BILL BILL BILL BILL 567
Au mois de mars 1887, le conseil municipal
de Paris, saisi de plusieurs plaintes relatives
au commerce des billets de théâtre, invita le
préfet de police à examiner s'il ne serait pas
possible d empêcher certains abus, celui no-
tamment qui se produit aux premières re-
présentations d'une pièce dont l'annonce
seule a sufR pour attirer la foule. En pa-
reilles circonstances, des industriels acea-
parent la location et revendent les billets à
des prix invraisemblables. Quelque regret-
table que soit cette façon d'agir, il est diffi-
cile de l'empêcher sans porter atteinte au
principe de la liberté de l'offre et de la de-
mande. Vous êtes pressé d'aller voir la pièce
à succès, vous voulez aller au théâtre le
soir même, le bureau de location n'a plus
rien. Un marchand de billets vous offre des
places avec une majoration de prix. Vous
êtes libre d'accepter ou de refuser. Que
peut-on trouver de mauvais à ce que le mar-
chand de billets profite des impatiences du
client? Il n'y a, dans le commerce auquel il
se livre, rien de répréhensible et nul n'est
obligé de subir les conditions auxquelles il
offre sa marchandise.
Par contre, il est, en matière de billets de
théâtre, une industrie dangereuse et qu'il est
utile de faire disparattre c est celle des car-
tonniers ». Voici en quoi consiste cette indus-
trie, qui constitue une escroquerie véritable.
Une personne se présente dans la journée au
bureau de location d'un théâtre pour prendre
des places à l'avance. Toutes les bonnes places
sont prises. L'amateur de spectacle s'en re-
tourne ennuyé, lorsqu'il est racolé à la porte
même du théâtre par un individu qui lui offre
d'excellents fauteuils numérotés. Alléché par
cette offre séduisante, l'amateur se laisse
entraîner chez un marchand de vins où se
trouve le cartonnier. Celui-ci, sans hésiter,
montre le plan du théâtres, et le client choisit,
de face au premier ou au second rang, les
places qu'il désire occuper. Le marché est
conclu à 25 pour 100 au-dessus du prix de
la location; mais le cartonnier ajoute qu'il
faudra revenir le soir. Or, le soir, il fait
faire queue par un de ses hommes, qui prend
des places quelconques, mauvaises, puisque
les bonnes ont déjà été louées, et il remet
ces places, sur lesquelles il a eu soin d'in-
scrire les numéros choisis, au client naïf.
Quand celui-ci se présente dans la salle, les
déplacement et à coup sûr, un bénéflea de 10
pour 100. Le marchand a pour lui pour 100.
L'opération pour ce dernier est fructueuse si
la pièce réussit mais si c'est un four, pour
nous servir de l'argot du théâtre, le mar-
chand de billets est exposé à subir des pertes,
parfois très considérables. Le marchand de
billets est installé généralement dans un café
ou chez un marchand de vins, tout près du
théâtre. Il a sous ses ordres des employés
chargés de stationner devant le théâtre et
de racoler les clients qu'ils voient se diriger
vers le bureau de location.
En dehors des billets d'auteur, ces mar-
chands vendent aussi des billets que les théâ-
tres eux-mêmes leur cèdent à moitié prix et
en vertu d'un traité. Voici dans quelles con-
ditions se passe ce traité. Les marchands de
billets sont presque tous chefs de claque. Les
directeurs de théâtre font payer ce dernier
poste un prix assez élevé, qui atteint
60.000 francs pour trois ans dans quelques
théâtres; mais ils accordent au chef de cla-
que 20.000 francs de billets par an, billets
numérotés et à 59 pour 100 meilleur marché
qu'au bureau. Qu'une pièce à succès fasse
courir la foule, les marchands vendent leurs
billets 25, 30 et 50 pour 100 plus cher qu'au
bureau. On comprend dès lors les bénéfices
extraordinaires qu'ils peuvent réaliser. Aussi
forment-ils une véritable corporation qui, si
elle n'est pas nombreuse, est du moins très
riche. Plusieurs de ses membres ne se con-
tentent pas d'être marchands de billets. Il en
est qui commanditent le théâtre auprès du-
quel ils fonctionnent, et, en 1886, deux d'en-
tre eux ont commandité le théâtre de Paris
pour une somme dépassant 50.000 francs.
Presque tous du reste vendent leur charge
comme les agents de change et se retirent
après fortune faite.
A côté du marchand dé billets installé à
poste fixe dans un café ou chez un marchand
de vins et indépendamment des employés
qu'il occupe, moyennant un traitement fixé
d'avance, fonctionnent les pierreux., pau-
vres hères stationnant devant le théâtre
pour leur propre compte. Ils raccrochent un
client qu'ils amènent au marchand de billets.
Le client leur donne un pourboire et le mar-
chand une prime de vingt sous par billet
vendu. Ce sont ces pierreux que l'on voü,
avec les employés des marchands de billets,
poursuivre les passants aux abords des théâ-
tres et offrir d'une voix enrouée, qu'ils s'ef-
forcent de rendre persuasive, des places
moins chères qu'au bureau*. Ce racolage
est absolument interdit par une ordonnance
de 1794, remise en vigueur en 1838, en 1881
et en 1884. Mais la préfecture de police est
impuissante à le faire cesser. Les agents ar-
rêtent les racoleurs et les conduisent au
commissariat de police, Là, on les fouille,
mais comme ils n'ont pas de billets sur eux,
on est contraint de les relâcher en l'absence
de tout corps de délit. Les agents n'ont pas
le droit d'opérer des descentes chez les dé-
bitants de vins où s'abrite la marchand. Or,
c'est là que les billets se vendent.
places sont occupées et toute réclamation
est inutile, puisque les personnes qui les oc-
cupent sont, elles, régulièrement nanties du
coupon de la location. Le client trompé n'a
qu'à se résigner et à se taire. C'est de ce
côté que la police a à intervenir.
