure qu'il est, le
pouvoir d'achat de la monnaie a
diminué de près de moitié. Et les
beaux rêves des G.Is se ,sont en-
volés avec l'inflation montante.
Aujourd'hui, l'industrie américai-
ne est, pour ces raisons précises,
obligée de se tourner vers l'étran-
ger pour ne pas garder en stock
ces préfabrications. Voilà, .très
exactement pourquoi, M. Ràma-
die.r et les avocats du plan Mar-
shall, ainsi que les signataires des
accords de Genève, ont imaginé de
nous gratiner g,eroc crédits amé-
rloaina b.
Le sabotage de fci
Reconstruction par le
gouvernement Ramadier
A vrai dire, l'opération dont M. Ra-
madier dévoila l'essentiel dans son dis-
cours de Dunkerque, avait été préparée
de longue date. Les hommes du parti
américain devaient d'a,bord convaincre
les Français qu'ils n'avalent rien a es-
péNn" de leur propre effort et que la
reconstruction était une entreprise vouée
à l'échec. De là à en arriver au sa-
botage de la Reconstruction, Il n'y avait
qu'un pas & faire. Voyons comment Il
fut franchi. i
Au lendemain de la libération, lors-
que M. Billoux prit en main le minis-
tère de la Reconstruction, un grand es-
poir s'était emparé des cinq millions
de sinistrés que l'invasion, les bombar-
dements anglo-américains et la guerre
avaient laissés dans une situation an-
goissante. M. Bijoux avait obtenu des
crédits qui, pour ne pas atteindra le
plafond souhaité, n'en permettaient pas
moins le démarrage de la reoonatruc-
i tion. Succédant à M. Dautry, qui avait
favorisé les gros entrepreneurs, il de-
manda que certains marchés conclus
dans des conditions «candaleuses, fus-
sent examinés à nouveau. Plusieurs di-
zaines de milliards, détournés de leur
destination, pouvaient ainsi rentrer dans
les caisses de l'Etat et augmenter le
volume des crédita destinés à la recons-
truction.
- Les crédits sont bloqués
le ciment et l'ackir
délivrés en quantités
dérisoires
Cela n'eut pas fileur de plaire au
gouvernement de M. Léon Blum qui,
pour mettre en difficulté l'œuvre ac-
complie par M. Billoux, commença a
rogner les crédits que celui-ci avait de-
mandés. C'est ainsi que, sur les 252
milliards de francs demandés par M.
BUIoux pour l'année 1947, M. Blum
ne retint que 100 milliards. Qui plus
est, il fit bloquer les 40 0/0 de cette
somme. De sorte que le ministre n'avait
plus à. sa disposition que 95 milliards
de francs. La reconstruction étant l'une
des tâches principales de l'après-guerre,
n'était-!! pas évident qu'en réduisant
les crédits destinés à la financer, on
ouvrait par là même la porte à une
éventuelle Invasion du marché français
par les préfabrications américaines ?
A cette politique d'asphyxie financiè-
re, se greffait naturellement une autre
politique, qui en était le corollaire : les
matériaux essentiels de la reconstruc-
tion, c'est-à-dire les contingents de ci-
ment et d'acier distribués, diminuaient
de Jour en jour. A telle enseigne que
si l'on compare les quantités de ciment
délivrées au ministère de la Reconstruc-
tion, durant le troisième trimestre 1946,
à celles qui sont prévues pour le qua-
trième trimestre 1947, l'on se rend
compte que l'on a délibérément boycotté
la Reconstruction. Qu'on me permette
de citer ces chiffres :
4e trimestre 1946 :
270.000 tonnes de ciment.
4e trimestre 194T :
180.000 tonnes de ciment.
Pour l'acier, le tableau est encore
plus grave :
4. trimestre 1946 : 60.000 tonnes.
4* trimestre 1947 : 36.000 tonnes.
Les gros entrepreneurs
sont avantagés
au détriment
des petits sinistrés
Cet étranglement de la reconstruction
française, que les chiffres cités plus
haut prouve mieux que tous les com-
mentaires, s'accompagna d'un scanda-
leux traitement de faveur accordé aux
gros entrepreneurs. En limitant les
avances aux sinistrés, à 70 % de la
part supérieure à deux millions de
francs. on faisait délibérément le jeu
des organismes munis de nombreux ca.
pitaux et n'ayant pas besoin de recou-
rir aux emprunta de l'Etat. On éljml.
nait. en fait, les petits sinistrés. Les
banques d'affaires s'emparaient du
, marché de la reconstruction ou plus
exactement du secteur qui, dans les
p'ans gouvernementaux, n'était pas dé-
volu à « l'aide américaine >. Cela si-
gnifiait que les sinistrés n'ayant pas
de compte en banque important n'a-
vaient plus l'espoir de bénéficier de
l'aide de l'Etat.