Billet de logement (Ls), opéra-comique
en trois actes, livret de MM. Boucheron et
Burani, musique de M. Léon Vasseur, repré-
senté aux Fantaisies-Parisiennes le 15 no-
vembre 1879. L'aventure est singulière. Le
baron de Montagnac père a substitué un de
ses bâtards à un enfant de sa femme, fruit
des œuvres de François ler, et a abandonné
celui-ci à un aventurier nommé la Coliche-
marde. Le fils illégitime est devenu baron
de Montagnac et épouse une jeune fille au
moment ou l'officier Gontran vient loger au
château. Avant que le mariage ait été con-
sommé et après les péripéties sans lesquelles
il n'y aurait pas de pièce, duel avec le colo-
nel, condamnation de l'officier par le conseil
de guerre, Gontran reprend son nom et son
titre et épouse la baronne. La lecture d'un tes-
tament du vieux Montagnac a suffi aux au-
teurs pour démêler cet imbroglio.
On remarque dans l'ouverture un agréable
motif en la majeur; dans le premier acte,
une fuguette andantino, d'un bon effet vocal,
mais bien dépaysée à cette place; les cou-
plets de Douce, Oui, deux grands rois; la
romance de Gontran, Vous n'êtes plus la
jeune fille, dont le dessin d'accompagnement
par la clarinette manque toutefois de correc-
tion à la fin du morceau, et le finale, dans
lequel il y a de bonnes choses, notamment
des phrases en canon et un style d'imi-
tation soutenu et bien traité. Ce travail a
été presque entièrement perdu à l'exécu-
tion, car les troupes qui jouent ces ouvrages
ne se composent pas de chanteurs assez bons
musiciens pour bien exécuter ce genre de
musique. Les deux autres actes ne contien-
nent rien de saillant. Distribution Hélène,
Douce, Mariette, Mmes Humberta, Tassilly,
Lioger; Gontran, la Colichemarde, le colo-
Jannin, Bellot.
BILLET (Félix), physicien français, né à
Fismes (Marne) le 15 septembre 1808. mort
à Dijon le 26 janvier 1882. Admis à l'Ecole
normale supérieure en 1830,il en sortit agrégé
et docteur en 1833 et professa la physique
successivement aux lycées de Nancy, de
Marseille et de Rouen. Le 29 octobre 1845, il
fut nommé professeur de physique à la Fa-
culté des sciences de Dijon et devint doyen
de cette Faculté en 1873. Le 23 décembre de
la même année, l'Académie des sciences
l'élut, à l'unanimité, membre correspondant,
en remplacement de Wheatstone, devenu as-
socié étranger. Il s'est fait connaitre du
monde savant par de remarquables travaux
dont les plus connus se rapportent à l'opti-
que physique, et son nom reste attaché à un
appareil interférentiel les demi-lentilles de
Billet. Parmi ses mémoires, qui ont été pu-
bliés, partie dans les Mémoires de l'acadé-
mie de Dijon partie dans les Annales de
Chimie et de Physique partie dans les
« Comptes rendus de l'Académie des scien-
ces nous signalerons les suivantes Sur les
changements de uolume des corps par le pas-
sage de l'état solide à l'état liquide (1845);
Condensations électriques de deuxième et de
troisième espèce (1851); Sur les moyens d'ob-
server la conatitution des veines liquides (1851);
Sur la constitution de la lumière polarisée
(1852); Description de quelques appareils qui
facilitent les expériences de l'électricité dy-
namique (1854); dfémoire sur les demi-lentilles
d'interférences (1862); Mémoire sur les dix-
sept premiers arcs-en-ciel de l'eau (1863). Il a
en outre publié un Traité d'optique physique
(1858-1859, 2 vol.), très estimé. Félix Billet a
été, en somme, un représentant éminent de
l'enseignement supérieur en province.
BILLET (Pierre-Célestin), peintre français,
né à Cantin (Nord) en novembre Fils
d'un grand industriel de la contrée il aban-
donna l'industrie en 1868 pour se livrer ex-
clusivement à la peinture. Elève de M. Jules
Breton, M. Billet débuta au Salon de 1867;
il exposa successivement en J868, 1869, 1870
des scènes champêtres et des marines. Il
obtint en une mention avec l'Heure de
la marée, qui figure au musée du Luxem-
bourg en 1873, une médaille de 3e classe
avec ses Coupeuses d'herbes; en une mé-
daille de 2e classe avec ses Ramasseuses de
bois mort etses Contrebandiers. Depuis, M. Bil-
let a exposé avec succès à presque tous les
Salons des sujets pris dans la campagne et
sur les plages Ex hiver etSouvenir d'Amble-
teuse (1875) Une source à Yport et Jeune ma-
raichère (1876); Un bdcheron et PAcheuse d'é-
quilles (1878); Avant la pêche (1879); les Gla-
neuses (1881); Pêcheuses de crevettes (1883);
Au marais d'Arleux (1884); Retour de la
plage (1885); etc. Mlle Aline BILLET, née
à Cantin (Nord), élève de son père, a débuté
au Salon de 1886 avec un joli tableau, Sur le
prè, et a exposé en 1887 Chevaux corses.
B1LL1NG (Archibald), médecin anglais,
né en 1791. Il est mort en 1881.
BILLING (Sigismond-Antoine-Edouard-Ro-
bert, baron DE), diplomate français, né le
12 août Il entra en 1857 au ministère
des Affaires étrangères, comme attaché au
cabinet, et fut envoyé à Londres comme at-
taché d'ambassade en 1861. A partir de ce
moment, voici quels sont ses états de ser-
vice secrétaire de 3e classe en 1863, et de
20 classe, à Munich, en 1871 secrétaire de la
commission franco-allemande de liquidation
en 1873; consul général intérimaire à Tunis
du 18 avril au 22 décembre 1874 secrétaire
de 2e classe à Stockolm en 1875; secrétaire
de 1re classe chargé de travaux particuliers,
en 1880. Par arrêté, en date du 3 octobre
1881, le ministre des Affaires étrangères mit
M. de Billing en disponibilité. En lui faisant
part de cette mesure, M. Barthélemy Saint-
Hilaire lui écrivait qu'elle était justifiée par
la publication sans son assentiment d'une
lettre donnant à M. de Billing l'autorisation
de poursuivre le journal 1 l'Evénement ».
M. de Billing envoya aussitôt sa démission
qui fut acceptée. A différentes reprises, l'opi-
nion publique s'est occupée de cet ancien di-
plomate sans entrer dans le détail des faits
qui attirèrent sur lui l'attention, nous rappel-
lerons sommairement ses allégations sur l'ex-
pédition de Tunis, qu'il appelait une « guerre
d'affaires », allégations qui se produisirent
notamment dans un meeting fameux, tenu au
cirque Fernando le 23 octobre 1881, et qui
causèrent un certain scandale. En 1883, le
baron de Billing eut à soutenir contre sa
belle-mère, Mme Hope-Rapp, un procès dé-
licat mais ce sont là choses tout à fait pro-
tégées par le fameux mur Guilloutet. En 1885,
il offrit au gouvernement anglais d'obtenir,
par des moyens personnels et moyennant
une rançon de 58.000 livres sterling, la liberté
de Gordon; lord Granville et lord Lyons exa-
minèrent ses propositions, mais ne crurent
pas devoir les accepter.
BILLITON, île des Indes néerlandaises,
dans le grand archipel Asiatique, à l'ouest de
l'lie de Bornéo et à l'est de 1 lie de Bancea,
dans la partie méridionale du district de Ca-
rimata, entre 20 30' et 30 171 de lat. S., et
entre 1050 10' et 1060 de long. E. Sa super-
ficie est de 4.807 kilom. carrés et sa popula-
tion de 27.o32 hab., soit 5,4 par kilom. carré.
Cette lie est entourée d'un grand nombre d'lles,
d'Ilots,de récifs de corail et de bancs de sable,
dont elle est séparée par d'étroits cheneaux,
presque tous impraticables. Elle est très
boisée; le sol renferme de vastes dépôts d'é-
tain, de fer et d'acier. Dans sa partie méri-
dionale, on voit les collines de Bagienda ou
Haycocks, hautes de 150 mètres; le mont
Belourou ou Blanten (355 mètres), plus au
N.-E.,et vers l'est de ces hauteurs se trou-
vent les montagnes Loudai. A 14 kilom. en-
core plus au N. les monts Kliang (363 mè-
tres) et Koubing (330 mètres); entin, à 8 ki-
lom. dans le nord-est de ces derniers, le
mont Agang (380 mètres), qui paraIt être la
pointe culminante de l'île. La partie septen-
trionale est peu peuplée, et les villages qu'on
rencontre, le plus souvent aux embouchures
des petites rivières, sont sans importance.
Billeton était jadis le refuge des pirates de
la mer de la Sonde. Son principal établisse-
ment Tandjong Pandan se trouve sur la côte
N.-E. de l'lie, à l'embouchure de la rivière
Tjeroutjoup.
B1LLMARK (Charles-Jean), lithographe
suédois, né à Stockholm le 28 janvier 1804.
Il est mort en novembre 1870.
BILLOD (Eugène-Louis-Antoine), méde-
cin français, né à Briançon (Hautes-Alpes),
en 1818. II est mort à Château-Gontier au
mois de mars 1886. Il avait été élu en 1881
correspondant national de l'Académie de mé-
decine. En 1883, il abandonna la direction de
l'important asile de Vaucluse et se retira à
Château-Gontier, où il s'est éteint. Il ne man-
quait jamais, quand il venait à Paris, d'assis-
ter aux séances de l'Académie de médecine,
et il prit part à la discussion sur la revision
de la loi de 1838 relative aux aliénés; il avait,
dans ces questions délicates, une compétence
incontestée. Les derniers ouvrages qu'il a fait
paraître sont les suivants Des maladies
mentales et nerveuses (1880-1882, vol, in-80),
études de pathologie, de médecine légale et
de questions relatives à l'administration des
asiles d'aliénés; les Aliénés en Italie (1884,
in-8o), revue des établissements qui leur sont
consacrés et de l'enseignement des maladies
mentales et nerveuses au delà des Alpes.
BILLOT (Jean-Baptiste), général et sé-
nateur français, né à Chaumeil (Corrèze) le
15 août 1828. Promu général de division
le 30 mars 1878, il fut nommé, le 26 décembre
de la même année, commandant de la ire di-
vision d'infanterie (1er corps), à Lille, et, le
18 octobre 1879, passa à la tête du 15e corps,
à Marseille; c'est à cette époque qu'on lui
reprocha ce qu'on a appelé le siège de Fri-
golet », à l'occasion de l'expulsion des Pères
Prémontrés; mais l'on a reconnu depuis, que
ce fut pour empêcher, par sa présence, que
le préfet et les commissaires de police, char-
gés de l'exécution des décrets, ne se rendis-
sent coupables de brutalité que le général
Billot voulut assister à cette exécution de la
loi. Le 30 janvier 1882, il succéda au général
Campenon comme ministre de la Guerre
mais, un a0 après, il donna sa démission
pour n'avoir pas à signer la mise en retrait
d'emploi des princes de la famille d'Orléans,
qui faisaient partie de l'armée. Il fut rem-
placé, le 31 janvier 1883, par le général Thi-
baudin. Le 3 mars suivant, le général Billot
fut nommé membre du conseil supérieur de
la guerre et le E7 mars 1884, commandant du
1er corps d'armée. Dans le premier volume de
son livre, Ma prison, M. Des Houx parle d'un
général X. qui aurait été absolument dévoué
au comte de Chambord et sur lequel on comp-
tait, paralt-il, en cas de restauration monar-
chique. Un journal avait cru pouvoir con-
clure de certains autres passages du livre de
M. Des Houx que ce général n'était autre que
le générai Billot. A ce sujet, le commandant
du 1er corps d'armée envoya au directeur du
Siècle la lettre suivante
Lille, 21 septembre 1886, 7 h. 25, soir,
« Le «Siècle* du 21 septembre publie sur
mon caractère une appréciation dont je suis
très reconnaissant. Quiconque a dit ou insi-
nué que j'aie pu jamais être un homme à me
prêter au renversement de la République,
que je m'honore d'avoir contribué a fonder
avec vous; quiconque a dit ou insinué que
j'aie jamais cessé de me dévouer àsa défense
ou à sa grandeur, a commis une infamie. Pa-
reille calomnie ne saurait atteindre le ci-
toyen et le soldat que vous connaissez. »
Le général Billot, grand-officier de la Lé-
gion d'honneur depuis 1884, a reçu la mé-
daille militaire en 1887. Il a publié Rapport
fail au nom de la commission de l'armée sur le
projet de loi relatif à l'organisation du service
d'état-major (1876, in-80).