Dès que les ministres communistes
furent écartés du pouvoir par le parti
américain, la Reconstruction commença
à péricliter. De nombreuses petites en-
treprises sont aujourd'hui obligées de
fermer leurs portes. Les ouvriers sont
congédiés. Ce sont, soit des petits en-
trepreneurs travaillant pour leur comp-
te, soit des entreprises travaillant pour
la S.N.C.F.
Hier encore, en menant mon enquête,
J'avais l'occasion de m'entretenir avec
des entrepreneurs du bâtiment de la
région parisienne. L'un d'entre eux, qui
dirige une entreprise où travaillent
95 ouvriers, et avec qui j'évoquais les
conséquences qu'auront demain les ac-
corda de Genève sur l'Industrie du bâ-
timent, me disait, après une conversa-
tion d'une heure t
— Merci. Vous m'avez ouvert les
yeux 1
Les entrepreneurs ne sont pas seuls j
à interroger l'avenir avec angoisse. Des ;
centaines de milliers de travailleurs du :
bâtiment sont déjà hantés à l'idée que
le chômage et la misère pourraient s'a.
battre un Jour prochain dans leurs
foyers. Quant aux sinistrés, 11s ne se
font plus, à vrai dire, beaucoup d'illu-
sions.
Désormais, le pays est alerté. C'est
à lui d'agir pour éviter qu'après le ci-
néma, l'automobile, l'aviation, l'agri-
culture et de nombreuses autres bran-
ches de la production, l'œuvre éminem-
ment française de la. Reconstruction ne
tombe définitivement aux mains des
banques d'affaires new-yorkaises et de
ces étranges avocats, qui les représen-
tent aujourd'hui au pouvoir, en France.
(A suivre.)
(Copyright Georgea Soria and « Ce
soir ».) Voir « Ce soir » des 6, 7, 8, 9,
12, 13, 15, 18 et 20 novembre.
Mots croisés
PROBLEME N° 126
HORIZONTALEMENT. — 1. Force expan-
sive. — II. Sarcopte. — m. LI: tête dessous,
c'est l'Idéal'pour certains. ne. — IV. Poussé.
Grave. — V. Boisson. Ou à l'eau. — VI. Où
Il y en a le p'alslx manque. Possessif. — VII.
Rudes travailleurs. Ee fauche. — vrn. Capi-
tale. — IX. On en falit des mouchoirs et
les catatplasmes. Couvert de métal. — X:
rentatjve. En matière de.
VERTICALEMENT. — 1. Veste révolution-
Ilalre. — 2. Pamg. Chef-dleu de c&nton. —
3. Coule en Bav ère. Instruments compliqués.
— 4. Choix. Légumlneuae, — 5. Caractères
islandais. Soutien. — 6. Département. Tout
va. bien quand l'affaire y est. - 7. Mou-
.enta répétés et .Jqu«. Maison d'amou-
,,eux. — 8. lndlvw-ble. Homme chaste par
Profession, en principe. — 9. Le salon du
jauvire. En Haute-Saône. - 10. Sculpteur et
seintre du XIX* qui a sa rue dans le 180.
Généralement confondus avec les galeux (C.C.)
SOLUTION DU N° 125
Horizontalement. — 1. JournaIL«. - n.
Abreuva. Sa. — m. Me. Peint. — IV. Bi-
laasoa. — V. Or an. Eluda. — VI. Ida. Irun.
- VrI. Négus. Nus. — VIII, Nettes. — IX.
Me Ré. M1. — X. Us. VériMe.
V"ticalunent — 1. Jambonneau. - 2.
>bétr. Is. — 3. Ur. Daigne. — 4. Répandue.
- 5. Nues. Astre. — 6. Avisé. Ter. — 7.
L,aaoline. — 8. Taures. — 9. Es. Due. Ml.
— 10. Raglan. Ole.
A MOI LE POMPON !
VOICI bute PIERRETTE POMPON, ETUDIANTE EN PEINTURE, QUI VIENT
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REATE, QUI N'A QUE 17 ANS, L'A EMPORTE SUR PLUSIEURS MILLIERS
DE CONCURRENTES, SON MODELE, UNE ROBE &OUR LE REVEILLON, EST
REALISE PAR UN GRAND COUTURIER. Mlle POMPON VIENT D'ESSAYER « SA
ROBE », CELLE DONT ELLE A REVE, ET QUI LUI APPARTIENT DESORMAIS.
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Il - CARY S
t GRANT ■
S IRENE il
t DUNNE 1
i Î-~,~v 0
FANTÔMAS vole des Blondes
Le grand roman inédit de Marcel Allain
RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS
•JLa. — Fantômas, malfaiteur public no 1, enlève le8 blondes
de Paris. Il annonce insolemment par une carte à la presse
qu il fera disparaître quatre blondes par jour. L'angoisse
règne.
Hélène,. la fille innocente du Maître du crime a disparu après
N'être teinte... en blond. Fandor aime Hélène.
Il tombe aux mains de Fantômas à la suite d'un guet-apens.
Assomme, puis asphyxié par lemonsire, il se réveille en ptteuu,
état, dans une cabane de la Butte. C'est Javot, l'inquiétant
indicateur, qui est venu à temps aveo les pompiers pour le
sauver. j
CHAPITRE XIV (Suite)
LES ANERIES DE FANDOR
JEROME avoir FANDOR, sans le moindre doute, exagérait ! Après
avoir dérangé de nombreuses personnes, après avoir été
le héros d'une aventure qui était incompréhensible à lOUAI
ceux qui s'étaient employés à le rappeler à la vie, il mani-
festait sans vergogne le désir de s'éloigner sans fournir la moin.
dre explication !
Telle était, cependant, sa célé-
brité, telle était surtout l'angois-
se qui régnait sur Parie, depuis
que Fantômas, de nouveau, y fai.
sait régner la peur en maîtresse,
que nul ne protesta !
Chacun de ceux qui étaient là
ne savait-il point, ne soupçon-
nait-il pas au moins, que le j-our.
naliste avait faillld payer de sa.
vie une enquête qui devait avoir
quelques rapports avec les dra-
mes dont tout Paris s'entrete-
nait ?
— Si vous voue sentez assez
fort ! commença Le docteur.
— Je me sens en parfait état J
affirma Fandor.
Et, tirait de sa poche une ciga-
rette, le jeune homme tourna
vers Javot :
— Mon vieux, vous fajt&s les
formalités indispensables hein 7
Je compte sur voua ? Mol, je file
voir Juve... Nous nous retrouve-
rons ce soir ?
— Sûrement;, Monsieur Fan-
dor ! A vos ordres !
Il était charmant, oe Javot !
Il faisait preuve d'une extrême
modestie. Surtout, il se révélait
d'une parfaite discrétion...
N'évitait-il pas, devant tant
témoins s'étants, des questions
qui pouvaient embarrasser le res-
capé ?
DANS tes le taxi qui, cinq minu-
tes plus tard, l'emportait
vers les service* de la SÛ-
reté, ce n'étaient point, cepen-
dant des pensées de gratitude
^ue Jérôme Fandor nourrissait à
1 endroit de son sauveteur...
Jérôme Fandor, évidemment,
savait bien qu'il n'avait jamais
écrit à Javot. Pourquoi donc. dès
lors, était-ce précisément ce lou-
che garçon qui, une fois de plue,
se trouvait sur sa route ?
L'affaire, en elbe-même, parais-
sait aj='sez simple...
Fantômas lui envoyait Bouzllle
se servait du nom d'Hélène pour
l'attirer dans un guet-apens...
Puis, dans le même temps qu'il
ourdissait son piège, Fantômas,
encore, adressaIt à. Javot cette
lettre, œuvre d'un faussaire émé-
rite, qui décidait Javot à visiter
la cabane où Fandor, victime
d'un soporifique, serait abandon-
né par lui...
— Donc, concluait Fandor,
réellement, Fantômas n'a pas
voulu ma mort !
Mais, s'il en arrivait à cette
certitude, Fandor n'en éprouvait
que plus d'épouvanté !
Fantômas l'avait épargné. Pour
quelle raison ? Eh ! n'était-ce
pas parce qu'il avait été — pour
une fois — parfaitement sincère
en avouant son angoisse au sujet
de sa fi]J.e ?
Hélène avait disparu...
Le Maître de l'épouvante «up-
pliait Juve de la sauver...