BILLOTTE (René), peintre français, né à.
Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 24 juin 1846.
Elève de Fromentin, il n'a cessé, depuis 1878,
d'être représenté aux Salons de Paris par
des paysages qui témoignent d'un sentiment
juste de la lumière, d'une ambition de rendra
certains effets d'une fugitive délicatesse.
M. Billotte est un impressionniste à l'œil très
sensible, au talent sincère et fin. Il a exposé,
en 1878, une Vallée (entrée de village) en
1879, Bords de l'Oise, aujourd'hui à l'Ecole
militaire de Saint-Cyr; en 1880, Bords du ca-
nal à Saint-Denis et Ecluse à Saint-Denis en
1881, le Soir, acquis par l'Etat et placé au
palais de l'Elysée; en 1882, Coucherde soleil
en Hollande; en 1883, un Coin de Meuse; en
1883, Bords du Loir et le Moulin de Nanterre;
à l'Exposition nationale de 1883, un Brouil-
lard en Hollande; en 1885, Effet de lune
aux marais salants et un autre tableau, les
Tours du port à La Rochelle, acquis par l'E-
tat et placé au musée de Senlis; en 1886, la
Fin du jour à Berneuil-sur-Aisne; en 1887,
la Fin du jour au canal de Crozat et la Route
de Saint-André, qui a été acquise par l'Etat.
« La douceur de l'harmonie, dit M. Maurice
Hamel dans la Gazette des Beaux-Arts»,
recommande les deux toiles de M. René Bil-
lotte, baignées de lumière pâle, nullement
évaporées dans leur charme aérien on garde
le souvenir de fins accords, de meules blon-
des estompées sous le crépuscule bleuâtre. »
M. Billotte a obtenu une mention honora-
ble au Salon de 1881 et plusieurs médailles
dans les expositions de province.
B1LLROTH (Théodore), chirurgien alle-
mand, né à Bergen (tle de Rugen) le 26 avril
1829. Reçu docteur en médecine à Berlin, en
1856, il obtint, trois ans plus tard, la chaire de
chirurgie et la direction de la clinique chi-
rurgicale de l'université de Zurich. En 1867, il
alla remplir les mêmes fonctions àVienne.Pen-
dantla guerre franco-allemande, M. Billroth
fut attaché aux ambulances de l'armée du
Rhin. Ce savant est considéré comme l'un
des premiers chirurgiens de notre temps; il
s'est occupé à la fois d'histologie, de patho-
logie générale, de chirurgie et de l'organi-
sation du service des hôpitaux. Il a, le pre-
mier, opéré un malade du cancer stomacal.
Parmi ses nombreux ouvrages, très es-
timés, nous citerons De natura et causa pul-
monum affectionis (Berlin, 1852); Organisa-
tion des polypes muqueux (Berlin, 1855) Re-
cherches sur le développement des vaisseaux
sanguins et Observations fattes à la clinique
chirurgicale de Berlin (Berlin, 1856); Etudes
sur les fièvres traumatiques et les maladies
traumatiques accidentelles (Berlin, 1861) Pa-
thologie et thérapeutique chirurgicales géné-
rales (Berlin, 1863), ouvrage traduit en fran-
çais par les docteurs L. Culmann et Ch. Sen-
gel, avec une Introduction par le docteur
Verneuil Clinique chirurgicale de Zurich
(1860 à 1667); Expériences de chirurgie pra-
tique (Berlin, 1869): Clinique chirurgicale de
Vienne (1868, 1869 et 1870); Lettres chirur-
gicales des ambulances de Wissembourg et
de Mannheim en 1870 (Berlin, 1872); Recher-
ches sur le Coccobacteria septica (Berlin,
1874) le Transport des blessés et des malades
sur le champ de 6alaille (Vienne, 1874) l'En-
seignement et l'étude des sciences médicales
dans les universités allemandes (Vienne,1876);
le Traitement des malades à domicile et dans
les h6pitaux (Vienne, 1880). De plus, ce sa-
vant chirurgien a fait paraltre avec Pitha le
Manuel de Chirurgie générale et spéciale, com-
prenant l'anatomie des régions, les opérations
et le pansement (Stuttgart, 1865 à 1875), et
avecLucke,depuis 1879,une revue la Chirur-
gie allemande. M. Billroth est, depuis l'origine
(1861), rédacte,ur des «Archives de chirurgie
clinique » de Langenbeek. En 1879, il a publié
un rapport d'ensemble sur les cliniques chi-
rurgicales de Zurich et de Vienne de 1860 à
1876. II a formé un grand nombre d'élèves
distingués; l'un d'eux, Wœlfler, a publié un
mémoire sur une Résection du cancer du py-
lore, faite par le professeur Billroth (Vienne
1881).
Au mois de mars 1887, le conseil municipal
de Paris, saisi de plusieurs plaintes relatives
au commerce des billets de théâtre, invita le
préfet de police à examiner s'il ne serait pas
possible d empêcher certains abus, celui no-
tamment qui se produit aux premières re-
présentations d'une pièce dont l'annonce
seule a sufR pour attirer la foule. En pa-
reilles circonstances, des industriels acea-
parent la location et revendent les billets à
des prix invraisemblables. Quelque regret-
table que soit cette façon d'agir, il est diffi-
cile de l'empêcher sans porter atteinte au
principe de la liberté de l'offre et de la de-
mande. Vous êtes pressé d'aller voir la pièce
à succès, vous voulez aller au théâtre le
soir même, le bureau de location n'a plus
rien. Un marchand de billets vous offre des
places avec une majoration de prix. Vous
êtes libre d'accepter ou de refuser. Que
peut-on trouver de mauvais à ce que le mar-
chand de billets profite des impatiences du
client? Il n'y a, dans le commerce auquel il
se livre, rien de répréhensible et nul n'est
obligé de subir les conditions auxquelles il
offre sa marchandise.
Par contre, il est, en matière de billets de
théâtre, une industrie dangereuse et qu'il est
utile de faire disparattre c est celle des car-
tonniers ». Voici en quoi consiste cette indus-
trie, qui constitue une escroquerie véritable.
Une personne se présente dans la journée au
bureau de location d'un théâtre pour prendre
des places à l'avance. Toutes les bonnes places
sont prises. L'amateur de spectacle s'en re-
tourne ennuyé, lorsqu'il est racolé à la porte
même du théâtre par un individu qui lui offre
d'excellents fauteuils numérotés. Alléché par
cette offre séduisante, l'amateur se laisse
entraîner chez un marchand de vins où se
trouve le cartonnier. Celui-ci, sans hésiter,
montre le plan du théâtres, et le client choisit,
de face au premier ou au second rang, les
places qu'il désire occuper. Le marché est
conclu à 25 pour 100 au-dessus du prix de
la location; mais le cartonnier ajoute qu'il
faudra revenir le soir. Or, le soir, il fait
faire queue par un de ses hommes, qui prend
des places quelconques, mauvaises, puisque
les bonnes ont déjà été louées, et il remet
ces places, sur lesquelles il a eu soin d'in-
scrire les numéros choisis, au client naïf.
Quand celui-ci se présente dans la salle, les
déplacement et à coup sûr, un bénéflea de 10
pour 100. Le marchand a pour lui pour 100.
L'opération pour ce dernier est fructueuse si
la pièce réussit mais si c'est un four, pour
nous servir de l'argot du théâtre, le mar-
chand de billets est exposé à subir des pertes,
parfois très considérables. Le marchand de
billets est installé généralement dans un café
ou chez un marchand de vins, tout près du
théâtre. Il a sous ses ordres des employés
chargés de stationner devant le théâtre et
de racoler les clients qu'ils voient se diriger
vers le bureau de location.
En dehors des billets d'auteur, ces mar-
chands vendent aussi des billets que les théâ-
tres eux-mêmes leur cèdent à moitié prix et
en vertu d'un traité. Voici dans quelles con-
ditions se passe ce traité. Les marchands de
billets sont presque tous chefs de claque. Les
directeurs de théâtre font payer ce dernier
poste un prix assez élevé, qui atteint
60.000 francs pour trois ans dans quelques
théâtres; mais ils accordent au chef de cla-
que 20.000 francs de billets par an, billets
numérotés et à 59 pour 100 meilleur marché
qu'au bureau. Qu'une pièce à succès fasse
courir la foule, les marchands vendent leurs
billets 25, 30 et 50 pour 100 plus cher qu'au
bureau. On comprend dès lors les bénéfices
extraordinaires qu'ils peuvent réaliser. Aussi
forment-ils une véritable corporation qui, si
elle n'est pas nombreuse, est du moins très
riche. Plusieurs de ses membres ne se con-
tentent pas d'être marchands de billets. Il en
est qui commanditent le théâtre auprès du-
quel ils fonctionnent, et, en 1886, deux d'en-
tre eux ont commandité le théâtre de Paris
pour une somme dépassant 50.000 francs.
Presque tous du reste vendent leur charge
comme les agents de change et se retirent
après fortune faite.
A côté du marchand dé billets installé à
poste fixe dans un café ou chez un marchand
de vins et indépendamment des employés
qu'il occupe, moyennant un traitement fixé
d'avance, fonctionnent les pierreux., pau-
vres hères stationnant devant le théâtre
pour leur propre compte. Ils raccrochent un
client qu'ils amènent au marchand de billets.
Le client leur donne un pourboire et le mar-
chand une prime de vingt sous par billet
vendu. Ce sont ces pierreux que l'on voü,
avec les employés des marchands de billets,
poursuivre les passants aux abords des théâ-
tres et offrir d'une voix enrouée, qu'ils s'ef-
forcent de rendre persuasive, des places
moins chères qu'au bureau*. Ce racolage
est absolument interdit par une ordonnance
de 1794, remise en vigueur en 1838, en 1881
et en 1884. Mais la préfecture de police est
impuissante à le faire cesser. Les agents ar-
rêtent les racoleurs et les conduisent au
commissariat de police, Là, on les fouille,
mais comme ils n'ont pas de billets sur eux,
on est contraint de les relâcher en l'absence
de tout corps de délit. Les agents n'ont pas
le droit d'opérer des descentes chez les dé-
bitants de vins où s'abrite la marchand. Or,
c'est là que les billets se vendent.
places sont occupées et toute réclamation
est inutile, puisque les personnes qui les oc-
cupent sont, elles, régulièrement nanties du
coupon de la location. Le client trompé n'a
qu'à se résigner et à se taire. C'est de ce
côté que la police a à intervenir.