La jeune fille courait-elle donc
un danger ?
Qui, pourtant, si ce n'était pebs
Fantômas. avait pu s'emparer
d'Hélène ?
Et le fait qu'Hélène s'était
teinte en blond avait-il le moin-
dre rapport avec sa disparition ?
Torturé d'inquiétude en pen.
sant au sort d'Hélène, Jérôme
Fandor songea :
— Juve, seul, peut débrouiller
oe mystère. C'est le sentiment de
Fantômae. Parbleu 1 c'est le
mien aussi !
Et de rage II serra les poings :
— Juve a compris quelque cho-
se que je ne soupçonne pas et
qu'il ne veut pas me dire ! Ah !
maintenant qu'Hélène est en pé-
ril. je saurai bien le forcer à
parler !
Mais ce fut d'abord Fandor qui.
dut renseigner le policier !
Juve, qui se trouvait dans son
bureau, écoutait en effet le jour-
naliste avec un soin extrême.
Très pâle, dominant avec peine
une émotion certaine, Juvè mul'
tipliait les questions :
— Tu es certain de m'avolr
tout raconté ? demandait-il enfin
quand Fandor achevait son récit
Tu n'omets aucun détail ?
— Pas que je sache !
— Alors ? Ta conclusion T
— Mais je n'ai pas de conclu-
sion ! Il faut sauver Hélène t
Voilà. ! C'est tout ! Fantômas
lui-même a .peu.r pour elle...
— Tu di-s : Fantômas ?'
Jérôme Fandor sursauta :
— Mais oui ! Fantômas !...
Ah ça ! voue me croyez pas...
— Achève !
— Vous ne croyez pas que mon
ravisseur ait été Fantômas ?
La. voix du journaliste trem-
blait...
Il n'avait pas conçu le moindre
doute sur l'identité du misérable
qui l avait attaqué. Juve d'aven-
ture, mettait-il en question !a
personnalité de cet assaillant ?
Il ne répondit pas à Juve.
Les yeux à demi fermés, la
tête un peu penchée en avant, il
paraissait s'absorber dans de tra-
giques réflexions.
— Vous ne croyez pa^ que c'é-
tait Fantômas ? insista Fandor.
— Si !
— Mais voua n'en êtes pas
8ftr ?
— Mon petit Fandor, tu es un
&nfant ! Je mettrais mes deux
mains au feu, au contraire, que
c'était bien Fantômas qui te par-
lait...
—- Mais, alors, Hélène n'a pa4
été prise par lui ?
— Ta ! ta ! ta !... Ne mêlons
! Le sort
d Hélène n a rien à voir aveo
l'identité de ton agreaeuŒ'...
— Par exemple !
— C'est comme cela, Fa.ndor 1...
Et si tu faisais travailler ton
cerveau...
Mais Fandor n'éoowtalt
plus !
Il évoquait eo lui-même
les tragiques instants où il s'é-
tait trouvé, face à face avec le
Maître de l'effroi...
Non ! Fantômas n'avait pe.e
menti quand il parlait de sa
fille ! Non ! l'inquiétude affreu-
se qui avait percé dans sa voix
n'était pas, ne pouvait pas être
feinte !
— Pourquoi, Juve, aurait-Il
fait appel à voua ? Pourquoi se
serait-il emparé de moi et m'au-
rait-il épargné s'il avait menti ?
Mais, de nouveau. Juve se tai-
sait...
Oh ! ce n'était plus, certes,
:ru'Jl feignit l'indifférence com-
me 11 l'avait feinte jusqu'alors !
Juve, tout au contraire était
sûrement, profondément 'boule-
versé par les propos de Fandor...
Mais. .cep&ndant il demeurait
immobile, ne tentait rien n'agria-
sait pas, ne proposait même au-
cun plan l
— Juve ! supplia, Fandor leu
secondes pressent 1 Qu'mUez-
vous faire ?
Et il ajouta i
— Par Javot, ne p ou rriona - n oua
apprendre quelque chose ? Ne
voyez-vous pas que ce garçon
est toujours bizarrement sur ma
route ? Ne croyez-vous pas, avec
moi, que cet indicateur louche...
— Tels-toi, Fandor ! coupa
brusquement Juve. Les &ne.r!ea
ne doivent plus noua faire per-
dre du temps !...
Puis il tira sa. montre et. in-
compréhensible, reprit :
. — Oh ! Il n'est encore que six
heures !... Aliéna ! ça va ! Les
aneries peuvent encore aller...