Billet de logement (Ls), opéra-comique
en trois actes, livret de MM. Boucheron et
Burani, musique de M. Léon Vasseur, repré-
senté aux Fantaisies-Parisiennes le 15 no-
vembre 1879. L'aventure est singulière. Le
baron de Montagnac père a substitué un de
ses bâtards à un enfant de sa femme, fruit
des œuvres de François ler, et a abandonné
celui-ci à un aventurier nommé la Coliche-
marde. Le fils illégitime est devenu baron
de Montagnac et épouse une jeune fille au
moment ou l'officier Gontran vient loger au
château. Avant que le mariage ait été con-
sommé et après les péripéties sans lesquelles
il n'y aurait pas de pièce, duel avec le colo-
nel, condamnation de l'officier par le conseil
de guerre, Gontran reprend son nom et son
titre et épouse la baronne. La lecture d'un tes-
tament du vieux Montagnac a suffi aux au-
teurs pour démêler cet imbroglio.
On remarque dans l'ouverture un agréable
motif en la majeur; dans le premier acte,
une fuguette andantino, d'un bon effet vocal,
mais bien dépaysée à cette place; les cou-
plets de Douce, Oui, deux grands rois; la
romance de Gontran, Vous n'êtes plus la
jeune fille, dont le dessin d'accompagnement
par la clarinette manque toutefois de correc-
tion à la fin du morceau, et le finale, dans
lequel il y a de bonnes choses, notamment
des phrases en canon et un style d'imi-
tation soutenu et bien traité. Ce travail a
été presque entièrement perdu à l'exécu-
tion, car les troupes qui jouent ces ouvrages
ne se composent pas de chanteurs assez bons
musiciens pour bien exécuter ce genre de
musique. Les deux autres actes ne contien-
nent rien de saillant. Distribution Hélène,
Douce, Mariette, Mmes Humberta, Tassilly,
Lioger; Gontran, la Colichemarde, le colo-
Jannin, Bellot.
BILLET (Félix), physicien français, né à
Fismes (Marne) le 15 septembre 1808. mort
à Dijon le 26 janvier 1882. Admis à l'Ecole
normale supérieure en 1830,il en sortit agrégé
et docteur en 1833 et professa la physique
successivement aux lycées de Nancy, de
Marseille et de Rouen. Le 29 octobre 1845, il
fut nommé professeur de physique à la Fa-
culté des sciences de Dijon et devint doyen
de cette Faculté en 1873. Le 23 décembre de
la même année, l'Académie des sciences
l'élut, à l'unanimité, membre correspondant,
en remplacement de Wheatstone, devenu as-
socié étranger. Il s'est fait connaitre du
monde savant par de remarquables travaux
dont les plus connus se rapportent à l'opti-
que physique, et son nom reste attaché à un
appareil interférentiel les demi-lentilles de
Billet. Parmi ses mémoires, qui ont été pu-
bliés, partie dans les Mémoires de l'acadé-
mie de Dijon partie dans les Annales de
Chimie et de Physique partie dans les
« Comptes rendus de l'Académie des scien-
ces nous signalerons les suivantes Sur les
changements de uolume des corps par le pas-
sage de l'état solide à l'état liquide (1845);
Condensations électriques de deuxième et de
troisième espèce (1851); Sur les moyens d'ob-
server la conatitution des veines liquides (1851);
Sur la constitution de la lumière polarisée
(1852); Description de quelques appareils qui
facilitent les expériences de l'électricité dy-
namique (1854); dfémoire sur les demi-lentilles
d'interférences (1862); Mémoire sur les dix-
sept premiers arcs-en-ciel de l'eau (1863). Il a
en outre publié un Traité d'optique physique
(1858-1859, 2 vol.), très estimé. Félix Billet a
été, en somme, un représentant éminent de
l'enseignement supérieur en province.
BILLET (Pierre-Célestin), peintre français,
né à Cantin (Nord) en novembre Fils
d'un grand industriel de la contrée il aban-
donna l'industrie en 1868 pour se livrer ex-
clusivement à la peinture. Elève de M. Jules
Breton, M. Billet débuta au Salon de 1867;
il exposa successivement en J868, 1869, 1870
des scènes champêtres et des marines. Il
obtint en une mention avec l'Heure de
la marée, qui figure au musée du Luxem-
bourg en 1873, une médaille de 3e classe
avec ses Coupeuses d'herbes; en une mé-
daille de 2e classe avec ses Ramasseuses de
bois mort etses Contrebandiers. Depuis, M. Bil-
let a exposé avec succès à presque tous les
Salons des sujets pris dans la campagne et
sur les plages Ex hiver etSouvenir d'Amble-
teuse (1875) Une source à Yport et Jeune ma-
raichère (1876); Un bdcheron et PAcheuse d'é-
quilles (1878); Avant la pêche (1879); les Gla-
neuses (1881); Pêcheuses de crevettes (1883);
Au marais d'Arleux (1884); Retour de la
plage (1885); etc. Mlle Aline BILLET, née
à Cantin (Nord), élève de son père, a débuté
au Salon de 1886 avec un joli tableau, Sur le
prè, et a exposé en 1887 Chevaux corses.
B1LL1NG (Archibald), médecin anglais,
né en 1791. Il est mort en 1881.
BILLING (Sigismond-Antoine-Edouard-Ro-
bert, baron DE), diplomate français, né le
12 août Il entra en 1857 au ministère
des Affaires étrangères, comme attaché au
cabinet, et fut envoyé à Londres comme at-
taché d'ambassade en 1861. A partir de ce
moment, voici quels sont ses états de ser-
vice secrétaire de 3e classe en 1863, et de
20 classe, à Munich, en 1871 secrétaire de la
commission franco-allemande de liquidation
en 1873; consul général intérimaire à Tunis
du 18 avril au 22 décembre 1874 secrétaire
de 2e classe à Stockolm en 1875; secrétaire
de 1re classe chargé de travaux particuliers,
en 1880. Par arrêté, en date du 3 octobre
1881, le ministre des Affaires étrangères mit
M. de Billing en disponibilité. En lui faisant
part de cette mesure, M. Barthélemy Saint-
Hilaire lui écrivait qu'elle était justifiée par
la publication sans son assentiment d'une
lettre donnant à M. de Billing l'autorisation
de poursuivre le journal 1 l'Evénement ».
M. de Billing envoya aussitôt sa démission
qui fut acceptée. A différentes reprises, l'opi-
nion publique s'est occupée de cet ancien di-
plomate sans entrer dans le détail des faits
qui attirèrent sur lui l'attention, nous rappel-
lerons sommairement ses allégations sur l'ex-
pédition de Tunis, qu'il appelait une « guerre
d'affaires », allégations qui se produisirent
notamment dans un meeting fameux, tenu au
cirque Fernando le 23 octobre 1881, et qui
causèrent un certain scandale. En 1883, le
baron de Billing eut à soutenir contre sa
belle-mère, Mme Hope-Rapp, un procès dé-
licat mais ce sont là choses tout à fait pro-
tégées par le fameux mur Guilloutet. En 1885,
il offrit au gouvernement anglais d'obtenir,
par des moyens personnels et moyennant
une rançon de 58.000 livres sterling, la liberté
de Gordon; lord Granville et lord Lyons exa-
minèrent ses propositions, mais ne crurent
pas devoir les accepter.
BILLITON, île des Indes néerlandaises,
dans le grand archipel Asiatique, à l'ouest de
l'lie de Bornéo et à l'est de 1 lie de Bancea,
dans la partie méridionale du district de Ca-
rimata, entre 20 30' et 30 171 de lat. S., et
entre 1050 10' et 1060 de long. E. Sa super-
ficie est de 4.807 kilom. carrés et sa popula-
tion de 27.o32 hab., soit 5,4 par kilom. carré.
Cette lie est entourée d'un grand nombre d'lles,
d'Ilots,de récifs de corail et de bancs de sable,
dont elle est séparée par d'étroits cheneaux,
presque tous impraticables. Elle est très
boisée; le sol renferme de vastes dépôts d'é-
tain, de fer et d'acier. Dans sa partie méri-
dionale, on voit les collines de Bagienda ou
Haycocks, hautes de 150 mètres; le mont
Belourou ou Blanten (355 mètres), plus au
N.-E.,et vers l'est de ces hauteurs se trou-
vent les montagnes Loudai. A 14 kilom. en-
core plus au N. les monts Kliang (363 mè-
tres) et Koubing (330 mètres); entin, à 8 ki-
lom. dans le nord-est de ces derniers, le
mont Agang (380 mètres), qui paraIt être la
pointe culminante de l'île. La partie septen-
trionale est peu peuplée, et les villages qu'on
rencontre, le plus souvent aux embouchures
des petites rivières, sont sans importance.
Billeton était jadis le refuge des pirates de
la mer de la Sonde. Son principal établisse-
ment Tandjong Pandan se trouve sur la côte
N.-E. de l'lie, à l'embouchure de la rivière
Tjeroutjoup.
B1LLMARK (Charles-Jean), lithographe
suédois, né à Stockholm le 28 janvier 1804.
Il est mort en novembre 1870.
BILLOD (Eugène-Louis-Antoine), méde-
cin français, né à Briançon (Hautes-Alpes),
en 1818. II est mort à Château-Gontier au
mois de mars 1886. Il avait été élu en 1881
correspondant national de l'Académie de mé-
decine. En 1883, il abandonna la direction de
l'important asile de Vaucluse et se retira à
Château-Gontier, où il s'est éteint. Il ne man-
quait jamais, quand il venait à Paris, d'assis-
ter aux séances de l'Académie de médecine,
et il prit part à la discussion sur la revision
de la loi de 1838 relative aux aliénés; il avait,
dans ces questions délicates, une compétence
incontestée. Les derniers ouvrages qu'il a fait
paraître sont les suivants Des maladies
mentales et nerveuses (1880-1882, vol, in-80),
études de pathologie, de médecine légale et
de questions relatives à l'administration des
asiles d'aliénés; les Aliénés en Italie (1884,
in-8o), revue des établissements qui leur sont
consacrés et de l'enseignement des maladies
mentales et nerveuses au delà des Alpes.
BILLOT (Jean-Baptiste), général et sé-
nateur français, né à Chaumeil (Corrèze) le
15 août 1828. Promu général de division
le 30 mars 1878, il fut nommé, le 26 décembre
de la même année, commandant de la ire di-
vision d'infanterie (1er corps), à Lille, et, le
18 octobre 1879, passa à la tête du 15e corps,
à Marseille; c'est à cette époque qu'on lui
reprocha ce qu'on a appelé le siège de Fri-
golet », à l'occasion de l'expulsion des Pères
Prémontrés; mais l'on a reconnu depuis, que
ce fut pour empêcher, par sa présence, que
le préfet et les commissaires de police, char-
gés de l'exécution des décrets, ne se rendis-
sent coupables de brutalité que le général
Billot voulut assister à cette exécution de la
loi. Le 30 janvier 1882, il succéda au général
Campenon comme ministre de la Guerre
mais, un a0 après, il donna sa démission
pour n'avoir pas à signer la mise en retrait
d'emploi des princes de la famille d'Orléans,
qui faisaient partie de l'armée. Il fut rem-
placé, le 31 janvier 1883, par le général Thi-
baudin. Le 3 mars suivant, le général Billot
fut nommé membre du conseil supérieur de
la guerre et le E7 mars 1884, commandant du
1er corps d'armée. Dans le premier volume de
son livre, Ma prison, M. Des Houx parle d'un
général X. qui aurait été absolument dévoué
au comte de Chambord et sur lequel on comp-
tait, paralt-il, en cas de restauration monar-
chique. Un journal avait cru pouvoir con-
clure de certains autres passages du livre de
M. Des Houx que ce général n'était autre que
le générai Billot. A ce sujet, le commandant
du 1er corps d'armée envoya au directeur du
Siècle la lettre suivante
Lille, 21 septembre 1886, 7 h. 25, soir,
« Le «Siècle* du 21 septembre publie sur
mon caractère une appréciation dont je suis
très reconnaissant. Quiconque a dit ou insi-
nué que j'aie pu jamais être un homme à me
prêter au renversement de la République,
que je m'honore d'avoir contribué a fonder
avec vous; quiconque a dit ou insinué que
j'aie jamais cessé de me dévouer àsa défense
ou à sa grandeur, a commis une infamie. Pa-
reille calomnie ne saurait atteindre le ci-
toyen et le soldat que vous connaissez. »
Le général Billot, grand-officier de la Lé-
gion d'honneur depuis 1884, a reçu la mé-
daille militaire en 1887. Il a publié Rapport
fail au nom de la commission de l'armée sur le
projet de loi relatif à l'organisation du service
d'état-major (1876, in-80).