Tu disais ?
(A trnAvre)
Copyright by Maroel Allais
and Ce noir..
Les livres qu'il est utile de lire
PAR EMILE DANOEN
L'HISTORIEN CROYAIT
FUIR LA GESTAPO...
...c'était sa maîtresse qui
avait machiné le coup
JEAN LAFRIELLE, de Carte forcée (1), est non seulement
M t historien, mais aussi grand amateur de verres d'eau. Fi 1
de l'eau ? Bah ! il ne crache pas sur la fine, et quant aux
verres d'eau en question, il appelle ainsi les séances d'initiation
amoureuse dont profitent des jeunes fi1lles du meilleur monde qui
viennent à lui en se le recommandant l'une l'autre comme leurs
dames de mères se passent en douce le nom du confiseur qui leur
vend du chocolat sane tickets. Il en prévient toujours à l'avance sa
maîtresse, la riche Mme Lise ***. « Ce soir, il y a la petite Une
Telle qui meurt d'envie que je l'initie au plus commun des mys-
tères. » Et après la chose, il revient frais comme l'œil boire son
Champagne. Son Champagne, c'est Mme Lise ***.
Un jour, ayant jeté sur un fauteuil
la robe de chambre qu'il venait d'ôter#
Jean Lapriel reconnut le nez de l'hom-
me qui longeait le quai nous lequel
passe, en suivant la Seine, la voie fer-
rée Paris-Versailles. C'était le même
nez qu'il remarquait souvent à ses
trousses depuis quelques jours. A l'é-
poque, un écrivain pouvait tout redou-
ter de la Gestapo s'il avait publié quel-
que ouvrage mctlencontreux. Christian
Mégret affirme crue Monsieur Jean La-
priel était l'auteur d'un Cromwel qui
avait réussi à indisposer les journaux
collaborateurs tout autant que ses amis
d'-extrême-gauche. Le nés long et pointu
trop souvent repéré le poussa à entre-
prendre l'escalade clandestine des
Pyrénées, en compagnie de Clarisse.
Un,9 ampoule ouverte au pied gauche
l'arrêta à quelques heures de marche
de la frontière espagnole. Mais Il trouva
le moyen, un peu plue tard, de gagner
la Suisse. Clarisse, qui lui avait déjà
appris _ qu'elle attendait un entant de
lui, lui révéla aussi que le mouchard
aux grandes narines n'appartenait pas
à -la Gestapo, -mais à une société de
pouce privée à laquelle Mme *** ver-
sait mille francs par jour pour faire peur
à monsieur Lapriel. Mme espérait
par ce moyen le pousser à gagner
l'Afrique du Nord, afin de le séparer
de sa secrétaire amoureuse. On voit
que Mme *** avait beaucoup d'argent.
Chriticm Mégret est un romancier qui
ne craint pas la machinerie romanesque.
Disons tout de suite qu'il aurait tort,
car il s'en sert avec une grande
adresse. L'histoire fait marcher le lec-
teur au moins autant que Lapriel, B(I
fidèle Clarisse et les fugitifs que Pépé
guide vers l'Espcrgne à travers les em-
bûches pyrénéennes. N'allez pas croire
que la chronique de l'épocrue s'en
trouve déformée ou avilie. Fuir un dan-
ger imaginaire 'en compagnie de gens
qui en fuient de réels comme les deux
aviateurs anglais abattus en France.
la femme du diamantaire juif d'Amster.
dam et son fils malade, cela revient aux
mêmes fatigues, aux mêmes souffrances
et aux mêmes angoisses. Les romanciers
qui retiennent la bride de leur imagi-
nation deviennent vite ennuyeux - et 1
n'en sont que moins profonds. Je lup-
pos9 que l'intrigue de Carte Forcée
pourrait servir de trame à un feuille-
ton commercial, mais ce que le feuille-
ton ne contiendrait certainement pas
c'est le second chapitre que Mégret a
fait avec une conversation entre Lise et
Clarisse au r leur amant commun. Pres-
que toutes les répliques de ces dames
arrachent des sourires de plcrisir. Leur
franchise polie et perfide est un régal
qu'au surplus la cruauté n'est pas
seule à relever. Allez donc savoir si tels
des mots, tels des regards qu'elles
échangent sont morsures ou caresses t t
i I
(1) Carte forcée roman par Chr18t1aa - ^
i&égret, Plan, éditeur.
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