BILLOTTE (René), peintre français, né à.
Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 24 juin 1846.
Elève de Fromentin, il n'a cessé, depuis 1878,
d'être représenté aux Salons de Paris par
des paysages qui témoignent d'un sentiment
juste de la lumière, d'une ambition de rendra
certains effets d'une fugitive délicatesse.
M. Billotte est un impressionniste à l'œil très
sensible, au talent sincère et fin. Il a exposé,
en 1878, une Vallée (entrée de village) en
1879, Bords de l'Oise, aujourd'hui à l'Ecole
militaire de Saint-Cyr; en 1880, Bords du ca-
nal à Saint-Denis et Ecluse à Saint-Denis en
1881, le Soir, acquis par l'Etat et placé au
palais de l'Elysée; en 1882, Coucherde soleil
en Hollande; en 1883, un Coin de Meuse; en
1883, Bords du Loir et le Moulin de Nanterre;
à l'Exposition nationale de 1883, un Brouil-
lard en Hollande; en 1885, Effet de lune
aux marais salants et un autre tableau, les
Tours du port à La Rochelle, acquis par l'E-
tat et placé au musée de Senlis; en 1886, la
Fin du jour à Berneuil-sur-Aisne; en 1887,
la Fin du jour au canal de Crozat et la Route
de Saint-André, qui a été acquise par l'Etat.
« La douceur de l'harmonie, dit M. Maurice
Hamel dans la Gazette des Beaux-Arts»,
recommande les deux toiles de M. René Bil-
lotte, baignées de lumière pâle, nullement
évaporées dans leur charme aérien on garde
le souvenir de fins accords, de meules blon-
des estompées sous le crépuscule bleuâtre. »
M. Billotte a obtenu une mention honora-
ble au Salon de 1881 et plusieurs médailles
dans les expositions de province.
B1LLROTH (Théodore), chirurgien alle-
mand, né à Bergen (tle de Rugen) le 26 avril
1829. Reçu docteur en médecine à Berlin, en
1856, il obtint, trois ans plus tard, la chaire de
chirurgie et la direction de la clinique chi-
rurgicale de l'université de Zurich. En 1867, il
alla remplir les mêmes fonctions àVienne.Pen-
dantla guerre franco-allemande, M. Billroth
fut attaché aux ambulances de l'armée du
Rhin. Ce savant est considéré comme l'un
des premiers chirurgiens de notre temps; il
s'est occupé à la fois d'histologie, de patho-
logie générale, de chirurgie et de l'organi-
sation du service des hôpitaux. Il a, le pre-
mier, opéré un malade du cancer stomacal.
Parmi ses nombreux ouvrages, très es-
timés, nous citerons De natura et causa pul-
monum affectionis (Berlin, 1852); Organisa-
tion des polypes muqueux (Berlin, 1855) Re-
cherches sur le développement des vaisseaux
sanguins et Observations fattes à la clinique
chirurgicale de Berlin (Berlin, 1856); Etudes
sur les fièvres traumatiques et les maladies
traumatiques accidentelles (Berlin, 1861) Pa-
thologie et thérapeutique chirurgicales géné-
rales (Berlin, 1863), ouvrage traduit en fran-
çais par les docteurs L. Culmann et Ch. Sen-
gel, avec une Introduction par le docteur
Verneuil Clinique chirurgicale de Zurich
(1860 à 1667); Expériences de chirurgie pra-
tique (Berlin, 1869): Clinique chirurgicale de
Vienne (1868, 1869 et 1870); Lettres chirur-
gicales des ambulances de Wissembourg et
de Mannheim en 1870 (Berlin, 1872); Recher-
ches sur le Coccobacteria septica (Berlin,
1874) le Transport des blessés et des malades
sur le champ de 6alaille (Vienne, 1874) l'En-
seignement et l'étude des sciences médicales
dans les universités allemandes (Vienne,1876);
le Traitement des malades à domicile et dans
les h6pitaux (Vienne, 1880). De plus, ce sa-
vant chirurgien a fait paraltre avec Pitha le
Manuel de Chirurgie générale et spéciale, com-
prenant l'anatomie des régions, les opérations
et le pansement (Stuttgart, 1865 à 1875), et
avecLucke,depuis 1879,une revue la Chirur-
gie allemande. M. Billroth est, depuis l'origine
(1861), rédacte,ur des «Archives de chirurgie
clinique » de Langenbeek. En 1879, il a publié
un rapport d'ensemble sur les cliniques chi-
rurgicales de Zurich et de Vienne de 1860 à
1876. II a formé un grand nombre d'élèves
distingués; l'un d'eux, Wœlfler, a publié un
mémoire sur une Résection du cancer du py-
lore, faite par le professeur Billroth (Vienne
1881).
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